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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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15 septembre 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Après le reportage sur Conques-sur-Orbiel et le château des Saptes, nous restons dans le Cabardès au pied de la montagne Noire, et je vous propose de découvrir encore un superbe village : ARAGON-EN-CABARDÉS. Je ne peux que vous conseiller de visiter cette magnifique région, il y a tant de choses à voir et à découvrir. Et, c'est sans compter sur les bons vins (AOC) de pays et produits du terroir que vous offre les producteurs locaux, qui chérissent l'héritage de leurs ancêtres.

Si vous avez d'autres photos d'Aragon, je peux éventuellement compléter ce reportage, n'hésitez pas à me contacter.

J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

Le village d'Aragon en Cabardès se situe à 15 km de Carcassonne, 92 km de Toulouse, 87 km de Foix, 72 km de Narbonne, 101 km de Béziers, 160 km de Montpellier et 206 km de Cahors.

Aragon en Cabardès se situe au pied de la montagne Noire dans un magnifique secteur viticole, très belle région qu'il faut absolument visiter.

Zoom sur la carte, extrait carte IGN.

Une vue aérienne du village d'Aragon en Cabardès.

Blason du village d'Aragon en Cabardès.

Blason du village d'Aragon tel qu'il figure dans l'armorial général de France par Charles d'Hozier en 1696.

Voici trois magnifiques  panoramas d'Aragon en Cabardès.

 

 

 

Ancienne résidence d'évêques cathares, ce charmant petit village de roc et de soleil, Aragon, isolé par de profonds ravins, s'étage tel un amphithéâtre dont les maisons sont serrées en gradins au milieu d'un paysage ponctué de capitelles.

Le village d'Aragon offre aux yeux du touriste l'aspect le plus pittoresque. Orienté au Midi, toutes les fenêtres de ses maisons sont largement ouvertes comme pour sourire aux rayons d'un bienveillant soleil. Il domine les ruisseaux du Trapel et de La Valette sur les bords desquels de nombreux jardins potagers, en contrebas du village, offrent aux passants de magnifiques couleurs.

Aragon en Cabardès, au petit matin, vu de la route de Villegailhenc.

Aragon en Cabardès, au Sud, vu de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, traversée du pont enjambant le ruisseau de La Valette et à droite la rue de la mairie.

Aragon en Cabardès, à gauche on aperçoit les deux tours carrées du château, et à droite, le clocher de l'église Sainte-Marie.

Aragon en Cabardès, vestiges du moulin de Vignore.

Aragon en Cabardès, vu de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, coté Nord. 

Aragon (Argon en occitan). La commune est également appelée Aragon-en-Cabardès, mais cette appellation n'a qu'un simple caractère d'usage.

Ses habitants sont les Aragonais(es). En 2013, la commune comptait 421 habitants. En 1821, la commune connaissait son plus fort taux de population avec 708 habitants.

Aragon est situé à 9 km de Conques-sur-Orbiel, à 13 km de Carcassonne, à 15 km d'Alzonne et à 18 km de Saissac.

Aragon situé à 15 minutes de Carcassonne, est au cœur du vignoble du Cabardès, la nouvelle AOC du Languedoc. Sentier botanique, circuits pédestres et VTT vous mèneront à la découverte des "capitelles", cabanes en pierres sèches, sur des plateaux calcaires couverts de garrigue. Au sein du village fortifié, découvrez le prieuré, l’église gothique et ses bois peints du XIIIème siècle, la façade du château seigneurial, le musée des vieux outils vignerons, l’espace "Pierre Sèche et Architecture Rurale", ainsi que les stèles discoïdales dans le jardin du curé.

Le toponyme d'Aragon vient probablement de l'endroit qui a conservé à travers son nom le souvenir d'un certain Arago qui aurait possédé là un vaste domaine agricole au premier millénaire. Aragon pourrait être une Aragonis terra (terre d'Arago). La forme du nom s'explique par le fait que les noms propres se déclinaient aussi en latin. Pour être complets, il existe une autre théorie étymologique qui veut que le village tienne son nom de la province d'Aragon en Espagne qui, au haut Moyen-Âge, exerçait son autorité sur la région.

Aragon en Cabardès, la tour aux colombes, impasse près de la place Hiero Dal Col.

 

Aragon en Cabardès, à gauche, la tour aux colombes. A droite, la côte de pech Marie (cliquez sur les photos pour les agrandir).

  

Aragon en Cabardès, à gauche, rue de la mairie et rue du Rocher. A droite, passage voûté rénové, (cliquez sur les photos pour les agrandir).

Aragon en Cabardès, rue du Paro où se trouve le château au fond.

Aragon en Cabardès, la côte de pech Marie.

Aragon en Cabardès, la rue du Rocher, qui monte vers l'église.

Le village d'Aragon a la partie Nord en bordure du ruisseau du Trapel, bâtie sur un mur rocheux datant de la période lutétien supérieur, d'une hauteur de 15 à 30 mètres. Ce mur naturel servit de défense au château du moyen-âge qui s'élève sur le point le plus culminant.

La commune d'Aragon appartient au canton d'Alzonne. 

Le village est cité dans les documents dès 1126 et 1203 et le château dès 1287. Aragon comme beaucoup d'autres villages de la région, a eu à souffrir des guerres de Religion. 

La forteresse qui protégeait jadis Aragon, construite vers 1126, sur un mamelon isolé, était fort bien placée et sa situation en faisait un point inexpugnable

Ses antiques remparts qui ont pendant de longs siècles subis d'incessantes transformations, ne conservent plus aujourd'hui, que quelques traces de l'architecture militaire des XVIème et XVIIème siècles.

Aragon en Cabardès, vu du Sud route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, zoom de la photo précédente.

Au Xème siècle, Aragon appartenait à l'abbaye de Montolieu elle-même sous la dépendance de l’abbaye de Caunes-Minervois. C'est à partir du début du XIIème siècle, que l'on trouve trace des seigneurs d'Aragon. Au début du XIIe siècle, les premières chartes des seigneurs d’Aragon apparaissent : Guilhem Roger est le premier membre connu de ce lignage. Dans les années 1126-1127, et en récompense de ses loyaux services, il reçoit du vicomte Bernard Aton Trencavel comte de Carcassonne, la garde de l’une des tours de la Cité de Carcassonne.

En 1255, lettres du roi Saint-Louis, par lesquelles il mande au Sénéchal de s'enquérir de la terre qui avait appartenu à Peteuin de Aragon (trésor des chartes du roi, cité de Carcassonne).

Plus tard, en 1269, Pierre d'Aragon, restant fidèle au Saint-Siège, se joignit à Simon de Montfort pour s'emparer des châteaux de Montréal et de Fanjeaux.

Les seigneurs d’Aragon sont largement possessionnés, ils possèdent alors de vastes domaines. Leurs biens s’étendent depuis la vallée du Fresquel jusqu’aux contreforts de la Montagne Noire. Leurs revenus sont multiples, liés à l’exploitation forestière, aux mines, aux droits de pacage. Ils ont tissé des liens privilégiés avec l’abbaye voisine de Montolieu et, plus généralement, avec le clergé. Mais, ils sont également acquis à la cause cathare comme en témoignent les dépositions faites devant les Inquisiteurs. La famille d’Aragon parait résider dans le village et assister aux prêches cathares. Cette dernière est souvent évoquée à propos du catharisme languedocien et de la croisade contre les hérétiques. 

La famille d’Aragon, suspectée d’hérésie, fut dépossédée de ses biens par l'Inquisition, mais en recevant toutefois un dédommagement financier. Son fief fut alors partagé entre le domaine royal et l'évêché de Carcassonne mais, même sans la protection des seigneurs, le catharisme perdurera à Aragon, y compris de façon clandestine.

Ces seigneurs pâtissent aussi de leur homonymie avec le royaume d’Aragon, qui entraîne parfois une certaine confusion ou des erreurs d’identification. On évoque la venue dans cette localité de l’évêque cathare, Bernard de Simorre (2ème évêque cathare au début du XIIIème siècle, il participe à une conférence contradictoire avec les légats du pape en 1204, puis avec l’abbé de Citeaux en 1207 ; il est attesté jusqu’en 1224). Le fief d’Aragon entrera pour partie dans le domaine royal et dans le domaine de l’évêque de Carcassonne.

En 1201, transaction passée entre Pierre d'Aragon et Raymond, comte de Toulouse.

Plusieurs traités furent signés en 1229 entre le comte de Toulouse et le comte de Foix. 

  

Aragon en Cabardès, à gauche vu de la route de Pennautier D203. A droite, vu de la route de Villegailhenc D935, (cliquez sur les photos pour les agrandir).

Aragon en Cabardès, vestiges du moulin de Vignore.

En 1209, lors de la Croisade des Albigeois, Simon de Montfort bataillant et assiégeant tous les châteaux du Cabardès les uns après les autres, les seigneurs Albigeois voyant leurs forces diminuer tous les jours résolurent de demander secours au roi d'Aragon qui se trouvait alors à Montpellier, et de lui prêter foi et hommage s'il les délivrait de Simon de Montfort. Le roi d'Aragon exigea d'abord qu'on lui livrât les forteresses du Cabardès, ce qui fut refusé et mit fin aux négociations. La demande du roi d'Aragon montre quelle importance on attachait alors aux tours du Cabardès. 

Jeanne de Foix épousa avant 1331 Pierre Joseph d'Aragon.

Le XIVème siècle sera marqué par le procès dit des "Devois", désaccord opposant la communauté d’Aragon à celle de Fraisse-Cabardès quant à la propriété de terrains servant de pâturage aux troupeaux. Le litige durera, par épisodes, de 1373 à 1840, date à laquelle le tribunal de Montpellier ordonnera le partage de ces terrains entre les deux localités.

Au XVIème les luttes religieuses se déchaînèrent, le village d'Aragon fut pris en 1575 par les huguenots qui l'occupèrent, le vicomte de Paulin étant à la tête des Religionnaires. Entre temps le duc de Turenne l'avait repris en 1580, il fut encore au pouvoir des protestants le 6 octobre 1588, le seigneur se sauva par la fenêtre.

Le village connut une période de prospérité à la fin du XVIIIème siècle lorsque des métiers à tisser destinés à fournir les drapiers carcassonnais apportèrent des revenus supplémentaires à la communauté agricole. Il y avait plus de soixante métiers à tisser à Aragon à cette époque.

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie. 

 

L'ÉGLISE SAINTE-MARIE D'ARAGON-EN CABARDÈS

 

L'église paroissiale d'Aragon est dédiée à la Vierge ; la cure, autrefois, avant la révolution de 1789, était à la collation de l'évêque de Carcassonne sous le vocable de Notre-Dame de Lavoye.

L'église ogivale, basse, allongée, de style gothique primitif  languedocien repose sur les anciens remparts. 

En effet, l'église est construite sur la plateforme qui couronne le sommet de la colline où est bâti le village. Par suite de l'étroitesse et de la disposition de cet emplacement, il a été impossible de l'orienter d'une façon exacte, et son chevet se trouve à l'Est-Sud-Est. L'édifice paraît être en grande partie du 1er quart  du XIVème siècle, certaines parties des murs semblent cependant plus anciennes.

Le 17 août 1511, Pierre d'Auxillon, évêque de Carcassonne visite l'église d'Aragon.

Les dimensions principales de l'église sont : longueur de la nef 21,50 m ; largeur sans les chapelles 7,60 m ; longueur du sanctuaire 7,60 m ; largeur du sanctuaire 7,60 m ; largeur des chapelles 4,75 m ; profondeur des chapelles 2,30 m ; hauteur de la voûte de la nef  7,30 m ; hauteur du clocher 15,60 m.

  

Aragon en Cabardès, à gauche, l'entrée sud de l'église. A droite, l'église Sainte-Marie (cliquez sur les photos pour les agrandir).

Elle se compose d'une abside à cinq pans, éclairée par cinq belles fenêtres à meneaux dont les remplages forment des arcs tréflés accusant nettement le milieu de l'époque gothique. Les vitraux sont modernes. La voûte, supportée par des ogives toriques en amande et dont l'arête se termine par un méplat, donne bien la date de construction de l'édifice.

La nef est formée de quatre travées barlongues, séparées par de puissants et massifs doubleaux à profil carré. La voûte est soutenue par des ogives en pierre de forme très simple retombant sur des cul-de-lampe pyramidaux, au vu de la forme de ces culs-de-lampe, il semble que la voûte postérieure à la construction de la nef fut construite au XVème siècle.

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie, l'accès au parvis Nord.

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie, le parvis Nord.

En septembre 1890, fut démolie une ancienne sacristie voûtée. On prétend qu'elle n'avait aucun caractère architectural. Une nouvelle sacristie fut construite entre deux contreforts de l'abside, côté méridional. Le plan des travaux signale sur cet emplacement un ancien mur de l'enceinte fortifiée qui se soudait au premier contrefort d'angle de l'abside et s'éloignait vers le Sud (Arch. de l'Aude, Fonds communaux V2).

Une importante restauration a fait découvrir une charpente peinte au début du XIVème siècle (voir photos ci-après).

 

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie, porte la plus ancienne avec sa croix de pierre (cliquez sur les photos pour les agrandir).

En1899, une porte fut percée au Midi de la première travée ; une deuxième porte en plein cintre et ancienne, s'ouvre sous un porche au Nord de la deuxième travée.

Quatre chapelles, voûtées d'ogives en pierre renforcées de formerets, s'ouvrent au Midi de la deuxième et de la quatrième travée, et au Nord de la troisième et de la quatrième. Bien que de date ancienne, elles sont postérieures à la nef.

Le clocher, placé au Sud, de la deuxième travée et surmontant une sacristie, est une tour massive à base carrée contemporaine de l'église.

Dans la quatrième chapelle, côté épître, se trouve une belle statue en bois du XVème siècle, représentant la Vierge et l'Enfant Jésus, d'un mètre vingt sept de hauteur, cette statue classée a figuré à l'exposition d'art religieux audois de Carcassonne en 1935.

Lors d'une restauration importante, une charpente peinte fut mise à jour, datant du XIVème siècle. Les corbeaux peints soutenant cette charpente furent rénovés.

 

Les corbeaux peints furent enlevés et nettoyés pour être remis en place ensuite.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle, ici une noble dame.

Aragon en Cabardès, le prieuré et ses terrasses.

Aragon en Cabardès, l'entrée du prieuré.

Aragon en Cabardès, le prieuré et ses terrasses.

Aragon en Cabardès, nous entrons dans le jardin du curé, je vous invite sur un site reposant.

Aragon en Cabardès, les stèles discoïdales situées dans le jardin du curé. 11 stèles discoïdes ont été trouvées dans l'ancien cimetière. Elles étaient intégrées dans le mur de clôture. Un espace engazonné a été aménagé devant l'église, "l'Hort del Riton", (jardin du curé) et présente des moulages des stèles. L'une d'elles présente sur une face de son disque une forme triangulaire, pointe dirigée vers le bas. Cette représentation pourrait suggérer le soc d'une araire, appelé "relho". Sur son autre face une croix latine. La majorité des stèles porte une croix grecque évasée ou pattée.

Aragon en Cabardès, le jardin du curé.

Aragon en Cabardès, à l'ombre du jardin du curé.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, le jardin fleuri du curé.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale. Cet ensemble de stèles discoïdales, paraît dater d’une période comprise entre le XIIème et le XIVème siècle.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

  

Aragon en Cabardès, à gauche, photo prise du Sud-Ouest, avec le pont sur le ruisseau de La Valette. A droite, le clocher de l'église Sainte-Marie, celui-ci est éclairé par des baies en arc brisé, est caractéristique de cette architecture. Il renferme une très belle cloche du XVIIème siècle.

Aragon en Cabardès, le château au centre du village.

 

LE CHÂTEAU D'ARAGON-EN-CABARDÈS

 

Le château se trouve sur le sommet de la colline dans le prolongement et à l'Ouest de l'église. Il ne reste rien des constructions du Moyen-Âge. Cet ancien château disparut probablement à l'époque des guerres de religion. Seul, à l'Ouest, un fragment de mur d'une épaisseur d'un mètre soixante subsiste et une partie attenante du fossé, nous montrent que l'ancienne forteresse féodale couronnait tout le sommet de la colline.

Le château actuel est une construction en grande partie des XVIème et XVIIème siècles. Dans la cour intérieure, on voit encore un vieux puits du XVIIème siècle, dont la poulie est soutenue par une sorte de corbeau en forme de gargouille représentant une tête de lion. Des arcades renaissance bordent cette cour ; on y remarque aussi des traces de grandes fenêtres de la même époque. Dans l'intérieur de la maison, on voit de vieux plafonds à la française et une vaste cheminée ornée de cordelières et rubans sculptés, dénonçant l'époque Louis XVI.

Celle vieille demeure, bien que fort délabrée, conserve encore un certain cachet de noblesse. Il semble qu'elle ait été aménagée dans l'état actuel après les guerres de religion, peut-être par la maison de Maurel  qui la posséda du XVIème au XVIIIème siècle.

Aragon en Cabardès, le château au centre du village. Le château d'Aragon est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Il ne reste qu'un fragment de mur de l'édifice médiéval, l'édifice actuel date de la fin du XVIème et début du XVIIème siècle.

Aragon en Cabardès, une des fenêtres du château.

Aragon en Cabardès, façade du château.

  

Aragon en Cabardès, le château. (cliquez sur les photos pour les agrandir)

 

CROIX ANCIENNE D'ARAGON-EN-CABARDÈS

Une vieille croix de chemin en pierre datant du XVIème siècle, classée par arrêté du 21 septembre 1932, se trouve au bas du village sur la place publique. Cette croix en pierre d'une facture très simple, porte d'un coté le Christ et de l'autre la Vierge. Les bras de la croix sont de section octogonale. La hauteur totale au-dessus du socle est de 2,30 m ; le bras horizontal mesure 0,70 m.

 

A VOIR AUSSI :

- L'Espace Pierre Sèche. Situé à proximité de l'église, l'Espace Pierre Sèche et Architecture Rurale (EPSAR) est un petit musée et centre d'interprétation de la pierre sèche. Des panneaux, vitrines, maquettes et film présentent l'utilisation de la pierre sèche dans l'architecture rurale.

- Le Musée des vieux outils vignerons.

- Jardin médiéval, celui-ci évoque les jardins du Moyen-Âge (XIIIème-XIVème siècle) il est situé en contrebas de la rue du Paro. Il permet de redonner un décor approprié à l’entrée de la zone haute du village, formant autrefois le castrum.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud-Ouest.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud-Est, en venant de la route de Villegailhenc D935.

Aragon en Cabardès, vu du côté Sud-Est.

 

LES CAPITELLES D'ARAGON EN CABARDÈS

 

Aragon en Cabardès, berger et son troupeau dans la garrigue avoisinante.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord-Est du village.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord-Est du village.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord-Est du village.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord du village.

Aragon en Cabardès, capitelle à l'Est du village.

Aragon en Cabardès, une Garenne aux environs du village.

Espace pierre sèche et architecture rurale, nous avons ici ce que l'on appelle "La Garenne", c'est une petite construction jouxtant le plus souvent une cabane, c'est un gîte aménagé pour inciter les lapins de Garenne à s'y installer. De petites galeries ont été prévues à l'intérieur lors de la construction. Elles ont une ouverture sur l'extérieur en partie basse et débouchent à l'intérieur sur un ou plusieurs puits de diamètre plus conséquent. Après avoir laissé les lapins prendre possession des lieux et y nicher on peut aisément prélever de quoi agrémenter l'ordinaire familial par un civet ou lapin rôti. Le ou les puits, habituellement fermés par une pierre plate, permettent au propriétaire, après avoir occulté les entrées de se saisir des animaux. Cette manière de procéder, respectant l'équilibre entre l'offre et la demande, a permis autrefois à une population trop souvent en manque de nourriture carnée de disposer, gratuitement, d'une ressource contrôlée et d'accès aisé.

Aragon en Cabardès, vu du Sud à partir de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, vu du Nord.

Aragon en Cabardès, vu de la route de Villegailhenc D935.

Aragon en Cabardès, vu du Sud à partir de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, vestiges du moulin de Vignore.

 

ARCHÉOLOGIE

- Des vestiges datant de l'Âge du Bronze (2000 av. J.-C.) auraient été trouvés dans une grotte  sépulcrale à l'aplomb du mur naturel Nord cité ci-avant. Quatre crânes et des ossements humains disséminés dans toute l'étendue de la grotte, furent découverts. La partie Est a livré un squelette presque complet couché sur le côté droit, les jambes un peu repliées sur elles-mêmes. Une mince dalle fruste de micaschiste avait été placée sur la partie supérieure du corps et recouvrait la tête jusqu'aux épaules. Le criblage des terres a donné une palette de schiste gris de 0m12 de côté, un double bouton provenant d'un galet en phyllade dont la partie médiane a été usée par polissage, 17 perles en test de cardium, six pointes de flèche en silex de formes variées, un lampania percé dé deux trous, une petite hache votive polie sur toutes ses faces longueur 40 mm et un fragment de poterie décorée par des picots rectangulaires formant des triangles sans base. Cette poterie permet au prospecteur A. Fages, de dater la sépulture de l'époque du Bronze, opinion confirmée par la présence d'un minuscule fragment très oxydé et indéterminable.

Vestiges retrouvés dans la grotte d'Aragon en Cabardès ©Ch. Boyer.

- On a découvert aussi près d'Aragon en 1820, en défonçant un champ appartenant à M. le baron Peyrusse (section D, n°427), une plaque de marbre ainsi décrite dans le Cartulaire (Mahul tome 1 page 46) : V(ivens), L(ucius), Cornel(ius). Sibi et Rutiliae Exorat(ae). Il s'agirait un fragment d'inscription funéraire gallo-romaine. Ce morceau de marbre était au fond d'une tombe formée des briques à crochet.

- Vers 1898, petites amphores furent trouvées sur le territoire de la commune d'Aragon, au terrain Bouscasse, provenant sans doute de sépultures gallo-romaines. L'une d'entre elles contenait des pièces de monnaie malheureusement égarées.

Aragon en Cabardès, vestiges de l'enceinte médiévale et fossé sec, avec une porte d'accès au castrum. Sur ce lieu il y a aussi un jardin médiéval. 

Aragon en Cabardès, vestiges de l'enceinte médiévale et fossé sec.

Aragon en Cabardès, vu côté Est.

La campagne et vignobles entourant Aragon en Cabardès.

Panorama vu d'Aragon en Cabardès.

Aragon en Cabardès, et la chaîne pyrénéenne au fond.

Aragon en Cabardès, vu côté Ouest, du chemin de la Moulinasse.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud-Ouest.

D'Aragon en Cabardès, on aperçoit le pech de Bugarach sur la droite.

Aragon en Cabardès, côté Sud.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud, de la route de Pennautier D203. Photo prise en HDR (high dynamic range).

Le château d'Aragon en Cabardès.

 

LES SEIGNEURS D'ARAGON-EN-CABARDÈS

 

- En avril 1126, Guillaume Roger d'Aragon est au nombre des châtelains de Carcassonne, qui jurent fidélité à Bernard Aton, vicomte, à Cécile, vicomtesse, et à ses enfants (archives du château de Foix). Ce Guillaume Roger d'Aragon on le retrouve dans plusieurs actes : en février 1136, en novembre 1136, en avril 1144 où il rend hommage à Roger de Béziers, en 1153 où Guillaume d'Aragon et Roger son frère, signent à un Plaid sur les différents entre les seigneurs de Cabardès et Raimond de Trencavel, comte de Carcassonne, lequel se retient la suzeraineté du château d'Aragon, jusqu'en 1184 Guillaume Roger d'Aragon figure sur des actes.

- Ensuite en décembre 1191, ses frères gèrent la seigneurie, Eléazar d'Aragon aîné, Arnaud d'Aragon, Pierre d'Aragon, sont du nombre des chevaliers de la vicomté de Carcassonne, réunis à Sausens et jurent fidélité à Raymond Roger fils de Roger, vicomte de Béziers

- En 1209, un seigneur du pays, nommé Pierre d'Aragon rejoint la suite du Légat du Saint-Siège et contribue à la reddition de Montréal et de Fanjeaux à Simon de Montfort.

- En 1236, Guillaume d'Aragon, fils de noble Pierre d'Aragon, acquiert, de l'abbé de Montolieu, un fief à Villardonnel.

- En 1243, Bernard d'Aragon concourt à une sentence arbitrale entre l'abbé et les habitants de Montolieu, touchant la ruine de cette ville par Trencavel.

- En 1247, vente par le Sénéchal de Carcassonne à l'abbé de Montolieu, des biens autrefois possédés, à Ventenac, Villardonnel, Bordes, Ressabitz et Serieys, par Pierre d'Aragon et ses fils, Guillaume et Elzéar d'Aragon, confisqués pour cause d'hérésie.

- Décembre 1249, Roger d'Aragon, fils de feu Roger d'Aragon, est nommé parmi les barons et les chevaliers de la province du Languedoc, dans l'acte de serment de fidélité prêté à Alfonse, comte de Toulouse, et à Jeanne, sa femme ; acte qui amena la réunion du comté de Toulouse à la couronne de France.

- En 1273, procédure concernant les biens confisqués à Roger et Arnaud d'Aragon, faydits.

- En 1378, on trouve un Bernard Textoris, coseigneur d'Aragon.

- En juillet 1414 et septembre 1421, sont cités Bernard Boërij, chevalier, fils et héritier de Pierre Boërij, coseigneur d'Aragone et de Montéclaro.

- En 1453, Arnaud Dax, acheta la seigneurie d'Aragon à noble Guillaume Mathieu seigneur de Villegly et d'Aragon.

- En 1467, échange fait en Mathieu de Grave, seigneur d'Aragon et de Félines, d'une part, et Bernard de Corsier, seigneur de Cesseras, pour la place d'Aragon et ses dépendances.

- En 1477, noble Mathieu de Grave, seigneur de Malves, d'Aragon et de Félines, épouse Perrette de la Jugie.

- En 1582, Jacques de Grave est seigneur de Villegly et d'Aragon.

- En 1647, Jean Antoine Capriol est seigneur d'Aragon.

- En 1663, David de Chateauverdun est seigneur d'Aragon.

 

LA FAMILLE DE MAUREL SEIGNEURS D'ARAGON-EN-CABARDÈS :

Blason de la famille de Maurel.

Blason, armes d'Aragon : "Porte d'azur a un chevron d'or, accompagné de trois molettes de même, 2 et 1", ces armes sont identiques à celle de Bernard de Beaumont originaire de Flandre (Armorial général de France - Charles d'Hozier 1696).

- Le 5 juin 1540, des jugements sur la noblesse du Languedoc, François Maurel est cité comme coseigneur d'Aragon.

- Jean Maurel, seigneur d'Aragon, acquéreur de trois seigneuries, testa le 15 juin 1562. Il avait épousé en 1560, Géraude de Saint-Martin, fille de Pierre. Ils eurent pour enfants :

         - Pierre Ier de Maurel, qui suit ;

         - Jean Maurel, seigneur de Villarlong qui ne fut point marié.

- Pierre Ier de Maurel, seigneur d'Aragon, Raissac, Roquefère, Villarlong et autres lieux, anobli par lettres royales enregistrées en la cour, testa le 19 septembre 1622. Il avait épousé, le 3 septembre 1580, Catherine de Franc, fille de Jean, seigneur de Cahuzac. Ils eurent pour enfants :

         - Bertrand de Maurel, qui suit ;

         - Éléonore de Maurel, mariée le 1er avril 1607 à Jean de Voisins, seigneurs d'Alzau et de Pezens ;

         - Marquise de Maurel, mariée avec le seigneur de Cuq, en Albigeois, près de Castres.

- Bertrand de Maurel, testa le 10 février 1654. Il avait épousé Françoise de Roquefort de Marquein, fille de Jean-Sébastien et d'Antoinette de Vézins. Ils eurent pour enfants :

         - Sébastien de Maurel, qui suit ;

         - Jean-Scipion de Maurel, chevalier de Malte en 1650 ;

         - Jacques de Maurel, seigneur de Montpeiroux, jugé noble le 4 janvier 1669.

- Sébastien de Maurel, seigneur d'Aragon et de Raissac. Il épousa le 16 juin 1665, Diane de Beaux-Hostes, fille des seigneurs d'Aiguesvives, en Minervois. Ils eurent pour fils :

- Pierre II de Maurel, vicomte d'Aragon, reçu page du roi en janvier 1672, puis aide de camp de M. de Schomberg, vivait encore en 1703.

La descendance masculine de la famille de Maurel s'étant éteinte, la terre d'Aragon passa par mariage, avec son nom et ses armes, dans la famille de Bancalis de Pruines

 

LA FAMILLE DE BANCALIS DE MAUREL SEIGNEURS D'ARAGON-EN-CABARDÈS :

Blason de la famille de Bancalis de Maurel.

Blason, armes d'Aragon : "Écartelé aux 1 et 4 d'azur à l'aigle d'or, qui est de Bancalis ; aux 2 et 3 d'azur au chevron d'or, accompagné de 3 étoiles d'argent, qui est de Maurel".

Blason de la famille de Bancalis de Maurel, visible sur la façade du château d'Aragon.

- Jean-Louis-Henri Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, né à Aragon (Aude).

Cette famille de Bancalis de Maurel d'Aragon est une famille de la noblesse française actuellement subsistante. Originaire du Rouergue, on la retrouve aussi en Languedoc et en Albigeois.

De cette famille sont issus des officiers supérieurs, un officier général, des membres de la maison militaire du roi, un pair de France, des royalistes qui se mêlent à des actions de chouannerie en Aveyron, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires dont des diplomates, des hommes de lettres, des notables, etc. Plusieurs d'entre eux sont décorés de différents ordres.

 

Au XIXème siècle, une fille de cette famille est mariée avec le frère du ministre Decazes et elle tient un rang important dans le département du Tarn.

Cette famille porte un titre régulier de baron depuis 1819. Ses autres titres de noblesse sont de courtoisie.

La famille de Bancalis de Maurel d'Aragon a pour patronyme d'origine Bancal. Ce patronyme est mentionné en Rouergue dès le XIIIème siècle, où elle possédait la terre de Pruines, près de Rhodez, depuis plus de deux cent ans. Celle d'Aragon, qu'elle a eue par alliance avec la famille Maurel qui la possédait sous le titre de vicomté.

Il y a deux interprétations sur l'origine de la noblesse de cette famille :

Celle de Régis Valette (la même que celle de Gustave Chaix d'Est-Ange qui est à son tour la même que celle d'Hippolyte de Barrau) qui mentionne cette famille comme étant d'extraction noble sur preuves remontant à 1544.

Celle de Charles-Henri de Bancalis de Maurel d'Aragon, publiée en 2002, qui dit qu'en 1631, François (de) Bancalis, docteur en droit et juge de Muret, achète la seigneurie de Pruines et qu'à partir de cette époque ses descendants prendront des qualifications de noblesse.

Durant les grandes recherches de noblesse entreprises sous le règne du roi Louis XIV les Bancalis de Pruines sont maintenus en leur noblesse sur preuves de 1544.

 

- Au XVIIème siècle, la seigneurie d'Aragon appartient à Sébastien de Maurel seigneur d'Aragon dans l'Aude, et de Marquèze de Landès, dont la petite fille Anne de Maurel d'Aragon s'est mariée en 1726 à Aragon avec Pierre de Bancalis qui est seigneur de Pruines, en Rouergue. Leurs enfants hériteront de cette seigneurie et la branche cadette prendra le nom de Bancalis de Maurel d'Aragon.

Cette famille a compté plusieurs branches dont deux se sont séparées au XVIIIème siècle :

- La branche aînée de Bancalis de Pruynes, qui s'est éteinte au début du XIXème siècle.

- La branche cadette de Bancalis de Maurel d'Aragon, qui est subsistante et qui s'implanta dans le département du Tarn.

 

VOICI  LES PRINCIPALES PERSONNALITÉS DE LA FAMILLE BANCALIS :

AU XVIème SIÈCLE : 

- Jean de Bancalis, épousa Jeanne de Solier, ils eurent pour enfants :

         - Pierre Bancal(is), notaire d'Auzits, établi à Millau pour cause de religion. Il est, en 1566, fermier du greffe de cette ville. Il épouse en 1571 Guillemette Fugin, il décède en 1573.

         - Astorg Bancal(is), frère du précédent. Marchand et bourgeois de Lavaur, en Albigeois. Marié à Jeanne de Voisins puis à Jeanne Tersson, il meurt en 1580.

         - Jean Bancal(is), frère des précédents. Notaire de Muret, en Rouergue, où il épouse le 14 août 1544 Jeanne de Peyre (ou de Petra) ou Lapeyre, fille de Jean et d'Antoinette Goudal. Décédé en 1593. À partir de ce couple, la filiation est continue.

 

AU XVIIème SIÈCLE :

- Jean II Bancal(is), seigneur de Labro et de Pruines, habitant Muret, achète le 6 octobre 1621 pour 55300 livres, à Antoine Marcenac, chevalier de Saint-Michel, le château et domaine de Pruines. Notaire royal à Muret. Il avait épousé le 15 janvier 1577 Marguerite Roaldès, fille d'Hugues Roaldès et d'Hélène de Boyer. Elle est aussi la nièce du fameux jurisconsulte François Roaldès (1519-1589). Ils eurent trois fils :

         - François de Bancalis, qui suit ;

         - Henri Bancalis, conseiller du roi, marié le 28 mars 1639 à Guillemette Colit ;

         - Jean de Bancalis, seigneur de Selves, marié en 1613 à Louise de Vernhes, dame de Selvès.

 

- François (de) Bancalis, docteur en droit et juge de Muret. Il épouse le 26 juin 1611 Marie de Benoît, fille de Guillaume Benoît et de Marie Fontanier, il achète la seigneurie de Pruines en 1631 qui lui donne l'entrée aux États de Rouergue où il siégea en 1638. Il meurt l'année suivante à la suite d'une rixe.

 

- Jean III de Bancalis, dit baron de Pruines, fils du précédent, baptisé en 1616 à Muret. Il participe aux guerres de Catalogne, dans l'armée de Condé, et notamment au siège de Salses en 1639. Il est maintenu dans sa noblesse par arrêt du Conseil d'État en date du 6 août 1668 avec règlement d'armoiries : "un aigle aux ailes éployées d'or, sur champ d'azur, entouré de panaches et timbré au-dessus". Marié le 26 août1654 avec Marguerite de Coustin de Bourzolles, fille de François de Bourzolles de Caumont et de Gabrielle d'Orléans de Rère, famille du Berry, distincte de la Maison princière d'Orléans. Elle est de religion protestante. Il meurt assassiné en 1651.

Blason de Jean Louis de Bancalis de Pruines, extrait de l'armorial général de France par Charles d'Hozier en 1696.

- Pierre de Bancalis de Pruines, frère des précédents. Prêtre, bachelier en théologie de l'université de Cahors. Prieur de Rodelle et de Bezonnes (diocède de Rodez) et de Marmanhac (diocèse de Saint Flour). Curé de Calmont-d'Olt, il fut syndic du clergé de Rodez entre 1673 et 1704.

 

- Henry de Bancalis de Pruines, frère des précédents, baptisé le 10 mai 1621 à Muret. Il fit les guerres de Catalogne et prit part au siège de Salses en 1639. En 1645, il était lieutenant au régiment de cavalerie de Saint-Simon. Selon l'arrêt de maintenue du 6 août 1668, il a été gentilhomme servant en 1649, conseiller et maître d'hôtel ordinaire du roi en 1650, exempt des gardes du corps, major de Senlis en 1651 et lieutenant des chasses de la forêt d'Halatte en 1659. Décédé en 1681 à Senlis, il avait épousé en 1651 Marie Boulard.

 

- Charles de Bancalis de Pruines, fils du précédent. Baptisé à Senlis en 1655. Il fut reçu page à la Grande écurie du roi en janvier 1672 (mais problème au niveau des preuves de noblesse relevé par d'Hozier car il fallait prouver une noblesse remontant au moins à l'année 1550), puis exempt des gardes du corps du roi, major de Senlis et lieutenant des chasses d'Halatte. Sans alliance, tué à la bataille de Leuze en 1691.

 

AU XVIIIème SIÈCLE :

- Michel de Bancalis de Pruines, frère du précédent, vicaire général du diocèse de Senlis. Baptisé à Senlis le 26 février 1660. Prêtre et bachelier en théologie de l'université de Paris, abbé commendataire de l'abbaye de Bois Aubry au diocèse de Tours en janvier 1678, prieur commendataire du prieuré royal de Saint Maurice de Senlis en 1693, prieur de Marmanhac en janvier 1700, doyen du chapitre de la cathédrale de Senlis.

 

- Michel de Bancalis de Lormet, né le 14 octobre 1729 à Albi. Fils de Jean-Louis de Bancalis de Lormet et d'Antoinette de Fonvielle et petit-fils d'Antoinette de Salvan de Saliès qui par ses œuvres littéraires acquit une certaine notoriété. Page de la Duchesse douairière d'Orléans en 1742, cornette au régiment de cavalerie de Beauvilliers, mousquetaire dans la 1ère compagnie des Gris en 1747, capitaine au régiment Commissaire Général Cavalerie en 1757, major du régiment Mestre de Camp général de cavalerie, commandé par le futur maréchal de Castries. Chevalier de Saint Louis en 1770, lieutenant colonel en 1777 et enfin brigadier des armées du roi en 1780. Il achète la même année au marquis de Castelpers la vicomté d'Ambialet en Albigeois qui donnait à son possesseur la deuxième place dans la noblesse aux États de l'Albigeois.

 

- Pierre de Bancalis, baron de Pruines, né en 1691 à Pruines, fils de Jean Antoine de Bancalis baron de Pruines et d'Anne de Génibrouse de Saint-Amans, fille de Jacques de Génibrouse, vicomte de Saint Amans et seigneur de Boissezon, et d'Isabeau de La Tour de Gouvernet. Il est maintenu noble en 1698. Page en la Grande écurie du roi en 1706, époux d'Anne de Maurel d'Aragon en 1726 décédée  en 1761, fille de Pierre de Maurel, marquis d'Aragon, et de Marquise de Landes de Saint Palais.

 

- Marie Narcisse Toinette de Bancalis de Pruines, fille du précédent, née à Pruines le 5 septembre 1729, elle épouse en 1750 Eugène Lacombe, fils de Jean Lacombe, seigneur de Saint Michel de Vax et de Marianne de Bancalis de Lormet. Entre autres enfants :

         - Jean Pierre Lacombe Saint Michel, conventionnel, régicide, membre du Comité de Salut public après Thermidor, général, ambassadeur, président du Conseil des Anciens, inspecteur général de l'artillerie, gouverneur de Barcelone, grand Officier de la Légion d'honneur ; 

            -Jean Marie Lacombe, contre-révolutionnaire, fusillé pour actes de chouannerie en 1799.

 

- Jean Marie de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, frère de la précédente. Né en 1732, hérite en 1758 de son oncle maternel, Jean-Marie de Maurel, de la terre et seigneurie d'Aragon, à condition de relever son nom et ses armes. Il en sera dépossédé à la Révolution. Il meurt à Carcassonne en 1795 peu après être sorti de la prison de la Visitation à Toulouse. Il était veuf de Jeanne Gabrielle Henriette de Portes de Pardaillan, épousée en 1761, fille de François Joseph de Portes, marquis de Portes et d'Henriette Honorée d'Aignan d'Orbessan.

 

- Marie Hyacinthe Guillaume de Bancalis, baron de Pruines, fils de Louis-Arnaud-Roch de Bancalis et de Marie-Jeanne Delagnes, né en 1764 à Pruines. Un temps "attaché à la personne du Prétendant" pendant l'Émigration. Mentionné comme "complice de brigands, chef d'une bande de chouans, voleur de diligence". Il fera soumission à la République en 1797 et épousera la même année Elisabeth Passelac. Chevalier de Saint Louis en 1815, il meurt en 1842 à Villecomtal.

 

- Jean Antoine Louis de Bancalis de Pruines, dit "le chevalier de Pruines". Frère du précédent, né en 1765. Tonsuré à Carcassonne en 1778. Il remplit des missions au service des Princes durant l'émigration. Engagé dans la chouannerie avec son cousin Jean-Marie Lacombe, il est mentionné comme "chef de bande, royaliste dangereux ayant déjà tué". Il participe à la "conspiration de La Goudalie" en Rouergue (affaire Fualdès). Emprisonné à Montpellier durant les Cent-Jours. Décédé en 1844 à Montbazens.

 

- Jean Louis Arnaud de Bancalis de Pruines, né en 1773 à Strasbourg, fils de Jean louis de Bancalis et de Marie-claude Vaudin. Emigré, il sert dans l'artillerie noble du prince de Condé. Il épouse en 1798 Françoise de Sanlèque et s'installe au manoir de Gerstheim (Bas-Rhin). En 1804, il met sa fortune à la disposition des partisans du duc d'Enghien, capturé de l'autre côté du Rhin. Il meurt en 1809.

 

AU XIXème SIÈCLE :

- Jean Louis Henry de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, pair de France, né le 5 août 1763 à Salières près de Privas, fils de Jean-Marie de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon et de Jeanne Gabrielle Henriette de Portes. Premier page du comte d'Artois, capitaine de cavalerie au régiment du Roi en 1789, il est corédacteur du Cahier des doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Carcassonne en 1789. Émigré en 1791, et fit les campagnes de l'armée des Princes, au corps de Condé, ce qui lui fit perdre par confiscation, la terre d'Aragon. Pendant son émigration, il épouse à Anspach (Allemagne), le 4 juin 1794, Sophie de Nassau-Siegen, fille naturelle du prince Charles de Nassau-Siegen, amiral au service de Catherine II, et de Thérèse Eymer-Fleury de la Comédie française. À l'occasion de ce mariage, il reçoit un brevet de lieutenant-colonel au service de la Russie ; Baron-pair de France héréditaire en 1819, président du Collège électoral du Tarn, membre et président du Conseil général de ce département, chevalier de Saint-Louis le 5 novembre 1814, et de la Légion d'Honneur. Il meurt à Saliès près d'Albi le 6 janvier 1848 à 84 ans.

Découvert dans les archives communales d'Aragon, un document concernant le seigneur d'Aragon relate : "au moment de la Révolution en 1789, Jean Louis de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, protesta énergiquement de son loyalisme aux institutions nouvelles, ce qui ne l'empêcha pas de d'émigrer. Aussi ses biens furent confisqués, comme d'ailleurs ceux du curé réfractaire Sompayrac".

 

- Ida de Bancalis de Maurel d'Aragon, fille du précédent, née en Ukraine le 4 décembre 1799. Elle épouse le 8 février 1816 à Saliès (82) Joseph Léonard Decazes, 1er vicomte Decazes, né le 4 juin 1783 à Libourne (33), député de l'Aveyron (1831-1834) et député du Tarn (1837-1846), et frère du futur duc Decazes qui sera ministre du roi Louis XVIII. Morte à Albi en 1880 à 81 ans.

 

- Charles de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, frère de la précédente, né à Toulouse le 23 avril 1812, licencié en Droit, auditeur au Conseil d'État en 1834, détaché au cabinet du ministre de l'Intérieur, conseiller général, élu député du Tarn en 1847 contre son beau-frère Decazes. Commissaire du gouvernement provisoire puis représentant du Peuple pour ce département en 1848, il mourut la même année le 15 septembre à Paris. Il avait épousé Thérèsa Visconti d'Aragona, demi-sœur de la princesse Belgiojoso, héroïne du mouvement nationaliste italien.

Portrait de Charles de Bancalis de Maurel (1812-1848) ©BNF.

 

- Albert Charles de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, fils du précédent. Né en 1844, attaché d'ambassade à Londres et au cabinet du 2ème duc Decazes ministre des Affaires étrangères. Marié à Louise de Lordat, née en 1852. Président du Comité royaliste du Tarn, mainteneur de l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, décoré des Ordres de Sainte-Anne, de Pie IX, du Christ du Portugal, de Léopold de Belgique. Il meurt en 1898. Ils eurent deux fils :

           - Robert de Bancalis de Maurel d'Aragon, qui suit ;

           - Henri Jean Marie Victor de Bancalis de Maurel d'Aragon, né le 22 mai 1883 à Toulouse, marié avec Madeleine Schaeffer. Élève de Saint-Cyr (1903-1905), capitaine pilote au 22ème régiment de dragons, décédé le 13 mars 1916 à Verdun (55), qui suit ;

 

- Christine de Bancalis de Maurel d'Aragon, sœur du précédent. Née à Saliès en 1841. Fille de la Charité. Compagne de Catherine Labouré, supérieure du couvent des Blancs-Manteaux (1876). Décédée à Paris en 1905.

 

- Henri de Bancalis de Pruynes, né en 1803 à Gerstheim, fils de Jean Louis Arnaud et de Françoise de Sanlèque. Garde du corps du roi Charles X, officier dans les lanciers de Nemours, il épouse en 1833 Wilhelmine de Reinach-Werth. Conseiller général du Bas-Rhin, maire de Gerstheim, il meurt en 1878.

 

- Raphaël de Bancalis de Pruynes, né en 1844, fils de Joseph de Bancalis, Officier de hussards, et de Berthe de Schönau-Wehr. Officier des haras, il épouse en 1872 Louise Weinum. "Bürgmeister" de Gerstheim occupé de 1880 à 1890, il publiera en 1914 "Souvenirs d'un annexé".

 

- Robert Charles Maurice François de Bancalis de Maurel d'Aragon, né le 1er juin1882, fils d'Albert Charles de Bancalis de Maurel et de Louise de Lordat. Élève de Saint-Cyr (1903-1905), puis capitaine d'infanterie, décédé le 21 décembre 1914 à Wacques (51), à l’âge de 32 ans.

 

AU XXème SIÈCLE ET XXIème SIÈCLE :

- Henri de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, fils d'Albert Charles, marquis d'Aragon et de Louise de Lordat. Né à Toulouse le 22 mai 1883. Officier de dragons, Capitaine aviateur affecté aux escadrilles d'Alsace en 1915. Mortellement blessé à Verdun le 13 mars 1916. Marié en 1909 à Madeleine Schaeffer. Croix de Guerre, chevalier de la légion d'Honneur.

Photo d'Henri de Bancalis de Maurel, à l'époque lieutenant au 20ème régiment de dragons.

- Charles Louis Marie Pierre de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon né le 10 novembre 1911 à Bourges, décédé le 6 août 1986 à Saliès, fils du précédent, dit le Marquis rouge, diplômé de l'École libre des sciences politiques et gaulliste de gauche, il fut l'un des principaux chefs de la Résistance dans le département du Tarn durant la seconde guerre mondiale, un temps adjoint au commissaire général à l'information pendant la guerre, vice-président du Comité de libération du Tarn, député des Hautes Pyrénées, maire de Saliès, membre du Comité directeur de l'Union démocratique du travail (UDT), mainteneur de l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, croix du combattant volontaire de la Résistance, chevalier de la Légion d'honneur et rosette de la Résistance. Auteur de l'ouvrage : La résistance sans héroïsme. Il avait épousé en 1942 Diane d'Albon (dont la mère était née de Bourbon-Busset).

  

Photos de Charles Louis Marie Pierre de Bancalis de Maurel ©Assemblé Nationale.

 

- Charles-Henri de Bancalis de Maurel d'Aragon (1945), fils du précédent. Ministre plénipotentiaire. Officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du Mérite. Chevalier de Malte et ambassadeur de l'Ordre Souverain Militaire de Malte en Liban. Marié en 1979 à Catherine Bézy.

 

- Antoine de Bancalis de Maurel d'Aragon, né le 3 juillet 1954, fils de Charles de Bancalis de Maurel d'Aragon et de Diane d'Albon, marié le 15 juillet 1978 à Marie-Aurélia Rambaud (fille de Régis Rambaud et de Marie-Josèphe de Boismenu). Après un séjour en Algérie où il enseigna à l'Université d'Annaba, il poursuivit une carrière commerciale chez Airbus. Il apporta par ailleurs sa contribution à diverses associations : hippiques, cynégétiques ou forestières. Il est le père de cinq enfants : Julie (1978), Charles-Antoine (1981), Rodolphe (1984, marié à Ségolène Nicolas), Aliénor (1989) et Zita (1990).

Aragon en Cabardès, la lune éclairant le clocher de l'église Sainte-Marie.

 

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécieront :

Aragon en Cabardès, l'avenue de Carcassonne en 1905.

Aragon en Cabardès, une vue générale en 1905.

Aragon en Cabardès, les vielles enceintes fortifiées en 1905.

Aragon en Cabardès, le château rue du Paro en 1905.

Aragon en Cabardès, en 1980.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne par Mahul, tome 1- 1857.

- Dictionnaire de la noblesse.

- Histoire générale de Languedoc.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), et sur le fameux sentier cathare, si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! 
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L'aventure continue ... avec vous, toujours de plus en plus nombreux et fidèles lecteurs.  

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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10 juillet 2016

 

Bonjour à Toutes et Tous,

Ce sont les vacances aussi pour l'humble webmaster que je suis, je reprendrai la rédaction de mes reportages en septembre, j'espère que vous m'en excuserez et que vous serez patients et surtout que vous resterez fidèles à la lecture de mon site. Pour vous qui le découvrez et vous êtes nombreux chaque jour, vous pouvez vous inscrire sur la newsletter afin d'être informés des prochaines diffusions (voir menu de gauche).

Au programme de la rentrée il est déjà prévu, un reportage sur le village d'Aragon en Cabardès et sur celui de Bélesta en Ariège.

Et n'oubliez-pas que vous pouvez toujours me soumettre des reportages accompagnés de vos photos, je me charge de les mettre en forme et de les diffuser ... et votre aide sera la bienvenue.

 

Je vous donne rendez-vous en septembre et en attendant je vous souhaite de passer de bonnes vacances dans l'Aude.

 

Bien amicalement, Jean-Pierre.

 

 

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Réalisé par Jean-Pierre - dans Messages
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25 juin 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Voici la seconde partie du reportage consacré au village de Conques sur Orbiel et au château des Saptes. Si vous avez d'autres photos de Conques sur Orbiel, je peux éventuellement compléter ce reportage, n'hésitez pas à mon contacter.

J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

 

LES PROPIÉTAIRES SUCCESSIFS DU CHÂTEAU ET DE LA MANFACTURE DES SAPTES

 

LA BRANCHE DE SAPTE DE MONTBLANC :

La branche de ce nom resta fixée dans la région de Carcassonne. Ses derniers représentants furent Christophe de Sapte de Montblanc, commandant major de lu Cité de Carcassonne en 1722, mort vers 1750.

Son fils ou petit-fils, l'abbé de Sapte de Montblanc, prieur de Millegrand, qui figure parmi les membres du clergé a l'Assemblée des Etats généraux en 1789.

 

BRANCHE DE SAPTE DU PUGET :

Généalogie très difficile à reconstituer faute de documents.

Trois frères Sapte, Bernard, Jean-Estienne, et François, tous trois marchands de draps à Carcassonne en 1503. François de Sapte était marchand à Tuchan puis à Carcassonne, c'est ce François, lequel tant en son nom qu'au nom de ses frères fit bâtir la maison forte que l'on appelle maintenant le château de Saptes, entre Conques et Villalier.

Les enfants ou successeurs immédiats de ces premiers frères Sapte furent : Pierre et Maurice.

On trouve un Pierre Sapte qui fut blessé d'une arquebusade en 1587 au siège de Brugairolles.

Un autre François de Sapte, Conseiller au Présidial de Carcassonne, fut le fondateur de la branche de Sapte du Puget, qui se fixa à Toulouse. Vers 1620 François de Sapte fit aussi l'acquisition de la seigneurie du Puget, près d'Alzonne, où il fit bâtir le château Louis XIII que l'on voit encore aujourd'hui.

Son fils Charles, entra dans la première moitié du XVIIème siècle, au Parlement de Toulouse et ses descend aussi s'y succédèrent de père en fils, comme Conseillers ou Présidents, pendant 150 ans environ. Charles avait un frère Jean-Auguste de Sapte de Grazailhe.

François de Saint-Félix, IIème du nom, baron de Mauremont et de Clapiers, avait été destiné à l'état ecclésiastique par sa mère, qui avait décidé Philippe de Saint-Félix, son mari, à revenir à la religion de ses pères. Mais ayant perdu son frère aîné, il rentra dans le monde, recueillit l'héritage de son père et se maria, par contrat du 1er mars 1672, avec Anne de Sapte, fille d'André Jean de Sapte, seigneur du Puget et de Villelisses, conseiller au parlement de Toulouse, et de Françoise de Frezals. Il eut de ce mariage vingt-huit enfants, dont huit seulement lui survécurent, savoir, trois fils et cinq filles.

En 1694, on trouve un Jean André de Sapte décédé qui a pour fils Henri Bernard de Sapte, conseiller au Parlement de Toulouse.

Blason d'Henri Bernard de Sapte, extrait de l'Armorial Général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

Voici un autre croquis de ce blason ci-dessus.

Le dernier, Henri-Bernard-Catherine de Sapte du Puget, naquit à Toulouse en 1744. En 1789 il entra dans l'ordre de la Noblesse à l'Assemblée des Etats généraux de la Sénéchaussée de Carcassonne, où il possédait des biens considérables.

Il fut Président de la Grande Chambre du Parlement et Mainteneur de l'Académie des Jeux Floraux. Le 22 août 1793, à la demande de l'accusateur public, Fouquier Tinville, cinquante-trois Présidents ou Conseillers furent arrêtés et emprisonnés. Tous furent transférés à Paris en convois successifs, pour comparaître à la barre du tribunal révolutionnaire. Ce fut une véritable hécatombe ; tous furent condamnés à mort et exécutés en trois fournées, les 1er Floréal, 26 Prairial (14 juin 1794) et 18 Messidor an II. Parmi eux se trouvait Henri-Bernard-Catherine de Sapte du Puget qui mourut sans postérité, il avait 48 ans.

En 1649, jugement où Jean-Pierre de Sapte, sieur de Conques est cité.

On sait qu'en 1620, le château et la manufacture des Saptes passeront aux mains d'un sieur Dufay ou de Fay qui avait épousé la fille d'un des frères Sapte.

 

Notes diverses, je vous livre ce que j'ai pu trouver sans plus de précisions, sur les Saptes sans pouvoir établir les liens, si vous avez réussi la généalogie de cette famille faites moi parvenir les infos pour compléter cet article

- Antoine de Sapte né en 1588 à Conques.

- Pierre de Sapte, écuyer, né en 1615 décède après 1643, marié à Claire de Geoffroy née en 1618 décède après 1643.

- Jeanne de Sapte née vers 1618-1619.

- Jehan de Sapte né vers 1618, marié il eut une fille, Anne de Sapte.

- Marguerite de Sapte née en 1669.

- En 1679, Jean de Sapte (frère de Pierre de Sapte) fut marié à Germaine d'Aldebert, ils ont une fille, Jacquette de Sapte mariée à Jean de Boisside sieur de La Goutine.

- En 1681, Pierre Sapte à une fille prénommée Marianne de Sapte, religieuse. Ce Pierre Sapte à un frère, Pierre Calixte de Sapte, capitaine qui fut marié à Louise de Joffroy de Bousigues.

- En 1691, Jeanne Delsol était veuve de Bernard de Sapte.

- 1768, trouvé un Paul de Sapte, ainsi que Marie de Sapte.

- En 1771, Dominique de Sapte est 1er consul de Conques.

 

LES DE FAY OU DUFAY :

Nous avons vu que dès le début du XVIIème siècle, les frères Saptes ont abandonné leur château ; après leur départ, celui-ci va devenir pendant cent ans environ la propriété de la famille de Fay ou Dufay. D'où venait cette famille ? Il n'a pas été possible de l'établir d'une façon certaine.

En 1652, un jugement entre messire Antoine Defay, docteur et avocat en Parlement, et le sieur Viguier, "qui refusait de rendre et restituer le linge à lui baillé en engagement par le sieur de Conques, marqué de la marque de la maison de Saptes", malgré le payement et remboursement que lui avait fait ledit Defay de la somme de 50 livres, pour laquelle ce linge avait été engagé. Le lundi 15 juillet 1652, dit une note du registre, la justice a cessé à cause de la maladie contagieuse découverte en la ville basse et le siège a été transféré au lieu de Conques, où les audiences furent reprises le 5 novembre 1652.

En 1666, autre jugement où noble Pierre Defay, sieur de Sapte est cité.

En 1684, Marie Varennes, était veuve de noble Pierre de Fay.

 

LES DE VARENNES :

La manufacture que possédaient les Fay ou Dufay en 1620, fut par eux affermée à un banquier de Paris, M. de Varennes.  Celui-ci dut fournir les fonds nécessaires pour sa remise en état indispensable, après un demi-siècle de guerres civiles ou religieuses dont le Languedoc eût particulièrement à souffrir. En 1712  Noel de Varennes décède.

 

LES CASTANIER :

La famille Castanier de Clermont-Lodève ou Castanier d'Auriac existait au XVIIIème siècle qui, après avoir acquis dans la finance une fortune considérable, occupa de hautes charges de magistrature.

Le premier ancêtre connu dans la région qui nous intéresse est Guillaume Ier Castanier (+1690), est un marchand, cultivant lui-même sa métairie. Il avait épousé le 18 février 1645, Anne Marescot fille du seigneur de La Bastide Esparbairenque dans la Montagne Noire et vint s'installer à Carcassonne. 

Ils eurent un fils Guillaume II né le 17 mars 1646 (+4 septembre 1704) qui épousa à 23 ans en mai 1669, Marie Raynaud fille d'un gros marchand de draps de la cité de Carcassonne. Ils eurent à leur tour deux fils : Guillaume III et François Ier et deux filles Marie et Anne. Guillaume II occupe le poste de conseiller du Roi honoraire au siège du présidial de Carcassonne, lorsqu’il achète aussi en 1694 la manufacture du bout du pont à Carcassonne, dans le faubourg de la Trivalle.

Portrait de Guillaume Castanier III (1645-1705).

François Ier Castanier vivait à Paris, il meurt sans descendance, au numéro 17 rue Neuve des Capucines à Paris, dans son fastueux hôtel jouxtant la place Vendôme. C'était un homme d’aspect sévère, choisi par Louis XV comme surintendant des finances de la Reine, il se rendait tous les jours à Versailles.

Portrait de François Castanier (1676-1759) directeur de la Compagnie des Indes de 1723 à 1759.

Après la mort de Noel de Varennes, en 1712, Guillaume II Castanier acheta pour son gendre, Pierre Fraisse bourgeois de Carcassonne le mari de Marie, la manufacture des Saptes.

Guillaume III Castanier né en 1670, avait épousé le 5 septembre 1692 Françoise de Bourlat fille du directeur de la manufacture royale de Pennautier ; ils eurent trois enfants : Guillaume IV, François II et Françoise. Pour compléter la production de la manufacture de la Trivalle et de Saptes, il crée en 1711 la manufacture de draps fins de Cuxac-Cabardès.

Guillaume III devenu comte de Clermont-Lodève, baron, et seigneur de Couffoulens, décédera le 15 janvier 1725 à Carcassonne, dans la maison qu'il avait fait bâtir vingt ans auparavant et qui existe encore, dans le haut de la Grande Rue, actuelle rue de Verdun. Il fut inhumé dans l'église de Couffoulens, ses deux fils Guillaume IV et François II lui succédèrent. Il laisse une fortune de vingt-trois millions de livres et répartit ses biens entre ses deux enfants

Guillaume IV Castanier d'Auriac né le 19 décembre 1702 à Carcassonne (+3 décembre 1765 à Fontainebleau), épouse le 16 avril 1738 Marie Louise de Lamoignon de Blanc Mesnil née le 7 juillet 1719 (+1790), ils eurent un fils, François-Guillaume Castanier-d'Auriac avocat au Grand Conseil, qui fut tué en duel à Paris en 1769 par M. de Siran de Cavanac.

Portrait de Guillaume Castanier IV (1670-1725) par Hyacinthe Rigaud. Musée des Beaux-arts de Carcassonne.

Zoom sur le portrait ci-dessus de Guillaume Castanier IV (Photos Chroniques de Carcassonne).

Guillaume IV Castanier héritera de l’immense fortune de son oncle François Ier Castanier, cette colossale fortune était évaluée à quarante-trois millions de livres. Nommé conseiller d’Etat en 1751, il préside par la suite le Grand Conseil. Il gère également les forges à la catalane de la Haute Vallée de l’Aude et les manufactures des Saptes, Villeneuvette et Cuxac-Cabardès.

Son fils ayant été tué en duel, en 1765, l’immense fortune reviendra alors à sa nièce, Catherine Castanier (1729-1814) appelée "Madame", fille de François II voir ci-après. 

Quant à François II de Castanier né en 1701 (+1729) il n’eut qu’une fille Catherine Castanier (1729-1814) qui recueillit l’entier héritage. Catherine épouse en première noces Jean Joseph Palarin, marquis de Loubère, et en seconde union le marquis Louis Marie de Poulpry, lieutenant général des armées du roi (équivalent de nos jours à un général de division). On prétendait que la marquise Catherine Françoise Castanier de Couffoulens pouvait venir de Paris à Carcassonne avec ses chevaux en couchant tous les soirs dans une de ses propriétés. Son patrimoine foncier était impressionnant.

Mais à la Révolution, elle émigra en Allemagne, tous ses biens furent alors saisis et confisqués. Elle ne revint que sous l’Empire pour trouver tous ses biens vendus. Elle mourut dans la pauvreté le 27 janvier 1814 ne laissant à son neveu le Duc de La Rochefoucauld que quelques terres.

 

Les frères Jean et Vitalis Poussonnels reprendront en 1704 la direction de la manufacture royale des Saptes.

Nous avons peu d’éléments quant aux raisons du délaissement de la manufacture de la Trivalle en 1714 par les Castanier qui en était aussi les propriétaires, alors même qu’ils conservent celles des Saptes et de Cuxac-Cabardès.

 

LES FRAISSE :

Pendant trente ans, de 1700 à 1730, la manufacture des Saptes, fut l'apanage de Pierre Fraisse, beau-frère, du fameux Guillaume II Castanier. Il était propriétaire du château et associé pour la direction de la manufacture avec les sieurs Boucard et Samary, marchands de draps de Carcassonne.

En 1712, jugement où est cité noble Pierre Fraisse, seigneur des Saptes et Conques, conseiller secrétaire du Roi, maison et couronne de France.

En 1716, un acte de procédures de sentences cite noble Pierre de Fraissé, seigneur de Conques et des Saptes, chevalier d’honneur en la sénéchaussée.

En 1719, maître Pierre Fraisse, propriétaire et faisant travailler la manufacture royale des Saptes, engage une procédure contre des ouvriers de sa manufacture qui le quittèrent en emportant "la trame et l’argent qui leur avait été compté à un chacun" comme prix de la pièce qu’ils devaient faire pour le Levant.

En 1728, poursuite contre noble Guillaume de Fraissé, seigneur de Conques et des Saptes pour avoir chassé sur les terres de l'évêque de Carcassonne.

Pierre Fraisse vendit en 1730 le château des Saptes à son neveu Guillaume IV Castanier. Guillaume IV Castanier d'Auriac avait 27 ans il n'était pas encore marié, il était alors avocat au Parlement de Toulouse et ne s'occupa pas lui-même de la manufacture, il en confia l'exploitation à son fondé de pouvoirs à Carcassonne, Gaspard Laporterie. De son premier mariage, Gaspard de Laporterie eût onze enfants nés avant 1730, date à laquelle il prend la direction de la manufacture des Saptes. Ses fils se consacrèrent tous à l'industrie ou au commerce du drap. Il se remaria en 1731 et Gaspart Laporterie décèdera en 1755.

Quand survint la crise qui paralysa le commerce d'exportation à la fin du règne de Louis XV, le travail cessa pratiquement à la manufacture des Saptes.

 

LES LAPORTERIE :

Ainsi donc, à partir de 1730, nous voyons s'installer au château des Saptes une nouvelle famille qui remettra en marche pour son propre compte, la vieille manufacture.

Gaspard de Laporterie est né en 1682, fils de Pierre Laporterie et Marie Belichon. Son père avait épousé la fille d'un notaire de la Cité de Carcassonne, il consacra sa modeste fortune à faire donner une solide instruction à ses trois enfants.

Gaspard de Laporterie fit un premier mariage à vingt trois ans en 1705, avec Marguerite Macou, fille d'Antoine Macou marchand de fer de la Cité de Carcassonne et Paule de Raynaud issue de famille noble. De ce premier mariage naîtra onze enfants.

Les affaires de la manufacture prospérèrent, il devint riche, il put donc, tout en continuant à développer ses affaires, acheter un office de Secrétaire du Roy, qui l'anoblissait lui et ses enfants.

En 1731, Gaspard de Laporterie se remarie et sa deuxième femme mourut l'année suivante, en donnant le jour à une fille, Catherine, mariée très jeune au chevalier de Roquerlan.

En 1745, Procédure criminelle contre Bernard Rieux, affineur, pour préméditation de vol et assassinat en la personne de noble Pierre de Laporterie directeur de la manufacture royale des Saptes, seigneur de Roquecourbe, en son château des Saptes.

Gaspard Laporterie mourut en 1755, laissant à son fils aîné, Pierre de Laporterie, seigneur de Roquecourbe, la plus grande partie de ses biens. 

Après la mort en 1779 de Pierre de Laporterie qui avait prit les commandes de la manufacture après la mort de son père, la marquise de Poulpry (Catherine Castanier fille de François II) vendit son château, avec la manufacture à l'arrêt, au docteur Sabatier, médecin à Carcassonne.

En 1785, litige où est cité Sabatier, seigneur des Saptes.

 

LES D'URRE :

Ce domaine passa en 1792, dans la famille d'Urre, par suite de la vente faite par la veuve du docteur Sabatier à Madame Théodorine d'Urre, née de Mac-Mahon.

La famille d'Urre d'Aubais, originaire du Dauphiné et l'une des plus anciennes de cette région, était venue à la suite de mariages, se fixer en Languedoc, sous le règne de Louis XV.

Maurice  Théodore Charles Emmanuel Marie, titré marquis d’Urre d’Aubais, est le fils de Emile Jacques François Emmanuel, marquis d’Aubais  les Conques et de son épouse Anne  Félicité Viger ; petit fils d’Emmanuel François d’Urre, marquis d’Aubais, baron de Capendu, marié en 1779 à Théodorine de Mac -Mahon ; arrière petit fils de Alexandre Joseph François d’Urre et de Jacqueline Marie de Bashi d’Aubais.

Le marquis Maurice d’Urre d’Aubais est né le 29 novembre 1856 à Nîmes ; il est décédé à Paris le 21 mai 1927.

Le marquis passa son enfance dans le château familial de Saptes situé à Conques sur Orbiel, propriété devenu familiale par son rachat par Théodorine de Mac-Mahon, son arrière grand mère paternel.

 A la mort de son père, le 20 octobre 1883 à Nîmes, il a 27 ans et hérite de celui-ci ainsi que du titre de marquis (sa mère étant morte en 1858, il n’avait qu’une sœur, Thérèse, décédée à l’âge de 14 ans en 1864). Célibataire, à la tête d’une fortune très importante, possédant plusieurs châteaux et immeubles, le marquis Maurice d’Urre d’Aubais avait la passion des courses hippiques, des voyages et de la mer.

Le marquis d'Urre, inhumé au château des Saptes depuis 1927, est le dernier descendant de cette dame de Mac-Mahon, comtesse d'Urre, qui acheta dans les premières années de la Révolution, ce domaine transmis depuis de père en fils jusqu'à lui.

 

PERSONNALITÉS DE LA COMMUNE DE CONQUES SUR ORBIEL 

- Albert Gau (1910-1993) prêtre, résistant, journaliste et homme politique né à Conques.

- Félix Roquefort (1913-1982) député de l'Aude de 1956 à 1958, décédé à Conques.

- Denis Pébernard, cet illustre concitoyen, vétérinaire réputé de profession, tour à tour historien, poète et philosophe, a laissé une étude sur Conques-sur-Orbiel considérée comme un classique des monographies villageoises.

- Jacques Roynette, ancien président du conseil général et ancien préfet, il habite à Conques.

 

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécient :

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, avenue de Lastours en 1905.

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

  

Conques sur Orbiel, deux photos datant de 1905, à gauche, l'église Saint Michel, et à droite, la rue de l'église avec sa porte médiévale.

Conques sur Orbiel, l'église Saint Michel en 1905.

Conques sur Orbiel, l'avenue de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1905.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1905.

Conques sur Orbiel, foyer des campagnes et bains douches en 1955. Aujourd'hui le bâtiment a été entièrement rénové, c'est un centre culturel qui abrite le théâtre municipal.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1960.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1955.

Conques sur Orbiel, lotissement Joliot Curie en 1959.

Conques sur Orbiel, porte médiévale en 1970.

Conques sur Orbiel, en 1970.

Conques sur Orbiel, l'Orbiel en 1970.

Conques sur Orbiel, maison de repos convalescence le château de La Vernède, route de Villalier en 1950.

Conques sur Orbiel, château de Vic à la sortie de Conques sur Orbiel route de Lastours, en 1905.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

- Dictionnaire de la noblesse.

- Histoire générale de Languedoc.

- Mémoires de la société des arts et des sciences de Carcassonne.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), et sur le fameux sentier cathare, si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 juin 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! ATTENTION CE REPORTAGE A ÉTÉ RÉALISÉ EN 2 PARTIES, pour ne pas rater cette suite je ne peux que vous conseiller de vous inscrire sur la newsletter du site, comme des centaines de lecteurs fidèles vous en serez averti dès sa diffusion.

Pourquoi 2 parties ? L'histoire du village de Conques sur Orbiel et du château des Saptes et tellement dense et qu'une page étant limité en nombre de caractères et codes divers, j'ai été obligé de le scinder en deux.

Si vous avez d'autres photos de Conques sur Orbiel, je peux éventuellement compléter ce reportage, n'hésitez pas à mon contacter.

J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

Le village de Conques sur Orbiel se situe à 10 km de Carcassonne, 102 km de Toulouse, 67 km de Narbonne, 96 km de Béziers, 121 km de Perpignan, 88 km de Foix et 211 km de Cahors.

Conques sur Orbiel au pied de la Montagne Noire, la porte du Cabardès

Une vue aérienne du village de Conques sur Orbiel.

Le blason du village de Conques sur Orbiel.

Le blason de Conques sur Orbiel tel que l'on peut le voir dans l'Armorial général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696. Cet armorial qui comprend 125 807 blasons peints, est un recensement héraldique voulu par Louis XIV, afin d'attacher dans le droit civil français d'Ancien Régime et dans la pratique fiscale de la monarchie française le port des armoiries à une taxe particulière.

 

Conques-sur-Orbiel (occitan : Concas).

Le toponyme de Conques sur Orbiel vient du latin concha qui signifie "coquille", mais qui désigne, métaphoriquement, une baie, une vallée en cuvette, un méandre de rivière. En latin du Moyen-âge, concha prit, par extension, le sens de "creux dans lequel coule un cours d'eau". Dans les anciens textes, le cours d'eau qui arrose Conques est appelé Olibegium en l'an 794, Oliveti en 844, Olvei en 1262. L'endroit est mentionné sous le nom de Villa de Conchis dans un manuscrit de 1248. L'appellation "sur Orbiel" a été ajoutée au toponyme en 1962.

Conques-sur-Orbiel est situé sur la Méridienne verte, dans l'aire urbaine de Carcassonne sur l'Orbiel et le Trapel.

Ses habitants sont appelés les Conquois et les Conquoises. En 2013, la commune comptait 2 439 habitants. Depuis les années 1990 sa population n'a cessé de croître. En 1982 on comptait 1786 habitants autant qu'en 1861 où on dénombrait 1780 habitants.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle. A droite, le clocher tour de l'église Saint Michel (cliquez sur les photos pour agrandir).

L'Orbiel est une rivière qui prend sa source dans le Massif central et qui traverse les départements du Tarn et de l'Aude, c'est un affluent rive gauche de l'Aude. Elle a une longueur de 41 km. Ce nom de "Orbiel" signifie "Or vieux" en langue d'oc ; sans doute cette rivière charriait-elle des parcelles d'or dans l'Antiquité. Les crues de l'Orbiel sont très importantes en général, compte tenu bien sûr de l'exiguïté du bassin versant de cette rivière. Dans la région de Conques sur Orbiel connut des inondations importantes en 1723, 1729, 1748, 1783 où le pont des Saptes fut emporté, novembre 1788, 1801, 1807, 1809, 1875, 1891.

Le village de Conques sur Orbiel.

Le pays de Cabardès, constitué par la haute vallée de l'Orbiel qui recueille les torrents des pentes culminantes de la Montagne-Noire pour les jeter dans l'Aude, était demeuré fermé et comme isolé du monde jusqu'au milieu de ce XIXème siècle.

L'Aude est un territoire riche et compte 471 immeubles protégés au titre des monuments historiques soit 125 classés et 346 inscrits. Le château des Saptes en fait partie.

Conques sur Orbiel, bourg bâti sur une éminence au pied de laquelle coule l'Orbiel, qui alimente plusieurs usines pour la fabrication des draps.

La naissance du village actuel est formée par un castrum à noyau castral semi circulaire d’environ 60 m de rayon autour de l'emplacement du château. Au centre du village on peut encore voir les vestiges d'un château fort datant de 1248.

Sceau de la commune de Conques sur Orbiel datant de 1303.

Le premier bornage réalisé sur la seigneurie de Coques date de 1342. Il fut fait en présence du procureur du roi, de l'abbé de Lagrasse, des consuls et quelques habitants de Conques et de noble Jean de Varennes, seigneur de Villegailhenc.

Les deux communes limitrophes de Conques et de Villegailhenc se sont disputées pendant plusieurs siècles la possession ou la jouissance du terme d'Azac. Des arrêts de la Cour Royale de Montpellier ont reconnu à la commune de Villegailhenc la propriété de certaines portions qui l'avoisinent, bien quelles restent administrativement dans la commune de Conques.

Conques sur Orbiel, l'hôtel de Ville.

La mairie, hôtel de ville ou maison commune était l'édifice spécial pour la réunion des magistrats et des consuls. Dès le principe on se réunissait pourtant à la maison du premier consul. En 1623 la maison consulaire se composait des immeubles appartenant aux sieurs Peyrottes et Vaichère l'emplacement où sont construites les deux chapelles du Sacré Cœur et Saint-Roch en faisaient aussi partie. En 1777, la mairie tombe en ruines. Au mois de décembre de la même année, l'abbé de Saptes expose à la Communauté que cet immeuble est dans un état déplorable. Quelques années avant la Révolution, l'hôtel de ville fut déplacé dans le presbytère qui servit dès lors de maison commune. Jusques en l'an X de la République, le presbytère avait servi de mairie. A partir de cette époque jusqu'en 1861 on loua différents locaux pour servir de maison commune. En 1887 on construisit la mairie actuelle sur un terrain acheté l'année d'avant à madame Barbès née Alibert.

C'est en 1865 que la commune de Conques obtint un bureau de distribution de lettres dans le village.

La première brigade à cheval de gendarmerie s'installa à Conques en 1850.

Pendant fort longtemps il exista une foire le 10 août et un marché le mardi de chaque semaine. Avant la Révolution, il y avait 3 foires. Par arrêté des consuls du 5 germinal an 9, approuvé par le premier consul Bonaparte, les foires auront lieu le 14 janvier, pour bêtes à grosses cornes, bétail et chevaux destinés aux travaux de l'agriculture, porcs, grosses étoffes, et les deux autres foires, le 17 avril, le 11 août ; celles de janvier et août sont très fréquentées. Ces foires se tiendront aux alentours de la maison de ville pour les draps, quincaillerie, chevaux, cochons etc. et au voisinage de Notre-Dame de la Gardie pour les moutons. Le foirail était jadis à la place du roi.

 

Voici une présentation chronologique des principaux événements historiques ayant trait au village de Conques sur Orbiel :

 

La famille de Conques, vassale des vicomtes de Carcassonne, fut dépossédée à la suite de la guerre des Albigeois et la seigneurie confisquée par les Montfort, puis par le roi, lequel concéda une partie des revenus domaniaux à la famille de Gautier de Secrunio. La seigneurie appartenait en partie à l'abbaye de La Grasse. Malgré l'importance relative de ce lieu, l'histoire de Conques est assez obscure.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, les vestiges du château au centre du village. A droite, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle (cliquez sur les photos pour agrandir).

La ville était administrée par des consuls ; ils paraissent dès 1303 et jusqu'à la fin du XVIIIème siècle ils seront élus par la communauté sur une liste dressée par les consuls sortants. Par exception, en 1631, on y observait encore les us et coutumes de la vicomté de Paris, établis par Simon de Montfort ; la justice était rendue par une bayle royal et par un bayle de l'abbé de La Grasse.

Conques sur Orbiel, murailles du château au centre du village.

En 1209, au siège de Carcassonne périrent plusieurs chevaliers hérétiques Albigeois de grand renom qui avaient prêté serment de fidélité à Roger Trencavel. Dans le nombre était Bernard Estienne, et Hugues de Villaigle, de Conques, ils faisaient partie de l'armée hérétique. Pierre de Sécrune, également de Conques, par contre lui, faisait partie de l'armée de Simon de Montfort. En récompense de ses services, ce dernier chevalier reçut, après la croisade, quelques donations.

Entre 1284 et 1328 de nombreux habitants de conques furent dénoncés comme hérétiques.

Leurs biens furent confisqués et vendus, comme il résulte du compte-rendu d'Arnaud Assaliti, procureur du roi à Hugues Guiraud, sénéchal de Carcassonne.

Conques sur Orbiel, muraille grise du château médiéval au centre du village.

En 1356, Edouard, Prince de Galles, dit le Prince Noir, le vainqueur de Crécy, se donna le plaisir de mettre à feu et à sang de nombreux villages de la Haute-Garonne et de l'Aude, d'après la tradition locale, le village de Conques aurait été pillé et saccagé.

En l'année 1436 eut lieu la grande invasion de Rodrigue de Villendras, capitaine Espagnol, qui, à la tête d'une foule d'aventuriers désola le pays, Conques sera plus ou moins saccagé, mais ils commirent dans le village de grandes atrocités. Les églises, le château, les maisons nobles sont livrées au pillage.

Conques sur Orbiel, vestiges des fortifications.

Au mois de mars 1570, l'armée protestante, forte de 12000 hommes avec cinq canons, alla investir Montréal. Le 13 mars après midi, Coligny, chef des calvinistes, détacha une partie de son armée qu'il plaça sous les ordres de Gabriel Ier de Montgommery et l'envoya sur Conques. Le lendemain après la prise de Montréal, le reste de l'armée prit la même route. Montgommery somma Conques de se rendre, sur le refus des habitants, il la fit canonner pendant trois heures et l'obligea enfin de se rendre après une perte considérable de ses citoyens. La principale action se serait passée autour du château où il y eu un grand carnage.

Au mois de décembre 1622, Conques fut occupé par l'armée royale. Le régiment de M. de Pompadour pilla les maisons et maltraita les habitants.

L'année 1632 fut marquée par la révolte du maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc, contre Louis XIII et Richelieu. Conques tenait pour le maréchal ; aussi l'entrée de Carcassonne fut pendant quelque temps interdite aux habitants, parce qu'ils avaient logé les rebelles.

La Révolution Française, Conques envoie des députés à la réunion des trois ordres du diocèse tenue à Carcassonne le 4 février et le 16 mars 1789. Le Maire de Conques, Carles,  assiste aux fêtes de Carcassonne données en l'honneur de la prise de la Bastille.

En l'an IX, des grandes fêtes furent données à Conques en l'honneur de la fondation de la République.

Aucun fait remarquable ne se passe à Conques durant les règnes de Louis XVIII et Charles X.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, l'entrée du château médiéval au centre du village. A droite, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle (cliquez sur les photos pour agrandir).

Les pestes de 1347 et 1348 n'épargnèrent pas le village de Conques mais celle de 1361, qui dura de six à sept mois, y fit les plus grands ravages. Deux siècles plus tard, en 1557 et 1558, l'épidémie apparaît de nouveau dans la contrée, pour se montrer encore en 1629 et 163o. Cette dernière fut occasionnée par l'affluence des troupes à Carcassonne et l'agglomération des morts et des blessés sur les champs de bataille, ou dans les fossés de la ville. Depuis la peste de 165o jusqu'à nos jours, Conques, n'a été éprouvé qu'en 1720 ; le nombre de décès fut très considérable.

Après la peste, la famine. Les années 1740, 1790, 1792, furent particulièrement meurtrières.

Proche de Conques sur Orbiel, entrée du parc du château médiéval du village de Malves située non loin de là.

Proche de Conques sur Orbiel, cour du château médiéval du village de Malves, située non loin de là.

 

L'ÉGLISE SAINT MICHEL DE CONQUES SUR ORBIEL

L'église de Conques dédié à Saint Michel Archange et célèbre sa fête locale le 29 septembre.

L’église Saint-Michel de Conques, remonte au XIIIème siècle vers l'an 1248, sans doute une ancienne chapelle castrale devenue paroissiale mentionnée comme telle en 1259. En effet, dans une enquête sur les dîmes épiscopales de 1259, elle est désignée comme l’église paroissiale du lieu sous le vocable de Saint Michel, mais aucun document ne témoigne de son aspect architectural de l'époque.

Conques a possédé autrefois dans son agglomération cinq églises et dans son territoire quatre églises. Aujourd'hui il ne reste que l'église paroissiale et Notre-Dame de la Gardie.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, le porche d'entrée de l'église Saint Michel vu de la rue Saint-Michel. A droite, le clocher (cliquez sur les photos pour agrandir).

Pourquoi la plus part des églises du Midi, sont orientées du côté du soleil levant ? La principale raison de cet usage nous est donnée par Damascène et Cassiodore, c'est parce que Jésus-Christ sur la croix avait la face tournée vers l'Occident, et qu'en conséquence nous nous tournons vers l'Orient en priant, afin de voir la face du Christ.

Le premier curé de Conques figure sur les registres de l'Inquisition datant de 1282, il s'appelait Arnault, à partir de cette année là tous les curés nous sont connus.

L'Eglise paroissiale de Conques est gothique et date donc du XIIIème siècle. La forme primitive de l'église était une croix grecque. Le plan actuel comprend une nef de trois travées, entourée de quatre chapelles qui rendent l'ensemble plus massif.

Au XVIème siècle Pierre de Saptes fait restaurer les édifices religieux. On lui doit peut être le réaménagement intérieur de l’église avec la conception du retable dans la chapelle de la Vierge et la mise en place de l’ancienne cuve de bénitier. L’installation de la grosse cloche portant pour date 1570 clos les travaux. En 1586, l’église est pillée. En 1603 l’Hôtel de ville est construit sur le flanc nord peut être à l’emplacement des anciennes fourches patibulaires.

L'entrée de l'église donne accès au fond de la nef, côté de l'évangile. L'église de Conques est fort remarquable, style ogival secondaire, ou style gothique rayonnant. Elle est située sur l'escarpement du donjon, mais hors de son enceinte. Elle se compose de trois travées ogivales et d'une abside séparée de la nef par un transept, où se trouve quatre petites chapelles latérales à l'abside et faisant face à la nef. Celles du transept sont les chapelles de Saint Joseph, de la Vierge située à droite du choeur, du Purgatoire et de Notre-Dame de Compassion. Celles de la nef sont les chapelles de Saint Roch, de Saint Sébastien datant de 1754, du Sacré-Cœur et de Saint Etienne datant de 1864-1865. Les Archives communales nous apprennent que ces chapelles furent construites en 1766.

En 1754 une partie du toit de l'église s'écroula, c'est à cette époque que l'on répara aussi la nef avec la mise en place de vitraux et l'église fut agrandie.

En 1830 l’entrée de l’église est dégagée. En 1835, une nouvelle tribune est créée. En 1845, la chapelle Saint Joseph est construite à l’est du bras méridional du transept. En 1852, la voûte de la nef entièrement vermoulue est reconstruite en bois et enduite au plâtre. En 1864 et 1865 les chapelles du Sacré-Cœur et Saint Etienne sont construites ainsi que les Fonts Baptismaux.

Le plan définitif actuel de l'église date de 1907, des travaux de restaurations auront lieu par la suite. Gesta, maître verrier toulousain intervient pour la réalisation des vitraux du chœur et de la chapelle du purgatoire. Le 13 février 1929, l’abside est classée au titre des monuments historiques.

Le clocher a deux cloches, l'une fut donnée en 1836 par Jules Lucet et Marie-Anne Flavienne, et la plus grosse est aussi la plus belle, fut fondue en l'année 1634, elle a un mètre de diamètre et est ornée de deux inscriptions.

Conques sur Orbiel, l'église Saint Michel, le clocher.

Une grande partie des objets et du mobilier que renferme l'église est classée.

Dans l'ameublement de l'église on peut remarquer : dans la chapelle de la Vierge, le retable Notre Dame du Rosaire en bois du XVIème siècle grossièrement redoré et orné de peintures sur bois. Il est placé à la droite du maître-autel dans une des chapelles du transept. Il est classé à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1907. Il a pour dimensions : 6,20m de hauteur, 2,69m de largeur avec une profondeur de 0,60m. Il se compose de 14 compartiments présentant un ensemble de panneaux retraçant les mystères joyeux, douloureux et glorieux de la vie de la Vierge Marie. Ces œuvres sont inclues dans une structure polychrome menuisée et sculptée dans un style gothique flamboyant. Le registre inférieur est composé de quatre panneaux de part et d’autre d’une Vierge à l’enfant, sculpture en terre cuite du XVIIIème siècle. Placée dans une niche centrale : Annonciation, Visitation, Présentation au Temple, Jésus parmi les docteurs. Le registre médian comprend cinq panneaux dont le central est de plus grand dimension ; avec pour thème : Prière de Jésus au mont des Oliviers, Flagellation Crucifixion, Couronnement d’épines, Portement de croix. Le registre supérieur comprend cinq panneaux formant un dais en quart de cercle. Les thèmes iconographiques sont : La Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption, le Couronnement de la Vierge. Ces panneaux ont été largement repeints, encrassés, revernis, et des lacunes picturales sont visibles. 

On peut voir un banc d'oeuvre en bois sculpté de la même époque que le retable, au dos de ce banc sont sculptées les armes de la ville de Conques (de Gueules à trois conques d'argent posées 1 et 2) ; une chaire en bois sculpté, par Claude d'Estienne, représentant Saint Michel Archange terrassant le démon. L'église possède trois reliquaires : Saint Roch, saint Sébastien et Saint Étienne. Quelques dalles funéraires aux inscriptions presque effacées se voient encore dans la nef. 

En 1968, un orgue vient compléter l'embellissement de l'église.

L'enlèvement de ce pavage a mis à jour une grande quantité de squelettes. Quelques dalles gravées de sigles ont été conservées dont l'une porte la date 25 septembre 1634.

On peut voir aussi un bénitier roman qui a la forme d'un demi-tonneau en pierre entouré d'un câble en forme de cercle et qui offre près de la margelle cette inscription : 3 DOVST, 1599, la date de 1599 est postérieure certainement à l'âge de cette pièce archéologique.

Un écusson à la voûte de l'église portant les armes de Conques.

Un autre écusson sur le haut de la chapelle de Notre- Dame de Compassion représentant probablement un prieur ou un abbé du monastère de Lagrasse. A côté de l'écusson il y a, les armes du prieur ou de l'abbé. 

Conques sur Orbiel, façade d'une maison à colombages typiques du Haut Moyen Âge.

 

LA CHAPELLE NOTRE-DAME DE LA GARDIE

Cette chapelle se situe au sommet dominant le village de Conques sur Orbiel.

Ce sanctuaire faisait autrefois partie du fief de la Gardie, mot qui correspond au nom actuel de vigie. Les lieux le démontre, il y avait autrefois des constructions de défenses. L'abbaye de Lagrasse, en effet, devant défendre la ville de Conques dont elle était copropriétaire assura certainement le service religieux de ce petit fortin. Il est certain aussi que la Gardie avait une habitation de Maître, puisque un acte de 1260 y montre la présence de Béatrix de Garda, fille de Pierre Secruno, chevalier de Conques, à qui le fief était échu. 

A quel moment et par qui ce sanctuaire a t il été élevé ? Nous ne savons rien de précis à cet égard. Pour les uns, son édification serait due à un membre de la famille de Jacques Ier, de la Gardie, seigneur de la Gardie, Russol et Ornaisons. Pour d'autres, elle aurait eu lieu vers l'année 1100, époque où les alentours de Carcassonne se couvrirent de chapelles champêtres.

Mais la tradition attribue l'origine de la chapelle au vœu d'un chevalier croisé de la famille d'Hautpoul ; ce chevalier se trouvant sur mer, en grand danger de mort, aurait promis l'établissement d'une chapelle à Notre-Dame sur le fief de la Gardie, à Conques, si la Vierge le ramenait sain et sauf dans ses domaines. Et le premier sanctuaire historique que nos souvenirs vénèrent fut érigé vers la moitié du XIIIème siècle ; c'est d'ailleurs l'époque la plus brillante de l'érection ou de la résurrection des anciens monuments consacrés à la Vierge.

Conques sur Orbiel, Notre-Dame de la Gardie et l'esplanade en 1970.

La Gardie était une métairie située dans la commune de Villarzel-Cabardès, canton de Conques. C'est là ou naquit Pontus de la Gardie qui joua un si grand rôle dans l'histoire de la Suède.

Nous ne connaissons rien sur l'importance et la vie imprimée à ce sanctuaire. Ce qui est certain c'est que, en 1436, lors de la grande invasion de Rodrigue de Villendras, capitaine espagnol, le fief de la Gardie et sa chapelle furent dévastés.

En 1540, Pierre de Saptes s'engagea à faire sortir de ses ruines la chapelle de la Gardie.

En 1790, la chapelle fut vendue comme bien national au citoyen Carles, négociant à Conques.

En 1864, la voûte et la toiture de la chapelle furent refaites à neuf.

L'Eglise actuelle mesure 25 mètres de long sur7 mètres de large. La porte d'entrée est placée au Midi.

Sur la façade de la chapelle, une statuette d'environ 0,75 de hauteur, représentant la Vierge datant du XVIème siècle, en pierre dure, elle est de facture fort élégante et se trouve dans une petite niche à 3 mètres du sol, sous laquelle gravée sur un cul-de-lampe se voit encore la mention de N. S. a Dama N.-D. La Guardia. 

A l'intérieur, cet oratoire possède deux autres statues de la Vierge, l'une est du XIIIème l'autre du XIVème siècle. 

Le sanctuaire est dans le style du XVIème siècle, peu riche et peu soigné.

En face de la porte d'entrée, qui s'ouvre au milieu de la nef du côté sud, on voit une large plaque de marbre blanc, portant les noms des habitants de Conques, qui firent l'acquisition de la chapelle et des terrains qui l'environnent, lorsque le tout fut vendu en 1790 comme bien national.

L'origine de Notre-Dame de la Gardie est fort ancienne. La tradition rapporte que la chapelle fut édifiée à la suite d'un vœu fait en mer par un seigneur de Félines d'Hautpoul, mais nous savons d'une manière certaine qu'en 1250 la comtesse Béatrice de la Gardie était en possession de ce lieu, et que ce fut Jacques 1er, seigneur de la Gardie, Russol et Ornaisons qui fit ériger le sanctuaire vers 1230. En 1540 Pierre de Saptes fit restaurer la chapelle et l'on voit ses armes sur une des clefs de voûte de la chapelle.

 

LE COMMERCE ET LA FABRICATIONS DES DRAPTS A CONQUES SUR ORBIEL

Philippe le Bel, fixant son attention sur l'industrie des draps, défendit la sortie des laines et des bêtes à cornes du pays par une ordonnance que Philippe le Long confirma en 1317. Les Carcassonnais rencontrèrent dans le Levant la concurrence des draps anglais et hollandais. La lutte parait s'être engagée sérieusement au XVème siècle. Les Anglais et les Hollandais vendirent leurs draps à perte ; les Carcassonnais, ne pouvant faire les mêmes sacrifices, altérèrent la qualité des leurs, afin de pouvoir baisser aussi leurs prix. Ce fut une mesure fâcheuse, qui décria les fabriques de Carcassonne dans le Levant et laissa pour longtemps ce commerce aux Anglais et aux Hollandais.

Vers 1570, les sieurs de Saptes essayèrent de relever la fabrique de Carcassonne et firent confectionner à une lieue de la ville, au lieu appelé les Saptes, des draps fins semblables à ceux de Hollande. Nous verrons l'histoire des draps de Saptes en détails un peu plus loin.

En 1580, un banquier de Paris le sieur de Varennes prit la direction de cette manufacture.

Les négociants de Marseille présentèrent à Colbert les moyens de partager avec les Hollandais et les Anglais le commerce aux échelles du Levant en encourageant l'établissement des fabriques de draps, à l'imitation de ceux que ces derniers y apportaient. Ces draps se faisaient d'ailleurs avec des laines d'Espagne amenées à grands frais chez ces nations du Nord. Monsieur de Varennes, sur l'ordre de Colbert, alla étudier sur place les procédés de nos concurrents, ramena des fabricants de Hollande et fit confectionner des draps dits Londrins a l'imitation de ceux de Londres.

Le commerce français ne tira pas tout d'abord de ces privilèges le parti qu'on aurait pu en attendre les manufactures de Saptes et de Carcassonne, ne se décidèrent que lentement à imiter non seulement la façon, mais les dimensions et les nuances des draps d'Angleterre et de Hollande, les plus estimés dans les Échelles du Levant.

Les Turcs prirent goût à nos draps plus légers et plus souples que ceux des Anglais.

Donc Varennes introduisit les procédés hollandais, qu'il avait parfaitement étudiés dans là-bas, et enfin il fit embaucher par ses émissaires des ouvriers de Hollande, qu'il établit aux Saptes. Alors on fabriqua en cet endroit non seulement les draps fins en usage en Europe mais encore ceux dont on se servait dans les États du Grand Seigneur ; les mahons, les londrins, etc.

Colbert favorisa puissamment l'entreprise de Varennes, qui lui offrait un moyen de contrarier le commerce des Hollandais, de se procurer les soies du Levant par voie d'échange, sans faire sortir d'argent du royaume, afin de donner des ressources au pays de Carcassonne, assez stérile et pauvre en produits. L'affaire ne marcha pas pourtant facilement les recouvrements se faisaient attendre trois années, cause de l'éloignement du débouché et de la difficulté du débit. Le sieur de Varennes pas en état de porter seul le fardeau. Alors se forma, par les soins du sieur Pennautier, une compagnie qui se chargea de prendre 300 pièces de draps fins londrins, de les payer à Varennes à mesure qu'ils seraient fabriqués et de les débiter dans le Levant.

En 1599 le directeur de la manufacture de Saptes, Noël de Varennes, vint à mourir.

Dans le Languedoc, à Carcassonne spécialement, on fabriquait jadis des draps mahons de superbe qualité et des draps londrins d'un prix moindre. Les habitants de cette ville s'enrichissaient en exportant leurs productions dans le Levant mais les Anglais et les Hollandais, en baissant le prix du drap et en le donnant à perte attirèrent à eux tout le négoce ; ceux de Carcassonne, pour pouvoir les suivre altérèrent leur fabrication et par là se décrièrent au point que leur marchandise ne trouva plus de débit dans le Levant. Lorsque le sieur de Varennes succéda aux sieurs de Saptes qui avaient été à la fin du XVIème siècle les créateurs d'une manufacture de draps fins à Saptes, il sollicita de Colbert l'autorisation d'aller en Hollande pour y débaucher des ouvriers. Il y fit plusieurs voyages et en ramena un nombre considérable de Néerlandais. Pennautier qui les vit à l'oeuvre écrivait "Jusqu'à ce que nos ouvriers aient attrapé leur secret nous ne pourrons jamais faire les draps au prix qu'ils les vendent ils ont l'art de faire un drap égal à ceux de Carcassonne avec un tiers moins de laine et cette laine encore, ils la filent et l'apprêtent avec une diligence si grande qu'un de leurs ouvriers fait plus de besogne en un jour qu'un Français dans une semaine". Par ces Hollandais, de Varennes apprit la manière de perfectionner les draps fins que l'on vendait dans les États du Grand Seigneur bien qu'il subit encore quelques pertes du fait des Hollandais qui continuèrent à vendre à perte leurs marchandises, il put, étant soutenu par Colbert réaliser des bénéfices si encourageants qu'en 1678, il se forma de nouvelles manufactures à Clermont-de-Lodève puis à Carcassonne.

D'après un rapport de Pennautier daté du 30 octobre 1691, le commerce des draps n'avait pas périclité en Languedoc car on avait attiré des Hollandais catholiques à Carcassonne. La manufacture de Saptes n'arrivait pas à confectionner tout ce qu'elle aurait pu écouler dans le Levant elle manquait d'ouvriers et cependant, il était venu de Hollande dix-sept familles catholiques.

Les Hollandais baissèrent leurs prix ; la compagnie fit de même, se gardant bien d'altérer les produits, ce qui avait ruiné l'ancien commerce carcassonnais. Ce furent cette fois les Hollandais qui se lassèrent les premiers et qui recoururent à ce procédé toujours funeste après sept années de pertes, ils diminuèrent la qualité de leurs draps. C'était le triomphe de Carcassonne les draps hollandais tombèrent dans le décri ; ceux de Carcassonne demeurèrent maîtres du Levant. L'intelligence du gouvernement de Colbert était pour beaucoup dans ce succès ; vers 1678, le roi, par son conseil, fit prêter 130,000 livres sans intérêt, p0ur trois années, à la fabrique des Saptes et à celle de Clermont, en Languedoc, récemment fondée, et il fit donner par la province une pistole de gratification pour chaque pièce de drap fin qui s'y fabriquerait. Beaucoup de fabriques s'ajoutèrent par la suite à celles-là. La plus grande et la plus considérable, dit le P. Bouges, est celle de la ville de Carcassonne, car cette ville n'était à proprement parler à l'époque qu'une manufacture de toutes sortes de draps.

La révocation de l'Edit de Nantes, en 1683, obligea beaucoup de ces ouvriers à retourner chez eux. 

Le 30 décembre 1741, les Etats de Languedoc demandent à la province des subsides pour en créer de nouvelles manufactures de laine pour confectionner les draps. La communauté de Lassalle proteste ; car cela empêchera, dit le registre des délibérations, les propriétaires de vendre leurs laines.

A la mort de M. de Varennes, la vaste usine cessa de fonctionner. Cependant elle se rouvrit bientôt après, mais ne recouvra jamais sa première prospérité. Lorsqu'arriva la révolution de 1789, elle ne travaillait plus depuis plusieurs années. 

En 1798 les Saptes furent expropriés sur la tête de la dame de Mac-Manon, épouse d'Urre. Le château des Saptes appartenait encore en 1921 à la famille D'Urre d'Aubais.

Le dernier représentant des Saptes, président au Parlement de Toulouse, fut condamné à la Révolution par les tribunaux terroristes et exécuté à Paris. Après l'anoblissement des fondateurs, à la suite de l'acquisition, de diverses charges de Justice, la manufacture de draps des Saptes fut successivement dirigée par Varennes, Castanier d'Auriac, la marquise de Poulpry, le docteur Sabotier, et dès l'année 1793, elle passa à dame d'Urre, née Mac-Mahon. Monsieur le comte d'Urre était possesseur des Saptes en 1866, et en 1934, le domaine et le château appartiennent à la veuve du comte Maurice d'Urre d'Aubais. La dépouille mortelle de ce dernier gît au milieu de la nef de la chapelle du château.

Carte détaillée du village de Conques sur Orbiel 2482 habitants. En bas le château des Saptes.

 

LE CHATEAU DES SAPTES

Le château des Saptes 11600 à Conques sur Orbiel est une propriété privée, on ne visite uniquement que les extérieurs.

Vue aérienne sur le château des Sapte à Conques sur Orbiel.

Zoom sur la vue aérienne ci-dessus du château des Saptes à Conques sur Orbiel.

Le lieu où le château des Saptes fut construit, s'appelait, le moulin de la Torte où les frères Saptes, au XVIème siècle, établirent, rappelons le, une manufacture de draps fort célèbre qui obtint, sous Colbert, le titre de Royale.

Conques sur Orbiel, la façade Est de château des Saptes.

Le château date du premier quart du XVIème siècle.

Vers 1540, Pierre de Sapte drapier, originaire par sa famille du Roussillon ou de la Catalogne et ayant habité Tuchan, achetait les anciennes bâtisses du moulin de la Torte, près Conques, situé sur un coude de l'Orbiel, pour y établir une manufacture de draps.

 Leurs enfants furent entre autres Pierre et Maurice Sapte qui siégèrent au Présidial de Carcassonne et accédèrent à la noblesse vers la fin du règne de François Ier.

Conques sur Orbiel, heurtoir de porte du château des Saptes.

A son arrivée à Carcassonne, la famille Sapte se compose de plusieurs frères.

Les frères Sapte ne se contentent pas d'être marchands, ce sont des créateurs ; ils veulent fabriquer eux-mêmes et s'affranchir des intermédiaires.

Quand ils arrivèrent à Conques sur Orbiel, Les Saptes y furent sans doute suivis par Bernard Dangles, prieur de Tuchan et de Saint Laurent de Conques, qui fut enseveli dans la chapelle du château le 22 août 1543.

D'après un manuscrit anonyme datant de 1651 où il est question des frères Sapte, il semble que Bernard, Jean-Estienne et François Sapte étaient marchands à Carcassonne en 1503 et venaient d'arriver de Tuchan où ils exerçaient le même commerce.

Aux archives nationales est conservé un acte datant de novembre 1542, relatant une permission à François et à Etienne Saptes, marchands de Carcassonne, de faire construire un four et un colombier dans leur maison forte dite le Moulin-de-la-Torte, sise en la justice de Conques, sénéchaussée de Carcassonne.

Conques sur Orbiel, façade Est et Nord du château des Saptes.

A l'abri de leur château, les frères Sapte, ont donc installé leur fameuse manufacture de draps.

Les enfants ou successeurs des premiers frères Sapte, furent entre autres, Pierre et Maurice, qui dirigèrent avec succès leurs affaires, devinrent riches et puissants et purent s'occuper en même temps des affaires publiques. Nous les voyons siéger au Présidial de Carcassonne et parvenir à la noblesse vers la fin du règne de François Ier.

Pierre de Saptes utilisa ses titres de noblesse que lui conféra François Ier et de coseigneur de Conques que venait de lui engager la pénurie du trésor royal, à l'édification d'une chapelle en même temps que son château, et à faire sortir de ses ruines la chapelle de La Gardie, à restaurer enfin celle de Saint-Laurent, pour la desserte de la partie basse de la ville. L'abbé de Lagrasse, compléta cette inauguration de seigneurie en attachant trois religieux bénédictins à ces sanctuaires et au petit hôpital élevé aux Saptes. Ces trois religieux formèrent un petit hospice, pour le service de cette chapelle, ensemble pour celles de Notre-Dame de La Gardie et de Saint-Laurent.

Conques sur Orbiel, façade Est du château des Saptes.

Le but de ce château bourgeois particulier n'est pas destiné à l'usage d'un seigneur et de sa famille, mais un grand manoir de campagne à l'usage des vavasseurs qui veulent loger beaucoup de monde et abriter des marchandises de valeur. Le vavasseur ou vavassal du latin médiéval vassus vassorum, était le vassal d'un seigneur lui-même vassal. C'est un titre des débuts de la féodalité, qui a disparu par la suite. Le titre existait déjà à l'époque carolingienne.

Le château des Saptes occupe un vaste quadrilatère régulier, ses murs solides de quatre vingt-dix centimètres d'épaisseur et sobrement décorés, sont soigneusement flanqués aux angles par des tours rondes braquant à tous les étages leurs multiples canonnières dans toutes les directions. La nécessité de la défense d'une cité ouvrière isolée en pleine campagne, les a conduits à organiser une sorte de place forte capable de résister à une attaque venue du dehors ou une entreprise des ouvriers eux-mêmes.

Ces précautions ont permis au château de survivre à la manufacture, bien que dans l'histoire il ait été relégué au second plan, éclipsé par la renommée de cette dernière, qui s'étendit bien au-delà de nos frontières et fut sanctionnée par des édits royaux.

Conques sur Orbiel, façade Nord du château des Saptes en 1905.

Sur la façade Nord, les deux grosses tours d'angle, cylindriques de même hauteur et de même diamètre, sont précédées de deux autres tours semblables de forme, mais plus petites et moins hautes, placées en avant et en diagonale comme des pions sur les cases d'un échiquier. Cette disposition se répète sur la façade Sud, ce qui formait un ensemble assez particulier pour l'époque. Par la suite les petites tours ont été détruites.

La façade mesure quarante-deux mètres entre les tours.

Du côté Sud, la façade ne comportait au rez de chaussée, que de petites ouvertures protégées par des cages de fer en saillie, faites de barreaux croisés et scellés extérieurement. Il en subsiste encore quelques échantillons. Au premier, les grandes fenêtres à meneaux ont été remplacées ; au second étage, les deux dernières fenêtres vers l'Ouest sont restées intactes avec leurs larges cadres de pierre, divisés par un meneau vertical.

Dans les années 1934 un document du SESA fait une description détaillée du château ainsi : l'intérieur du château était composé de deux parties légèrement inégales, séparées par un mur de refend situé entre la poterne murée et l'ancienne porte charretière. La partie Est, c'est-à-dire côté chapelle, le mur a été bâti sur le roc donc le sous sol dans cette n'a pas permis d'aménager une cave. Le rez-de-chaussée et le premier étage étaient sacrifiés à des logements de métayers. Il est probable que ce fut autrefois l'emplacement des cuisines et autres salles à l'usage des serviteurs du château ou employés de la manufacture. Les plafonds sont restés dans cette partie à poutrelles apparentes recouvertes de larges planches jointées par des liteaux de bois. Les planchers grossiers du XVIème siècle, sont bien conservés dans leur état primitif.

  Conques sur Orbiel, le château des Saptes, détails des carreaux du XVIème siècle.

La partie située de l'autre côté du mur de refend et dans laquelle on pénètre par la grande porte d'entrée, elle contient les appartements destinés à l'usage des maîtres. Elle occupe une surface plus importante que la précédente, le tout construit sur caves voûtées. Au centre, une courette à ciel ouvert la dessert, où se trouve le grand escalier en vis allant de la cave au grenier. Ce grand escalier est logé dans une tour intérieure noyée au centre de la construction. On y accède du rez-de-chaussée par un passage voûté assez étroit. La tour formant cage de l'escalier est éclairée par de larges baies donnant sur la cour intérieure.

A l'intérieur on découvre aussi une clef de voûte ornée d'un écu ancien, sculpté en relief. Le chiffre sculpté sur l'écusson le confirme, il se compose d'un S majuscule et d'un petit b terminé en forme de croix à double traverse. Ce sont bien là les initiales de Bernard de Sapte, l'aîné ou le chef de famille des constructeurs du château.

La décoration intérieure de cette partie à malheureusement été refaite, d'abord au XVIIIème en même temps que la façade, ensuite vers, le milieu du XIXème pour ce qui concerne le premier étage. Les plafonds ont été plâtrés, les cheminées monumentales en pierre ont été remplacées. Une des cheminées en pierre du pays, de deux mètres cinquante d'ouverture, possède encore sa plaque de foyer rectangulaire en fonte du XVIème siècle qui représente le siège d'une ville fortifiée. Une autre cheminée possède une plaque de foyer plus petite aussi du XVIème représentant Jésus au Mont des Oliviers.

Quelques pièces ont encore conservé leurs grandes dalles de pierre du XVIème, mais la plupart ont été carrelées de briques.

Sur cette partie du rez-de-chaussée, il y a deux petites salles voûtées dont les fenêtres sont protégées par des cages de fer.

Au premier étage, la modernisation est encore plus récente. Les appartements n'offrent aucun intérêt pour l'historien.

Au deuxième étage, il y a un immense grenier allant d'un bout à l'autre du château, on peut admirer une belle charpente du XVIème siècle, parfaitement conservée.

Conques sur Orbiel, façade Ouest du château des Saptes.

Le château a subi des remaniements au court des siècles, et depuis la description faite du château ci-dessus, celui-ci a subi encore de nombreuses modifications, des aménagements, des enjolivements et des maquillages des temps modernes par les propriétaires.

Les représentants mâles de la famille de Saptes semblent avoir vécu dans leur château d'une façon continue pendant un siècle environ. Vers la troisième génération, ils abandonnèrent l'industrie pour se consacrer uniquement à la magistrature. Ils avaient élu domicile dans la ville basse de Carcassonne où ils ont résidé jusqu'au début du XVIIème siècle, époque où la famille se dispersa.

En 1620, le château et la Manufacture des Saptes sont déjà entre les mains d'un sieur Dufay ou de Fay, qui avait épousé la fille d'un des frères de Saptes.

Conques sur Orbiel, façade Sud du château des Saptes en 1975.

Si la bâtisse est d'une architecture classique, elle renferme quelques éléments protégés comme le porche de la chapelle, la dalle funéraire, les charpentes par l'arrêté du 14 avril 1948. Le château des Saptes est une ancienne manufacture dont les dépendances ont disparu au fil des siècles. L'entreprise de draps recevra le 17 décembre 1620, le titre de manufacture royale. En septembre 1666, on comptait 200 ouvriers qui travaillaient dans la manufacture. Le renom des draps des Saptes est mondialement reconnu. A la Révolution l'activité a quasiment disparu. Les différents propriétaires essayeront de conserver le bâtiment principal dans le meilleur état possible. L'histoire de la chapelle est fortement liée à l'un de ses derniers propriétaires, le Marquis d'Urre d'Aubais qui y a été inhumé dans une chasse en verre durant sept années avant de rejoindre la commune de Carro dans les bouches du Rhône où il repose sur les restes du mausolée édifié à sa gloire en 1934. Les carreaux en terre cuite qui recouvrent le sol de la chapelle reprennent le heaume que l'on retrouve sur le méreau (pièce de monnaie en cuivre du XVIIIème siècle) des Saptes. Mais c'est la charpente du château qui est la plus remarquable. Elle date du XVIème siècle, achevé en 1540 pour les frères Saptes, drapiers de leur état. Les travaux d'aménagement du château au XVIIIème siècle épargneront la charpente. Outre les caractéristiques de construction de la charpente, ce sont les différents blasons sculptés sur chaque étai des piliers qui ont entraîné le classement de celle-ci.

Conques sur Orbiel, le château des Saptes, dessin de la charpente, provenant de la base Mérimée.

Conques sur Orbiel, le château des Saptes, détail de la charpente.

Leur établissement industriel de Conques est un remarquable exemple de concentration : préparation de la laine brute, lavage, foulage, teinture, tissage, parerie. Les ateliers étaient complétés par les habitations des divers spécialistes : retorseurs, tisserands, rentrayeurs, maçon chargé de l'entretien des bâtiments. Aucune modification importante n'a été apportée à la conception des installations manufacturières entre 1534 et 1779. Le château a été surélevé d'un étage entre 1663 et 1689. Lices et fausses-brayes ont disparu au XVIIIème siècle. En 1779, le château fut vendu à un médecin de Carcassonne qui transforma en jardin l'emplacement au nord du château. Les bâtiments industriels furent rasés, sauf ceux situés au bord de la rivière, conservés comme bâtiments de ferme. Depuis, le château est resté un simple domaine rural.

Conques sur Orbiel, façade Sud du château des Saptes en 1960.

Le château, de plan rectangulaire, est flanqué de trois tours et, au quatrième angle, de la chapelle. Il était entouré de lices ceinturées de murailles avec quatre petites tours d'angle, dont il ne subsiste que les deux du nord. Quelques demi-fenêtres à meneau horizontal existent encore aux tours rondes des angles, ainsi que quelques fenêtres basses à meneau vertical à l'étage supérieur. A l'intérieur, le plan rectangulaire est divisé en deux par un mur de refends. La partie orientale, comprenant la chapelle, est bâtie dans le roc, sans cave. Les appartements étaient occupés par les métayers. La partie occidentale, sur caves voûtées, contenait les grands appartements autour d'un ciel ouvert donnant jour à l'escalier en vis. Les charpentes d'origine sont intactes et semblent remonter au début du XVIème siècle. La vaste toiture à deux versants est supportée par les murs pignons et le mur de refend, ainsi que par deux séries de quatre fermes, séparées par ce mur de refend. Dans chaque ferme, l'entrait est soulagé par deux poteaux à l'aplomb desquels deux potelets supportent les pannes. Ces pièces verticales, ainsi que les poinçons, ont reçu des aisseliers qui assurent l'étrésillonnement longitudinal, renforcé par des poutres horizontales perpendiculaires aux plans des fermes et assemblées dans les entraits successifs. Le décor se limite aux extrémités des semelles interposées entre les entraits et les poteaux inférieurs, ainsi qu'aux pièces courbes qui renforcent ces assemblages. La chapelle s'ouvre par une porte Renaissance, en plein cintre avec linteau appareillé et entablement mouluré. Les pilastres sont formés chacun par deux séries de moulures qui supportent des chapiteaux de type corinthien. Le revêtement du sol est composé de briques rouges carrées portant l'empreinte en creux d'une tête d'homme d'armes coiffée d'un casque à panache.

Conques sur Orbiel, façade Ouest du château des Saptes en 1905.

Au XVIIème siècle, le domaine passa à François Castanier, et en 1750 à son décès l'affaire décline peu à peu. La crise à la fin du règne de Louis XV, sonne le glas de la manufacture des Saptes. La nouvelle propriétaire, la marquise de Poulpry vend le château au docteur Sabatier, médecin à Carcassonne. Quelques années avant la Révolution, le château des Saptes devient un simple domaine rural. Ce domaine est en 1792, la propriété de Mme d'Urre, née de Mac Mahon.

 

La famille d'Urre d'Aubais originaire du Dauphiné, était venue à la suite de mariages, se fixer en Languedoc à la fin XVIIIème siècle. Le marquis d'Urre, sera selon ses dernières volontés, inhumé au château des Saptes en 1927.

 

Conques sur Orbiel, façade Est du château des Saptes en 1905.

 

LA CHAPELLE DU CHÂTEAU DES SAPTES

Cette chapelle a subi une réfection importante au XVIIIème siècle et possède un clocher carré, plus élevé que les tours, qui ne manque pas d'élégance.

Un ravissant petit portail à plein cintre, de pur style Renaissance décore l'entrée de la chapelle. Il est orné d'un entablement mouluré, supporté par des pilastres droits à chapiteaux corinthiens, au milieu desquels est sculptée une petite tête d'ange.

Dans la nef de cette chapelle du château des Saptes, en face de la porte du sanctuaire, on voit la pierre tombale avec cette inscription : Cy gît Bernard Dangles, prieur de Saint-Laurent de Conques, mort en 1540. 

L'abside de cette chapelle est voûtée d'ogives venant se reposer sur une clé centrale en face de l'arc triomphal, les arcs d'ogive supportant la voûte, du chœur, reposent sur des culs de lampe naïvement sculptés, représentant aine chauve-souris, un écureuil mangeant une noix, deux têtes d'angelots, un enfant ailé et un pélican. La clef de voûte, ronde et saillante, porte un chiffre sculpté en relief, compose d'un grand M entrelacé d'un S : lettres initiales de la manufacture des Saptes.

Un vieux tableau représentant le Christ, placé au-dessus de l'autel, est son seul ornement. Le dallage d'époque Renaissance, est composé de briques carrées estampées, portant l'empreinte en creux, d'une tête d'homme d'armes, coiffé d'un casque à panache. Un bénitier de forme carrée en marbre est incrusté dans le mur à droite de la porte : celle-ci de facture très lourde est en pierre du pays avec chapiteaux sculptés dans le style du XVIème siècle, genre corinthien.

Un autel de style Louis XV et une élégante balustrade en marbre de Cannes entourent le chœur, complété par une porte en fer forgé de la même époque, 1730, date de la réfection.

Une grande dalle tumulaire, placée au niveau du sol, devant l'entrée du chœur, s'offre au regard comme une sorte de charte impérissable gravée sur pierre, authentifiant l'origine de la chapelle. Cette dalle en pierre calcaire blanche, mesure deux mètres dix sur quatre vingt centimètres. Elle porte l'effigie, grandeur naturelle, d'un gisant vêtu d'une robe monacale, les mains jointes, les pieds appuyés sur une sorte d'écusson orné d'un vase de fleurs.

La dalle recouvre la tombe du Prieur qui vraisemblablement a dû présider à la fondation de la chapelle. L'épitaphe, gravée sur ses bords en gros caractères romains, restée très lisible, est ainsi conçue : "Hic jacet. M. Bernardus Dangles, prior de Tuchano et S. Laurentii de Conchis qui obiit 22 Augusti 1543. Requiescat in pace".

Le dit Bernard Dangles, Prieur de Tuchan et de Conques, décédé le 22 août 1543, originaire du même pays que les frères Sapte, avait dû les suivre en qualité de chapelain, lorsqu'ils firent construire leur château. A sa mort, il a été inhumé par leurs soins dans la chapelle et sa pierre tombale a toujours été respectée depuis.

Lors de l'installation du monument funèbre du marquis d'Urre, en 1927, les ouvriers qui effectuaient ce travail, ont eu la curiosité de soulever cette pierre et de creuser à l'intérieur de la tombe. A cinquante centimètres, ils ont trouvé des ossements correspondant à celui du prieur et un mètre plus bas un autre squelette, quel était ce corps gisant sous celui du prieur, l'histoire ne le dit pas.

Une chasse renfermant le cercueil d'acajou verni contenant le corps du marquis se trouve placée actuellement au centre de la chapelle des Saptes, sur un socle de ciment.

On peut voir une grande plaque d'argent timbrée d'une couronne de marquis sur laquelle est gravée l'inscription funéraire : Maurice-Charles-Théodore, marquis d'Urre d'Aubais décédé à Paris, le 21 Mai 1927 à l'âge de 70 ans.

La chapelle est éclairée par quatre petites fenêtres ogivales, munies actuellement de verres coloriés modernes.

 

Vestiges d'un ancien moulin situé au Nord-Est du village de Conques sur Orbiel.

Le val de l'Orbiel au Nord de Conques sur Orbiel.

Le val de l'Orbiel au Nord de Conques sur Orbiel.

 

LES CAPITELLES AUX ALENTOURS DE CONQUES SUR ORBIEL

Une capitelle (en languedocien capitèlo) est une cabane en pierre sèche, c’est-à-dire sans mortier, servant autrefois d'abri temporaire à des outils, des produits agricoles ou à des ouvriers agricoles. Des capitelles existaient au néolithique. Cette appellation vernaculaire, à l'origine strictement nîmoise, a été reprise, dans le courant du XXème siècle, par des érudits étudiant de semblables constructions dans des départements voisins.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

 

Fin de la première partie de ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir ! Dans 10 jours la suite !

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), et sur le fameux sentier cathare, si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 mai 2016

Le 19 mai 2016, cela sera l'anniversaire de ce site web que j'ai créé en 2008, 8 ans déjà ! Que le temps passe vite !! Et je n'ai toujours pas réalisé mon rêve, faire le sentier cathare, j'espère que ce rêve sera exhaussé bientôt.Cela serait pas mal de faire un reportage sur ce sentier cathare, je lance un appel à ceux qui l'ont fait, de m'envoyer des photos de ce parcours mémorable de Port-la-Nouvelle à Foix avec leurs impressions.

On se fait des amis dans le monde du web. Pour ma part, je reçois de nombreux courriers électroniques, auxquels je ne peux pas répondre parfois, des invitations, ainsi que des commentaires associés à des questions pertinentes. J'essaye d'y répondre de mon mieux.

Je vous remercie humblement pour votre fidélité et vos commentaires encourageants. J'espère que le retour à l'essentiel et la découverte ou la redécouverte de cette belle région vous embarqueront pour un voyage concret. Car, rien de tel que le regard à 360 degrés pour apprécier à sa juste valeur ces beaux paysages. 

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On reste au pays du Lauragais, aujourd'hui je vous emmène découvrir encore un village médiéval haut perché méconnu situé au Nord de Castelnaudary. Ce village possède un patrimoine intéressant avec son château massif digne des forteresses (propriété privée). Il y a vraiment de belles choses à découvrir dans ce département de l'Aude, cela paraît inépuisable ! N'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin du reportage que je vous laisse découvrir. J'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire, que j'ai eu à le réaliser, bonne découverte …

 

Labécède-Lauragais se situe à 12 km de Castelnaudary, 59 km de Toulouse, 44 km de Carcassonne, 60 km de Pamiers, 111 km de Narbonne et 141 km de Béziers.

Labécède-Lauragais au pied de la montagne Noire, avec de nombreux circuits de randonnée dans la région.

 

Blason du village de Labécède-Lauragais.

Blason de Labécède-Lauragais tel que l'on trouve dans l'Armorial Général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

 

Au village de Labécède-Lauragais, il y a 430 habitants (2013) que l'on appelle des Labécèdois. Au plus fort de son évolution Labécède était un gros village qui comptait en 1851, 1200 habitants, soit trois plus qu'aujourd'hui.

Une vue aérienne du village de Labécède-Lauragais.

On trouve Labécède, au moyen-âge écrit de différentes façons, comme : Labécèdo ou la Bessede ou encore la Becede. Dans les textes anciens Labécède s'écrivait La Bessède, il y a eu agglutination de l'article défini au nom. Pour expliquer le toponyme, le nom du lieu vient de l'ancien français besse qui signifie bois de bouleaux. Celui-ci est un dérivé du gaulois betulbeto ou du latin vulgaire bettius (bouleaux). Les premières habitations ont donc été construites à l'emplacement d'une ancienne boulaie défrichée. Pour les Gaulois le bouleau possédait un statut particulier, il symbolisait la science et l'intelligence. Le suffixe –ède est à sens collectif ; une bessède est donc une boulaie.

Extrait de carte IGN, Labécède-Lauragais.

 

Le joli village de Labécède est situé en Lauragais sur les premiers échelons Sud-Ouest de la Montagne-Noire. Cet ancien fief fortifié ainsi que l'attestent de nombreux vestiges, a été établi sur un éperon rocheux qui domine la vallée encaissée de la rivière Argentouïre. Il couronne une verdoyante colline dominant de trois côtés le profond ravin de l'Argentouïre dont les pentes à pic sont tapissées de verdure et de grands arbres. La colline est elle-même entourée de montagnes boisées de chênes et de pins.

Labécède était, au Xème siècle, un bourg fortifié dépendant du diocèse de Toulouse.

Une vue générale de Labécède-Lauragais.

Il était entouré de fossés. Rien n’a changé depuis le XIVème siècle avec des restes de remparts, une porte fortifiée, des ruelles très étroites et en forte pente, une église romane. On n'y pénétrait que par deux portes l'une au Nord, la porte d'amont ou de Castelas existant encore, solidement construite, à plein cintre, surmontée d'une salle de guet ; l'autre à l'Ouest la porte d'abail, avenue de Castelnaudary, malheureusement elle n'existe plus. On y voit la base de la tour flanquant l'angle. Une grande partie des remparts d'enceinte est toujours debout. Un lavoir communal toujours utilisé, construit sur l'emplacement de la porte fortifiée d'Aval et l'ancienne fontaine du Théron en activité jusqu'en 1864.

Labécède-Lauragais, à droite la maison Sabatéry datant de 1583.

Labécède-Lauragais, voici la plus ancienne maison comportant une porte voûtée en cintre qui porte le blason des "Sabatéry" daté de 1583 (ex maison Bousquet).

 Zoom sur  le blason des "Sabatéry" daté de 1583, c'est la plus ancienne maison comportant une porte voûtée en cintre.

Le village de Labécède Lauragais  fut l'un des refuges pour les derniers Parfaits pourchassés par l’Inquisition. Au XIIIème siècle, les cathares sont nombreux avec des noms célèbres comme Bertrand de la Mothe, l’évêque Guilhabert de Castres et surtout le seigneur des lieux Pagan, lui même Parfait. En 1227 les troupes du Roi s’emparent du castrum et allument le célèbre bûcher collectif, Pagan put s’enfuir. Ce fut en 1232 qu’il périt sur un deuxième bûcher avec une vingtaine de Bonshommes. Durant les siècles suivants, parmi les seigneurs du lieu, régnait la famille des Rigaud de Vaudreuil qui donna deux gouverneurs au Canada français au XVIIIème siècle.

L'entrée Nord du village de Labécède-Lauragais,

La maison de Rigaud de Vaudreuil, connue depuis l'an 1000, mais la filiation concernant Labécède ne commence que plus tard avec Pierre de Rigaud, seigneur de Labécède (La Bécède). Un ancien proverbe usité dans la province du Languedoc prouve que le nom de Rigaud y était connu de temps immémorial ; en voici les termes :

"Les Hunauds, les Lévis et les Rigauds ont chassé les Wisigoths ; Les Lévis, les Rigauds et les Voisins ont chassé les Sarrazins."

 

La maison de Rigaud de Vaudreuil a brillé avec éclat dans nos fastes maritimes sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. C'est une des plus anciennes familles du Languedoc, qui possédait depuis plus de 600 ans la terre et la baronnie de Vaudreuil dans le diocèse de Lavaur.

 

Donc, les de Rigaud ont d'abord été les seigneurs de Labécède. Un Guilhaume de Rigaud de Labécède est compté comme vassal du vicomte Roger II Trencavel dans des actes de 1150-1170. On trouve un Pierre de Rigaud, seigneur de Labécède en 1250, il testa en 1260.

Voir la généalogie des seigneurs de Labécède plus loin.

Dans les archives on découvre :

- Le 16 février 1387, une vente de la moitié de la seigneurie de Tréville, par Etienne Martin, aux frères Elisée et Jean Rigaud, coseigneurs de Vaudreuil, Issel et Labécède-Lauragais, pour le prix de 360 livres. 

- En 1405, Marguerite de Bellafar, baronne d'Auriac, de Taïx, de Blaye, de Sainte-Gemme, épouse A. Rigaud, seigneur de Labécède, et c'est ce qui explique la venue de ce dernier à Blaye.

- En 1595, lors d'un arbitrage de bail, on trouve, noble Jean-Jacques Rigaud, sieur de Villemagne et coseigneur de Labécède.

- Le 15 décembre 1627, Vidimus d'un testament de Pons d'Ambres qui fonde une chapellenie dans l'église Sainte-Marie du cimetière de Labécède.

- Le 25 mai 1643, une réquisition adressée par Jean de Senaux ou Seneaux, président aux enquêtes au Parlement de Toulouse et seigneur de Labécède, aux consuls de Labécède, au sujet d'une proposition officieuse de rachat de la seigneurie par la communauté. 

- En 1656, le bourg de Labécède fut pillé par les soldats du roi.

- En 1681, une requête est présentée au roi par Jean Joseph de Senaux contre les consuls et les habitants de Labécède-Lauragais concernant des terres et droits seigneuriaux.

- En 1729, une donation a été faite par Jean Guiraud, originaire de Labécède-Lauragais, à Jean Guiraud, son cousin, de Labécède-Lauragais, concernant l’ensemble de ses biens.

- En 1855 une épidémie de variole a sévi sur le village de Labécède-Lauragais, et d'après le résumé fourni par l'administration, elle aurait frappé l'âge adulte dans une proportion tout à fait inusitée : 180 hommes, 75 femmes et 45 enfants. C'est un total de 300 malades pour une population de 500 habitants ; et sur ce nombre, il y a eu 21 décès, dont 6 enfants, 10 hommes et 5 femmes.

  

Labécède-Lauragais, deux photos prisent de la porte fortifiée d'Amont, surmontée d'une salle de garde. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

- Selon une légende relative au château de Vaudreuil, situé entre les communes de La Pomarède et de Labécède, en Lauragais, le chien d'un paysan ayant étranglé un lièvre, celui-ci ne trouva rien de mieux que d'envoyer le gibier au châtelain de Vaudreuil par son fils, un jeune enfant de douze ans. Le féroce seigneur, sous prétexte que le paysan avait usurpé sur son droit de chasse, ordonna de faire accrocher le petit, tout vivant, par la mâchoire inférieure à un crochet de fer placé dans l'ouverture d'un puits.

Labécède-Lauragais, croix discoïdale située à l'angle Sud-Est du cimetière.

- Selon une autre légende du XIXème siècle les habitants observaient le ciel le 5 février pour la Sainte-Agathe, la direction des nuages leur indiquant le chemin qu'emprunteraient, tout au long de l'année, les orages. Dans le Lauragais la nuit de Sainte-Agathe était surtout consacrée à la protection magique. Sainte-Agathe était considérée comme une sorcière pourvoyeuse de grêle et d'orages, on pensait les curés investis de fonctions magiques et le pouvoir d'écarter les orages. Le jour de la Sainte-Agathe, pour écarter du territoire ces orages, le carillonneur et ses aides sonnaient les cloches de la tombée de la nuit à l'aube sans discontinuer. On racontait l'histoire de deux curés, celui de Cammazes et celui de Labécède Lauragais, dont la dispute aboutit à un affrontement à coups d'orages que chacun tentait d'envoyer chez l'autre.

Une vue aérienne du centre du village de Labécède-Lauragais.

 

LE CHÂTEAU DE LABÉCÈDE-LAURAGAIS

 

Le premier château ancien castrum du moyen âge, que l'on appelle le "Castelas" (ou château de Villemagne) était contigu à la porte fortifiée d'Amont et aux remparts qui, à l'époque, possédaient trois tours côté amont. Voir ce passage en voûte existant dans le mur d'enceinte.

Le second château appelé "La Citadelle" existant avant le XVème siècle au centre du village, il occupait un site important, allant du château actuel jusqu'à la maison maintenant rénovée où subsiste une tour d'angle dominant le village au Sud-Est. Ce qui subsiste aujourd'hui de la "citadelle", est une très vieille maison comportant une porte voutée en cintre qui porte le blason des "Sabatery" daté de 1583 (ex maison Bousquet).

La façade Nord-Est du château de Labécède-Lauragais.

Le château ou le Castelas de Labécède s'élevait au Nord, près de l'église. Il n'en reste que trois murs, bâtit en moellons taillés. L'ancienne porte d'entrée à plein cintre, murée, est visible au mur de l'Ouest. Une belle porte Renaissance en pierres bosselées et chapiteaux ioniques, s'ouvre sur la place de l'Église.

En 1142, Labécède fut le motif d'un différend entre le Comte de Toulouse et le Vicomte de Carcassonne.

En 1227, Humbert de Beaujeu, commandant les troupes du Roi en Languedoc, assisté de l'Archevêque de Narbonne et de l'Evêque de Toulouse, fit le siège de Labécède où Pons de Villeneuve et Olivier de Termes commandaient pour le Comte de Toulouse. Plusieurs défenseurs purent s'enfuir. L'évêque sauva, autant qu'il put, la vie aux femmes et aux enfants, mais on ne fit aucune grâce à Gérard de la Mothe, diacre hérétique, et à ses partisans qui furent tous pris et brûlés vifs.

En 1229, Raymond, comte de Toulouse, promit au Roi de détruire les fortifications de Labécède.

Les religionnaires s'emparèrent de Labécède en 1584, mais ils l'abandonnèrent quelque temps après.

La façade Sud du château de Labécède-Lauragais.

On peut dire que le château seigneurial date de la première moitié du XVIIème siècle, il est inscrit aux monuments historiques par arrêté du 13 avril 1948. Il est situé dans le village en face l'avenue de Castelnaudary.

Ce château contemporain a été remanié en style renaissance, sur l'emplacement de ce qui subsistait de l'ancien château du XIVème, XVème et XVIIème siècle, vers 1900, par la famille De Barbot. (Devise sur le fronton du château : "faïre pla e daissa dire").

Le château de Labécède Lauragais est imposant par ses dimensions, il fut amputé de la partie orientale où subsiste une tour circulaire, on l'appelle encore de nos jours "La Citadelle", avec des tours d’angle, des murs impressionnants, c'est une puissante forteresse. A la révolution, il fut endommagé, les blasons sculptés sur les murs, datant du XIVème siècle, furent burinés, il en subsiste des traces.

La tour crénelée côté Ouest du château de Labécède-Lauragais.

 

Première moitié du XVIIème siècle, la seigneurie de Labécède appartenait pour un quart au roi et pour le reste à des seigneurs particuliers. Le portail est la seule partie à peu près intacte de l'ancien château. En plein cintre, l'arc, encadré de pilastres, est, tout comme eux, appareillé à bossages, alternant avec des claveaux plats. Les pilastres sont surmontés de chapiteaux ioniques à oves simples. De l'entablement, il ne subsiste qu'une frise plate, un filet et un épais boudin camus.

L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais.

Comme dit plus haut, le château fut remanié à la fin du XIXème siècle par la famille du vicomte de Barbot et de Carayon-La-Tour qui lui apporte un style Renaissance et beaucoup de clarté.

En 1920  la vicomtesse de Barbot, vivait au château de Labécède-Lauragais. Elle élevait des Berger des Pyrénées, née Carayon-La-Tour, elle est décédée au château de Labécède Lauraguais en mars 1934, elle avait soixante dix ans.

Il a été récemment restauré et transformé en une magnifique résidence. Le château est encore entretenu, il est ouvert aux particuliers et aux entreprises, visite gratuite du jardin pour les journées du patrimoine.

L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais.

L'église actuelle, de style gothique, a été érigée en 1880-1881, suite à un voeu des habitants de Labécède prononcé en 1870. Elle est bâtie sur les fondations de l'ancienne église romane datant du moyen âge.

 

L'ÉGLISE DE LA NATIVITÉ DE NOTRE DAME

L'église de style gothique est d'origine romane, elle a été érigée en 1880-1881 suite aux vœux des habitants de Labécède prononcé en 1870. Cette église a été bâtie sur les fondations de l'ancienne église romane datant du moyen âge et appelée "Notre Dame de Labécède". A l'intérieur, on y trouve un reliquaire de Saint Roch en argent. L'église agrandie, forme un bel édifice de style ogival. Elle a un beau clocher, dont la base sert de porche.

Les cloches : la première pèse 1066kg, et date du 13 février 1881, elle s'appelle "Marie" et est accordée en "ré". La seconde pèse 531kg, et date du 07 septembre 1902, et a pour parrains le vicomte et la vicomtesse De Barbot elle est accordée en "fa dièse".

 L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. 

L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais.

L'église de Labécède, située non loin des centres religieux de Saint-Papoul et du Mas-Saintes-Puelles, importants à l'époque des premiers chrétiens, possède une relique de Saint-Orens, un petit os de son poignet célèbre, disait-on parce qu'il guérissait les gens de la peur. Cette relique aurait été trouvée dans une boîte, le 22 octobre 1637, par l'Évêque de Saint-Papoul, Mgr Bernard Despruel, mise dans un reliquaire, le 19 Novembre 1886, par Mgr Félix Arsène Billard. Saint-Orens venait d'Espagne, enfant il fut domestique dans une ferme de Labécède, par la suite il devint vers 410 évêque d'Auch, il mourut en 440. En 1664, Saint-Orens était particulièrement vénéré. Une chapelle lui était dédiée dans l'église, il avait sa statue avec deux Anges en bosse, en outre un retable et deux colonnes dorées avec un tableau de Saint-Orens au milieu.

  

Deux photos prisent de la porte d'Amont de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

Deux photos de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

FAIT DIVERS :

En 1938, une disparition étrange et mystérieuse c'est produit sur le territoire de Labécède-Lauragais et fit la Une de tous les journaux de l'époque. Le 23 janvier 1938, madame Clerc-Vayssière 32 ans et sa fillette Denise âgée de 9 ans furent aperçues pour la dernière fois près de la ferme des Choclazeur, le fermier interrogé et soupçonné se suicida le 21mars 1938. Trois mois après leur disparition, elles n'étaient toujours pas retrouvées. L'enquête a-t-elle abouti ?

 

A VOIR AUSSI :

Dans le village vous pouvez admirer la porte d'accès amont fortifié surmontée d'une salle de garde et qui a servi de tour prison, elle est située à l'angle de la place de la Brèche. Elle est la propriété de monsieur Cros Robert.

- Une fraction de cinquante mètres environ des anciens remparts près de la porte d'Amont subsiste et est encore visible ; sur le glacis rocheux une croix discoïdale a été installée. Deux autres croix discoïdales existent il y en a une en mairie et l'autre à l'angle Sud-Est du cimetière.

Le lavoir communal de Labécède-Lauragais. Edifié en 1864 grâce à un don de Madame De Carayon-Latour. Construit à l'emplacement de l'ancienne porte d'Aval démolie à cet effet.

- Ne pas rater le musée des Vieux Métiers et Coutumes d'antan, qui est situé près de l'église. Ce musée réalisé en 1990 est géré par l'association "Patrimoine", il occupe des locaux à l'étage de la mairie, 3 salles en tout, on y accède par le préau.

- Au Théron vous pouvez voir aussi, un joli pont en pierre datant de 1840, il fut emporté plusieurs fois par l'Argentouïre, car à l'origine, il était en bois.

- La porte de l'évêque, c'est un passage avec escalier entre deux pans de murs ; la voûte de couverture a disparue suite à écroulement.

- Le moulin à eau, propriété Massot dont il ne subsiste que 2 meules.

- La fontaine du moyen âge, utilisée jusqu'en 1858, qui recevait l'eau de la source de la Garrigue.

La Vierge protège le village de Labécède-Lauragais, elle est située sur la D302 à l'entrée Nord-Ouest du village.

- Sur les rives de l'Argentouïre il y a une triple Cascade, au fond du ravin, à l'ancien moulin de Pantoï appartenant à la famille Belaud. Site des plus agréables entouré de prairies, de fruitiers et d'un fouillis d'arbustes.

Labécède-Lauragais constitue vraiment une station estivale de premier ordre.

Carrière Sorèze située au Nord du village de Labécède-Lauragais.

Ils font de l'extraction de pierres ornementales et de construction, pierre et granulats.

 

DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES A LABÉCÈDE-LAURAGAIS

 

- Un très ancien four de métallurgie du fer à carneaux de récupération, a été mis au jour sur le territoire de la commune de Labécède-Lauragais aux environs de l'année 1937. En effet, au cours de travaux de labourage près de la ferme des Mousques, un bœuf tomba dans un trou qui s'était formé à son passage. Intrigué de voir apparaître sur une paroi du trou une sorte de voûte en terre cuite, il dégagea les abords et il fut surpris de découvrir l'ouvrage qui est décrit comme suit : 

Une plate-forme de 3,30 m sur 2,20 m et de 0,18 m d'épaisseur, couvre quatre carneaux à sole inclinée, terminés par une entrée voûtée, de 0,90 m à 1,10 m de hauteur, avec une largeur de 0,44 m pour chaque carneau et la sole, inclinée à 30 degrés sur l'horizontale, occupant toute la longueur du carneau. Un certain nombre d'orifices sont percés dans la plate-forme supérieure et ainsi disposés : à la partie arrière de chaque carneau, trois trous carrés de 0,12 m de côté ; en avant, répartis par 3 sur 5 rangs, 15 trous tronconiques, de diamètre supérieur 0,08 m et de diamètre inférieur 0,065 m, le sommet du cône étant donc vers le bas. En avant de l'un des carneaux étaient encore visibles une sorte de puisard rectangulaire de 0,53 m X 0,40 m, profond de 1,65 m, et un deuxième puisard carré de 0,40 m X 0,40 m. Le premier portait, sur ses quatre angles, des rainures de forme semi-circulaire (diamètre 0,06 m), paraissant avoir subi l'action d'un certain frottement (parois lisses). Le mode de communication des puisards entre eux et avec le carneau n'a pu être bien déterminé, en raison de la mauvaise conservation de la partie inférieure de l'ouvrage.

Les restes d'autres puisards, situés en face d'autres carneaux, étaient visibles. De même on pouvait noter l'emplacement de deux canalisations cylindriques dans la murette placée en avant de l'ensemble. L'ouvrage occupait un rectangle de 3,80 m sur 3,30 m. La plate-forme supérieure était recouverte d'environ 0,50 m de terre végétale.

L'ouvrage tout entier était en terre argileuse, de même nature que le terrain où il se trouvait. De son aspect il ressortait nettement que l'ensemble avait été façonné par forage dans le terrain même et soumis à une cuisson intense, ce qui en avait permis la conservation malgré l'humidité du sous-sol. Les recherches aux abords du four n'ont pas permis de constater l'existence d'une scorie comportant des petits cailloux roulés enrobés d'une matière ferrugineuse, le tout paraissant nettement avoir subi l'action du feu et présentant des cavités dans son intérieur.

  

Labécède-Lauragais vieilles maisons qui ont du charme et très bien conservées pour l'époque. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

- En 1941, découverte d'une urne de facture espagnole en terre non vernissée ni à l'intérieur ni à l'extérieur. Elle est de couleur gris-fer, légèrement bleuté. L'ouverture est arrondie et elle porte deux anses petites. La décoration est faite de lignes en relief, horizontales et verticales s'entrecoupant. C'est une poterie espagnole du XVIIIème siècle, trouvée avec des tessons d'une deuxième urne semblable dans un silo au château de Labécède de Lauragais.

  

Deux photos de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

GÉNÉALOGIE DES SEIGNEURS DE LABÉCÈDE LAURAGAIS

Le premier seigneur connu de Labécède en 1222, était Pagan Faidit cathare. Guilhabert de Castres, évêque cathare du toulousain séjournait souvent à Labécède dans sa maison, sous la protection du seigneur du lieu, Pagan.

En 1232, Pagan qui était le seigneur de Labécède, accompagné de dix neuf autres cathares, qui se cachaient dans les bois, furent pris par Raymond VII, comte de Toulouse et le nouvel évêque de Toulouse Fauga. Tous furent condamnés à mort et brûlés sur ordre du comte.

Puis il y eut en 1249, quatre consuls de Labécède qui prêtèrent serment au Roi à l'occasion de l'avènement du comte Alphonse, frère de Saint Louis.

A partir  de la croisade des Albigeois en 1249, Labécède appartient au comte Alphonse, frère de Saint Louis et mari de la princesse Jeanne, fille de Raymond VII comte de Toulouse.

Puis le castrum appartiendra pour un quart au roi de France et pour trois quart au seigneur du lieu.

Au début du XIVème siècle la famille de Rigaud de Vaudreuil possède Labécède, généalogie de cette famille ci-après.

En 1539, la famille de Rigaud vend la seigneurie à Bertrand de Sabatery, procureur au parlement de Toulouse.

La commune inféodée au roi de France par lettres d'amortissement n'a plus vraiment de vrai seigneur depuis 1688.

Puis par acte du 16 mai 1719 le château et les terres passent entre les mains de la famille de Senaux ou Seneaux. Vont ce succéder :

- François de Senaux ou Seneaux.

- Bertrand de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse de 1635 à 1651.

- En 1643, Jean de Senaux ou Seneaux .

- Amans de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse en 1653.

- En 1681, Jean-Joseph de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse de 1674 à 1718 et président à mortier en 1759, mort en avril 1789. 

En 1789, le château est vendu comme bien national au seigneur Gailliassou qui était officier municipal à la révolution. La veuve et ses descendants (la famille Bastouil) conserveront la propriété jusqu'en 1839.

En 1839, le château est vendu à monsieur de Carayon-Latour, bienfaiteur du village avec sa femme. Le château sera ensuite légué à leur nièce madame De Barbot. 

Au XVIIIème siècle, le siècle des Lumières, le château de Labécède appartenait donc à la Famille de Barbot (voir la généalogie ci-après).

A la fin du XIX ème siècle le château était la propriété de Marie Joseph Mélanie Marguerite de Carayon-Latour femme d'Adolphe Joseph Anne Lionel dit le Vicomte de Barbot.

Mort du vicomte De Barbot en 1966.

En 1966, vente du château à la famille Naudy.

En 1971, vente du château à la famille Gabolde.

En1987, la famille Ricard achète le château.

En 2000, achat du château par M & Mme Chauvet-Fougoux.

  

Labécède-Lauragais, à gauche, les petites rues du village avec ses vieilles maisons. A droite, la rue de la porte d'Amont. Une fraction de 50 mètres environ des anciens remparts subsiste le long de cette porte. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE RIGAUD 

Blason de la famille de Rigaud de la Roujane.

La maison de RIGAUD dont les seigneurs ont possédé Labécède. Maison qui prouve l'ancienneté de sa noblesse depuis le XIème siècle, et la possession de la terre de Vaudreuil dans le diocèse de Saint Papoul en Languedoc. Les seigneurs de cette terre ont eu plusieurs fois séances aux états de la province dans le XVème siècle. La généalogie ne  commence qu'à :

I- Pierre de Rigaud seigneur de Vaudreuil. Il semble devoir être fils d'un autre Pierre Rigaud, aussi seigneur de Vaudreuil qui fit un codicille à Tivoli près de Rome, le 17 décembre 1320. Pierre Rigaud y et sa femme nommée Bonnete, firent des legs à l'église de Vaudreuil, et eurent pour fils Guillaume  qui suit ;

 

II- Guillaume de Rigaud, seigneur en partie de Vaudreuil et de Labécède (la Becede ou la Bessede dans le texte), acquitta  le 8 aout 1340, aux marguilliers de l'église de Vaudreuil, les legs fait par père et mère, aussi bien que ceux que Germain Rigaud son oncle, avait fait à l'église. Il est qualifié damoiseau, dans un don qu'il fit le 8 mars 1332 et il créa des consuls à Vaudreuil en 1335.

Il fit codicile le 25 juillet 1361. Il épousa en première noce, Gaudiose de Quers Belpech, fille de Jacques de Quers, seigneur de Genat et de Tremoler qui donna en dot à sa fille 1000 livres tournois le 8 février 1331. Il épousa en secondes noces, Aspaïs Delcun, veuve du chevalier Jean de Marsan, laquelle fit une donation le 9 février 1355, à Marsanne, sa fille du premier lit, en la mariant à Arnaud de Rigaud, fils de son mari.

Guillaume de Rigaud eut de sa première femme :

        - Arnaud de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, qui suit ;

          - Girard de Rigaud ;

        - Jean de Rigaud, chevalier de Saint Jean de Jérusalem ;

        - Aimeri de Rigaud, archidiacre de Lavaur ;

        - Guillaume de Rigaud, abbé de Lezar.

 

III- Arnaud de Rigaud, seigneur de Vaudreuil. Il testa le 29 août 1376. Il épousa en première noce, N. de Marsan fille de Jean de Marsan, chevalier, et d'Aspaïs Delcun. Il épousa en secondes noces, Jeanne de Lanta, qui était veuve le 24 mai 1378. Elle fit hommage au roi en 1389 pour son fils Jean de Rigaud, elle vivait toujours le 19 décembre 1395. Elle eut pour enfants :

        - Elzias de Rigaud seigneur de Vaudreuil, qui suit ;

        - Jean de Rigaud qui fit la branche d'Aigrefeuille. Celui-ci passa un acte le 17 février 1386, avec Elzias de Rigaud son frère aîné, en présence de sa mère et, où les deux frères sont qualifiés de coseigneurs de Vaudreuil, d'Ycel et de la Bessede ;

        - Delphine de Rigaud, morte jeune.

 

IV- Elzias de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, fit hommage au roi pour la terres de Vaudreuil le 6 décembre 1389. Il fut un des barons de la sénéchaussée de Toulouse, et assistera aux états du Languedoc en 1424 et 1426. Il testa le 20 septembre 1435. Il épousa en 1405, Marguerite de Bellassar, fille de Guiraud de Bellassar, baron d'Auriac et de Jeanne de Lautrec qui testa étant veuve le 11 octobre 1437(fille de Pierre vicomte de Lautrec).

De ce mariage naîtra :

      - Guillaume de Rigaud, seigneur de Vaudreuil et de Tremolet, qui fit hommage au roi le 11 mai 1463 pour les terres de Vaudreuil, Tréville, Boscaut, Bartenit et la moitié des villes d'Ycel, Villemagne et la Bessede. Il épousa en 1439, Seguine d'Ornezan, fille de Bernard seigneur d'Ornezan ;

       - Pierre de Rigaud ;

         - Philippe de Rigaud, baron de Taix et d'Aguts, qui suit ; 

         - Jeanne de Rigaud, mariée le 8 décembre 1448 avec Antoine de Montlaur, fils d'Hector seigneur de Montlaur. Elle eut un fils, Jean de Rigaud ;

 

- Philippe de Rigaud, seigneur de Taix, de Blaye et de Saint Geniés et Lantarais. Il donna procuration le 29 mars 1461 pour gérer les biens de sa mère et il testa le 29 août 1465. Il épousa Jeanne du Palais, fille de Bertrand, seigneur de Tarabel et de Lombarde d'Escalquens, fille de Guillaume d'Escalquens. Ils eurent une fille connue : Jeanne de Rigaud.

 

- Vital de Rigaud, seigneur de Taix, d'Aguts, de Vaudreuil, baron d'Auriac et d'Auriaguais, d'Aliat, de Trémolet, coseigneur de Fournés, de la Bessede, d'Ycel, de Cabanial et de la baronnie de Gaudiès. Il testa le 9 août 1526. Il épousa Rose de Rochefort, fille d'Aimeri de Rochefort, seigneur de la Pomarède, et d'Aude de Belpech. Ils eurent pour enfants :

         - Jean de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, chevalier de l'Ordre, ainsi qualifié dans des lettres royaux du 21 mai 1597. Il épousa le 15 juillet 1537 Marguerite d'Antin, fille de feu Jean d'Antin et d'Anne de Roquefeuil. Il testa le 12 août 1563 ;

         - Antoine de Rigaud ;

         - Pierre de Rigaud, religieux ;

         - Gaillarde de Rigaud ;

         - Jeanne de Rigaud, qui épousa le 5 octobre 1518 Pierre de Toulouse de Lautrec, coseigneur de la Bruguière au diocèse de Lavaur ;

         - Isabelle et Delphine de Rigaud, toutes deux religieuses dominicaines au prieuré de Prouille au diocèse de saint Papoul ;

         - Isabelle de Rigaud, religieuse Bernardine à Nouengue au diocèse de Vabres.

 

Vital de Rigaud épousa en secondes noces, le 30 juin 1506, Catherine de Lausière, fille de Gui de Lausière, seigneur de la Capelle, et de Jeanne de la Roche. Il eut de ce second mariage :

         - François de Rigaud, seigneur d'Aguts en 1526, qui suit ;

         - Gui-Armand de Rigaud, qui épousa Françoise de Montesquieu, dame de Morseux ;

         - Jacques de Rigaud, seigneur d'Aguts ;

         - Jeanne de Rigaud, qui testa le 9 novembre 1563, elle avait épousé le 21 mars 1518, Gaillard de Varagne, seigneur de Bélesta, de Gardouch et des Casses ;

         - Martine de Rigaud.

- François de Rigaud, Le 17 décembre 1526, son frère aîné Jean dans le partage lui donna Aguts, Nosents, Cuq, Pechaudié, la Bessede et Ycel.

- A partir de l'an 1595, Jean-Jacques de Rigaud est signalé comme seigneur de Villemagne et coseigneur de Labécède.

 

La famille de Rigaud de La Roujane, au diocèse de Saint-Papoul, en Languedoc, forment une branche de l'ancienne maison de Vaudreuil. Il existe un grand nombre d'actes publics relatifs à cette famille, dans lesquels sont consignées des qualifications nobiliaires, comme par exemple : "Ce mardi, Vème jour du mois de juillet 1661, ont été par moi, curé soussigné, épousés en l'église, Jean de Rigaud, écuyer, sieur de La Roujane, fils naturel et légitime de Jean-Jacques de Rigaud et de demoiselle Catherine de Perraire, natif du lieu de Souille au diocèse de Saint-Papoul, sénéchaussée de Lauragais, avec demoiselle Gabrielle Gouaud."

  

Labécède-Lauragais, les vieilles maisons typiques de l'époque du moyen-âge. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE SENAUX ou SENEAUX

Blason de Jean Joseph de Sénaux conseiller au parlement de Toulouse, tel que l'a dessiné Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France en 1696.

 

Il semblerait que François de Senaux fut coseigneur de Labécède.

Marguerite de Senaux, se fit religieuse de l'ordre de saint Dominique à l'âge de 29 ans, au couvent de Sainte Catherine de Sienne à Toulouse, célèbre sous le nom de la mère Marguerite de Jésus, et fondatrice des monastères de saint Thomas et de la Croix à Paris, née à Toulouse en l'an 1590, était fille de François de Senaux, seigneur de Montbrun, secrétaire du roi, dont le frère était conseiller au parlement de Toulouse , fut mariée à M. Raymond de Garibal, conseiller au parlement de Toulouse, juge d'une grande intégrité et capacité, avec lequel elle vécut jusqu'en 1618 : se voyant sans enfants, ils se séparèrent d'un commun consentement. Elle mourut le 7 juin 1657, âgée de 68 ans. Le frère de cette dame fut président aux enquêtes au parlement de Toulouse, et  aïeul de Bertrand de Senaux qui fut nommé évêque d'Autun en 1702, sur la démission volontaire de son oncle maternel Gabriel de Roquette. Il mourut en 1709.

 

Si vous avez des infos sur les seigneurs de Senaux de Labécède, contactez- moi.

  

Labécède-Lauragais, c'est la plus ancienne des maisons. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE BARBOT

Blason de la famille de Barbot.

Bertrand de Barbot, épousa en 1698 Jeanne de Bousquet dont ils eurent pour fils :

- Pierre de Barbot, écuyer, lieutenant particulier au sénéchal et présidial de Toulouse, capitoul en 1763, conseiller au sénéchal en 1767. Il épousa en première noce, Marguerite Calage. Et en 1769, en seconde noce, Antoinette Chamouin, fille d'Étienne et de Marie Roque de Carbonne, dont il eut pour fils :

- Marie-Étienne de Barbot, né le 2 avril 1770 à Toulouse et mort dans la même ville le 16 février 1839. Il fut successivement, écuyer, inspecteur général de l'infanterie, lieutenant général en 1821et général français du Premier Empire. Commandeur de la Légion d'Honneur. Baron d'Empire le 22 novembre 1808, puis vicomte le 24 octobre 1825 enregistré par la cour royale de Toulouse.

Ses décorations :

- chevalier de la Légion d'honneur : 5 février 1804

- officier de la Légion d'honneur : 14 juin 1804

- commandeur de la Légion d'honneur : 9 août 1815

- chevalier de Saint-Louis : en 1814

Son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris : pilier Ouest, 35ème et 36ème colonnes.

Marie-Étienne de Barbot était le fils de Pierre Barbot, avocat au Parlement, lieutenant au Sénéchal et Présidial de Toulouse, qui a été capitoul en 1763 (fonctions qui lui conféraient la noblesse) et de la seconde femme de celui-ci, Antoinette de Chamouin. 

Marie-Étienne de Barbot fait de fortes études, en grande partie au célèbre collège de Sorèze où il est entré en 1781.

Sous-lieutenant puis capitaine de grenadiers dans la Garde nationale de Toulouse, capitaine dans un bataillon de Volontaires de la Haute-Garonne en septembre1791 puis lieutenant-colonel en 1792. Il fait en 1792 la campagne de Savoie, puis en 1793, il assiste au siège de Toulon.

Portrait du général Étienne de Barbot.

Il fait ensuite la campagne d'Espagne à l'armée des Pyrénées Orientales et prend part à l'affaire du Boulou, au siège du fort Saint-Elme, aux batailles de la montagne Noire (1794) et au siège de Roses. Il obtint le grade de chef de brigade en 1794.

De retour en France, le 20 juin 1795, lors de la paix avec l'Espagne, il se marie la même année avec Elisabeth Aubian, fille de Joseph Aubian, avocat au Parlement, et de Jeanne Duclos de Laas. Ils auront cinq enfants : Adèle, née en 1796 ; Emile, né en 1797 ; Théophile, né en 1799 ; Nathalie, née en 1808 et Louise, née en 1816, (voir la généalogie de la famille de Barbot ci-après).

Il devient chef d'état-major d'une subdivision à l'armée de l'Ouest en 1795, il sert quelque temps en Vendée. En août-septembre 1799, il "mate" la révolte des royalistes toulousains, menés par le Comte de Paolo, à la bataille de Montréjeau.

En 1804 il part pour les Antilles en qualité de chef d'état-major du général Lagrange, et se signale par la prise du Roseau, capitale de la Dominique et la prise de l'île Saint-Christophe en février 1805.

En 1807, Napoléon Ier, irrité contre la ville de Hersfeld, dont le peuple était accusé d'avoir assassiné un officier français, ordonne que trente des habitants soient fusillés, et charge Barbot de cette exécution. Celui-ci s'étant convaincu de l'innocence des habitants de Hersfeld, désobéit aux ordres de l'Empereur ; et pour mieux assurer le succès de sa désobéissance, il rédige son rapport comme si les trente victimes désignées avaient été exécutées.

Il sert en Espagne de 1808 à 1811. Il est promu au grade de général de brigade le 6 août1811. Il participe à la bataille des Arapiles le 22 juillet 1812.

Il rentre en France avec le maréchal Soult, se trouve à tous les engagements qui ont lieu près des Pyrénées, et se signale aux batailles d'Orthez et de Toulouse.

Quand on apprend le débarquement de Napoléon au golfe Juan, il reçoit le commandement supérieur de Bordeaux. Barbot reste fidèle au serment qu'il a prêté au roi et après avoir coopéré aux efforts faits par la princesse la duchesse d'Angoulême et à la protection qui lui a accordé quand elle doit quitter Bordeaux, il se retire, pendant les Cent-Jours, dans ses foyers, à Verdun-sur-Garonne (entre Toulouse et Montauban).

À la rentrée du roi, il est nommé chef d'état-major à Toulouse en juillet 1815 et commande pendant quelques mois le département de l'Ariège. Il est élevé au grade de lieutenant-général (général de division) le 3 juillet 1816 et trois mois après, il reçoit le commandement de la 10ème division militaire à Toulouse, qu'il conservera jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe en 1830, époque où il est mis à la retraite. Il peut ainsi se consacrer davantage à cette famille aimée dont il a été séparé pendant si longtemps.

En 1825, par lettres patentes du 24 octobre, le roi lui confère le titre personnel de vicomte de Barbot.

Il est fait chevalier de Saint-Louis et commandeur de la Légion d'honneur.

Admis à la retraite en 1835, il meurt à Toulouse le 16 février 1839.

Il est enterré au cimetière de Terre-Cabade, où l'on trouve son tombeau tout près du monument consacré aux défenseurs toulousains de Belfort.

  

Labécède-Lauragais, la rue du Presbytère. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DE BARBOT DE TOULOUSE

 

- Marie-Étienne de Barbot, baron d'Empire le 22 novembre 1808 puis vicomte le 24 octobre 1825, commandeur de l'Ordre de Saint-Louis et de l'Ordre de la Légion d'honneur, Né le 2 avril 1770 à Toulouse. Décédé le 16 février 1839 à Toulouse, à l’âge de 68 ans. Général de brigade en 1811, lieutenant général commandant la Ière subdivision militaire (Gironde et Landes), vicomte à titre personnel.

Il épousera en 1795,  Elisabeth d'Aubian fille de Joseph d'Aubian et de Jeanne Duclos de Laas. Ils eurent cinq enfants :

 

1 - Adèle de Barbot, née en1796, elle épousa en 1820 Fortis-Charles de Carrère †1856, ils eurent une fille :

      - Elisabeth de Carrère de Loubère 1832 mariée avec Henry de Foix-Fabas, comte de Foix-Fabas 1833, ils eurent trois enfants :

                           - Marie de Foix-Fabas 1860 ;

                                 - Charles de Foix-Fabas  ca 1863-1898 ;

                                 - Louis de Foix-Fabas 1870.

2 - Jean Joseph Émile dit le Vicomte de Barbot, chevalier de la Légion d'honneur, chef d'escadron de cavalerie, né en 1797-1798, décédé en 1877. Il épousa Mathilde Victoire Bourgeois, ils eurent trois enfants :

          - Georgette de Barbot 1843-1877

          - Adolphe Joseph Anne Lionel dit le Vicomte de Barbot, né le 8 mai 1849, décédé en1898 à l'âge de 49 ans au château d'Odars à Baziège (31). Il avait un vrai talent d'artiste et élève de l'atelier de Bonnat. Il épousa le 14 février 1885 Marie Joseph Mélanie Marguerite de Carayon-Latour,  fille de Léopold de Carayon-Latour et de marie de Faudoas-Barbazan. Ils eurent une fille : Odette de Barbot, née le 9 juin 1891 à Arcachon et décédée le 17 novembre 1971, âgée de 80 ans, inhumée à La Ferté. Elle épousa le 3 mai 1921 à Paris Saint‐Honoré d’Eylau, Gaétan de La Selle d'Échuilly, né le 10 novembre 1891 à La Ferté et y demeurant. Décédé le 8 novembre 1947, âgé de 56 ans, inhumé à La Ferté. Ils eurent un fils, Amaury de La Selle, né le 30 avril 1924 à Paris 16ème et décédé le 19 février 1983, âgé de 59 ans, inhumé à La Ferté. Sans postérité. 

                                        - Victoire de Barbot 1853-1877.

Apparemment, Jean Joseph Émile dit le Vicomte de Barbot fit un second mariage avec Melle de Puthaux.

 

3 - Marc Antoine Joseph Théophile de Barbot, 1798-1870, chevalier procureur du roi, mainteneur des Jeux Floraux (créé le 3 mai 1324 à Toulouse). Il épousa le 10 octobre 1827 Laure Sophie d'Aldéguier †1883, fille de Jean-Baptiste et de demoiselle Nicolas de Voutron. Ils eurent deux enfants :

      - Adalbert de Barbot, oficier des Chasseurs ;

      - Sophie de Barbot épousa Frédéric de Laparre de Saint-Sernin, comte romain 1826-1905, ils eurent trois enfants :

                        - Théophile-Louis de Laparre de Saint-Sernin  1854-1922

                         - Fernand de Laparre de Saint-Sernin , voir Légion d'Honneur (Chevalier) 1855-1915

                        - Gérard de Laparre de Saint-Sernin  1870-1909

 

4 - Antoinette de Barbot, née en 1808, épousa le 13 avril 1830 Auguste d'Aldéguier , ils eurent trois enfants :

       - Thérèse Jeanne Elisabeth Natalie d'Aldéguier ; 

       - Marie Julie Gabrielle d'Aldéguier ;

       - Alphonse d'Aldéguier  1834-1860.

 

5 - Louise de Barbot,  née en 1816,  mariée avec N. de Chauliac.

Labécède-Lauragais, ses petites rues aux maisons de caractère serrées les unes aux autres.

 

LES SEIGNEURS DE SABATERY

 

Armes : De gueules 3 alérions d'or volant sur trois ondes de même posés 2 et 1. L'écu timbré par une couronne : comte ou marquis.

 

Bertrand de Sabatery, seigneur de Labécède, décédé le 10 juillet 1581, il fut Conseiller du Roi et Procureur général de Toulouse. Il épousa Perrette Lancefoc. Ils eurent une fille, Catherine de Sabatery qui épousa le 4 janvier 1557 Antoine II de Martin de Viviès, seigneur des Avalatz, de Roquecourbe et de Viviers, né en 1538, décédé le 10 juillet 1581 à l'âge de 43 ans. Il fut fait prisonnier par les protestants le 22 août 1574, une rançon pour sa libération fut demandée, en 1580, les seigneuries de Rocquecourbe et des Avalatz furent vendu pour payer cette rançon.

Veuve depuis cinq ans, Catherine de Sabatery fut assassinée en 1586 par son comptable, elle eut pour enfants :

    - Pierre Jean de Martin de Viviès, né en 1566, +15 juillet 1635, marié avec Claire de Cabrilles du Puy ;

     - Antoine Germain de Martin de Viviès, né le 22 novembre 1586 ;

     - Paule de Martin de Viviès,  mariée avec Jacques de Bonne, seigneur de Missègle +1618 ;

    - Pierrette de Martin de Viviès, mariée en 1598 avec Jean de Boissière, seigneur de Carcenac +1628 ;

     - Jacquette de Martin. 

J'ai trouvé une Jeanne de Sabatery qui épousa le 21 décembre 1557 noble Jean de Bonnefons, châtelain et juge de Montréal. A-t-elle un lien avec Bertrand de Sabatery ci-dessus ?

 

 

Voici quelques photos anciennes du château de Marquein qui feront plaisirs aux amateurs :

Labécède-Lauragais, la façade Nord-Est du château en 1905.

Labécède-Lauragais, la façade Sud du château en 1905.

Labécède-Lauragais, la façade Nord du château en 1905.

Labécède-Lauragais, les cascades du Moulin en 1905. 

Labécède-Lauragais, une vue générale du village en 1905.

  

Labécède-Lauragais, deux photos de la porte d'Amont et l'église en 1905. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Labécède-Lauragais, la façade Nord-Ouest, l'entrée du château en 1905.

Labécède-Lauragais, le Perron avec la mairie en 1905.

Labécède-Lauragais, une vue aérienne générale en 1950.

Labécède-Lauragais, une autre vue aérienne générale, même période, en 1950.

Labécède-Lauragais, une autre vue aérienne générale, même période, en 1950.

Labécède-Lauragais, une vue aérienne générale en 1970.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables 1907.

- Catalogue des gentilshommes du Languedoc, généralité de Toulouse. 

- Le folklore de l'Aude 1938.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! 
Voici mon adresse mail pour m'adresser vos documents ou prendre simplement contact : 

 jp@belcaire-pyrenees.com 

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L'aventure continue ... avec vous, toujours de plus en plus nombreux et fidèles lecteurs.  

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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