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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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15 octobre 2017

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! C'est le 308 ème reportage que je vous offre, 1 millions cent soixante quatre mille internautes m'ont fait l'honneur de consulter mon site jusqu'à présent, je vous remercie infiniment. Faire découvrir l'Aude avec ses beaux paysages, villages et châteaux, est le seul but que je me suis fixé. Comme vous l'imaginez c'est un "travail" de tous les instants qui demande une certaine passion. Vos commentaires et les contacts que j'ai pu avoir depuis la création du site en 2008 sont la récompense de ce projet ambitieux que certains pensaient au début éphémère. Le temps passe, en mai 2018 cela fera 10 ans que ce "bébé" est né.

Je constate que vous appréciez mes reportages, qu'ils ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité. Pensez à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus, et si vous avez des idées d'articles futurs, contactez moi... Merci de faire suivre à vos relations l'adresse de mon site www.belcaire-pyrenees.com

Votre participation sera la bienvenue, n'hésitez pas à m'envoyer vos photos, vos documents, afin d'illustrer les reportages sur vos villages que vous aimez. Je vous souhaite beaucoup de plaisir lors de la lecture de cet article.

Je vous souhaite une bonne découverte de ce 308 ème reportage.

 

Le village de Couffoulens se situe à 100 km de Toulouse, 10 km de Carcassonne, 16 km de Limoux, 49 km de Mirepoix, 68 km de Narbonne et 209 km de Cahors.

Couffoulens, village circulaire construit autour de son château et renommé pour son importante nécropole datant de l'âge de fer.

Une vue aérienne du village circulaire de Couffoulens.

Blason de Couffoulens.

Niché au confluent de l’Aude et du Lauquet, d’où son nom provenant du latin "confluente", Couffoulens est un village circulaire construit autour de son château.

Le nom du château, et plus tard celui du village, vient du latin confluens dû à sa position géographique au confluent de la rivière Aude et de son affluent le Lauquet. Situé sur une éminence à caractère défensif, ce site a été occupé très tôt au moins dès l'âge du fer.

Aux origines, le site est habité depuis le VIème siècle avant J.-C.

En 1973 fut découverte la nécropole de Las Peyros située plus ou moins à 700 mètres au sud du village actuel qui possède de nombreuses tombes datant du VIème siècle avant J.-C. à environ 500 avant J.- C. Un mobilier archéologique important est retrouvé lors des fouilles : vases, armes (javelots, fers de lances, poignards, couteaux), bijoux (bracelets, fibules…), objets divers… je vous en parlerai plus loin.

La découverte de cette nécropole et l’étude des différents objets trouvés permettent de dire que Couffoulens était un site ibérique (du VIème siècle au 1er siècle avant J.-C.), au même titre qu'Ensérune, Mailhac ou Pézenas.

Au 1er siècle avant J.-C., lors de la période gallo-romaine la fondation de la Province de la Narbonnaise, est traversée par deux voies majeures : la voie d’Aquitaine alliant la Provence à Bordeaux et la voie Domitienne allant de Narbonne vers l’Espagne.

Les Romains construisent à Couffoulens un castrum de 110 m² dont il subsiste de rares vestiges dans le château actuel.

Mobilier archéologique retrouvé : tégulaé, poteries, monnaies, traces d’un four de potier.

Le village de Couffoulens vu du Sud-Est, le château à gauche dominant les habitations.

Couffoulens, la mairie, installée dans l'ancienne poste.

Couffoulens, la mairie, installée dans l'ancienne poste dont il reste des traces.

Au Moyen-âge, Couffoulens est un village circulaire qui s’est construit autour de son château, l’ensemble était protégé de remparts, un premier rempart protégeant le château et un second protégeant l’ensemble, château et village.

Le château primitif était une tour fortifiée qui appartenait à la puissante famille Trencavel dont les seigneurs étaient vicomtes de Carcassonne, de Béziers et du Razès.

Ce château, de dimensions modestes, a été incendié (pendant la croisade de 1209 ou lors du passage du Prince Noir ?) comme le démontrent plusieurs traces encore visibles.

Le village de Couffoulens, les rives du Lauquet côté Est. 

En 1012, première mention écrite du castellum de "Quoffolent". Cette, première mention écrite du village fortifié de Quoffolent, de Roger dit "Le Vieux" comte de Carcassonne: "ipsa turre, neque ipsum castellum neque ipsa fortitia quae vocant Quoffolent", évoque explicitement une tour (turre), une résidence seigneuriale (castellum) et des fortifications (fortitias) lors d'un legs à son neveu. Il s’agit donc, à l'aube du XIème siècle, d’un ensemble fortifié important.

En 1110, le château est qualifié de "castrum", il a donc pris de l’importance et est mieux fortifié.

En 1170, Roger Trencavel donne le château à sa femme Adélaïde. Il devient dès lors la résidence d’été des seigneurs de Carcassonne.

Sous les Trencavel, le château est géré par un bayle et un viguier.

En 1209, la Croisade contre les Cathares. Au cours de la croisade, Couffoulens est exposé en proie, comme tous les fiefs de Raymond-Roger Trencavel.

Le village de Couffoulens, vu du Sud-Est. 

Quelques années après la reddition de Carcassonne, Simon de Montfort donne Couffoulens à l’un de ses lieutenants, Pierre de Voisins (1215).

Le village, connu pour avoir abrité des hérétiques notoires, intéresse l’Inquisition. On trouve dans les archives de cette dernière le nom de certains des habitants interrogés par les inquisiteurs : Po Adalbert, Seignier, At Pela, Potelac… D’autres sont emprisonnés…

Hughes de Roumeygous, viguier du château au temps des Trencavel, est poursuivi comme "faidit". Il mourra sur le bûcher de Montségur en 1244.

Le village de Couffoulens côté Est, rue des deux Ponts (D204). 

Au temps de la famille De Voisins entre 1215 et 1610 : Originaire d’Ile-de-France, la famille De Voisins va devenir une des plus puissantes familles du Languedoc.

Pierre De Voisins fait construire un nouveau château et un donjon carré sur l’ancien château des Trencavel.

On distingue encore aujourd’hui les traces du crénelage qui couronnait le donjon et les trous destinés à recevoir les hourds en cas d’attaque.

En 1355, le Prince Noir, Edouard de Woorstock, s’empare de la "ville basse" de Carcassonne, alors appelée le "Bourg Neuf ".

En 1445, la baronnie de Couffoulens est une des 20 qui ont entrée aux États généraux de la Province, ce qui fut réglé aux États généraux du Royaume, tenus sous Charles VII.

Couffoulens, n'est pas très loin de Carcassonne.

En 1575, Décembre, États de Languedoc, tenus à Carcassonne. L'envoyé du baron de Couffoulens y assiste (Archives des États) ; et à ceux tenus a Carcassonne, en novembre 1599 ; à ceux tenus à Pézenas, en octobre 1602 ; à ceux tenus dans la même ville, en novembre 1614.

La baronnie de Couffoulens passe à la famille de Calvières pendant une centaine d’années.

Nous arrivons au XVIIIème siècle, en 1712, Guillaume Castanier, riche marchand-drapier, rachète la baronnie de Couffoulens. Il entreprend d’importants travaux sur tout le château.

Une grande partie de ces transformations a été détruite après la Révolution.

L’édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1948.

 

L'ÉGLISE SAINT-CLÉMENT DE COUFFOULENS

Couffoulens (de Coffolenchis). L'église paroissiale de Couffoulens est dédiée à Saint-Clément. L'Ave Maria fournit de longs détails sur les revenus du décimaire de cette église. Dans l'État des églises de l'Aude, à la date du 29 messidor an 4, il est dit que l'église de Couffoulens est voûtée, en bon état et qu'elle a été rendue au culte. Par décret du 11 prairial an 12, l'église de Couffoulens fut érigée en succursale comprenant Cornèze.

L'autel de l'église de Couffoulens.

Les autres décimaires compris dans le territoire de Couffoulens, en 1269, étaient ceux de Saint-Fructueux d'Arthur, de Saint-Martin de Brugairolles et de Saint-Julien de Maussac. Ce dernier, appelé Saint-Joulia dans la carte de Cassini, fut un prieuré réuni plus tard à la manse épiscopale. Le chapelain de Saint-Joulia recevait son titre de l'Evêque de Carcassonne sur la présentation du seigneur de Couffoulens.

- En 1807 il existe dans la commune une école publique fréquentée par 20 élèves garçons.

Le village c'est construit autour du château de Couffoulens.

Une vue aérienne du château de Couffoulens.

LE CHÂTEAU DE COUFFOULENS

Le Château de Couffoulens est un château situé au cœur du village de Couffoulens.

Le château comprend un corps central et deux ailes. La terrasse est soutenue au nord par un mur de forme bastionnée.

À l'ouest de la partie sommitale, les seigneurs de Voisins adjoignent la tour maitresse que l'on peut observer aujourd'hui. Les murs (vraisemblablement bâtis entre 1245 et 1325) à l'appareil 0.20 x 0.30, entourent parfaitement ceux du XIème, ils sont très visibles à l’extérieur, du côté jardin.

Couffoulens, le château au centre du village, façade Nord.

Le donjon est construit selon l’architecture militaire de cette époque, c’est une tour massive dont le sommet était autrefois couronné de créneaux, offrant un passage, sur des hourds, que l'on distingue encore très bien au sommet du mur de la façade ouest, ainsi que des trous de boulin permettant l'établissement de ces échafaudages de bois en encorbellement.

Couffoulens, le château, une vue des terrasses nord.

La salle basse aux murs épais (de 1,82 m à 2,75 m au nord plus exposé) présente plusieurs astuces de défense courantes à cette époque-là, le sommet de la voute était percé d’un oculus ou trou d’homme qui est resté intact et qui permettait aux assiégés de s’échapper jusqu’à l’étage supérieur au moyen d’une échelle de corde et de lancer des projectiles sur les assaillants. Au fond, la belle porte ogivale était certainement une fausse porte, elle ouvre directement sur la paroi rocheuse ne laissant qu’un étroit passage de 0,31 cm. Ce front de taille présente des traces de broches. On pense que c'était une carrière destinée à fournir in situ le matériau du donjon.

Couffoulens, le château, la façade nord.

La grande entrée du château se signale par deux grands portails constitués d’une belle grille en fer forgé. Les piliers, en pierre de taille travaillée en bossage sont surmontés d’une boule. Le couronnement en fer forgé est orné en son centre d’une fleur de lys, signe du titre de noblesse attaché au château. Les deux murs de chaque côté de l’allée montant au château sont ornés de deux grandes corbeilles de pierre parées de godrons. Des ferronneries du XVIIIème clôturent la terrasse.

Couffoulens, l'accès au château.

L’entrée du château est traitée de manière monumentale par deux pilastres en pierre surmontés d’un fronton curviligne. Le parti architectural est à l’image des constructeurs, les Castanier: pas d’ostentation mais un sens du classique et de la grandeur. Les fenêtres étaient ornées de balustrades en fer forgé. Beaucoup de ces ferronneries ont disparu au moment de la Révolution. Sur la porte d'entrée, un heurtoir en boucle ornementé et la serrure sont d'un remarquable travail.

Couffoulens, heurtoir de l'entrée principale.

Dés 1712, Guillaume Castanier entreprend de grands travaux pour agrandir et embellir le château qu’il vient d’acheter. Il fait construire sur toute la partie nord un vaste vestibule ouvrant sur une salle à manger à droite et une chapelle à gauche. La porte d’entrée donnant sur la grande salle du sud est surmontée de l’imposant "blason parlant" des Castanier.

L’aménagement intérieur est d’une majestueuse sobriété. La grande salle (110 m²) a conservé ses dalles en pierre et son plafond à caissons moulurés. À côté le salon actuel était la "chambre de Lamoignon de Malesherbes" qui a séjourné à Couffoulens. Le mobilier de ces pièces a disparu à la Révolution. Nous avons tout un ensemble de gypseries sur le plafond de la grande salle et de la chapelle avec des thèmes classiques, décors floraux, cornes d’abondance, fruits et fleurs. Les Castanier utilisent pour décorer la salle à manger le marbre gris de Caunes pour deux superbes éléments inhérents à une salle à manger du XVIIIème siècle, un dressoir et une fontaine. La vasque de la fontaine, ornée de godrons sur la panse est dans le plus pur style Régence.

La chapelle, aménagée par les Castanier à partir d’une chapelle plus ancienne est dédiée à St Jean Baptiste. Une petite porte fait communiquer cette chapelle avec le donjon.

Blason des Castanier sur un mur intérieur du château.

Retable et tableau au dessus de l’autel :

Une lettre de Guillaume Castanier, datant de 1729, indique une commande faite à un peintre toulousain d’un tableau représentant un Saint Jean-Baptiste. Plusieurs éléments décoratifs nous permettent d’établir qu’il s’agit du peintre Toulousain Antoine Rivalz (1667- 1735). Ce tableau a été récemment classé et très bien restauré.

Chapelle privée à l'intérieur du château de Couffoulens, tableau commandé en 1729 et peint par Antoine Rivalz (1667- 1735). 

Pour la petite histoire, en septembre 1307, Philippe le Bel adressa aux sénéchaux l'ordre secret d’arrêter le même jour le vendredi 13 octobre 1307, tous les membres des chevaliers du Temple. Le seigneur de Couffoulens, Guillaume de Voisins, était lieutenant du sénéchal de Carcassonne. Son fils Amalric de Voisins eut connaissance du secret et put prévenir des Templiers logés au château de Bézu proche d'Alet. La divulgation du secret fut vite connue et Amalric, échappant de peu à la peine capitale, fut enfermé quelques mois dans la prison de Couffoulens, sous le donjon du château. Les Templiers de Bézu furent arrêtés après avoir pu cacher 50 kilos de bijoux et d'or que l'on retrouva en 1860 dans un tertre au pied du château de Bézu au lieu dit "Charbonnières".

(N'hésitez pas à consulter le reportage intitulé "ALBEDUN la forteresse du BÉZU dans le comté du Razès près de Quillan" à voir ICI ).

Au sommet de la partie rocheuse, au cœur du château, sous la cheminée de la grande salle, on peut observer un pan de mur en petit appareil carré, caractéristique des constructions romaines, ainsi que des fragments de pavements romains en "opus spicatum" (arête de poisson) et des fragments d'amphores.

De nombreux silos ont été découverts lors du creusement de la cave et sous les dalles de la grande salle. Ont-ils une origine romaine ou bien moyenâgeuse, l'un contient une représentation humaine dont la signification reste à déterminer.

Une monnaie un "gros" de Louis I de Crécy (1304-1346) ainsi qu'un jeton de Nuremberg du XVIème siècle, ont été trouvés lors des fouilles du château de Couffoulens. Cette monnaie qui aurait pu en effet appartenir à l’un des soldats du Prince Noir, laisse penser qu’il a peut-être également attaqué Couffoulens. Cette monnaie à été trouvée dans un amas de cendres entre deux murs du château : un mur XIème siècle et un autre du XIVème siècle.

LA FAMILLE DE VOISINS

Blason des Voisins de Couffoulens.

La maison de Voisins posséda la terre de Couffoulens depuis 1231 jusqu'en 1588, qu'elle passa, par alliance, dans la maison de Gélas.

En 1610, la terre de Couffoulens fut acquise de François de Voisins, seigneur de Montant, par la maison d'Entraigues, qui est des Cévennes ; celle-ci la transmit, par les femmes, à la maison de Calvières, du diocèse d'Usez, laquelle la posséda jusqu'en 1712. A cette époque, la baronnie de Couffoulens fut achetée par un des Castanier, riches négociants de Carcassonne, enrichis par le système de Law.

Durant la Croisade contre les Albigeois (1208-1229), le château de Couffoulens, appelé Couffolenco, est adjugé en 1215 à Pierre Ier de Voisins (1180-1233) compagnon d’arme de Simon de Montfort.

Nous ne connaissons pas le texte de l'acte par lequel Simon de Montfort distribua (vers 1215), après la conquête des comtés de Carcassonne et de Razès, des terres nombreuses et étendues, à Pierre de Voisins, un de ses principaux lieutenants, venus avec lui de l'Ile-de-France ; mais cet acte est visé et confirmé pour exécution, dans de nombreux actes authentiques subséquents. Parmi ces terres se trouve toujours celle de Couffoulens.

Pierre Ier de Voisins né en 1177 + dès 1235 croisé (3ème croisade, 1191) puis en Albigeois (1209), possède un fief dans la Sénéchaussée de Carcassonne (avant 06/1212), et d’autres biens dans les seigneuries de Razès (Rennes-Le-Château, Couiza, Bézu, Blanchefort, Sougraigne (11), Belcastel, Arques, Couffoulens, Limoux, etc. Maréchal du seigneur de Montfort (entre 05/1216 et 06/1218), rentre en Ile-de-France (vers1225), reprend ses domaines du Midi (avant 1228), seigneur d’Arques (1231), il est cité dans une charte de 1208 pour un don aux Vaux de Cernay, il est définitivement inféodé en 09/1231 pour ses fiefs de Limoux, Rennes, Caderonne, Couiza, Bugarach, Villarsel du Razès, Montferrand, Blanchefort, Sougraigne, Luc, Belcastel, Villars de Croix et la forêt de Belcastel. Il épouse Mahaut de Thury (fille de Lambert et de ?). Ils eurent deux fils :

         - Guillaume de Voisins + après 1256 chevalier, lieutenant de son frère Pierre (1253) puis châtelain de Niort en Poitou pour Alphonse, comte de Poitiers ;

         - Pierre II de Voisins, qui suit ;

Se succèdent de père en fils, comme seigneurs de Couffoulens : Pierre II de Voisins (1205-1256), appelé seigneur de Couflbulens en 1251, puis Guillaume II de Voisins (1233-1308) devenu baron de Couffoulens après le rachat de plusieurs terres. Sénéchaux, (officiers du roi), ils se distinguent dans la répression de l’hérésie cathare car c’est au milieu du XIIIème siècle que l’activité des hérétiques est le mieux attestée à Couffoulens.

L'histoire de l’Inquisition au moyen-âge de Jean Guiraud indique que de très nombreux cathares originaires du réseau de Couffoulens-Cavanac-Corneze-Leuc sont interrogés lors de l'inquisition vers 1240-1250 (Po Adalbert, Seignier, At Pela, Potelac...). Le plus engagé de ces hérétiques est certainement Hugues de Roumeygous, viguier (juge) au château du temps des Trencavel. À la suite de la croisade, il est déclaré faidit (dépossédé de ses biens). Il participe ensuite à la défense de l’ultime bastion du catharisme Montségur et est mis au bûcher avec 210 autres hérétiques en 1244.

Pierre II de Voisins né vers1205 + avant 1268 (1265 ?) chevalier (1234), seigneur de Limoux, Blanchefort, Arques, Couffoulens en 1265 et Couiza, Connétable de Carcassonne (vers1240), Sénéchal de Toulouse & d’Albigeois (1251-14/02/1254, pour Alphonse de Poitiers) puis de Carcassonne & Béziers (1254-05/1255, pour le Roi), croisé (avec Alphonse de Poitiers ; cité à Jaffa en 12/1252) (témoin le 04/08/1234 de l’accord entre le Roi Louis IX et l’Evêque d’Agde ; achat du château de Bouisse à Olivier de Termes vers 1260). Il épouse Jeanne (de Voisins ?) (possible veuve de Gui II de Lévis) et partage ses biens entre ses six enfants en 1678, postérité qui suit ;

         - Guillaume II de Voisins qui suit;

         - Hugues de Voisins né vers1240 + après 1290 (cité en 1275) chevalier ;

         - Pierre (Per(r)ot) de Voisins né vers1245 + après 1308 chevalier, seigneur d’Albéduno et Rennes, il épouse Géraude ;

         - Jean dit "Jeannet" de Voisins né vers1250 chevalier, damoiseau, Sénéchal de Toulouse et d’Albigeois (1303) ;

         - Gilles 1er (alias Géraud III) de Voisins né vers1250 + 1320 chevalier (1270), seigneur de Villerasel du Razès, Arques et Villeneuve des Arches (partage de 1278). Il obtient du Roi un droit de marché à Villerasel en 10/1329. Il épouse, dame de Lodève postérité qui donna la branche cadette d’Arques et Puivert ;

         - Agnete de Voisins en 1278 religieuse Clarisse.

Guillaume II de Voisins dit "Dragonnet" né vers 1234/35 + avant 1308 chevalier, seigneur de Voisins, Couffoulens, Bouisse, Bram, Limoux et Rieugrand puis de Cuxac, Caubredonde (ou Coudebronde), La Bastide-Rouge, Moussoulens, Pézens, Grèzes, Villealbe-Haute, Roullens (ou Rollons) et Maquens (ou Maqueris) (par échange avec le Roi Philippe IV "Le Bel" en 1296 contre la cité de Limoux) Lieutenant du Sénéchal de Carcassonne (03/1304) (cité le 25/07/1239 à l’Assemblée des Etats à Carcassonne ; et en 1292, 1296, 1299 ; partage successoral en 1278 ; traite en 1292 avec les Consuls de Limoux). Il épouse en première noce Alissende et en secondes noces, vers 1275 Gausserande de Narbonne, dame de ChâteauVenaissin née vers 1255, fille d’Amalric V, vicomte de Narbonne, et de Philippa de Bermond d’Anduze, dame de Sommières. Il naîtra huit enfants :

         - Alissende de Voisins + après 1304 ;

         - Pierre III de Voisins, qui suit ;

         - Amalric de Voisins ;

         - Guillaume (III) de Voisins + avant 1366 ;

         - Cécile de Voisins ;

         - Anne Philippa de Voisins ;

         - Marguerite de Voisins ;

         - Gaucerande de Voisins.

Pierre III de Voisins né vers1275 à Bram + dès 1315 chevalier, seigneur de Couffoulens, Roullens, Bram, Limoux, Villealbe, Villeréale, Ma(r)quens, Grèzes (11) Gradan, la Montagne de La Prade. Il épouse en première noce, Jordane de Niort fille de Raimond, seigneur de Belvis, et d’Alix de Blanchefort ; et en secondes noces, le 05/11/1299 Hélix de Toulouse-Lautrec, dame d’Ambres née vers1285, fille de Sicard IX, vicomte de Lautrec, et de Philippa d’Uzès. Il naîtra trois enfants :

         - Guillaume (Guilhot) de Voisins seigneur de Cuxac ;

         - Amauri (Amalric) de Voisins, qui suit ;

         - Pierre de Voisins seigneur de Rennes, décèdera sans enfant.

Amauri (Amalric) de Voisins né avant 1310 + dès 1346 chevalier, seigneur de Couffoulens et Moussoulens Lieutenant du Sénéchal de Carcassonne (1345, 1342-1351), il reprend comme héritier de son père le 28/11/1332 un procès pendant au Parlement contre Bertrand de Belcastel. Il épouse vers 1339/1340 sa cousine Béatrix de Thury, dame de Saissac née vers 1280/1285 ?, fille de Lambert et de Cécile de Voisins ; veuve d’Eustache de Lévis + 08/11/1327, qu'elle avait épousé en 1298. Il naîtra quatre enfants :

         - Guillaume de Voisins, qui suit ;

         - Pierre de Voisins, chevalier, co-seigneur de Rhedis ;

         - Béatrix de Voisins épouse vers 1355 Bernard de Penne;

         - Gausserande de Voisins épouse vers 1360 Pierre Raymond de Montbrun, seigneur de Gaïx.

Guillaume de Voisins né vers1340 + après 10/08/1380 chevalier, seigneur de Rhodes (Rhedis) et de Blagnac ? Il fut témoin avec Pierre de Voisins, seigneur de Moussoulens, au mariage de Jeanne d’Armagnac avec Jean de Lévis, seigneur de Mirepoix. Il épouse vers1360 Delphine de Lévis née vers1345, fille de Philippe II et de Jaujage de La Roche-en-Régnier. Il naîtra sept enfants :

         - Jean de Voisins, qui suit ;

         - Géraud de Voisins, seigneur de Pézenas, marié à Alix de Bruyères, fille du baron de Chalabre ;

         - Estienne de Voisins, baron de Couffoulens ;

         - Estiennette de Voisins, mariée à Durban de Thurey, baron de Puicheric ;

         - Jeanne de Voisins, + après 1455, elle épousa en 1402 Roger Bernard II de Lévis, seigneur de Mirepoix + 04/1418, fils de Jean III de Lévis et de Jeanne d’Armagnac ;

         - Yolande de Voisins, elle épousa vers 1380 Jean de Voisins;

         - Jordane de Voisins, elle épousa vers 1395 Bernard de Saguet.

Blason de Jean de Voisins (d'or aux trois fusées de gueule).

Jean de Voisins, né vers1370 + 30/06/1437 chevalier, seigneur de Couffoulens, Auvillars, Bruyères, vicomte (en partie) de Lautrec, baron d’Ambres, Saint-Gaussens et de Bramecourbe (ou Brametourte ?). Il héritera par son testament du 22/07/1418 des biens paternels de Brunissende, vicomtesse (en partie) de Lautrec et dame d’Ambres en Albigeois, sa parente, (épouse d’Yves de Garancières).  Il épouse le 09/08/1396 (Auch) Jeanne de Montaut née vers1375/80 + 1435, fille d’Eudes (ou Odon) de Montaut (Armagnac) et d’Isabelle de Rabastens. Il naîtra six enfants :

         - Amalric de Voisins + 08/1440 à Couffoulens, de la Peste ;

         - Guillaume de Voisins, qui suit ;

         - Jean de Voisins ;

         - Eudes (alias Odon) de Voisins chanoine Augustinien, Archidiacre à Auch ;

         - Elips de Voisins religieuse à Prouille ;

         - Dauphine de Voisins, elle lègue ses biens (avant 1440) à son frère Amalric.

Guillaume de Voisins, né vers 1410/15 + après 1451 (vers1478 ?) vicomte de Lautrec, baron d’Ambres, seigneur de Couffoulens, seigneur et baron de Montaut (hommage de ses terres en 1451). Il épouse en première noce, vers1440 Aude de Faudoas-Barbazan née vres1420 (teste en 1487), fille de Béraud III ou IV, baron de Faudoas et de Barbazan, seigneur de Montégut, Auterive, etc., Chancelier de Charles VII, Sénéchal d’Agenais, Gascogne & Armagnac, et de Jacquette de Pardaillan. Il épousera en secondes noces, Anne de Billy. Il naîtra sept enfants :

         - Madeleine de Voisins de Montaut, née vers 1450 ;

         - Julienne de Voisins de Montaut, vers 1455 ;

         - Philippe de Voisins de Montaut, qui suit ;

         - Pierre de Voisins vicomte de Lautrec ;

         - Catherine de Voisins ;

         - Béraud de Voisins seigneur de La Grave ;

         - Dauphine de Voisins.

Philippe de Voisins de Montaut, + après 09/11/1481 baron de Couffoulens, seigneur de Montaut, il rend hommage au Roi le 09/11/1481 pour sa baronnie de Couffoulens, assise dans la Sénéchaussée de Carcassonne. Il épouse Esclarmonde d’Armagnac, dame de Nogarolet (Gers, 32, alias Nougarel, Nogerolles ou Nogarolet. Il naîtra deux enfants :

         - Jeanne de Voisins ;

         - Guillaume de Voisins, qui suit.

Guillaume de Voisins, seigneur de Couffoulens, Montaut et de La Bruyère. Il rend hommage au Roi pour Montaut, il fut témoin le 28/04/1502, au mariage de François de Lomagne, baron de Montagnac, avec Jeanne de La Roche. Il épouse en première noce, en 1491/1492 Françoise de Montaut, dame de Gramont, fille de Géraud et de Catherine de Montpezat. Il épousa en secondes noces, Jacquette de Caumont + après 1547 ? Et en troisième noce le 25/10/1547 Françoise de Fiart. De ces unions naîtra cinq enfants.

Les noms, biens et armes de la branche de Voisins, de Couffoulens, ont passé dans la maison de Gélas, en 1588, par le mariage d'Ambroise de Voisins, héritière de cette branche ( La Chesnaye-Desbois : Dictionnaire de la Noblesse. XII.813).

On trouve les armes de Gélas gravées dans le Recueil des Blasons des barons des États de Languedoc, pour 1654 (Lyon in-fol.) ; elles portent sur le tout : "party d'or à une lozange et demy de gueule" qui est de Voisins.

En 1610, François de Voisins, seigneur de Montaut, etc., et Charlotte de Montluc, sa mère, vendent la terre et baronnie de Couffoulens à messire Louis de Cayres-d'Entraigues , baron d'Hauterive.

En 1622, novembre, Louis de Cayres-d'Entraigues, sieur d'Hauterive, baron de Couffoulens, assiste aux États de la Province tenus à Beaucaire, où le roi Louis XIII entra ce-jour-là en personne (Procès-verbaux des Etats) ; et à ceux de 1624, tenus au mois de mars, à Béziers. Il assiste aux États tenus à Béziers en mars 1625 ; et à ceux tenus à Pézenas en 1632 ; et à ceux ouverts à Béziers, par le roi Louis XIII, en octobre de la même année ; à ceux tenus à Toulouse en novembre 1639 ; à ceux tenus à Béziers en novembre 1642.  

En 1645, Rostaing de Cayres-d'Entraigues fils de Louis, meurt sans enfants, laissant la baronnie de Couffoulens à sa soeur, épouse du baron de Calvières.

 

LA FAMILLE CALVIÈRE

Originaire de Languedoc et suivant d'autres du Comtat, la famille de Calvière avait pour chef, au XVIème siècle, Raimond de Calvière, seigneur de Saint-Césaire-de-Gauzignan et président au Parlement d'Orange. Il eut trois fils, Guillaume, Nicolas et Robert.

Pierre de Calvière seigneur de Saint-Césaire-de-Gauzignan, petit-fils de Guillaume, eut lui-même trois enfants Marc, Pierre et Antoine.

- Marc de Calvière, baron de Couffoulens et d'Hauterive, fils de Pierre de Calvière et d'Hélix Alix de Terroux. Il fut Conseiller au parlement de Toulouse, décédé vers l'année 1659. Il a épousé le 2 juin 1646, Madeleine de Cayres d'Antraigues (fille unique), morte en couche le 2 décembre 1647, après dix-huit mois de mariage. Ils eurent une fille, Charlotte de Calvière, qui sera à l'origine d'une cause judiciaire célèbre vers 1658, dû à son héritage où la terre baronniale de Couffoulens était en jeu avec la famille Boscq qui fut accusé de rapt avec violence. Elle se maria le 8 janvier 1660 avec Fulcran de Guilhem de Clermont.  Ils eurent une fille, Marie de Guilhem de Clermont mariée le 27 mars 1690 avec Jean Alexandre de Toulouse Lautrec 1658-1704. Elle décéda en 1725.

- Antoine de Calvière, fils de Pierre de Calvière seigneur de Saint-Césaire-de-Gauzignan et d'Hélix Alix du Terroux. Il fut baron de Conffoulens 1615-1668. En février 1666, un arrêt du Conseil d'État, indique que la propriété de la terre de Couffoulens demeurera à Antoine de Calvière (Procès-verbal des États).  Il épousera le 22 août 1656, Marthe de La Roche 1636-1672. Le 22 décembre 1672, Dame Marthe de la Roche, veuve de messire Antoine de Calvière , comme légitime administratrice des biens de ses enfants, dénombre au Roi pour la baronnie de Couffoulens. Ils eurent un fils:

- Charles-Claude de Calvière, baron de Conffoulens 1664-1701. Le 17 avril 1684, il fut l'un des mousquetaires de la garde de S. M., il est en instance au conseil du Roi pour que le droit d'entrée aux Etats de la province de Languedoc, car il est attaché à sa terre de Couffoulens. Il épousa le 3 février 1701 Antoinette d'Albon née vers1670. Antoinette d'Albon, fit un premier mariage par contrat du 3 septembre 1689, avec de Léon de Valbelle, marquis de Montfuron, comte de Ribière, mort à Marseille le 20 mai 1691; et un second mariage par contrat du 26 juin 1692, avec Charles-Claude de Calvière, baron de Conffoulens, seigneur de Saint-Césaire-de-Gauzignan, de Lanas et de Valbonne. Ils eurent un fils :

- Charles-François de Calvière, baron de Conffoulens 1693-1748, qui se maria le 8 novembre 1733 avec Françoise Olympe de Calvière, dame de Boucoiran, née vers 1718 et décédée en 1757. De cette union naîtra Chantal Toinette Suzanne de Calvière née le 18 juillet 1739 à Alès.

En 1712, juin, vente de la baronnie de Couffoulens, consentie par messire Charles de Calvière, à messire François de Castanier.

 

 

LA FAMILLE CASTANIER

Blason des Castanier.

Les armes : d'argent, au châtaignier de sinople, fruité d'or sur une terrasse de même ; au chef d'azur chargé d'un croissant, accosté de deux étoiles d'argent.

Blason des Castanier en noir et blanc, trouvé dans un ouvrage très ancien.

La famille Castanier de Clermont-Lodève ou Castanier d'Auriac existait au XVIIIème siècle qui, après avoir acquis dans la finance une fortune considérable, occupa de hautes charges de magistrature.

Le premier ancêtre connu dans la région qui nous intéresse est Guillaume Ier Castanier (+1690), est un marchand, cultivant lui-même sa métairie. Il avait épousé le 18 février 1645, Anne Marescot fille du seigneur de La Bastide Esparbairenque dans la Montagne Noire et vint s'installer à Carcassonne. Ils eurent un fils :

- Guillaume II né le 17 mars 1646 (+4 septembre 1704) qui épousa à 23 ans en mai 1669, Marie Raynaud fille d'un gros marchand de draps de la cité de Carcassonne. Ils eurent à leur tour pour enfants :

- Guillaume III et François Ier et deux filles Marie et Anne. Guillaume II occupe le poste de conseiller du Roi honoraire au siège du présidial de Carcassonne, lorsqu’il achète aussi en 1694 la manufacture du bout du pont à Carcassonne, dans le faubourg de la Trivalle.

Portrait de Guillaume Castanier III (1645-1705).

- François Ier Castanier vivait à Paris, il meurt en 1759 sans descendance, au numéro 17 rue Neuve des Capucines à Paris, dans son fastueux hôtel jouxtant la place Vendôme. C'était un homme d’aspect sévère, choisi par Louis XV comme surintendant des finances de la Reine, il se rendait tous les jours à Versailles.

Portrait de François Castanier (1676-1759) directeur de la Compagnie des Indes de 1723 à 1759.

Après la mort de Noel de Varennes, en 1712, Guillaume II Castanier acheta pour son gendre, Pierre Fraisse bourgeois de Carcassonne le mari de Marie, la manufacture des Saptes.

- Guillaume III Castanier né en 1670, devenu comte de Clermont-Lodève, baron, et seigneur de Couffoulens, décédera le 15 janvier 1725 à Carcassonne, dans la maison qu'il avait fait bâtir vingt ans auparavant et qui existe encore, dans le haut de la Grande Rue, actuelle rue de Verdun. Il devint un homme important par les charges municipales qu'il occupa, mais surtout par la grande fortune qu'il fit dans la fabrication des draps. Déjà fort riche au moment de la banque de Law, il sut transformer en son temps ses actions en belles et bonnes terres, au point de devenir le plus grand propriétaire foncier de la région. Il fut inhumé dans l'église de Couffoulens, ses deux fils Guillaume IV et François II lui succédèrent. Il laisse une fortune de vingt-trois millions de livres et répartit ses biens entre ses deux enfants. Il avait épousé le 5 septembre 1692 Françoise de Bourlat fille du directeur de la manufacture royale de Pennautier. Pour compléter la production de la manufacture de la Trivalle et de Saptes, il crée en 1711 la manufacture de draps fins de Cuxac-Cabardès. Ils eurent trois enfants :

Guillaume IV, François II et Françoise.

- Guillaume IV Castanier d'Auriac né le 19 décembre 1702 à Carcassonne (+3 décembre 1765 à Fontainebleau) Conseiller d'État, épouse le 16 avril 1738 Marie Louise de Lamoignon de Blanc Mesnil née le 7 juillet 1719 (+1790), ils eurent un fils, François-Guillaume Castanier-d'Auriac né le 29 mai 1739, premier avocat au Grand Conseil, qui fut tué en duel à Paris le 30 juillet 1762 par M. de Siran de Cavanac, il avait 24 ans.

Couffoulens, Guillaume IV de Castanier repose sous cette dalle dans le choeur de l'église. 

Guillaume IV Castanier d'Auriac devint, entre autres seigneuries, propriétaire de la baronnie de Couffoulens. Selon une tradition assez répandue, il aurait installé au château de Couffoulens une imprimerie particulière où aurait été imprimé le Psautier des Capucins ainsi que plusieurs autres ouvrages (Mémoire Manuscrit sur la fondation du Couvent de Capucins de Carcassonne). Il n'est pas probable que les Pères Capucins de Carcassonne aient imprime leur Psautier ailleurs que dans leur couvent. Quant aux autres livres on en chercherait vainement la trace. Donc cette tradition est fausse.

Portrait de Guillaume Castanier IV (1670-1725) par Hyacinthe Rigaud,(Musée des Beaux-arts de Carcassonne).

Zoom sur le portrait ci-dessus de Guillaume Castanier IV (Photos Chroniques de Carcassonne).

Guillaume IV Castanier héritera de l’immense fortune de son oncle François Ier Castanier, cette colossale fortune était évaluée à quarante-trois millions de livres. Nommé conseiller d’Etat en 1751, il préside par la suite le Grand Conseil. Il gère également les forges à la catalane de la Haute Vallée de l’Aude et les manufactures des Saptes, Villeneuvette et Cuxac-Cabardès.

Son fils ayant été tué en duel, en 1765, l’immense fortune reviendra alors à sa nièce, Catherine Castanier (1729-1814) appelée "Madame", fille de François II voir ci-après. 

Quant à François II de Castanier né en 1701 (+1729) il n’eut qu’une fille Catherine  Françoise Castanier (1729-1814) qui recueillit l’entier héritage. Catherine épouse en première noces Jean Joseph Palarin, marquis de Loubère, et en seconde union le marquis Louis Marie de Poulpry, lieutenant général des armées du roi (équivalent de nos jours à un général de division).

En 1773, la très haute et très puissante dame Catherine-Françoise Castanier de Couffoulens, comtesse de Clermont-de-Lodève, marquise de Sérignan, baronne d'Escouloubre, Arques, Couiza et autres lieux, veuve du très haut et très-puissant seigneur Louis-Marie du Poulpry, marquis du Poulpry, lieutenant-général des armées du Roy, demeure à Paris, rue de l'Université, faubourg Saint-Germain, paroisse de Saint-Sulpice.

En 1786, Catherine-Françoise Castanier de Couffoulens, comtesse de Clermont-Lodève, marquise de Sérignan, baronne de Couffoulens, etc., est veuve de Louis-Marie marquis de Poulpry.

On prétendait que la marquise Catherine Françoise Castanier de Couffoulens pouvait venir de Paris à Carcassonne avec ses chevaux en couchant tous les soirs dans une de ses propriétés. Son patrimoine foncier était impressionnant.

En 1793, la terre seigneuriale, le château de Couffoulens et les dépendances, sont confisqués, pour cause d'émigration, sur la tête de la marquise de Poulpry, et fut vendue par la nation. Catherine-Françoise Castanier, émigrée, son immense fortune fut aussi confisquée, elle fut la dernière héritière de la famille Castanier d'Auriac.

Lorsqu'elle émigra en Allemagne, tous ses biens furent alors saisis et confisqués. Elle ne revint que sous l’Empire pour trouver tous ses biens vendus. Elle mourut dans la pauvreté le 27 janvier 1814 ne laissant à son neveu le Duc de La Rochefoucauld que quelques terres.

 

LA FAMILLE SARRAND

- Pierre Sarrand (1705-1780), né à Vias arrive à Foucaud en 1724. Fils de Pierre Sarrand (+1730). Il aura deux fils: Antoine (1740-1820), mort sans postérité et Etienne Sarrand (1745-1830) receveur du canal et contrôleur des travaux à Castelnaudary.

- Etienne Sarrand achète, en 1793, le château de Couffoulens qui a été confisqué et vendu comme bien national à la révolution. Son fils Jean-Louis Sarrand (1784-1842) d’où est issue la famille possédant le château actuellement, fut un grand officier de l’Empire participant à treize campagnes napoléoniennes entre 1803 et 1815 jusqu'à Waterloo où il eu la jambe fracassée et du être amputé au dessus du genoux. Nommé maire de Carcassonne le 5 novembre 1835, il est révoqué le 21 février 1837 pour avoir montré trop de bienveillance envers le farouche républicain Armand Barbès (1809-1870), qui était son beau-frère.

Couffoulens, portrait de Jean Louis Sarrand en 1824.

Dans la seconde partie du XIXème, le château connut une longue période d'abandon, vers 1860 les étages des deux ailes ont été abattus. Signe de cette époque romantique, une légende raconte que les soirs de grand vent, les villageois de Couffoulens pouvaient entendre les pas claudiquant du fantôme du commandant Sarrand errer dans le grand château vide.

Érudit, historien et viticulteur, Jean Sarrand (1898-1993), membre de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne et de la Société d’Études Scientifiques de l'Aude dont il fut président, a fait de nombreuses conférences entre 1955 et 1981.

Jean Sarrand, propriétaire du château de Couffoulens, est décédé en février 1993.

Grâce aux ressources provenant de la vigne, la restauration de l'édifice commencée vers 1960, sous le contrôle des monuments historiques, a permis, en un premier temps, de remettre en valeur les façades. Elle se poursuit activement sous l'impulsion de ses descendants.

 

ARCHÉOLOGIE, LA NÉCROPOLE DE COUFFOULENS

Le territoire de Couffoulens est très riche sur le plan archéologique.

En décembre 1972 un labour permettait de localiser dans la moyenne vallée de l'Aude, au lieu-dit "Las Peyros" à Couffoulens, situé sur une terrasse de l'Aude à environ 500 m au sud du château, une nécropole de la fin du premier Âge du Fer (datation entre l'an 480 et l'an 560), groupant une quarantaine de sépultures. Ce site est le plus connu, il est sans aucun doute une nécropole à incinération.

Les recherches archéologiques effectuées ont permis la mise au jour d’une série de 35 loculi (petite fosse contenant la tombe et son mobilier) qui ont fourni une grande quantité d’objets datant des VIème et Vème siècles avant. J.-C.

Couffoulens, vases ossuaires de la nécropole de Las Peyros.

Accompagnant l'urne funéraire (un vase de céramique grise contenant les restes incinérés du défunt), des armes (fers et talons de lances, épées à antennes, javelot à longue tige de fer replié, couteaux), des accessoires de vêtements (fibules, agrafes), des bijoux (bracelet de fer, de bronze, une boucle d'oreille en argent, une perle en calcaire), des scalptorium (pinces à épiler), des gobelets, des coupes de céramique grise, côtoyaient des objets cérémoniels en bronze comme des simpulum (cuillers à long manche), une attache de courroie et un reste tordu de disque de tôle de bronze repoussée.

Couffoulens, nécropole de Las Peyros, un Thymiatérion (brûle-parfum).

Un objet très particulier, a été signalé par le propriétaire Jean Sarrand dans la partie centrale de la parcelle, qui a permis de localiser les premières tombes : un Thymiatérion (brûle-parfum), à la tige ornée d’un cerf et portant à chaque extrémité deux coupelles ajourées, celle du bas étant décorée de six petits oiseaux, tout de bronze également.

Couffoulens, pointes de lances ou javelots en fer de la nécropole de Las Peyros.

Couffoulens, fibules de la nécropole de Las Peyros.

En 1977, en préalable à la replantation du vignoble, un charruage plus profond, atteignant en général le sous-sol, révélait l'existence dans la même parcelle, côté oriental, d'un nouveau groupe de tombes, à quelque 90 mètres du premier. De nombreux ossements furent retrouvés ainsi que de nombreuses poteries, boucles de ceinturon, couteaux en fer, pointes de lance, fibules en fer et en bronze ainsi que d'autres mobiliers. Ces nécropoles apportent une précieuse contribution à la connaissance de la culture languedocienne à la fin de l'Âge du Fer, tant par la diversité des mobiliers que par les indications sur les rites funéraires et les modes d'enfouissement.

Deux épées à antennes ont été retrouvées lors de fouilles datant de l'Âge de Fer.

Couffoulens, épée à antennes de la nécropole de Las Peyros (Mémoire de la société archéologique du midi de la France).

Des traces d'une occupation romaine, existent, deux voies romaines se croisaient à proximité du village : l'axe Carcassonne-Limoux par la rive droite de l'Aude et l'axe Malepeyre-Lagrasse. Jean Sarrand a prouvé que certaines chapelles rurales situées à moins de cinq kilomètres de village (Saint Frichoux, Saint Julien, Saint Thomas) ont été bâties sur d'anciennes "latifundiae" (fermes romaines).

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NOTES DIVERSES :

- 1171, en novembre, la paix est signée entre Roger II Trencavel ou Roger II de Béziers (1149-1194) et le comte de Toulouse Raymond V (1134-1194), à qui il donne sa fille Adélaïde de Toulouse (1158-1200) en mariage, fille qu'il avait eu avec Constance de France.

Le comte donna en dot à Adélaïde 500  marcs d'argent fin et Roger lui assigna pour douaire, le château et tout le comté de Rasez, le château de Balaguier, le bourg de Limoux, avec leurs dépendances, le château de Couffoulens dans le comté de Carcassonne, etc.

Adélaïde donna naissance à : Raimond Roger (1185-1209), vicomte d’Albi, de Béziers et de Carcassonne.

- En 1632, Louis XIII, mécontent de ses sujets des provinces du Midi, et conseillé par le cardinal de Richelieu, prit la résolution de présider en personne les Etats de Languedoc, qu'il convoqua dans la ville de Béziers. Ils se réunirent dans l'église des Augustins, disposée à cet effet, et la noblesse y parut représentée par le vicomte de Polignac, le marquis de Mirepoix, les barons de Lanta, de Couffoulens et de Capendu, et d'autres notables personnes.

Voici quelques photos anciennes de Couffoulens pour les amateurs :

Vendange  aux environs de Couffoulens, domaine des Valières en 1905.

Couffoulens, bureau des expéditions du vin du domaine de la Valières en 1905.

Couffoulens, expédition et transport du vin du domaine de la Valières en 1905.

Couffoulens, une vue de l'Ouest en 1905.

Couffoulens, la Grande Rue en 1905.

Couffoulens, l'église en 1905.

Couffoulens, l'église en 1905.

Couffoulens, une vue de l'Est en 1905.

Couffoulens, pont sur le Lauquet en 1905.

Couffoulens, pont sur le Lauquet en 1955.

Couffoulens, le château en 1905.

Couffoulens, le château en 1965 vu du Sud-Est.

Couffoulens, une vue générale prise du Sud-ouest en 1965.

Couffoulens, une vue générale prise du Sud en 1975.

Couffoulens, une vue générale prise de l'Ouest en 1975.

Si vous possédez des photos récentes ou anciennes, envoyez moi un mail je pourrai ainsi compléter ce reportage.

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, 1978.

- Sources diverses : Languedoc Culture et Patrimoine et Wikipédia.

- La Chesnaye-Desbois : Dictionnaire de la Noblesse. XII.813.

- Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne de Jacques Alphonse Mahul.

- Revue archéologique de Narbonnaise 1981 Volume 14 : La nécropole de "Las Peyros" à Couffoulens (Aude) : découverte d'un nouveau groupe de tombes, article de Michel Passelac, Guy Rancoule et Yves Solier.

 

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 septembre 2017

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Bonne découverte.

Gaja-et-Villedieu se situe à 5 km de Limoux, 32 km de Mirepoix, 69 km de Foix, 26 km de Carcassonne, 87 km de Narbonne, 96 km de Toulouse et 205 km de Cahors.

Gaja-et-Villedieu est un petit village situé dans le département de l'Aude et la région de l'Occitanie (anciennement Région Languedoc-Roussillon). Ses habitants sont appelés les Gajaquois et les Gajaquoises, ceux de Villedieu, les Villadéens.

Cette commune comprend dans les limites de son territoire le village de Gaja, le hameau de Villedieu et le domaine de Villemartin.

Le village comptait 157 âmes en 1793, 280 en 1836, 302 habitants lors du recensement de la population de 2006 et une légère baisse en 2014 avec 291 habitants.

La commune s'étend sur 7,8 km² avec une densité de 39 habitants par km², Gaja-et-Villedieu a connu une nette hausse de 14% de sa population par rapport à 1999.

Le village de Gaja-et-Villedieu se situe à 5 km au Nord / Ouest de Limoux.

Le domaine et château de Villemartin se trouve au Nord-Est de Gaja-et-Villedieu et la ville de Limoux tout proche.

Vue aérienne du village de Gaja-et-Villedieu

Entouré par les communes de Lauraguel, Pauligne et Saint-Martin-de-Villereglan, Gaja-et-Villedieu est situé à 2 km au sud-est de Lauraguel la plus grande ville des environs.

Situé à 202 mètres d'altitude, le Ruisseau de Verdeau est le principal cours d'eau qui traverse la commune de Gaja-et-Villedieu.

La commune est proche du parc naturel régional du Haut-Languedoc.

Le village de Gaja-et-Villedieu en fin d'après midi.

Le village de Gaja-et-Villedieu au petit matin.

Deux changements de nom de Gaja-et-Villedieu ont été référencé au cours de l'histoire de la commune, en 1793 : Gajat et en 1801 : Gaga.

La toponymie de Gaja-et-Villedieu : Gaja désigne un domaine appartenant à un homme également appelé Gaius, un document de 844 parle de Gaianum villare. Le second élément du toponyme représente une francisation de l'ancienne appellation Villa Dei ou "domaine de Dieu" et rappelle souvent la présence d'une ancienne commanderie des templiers. Ici fut édifié un prieuré placé sous le patronage de saint Ferréol ; celui-ci plus tard uni à l'abbaye de Saint-Polycarpe. Les toponymes terminés en Dieu (Villedieu) évoquent dans la plupart des cas la présence d'une maison religieuse, d'un monastère, d'un prieuré ou même d'un lieu de culte de moindre importance.

Au moyen âge Gaja était qualifié de "Silva densissima" (Forêt très épaisse).

Gaja, jadis couvant de l'abbaye de Saint Polycarpe et uniquement soumis aux redevances seigneuriales, manque de traditions. On sait seulement qu'en 881 le roi Carloman et en 889 le roi Eudes, confirmèrent en faveur de l'Abbaye avec d'autres possessions celle de Gaja et Villedieu qu'elle tenait des bienfaits de Charles le Chauve (Roi de France de 843 à 877).

''Gaja : d'or, à deux pals de gueules (de gueules = rouges), et un chef du même.

Villedieu : d'argent, à deux pointes de sinople (de sinoples = vertes) posées en chevron.''

Sur l'armorial général de France de Charles d'Hozier réalisé en 1696 on trouve ce blason pour Villedieu, est-ce le même village dont il est question dans ce reportage, j'ai un doute ?

Gaja-et-villedieu, le clocher-mur émerge de la végétation.

Gaja-et-villedieu, le clocher-mur de l'église.

Le village de Gaja-et-Villedieu possède une église romane datant du XIème siècle dont la restauration s'est terminée en 2013.

L'église est mentionnée comme église paroissiale dans une bulle du pape Jean XXII du 16 décembre 1331. Les revenus de son recteur étaient évalués à l'époque à 70 livres.

Gaja-et-villedieu, le clocher-mur de l'église.

Gaja-et-villedieu, le porche de l'église au pied du clocher-mur.

Note concernant la bulle papale :

Une bulle que l'on appelle pontificale, papale ou apostolique, est un document originellement scellé (du latin bulla, le sceau), par lequel le pape pose un acte juridique important tel que l'indication d'une année sainte, une nomination épiscopale ou une définition dogmatique, la convocation à un concile, une canonisation, etc. Ci-dessous, une bulle du pape Innocentius XII avec sceau intact 1691-1700.

Bulle papale de Clément VIII datant de 1593.

Bulle pontificale du Pape Innocentius XII avec sceau intact 1691-1700.

A l'origine, le terme désigne le sceau de métal, en plomb ou en or, attaché à un document pour l'authentifier. Adoptant une pratique en cours à Byzance, la chancellerie papale commence au VIème siècle à authentifier ses documents d'un sceau de plomb (la bulla) pour les documents ordinaires, d'une bulla d'or ou d'argent pour d'autres plus importants. Des cordelettes de soie ou chanvre insérées dans le sceau tenaient le document fermé. Sur le sceau (au XIIIème siècle) étaient frappés, d’un côté, les visages des apôtres Pierre et Paul, sur l’autre, le nom du pape régnant. A partir du XIIIème siècle, les documents qui portaient ce sceau furent eux-mêmes appelés "bulles". Depuis environ le XVème siècle, le terme est réservé aux lettres apostoliques scellées du sceau de plomb. En France, après le Concordat de 1801, les bulles ne furent exécutoires qu'après enregistrement par le Conseil d'État. Cependant, les articles organiques ajoutés au Concordat sans l'accord de Pie VIII, soumettraient les bulles au contrôle du pouvoir civil. Les actes pontificaux n'ont plus été à partir du XIXème siècle l'objet d'un contrôle, qui a formellement été abrogé par la loi de séparation de l'Église et de l'État (Loi du 9 décembre 1905).

Les bulles les plus anciennes qui soient parvenues jusqu'à nous sont celles du pape Léon Ier (pape de 440 à 461).

En août 1982, sur le territoire de la commune au lieu dit "Las Gravas" et en février 1983 sur la commune limitrophe de Pauline au lieu dit "Les Plos", des labours profonds ont mis au jour des vestiges céramiques attribuables au Chalcolithique.

Chemin menant au château de Villemartin.

LE CHÂTEAU DE VILLEMARTIN

La toponymie de Villemartin évoque la villa Martini ou domaine de Martinus. Des écrits de 1234 appellent l'endroit Villamartini, en 1262 Villa Martini in Redesio, en 1351 Rector de Vilamartin, entre 1376-1587 Villemartin en Razès, en 1639 Saint Pierre de Villemartin et en 1807 Ville Martin.

C'est une ancienne rectorie du diocèse de Narbonne, sous le vocable de saint Pierre et de saint Paul, située sur le territoire de la commune de Gaja-et-Villedieu

Une vue aérienne du domaine de Villemartin avec la château, le cloître, la chapelle et ses dépendances.

Pendant la guerre des albigeois il fut confisqué pour crime d'hérésie ou de félonie, et devint comme tant d'autres la proie des vainqueurs. Parmi les croisés les plus valeureux figurait au premier rang Lambert de Thurey appelé aussi Lambert de Limoux. Simon de Montfort lui avait donné la baronnie de Lambert en récompense de ses services, mais amoureux des aventures ce chevalier alla mourir en Terre Sainte. C'est sans doute pour dédommager sa famille qu'en 1234 Eudes le Queux, Sénéchal de Carcassonne, assigna l'ordre du Roy à Béatrice sa veuve et à ses deux fils Lambert et Simon de Thurey, quinze cents livres de revenu sur diverses terres telles que : Saissac, Saint Couat, Villelongue, Mongaillard, Lauraguel, Villemartin, et cette concession reçut après la mort de Béatrice l'approbation de Louis IX par lettres royaux du mois de décembre 1256, moyennant l'hommage lige (L'hommage lige est un rituel caractéristique de la féodalité médiévale. Par ce rituel, un homme libre, le vassal, se lie à un autre homme libre qui devient par là-même son suzerain) et le service de six cavaliers.

On ne sait pas à quelle époque Villemartin dont le revenu consistait alors en douze livres et quatorze sous fut bailli en arrière fief sous la suzeraineté du Baron de Saissac. Par le mariage de sa fille unique il devint le patrimoine de la famille de Castéras. En 1569 Jean de Castéras était capitaine gouverneur de Pierre Pertuse en 1640. Jean de Castéras son petit fils, en 1670, et Louis de Castéras en eurent successivement la possession, alors que dès 1640 c'était le seigneur de Coume Loubine et François de Castéras de Taillebois. Ces trois fiefs furent réunis sous la main de Jacques de Castéras en 1746 par le décès de Jean Pierre son frère et sortirent enfin de cette famille par des aliénations volontaires.

Vestiges probablement du cloître des Carmes qui n'ont pas été réutilisés lors de la reconstruction, ou s'agit-il d'arcades du cloître de Saint Polycarpe faisant aussi parties d'une récupération (voir texte plus loin) ?

Détails d'un des chapiteaux du portique ou arcades à colonnes de la photo ci-dessus.

Vestige faisant parti autrefois d'un ensemble d'arcades romanes, ici un arc plein cintre et colonnes hexagonales surmontées de chapiteaux au décor floral.

Après plusieurs mutations Villemartin est devenue la propriété de la famille Guiraud.

C'est à lui que Villemartin doit sa première restauration. Il créa un parc dans lequel on admire un cloître en marbre de style gothique, aux chapiteaux historiés, qu'il fit transporter à grands soins de l'ancien couvent des Carmes à Perpignan, où selon une table de marbre encastrée dans le mur il aurait été édifié par B. de Peyretortes, après neuf ans de travaux en 1342.

Le domaine et le château de Villemartin qui est un ancien "château fort", n'a jamais été un château-forteresse, avec fossés, pont-levis, remparts à mâchicoulis, mais plutôt un château de plaisance.

La cour intérieure du château de Villemartin.

La tour hexagonale avec la porte d'entrée surmontée d'arcs en accolade avec un blason. Cette tour desservant aussi les étages du château de Villemartin.

Les constructions primitives ont changé plusieurs fois d'architecture, et il ne reste aujourd'hui du château seigneurial qu'une tour à facettes qui devait se faire remarquer quand elle s'élevait majestueusement au-dessus du donjon. On voit sculptées au-dessus de la porte d'entrée de cette tour, les armoiries ci-dessous :

La tour hexagonale avec la porte d'entrée surmontée d'arcs en accolade. Blason : d'azur à 2 merlettes d or, accompagnées en chef d'un croissant de même et chargé de trois étoiles, 2 en chef, une en pointe.

Reproduction du blason au-dessus de la porte d'entrée du château de Villemartin, (Extrait du document du SESA tome XXI).

Voici une étude sur ce blason réalisée par Noëlle Marti-Gerbaud, comme on peut le constater il y a un problème d'interprétation de la description par le SESA ... elle nous donne les 2 versions en respectant les couleurs d'origines.

Ce blason est à identifier à qui appartient-il ?

Peu à peu Villemartin prit de l'extension, au point que cette demeure féodale fut transformée en paroisse ; elle eut alors un cimetière, une église dédiée à Saint-Pierre et un curé desservant. Plusieurs familles seigneuriales ont, pour ainsi dire, régné dans ce manoir.

Villemartin avait appartenu d'abord à Raymond-Bernard, comte de Carcassonne et du Razès (1062), et les descendants de ce dernier le possédèrent à leur tour jusqu'en 1218, avant la sanglante croisade contre les albigeois.

Simon de Montfort, à la tête d'une forte armée, grossie par les seigneurs qui vinrent se grouper sous sa bannière, s'empara de tous les châteaux et forteresses qui faisaient partie du comté et de la vicomté de Carcassonne et du Razès. A tous ses guerriers fidèles il partagea ses conquêtes. Pour récompenser les services que lui avait rendus Lambert, seigneur de Limoux (home balent et brabe) ; blessé mortellement au siège de la forteresse de Puylaurens, il fit don à Béatrix, sa veuve, du manoir de Villemartin. Celle-ci ne pouvant se consoler de la perte de son époux, se retira dans un monastère et céda le château, avec toutes ses terres, à Guy de Lévis II.

Le nouveau châtelain ne jouit pas longtemps de ce domaine, il s'éteignit le 8 octobre 1263, à la survivance de plusieurs enfants. Le partage de sa succession eut lieu en 1264.

Villemartin échut à Eustachie de Lévis, mariée avec Jean de Bruyères, seigneur de Puivert.

Puis eut lieu le partage entre Guy de Lévis III et sa sœur Eustachie, mariée avec Jean de Bruyères.

Vestiges du château de Villemartin, arcs brisés en tiers-point avec en partie basse, deux ouvertures romanes en forme d'ogive, divisées verticalement par un meneau. Dans ces deux baies il devait y avoir des arcs trilobés comme celui qui surmonte cet ensemble.

Pigeonnier du château de Villemartin.

Vestige d'un ensemble d'arcades romanes à arcs brisés.

Vestige d'un ensemble d'arcades romanes à arcs brisés.

Fontaine du château de Villemartin.

Vestige d'une fontaine représentant un visage, du château de Villemartin.

A l'ouest du château, le baron Alexandre Guiraud a composé un ensemble autour de son cloître : orangerie, chapelle, cloître et cabinet du poète. Au nord de cette pièce, se trouve un bâtiment de 2 étages, avec au dessus d'une ancienne forge, une pièce connue comme le cabinet du poète est éclairée de 3 fenêtres dominant la campagne environnante. La partie chapelle-atrium-cloître est terminée en 1846, date de la bénédiction de la chapelle. Le domaine de Villemartin comme beaucoup de réalisations privées sans archives, avec une succession de propriétaires qui sont des bâtisseurs, ne possède pas la documentation qui permettrait de déterminer aujourd'hui la stricte part de Guiraud de celle des Fabre qui ont acheté en 1882. A la fin de la 1ère moitié du XIXème siècle, au moment des premières protections de Mérimée, Guiraud sauve le cloître des Carmes de Perpignan et fait une oeuvre architecturale en même temps que littéraire, qu'il intègre dans un parc romantique, où il rassemble d'autres vestiges, comme les arcades du cloître de Saint-Polycarpe et selon Buzairies (1867) du clocher de Saint-Martin, fenêtres ogivales d'Alet, lambeaux du cloître des Dominicains de Limoux.

Le château de Villemartin est privé et fermé au public, ce qui est bien dommage.

 

LE CLOÎTRE DU CHÂTEAU DE VILLEMARTIN

Ce cloître, tout en marbre, est un monument typique de l'art catalan remarquable par son élégance, sa richesse et sa préciosité. Ce cloître en marbre fait l'admiration de tous les visiteurs. Alexandre Guiraud l'acheta, en 1840, à Perpignan et il le fit transporter, à l'aide de douze charrettes attelées de bœufs, dans le parc du château. Certains éléments proviennent du cloître de l'ancien couvent des Carmes de Perpignan : inscription aux Monuments Historiques par arrêté du 21 mars 1983. Les grands Carmes l'avaient bâti en 1333.

La reconstitution de l'ancien couvent des Carmes de Perpignan dans le parc du château de Villemartin.

Le cloître du château de Villemartin.

La reconstruction du cloître a nécessité 3 ans de travaux, il mesure 23 mètres de long sur 17 mètres de large. Il y a au total 36 arceaux en marbre blanc et marbre gris.

Le cloître est particulièrement intéressant. Depuis le cloître on y pénètre par un vestibule, sur le seuil une mosaïque reproduisant le Cave canem de Pompéi prévient le visiteur comme à la maison du poète tragique où l'original a été découvert en 1826. L'inspiration est évidente, avec les colonnes cannelées ioniques et les peintures ornant les murs, dans les couleurs brun, rouge et jaune identiques à celles de Pompéi.

Le cloître du château de Villemartin.

Bas relief récupéré dans l'ancien couvent des Carmes de Perpignan.

Les colonnes sont hautes et cannelées, et divisées en deux parties superposées les unes aux autres ; elles ont des socles où sont sculptés, en général, des reptiles ou d'autres animaux fantastiques. Les chapiteaux ont, pour la plupart, à leurs angles, des têtes humaines attachées à des corps de poissons ou de quadrupèdes; sur ceux des quatre angles du cloître figurent des écussons parfaitement conservés, parmi lesquels se distingue celui de Navarre. Le plein cintre des arceaux est orné d'un trèfle moresque intérieur à ogives, ce qui ajoute admirablement à l'effet de l'ensemble.

En 1792, pendant la Révolution on avait muré les arceaux du cloître d'origine pour le convertir en écurie. Cette profanation a duré trente ans environ ; et c'est à cela du reste qu'est due la parfaite conservation des figures qui ornent les chapiteaux. Puis, la Révolution de 1830 ordonna la démolition du cloître pour laisser plus d'espace au développement des manœuvres de l'artillerie.

Le cloître avec sa chapelle et l'ensemble des bâtiments qui le jouxtent, comprenant l'orangerie, la chapelle, l'atrium, la forge et le cabinet du poète ainsi que le parc avec ses fabriques et les vestiges architecturaux qu'il contient, en totalité, à l'exclusion du château proprement dit, tels que délimités et hachurés en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 22 avril 2015.

En choisissant des marbres de diverses couleurs et en les mélangeant avec goût, les galeries claustrales produisaient un effet très agréable. Les arches sont plus élancées que celles qui abritaient les moines de notre région; les colonnettes, toujours uniques et cannelées, supportaient des arcs à plein cintre dans lequel s'épanouissait un trèfle lancéolé.

Sur une plaque en pierre, placée à l'un des angles du cloître, on lit l'inscription suivante en latin, qui est en quelque sorte son acte de naissance, comme le disait avec vérité Alexandre Guiraud. Dont voici la traduction en français : "L'an du Seigneur 1333, ce cloître fut commencé par frère Arnaud de Peyrestortes, et il fut terminé l'ail du Seigneur 1342".

 

Voici l'inscription originale en latin du cloître de Villemartin :

ANNO DOMINI M CCC XXXIII

FVIT 1NCEPTVM CLAVSTR

TM ; (sic) PER FRATREM Arnaldum DE PARIETIBVS

TORTIS ET FVIT COMPLET

VM ANNO DOMINI M CCC XLII

Une guirlande de feuillages encadre celle inscription.

A la fin du XIXème et au début du XXème, Aristide Fabre riche viticulteur s'enthousiasme, comme son contemporain Fayet, pour les ruines relevées par son prédécesseur, réalisant non pas des reconstitutions mais des remplois de vestiges (colonnade provenant de l'église de Vias au bord de la pièce d'eau, projet sous le belvédère) et continue l'aménagement du parc “ à l'anglaise ”, toujours à la mode à la fin du XIXème, en le complétant de fabriques, grottes et cascades, dans l'héritage du parc à fabriques "anglo-chinois" de la fin du XVIIIème siècle : belvédère du poète qui sert de réservoir, petit pont, serre, oisellerie, lavoir ... Au sud du château, une autre pièce d'eau a été aménagée en cascade avec grotte de fraîcheur, rochers et barrière faux-bois en ciment armé datant de 1910. L'ensemble de ce parc est cohérent avec les vestiges d'architecture médiévale qu'il contient (arcades du cloître de Saint-Polycarpe), dont certains ont apparemment disparus et dont tous sont en danger du fait de l'abandon et du manque d'entretien du domaine.

Baies romanes avec arcs polylobés éclairant de la chapelle du château de Villemartin.

Le choeur de la chapelle du château de Villemartin, © Monuments Historiques.

Voici une série de photos en noir et blanc prisent par André Signoles et misent sur le site des Monuments Historiques :

Entrée de la chapelle du château de Villemartin, © Monuments Historiques.

Entrée de la chapelle du château de Villemartin, © Monuments Historiques.

Le cloître du château de Villemartin, © Monuments Historiques.

Le cloître du château de Villemartin, © Monuments Historiques.

Ci-dessous, toute une série de photos montrant la multitude de décors des chapiteaux et socles des colonnes du cloître du château de Villemartin, © Monuments Historiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Socle de colonne au décor sculpté représentant des reptiles ou des animaux fantastiques.

Socle de colonne au décor sculpté représentant des reptiles ou des animaux fantastiques.

 

 

 

Voici l'histoire de la réhabilitation des éléments du cloître des Carmes de Perpignan :

Le couvent des Carmes à Perpignan se trouve face à la caserne militaire et le collège Jean Moulin, il prend le pâté de maisons situé entre les rues Vieilledent, Côte des Carmes, des Carmes et Remparts Saint Jacques.

Il a une grande superficie au sol, même si elle n'atteint pas celle du couvent des franciscains, anciennement à la place de l'ancien hôpital militaire.

Les Grands Carmes s'établirent à Perpignan en 1213. La construction de ce couvent date de 1270 sous l'impulsion du futur roi Jacques 1er de Majorque. Ce dernier avait concédé l'eau d'une source qui jaillissait du fossé du château royal. De nos jours cette source se nomme "Fontaine des Carmes".

Voici ce qu'il reste du couvent des Carmes à Perpignan (66).

La construction de leur couvent, dont subsiste actuellement l'église, semble dater des années 1332-1341. La construction du cloître s'est effectuée de 1333 à 1342, comme en témoigne la pierre de fondation, ce cloître polychrome en marbre gris et blanc existait sur le flanc méridional de l'église ses décors furent sculptés par Arnaud de Peyrestortes de l'ordre du Carmel. Au XVIIème siècle, le couvent fut transformé en arsenal. Au début du XIXème siècle, le génie militaire détruisit le cloître. Vers 1840, les éléments sculptés et les colonnes furent récupérés par le baron Alexandre Guiraud et transportés dans son domaine de Villemartin, près de Limoux. Ces éléments y furent remontés selon un plan légèrement différent de celui de leur disposition d'origine, ils servirent à l'édification d'un cloître formant un rectangle beaucoup plus allongé que le cloître du couvent. D'autres éléments sculptés furent intégrés dans la construction d'une petite chapelle ouvrant sur la galerie ouest du cloître. La sculpture des chapiteaux forme un ensemble exceptionnel caractéristique de l'art gothique catalan du milieu du XIVème siècle. Elle ne comporte aucune représentation proprement sacrée (motifs végétaux ; représentations animales réelles ou fantastiques ; scènes allégoriques ; scènes de chasse).

L'église à nef unique ne fut achevée qu'en 1325 et elle fut remaniée en 1343, soit très peu de temps après. A cette occasion elle fut recouverte d'une charpente. Il subsiste de nos jours les restes du portail gothique en marbre polychrome rose et blanc sculpté de monstres fantastiques. La moitié du toit s'est effondrée suite à un incendie survenu en 1944, lorsque les allemands, en abandonnant la ville, on fait sauter leurs munitions. Il faut dire qu'ils se servaient du couvent comme entrepôt de munitions. Ils ne subsistent aujourd'hui que les vestiges de l’église Sainte-Marie, fortement endommagée par cette explosion et l'incendie de 1944, le chœur et la nef s’étant effondrés vingt ans plus tard, subsiste aussi les enfeus peints de l'ancien cloître, la fontaine souterraine et le portail gothique en marbre polychrome rose et blanc sculpté de monstres fantastiques est orienté au nord de l'église face au parvis.

Clé de voûte du couvent des Carmes de Perpignan (66).

En partie loués à l’Armée au début du XVIIIème siècle, dès 1710-1715, après 1776, les moines acceptent la démolition de certains bâtiments comme le cloître, la cuisine, les réfectoires, les divers appartements pour la construction de l'Arsenal royal, l'armée occupe donc une grande partie des bâtiments conventuels qui furent transformés en arsenal en 1792. Après la Révolution, l'armée occupe la totalité des locaux et ce jusqu'en 1999. Le cloître, démonté et vendu en 1830, fut reconstitué chez le baron Alexandre Guiraud, dans l’Aude : un marquage au sol en indique l’emplacement. En 1961, s'est produit l'effondrement du couronnement du chœur voûté. On peut encore voir les sculptures des chapiteaux et des clefs de voûtes représentant des motifs de feuillages, d'animaux fantastiques, de saints et de blasons.

Des fouilles archéologiques, au début du XXIème siècle, révélèrent l’existence d’une crypte du XVème siècle devant le chœur.

On note qu'un des moines du couvent, le fameux Gui de Terrena ou Gui de Perpignan, fut général de l'Ordre des Carmes puis évêque de Palma de Majorque et enfin évêque du diocèse d'Elne Perpignan. Les reliques de saint Honorat, jusqu'alors dans le couvent, furent transférées à l'église Saint-Jacques en 1791.

L'édifice est classé : portail extérieur, façade Nord, l'église est propriété de la Ville de Perpignan.

De nos jours le couvent est complètement à l'abandon. On peut voir sa carcasse pointer vers le ciel, mais un projet de mise en valeur du patrimoine de Perpignan, lancé en 2003 et nommé "L'arc gothique", devrait le faire renaître.

LE BARON ALEXANDRE GUIRAUD

Portrait d'Alexandre Guiraud entrant à l'académie française en 1826.

Alexandre Guiraud né à Limoux le 24 décembre 1788 et il décéda à son domicile, 14, rue du Cherche-Midi à Paris, le 24 février 1847. Ses obsèques eurent lieu à l’Abbaye-au-Bois, en présence de Victor Hugo. Fils d'un riche marchand de draps, Alexandre Thérèse Guiraud n’a pas vingt ans lorsque son père meurt à Limoux, le 24 mai 1808. Il reçoit des biens considérables et les fabriques de draps qui constituent la meilleure part de son héritage.

Alexandre Guiraud fait des études à l’École de droit de Toulouse où il crée un "Gymnase littéraire". Il fait de fréquents séjours à Paris, où le succès de ses poésies lui ouvre les portes de l'Académie française à laquelle il est élu contre Lamartine le 10 mai 1826. Il est nommé baron par Charles X le 17 mars 1827 en récompense de sa contribution à l'opéra Pharamond. Le poète Alexandre Guiraud, créateur avec Jules de Rességuier, le baron de Montbel et le vicomte de Panat, du romantisme toulousain. Abandonnant la profession de son père, riche industriel de Limoux, Alexandre Guiraud partit pour Paris où il composa ses "Chants élégiaques" (dont le célèbre "Petit Savoyard") et où il fit représenter les "Macchabées". Il est l'auteur de nombreuses poésies élégiaques ainsi que de tragédies et de romans. Le baron était un grand amateur d'architecture antique et médiévale.

Portrait d'Alexandre Guiraud.

Dans un poème publié en 1943, "Le cloître de Villemartin" il explique le remontage du cloître des Carmes récupéré à Perpignan, entre 1830 et 1836. Entre 1835 et 1845, la mode chez les érudits languedociens est d'acheter des sculptures aux officiers du Génie et de les utiliser pour orner leurs jardins romantiques.

Le 21 août 1826, il épouse à Limoux Marie Elisabeth Espardellier, dont la famille joue un grand rôle dans la vie politique locale, et dès ce moment il s’établit au domaine de Villemartin qu’elle vient de lui apporter, afin d’y passer chaque année, toute la belle saison. Il eut un fils, Léonce de Guiraud (1829-1873), qui fut député.

Monument d'Alexandre Guiraud à Limoux, jardin Alexandre Guiraud (Île de Sournies).

Zoom sur le buste d'Alexandre Guiraud exposé à Limoux.

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GÉNÉALOGIE

Généalogie des de Lévis, seigneurs de Villemartin

I - Guy de Lévis I, marié avec Guiburge, maréchal de la Foi dans la croisade contre les Albigeois (1210) ; il eut pour enfants :

1 - Guy, qui suit ;

2 - Philippe, chevalier ;

3 - Jeanne qui seconde femme de Philippe de Montfort, comte de Castres.

 

II - Guy de Lévis II, seigneur de Mirepoix et de Montségur, marié avec Jeanne, eut pour enfants :

1 - Guy III, marié avec Isabelle de Malri, 1286 ;

2 - Eustachie de Lévis, mariée avec Jean de Bruyères, seigneur de Puyvert, 1264.

Dans le courant de la même année et par acte authentique, Eustachie confia la gestion de ce domaine à Etienne de Malras. Plus tard, en 1322, le même fief fut géré par Pierre d'Apian. Ce dernier finit par s'en rendre maître.

Ses descendants, pendant le cours du XVème siècle, cédèrent leurs droits à la famille de Textoris.

Jeanne de Textoris, dame de Villemartin, s'était alliée, en 1476, avec Pons de Castéras, seigneur de Campagne et elle lui apporta en dot les domaines dont elle avait hérité de Jean de Textoris, son père.

 

- NOTE : En1306, au mois de mars , la veille de l'Apparition de Notre-Seigneur , Arnaud de Soulier de Villemartin, promet à Georges Picarel , Guillaume Pierre de Saint-Félix , Jeanne , femme d'Egide de Malras, la seigneurie de Villefloure ; et aux consuls de Villefloure, faisant pour l'universalité des habitants, que pendant toute sa vie il tiendra feu et maison dans le village de Villefloure et y fera sa résidence avec sa famille , et qu'il payera toutes les tailles et collectes, ainsi que les autres habitants, à raison des biens qu'il possède. Et les dits coseigneurs et consuls permettent au dit Soulier de jouir de tous les privilèges dont jouissent tous les autres habitants, des herbages, eaux et bois, sauf en tous les droits des seigneurs de Villefloure. Acte retenu par Raymond Ainelier, notaire.

 

 

Généalogie des de Castéras, seigneurs de Villemartin

    

Blasons de la famille de Castéras.

La maison de CASTÉRAS , d'ancienne chevalerie, et l'une des plus distinguées des provinces méridionales de France, est originaire d'Espagne, et tire, son nom du château de Castéras, près Ciudad Rodrigo, dans la province de Salamanque.

Les branches de Villemartin et de Sournia portent : Ecartelé aux 1 et 4 de gueules à la tour du château d'argent, maçonné, ouvert et ajouré de sable ; aux 2 et 3 d'azur, à 3 maillets d'or.

 

La lignée concernée par le château de Villemartin commence avec Pons de Castéras Ier du nom.

Pons de Casteras, Ier du nom, seigneur de Campagne, second fils d'Arnaud de Castéras, et de N.... de Cazaux, assista, en qualité de gentilhomme, aux états de Foix, en 1429 et 1436. Il fit hommage au Roi, touchant la seigneurie de Castéras, dont le titre original est aux archives de la cour des comptes de Montpellier, n°36. Il fut convoqué avec la qualité de seigneur de Campania, aux états de Foix, en 1429, 1436 et 1448, et reçut, avec les autres seigneurs de cette province, le serment de Gaston, comte de Foix, à son nouvel avènement. Il eut pouf fils :

1- Pons de Castéras IIème du nom, dont l'article suit ;

2- Arnothon de Castéras, qui fonde la branche dos seigneurs de Servier, rapportée en son lieu ;

3- Pons - Arnaud de Castéras, seigneur de la Fayolle, au diocèse de Lincours, qui assista, avec Pons de Castéras, IIème du nom, au contrat de mariage de Nicolas de Castéras, avec Séguine de Séverac, du 7 juillet 1512.

 

I - Pons de Castéras, IIème du nom, fils de Pons de Castéras Ier du nom et de Catherine de Massot (ou Marie Bertrande de Sauton ?) ; seigneur de Castéras, coseigneur de Campagne (de Campania) légataire de son père le 1er juin 1476. Noble Pons de Castéras, reçu un legs de son frère aîné le 22 août 1493. Il fit son testament devant Michel de Valle, notaire à Limoux le 30 avril 1517. Marié en 1476 avec Jeanne Textoris dame de Villemartin. Dame de Villemartin , héritière des biens et armes de son nom, qu'elle apporta à son mari. A la survivance de Jeanne Textoris, sa femme héritière de Jean de Textoris seigneur des lieux et château de Villemartin, et de Jean Ier, qui suit ;

Le couple a eu pour enfants :

1- Jean Ier qui suit ;

2- Guillaume de Castéras, vivait en 1533;

3- Nicolas de Castéras marié le 7 juillet 1512 avec Catherine d'Hélie ;

4- Charles de Castéras, vivait en 1533.

 

II - Jean Ier de Castéras, est nommé dans l'aveu et dénombrement de la seigneurie de Villemartin, rendu par son père en 1503. Marié le 3 avril 1498 avec Jourdette ou Jourdèle de Maireville, fille Berthomieu de Maireville seigneur de Montgranier, succéda à son père. Elle était veuve lors du testament de Pons IV de Castéras le 30 avril 1571. De ce mariage naquit :

1- Jean IIème du nom, qui suit ;

2- Arnaud de Castéras, légataire en 1517 ;

3- Catherine de Castéras, légataire en 1517.

 

III - Jean II de Castéras, succéda à son père, co-seigneur de Villemartin, fut institué héritier universel de Pons IV de Castéras, son aïeul, le 30 avril 1517. Il fît son testament à Fontarabie, ayant été blessé par les Espagnols, le 10 janvier 1522. Il était marié depuis peu avec Jeanne de Hautpoul qui fit son testament le 18 septembre 1570, fille du seigneur Georges de Hautpoul, seigneur de Rennes le Château, et de Marguerite de Mauléon-Narbonne. Ils eurent pour enfants :

1- Jean IIIème du nom, qui suit ;

2- Marguerite de Castéras, mariée à Henri d'Arces ;

3- Euridice de Castéras mariée avec Henri de Maisonneuve.

 

IV - Jean III de Castéras, capitaine, gouverneur de Pierrepertuse du 18 août 1568 à novembre 1578 qu'il reçu par brevet du roi Charles IX, il en reçu un autre en 1579. Il épousa d'abord en première noce, le 30 juin 1548, Jeanne de Chambert, fille Bertrand de Chambert, seigneur de Bisanet et de Jeanne d'Abban ; et puis en secondes noces le 25 avril 1558, Antoinette de la Redorte, fille de François Nigri, alias le Noir, seigneur de La Redorte. Il avait fait un testament le 22 août 1578. Ses enfants furent :

1- Jean IVème du nom, qui suit ;

2- Guillaume de Castéras, coseigneur de Villemartin, qui donna quittance, en qualité de capitaine du château de Pierrepertuse, à Gabriel Gilbert, trésorier du domaine du Roi, le 23 juillet 1579 ;

3- Bernard de Castéras, le 23 juin 1613 il fit son testament en faveur de noble Henri de Castéras de son neveu ;

4- Marguerite de Castéras, mariée le 4 septembre 1588 à Henri Montserrat du Vivier de Lansac, seigneur du Vivier et de Montfort. Il fit son testament le 1er avril 1634.

5- Jeanne de Castéras, épousa M. de Ferreyroles.

 

V - Jean IV de Castéras, capitaine de Pierrepertuse à partir du 9 août 1612, suivant une lettre à lui adressée par la reine Catherine de Médicis, du 9 août de ladite année, capitaine d'une compagnie de cent hommes de guerre, par commission de l'an 1615. Il avait épousé, le 20 août 1593, Jacquette de Castéras, sa cousine qui fit un testament le 20 septembre 1631, fille de Louis de Castéras, Seigneur de Saint Martin et de Louise de Montesquieu, Dame de Sournia. Son esprit élevé, son jugement clair, son intégrité, le firent rechercher comme arbitre dans les différends qui divisaient les petits seigneurs. Il eut pour enfants :

1- Henri 1er du nom, qui suit ;

2- François de Castéras seigneur de Tailleboux vivait en 1669 ;

3- Bernard de Castéras, chanoine de l'église métropolitaine de Narbonne en 1636 ;

4- Jeanne de Castéras, chanoiseuse de Sainte-Marthe ;

5- Diane de Castéras, morte en bas âge ;

6- Charlotte de Castéras, morte en bas âge.

 

- NOTE : Le 18 août 1590, si l'on en croit une lettre écrite par Montmorency au roi, des négociations auraient été entamées dès cette époque entre ce prince et Joyeuse. Montmorency écrit à Henri IV que le chef des ligueurs le trompe ; tandis qu'il le berce de vaines espérances il traite avec l'Espagne par l'intermédiaire de Montbérault, de Villemartin, de Larcayre et de Salses. Il termine en demandant la confiscation des biens de la famille de Joyeuse à son profit, de même que sous le feu roi les Joyeuse avaient obtenu confiscation des siens au leur.

 

VI - Henri 1er de Castéras, seigneur de Villemartin et Cambous, gouverneur de Pierrepertuse de 1618 à 1642. Capitaine au régiment Royal-Roussillon, infanterie, fut grièvement blessé au siège de Leucate en 1637. Il a épousé le 20 décembre 1618 Françoise du Lac de Boutenac, fille du seigneur Bertrand de Boutenac et de Marguerite de Saix. Pendant sa vie, il fit le dénombrement de la terre de Villemartin en 1671. Ils eurent pour enfants :

1- François 1er du nom, qui suit ;

2- Louis Dominique, seigneur de Combeloubine, archidiacre de Narbonne ;

3- Marie Eudoxie de Castéras mariée avec Olivier de Belcastel ;

4- Jean-Pierre, chanoine et doyen en 1697, de l'église métropolitaine de Saint-Just de Narbonne ;

5- Marie qui épousa en première noce N… de Crestia et en secondes noces le 1er janvier 1666 à Narbonne avec Pierre d'Aragon, seigneur de Fitou, au diocèse de Narbonne ;

6- Jeanne morte en bas âge ;

7- Marguerite morte en bas âge.

8- Françoise de Castéras.

 

VII - François 1er de Castéras, colonel des milices bourgeoises de Limoux et d'Alet par arrêt du conseil d'état du Roi, du mois de décembre 1694, succédant à son père. Il reçut de M. de la Lande, lieutenant-général en Languedoc, l'ordre de former quatre compagnies dans le pays de Sault, pour le couvrir et préserver de toute insulte de l'ennemi. Il épousa le 8 juillet 1689 Gabrielle Dax, née le 18 août 1662 à Chalabre (11). Étant veuve de François, elle épousa messire François de Bruyère le Chatel-Joyeuse, marquis de Chalabre, le 6 juillet 1729, et fit son testament le 20 décembre 1730, par lequel elle constitue son héritier, noble Pierre-Paul de Casteras, son petit-fils, fils de Henri, tous ses autres enfants étant morts. Elle décédera le 22 mars 1743 à Limoux (11) à l’âge de 80 ans, inhumée le 23 mars 1743 à Villemartin, Gaja-et-Villedieu. Fille de Jean dit le baron d'Axat DAX, seigneur d'Axat décédé en 1673 et d'Élisabeth de Bruyères née vers 1636-1724. François mourut à la survivance de sa femme et de quatre enfants :

1- Henri II ème du nom, qui suit ;

2- Anne de Castéras, prébendé au chapitre d'Alet ;

3- François, (1685-1716) lieutenant dans le régiment Royal-Roussillon, infanterie ;

4- Louis Dominique, (1688-1718) lieutenant dans le régiment Royal-Roussillon, infanterie.

 

VIII - Henri II ème du nom, de Castéras, né en 1684. Lieutenant dans Royal-Roussillon, infanterie, par brevet du 17 mars 1706 puis colonel des milices de Limoux et d'Alet, succéda à son père en 1709 et épousa le 22 avril 1721à Serres (11) Jeanne Dalmais de Curnieu née le 28 octobre 1689 et décèdera le 17 décembre 1770 à l'âge de 81 ans. Il décèdera le 7 octobre 1732 à Villemartin, il a institué son héritier à la survivance de sa femme, son fils unique Pierre-Paul qui suit. M. l'abbé Pechmarty, curé de la paroisse, prononça une éloquente oraison funèbre en l'honneur de celui qui était pour les pauvres un second père.

 

IX - Pierre-Paul de Castéras né le 3 décembre 1723, seigneur de Villemartin, lieutenant dans le bataillon de Valence, fut fait prisonnier dans les guerres d'Italie, par les Barbets, et fit son testament le 24 avril 1767, il décède le 8 mai 1767 à Tuchan (11). Il se maria le 26 septembre 1745 à Tuchan avec Jeanne de Russon ou Russen de Francon née en mars 1725 à Tuchan (11), inhumée le 28 décembre 1765 à Gaja-et-Villedieu, fille de messire Guillaume de Russon de Francon, seigneur de Ségure et de Marie Madeleine de Foulquier-Lastix. Jeanne de Russon fit son testament le 4 décembre 1765, décède le 28 décembre 1765 à Gaja et Villedieu. Ayant contracté des dettes, il vendit la seigneurie de Villemartin, dont il avait hérité, à un marchand de Limoux, appelé Roques.

Ils eurent pour enfants :

1- Jacques de Castéras, qui suit ;

2- Jeanne de Castéras, née en 1747, fille de Pierre-Paul de Castéras, mariée, au mois de novembre 1769, à noble Alexandre de Cardevacq d'Havrincour de Gouy, chevalier de Gouy, mort sans postérité le 16 mars 1777. Il était fils de Chrétien de Cardevacq, chevalier, seigneur de Gouy, et de Marie-Henriette-Josèphe de Sucre ;

3- François Marc Antoine de Castéras né en 1747 ;

4- Louis Hippolyte de Castéras (1752) ;

5- Gabriel de Castéras, fils cadet de Pierre-Paul, né le 15 février 1753, officier du régiment de Pierrepertuse, capitaine dans le régiment Royal-Picardie, infanterie. Il émigra, revint prendre part à la défense de Lyon pour la cause royale, et fut tué d'un éclat d'obus à l'une des portes de cette ville, le 27 octobre 1793. Gabriel de Castéras, fils cadet de Pierre-Paul, voulant faire rentrer dans sa famille le manoir vendu par son père, épousa Marie la fille de Roques (contrat passé devant Maître Ribes, notaire royal à Limoux, le 15 février 1777). Donc, il avait épousé en première noce Marie-Anne Roques ; et en secondes noces Rose d'Espezel de Roquetaillade, fille de Joseph d'Espezel, seigneur de Roquetaillade.

Il a laissé du premier lit :

A- Louis-Auguste de Castéras, qui épousa Caroline de Rivairolis de Caudeval qui suit en XII ;

B- Éléonore de Castéras, mariée à Gabriel Denis de Castéras, son cousin germain.

C- Thérèse de Castéras, mariée à M. Pérès.

Du second lit :

D- Aimé de Castéras, tué d'un coup de canon en 1814.

 

6- Isabelle Marie Colombe de Castéras (1754-1762) ;

7- Marie Magdeleine de Castéras (1756).

NOTE :

Le domaine de Villemartin appartenait aux Casteras en toute seigneurie ; il empiétait sur divers taillables, Limoux, Cépie, Pieusse, Saint-Martin-de-Villeréglan, Malviès et Lauraguel.

Pierre Paul dut vendre la seigneurie de Villemartin pour honorer ses dettes. Son fils Gabriel épousera la fille de l'acquéreur (voir plus loin), Marianne Roques, fille de Jacques, faisant temporairement rentrer Villemartin dans la famille.

 

X - Jacques de Castéras, chevalier, né le 15 septembre 1746, seigneur de Villemartin, de Segure, de Faste et de Cardières, il épousa, le 29 juin 1767 à Brax (31), Elisabeth de Polastron la Hillière née le 11 juin 1738 à Muret (31), décédée le 4 mars 1795, en sortant des prisons de la terreur. Elle était fille du comte Jérôme de Polastron la Hillière (1708-1764), seigneur de Brax, de Saint-Cassian, de Pujaudron, etc. Lieutenant-colonel du régiment de la Garonne, et de noble dame Catherine de Baron de Gachedat. Jacques de Casteras est décédé le 10 mai 1832 à Marseillette (11) il avait 85 ans, ayant eu de son mariage :

1- Gabriel-Denis, dont l'article suit en XII ;

2- Louis-François de Castéras Villemartin Russon de Castéras, auteur de la seconde branche de Castéras-Villemartin. Chevalier Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, né en 1771, marié le 28 mai 1797 à Chandolas (07), avec Marie Anne Lucie Camone de Banyuls de Montferré (1765-1808). Il décède en 1844 ;

3- Marc-Antoine de Castéras, né en 1772, marié le 29 octobre 1828 à Toulouse (31), avec Rose Paris née en 1778 ;

4- Alexandrine de Castéras née en 1769, épouse d'Antoine de Riols de Fonclare de Pradels né en 1779 ;

5- Jeanne Jacquette de Castéras, née en 1774, non mariée.

 

XI - Gabriel-Denis, né le 16 mai 1768 à Tuchan (11), comte de Castéras de Villemartin, a fait en Espagne toutes les campagnes de l'émigration et est entré dans les gardes du corps du roi Charles IV. Il a été agrégé capitaine de cavalerie à la place de Castel-Léon, vallée d'Aran, par brevet du 20 mars 1801, et est décédé le 15 septembre 1818. Il avait épousé en première noce, en Espagne, dona Elisabeth de Lessé (décédée avant 1823), fille de don Joseph de Lessé, gentilhomme de la maison de Charles III, roi d'Espagne, et de dona Maria Carmen de Salazar ; en secondes noces, Éléonore de Castéras née en janvier 1778, sa cousine-germaine qui décèdera en 1809; et en troisième noce, mariage le 12 avril 1809 à Narbonne avec Emilie de Bonet de Salleles, née le 2 janvier 1780 à Perpignan (66), fille d'Hercule de Bonet, marquis de Salelles, conseiller au conseil souverain de Roussillon, et de noble dame Françoise Bénédicte Amélie de Massia de Treille.

Il a laissé du premier lit :

A- Jeanne Honorine Louise de Casteras, née vers 1800, décédée le 27 novembre 1822 ;

Du troisième lit :

B- Émilie de Castéras (1811-1812) ;

C- Alexandre de Castéras, né en 1816 ;

D- Julie de Castéras, (1818-1882).

 

XII - Louis-Auguste de Castéras né le 3 décembre 1779 à Limoux, fabricant de draps à Limoux et percepteur des contributions directes, il fut le dernier seigneur de Villemartin. Il épousa le 29 décembre 1805 à Limoux (11) Caroline Rouvairolis, née en 1780 à Mirepoix (09), fille de Jean Clément Rouvairolis, Baron de Caudeval né vers 1733 et de dame Rose Champflour (1745-1811). Louis-Auguste décèdera le 16 décembre 1844 à Limoux à l'âge de 65 ans.

Ils eurent quatre enfants :

1- Anne Rose Marie Elvire de Castéras née en 1806 ;

2- Thérèse Zénobie Clémence de Castéras née en 1808 ;

3- Jacques Marie Françoise Sidonie de Castéras né le 22 janvier 1809 à Limoux, il décède le 27 juillet 1892 à Limoux à l'âge de 83 ans ;

4- Jeanne Marie Rose Octavie de Castéras née en 1810.

 

POUR LA PETITE HISTOIRE :

La seigneurie a ensuite été revendue à Lazare Roques, marchand drapier à Limoux, frère de Jacques Roques, le premier acquéreur. Il semble que ce soit la femme de Louis Auguste, née Rouvairolis (Caudeval), qui ait vendu après la mort de son mari.

Louis-Auguste aura été le dernier Castéras à porter le titre de seigneur de Villemartin. La seigneurie avait été vendue à un Mr Roques par son arrière grand père, Pierre Paul (IX). Mais son grand père Gabriel (XI) était redevenu Seigneur de Villemartin par mariage, ayant épousé la fille de Roques. Louis-Auguste de Castéras ne garda pas longtemps les terres de ses ancêtres ; il les vendit à son oncle maternel Lazare Roques, marchant drapier à Limoux, frère de Jacques Roques. Ce dernier vendit à son tour Villemartin à son cousin Louis Espardellier, fabricant de draps à Limoux.

M. Espardellier maria sa fille Marie Elisabeth avec le baron Alexandre Guiraud.

Extrait du contrat de mariage :

"Contrat de mariage, portant adoption du régime dotal, passé devant Me Majorel, notaire, le 21 août 1828. Entre le baron Guiraud Pierre-Marie-Jeanne-Alexandre-Thérèse, fils de Alexandre, fabricant de draps et de Thérèse Laffon ; et Espardellier Marie-Elisabeth, fille de Louis Cadet, négociant, et de Elisabeth Maigna. Donation en avancement d'hoirie à la future épouse par son père du château et de la terre de Villemartin".

Le mariage fut célébré avec pompe le même jour à la Mairie de Limoux. Les témoins du futur étaient: MM. Viviès-Fournil, fabricant de draps, le chevalier Dupuy de Pauligne ; ceux de la future : Duston de Villereglan, chef de bataillon en retraite, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis et Buzairies Jean-Louis, membre honoraire de l'Université.

Le célèbre poète le baron Guiraud Pierre-Marie-Jeanne-Alexandre-Thérèse, ne tarda pas à transformer Villemartin en un palais moderne. Il l'entoura de jardins à l'anglaise avec de grandes pièces d'eau, agrandit le parc et établit de bons chemins.

Le baron Guiraud Pierre-Marie-Jeanne-Alexandre-Thérèse décèdera à paris le 24 février 1847 à l'âge de 59 ans.

Madame la Baronne et son fils Léonce ont habité et administré le château de Villemartin pendant plusieurs années. Lors du mariage de son fils Léonce avec Mademoiselle Adrienne-Adèle Benoît, la baronne quitta Villemartin pour aller habiter avec sa fille, Madame de La Prade. Le jeune baron lavait des goûts modestes, mais sa femme était ambitieuse. Elle poussa son mari à se présenter à la députation contre Isaac Pereire. Ces élections (1869) furent trop célèbres. Au second tour, de Guiraud fut élu.

Il ne jouit pas longtemps de son triomphe. Ruiné, il mourut à Paris, le 28 juillet 1873, sans postérité.

Madame Cousin de Mauvoisin mourut, en 1875, à la survivance de son fils Roger.

La Baronne de Guiraud mourut à son tour à Montpellier, le 1er mai 1880, à la survivance de ses deux filles et de son petit-fils.

Par acte authentique du 7 août 1882, le château de Villemartin est devenu la propriété de M. Aristide Fabre, propriétaire à Ornaisons.

- En 1921, M. Aristide Fabre, était encore le propriétaire du château de Villemartin.

 

NOTES DIVERSES :

- Il existe de nombreuses branches de cette famille Castéras, j'en ai dénombré cinq.

- En 1697, N. de Castéras seigneur de La palme en 1697, avait été châtelain de Quéribus. Philippe de Gouget de Castéras, lieutenant des archers de la garde du roi Henri IV, tut blessé au combat d'Arques auprès de Sa Majesté, qui, en récompense de ses services, le fit capitaine du château de Montgaillard (1558). Son fils, Gouget, 2ème du nom, eut la survivance du gouvernement de son père.

- Un neveu du chanoine de Saint Just, Jean-Pierre de Castéras de Villemartin, archidiacre du Razès qui a joué un rôle considérable à Narbonne au temps de la Ligue.

- En 1788, la seigneurie de Ségure passa à la famille de Castéras. Noble Jacques de Castéras, époux d'Elisabeth de Polastron, fut seigneur de Ségure à cette date.

Voici quelques photos anciennes de Gaja-et-Villedieu pour les amateurs :

 

Gaja-et-Villedieu, la place et son réservoir en 1905.

Gaja-et-Villedieu, en 1905.

Bibliographie,  je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Base Mérimée, ministère français de la Culture.

- Le site des Monuments Historiques.

- Dictionnaire topographique du département de l'Aude, rédigé en 1912 par l'abbé Sabarthès.

- Le dernier Livre vert de l'archevêque de Narbonne  par l'abbé Sabarthès.

- Généalogie de la famille de Castéras. Dictionnaire de la Noblesse. La Chesnaye. Desbois.

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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15 juillet 2017

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Voici la 3ème et dernière partie consacrée au village de Badens réalisé par Éric Masy que je remercie encore une fois pour sa participation et le travail qu'il a effectué avec un grand plaisir m'a t'il confié.

Je constate que vous appréciez mes reportages, qu'ils ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité. N'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus, et si vous avez des idées d'articles futurs, contactez moi... Merci de faire suivre à vos relations l'adresse de mon site www.belcaire-pyrenees.com

Je vous souhaite une bonne découverte.

 

PERSONNAGES ILLUSTRES DE BADENS

 

1. Georges GUILLE – homme politique

Né le 20 juillet 1909 à Badens (Aude).

Décédé le 17 novembre 1985 à Toulouse (Haute-Garonne).

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Aude).

Député de l'Aude de 1946 à 1958.

Secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, chargé de la recherche scientifique et de l'énergie atomique du 1er février au 17 mars 1956.

Secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, chargé des relations avec les Assemblées et de l'énergie atomique du 17 mars au 13 juin 1957.

Sénateur de l'Aude de 1959 à 1967.

2. Gérald BRANCA – militaire, joueur de rugby au XV de France

Gérald Branca (29 décembre 1902 à Sedan - 4 décembre 1983 à Badens) était un joueur de rugby à XV français.

Bien que né à Sedan, où son père le Commandant Napoléon Branca était en garnison, Gérald Branca est un authentique fils du Minervois de Badens.
Gérald Branca, troisième ligne centre, a été formé à la Violette de Toulouse; de 1927 à 1929 il joue à Paris au Stade français, en 1930 il joue au Stade toulousain à Toulouse; il en est le capitaine. Il termine sa carrière de joueur de rugby à Lyon où en 1936 il épouse Josette Lair, membre de l'Équipe de France de hockey sur gazon.

Domaine de St Eulalie, propriété de Mr le commandant Branca

Henri GOUT – Homme politique

Né le 9 novembre 1876 à Badens (Aude - France)
Décédé le 7 décembre 1953 à Carcassonne (Aude - France)
Député de l'Aude de 1928 à 1940, il est vice-président de plusieurs commissions, successivement, notamment la commission d'Hygiène et la commission d'Assurances et de prévoyance sociale.
Il fait partie des quatre-vingts parlementaires qui votent contre la remise du pouvoir constituant à Philippe Pétain le 10 juillet 1940. De 1941 à 1942 il prend la tête de plusieurs manifestations d'opposition au tandem Pétain-Laval. Ce qui lui vaut d'être interné et ensuite assigné à résidence dans l'Ariège.
Lors de la Libération il est Président de la Commission de la Santé Publique à l'Assemblée consultative. Désigné (par arrêté du Préfet de l'Aude) maire de Carcassonne du 18 octobre 1944 au 28 avril 1945. Puis élu Maire de Carcassonne le 29 avril 1945 il le reste jusqu'au 27 octobre 1947.

 

 

Georges CLOLUS (1867-1948) - co-inventeur du 1er simulateur de vol du Monde,
 

Officier de Cavalerie diplômé de St Cyr, Georges CLOLUS décide en 1910 (à l’instar du Cne Burgeat) de se former à ses frais au pilotage à l'école Antoinette située en Champagne. Il suggère alors dans le cadre de cette formation la création de ce qui deviendra le 1er simulateur de vol du Monde avec les moyens du bord (un tonneau coupé en deux). Grâce à cette formation il se voit attribuer le 10 juin 1910, le brevet de pilote N° 97 délivré par l'Aéro-Club de France. Le 14 juin 1910, il remporte le Prix des Débutants, attribué pour la sixième et dernière fois par l'Aéro-Club de France. Aux grandes manœuvres de Picardie, où des aéroplanes participent pour la première fois, le commandant Clolus vole avec le capitaine comte de Robillard et malgré le mauvais temps, ils repèrent les avant-postes et les signalent à l'état-major.

Le simulateur de vol en question : tonneau « Marie-Antoinette »

 

Joseph RUFFEL – chirurgien vétérinaire

Né à Badens le 25 février 1772 et décédé à Trèbes le 20 septembre 1856, Joseph Ruffel exerça dans l’Aude, pendant plus de 40 ans, les rôles d’officier de santé, de chirurgien et de vétérinaire.

 

LE PASSÉ – LE PRÈSENT TOUT EN IMAGE…

 

Avenue de Carcassonne

 

Avenue de Carcassonne - Pompe et Bascule

 

 

Avenue « Georges des Grands » (!)

 

 

Avenue Georges Degrand

 

 

Château et Place

 

 

Ancien château Féodal et Place

 

 

L'ancien château féodal seigneural

 

 

 

Le groupe scolaire de Badens

 

 

L'église

 

 

Ferme Saint-Léon

 

 

Rue du Centre (Grand’Rue)

 

 

Château de Miremont

 

 

 

La Place et le Château

 

 

Place Saint Joseph

 

 

 

 

 

Rue du Château (Grande épicerie de l’Etoile du Midi et Rue Principale)

 

 

Domaine de St-Eulalie, propriété de Mr le Commandant Branca

 

 

Domaine de St-Eulalie, propriété de Mr le Commandant Branca

 

 

Villa Saint-Léon

 

 

 

 

Carte postale

 

 

Avenue de Carcassonne et Entrée du Village

 

 

 

Château de Miremont

 

 

Route d’Aigues-Vives

 

 

 

 

La Place

 

 

Avenue de Carcassonne et Pont sur le Canet

 

 

 

L’église

 

 

AUTRES ANCIENNES CARTES OU PHOTOS…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Abrégé de l'Histoire Générale de Languedoc Vaissette 1749.

- Annuaire héraldique 1897 à 1902.

- Armoiries Hozier 1696.

- Armorial de la noblesse du Languedoc 1860 Tome 1.

- Armorial Le Breton 1667.

- Armorial universel 1844.

- Bibliothèque de l'école des chartes XLVIII - 1887.

- Cartulaire Mahul.

- Catalogue général des gentilshommes de Languedoc 1676.

- Clergé régulier avant 1790 Série H.

- Dictionnaire de la noblesse de France - 1786.

- Dictionnaire topographique de l'Aude 1912.

- Documents pour Histoire de l'inquisition dans le Languedoc 1900.

- Essai historique sur les Etats-Généraux Languedoc 1818.

- Etudes scientifiques de l'Aude.

- Histoire du Comté et de la vicomté de Carcassonne tome 1 1846.

- Histoire Générale de Languedoc.

- Hélène Débax - Cartulaire, Titulature Sceau - le programme politique du vicomte Roger II (1180) 2006.

- Hélène Débax - Comtés de Carcassonne et de Razès et leurs marges (IXe-XIIe siècle) 2007.

- Hélène Débax - L'aristocratie languedocienne et la société féodale 2008.

- Inventaire sommaire archives départementales avant 1790 Aveyron tome 1 1866.

- Inventaire sommaire archives départementales avant 1790 Hérault tome 2 1865.

- Liste des chevaliers de l'Ordre de St Lazare 1875.

- Millénaire de Badens - Livre Badens en Minervois.

- Petit historique de familles d'Aigues-Vives 2010.

- Viollet Le Duc - la cité de Carcassonne Ed 1939.

 

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25 juin 2017

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ATTENTION ! CE REPORTAGE RICHE EN INFORMATION EST RÉALISÉ EN  3 PARTIES

 

 

L’EGLISE DE BADENS

 

 

Ste-Eulalie de Badens était un bénéfice sous le nom de Prévôté, desservi originairement par un chanoine du Chapitre cathédral de Carcassonne, aujourd’hui succursale du Doyenné de Trèbes.

Elle remonterait à la fin du XIIe siècle – début du XIVe siècle.

Le 7 novembre 1307, l’église Sainte Eulalie est mentionnée dans la bulle du Pape Clément V. Les revenus de son recteur s’élèvent à la somme de 38 livres.

1329 – Arnaud de Amorand, curé de Badens, a siégé le 8 et 9 septembre à l'Assemblée des conseillers dans la maison de l'Inquisition de Carcassonne sous l'égide d’Henri Chamayou (de Chamayo), frère prêcheur, inquisiteur, résidant à Carcassonne. (L’Inquisition en Languedoc. Bibliothèque Saint Libère).

1330. « Ste-Eulalie de Badens était un bénéfice sous le nom de Prévôté, desservi originairement par un chanoine de Saint Nazaire de la Cité, en 1330. Il est du Chef de Trebbes».

1619. Réparations à l’église de Badens.

1633. Badens donnait une aumône 100 pains par an au chapitre St Nazaire de Carcassonne.

1743 et 1763. Deux des enfants de GABRIEL-BAPTISTE DUPAC, Seigneur de Septcerous, de Saint-Amans, et de Badens, né le 18 Avril 1685, qui a épousé, le 2 Mars 1726, Catherine [d’]Aldin, sont enterrés dans le sanctuaire de l’église Ste Eulalie de Badens :

MARIE (1831-1743)

MARGUERITE (1742-1763)

1756. Procès de Catherine Despujols, de Badens, contre Bourdiol, prêtre.

1762. Réparations à l’église de Badens, le 23 octobre.

1763. Réparations à la sacristie de Badens, le 8 juin.

1763. Délibération au sujet de l’abbé de Badens, chanoine, tombé en enfance (folio 38). 10 septembre.

1778. Réparations à l’église, le 13 octobre.

 

 

 

  

 

  

 

 

Histoire : Mentionnée dans l'enquête de 1269, elle est unie en 1299 à la dignité de sacristain de l'église cathédrale. L'église fut reconstruite à la fin du 13e siècle. La recherche générale du diocèse de Carcassonne (1641) indique une superficie de 62 cannes de l'église : le plan de l'église serait à nef unique avec une seule chapelle latérale. En 1843, le clocher de l'église est exhaussé. En 1854, une chapelle est construite au sud de la nef. En 1895, trois fenêtres ont été ouvertes dans le sanctuaire. En 1897, une fausse voûte d'ogives a été élevée sur la charpente d'origine. En 1973, la fausse voûte s'écroula et il fut décidé de revenir au parti de la charpente apparente. Malheureusement, les éléments de la charpente apparente d'origine furent brûlés et seuls cinq corbeaux sculptés et peints furent sauvés du feu.

 

 

   

 

 

 

 

 

 

L’autel, et derrière, l’endroit où sont enterrées MARIE DUPAC DE BADENS (1735-1743) et MARGUERITE DUPAC DE BADENS (1742-1763)

(Les 5 vitraux de l’Abside)

 

 

 

 

 

(Bénitier en marbre rouge de Caunes)

(Chapelle St Roch)

(Chapelle de la Vierge Marie)

(Chapelle Ste Croix, ou du Sacré-Cœur)

Chapelle Sainte Croix : les culots qui reçoivent les retombées des arcs diagonaux à côté de l'arc doubleau sont sculptés de têtes coiffées à la mode Saint-Louis.

(L’enfant de Prague (1894) et une de ses couronnes)

 

 

(Statue de Ste Eulalie et relique de la sainte)

(Relique de la vraie Croix, venu de Rome en date du 9 Mai 1785)

     

 

   

(Le ciboire du XIXe siècle)

(L’horloge d’origine, salle de la Mairie)

21/05/2015 : Emmanuel Terrol, horloger, campaner de profession, basé à Rivesaltes (PO), a effectué un travail impressionnant sur l'ancien mécanisme de l'horloge du clocher de l'église Sainte-Eulalie. Il effectue depuis plusieurs années l'entretien et la maintenance annuelle de l'horloge du clocher, et cela faisait un certain temps qu'il était envisagé de rénover et de remonter l'ancien mécanisme qui était stocké en pièces détachées. Ces pièces rouillées, ont été nettoyées, dégraissées, polies, le mécanisme a été remonté sur son châssis malgré la perte de certaines pièces, dont les poids.

(Poids de l’horloge)

 

Cette horloge mécanique, marquée P.F., provient de Morez (Jura). P.F signifie à la fois Prost Frères et Paget Francis. Ce dernier a repris la partie horlogerie de Prost Frères vers 1910. Les horloges Paget sont reconnaissables à l'inscription «P.F.» sur le bâti, au pont évidé en forme de cœur, aux hauts de platine horizontaux, au cadran de contrôle monté avec une patte verticale. Ce mécanisme date de 1892. Il trône maintenant fièrement dans la salle du conseil municipal sous une vitrine de protection, et a été dévoilé à la population lors de la cérémonie du 8-Mai.

(Intérieur tour et horloge actuelle)

 

La cloche de bronze date de 1598.

 

 

(Vitraux des chapelles de la Vierge Marie et de la Ste Croix)

 

(Autres vues)

 

  

 

 

 

 

 

 

AUTRES CURIOSITÉS ET LIEUX REMARQUABLES…

 

ARBRE DE LA LAICITÉ

Tout comme dès 1790 les arbres de la liberté sont une référence explicite à la Révolution Française, les arbres de la laïcité sont une commémoration de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État, loi qui a véritablement institué la laïcité en France.

L’arbre de la laïcité, autrement appelé arbre du vivre-ensemble, un chêne vert, fut planté à Badens en décembre 2012, sur un coin du carrefour dit de l‘autogare, au début de la route Ste Eulalie.

 

 

 

BASSIN DE RETENTION

Suite aux inondations de 1999 (120 habitations sinistrées) et pour protéger les populations en amont immédiat du village de Badens contre le risque inondation, le SMBA a porté au cours de l’été 2015 la maîtrise d’ouvrage d’un bassin écrêteur de crues (130.000 m³).

 

Désormais, le village est protégé en cas de crue centennale du ruisseau Le Canet. Le Syndicat Mixte des Balcons de l’Aude (SMBA) met à disposition à titre gracieux un terrain d’environ 7 hectares pour un exploitant en blé qui accepte le risque de submersion temporaire en cas de crue. Les terres seront donc entretenues avec de la végétation rase (blé) qui ne risque pas d’obstruer le bassin. Une reconstitution d’une frênaie et un développement d’essences méditerranéennes est mis en place avec 1800 nouveaux plants. 20 oliviers ont aussi été offerts à Badens pour le fleurissement d‘une place de village.

L’inauguration a eu lieu le 19 avril 2016.

 

BIBLIOTHÈQUE

Relai de bibliobus. Anciennement WC public (porte de gauche, devant lequel les habitants du village venaient auparavant faire la file le matin avec leur seau d‘aisance pour l’y vider), douches publiques femmes au centre et hommes à droite.

 

BOULODROME

La Boule Minervoise est riche de 70 membres, honoraires ou licenciés, et 54 concours ont été disputé lors de l’année 2016 avec une moyenne de 35 joueurs par concours.

 

 

 

CANET, LE

  

 

 

CIMETIÈRE (ACTUEL)

 

Jusqu’en 1768, le cimetière se situait face au parvis de l’église, et des ossements y furent retrouvés en 2016, lors de l’aménagement de la nouvelle Place de l’Eglise.

En 1768, suite à une décision royale motivée par la trop mince couche de terre utilisable (moins de 6 pieds), le cimetière sera fermé, et les 61 décès enregistré les dix années suivantes seront inhumés à Rustique ou à Aigues vives.

En 1778, un nouveau cimetière est créé rue de Buadelle, et sera utilisé, après un agrandissement en 1873, jusqu’en 1910. A cette date, un nouveau cimetière est créé au lieu-dit Cuguillère (nom disparu). C’est le cimetière actuel.

La croix placée en son centre en 1910 est déplacée en 1925 au carrefour de la Croix, et est remplacée par une statue allégorique de la Paix, sous laquelle sont fixées deux plaques reprenant en lettres dorées les noms des victimes badenoises des deux grandes guerres.

 

  

Le cimetière sera à nouveau agrandi vers le milieu des années 1990.

 

CIMETIERE (ANCIEN)

Situé rue de Buadelle, a servi de 1778 à 1910.

 

 

 

 

CLOS (LE)

Ferme exclusivement pastorale (moutons) construite au début du XXème siècle à l’est de Badens.

En 1989, dans le bâtiment du fond à gauche, s'est créée une faisanderie, et en 1999 une ferme équestre jusqu'en 2005.

 

CROIX (CARREFOUR DE LA)

La croix de ce carrefour est une croix de mission qui provient du dernier cimetière construit en 1910. En 1925, elle est déplacée à son emplacement actuel, et une statue allégorique de la Paix est construite à son ancienne place dans le cimetière.

 

  

 

CROIX (CHEMIN DE MILLEGRAND)

 

 

DISTILLERIE (ANCIENNE)

Date de 1921

 

 

ÉCOLES

Badens possède sa première école en 1807, que fréquentaient 24 enfants. L’école des filles était séparée de celle des garçons.

Le village comprend actuellement une petite centaine d’élèves, répartis entre une école maternelle et une école élémentaire. Les établissements d’enseignement sont regroupés depuis 1997 avec ceux du village voisin, Rustiques.

 

ENCLOS (L’)

 

 

 

  

 

FONTAINE AUX PETITS (ANCIENNE)

Elle datait de 1865. A disparu dans les années 70, pour permettre aux véhicules transportant le raisin de pouvoir tourner aisément.

 

FOUR BANAL (ANCIEN)

Ancien four du village où les habitants de Badens venaient faire cuire leur pain contre une taxe au seigneur propriétaire. Il a été localisé dans la rue Basse (emplacement marqué de jaune sur la carte postale à gauche), mais le bâtiment le contenant a maintenant disparu (photo de droite), et il n’en reste qu’une appellation « Rue du vieux Four », nommant la petite rue entre la rue Basse et le château.

 

FOYER (LE)

C’est dans ce bâtiment à l’architecture moderne que se réunissent les badenois et badenoises pour les fêtes locales. On y retrouvera aussi les manifestations organisées par la Boule Minervoise et le Club de l’Amitié (3ème âge).

 

 

 

LAVOIR

Construit en 1930.

 

 

MAIRIE

La première mairie se situait à l’étage du Four Banal, rue Basse. Elle a ensuite été située dans l’actuel bâtiment de la Poste, locaux qu’elle partageait alors avec le télégraphe et l’école des garçons. Elle a finalement été déplacée en 1926 dans le bâtiment actuel.

 

La salle principale de la Mairie expose sur ses murs de très beaux tableaux prêtés par le ministre de la Culture grâce à l’intervention de Georges Guille : Bouquet de roses de Sacha Leroy (1946), Prairie bordée d‘arbres, d’André Dauchez (1910), Femmes dans un paysage de Jacques Denier (1946), et Les toits de Boulogne, de Jean Feugereux (1954).

 

MAISON DES JEUNES

Idéalement située à côté du terrain de sports de Badens.

 

 

MAISON DU GARDE

Date de 1900

 

 

MIREMONT, CHÂTEAU DE

Le château date de 1892, et était la maison secondaire de Mr Clolus, avocat à Toulouse.

Le dernier étage et les toitures ont brûlé en 1982 lors d’un incendie accidentel et n’ont pas été reconstruits.

La clinique de Miremont, créée en 1963 par le docteur Gleizes dans les locaux du château, contient une statue de la Vierge et de l'enfant (14ème siècle) Elle est actuellement dirigée par Mr Benjamin Gleize, fils du docteur.

 

 

 

MOULIN (ANCIEN)

Le moulin banal de Badens a été construit au milieu du XVIIIème siècle, en remplacement d’un premier moulin trop vétuste qui se situait au tènement des « Espaillargues ».

 

    

 

PAYSAGES

Pour comparaison, photos prises quasi du même endroit… Repérez le château, l’église, Septserous, la maison de gauche…

 

 

Moulin, Château, Eglise, et Septserous sur la même photo…

 

POIDS PUBLIC (LA BASCULE)

Construit en 1897, pour peser le fourrage.

 

 

POMPES

Quatre pompes alimentèrent Badens… Une construite en 1822 en bordure du ruisseau de Canet (la « pompe fraîche ») et une auge en pierre de 2,50m pour les chevaux fut également mise en place.

 

Deux autres pompes furent construites en 1865 (La fontaine des petits et une autre au milieu de la place St Joseph),

 

    

 

et une dernière en 1884 près de l’école des garçons.  Elle a depuis été déplacée dans une propriété privée pour ne pas être perdue."
 

 

PORTE DU TEMPS

La Porte du Temps a été créée et offerte à la commune à l'occasion du Millénaire de notre village par Grégoire GONZALEZ le 20 août 1993. Cette Porte du Temps a la particularité de comporter gravées de chaque côté, les années 993 et 1993 sur la clé de voûte, ce qui permet de passer d’un millénaire à l’autre en passant dessous l’arche…

 

 

 

POSTE

Ancienne mairie et école des garçons…

 

 

RÉSERVOIR D’EAU

Erigé en 1914 en béton de ciment armé. Sera bientôt restauré par la mairie, par apposition de grands panneaux vantant les points forts touristiques du village.

  

 

 

SAINT LEON, FERME

La propriété Saint Léon, touchant au nord-ouest du centre du village, non de l’église, porte le nom de la villa que lui a donné son ancien propriétaire, Monsieur Caffort, et est située elle en plein centre de Badens.

 

SAINT LÉON, VILLA

 

 

Superbe maison de village, avec serre d’origine 19ème siècle, et cour intérieure.

 

 

SAINTE EULALIE, CHÂTEAU DE

 

Propriété des familles Astruc et Branca (voir personnages illustres), nichée depuis 1843 au pied d’un mamelon issu d’une plate-forme naturelle appelée ‘La plaine’. Le château est construit en 1901 par Emile Martignole, au sud de Badens.

 

 

 

 

SEPTSEROUS, CHÂTEAU ET DOMAINE DE

 

 

Photo un peu flou d'Internet

Au nord-ouest de Badens, Septserous est un ancien prieuré du XI° siècle ayant appartenu à Noble Madeleine de Ferroul de Celles, Dame de Badens, qui apporta la seigneurie de Badens par son mariage avec Jean-François Dupac en 1583. Depuis le XIII° siècle, Septserous connaît l'art de la culture de la vigne. C’est au début du XXème siècle que Monsieur Turcy a fait bâtir au milieu des bois de pins et de chênes, un superbe château ainsi qu’une chapelle où il repose.

Fin 2003, le Château – vide d’occupation - subit une effraction et un incendie, et seule l’aile gauche n’est pas été touchée par le feu ou la fumée. C’est un épouvantable gâchis.

 

STATUE SAINT JOSEPH ET JÉSUS

 

  

 

TERRAIN DE SPORT

Il nous faut citer ici le Racing Club Badens / Rustiques / Aigues Vives (RCBR), digne club représentant le football, aux maillots verts et blancs.

 

13  RUES, CHEMINS, ET PLACES

 

 

 

QUELQUES VUES….

ASPRES, CHEMIN DES

 

 

BASSE, RUE

 

 

BUADELLE, CHEMIN DE

 

 

CENTRE, RUE DU

 

 

CHÂTEAU, RUE DU

 

 

CROIX, CARREFOUR DE LA

 

 

ÉGLISE, PLACE DE L’

 

 

ÉGLISE, RUE DE L’

 

 

FER A CHEVAL, RUE DU

 

 

FOYER, RUE DU

 

 

FRANÇOIS MITTERAND, PLACE

 

 

 

 

GEORGES DEGRAND, AVENUE

Anciennement appelée Grand Rue. En 1900 on envisage la rectification de virages qui s'impose dans la traversée du village et on ébauche la possibilité d'une route plus large, de 6,50m, qui partirait de l’angle de la maison de Bernard Itié (autogare) jusqu'à la bascule ... " Attendu que le Sieur Itié offre gratuitement son terrain, le conseil approuve le projet ". Ce projet de nouvelle route sera réalisé par la suite dès que " Mme Clolus, fille de M. Georges Degrand cèdera à titre d'échange a la commune une parcelle de terrain et l'assiette d'un chemin partant de l’angle Sud-Ouest de la maison Bonnafous jusqu'à la maison Itié ".     .

La commune aura l'obligation d'établir sur ce chemin neuf, deux plaques portant la mention "Avenue Georges Degrand et d'entretenir ces plaques à perpétuité..." (Séance du 27 janvier 1904).

 

 

GEORGES GUILLE, IMPASSE

 

Photo Google

 

HORTE, RUE DE L’

 

 

LOU COURREDOU, IMPASSE

 

 

MARSEILLETTE, ROUTE DE

 

 

MIJEANE, CHEMIN DE

 

 

MILLEGRAND, CHEMIN DE

 

 

MINERVOIS, RUE DU

 

 

MIREMONT, CHEMIN VERS

 

 

MOULIN, ESPACE LE

 

Photo Google .

MOUNA, CHEMIN DU

 

Photo Google .

MULETTE, CHEMIN DE LA

 

Photo Google .

POSTE, RUE DE LA

 

 

SAINT JOSEPH, PLACE

 

 

SAINTE EULALIE, CHEMIN DE

 

 

TERRIER, IMPASSE DU

 

 

TILLEULS, PASSAGE DES

 

 

TRAVERSIÈRE, RUE

 

 

VIEUX FOUR, RUE DU

 

 

VIEUX MOULIN, IMPASSE DU

 

 

FIN de cette seconde partie

Attention ! Ce reportage comporte 3 parties, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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5 juin 2017

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Éric est belge, suite à des recherches sur l'Aude il est tombé sur mon site qui lui a plu, il m'a contacté et de fil en aiguille nous avons sympathisé. Le voyant très intéressé par l'histoire de son village je lui ai proposé d'écrire un reportage et de prendre des photos, et je mettrai le tout en forme sur mon site. Avec enthousiasme il se prit au jeu, et voici le résultat que je vous propose de découvrir. Soit dit en passant, il y avait bien longtemps que je n'avais pas eu de participation aussi active, cela m'a fait énormément plaisir, Merci Éric.

Je constate que vous appréciez mes reportages, qu'ils ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité. N'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus, et si vous avez des idées d'articles futurs, contactez moi... Merci de faire suivre à vos relations l'adresse de mon site www.belcaire-pyrenees.com

Je vous souhaite une bonne découverte.

ATTENTION ! CE REPORTAGE RICHE EN INFORMATION EST RÉALISÉ EN  3 PARTIES

Une info le reportage intitulé "fleur de  lys gravée sur un coeur de pierre" a été complété en fin d'article par des photos adressées par des internautes passionnés. A voir ICI .

PRÉSENTATION DE L'AUTEUR DE CE REPORTAGE

Je suis tombé amoureux de ce village !

Je suis citadin dans une ville de 27.000 habitants, en Belgique, où quand il ne pleut pas, c’est qu’il va pleuvoir, et lorsqu'en 2014 mon épouse a voulu acheter une maison de vacances au soleil, nous sommes tombés amoureux de ce village au creux des vignes… Badens. Moins de 800 habitants. Une différence ! J’y retourne quasi tous les mois, et, lorsque faisant des recherches Internet sur tous les lieux remarquables de l’Aude et des Pyrénées Orientales, je suis tombé sur le site de Jean-Pierre, depuis devenu un ami, et qui regroupe énormément de reportages écrits avec passion, et, je puis le dire, avec amour, sur ces belles régions. Sur l'initiative et les conseils de Jean-Pierre, j’ai eu moi aussi envie de faire un article sur "mon" village. Au fur et à mesure de mes photos et investigations, j’en apprenais tous les jours un peu plus, et ai ainsi diversifié mon article. Celui-ci m’a fait rencontrer des gens fort agréables, dont Reine Pons, notre voisine, Alain Estival, le maire, ancien instituteur de Capendu (bourgade proche), Pierre Ferret, propriétaire d’une partie du château, Alain Courtois, passionné de l’histoire de Badens et d’antiquités,… qu’ils soient ici remerciés de leur grande gentillesse et de leur aide précieuse. Cependant, j’ai l’impression profonde de n’avoir fait que survoler les différents aspects du village, j’en apprendrai toujours de plus en plus sur Badens… et je l’aimerai de plus en plus !

Mes prospections m’ont fait lire des tonnes d’anciens livres, mais m’ont également fait découvrir que je n’étais pas le premier à vouloir creuser le passé pour mieux apprécier le présent de ce village, et qu’il y a près de 25 ans, des incroyables recherches - et même études - formidablement poussées avaient été effectuées par certains habitants du village à l’occasion du millénaire de celui-ci. Ils ont formé l’« Association du Millénaire », et ne voulaient au départ ne publier qu’un fascicule. Mais devant les mines d’informations et, je n’en doute pas une seconde, le plaisir qu’ils ont eu à les explorer, ils ont fini par publier un formidable livre, intitulé Badens en Minervois, son histoire retrouvée…, publié en 1993, et qui, ab-so-lu-ment incontournable, se retrouvera souvent ici. Cependant, ayant mené des recherches individuelles, je garde espoir que les badenois qui liront mon humble reportage, réalisé avec un regard plus photographique, y découvriront l’une ou l’autre information qu’ils ignoraient… ce serait ma plus belle récompense !

Les plans, cartes, visuels que j’ai créé ainsi que toutes mes photos personnelles sont libres de droit,… une simple citation de votre source suffira (Eric MASY, Un Regard sur Badens, 2017, Ed. Manoir Saint Roch, Nivelles, Belgique). Les photos satellite sont de Google Maps.

Le village de Badens se situe à 109 km de Toulouse, 14 km de Carcassonne, 51 km de Narbonne, 64 km de Béziers, 105 km de Perpignan et 218 km de Cahors.

GÉOGRAPHIE

Prolongeant la plaine du Bas-Languedoc qui s'étend au nord de Béziers, la plaine de l'Aude constitue la partie méditerranéenne du sillon audois. En retrait du littoral, à l'arrière de la montagne de la Clape, elle s'enfonce loin dans les terres entre Narbonne/Béziers jusqu'à Carcassonne, sur une soixantaine de kilomètres. Cette vaste plaine drainée par l'Aude, l'Orbieu et la Cesse, occupe les bords de l'Aude sur une dizaine de kilomètres de largeur et s'avance dans les Corbières vers Fabrezan et Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Elle est bordée par la Montagne Noire au nord et les Corbières au sud, et se trouve rétrécie au niveau de Lézignan-Corbières par les collines du Bas-Minervois qui s'étendent entre le Minervois et la montagne d'Alaric. Présentant un relief nettement aplani, elle constitue l'axe naturel de communication privilégié vers Toulouse. Cette "gouttière" naturelle était traversée dès l'époque romaine par la voie d'Aquitaine qui permettait de joindre l'Atlantique à la Méditerranée. Aujourd'hui, la RN 113, l'A61 et la ligne de chemin de fer la longent au sud, tandis que le Canal du Midi reste proche du cours de l'Aude et la traverse au nord.

Badens est une commune française située dans le département de l'Aude et la région Languedoc-Roussillon. C’est un petit village situé à 15 km à l’est de Carcassonne, entre la montagne Noire et Les monts d'Alaric, premiers versants des Corbières. Ses habitants sont appelés les Badenois. D’une superficie de 9,6 km², et s’il comptait 209 habitants en 1793, il est passé à 793 habitants en 2014, et montre donc une densité de 83,3 habitants par km². Ses coordonnées géographiques sont 43° 13′ 08″ Nord et 2° 31′ 32″ Est.

Pourtant à proximité des axes de circulation, ce village n'en est pas moins resté un peu à l'écart, ce qui favorise calme et tranquillité.

À partir de Trèbes, il faut s'enfoncer dans l'arrière-pays audois par la RD 206, à travers les collines du Minervois, pour découvrir le village, niché au milieu des vignes, ceinturé au couchant par des massifs boisés en limite de commune... Ces vignes, parfois centenaires, témoignent de la vocation viticole de Badens dont le sol s'est conjugué au climat méditerranéen et a favorisé le renom de son vignoble pour la qualité supérieure de son vin.

ORIGINE, BADENS A MILLE ANS

Le village a changé de nom au fil des siècles : Villa Badencus (993) ; Villa de Badenco (1108) ; Badenx (1119) ; Castellum et villa de Badencs (1149) ; Castrum de Badincho (1262) ; Ladenx-Badenx (1262) ; Beata Eulalia de Badincis (1269) ; De Badinchis (1299) ; De Badensis (1330) ; De Badinchis (1351 - 1494) ; Badins (1529) ; Badenlx (1532) et finalement Badens (XVlle siècle).

Vers 118 av. J-C, les romains envahissent le territoire des Volques Tectosages, peuplade gauloise, qui s’étendait de Narbonne à Toulouse, et, tout en en prenant le contrôle, vivent en paix avec la population (période gallo-romaine). Un recensement de la population et l’établissement d’un cadastre agraire apparaissent. De multiples villages couvrirent peu à peu le territoire, composées d’une habitation principale et de nombreux bâtiments agricoles annexes, et leur exploitation est assurée par des fermiers et des esclaves.

Du milieu du IIIème siècle jusqu’à la fin du Vème siècle, des hordes de barbares viennent du nord, et parmi eux, les Wisigoths en 435, qui chassent les romains, et établissent leur royauté jusqu’au début du VIIIème siècle.

Le nom de Badens aurait une origine germanique. Les Wisigoths d'origine germanique étaient devenus les maîtres de la Narbonnaise qui faisait partie du royaume wisigoth de Toulouse (de 414 à 507). Clovis les attaqua, les vainquit à Vouillé en 507 (près de Poitiers), les poursuivit jusqu'à Toulouse, envahit le Lauragais et vint mettre le siège devant Carcassonne, mais dut se retirer sans l'avoir prise. Les Wisigoths fortifièrent Carcassonne et la placèrent sous la protection des deux forts d'Alairac (11km au SW de Carcassonne) et de Miramont (à Barbaira, à 13km à l’est de Carcassonne). Ils imitèrent les Romains en toute chose mais ils n'en avaient pas le génie. Leur langue seule a laissé des traces : les villages en -ens (Douzens, Badens, Sauzens, Pezens, Moussoulens, Maquens…) ou le nom du Mont d’Alaric, datent des Wisigoths.

En 725, Carcassonne est conquise par les Berbères et devient sarrasine.

 

 

Charles Martel et la dynastie carolingienne la reconquerront à l’aube du IXème siècle, et une stabilité relative s’installera jusqu’à l’avènement de Hugues Capet… nous sommes alors en 993, et Badens s’appelait Badencus….

Le plus ancien écrit mentionnant Badens, date de novembre 993, est écrit en latin, et fait en effet état de la "villa Badencus" dans un échange d’alleus entre Udulgarius, abbé de Caunes, et Roger, comte de Carcassonne, concernant Aquaviva, qui plus tard deviendra Aigues-Vives, village voisin qui existe toujours. À cette époque moyenâgeuse, la villa était un terroir et correspondait à une forme d'habitat différent de celle du village actuel qui a dû s'implanter par la suite et s'organiser autour du château. Un ‘alleu‘ (‘alaudem’) était une terre libre de toute sujétion (par opposition au fief).

QUELQUES DATES DANS L'HISTOIRE DU VILLAGE ...

- En 1149 (le 29 août), sous le règne du roi Louis (II Le Jeune), le village et son château seigneurial furent donnés en fief par Roger, vicomte de Carcassonne, dans un de ses derniers actes, à Pierre de Minerve, qui se reconnaît son vassal, du village et du château de Badens et autres.

- En 1315. Juillet. Louis le Hutin convoqua, pour la guerre des Flandres, tous les vassaux de la couronne […] et les communes de chaque baillage ou sénéchaussée furent obligés de lui fournir un certain nombre de gens d’armes ou de pied entretenus à leurs dépens. […] On trouve, parmi les [gens d’armes de la sénéchaussée de Carcassonne]… Jean de Saint Denys, coseigneur de Badens,….

- En 1329, « Le seigneur de Badins » est nommé au Roulle du ban et arrière ban de la Sénéchaussée de Carcassonne.

- En 1367, 26 avril. — Acte de vente faite à Koger-Bernard de Lévis I°, seigneur de Lagarde et de Montségur, par Maurice Poisson, seigneur de Badens, d'un moulin situé dans le territoire de Mirepoix, sur la rivière de l'Hers, plus de trente setiers de grains de renie, dont deux parts d'orge et une part de froment, que ledit vendeur possède sur plusieurs particuliers, entre autre sur Jean Baile, fils de Raymond, du Cazal-des-Bailes. Le prix de vente était de 200 écus d'or au coin du roi. (Fonds Cujus-Mirepoix, liasse A3, n° 21)

- En 1644, 22 août – Serment de fidélité prêté au Roi, par les consuls de Badens. Les habitants de ce lieu ont la faculté de faire dépaître leur bétail dans tout le terroir de la Commune (Viguerie, ut supra).

La maison DUPAC possèdera la seigneurie de Badens depuis la moitié du XVIème siècle jusqu’à la Révolution. Avant la Révolution de 1789, le seigneur de Badens possédait, à titre patrimonial, la haute, moyenne et basse justice, laquelle ressortissait de la Sénéchaussée de Carcassonne. Il y avait deux conseils dans cette communauté ; ils entraient en fonction le premier jour de l’an. La communauté, par délibération, présentait deux sujets pour le premier consulat, et deux pour le second, parmi lesquels le seigneur choisissait. Le serment était prêté devant le seigneur.

Le seigneur était propriétaire du château féodal, de plusieurs habitations au centre du vieux bourg, de pratiquement toute la partie nord du territoire de Badens, et de multiples parcelles disséminées au sud.

En 1993, Badens fêtait ses 1.000 ans d'existence.

À l’occasion de la commémoration des mille ans du village, le boulanger de Badens créa un gâteau qu'il baptisa Le Millénaire.

 

Une fresque murale extérieure, peinte par Anne-Marie COSTESEC, aidée par Elisabeth TAUDOU fut réalisée pour l’événement au mois de juillet de cette année. Cette superbe fresque retrace l'histoire badénoise au travers des événements marquants comme le premier document datant de 993, la donation du château en fief à Pierre de Minerve par Roger de Carcassonne en 1149, la vente faite aux calendes de juin le départ du seigneur de Badens pour la guerre des Flandres en 1315, etc.

Les différents tableaux sont repris individuellement en plus grand format dans ce reportage, aux chapitres les concernant.

 

HYDROGRAPHIE

Dans la commune de Badens, le ruisseau de Trachaman, qui coule au nord-ouest de la commune, rejoint le ruisseau de Buadelle qui lui a pris naissance encore plus au nord-ouest, puis continue sud-est, devient le ruisseau de Réals, qui coule vers l’est jusqu’à sortir de la commune.

A l’ouest, le ruisseau Maire passe au-dessus du village et rejoint à l’est le ruisseau Canet, qui lui vient également de l‘ouest, mais passe à travers le village, puis continue encore à l’est après sa jonction avec le ruisseau Maire.

Le ruisseau Mijane prend naissance à l’est du village, et coulera parallèlement au ruisseau Canet vers l’est pour le rejoindre en dehors des frontières communales.

Le ruisseau Ste Eulalie passe à travers la commune au sud du village, longe la frontière communale au sud-ouest pour rejoindre le ruisseau de l 'Aqueduc qui longe aussi un morceau de la frontière sud, tandis que le ruisseau des Escanals longe un morceau de la frontière de la commune au sud-est.

 

 

HÉRALDIQUE

Les premières traces des armoiries de Badens remontent en 1696, et sont décrites en 1703 :

Inventorié par Charles d’Hozier en 1696.

1703. La Communauté des habitants du lieu de Badens : « De sinople à un chef d'argent ». Sinople signifie vert, et argent, blanc).

OENOLOGIE

La vocation de Badens est viticole, et l’on retrouve déjà en 1293 la trace d’un vignoble dans les textes historiques :

1539 Dénombrement fait par Jean de Grave, devant le sénéchal de Carcassonne, le 26 février 1539.

[…] 31° (Je tiens) A Badens, une vigne.

Le cartulaire de Mahul, tome 1 de 1857, ne cite, comme agriculture de Badens, que les vignes, mais indique également la référence suivante :

1295. — Vente faite aux calendes de juin 1293, par le susdit Rogier, à Creche d‘Aurenche, d’une vigne au terroir de Badens, relevant de la directe de la dame dudit lieu. Acte retenu et signé par le susdit Amel, notaire (DOAT. vol 233, fol 939. recto).

Les vignes parfois centenaires témoignent de la vocation viticole de Badens. Sept domaines viticoles sont répartis sur la commune : La Grave, Mirausse, Borie-Neuve, Septserous, Saint-Georges, Milleret et Sainte-Eulalie.

Sur les 960 ha du territoire badenois, les vignes en occupent 605. La commune bénéficie d’une appellation particulière de vins de pays : Hauts de Badens.

Le vin produit concerne cette commune uniquement, ce qui est rare pour un vin de pays. Le terroir est typique des paysages de vignes du Sud de la France. Grenache, syrah, mourvèdre, cinsault et carignan sont plantés autour du village, et accompagnés de cépages bordelais qui agrémentent les assemblages des vins rouges et rosés. Le chardonnay, clairette et ugni blanc sont utilisés dans l'élaboration des vins blancs légèrement acides et fruités.

"Les producteurs actuels sont : Château Badens-Ferret, Pierre Cros, Château Astruc Sainte Eulalie, Château La Grave, Château Mirausse, Château Borie Neuve, tandis que d’autres vignerons producteurs amènent leur vin en coopérative : Mrs Campet-Cabal, Pierre et Paul Estival, Christian Gieules, Antoine Garcia, Laïd Kimoun, Yamina Klouchi, Vidal, Melle Carole Ortéga. Cependant, comme les vignerons ne sont plus obligés de déclarer leur récolte en mairie, j’ai peut-être omis certains noms. Soyez gentils de me signaler mes erreurs…"

Ont disparu, pour la plupart pour des raisons de difficultés de la filière, entre autres : Château Septserous, Château Saint-Léon, Château de Miremont, Château Milleret,…

BADENS, VILLAGE ÉTOILÉ

Présentation de Badens

Badens est un tout petit village de 800 habitants (12163ème ville au niveau national), s'étalant sur une surface au sol de 10km².

(Evolution de la population de la commune de 1973 à 2014)

Badens, village étoilé

Depuis l'année 2009, la commune de Badens, suite à une décision du conseil municipal, pratique l'extinction de l'éclairage public de 0h30 à 5 heures Cette extinction a permis à la commune de participer au concours «Villes et villages étoilés» organisé par l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANPCEN) afin d'obtenir le label honorifique «Villes et villages étoilés», qui récompense les communes faisant des efforts pour réduire la pollution lumineuse, générée notamment par l'éclairage public. Suite à cette initiative, la commune de Badens a obtenu ce label (une étoile attribuée en fonction de l'économie d'énergie réalisée) ; le nombre d'étoiles évoluera suivant l'évolution de l'économie d'énergie.

Badens, Video de présentation

Une vidéo de présentation du village aux nouveaux arrivants d’une durée de 13 minutes a été tournée par A.Escourrou, responsable du Service de la Jeunesse municipale de Badens. Différents badenois(es) souhaitent la bienvenue à de nouveaux habitants, et leur présentent quelques services du village.

Cette vidéo peut être visionnée à l’adresse :

http://www.dailymotion.com/video/xmothq_badens-se-presente_shortfilms

Voici des anciennes cartes postales présentant une vue générale du village de Badens, toutes différentes (réédition comprise), mais toutes prises depuis le site du château de Miremont.

 

 

D’autres cartes postales sont éditées plus récemment sur le village, soit sur base de photos :

 

 

Soit sur base de dessins édités par Y. Ducourtioux et mis en vente sur Internet.

 

Une carte postale remarquable trouvée au cours de mes investigations, datant de décembre 1940, adressée à « Meur et Mme Julien, propriétaires à Badens (Aude)». :

 

 

LES ÉTANGS DE MARSEILLETTE

Badens est situé à 2 km à l’ouest des étangs de la Marseillette, cuvette de 2000 hectares dont les eaux étaient purifiées, il y a 40.000 ans, par les eaux de l’Aude. Edmond Baichère affirme qu’au VIIIe siècle, les travaux de défrichement et déboisement des collines environnantes ont tari ou affaibli les ruisseaux en été : le lac, manquant d’eau, a vu son niveau baisser et il n’a plus été en communication avec l’Aude. Il s’est transformé ainsi en marécage nauséabond pendant l’Antiquité.

Au Moyen-âge, les populations avoisinantes, dont celles de Badens, sont décimées par les fièvres paludéennes et le choléra, véhiculés par les moustiques de l’étang. (La légende du Pont Naturel de Saint Jean à Aigues-Vives apportait une explication aux épidémies de ces fièvres, voir ci-dessous). La population de Badens a chuté vers 1350, diminution qui pourrait être attribuée à la peste noire. A partir de 1302, on procède à plusieurs tentatives d’assèchement, qui fut réussi en 1625 par la famille Ranchin. Cependant, les épidémies de peste de 1626 à 1632 et les guerres déciment à nouveau la population, et le manque d’entretien de la rigole qui évacuait l’eau fait que l’étang se remplit d’eaux stagnantes qui gangrènent encore plus la santé des villageois des alentours. De multiples tracas administratifs, des subdivisions, de nombreux changements de propriétaires et des projets opposés (réservoir d’eau pour le canal du midi pour les uns ou au contraire assèchement des terres pour cultures pour les autres) feront que des travaux d’assèchement ne seront à nouveau accomplis qu’en 1808 par le creusement de trois nouvelles rigoles de vidange par une irlandaise, Marie-Anne Lawless, qui a racheté la totalité des parcelles de l’étang ; cela permet que de riches moissons croissent dès lors à leur emplacement (1200 ha de céréales, 30 ha de vignes, le reste des terres sont improductives ou presque).

Mais l’entretien et l’exploitation de l’étang reviennent plus chers qu’ils ne rapportent, et M-A Lawless s’endette. L’étang est racheté en 1844 par la Caisse Hypothécaire. Celle-ci, afin de laver les terres du sel qui y est contenu, fait creuser le tunnel dit de Naudy (2,2km), qui amènera les eaux de l’Aude dans l’étang, puis morcelle les terres et les revend.

Mais, négligés, les étangs vont se retrouver à nouveau partiellement immergés. Rachetés en 1912 par la famille Camman, 820 hectares se verront pourvus d’une centrale hydroélectrique et ses canaux à nouveau entretenus pour la culture. L’étang fut encore revendu vers 1941, puis racheté par la SAFER (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural) en 1965. On y fait actuellement pousser du riz, des vignes et des pommiers.

Légende du Pont Naturel de Saint Jean à Aigues-Vives (apportait une explication aux épidémies de ‘fièvres pestilentielles’ du Moyen-âge) (extrait de la revue ‘Etudes Scientifiques de l'Aude’) :

[Parlant du Pont Naturel de Saint Jean :] Très intéressant par lui-même, splendide observatoire permettant à l'œil d'examiner tous les replis de terrain depuis la Montagne-Noire jusqu'à l'Alaric, un pareil site ne pouvait manquer d'exciter la verve des conteurs durant les longues veillées d'hiver: « Tout le monde sait qu'à une époque le pays était décimé par les fièvres paludéennes. Les villages d'alentour se trouvaient chaque année plus ou moins atteints. A ce propos, les malins racontent qu'après la disparition des moines du prieuré, tous les ans, le 24 juin, vers minuit, des fées en grand nombre se rendaient sur ce pont pour clôturer à leur manière la fête de Saint-Jean. Tandis que tout dormait aux environs, ces fées, revêtues ce soir-là de leurs plus beaux atours, se voyaient servir comme par enchantement le festin le plus somptueux qu'on puisse imaginer ; à la fin, ivres de joie, elles ôtaient leurs riches parures et, tout autour d'un grand feu, dont la flamme montait, montait jusqu'au ciel, elles dansaient la farandole in albis (vêtues ‘en blanc’). Puis, après de nouvelles et copieuses libations, elles tiraient au sort pour désigner le village qui aurait les fièvres l'année suivante. Mais, soit préférence, soit rancune à l'égard de tel ou tel village, certaines fées en venaient parfois à se quereller, à se disputer furieusement, à se prendre même aux cheveux !!!

Finalement, suivant que le sort en était jeté et proclamé, Aigues-vives, Saint-Frichoux, Laure, Puichéric, Badens ou Marseillette devenait, l'année d'après, victime des fièvres » Pauvres fées ! Le défrichement de l'étang et l'assainissement de toute la région circonvoisine, conséquence heureuse de cette œuvre remarquable, leur ont causé un irréparable dommage, au grand dam des curieux qu'aurait singulièrement intéressés la scène du feu de la Saint-Jean.

Les blocs ont continué à se détacher, et le 18 décembre 1960, après un hiver très rigoureux le pont s'est écroulé, laissant un grand vide dans le panorama.

 

 

 

LA MAISON DUPAC DE BADENS

Cette famille noble est divisée en trois branches. La première est celle de DUPAC, seigneurs de Bellegarde, au Diocèse de Narbonne ; la seconde branche est celle de DUPAC, seigneurs de Badens, au diocèse de Carcassonne ; et la troisième est celle de DUPAC, seigneur de Ponserme, au Diocèse de Narbonne.

Le blason de la famille DUPAC peut se voir à l’intérieur de l’église de Badens.

Cette noblesse est originaire du Béarn et attachée de temps immémorial aux Rois de Navarre. C‘est sans doute de là que lui est venue la concession de joindre à ses armes une vache de gueules clarinée d‘azur semblable à celle de l’écu de Béarn.

La maison DUPAC a possédé la terre et seigneurie de la Salle, dans la vallée de Biros, en Comminges, avant l‘an 1389 et plusieurs siècles après.

Si l’on peut remonter la généalogie de la famille DUPAC jusqu’à un duc de Normandie DE PACQ en l’an 860, la branche qui nous intéresse commence avec François DUPAC IIème du nom, qui décède en 1566 en laissant pour descendance, Antoine, Pierre, Anne, Geneviève, Jean François III et Philippe..

Si c’est Antoine qui deviendra seigneur de Bellegarde, et Pierre, seigneur de Ponserme, c’est Jean-François qui sera auteur de la branche des seigneurs de Badens.

C’est en effet par ses épousailles avec Madeleine FERROUIL de SEILLES, dame de Badens, que Jean-François DUPAC III fait en effet entrer Badens dans ses possessions, le 8 mai 1583.

Auront donc la propriété et le nom de DUPAC DE BADENS :

Branche François II du PAC seigneur de Lasalle

1) JEAN-FRANCOIS DUPAC, Seigneur de Badens, né en 1555

2) BLAISE DUPAC, Seigneur de Badens, né vers 1590

3) GABRIEL DUPAC, Seigneur de Badens

4) GABRIEL-BAPTISTE DUPAC, Seigneur de Badens, né le 18 Avril 1685. Il aura etre autres deux filles qui sont enterrées dans le sanctuaire de l’église Ste Eulalie de Badens.

5) GABRIEL DUPAC, Seigneur de Badens, né le 22 Octobre 1737. Il fut le dernier seigneur de Badens. Ancien officier d'infanterie, imbu de ses prérogatives, inflexible, hautain, il est élu second député de l’ordre de la noblesse de la Sénéchaussée de Carcassonne aux États généraux du 26 mars 1789.

 

Il siège à l'extrême droite, est opposé à toutes les idées de réforme, de concession et révolution. Au cours de la nuit du 4 août 1789, il proteste contre l'abolition des privilèges. Le 30 janvier 1790, il se démet de son mandat de député.

(30 janvier 1790 : Lettre de Gabriel-Marie Dupac de Badens à son suppléant Henri de Paschal de Rochegude (1741-1834))

Badens 30 janvier 1790,

Ma santé est si dérangée Monsieur le marquis que ne pouvant plus prévoir l'époque où je serai en état de rejoindre l'assemblée nationale, j'écris par ce même courrier à Mr le président pour le prévenir et le prier de supplier l'assemblée d'accepter ma démission, afin que la sénéchaussée de Carcassonne ne soit pas privée plus longtemps d'un de ses représentants et quelle profite de l'avantage d'en avoir un tel que vous. Je m'empresse d'avoir l'honneur de vous faire part de la démarche que je viens de faire. J'ai l'honneur d'être Monsieur le marquis, avec mes sentiments les plus distingués, votre très humble et très obéissant serviteur.

Le marquis du Pac de Badens

Le château de Badens fut vendu peu après la Révolution, le 27 Ventôse An II (= 17 mars 1794.)

 

Gabriel Dupac de Badens émigre tour à tour à Chambéry, en Angleterre et en Pologne. Avec Louis XVIII, il rentre à Paris en 1800. En 1813, il formule une requête auprès du Conseil d'État afin de récupérer son domaine de Mirausse et ses terres sur la commune d'Aigues-Vives, qui lui ont été confisquées et vendues comme biens nationaux en adjudication par le Directoire du District de Carcassonne (1794).

Il est décédé à Paris le 29 avril 1829, et repose maintenant dans l’ancien cimetière du Mont-Valérien à Suresnes (92).

6) Gabriel-Paul-Marie du PAC, né le 13 mai 1770 à Badens, marquis de Badens. Mort sans postérité, Gabriel Paul du PAC reconnait par testament du 9 juin 1869 comme l'aîné des du Pac son cousin Antoine Joseph Charles Henri du Pac (1836-1894) et lui demande de relever le titre de marquis de Badens.

Branche Mathieu du PAC 1532-ca 1579

7) Antoine Joseph du PAC de MARSOLIES, marquis de Badens 1836-1894

Badens, photo de la marquise du Pac de Badens Madame Flavie de La Bruyère en 1870.

8) Henri Guy du PAC de MARSOLIES, marquis de Badens 1862-1927

9) Jean du PAC de MARSOLIES, marquis de Badens 12/1892

 

LE CHÂTEAU FÉODAL

 

En 1149 (le 29 août), sous le règne du roi Louis (II Le Jeune), le village et son château seigneurial furent donnés en fief par Roger, vicomte de Carcassonne, dans un de ses derniers actes, à Pierre de Minerve, qui se reconnaît son vassal, du village et du château de Badens et autres.

« In nomine Domini, Ego Rogerius de Biteri, donator sum tibi Petro de Minerba et posteritati vestræ, totum hoc quod habeo et habere debco in castello et in villa de Badencs, et in suis terminis, exceptis ipsis justitiis quas ibi retineo.

… Ego jam dictus Petrus de Minerba, laudo et recognosco vobis domino Rogerio prædicto, quod propter hoc donum prædictum sum vester homo. et similiter homo erit vester qui prædietum honorem habuerit post me. »

Traduction : « Au nom du Seigneur, moi, Roger de Béziers, je te donne à toi, Pierre de Minerve et à ta postérité tout ce que je possède et dois posséder dans le château et le village de Badencs, et dans ses limites, excepté les droits de justice que je conserve. – Et moi, Pierre de Minerve, je te loue et je te remercie, et je reconnais qu’à cause de ce précité je suis ton homme et sera aussi ton homme mon successeur. »

En 1313, Jean de Saint Denys, le seigneur de Badens s'y est installé.

(Façade nord. Tour arasée du château.)

 

(Façade ouest. Tour arasée du château à gauche.)

 

En rouge, l’église. En jaune, le château d’origine. En bleu, les ailes ajoutées.

La partie nord (en jaune) est la plus ancienne du château.

Elle est bâtie sur le rocher et est érigée sur 4 niveaux.

 

La toiture est à 4 pentes couverte de tuiles de terre cuite, quatre rangs de génoises ont été soigneusement façonnés.

 

À l'Ouest, 2 tours carrées reliées par un couloir interne harmonisent l’ensemble.

La façade principale au Nord, dominait les terres du seigneur de Buadelle à Mirausse ; elle est composée au 2ème niveau de 4 grandes fenêtres cintrées. Pour les autres étages, 12 fenêtres de dimensions et de nivellement très différents éclairent les pièces spacieuses. Quand fut instaurées, sous le directoire, l'impôt sur les portes et fenêtres, plusieurs ouvertures ont été murées ou réduites, ce qui explique en partie cette façade mouvementée.

 

On y accédait par le patio appelé “basse-cour”, situé entre le château et l'église, à l’ouest.

(Escalier d’entrée.)

(Aile Ouest : Escalier du château lors d’un ancien Carnaval)

 

ou n'y accédait par l'écurie côté nord, d'où démarre un superbe escalier en colimaçon de pierre qui relie tous les étages.

A la fin du XVIIIème siècle, le château est sinistré et est même presqu’entièrement rasé. Après l’avoir restauré, le seigneur a entrepris un agrandissement en plusieurs tranches de travaux.

La première élévation (supposée en orange) est accolée à l'ancien bâtiment. Le fronton construit en pierre du pays reprend l'architecture existante avec de grandes fenêtres rectangulaires à volets et des oeils-de-boeuf pour ajourer les combles. Cette extension conserve une relative majesté. La toiture à une seule pente n’est pas visible depuis les rues du village.

Au Midi, la troisième partie (en vert) est plus récente. À la réalisation, l'aspect cubique a été conservé ainsi que les grandes fenêtres et les œils-de-bœuf. Seuls ont été rapportés des bandeaux de pierre entre les niveaux et au faîtage.

 

 

Après tous ces agrandissements successifs, l’ensemble du bâtiment est imposant. D'une hauteur moyenne de 25 mètres, avec une base rectangulaire de 24 mètres sur 31 mètres, il abrite plus de 40 pièces.

Ces parties forment en fait le château originel. Les autres ailes ont été bâties après la révolution car le château avait été presqu'entièrement rasé. La demeure avait donc souffert de ces destructions et a été en partie reconstruite au XVIIIème siècle mais certains endroits sont d'origine, donc du Xème siècle, et le château conserve encore l’aspect monumental.

Il n’était pas encore achevé lorsqu’il fut confisqué au seigneur.

Le château de Badens fut en réalité vendu peu après la Révolution, le 17 mars 1794.

(Cartulaire de Badens)

(Schéma d‘après plan cadastral)

Une ancienne carte postale de Badens, année d’édition inconnue, indiquait : « L’ancien château seigneurial s’élève à l’entrée du village. Il venait d’être rebâti par le seigneur de Badens et n’était pas encore achevé lorsqu’il fut confisqué comme bien d’émigré et vendu en 1793. Il est aujourd’hui divisé en trois propriétaires (MM. Cathary, Costesec et Ferret) et conserve encore l’aspect monumental».

Au jour d’aujourd’hui, Mr Philippe Costesec habite l'aile sud, Mr Jean-Paul Sicard l'aile est, et l'aile nord est appartient toujours à la famille Pierre Ferret, qui ne l’habite plus.

(Aile sud du château)

 

(Aile est du château)

 

 

(Aile nord du château)

 

(Aile ouest du château)

 

Le monument visible sur les cartes postales a, dixit Alain Estival, maire, été perdu. Il s’appelait la « Fontaine aux petits ». Il aurait été enlevé il y a quelques dizaines d‘années pour permettre aux camions transportant le raisin de pouvoir prendre le tournant de la rue du Château, et a probablement été détruit par des ferrailleurs.

 

 

 

Attention ! Ce reportage comporte 3 parties, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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