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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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10 mars 2017

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera !  Un petit village classé parmi les plus beaux villages de France se cache en Ariège à la limite départementale de l'Aude. Je vous propose une escapade en Ariège à la découverte de ce village au passé historique et religieux important pour la région au moyen âge.

Je constate que vous appréciez mes reportages, qu'ils ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité. N'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus, et si vous avez des idées d'articles futurs, contactez moi... Merci de faire suivre à vos relations l'adresse de mon site  www.belcaire-pyrenees.com

Je vous souhaite une bonne découverte.

 

Le village de Camon se situe à 101 km de Toulouse, 43 km de Foix, 55 km de Carcassonne, 31 km de Limoux, 124 km de Narbonne, 153 km de Béziers et 210 km de Cahors.

Camon entre Mirepoix et Puivert en passant par Chalabre (des villages dont un reportage leur a été consacré sur mon site, voir les sommaires), Montségur tout proche, vraiment un secteur où il y a de quoi éveiller en vous une passion d'historien.

Camon proche de la base de loisirs de Léran-Montbel. La voie verte en Pyrénées cathares (GR7) vous permet de rejoindre le village de Chalabre à pied. Le village de Léran le fief de la famille de Lévis.

Blason du village de Camon (Ariège).

Une vue aérienne du village de Camon.

Camon et son abbaye avec jardins en terrasse.

Camon est une commune limitrophe avec le département de l'Aude région Languedoc-Roussillon, le village s'est construit dans un méandre de l'Hers-Vif.

En 2013, la commune comptait 152 habitants. L'évolution du nombre d'habitants a connu son apogée en 1831 avec 628 habitants que l'on appelle les Camonais et Camonaises.

La commune fait partie de l'association Les plus beaux villages de France.

          

Camon, à gauche, la tour clocher fortifié de l'abbaye datant du XIVème siècle. A droite, porte d'entrée à l'abbaye du XIIème siècle, au moyen âge s'était l'entrée principale de village.

Camon, l'ancienne abbatiale.

Camon, les fortifications au Nord de l'abbaye avec sa tour carrée, rue des Remparts.

Toponymie : l'adjectif gaulois cambos,  camba,  cambon, paraît issu le substantif masculin cambo-, qui se retrouve sous cette forme ou celle de chambo, plus ou moins déclinés à la latine, dans les textes du moyen âge, et a donné généralement en France Cambo, Cambon ou Chambon, précédés ou non de l'article ; ce substantif devient au féminin Camba ou Cambe, en français Cambe ou Cambre, Chambe ou Chambre, parfois Champ, avec ou sans article ; le neutre Cambonum, qui est peut-être une contraction de Cambodunum, donne ordinairement Chambon, quelquefois Camon. (Dictionnaire archéologique de la Gaulle : Cambonum in pago Tolosano, Camon (Ariège).

Camon, le village aux mille rosiers.

Camon, une rue du village.

Le marché de Mirepoix tout proche du village de Camon.

Camon, ancienne fontaine du village.

Lors de la création des départements, Camon fut compris dans l'Aude et fut réuni à l'Ariège en 1794. Camon fait parti du canton de Mirepoix (Ariège), à 13 km au sud-est de cette ville, sur la route de Mirepoix  à Quillan, un petit monastère, dit de Notre-Dame de Camon.

Le village de Camon vu côté Sud.

Le village de Camon vu côté Nord avec la chaîne pyrénéenne au fond.

Camon a conservé avec ses vieilles maisons de style renaissance, dont l'une n'est autre que la maison du prieur, son église et son couvent, un cachet archaïque que l'on retrouve dans presque toutes les localités des environs ; les Bénédictins du couvent de Camon, si puissants au moyen âge, se partageaient avec les seigneurs de Chalabre et de Mirepoix, la suzeraineté de ces régions.

Le village de Camon, l'abbaye placée sous l'invocation de la Vierge Marie.

Camon, porte en arc du XIIème siècle, entrée de la citadelle.

Camon, rue verdoyante et ombragée du village.

Camon, porte d'accès à l'abbaye avec ses fortifications.

On pénètre dans la vieille citadelle par une porte en arc surmontée d'une petite vierge en pierre, et en remontant une petite rue, on arrive au pied d'un vieux perron.

Camon avec ses remarquables restes du passé religieux et féodal permet d'admirer du haut de la terrasse de l'abbaye, le beau panorama qui se déroule sur la vallée de l'Hers, petit cirque en cet endroit, limité par les collines boisées, arrosé par le cours méandreux de la rivière.  

Camon, le pont sur l'Hers à l'Ouest de village.

Camon, l'abbaye vue du pont sur l'Hers.

Camon, une vue sur l'abbaye et la chaîne pyrénéenne.

La tradition veut que ce soit Charlemagne qui ait, en 778, fondé un monastère sur cette petite éminence rocheuse située dans une courbe de l'Hers, placé sous l'invocation de la Vierge Marie et dénommé à l'origine : Sancta Maria monasterii Cambionis, l'abbaye fortifiée fut bâtie par la suite, donnée en 943 à l'abbaye de Lagrasse. Au XIIème siècle elle en devint un simple prieuré. La première enceinte fortifiée fut édifiée à la même époque, ainsi que le château de Montaragou. Le 18 juin 1279, l'abbaye avec ses fortifications fut détruite par la rupture du barrage de Puivert, qui emporta également Mirepoix et les autres villages de la vallée. En 1494, le village et son abbaye sont de nouveau mis à sac, cette fois par une bande de pillards.

Camon, une vue sur l'abbaye côté Ouest.

Camon, une vue sur l'abbaye côté Nord.

Camon, une vue sur l'abbaye côté Sud-Ouest.

Camon, une vue sur l'abbaye côté Sud-Ouest.

Camon, une vue sur l'abbaye côté Sud-Ouest.

    

Camon, à gauche, la rose est omniprésente dans les ruelles du village. A droite, rue Charlemagne.

Camon, l'abbaye et ses remparts côté Nord.

Camon, la porte de l'horloge autrefois entrée principale du village fortifié.

Camon, la porte de l'horloge autrefois entrée principale du village fortifié.

    

Camon, autres vues de la porte de l'horloge avec sa tour clocher.

C'est Philippe de Lévis-Mirepoix, évêque de Mirepoix et prieur de Camon, qui va reconstruire au début du XVIème siècle l'ensemble des bâtiments que l'on voit aujourd'hui, dont le rempart du village. Entre 1560 et 1570, le cardinal Georges d'Armagnac, alors prieur de Camon, termine l'enceinte en y accolant une tour ronde.

Camon, l'ancienne abbatiale.

Camon, la tour clocher de l'abbaye avec ses contreforts côté Nord.

 

L'ANCIEN PRIEURÉ, ANCIENNE ABBATIALE DE LA NATIVITÉ DE LA VIERGE ET LES REMPARTS 

Lorsqu'on arrive à Camon, que l'on appelle aussi la "petite Carcassonne", on ne peut rater cette imposante bâtisse à l'architecture sévère. La légende veut que cette abbaye bénédictine fondée au VIIIème siècle ait été construite sur ordre de Charlemagne en 778. Quoi qu'il en soit, le premier acte mentionnant ce palais fortifié date de 943 comme simple couvent dépendant de la puissante abbaye de Lagrasse, dont au XIIème siècle elle est devenue un prieuré simple. Le pape Jean XXII (1316-1334), après avoir créé l'évêché de Mirepoix le 27 septembre 1317, décréta, par une bulle du 17 juillet 1318, que douze moines de Lagrasse viendraient mener la vie régulière au prieuré de Camon. Le prieur était seigneur féodal des habitants de la localité, ainsi que l'établit un acte d'hommage des gens de Camon au prieur Jordan de Roquefort, daté du 9 juin 1311, existant dans les archives de M. le duc de Lévis-Mirepoix. Des documents du 8 avril 1326, 16 mars 1331, le janvier 1356, montrent ce dignitaire de l'Eglise accomplissant ses fonctions de seigneur féodal, pour autoriser des paysans à faire moudre du grain ailleurs qu'à Camon, pour transformer des redevances en rentes annuelles, pour consentir et régulariser des baux de location.

   

Camon, à gauche la tour clocher. A droite, l'entrée de l'abbaye avec le chevet de l'église au fond.

Camon, l'abbaye et ses remparts côté Nord-Ouest.

Camon, la cour intérieur de l'ancien couvent.

L'ensemble conventuel fut abandonné et détruit en 1420 à la suite des troubles qui marquèrent cette période, le pape Alexandre VI donna ce prieuré de Camon à Philippe de Lévis, devenu évêque de Mirepoix (1497-1537) aux termes d'une bulle du 3 novembre 1498, confirmée par une seconde du 21 juin 1501, il entreprit, vers 1504, une reconstruction et une extension du prieuré et de l'église qui s'achevèrent en 1535. Il y fit installer un mobilier et des stalles, en 1515. Les bâtiments du prieuré, protégés par la rivière, furent défendus par une enceinte irrégulière dont on voit une grande partie le long du mur nord. Philippe de Lévis évêque de Mirepoix et prieur de Camon fit dresser les tours, mais les murs furent surélevés au moment des guerres de Religion. Les tours sont bâties à la fin du XVème siècle. À la fin du XVIème siècle, au moment des guerres de Religion, on surélève les murs. Il subsiste de l'enceinte principalement le mur nord. La forteresse du méandre, en référence au cours de l'Hers-Vif, fut fortifiée à trois reprises. Les vestiges de l'église et des remparts sont inscrits Monuments historiques.

La façade à 3 étages est percée de fenêtres de style Renaissance.

Camon, l'ancien couvent.

    

Camon, la cour intérieur de l'ancien couvent.

La porte d'entrée imposante, à deux battants, est surmontée d'une imposte ornée d'une grille en fer forgé et précédée d'un palier dans le mur duquel on peut admirer une croix romane sculptée en pierre avec encorbellement. Ce palier est précédé de sept marches.

Cette immense demeure, a conservé son dallage de forme spéciale qui pave le vestibule. C'est un assemblage de briques rouges placées de champ, et les dessins du carrelage sont coupés de briques de couleur noire.

A gauche par des baies ouvertes sur une cour, on aperçoit l'église, avec des fenêtres trilobées du meilleur style et des murs bâtis en pierre taillée, le tout du XIVème et du XVème siècle.

A droite sont établis les appartements de l'abbaye que l'on traite aujourd'hui de château : un cabinet de travail, où l'on remarque sur les murs, et au plafond des sculptures Louis XV (attributs de musique, école espagnole), un salon dont les murs sont recouverts de tapisseries, œuvre des religieux de Camon, et représentant les quatre saisons ; ces toiles sont remarquablement bien conservées, d'un bleu camaïeu et brun sépia, elles font un ensemble très gai ; une salle à manger meublée dans le style Louis XVI, dont les murs sont ornés de peintures naïves ; deux salles voûtées en ogive avec arcs doubleaux font suite à la vaste cuisine ornée d'un fourneau en pierre datant des moines et d'une belle collection d'ustensiles de cuisine en cuivre.

    

Camon, les fortifications de l'abbaye au Nord, rue des Remparts.

Camon, accès Nord à l'abbaye.

    

Camon, à gauche, accès à la cour intérieur à l'abbaye côté Nord. A droite, le clocher avec ses contreforts et une première ligne de muraille défensive.

    

Camon, les fortifications de l'abbaye au Nord, rue des Remparts.

Un escalier à dalles très larges et à cage très spacieuse amène au premier étage dont les ouvertures sont en pierre de taille à arc surbaissé ; les appartements sont spacieux avec des plafonds à caisson. On y trouve une salle voûtée en berceau, dont les murs récemment dépouillés de la couche de plâtre qui les cachait, montrent des peintures à fresque du génie italien. A côté, grande salle dite du Prieur avec un plafond à caissons reliés par des poutres merveilleusement sculptées, touillées et peintes de fleurs de l'époque Louis XV. Au milieu, superbe cheminée en pierre. Cette salle est pavée de petits carreaux XVIIème siècle. Une terrasse ouverte vers le midi permet d'admirer un splendide panorama sur la vallée de l'Hers et les collines boisées qui en limitent le cours.

    

Camon, à gauche, le clocher avec ses contreforts. A droite, la tour Nord-Ouest à l'angle de la rue de la poste.

    

Camon, à gauche, la rue des Remparts situé au Nord. A droite, le clocher et le chevet de l'église avec ses contreforts. 

Camon, porte de l'église autrefois abbatiale.

Cette vieille demeure est entourée de fortifications ou plutôt de murs d'enceinte. Le Prieuré de Camon était un monastère de l'ordre de Saint-Benoît situé sur les bords de la rivière de l'Hers, dédié à Saint-Sauveur et à la Vierge. On lit dans l'histoire des Ariégeois de Duclos que "d'après d'anciens manuscrits, l'Eglise et le monastère furent bâtis par Charlemagne à son retour d'Espagne". Le Prieuré de Camon existait en réalité depuis le commencement du Xème siècle. La première année du règne du roi Raoul, en 929, le Prieuré reçut une donation de Tendad et de Béliarde, sa femme.

Avant la grande réforme de la deuxième moitié du XIème siècle, plusieurs monastères lui avaient été déjà soumis. Ainsi, dès l'année 943, un archidiacre de Toulouse du nom de Sulpice avait rattaché à Lagrasse le monastère de Sainte-Marie de Camon, en Toulousain.

    

Camon, le clocher de l'église et son chevet, entrée Ouest. 

    

Camon, ancien couvent de l'abbaye et le château.

A cette époque donc, il était gouverné par l'abbé Sulpice auquel appartenait le fond sur lequel il était construit. Comme dit ci-avant, ce même Sulpice le soumit en 943 à l'abbaye de Lagrasse au moment où Sunarius était abbé de Lagrasse à condition de jouir, sa vie durant, du couvent, sous l'autorité de l'abbé de ce monastère.

Après sa mort, son neveu Bernard devait le régir de même, et après lui un autre Sulpice. Ils devaient professer la règle de Saint-Benoît. Après la mort de ces trois abbés, le pouvoir de l'abbé de Lagrasse fut absolu.

Le premier abbé de Camon choisi par l'abbé de Lagrasse en 999 fut Etienne qui était à la tête de Camon avec douze religieux. Arnaud fut abbé au moment du partage entre Pierre Roger, évêque de Girone et comte de Carcassonne, et Roger Bernard, comte de Foix. Camon avait encore titre d'abbaye ; l'évêque se la réserva avec celle du Mas d'Azil en1034.

En 1068, Camon est considéré comme une simple prévôté dépendant de Lagrasse avec Rigaud comme prieur dans est mentionné comme comptant parmi les possessions de Lagrasse.

L'ÉGLISE

L'église faisait partie du système défensif de la ville, sa façade nord étant appuyée sur les murs d'enceinte. Étroite et longue, l'église est resserrée entre les bâtiments claustraux et le chemin de ronde. Le clocher fortifié carré du XIVème siècle, soutenu par deux contreforts d'angle. L'état actuel date des XIVème et XVIème siècle.

Camon, le chevet de l'église avec ses contreforts, côté Ouest.

Le prieuré devint, à dater de 1580 l'apanage des cadets de la Maison Villemeur-Pailhès, le baron de Pailhès était gouverneur du comté de Foix et ami du roi Henri de Navarre (1572-1610), futur roi de France (1589-1610) ce qui évita la destruction.

Détruite en 1420 à la suite des troubles qui marquèrent cette période, elle fut reconstruite par Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix (1497-1537). En 1566, l'église fut incendiée accidentellement par les gardes du prieur Georges d'Armagnac. En 1660, elle est réparée ; mais ce n'est que vers 1699 que les bénédictins de Saint-Maur se réinstallent et entreprennent de refaire le mobilier. À la Révolution, elle est en partie détruite. Elle ne sera restaurée qu'au début du XXème siècle.

L'église de Camon, porte les armes de Philippe de Lévis et que l'on rencontre reproduites dans un certain nombre d'endroits : clef de voûte de l'abside, vitraux, etc.

L'église n'a rien conservé de l'ancienne abbatiale et de la reconstruction réalisée sous Philippe de Lévis. La reconstruction de 1699 n'a rien modifié à ses dispositions. L'édifice étroit et long est resserré entre les bâtiments claustraux au midi et le chemin de ronde au nord. Pour y pénétrer il faut suivre un étroit passage qui fait communiquer la porte nord avec les maisons du village. Les moines, quant à eux, entraient par un petit couloir, au sud, situé entre la chapelle et la sacristie.

L'église a une abside ronde sans transept ; elle a été complétée de deux chapelles latérales construites en 1661 et en 1664, ainsi que deux sacristies : celle du nord n'étant que le rez-de-chaussée du clocher carré.

Cette église possède un retable en bois doré avec colonnes en bois à torsades, des stalles gothiques en chêne sculpté. Seul, le chœur est voûté. Il est de style gothique élégant, il est ajouré par des vitraux de l'époque de Philippe de Lévis. La clé de voûte et ses vitraux portent les armes des Lévis et la légende SPES MEA DEVS.

Camon, la clé de voûte de l'église la nativité de la Vierge, porte les armes des Lévis.

L'église possède un bénitier en granit de forme polygonale sur le pourtour brisé duquel sont sculptés : JESVSMARIE-JOSEPH.

On y trouve encore une petite croix pastorale en argent et fleurdelisée qui a dû renfermer des reliques, données par Monseigneur et Prieur, Philippe de Lévis. Dans la grande chasse de Saint-Félicien, relique obtenue de Rome par Monseigneur de Lévis "une boîte en argent carrée avec le mot PAX et la couronne d'épines".

L'abbé Duclos dans son ouvrage "l'Histoire des Ariégeois" reproduit cette couronne qu'il considère comme le sceau des Bénédictins en 1620 ; "c'est une couronne d'épines et dans l'intérieur une croix grecque dont la branche horizontale est formée par le mot PAX, les extrémités de la branche verticale par une fleur de lys en haut, trois clous en bas".

Une grande croix en fer forgé est appendue très-haut dans la nef à droite. À gauche, sculptés dans le mur, on voit les quatre évangélistes avec leurs attributs.

Il existe aussi dans une chapelle la tombe des derniers abbés.

Il existe aux archives du château de Léran 47 pièces authentiques ou parchemins intéressant l'abbaye et l'église de Camon.

Le clocher carré, de style roman, un petit escalier à vis de 118 marches permet d'accéder à la porte d'entrée du clocher qui renferme quatre cloches. La plus ancienne date de 1513 et a été offerte par Philippe de Lévis, deux autres cloches datent du XVIIème siècle et la plus récente du XIXème siècle.

Il fut découvert en 1908, chez Maître d'Esperonnat, notaire à Tuchan (Aude), au milieu de ses minutes, un sceau en bronze ayant appartenu au prieuré de Camon. En voici sa description :

Le sceau en question porte l'inscription circulaire suivante : + S : CVRIE : BEATE : MAIE : DE : CAMONE = + Sceau de la Cure de la bienheureuse Marie de Camon.

Il y a sur l'autre face un renflement central, terminé par un trèfle ajouré dans le style du XIVème siècle et destiné à faciliter l'apposition sur la cire.

Un autel, un tabernacle à ailes et un petit retable en bois doré, accompagnés de plusieurs toiles-peintes présentent aux visiteurs un décor de qualité. Aménagements intérieurs et décors datent du XVIIIème siècle. La voûte du chœur, le bénitier, le maître-autel sont classés.

 

Camon, secteur rue Charlemagne et la Terrasse.

    

Camon, ancienne porte médiévale avec son clocher, accès à la zone fortifiée.

    

Camon, et ses ruelles pleines de charmes.

Camon, la rue des Remparts.

Camon, ruelles étroites et ombragées.

    

Camon, ruelles étroites et ombragées, belles rénovations de maisons à colombages, caractéristiques au Moyen-âge.

    

Camon, ruelles étroites et ombragées, ancien couvent.

LE CHÂTEAU DE CAMON

Les appartements de l'abbaye que l'on nomme "château" possèdent de riches aménagements intérieurs du XVIIIème siècle qui témoignent de la puissance de ce lieu religieux. Actuellement la bâtisse est un hôtel.

Camon, salon du XVIIIème siècle, une des pièces de château, aujourd'hui aménagé en hôtel.

LE JARDIN D'AGRÉMENT DE L'ABBAYE DE CAMON

Le jardin d'agrément de l'abbaye de Camon, propriété privée, est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable).

Camon, les jardins de l'abbaye.

Camon, les jardins de l'abbaye.

LA MAISON DES PÉNITENTS BLANCS

Une façade ornée de symboles théologaux : l'ancienne chapelle des pénitents blancs du XVIème siècle ; elle est aujourd'hui privée et habitée.

LA MAISON HAUTE

Ancienne tour des remparts, intégrée au système défensif du bourg fortifié, la maison haute fut transformée au XVIIème siècle en demeure seigneuriale. Aujourd'hui privée et habitée, elle est inscrite au Monuments historiques.

Camon, la maison Haute.

COMBAT DE CASTELNAUDARY – Le duc de Montmorency est fait prisonnier le mercredi 1er septembre 1632 suite à de nombreuses blessures. Le maréchal de Schomberg ne voulant pas laisser le duc de Montmorency à Castelnaudary. Il transporter le duc le 05 septembre pour le mettre en lieu sûr au château de Lectoure dont le maréchal de Roquelaure était gouverneur. Il posta aux environs huit cornettes de cavalerie pour la sûreté du prisonnier. Henri de Montmorency fut envoyé devant le Parlement de Toulouse présidé par le garde des sceaux. Sur ordre de Richelieu le parlement le condamna à mort. Le duc fut décapité dans la cour de l'hôtel de ville le samedi 30 octobre 1632.

Selon une légende, dans la maison "haute" à Camon on prétend qu'en 1632 après sa défaite de Castelnaudary par les troupes royales, le duc Henri de Montmorency aurait trouvé refuge jusqu'au jour où il aurait été livré à Richelieu qui lui fit trancher la tête à Toulouse.

Camon, autre prise de vue de la maison Haute.

La Maison Haute du XVIIème siècle, intégrée au système défensif du bourg fortifié présente, sur un puissant soubassement maçonné, un remarquable exemple de mise en oeuvre des techniques du pan de bois et du torchis attribuable au XVIIème siècle. La Maison est un ensemble résidentiel conséquent, réunissant au moins trois propriétés distinctes, installé sur un soubassement à vocation défensive. Il s'agit peut-être d'un programme mixte, à la fois civil et militaire.

LE MÉTIER À FERRER LES BŒUFS

Jadis dans les villages ruraux, il était de tradition de ferrer les bœufs pour éviter l'usure de la corne de leurs sabots. Le ferrage s'effectuait pour les animaux les moins dociles avec un métier à ferrer. Celui de Camon a été utilisé jusque dans les années 1970. Restauré en 1993, il est l'un des rares en état de fonctionner dans la région Midi-Pyrénées.

Vieux métier à ferrer les boeufs en 1905.

Les environs de Camon.

LES CABANES DE CAMON

Une des 120 cabanes en pierres sèches de Camon "La Gaita".

Autre nom donné à ces cabanes : capitelle, l'orthographe capitèle est des plus rares, cette forme francisée de l'occitan capitèl, employé en Ardèche, employé dans les garrigues du Gard, est attestée dès 1620 (sous la forme "cappitelle") en français notarial à Nîmes, où il désigne une cabane de vigne ; propagé par les érudits gardois et ardéchois du XXème siècle, "capitelle" a connu un franc succès et une grande diffusion, supplantant totalement ou partiellement les vocables vernaculaires dans d'autres régions ainsi dans les Pyrénées-Orientales, dans l'Hérault et dans l'Aude et même tendant à prendre le sens générique de "cabane de pierre sèche" dans l'ensemble du Languedoc-Roussillon; le terme capité, employé dans la région du Monastier, en Haute-Loire, est une forme locale de capitèl.

Témoins du passé viticole de Camon, les constructions en pierres sèches ont défié les lois du temps. Au Xème siècle alors que l'abbaye devient possession de Lagrasse, les paysans vont commencer à cultiver les terres autour du village. Pour faciliter la culture de la vigne et des céréales, ils construiront aidés du savoir-faire des moines, terrasses, cabanes, puits, aqueducs en pierres sèches. Ces cabanes et la culture en terrasse seront utilisées jusqu'à l'épidémie du phylloxera à la fin du XIXème siècle. Ces constructions en pierres sèches ont bénéficié d'une attention particulière au travers d'un inventaire et de restauration. On peut les découvrir aujourd'hui lors d'une très agréable balade guidée.

Cabane en pierre sèche de Camon.

A SAVOIR : Un inventaire de titres et de documents historiques de Camon a été réalisé par l'abbé Edmond Baichère le 31 janvier 1790 et 12 août 1791. L'inventaire détaillé fait la liste des meubles et effets du monastère de Camon à cette période (Mémoires de la société des arts et des sciences de Carcassonne 1910).

LISTE DES PRIEURS DE CAMON

Le premier abbé de Camon choisi par l'abbé de Lagrasse en 999 fut Etienne qui était à la tête de Camon avec douze religieux.

- Arnaud fut abbé au moment du partage entre Pierre Roger, évêque de Girone et comte de Carcassonne, et Roger Bernard, comte de Foix. Camon avait encore titre d'abbaye ;

En 1068, Camon est considéré comme une simple prévôté dépendant de Lagrasse avec Rigaud comme prieur.

- Bertrand de Villemur en 1172 plus tard évêque de Toulouse.

- Pierre de Clermonl de 1180 à 1190.

- Palassin de 1221 à 1227.

- Guilhem de la Crouzille qui en 1237 avait des différends avec les seigneurs de Lordat et de Mirepoix ; il vivait encore en 1247.

- Peitavin 1247-1251.

- Pons de Vilar, appelé par l'abbé Duclos : Pons de Villiers en1272 qui en 1273 transigea avec Jean Ier de Bruyères, seigneur de Puivert et de Chalabre, au sujet de certaines rentes.

- Bertrand de Caslelnau, religieux de l'abbaye de Lagrasse 1296-1298.

- Jourdain de Roquefort, 1316-1328.

- Baynaud Foucault 1328-1366 qui devint chapelain du roi Jean le Bon en 1351, succéda à Jourdain de Rochefort. Il eut une querelle avec François et Pierre de Lévis qui avaient tué des vassaux du monastère. Puis vinrent :

- Guilhaume de Folcrand 1336.

- Olivier de Pompilin 1396-1401.

- Bernard de Laroque 1420.

- Bernard de Queysses 1470-1481.

- Ondouin d'Abzac 1482.

- En 1494, l'Église et le monastère étaient ruinés et détruits ; les religieux, manquant de ressources, abandonnèrent le monastère. Seul resta le Sacristain.

- En 1501, Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix depuis l'an 1497, plus tard nommé par François Ier abbé de Lagrasse, fut élu Prieur de Camon.

- En 1538, Charles Bernard d'Enonville, cardinal évêque de Macôn remplaça Philippe de Lévis.

Puis vinrent successivement :

- Georges d'Armagnac 1531-1560, cardinal archevêque de Toulouse.

- Jacques de Villemur, 1580.

- Jacques.de Villemur 1600-1603, son neveu.

- Jacques Philibert de Villemur 1650-1712, par suite de la résignation du précédent.

- Georges de Villemur, 1712-1718.

- Thomas Lavaur, 1720.

Les religieux restèrent au couvent de Camon jusqu'en 1608, à cette époque le monastère fut abandonné, la régularité n'y fut rétablie qu'en 1699 longtemps après l'union de Lagrasse à la Congrégation de Saint-Maur.

Pour les amateurs de photos anciennes en voici quelques unes du village de Camon :

L'abbaye de Camon vu du pont sur l'Hers situé à l'Ouest du village, en 1905.

Camon, entrée de la citadelle porte de l'horloge en 1905.

    Camon, entrée de la citadelle porte de l'horloge en 1905.

        

Camon, à gauche, résidence seigneuriale du XIème siècle, en 1905. A droite, entrée principale de l'abbaye habitée par les Bénédictins dés le VIIIème siècle, en 1905. L'abbaye selon la légende, servit de cachette au duc de Montmorency.

Camon, l'église de l'ancienne abbaye des Bénédictins datant du VIIIème siècle, photo datant de 1905.

Camon, une vue générale du village en 1955.

  

Camon, à gauche, "la maison haute" résidence seigneuriale du XIème siècle, en 1905. A droite, le clocher de l'abbaye datant du XVème siècle, en 1950.

 

Bibliographie :

- Mahul, Carlulaire et archives de l'ancien diocèse de Carcassonne T. 11, p221 et 305.

- Chartrier de M. le duc de Lévis-Mirepoix.

- L'histoire des Ariégeois, par M. l'abbé Duclos.

- Bulletins de la société d'études scientifiques de l'Aude SESA T31.

- Histoire du Languedoc.

- Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale T75.

- Revue d'histoire de l'Église de France.

- Mémoires de la société des arts et des sciences de Carcassonne tome 1.

 

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 février 2017

 

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! J'avais déjà abordé le sujet du château de Durfort lors du reportage sur celui de Termes, mais je m'étais dit qu'un jour je peaufinerai l'article et lui consacrerai un reportage à part entière. Retour dans les corbières, après avoir visité Villerouge –Termenès et Termes, c'est en empruntant cette petite route que j'aperçue émergeant de la cime des arbres ces remparts sortis comme dans un conte de fées. Je me suis arrêté pour prendre quelques photos et tenter de l'approcher, mais dommage le propriétaire n'était pas là pour me donner l'autorisation de visiter les ruines et de prendre des photos plus intimes avec ces ruines pour le reportage. Cette forteresse à vraiment un côté mystérieux, elle mériterait que l'on entreprenne une sauvegarde de ses murs. Vous aussi, si vous voulez faire découvrir votre village audois ou ariègeois, votre participation sera la bienvenue, n'hésitez pas à m'envoyer vos photos, documents, afin d'illustrer les reportages sur vos villages que vous aimez.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir lors de la lecture de cet article et n'hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires en bas du reportage.

Le village de Vignevieille et le château de Durfort se trouve à 132 km de Toulouse, 43 km de Carcassonne, 65 km de Narbonne, 89 km de Béziers, 77 km de Perpignan et 242 km de Cahors.

Au centre de Corbières vous avez des forteresses et abbayes splendides à visiter. C'est un secteur où il faut prendre son temps en empruntant les petites routes dans un magnifique cadre verdoyant au son des cigales. A voir aussi, les châteaux de Termes, de Villerouge-Termenès, Bouisse, Arques, Couiza, les abbayes de Saint-Polycarpe, d'Alet-les-Bains et de Lagrasse. Retrouvez tout ce patrimoine sur mon site en consultant les 3 sommaires.

Dans le secteur du village de Vignevieille et du château de Durfort, deux autres sites intéressants sont à visiter, il s'agit des châteaux de Termes et de Villerouge-Termenès.

Une vue aérienne du village de Vignevieille.

Blason du village de Vignevieille tel qu'il est dessiné dans l'armorial général de France par Charles d'Hozier en 1696.

Blason du village de Vignevieille.

VIGNEVIEILLE

Commune située dans les Corbières au sud-est de Carcassonne, elle compte 99 habitants (2013), en 1831 il y avait 372 habitants c'est l'apogée en nombre d'habitants que l'on appelle les Vignevieillais.

Toponymie concernant le village de Vignevieille : Attestée dans un texte en 1215 sous la forme villa Vinea Vetula. Le nom du village indique qu'elle était l'activité de ses premiers habitants. Dans la France du Moyen Âge ce type de village était souvent situé à proximité d'un établissement religieux afin de produire le vin de messe. Le développement de la vigne dans notre pays doit en effet beaucoup au christianisme car monastères et abbayes s'entourèrent de vastes vignobles.

Le village de Vignevieille.

Le village de Vignevieille, les ruines du château de DURFORT.

Toponymie concernant Durfort : une hypothèse est privilégiée, dans un manuscrit daté de 1093, il est fait mention du castrum quod vocator Durfort, traduction "château qu'on appelle Durfort". Certains l'interprète comme une juxtaposition des adjectifs dur et fort, au sens château fort qui constitueraient une allusion à un ouvrage militaire défensif réputé imprenable.

Le village de Vignevieille, la mairie.

Au XIIème siècle, les seigneurs de Gléon possédaient des biens sis au bourg de Vignevieille. Après la guerre des Albigeois, Alain de Roucy fut seigneur de Vignevieille. Du XIIIème aux XVIème siècles, les de Mage seigneurs de Salsa possède la seigneurie de Vignevieille. Les sieurs de Mage étaient, à la même époque, seigneurs de Nouvelles.

Le village de Vignevieille, fut toujours la propriété de l'abbaye de Lagrasse, elle se consacrait à l'élevage et la culture de céréales. Au XIVème siècle, les habitants n'échappèrent pas aux horreurs de la guerre de Cent Ans (1337-1453) et à l'épidémie de peste Noire (1347-1349). Par contre, ils furent protégés des condamnations abusives prononcées par les tribunaux de l'Inquisition. Même remarque lors des Guerres de Religions (1562-1598) qui virent s'affronter le gouverneur du Languedoc François de Joyeuse qui était aussi abbé de Lagrasse.

La "fontaine de la place" construite en 1897. Elle est constituée d'un bassin rond  en marbre rose de la carrière du Pic de Berlès située sur les Communes de Vignevieille et Salza. Cette Fontaine  monumentale, a en son centre une colonne où est inscrit : République Française 1897, Jouve. Elle coulait en permanence même pendant les années de grande sécheresse mais depuis 2014, le circuit d'eau a été automatisé, l'eau venant à manquer aux habitants.

Le village de Vignevieille, la place de la Fontaine.

Le village de Vignevieille, la place de la Fontaine.

Le village de Vignevieille, la place de la Fontaine.

Le marbre rouge du Pic de Berlès a servi aussi à la réalisation du bénitier de la petite et modeste église romane et l'autel style Louis XV de la chapelle de la Vierge. Cet autel avait appartenu à l'église du château de Durfort. Le pupitre, à ornements gothiques, à pied triangulaire, que l'on remarque dans le sanctuaire, est l'oeuvre d'un des derniers desservants de la paroisse.

Le village de Vignevieille, l'église Sainte Eulalie.

La chapelle Sainte Eulalie de Vignevieille est bâtie en dehors du village, sur une place ombragée par huit magnifiques platanes plantés en 1708. L'église est un édifice roman, vraisemblablement du XIIème siècle qui n'est apparu dans les textes qu'en 1351.

 

LA MAISON DE DURFORT

La communauté du hameau de Durfort était déjà unie à celle de Vignevieille dés le début du XVIIIème siècle. L'ordonnance du roi Charles V, du mois de mai 1366, attribue à Durfort 14 feu d'imposition.

Le château de Durfort est compris dans l'énumération des terres et seigneuries adjugées à Alain de Roucy seigneur de Termes, à titre de fief de l'abbaye de Lagrasse.

Ce château fut entrainé dans le parti des Espagnoles en même temps que celui de Termes, par le capitaine Saint-Aunès qui y commandait.

Une charte du XIème siècle, découverte depuis la publication du P. Anselme, fait mention de Foulques, seigneur de Durfort, au diocèse de Narbonne, vivant en 1050, premier auteur connu de cette maison Durfort Duras.

Donation de Bertrand de Durfort à Saint-Martin-des-Puits en 1093. Bertrand de Durfort reconnaît qu'il a retenu contre le droit l'abbaye de Saint-Martin-des-Puits qu'il avait reçue en héritage de son père Foulque, et décide, en accord avec ses frères et ses cousins, de la donner au monastère de Lagrasse.

Le château de Durfort, émergeant de la végétation abondante du lieu.

Le château de Durfort, les remparts Est de l'extrémité Sud où se trouve la tour.

Le nom de Durfort fut adopté par une branche de la maison de Foix. Lorsque les Anglais furent contraints d'abandonner la Guyenne, ils transportèrent en Angleterre la plupart des chartes de cette province, ainsi que celles des autres provinces du Midi, ce qui rend difficile de rechercher cette première origine, et la filiation qui remonte à la maison de Foix.

Les Durfort avaient le rang le plus distingué parmi les grands seigneurs du comté de Toulouse. Cette famille était tellement considérable que ses branches étaient établies dans les provinces du comté de Foix, dans le Quercy, le Languedoc et la Guyenne. Un grand nombre de localités portent encore aujourd'hui le nom de Durfort, dans les départements du midi de la France, l'Aude, le Gard, l'Ariège, le Lot, et la Lozère.

En 1138, Bertrand de Durfort épousa Melicente, cousine de Gaudefroy de Bouillon, roi de Jérusalem.

En 1163, le seigneur de Terme rend hommage au Vicomte Raymond de Trencavel, pour le château de Durfort.

Bernard de Durfort s'allia à Bernarde de Treilles en 1163.

Guillauniette de Durfort fut mariée en 1270 à Jourdain V, seigneur de l'Ile Jourdain ; en 1032 noble Pierre d'Auriac, seigneur de Durfort, épousa Louise de Couzina.

Le château de Durfort, la façade Ouest. 

Pendant les croisades, les Durfort se distinguèrent à la suite des rois de France. Philippe-Auguste s'embarqua en même temps que Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, pour la croisade qui fut entreprise, en 1190, contre Saint-Jean d'Acre. Le roi de France et le roi d'Angleterre avaient imposé tous ceux de leurs sujets qui ne prendraient pas les armes, de la dîme appelée dîme saladine. Bernard de Durfort se mit à la tête de quelques chevaliers français.

En 1209, début de la croisade des Albigeois. Le seigneur de Durfort se range du coté des cathares par son alliance avec Olivier de Termes son voisin. Il va donc subir une attaque des Barons du Nord.

La guerre des albigeois fournit à la famille de Durfort l'occasion de signaler sa valeur. Cette famille suscita en 1212 une opposition formidable à Simon de Montfort dans les provinces de l'Agenais.

Le château de Durfort, l'éperon Nord.

Olivier de Termes (1200-1274), seigneur de Termes était aussi celui de Vignevieille.

Durant les XIIème et XIIIème siècles, les seigneurs de Durfort furent les témoins constants de tous les actes officiels de leurs suzerains, des restitutions faites par les seigneurs les plus puissants du midi au Chapitre de Carcassonne, à l'Abbaye de Lagrasse, à l'Abbaye de Villelongue ; ils assistèrent aux plaids donnés par le comte Alphonse Jourdain, à Toulouse, et plus tard par Raymond Trencavel, vicomte de Béziers. Ils furent témoins des hommages rendus par les seigneurs vassaux à leurs suzerains, ainsi que des traités signés entre le comte de Toulouse et le comte de Foix (1229), de la transaction passée entre Pierre d'Aragon et Raymond, comte de Toulouse (1201). Très puissants eux-mêmes et alliés à d'illustres familles, les Durfort étaient vassaux des seigneurs de Termes, qui prêtent serment à Raymond Trencavel non seulement pour Termes mais aussi pour le château de Durfort.

Le château de Durfort, sa façade Nord-Est.

Le château de Durfort, l'éperon Nord.

Le château de Durfort, sa façade Nord-Est.

Le château de Durfort, l'éperon Nord avec l'échauguette.

Un seigneur redoutable, Robert de Mauvoisin, qui commandait sous les ordres de Simon de Montfort, s'étant emparé de la ville de Marmande, en fut récompensé par un don que lui fit Simon de Montfort, de toutes les propriétés que possédait à Fanjeaux Guillaume Durfort  en 1212.

Le 24 août 1215, à Alain de Roucy lieutenant du chef des Croisés sont adjugés les châteaux de Durfort, Laroque-de-Fa et Tuchan, les villages de Paziols, Maisons, Fauste, Bouisse, sept casals de Cazapié, les villages de Vignevieille, Villaret, Massac, les hameaux de Massaguel, Fourques, Cedeilhan, Couisse, les vallées de Caulière et Caudelière, Aureria et Lauriol, les châteaux de Triviac et Montrouch, la moitié des mines de Palairac et de son terroir, une albergue de deux chevaliers sur chaque casal "acasalé" de Palairac, Quintillan, Lairière et autres lieux du Termenès sauf le bourg de Lagrasse. Simon de Montfort confirme la sentence.

Irrités par cette spoliation les seigneurs du Termenès s'allièrent avec Ollivier de Termes et le fils de Trencavel, et se révoltèrent contre les agissements de Simon de Montfort. Mais ils furent obligés de se rendre et Hugues de Durfort est cité parmi les seigneurs et barons du Termenès qui prêtèrent serment de fidélité au roi.

Le château de Durfort, l'éperon Nord.

Le château de Durfort, l'éperon Nord.

Le château de Durfort, l'éperon Nord.

Le château de Durfort, l'éperon Nord.

Le château de Durfort, le côté Nord-Ouest.

19 novembre 1234, un acte de vente où Guilhem de Durfort, et sa femme Maceldis, sont cités.

 

En juillet 1241, délibération pour un contentieux entre l'abbé de Lagrasse, et son monastère, à Simon de Montfort et à Alain de Roucy, seigneur de Termes. L'abbé et le monastère de Lagrasse assurent que les villages et châteaux de Palairac, Lairière, Quintillan, Triviac, du Taichou, de Boussac et de Maisons et le terroir de Fourques sont de leur propriété et que les villages de Bouisse, Aureria et Lauriol, de Castillou, Fauste, Paziols, le Villaret, Massac, Massaguel, Cedeilhan, la Roque-de-Fa, Caulière et Caudelière, Tuchan, la moitié de Vignevieille et le château de Durfort sont tenus d'eux en fief Simon de Montfort et Alain de Roucy assurent que tout cela relève de la seigneurie de Termes, tombée entre les mains de Simon pour cause de l'hérésie des précédents seigneurs de Termes.

 

Les seigneurs de Durfort avaient adopté les idées religieuses de leurs suzerains ; car, en 1244, Bernard, Pierre-Raymond, Hugues et Guillaume, tous seigneurs de la Maison de Durfort, furent cités devant l'Inquisition de Carcassonne comme ayant assisté à une assemblée d'hérétiques albigeois.

En 1256 le roi se saisit du château de Durfort mais le restitua peu de temps après à Gaucelin de Durfort.

En 1263, on trouve Hugues de Durfort servant au siège de Montségur contre les hérétiques enfermés dans la forteresse.

En 1353, Guillaume de Durfort chevalier banneret fut commis à la garde du pays albigeois.

En 1376, on trouve un seigneur de Durfort, Guillaume Raymond, à la tête d'un corps de troupes du comte d'Armagnac, vassal du rai d'Angleterre, et en 1377, Gaillard de Durfort, seigneur de Duras, fut fait prisonnier par le comte d'Anjou en même temps que plusieurs barons de Gascogne, du parti des Anglais.

Raymond de Durfort, coseigneur de Saverdun, fut un des nobles qui, en 1331, cautionnèrent pour le payement de la dot assignée par Gaston II, comte de Foix, à sa sœur, Jeanne de Foix, qui épousa Pierre-Joseph d'Aragon.

Le château de Durfort, dans son écrin de verdure qui peut lui être néfaste si la végétation envahissante n'est pas contrôlée.

Le blason de Raymond de Durfort, chevalier français, tel qu'il est représenté par l'auteur des trobes, est un château fort qu'un lion s'efforce d'abattre. Sur les murs du château est l'inscription suivante : "SI ELL DUR, YO FORT" "S'il est dur, je suis fort".

La seigneurie de Durfort passa en 1652 à noble Pierre d'Auriac.

En 1659, le traité des Pyrénées scelle une paix entre l'Espagne et la France. Dans cette période de calme, le château est remanié pour donner plus de confort.

C'est le comte de Grave qui était seigneur de Durfort en 1789 ; l'archevêque de Narbonne possédait un fief sur ce domaine.

François Saury le grand père de Maître François Saury, notaire à Vignevieille, décédé en 1828, avait été fermier à Durfort et demeurait dans la partie encore habitable du château.

A la suite de l'émigration du comte de Grave, Durfort fut confisqué et vendu comme bien national à M. Malavialle, originaire de Pézenas, lequel le transmit, par ordre de primogéniture, à ses descendants jusqu'en 1885, époque à laquelle M. Brousté-Vié en devint propriétaire suivant jugement d'adjudication du tribunal civil de Carcassonne, sur licitation du bien de feu Hippolyte Malavialle, dernier de ce nom, ayant possédé le domaine et le château.

Au XVIIIème siècle, le château semble abandonné. Le fait que le château soit éloigné d'un village important, la ruine survirera car il y eut très peu de pillage de pierres.

La forteresse aurait besoin d'une sauvegarde, de consolidations de ses murs, pour permettre de la visiter car elle vaut le détour dans un cadre naturel splendide.

 

Le château de Durfort, sa façade Est.

Un petit mot sur les Durfort-Duras :

Les Durfort possédèrent cette seigneurie fort longtemps puisque en 1609 Duras lut érigé en marquisat, en duché en 1689 et en duché paierie en 1757 en faveur de la maison de Durfort. Duras est aujourd'hui un chef-lieu de canton du département de Lot-et-Garonne. Le premier nom que l'on trouve de la famille des Durfort dans les généalogies du père Anselme, est celui de Bernard de Durfort et de Ava, son épouse, lesquels eurent une fille nommée Aiguina, dont le nom a été conservé dans un acte de donation fait en faveur de l'abbaye de Moissac en 1063 ; mais quelle que soit l'ancienneté des Durfort, la terre de Duras n'est entrée dans cette maison que depuis l'année 1306, par le mariage de Marquésie de Goth, fille d'Arnaud Garcie de Goth, vicomte de Lomagne, avec Arnaud de Durfort, seigneur de Bajaumont. Arnaud Garcie de Goth était frère du pape Clément V, et de Galhard de Goth.

Blason de la maison Durfort-Duras.

Béraud de Goth, père de Bertrand de Goth, qui fut Clément V, d'Arnaud Garcie de Goth, et de Galhard de Goth, était seigneur de Villandraut, d'Uzeste, de Rouillac et d'Auvillars. La famille de Goth fonda un grand nombre de châtellenies dans l'Agenais et le Périgord. Un anniversaire était célébré dans l'église de Saint-Caprais d'Agen pour le repos de l'âme des principaux membres de cette famille. Ces souvenirs pieux ayant été abandonnés, Marquésie de Goth les renouvela par un obit. Galhard de Goth, frère de Clément V, avait fait testament le seize janvier 1305, en faveur de sa nièce ; et parmi les biens considérables qu'il léguait se trouvait la terre de Duras que Marquésie de Goth apporta en mariage en 1306. Galhard de Goth est qualifié de damoiseau dans les vieilles chroniques : Il portait le titre de seigneur de Duras. Telle fut l'origine de la maison de Durfort Duras. Ces deux mots Durfort et Duras ayant quelque similitude, les chroniqueurs ont écrit tantôt Durfort, Durefort et Duras-fort.

Extrait de carte IGN, le château de Durfort en partie ceinturé par une boucle de l'Orbieu, le chemin de grande randonnée GR36A passe à proximité.

Une vue aérienne du château de Durfort. 

LE CHÂTEAU DE DURFORT

Voici une photo datant de 1910, le château de Durfort majestueux entouré d'olivier et d'une végétation maîtrisée par nos anciens. Comparez la, avec celle ci-dessous, où tout l'environnement est laissé à l'abandon, la nature a repris ses droits, c'est dommage qu'un site comme celui-ci soit laissé dans cette état, il est temps de sauver ce patrimoine.

Le château de Durfort envahit par la végétation.

Le château de Durfort, sa façade Nord-Est.

Le château de Durfort, sa façade Nord-Est.

Le château de Durfort, sa façade Nord-Est.

Le château de Durfort, zoom sur sa façade Nord-Est.

Le chemin d'accès au château de Durfort.

Sur un éperon à pic, les ruines de Durfort s'allonge et s'étirent, façade de grés jaune aux puissants contreforts, beau navire soutenu par des cales robustes, vaisseau de guerre démâté ; ce château était la première sentinelle avancée. La forteresse médiévale est posée sur une masse rocheuse, ses murailles massives venant se fondre dans la roche, entourée sur trois cotés par une boucle de la rivière Orbieu, rendant sa prise par l'ennemi difficile. Au XIXème siècle les collines autour du château  étaient couvertes de chênes verts, de champs cultivés et d'olivettes jusqu'au bord de l'Orbieu. Côté Est les vieilles murailles du château sont soutenues par de puissants contreforts.

Une vue aérienne du château de Durfort.

Une autre vue aérienne du château de Durfort.

Une échauguette désignait, du XIVème au XVIème siècle, la sentinelle. Le terme désigne une petite loge carrée ou cylindrique contenant une petite pièce, le plus souvent construite en encorbellement, munie de mâchicoulis et de meurtrières, destinée à abriter, dans un château fort ou une fortification, le veilleur surveillant le territoire environnant sur un large horizon, et à jeter des projectiles sur les assaillants.

L'éperon Nord du château de Durfort avec son échauguette encore debout.

Au rez-de-chaussée du château côté Est se trouvait une grande salle voûtée qui fut le corps de garde. Vers le Nord des baies en plein cintre sont encore là éclairaient l'intérieur d'un couloir et votre regard porte jusqu'au fond du ravin et au lit de l'Orbieu. A l'Ouest existe encore un passage couvert qui devait être un chemin de ronde, où se trouve une échauguette encore en état de bonne conservation. Au-dessus de la salle de garde on peut reconnaître les vestiges de la chapelle à l'architecture romane. Côté Sud les murailles épousent le rocher à pic de 50 à 60 mètres de hauteur. Le château comportaient d'anciennes oubliettes, et à partir de l'une d'elle un souterrain permettait aux gens du château d'arriver en cas de siège jusqu'au bord de l'Orbieu pour renouveler leurs vivres et leur eau.

Le château de Durfort, sur cette photo datant de 1910 on aperçoit très bien la tour ronde située à l'extrémité Sud-Est.

Le château de Durfort, la partie Sud-Est avec les contreforts.

Le château de Durfort, la partie Nord-Est, avec l'échauguette.

    

Le château de Durfort, à gauche, salle voûtée en partie effondrée. A droite, la tour de l'extrémité Sud vu de l'intérieur de l'enceinte.

Le château de Durfort, la tour de l'extrémité Sud.

Le château de Durfort, la muraille Sud-Est, au fond la tour.

     

Le château de Durfort, à gauche, l'extrémité Sud-est en contre bas que des contreforts, on remarque les salles voûtées en partie écroulées et des arbres poussent dans l'enceinte même du château, ce qui est très néfaste pour ses ruines. A droite, une vue Nord-Est très courante du château.

Le château de Durfort, salles voûtées en partie écroulées, à cause de la végétation envahissante.

Le château de Durfort, la façade Est.

Le château de Durfort, la partie Nord-Est.

Le château de Durfort, une des rares photos de la partie Nord-Ouest.

Le château de Durfort, une des rares photos de la partie Ouest comme celle ci-dessous.

Le château de Durfort, une des rares photos de la partie Ouest

Les ruines actuelles de la forteresse, comprenant une chapelle, des logis à fenêtres rectangulaires et une tour. De hauts murs épais, des caves et puits, des salles voûtées de bâtiments carrés, des tourelles d'angle, des échauguettes et une tour maîtresse sont encore visibles de nos jours.

Le château de Durfort, l'éperon Nord.

Le château de Durfort, une vue d'ensemble de la face Est.

Le château de Durfort, la façade Est.

Le château de Durfort, vestiges de la tour carrée et de l'échauguette.

Le château de Durfort, une vue aérienne de l'extrémité Sud avec son cloisonnement de murs intérieurs.

ARCHÉOLOGIE 

 

Lors de travaux agricoles (année non précisée) ont mis au jour une fosse de 1,80 m de diamètre et de 0,70 m de profondeur, paraissant isolée : elle contenait une dizaine d'amphores écrasées (type IA et IC de Dressel). Ce type d'amphore trouve son origine sur la côte tyrrhénienne de l’Italie, la Dressel 1A est utilisée pour le transport du vin. L’époque de circulation constatée commence au 3ème tiers de IIème siècle avant JC jusqu’au 1er tiers du Ier siècle avant JC.

 

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécieront :

Le village de Vignevieille, pont sur l'Orbieu en 1960. 

Le village de Vignevieille, et le pic Berlès (692 m) en 1960.

Entrée du village de Vignevieille, en 1975.

Le village de Vignevieille, place de la Fontaine en 1905.

Le village de Vignevieille, l'église en 1925.

Le village de Vignevieille, l'église en 1975.

Le village de Vignevieille, en 1980.

Le village de Vignevieille, le pont sur l'Orbieu en 1905.

Le village de Vignevieille, une vue aérienne en 1955.

Le village de Vignevieille, place de la Fontaine en 1975.

Le village de Vignevieille, en 1955.

     

Le village de Vignevieille, à gauche, l'ancien château en 1955. A droite, place de la Fontaine en 1975

Le village de Vignevieille, place de la Fontaine en 1905.

Le village de Vignevieille, en 1955.

Le village de Vignevieille, en 1970.

Le village de Vignevieille, la place de la Fontaine en 1905.

Le village de Vignevieille, en 1955.

Le village de Vignevieille, l'ancien château transformé en café hôtel "Hôtel Sourgnies" en 1905.

Le village de Vignevieille, carte postale double en 1925.

Le village de Vignevieille, le château de Durfort en 1980.

Le village de Vignevieille, le château de Durfort en 1955.

A voir sur ce site d'autres reportages sur les châteaux proches de celui de Durfort :

- Le château de Termes 1ère partie ICI.

- Le château de Termes 2ème partie ICI.

- Le château de Villerouge-Termenès ICI.

 

Bibliographie,  je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Cartulaire de Jacques Alphonses MAHUL.

- Précis historique sur la famille de Durfort-Duras.

- Recueil des chartes de l'Abbaye de Lagrasse. T. II, 1117-1279.

- Histoire générale du Languedoc.

- Bulletin de la société d'études scientifiques de l'Aude SESA.

- Chartes de l'abbaye de Lagrasse.

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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30 janvier 2017

 Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Un petit coucou aux ami(e)s canadiens, américains et australiens qui consultent ce site régulièrement. Une petite balade dans le Minervois cela vous dit ? Le village d'Ouveillan vous savez où il se trouve ? Non ! Alors suivez-moi.
Vous aussi, si vous voulez faire découvrir votre village audois ou ariégeois, votre participation sera la bienvenue, n'hésitez pas à m'envoyer vos photos, documents, afin d'illustrer les reportages sur vos villages que vous aimez.
Je vous souhaite beaucoup de plaisir lors de la lecture de cet article et n'hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires en bas du reportage. 

 

Le village d'Ouveillan, se situe à 151 km de Toulouse, 56 km de Carcassonne, 15 km de Narbonne, 24 km de Béziers, 80 km de Perpignan et 262 km de Cahors.

Ouveillan, dans le Minervois, pays viticole.

Ouveillan, extrait de carte IGN avec les ruines de la Grange cistercienne Foncalvy.

Une vue aérienne d'Ouveillan.

Blason du village d'Ouveillan.

Ouveillan en occitan Auvelhan, ses habitants sont appelés les Ouveillanais.
Située dans le Minervois, elle est limitrophe avec le département de l'Hérault.
En 2013, la commune comptait 2 277 habitants. Son plus fort taux de population fut atteint en 1901 avec 2845 habitants. En 1793 le village comptait 900 âmes.

Toponymie : nom patronymique romain Ovilius,-anum. Le hameau primitif s'est donc développé à partir du domaine d'Ovilius.
Le nom d'Ouveillan peut avoir deux acceptions selon que l'on considère son origine latine ou occitane :
– en bas latin Ovilianum ou Ovelianum, vient de ovile, is, signifiant "bergerie", oveillo "berger", pourrait faire référence à l'élevage de la brebis, dont la bergerie de la grange cistercienne de Fontcalvy deviendra emblématique ;
– en occitan, Auvelhan, pourrait venir de auve, " île d'alluvion", et ferait référence à sa situation géophysique de promontoire au milieu d'un étang salin, aujourd'hui asséché.

La sortie du village d'Ouveillan.

Au petit matin l'église Saint-Jean d'Ouveillan.

Selon les époques, le village a porté les noms suivants :
Ovilianum en 924 ; Ecclesia Sancti Johannis de Oviliano en 1129 ; Castrum inferius de Oviliano en 1188 ; Ovelhanum en 1319 ; Ovelhan au XIVèm siècle ; Oveilhan en1639 ; Ouveillan en 1781. On trouve aussi castrum d'Ovilhiaino dans les archives.

La fondation d'Ouveillan est estimée au Xème siècle. À cette époque on parlait de la "villa (ou villare) de Oviliano", petit hameau d'exploitation agricole. Ouveillan ne sera qualifié de "château" (castrum) qu'à partir du XIIème siècle.
Extrait du Dictionnaire topographique du département de l'Aude, comprenant les noms de lieu anciens et modernes rédigé en 1912 par l'abbé Sabarthès curé de Leucate  : 
- Ouveillan, canton de Ginestas ; église paroissiale dédiée à saint Jean l'Évangéliste ; la cure était à la collation du chapitre Saint-Just de Narbonne ; fief du domaine royal ; sénéchaussée de Carcassonne. Les documents mentionnent le Château-Bas ou Vieux, sur le bord de l'étang desséché, et le Château-Haut, dans le fort. Première citation en 993 sous le nom "d'Ovelianum", puis "Ecclesia Sancti Johannis de Ociliano" en 1139.
- Le Terral, fief de la commune d'Ouveillan ; ancien prieuré sous le vocable de saint Martin ; ancienne propriété de l'abbaye de Fontfroide. Première citation en 1176 sous le nom "Castrum de Terrallo".
- Fontcalvi, fief de la commune d'Ouveillan ancienne propriété de l'ordre de Malte, puis de l'abbaye de Fontfroide. Première citation en 1275 sous le nom " Grangia de Fonte Calvio ".

Le village d'Ouveillan.

Le village d'Ouveillan.

Le village d'Ouveillan.

Ouveillan a été le nom d'une famille qui, pendant deux siècles du XIIe au XIIIe, comptait parmi les chevaliers du Narbonnais, dont on trouve trace dans des actes notariaux : Pierre d'Ouveilhan (1121), Raymond d'Ouveilhan et son épouse Adalaïs (1152), Guiraud ou Géraud d'Ouveilhan et Bernard son frère (1153), Bérenger d'Ouveilhan (1163), Guillaume d'Ouveilhan (1188), Raymond-Bérenger d'Ouveilhan (1188), Bernard ou Bertrand l'Ouveilhan (1208), Raymond d'Ouveilhan (1208), Pierre d'Ouveilhan et sa fille Adalaîs (1217), Bernard d'Ouveilhan (1229), Raymond d'Ouveilhan et sa femme Grègue (1239), Pierre-Raymond d'Ouveilhan et son frère Bertrand (1240), Raymond-Bérenger d'Ouveilhan (1260), Bérenger d'Ouveilhan (1323).


Vers 950, les archevêques de Narbonne exhortaient les chanoines à vivre à l'avenir des revenus de cette terre de l'Aude dans une commune fraternité. Afin d'encourager cette exhortation, des droits et avantages furent accordés. L'archevêque Arnaud de Lévezon, confirma en 1129 les donations que Dalmace, son prédécesseur, avait faites aux chanoines, et toutes les dimes et autres droits dont il jouissait dans Ouveillan et autres lieux.
Le 2 août 1119, Raymond Bérenger, du consentement de Pierre Bérenger son frère, donne à Dieu, à sainte Marie, à saint Just et saint Pasteur et à Richard, archevêque de Narbonne, l'église d'Ouveillan (d'Oviliano) avec ses appartenances, excepté la forteresse du dit lieu qu'il promet tenir en fief dudit archevêque, en présence d'Aton, archevêque d'Arles.

Le village d'Ouveillan.

L'hôtel de ville d'Ouveillan.

Le 9 mars 1129, Bernard III de Luc, signe l'acte de donation de la seconde église d'Ouveillan faite par l'archevêque Arnaud de Lévezon au chapitre de Narbonne. Cette donation aux chanoines réguliers de Saint-Just de l'église d'Ouveillan, par l'avis de Bermond, évêque de Béziers, d'Adalbert, évêque d'Agde, et d'Arnaud, évêque de Carcassonne. L'église ainsi que les dîmes et prémices, droits et appartenances d'Ouveillan furent cédés pour en jouir à perpétuité "pour la restauration de la misérable captivité où cette église était réduite ". Cette église avait été donnée autrefois aux chanoines par l'archevêque Dalmace.
L'église d'Ouveillan, dit l'inventaire Ducarouge, "est du plus ancien patrimoine de Saint-Just. Aussi fut-elle donnée par un grand archevêque au vénérable chapitre qui dans le XIème siècle avait besoin d'un tel secours pour la subsistance des ministres de Saint-Just, puisqu'on voit clairement par les actes que cette même église d'Ouveillan avait des biens considérablement pour l'entretien des clercs ou chanoines qui desservaient cette église, laquelle, malgré tous ses biens, était réduite dans une misérable captivité ; ce qui obligea Arnaud, archevêque de Narbonne, d'unir cette église à la mense de son chapitre, autant pour la restauration d'icelle église que pour augmenter les rentes de Saint-Just".

Chaque chanoine recevait tous les ans, y compris la portion de son vicaire, 85 setiers de blé payables en espèces de trois mois en trois mois, outre ces revenus les chanoines jouissaient d'une grosse en blé et autres grains provenant des dîmes d'Ouveillan, Saliès, et de l'abonnement du Terral et de Fontcalvy.
Deux domaines, le Terral et Foncalvy occupent une large part du territoire ouveillanais. Deux ordres monastiques occupèrent dans la région une place importante au Moyen Âge : les hospitaliers, avec la grange de Preissan et surtout Cîteaux, avec celles du Terral et de Foncalvy.

La meilleure partie des biens de l'église sont les diverses acquisitions de dîmes et prémices faites par le clergé soit par achats, donations ou fondations, elles y sont en très grand nombre dans le Chapitre Saint-Just. Exemples : La dîme du vin, le 26 septembre 1741, il afferme la dîme du vin d'Ouveillan à Jean Calas, Jean-Pierre Rivière et Paul Pellety, habitants du lieu, moyennant la rente annuelle de 30 muids 5 pagelles de vin. Où encore, Le 15 septembre 1774, il afferme la dîme de la vendange d'Ouveillan à Guillaume Pailhès, Paul Pezetis, Jean Barthas et Baptiste Calcat, ménagers, du dit lieu, moyennant la rente de 96 muids de vin rouge. Il en est de même pour le grain, les olives etc …

Le village fut le théâtre de la guerre entre Roger, vicomte de Carcassonne, et Pierre Raynard de Béziers, qui le donna à sa fille, veuve de Pierre Armengard et épouse de Pierre de Minerve.
Fortifié dès le XIIème siècle, ses défenses consistaient dès le siècle suivant en deux châteaux, tous deux couverts par des remparts percés de trois portes, le portail d'amont, le portail d'aval et le portail salinier. Le château bas, ou vieux château, était situé près de l'étang. Le château haut, ou château fort, était situé sur la colline.
Ruinées en 1355 par le Prince noir, Édouard de Woodstock, ces fortifications furent relevées en 1365, réparées en 1565, 1571 et 1574. La muraille du fort fut refaite en 1627, les portes et les murs restaurés en 1628.

Le village d'Ouveillan, passage couvert.

Le village d'Ouveillan, trompe l'oeil.

Les seigneurs, surtout ceux dont les terres touchaient à la frontière, faisaient surveiller les routes et les passages pour empêcher l'exportation des laines. En 1294, suite à des plaintes de marchands de laine, on apprend qu'Étienne Auriol, juge de la terre d'Amauri de Pérignan dans le château d'Ouveillan, siégeant sur la place du château, procéda au jugement de contrebandiers.
Le 4 décembre 1294, à Ouveillan, sentence d'acquittement prononcée par Étienne Auriol, juge de la terre d'Amauri de Pérignan, au château d'Ouveillan, en faveur des gardes des laines de Fitou qui avaient tué un contrebandier, dans une rixe où le dit contrebandier et ses compagnons s'étaient défendus à main armée.

Amalric de Narbonne, seigneur de Talairan, second fils d'Aymery V vicomte de Narbonne, eut un différent avec Aymery vicomte de Narbonne son frère aîné, au sujet de son partage et ils s'en remirent à Guy de Lévis, seigneur de Mirepoix, lequel par sentence arbitrale donnée le 7 des calendes de septembre 1281, adjugea à Amalric pour sa part les châteaux, s'en suit une liste impressionnante de châteaux dont celui d'Oveilhan. Amalric mourut en 1311.

Le 9 octobre 1305, Amauri de Pérignan seigneur d'Ouveillan et de Pérignan, autorisa l'abbaye de Fontfroide à dessécher l'étang d'Ouveillan.
Amauri de Pérignan décédera entre mai 1309 et avril 1313. Il a comme héritier deux fils, Amauri et Aimeri. Son second fils Aimeri de Pérignan né en décembre 1295, porte le titre de seigneur d'Ouveillan et de Pérignan.
Le 7 avril 1322, Aimeri promet de vendre Ouveillan à l'archevêque, mais les consuls et la communauté d'Ouveillan obtiennent de se racheter du pouvoir d'Aimeri et de revenir sous la domination royale.
Constance de Lévis née vers1345 épousa le 17 juin  1371 Amalric IV de Narbonne né vers1335/45 + après 24/04/1381, baron de Talairan, seigneur de Pérignan, Malagas, Ouveillan et Cruzy, il est le fils d’Amalric de Narbonne, baron de Talairan, et de Sibylle d’Arpajon ; veuf de Jeanne de Boussa(r)gues, dame de Montbazens.


La seigneurie d'Ouveillan appartint d'abord au roi ; elle passa ensuite aux de Conti et à plusieurs autres engagistes, de Gléon, d'Olive, de Nigri. L'archevêque avait perdu sur l'église d'Ouveillan une pension annuelle de 18 setiers une quartière de blé, 28 setiers une quartière de froment et 28 sous d'argent. A Saint-Paul-de-Preissan (chapelle de la commanderie de Preisse), autrefois rectorie du taillable d'Ouveillan, l'archevêque percevait primitivement deux tiers de la dime, le commandeur prenant l'autre tiers. L'archevêque percevait seulement une pension annuelle de 14 setiers de blé et autant d'orge, mesure de Narbonne.

Aux archives de l'Aude j'ai glané des informations sur ces différents seigneurs qui se sont succédés au château d'Ouveillan.
En 1596, le village d'Ouveillan était géré par trente et un régents.
En 1723-1777, procuration de Louis-Antoine Nigri de La Redorte, seigneur d'Ouveillan, à Me Pierre Bétirac pour foi et hommage pour la seigneurie directe du lieu d'Ouveillan et un fief noble à Cuzac.
En 1760-1763, aliénation par le roi des domaines de Coursan, Cuxac et Ouveillan, échangés ensuite avec Louis-François, prince de Conti, contre ceux de Pézenas et Cessenon.
En 1760-1786, un procès intenté devant le Conseil du roi par la communauté de Coursan à l’encontre de Jean-Baptiste, marquis de Gléon, déclaré seigneur engagiste de Coursan, de Cuxac et d’Ouveillan par l’arrêt du Conseil du 17 avril 1760.

Le chevet roman de l'église Saint-Jean d'Ouveillan.

L'ÉGLISE SAINT-JEAN D'OUVEILLAN

Au IXème siècle, une modeste chapelle carolingienne se dresse sur le site de l'église actuelle, l'existence de cette chapelle située sous l'église actuelle est attestée par un document de 895 qui mentionne une donation "d'une pièce de vigne" faite à l'église d'Ouveillan.

En 1090, l'archevêque Dalmace rattache l'église et son patrimoine devenu important au Chapitre Saint-Just de Narbonne et y crée une communauté de chanoines.
Plus tard, le patrimoine de l'église ayant encore augmenté, on détruit l'ancien édifice carolingien au début du XIIème siècle pour le remplacer par une église de style roman plus majestueuse dont il subsiste principalement le chevet et la façade occidentale et son porche.

     

A gauche, le chevet roman de l'église Saint-Jean. En architecture religieuse, le chevet désigne généralement l'extrémité du chœur d'une église derrière le maître-autel et le sanctuaire de l'église, parce que, dans les édifices au plan en croix latine, le chevet correspond à la partie de la croix sur laquelle le Christ crucifié posa sa tête. A droite, l'entrée du sanctuaire avec en surplomb une croix pattée en basalte noir, inscrite dans un cercle. Elle signifie entre autre que vous êtes sur un site chrétien.

L'église romane d'Ouveillan subira ensuite de nombreuses modifications au cours des siècles.
Au XIVème siècle, construction d'une chapelle aujourd'hui disparue sur le flanc Sud, à hauteur de la travée de chœur. En 1368, fut le premier épisode de fortification de l'église, à l'époque des chevauchées du Prince Noir en Languedoc. En 1565 le clocher, endommagé par la foudre, est entièrement refait. En 1570, le deuxième épisode de fortification de l'église durant les guerres de religion fut entrepris, les murs des nefs latérales et du chœur sont rehaussés en forme de courtine, les toitures des collatéraux servants de chemin de ronde. En 1597, la paix revenue, destruction des fortifications construites sur le toit des collatéraux.
En 1676, le percement de fenêtres ovales dans la partie haute des murs de la nef centrale provoque l'effondrement des toitures et de quatre des six piliers.
Fin XVIIème siècle, reconstruction de l'intérieur de l'église, les toitures de la nef centrale et des nefs latérales ne sont pas reconstruites et sont remplacées par une toiture unique.
En 1981, suppression des bâtiments qui s'étaient accumulés au cours des siècles le long du mur Sud et destruction, à l'intérieur, d'une tribune disgracieuse qui cachait une niche datant probablement de la première église.

Le décor voûté d'une des chapelles latérales de l'église Saint-Jean d'Ouveillan.

Ouveillan, le côté Nord de l'abside de l'église Saint-Jean.

Différentes chapelles latérales de l'église Saint-Jean.

Le 24 novembre 1613 M. Raphanel, chanoine et syndic de Saint-Just, répondant à M. Guillaume Fabre, second consul d'Ouveillan, lui indique, à propos d'une réparation à faire à l'église de cette paroisse, de prendre le bois à Sallèles, et les briques à Truillas.

Facture datant du 22 janvier 1619 pour la réalisation de la peinture sur le retable de l'église d'Ouveillan par Antoine Rodière. Ce retable fut doré seulement en octobre 1638 par le même artiste. Les prix payés pour ces travaux indiquent bien que le prix de l'or y entrait pour une part considérable. Tandis qu'Antoine recevait seulement 90 livres pour les peintures, il recevait 500 livres pour la dorure.
Le 4 février 1619 Barthélémy de Raynoard, aussi chanoine et vicaire perpétuel d'Ouveillan, baillent à prix conclu à Jean Solignac, maître-menuisier, de Béziers, pour la réalisation d'un retable avec deux colonnes sur le devant, et ses pilastres par derrière, et suivant l'ordre Corinthe, avec son fronton dessus et même ordre, avec son piédestal par le bas, jusques à terre, avec ses socles, ses molures et ses pilastres cannelés, de même que les colonnes  avec son chapiteau et sa base ; et au milieu un tabernacle en dehors avec deux colonnes sur le devant, ses chapiteaux et sa base ionique ; le tout décemment et à proportion du cadre, qui sera de douze pans d'hauteur et de huit de largeur, de bon bois de chêne, bien façonné et recevable, suivant le dessin signé "desd. sieurs et dud. Solignac, demeuré au pouvoir dud. Solignac".
Ce retable devait lui être payé 150 livres. La livraison fut effectuée le 20 juin 1619.
François Laucel, sculpteur et architecte de Narbonne, est cité comme ayant restauré, en 1688, le retable d'Ouveillan moyennant 550 livres.

Le 3 novembre 1662, au sujet d'une réparation à faire par le chapitre Saint-Just à l'église d'Ouveillan, Jean Gabriel Malbert, consul et député d'OuveilIan, déclare au chapitre que la communauté est prête à faire le charroi des matériaux pour la réparation de l'église de la paroisse, à la condition qu'ils seront sur le territoire de la communauté, qui n'est pas obligée d'aller les chercher plus loin.
Le 10 septembre 1662, Pierre Casalbou sculpteur de Narbonne réalise une chaire à prêcher dans l'église.

Le choeur de l'église Saint-Jean.

Le choeur et la nef de l'église Saint-Jean.

Décor des voûtes de différentes chapelles latérales de l'église Saint-Jean.

Une des chapelles latérales de l'église Saint-Jean.

Le choeur et la nef de l'église Saint-Jean.


Comme il a été dit plus haut, l'église d'Ouveillan est du plus ancien patrimoine de Saint-Just aussi fut-elle donnée par un grand archevêque au Chapitre qui, dans le XIème siècle, avait besoin d'un tel secours pour la subsistance des ministres de Saint-Just, puisqu'on voit clairement par les actes que cette même église d'Ouveillan avait des biens considérable pour l'entretien des clercs ou chanoines qui desservaient cette église, laquelle, malgré tous ces biens, était réduite dans une misérable captivité ; ce qui obligea Arnaud, archevêque de Narbonne, d'unir cette église à la mense de son Chapitre, autant pour la restauration d'icelle que pour augmenter les rentes de Saint-Just.

LE CHEVET ROMAN
L'église possède un impressionnant chevet roman à triple abside orné d'une très belle polychromie. Le chevet, édifié en pierre de taille, a été surélevé en moellon lors de la fortification de l'église. Le soubassement d'origine de l'abside et de ses absidioles est maintenant caché par un empâtement de maçonnerie à l'esthétique très discutable rendu nécessaire par l'abaissement du sol de la rue. Ce chevet est de style roman lombard, l'abside et les absidioles sont rythmées de pilastres au relief marqué supportant des arcades au nombre de quatre pour l'abside centrale et de trois pour chacune des absidioles.
L'abside est percée de deux fenêtres à double ébrasement tandis que chacune des absidioles est percée d'une fenêtre à simple ébrasement. Les arcs des fenêtres et les arcades du chevet sont mis en valeur par un cordon de lave noire qui en borde l'extrados.
L'encadrement de la fenêtre de l'absidiole gauche présente encore les traces d'une décoration en forme de frise d'oves.
LA FAÇADE OUEST
La façade ouest est percée d'un beau portail s'articulant sur une simple porte de bois surmontée d'un linteau monolithe, d'un tympan non décoré, et d'un arc en plein cintre à l'intrados partiellement souligné de basalte noir. Cette porte est protégée par un massif saillant porté par deux hauts pilastres aux impostes sculptées. Le portail présente une remarquable composition ornementale constituée de plusieurs éléments ; une croix pattée en basalte noir, inscrite dans un cercle ; une corniche moulurée ; deux baies aveugles géminées surmontées par un cordon de basalte et séparées par une colonne de marbre blanc au chapiteau orné de feuilles d'acanthe et d'entrelacs ; un grand arc de décharge mis en valeur par un cordon de basalte.

Le clocher de l'église Saint-Jean d'Ouveillan.


LE CLOCHER
Au sud, dominant la rue du Capitoul et l'impasse du Calvaire, l'église présente un beau clocher. Ce clocher compte trois niveaux, séparés l'un de l'autre par un cordon de pierre. Le premier niveau est aveugle tandis que le deuxième niveau, percé d'une minuscule baie sur sa face orientale, porte les horloges sur les autres faces. Le dernier niveau, percé sur chaque face d'une baie campanaire à abat-sons, est orné à chaque angle d'une gargouille en forme d'animal et surmonté d'une flèche octogonale en pierre.

L'église Saint-Jean l'évangéliste d'Ouveillan. Surplombant l'entrée du sanctuaire une croix pattée en basalte noir, inscrite dans un cercle.

             

Ouveillan, clocher de l'église Saint-Jean.

Le 2 mai 1562, Bertrand Barral ou Barrau maçon de Narbonne, remporta le marché pour réparer le clocher.
Le 19 mai 1582, André Solier maçon de Narbonne fit des travaux de réparation de l'église et des greniers de la maison presbytérale.
Le 5 mai 1597, François Solier charpentier de Peyriac intervient sur la charpente de l'église.
Le 11 août 1638, réparation du clocher.

 

LES CHÂTEAUX D'OUVEILLAN

Les deux châteaux médiévaux d'Ouveillan : le château bas, ou château vieux d'Ouveillan, placé au bord de l'étang et le château haut, ou "le fort", placé sur la colline.
Tous deux étaient couverts par des remparts percés de trois portes, dites le Portail d'Amont, le Portail d'Aval et le portail-Salinier ou Portail-Salé. Des fossés communaux en défendaient les approches.

Reconstitution de ce qu'était le castrum d'Ouveillan en 1498.

Extrait de carte IGN vous situant les châteaux privés de Preissan et du Terral par rapport au village d'Ouveillan.

LE CHÂTEAU DE PREISSAN

Les Frégoze, illustre famille génoise inféodée à Ouveillan en 1594 par un parent alors abbé commendataire de l'Abbaye de Fontfroide.
Le territoire de Preissan, dont l’histoire se perd dans la nuit des temps, devient un bien Hospitalier (une commanderie) en 1193. Mais bien avant, les romains s’y installèrent (Prexanus), puis les wisigoths (présence encore aujourd’hui de tombes trapézoïdales).

Une vue aérienne du château de Preissan.

Le château de Preissan en 1905.

L'intérieur du château de Preissan en 1935.

Son histoire prend un tournant lorsqu'au XIIème siècle, sous la pression de l’archevêque de Narbonne, Adémar de Murviel, sympathisant des cathares, cède ses droits sur les terres de Preissan au profit des Hospitaliers, qui donneront plus tard l’ordre de Malte, créant une commanderie stratégique par son emplacement sur la minervoise, route reliant Carcassonne à Béziers, deux fiefs cathares, quelques années seulement avant la croisade des albigeois en 1209. Passé sous le giron de l’abbaye de Fontfroide, au XVIème siècle, l’abbé commendataire de Frégose, issu d’une illustre famille génoise, donna ce domaine à son neveu (ou fils ?) Alexandre, natif de Padouen, qui le transmis en sa descendance, jusqu’au comte de Frégose, qui épousa en 1774 la nièce de Mgr de Bausset, évêque de Béziers, provençal aimé.
Débuta alors une dévolution largement féminine avec leur fille et héritière mariée en pleine révolution à Pascal Dubreuil, né à Montauban en 1765 devenu général et titré en 1810 baron de Frégose, avec majorat. Il décéda à Béziers en 1844, laissant ce vaste ensemble à leur fille, qui épousa en Provence en 1815, J.P.A., vicomte de Villeneuve-Bargemont, leur postérité s’étant alliée en 1837 avec la famille du fameux Bailli de Suffren de Saint Tropez, et avec la famille de Boigne qui ajoutèrent à l’histoire de Preissan.

Le château de Preissan en 1905.

L'intérieur du château de Preissan en 1935.

Aujourd’hui s’est ajouté le domaine voisin du Bousquet, et s’y poursuit une activité viticole à l’ombre de ce château de briques et de pierre, l’un des fleurons de ce qui fut l’eldorado viticole, agrémenté d’un lac qu’alimente l’eau du proche canal du midi.

L'état actuel du château néo-Louis XIII date de 1860, bâti, rénové par l'un des derniers descendants du Bailli de Suffren faisait parti de l'Ordre de Malte, dont il devint commandeur et bailli. 
 

LE CHÂTEAU DU TERRAL  

La métairie du Terral, située dans la commune d'Ouveillan, appartenait à l'abbaye de Fontfroide depuis l'année 1188, classé aux monuments historiques en 2005.
Le château du Terral est un château situé sur le territoire de la commune d'Ouveillan dans le département de l'Aude, à environ 2 km au nord-est du chef-lieu. Il a été édifié entre 1889 et 1909, suivant les plans des architectes Louis Garros et son fils Alexandre. L'architecture s'inspire du XVIIème siècle pour les extérieurs, et du XVIIIème siècle en ce qui concerne les intérieurs.

Une vue aérienne du château du Terral.

Le château du Terral dans les années 1950.

L'intérieur du château du Terral en 1905.

L'intérieur du château du Terral en 1905.

L'ensemble se compose d'un corps central jouxté de deux pavillons. Sur les façades se trouvent des chaînages à refends, de larmiers sur consoles, ainsi que des balcons à balustres de pierre.
À l'intérieur, l'agencement d'origine a été maintenu. Au sud, donnant sur la route de Capestang, se trouvent une terrasse et des escaliers qui descendent vers un plan d'eau par devant le château.
Achevée en 1909, la chapelle possède un plan rectangulaire dont la nef est couverte par une coupole ajourée. Pour compléter l'ensemble figurent les anciennes écuries, le pavillon de la conciergerie, la clôture et la grille d'entrée.
Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 29 mars 2005. Cela concerne les façades et toitures du château, de la chapelle, de la loge du gardien et des anciennes écuries, ainsi que, à l'intérieur, les trois salons, la salle à manger, la galerie du rez-de-chaussée et le hall avec la cage d'escalier. À l'extérieur, le parc est concerné à l'exception des parties dites de la métairie et du vieux parc.

Le château du Terral en 1905.

Georges Le Breton, né le 10 août 1862 à Orléans et mort le 28 juin 1913 à Orléans, est un architecte-paysagiste du XIXème siècle. L'une de ses principales réalisations est le parc du Château du Terral à Ouveillan dans l'Aude chez Monsieur le comte d'Andoque.


Le château du Terral appartenait au Comte André d'Andoque.
Le comte André d'ANDOQUE de SÉRIÈGE né le 22 août 1870 à Béziers (34) Décédé le 15 octobre 1954, à l’âge de 84 ans. Fils d'Alban d'ANDOQUE de SÉRIÈGE 1842-1875 et de Marie-Isaure de CASSAGNE 1844-1906.
Il obtient du Tribunal civil de Béziers en 1896 de s'appeler d'Andoque de Sériège et rachète le domaine de Sériège en 1910, son cousin Alexandre d'Andoque de Sériège, chef de la branche aînée de Sériège l'ayant vendu et n'ayant pas de postérité mâle.
Acheva la construction de l'imposant château au Terral à Ouveillan, légué par la suite à son fils cadet Pierre.
André d'ANDOQUE de SÉRIÈGE se maria le 10 juin 1896 avec Germaine de LAMBERT des GRANGES, née le 3 août 1877 - Béziers (34), décédée le 27 avril 1915 - Montpellier (34) à l’âge de 37 ans dont il eut :
- Alban d'ANDOQUE de SÉRIÈGE 1898-1980  marié avec Yseult FAYET 1895-1972 
- Pierre d'ANDOQUE de SÉRIÈGE 1907-1980  marié le 3 janvier 1931, Béziers (34), avec Charlotte VIENNET 1909-1996
- Françoise d'ANDOQUE de SÉRIÈGE 1911-2000  mariée en 1933 avec Pierre-Marie de THÉLIN 1896-1957 

André d'ANDOQUE de SÉRIÈGE épousa en secondes noces : Edith NIXON

 

Extrait de carte IGN vous situant la grange cistercienne Foncalvy au Sud-Est d'Ouveillan.

 

LA GRANGE CISTERCIENNE DE FONCALVY - OUVEILLAN

 

Fontcalvy est la mieux conservée des 24 granges cisterciennes rattachées à l'abbaye de Fontfroide au XIIIème siècle. Elle est située sur la commune d'Ouveillan, sur la départementale D13.
En 1097, Guillaume Pierre de Comson, seigneur d'Ouveillan, s'apprête à partir en croisade en terre Sainte. Il fait don des terres d'Ouveillan à l'abbaye Bénédictine de Sainte Marie de Fontfroide.

 Une vue aérienne des ruines de la grange cistercienne de Foncalvy.

La grange cistercienne de Foncalvy parmi les vignes.


En 1146, l'abbaye de Fondfroide est rattachée aux Cisterciens de Clervaux.
En 1203, la partie Sud de l'immense plaine est acheté par les Cisterciens aux Hospitalers.
En 1287, la petite grange d'origine ne suffit plus. Fondfroide fait construire à Fontcalvy une grange fortifiée. En 1315, la grange est terminée.

Ouveillan, ruines de la grange Foncalvy en 1905.

Ouveillan, ruines de la grange Foncalvy en 1980.

Ouveillan, ruines de la grange Foncalvy en 1910.

La construction se fit entre 1297 et 1320 par des frères convers, la grange servait de bergerie au rez-de-chaussée, et de lieu de stockage des denrées sensibles à l'humidité dans sa partie haute. Fontcalvy est une grange forteresse de 20 sur 70 mètres. Sa cour est entourée de murs percés de meurtrières. Les frères convers parcouraient tous les dimanches les 20 km qui les séparent de l'abbaye de Fontfroide pour assister à la messe.
Durant le XIVème et XVème siècle, Foncalvy prospère malgré les attaques des troupes de l'Archevêque et des Vicomtes de Narbonne.
En 1595, Fonfroide inféode Fontcalvy à Alexandre de Frégoze.
Vers 1792, la grange est réquisitionnée comme bien national par les révolutionnaires. Elle est vendue à plusieurs familles.
Au XIXème siècle, la grange tombe et ruine et sert de carrière de pierres.
En 1943, la grange a échappé à la destruction au cours de la Seconde Guerre mondiale, grâce à l'abbé Sigal et l'architecte Nodet. La zone libre était occupée et les troupes allemandes chargées de mettre en défense le littoral audois contre un éventuel débarquement des Alliés en Méditerranée, avaient décidé de récupérer les pierres de la grange pour construire leurs défenses avec des blockhaus.
 En 1977, la commune décide de sauver la ruine. Elle récupère les parts des héritiers et commence une campagne de consolidation. En 1983, la grange est inscrite aux Monuments Historiques. A la fin du XXème siècle, en été, le festival de Fontcalvy redonne vie à ces vieilles pierres. Au début du XXIème siècle, la découverte de l'extérieur de la grange est libre et gratuite. 

Ouveillan, la grange cistercienne de Foncalvy, la façade Est.

Ouveillan, la grange cistercienne de Foncalvy, la façade Sud.

Ouveillan, la grange cistercienne de Foncalvy, la façade Est.

Ouveillan, la grange cistercienne de Foncalvy, la façade Est.


ARCHITECTURE :
L'édifice est de plan carré, à un étage sur rez-de-chaussée. Ce dernier était constitué, à l'origine, d'une seule et vaste salle, divisée plus tard en salles plus petites par des murs séparatifs dont l'un d'eux subsiste encore. Cette salle est couverte de quatre voûtes sur croisées d'ogives séparées entre elles par des arcs doubleaux. Arcs doubleaux et diagonaux prennent appui au centre sur un imposant pilier fasciculé dont le profil est engendré par la rencontre des différents arcs. L'entrée est placée à l'est, à la base d'une tour de section carrée, volontairement désaxée par rapport à la façade en raison de la retombée d'un arc doubleau et de deux arcs diagonaux dans l'axe médian. L'entrée constitue une sorte de sas entre deux portes en plein cintre, au-dessus duquel un plancher ajouré pouvait faire office d'assommoir. Un plancher divisait, dès l'origine, la vaste salle du rez-de-chaussée en deux niveaux. L'accès à l'étage est assuré par une rampe extérieure adossée à la façade est. Cette disposition, qui ne tient pas compte du système défensif, n'est pas d'origine. Une trappe munie de marches et ménagée dans la voûte au revers de la façade est, semble avoir été l'accès primitif, probablement assuré par une échelle légère. Il y a tout lieu de penser qu'un second système à échelles mobiles devait exister dans la tour est. L'édifice était couvert d'un toit à deux versants dont l'arête supérieure était portée par deux arcs diaphragmes brisés. A l'extérieur, le contrefort médian de la façade sud est évidé à partir d'une certaine hauteur jusqu'à l'étage supérieur, formant ainsi une sorte de gaine dont l'usage est encore mal défini. Au devant de la façade est et dans sa partie supérieure, deux arcs appareillés prennent appui sur les contreforts d'angles et sur la tour centrale. Il est probable que ces arcs supportaient à l'origine une courtine qui ceinturait l'édifice comme paraissent l'indiquer les corbeaux en saillie. Faisant partie du système défensif, les quatre contreforts d'angle étaient aménagés en guettes. Leur partie supérieure correspond à une logette, protégés par un garde-fou, et à laquelle on accède depuis l'étage par un étroit passage.

 

La grange de Foncalvy organisation de dîner spectacle en été.

La grange de Foncalvy organisation de dîner spectacle en été.

A découvrir, tous les ans, pendant la période estivale, un festival pluridisciplinaire ce déroule sur le site de la grange cistercienne de Foncalvy au milieu des vignobles. Festival proposant des repas conviviaux de spécialités régionales et médiévales suivis de spectacles et concerts.

La ferme de Bonne Terre, magnifique bâtiment du début du XIX ème siècle, située au Nord-Ouest du village, sur la route D13 à mi distance entre Ouveillan "La Croisade" sur le canal du Midi .

La ferme de Bonne Terre, façade Sud-Est.

La ferme de Bonne Terre, façade Nord-Ouest.

AU FIL DES SIÈCLES


- La création du canal du Midi fut certainement l'un des plus importants travaux, sinon le plus important de la fin du XVIIème siècle, tous les habitants proches du canal sont impliqués dans la réalisation de ce projet comme on peut le lire ici "Le 28 du mois de mars 1688, Jean Matton architecte de Lyon traite avec les frères Coste d'Ouveillan pour faire tout l'ouvrage qui conviendra pour l'approfondissement et élargissement de la Robine depuis Narbonne jusqu'à la rivière d'Aude, et les fondements de trois écluses, à raison de 19 sols la toise cube". Voir mes 4 reportages sur l'histoire du canal du Midi avec de très nombreuses photos ICI.

- Révolte des vignerons du Languedoc en 1907 voir reportage ICI.


ARCHÉOLOGIE


Lors de mes recherches j'ai trouvé parmi une liste de dons pour le musée de Narbonne que deux fragments de poterie de Milhau dont un orné et l'autre portant une marque de potier, OF-RVTHEN. Trouvés à Ouveillan.

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécieront :

Ouveillan en 1950.

La cave coopérative d'Ouveillan en 1970.

 

Monument aux morts de 1914-1918 réalisé par le sculpteur René Iché (1897-1954) en 1927. Inauguré le 11 novembre de la même année, en présence de Léon Blum, futur député de l'Aude et d'Albert Sarraut, ami de son père.

Ouveillan, les écoles en 1910.

Ouveillan, l'intérieur de l'église en 1905.

Ouveillan, avenue de la gare en 1905.

Ouveillan, une vue générale au Nord en 1955.

Ouveillan, boulevard Jean Jaurès et l'hôtel restaurant Jalabert en 1955.

Ouveillan, la place Carnot et le marché couvert en 1905.

Ouveillan, l'église Saint Jean du XIIème siècle en 1980.

Ouveillan, parc et château d'Andoque appartenant au comte d'Andoque en 1950 (château du Terral).

Ouveillan, parc et château d'Andoque appartenant au comte d'Andoque en 1955 (château du Terral).

Ouveillan, la place Carnot et le marché couvert en 1905.

Ouveillan, l'intérieur de l'église en 1905.

    

Ouveillan, à gauche, le clocher et la croix. A droite, place de la Lauze. Deux photos prises le 19 décembre 1920 où l'hiver fut très rigoureux moins 13°. un cyclone de verglas c'est abattu sur la région, Narbonne fut paralysée.

Ouveillan, l'école maternelle en 1905.

Ouveillan, l'église, croix du calvaire et la pharmacie Cabanes en 1930.

Ouveillan, groupe scolaire en1905.

Ouveillan, une vue générale en 1905.

Ouveillan, avenue Saint-Chinian en 1905.

Ouveillan, place de la Lauze avec le coiffeur "salon Louis XV" en 1905.

Ouveillan, boulevard Gambetta.

Ouveillan, avenue de la Poste en 1905. 

Ouveillan, avenue de Saint-Chinian en 1945. 

Ouveillan, place de la Lauze et les cafés, en 1905.

Ouveillan, place de la Lauze et Fontaine, en 1905.

Ouveillan, boulevard Carnot, en 1905.

Ouveillan, la place Carnot et la halle, en 1905.

Ouveillan, place de la Lauze et Fontaine, en 1905.

Ouveillan, ancienne chapelle des Pénitents, en 1905.

Ouveillan, l'intérieur de l'église Saint-Jean, en 1965.

Ouveillan, l'église Saint-Jean, en 1980.

Ouveillan, avenue de la gare, télégraphe et téléphone à gauche, en 1905.

Ouveillan, avenue de la gare, en 1905.

Ouveillan, place de la Lauze et Fontaine, en 1905.

Ouveillan, rue Victor Hugo et rue Danton en 1955.

Ouveillan, une vue générale en 1905. 

Ouveillan, boulevard Jean Jaurès en 1955. On aperçoit le maréchal Ferrant au fond à droite.

Ouveillan, boulevard Jean Jaurès et l'hôtel restaurant Jalabert en 1955.

Ouveillan, le calvaire oratoire en 1980.

Ouveillan, la place de la Lauze avec sa fontaine en 1950.


Bibliographie,  je citerai simplement les documents les plus pertinents :
 

- Notice no PA00102844, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- Dictionnaire topographique du département de l'Aude, rédigé en 1912 par l'abbé Sabarthès.
- Le dernier Livre vert de l'archevêque de Narbonne  par l'abbé Sabarthès.

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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5 janvier 2017

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Ce château de Serres au Pays de Couiza ressemble étrangement à celui d'Arques tout proche, il est situé dans décor végétal et de moyenne montagne superbe. Malgré le fait, que je possède très peu d'information historique ou architectural sur ce château, j'ai quand même décidé de monter ce reportage afin de vous faire découvrir cette belle forteresse et profiter des belles photos de Franc Bardou que je salue.

Je précise que ce château ne se visite pas, mais le cadre à lui seul vaut le déplacement. Et le château d'Arques et Rennes-le-Château ne sont pas très éloignés de là.

Je constate que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture  ... 

 

Le village de Serres se situe sur la D613, à 7 km de Couiza, 20 km de Limoux, 45 km de Carcassonne, 80 km de Narbonne et 116 km de Toulouse.

Au Pays de Couiza, vous avez de nombreux lieux à visiter, consultez les 3 sommaires de mon site pour découvrir mes reportages sur les villages de ce secteur, comme Couiza, Rennes-le-Château, Arques, Rennes-les-bains.

Aux alentours, des sites à visiter comme Rennes-le-Château, Rennes-les-Bains, Arques (ce château se visite), Couiza et Coustaussa et d'autres encore...

Une vue aérienne du village de Serres.

Blason du village de Serres.

Blason du village de Serres tel qu'il figure dans l'Armorial général de France par Charles d'Hozier 1696.

Petit village situé en bordure de la route départementale D613 à 5 km de Couiza et traversé par le méridien de Paris et de la méridienne verte.

Sous Louis XIII le méridien d'origine fut déplacé le 21 juin 1667, des îles de Fer aux Açores pour devenir le "Méridien de Paris", situé précisément à 2°20'14.025" à l'est de celui de Greenwich et passant par le centre de l'Observatoire de Paris. Puis il fut abandonné en 1911 au profit du méridien de Greenwich. En l'an 2000 la "Méridienne Verte" matérialise l'ancien tracé du Méridien de Paris par des bornes de Dunkerque à Barcelone. Dans l'Aude, les bornes sont implantées à Peyrolles - Serres - Rennes-les-Bains - Sougraigne - Bugarach. 

Serres : de l'occitan serre "mamelon peu élevé, croupe de collines, colline souvent de forme allongée". Provenant d'un terme pré-indo-européen ou au moins prélatin serre/serra "montagne allongée, crête en dos d'âne". Autre définition qui recoupe ce qui est dit précédemment, Serre est un toponyme celtique issu du pré-latin serra désignant une hauteur et, plus particulièrement, un sommet de forme allongée. Dans les Pyrénées, une serre est une crête formant contrefort d'une montagne, une colline élevée.

Le château de Serres dans son écrin de verdure et de calme. Le sommet culminant derrière est le Pech Cardou altitude 795 m.

Zoom sur la photo ci-dessus.

Le château de Serres façade Nord, avec le Pech Cardou (795m) derrière lui.

En 2013, la commune comptait 55 habitants. Alors qu'on en dénombrait en 1836 avec 196 habitants, date à laquelle le village était le plus peuplé. Les habitants de Serres se nomment les Serrains et les Serraines.

Ce village se caractérise par la diversité du paysage. En effet, l’association de la vigne dominante, située en zone d’appellation blanquette, et qui produit un excellent chardonay, et de la forêt du Rialsesse dominée par le Cardou à 795 mètre d’altitude autour duquel a été tracé un magnifique sentier de randonnée. En automne, cette association donne un paysage coloré et somptueux.

Une rue du village de Serres au petit matin.

Serres est un petit village au carrefour de plusieurs voies importantes de l'antiquité, jusqu'au moyen-âge. C'est un lieu extrêmement charmant, où la mémoire du passé est présente un peu partout. La petite rivière, le Rialsesse y charrie un sable très particulier, aux pigments de rouille donnant aux constructions des couleurs d'une beauté rehaussée encore le soir venu au soleil couchant. Un pont médiéval du XVIIème siècle en dos d'âne l'enjambe, et sert parfois de décor pour des fresques historiques. Il a été entièrement restauré, il constitue, également, un atout pour le village.

Le château de Serres vu de la D613, façade Est.

Le château de Serres vu de la D613, façade Est.

La rivière Rialsesse et le pont médiéval du XVIIème siècle en dos d'âne.

Le village de serres, le pont médiéval du XVIIème siècle en dos d'âne.

Serres est situé dans une région des Hautes Corbières, plutôt célèbre par la proximité de Rennes-le-Château.

Église du XVIème siècle dédiée à Saint Pierre, est un sanctuaire d'origine romane et dotée de peintures du XIIIème siècle. L’abbé Sabarthès (Dictionnaire Topographique du Département de l’Aude datant de 1912) fait mention d’un document de 1283 à propos de cette construction (Praepositus de Serris)… L'église présente une belle abside semi-circulaire en cul-de-four, ainsi qu’une travée de chœur en berceau de l’époque romane. Les services des Monuments de France, en enlevant minutieusement les derniers enduits, mirent à jour une série de peintures, sur les côtés et au sommet de la voûte.

Une double croix de couleur ocre est peinte au sommet de l’arche dans le chœur de l’église. Les deux croix sont unies par leurs branches horizontales. Une des croix est surmontée d’un petit phylactère comportant le "INRI" habituel. L’autre porte le même support … mais vide ! De plus cette croix se trouve devant la précédente et plus grande. Que semble vouloir indiquer la double croix de l'église de Serres, l'une avec INRI et l'autre sans ?

Croix pattée munie d’un manche de préhension gravée sur une des façades de l'église de Serres.

Le château de Serres sa façade Nord.

Le château de Serres sa façade Sud.

Le château de Serres sa façade Nord.

Le château de Serres sa façade Sud.

Le château de Serres des XVème – XVIIème siècles, manoir seigneurial perché sur une petite colline veille sur le village. C'est une ancienne maison forte qui fut construite par un bourgeois anobli à qui l'évêque d'Alet avait cédé ce village moyennant le paiement de la mense. Donc le château fut pendant un certain temps une ancienne dépendance de la mense capitulaire de la cathédrale d'Alet. D'après un acte qui fait partie du cartulaire de Serres, ce manoir fut édifié sur les ruines d’un château fort remontant à une haute antiquité, il fut la forteresse wisigothe de Serrae. Ce château primitif gardait le défilé qui était le point de jonction des vallées de la Sals et du Rialsesse, et qui comme l'ancienne forteresse d'Arques fut détruit par les Sarrasins. Après sa reconstruction, dans ce château résidèrent les seigneurs des environs et notamment les évêques d’Alet. C'est une belle propriété privée habitée qui ne se visite pas.

Le château de Serres ses façades Nord et Ouest.

Le château de Serres sa façade Nord.

Le château de Serres. 

Aujourd'hui, le château est la propriété de la famille Deschamps. Jean Deschamps  acteur et metteur en scène français né le 20 juin 1920 à Strenquels et mort le 17 septembre 2007 à Toulouse, amoureux de la région avait acheté le château pour le rénover.

Si vous avez des infos historiques, architecturales ou photos de l'intérieur du château, du village et de l'église, pour compléter ce reportage, contactez-moi.

Paysage vu du village de Serres. 

Le château de Serres vu de la D613, façade Sud.

Paysage vu du village de Serres. 

Le château de Serres, rivière Rialsesse et le rocher de Blanchefort au loin.

Extrait de carte IGN, les chemins de randonnées ont leur départ au pont médiéval.

Au départ de Serres, vous avez deux circuits de randonnée :

•  les Terres Rouges : parcours de 5h, magnifique sentier avec des paysages très variés, assez facile.

•  le sentier de la Méridienne et du Cardou (795 m) : ascension, dénivelé 530 m pour marcheurs confirmés, aller retour 2h, le tour du Cardou, durée : 3h30.

 

Pour les amateurs de vieilles photos, malheureusement je n'ai pas de photos du village de Serres, en voici quelques unes des environs :

La vallée de la Sals, route de Rennes-les-Bains avec en haut les ruines du château de Coustaussa en 1905.

Couiza, route de Rennes-les-Bains avec au fond les ruines du château de Coustaussa en 1905.

La vallée de la Sals, route de Rennes-les-Bains avec en haut les ruines du château de Coustaussa en 1905.

Bibliographie :

Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne par Mahul, 1857.

- Dictionnaire Topographique du Département de l’Aude, L’abbé Sabarthès.

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 décembre 2016

Marie-Hélène PUGENS-BONNERY a réalisé une étude concernant trois lignées de la famille de Lévis. Les Lévis de Mirepoix, les Lévis- Léran et les Lévis-Ventaillole. Je la remercie d'avoir partagé ses réflexions que je vous livre ci-dessous. Je vous souhaite une bonne lecture et vous remercie pour votre fidélité.

 

LES DE LÉVIS DE BELCAIRE
Une ascendance largement partagée

 

Jean-Pierre, il y a longtemps que je voulais vous dire bravo et merci pour votre site : ce village que nous aimons et que nous croyons connaître, vous nous en rappelez, parfois même nous en révélez les beautés , vous le faites vivre et revivre , réveillant nos souvenirs, et nous donnant le plaisir de découvrir de surprenants itinéraires (celui de Simon Toustou, par exemple) ou de remarquables témoignages du passé comme les photographies d'Eugène Lacroix. Généreusement portées à notre connaissance par Francine Modol, que je voudrais également remercier en apportant à sa communication une petite contribution.

LA  DESCENDANCE DE FRANÇOIS DE LÉVIS

La famille de Francine, en effet, est plus étendue qu'elle ne le pense :

Contrairement à ce que pourraient laisser penser commentaires, arbre généalogique et légendes, son arrière grand-père, François Delévis, n'eut pas, pour assurer sa descendance, une fille mais deux. En effet, il épousa Hélène Maugard, le 15 juillet 1849, à Bélesta. Elle lui donna une fille, Marie Delévis le 21 juillet 1850 et un fils Pierre-Philippe le 13 mai 1852. Hélène mourut le 15 décembre 1870, Pierre-Philippe décéda en 1874. Devenu veuf à quarante cinq ans, François Delévis épousa en secondes noces, en octobre 1872, Anna Lans, de Caussou, elle-même veuve de Jean-Pierre Bénet. En 1876, ayant perdu deux enfants en bas âge, ils eurent une fille, Justine, dite Olivia, mère de Louise Lacroix, grand-mère de Francine, Julienne et Jean-Baptiste Sarda.

Quant à La fille aînée de François Delévis, Marie, elle épousa Jean-François Pugens le 9 novembre 1873. Elle est la mère, entre autres, de Jean-Philippe (dit Alfred) et de Jeanne Pugens, par conséquent petits-enfants de François Delévis, cousins germains de Louise Lacroix, fille d'Olivia.

Alfred Pugens est le père d'Henriette et de Pierre Pugens. Jeanne Pugens est la mère  de Paulette Rougé, de Paul (Popo), de Louis (Lili) et d'Henri Pélofy, tous cousins de Francine Sarda au second degré, et comme elle, arrière petits-enfants de François Delévis.

 Si l'on ajoute à cela la génération suivante : Sylviane, Florence, Marie-Hélène Pugens, Jean- Pierre, Yolande, Aline, Danièle, Didier, Jean-Paul, et Eric Pelofy,  les enfants de Francine, de Julienne, et de Jean-Baptiste Sarda, sans compter maintenant leurs petits enfants, la descendance de François Delévis atteint des proportions qui rendent la photo de famille impossible !

UN HÉRITAGE SI LARGEMENT PARTAGÉ

Comme le serait bien plus encore, celle des descendants des Lévis : Déjà, à la deuxième génération, on compte sept enfants. Les filles  épousèrent  des Belcairois dont les noms nous sont familiers, comme Medus, Maury, Toustou, Martre, Montagne, Mateille, Ferrié, Maugard,

Sadourny, et les petites-filles se marièrent à leur tour pour prendre d'autres noms.  Ainsi aujourd'hui, par exemple, à La Coume,  à ne considérer que  les  descendants  de Marie  de  Lévis,  l'on peut citer Catherine, Nathalie et Patrick Queffelec.

Si bien qu'à Belcaire, l'ascendance royale que Francine Modol  établit dans son arbre généalogique est  un héritage très largement partagé, à l'insu le plus souvent de ses détenteurs.

Alors, si passant par l'Oum, le Soulas, Ferrière ou La Coume, un visage vous rappelle la lippe de Charles VII, le nez de Louis XI, la gravité de Saint Louis, voire, la délicatesse exquise de la Dame de Beauté,  n'en doutez pas ; vous venez de croiser un authentique descendant des Lévis !

LA LIGNEE DES LEVIS-VENTAILLOLE

On peut en plaisanter et en même temps trouver touchante  et poétique, cette inscription de l'Histoire dans  ces  vies  car en elles se mêle le sang de ceux qui se livrèrent des  guerres effroyables : celui des envahisseurs du Nord et des Occitans,  des cathares et des catholiques, des catholiques et des protestants ; mais aussi le sang  des grands seigneurs et des paysans, des paysans surtout, infiniment plus nombreux ; poétique car elle fait briller, sur le chemin de notre passé, de  scintillantes étoiles : Agnès Sorel... , Anne de Kiev...... Et l'on a bien le droit de succomber à leur charme et de rêver un peu.

Et c'est là le mérite de l'arbre généalogique de Francine : justifiant cette  royale ascendance, il autorise le rêve.

Mais du même coup, élaboré dans l'intention d'établir le plus clairement et rapidement possible cette filiation, que je ne mets aucunement en doute, il a l'inconvénient d'instaurer une sorte d'équivalence entre des lignées matériellement, socialement et politiquement très inégales. Lignée des Lévis-Léran, des Lévis-Mirepoix, des Lévis-Ventaillole.

Et puisque tant de Belcairois  descendent des Lévis-Ventaillole, peut-être aimeraient-ils comprendre ce pan de leur histoire familiale.

C'est pourquoi, je me permets une petite explication:

Les trois lignées :

A l'origine de ces trois  lignées, un ancêtre commun, Philippe de Lévis 1er. Il détenait en 1174 la seigneurie de Lévis, en Ile de France ; apparenté aux  plus grandes maisons de France, il mourut en1204.

La lignée des Lévis Mirepoix

Dans les généalogies, on  fait de Philippe de Lévis le premier de la lignée des Lévis-Mirepoix

Mais c'est son fils, Gui  de Lévis qui lui donne son nom : Il se croisa en effet avec Simon de Montfort pour venir dans le midi combattre ceux que l'on appelait alors les albigeois, c'est à dire les cathares ; Maréchal des armées du roi Louis VIII, il obtint, par "droit" de conquête, la seigneurie de Mirepoix et de Montségur : Les limites de cette seigneurie étaient, au nord, les abords de Fanjeaux ; au sud, les premiers contreforts des Pyrénées. Elle s'étendait à l'est jusqu'aux portes de Limoux et à l'ouest, jusqu'à celles de Pamiers : elle comprenait 75 localités et fiefs et 35 vassaux devaient rendre hommage au seigneur de Mirepoix, qui était vassal direct du roi.

Statue funéraire seigneur DE LÉVIS Guy 1er +1231.

Statue funéraire seigneur DE LÉVIS Guy 2ème +1260.

Statue funéraire seigneur DE LÉVIS Guy 3ème + fin XIIIème siècle.

La lignée des Lévis-Mirepoix se poursuit encore aujourd'hui. Elle a pour chef  Antoine de Lévis-Mirepoix, duc de Lévis-Mirepoix, né en 1942 et père de deux enfants. Mais elle n'a  plus pour résidence l'impressionnant château de Léran, vendu en appartements dans les années 1980

Blason de la famille de Lévis ou Lévy, extrait de l'Armorial général de la France par Charles d'Hozier 1697.

La lignée des Lévis – Léran :

Elle nait du partage effectué en 1329 entre Jean II de Lévis-Mirepoix et son frère Gaston, selon les us et coutumes de la vicomté de  Paris, d'après lesquels  la  maison de Lévis continuait d'être régie.

Gaston reçut la quatrième partie de l'héritage : elle comprenait Léran et son château pour place principale avec un grand nombre d'autres lieux et plusieurs feudataires. Il fut ainsi  le premier de la lignée des Lévis-Léran. Au bout de quatre siècles, elle fut absorbée par la lignée des Lévis-Mirepoix lorsqu'en 1757, au décès  de Gaston de Lévis-Mirepoix, mort sans descendance, Louis -Marie de Lévis- Léran dont il avait fait son héritier, lui succéda, reconstituant ainsi la seigneurie de Mirepoix presque dans les mêmes limites que lors de la dotation faite par Henri de Montfort à Gui de Levis, dotation ratifiée par saint Louis. Il faut dire qu'entre ces deux lignées qui cumulaient biens, fiefs, charges, honneurs et alliances prestigieuses et qui jouèrent un rôle éminent dans l'histoire de France,  au cours des générations, les mariages  avaient été fréquents.

La lignée des Lévis-Ventaillole :

Il en va bien différemment pour la lignée des Lévis-Ventaillole à laquelle appartiennent  les Lévis belcairois.

Elle a en effet pour origine le fils naturel de Germain de Lévis, seigneur de Léran, Antoine de Lévis Son père le légitima et lui fit donation, le 4 février 1534, d'une métairie appelée Allem, jouxtant le hameau de Ventaillole, près de Léran.  Surnommé le capitaine de Léran, Antoine fut le fidèle lieutenant de son demi-frère, le fils cadet de Germain, Jean Claude de Lévis, baron d'Audou et de Bélesta  dans la lutte sans merci  que, devenus protestants, ils menèrent contre les catholiques.

Son épouse, Madeleine de Lordat, lui apporta en dot la seigneurie de Ventaillole et la métairie de Sévère.

Les Lévis-Ventaillole ont donc pour ascendants dans la lignée des Lévis-Mirepoix, les descendants de Gui de Lévis jusqu'à Gaston de Levis compris (XIVème siècle) et dans la lignée des Lévis Léran, les descendants de ce même Gaston jusqu'à Jean-Claude de Lévis-Léran compris (XVIIème siècle).

L'on voit aussi que l'origine de cette lignée est une naissance illégitime et que sa dotation est bien modeste.

Ce tableau généalogique des Lévis-Ventaillole, jusqu'à  Marie et Olivia Delévis permettra de mieux comprendre l'évolution  de cette lignée. S'il privilégie une famille, celle de François Delévis, c'est d'une part, parce que pour les autres, mes recherches sont en cours, d'autre part parce qu'elle suffit à l'explication.

LES LÉVIS-VENTAILLOLE

Antoine I de Lévis-Ventaillole Ier,  ~1532 - 1609, surnommé le capitaine de Léran  + +. Épouse   Madeleine de Lordat, veuve de noble de Sévère.

- François de Lévis-Ventaillolle ~1570-1627 +. Épouse  Claire de Pompadour.

- Antoine II de Lévis-Ventaillole  ~ 1612 - 1692. Épouse Angélique de Léran, ?-1704, fille naturelle de Jean- Claude de Lévis, seigneur de Léran, arrière - petit-fils de Germain. Le mariage a lieu le 5 août 1640.

Louis de Lévis-Ventaillole  (1667-1742). Épouse  Guillerme Marty (1677-1732).

François de Lévis-Ventaillole  (1708-1777) (fils cadet, l'aîné est Jacques). Épouse  dame Philippa Bauzil, (1708-1745) Le couple a 9 enfants.

LES LÉVIS BELCAIROIS

- Pierre de Lévis (1743-1812), fils cadet qui vint s'établir à Belcaire. Épouse Catherine Camurac (1742-1720), le mariage eu lieu en 1767.

- François Lévis (1785-1867). Épouse  Jacquette Bayle (1806-1848).

- François Delévis (1825-1917). Épouse  en première noce en 1848 Hélène Maugard  Et en secondes noces en 1873, Anna Lans. Ils eurent pour enfants :

    - Marie Delévis  (1850-1914) ;

    - Justine  Delévis (dite Olivia) (1876-1966).

Cette généalogie présente quelques particularités,  la plus frappante concerne le patronyme : Je l'ai écrit tel qu'il l'est dans les registres paroissiaux, puis les actes d'état civil. Ces avatars du patronyme  portent la marque de l'Histoire : avant la Révolution, la particule est  séparée du nom. Conformément  à  l'usage et Pierre de Lévis est appelé "noble Pierre de Lévis". A la Révolution, la particule est abandonnée : François signe "Lévis" ; Après la période révolutionnaire, elle est reprise, mais alors associée au nom, et par conséquent méconnaissable, insignifiante au sens étymologique du terme. Les actes mentionnent, François Delévis, Marie Delévis, Justine Delévis. Cette graphie est celle que l'on trouve sur  les tombes : Famille Delévis, Marie Delévis.  Et  L'on peut se demander pourquoi  cette particule n'a pas été reprise quand c'était possible, pourquoi ce renoncement : adhésion aux idéaux  de 1789 ?, c'est peu vraisemblable,  Indifférence ?,  sentiment d'un inéluctable déclassement ?

Car l'on voit à travers ces mariages d'abord avec des bourgeoises, puis des paysannes, l'évolution du statut social : les alliances ne se contractent plus dans la noblesse et deviennent, d'un seul point de vue aristocratique bien sûr, des "mésalliances". Ce à quoi la naissance illégitime d'Angélique et la modestie du patrimoine  ont dû  largement contribuer. Par ailleurs, sous Louis XV, Louis-Marie de Lévis, désormais marquis de Mirepois et de Léran intenta un procès aux descendants d'Antoine de Lévis-Ventaillole au sujet de leur filiation. Le Parlement de Toulouse le 22 septembre 1770 rendit un arrêt favorable aux Lévis-Ventaillole, très nombreux alors. Il confirmait leur noblesse,  leur droit de porter le nom "de Lévis  et d'avoir leur sépulture dans l'église de Léran". Mais,  et cela fait rire aujourd'hui, leur  interdisait "le cri et les armes." Ces attaques toutefois témoignaient d'un violent  rejet. Si l'on ajoute à cela, la situation des fils cadets de François de Lévis,  sans seigneurie et sans résidence, l'on comprend le départ de Pierre de Lévis  pour Belcaire et  d'un autre frère pour Le Peyrat. Dans quelles conditions financières ce départ s'effectua-t-il ? Quelles raisons autres que le charme des forêts enneigées (mais le goûtait-on à l'époque ?) ou celui  de Catherine Camurac (mais en avait-elle ?) détermina le choix de notre village ? Autant de questions laissées en suspens.

Ce faisant,  Pierre n'avait pas à regretter le  château de Léran  qui  n'avait  jamais été  la propriété des Levis-Ventaillole et dans lequel, étant donné les relations entre les deux familles,  il n'aurait pu vivre. Il semble plus probable qu'il ait vu le jour dans le très modeste  manoir de Ventaillole, alors propriété de son oncle. Par ailleurs, le château de Léran lui-même  se présentait à cette époque comme une construction militaire rectangulaire et massive dotée d'une bretèche et de petites fenêtres ; ce que nous voyons aujourd'hui, c'est sa somptueuse transformation par l'architecte Claude Parent, un disciple de Viollet Le Duc, réalisée entre 1875 et 1883.

Voilà  le fruit des investigations auxquelles me poussa la curiosité lorsqu'il y a quelques années Yvette Vergé me fit gentiment part des découvertes qu'elle avait faites dans les archives en  effectuant ses propres recherches généalogiques.

Bibliographie :

- Les archives de Belcaire.

- L'inventaire historique et généalogique  des documents de la branche Lévis-Mirepoix, et  de  la branche Lévis-Léran. 

- Les archives de la Haute Garonne.

- Les archives de l'Aude et de l'Ariège.

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Pierre  Ferrand a réalisé, une étude sur la famille de Nègre au Pays de Sault, qu'il m'a adressé en début d'année 2016 je l'en remercie. Je profite de la publication de l'étude généalogique de la famille de Lévis ci-avant, pour partager avec vous celle-ci :

LA SEIGNEURIE ROYALE DE NÈGRE EN PAYS DE SAULT

Tous les documents historiques attestent de la présence de la seigneurie royale des de NEGRE  au début du 14ème siècle en Pays de Sault, ou elle va en quelque sorte « succéder » en importance et en notoriété à la seigneurie féodale des ANIORT. Elle serait originaire d’Espagne, certainement installée en Catalogne ou elle participait aux combats destinés à en chasser les Maures. Son nom à d’ailleurs peut -être une relation avec ces faits.  Elle choisit ensuite de s’installer en Pays de Sault après avoir acheté de nombreux territoires.

L’organisation administrative de la France avait été voulue par le roi Louis VIII  après la croisade des Albigeois allait sortir le pays, alors en voie de réunification et de reconstruction, de la période féodale. Mais c’et surtout sous le règne de son fils Louis IX (Saint Louis) que furent créées des Sénéchaussées (d’abord à Carcassonne, puis à Limoux) et des bailliages dont un fut institué en Pays de Sault avec siège à Belcaire. D’abord chargé de rendre la justice du Roi (cours de justice royale de Sault), le bailliage vit ensuite ses attributions étendues à  la mise en œuvre de milices armées destinées à assurer l’ordre et aussi à venir selon nécessité en appoint de l’armée royale lors de ses interventions éventuelles dans la région. La responsabilité du bailliage était confiée au Bailli qui outre la justice assurait le commandement des milices, assisté par des lieutenants de baillage

Dés le XVème siècle les de NEGRE exercent la fonction de Bailli du Pays de Sault, c’est à ce titre qu’un Antoine de NEGRE, seigneur de Bléau, commande une milice de 200 arquebusiers, répartis dans plusieurs villages. A cet effet, le château féodal de Belcaire est utilisé par l’une de ces garnisons. Et c’est principalement à Belcaire, dans ce château, que la famille de NEGRE était installée. 

En 1525, un membre de cette famille , il est possible que ce soit Antoine de NEGRE, vend à l’archevêque de Narbonne des forets qu’il possède à Lafajolle et Mérial pour participer au paiement de la rançon de François 1er qui avait été fait prisonnier par l’armée de Charles Quint  à la bataille de Pavie.

Antoine de NEGRE est en effet le plus ancien connu avec certitude. Il serait né vers 1490 et décédé vers 1556 (testament) On le désigne comme le seigneur de Bléau, marié à  Jeanne de Lévis  (mariage vers 1525). Ce mariage est entouré d’une grande confusion quant à la filiation de Jeanne de Lévis. Compte tenu de la date du mariage elle serait née entre 1495 et 1510. Dans la généalogie de la Maison de Lévis Mirepoix  et de sa branche cadette des Lévis Léran, on retrouve, avec dates assez concordantes, Jeanne de Lévis  (née vers 1495), fille de Gaston VI  de Lévis Léran et de sa deuxième épouse Marie de Foix  (ils auraient eu 2 filles prénommées Jeanne dont l’une à épousé  Gaston de Bazillac) .Elle pourrait aussi, éventuellement, mais les dates sont peu concordantes,  être la fille de Jean IV de Lévis Mirepoix  et de sa deuxième épouse  Charlotte de Lévis. Mais il semble que le contrat de mariage ait été établi en 1525  devant Maître Penna, notaire à Labastide sur l’Hers (l’un des fiefs de la famille de Lévis Léran), confortant la première hypothèse.

Par contre il est exclu qu’elle soit la fille d’Antoine de Lévis Ventaillole car celui ci était né  au plus tôt vers 1500 (mais plus vraisemblablement vers 1530. d’autant que dans la « traduction » du document d’accord de mariage entre le « capitaine Antoine de Nègre » et Antoine de Lévis , père de Jeanne de Lévis, effectué par le notaire Fourié en 1767 (pour confirmer les origines de noblesses de la famille de Nègre du Clat), la date annoncé est de 1528, voire de 1578 ou même de 1598 et elle porte comme parents de Jeanne de Lévis, Antoine de Lévis Ventaillole et Angélique de Lévis. Or ce n’est pas cet Antoine de Lévis Ventaillole qui était marié à une Angélique de Lévis mais son petit fils Antoine (deuxième du nom) Son grand père cité, était pourtant bien Germain de Lévis et son oncle Jean Claude de Lévis Léran. Dans ce cas alors, elle aurait épousé Antoine II de Nègre petit fils du précédent, que l’on retrouve pourtant marié à Philippie de Fournier (cf. ci-après) !  On retrouve ces éléments dans la généalogie des Lévis Ventaillole branche de Belcaire (cf. document spécifique)

Antoine de NEGRE n’a qu’un seul fils connu  Pierre, et 2 filles Louise mariée à Jean Bonnel d’Ax (09) et Jacquette.

En cette période le Pays de Sault eut à subir les invasions répétées des Espagnols mais le château de Belcaire (comme d’autres) y résista.

Pierre  de NEGRE Ier seigneur de Bléau ? né vers 1527 à Niort de Sault  et décédé vers  1590 (testament), prendra la suite de son père Antoine comme bailli. Il épouse d’abord  en janvier 1555, Marie de Verniolles de Prades (Ariège), fille d’Emeric  Verniolle et Luce de Traversier. Sur le contrat de ce mariage, il est précisé que Pierre de Nègre  est le fils de Thonet de Nègre, qui était certainement une autre appellation du prénom Antoine (aussi orthographié Anthoyne). Le couple eut 2 fils : Jean de NEGRE et Antoine de NEGRE. On cite aussi Claude, Guillaume et Jean cadet ?

Les guerres de religion dévastèrent alors le territoire. C’est ainsi que les « réformés  huguenots » dirigés par Jean Claude de Lévis (branche de Léran - cette branche ayant choisi de soutenir les réformés contrairement à la branche aînée de Lévis Mirepoix qui était restée fidèle à l’église catholique  ce qui lui valut la destruction de château de Léran) incendièrent et détruisirent d’abord les demeures de Niort de la famille de Nègre, puis le château de Belcaire, ainsi que ceux d’Able, d’Aniort et de Rodome. La famille de NEGRE est obligée de s’installer  provisoirement à Roquefeuil puis ensuite à Niort. En 1580, Pierre de NEGRE est appelé à Alet assiégé par les « réformés » et Monsieur de Caraman, commandant de l’armée du Roi, loue son zèle pour le service du Roi. Et c’est grâce à l’intervention d’Anne de Joyeuses à la tête de ses troupes qu’il put être mis fin à ce désastreux épisode de l’histoire du pays. De plus, Henri IV, reconnaissant à la famille de NEGRE les services rendus antérieurement à la couronne, la rétablit dans ses droits  et fit reconstruire à ses frais le château. Toutefois ce château était un château royal, issu de la cession au roi de France par Amaury de Montfort. Il fut constitué en capitainerie. C’était donc une châtellenie et non une seigneurie ; or si les seigneuries sont héréditaires, les châtellenies ne le sont pas. D’ailleurs, les de Nègre étaient considérés comme les gouverneurs du château  de Belcaire et non les seigneurs (le seigneur étant de fait le Roi). Ceci a donc aussi pu inciter les seigneurs de NEGRE à s’installer dans un château dont ils étaient effectivement les seigneurs, comme ce fut le cas pour Able puis aussi  indirectement pour le Clat.

Jean de NEGRE (cf. I.1) donc fils de Pierre  auquel il succédât comme bailli vers 1590 acheta alors, aux commissaires du roi, vers 1600, le château ruiné d’Able  (dépendant consulat de Belvis) et diverses terres et forêts situées sur Niort de Sault notamment la montagne de Lacam. C’est ainsi qu’il prit le titre de  Sieur d’Able (et de Lacam) et fut donc l’initiateur de la branche de NEGRE d’Able  essentiellement installée à Niort et dans la vallée du Rébenty.

Le château d’Able avait constitué , avec son voisin de Castelpor tous deux situés sur la commune de Joucou un ensemble de châteaux forts destinés à protéger la contrée et en particulier la frontière avec l’Espagne d’ou provenaient souvent des envahisseurs; mais pendant les guerres de religions ,ils furent détruits par les troupes des « réformés » Si seul celui de Belcaire fut reconstruit et réutilisé encore quelques temps pour y maintenir des troupes, le traité des Pyrénées de 1659, en annexant le Roussillon à la France, déplaça de ce fait la frontière vers le sud, faisant perdre tout intérêt à ces positions ; à partir de là, ces châteaux, ou ce qu’il en restait, furent totalement abandonnés et tombèrent en ruines au point de disparaître presque complètement. Les familles nobles avaient commencé à s’installer dans de grandes  bâtisses bourgeoises souvent très proche des villages qu’on appellera aussi châteaux comme précisément à Niort (pour la branche de NEGREd’Able) ou à Belcaire (pour la branche de NEGRE du Clat.  Le nom d’able pourrait venir du fait que le Rebenty était un ruisseau très poissonneux (ce devait être des truites, et les petits poissons argentés étaient appelés des ables ; mais cette origine n’est pas garantie !)

Son frère cadet Antoine de Nègre se marie avec Phillipine de Fournié ; il n’est pas exclu qu’ils aient eu des enfants (il est cité quelques fois Jean François, François, Pierre, ou Marie mais on ne trouve aucune trace de postérité) ; reste à savoir si c’est lui qui a aussi épousé une Jeanne de Lévis (branche Ventaillole) comme exposé précédemment ?

 

Pierre de NEGRE Ier se remarie en 1558 avec Angélique de Gayraud d’Alclat (du Clat) ; celle ci était la fille de Pierre de Gayraud seigneur de Belvianes et de Isabeau d’Aniort d’Alclat (fille de Gausserand d’Aniort d’Alclat qui détenait ce titre). Faisant partie de sa dot, ce titre revint alors  à la  descendance de Pierre de NEGRE et d’Angélique de Gayraud. Ce couple  eut  un fils  certain Pierre de Nègre II (mais on cite aussi un autre fils Jean et une fille Marie).

Pierre de NEGRE II (cf. II) fut donc lieutenant de bailli (« lieutenant d’épée »), son frère aîné Jean étant bailli; ses fils assumèrent également cette charge. Il put peut-être  porter aussi le titre de seigneur du Clat. Il épouse Raymonde de Germa avec laquelle il eut au moins 5 garçons (comme en témoigne son testament établi en peu de temps avant sa mort en 1664), nés entre 1605 et 1615 à Belcaire ou Pierre de Nègre qui était donc né à Niort était revenu s’installer à savoir :  

     -  Jean de NEGRE, l’aîné, lieutenant de bailli 

Ainsi que son frère  Pierre de NEGRE III sieur de Ferrieres, qualifié de « contrôleur du Roi ». Ils furent reconnus pour leur activité militaire au service des armées du Roi, formant ainsi une branche dite des Lieutenant de bailli, (voir II),

      - Marc Antoine de Nègre (marié à Marguerite de Joulia à Caudiès (66) (confusion avec son neveu ?) ;

     - Jean Jérôme de NEGRE (lequel prit le titre de seigneur du Clat issu de sa grand mère et fut le réel fondateur de la branche dite de NEGRE du Clat  (voir III) et                 

      - Pierre George de Nègre  prêtre, qui fut recteur de Camurac et Comus de 1640 à 1672.

I – LA BRANCHE DE NEGRE D'ABLE  (de Niort de Sault)

I.1 Jean de NEGRE sieur d’Able, fils du premier mariage de Pierre I de Nègre est né vers 1555 et il épouse en 1589 Jeanne d’Angeli, fille de noble Barthélemy d’Angeli (quelquefois écrit de Gelli ; certains textes le disent marié aussi à Marie de Serda de Chalabre ; peut-être s'était il marié deux fois). Il assura donc la charge de bailli qui resta dans cette branche. Le couple eut vraisemblablement 7 enfants  (à cette époque, en général, seul l’aîné bénéficiait de la moitié de la succession droit d’aînesse, les autres enfants bénéficiant du reste ; tous devaient servir Dieu en devenant ecclésiastiques, ou le Roi en devenant militaires ; quand aux filles, il était primordial qu’elles soient mariées à un dignitaire noble.) 

Outre l’aîné, Pierre  de NEGRE qui pris la suite de son père, on trouve (sans certitude absolue)  : 

- Antoine de NEGRE (v.1600–1680)  prêtre. IL fut premier chantre (responsable du cœur ou précenteur) de la collégiale de Saint Paul de Fenouillet. 

- Jean François de NEGRE  (v.1600-1671?) prêtre, curé de Belcaire de 1639 à 1671 et qui établit  le premier registre des baptêmes, mariages et sépultures de la commune à partir de 1660 encore consultable à nos jours

- Françoise Marie de NEGRE mariée  en 1614 à Jean Jacques de Couderc sieur de Cazelles.

Il y aurait également :

- Paule de NEGRE née vers 1600 et décédée vers 1676, mariée en 1626 avec Philippe de Niort seul dépositaire du titre de noblesse de cette famille, bien qu’ayant perdu la seigneurie de Niort.

- Raymonde de NEGRE mariée à Raphaël de Foix, descendant de Jean de Foix, vicomte de Narbonne ;

(et peut être Charles et Louis de NEGRE établis à Caudiès de Fenouillèdes).

I.2 Pierre de NEGRE  sieur d’Able, fils de Jean auquel il succédât comme bailli, est né vers 1593. Dans cette fonction, il fut appelé le capitaine de Nègre, et  fut maintes fois sollicité par le Maréchal de Montmorency gouverneur et lieutenant général du Languedoc mais aussi par le seigneur  de Mirepoix, notamment pour défendre Axat assiégé par les espagnols.     Il se marie deux fois et aura au total  11(ou 12) enfants.

Premier mariage  en 1626 avec Antoinette d’Ixar, fille du seigneur d’Ixar famille descendante des rois d’Aragon ; 

Deuxième mariage avec Marguerite de Bo(u)squet ( sœur de François de Bosquet Intendant du Languedoc et qui fut ensuite évêque de Lodève de 1648 à 1655, puis de Montpellier jusqu’en 1676). 

Si l’aîné Jean Timoléon de NEGRE est issu du premier mariage, il y a incertitude quand à  la filiation exacte des autres enfants (essentiellement des 4 suivants) qui sont :

     - César Antoine de NEGRE, lieutenant au « Régiment Orléanais » sous le nom de Chevalier d’Able, (il est dit avoir été tué lors de la guerre des sept ans; Or celle ci a commencé en 1754 ; cette hypothèse est donc peu probable)

   - Pierre sieur de Roqueblanc, capitaine au même régiment et qui aurait été aussi tué  à  la guerre des sept ans (peu probable également)

    - Guillaume de NEGRE sieur de Lafajolle qui fut député paroissial à la fin du XVIIème siècle aux Etats du Languedoc.

    - Jean de NEGRE sieur de Montpié, prêtre qui fut curé de Roquefeuil ; docteur en  théologie, il fut ensuite recteur à Ouveillan.

     - Marguerite de NEGRE qui épousa le sieur d’Alverny.

Puis vinrent :   

    - Pierre Marc Antoine de NEGRE sieur de Laval d’Able, prêtre, docteur en théologie. Il a été curé de Le Vivier, (prés de Saint Paul de Fenouillet) où il fut ordonné alors qu’il était encore clerc en 1679. Il serait mort à Paris (Eglise Saint Sulpice) en 1709.

    - Jean François de NEGRE sieur de Lacam, né en 1646 à Niort, prêtre lui aussi docteur en théologie en Sorbonne  et qui fut grand archidiacre au chapitre Saint Pierre à Montpellier. Son goût pour les sciences et ses connaissances en mathématiques le firent élire à l’Académie Royale des Sciences  de Montpellier ou il fut admis dés sa création en 1706. (Elle faisait suite à l’Académie Royale de Paris qui avait été crée en 1666 par Colbert) ; il mourut à  Montpellier le 10 novembre 1715 et est enseveli dans la cathédrale Saint Pierre. 

Blason de Jean François de Nègre, extrait de l'Armorial général de la France par Charles d'Hozier 1697.

   - Joseph César de NEGRE sieur de Mérial, qui  fut colonel d’infanterie au régiment royal du Roussillon. Il fut ami du roi ; il a épousé Demoiselle de la Fregoze (de Narbonne) , dont une fille  Marie de Nègre mariée au sieur de Vers gentilhomme de Narbonne ;

   - Madeleine/Françoise de NEGRE mariée au sieur de Fauré présenté comme gentilhomme de Pamiers ;

  - Thérèse/Marie de NEGRE mariée au sieur de Gargas, également gentilhomme de Pamiers ;

   - Catherine, religieuse, dans la congrégation de la visitation à Toulouse.

Il est aussi relevé un autre de NEGRE  Jean Raphaël (né v. 1640) sieur de Font-d’Argent marié à Marie Bonnery dont le fils Jean Paul de NEGRE (né en 1677) fut bachelier en théologie ; prêtre à Niort entre 1713 et 1716, il devint grand vicaire de  l’évêché d’Alet dés 1720. Il eut une vie très curieuse ; Il est démis de ses fonctions en 1727 car il s’était attiré l’inimitié de certains trésoriers du Chapitre d’Alet en mettant à jour de nombreuses erreurs dans leurs comptes. Il se retire alors provisoirement à Saint Paul de Fenouillet puis se voit imposer de reprendre son ministère à Brive en 1730. Réhabilité ensuite par  les services du Roi, qui avaient reconnu la véracité de ses accusations, on le retrouve alors dans la région .  Par ailleurs,  il fut nommé par le sénéchal de Limoux comme curateur des filles de François d’Hautpoul seigneur de Rennes et de Marie de NEGRE d’Able, à la mort de leur père en 1753. Il décède à Limoux en 1762. Dans son testament, il lègue des biens à l’une des filles de Marie d’Able et d’autres à une demoiselle Paris descendante d’Ignace Paris, pâtre, reconnu comme ayant découvert le supposé trésor de Rennes ! Jean Paul de Negre serait également l’auteur de l’un des parchemins retrouvés par l’Abbé Saunière lors du déplacement de l’autel de l’église de Rennes en 1891, document particulièrement secret, en latin, certainement codé. On ne peut que faire alors le rapprochement avec la sépulture de Marie d’Able, avec laquelle il était donc certainement parent, ce qui ne fait qu’accroître d’ailleurs le mystère de Rennes le Château la concernant (voir ci-après  Marie de NEGRE d’Able)

On retrouve, aussi, dans l’histoire locale d’autres familles de Nègre, dont l’origine est moins ancienne, souvent anoblie par mariage comme une Anne de Nègre (1659-1709) mariée à Espezel au sieur Maffre Salvat seigneur de Quirhaud puis avec  Jean urbain DARSSES (1667-1727, maire d’Espezel) dont le fils Pierre Joseph Darsses, devenu d’Arsses de Cassaignes mousquetaire du Roi épousa Anne de Traversier de Montauriol , fille de Philippe et d’Anne Marguerite de Nègre (cf. ci après)

 Il y a également une importante famille de Nègre dans l’Aveyron, le Lot et le Tarn et Garonne mais son origine ne remonte pas antérieurement à la fin du 16eme siècle semble t-il.

Il ne faut pas non plus confondre avec une autre famille noble  identifiée avant le XVème siècle dans le Minervois les « de Nigri » (quelquefois orthographié de Negri ou même de Nègre), et qui eut elle aussi des unions avec diverses autres familles nobles audoises par exemple avec la famille d’Hautpoul et la seigneurie de Rennes le Château, comme ce fut le cas pour la branche d’Able de la seigneurie de Nègre (cf. Marie de NEGRE d’Able).

I.3 Jean Timoléon de NEGRE sieur d’Able, de Gebetx, de Montpié, de Lacan…, (1629-1703 Niort)  il était donc le fils aîné de Pierre de Nègre, sieur d’Able et il devint bailli à la mort de ce dernier dés 1664. Lui aussi fut mobilisé pour fournir des soldats à l’armée du Roi pour son expédition en Sardaigne ou pour porter secours aux habitants du Donezan, envahis par les espagnols qui voulaient détruire le château de Quérigut.

Il épouse vers 1655, Marie Anne de Corneille vraisemblablement fille du notaire d’Aunat. Il fit de nombreuses acquisitions qui agrandirent considérablement son domaine à Niort même, à Rodome et en plusieurs endroits dans la vallée du Rébenty  (terres, bâtisses, moulins…). Le couple eut 12 enfants :

                                        -  Le fils aîné fut Antoine Jean Pierre Célestin de NEGRE sieur de Comesourde (ou Coume Sourde du même nom qu’une dalle trouvée prés de Rennes le Château qui serait un élément important dans le mystère de ce lieu !) qui devint prêtre curé d’Espezel, de Niort et chanoine à Capestang (Hérault) puis à Saint Paul de Fenouillet ; ensuite vinrent :

     - François de NEGRE au premier rang de sa succession (cf. I-4a)

   - César joseph de NEGRE sieur de Montpié, bénédictin à la congrégation se Saint Maur (ordre de saint Benoît), fit profession à l’âge de 20 ans en 1699,au monastère de la Daurade à Toulouse ; il fut ensuite chargé de l’éducation des enfants au collège de l’Abbaye de Sorèze. A cette occasion, il composa en leur faveur une petite grammaire ingénieuse qui fut imprimée en 1713 sous le titre « La grammaire latine réduite en jeu de cartes et de dés ». Cet ouvrage permettait à l’écolier d’acquérir les principes nécessaires pour effectuer les traductions du français en latin ou vice versa ; elle donnait aussi les moyens pour maîtriser l’usage de latin et d’en faire application. Ce document lui conféra une grande notoriété dans le monde éducatif religieux. César de NEGRE fut aussi un temps prieur commanditaire au prieuré de Saint Martin d’Ambierle (Loire) fondé au Xème siècle par les bénédictins et dépendant ensuite de l ‘abbaye de  Cluny, mais n’y résida pas. Il est mort à Soréze en 1755.

  - Benoît de NEGRE également bénédictin ;

  - Jean François de NEGRE sieur de Montroux qui succédât à son frère François à la mort de celui-ci (cf. I-4b)

  - Jean Anne (ou Jean Antoine) de NEGRE, il commença une carrière militaire sous le nom de chevalier de Niort ; Il fut ensuite docteur en théologie ; il se retire alors, à l’abbaye de Saint Polycarpe début 1715, sous le nom de Frère Climaque (de Saint jean Climaque moine syrien du 7ème siècle); il fut secrétaire du Chapitre (assemblée de moines) ; il y mourut en 1725.

et 6 filles : 

     - Marguerite de NEGRE l’aînée de la famille mariée en 1694 à Pierre de Casemajou, capitaine d’infanterie au régiment royal du Roussillon seigneur de Niort, après avoir acheté la coseignerie à Pierre de Couderc fils de Jean jacques et de Suzanne de Niort

    - Anne Marguerite de NEGRE mariée en 1710 à François de Traversier de Montauriol , écuyer demeurant au château de Montaillou.

    - Marianne de NEGRE mariée à Jacques de Rieunègre d’Alaigne

   - Marie de NEGRE mariée  au sieur Serda.

                                   - Toinette de NEGRE  morte dans son jeune âge 

    -  Rose de  NEGRE également morte dans son jeune âge

I.4 a François de NEGRE sieur d’Able, succédât donc à son père Jean Timoléon de Nègre, comme bailli de 1703 à 1721 date de sa mort ; Il se marie en 1704 avec Antoinette  de Gaichier de Roquefeuil. Ils n’eurent qu’une seule fille Marie de NEGRE née en 1713; à la mort de son père, elle n’a que 8 ans et c’est donc son oncle Jean François de Nègre, qui fut désigné comme son tuteur. Celui ci  prit également la succession de François de NEGRE comme bailli à partir de 1721. 

I.4 b Jean François de NEGRE sieur de Montroux; fut donc bailli de 1721 jusqu' au plus tard en  1769 date de sa mort. Cette mention « bailli de Sault » figure bien sur l’acte de sépulture rédigé par le curé de Niort  Antoine BERNARD. Il avait été militaire en qualité de cornette  ou guidon (officier porte étendard) au  régiment de dragons du Languedoc. Sans enfants car à priori célibataire, il  teste en faveur de sa nièce Marie de NEGRE, dont il était le tuteur, et à laquelle il confiait son office  (et également à son autre nièce Philiberte de Casemajou  fille de sa sœur Marguerite). En fait on assiste à l’extinction de cette famille, puisqu’il n’y avait plus de descendance mâle ; elle n’exerça plus également la fonction de bailli ; il faut toutefois préciser qu’avec le démantèlement de la justice royale de Sault, le bailliage finit par ne plus exister non plus. Pierre de Marsol assuma cette charge quelques années encore avant la création d’une fonction de juge exercée pour la première fois vers  1780 par François Folquier de Belcaire.

Un événement est quelque fois cité pouvant apporter un argument supplémentaire à l’abandon de la charge de bailli par Jean François de NEGRE seigneur de Montroux mais ceci semble relever d’une très large interprétation. Le 17 mai 1732 le curé de Niort fut trouvé dans la rue mort assassiné ; or le sieur de Montroux le détestait ; des soupçons planèrent alors sur celui ci qui se serait alors enfuit de Niort. Pourtant on le retrouve à Niort sur différents actes et c’est à Niort qu’il mourut !

I.5 Marie de NEGRE d’Able fille de François de NEGRE et nièce de Jean François de NEGRE fut donc la dernière à porter le titre d’Able. Elle épouse en 1732 François d’Hautpoul, marquis de Rochefort, seigneur de Rennes (le château) ; héritant du titre de seigneresse de Rennes où elle s’installât définitivement, elle vendit tous ses biens de Niort (ainsi que ceux de Roquefeuil provenant de sa mère) qui furent acquis par une famille bourgeoise de Limoux FONS, qui acheta également l’autre partie de la seigneurie à Pierre de Casemajou. Ainsi François Dominique FONS qui devint FONDI (en reprenant leur nom issu de leur émigration en Italie au XVIème siècle lors des guerres de religion suite à la mise à sac de la ville de Limoux par les réformés) prit en 1757 le titre de seigneur de Niort. Ses descendants sont encore présents au château de Niort. Cet acte signe la fin de la  présence de la seigneurie de NEGRE d’Able à Niort  de Sault ;

«  La sépulture de Marie d'Able(s) est entourée d’un mystère qui trouve son justificatif dans celui de Rennes le château et du trésor de l ‘Abbé Saunière. Sa tombe était surmontée d’une dalle et stèle   sur laquelle était inscrite  CT GIT NOBLe M ARIE DE NEGRe DARLES DAME DHAUPOUL De BLANCHEFORT AGEE DE SOIX ANTE SEpT ANS DECEDEE LE XVII JANVIER MDCOLXX XI REQUIES CATIN PACE. Cette stèle fut brisée au début du XIXème siècle  au moment ou l’abbé Saunière  procédait à ses « investigations  mystérieuses. Que voulait-il cacher ? Cette stèle aurait été conçue et codée par l’abbé Bigou curé de Rennes-le-Château au temps de la marquise, mais ceci est contesté. Cette dernière lui aurait révélé un terrible secret de famille et l’abbé l’aurait dissimulé dans la pierre afin qu’il ne se perde pas. Or il semblerait que ce texte ait été écrit plus tard. Quoiqu’il en soit,  il comporte de bien curieuses anomalies : CT GIT au lieu de CI GIT, NOBLe : pourquoi un e minuscule à la fin du mot ? M ARIE : pourquoi le M de Marie est-il sur la ligne supérieure, coupant ainsi le nom en deux , NEGRe , encore un e minuscule à la fin du mot, DARLES au lieu de D’ABLES, HAUPOUL sans T (HAUTPOUL), (mais il semblerait que cette anomalie n’en soit pas réellement une ; en effet, d’après les anciens registres, le nom de cette famille s’écrivait bien sans T), De : le e est en minuscule, SOIX ANTE : le mot soixante est coupé en deux, SEpT : le p est en minuscule, l’année de sa mort est MDCCLXXXI (1781) et ici il est inscrit MDCOLXXXI, le deuxième C devenant un O, REQUIES CATIN PACE: Le mot est mal coupé. On aurait dû lire REQUIESCAT IN PACE, qui signifie repose en paix. Ici la marquise serait traitée de catin! De fait, les lettres inscrites en minuscule forment le mot « épée » Si on ajoute MT on arrive au mot « temple » (lettres en désordre). Il reste OR donc OR du TEMPLE ! On peut voir dans certaines de ces erreurs des allusions à Sainte Marie-Madeleine notamment les mots ARLES premier lieu ou elle passa à son arrivée sur la cote. Marie d’Ables était elle Marie Madeleine ? Par ailleurs « catin » en occitan correspond à une anfractuosité dans les rochers, d’ où l’allusion à un trésor caché. Il est possible que l’abbé Saunière ait réutilisé aussi la pierre tombale de Marie d’Ables pour sa propre sépulture. En effet des similitudes frappantes existent entre ces deux tombes. Toutes deux sont fendues  en leur milieu et elles ont à peu près les mêmes dimensions. Mais le mystère demeure et les chercheurs en ésotérismes ont encore du travail pour l’expliquer. » (Relevés Couiza)

II – LES LIEUTENANTS DE BAILLI DE BELCAIRE 

Cette branche concerne donc 2 des fils de Pierre de Nègre II et Raymonde de Germa, revenu donc s’installer à Belcaire : l’aîné Jean de NEGRE, et le second Pierre de NEGRE III sieur de Ferrieres.

II.1 - Jean de NEGRE (appelé Jean Martial ou Marsian ? dans certains textes) est décédé à Belcaire en 1678. Il avait épousé Madeleine (Manon) de Couderc, fille de Jean Jacques de Couderc et Suzanne de Niort, dont le frère Pierre de Couderc vendit à Timoléon de NEGRE d’Able et à Pierre Casemajou la seigneurie de Niort (cf. I.3). Ils eurent 11 enfants.

9 garçons :   outre l’aîné, Jean Pierre de NEGRE (cf. II.3a)  et le cadet Antoine de NEGRE (cf. II.3b), il y avait :              

                                 - Jean Georges de NEGRE sieur de Fontalte qui habitait le château de Camurac, qui avait été occupé par son oncle Jean Georges de Nègre prêtre.

                            - Marie (ou Marc) Antoine de NEGRE, décédé à Belcaire en 1692 à 46 ans ; militaire il était appelé aussi le chevalier de NEGRE ; il est possible qu’il fut marié à une dame de Germa ou de Joulia (confusion avec son oncle ?) et aurait eu 2 fils :

  - l’aîné Charles militaire également, capitaine d’infanterie dans le régiment Saintonge ;

  - le second Jean François julien également militaire lequel serait marié à Marie Françoise de Graves de Tuchan  dont une fille Marie de NEGRE mariée à Caudies de Fenouillèdes à Pierre FOURNIER de Limoux ;

  -  et 1 fille Isabeau de Nègre, supérieure des Dames Régentes du diocèse d’Alet (chargées de l’enseignement des enfants).

Tout ceci reste toutefois à confirmer.

  - Victor de NEGRE sans postérité, décédé en 1721 à Belcaire âgé de 70 ans environ.

  - Enemon de NEGRE également sans postérité ; il est décédé à Belcaire en 1716 à 68 ans.

  - Félicien de NEGRE sieur de La Serre ; on relève à son sujet un acte de baptême en date du 23 juillet 1690 concernant Jeanne «  fille de Paule Cazals et à ce qu’elle a déclaré de Félicien de NEGRE sieur de La Serre ». Il meurt à Prades (66) en 1700 et est enterré dans l’église Saint Pierre.

     - François Joseph sieur de l’Estrade, militaire, il fut nommé major de la ville de Nîmes ou il se distingua en ramenant l’ordre dans cette ville ; il fut décoré de l’ordre royal de Saint Louis.

    - Jean François sieur du Rivals décédé jeune et sans postérité à Belcaire en 1678 (âge non précisé) ;

et 2 filles :

  - Marie de NEGRE qui avait épousé Jean Pierre Pretianne , sieur de Fontfrede, seigneur de Vaychis (09)  , dont la fille Dorothée épousera Joseph de Thonel, seigneur d’Orgeix qui devint par ce fait aussi seigneur de Vaychis.

  - Dorothée de NEGRE mariée en 1695 à Belcaire à Jean Serda  (veuf de Jeanne de Bernard  et fils de Guillaume Serda apothicaire à Belcaire) où elle meurt en 1734 à 88 ans.

II.2 - Pierre de NEGRE III, sieur de Ferrières, frère de Jean de Nègre, né vers 1610 et décédé à Belcaire le 21 juin 1676 (mentionné « contrôleur »), est le deuxième fils de Pierre de Nègre II et Raymonde de Germa  (dans certains cas il y a eu confusion avec son père Pierre de Nègre qui est présenté comme s’étant marié en deuxième noce avec Françoise de Traversier !). Il épouse donc Françoise de Traversier de Montauriol famille noble qui possédait (et résidait alors) au château d’Urs en Pays de Foix (proche du château de Lordat) puis installée à Montaillou, d’ou  6 (ou 5 enfants) : 3  garçons et 2(ou 3) filles :

  - Jean sieur de las Coumes  (assimilé quelques fois à Jean de Nègre ci dessus II.1, (mais sur l’acte de baptême de Bernarde Bertier du 5/11/1679, on le trouve comme parrain avec la mention le concernant « fils de feu Pierre et Marie de Terrisse ? »; de même témoin au mariage Serda/Bernard le 17/2/1681 et présent au décès de Françoise de Traversier le 19/9/1681; dans les 3 cas, il signe bien LASCOUMES ; or Jean de Nègre II.1 est mort en 1678. Jean Sieur de las Coumes est lui décédé en 1683, certainement sans descendance. Donc soit la mention « f ils de feu Pierre et de Marie de Terrisse » ci dessus est inexacte soit Pierre III de Nègre avait été marié une première fois avec une Marie de Terrisse) ; il fut lieutenant dans un régiment d’infanterie ; sans postérité.

  - Jean pierre sieur du Pradal, prêtre qui fut curé d’Axat et mourut à Belcaire en 1720 ;

- Pierre IV sieur de la Plane décédé en 1723 à Belcaire sans descendance ;

  - Marie Jeanne  décédée à Belcaire en 1676 ;

  - Louise également célibataire, qui vivait avec son frère prêtre Jean Pierre et est décédée à Belcaire en 1724 (à 75 ans) ;  

  et éventuellement Raymonde.

(A ce stade, il convient de préciser que dans ces familles nobles, il était donné aux enfants, garçons mais surtout filles qui n’avaient pas de titre, de nombreux prénoms, ce qui fait qu’une même personne peut apparaître avec des prénoms différents selon la période de sa vie !)

- Pierre de Nègre III, sieur de Ferrières et ses frères, rendirent de grands services aux armées du Roi, comme en atteste un certificat de 1654 établi par le marquis de Birargues, commandant l’artillerie de l’armée royale en Catalogne ( sous le haut commandement du deuxième prince de Conti, Armand de Bourbon), où Louis XIV, (poursuivant les objectifs initiés par Louis XIII) était en guerre contre le Roi d’Espagne, soutenant en cela les catalans qui s’étaient soulevés contre lui : « les sieurs de NEGRE du Pays de Sault avaient servi et fait servir le Pays de Sault à conduire les canons aux Pyrénées, et sans leur service, il n’eut pas été possible de passer ».Cela valut en outre, à la famille d’obtenir en décembre 1659, « la faculté de chasser en pays de Sault et comté de Foix, à toute sorte de chasses, sans être tenue de payer aucun droit » Ils furent renommés en particulier, dans la chasse à l’ours !

La descendance de Pierre de Nègre III s’arrêta donc à ce niveau.

II.3a Jean Pierre de NEGRE, sieur de Pouzols fut  à la suite de son père Jean de Nègre, lieutenant de bailli ; sans postérité il meurt à Belcaire en 1706 à 68 ans, « après une grande aliénation ». La charge de lieutenant de bailli assuré par cette branche de NEGRE, se termina avec lui ; ses biens furent en majeure partie recueillis par le dernier des frères survivant :

II.3b Antoine de NEGRE, sieur de Faurans, frère du précédent, décédé en 1733 à Belcaire à l’age de 84 ans, sans postérité, laissa son héritage à la branche de NEGRE du Clat, représentée par Jean Jérôme de NEGRE III. La branche de NEGRE dite des lieutenants de bailli avait cessé d’exister.

III – LA BRANCHE DE NEGRE DU CLAT DE BELCAIRE

III 1 Jean Jérôme  I de NEGRE, qui porta donc le titre de seigneur du Clat provenant de sa grand mère , est le 4eme fils de Pierre de NEGRE II et Raymonde de Germa ; il est né en 1615 et est mort à Belcaire en 1689. Il épouse vers 1649 Jeanne de Sompcheix d’origine ariégeoise, fille d’Antoine de Sompsiech seigneur de Claux et Françoise de Gallardier, avec laquelle il eut 12 enfants. Seule est connue la descendance du fils aîné Arnaud de NEGRE (III 2) sieur du Bosc. Pour les autres, sont identifiés :
  - Françoise (o. 1652 - T 1696) ;
  - Jean George sieur du Touzet (o 1654 - T 1713) qui fit une carrière militaire chez les mousquetaires ;
  -  Madeleine (o v. 1655 -  T 1717) ;
  - Antoine Célestin sieur de Nentillas (o v.1657) ;
  Marie Brigitte (o v. 1659 en vie en 1707) ;
  - Marie Virginie (o 1660) ;
  - Jean Jérôme II sieur de Dilhac (o 1665) ; garde du corps (garde du roi dite garde écossaise) il fut tué devant Namur en 1692, lors du siège de cette ville tenue par « la Ligue d’Augsbourg » (Angleterre, Saint empire Romain Germanique et Espagne) en guerre contre Louis XIV, qui les combattait afin de maintenir sa suprématie en Europe.
   - Pierre (o 1667) ;
   - Jeanne (o 1671 – T 1744) non mariée mais qui eut une fille (1705) ;
   - Martial (o 1674 – T 1675) ;
 - Martial (o 1677 – T 1678) .

III 2  Arnaud de NEGRE sieur du Bosc, seigneur du Clat (il signait « del bosc d’al clat ») né en 1663 à Belcaire (T 1729 à Belcaire) épouse assez tardivement, en 1720 à Roquefeuil Claire de Marsol  fille de Pierre Marsol procureur du Roi au bailliage et Claire de Verniolle  d’ou 4 enfants :
 - Jean Jérôme III de NEGRE (III 3) l’aîné qui succédât à son père et reprit le titre de seigneur du Clat  puis 2 filles :
                    - Jeanne  de NEGRE (o 1723) entrée pensionnaire chez les religieuses (sœurs clarisses) d’Auterive (31) ou elle décède à 18 ans en 1741;
                     - Elisabeth  de NEGRE (o 1725) ;
                   -  Martial  de NEGRE (o 1729 quelques mois avant le décès de son père). Il fut d’abord « le chevalier de Nègre », lieutenant dans le régiment d’infanterie Rouergue puis adhéra aux règles de la révolution dès 1789, y mettant même un certain zèle, prenant le patronyme de citoyen Martial NEGRE ; élu maire de Belcaire, il se maria à Belcaire à  plus de 66 ans  le 30 brumaire an 4 (18 novembre 1795) avec Marie Françoise Serda (44 ans) fille du notaire de Belcaire. Il meurt le 24 ventôse an 11 (15 mars 1803).

III 3 Jean Jérôme III de NEGRE, né en 1721 à Belcaire, seigneur du Clat n’a que 8 ans à la mort de son père. On peut dire qu’il représente la branche réunifiée et donc unique des seigneurs de Nègre puisqu’il hérite des lieutenants de bailli et que la branche d’Able se tarit par la vente de ses titres et biens par Marie de Nègre d’Able (cf. I.5).  Il épouse en 1747 à Mont Louis Marguerite d’Areix de La Barthe, (fille de Pierre de la Barthe, trésorier de France et seigneur d’Antugnac, et de Marie Roger de Caraman) avec laquelle il aura 11 enfants (certains leur en attribuent 5 ou 6 de plus mais il s’agit d’enfants d’un Jean NEGRE et de Françoise Berniolle, ce qui n’a rien à voir avec la famille de NEGRE du Clat !!).

Outre ses biens à Belcaire, il exploite le domaine de la seigneurie d’Antugnac. Mais, à la révolution, outre son frère Martial qui s’associa aux révolutionnaires, son fils  aîné Michel Jean Georges fut pourchassé et dut s’exiler en Espagne ou il fut tué ; l’une de ses filles eut un enfant avant mariage... tous ces faits le firent sombrer dans le chagrin qui causa certainement sa mort le 13 germinal an II (2 avril 1794) à Belcaire. La famille sortit finalement éprouvée par la révolution d’ou émergeât seulement Marie Joseph  de NEGRE (III 4) Sieur de Dilhac, 6ème enfant de la famille. Outre ce dernier, celle ci comprenait donc 3 autres garçons :

- Michel jean George de NEGRE, l’aîné, né en 1748 à Belcaire, fut baron du Clat et d’Antugnac ; brigadier mousquetaire « gris » garde du corps du Roi, chevalier de Saint Louis. Il obtint, en 1769, le renouvellement du droit de chasser sur tout le pays de Sault et Comté de Foix, lequel fut établi au nom du Roi par Louis Jean Marie de Bourbon Grand Veneur de France.
Il  intentât un procès contre les magistrats et marguilliers de Belcaire. Se prévalant d’un édit royal de 1643 il exigeait  d’une part que les marguilliers (laïcs chargés de l’administration et de l’entretien de l’église et qui formaient avec des représentants du clergé le conseil de fabrique) apportassent à lui et à sa famille un « pain bénit de distinction immédiatement après le clergé, le seigneur du lieu et sa dame et d’autre part de disposer d’un rang honorifique aux prédications, processions et autres cérémonies de l’Eglise. L’affaire fut portée devant la prévotée de l’hôtel du Roi (au niveau national) qui condamna François Foulquier juge de la justice seigneuriale de Belcaire qui avait refusé dans un premier temps de lui accorder ces faveurs, Gabriel Serda procureur fiscal à cette même justice , Marc Caussou et François Lacube marguilliers à payer solidairement 100 livres à Michel de NEGRE pour l’avoir troublé dans ce droits. Ce procès nuisit localement à l’image de Michel de NEGRE « Messire le mousquetaire eut mieux fait de mériter les honneurs qu’il voulait plutôt que les revendiquer avec tant d’arrogance » ! Il n’est pas étonnant qu’il fut ensuite pris à partie lors de la révolution et qu‘il dut quitter Belcaire.
Il émigre en Espagne après être passé par le Bretagne avec son cousin, de Mauléon (de Nébias) et prend le commandement d’un groupe d’émigrés appuyant l’armée espagnole. Il fut tué au combat en 1793, lors de la guerre contre les armées révolutionnaires françaises dans la région de Collioure. Ses biens, dont le château de Belcaire, furent alors saisis.
 - Louis Pierre Martial de NEGRE (o 1751) également mousquetaire du Roi qui tenta bien de récupérer les biens de la famille saisis pendant la révolution, mais moyennant le paiement de 42000 livres il ne put s’octroyer que ceux provenant de sa mère. Ceux de la famille de NEGRE, dont le château, restèrent propriété de  l’état et furent vendus par la suite.
  - Antoine Suzanne de NEGRE (o 1752), il signe sieur de La Serre au baptême de sa sœur Anne victoire en 1768, dont il est le  parrain (on note par ailleurs un décès  à Belcaire d’un sieur de La Serre porté avec le prénom de Jean joseph  en 1787 à 35 ans ; est ce bien le même ?), militaire, fut garde du corps du Comte de Provence, futur Louis XVIII .
et 7 filles   - Marguerite de NEGRE (o 1749) ;
  - Elisabeth de NEGRE (o 1753) mariée le 30 vendémiaire an 10 (1801) à Jean Lassalle marchand drapier de Chalabre ;
 - Jeanne victoire de NEGRE (o 1756) ;
  - Marie Josèphe de NEGRE (o 1763) dite Mademoiselle d’Antugnac et mariée le 27 brumaire an IV (1795) à Hyacinthe Triers, originaire de Chalabre mais installé à Belcaire ;
  - Marie Thérèse de NEGRE (o 1764 -T 1835) mariée en 1790 avec  Gabriel Boudin, receveur des domaines; à cette occasion fut légalisée la naissance quelques mois avant, de leur fils  Jean Gabriel baptisé à Mirepoix; ceci avait provoqué le courroux de son père Jean Jérôme qui refusa ce mariage mais qui dut s’incliner par saisine du notaire Pugens. Elle fut certainement la dernière de NEGRE du Clat à porter ce nom à Belcaire.
  - Anne Victoire de NEGRE (o 1768) dite Mademoiselle de La Serre, mariée  le 9 ventôse an V (1797) à  Benjamin (Molinier de) Montplanqua lequel devint receveur des contributions indirectes et fut nommé successivement au Puy, à Gaillac, à Saint Hippolyte du Fort et termina sa carrière à Issoudun (Indre). C’était le 15eme et dernier enfant de Jean jacques Molinier de Montplanqua, capitaine d’artillerie et  Marguerite Bosc de Saissac
 - autre Marguerite de NEGRE (o 1771)

III 4  Marie Joseph de NEGRE, sieur de Dilhac, né à Belcaire en 1755, fut le seul fils de Jean Jérôme à assurer une postérité connue. Il épouse  en 1786 à Villetritouls, Marguerite de Gayraud fille du seigneur de ce lieu, qui descendait de la famille de Gayraud anciens seigneurs du Clat. Elle lui apporte titre et biens. Mais elle décède quelques mois après le mariage. Marie Joseph se remarie alors vers 1790 avec Rose Henriette d’Hélie de la paroisse de Saint André annexe de Pieusse. Il reste à Villetritouls ou il occupe le château au titre de seigneur du lieu. Il devient maire de Villetritouls mais doit démissionner à la révolution. Il s’appelle désormais Nègre, subit diverses menaces et restrictions mais reprend ensuite sa fonction de maire qu’il exercera jusqu’a sa mort en 1826 à Villetritouls ; il ne retournera plus à Belcaire. D’ailleurs le château de Belcaire préalablement saisi fut en effet vendu par l’Etat en 1813 (et acheté par Jean baptiste Pugens) et tous les autres biens  de l’ancienne famille de Negre suivirent. Trois siècles d’histoire de cette famille de Belcaire se terminaient ainsi.
Marie Joseph de NEGRE reprit dès l’avènement de l’empire le nom de « de NEGRE » puis à la restauration celui de « de NEGRE du Clat ».Il assurât une descendance qui conservera ce nom, complété par le titre de baron. Cette descendance constitue une nouvelle branche de la famille, à partir de Villetritouls, les barons de NEGRE du CLAT, laquelle va se répartir dans plusieurs endroits de France. Cette branche est la seule héritière de la seigneurie royale de Nègre du pays de Sault.

IV – LES BARONS DU CLAT

La baronnie du Clat, constitue donc la dernière branche contemporaine issue de la seigneurie de NEGRE. Elle a pour origine Marie Joseph de NEGRE qui le reprit le titre de Baron du Clat ; sa descendance gardât donc ce titre ; de son mariage avec Rose Henriette d’Helie, naquirent à Villetritouls, 6 enfants.
  - Jean Jérôme de IV NEGRE l’aîné, né en 1793 ; il avait été militaire  dés 1813 dans le 3eme régiment des gardes d’Honneur de l’Empereur; mais il retourne à Villetritouls après le traité de Paris en 1814 qui signe la défaite de Napoléon et son transfert à l’île d’Elbe. Il succédât à son père, à sa mort, en qualité de maire de Villetritouls pendant quelques années. Il épouse Marie Resseiguier originaire de ce village, mais qui habitait à Tournissan ; ils eurent un fils Marie Dieudonné né en 1828. Il et étonnant de constater que leur promesse de mariage fut enregistrée en décembre 1831. A partir de cette date, il n’existe pas d’éléments permettant de connaître son devenir. Ce qui est sur, c’est que le titre de Baron du Clat fut porté par son frère cadet Pierre Louis Martial de NEGRE (IV 1).
Les autres enfants étaient :
  - Rose Sophie  (o  2 prairial an 2 -1794- T ?) mariée en 1845 à François Viguier de Fanjeaux, maréchal des logis alors en retraite ;
  - Louise Elisabeth (o  4 floréal an 7-1799- et décédée au château de Donos commune de Thézan Corbières en 1876) qui s’était mariée en  1830 avec Paulin de Martrin Donos ;
  -  Louis George Michel (o 21 brumaire an X 1801) était militaire ; on le retrouve dés 1820 dans le 14 ème chasseur (cavalerie). Il fit la campagne d’Espagne en 1823 puis devient garde du corps du roi, compagnie de Noailles basée à Versailles dés 1826 (ou il y rejoint son frère Pierre louis Martial). Il quittera l’armée et épousera en 1839 à Laure Minervois Anne Claire Tallavignes  demeurant à la Métairie Basse dans cette commune;  (le mariage fut reporté une première fois en raison de l’opposition du père de la mariée Barthélemy Genest Tallavignes ; il a fallu recourir au tribunal pour obtenir le droit au mariage); le couple s’installera ensuite au château de Rivière, commune de Caunes Minervois  appartenant à la famille Tallavignes, (alors que le château et les propriétés de Villetritouls n’appartenaient plus à la famille de Nègre car vendus dés 1838). Le château de Rivière sera ensuite la propriété de Germain Sicard (Sicard de Rivière), paléontologue réputé, fondateur de la société scientifique de l’Aude et marié à Marguerite Paule Tallavignes (née à Montréal –Aude).
        - Jean François (o 7 germinal an XIII 1805) postérité inconnue.

IV 1  Pierre louis martial de NEGRE baron du Clat, né en 1796 devient militaire -régiment des chasseurs d’Angoulême à Toulouse qui prit le nom de chasseurs des Pyrénées. Après avoir accompagné le duc d’Angoulême (futur Charles X),  il entre dans les gardes du corps du Roi compagnie de Noailles; il s’installe dans l’Indre à d’Issoudun, où il épouse  le 20 juin 1830, Françoise Virginie Chevalier  fille de Guillaume Chevalier avocat. Il sera décoré de la légion d’honneur en 1838. Il meurt à Issoudun en 1874. Deux enfants :
  - Une fille Marie Henriette (o 1831 à Issoudun) mariée en 1854 à Issoudun à Charles Baucheron de Boissoudy  résidant à Sully sur Loire et un fils :

IV 2  Clément Marc Philippe Camille de NEGRE Baron du Clat, né à Issoudun en 1834, devient comme son père militaire. Capitaine des dragons, il fut ensuite aide de camp du général Euzenon de Kersalaun (1862) puis du général Rose (1870) ; il fut fait prisonnier lors de la guerre de 1870 contre l’Allemagne. Libéré, il devient alors aide de camp du général Bourbaki lorsque celui ci fut nommé comme gouverneur militaire de Lyon en 1871. Nommé chef d’escadron de la cavalerie à l’état major du 12ème corps d’armée, il est chevalier de la légion d’honneur (1871) et décoré d’autres ordres honorifiques ou caritatifs étrangers : saints Maurice et Lazare d’Italie, François Joseph d’Autriche, de N.D. de Villa-Vicosa du Portugal, de Sainte Anne de Russie et de Saint Olaf de Norvège. Il décède le 20 décembre 1880 à  Limoges à l’âge de 47 ans. Il était marié à Issoudun le 26 juin 1872 à Marguerite Marie Bourin, fille de Charles Bourin, Conservateur des hypothèques, qui possédait le château de Villejovet à Ardentes (36). Celui ci fut habité par Marguerite Zoé Grillon Desormeaux sœur de Charles Bourin, puis revint à  Marguerite Marie  Bourin devenue  par son mariage, Camille de NEGRE baronne du Clat.

IV 3 Charles Henri Martial de NEGRE Baron du Clat, fils du précédent, né en 1874 à Lyon,  (décédé à Ardentes château de Villejovet en 1962), est également militaire (régiment des Chasseurs). Il épouse en 1902 à Orléans Henriette Dugaigneau de Champsvallins, fille d’avocat d’où 5 enfants, tous nés au château de Villejovet à Ardentes (36) :1 fils l’aîné, Robert de NEGRE et 4 filles :
      - Monique (o 1907 – T 2007 Châteauroux) épouse en 1941 Henri de Saporta (veuf de Jeanne de Toisy)) ;
      - Louise (o 1908 – T 1938 Paris) ;
       - Solange (1910) religieuse ;
       - Jeanne (1912).
Veuf en 1918, Charles Henri Martial de NEGRE se remarie en 1920 à Paris avec Marie La Conte (Veuve Lelorrain).

IV 4 Robert de NEGRE Baron du Clat,  épouse en première noce N Perronet (d’Ars) puis en deuxième noce  Françoise Claire Sunhary de Verville (originaire de Marseille ; laquelle se remarie en 1946 à Jacques de Fabry-Fabrègues).

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