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HISTOIRE

Lundi 18 juillet 2011 1 18 /07 /Juil /2011 02:30
Histoire des chateaux de Belcaire et de la famille de Nègr

Aujourd'hui je vous propose de découvrir l'histoire de deux châteaux situés à Belcaire, la capitale du Pays de Sault. Deux châteaux, l'un datant du moyen-âge et qui n'existe plus, seul quelques vestiges de murailles subsistes aujourd'hui. Et le second, que l'on appelle communément dans le village "le château", disons que c'est belle maison bourgeoise, un beau manoir du XVIème siècle, qui est aujourd'hui habité et le propriétaire loue des chambres.

Ce reportage est aussi l'occasion de s'intéresser sur un pan de l'histoire du Pays de Sault et de remonter le temps en suivant les traces d'une famille noble de Belcaire avec la généalogie de la famille de Nègre. Mes remerciements à Pierre Clottes et à Dominique Caussou pour les renseignements complémentaires qu'ils m'ont apporté. Cela faisait un moment que je voulais faire ce reportage, il me tient à coeur, j'espère qu'il vous plaira et n'hésitez pas à me contacter si vous désirez apporter des compléments ou des rectifications :

Aujourd'hui 2 octobre 2011, j'ai rajouté en fin de reportage un complément d'informations très intéresssant sur le manoir de Belcaire que les habitants ont pour habitude d'appeler "le château".

plan de Belcaire 02

Belcaire, la capitale du Pays de Sault se situe entre Quillan et Ax-les-Thermes plan de Belcaire 01 Plan de repérage du village de Belcaire, avec la situation des deux châteaux

Chateau de Belcaire 17

Voici le village de Belcaire capitale du Pays de Sault, dans son écrin de verdure

Chateau de Belcaire 18

Zoom sur la capitale du Pays de Sault : BELCAIRE

Au début du XIème siècle la famille d'Aniort régnait sur tout le Pays de Sault, elle possédait dans le Pays, les châteaux d'Aniort, Belfort, Castelport, Dournes et la Bastide de Rochan. Le château de Belcaire n'est cité nul part dans les textes anciens, il n'existait pas encore.

Sur le plateau du Pays de Sault il n'y avait qu'un château-fort sous les vicomtes de Carcassonne et de Razès, c'était celui de la bastide de Rochan situé à Roquefeuil. Il paru insuffisant aux seigneurs royaux de Sault et bientôt, par ordre du roi, on vit s'élever le Castellum de Belcaire, sur un immense rocher dominant le village récemment construit par les habitants du bourg de Salt (rasé par les seigneurs de Bélesta) et ceux du hameau de Coumareilla (détruit par une inondation). Du château de Belcaire on ne trouve guère de trace écrite avant la soumission du pays au roi de France en 1243 (traité de Guillaume de Lorris 30 octobre 1243).

Après la croisade des Albieois, la guerre finit, le Pays de Sault fut soumis à la Couronne et l'organisation royale succéda au régime féodal. En 1252, Saint-Louis envoya ses commissaires pour faire les recherches afin de mettre en place une nouvelle organisation. Le Baillage de Sault venait d'être créé et il fallait pourvoir à son bon fonctionnement. Celui-ci portait d'abord le nom de Baillage de Sault et du Razès supérieur ; on le trouve ainsi nommé de 1281 à 1317, on y comptait 49 communautés.

Belcaire devint ainsi la "capitale du Pays de Sault "

Une place forte occupée déjà semble t'il par un château à cette période, il est dit, dominant un bourg assez important, situé à peu près au centre du Pays de Sault, Belcaire sera choisi pour être le chef-lieu du nouveau Baillage. Belcaire deviendra le siège de l'administration civile, militaire, judiciaire et forestière du Pays de Sault.

extrait carte de cassini 02

Pays de Sault , extrait de la carte de Cassini le relevé date de 1770 et la publication de 1778

 On pense que le château de Belcaire fut érigé dés que le Pays de Sault eut été en bailliage, il est donc une création royale entre 1240 et 1252 et plus précisément en 1247. Le nom de Belcaire viendrait de "Bellicadum", "Belli Castrum", ou "Bellum-quadrum", en langue romane : Bel-Caïré* (voir à la fin de ce reportage une analyse intéressante sur l'origine du nom). Le château de Belcaire était d'architecture tout à fait militaire, il avait la forme d'un carré irrégulier, flanqué de tours massives. Dans son enceinte se trouvaient des jardins cultivés et les constructions nécessaires au logement des hommes. Une citerne se remplissant avec les eaux des pluies fournissaient aux besoins de la garnison en cas de siège. Au sommet d'un rocher central élevé à plus de quarante mètres au-dessus du sol, se trouvait une tour de gué. Le guetteur avait ainsi une vue lointaine sur les environs. la porte d'entrée de la forteresse se trouvait au Sud. Le château-fort de Belcaire était la plus belle forteresse du pays de Sault. Le château de Belcaire, fut toujours considéré depuis sa fondation comme une place importante, et les rois de France attachaient un grand prix à sa conservation. En 1272, la solde des sergents en garnison dans cette forteresse fut augmentée. Un acte datant de 1311, rapporte que les populations disséminées sur les deux rives du Rébenty, se plaignaient amèrement des violences, des extorsions commises par les baillis de Belcaire, et elles demandaient avec instance, au Sénéchal de Carcassonne, de vouloir y mettre un terme. En 1463, le roi Louis XI réorganisa le service et y nomma un nouveau gouverneur.

En 1496 sous Charles VIII, les armées espagnoles envahirent encore une fois le Pays de Sault qu'ils ravagèrent. Le château de Belcaire résista.

Plan cadastral zone chateau de Belcaire Voici un extrait de plan cadastral fourni par Pierre Clottes, où figure un relevé qu'il a effectué des fortifications encore visibles aujourd'hui et qui confirme le schéma que je possédais ci-dessous plan de la forteresse royale de Belcaire

voici un plan qui montre approximativement la configuration de l'enceinte de la forteresse de Belcaire, aujourd'hui il ne reste que des pans de murailles discontinus, il est donc très difficile de s'imaginer comment était la configuration intérieur de l'édifice

Chateau de Belcaire 22

Une prise du Nord / Ouest de Belcaire, la flèche rouge indique le promontoire rocheux dominant le village où était implanté la forteresse de Belcaire au moyen-âge entre 1240 et 1252 environ. La date exacte de sa construction n'a pas encore été révélée dans la masse de documents anciens restants à décrypter dans les archives.

Chateau de Belcaire 02

Un cliché pris côté Sud du village, la flèche rouge indique l'emplacement de l'ancienne forteresse de Belcaire et le pointillé situe la limite des remparts Sud.

Quelques portions de murailles sont encore visibles aujourd'hui.

Chateau de Belcaire 16

Sur cette photo on voit très bien la superficie qu'occupait la forteresse et on aperçoit aussi les pans de murailles encore debout de nos jours.

Chateau de Belcaire 30 Sur cette photo pratiquement identique à celle ci-dessus je vous ai indiqué la position des murailles de l'époque. Ce rocher que l'on nomme "la croix" car une croix métallique qui sert de para-tonnerre est implanté au sommet, le lieu s'appelle "le Casteillas". Sur la gauche la belle église de Belcaire avec son clocher crénelé très particulier

Chateau de Belcaire 03- 1950

J'ai trouvé intéressant aussi de vous délimiter la forteresse sur ces vieilles photos que j'adore, datant des années 1950, une vue prise du Sud / Ouest pour celle-ci et de l'Est pour celle ci-dessous ...

Chateau de Belcaire 05-1950

C'est vers l'an 1310, que la famille de Nègre, originaire d'Espagne, et se disant issue des comtes d'Urgel, vint s'établir en France, après avoir fait longtemps la guerre aux Maures ; deux siècles après, cette famille vendait, à l'archevêque de Narbonne, les forêts qu'elles possédaient à Lafajolle et à Mérial, (voir les photos ICI) pour en verser le produit au trésor royal, afin de coopérer à la rançon du roi François 1er, fait prisonnier à la bataille de Pavie en 1525.

Belcaire vu de l'Ouest Sur cette photo prise de l'Ouest, on voit très bien les vestiges de pans de murailles se fondant avec la roche, à l'intérieur même de l'enceinte de la forteresse

Chateau de Belcaire 04 Une belle photo de l'église de Belcaire avec sa tour clocher, qui est parallèle à l'entrée de la forteresse de l'époque

Lors des guerres de religion, un membre de la famille de Nègre se vit attaqué dans le château de Belcaire au Pays de Sault dont il avait le commandement, par Jean Claude de Lévis, qui s'était jeté dans le parti des Réformés. Leurs terres furent ravagées, pillées et leur château de Belcaire brûlé entre 1572 et 1573. Pendant huit années une bande de Calviniste pela le Pays de Sault. La famine et la peste vinrent s'adjoindre aux horreurs de la guerre. Pour éviter les attaques des loups, on dut entourer les villages d'une enceinte de palissades. Les ours descendirent des sommets du Saint-Barthélemy et des crêtes de Pailhères. En 1580, le calme revint. Ce fut l'époque où leurs vieux titres de famille devinrent en grande partie la proie des flammes. Afin de mettre un terme à la haine qui, par suite des événements, divisait les deux familles de Lévis et de Nègre depuis une longue période, un mariage fut conclu en 1598 entre Antoine 1er de Nègre seigneur de Bleau et Jeanne de Lévis. Leur fils unique, Pierre de Nègre qui sera bailli de Sault se maria avec Marguerite de Verniolles ; de ce mariage naquit Jean de Nègre. Pierre de Nègre fit une seconde noce avec Angéline Gayraud fille de Pierre Gayraud seigneur de Clat, de cette nouvelle union naquit Pierre de Nègre ; cela donna généalogiquement parlant, deux branches. La première branche fut celle des de Nègre d'Able avec Jean de Nègre ; et la seconde fut celle des de Nègre du Clat avec Pierre de Nègre, fils d'Angéline (les détails généalogiques vous sont présentés ci-après).

Chateau de Belcaire 24

Un pan de muraille restant, qui est l'angle Sud / Ouest marquant la limite de la forteresse du moyen-âge

Chateau de Belcaire 23

A gauche, le pan de muraille Sud, qui marque l'entrée de la forteresse qui était probablement en chicane, à droite, l'église de Belcaire.

Chateau de Belcaire 27

En descendant la rue de l'Église, sur la gauche, cette muraille, faisait aussi partie de la forteresse royale, cet endroit marque l'angle Sud / Est de l'enceinte du fort.

Chateau de Belcaire 11   Chateau de Belcaire 28

Photo de gauche, le clocher de l'église de Belcaire par une journée d'hiver. Photo de droite, l'étroit passage entre le mur de l'église, et la muraille Sud de la forteresse à droite.

Ces différents événements furent une cause gênante pour la famille de Nègre, qui, à différentes époques n'a pu fournir les preuves pour établir sa généalogie, les dates ne sont certaines que depuis le contrat de mariage de Jeanne de Lévis, relaté plus haut en 1598 ; mais cette alliance prouve par elle-même, que dés cette époque la famille de Nègre était tenue pour ancienne et distinguée pour preuve un extrait de ce document d'une date antérieure à celle du contrat de mariage de Jeanne de Lévis :

" A Madame de Nègre, première dame d'honneur de Madame Marguerite d'Autriche, la somme de trois cents livres tournois, à elle comptée et ordonnée par lesdits maîtres d'hôtel de icelle Dame, en réserve d'avance du mois de septembre 1493, pour ses gages et entre tènement du service de ladite Dame, pour les mois d'avril, mai et juin, ans dits, à la hauteur de douze cents livres tournois par an ; et laquelle somme de trois cents livres tournois lui a été payée tant par vertu dudit état ci-devant rendu, que de ladite réserve dudit mois de septembre, comme il appert par sa quittance ci-devant rendue pour ce, et la dite somme de …."

Chateau de Belcaire 32 Le clocher tour de l'église de Belcaire, c'est un symbole du village du fait de sa particularité. C'est en 1884 que Saulnier qui était architecte construisit ce clocher si caractéristique. Je pense en réalisant ce reportage, qu'il a voulu rappeler par cette architecture non conventionnelle pour une église, la forteresse royale disparue qui était toute proche. Et je trouve qu'il a eu une belle idée. Pour info, l'église possédait avant 1884 un clocher de type roman avec deux cloches.

Pendant les guerres de religion le Pays de Sault subira d'incessantes agressions. Quillan avait été pris en 1573 par les Calvinistes, qui vinrent attaqués le château d'Able, le prirent et le détruisirent. L'année suivante, Niort eu le même sort. Tout ce qui avait l'apparence d'un château fut attaqué et détruit. Belcaire la forteresse royale qui était la résidence de la famille de Nègre, des baillis de Sault, et Roquefort, résidence des de Niort, furent incendiés. Toutes les forteresses du Pays de Sault furent détruites, en 1640 il n'en restait aucune. Postérieurement à cette époque, le roi Henri IV, à peine sur le trône vers 1590, reconnut les bons services de messieurs de Nègre, et ordonna la reconstruction du château de Belcaire à ses frais. Moins d'un siècle après cette forteresse était abandonnée et désarmée. Le château de Belcaire livré à l'abandon tomba en ruines, et aujourd'hui, il ne reste que quelques lambeaux de murailles encore visibles sur la partie sommitale du village près de l'église, un lieu que l'on nomme "Casteillas", qui témoignent de sa grandeur passée.

Chateau de Belcaire 31

L'intérieur de l'enceinte de la forteresse a été aménagé et sécurisé par des barrières en bois, soyez prudent si vous y montez, ne vous aventurez pas au-delà. Chateau de Belcaire 34

Dans l'enceinte même, subsistent des pans de murailles qui suivent et épousent la configuration des rochers

Chateau de Belcaire 33

Quand vous êtes au sommet du "Casteillas" vous avez une très belle vue, vous dominez l'ensemble du village de Belcaire, ici vous regardez en direction Ouest vers Ax-les-Thermes

Chateau de Belcaire 26

La fameuse croix, marquant le point le plus haut du village de Belcaire

Chateau de Belcaire 35

Autre photo de  la "croix", à proximité de cet endroit s'élevait la tour d'observation de la forteresse qui permettait d'avoir un vision plus lointaine de la route reliant Quillan à Ax-les-Thermes

Chateau de Belcaire 36

On aperçoit sur cette photo prise par Marion, sur la gauche les vestiges d'une muraille intérieure de la forteresse comme vous avez pu l'observer sur le plan ci-avant

Chateau de Belcaire 25 Toujours du point le plus haut de la forteresse, la vue côté Est vers Quillan avec le pic des Sarrasis au fond.

En 1594, on trouve un titulaire du baillage, Jean de Nègre dont la famille conserva ce titre jusqu'en 1770.

Entre 1610 et 1789, la lutte avec l'Espagne avait valu au Pays de Sault plusieurs incursions et pillages de la part des Espagnols. Les armées bien organisées ne faisaient que traverser le Pays en commettant leurs méfaits. Sous Louis XIV une armée se trouvait en Catalogne. En 1654, le 1er août le prince de Conti, accompagné par Gaston de Nogaret, duc de Candale, colonel général de l'infanterie de France sont arrivés à Belcaire rejoindre les troupes d'infanterie. Sur les ordres du bailli les soldats cantonnés à Belcaire participèrent au passage de l'artillerie dans les Pyrénées et conduisirent le canon au pays de Cerdagne ; pour ces faits, Pierre II de Nègre sera remercié pour les services rendus par neuf missives ou certificats de Monseigneur Prince de Conti, gouverneur du Languedoc  et commandant des armées du roi, des droits de chasses lui sont accordés sur toute l'étendue du pays de Sault et du comté de Foix (le 8 janvier 1664 documents du notaire de Prades comté de Foix Maître Celeri).

En 1635, Monseigneur le cardinal de Bonzy ayant inféodé ses terres aux de Nègre d'Able, ceux-ci possédèrent, au nom de l'archevêque et en leur propre nom, plusieurs de ces scieries. Avant 1670, ils en avaient trois dans la vallée de Font-d'Argent, et à Lafajole, toutes furent emportées par une inondation.

En 1673, on trouve dans les archives Fondi de Niort, un dénommé Thimoléon de Nègre qui reconnaissait posséder un moulin ressec à Mérial, entre le rec de Laval et le chemin des Gardeilles. Ce même Thimoléon de Nègre bailli de Sault acheta en 1688 un moulin à restaurer pour la somme de 1300 livres dans les gorges du Rébenty, (celui-ci ne fut jamais restauré). D'autre part, François de Montesquieu, baron de Coustaussa, héritier de François de Roquelaure, vendit, le 11 mai 1667, noble J. Thimoléon de Nègre, bailli de Sault, la seconde part de cette seigneurie de Niort. Ainsi, en 1673, cette seigneurie fut dénombrée par indivis entre Jean-Jacques de Couderc et Thimoléon de Nègre.

extrait carte de cassini

Voici la position du château d'Able au Sud de Belvis, extrait de la carte de Cassini le relevé date de 1770 et la publication de 1778

plan de Belcaire 04

Sur cet extrait de carte récente du Pays de Sault, je vous ai situé les ruines du château d'Able dont il est question dans ce reportage, où une des branches de la famille de Nègre résidait

Le moulin dit du Bosc ou de Montaillou, ainsi que le moulin dit du Pas, appartenaient tous deux à la famille de Nègre de Belcaire et en 1752, à la branche du Clat.

Dans un acte notarié du notaire Bernard de Belcaire, Jean de Nègre, lieutenant du bailli, habitant Belcaire, possédait une scierie à Lafajole, au lieu dit Fount de Touillou

Entre 1690 et 1710, dans les grandes familles du Pays de Sault, on s'honorait d'avoir fait campagne et de guerroyer pour le roi de France, et d'en revenir avec un grade d'officier. Comme par exemple, Joseph de Nègre, sieur de l'Estrade, était major de Nîmes, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, ce qui était la Légion d'honneur à cette époque. A cette période le Pays de Sault avait quatre compagnies de milice. Elles avaient pour but de défendre le sol et de contribuer à la police. Un Jean-Pierre de Nègre, sieur de La Plane, en 1706, était commandant d'une de ces compagnies. Un autre, Arnaud de Nègre en 1707, était lieutenant dans une autre compagnie.

Nous arrivons ainsi jusqu'en 1756, Thimoléon de Nègre avait, comme héritier, à ce moment une femme, Marie de Nègre d'Able, veuve alors de messire François d'Hautpoul de Blanchefort seigneur et baron de Rennes le Château. Le 15 septembre 1756, elle vendit sa seigneurie au sieur François Dominique Fonds, coseigneur direct de Limoux. Messire François Dominique Fonds fit d'autres acquisitions, ci-bien, qu'il se retrouva à la fin de l'année 1757 l'unique seigneur de Niort.

Chateau de Belcaire 21

Le village de Belcaire vu côté Sud, du Bouychet

A la Révolution de 1789, la famille de Nègre jouissait encore de deux terres en toute justice, situées dans le Pays de Sault, celle du Clat et celle d'Anthugnac, toutes deux titrées de baronnie, outre diverses propriétés détachées, soit à Belcaire, soit dans le comté de Foix, avec divers droits féodaux et rentes foncières. Mais l'émigration de l'aîné de la maison donna lieu à la confiscation de la meilleure partie des biens de la famille, qui furent vendus par les administrateurs du district de Quillan. La terre seigneuriale de Villetritouls dans le canton de Lagrasse dans les Corbières, advenue par mariage dans la famille de Nègre durant le XVIIIème siècle, fut à son tour aliénée, pour faire face aux charges de la maison. L'un des messieurs de Nègre s'est établi par la suite à Issoudun, en Berry et un second, sur son domaine de Rivière, près de Caunes, canton de Peyriac-Minervois dans le département de l'Aude.

Chateau de Belcaire 14

Un panorama de Belcaire, juste au-dessus de l'église, le promontoire rocheux de l'ancienne forteresse royale

Chateau de Léran en Ariège Blason des familles de Lévis Château de Léran en Ariège, blason de la famille de Lévis

Chateau de Léran Ariège Le château de Léran en Ariège ayant appartenu à l'importante famille de Lévis

LA GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DE NÈGRE QUI A MARQUÉ LE PAYS DE SAULT

Il est important de démarrer cette généalogie par celle des Lévis de Léran, car c'est à partir de Jeanne de Lévis issue d'une famille noble dont les titres de noblesses ont été sauvegardés par rapport à ceux des de Nègre qui ont été détruit dans un incendie, que l'on peut certifier en quelque sorte cette descendance.

Tout commence par Germain de Lévis seigneur de Léran (Ariège) qui fit première noce avec Françoise de Bruyères, puis fit une seconde noce avec, Marie d'Astrac-Fontrailles fille de Jean II comte d'Astrac (+ 1564) ; de cette seconde noce naîtra deux fils : Jean Claude de Lévis baron d'Audou et de Bélesta  (+ 11 février 1598) et Antoine de Lévis de Ventaillole 1er (+1609) ; ce second fils Antoine de Lévis de Ventaillole 1er épousera Angélique, ils eurent cinq enfants :

1- François de Lévis marié à Claire de Pompadour ;

2- Germain de Lévis, abbé du Mas-d'Azil en 1595 ;

3- Jeanne de Lévis qui épousera en avril 1598 Antoine 1er de Nègre ;

4- Marie de Lévis mariée au seigneur d'Arques ;

5- Gabrielle de Lévis mariée au seigneur de Niort.

Cette généalogie des Lévis de Léran a permis d'identifier Antoine de Nègre 1er et de remonter les branches dont il est issu :

On trouve un Thones de Nègre qui vit à Niort qui a deux enfants :

          1- Pierre de Nègre, bailli de Sault en 1590 document l'attestant datant du 3 septembre 1590 ;

          2- Jacquette de Nègre, décédée sans postérité.

 

Ce Pierre de Nègre baptisé à Belcaire, sera bailli de Sault et le 12 janvier 1555, épousera  à Prades (Ariège) en première noce Marguerite de Verniolles du comté de Foix, de ce mariage naquirent Jean de Nègre qui a fait la branche dite d'Able et Antoine 1er de Nègre comme on a pu le voir ci-dessus celui-ci se maria à Jeanne de Lévis en avril 1598, seigneur de Bleau, capitaine de 200 arquebusiers, bailli de tout le Pays de Sault. Ils eurent une fille unique : Louise de Nègre mariée à Jean Bonel de Claverie de la ville d'Ax-les-Thermes ; Antoine 1er de Nègre fit une seconde noce avec ...? de Fournier dont ils eut quatre enfants : Jean-François, François, Pierre et Marie.

Puis Pierre de Nègre se remaria le 1er février 1558 après la mort de Marguerite, avec Angéline de Gayraud fille de Pierre de Gayraud seigneur de Clat et de La Prade et d'Isabeau de Niort ; de ce second mariage naquirent trois enfants : en 1575 Pierre de Nègre qui a fait la branche dite de Niort, puis Jean de Nègre décédé célibataire, et Marie de Nègre qui épousa Arnaud Thuillier de la ville d'Ax-les-Thermes.

 

Suivez bien, c'est à cause de ce remariage indiquez ci-dessus qu'il y a deux généalogies distinctes que l'on va appeler les de Nègre d'Able et les de Nègre du Clat.

Jusqu'à présent la famille de Nègre résidait à Belcaire ensuite la branche des de Nègre d'Able allaient habiter Niort, tandis que la branche des de Nègre du Clat restèrent à Belcaire, où après les guerres de religion, ils rebâtirent leur château incendié et ruiné.

  le défilé d'Able 03  le défilé d'Able 04

Vous êtes ici dans le défilé d'Able non loin des ruines du château d'Able, qui est implanté, vous vous en doutez bien, sur les hauteurs de ces pitons rocheux

ruines du chateau d'Able 01

Les vestiges de murailles du château d'Able, si vous avez des photos de ces ruines envoyez les moi, je complèterai ainsi ce documentaire

LA GÉNÉALOGIE DES DE NÈGRE D'ABLE qui résident à Niort (Aude)


La branche Jean de Nègre qui sera investi en 1594 et 1608 de la charge de bailli de Sault. En 1600, Jean de Nègre acheta aux commissaires du roi, délégués à l'aliénation des petits domaines, le château ruiné d'ABLE situé au Sud de Belvis et ses dépendances, situé dans le consulat de Belvis, ainsi que la montagne de Lacam au consulat de Niort. Les titres de sieur d'Able et de Lacam passèrent dans sa famille. Il se maria le 15 janvier 1589 avec Jeanne d'Angeli fille de Barthélemy (Testament du 4 août 1622 Maître Bernard de Belcaire) et ils eurent deux enfants :


1- Pierre de Nègre (1590-1675), seigneur d'Able, bailli, fit une première noce le 22 février 1626 avec Antoinette d'Ixar descendante des rois d'Aragon et une seconde noce avec Marguerite Bosquet ; de cette première noce naquit en 1629 Jean Thimoléon de Nègre d'Able

2- Françoise de Nègre, mariée le 5 août 1614 à Jean Jacques de Couderc, seigneur de Cazelles.


Jean Thimoléon de Nègre d'Able (1629-1703), seigneur de Gébetx **, Montpied, Lacam, etc …il achètera en 1667 la seigneurie de Rodome, il fut émancipé par son père en 1657 ; il lui succéda dans sa charge de bailli de 1664 à 1703. Le 1er août 1654, il accueille à Belcaire le prince de Conti qui rejoignait une armée en Catalogne. Jean Thimoléon de Nègre d'Able était commandant en chef de quatre compagnies des huit régiments de milice du Languedoc. Il fut marié le 14 octobre 1664 avec Marie-Anne de Corneille ou Cornille, décédée en 1692, et originaire d'Aunat, où un Jean Corneille était notaire en 1699. De ce mariage naquirent 12 enfants :


1-  Antoine de Nègre (+1703), seigneur de Coumesourde, prêtre, successivement desservant d'Espezel en 1696, chanoine de Saint-Étienne de Capestang et curé de Saint-Paul de Montcalm, au diocèse de Montpellier en 1697, recteur ou curé de Niort en 1699 et enfin chanoine du chapitre de Saint-Paul de Fenouillet ;


2- François de Nègre (né le 22 mai 1674 +1721), successeur du bailli son père en 1703 jusqu'en 1721, il se maria à Roquefeuil le 30 janvier 1704 à Toinette Gaichier de Roquefeuil, fille de Philippe de Gaychier de Roquefeuil marié le 10 février 1681à Marie de Dardre ; Toinette décèdera en 1724, de ce mariage naquit seulement une fille en 1713, Marie de Nègre d'Able qui épousera le 5 novembre 1732 le noble François de Hautpoul de Blanchefort seigneur de Rennes le Château né avant 1689, décédé le 15 mai 1753 à Limoux. Marie de Nègre d'Able et François de Hautpoul eurent trois filles : Marie d'Hautpoul en 1733, Anne-Élisabeth d'Hautpoul en 1735 et Gabrielle d'Hautpoul en 1739. Marie de Nègre avait hérité par sa mère la seigneurie de Roquefeuil près de Belcaire, acheté au roi en 1720 par les Gaichier ; Marie de Nègre décèdera le 17 janvier 1781 à Rennes le Château ; (j'ouvre une parenthèse pour vous signaler que j'ai réalisé un reportage sur ce site concernant "L'histoire du trésor de l'abbé Saunière de Rennes le Château" où Marie de Nègre est impliquée, voir  ICI ) ;

Chateau de Belcaire 13 acte de décès de Marie de Nègre d L'acte de décès de marie de Nègre d'Able datant du 17 janvier 1781 à Rennes le Château

stèle de la tombe de Marie de Nègre Cette stèle qui sucite bien des interrogations dans les investigations menées pour retrouver le trésor de l'abbé Saunière à Rennes-le-Château.

Voir aussi le reportage que j'ai réalisé sur le sujet sur ce site

3- César de Nègre né en 1679 à Niort, seigneur de Montpied, bénédictin et grammairien distingué ;
 

4- Benoît de Nègre, bénédictin lui aussi ;


5- Jean-François (né vers 1687 +1769), sieur de Montroux, cornette au régiment de dragons Languedoc, succéda à son frère François dans la charge de bailli en 1721. Le 17 mai 1732 le curé de Niort mourut assassiné de nuit au milieu de la rue, la rumeur veut que Jean-François fut accusé de ce meurtre et qu'il partit en exil, en réalité tout cela est faux car des actes qu'il a signé après 1732, prouvent qu'il n'était pas en exil et il mourut à Niort le 16 septembre 1769 ;


6- Jean Anne de Nègre, sieur de Niort, qui suivit la carrière ecclésiastique et fut docteur en théologie ;


7- Marguerite de Nègre, l'aînée de la famille de Thimoléon, mariée en mars 1694 à Pierre de Casemajou, coseigneur de Niort ; Ils eurent deux enfants : Marianne et Marie qui épousera le 26 novembre 1711 François Folquier ;


8- Anne-Marguerite de Nègre, mariée en 1710 à noble Philippe de Traversier de Montauriol originaire de Montaillou ; ils eurent deux filles : la première, Antoinette de Traversier de Montauriol habitant Montaillou épousera à Belcaire le 10 janvier 1736 Célestin de Thomel seigneur de Vaïchis d'Ax fils de Joseph de Thomel ; la seconde, Anne de Traversier de Montauriol épousera Pierre Joseph Darsses, elle décèdera le 25 mai 1784 ;


9- Marie Anne de Nègre, épousa Jacques Vouber seigneur de Rieunègre, d'Alaigne ;


10- Marie de Nègre, épouse Serda ;


11 et 12- Toinette et Rose de Nègre.


Avec tous ces enfants la famille Thimoléon de Nègre était à son apogée, Son nom était respecté et il fit de belles alliances ce qui lui permettra d'agrandir son riche domaine. En 1667, il acheta au baron de Coustaussa la seigneurie de Rodome et la coseigneurie de Niort.

A sa mort en 1703, Thimoléon de Nègre possédait cinq fiefs nobles. Ses fils hériteront de la charge de bailli, qu'ils se transmettront jusqu'en 1770, date à laquelle la famille s'en sépare définitivement.

 

Chateau de Belcaire 01

Voici le second château de Belcaire, plus récent, de la famille de Nègre qui date de 1695, il a été classé aux Monuments Historiques en 1992, alors que le portail d'entrée sur le jardin qui comporte une inscription a quand à lui été classé le 10 avril 1948

Chateau de Belcaire 12 blason de la porte d'entrée

LA GÉNÉALOGIE DES DE NÈGRE DU CLAT qui résident à Belcaire (Aude)


La branche Pierre de Nègre, baptisé à Niort le 21 janvier 1575, seigneur de Ferrières, bailli de tout le Pays de Sault, le 4 juillet 1645 il est conseiller du roi et lieutenant de baillage, il rendit de grands services aux armées du roi, le prince de Conti atteste que le 24 septembre 1654, Pierre de Nègre aida à conduire les canons pour franchir les Pyrénées pour combattre les espagnoles en Catalogne. Il mourut en 1664. Pierre de Nègre se maria deux fois, le premier mariage, il épousera Raymonde de Germa (+11/08/1623) fille de Pierre de Germa et de Marie de Monteix , de celui-ci naquirent cinq enfants :


1- Jean de Nègre, qui épousa en juillet1635 Madeleine de Couderc, dont il eut plusieurs enfants, tous décédèrent sans postérité ;

 

2- Pierre de Nègre, qui épousa Françoise de Traversier de Montauriol dont il eut trois fils et une fille ;

 

3- Jean Georges de Nègre, prêtre, docteur en théologie,  recteur de Comus et de Camurac (1640-1672) ;

 

4- Marc Antoine de Nègre, épouse Marguerite de Soulia habitant Caudiès-de-Fenouillèdes ;

 

5- Jean Jérôme de Nègre, baptisé à Belcaire  le 18 janvier 1615 sera le premier seigneur et baron du Clat et Nantillas, il épousera  Jeanne Somptiech ou Sompchiex, ariégeoise de Pamiers qui lui apporta des biens à Montaillou, ils eurent deux fils et trois filles :

 

                   - Arnaud de Nègre, baptisé à Belcaire en 1695, seigneur et baron de Touzels, du

                     Clat, du Bosc, et autres places ; il épousera en 1720 à Roquefeuil Marie Claire de

                     Marsol fille de Pierre de Marsol procureur du roi, naquirent deux fils et deux

                     filles :

                                      - Jean Jérôme de Nègre, né à Belcaire le 30 mai 1721, seigneur du

                                        Clat, épousera le 12 octobre 1747 Marguerite Darech de La Barthe

                                        d'Antugnac fille de Pierre de La Barthe trésorier de France à Mont-

                                        Louis seigneur et baron d'Antugnac, elle mourut en 1784. Elle

                                        habitait Montlouis et lui apporta le grand domaine d'Antugnac. Ils

                                        eurent dix-sept enfants, huit garçons et neuf filles, neuf sont morts en

                                        bas âge ; certains furent dispersés par la Révolution. Jean Jérôme

                                        mourut à Quillan en 1793. Une de ses filles se conduisit mal pendant

                                        la Révolution une partie des biens sont saisis le 11 juin 1792. Ceux

                                        parvenus à l'âge de majorité sont les suivants :

 

                                                        - Jean Georges Michel, né à Belcaire le 23 juin 1748,

                                                          mousquetaire garde du corps du roi, émigra en 1791 en

                                                          Espagne et fut tué dans les rangs de l'armée espagnole  

                                                          en 1793, décédé sans postérité, ses biens furent

                                                          confisqués ;

                                                        - Louis Pierre Martial,  né à Belcaire le 26 août 1751,

                                                          mousquetaire avant la Révolution , en 1794 en tant que

                                                          fils aîné, il réussit malgré ses antécédents à séparer les

                                                          biens de la mère pour  éviter la vente en payant 42033

                                                          livres. Mais ceux de Belcaire furent vendus.

                                                          Le château de Belcaire et les terres confisquées par

                                                          l'État, furent  achetés par Jean Baptiste Pugens, pour la

                                                          somme de 14 000 livres, il mourut avant 1826 ;

                                                        - Antoine Suzanne, né à Belcaire le 7 juin 1752, garde

                                                          du corps de son altesse royale comte de Provence Louis

                                                          XVIII, en 1771 il servit dans les gardes du corps du roi

                                                          d'Espagne puis il rentra en France où il mourut sans

                                                          postérité ;

                                                        - Marie Joseph, né à Belcaire le 10 avril 1755, seigneur

                                                          de Dilhac, il se maria en première noce à Gayraud

                                                           baronne de Villetritouls qui lui laissa tous ses biens,

                                                           sans enfant. Il épousa ensuite Rose Henriette d'Hélie de

                                                           Saint-André qui lui donna quatre fils et deux filles. Il

                                                          décédera à Villetritouls le 26 novembre 1826 ;

                                                        - Françoise Élisabeth Xavier, née à Belcaire le 19

                                                          novembre 1753, épouse Antoine Lassale négociant à

                                                          Chalabre ;

                                                        - Marie Josèphe François Régis, dite Mademoiselle

                                                          d'Anthugnac, née à Belcaire le 10 avril 1755, épouse

                                                          Hyacinthe Thiers professeur de langue à Chalabre, ils

                                                          eurent un fils et une fille ;

                                                        - Thérèse Élisabeth, née à Belcaire le 11 octobre 1764,

                                                          elle épousera Joseph Gabriel Boudier receveur principal

                                                          des douanes à Belcaire ;

                                                         - Anne Victoire, dite Mademoiselle de Lasserre, née à

                                                          Belcaire le 21 septembre 1768, épousera Jean Jérôme

                                                          Benjamin Molinier de Montplanqua originaire de

                                                          Saissac ;

 

                                      - Martial de Nègre, sieur du Pech, dit chevalier du Clat il fit une

                                        carrière militaire et termina officier. Les deux frères vendirent en

                                        1781 leur bien de Montaillou. Martial était maire de Belcaire à la

                                        Révolution, il quitta très vite sa particule, il épousera le 21 novembre

                                        1795 Marie Françoise Serda originaire de Belcaire, il décédera à

                                        Belcaire sans postérité en 1800 ;

 

                                      - Leurs soeurs furent : Jeanne et Marie Élisabeth de Nègre, mortes

                                        en minorité.

 

                   - Jean Georges, sieur de Touzet qui fit carrière militaire, brigadier dans les

                     mousquetaires et se retira pensionnaire du roi, il mourut en 1714 avant ses frères

                     et soeurs, sans postérité ;

 

                   - Madeleine de Nègre ;

  

                   - Marie Brigite de Nègre ;

  

                   - Jeanne de Nègre.

 

Entre 1720 et 1730, Belcaire est prospère, il possède un maréchal-ferrant, un charron, cinq artisants du bâtiment, surtout des charpentiers, trois artisants travaillent le textile, trois autres le bois et trois autres dans le vêtement et la chaussure. Il y a aussi deux hôtels, des voituriers, des marchands négoces, deux chirurgiens résident dans le bourg ainsi qu'un notaire sans omettre Arnaud de Nègre, seigneur du Clat. Le lieutenant bailli à cette époque est toujours un DE NÈGRE.


Je vais vous présenter maintenant toute une série de photos de ce second château manoir de Belcaire, qui a appartenu à la branche de la famille de Nègre qui vivait encore à Belcaire après la destruction et l'abandon définitif de la forteresse royale située comme vous l'avez vu sur le promontoire rocheux dominant le village. Ce manoir changea plusieurs fois de propriétaires après la Révolution ( si vous avez des infos contactez moi ), je crois savoir qu'un notaire en fut propriétaire dans les années 1900 ; après la guerre 39-40, le manoir fut transformé en porcherie, puis dans les années 50 une fromagerie occupa le château qui subira tous les outrages. On était loin d'une demeure de la noblesse des siècles passés. C'est monsieur Camurac qui installa la fromagerie au château, sa principal production était la Tome des Pyrénées, traditionnelle ou à croûte noire, on y fabriquait aussi le camembert du Pays de Sault. Parmi les différentes fabrications fromagères on trouvait : "le St-Paulin", un petit camembert ainsi que" le Petit Montagnard", "le Prince des Neiges" et le "camembert du Pays de Sault". Les fromages étaient commercialisés jusqu'à Montpellier et sur les marchés régionaux.

 

Chateau de Belcaire 38- 1910 C'est une des plus ancienne photo du château de Belcaire que je possède, elle date de 1910. Château construit par la famille de Nègre en 1695.

Chateau de Belcaire 06-1950

Le château de Belcaire cette photo date du tout début des années 1950

Chateau de Belcaire 15

Une photo actuelle du château de Belcaire, mes amis les deux arbres sont toujours là, à droite !

Chateau de Belcaire 45

L'angle Sud / Ouest du château de Belcaire, visiblement il y avait deux tours d'angle identiques, une tour a perdu sa toiture en pointe

Chateau de Belcaire 29

En descendant la rue du Château à Belcaire vous découvrez le portail d'entrée

Chateau de Belcaire 5024  Chateau de Belcaire 43

Le voici le portail d'entrée du château de Belcaire avant et après rénovation (cliquez sur la photo pour agrandir) à comparer aussi avec la photo ci-dessous

Chateau de Belcaire 49- 1905

Cette photo date de 1905, le portail d'entrée du château de Belcaire

Chateau de Belcaire 40

Aujourd'hui ce château est une propriété privée où sont louées des chambres, le parc possède aussi une piscine

Chateau de Belcaire 09  Chateau de Belcaire 41

A gauche, le château vu en venant du Foirail par la rue de la Promenade. Photo de droite, on aperçoit le château de la place de la mairie ici à gauche.

Chateau de Belcaire 08-2008

Le château de Belcaire côté Est au mois de mai

Chateau de Belcaire 07-2007

La façade Est du château de Belcaire vu du Foirail

Chateau de Belcaire 10

Le château de Belcaire par une belle journée ensoleillée en hiver

Chateau de Belcaire 5023 C'est l'été, une prise de vue côté Est du château, la piscine n'est pas très loin !

Chateau de Belcaire 39

Le printemps est là, la nature explose !

Chateau de Belcaire 47 La porte d'entrée du château de Belcaire

Chateau de Belcaire 42  Chateau de Belcaire 46

A gauche, la façade Sud du château en automne. Photo de droite, le hall d'entrée du château, on s'arrêtera là, nous ne sommes pas invité à aller plus loin ... Ah si ! Mike le propriétaire, doit me transmettre des photos supplémentaires que je rajouterais à la fin du reportage.

Chateau de Belcaire 48 l'hiver

Une photo hivernale prise du porche du château de Belcaire avec une vue sur le pech de Bouychet

Chateau de Belcaire 19

Belcaire sous un soleil de plomb, le village fait la sieste ...

Chateau de Belcaire 44

Le village de Belcaire que vous ne pouvez pas voir si vous vous contentez de le traverser par la Départementale 613 passant de l'autre côté du promontoire rocheux de l'ancienne forteresse, arrêtez vous près du Foirail ou sur le parking de l'Office du Tourisme et allez flâner dans le village, en pensant à ce reportage ;-) ...



*Voici une très intéressante analyse que Mr Pierre CLOTTES m'a fait parvenir et prend à contre-pied une idée préconçue sur l'origine du nom "Belcaire" :

BELCAIRE origine du nom (Toponymie) :

L'abbé Moulis, dans son livre "Le Pays de Sault", parle à tort de "belli cadrum" ou "château de guerre". Le mot "belli" signifiant "la guerre", interprétation due à la présence d'une forteresse.

Mais il faut considérer que le nom de la communauté existant en ce lieu est certainement antérieur à la construction du château, et que le préfixe "bel" peut aussi venir de "bellus" signifiant "beau" ou "bel"  (exemple : BELVIS "belle vue" et non "vue de guerre" !!). Les racines celtes "quer - quier - quiz - cair …" (de gar / kar = pierre, un "cairn" est un tas de pierre) se retrouvent aussi bien à BELCAIRE qu'à BEAUCAIRE (appellation retrouvée dans un texte du XIVème siècle) ou qu'à QUIRBAJOU (le rocher du bas) ou à QUIRHAUT (le rocher du haut) … etc.

L'interprétation la plus vraisemblable est donc, tout simplement : BELCAIRE "le beau rocher" ou "la belle roche".

 

**Sous la dénomination de Gébetx se cache une paroisse créée en 1674, elle comprenait au XVIIème siècle, deux hameaux des gorges du RébentyMérial et Lafajole, qui ont survécu à l'ancien Gébetx qui n'existe plus.


NOTES IMPORTANTES ET REMERCIEMENTS :

Il est utile de préciser que des ouvrages comme le Cartulaire de Jacques Alphonses MAHUL ou Le comté du Razès de Louis Fédié ainsi que L'histoire du Pays de Sault par l'abbé Pierre Moulis et d'autres ouvrages qui s'en inspirent, contiennent des erreurs généalogiques qui ont été rectifiées ici dans ce reportage. Des vérifications et des recoupements ont été effectués en archives par Dominique CAUSSOU, il m'a transmis ses informations, je l'en remercie. Il doit me fournir des documents pour compléter les informations publiées ici, je les rajouterai quand il me les fera parvenir.

 

- A la bibliothèque Mazarine à Paris vous pouvez consulter un ouvrage intéressant sur le généalogie de la famille de Lèvis de Léran qui s'intitule ; "Archives du château de Léran"  5 tomes écrit entre 1903 et 1927 par Siméon Olive (1903-1927) celui qui nous intéresse ici est le Tome 1 (référence bibliothèque : A17310).

 

J'ai contacté Mr Pierre CLOTTES qui est un érudit très connu dans le département de l'Aude et notamment au Pays de Sault, je le remercie pour m'avoir fourni quelques renseignements utiles pour la réalisation de ce reportage, c'est une collaboration que j'apprécie.

 


 

2 octobre 2011, suite de l'histoire du château (manoir) de Belcaire :

La famille de Nègre est contrainte après la Révolution de vendre le manoir de Belcaire à la famille PUGENS. Voici des informations complémentaires et intéressantes que Philippe Lafage descendant des Pugens nous divulgue pour servir l'histoire de ce monument historique et ainsi laisser une trace du passé souvent galvaudé  :

 

" Le château a été effectivement acquis par Jean Baptiste Pugens dont je suis un lointain descendant. Ma famille a toujours souhaité que l’on sache qu’en dépit de la concomitance de la vente des biens par les nobles à l’occasion des événements engendrés par la révolution française, qu’ elle avait acheté le château à la famille De Nègre en or et non en assignat. Ceci rendant d’autant plus méritoire son acquisition.

La famille a non seulement possédé ce château mais également de nombreuses terres aux quatre coins du village.

Des travaux d’archéologie, à approfondir sans doute, laissent penser, semble-t-il, que les premières fondations remonteraient aux alentours de l’an mille (Des traces de construction seraient visibles dans la cour intérieure). D’autres évoquent de nouvelles constructions dans les années 1 200.

La construction définitive remonterait au 16ème siècle quand le « Casteillas » a été définitivement détruit comme vous le mentionnez. Concernant le deuxième château « à vertu non défensive » accordé au Bailly de la région du pays de Sault, je ne dispose pas ici de documents précis. Il s’agit ainsi d’un « manoir » flanqué de 2 tours. J’ai pu d’ailleurs constater que le toit avait été refait en 1875.

Jean Baptiste a eu un successeur dont je ne me souviens pas actuellement.

J’ai toujours entendu parler de 2 frères l’un étant juge (sans doute Henri) l’autre étant médecin.

Une anecdote, maintes fois racontées, rapporte que le médecin payé en jambons par un paysan qu’il était allé soigner, tandis qu’il rentrait à cheval par un jour froid et hivernal, n’avait dû son salut qu’en jetant ces derniers en pâture aux loups qui le poursuivaient.

Ces deux fils ont décidé de garder le château en indivision. Un acte notarié a pourtant été déposé vers 1906 (à vérifier) déterminant le contenu des deux parcelles avec les terrains attenants. Mais les familles ont continué à vivre ensemble, occupant en même temps les lieux.

 

Vers 1875, Il y a eu 3 enfants. Rose Pugens, Jeanne Pugens et un garçon.

  • Ce dernier aurait été dédommagé pour vivre et s’installer en tant qu’exploitant agricole dans la plaine. Il n’a donc jamais eu de titre de possession sur le château. Il a reçu cependant la moitié des terres que la famille possédait autour de Belcaire. Par la suite, il est finalement revenu s’installer à Belcaire. Il a eu un fils Louis Pugens qui s’est marié et s’est installé à Ferrières avec une certaine Elise. Ils ont eu 2 filles (qui sont donc des cousines pour moi). Jeanne, l’ainée, s’est mariée à un certain Jacques Belabre (décédé il y a près de 10 ans). La cadette Marguerite s’est mariée à Hubert Lemai et réside essentiellement à Nantes.

 

  • Jeanne Pugens s’est mariée avec un garçon de la famille Graulle. Cette famille s’est illustrée par un certain Jean Baptiste Graulle qui est devenu un des pionniers à s’installer au Sénégal. Il me semble qu’il est d’ailleurs enterré dans ce pays qui lui a rendu hommage à son décès. Jeanne Pugens est partie s’installer à Bordeaux. Elle a eu une fille (Suzanne) qui s’est mariée à un docteur (Roger Esbelin) exerçant à Bordeaux. J’ai rencontré ces personnes qui sont à présent décédées. Ils ont eu une fille qui se prénomme Evelyne qui vit toujours dans cette région et n’a jamais remis les pieds à Belcaire.

 

  • Ma bisaïeule, Rose, s’est mariée avec un homme venu de la plaine, s’appelant Jérôme Begu, avec lequel ils ont eu une fille, Henriette Bégu. Jérôme Bégu, receveur des postes, s’est installé dans une maison située sur la route nationale à côté d’un relais qui est devenu par la suite, l’hôtel Bayle.

 

Henriette Bégu a vécu essentiellement au château. Elle s’est mariée avec Laurent Lafage, responsable des eaux et forêts en charge de la région, se trouvant en poste à Quillan. Ensemble, ils ont donné naissance à mon père, Louis Lafage (1927-1997). Celui-ci ayant entrepris des études de médecine avait un temps proposé à sa mère de transformer le château en sanatorium avec un concept relativement moderne utilisant toutes les dépendances comme lieu d’habitation des curistes. Laurent est décédé vers 1946. C’est vers ce moment là que les relations entre les deux sœurs se sont détériorées.

Jeanne a décidé de rompre l’indivision et de mettre en application le partage et de vendre sa part en dehors de la famille. Elle a fini par proposer sa part à Georges Camurac qui était marchand et transporteur de fourrage. Ce dernier a mis longtemps à payer le prix d’acquisition (sans doute 1952).  Quelques années après, les deux sœurs sont décédées.

Henriette n’a pas su faire valoir les droits de préemption qu’autorisaient les liens de famille et le séjour dans le château. Elle n’a pas imaginé non plus la transformation des lieux qui surviendrait à la suite de l’occupation des Camurac et de son commerce. Ce dernier, après avoir endommagé le portail d’entrée, classé par les monuments historiques, par le passage de son gros camion de fourrage, a également établi une porcherie dans ses propres dépendances. Puis, après avoir réorganisé le contenu de la tour Nord, éliminant la bibliothèque en bois de loupe de noyer, a transformé la salle à manger d’apparat, en laiterie.

Après sa retraite, il a cédé son activité à son fils, Jean Baptiste. Ce dernier a laissé péricliter ce commerce, bien que la mairie lui ait proposé de continuer dans une construction moderne, afin de pouvoir enfin respecter des normes sanitaires, impossibles à réaliser dans un château…

Ma grand-mère s’est éteinte au château en 1982.

 

La partie adverse n’envisageant pas de travaux d’entretiens du château, j’ai poussé mon père à vendre notre moitié de château à un prix très modéré, à la mairie, qui pouvait entretenir ce bâtiment, qui a longtemps fait la fierté de Belcaire en attendant des jours meilleurs.

La mairie a donc séparé les granges, le bâtiment principal et le verger pour établir au fond de la parcelle le service des impôts. Ceci a été réalisé dans le cadre d’un plan d’urbanisme visant à réunir le plus grand nombre de service à l’entrée du village.

Notre moitié Sud-Ouest a été vendue à un inspecteur des impôts. Ce dernier a rapidement cédé sa part quand il a vu l’importance des travaux à entreprendre et notamment la toiture.

Entretemps Mr Georges Camurac étant décédé (dans les années 90 ?), l’héritage a dû être partagé entre les 5 enfants. Ceci a permis alors de réunir les deux parcelles.

Un garagiste de Nice (dont j’ai oublié le nom), amoureux des vieilles pierres, a décidé alors de racheter l’ensemble et de rénover la bâtisse.

Une fois les principaux travaux réalisés, ce dernier a décidé de se retirer pour s’établir dans un autre château dans le Périgord et a revendu le château à des Anglais, propriétaires actuels. Vous trouverez les dates successives d’achat et de vente à la mairie de Belcaire.

 

Puisse à présent ce monument vivre en toute sérénité et rester ce qu’il aurait dû toujours rester, une résidence de caractère avec ses peintures naïves, décorant le haut des portes des principales pièces.

Vous ayant livré la mémoire de la famille concernant l’histoire du château de Belcaire, je souhaite que son histoire soit respectée.  Philippe LAFAGE "

 

Je remercie Philippe Lafage pour ces éléments historiques importants, il me recontactera s'il désire ajouter des détails.

En complément du reportage et pour prolonger ce qui a été dit ci-dessus, j'ai relevé tous les mariages des PUGENS qui ont été célébrés à Belcaire après 1700 environ, pour établir la généalogie des nouveaux propriétaires du manoir après la famille De Nègre :

 

- Cosme PUGENS o1680 x Moulis Marie ils auront 7 enfants :
  

   - Magdeleine PUGENS x 26.05.1722 à Caussou Jean
   - Vincent Caussou x 4.02.1766 à Toulza Ursule
              - Françoise PUGENS + vers 1746 x le 25.10.1740 à Toustou Antoine, il se remariera le 25.01.1747 avec Baille Marie
   - Étienne PUGENS o1708 x le 29.01.1727 à Cazals Elisabeth
            - Marie Jeanne PUGENS x 25.06.1759 à Salvat Jean (de Roquefeuil)

   - 1er mariage Jean Baptiste PUGENS o1734 + 1805  x  CLERGUE Anne Magdeleine o1743 + 1805, ils auront 5 enfants connus :

                    - * Henry PUGENS (Juge) x LACUBE Paule (ce Henri a-t-il fait un second mariage voir ci-après)
                        - ont une fille Ursule PUGENS  x  le 17.08.1773 à  Montagné Étienne
                                - ils auront 3 enfants connus :    - Jeanne Marie Montagné  x le 10.04.1820 à Mauri François
                                    - Marie Rose Montagné x le 13.06.1810 à Toustou Jean-Pierre
                                    - Jean dit Henri Montagné x le 6.07.1810
                    - Louis PUGENS (médecin) x MÉDUS Rose
                                - ont une fille : Françoise Pugens mariée le 11.07.1843 à Andouy Raymond (de Pieuse)
                    - Jeanne Elisabeth ou Marie Elisabeth PUGENS x le 11 prairial an 4 (30 mai 1795) à Ferran Jean-Baptiste
                                - ils auront une fille connue : Marie Magdeleine Ferrand x le 10.04.1839 à Terrisse Jacques
                    - Marie PUGENS x le 29.05.1792 à Bezia Jean (d'Aunat)
   - François PUGENS o1783  x le 10.11.1806 à Médus Marguerite Reine, ils auront 6 enfants connus :
                    - Rose PUGENS x le 13.10.1843 à Cartier Auguste Basile (de Quillan)
                    - Marie PUGENS x le 8.05.1837 à Maury Jean
                    - (1er mariage) Henry PUGENS x Terrisse Jeanne Marie + vers 1855
                    - (2ème mariage) Henry PUGENS x le 25.04.1855 à Fourié Marie Louise Rosalie (de Mérial) + vers 1859
                    - (3ème mariage) Henry PUGENS x le 28.06.1859 à Caussou Rose
                    - Claire Victoire PUGENS x 29.06.1845 à Pelofy Jean Simon, ils auront 2 enfants connus :
                             - Guilherme Eulalie Pelofy x le 21.06.1869 à Caussou Alfred Eugène
                             - Marguerite Elisabeth x le 29.01.1866 à Caussou Philippe
                    - Jacques Jean Baptiste PUGENS x 8.05.1837 à Pons François Caroline (de Mattat, Ariège)
                    - Ursule Magdeleine PUGENS x le 23.11.1831 à Rives Julien Ambroise (de Quillan)
                    - Ursule PUGENS x le 2.02.1796 à Martre Paul
                            - Jean-Baptiste Martre x 4.06.1833 à Médus Marie Guilhemme
                            - Joseph Martre x le 20.11.1836 à Pelofy Marie Jeanne
                            - Marie Louise Martre x le 16.01.1836 à Médus Jean Jacques

- ??? Est-ce un 2ème mariage de  Jean Baptiste PUGENS  x  ROLAND Marie, ils auront 2 enfants connus :
                    - Marie Anne PUGENS x le 21.02.1816 à Verniolle Jean Mathieu (de Prades)
                    - Thérèse Elisabeth PUGENS x le 21.11.1800 à Mauri Jean-Pierre
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* Henry PUGENS x le 5.11.1812 à MÉDUS Rose (de Camurac) (ce Henry a les mêmes parents que celui ci-dessus serait-ce un second mariage ?)

        - Marc Henry Anne PUGENS x le 22.06.1862 à Médus Eléonore
        - Pierre PUGENS x le 28.10.1863 à Maury Jeanne Rose Justine
        - Clec PUGENS x le 27.11.1856 à Toustou Marie Anne
        - Henry PUGENS x le 15.06.1852 à Faure Euphrasie
        - Étienne PUGENS x le 9.02.1848 à Navarre Adèle Victoire
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- Guillaume PUGENS  certainement un frère à Cosme (à vérifier) x Alazet Marie
        - Antoine PUGENS x le 7.02.1684 à Cazal Elisabeth (de Quillan)
        - Vincent PUGENS x le 15.01.1676 à Baille Pétronille
  Il y a une Cazal Elisabeth mariée à Étienne PUGENS le 29.01.1727 (voir ci-dessus) (est-ce la même qui se remarie après le décès d'Antoine ? à vérifier)

  Il y a aussi un Vincent PUGENS x Verniolle Jeanne (est-ce le même que ci-dessus qui se remarie après le décès de Pétronille ?)
        - Étienne PUGENS x le 12.1716 à Ferrier Anne
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- Antoine PUGENS  certainement un frère à Cosme (à vérifier) x le 30.04.1709 à Barthélémy Françoise
        - Elisabeth PUGENS x 16.05.1752 à Maugard Raymond
                - Françoise Maugard x le 20.09.1785 à Mauri Antoine
        - Étienne PUGENS x le 20.05.1738 à Fourié Marie

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Voici d'autres Pugens trouvés sur les dépouillements d'actes de mariage à Belcaire.

Je n'ai pas les filiations entre eux, car il y en a très certainement. Si vous avez effectué des recherches plus approfondies qui pourraient faire la lumière sur celles-ci, adressez moi vos infos pour compléter les branches proposées ici.

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- Jean Antoine PUGENS x Rigail Marie Anne
        - Marie Rose PUGENS x le 25.06.1816 à Françon Claude (de Roquefeuil)
        - Marie Dorothée PUGENS x le 30 floréal an 8 (20 mai 1800) à Gleize François
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- Marie PUGENS x Verniolle Pierre
        - Jeanne Verniolle x le 5.05.1733 à Mateille Guillaume
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- Marie Anne PUGENS x Graulle François
        - Claire Graulle (de Camurac) x le 3.05.1846 Maury Cosme Damien
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- Jean Jacques PUGENS x Poux Caroline
        - Alphonsine François PUGENS x le 6.02.1865 à Rougé Marguerite
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- Jean Baptiste PUGENS x Terrisse Rose
        - Rose Henry PUGENS x le 14.11.1860 Ferrand Jeanne Elisabeth
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- Marie Françoise PUGENS x Maury Étienne Benoît
         - Pauline Louise Maury (de Sète) x le 23.06.1867 à Toulza Joseph
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- Ursule PUGENS x Jean dit Pradal Galy
        - Raimonde Galy (de Masset, Ariège) x le 15.09.1829 à Verdier Julien (d'Espezel)
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- Jean Pierre PUGENS x Clergue Magdeleine
        - Henriette PUGENS x le 10.12.1798 à Senié Louis (de Roquefeuil)
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- Jean Baptiste PUGENS x Magistrot Annette
        - Jean Baptiste PUGENS x le 5.02.1834 à Terrisse Rose
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- Elisabeth PUGENS x Mauri Pierre
        - Marie Mauri x le 8.08.1826 à Camurac Jean François
        - Joseph Mauri x le 11.07.1855 à Médus Marie Angélique
        - Jacques Mauri x le 21.01.1856 à Folquier Ursule
        - François Maury x le 12.05.1846 à Toulza Rose
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- Marie Rose PUGENS x Graulle François
        - Marguerite Graulle x le 20.05.1831 à Bez Joseph

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CONCERNANT L'HISTOIRE DU CHÂTEAU MANOIR DE BELCAIRE

Après la révolution la famille PUGENS a fait l'acquisition du manoir à la famille de Négre.

Est-ce un des Jean-Baptiste PUGENS recensé ci-dessus ?

 

Jean Baptiste PUGENS  x  CLERGUE Anne Magdeleine    ou    Jean Baptiste PUGENS  x  ROLAND Marie


Je pencherai pour le premier puisque d'après Philippe Lafage, dans la descendance il y a eu un fils Henry qui deviendra juge et un autre fils Louis qui deviendra médecin, d'après mes recherches, le premier couple a ces deux prénoms dans leur progéniture. Difficile ensuite de faire le lien avec ce qui suit car il me manque des informations. Mais je pense qu'à Belcaire des personnes ont déjà effectué ces recherches et qu'il sera possible de compléter les éléments ci-après, contactez-moi.

 

D'après Philippe Lafage vers 1875 on a les informations suivantes pour le moment :

 

- Rose PUGENS x Bégu Jérôme
        - Henriette Bégu + 1982 vécu au château de Belcaire x Lafage Laurent + 1946 (responsable des Eaux et Forêts du Pays de Sault en poste à Quillan)
            - Louis Lafage né en 1927 + 1997 (médecin)
                - Philippe Lafage

- Jeanne PUGENS x Graulle ?   fils de Jean Baptiste Graulle   ils s'installeront à Bordeaux
            - Suzanne Graulle x Esbelin Roger tous 2 + avant 2011
                    - Evelyne Graulle

    - 1 garçon ? PUGENS x ? Élise
            - Louis PUGENS x Lucie Graulle (résident à Ferrières) ils auront 2 filles :
                    - Jeanne PUGENS x Belabre Jacques + vers 2001
                    - Marguerite PUGENS x Lemai Hubert (résident à Nantes)
            - Henri PUGENS (prêtre)

 


16 octobre 2011 : Complément au reportage, les propriétaires actuels qui ont fait de gros travaux de rénovation du manoir, Mike et Suzy m'ont confié quelques clichés à partager avec vous (pour info les propriétaires propose la location à la semaine du manoir tout au long de l'année) :

Chateau de Belcaire 5034   Chateau de Belcaire 5015

A gauche, Mike et Suzy les propriétaires actuels du manoir de Belcaire. A droite la façade Sud du manoir et la tour Sud / Est

Chateau de Belcaire 5001

La façade Sud du manoir de Belcaire

Chateau de Belcaire 5002

L'angle Sud / Ouest du manoir et la tour Sud / Est

Chateau de Belcaire 5003

Une autre photo de la façade Sud du manoir

Chateau de Belcaire 5004  Chateau de Belcaire 5009

A droite, le manoir vu de "la croix" point culminant situé juste au-dessus de l'église de Belcaire.

Chateau de Belcaire 5005

Au premier plan, l'angle Nord / Est et la tour Sud / Est du manoir et son jardin paysager

Chateau de Belcaire 5006

La façade Ouest du manoir et la tour tronquée Nord / Ouest

Chateau de Belcaire 5008

Le porche classé du manoir de Belcaire, le blason a été martelé à la Révolution

Chateau de Belcaire 5010

L'élévation Sud du manoir tel que vous pouvez l'admirer en passant dans la rue du château longeant celui-ci

Chateau de Belcaire 5012

Arrivé dans la rue de la Promenade, vous apercevez la tour Sud / Est qui a gardé sa toiture en chapeau chinois contrairement à celle qui est à l'opposée

Chateau de Belcaire 5011

Le manoir vu de la Coume de l'Arène

Chateau de Belcaire 5013

Le manoir pris de "la croix" vers l'Est, le champ Ribayrol, cette verrue rocheuse qui a une forme circulaire que vous apercevez au fond est à l'altitude de 1033m, sur le versant opposé vous avez le village de Roquefeuil.

Chateau de Belcaire 5016

Photo hivernale de la cour et des bâtiments qui sont d'anciennes écuries et étables, entourant le manoir côté Ouest et Nord

Chateau de Belcaire 5039

Le même endroit que ci-dessus mais en été !

Chateau de Belcaire 5035  Chateau de Belcaire 5017

La rue du Château à Belcaire descendant vers la rue de la Promenade

Chateau de Belcaire 5019

Le vestibule du manoir, une vue en direction du hall d'entrée

Chateau de Belcaire 5020

Toujours le vestibule, avec son escalier d'époque

Chateau de Belcaire 5037

Une vue d'ensemble du salon très confortable du manoir

Chateau de Belcaire 5029

Le salon très lumineux du manoir

Chateau de Belcaire 5028

Imaginez un moment,... sentez l'odeur du feu de bois et entendez le crépitement des flammes, vous y êtes au manoir de Belcaire !

Chateau de Belcaire 5033   Chateau de Belcaire 5007

La photo de gauche, palier déservant les chambres, remarquez, au-dessus du linteau des portes, des peintures ont été mis au jour lors de la restauration du manoir (voir les photos ci-après le détail de ces gravures).

Photo de droite, une des fenêtres de l'étagecôté Sud,  avec une vue sur le pech du Bouychet.

Chateau de Belcaire gravure linteau 01

Voici quatre photos représentant les dessins retrouvés au-dessus des linteaux des portes des étages supérieurs du manoir. J'ai interrogé Philippe Lafage au sujet des ces peintures, voici ce qu'il m'a dit :

" Non je ne connais pas l’origine de celles-ci. Nous les avions montré à l’ami de mes parents l’architecte des monuments historiques de Carcassonne qui s’appelle Mr Charles Bourely. Il me semble qu’il a trouvé qu’ils étaient sans doute du XIX ième siècle (mais j’étais petit quand il est venu au château et donc mon souvenir n’est pas garanti. En tout cas, c’est un des éléments caractéristiques de cette demeure. " Donc visiblement ces peintures n'ont jamais été expertisées !

Chateau de Belcaire gravure linteau 02

Ces peintures ou dessins  représentent  des scènes de la vie quotidienne

Chateau de Belcaire gravure linteau 03

De quelle époque datent-ils ?

Chateau de Belcaire gravure linteau 04

 

Chateau de Belcaire 5042

Les combles du manoir ont été entièrement réaménagés. La charpente datant de la fin du XIXème a été refaite en 2000 pour récupérer de l'espace.

Chateau de Belcaire 5043

Les combles du manoir sont en cour d'aménagement, en salle de détente

Chateau de Belcaire 5021

La vue que vous apercevez d'une des fenêtres du manoir, côté Sud, le pech Bouychet 1282m à droite et au fond, Montsugra 1337m

Chateau de Belcaire 5026 Du manoir, une vue vers l'Est en direction du Pic des Sarrasis 1182m

Chateau de Belcaire 5036

Une autre vue sur le village de Belcaire que vous offre les chambres du manoir vers l'Ouest

Chateau de Belcaire 5038

Le manoir de Belcaire avec le pech du Bouychet derrière, le printemps n'est pas loin !

Chateau de Belcaire 5044 Le manoir dispose aussi d'une piscine côté Est pour les vacanciers louant le manoir

Chateau de Belcaire 5045

J'adore cette photo de Belcaire sous la neige !

Chateau de Belcaire 20

Belcaire tel que vous pouvez l'apercevoir en venant d'Ax-les-Thermes. Vue d'ici la forteresse devait avoir une fière allure !

Sur cette photo que j'aime aussi, vous pouvez voir aussi le second château à l'extrême droite avec sa tour.

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 03:30
bandeau-HISTOIRE-04.jpg bandeau Minerve 02

Voici la seconde partie de l'histoire tragique qu'ont subi les cathares à Minerve, village situé au Sud du département de l'Hérault ...

carte minerve 03

 Minerve se situe non loin des châteaux de Lastours et de la magnifique abbaye romane de Caune-Minervois, que vous pouvez voir sur ce site, il vous suffit de consulter le Sommaire

Minerve Herault 0 19

Une vue générale du village médiéval de Minerve bâti sur un promontoire, au confluent de la Cesse et du Brian.

Ces profonds ravins renforcent la majesté de ce haut-lieu tragique de la croisade albigeoise. Les canyons que vous pouvez parcourir à pied en période estivale, car ils sont à sec.

Se sont les dolmens qui parsèment le canton et qui ont donné son nom à la région (en occitan MENERBES, qui vient du celte, signifie "le Pays des pierres").

plan général de Minerve

 

Un des ponts naturels creusée par la Cesse à Minerve

Un des tunnels naturels creusés par la Cesse

LE SIÈGE DE MINERVE

A la mi-juin 1210, il arriva devant ce village bâti sur un éperon, formidablement pourvu de défenses naturelles grâce aux falaises qui bordent le confluent de deux canyons très profondément creusés, la Cesse et son affluent le Brian, falaises elles-mêmes surmontées à l'à-pic de remparts et de tours. Pour gagner le village lui-même en arrivant par le causse, il fallait et il faut toujours franchir un étroit passage entre les deux rivières, dont les lits sont à cet endroit très proches l'un de l'autre. Sur ce passage était édifié le château.

MINERVE Herault 004

Minerve et son pont enjambant la Cesse à 40m de haut, à droite, il reste les vestiges du crénelage

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A gauche, l'église Saint-Étienne vu sous l'arche maçonnée du pont de Minerve. A droite, la base de la tour du château primitif, dernier pan de pierres appelé "la Candela"

Le village fortifié de Minerve était d'une force incroyable avec ses remparts et pouvait prétendre défier les armées croisées.

La configuration du site interdisait tout assaut. Simon qui était fin stratège, compris qu'il n'y avait qu'une façon de réduire à merci la place : la bloquer complètement, et l'avoir à l'usure. Il disposa alors à l'Est, c'est-à-dire sur la falaise rive gauche du Brian, face au village fortifié et au même niveau que lui, son immense armée, renforts reçus au printemps. Cette armée était constituée de Français d'Île-de-France, d'Angevins, de Bretons, de Lorrains et même d'allemands. Tous ceux là furent rejoints par des Gascons levés par l'archevêque d'Auch, et par une petite troupe de Narbonnais, qui avaient des comptes à régler avec leurs voisins du Minervois. La comtesse Alix et leur fils aîné Amaury étaient du voyage.

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Une belle vue de Minerve, la partie Sud au confluent de la Cesse et du Brian 

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Le canyon du Brian, en direction du Nord

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Le sentier de randonnée le GR77 longe les gorges du Brian sur l'encorbellement Ouest, ( à mi-hauteur de la falaise à gauche de la photo)

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Une des rares photos de Minerve Sud / Est, vers le puits de Saint-Rustique. J'en profite pour vous signaler que les remparts sont encore visibles de nos jours sur tout le pourtour du village.

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Les vestiges de la tour du château primitif, appelé "la Candela"

MINERVE Herault 038 Une autre vue de "la Candela", partie Nord / Est du village de Minerve

Simon demanda aux Gascons d'installer leur camp à l'Ouest, sur la rive droite de la Cesse, et les mit sous le commandement de Guy de Lucy. Il disposa des croisés au Sud, juste au-dessus du confluent. Au Nord, donc sur le causse, face au château qui verrouillait l'accès au village, et quasiment de plain-pied avec lui, Aimery de Narbonne prit position avec sa troupe. On construisit quatre machines de jet, une pour chaque corps d'armée, Simon s'étant réservé la plus puissante, les soldats l'avaient surnommée "Malevoisine".

machines de guerre trébuchets

Voilà le genre de machines de guerre utilisées à l'époque, des trébuchets

Bientôt, carreaux d'arbalètes et boulets de catapultes plurent sur Minerve par-dessus les ravins de la Cesse et du Brian. Mais les défenseurs tinrent bon. Des habitants de Minerve descendront dans le ravin du Brian la nuit du 27 juin 1210, pour escalader les falaises d'en face avec des sacs d'étoupe, de la graisse, du bois sec, et tenter d'incendier les machines de guerre des croisés. Ils ne purent hélas, empêcher ces derniers de détruire le seul point d'eau dont disposait Minerve, village entièrement construit sur le roc, ce puits couvert était situé en bordure du lit du Brian (il subsiste encore quelques vestiges). De jour en jour, la situation des défenseurs devint plus dramatique. L'été devint torride, un soleil de plomb, les toitures des maisons qui ne cessaient de s'écrouler sous les projectiles, les morts qu'on ne pouvait enterrer sur place, les blessés qu'on ne pouvait plus soigner, la puanteur, la faim, la soif …vous imaginez le contexte. Au bout de sept semaines, Guillaume de Minerve, tentant d'éviter le pire, se résigna à négocier sa reddition. Pour sauver sa peau, il fallait faire soumission à l'Église de Rome et abjurer la foi cathare. L'abbé de Citeaux Arnaud-Amaury en régla les modalités : Minerve serait donnée à Simon de Montfort ; son seigneur Guillaume de Minerve recevrait des terres près de Béziers, moyennant son allégeance au vainqueur ; les habitants auraient la vie sauve, y compris les parfaits et parfaites cathares, s'ils abjuraient la religion cathare. De fait, trois femmes seulement acceptèrent de renier leur foi.

Après que les croisés furent entrés dans Minerve au chant du Te Deum, croix et bannières en tête, on dressa un grand bûcher, sans doute dans le lit asséché de l'un des ravins certainement au confluent des deux ravins, où une calade (rue en pente pavée) et une poterne (petite porte dérobée pratiquée dans une fortification) permettent toujours de descendre aisément, et l'on y précipita cent quarante parfaits et parfaites, certains se précipitèrent d'eux-mêmes dans le feu. Ce terrible événement se produisit exactement le 20 juillet 1210 et non le 22, car ce jour là Simon fit une importante donation à l'évêque de Béziers. Tous les autres habitants abjurèrent l'hérésie et obtinrent le pardon de l'Église. Guillaume de Minerve rejoindra quelques années plus tard l'armée du comte de Toulouse.

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Très beau moulage du visage d'une femme cathare, d'un artisant Minervois


Sceau 03 de Simon IV de Montfort 1165-1218   Sceau 03 d'Amaury de Montfort

A gauche, le sceau de Simon IV de Montfort (1165-1218). A droite, le sceau d'Amaury de Montfort

Le siège de Minerve contient en lui tout ce qui va faire de la croisade une impitoyable machine de guerre. Machine de guerre sainte, propre à la fois à réduire militairement la résistance armée et à éliminer par le bûcher toute dissidence religieuse. Pour nombre de faidits, la chute de Minerve sera le signal du découragement.

Sceau 03 de Roger Trencavel vicomte de Carcassonne - 1209   Sceau 03 Raimond VI Comte de Toulouse 1156-1222

A gauche, le sceau de Roger Trencavel vicomte de Carcassonne ( -1209). A droite, le sceau de Raimond VI comte de Toulouse (1156-1222)

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Photo prise du Nord / Ouest de Minerve

Après quoi, répondant aux appels multipliés du Saint-Siège, de grands prélats comme les évêques de Chartres et de Beauvais, l'archidiacre de Paris, de hauts barons de France comme les comtes de Dreux et de Ponthieu, avaient levé une énorme foule de croisés, d'après les notes du moine chroniqueur Pierre des Vaux-de-Cernay, qui devaient lui-même rejoindre Simon de Montfort quelques mois plus tard. Cette grande armée de croisés se rendit au siège de Termes. Jamais la croisade n'avait réuni autant de combattants depuis la prise de Béziers. Mais jamais, non plus, elle ne s'était trouvée devant une telle forteresse. Et il lui fallut presque quatre mois pour en avoir raison … Si vous désirez connaître la suite du siège de Termes avec de nombreuses photos, rendez-vous  ICI.

Pont de Minerve

Une vue de Minerve Ouest, prise du lit de la Cesse

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Le côté Sud / Ouest de Minerve, les remparts suivent parfaitement l'aplomb de la falaise

En 1242, la vicomté de Minerve est supprimée et devient chef-lieu de bailliage. La cité est rattachée au royal et plus particulièrement à la sénéchaussée de Carcassonne.

En 1255, la garnison lui est retirée, on laissera sur place d'abord un bailli puis un simple viguier (juge rendant la justice au nom du roi ou du comte dans le Midi de la France, jusqu'en 1789), car Minerve n'était plus considéré comme lieu stratégique.

Au XVIème siècle, la cité connaît encore l'assaut de bandes huguenotes.

Le 7 août 1636, Louis XIII ordonne la démolition des fortifications.

Plus aucun événement ne viendra ensuite troubler la vie rurale du village. Minerve sera rattachée au département de l'Hérault après la Révolution.

Le pont de pierre qui enjambe la Cesse permet aux véhicules à quarante mètres de hauteur d'accéder au village, il fut bâti entre 1908 et 1912.

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Minerve Nord / Ouest

MINERVE Herault 040  MINERVE Herault 041

Enfin ! quelques photos des petites rues moyenâgeuses de Minerve

Vous imaginez l'état dans lequel devait se trouver le château et les remparts après ces semaines de siège agrémentées de bombardements. Toujours est-il qu'il ne reste presque rien de ce Minerve de 1210, sinon quelques éléments de maçonnerie des soubassements des remparts et du château. Les éléments actuellement les plus "visibles" datent, dans le cadre d'un mouvement de reconstruction des forteresses occitanes, de la fin du XIIIème siècle. En 1271, Philippe le Hardi réunit définitivement le Languedoc à la couronne de France et Minerve devient alors une châtellenie avec un gouverneur.

MINERVE Herault 035 Minerve et le viaduc, vu du lit de la Cesse au printemps

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Photo de gauche, la petite rue descendant vers la poterne Sud. A droite, (la Grande-Rue) une des rues pavées très étroites de Minerve, qui ont un charme certain

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L'église romane Saint-Étienne de Minerve

De ce temps de guerre et de feu, Minerve conserve quelques vestiges qui se confondent aujourd'hui avec la pierre dure et blanche des gorges de la Cesse et du Brian où l'eau a créé des ponts naturels, sortes de tunnels creusés dans la roche. Le bourg est classé parmi les plus beaux villages de France. De style roman du XIème siècle, l'église Saint-Étienne domine la cité, tout comme la tour octogonale, la Candela, vestige des fortifications de Minerve. Devant l'église, d'où l'on domine des failles abruptes, une stèle rappelle aux visiteurs le martyr des cathares. A voir, le chœur et l'autel wisigothique de l'église Saint-Étienne. Le Minervois est par ailleurs remarquable pour ces édifices religieux de style roman comme par exemple l'abbaye de Caunes-Minervois qui figure parmi les joyaux de cet art roman que vous pouvez admirer ICI.

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La rue de la Tour qui accède au Parking visiteurs Nord

plan détaillé de Minerve

Un plan détaillé pour éviter de vous perdre dans les petites rues étroites de Minerve

Du château situé au Nord de Minerve, il ne reste que la candela et une façade à l'Est, au-dessus des gorges du Brian, mais il s'agit surtout des restes de la forteresse royale établie après la croisade.

La légende veut que le parcours emprunté par les cent quarante cathares que l'on mène au bûché soit cette rue aujourd'hui baptisée rue des Martyrs.

Dans cette rue des Martyrs, se trouve le musée Hurepel où sont présentées des scènes illustrant les grands moments de l'épopée des cathares en miniatures en terre cuite fabriquées à la main. Il y a aussi la galerie Jean-Luc Séverac peintre et sculpteur minervois auteur de la célèbre "Colombe de lumière", ainsi qu'un musée d'archéologie et de paléontologie très intéressant (voir les photos ci-après).

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A voir, le musée Hurepel où sont présentées des scènes illustrant les grands moments de l'épopée des cathares en miniatures en terre cuite fabriquées à la main. Le musée est situé dans l'une des plus anciennes maisons du village de Minerve, dans une ruelle médiévale

MINERVE Herault 010

Né de la passion d'un jeune couple de viticulteurs, le musée HUREPEL de Minerve propose sous forme de figurines d'argile le récit sonore de la tragique épopée des cathares occitans

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Des personnages plus vrai que nature. Chaque santon est une pièce unique, les décors sont réalisés à partir de matériaux naturels (pierres, mousses, lichens…), le tout baigné d'une lumière évocatrice du soleil du midi

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Michel Gasc, l'hôte de ces lieux, très sympathique, pourra répondre à toutes vos questions

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C'est vraiment bien fait, une photo en 3D des combats qui ont eu lieu à Minerve

MINERVE Herault 015 Il y a aussi le musée d'archéologie et de paléontologie de Minerve qui regroupe toutes les trouvailles des archéologues de la cité. 

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Le musée d'archéologie et de paléontologie de Minerve contient des collections privées de J. Miquel de Barroubio auxquelles se sont jointes des dons et le résultat des recherches de Messieurs Lauriol, Issanjou, Poumayrac, Séverac, ainsi que les minéraux fossiles de Jean-Claude Gagnat. Géologie de la vallée de la Cesse, minéraux et fossiles régionaux et du monde. Archéologie préhistorique (grotte d'Aldène), protohistorique (reconstitution d'un dolmen), antique et médiévale. Le musée abrite, dans sa collection, des traces de pas humains découvertes dans la grotte d'Aldène et datées du début du paléolithique.

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Languedoc Comté de Melgueil Denier et obole d'argent, j'adore ces pièces du passé. 

Le saviez-vous ? Le denier de Melgueil est une des plus célèbres monnaies féodales du Languedoc médiéval. La monnaie de Melgueil, qui était la monnaie officielle de la ville de Montpellier, elle est citée dans des textes dès le Xème siècle. L’aspect de ces monnaies était assez irrégulier, en raison de techniques de frappe rudimentaires. Ces monnaies étaient plus ou moins noires en fonction de leur teneur en argent fin et en alliage. Fines et légères elles se tordaient assez facilement, et il n’est pas étonnant d’en voir beaucoup qui portent des traces de pliures. Cette monnaie meurt à la fin du XIIIème et du XIVème siècle.

MINERVE Herault 028

Zoom sur ces pièces de monnaie d'un autre âge qui datent de 1148 à 1249 : Languedoc Comté de Melgueil Denier et obole d'argent.
Une seule pièce en bon état comme celle-ci peut valoir jusqu'à 50 euros aujourd'hui.

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A gauche, la "Candela" et le côté Ouest du village. A droite, la superbe rue des Martyrs

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Porche de la ruelle descendant vers la poterne Sud

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Le viaduc vu du village vers l'Ouest

Minerve 20 Poterne et Tour au Sud en 1927

Photo de 1927, de la Poterne Sud et un vestige d'une tour des fortifications de Minerve dite tour de "la prison", souvenir probable de son ancienne utilisation au temps des guerres de religion. Elle est de plan semi-circulaire de cinq mètres de diamètre, voûtée en coupole dans sa partie inférieure et possède encore trois archères. Elle défendait un des accès de la cité donnant sur la vallée de la Cesse.

Minerve 21 Rue des Martyrs et maison des templiers en 1927

Photo de 1927, voici les restes de la maison appelée à tort "couvent des templiers", et qui est sans doute une ancienne commanderie de l'ordre de Malte.

Il ne reste que la porte ogivale, surmontée à la clef d'un écu primitif en forme de cadenas, taillé en relief dans la pierre, et portant bien visible encore la croix à huit pointes.

1982, le premier monument à la mémoire des cathares morts sur le bûcher, la célèbre "Colombe de lumière" sculptée par Jean-Luc Séverac est érigée sur le parvis de l'église face au causse, il est le symbole du souvenir de ses martyrs. L'inscription gravée sur le monument "als catars" signifie "aux cathares".

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Près du calvaire de l'église Saint-Étienne, le monument à la mémoire des "parfaits" suppliciés

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Le monolithe "Colombe de lumière" de Minerve

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Détail de la "Colombe de lumière"

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Le village paisible de Minerve, est propice aux nids d'hirondelles à portée d'objectif, comme ici une nichée dans l'encoignure d'une porte basse.

 

Je rajouterai un petit mot avant de terminer, sur Pierre des Vaux de Cernay, il était un moine cistercien de l'abbaye des Vaux-de-Cernay, historien  il meurt après 1248. Il fut le chroniqueur des croisades albigeoises. Il a suivi Simon de Montfort pour raconter l'histoire, faisant l'apologie de celui-ci. C'est grâce à lui que nous connaissons tous ces détails de cette période. Il était à Minerve au moment des faits.

Son   " Historia Albigensis   " est une des sources importantes pour connaître la chronologie de ces Croisades.

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 02:30
bandeau-HISTOIRE-04.jpg bandeau Minerve 02

AU CŒUR DU MINERVOIS, MINERVE LE   "ROC-CITÉ  " cher à Léon Cordes (1913-1987) écrivain occitan du Minervois, inhumé à Minerve.

Voici après le reportage sur les châteaux de Lastours, celui concernant Minerve, village situé non loin de là, encore un site exceptionnel, classé parmi les plus beaux villages de France.

Entre Cévennes et Montagne Noire, Minerve est la capitale historique du Minervois.

Le Minervois doit son nom à la déesse Minerve qui, à l'époque de l'occupation romaine, était la protectrice du pagus menerbensis, un territoire adossé à la Montagne Noire qui s'ouvre à l'Est sur la Méditerranée et regarde à l'Ouest, les chemins de Carcassonne et de Toulouse. Au Moyen-âge, cette région partagée aujourd'hui entre les départements de l'Aude et de l'Hérault, fut terre d'hérésie. Elle n'était certes pas dotée de citadelles impressionnantes comme les Corbières, mais elle offrit protection aux cathares. Le Minervois, est une terre aride de vignes renommées, de garrigues et de cyprès, un véritable amphithéâtre exposé plein Sud.

Le 20 juillet 1210, cent quarante hérétiques, hommes et femmes, ont été brûlés vifs à cause de leur choix religieux. Minerve est devenue l'archétype de la cité martyre, je vous propose aujourd'hui  l'histoire de cet évènement tragique :

carte minerve 01

Minerve se situe à l'extrême Sud du département de l'Hérault à la frontière de l'Aude. Béziers n'est qu'à 46 km, Carcassonne 45 km, Narbonne 33 km et Toulouse 140 km

carte minerve 02

Lastours que je vous ai présenté récemment n'est qu'à 39 km de Minerve et Caunes-Minervois que vous pouvez voir aussi sur ce site est à 24 km.

Le Minervois est une belle région de vignes, le vin est excellent, moi qui adore le rosé ...

Minerve Herault 0 13

Minerve une vue des vignobles, situés au Sud / Est

Blason de Minerve

Le blason de Minerve

panorama Minerve JP

Minerve et son pont viaduc en maçonnerie long de 102 mètres et de 38 mètres de hauteur.

Le site de Minerve est occupé dés la préhistoire. On y trouve ensuite la trace d'un petit bourg gallo-romain, confirmé par la découverte en 1932, d'une église Saint-Nazaire du Vème siècle au Nord/Ouest du village et d'un autel en marbre blanc, un des plus anciens conservés en France, daté de 456 par une inscription de l'évêque de Narbonne Saint-Rustique (évêque de 427 à 461). Cet autel vous pouvez le voir actuellement dans l'église Saint-Étienne de Minerve, il porte la mention "+ RVSTICVS ANN XXX EPTVS SVI FF" qui signifie "Rusticus, anno trigesimo episcopatus sui fieri fecit".

Ce maître-autel de l'église de Minerve est considéré, depuis longtemps, comme une curiosité archéologique de premier ordre. Au XVIIème siècle, les frères de Sainte-Marthe le signalèrent et en donnèrent une description, conservée encore à la Bibliothèque Nationale. En 1860, un savant épigraphiste, Edmond Le Blant, lui consacra une étude approfondie. La table de cet autel est constituée par une plaque de marbre blanc, dont la face principale porte cinq trous, qui semblent marquer la place des tenons où il était d'usage d'attacher une guirlande aux jours de fête. La plaque est recouverte de signatures disséminées sur les quatre faces du marbre, la plupart paraissent appartenir à la période carolingienne, d'autres sont antérieurs au XIème siècle. Après de nombreuses discussions, on a prouvé que cette pierre avait été découverte à Narbonne dans la cour de l'archevêché, sous le cloître Saint-Just, sa datation n'est pas remise en cause.

En face du maître autel, dans le coeur, il y a une dalle cachée par un carrelage, recouvrant une tome creusée dans le rocher. Cette tombe, qui mesure environ un mètre de profondeur, est-elle l'ancienne sépulture du vicomte Bérenger, qui fit en 1135 un don important au clergé, pour obtenir d'être enseveli dans l'église paroissiale ?

 

Un village fortifié médiéval est attesté à l'époque carolingienne. Le 23 avril 873, sous le règne du roi Charles le Chauve, un plaid judiciaire est tenu dans le castrum de Minerve. Des fouilles menées sur le site de l'église Saint-Nazaire ont montré la présence d'un édifice détruit par le feu, mais qui existait au IXème siècle.

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L'église de Minerve, remarquez que le clocher actuel, est différent avec la photo ci-dessous

Minerve 16 en 1950 église

Voici une très belle photo N/B de l'église Saint-Étienne de Minerve dans les années 1920. Le clocher de forme carrée a été modifié à la suite de dégâts causés par la foudre.

plan de l'église de Minerve

Plan de l'église Saint-Étienne de Minerve réalisé dans les années 1925. On ignore la date de fondation de cette église, les plus anciens documents ne la signalent qu'au XIème siècle (1er mai 1095 exactement). Abside en cul de four, voûte en berceau soutenue par des pilastres, arcs en décharge contre les murs de la nef, porte sans ornement, un cordon de pierre noire encadre la partie supérieure des fenêtres.

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Le clocher de l'église Saint-Étienne de Minerve

Minerve 022 Très belle photo de Minerve au mois de mai, il y a encore de l'eau dans les gorges de la Cesse et du Brian. En été vous pouvez vous y promener, c'est à sec.

Toute cette région dépendait du diocèse de Narbonne et en 865, un archidiacre était spécialement chargé d'en recueillir tous les revenus.

Vers l'an mil, le territoire de Minerve est élevé au rang de vicomté. Le nom du plus ancien vicomte connu est Raynald, il vivait vers 950, et aurait donné sur son lit de mort une part de ses états à Roger-le-Vieux ou Roger Ier, comte de Carcassonne.

En 1066, nous apprenons l'existence d'un vicomte Bernard e Minerve, mais nous ne savons pas si c'est le même qui en 1103 offrit son fils Raimond à l'abbaye de Saint-Pons-de-Thomières pour y être religieux.

En 1071, l'histoire nous parle d'un vicomte Pierre, dont le fils Pons restitua en 1095 certains biens à l'église Sainte-Marie de Minerve fondée dans le château.

En 1127, on trouve le vicomte Guillaume, puis son fils Bérenger prend la succession, car on trouve un don à l'église Saint-Étienne de Minerve, acte datant du 27 avril 1135 signé Bérenger vicomte de Minerve.

Son successeur est probablement son fils Pierre qui vivait en 1146 et qui partagea la vicomté avec Guillaume l'autre fils.

En 1127, Minerve est placée sous la dépendance des seigneurs de Carcassonne. Cela sera confirmé en 1171, quand le roi Louis VII le Jeune donne le castrum de Minerve en fief à Roger Trencavel, vicomte de Béziers, à la suite de son mariage avec Adélaïde, la nièce du roi.

En 1179, Roger Trencavel revient sur son engagement vis-à-vis du roi de France pour reconnaître la suzeraineté du roi d'Aragon sur Minerve et de ses autres possessions.

Que devint ensuite Minerve jusqu'en 1210, nous l'ignorons, car la généalogie de ses vicomtes a laissé peu de traces dans l'histoire du Languedoc.

C'est à cette époque que Minerve devient un des lieux de séjour préféré des cathares de la région. Les vicomtes semblent les tolérer et leur offrir leur protection.

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Le pont de Minerve enjambant la Cesse, c'est l'accès principal au village. Des parkings sont aménagés en dehors du village pour recevoir les nombreux visiteurs en période estivale.

 

Je vous propose une petite rétrospective historique pour bien comprendre la chronologie des faits à partir de cette époque :

1209, la croisade albigeoise initiée par le pape innocent III était déclarée ainsi que la guerre des châteaux. Des hommes avaient fait vœu de croisade pour servir quarante jours comme "chevaliers du Christ" dans la guerre sainte, cette armée levée par la Saint-Siège contre les hérétiques et leurs protecteurs. C'était aussi l'occasion pour eux de gagner par la même occasion des indulgences, c'est à dire faire, après leur mort, l'économie d'un certain temps de purgatoire.

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Le pont de Minerve vu de la rue de Cabarets au Nord / Ouest du village

Parmi ces hommes, un modeste seigneur de la vallée de Chevreuse accepta le cadeau du Saint-Siège, celui-ci n'était autre que Simon, seigneur de Montfort et d'Épernon. Issu d'une branche cadette des comtes d'Évreux, il avait hérité d'une tante maternelle le comté de Leicester en Angleterre, mais le roi Jean Sans Terre, en guerre contre la France le lui avait confisqué. La vision de prendre possession en fief la quadruple vicomté de Trencavel venait à point nommé pour compenser très largement la perte de ce comté Anglais. Encore fallait-il s'en rendre maître.

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Voici une très belle vue d'ensemble de Minerve. Cette vue, vous l'apercevez quand vous stationnez votre véhicule sur le parking que je vous conseille, situé au Nord de Minerve. De là, vous gagnez le village par une petite voie piétonne très agréable.

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La même vue que la précédente mais sous un soleil moins clément. Il y a, au dernier recensement de 2004, 112 habitants à Minerve.

En moins d'un mois, l'armée de la croisade, arrivée par la vallée du Rhône, a pris et rasé Béziers, a reçu la soumission des Narbonnais et, sur la route de Carcassonne, a occupé sans combats quelques villages abandonnés, parfois incendiés par leurs habitants. Dans cette région du Biterrois, une douzaine au moins de seigneurs locaux vont se soumettre spontanément, terrorisés par ce qui est arrivé à Béziers le 22 juillet 1209. Le 15 août 1209, Carcassonne tomba à son tour, mais il restait à conquérir le Minervois, la Montagne Noire, l'Albigeois, le Lauragais, les Corbières, le Razès …

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Vu du pont de Minerve on aperçoit l'entrée du deuxième tunnel naturel creusé par la Cesse

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Vous voilà dans les gorges de la Cesse et du Brian, à sec l'été, il est agréable de s'y promener.

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La sortie du second tunnel naturel creusé par la Cesse au cours des siècles. Le premier tunnel mesure 228 mètres de longueur avec une hauteur variant de 6 à 28 m. Ce second tunnel à une longueur de 126 mètres. La balade à pied y est autorisé.

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Le canyon du Brian, une vue prise à la sortie Nord du village de Minerve

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Les gorges ou canyon du Brian au Nord de Minerve, le sentier empierré que vous voyez à gauche c'est le GR77, en contre-bas vous apercevez le "pont du Moulin", joli pont de pierre

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Voici une photo du "pont du Moulin" dans la vallée du Brian prise en 1910, ce pont de pierre existe toujours, il n'est pas très loin au Nord de Minerve

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Vous êtes ici dans le second tunnel naturel de la Cesse, il mesure 126 mètres de longueur, la hauteur moyenne ici est de 15 m

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Le Causse est un plateau calcaire. Dans le secteur de Minerve vous pouvez observer des strates sédimentaires comme ceux-ci. Ils sont formés de matériaux déposés horizontalement au fond des mers. Postérieurement à leur dépôt, les couches peuvent être déformées, plissées par des forces internes, c'est-à-dire des mouvements qui sont à l'origine de la formation des montagnes. Les plis forment des ondulations lorsque les couches sont ployées vers le haut, on a un anticlinal, ployées vers le bas, on a un synclinal.

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Le plateau calcaire (roche sédimentaire) de Minerve. Le karst est le type de relief des roches calcaires.

Les seigneurs de Cabaret (les châteaux de Lastours), de Minerve, de Termes au cœur des Corbières, d'Albedun dans le haut Razès, de Puivert en Quercorb, et bien d'autres, lieux où se sont réfugiés des parfaits et parfaites Cathares. Tous se sont enfermés en toute hâte avec leurs propres chevaliers et sergents dans leurs forteresses abondamment approvisionnées en armes et en vivres. Les nouvelles parviennent à Simon, qui comprend que prendre possession de l'ensemble de son nouveau domaine ne sera pas chose aisée. Il va falloir qu'il agisse très vite, car il sait que la plupart des croisés, leur "quarantaine" achevée, rentrerons chez eux, et que la mauvaise saison est peu propice à la guerre. Simon de Montfort décida que son premier objectif serait Fanjeaux en Lauragais qui était un véritable lieu stratégique, et à partir de Fanjeaux, se lança dans une série de conquêtes en étoile. En six semaines, il conquit Limoux au cœur du Razès, puis il se rendit au Nord de Castres, puis à Lombers et à Albi, il se rendit aussi sur les terres du comte de Foix, prenant Mirepoix, Pamiers et Saverdun, isolant ainsi ses deux plus grands adversaires les comtes de Foix et de Toulouse. Il tenta aussi de prendre Cabaret qui tint bon (voir l'histoire des châteaux de Lastours ICI).

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Une vue du pont en regardant vers le Nord, sur les hauteurs au fond à gauche, vous avez un grand parking lors de l'affluence touristique

Octobre 1209 arriva, et l'immense armée de la croisade se retira, Simon de Montfort resta seul avec une poignée de chevaliers fidèles, pour la plupart issus comme lui de la vallée de Chevreuse. Il leur distribua les fiefs conquis, où ils installèrent de petites garnissons d'occupations prises sur leurs troupes personnelles.

Les semaines passèrent, lorsque Simon de Montfort qui revenait à Carcassonne suite à un séjour à Montpellier en novembre, apprit de très mauvaises nouvelles. Une large part du pays conquis, le Carcassès, le Lauragais, le Sud Albigeois, était en train de se soulever. Profitant de son éloignement, une quarantaine de villages du Lauragais s'étaient aussi soulevés, et avaient massacré les garnissons françaises, ou les assiégeaient dans les donjons où elles s'étaient réfugiées. Les habitants de Cabaret n'hésitaient pas, et ce jusqu'à Carcassonne, à lancer des attaques commandos pour intercepter les convois de ravitaillement des croisés et incendier les machines de guerre. Guiraud de Pépieux, à qui Simon avait confié la garde de plusieurs castra du Minervois, paraît avoir été le premier à revenir sur son serment d'allégeance, car un croisé aurait tué son oncle. Guiraud attaqua la garnison que Simon avait laissée à Puisserguier, et fit prisonniers deux chevaliers. On sut par la suite que Guiraud s'était replié sur Minerve, où il avait fait crever les yeux, couper les oreilles, le nez et la lèvre supérieure à ses deux prisonniers avant de les renvoyer nus à Carcassonne. L'un mourut de froid en chemin, et l'autre, conduit par un mendiant, parvint à Carcassonne. Simon s'en souviendra, et fera payer au centuple le forfait perpétré par Guiraud de Pépieux.

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Photo de gauche, "La Candela" vestige de la Tour du château de Minerve datant du XIIIème siècle. Photo de droite, la "Grande Rue"

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Les toits de Minerve, cette cité paisible est bâtie sur un éperon rocheux. Nombreuses sont les maisons qui conservent encore un aspect d'antiquité. La simple traversée de la vieille Grande-Rue nous transporte dans les temps médiévaux.

Nous sommes en novembre 1209, Amaury et Guillaume de Poissy étaient assiégés par des faidits (chevaliers sans terre) au château d'Alaric sur la rive droite de l'Aude. Simon vola à leur secours, mais à cause des inondations, il fit un grand détour pour franchir l'Aude et il arriva trop tard, le château était tombé, et ses deux compagnons avaient été massacrés. Simon à peine était-il revenu à Carcassonne, qu'on lui annonça une autre mauvaise nouvelle. Bouchard de Marly le cousin de son épouse Alix, qui patrouillait autour de Cabaret, avec Gaubert d'Essigny et une cinquantaine de sergents, sont tombés dans une embuscade. Gaubert d'Essigny qui refusa de se rendre fut tué sur place. Bouchard de Marly un croisé de haut rang donc un proche parent de Simon, fut capturé et emprisonné au château de Cabaret, où il devait rester captif près d'un an et demi.

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Le pont vu du village de Minerve (en direction de l'Ouest)

Simon de Montfort dut attendre le mois de mars 1210, l'approche du printemps, pour que l'arrivée de puissants renforts conduits par sa propre épouse Alix de Montmorency, lui permît de reprendre sa conquête des châteaux. Il avait été piqué au vif par ces villages rebelles, il voulut les châtier. Le village de Bram fut parmi le premier à être assiégé et prit d'assaut. Simon ordonna de couper le nez et de crever les yeux à une centaine de prisonniers, et les envoya sous la conduite d'un borgne jusqu'à Cabaret, dans la Montagne Noire, afin d'effrayer les habitants. Trois grands vassaux de Trencavel avaient pris la tête de cette rébellion : Pierre-Roger de Cabaret, Guillaume de Minerve et Raymond de Termes, trois insoumis qui avaient des liens personnels avec les milieux hérétiques. Enfermés dans des forteresses réputées imprenables, qui étaient les chefs-lieux du Cabardès, du Minervois et des Corbières, ils formaient trois nids de résistance sur les arrières de cette armée de croisés.

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Le quartier Sud de Minerve

Après avoir repris en deux mois, Bram, Alzonne, Montlaur, Capendu, Alaric et quelques autres localités rebellées, Simon de Montfort décida, de mettre à profit l'arrivée de troupes fraîches pour frapper un grand coup et en finir avec les trois grandes poches de résistance. Craignant certainement pour la vie de son compagnon retenu prisonnier au château de Cabaret, il décida de prendre Minerve.

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Une vue générale de Minerve

D'habitude, pour les amateurs,  je vous présente quelques photos anciennes en fin de reportage, pour changer les voici dés la première partie :

Minerve 02 en 1905 à vérifier Minerve en 1905, au premier les vestiges de la Tour du château

Minerve 01 en 1910

Minerve en 1910, les gorges de la Cesse avec l'entrée du grand pont naturel

Minerve 11 en 1905 vestige des fortifications

Minerve la poterne et les remparts Sud avec une des tours, photo datant de 1905

Minerve 12 en 1905

Minerve, le Brian et les vestiges de la Tour du château en 1905

Minerve 10 en 1910 vestige d'une des tours du chateau

Minerve quartier Nord, celle-ci date de 1910
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Minerve, le Nord du village médiéval, celle-ci date de 1920

Minerve 17 en 1905 coté Sud

Minerve quartier Sud en 1905

Minerve 07 en 1975 rue des martyrs porte des parfaits  Minerve 19 en 1975 descente vers poterne Sud

Voici deux photos datant des années 1975, à gauche, la rue des Martyrs et porte des Parfaits. A droite, ruelle descendant vers la poterne Sud.

Minerve 04 en 1950

Minerve en 1950

Minerve 14 en 1950

Celle-ci aussi date des années 1950, on voit très bien ici les restes des fortifications avec une des Tours et la poterne Sud. Celle ci-dessous, date de la même période, mais prise sous un autre angle.

Minerve 15 en 1950 remparts et poterne Sud

 

Minerve 18 en 1950

On reste toujours dans cette période des années 1950, le village n'a pas changé

Minerve 13 en 1955 vue aérienne

Une jolie vue aérienne de Minerve en 1955

Il me reste quatre photos des années 1970 de Minerve ...

Minerve 08 en 1970 poterne Sud

Pour les amoureux des vieilles pierres, très belle photo de la poterne et rempart Sud de Minerve en 1970. Ces fortifications datent du XIIème siècle et sont encore bien apparentes sur toute la périphérie du village. La poterne Sud a été semble t'il réparée dans le courant du XIIIème siècle, elle présente de curieux détails lorsqu'on l'examine de près. Les assises de maçonnerie sont redressés par des chistes introduits dans les lits. Les pieds droits ne portent aucune trace de vantaux, mais deux rainures visibles à l'intérieur, ce qui veut dire, que l'ouverture était fermée par des madriers en temps de guerre, et habituellement la porte restait ouverte.

Minerve 05 en 1970

Minerve en 1970, on voit très bien ici les vestiges des remparts côté Sud / Est

Minerve 06 en 1970

Le Nord du village de Minerve en 1970

Minerve 03 en 1970 tunnels naturels

L'un des deux gigantesques tunnels naturels de Minerve en 1970

Minerve 09 en 1970 vestige d'une des tours du chateau La Candela de Minerve en 1970 vestige de la Tour du château datant du milieu du XIIIème siècle. Concernant le château, les défenses primitives, contemporaines du siège, ont à peu près disparu, seules les traces d'une tour sont encore visibles en arrière du fossé Nord. Ce sont de bien maigres vestiges pour permettre d'avoir une idée exacte de la configuration de cette citadelle. 

Ne manquez pas la suite, dans la seconde partie du reportage je vous dévoilerai tous les détails du siège et la chute de Minerve ... avec pour votre plus grand plaisir, de nombreuses photos grand format.

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 01:45
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Voici la suite de ce reportage "histoire de ce site exceptionnel de Lastours" que vous attendiez toutes et tous, j'ai essayé comme à mon habitude d'être le plus complet possible. Si vous désirez apporter des compléments d'informations ou des photos, c'est faisable, ils seront les bienvenus, pour cela, il suffit de me contacter à l'adresse email indiquée à la fin de l'article. Je vous souhaite une bonne découverte  ...

plan de situation Chateaux Lastours 4

Voici pour commencer cette seconde partie du reportage, un plan de repérage de l'important site de Lastours

Chateaux Lastours 090

L'ensemble des quatre châteaux sur le site de Lastours, de gauche à droite, le château de Cabaret, la Tour Régine, le castel de Surdespine et le plus au Sud la forteresse de Quertinheux

Découverte du village castral médiéval de Cabaret (sur le plan, au Nord / Ouest du château de Cabaret)

Le village castral de Cabaret situé au fond de la plaine du Grésilhou est abandonné entre 1230 et 1240, délaissé au profit du site du village actuel de Lastours.

En 1269 le village change d'appellation, castrum de Cabareto devient Ripparia Cabareti (Rivière de Cabaret).

L'archéologie du site a révélé ce que les textes ne disent pas, que le village castral a été entièrement détruit, qu'il a été déplacé ensuite sur les bords de l'Orbiel, d'où le nom de Rivière qui restera jusqu'à la Révolution où il prendra ensuite le nom de Lastours.

Le village castral ne refit "surface" qu'en 1987 à l'initiative de l'archéologue Marie-Élise Gardel. Les fouilles qui ont été menées depuis plus de 25 ans vous permette aujourd'hui de visiter deux quartier du village castral (XIème au XIIIème siècle), l'un est situé au Nord, entourant le château primitif, constitué d'un ensemble de maisons, de forges, de citernes et une rue pavée ; l'autre est situé au Sud, sont les vestiges de la chapelle romane Saint-Pierre de Cabaret datant de la fin XIème, début XIIème siècle, entourée d'un cimetière, de plusieurs maisons, de citernes et d'une forge. Ces fouilles ont livré de nombreux objets de la vie quotidienne comme des céramiques grises, des clés, des boucles et accessoires de vêtement, des ustensiles et outillage. Ces ruines du village castral, ont été préservées en quelque sorte grâce à la construction de terrasses en pierres sèches destinées aux cultures entre le XVIIIème et le XXème siècle, d'ailleurs de nombreux murets subsistent encore actuellement.

lastours trouvailles lors de fouilles

Une exposition présente sur le site les objets retrouvées lors des fouilles, comme ici : une pièce d'échec, un dé à jouer, un soc d'araire, des clés médiévales, une marmite et une dourne (en bas à droite). La dourne fait partie de la famille des cruches de tête destinées à contenir de l'eau domestique

Les fouilles ont permis la mise au jour de maisons au bâti serré, dense, où l'implantation s'organise en fonction des courbes de niveau des coteaux. Pour le moment, seize bâtiments au  plan rectangulaire ou légèrement trapézoïdal ont été mis au jour. La superficie des maisons varie entre 32 et 50 m², les murs sont très épais, un mètre en moyenne, elles possèdent des dépendances, cours et annexes couvertes ou non. Par ailleurs, ces maisons sont toutes dotées d'au moins un étage où l'on accédait par une échelle de meunier. Toutes les toitures avaient une couverture mixte de lauzes de schistes et de tuiles canal, retrouvées pendant les fouilles, l'ossature des maisons était solide. Les hauteurs sous plancher des rez-de-chaussée sont comprises entre 1,90 et 2,20 m, l'habitation principale se trouvait à l'étage. On a retrouvé, à l'intérieur la présence de plusieurs foyers à même le sol, aux fonctions différentes, chauffage, culinaire et four à pain. Trois bûches de chêne calcinées bien conservées ont été retrouvées dans un des foyers de chauffage, ce qui tant à en déduire, qu'il faisait froid lors de l'abandon précipité du site. Des reliefs de repas ont été retrouvés, tel que le mouton, le porc et le bœuf. Parmi les ustensiles domestiques la céramique domine, représentant près de 50% des objets découverts. Il y a des rues d'une largeur comprise entre 1,20 m à 2 m serpentant entre les bâtiments et les rochers, le revêtement est en argile mêlé à un cailloutis ou les rues sont pavées de blocs de calcaire émoussé témoins du passage des hommes et des bêtes. Les murs ne sont pas enduits, les roches sont très présentent car il a fallu combiner avec elles. L'habitat médiéval ici est très grossier, car la priorité de cette époque n'était pas le confort, mais la défense et la protection. Plusieurs forges ont été découvertes sur le site, témoignant de la fabrication d'objet en fer pour la maréchalerie et l'armement ; des clous, des fers de traits et de l'outillage jonchaient le sol noir de suie.

Chateaux Lastours 095

Le village castral situé le long du Grésillou au pied du château Cabaret sur le versant Nord/Ouest du site

Je possède un rapport intéressant rédigé suite à l'excursion aux châteaux de Lastours le 28 juillet 1890 par M. Germain SICARD de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude, dans ce document d'époque, il note ceci :

"C'est près de l'endroit où nous sommes arrivés qu'en février 1836, lorsque l'on travaillait à la route actuelle du Mas-Cabardès, on découvrit, en faisant jouer la mine, une double caverne sépulcrale. Une grosse pierre bouchait l'entrée et masquait une ouverture de 0,40 cm de largeur par 1,50 m de hauteur. dans la première grotte quinze squelettes étaient couchés, rangés en cercle, les pieds formant le centre, les crânes les points de la circonférence. Une autre caverne fut bientôt découverte à quelques pas de la première : celle-ci contenait vingt-six squelettes disposés comme les précédents ; sept étaient placés à l'entrée les uns sur les autres ; des ossements d'animaux emplissaient la galerie qui conduisait à cette deuxième caverne. Un mémoire signé G.-P. Cros a été déposé à ce sujet à la Société Archéologique du Midi de la France (vol. III, p.126) ; il est accompagné d'un plan et d'une vue perspective lithographiée des châteaux du Cabardès. L'auteur de ce mémoire suppose que ces squelettes seraient ceux des Albigeois cachés en cet endroit à l'époque de la promulgation des statuts du Comte Raymond VII de Toulouse contre les religionnaires.

Malheureusement il n'a été recueilli près des squelettes aucun objet pouvant faire déterminer l'époque de leur ensevelissement. La science préhistorique et anthropologique était lors de la découverte ce qu'elle est aujourd'hui. Il est fort probable, en effet, que l'ensevelissement de ces cadavres doit remonter à une époque bien antérieure à celle des Albigeois."

Chateaux Lastours 0106 LES CHÂTEAUX

Donc un centre important, dû à l'activité des Romains, auraient eu sa place ici, avant que les Wisigoths devinssent maîtres du pays et que les forts du Cabardès formassent la limite Nord de leur province gauloise. C'est en 588 que commence exactement l'histoire écrite des châteaux de Lastours. Grégoire de Tours rapporte qu'à cette date Récarède, roi des Wisigoths, prit sur Gontran, roi des Burgondes, les châteaux de Caput-Arietis et tous les historiens sont d'accord pour que ces châteaux soient ceux du Cabardès. Plus tard, Charles-le-Chauve, en 871, concéda les châteaux à Oliban, 3ème Comte de Carcassonne.

Comme nous venons de le voir, les quatre châteaux sont pour l'essentiel, postérieurs à la croisade albigeoise (1208-1249). On distingue la marque de nombreux remaniements. Tel qu'on les voit aujourd'hui, les quatre châteaux ont acquis leurs architectures au milieu du XIIIème siècle, après la Croisade Albigeoise, quand le roi de France renforce les fortifications de ses forteresses Languedociennes et y place des garnisons. Des modifications ont été apportées aussi au XVIème siècle, par l'ajout de courtines extérieures.

Le castrum sera dans son ensemble terminé en 1260, à partir de cette époque les châteaux du Cabardès deviennent une châtellenie, le roi nommant des chefs militaires qui les commandaient. Les villages compris dans un certain rayon étaient obligés de subvenir à l'entretien des forts et d'y fournir une certaine garnison ; par contre ils étaient dispensés de taille, d'impôts et du service militaire hors de chez eux. Pendant les jours troublés de la ligue, Joyeuse s'en empara en mars 1591. Plus tard les forteresses résistent à Montmorency. Puis peu de faits sont relatés jusqu'en 1789, époque où finit l'existence légale de la châtellenie. Les châteaux sont abandonnés et passent à l'état de ruines, tels que nous les voyons aujourd'hui.

VOICI LA DESCRIPTION DE CHACUN D'ENTRE EUX

LE CHÂTEAU DE CABARET,  d'une superficie modeste, 233 m², de plan allongé, se compose de trois parties. Une enceinte est accessible  par une porte flanquée de deux tourelles, précédée par une barbacane. Elle s'appuie au Nord sur une tour quadrangulaire. La crénelure subsiste en partie ainsi que le chemin de ronde soutenu par une série de petites arcatures en arc brisé. On y accède par un escalier étroit. Cette enceinte précède un ensemble fortifié constitué par une cour intérieure fortifiée et flanquée au Sud par un donjon en éperon, voûté d'ogives.

On peut distinguer trois types d'archères, dans le donjon sept archères à fente simple bien appareillées en calcaire blanc, sont visibles. Dans l'enceinte et le logis des archères plus rudimentaires couvertes à l'intérieur d'un linteau de schiste sont moins bien appareillées. Et enfin, au sommet de donjon on peut observer les restes de quelques archères canonnières.

Une bretèche disparue, dont il reste deux consoles à ressauts en quart de rond, est observable au-dessus de la porte d'entrée du logis. On y voit aussi deux citernes, l'une dans le logis près du donjon, et l'autre à l'extrémité Nord du château, entre la tour carrée et la chemise.

Dans la chapelle Sainte-Catherine de Cabaret a été découvert en 1564 par Pierre Saulière, un calice en vermeil, garni de sa patène. Sur le pied se trouve d'un côté le Christ, de l'autre un écusson. Où est-il conservé actuellement ? Ce vase sacré était à Carcassonne en 1859 ...

Lastours plan du Chateau Cabaret

Plan détaillé des ruines du château de Cabaret

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 Le château de Cabaret, côté Sud avec son donjon carré en partie éventré

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 La courtine Sud/Ouest de Cabaret

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 La façade plein Ouest du château de Cabaret Chateaux Lastours 0114

 La cour intérieure du château de Cabaret

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  Le château de Cabaret, photo de gauche, donjon carré en partie éventré (une restauration serait bénéfique pour la sauvegarde du donjon). Photo de droite, les arcatures en arc brisé soutenant le chemin de ronde

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Le côté Sud/Est du donjon éventré laisse apercevoir la voûte gothique de sa salle-haute retombant sur de simples culots (photo ci-dessus), tandis que sa salle-basse est ouverte en berceau brisé. Le donjon est percé de sept archères simples et d’une remarquable fenêtre en plein cintre, à l’Ouest.

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 Le chemin de ronde au sommet des courtines repose sur des arcades aveugles en arcs brisés

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         Le mur d'enceinte voûté d’ogives protégeant la cour intérieure. L'ensemble est construit avec un appareil irrégulier et des pierres de taille pour les angles et les ouvertures.

Le chemin de ronde parcourant ces courtines n'est pas accessible au public

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 La tour carrée face Ouest de Cabaret, la cour intérieure avec ces arcades aveugles en arcs brisés supportant le chemin de ronde

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L'escalier à vis intérieur permettant l'accès aux niveaux supérieurs de la tour carrée

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La cour intérieure, au fond le donjon, à gauche on aperçoit un escalier extérieur accolé au mur nord du logis permettait d’accéder au chemin de ronde, ce dernier escalier est postérieur à la construction du logis puisqu'il obture, trois archères de ce bâtiment

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 La cour intérieure du château de Cabaret, vestiges des murailles séparant les deux cours

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 Escalier extérieur accolé au mur nord du logis permettait d’accéder au chemin de ronde

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  Courtines Nord aux arcades aveugles en arcs brisés

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  Courtines Ouest au pied du donjon

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  Entre les deux cours, à doite l'entrée du corps logis

 

LA TOUR RÉGINE qui signifie tour de la reine, dont le nom pourrait provenir de la régente Blanche de Castille. Citée en 1242, elle se compose pour l'essentiel des vestiges d'une enceinte polygonale s'accolant à une tour de plan circulaire, empattée à la base et flanquée d'une tourelle d'escalier. Elle est percée d'archères en étrier dans la partie basse de la tour, et d'archères simples, plus larges dans les parties hautes. Les matériaux utilisés sont identiques que pour Cabaret, mais l'appareillage semble plus homogène, avec une disposition en assises plus régulières. Les murs sont beaucoup plus épais que ceux de l'enceinte avec un empattement à la base très important. Deux rangées parallèles de trous de boulins dans la partie supérieure de la tour servaient à maintenir les hourds, dans lesquels on pénétrait par des ouvertures rectangulaires que l'on voit encore. Les ouvertures de la tour sont appareillées en calcaire blanc. La cage d'escalier à vis tournant à gauche est prise dans le mur Est de la tour, il y a des meurtrières sur sa face Sud. La porte située à l'étage, comme celle de Cabaret, ont été restaurée, les linteaux reposaient sur des corbeaux moulurés, c'étaient les seuls éléments décoratifs architecturaux dans ces châteaux. Une citerne de 25 m3 occupe la moitié Ouest du rez-de-chaussée de la tour, c'est la plus grande du site. Il y a une latrine dans l'angle extérieur Sud. L'étude des châteaux a permis de constater de grandes similitudes dans la conception avec le château Comtal de la cité de Carcassonne datant de la même période.

Lastours plan de la Tour Regine

Plan détaillé des ruines de la Tour Régine

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La Tour Régine qui signifie Tour de la Reine vue du château de Cabaret

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La Tour Régine de plan circulaire a été édifiée grâce aux moyens matériels et financiers du roi de France Saint-Louis (Louis IX). Les dénominations de "Tour-Neuve" au XIIIème siècle puis "Tour Régine" confirment qu'il s’agit d’une construction effectuée par les ingénieurs royaux

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La Tour Régine est la réplique de certaines tours de l’enceinte du château Comtal de la Cité de Carcassonne. Au fond, à droite le donjon de Cabaret éventré

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La Tour Régine, remarquez l'étroitesse de la plate forme où s'élève cette tour, et le précipice à gauche, audacieux non !

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La tour est constituée de trois étages desservis par un escalier à vis. L’appareillage des pierres est plus homogène et disposé en assises régulières par rapport à Cabaret.

Dans sa partie supérieure à l'extérieur, une double rangée de trous de boulin servait à recevoir des hourds. On y accédait par des baies rectangulaires aujourd’hui à l’état de vestiges. A l’Ouest, la tour est percée d’une porte située à l’étage, desservie par un escalier en bois qui permet, à l’aide d’un escalier restauré d’accéder au rez-de-chaussée. Celui-ci abrite essentiellement une citerne. Le deuxième étage est desservi par un escalier en bois hélicoïdal aménagé à l’Est et éclairé par des meurtrières. Ce second niveau largement éclairé, est intéressant pour sa coupole circulaire appareillée en limaçon (voir photo ci-dessous)

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La coupole appareillée en limaçon de la Tour Régine. Au sous-sol, la tour contient la citerne la plus vaste des quatre châteaux. 

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 Fenêtre à gauche et  Canonnière à droite

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 L'étroit passage de l'escalier à vis permettant l'accès aux différents niveaux réalisés en plancher bois

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  Canonnière de la Tour Régine

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 La Tour Régine et les vestiges de la courtine Ouest

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  La Tour Régine et le château de Surdespine vu de Cabaret, le château de Questinheux en contre-bas

 

LE CHÂTEAU DE SURDESPINE (appelé plus tard Fleur d'Espine), c'est celui qui occupe la position la plus élevée et qui a la plus grande superficie, 512 m², avec une enceinte polygonale plutôt médiocre sur laquelle s'appuient plusieurs bâtiments. Il s'agit de deux tours de plan quadrangulaire encadrant une citerne. On connaît un premier témoignage écrit de ce château en 1145. Un édifice primitif a donc précédé à celui que l'on voit aujourd'hui. C'est le château le moins bien conservé des quatre. La structure du logis est composée de trois bâtiments accolés, les deux extrêmes sont semble t'il des pièces d'habitation de 25 à 30 m² environ. La partie centrale très étroite est une citerne couverte en berceau brisé avec des murs aveugles d'une capacité de 26 m3. On distingue encore l'enduit de tuileau qui recouvre ses parois et le conduit en terre cuite qui amenait l'eau des toitures. Il y a peu d'archères dans cet édifice, quatre subsistent dans le logis et une seule dans l'enceinte. Il existe encore côté Est du coté du ravin et sur deux niveaux, quatre fenêtres maladroitement restaurées, elles sont en plein cintre à voussoir en pierre de taille de calcaire blanc.

Lastours plan Chateau de Surdespine

 Plan détaillé des ruines du château de Surdespine

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Vue sur la Tour Régine et le château de Cabaret. Photo de droite, fenêtre plein cintre, voussoirs en pierres de taille blanche

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 Les vestiges de la tour du château de Surdespine

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 Fenêtre en plein cintre bien conservée

 

LE CHÂTEAU DE QUERTINHEUX, plus loin au Sud, se compose d'une enceinte polygonale précédée des vestiges d'une enceinte extérieure. La tour est assez comparable à la Tour Régine, la salle intérieure a la voûte d'ogives à six quartiers. Des archères canonnières sont visibles au sommet de la courtine Est. Des vestiges de plusieurs réduits qui devaient servir de cave apparaissent dans la cour. Ce château dispose de deux citernes situées au Nord et au Sud de la cour contre la courtine.

C'est du haut des remparts de Quertinheux que l'on aperçoit la cité de Carcassonne et le vaste panorama des Corbières.

Lastours plan Chateau Quertinheux

Plan détaillé des ruines du château de Quertinheux

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Le château de Quertinheux cité dans les textes après 1100. Une avancée en chicane défend l'entrée du château. Il surplombe les restes d'une église romane détruite.

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La face Sud du château de Quertinheux, c'est le premier château que vous trouverez le long du chemin serpentant à flanc de colline et qui relie les quatre forteresses

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La face Sud/Est on distingue parfaitement sur cette photo la protubérance accolée au donjon, abritant l'escalier à vis

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 Le château de Quertinheux est le moins bien conservé des quatre châteaux, on trouve une tour carrée, un logis quadrangulaire et entre les deux une citerne.

Mais on voit une chose caractéristique, les vestiges des courtines ont les mêmes arcatures en arc brisé soutenant le chemin de ronde qu'au château de Cabaret

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Château de Quertinheux face Sud/Est. La tour a été élevée au milieu du XIIIème siècle. Elle s’inspire de la Tour Régine pour son plan, ses dimensions, son système d’archères, son escalier à vis en ruine, sa porte d’entrée située au-dessus du niveau du sol est surmontée d’une fenêtre rectangulaire. L'intérieur du donjon ressemble à celui de Cabaret avec sa voûte gothique sur croisée d’ogives. Aujourd’hui en ruine, on peut contempler la voûte au travers d’une ouverture aménagée dans la dalle en béton armé (réalisée en 1966), qui a eu pour but d’assurer la stabilité générale de la tour. 

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Les archères à étriers bien appareillées en calcaire blanc de Lassac

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Le château de Quertinheux, face Sud/Ouest

L'ensemble des quatre citadelles sont inscrits aux Monuments Historiques depuis le 31 octobre 1905. Un sentier sera aménagé en 1911 pour permettre les restaurations et les premières visites. A ce moment là, d'après ce que j'ai pu lire sur des documents de cette époque, le site décrit, était en très piteux état.

Les cyprès qui ornent le paysage de Lastours ont été plantés pour stabiliser les talus dans les années 1930 se qui rend le décor irréel et magnifique. Cette micro-région qu'est le Cabardès est constituée géologiquement de terrains anciens, généralement primaires, des calcaires ou des schistes très durs et d'une couleur sombre qui donne son caractère à la vallée. Ces schistes sont riches en minerais polymétalliques, tel que le fer, le cuivre, et le plomb argentifère.

 

Comme d'habitude à la fin de chaque reportage je vous présente quelques photos anciennes sur le sujet concerné, elles ont un certain charme et je trouve intéressant de faire des comparaisons ...

Chateaux de Lastours photo originale 1920-1930

Superbe photo de mon amie Liliane du site de Lastours prise entre 1920 et 1930

Lastours 01 Avenue de Carcassonne et le Café Restaurant PE

Lastours, avenue de Carcassonne et le Café Restaurant PERRAMOND en 1950

Lastours 04 en 1950

Lastours dans les années 1950

Lastours 05 en 1910

Les bords de l'Orbiel à Lastours en 1910

Lastours 07 PASSERELLE SUR L´ORBIEL en 1910

La passerelle sur l'Orbiel à Lastours en 1910

Lastours 14 en 1905

Lastours en 1905

Lastours 8bis partie Nord du village route de Fournes cabar

Lastours partie Nord route de Fournes-Cabardès en 1960

Lastours 06 MAS CABARDES - VUE DE L ' ORBIEL en 1910

Le village de Mas-Cabardès traversé aussi par l'Orbiel en 1910 (joli village situé au Nord de Lastours)

Lastours 02 usine a draps en 1920

Les usines de confection de draps à Lastours en 1920 situées sur les rives de l'Orbiel

Lastours 10 en 1950

Lastours en 1950

Lastours 11 en 1950

Les quatre châteaux de Lastours en 1950

Lastours 12 en 1950 Autre vue de Lastours dans les années 1950

Lastours 13 en 1970 Lastours en 1970, Tour Régine au premier plan, puis le château de Surdespine et en contre bas le château de Quertinheux

Chateau Lastours 1970 En voici une autre des années 1970, vue d'ensemble des quatre châteaux de Lastours

Lastours favorise le tourisme de cette région, plus de 35 000 visiteurs par an permettent de redynamiser le commerce local et l'emploi du secteur. La passion du passé peut aussi contribuer à faire face aux problèmes de société contemporaine. L'histoire passionnante de ce site, je le répète, exceptionnel est loin d'être terminée car des fouilles archéologiques minutieuses ont lieu encore aujourd'hui pendant la période estivale en général.

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 Une chose étonnante, à ma connaissance aucun film cinématographique n'a été tourné sur site superbe !

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La forteresse de Cabaret et la Tour Régine Chateaux Lastours 092

Une dernière photo du village de Lastours, avant de reprendre la route pour Minerve que je vous présenterai bientôt ...

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 On accède au site de Lastours par l'ancienne usine de draps Rabier, transformée en musée consacré à une présentation de l'exposition archéologique, depuis l'époque gallo-romaine jusqu'à nos jours.

Ouverture de 9h à 20h en juillet-août les autres mois de l'année les horaires sont de 10h à 17h, le site est fermé en janvier. Visite guidée des quatre châteaux (tarifs 2011) : adultes, 5,00 € ; enfants : 2,00 €. Adultes (passeport des sites du pays cathare) : 4,00 €. Durée deux heures environs, chaussures de marche conseillées. Visite guidée du village médiéval de Cabaret. Tél : 04 68 77 56 02 Sur place : exposition archéologique. J'oubliai une dernière chose, il y a un son et lumière, au Belvédère en été, à 22h tous les jeudis et dimanches.

 

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 03:30
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écusson chateaux cathares 01

Le premier site web de l'Aude élaboré avec authenticité et qualité, vous propose le 234 ème reportage, et avec les beaux jours revenus, on tourne la page, pour emprunter les chemins de l'Histoire et n'oubliez pas, que les vieilles pierres des châteaux ne parlent qu'à ceux qui viennent les écouter. Aujourd'hui je vais vous présenter un très beau site, pittoresque, mais aussi techniquement intéressant. Le lieu de notre visite aujourd'hui se situe dans le Cabardès, région ou pays du Nord du département de l'Aude, sur les pentes de la Montagne Noire contrefort du Massif Central. Le petit village de Lastours (163 habitants) blotti entre la rivière de l'Orbiel et le ruisseau qui peut se transformer en torrent : le Grésilhou, accueillent les nombreux visiteurs du monde entier. Ce reportage en deux parties que j'ai pris plaisir à concevoir, est agrémenté de plus de 140 photos pour le bonheur du plus grand nombre. En espérant qu'il vous donnera envie d'aller voir cette superbe région, ... et vous reviendrez vers moi pour donner votre avis.

Ne perdez pas de vue que ce village n'est desservi par une route que depuis 1863, suite au florissant développement de l'industrie drapière à Lastours à cette époque.

Chateaux Lastours 046b

LE CATHARISME FACE A L'HISTOIRE, LASTOURS TRÈS GRAND SITE CATHARE PLUSIEURS FOIS CONVOITÉ PAR LES CROISÉS VOUS ENTHOUSIASMERA ...

plan de situation Lastours 1

Comme d'habitude rien de tel que plusieurs extraits de carte pour vous situer ces lieux historiques, voici la première, Lastours se trouve à 18 km de Carcassonne, 120 km de Toulouse, 75 km de Narbonne et 102 km de Belcaire et Montaillou

plan de situation Lastours 2

Voici la seconde carte, pour mieux vous repérer, dans le secteur il y a aussi à voir, le village du livre Montolieu à l'Ouest, Minerve à 39 km à l'Est, j'aurai l'occasion de faire un reportage bientôt sur ce village, au Nord de Lastours le joli petit village de Mas-Cabardès ... il y en a d'autres je ne peux pas tous les citer ici, c'est une bien belle région.

Pour admirer le site de 12 hectares de Lastours je vous recommande le belvédère de  Montfernier qui domine la vallée de l'Orbiel. Les chaussures de marche sont recommandées, ceux qui auront le courage de grimper seront récompensés de leurs efforts, car le site est sublime !

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Depuis le belvédère de Montfernier le panorama est magnifique

Chateaux Lastours 080 Voici une autre photo prise du belvédère de Montfernier, le temps est à l'orage

Le belvédère vous permet d'embrasser d'un seul coup d'oeil les quatre petits châteaux indépendants dans une perspective hallucinante, placés là sur un éperon calcaire du Cambrien vieux d'environ 540 millions d'années.

Les ruines des quatre châteaux se détachent magiquement sur le fond sombre de la Montagne Noire. Lastours fût l'une des forteresses les plus audacieuses du catharisme, presque imprenable, les croisés en sont venus à bout en 1211. Au pied du château de Cabaret on peut visiter la reconstitution du village médiéval, que je vous décris plus loin.

plan de situation Lastours 3

Extrait de carte IGN, allez en premier lieu au belvédère de Montfernier pour contempler dans son ensemble ce site magnifique, belles photos garanties !

Les quatre châteaux sont représentés par les points rouges, celui de Cabaret étant le plus au Nord, puis Tour Régine, le château Surdespine et tout au Sud Quertinheux

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Vue aérienne, le site de Lastours (flèche rouge)

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Lastours dans la vallée de l'Orbiel

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Le paisible village de Lastours sur les bords de l'Orbiel, point de départ de votre visite  ...

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Zoom sur le village de Lastours

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Comme toutes les citadelles féodales de l'Aude qui sont réputées imprenables, il va falloir grimper un peu dans ce sublime décor

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Autre photo du village de Lastours au début de l'automne

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De la passerelle qui enjambe l'Orbiel dans le village de Lastours, on aperçoit les châteaux qui dominent la vallée

Lastours 03 PASSERELLE SUR L´ORBIEL en 1910  Chateaux Lastours 094

La passerelle sur l'Orbiel en 1910, à comparer avec la photo ci-dessus. Photo de droite, un autre pont à Lastours

L'entrée du site de Lastours s'effectue à partir d'une ancienne usine de textile réhabilitée (Usine Rabier) datant de 1844, où l'on fabriquait des draps et qui occupait 200 ouvriers. Dans cette ancienne usine, vous pourrez voir une exposition permanente sur le castrum de Cabaret et le Haut-Cabardès.

Entre les profonds vallons de l'Orbiel à l'Est et du ruisseau de Grésilhou à l'Ouest, une arête rocheuse émergente porte les quatre châteaux dans un écrin sauvage, à 300 mètres d'altitude. Les quatre petits châteaux de Lastours s'alignent  sur une crête du Nord au Sud, ce sont Cabaret, avec une salle tour pentagonale et un chemin de ronde sur arcades ; la tour Régine, simple tour maîtresse pourvue d'une vis extérieure ; Surdespine (Fleur-d'Espine), avec une tour résidence rectangulaire ; enfin, Quertinheux (Quierquieux, Quertinieux, appelé ainsi à cause des chênes verts qui poussaient sur les coteaux à l'époque), plus grand, avec une tour identique à la tour Régine. Ils constituent un ensemble défensif parfaitement homogène car le site présente un intérêt stratégique certain. Pourquoi quatre châteaux sont construits au même endroit au cœur du Cabardès ? On ne comprend pas la raison de ce nombre, est-ce par orgueil des seigneurs féodaux proches et unis ?

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La vue du belvédère de Montfernier sur les quatre châteaux de Lastours

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Les couleurs du site changent en fonction de la hauteur du soleil et des saisons

Chateaux Lastours 055

En partant de la gauche, vous avez le château de Cabaret, la Tour Régine, le château Surdespine et le château de Quertinheux.

Ces quatres fortifications sont posées vraiment sur l'arête de cet éperon rocheux, et suivent la configuration du terrain très accidenté. Le flanc Est est vertigineux, encore une fois les bâtisseurs ont fait preuve d'un extraordinaire savoir faire.

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Lastours, le château de Quertinheux

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Quatre châteaux de Lastours font partis du castrum de Cabaret. Cabaret, ancien nom de Lastours est un lieu mentionné dans les textes anciens, en 870 dans une charte du roi Charles le Chauve ….
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A gauche, le château de Quertinheux, le plus au Sud. A droite, l'un des sentiers escarpés menant aux citadelles
Chateaux Lastours 011 La Tour Régine à gauche, et le château de Cabaret au fond
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Des fouilles archéologiques encadrées par des personnels compétant ont lieux tous les ans sur le site de Lastours en période estivale. Et ces fouilles n'en finissent pas de dévoiler les secrets de Lastours.

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Les fouilles archéologiques sont situées sur le versant Sud des châteaux dit Cathares, ici un squelette est mis au jour

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Gros plan sur la partie haute d'un squelette de Lastours

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Gros plan sur la partie basse du squelette de Lastours. Entre 20 et 25 fouilleurs bénévoles accomplissent ce travail de fourmis pendant les deux mois d'été et passent au crible et à la brosse à dents, afin de tenter d'en extirper les moindres secrets.

Des fouilles qui ont été réalisées de 1988 à 1991 ont permis de mettre au jour un dizaine de tombes, datées du VIème siècle, confirmant l'occupation de Cabaret durant cette période.

Le castrum de Cabaret est cité dans les textes en 1063, les châteaux sont mentionnés dans un acte de garantie du comte de Foix au comte de Carcassonne. Les châteaux appartiennent à ce moment là, à la vaste famille de Cabaret, dont les premiers membres apparaissent quatre ans plus tard en 1067 comme vassaux des comtes de Carcassonne, et le resteront jusqu'à la Croisade. Roger, Bernard Assalit, Ademar et Guillaume, tous fils de Guille, prêtent serment pour le "castellum de Cabarez" (Cartulaire des Comtes de Barcelone).

Le nom de Cabaret vient de Caput Aristoe qui veut dire "tête de l'arête de poisson, et non caput arietis "tête de bélier" d'après l'historien Thiers.

C'est dans le courant du XIème siècle, où est question pour la première fois d'un premier château de Cabaret.

1125 Raimond de Cabaret prête serment à Bernard Aton Trencavel.

Entre 1100 et 1129, première mention du "castellum de Chertinos" (Quertinheux).

Entre 1129 et 1150 on trouve les premières mentions de Surdespine.

blason des seigneurs de Cabaret

Blason des seigneurs de cabaret  Chateaux Lastours 028 Le château de Cabaret, sa face Sud

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Les trois citadelles au Sud vu du château de Cabaret, au premier plan, la Tour Régine

Dès le début du XIIème siècle, Cabaret est déjà une importante seigneurie minière. A cette époque ont connaît les noms de trois châteaux : Quertinheux, Surdespine et Cabaret, il y a même un marché, car l'on trouve dans les textes anciens, une demande d'autorisation pour la création de ce marché au vicomte de Carcassonne. Dans un texte de 1166, plus de vingt-deux coseigneurs sont maîtres du castrum. Mais dès la fin du XIIème siècle, seuls trois coseigneurs sont désormais mentionnés dans les écrits.

En 1194, Pierre Roger et Jourdain de Cabaret s'engage, avec trente-quatre de leurs vassaux, à observer les clauses du testament du vicomte Roger II de Béziers et de Carcassonne, preuve que leur attachement à ce lignage comtal est sans faille à la veille des temps difficiles qui se préparent avec la montée en puissance des pressions de l'Église sur le comte de Toulouse et celui de Carcassonne.

1199, le diacre cathare Arnaud Hot prêche à Cabaret.

Chateaux Lastours 043 La Tour Régine au premier plan, suivi par le château Surdespine et en contre bas le château de Quertinheux 

Pendant les événements de la Croisade contre les albigeois déclanchée par le roi Louis VIII le Lion, Pierre Roger de Cabaret est le maître incontesté dans sa seigneurie mais aussi dans toute la région. Cabaret apparaît aussi être le fief des hérétiques, où séjourne fréquemment les évêques cathares du Carcassès.

Pierre Roger de Cabaret était un ardent défenseur de la cause cathare, il fut l'un des compagnons des Trencavel, dont il était le vassal. Les dépositions retenues par l'Inquisition prouvent selon les témoignages que beaucoup d'hérétiques habitaient le village fortifié de Cabaret. Toute sa vie fut marquée par la foi cathare qu'il protégea, peut-être sans la pratiquer. Lors du premier assaut des croisés contre les albigeois, en 1209-1210, les soldats de Simon de Montfort durent reculer devant les murailles de Cabaret, par manque d'hommes de troupe Simon de Montfort ravage les environs et attaque d'autres places fortes comme Fanjeaux, Bram, Minerve puis en août 1210 Termes capitule. Les rescapés venaient se réfugier à Cabaret qui résistait à toutes les attaques. Le chevalier Bouchard de Marly alors seigneur du château de Saissac et parent de Simon de Montfort fut fait prisonnier lors de cette première attaque et emprisonné à Cabaret.

Chateaux Lastours 036 La Tour Régine

Chateaux Lastours 048 Une vue prise du château de Cabaret, on aperçoit, la Tour Régine, le château de Surdespine et le château de Quertinheux le plus au Sud

Chateaux Lastours 010 La Tour Régine et le château de Cabaret sous un autre angle de vue

Chateaux Lastours 022  Chateaux Lastours 023

A gauche, la forteresse Surdespine. A droite la Tour Régine, dans cette première partie je ne vous montre que des photos de l'extérieur. Pour voir l'intérieur, il faudra attendre la seconde partie du reportage.

Chateaux Lastours 030 La Tour Régine et la forteresse de Cabaret

Chateaux Lastours 038 Photo intéressante, car l'on voit ici très bien que la surface où s'élève ces forteresses est très exiguë. Ici, comme dans tous les endroits où ont été construites les citadelles du vertige comme on les surnomme dans l'Aude, le travail de ces bâtisseurs a été colossal.

Chateaux Lastours 044 Les pentes ont été plantées de cyprés et de confières dans les années 1930, afin de stabiliser les talus, c'est vrai que cela donne un bel effet magnifique, avec au sommet le château de Cabaret.

En mars 1210, en représailles Simon de Montfort fait preuve d'une cruauté terrible, une centaine de prisonniers venus de Bram sont envoyés à Cabaret, les yeux crevés et le nez arraché afin d'en terroriser les habitants. Mais il fallut attendre encore, siège d'une résistance acharnée contre Simon de Montfort, Lastours tomba le 22 novembre 1210.

Le prisonnier Bouchard de Marly fut un précieux moyen d'échange lorsque Pierre Roger de Cabaret dut capituler suite à un second assaut mené par Simon de Montfort qui prit possession de Cabaret, suite à la reddition volontaire de Pierre Roger de Cabaret. Il fut dédommagé de la perte de ses châteaux en échange il eut des domaines près de Béziers. Après la mort de Simon de Montfort à Toulouse en juillet 1218 et malgré cette soumission, les seigneurs de Cabaret restèrent hostiles à la croisade catholique et en 1223 ils reprenaient possession de leurs terres et de leurs châteaux. Un évêque cathare, Pierre Isarn, séjourna à Cabaret vers 1223 selon le témoin Raimond Aiffre, il y prêchait devant toute la noblesse locale. Il monta sur le bûcher en 1226. D'autres évêques séjourneront aussi à Cabaret comme Arnaud Hot et Guiraud Abith.

Chateaux Lastours 002 Le château de Cabaret le plus au Nord des quatre forteresses

Chateaux Lastours 073  Chateaux Lastours 098

Le château de Cabaret et la Tour Régine photo de droite

Depuis les années 1223, on trouve à nouveau le castrum de Cabaret tenu par trois coseigneurs : Pierre Roger de Cabaret, Pierre de Laure et Bernard Othon de Niort.

Entre 1223 et 1229, l'activité des Cathares est de nouveau intense à Cabaret et, en 1226, cette place forte résiste puissamment à la Croisade qui s'acharne sur ce nid de résistance. L'épisode est connu sous le nom de "Guerre de Limoux et de Cabaret".

De 1227 à 1229, la vie devient plus sombre. Un nouveau siège eut lieu en 1227, proféré par Humbert de Beaujeu, ce fut un échec, mais il fallut évacuer les Parfaites qui tenaient une activité textile au sein du castrum. Après une longue résistance, les citadelles cédèrent finalement en 1229 et là encore, la négociation sut éviter un bain de sang et permit aux hérétiques de se replier en des lieux plus sûrs. Confisqué par le sénéchal Humbert V de Beaujeu, Cabaret devient le siège d'une châtellenie royale.

On ignore ce que devient ensuite Pierre Roger de Cabaret, on perd sa trace en 1229.

Les villages et châteaux sont pillés puis reconstruits pour devenir des forteresses royales. C'est à ce moment qu'est érigé la Tour Régine par ordre du roi pour affirmer sa suprématie. Les quatre châteaux deviennent le centre administratif et militaire de six communautés formant ainsi la châtellenie du Cabardès.

Chateaux Lastours 001

Le château de Quertinheux le plus au Sud, tous les détails des ces quatre châteaux vous seront donnés dans la seconde partie qu'il ne faut pas manquer

En 1238, les autorités royales vont modifier la fortification du site. On lit qu'un châtelain royal réside à Cabaret, on suppose qu'une garnison à pris place dans la forteresse entre 1229 et 1238.

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On est au pied de Surdespine, au fond le château de Cabaret

Dès 1230, les citadelles de Cabaret étaient forteresses royales. A partir de cette époque et pendant plusieurs siècles le castrum sera occupé par une petite garnison. Pourtant le catharisme resta longtemps vivant, et des châtelains de Cabaret, même s'ils furent installés par le roi de France, reçurent le consolamentum, ce qui prouve qu'à la fin du XIIIème siècle, tout l'état-major de Cabaret restait cathare.

En 1240-1241, la "guerre du vicomte" fait rage. Pillage et violence sont relatés par Raymonde Abbas habitant Cabaret. C'est à cette époque que sont détruites les anciennes tours ainsi que le village castral, et que la reconstruction des trois châteaux est entreprise avec la réalisation de la Tour Régine.

1269, on trouve la première mention d'un village "neuf" que l'on appelle "Rivière de Cabaret" et de son église Saint Pierre et Saint Paul probablement reconstruits sur les bords de l'Orbiel.

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Le château de Surdespine à gauche et à droite, photo prise de Quertinheux : la Tour Régine et Cabaret

L'hérésie cathare perdure, en 1320, une sentence des Inquisiteurs ordonne que soient brûlés les ossements de plusieurs personnes mortes hérétiques, parmi lesquelles des châtelains royaux de Cabaret et leur épouse.

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Cette vue aérienne, vous montre encore ici l'exploit qu'il a fallu pour construire ces forteresses à l'époque

Chateaux Lastours 075 Lors de l'ascension, vous pouvez d'ores et déjà admirer les châteaux qui vous narguent, avec ces cyprès qui donnent un effet surréaliste. Le site n'est-il pas beau ?

Chateaux Lastours 0101  Chateaux Lastours 0105

A gauche, la Tour régine. A droite, le château de Quertinheux, pas de problème vous commencez à les différencier ?

Au XIVème siècle, le Cabardès subit des épidémies de peste, en 1348, les châtelains de Quertinheux et de Surdespine changent plusieurs fois.

En 1471, Louis XI confirme les privilèges accordés par ces prédécesseurs aux habitants de la châtellenie, en échange de la garde et de l'entretien des châteaux.

Ensuite, on ne trouve pour ainsi dire aucune information.

Au XVIème siècle, pendant les guerres de religion, les châteaux sont occupés par les protestants. Ils seront chassés par le Duc de Joyeuse en 1591.

En 1645 le village castral étant tombé dans l'oubli, Guillaume Besse constatera qu'il y a des vestiges de maisons formant comme un grand bourg autour du château, ce fut le premier regard d'un historien sur ce lieu, ("Histoire des Antiquités et Comtes de Carcassonne", Béziers 1645 auteur Guillaume Besse).

Vers 1778, apparaissent les premières terrasses de cultures empiétant sur l'éperon ainsi que des troupeaux d'animaux. Les châteaux sont d'ores et déjà à l'abandon.

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 Le château de Surdespine, la Tour Régine et le château de Cabaret à l'extrême Nord

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Le château de Cabaret

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Le château de Quertinheux à gauche, et la Tour Régine à droite

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Cabaret et la Tour Régine

Le site de Lastours est un véritable complexe archéologique, où vous pouvez visiter non seulement les quatre châteaux mais aussi le lieu d'une occupation humaine datant de quatre mille ans.

La période de l'âge de bronze ancien (-1800 à -1500) est bien attestée dans les habitats de grotte comme à Lastours où ont été retrouvés en 1961 dans la grotte "au collier", des bijoux en bronze dans une sépulture d'une fillette âgée de neuf à dix ans environs, vraisemblablement d'une classe sociale élevée, que l'on a surnommé "la princesse de Lastours". Bracelets et colliers de bronze, perles d'ambre et de verre ; poignard, mais aussi les nombreuses haches à rebord ont été trouvées. Certains décors sur les objets retrouvés, évoquent la Grèce mycénienne ou l'Égypte. La sépulture se trouve près de l'impressionnant tunnel, dit "trou de la cité", en raison de la légende qui voudrait le relier à la cité de Carcassonne.

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A gauche la tour Régine et photo de droite la Tour Régine et le château de Surdespine

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Le "Trou de la Cité" est situé en contre-bas du château de Quertinheux. Vous pouvez l'apercevoir ici, la tâche sombre est l'entrée de la grotte (flèche rouge) 

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Voici l'entrée du fameux "Trou de la Cité" qui est située juste en dessous du château de Quertinheux

Chateaux Lastours 0119   Les grottes sont très nombreuses dans la région mais celle-ci est légendaire.

Le Trou de la Cité : il s'agit de la plus grande grotte de Lastours qui en dénombre une quarantaine. Ce tunnel souterrain de nombreuses fois remanié, a dû être utilisé à maintes reprises comme réserve, refuge ou bergerie.
La "princesse au collier" reposait dans une cavité proche dite "l’abri du collier".
Une légende raconte aussi qu'un être étrange au corps de chèvre, Salimonde, y a habité et qu'à la Chandeleur elle allait pleurer au bord du torrent du Grésilhou, accentuant ainsi la rigueur de l'hiver. La belle saison venait quand Salimonde jouait de la flûte. Il se murmure aussi qu'une galerie souterraine menait jusqu'à la Cité de Carcassonne, d'où le nom "Trou de la Cité". Une autre tradition orale rapporte qu'un trésor aurait été caché par les Wisigoths dans le grand puits et qu'au fond de celui-ci s'ouvrent les portes de vastes souterrains et de merveilleuses cavernes hantées par des fées. Dans la réalité les recherches ont révélé seulement l'existence de quelques galeries et salle telle une pièce voûtée sous le Place Marcou. 

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Le "Trou de la Cité" est une grotte au dimensions imposantes et très profonde

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Une petite dernière photo avant la suite de la visite ...

Les spécialistes qualifient le village castral de Cabaret de "Pompéi cathare", car il est très rare de découvrir les vestiges d'habitations où des centaines de cathares, religieux "bons hommes" et "bonnes femmes" et fidèles, y vivaient. Un marché dominical s'y tenait. Le village était le siège du diacre cathare de Cabardès. Seuls subsistent les murs des bâtisses robustes, à l'époque couvertes de lauzes et de tuiles canal. Les habitants groupés autour du "vrai" château cathare, celui des seigneurs vaincus, sont partis en hâte, au cœur de l'hiver, des bûches consumées l'attestent. Le temps s'est arrêté vers  1230. Je vous en parlerai d'avantage dans la seconde partie ... à suivre donc.

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Le château de Cabaret à gauche et la Tour Régine à droite

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On ne se lasse pas de regarder ce beau paysage, il suscite l'idée de peindre de beaux tableaux  ...

 

Pour ceux qui découvrent mon site internet, et qui n'ont pas encore consulté les deux pages de sommaire disponibles dans le menu, récapitulant les reportages réalisés depuis mai 2008, pour les amoureux des forteresses cathares voici un accès direct concernant (cliquez sur le nom qui vous intéresse) : CARCASSONNE, MONTSÉGUR, MONTAILLOU, PUIVERT, PEYREPERTUSE, QUÉRIBUS, PUILAURENS, ARQUES, TERMES, VILLEROUGE-TERMENÈS, FOIX, MIGLOS, LORDAT

Je vous engage à consulter ces sommaires car des sujets peuvent vous intéresser pour découvrir l'Aude et l'Ariège.

 

Message : Si vous désirez participer et me proposer des articles avec vos photos, c'est simple, ce n'est pas compliqué, il suffit de les taper au format word ou avec tout autre logiciel de traitement de texte, d'y incorporer vos photos ou de me les envoyer à part.  Et s'il vous vient une idée de sujet que vous voudriez voir diffuser sur ce site, pourquoi pas, écrivez moi à cette adresse mail :

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 01:00
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Après vous avoir relaté l'histoire du château de Miglos, voici celle du château dit "cathare" qui a occupé une place très importante dans cette région, situé dans la vallée de l'Ariège près d'Ax-les-Thermes. Je remercie tous ceux qui m'ont adressé des photos et en particulier Jean-Michel ROY pour m'avoir proposé spontanément de nombreux clichés pris cet hiver. Ce reportage comporte plus de 80 photos grand format. Surfez curieux, je vous souhaite une excellente découverte instructive … suivez moi ... bandeau chateau de Lordat


Le village de Lordat est dominé par les ruines d'un château médiéval, dressé sur un piton à plus de 400 mètres au-dessus de la vallée de l'Ariège. D'ailleurs tous ceux qui empruntent la RN20 pour aller à Ax-les-Thermes et en Andorre l'ont obligatoirement aperçu de la vallée.

Perché sur une petite éminence calcaire dominant la vallée de l'Ariège, le grand château de Lordat fut une des principales places fortes du comté de Foix. Il est fort probable qu'un fort ibère, puis romain a précédé cette forteresse. Sur le site on a découvert des artefacts celtiques, ainsi que des médailles qui témoignent qu'un castellum était déjà installé sur le piton à l'époque romaine.

Siège d'une importante seigneurie, il servit aussi de lieu de refuge aux cathares en fuite recherchés par l'Inquisition. Le décor est planté.

panorama du chateau de Lordat 01b

Panorama des vestiges du château de Lordat dans son écrin de verdure 

carte Lordat 01

Voici où se situe exactement Lordat, juste en dessous de Foix le long de la Nationale 20 peu avant Ax-les-Thermes

carte Lordat 02

Un petit coup de zoom sur le secteur, Lordat n'est pas très loin de Luzenac où le talc est traité, car la plus grande carrière au monde de talc, la carrière de Trimouns n'est pas loin, j'aurai l'occasion de monter un reportage bientôt sur ce sujet

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Le petit village de Lordat dominé par sa forteresse. Le château de Lordat abrita des fidèles cathares, après la prise Montségur. Ce castel, dont la mention dès le Xème siècle en fait le plus ancien du département, occupe l'un des sites spectaculaires du Sabarthès, où il succéda à des forteresses ibère puis romaine.

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Le côté Sud du castel de Lordat

chateau de Lordat 006 Les magnifiques remparts de Lordat côté Sud que vous pouvez apercevoir de la RN20 dans la vallée de l'Ariège, prenez le temps d'y monter vous ne serez pas déçu, le panorama est majestueux sur la vallée et il y a un spectacle volerie, je vous en dirai quelques mots à la fin du reportage avec des photos bien sûr ...

Le château de Lordat est mentionné pour la première fois dans la première moitié du XIème siècle.

En 1074, le comte Roger II et la comtesse, donne à l'abbaye de Cluny le château de Lordat avec ses dépendances et tous les villages avec ses églises.

En 1095, le castrum de Lordat appartient au comte de Cerdagne aussi seigneur de Niort de Sault (Aude).

En 1096, Jean de Lordat fait partie de la première croisade contre les infidèles.

La Seigneurie jusque-là aux mains des comtes de Carcassonne,  fait l'objet d'un désaccord entre les comtes de Foix et les comtes de Cerdagne au cours du XIème siècle avant de passer définitivement sous le contrôle des comtes de Foix et de leurs vassaux, la famille Lordat dont on trouve la mention dans les archives en 1137.

Guillaume de Lordat, chevalier, vivait en 1154 avec son épouse vers 1130 Béatrix de Fossat, celui-ci rédigea un testament le 5 avril 1163 où est mentionné trois enfants : Raimond, Guillaume et  Arnaud,  Raimond frère du testateur était présent lors de la signature. Le frère de Guillaume de Lordat, Pons de Lordat, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, fut grand prieur de Toulouse en 1188.

En 1213, on trouve l'indication : le castrum de Lordat fait partie des fortifications du comté de Foix.

chateau de Lordat 041 La forteresse de Lordat vu de la route des Corniches 

Le château de Lordat ne fut pas trop inquiété par les événements liés à la croisade celui-ci étant situé à l'écart des autres places fortes de la région, mais Lordat fut plusieurs fois invoqué dans les moments critiques. C'est ainsi qu'en 1220, Roger de Rabat emprunte à Raymond de Lordat une certaine somme d'argent et lui assigne en garantie une rente sur Saurat ; deux ans après, Raymond de Ravenac vend à Guillaume de Lordat et à ses enfants tout ce qu'il possédait au lieu de Prades.

Le 16 juin 1229, le comte de Foix Roger-Bernard fait sa soumission au roi de France et à l'Église ; il livre en gage ses deux châteaux de Lordat et Montgrenier. Le traité qu'il conclut avec le roi engage son souverain à les lui restituer dans les 5 ans. Dans les années qui vont suivre, les comtes de Foix vont se montrer très attentifs au sort de cette place forte.

En 1249, Bernard de Lordat abandonne ses droits sur le château au comte Roger IV de Foix en échange de la ville d'Arabals. Le transfert définitif sera conclu en 1257.

chateau de Lordat 011  Ruelle à Lordat

Une porte s'ouvre sur l'histoire dans le petit village de Lordat, avec ses petites ruelles

En 1272, le comte Roger-Bernard III de Foix défie la suzeraineté du roi Philippe le Hardi en investissant le château de Sompuy dans le Gers. Le roi vint en personne avec des troupes pour régler se problème et reprendre le château. Lordat devient alors le centre d'un conflit international tandis que le comte de Foix est emprisonné par le roi.

Chateau de Lordat 024

Les ruines de Lordat vu du Nord

Château de Lordat 025 vu de Garanou

La forteresse de Lordat vu en venant d'Urs à l'Ouest

chateau de Lordat 026 vu de Vernaux

Et ici vu de Garanou au Sud, hiver 2010

chateau de Lordat 018

Après avoir traversé le village de Vernaux et quelques routes en lacets, vous entrez dans le village de Lordat, côté Sud / Est vu sur le château, hiver 2010

chateau de Lordat 017 Zoom sur le château de Lordat côté Sud / Est, hiver 2010, on aperçoit l'entrée du château

Roger-Bernard III de Foix comptait sur l'appui du roi Jacques 1er d'Aragon. Profitant de l'arrestation du comte, le roi avait ordonné une enquête afin de connaître les limites exactes du Sabarthès et sur ses châteaux. Or, Roger-Bernard avait déjà confié ces places fortes au roi d'Aragon. Foix fut vite rendu aux Français, par contre les autres forteresses, dont Lordat vont donner lieu à une terrible controverse qui va durer plus de six mois. En 1277, après que les frontières soient bien délimitées entre les deux monarchies, le comte de Foix retrouva son Sabarthès après avoir prêté un ferme hommage au roi de France. En 1290 Roger-Bernard entra à nouveau en conflit avec le roi Philippe le Bel, il fut contraint de lui remettre le château de Lordat et de Montréal-de-Sos comme garantie. Le comte de Foix ne retrouva son bien que le 27 février 1298.

A partir de cette période, le château de Lordat servit de tête de pont à l'administration car Lordat devint le chef-lieu d'une nouvelle châtellenie du Lordadais, grande circonscription territoriale qui regroupait treize villages des environs : Axiat, Appy, Caychax, Senconac, Albiès, Vèbre, Urs, Lassur, Garanou, Vernaux, Luzenac, Unac et Bestiac.

chateau de Lordat 010 vu du château de Lordat, le plateau de Beille 1942 m

Les témoignages contenus dans les registres de l'Inquisitions indiquent que la forteresse de Lordat sert de refuge à des cathares en fuite. On y signalerait même un cimetière hérétique au lieu-dit "Le Bec de Barra" ou au calvaire du Pech de Lordat.

Dans le registre de l'Inquisition, on trouve Raymond de Rabat qui se fait enterrer dans un cimetière hérétique à Lordat. Du 5 juillet 1318 au 9 octobre 1325, le tribunal d'Inquisition siégea 370 jours dont une fois à Lordat.

On sait par ailleurs que l'évêque Guilhabert de Castres y fit un séjour.

évêque guilhabert de castre

L'évêque Guilhabert de Castres

Picard de Lordat, chevalier est, en 1331, nommé dans une acte le premier des nobles du comté de Foix. Il fit hommage au comte d'une partie des villes et château de Lordat, de Rabat, de Lassur, et fut en 1331 caution de la dot de Jeanne de Foix, mariée à l'infant Pierre d'Aragon.

La filiation est établie depuis Hugues de Lordat, seigneur de Lordat, de Lassur, de Caseneuve, baron de la Bastide-Gardereinous, qui vivait en 1404.

Arnaud Squerrer, en faisant la description du comté de Foix, en 1456, fait mention de la châtellenie de Lordat, qui sous le règne de Gaston-Phoebus, était disait-il, la plus importante du pays.

Hugues III de Lordat, baron de Caseneuve, était gentilhomme de la chambre de Charles VIII, en 1490.

Au XVIème siècle le château fut refait en grande partie. Après les guerres de religion dont le château n'eut guère à souffrir, le roi de Navarre et dernier descendant des comtes de Foix, le futur Henri IV, donna ordre en 1582 au gouverneur du comté de démanteler les principales fortifications du haut Sabarthès. L'ordre ne fut pas exécuté, car cela coûtait beaucoup trop d'argent pour sa destruction.

Paul-Jacques de Lordat commandait un corps de huit mille hommes sous le maréchal de Montmorency contre les Huguenots, en 1591.

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Le côté Nord / Est de la citadelle de Lordat

Les Lordats ont eu depuis Louis XIII trois maréchaux de camp et quatre gouverneurs de la ville de Carcassonne, et siégeaient comme barons de Bram* aux États du Languedoc.

Ensuite, le château fut abandonné, et l'édifice tomba en ruines. Le temps fit son œuvre et, en 1672, un démembrement rapporte sans appel que le château est présentement démoli n'y restant que les murailles.

En 1854 il y eu une grave épidémie de choléra, et on releva dans la région, une des plus fortes mortalités du Sud de la France. Les cimetières durent être agrandis dans la panique et l'urgence, on ne comptait plus les malades et les cadavres dans les maisons désertées. L'épidémie s'arrêta le 13 octobre 1854.

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Différentes photos prisent à l'intérieur de l'enceinte de la forteresse

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Le beau panorama vu de la porte du château, le village de Lordat en contre-bas

LE CHATEAU

La forteresse de Lordat était l'une des plus grandes citadelles du haut comté de Foix. Le château datant de la période du bas moyen-âge, dont la construction fut sans doute commencée à la toute fin du XIIIème siècle après les démêlés entre le comte de Foix, le roi de France et le roi d'Aragon. L'enceinte du château est de forme elliptique épousant le relief sur lequel il est bâti. Le château originel avait une taille importante, 90 mètres de long environ sur 50 mètres de large, et il était ceinturé d'une triple défense. Actuellement il reste, un ouvrage avancé, en ruines, et deux enceintes conservant encore leur crénelure défendent les pentes accessibles à l'Est et au Sud, les deux autres côtés étant très escarpés sont inaccessibles (voir photo ci-dessous).

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La face Nord de la forteresse, côté inaccessible

Le mur de la première enceinte se raccorde  à celui de la deuxième au Nord par deux tours carrés, au Sud/Ouest et à l'ouest. Les deux principales portes des enceintes ont été réalisées probablement au début du XIVème siècle. On observe une réalisation inédite en Ariège en matière de défense, les ouvertures dans la tour sont sur la droite. Les assaillants ayant coutume de tenir le bouclier au bras gauche, laissant ainsi leur côté droit découvert, c'était bien observé. L'utilisation de herses était aussi une technique innovante. La seconde enceinte abritait plusieurs bâtiments du corps du logis. Au centre était situé le donjon, partie la plus ancienne de la forteresse. Les autres éléments du bâtiment ont été réalisés après le XIVème siècle. Tous ces éléments architecturaux, l'épaisseur des murs, la présence de créneaux et d'élévations importantes font de ce château l'un des plus beaux spécimens de l'architecture militaire médiévale de la frontière pyrénéenne.

Lordat avec vue sur le Mont Fourcat Mur d'enceinte de la forteresse de Lordat et l'entrée du château, avec une vue sur le Pic Calmont 1234 m 

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L'entrée du château, au Sud

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La porte du château de Lordat

Le château de Lordat (Ariège) le village en contrebas et Le château de Lordat, le village en contrebas, le Pic Calmont (1234m) et en bas à droite le village de Vernaux

  * Il existe un lien historique entre le village de Bram situé près de Carcassonne dans l'Aude et Lordat :

Le comte de Lauraguais réalisa des travaux au château de Lordat avec les pierres des anciennes fortifications de Bram.Je vous présenterais des vieilles photos du château de la famille Lordat à Bram dans l'Aude près de Carcassonne, à la fin du reportage.

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Photo récente du château, hiver 2010, l'entrée du château

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Les remparts Sud du château de Lordat

L'ensemble de la forteresse a été classé Monument Historique en 1923. Des travaux de renforcement de ces vestiges ont été entrepris.

Les premières fouilles sur le site furent réalisées par Jules de Lahondes en 1883. Par la suite, des excentriques firent un séjour sur les lieux comme l'Allemand Otto Rahn (1904-1939) qui établissait un lien entre le catharisme, la quête du Graal et peut-être l'idéologie nazie (il écrivit d'ailleurs des ouvrages sur le sujet). L'abbé Sarda mena des fouilles archéologiques en 1960.

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Le maître fauconnier Christophe Lafuste

Une animation estivale de démonstrations de volerie s'y est installée en 2001 : "Les aigles du château de Lordat".

Ouvert tous les jours du début de vacances de Pâques à la Toussaint.

Sur le piton rocheux à 956 m d'altitude, la cour du château abrite aujourd'hui une trentaine de rapaces surtout européens (aigles, vautours, milans, faucons, chouettes, hiboux). Le visiteur peut les découvrir dans les abris ou les volières spécialement aménagés, mais également dans le cadre d'un spectacle inédit, "Les Aigles de Lordat", qui permet de les observer en plein vol libre au-dessus des vestiges du château de Lordat. Spectacle de 45 minutes, les rapaces évoluent sous la conduite du maître fauconnier Christophe Lafuste ; ils viendront même se poser sur vous en toute confiance et sécurité. Plus de 12 000 personnes viennent rendre visite aux aigles de Lordat et visiter le château chaque année.

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Christophe Lafuste, vous présente ses rapaces qui évolueront sous vos yeux en vol libre, dans un décor splendide

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Il semblerait que cela soit un Milan Royal en vol au-dessus de Lordat

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Des commentaires très appréciés, donnés par le maître fauconnier Christophe Lafuste

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Le maître fauconnier Christophe Lafuste avec un aigle royal magnifique

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Vous allez pouvoir observer sur le site de Lordat, tous ces rapaces de très près !

Photo de gauche, une chouette Effraie. Photo de droite, une buse de Harris

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L'aigle Royal (Aquila Chrysaetos)

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L'aigle Royal

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A Lordat vous allez pouvoir faire de belles photos, comme ici cet aigle Royal

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Christophe Lafuste est équipé d'un micro, qui permet au public de suivre parfaitement toutes les explications et descriptions concernant les rapaces présentés à Lordat.

A gauche, un vautour. Photo de droite un hibou Grand Duc

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Un faucon Crécerelle

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Le maître fauconnier Christophe Lafuste avec un  faucon Crécerelle

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Une chouette Lapone

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Une belle chouette Effraie

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L'entrée du village de Lordat dominé par son château face à vous

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L'église Sainte Marie de Lordat

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Le clocher de l'église Sainte Marie et le château de Lordat, hiver 2010

Lordat église sainte marie

L'église Sainte Marie de Lordat

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Lordat hiver 2010

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Le castrum de Lordat vu d'une des ruelles du village hiver 2010

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L'extrême Sud du village de Lordat avec le château au fond, hiver 2010

Au recensement de 1999 le petit village de Lordat comptait 43 habitants.

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Nous sommes juste sous les remparts Sud de la forteresse de Lordat

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Le château de Lordat vu de la route des Corniches

Un petit mot sur cette route des Corniches (D44 et D20). La vallée de l'Ariège, axe central du Pays de Foix, mais aussi route de l'Andorre, la vallée de l'Ariège est parfois traversée d'un trait par certains touristes pressés d'aller faire des emplettes "duty free" dans le micro État pyrénéen, l'Andorre. Elle mérite mieux. Surtout pour qui emprunte la route des Corniches, d'où le regard plonge littéralement sur la vallée de l'Ariège, et vous traversez de beaux petits villages en partant d'Ax-les-Thermes comme Tignac, Caussou, Bestiac, Vernaux, Lordat, Axiat, Appy, Senconac, Cazenave, et Arnave pour arriver à Bompas, au Nord de Tarascon.

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Le château de Lordat, très belle photo que vous pouvez comparer avec celle qui a été prise du même endroit en 1900, (voir ci-après)

Pour ceux que cela intéresse, voici LA GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE LORDAT :

Ancienne famille de chevalerie du comté de Foix qui tire son nom d'un château situé dans la vallée de l'Ariège (château cité dès 1034). La généalogie de cette maison remonte à Guillaume de Lordat.

On trouve un Jean de Lordat présent à la première croisade en 1096, était-ce un frère à Guillaume ?

 

I. Guillaume de Lordat, co-seigneur de Lordat, mort avant 1095, avait épousé Adalaïs, dont il eut :

II. Arnaud-Guillaume de Lordat, rend hommage avec Raymond-Gaubert de Lordat, à Ermengarde de Carcassonne, cousine germaine, et héritière de Roger II de Foix, parti en croisade sans descendance (archives du château de Foix). Il a pour enfants :

  1. Guillaume II ;
  2. Pons, commandeur de Puissoubran (Pechsiora), puis grand Prieur de Toulouse, prieur de l'hôpital de Saint-Rémi en 1162 ;
  3. Raymond, qui eut 5 enfants d'Aldéarde, sa femme :
    1. Arnaud ;
    2. Guillaume ;
    3. autre Guillaume ;
    4. Gualard ;
    5. Primargus.

III Guillaume II de Lordat, seigneur de Lordat, épouse Béatrix de Fossat vers 1130, dont il eut :

  1. Raymond décédé après 1163 ;
  2. Guillaume ;
  3. Arnaud.

IV Raymond de Lordat décédé après 1163, fut père de 4 enfants :

  1. Arnaud-Guillaume marié, décédé en 1188, il 4 enfants :
    1. Raymond marié, décédé en 1242 ;
    2. Raymond décédé en 1254 ;
    3. Arnaud-Guillaume chevalier décédé en 1283 ;
    4. Pons décédé en 1233.
  2. Bernard, épouse Mabilie de Foix décédée en 1238, dont 2 fils :
    1. Bernard décédé en 1279 marié; dont un fils :
      1. Bernard chevalier, seigneur d'Arabaux décédé en 1283 ;
    2. Arnaud Guillaume épouse avant 1253 X?, dont 2 fils :
      1. Pierre Amiel
      2. Guillaume.
  3. Guillaume, qui épouse avant 1199 Arnale de Castelbon décédée en 1199, dont deux fils :
    1. Pons, chevalier, marié il eut 1 fille :
      1. Sébélie décédée en 1253
    2. Guillaume chevalier décédé après 1266, marié avant 1266, dont 2 fils :
      1. Raymond Guillaume décédé en 1303 ;
      2. Arnaud Guillaume.
  4. N, qui épouse Mlle de Salles.

V    Arnaud-Guillaume de Lordat, fut père de :

 

VI   Raymond de Lordat, fut père de :

 

VII  Arnaud-Guillaume de Lordat, qui fut père de :

 

VIII Sicard de Lordat, épouse Guillemette de Durban, dont il eut :

  1. Arnaud-Guillaume ;
  2. Raymond ;
  3. Pons, qui suit ;
  4. Guillaume.

IX. Pons de Lordat, fut père de :

 

X.  Hugues de Lordat, fut père de :

 

XI. Hugues II de Lordat, épouse Marguerite de Prunet, dont il eut :

 

XII  Hugues III de Lordat, épouse le 6 mai 1448 Marguerite de Serres, fille de Fortanier de Serres, co-seigneur de Carla. Ils eurent pour enfants :

  1. Hugues ;
  2. Jean, qui fait la BRANCHE B (voir ci-après) ;
  3. Bernard, évêque de Pamiers en 1517, meurt le 14 novembre 1547 ;
  4. Marguerite, épouse Jean de Saint-Jean ;
  5. Catherine, épouse Jean, seigneur de Lissac ;
  6. Brunette, épouse le 22 mai 1479 Bernard, seigneur de Sariac ;
  7. Jeanne, épouse Hugues de Guilhot, seigneur de Faget ;
  8. Jeanne la jeune ;
  9. Mengarde, épouse Pierre de Voisins.

XIII  Hugues IV de Lordat, épouse le 16 juin 1482 Marguerite d'Ysalguier, fille de Barthélémy d'Ysalguier et de Madeleine de Viane, dont il eut :

  1. Corbeyrant ;
  2. Brunette, épouse le 29 novembre 1501 François de Toulouse-Lautrec.

XIV Corbeyran de Lordat, écuyer, seigneur de Cazenave, épouse en premières noces Marie de Lordat, sa cousine, fille de Jean de Lordat et de Yolande d'Aure, dont il eut :

XV Bernard de Lordat, épouse le 10 juillet 1533 Charlotte de Castelpers, fille de Bertrand de Castelpers, dont il eut :

  1. Yolande, épouse le 19 octobre 1552 Arnaud du Faur de Pibrac, sans postérité ;
  2. Françoise, épouse Paul de Lordat ;
  3. Madeleine, épouse le 17 mai 1579 Louis de Brunet ;
  4. Marie.

Et en secondes noces le 21 juin 1551 Anne de Montesquiou, fille de François, seigneur de Masencôme dont il eut :

  1. Jean-Paul, seigneur et baron de Cazenave, sans postérité
  2. Jacques-Paul, qui suit.

XVI. Jacques-Paul de Lordat, écuyer, seigneur et baron de Cazenave, épouse le 7 juillet 1591 Anne de Saint-Jean, veuve de Jean de Voisins, seigneur de Pezens, dont il eut :

  1. Jean qui suit

XVII. Jean de Lordat, marquis de Lordat, Gentihomme du Duc d'Orléans, épouse le 30 mars 1621, Claire Potier de la Terrasse, fille de Jean seigneur de la Terrasse et de Françoise de La Bourgade, et en secondes le 30 juin 1639 Marie de Gruel, de sa première femme il eut :

  1. Jacques qui suit ;

XVIII. Jacques de Lordat, marquis de Lordat, Chevalier de Malte, épouse le 27 janvier 1663 Anne-Marguerite de Roux fille de Christophe de Roux, baron d'Alzone et de Catherine-Françoise de Frezals, dont il eut :

  1. Louis, seigneur de Bram, Page du Roi, Mestre de Camp de cavalerie, Chevalier de Saint-Louis ;
  2. Joseph, prêtre et Docteur en université de Toulouse ;
  3. Autre Louis, Chevalier de Malte, enseigne de vaisseau ;
  4. Paul-Jacques qui suit :

XIX. Paul-Jacques de Lordat, marquis de Lordat, Gouverneur de Carcasonne, épouse Jeanne de Génibrouse, fille de Guillaume de Génibrouse, seigneur de Saint-Amans, et d'Aldonce de Peyreuse, dame de Boisséson. Ils eurent pour enfants :

  1. Joseph-Marie ;
  2. Jean-Ignace, Abbé commendataire de Berdoues au Diocèse d'Auch ;
  3. François-Anne, Chevalier de Malte, Mestre de Camp en 1774 ;
  4. Marie, épouse le 11 octobre 1768 Paul de Varagne, seigneur de Gardouch et baron de Bélesta ;
  5. Anne, épouse en 1639 François de la Prune, seigneur de Cardonnac.

XX. Joseph-Marie de Lordat, marquis de Lordat, Maréchal de Camp, Gouverneur de Brouage, épouse le 6 juin 1757 Louise Colbert, fille de Charles, comte de Seigneley et de Marie de Gontaut-Biron, dont il eut :

  1. Marie-Paul Jacques ;
  2. Louis-Gabriel appelé le vicomte de Lordat né le 6 janvier 1760.

XXI. Marie-Paul-Jacques de Lordat, marquis de Lordat, baron de Bram et des Etats du Languedoc, né le 25 mars 1758.

 

BRANCHE B

XIII. Jean de Lordat, seigneur de Prunet puis de Saint-Victor, mort en 1503, épouse Cyprienne de Cardaillac, dont il eut :

  1. Jean ;
  2. Marguerite, épouse Pierre de Sénégas, seigneur de Castanet ;
  3. François.

XIV. Jean de Lordat, seigneur de Saint-Victor, épouse Yolande de Toulouse-Lautrec, fille d'Antoine de Toulouse-Lautrec et de Séguine de Bar.

Portrait de J Lordat XIXeme siecle

Portrait de J. Lordat XIXème siècle

Toujours très apprécié des visiteurs voici maintenant quelques photos très anciennes concernant Lordat :

chateau de Lordat 028 en 1901

Lordat, celle-ci date de 1901 photo sur plaque de verre au gélatino-bromure d'argent

chateau de Lordat 027 en 1901

Photo sur plaque de verre au gélatino-bromure d'argent de la même époque 1901

Lordat 01 en 1900

Photo de la vallée de l'Ariège prise du château de Lordat en 1900

Lordat 02 en 1900

Château de Lordat en 1900

Lordat 05 en 1900 Château de Lordat en 1900 vu du village Les Cabannes 

Lordat 03 en 1900

Château de Lordat en 1900

chateau de Lordat 14 en 1900 La porte du château de Lordat en 1900, avec des enfants prenant la pose 

Lordat 06 en 1925

Celle-ci date des années 1925

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Luzenac, le village de Garadou et tout en haut à droite la forteresse de Lordat, photo des années 1900

Lordat 11 en 1900 L'entrée du château de Lordat en 1900, les ruines sont à l'abandon  

Lordat 09 en 1970 Une vue aérienne du village et château de Lordat en 1970
chateau de Lordat002
Lordat dans les années 1970
Lordat 12 en 1970
Celle-ci aussi date des années 1970
Lordat 04 leur chateau à Bram en 1900
Le château de la famille Lordat à Bram dans l'Aude près de Carcassonne, photo datant de 1900
Lordat 07 leur chateau à Bram en 1900
Le château de la famille Lordat à Bram dans l'Aude près de Carcassonne, photo plus nette datant de 1900 / 1910
Lordat 10 leur chateau à Bram en 1950
Le château de la famille Lordat à Bram, la même photo que ci-dessus, colorisée dans les années 1950

chateau de Lordat 042 Très belle photo du Pech de Lordat avec ses vestiges cathares d'époque médiévale 

chateau de Lordat par Panpyren09

L'automne sur le pech de Lordat, côté Sud / Est, avec à droite, le rocher du Courbas 1233 m

Lordat 4 février 2011 La citadelle de Lorda, photo récente prise le 4 février 2011 par mon ami Henri dit "Basile" 

Luzenac vu de Lordat

La vallée de l'Ariège vue du château de Lordat, hiver 2010, vous apercevez en bas l'usine où est traité le talc de la carrière de Trimouns que vous pouvez voir sur la photo qui suit ...

Luzenac 2006

Tout près de Lordat se trouve la plus grande carrière de talc à ciel ouvert au monde, la carrière de Trimouns-Luzenac. Elle est à une altitude entre 1500 et 1800 m environ.

J'aurai l'occasion bientôt de faire un reportage sur cette carrière spectaculaire, ressemblant à un décor de film de science-fiction

Près de Lordat

Vaches Gasconnes près de Lordat, hiver 2010

Près de Lordat-Chevaux de Merens

Le cheval de Mérens, que l'on voit ici près de Lordat, hiver 2010, une des figures emblémathiques des montagnes ariègeoises. Race de poneys qui a vu le jour en Haute Ariège dans les cantons d'Ax, Tarascon et Mérens-les-Vals. depuis 1998, le mérens est reclassé comme cheval. Ce cheval de travail a été utilisé par les montagnards, aussi bien dans le labourage de parcelles que pour le trait ou encore le travail dans les mines. En Languedoc, les vignerons utilisaient autrefois le mérens pour le travail de la vigne et, en Roussillon, ce cheval travaillait dans le maraîchage.

village d'Urs près de Lordat

Un petit clin d'oeil à Jean-Michel ROYà qui l'on doit un certain nombre de photos de ce reportage, le village d'Urs près de Lordat avec le Pic d'Écourail 1135 m 

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 01:30
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Château de Miglos, je suis sûr que cette consonance vous fait penser à la Grèce. Et bien non ! Vous êtes en Ariège dans la vallée de Vicdessos au sud de la ville de Foix et à l'Ouest de Tarascon sur Ariège.

La quête et la découverte de châteaux dit "Cathares" se poursuit. Je vais vous présenter dans les reportages qui vont suivre, deux châteaux moins connus par rapport à Montségur, Quéribus, etc …, mais qui ont occupé une place importante dans la surveillance et la défense, au moyen-âge, de la frontière pyrénéenne. Je vais essayé d'être le plus complet possible en informations et toujours avec de nombreuses photos grand format, et non pas des petites vignettes où l'on ne distingue rien !

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LE CHATEAU FÉODAL DE MIGLOS SENTINELLE DE LA VALLÉE DE VICDESSOS

L'histoire ne se refait pas, elle se vit !

C'est l'occasion pour vous visiteurs de découvrir ou redécouvrir votre patrimoine et leur passé, je vous offre une plongée dans les siècles derniers.

Amoureux d'histoire et béotiens, ces reportages sont l'occasion de remonter le temps, de se pencher sur notre passé, entre petite et grande histoire, sur des lieux empreints de symboles.

Les Pyrénées offrent à chaque pas des sites pittoresques et sauvages d'une variété étonnante, rappelant assez le merveilleux pays d'Écosse, les Highlands chantés par le célèbre romancier Walter Scott. La vallée du Vicdessos est incontestablement la plus remarquable, la plus pittoresque des vallées ariègeoises. Dominée par la masse imposante du Montcalm, au sommet éternellement neigeux, elle offre de tous côtés des villages, des ruines pleines de souvenirs historiques qui émergent des pentes boisées ou se dressent fièrement sur des sommets presque inaccessibles.

carte Miglos 01

Comme je dis toujours, une carte pour bien situer le sujet, est apprécié par le lecteur

carte Miglos 02

Zoom sur le secteur, afin de bien repérer les petits villages qui sont cités dans le texte et qui font aussi parties de l'histoire de la baronnie de Miglos

A mi-chemin environ de Tarascon-sur-Ariège à Vicdessos, dans le petit village de Capoulet, où s'élevait jadis une maison des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, on trouve, à gauche, une route étroite, conduisant au village d'Arquizat et dans la vallée de Miglos. Personne ne se douterait que derrière ce rocher abrupt de 750 mètres de haut, d'où le château de Miglos commande toute la gorge du Vicdessos, s'ouvre un frais et gracieux vallon, semé de fermes et de hameaux, et qui constituait au moyen-âge une des plus importantes seigneuries du haut comté de Foix.

armoirie de la baronnie de miglos originale

armoiries originales de la baronnie de Miglos

armoirie de Miglos

 

armoiries  de Miglos

chateau de Miglos panorama 019 La forteresse de Miglos telle que vous pouvez la voir, en arrivant par la petite route sur le site

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Zoom sur les ruines du château de Miglos

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A gauche, le côté inaccessible Nord / Ouest des ruines du château de Miglos, à droite un cliché pris du Nord / Est (photo d'Eric R.)

L'appellation de Miglos ou Miklos, dans la langue vulgaire, ne s'applique pas à un lieu déterminé mais à tout le territoire s'étendant de la vallée de Vicdessos jusqu'à l'Andorre et limité à l'Est et à l'Ouest par les montagnes de Château-verdun et le val de Siguier. L'étendue du territoire actuel de Miglos correspond à peu près exactement à celle de l'ancienne baronnie.

Miglos est le nom d'une vallée. Il faut savoir qu'aucun des villages de cette vallée ne s'appelle Miglos. Cinq villages sont regroupés dans la vallée et se répartissent ce territoire : Arquizat le village principal où se trouvent la mairie et l'église que l'on nomme "touristiquement" Miglos, puis il y a Norgeat, Norrat, Axiat et Baychon. En 1272 on trouve dans les archives "vallis de Milglos" ; et l'église d’Arquizato dite de Miglos dès 1080-1098.

Cette seigneurie avait une indépendance relative qui faisait de ses seigneurs de petits souverains. L'existence particulière de ce fief, par son autonomie, est extrêmement intéressante pour l'étude de la vie intime, des moeurs de ces populations pastorales à travers les siècles du moyen-âge. Car la majeure partie des titres relatifs à cette terre nous ont été conservés ;  quelques-uns sont originaux, les autres ont été transcrits au XVIIème siècle et réunis en un registre qui porte aux archives de l'Ariège série E, le titre de Cartulaire de Miglos. Ces documents abondent en renseignements curieux, ayant trait principalement aux droits de dépaissance dans les montagnes de Miglos, Siguier et Château-Verdun.

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Photo de gauche, le château vu côté Nord / Est, et à droite vu en venant du village d'Arquizat

867, date des premiers documents connus sur cette seigneurie, la vallée de Miglos relevait du comté de Foix.

L'étymologie de ce nom "Miglos", d'où vient-il ? On lit dans les chartes, Melglos, Milglos, vallis de Milglosio, et dans le langage vulgaire, on prononce Miklos, le nom de cette vallée. Il est opportun toutefois de faire remarquer que dans plusieurs chartes du moyen-âge, un certain nombre de d'habitants de cette vallée sont mentionnés avec le prénom de Melglos ; ce qui évidemment peut paraître étrange puisque l'on ne connaît aucun saint de ce nom. Serait-ce dans le pays, une dégénérescence du mot Melchior ?

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Différentes photos du donjon côté Nord / Est des ruines du château de Miglos

Dans le haut moyen-âge, les comtes de Foix avaient inféodé cette vallée à la végétation luxuriante, à une famille noble dont ils avaient probablement à récompenser les services. Ces chevaliers furent connus sous la dénomination  de Miglos qui devint le nom patronymique des premiers possesseurs de ce fief jusqu'au XIVème siècle. Réservé aux enfants mâles, par ordre de primogéniture, cet alleu, dans le temps, peut-être remis en question et revenir au suzerain naturel, le comte de Foix, qui en dispose en faveur de tel autre chevalier ayant ses faveurs. On le constate dans les recherches réalisées, que plusieurs chevaliers ou damoiseaux occupant des fonctions élevées soit à la cour du comte de Foix, soit dans l'administration de la province, ont pris possession de cette terre et du château.

- Au commencement du XIIème siècle, Wilhem Aton, qui restitua à Saint-Sernin de Toulouse l'église et le dîmaire (ensemble des habitations et des terres) de Miglos qu'il avait usurpé, était-il seigneur de la vallée en raison de l'inféodation reçue par lui ou son père du comte de Foix ?

- Brunet de Miglos, fils ou frère du précédent, recueillit ses droits sur la vallée. Plus tard, pour obtenir la rémission de ses péchés, il se donna un jeudi de mai 1165, à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et céda à l'hôpital de Capoulet (commanderie).

- Ses fils Pierre et Raymond de Miglos confirmaient en 1177, les libéralités que leur père avait faites à l'ordre de Saint-Jean. On sait que Pierre avait été témoin, en 1162, au pacte de mariage de Guilhem Arnaud de Marquefave avec la fille du comte de Foix, Roger Bernard.

- Arnaud de Miglos, probablement fils de Pierre, vivait dans les premières années du XIIIème siècle, il figure dans un acte en 1220.

En janvier 1213 le comte de Foix s'engageait à remettre le château de Miglos avec d'autres places, comme garantie de ses bonnes intentions à l'égard de l'église, entre les mains du roi d'Aragon qui s'était porté caution pour les comtes de Toulouse et de Foix.

En 1243 Arnaud de Miglos était toujours seigneur de Miglos.

Le catharisme et la guerre ensuite jetèrent Arnaud de Miglos en prison. Convaincu d'hérésie, à la suite de la chute de Montségur, en mars 1244, il ne fut pas déclaré faydit (proscrit) mais emprisonné à Carcassonne jusqu'en décembre 1248. Arnaud de Miglos avait en effet fourni des armes aux défenseurs de Montségur : frondes, balistes et arbalètes.

- Pierre de Miglos succéda à son père Arnaud. Le 29 novembre 1250, il fit abandon à l'abbé de Saint-Sernin des dîmes et prémices et de tous les droits auxquels il pouvait prétendre sur l'église Saint-Hilaire de Miglos.

Pierre laissa plusieurs enfants dont Pierre qui paraît avoir été l'aîné, Raymond et Arnaud qui furent damoiseaux (on les trouve témoins sur acte en 1301). Pierre l'aîné joua un rôle important dans deux circonstances différentes intéressant les habitants de la vallée et l'église de Miglos, en 1298-99 et en 1309.

chateau de Miglos 035 La D156 menant aux ruines du château de Miglos, ici le parking et l'aire de picnic 

- C'est vers 1310-1312 que disparaît, en quelque sorte, la descendance des premiers seigneurs de Miglos, pour faire place à une famille nouvelle, puissante et ayant les faveurs du comte de Foix.

Il ne faut pas oublier que nous sommes à ce moment là en plein réveil de l'hérésie albigeoise qui se produisit dans le comté de Foix vers 1312. Leurs biens ont-ils été confisqués par le tribunal de l'Inquisition ? Il y a tout lieu de le supposer.

En 1311, la seigneurie de Miglos entra dans la puissante famille des  d'Alion, ou de Son, ou d'Usson.

Le premier connu de ce nom est Bernard Ier, vicomte d'Evol, qui vivait au début du XIIème siècle et s'intitulait prince souverain de Donezan. Celui-ci, dans le comté de Foix, il possédait les seigneuries de Prades et de Montaillou. Son nom était originairement d'Alion du lieu de Monte Alionis.

Pour la petite histoire, le fils Bernard II épousa Esclarrmonde la sœur du comte de Foix.

Ce fut Guillaume d'Alion qui changea le nom d'Alion pour celui de Son, du château de Son dans le Donezan.

Bernard 1er ou Bernard de Son avait le titre de baron, régna sur Miglos jusqu'en 1331, il céda la seigneurie à son fils Jean qu'il gérera jusqu'en 1342.

Bernard de Son était aussi vicomte d'Evol et seigneur de Coursan, il était donc encore très occupé.

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Les ruines du château de Miglos en été 

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Les ruines du château de Miglos en automne

- Nouvelle époque, une nouvelle famille prend possession de la seigneurie de Miglos. En 1342 comment la puissante famille Rabat obtint Miglos ? Impossible de le préciser. La maison Rabat occupa au moyen-âge un des premiers rangs parmi la noblesse du pays de Foix, elle disparut vers le milieu du XIVème siècle.

Le chevalier Jourdain de Rabat devint seigneur de Miglos en 1342. Il mourut vers 1360, sans enfant mâle, laissant la seigneurie de Miglos à sa fille Brunissen de Rabat, sous la tutelle de noble chevalier Guilhem Arnaud de Château-Verdun. L'héritière de la baronnie de Miglos épousa quelques années plus tard  en 1380, un chevalier de la maison d'Ascnava ou d'Arnave, Guilhem-Bernard, descendant du chevalier de même nom, coseigneur de la place de Saverdun. Apparentée aux maisons de Foix et de Mirepoix, cette famille était une des plus riches du haut comté, où elle possédait des domaines considérables. Elle disparut au XVème siècle fondue dans la branche des barons d'Ornolac.

Les habitants de la vallée comme d'habitude ont subi d'énormes rigueurs pendant toutes ces périodes et à chaque changement de seigneurs les redevances étaient de plus en plus lourdes.

Guilhem-Bernard d'Arnave meurt vers 1410. La baronnie de Miglos passa alors, dans les domaines de la maison de Béon dont une branche était fixée dans le pays de Foix sous le nom de Béon de Massez. Cette famille du Béarn était originaire de la terre de Béon, dans la vallée d'Ossau.

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Une vue côté Est des ruines du château de Miglos mis en valeur par le soleil couchant

- Guilhem Arnaud de Béon pris possession de la seigneurie de Miglos dés les premières années du XVème siècle. Il était le conseiller de Jeanne d'Aragon, comtesse de Foix et de Bigorre. Entre 1410 et 1420, il épousa Marguerite, fille de Jean de Foix 1er, seigneur de Rabat. Guilhem Arnaud de Béon mourut vers 1450. De son mariage, il eut une fille, Catherine, qu'il institua héritière de la seigneurie de Miglos, qui fut mariée à un noble, Manaud de Louvie et mourut sans enfants. En août 1451, Manaud de Louvie assistait au siège de Bayonne accompagnant Gaston IV de Foix dans cette expédition.

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Le soleil de fin d'hiver est encore bas sur l'horizon, ses rayons rasants éclairent le château de Miglos

- Manaud de Louvie et sa femme Catherine de Béon, prirent possession de la seigneurie de Miglos le 3 octobre 1454 exactement. A cette époque la seigneurie comptait cinq villages : Baychon, Arquisat, Nourgeat, Axiat et Nourrat. Catherine de Béon possédait aussi le château dit Lamotte à Tarascon sur Ariège.

Chaque période connut des difficultés entre le seigneur et ses gens à l'occasion des prélèvements des redevances. Manaud de Louvie se montra à ce sujet plus loyal et plus libéral que tous ses prédécesseurs. Les seigneurs de Miglos prélevaient aussi un droit sur les marchandises que les Andorrans transportaient en France en traversant le territoire de la baronnie.

Il est vrai qu'aux premiers temps du moyen-âge, les chevaliers, seigneurs de vastes domaines, ne possédaient qu'un bien mince pécule, et ils devaient souvent avoir recours aux riches maisons religieuses, et plus tard à la bourgeoisie, pour se procurer les deniers nécessaires, soit à leurs entreprises, soit à l'entretien de leurs maisons. Sans doute, les seigneurs baillaient en emphytéose (bail de longue durée) les terres de leurs domaines qu'ils ne pouvaient directement cultiver ; mais la redevance à laquelle était tenu le preneur ne consistait, le plus souvent, qu'en rentes en nature et en quelques deniers. Les vassaux étaient soumis à des taxes pour cultiver les parcelles de terre des seigneuries ce qui faisait quelques subsides.

Manaud de Louvie en 1494 vivaient encore il était âgé de 77 ans. Le couple mourut sans enfants.

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Le côté Nord le château de Miglos dans la brume du petit matin en été

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Le côté Nord / Est des ruines du château de Miglos émergeant de la brume en automne 

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Le côté Nord / Est des ruines du château de Miglos

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Le côté Est des vestiges de Miglos, cette photo lui donne un côté mytérieux !

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La tour carrée Ouest du castrum de Miglos

- La seigneurie de Miglos passa alors par substitution dans une branche collatérale de la maison de Béon. Un jeune seigneur, petit neveu de Guilhem Arnaud de Béon, prit possession de la baronnie de Miglos en 1510, il s'appelait Pierre de Béon, vicomte de Sére, marié à Jeanne de Foix. Eux aussi moururent sans enfants.

 

- On trouve en 1530, Jean de Béon administrateur des biens de son fils mineur Sébastien de Béon, seigneur et baron de Miglos (probablement neveu de Pierre de Béon).

Sébastien de Béon épousera  vers 1550 Marie Isalguier, fille de Bertrand, baron de Clermont. Il mourut peu de temps après, ne laissant qu'une fille, Marguerite.

La veuve Marie Isalguier épousa en secondes noces le 20 août 1564, Jacques de Rochechouard de Barbazan, baron de Faudoas et de Montégut.

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Panorama du château de Miglos, photo HDR  pour (High Dynamic Range) qui consiste à jouer sur les différences de luminosité, contre-jour, surexposition

- Marguerite de Béon, fille de Sébastien de Béon fut unie vers 1570-1575, à un noble Bernard de Goth, seigneur de la Motte-Bardinges, du Montet et de Salignac. Le couple fut en possession de Miglos en 1579. Le 3 juin 1579, les principaux habitants de la seigneurie de Miglos furent assemblés sur la place publique du lieu, afin de leur faire connaître les règles et usages, confirmer les privilèges déjà établis, les impôts et l'organisation de la seigneurie de la vallée. Tout ceci est mentionné devant le notaire de Tarascon (pièce conservée aux archives de l'Ariège). L'acte révèle l'état misérable des habitants de la vallée qui, pour entretenir leur famille, ne pouvaient vendre plus de deux charges d'âne de bois pris dans les forêts seigneuriales.

Bernard Goth sur le point de quitter son château pour rejoindre l'armée fit son testament le 26 juin 1589. Celui-ci mourut peu de temps après dans la lutte que soutenait Henri de Bourbon contre l'armée de la Ligue pour la conquête du trône de France.

Sa femme Marguerite de Béon mit au monde une fille peu après son départ pour l'armée.

Marguerite de Béon convola en secondes noces le 7 février 1595 avec Joseph-François de Montesquiou seigneur de Sainte-Colombe, de Gélas et du Périer, chevalier conseiller du roi.

Pour info : un membre de cette branche des Montesquiou avait tué le prince de Condé à Jarnac en 1569.

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Le donjon, côté Est du château de Miglos

- Marguerite, alias Miramonde de Goth, dame de Miglos, fille posthume de Bernard de Goth, épousa au début du XVIIème siècle, un noble, François de Montaut-Labat. Voilà donc encore la terre de Miglos changeant de seigneur, faute d'héritier mâle susceptible de perpétuer le nom des premiers possesseurs. Cependant, cette branche de l'illustre famille des Montaut conserva le fief de Miglos jusqu'à la Révolution. La maison de Montaut soutint, au moyen-âge, la cause du comte de Toulouse contre les barons de France. La plupart de ses domaines, à la suite de la croisade, furent vendus au comte de Foix.

Nous savons peu de choses sur les Montaut, seigneurs de Miglos. Ils durent abandonner le vieux château féodal, devenu à cette époque une demeure bien incommode, et firent construire à l'entrée du village d'Arquizat, au-dessous du rocher qui supporte les anciennes murailles, une habitation plus vaste, mieux appropriée aux mœurs et aux goûts du temps. Ce bâtiment fut en partie détruit par un incendie au début du XVIIIème siècle. Ce qu'il resta fut transformé ensuite en ferme.

François de Mautaut 1er mourut jeune, laissant la baronnie de Miglos à son fils François de Montaut II qui épousa Marguerite de Montron d'Escouloubre. Ils eurent neuf enfants dont l'aîné, Louis-Alexandre de Montaut, marié à N. du Faur de Saubiac, fut baron de Miglos vers 1640.

Les Montaut se succédèrent ainsi jusqu'à la Révolution, Jean-Louis de Montaut baron de Miglos, épousa, en 1769, N. de Combettes-Caumont. Il fut le dernier seigneur de Miglos.

Miglos par Franc Bardou

Le côté Est de l'ensemble des ruines du château de Miglos, avec au fond le Pic du Far enneigé altitude 1925m 

Miglos par Denis Cointepas

La vision des ruines de Miglos quand vous arrivez de Niaux par la D156

Le dernier baron de Miglos assista à toutes les phases de la Révolution. Il eut même un différent avec les habitants, relatifs au paiement de certaines redevances, en 1791, après l'abolition des privilèges et des droits seigneuriaux. Certains seigneurs des Pyrénées qui ne pouvaient admettre une modification aussi profonde dans les institutions, se refusaient à reconnaître la force d'une loi les privant de privilèges dont ils avaient de tout temps joui.

 

Le baron de Miglos, dénoncé comme aristocrate dangereux, fut arrêté et conduit à Paris, où il périt sur l'échafaud avec tant d'autres infortunées victimes.

Suite aux ordonnances de Charles X, en 1830 des évènements se produisirent, les habitants se ruèrent sur le château où il fut pillé, en partie incendié, et les bois et les terres n'échappèrent pas non plus à la rage dévastatrice des habitants.

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DESCRIPTIF DU CHÂTEAU DE MIGLOS

Au sommet d'un rocher inaccessible de toute part, excepté au Sud, du côté du village d'Arquizat Ce château féodal de Miglos, qui dresse fièrement ses imposantes ruines en un point stratégique de la vallée de Vicdessos, entre Niaux et Capoulet, défendait au moyen-âge une grande partie de la contrée.  Du pied de ses murailles jaunies par le temps, on découvre, une vue aussi pittoresque que grandiose sur la vallée de Vicdessos.

Le site avait été admirablement choisi pour une construction de ce genre. Le donjon, qui surveillait la longue route de Tarascon à Vicdessos, défendait aussi l'accès de la vallée de Miglos et concourait même par sa position à la défense de tout le pays. La plate-forme qui supporte les restes du château mesure 100 mètres de long sur 25 ou 30 mètres de large.

plan des ruines du chateau de miglos datant de 1890

plan des ruines du chateau de Miglos datant de 1890

plan coté des ruines du chateau de Miglos

plan des ruines du chateau de Miglos relevé récemment

chateau de Miglos 009 Le côté Sud/Est de l'ensemble des ruines du château de Miglos, avec le donjon à droite 

L'enceinte fortifiée dans laquelle était compris le château proprement dit est de forme elliptique et entoure tout le sommet du rocher. On découvre ça et là quelques substructures qui permettent d'en suivre le développement. L'entrée du château devait se trouver au Sud, à l'un des points les plus escarpés. Deux énormes blocs de maçonnerie indiquent seuls aujourd'hui l'emplacement de cette porte étroite. Les murailles côtés Nord/ Ouest et Nord/Est sont encore debout ; les bâtiments qui s'élevaient au midi et au Sud/Ouest ont totalement disparu. Des amas de pierre remplacent aujourd'hui les dépendances du château qui devaient être  séparées de l'habitation du seigneur par une cour intérieure. Les toits et les étages des bâtiments ont depuis longtemps croulé. Les murs n'offrent plus aux regards que de béantes crevasses. Le donjon situé à l'Est semble avoir défendu l'entrée de cette demeure féodale. Haut de 20 mètres environ, de forme plutôt barlong que carré puisqu'il mesure 4,50 m sur deux de ses côtés et de 6,00 m sur les autres, ses murs épais sont construits avec la pierre de la contrée. On remarque un agencement irrégulier des matériaux, ce qui permet de dire que le donjon a dû être repris depuis la moitié de sa hauteur environ jusqu'au faîte. L'étage supérieur était ajouré au Nord/ Est, au-dessus du chemin de Baychon, par une fenêtre ogivale trilobée qui se voit encore. A l'examen de la partie intérieure, il est aisé de voir que deux étages au moins y avaient été aménagés. Un escalier pratiqué au dedans, aujourd'hui disparu, devait y conduire, puisqu'il n'existe aucun vestige de tourelle extérieure appliquée au donjon et portant les degrés pour permettre l'accès aux étages supérieurs.

chateau de Miglos 020   chateau de Miglos 014

Les restes du donjon de Miglos

  chateau de Miglos 025   chateau de Miglos 038

Contigüe au donjon s'ouvrait une vaste salle de 15,00 m de long. Le mur oriental était percé de cinq meurtrières destinés à protéger ce côté du château facile d'accès. Des trous apparents à mi-hauteur des murs laissent à penser qu'il existait un second étage aujourd'hui effondré. Il en est de même de la salle voisine, sise au Nord, longue de 9,50 m sur 5,20 m de large. On y remarque dans le sens de la longueur, une large cheminée dont le mur est renforcé extérieurement par deux contreforts.

La tour occidentale, qui n'atteint que 15,00 mètres de haut, est encore de forme barlongue, mesurant intérieurement sur ses faces 2,60 m et 5,00 m. De même que le donjon, elle ne porte que des créneaux droits sans mâchicoulis. Il y a une salle inférieure, qui devait être autrefois au niveau du sol de la cour intérieure, elle n'a aucune ouverture, elle devait servir de prison.

La partie méridionale du château étant complètement ruinée, il est bien difficile de reconstituer l'édifice et de lui rendre l'aspect qu'il avait aux siècles passés.

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Merci à Jean-Michel Fauré qui fait parti de l’Association des " Amis du Château de Miglos " (A.A.C.M.) pour ces magnifiques photos des vestiges du château prisent sous la neige

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chateau Miglos neige 047


chateau de Miglos 044

Cette photo a servi à réaliser l'affiche pour la veillée au château de Miglos en août 2011, merci à Jean-Jacques Pujol de me l'avoir adressée ainsi que la photo ci-dessous.

chateau de Miglos 045

Une prise de vue du village de Lapège sur la vallée de Miglos. On aperçoit le donjon du château à gauche du village d'Arquizat

A quelle époque remonte la construction du château ? Au premier abord, il paraît rationnel d'admettre qu'il fut bâti au XIVème siècle, car un texte datant de 1320, mentionne le refus opposé par les vassaux au seigneur de faire le charroi au château de Miglos. Ce qui porte à croire que le château était déjà bien là à cette époque, le seigneur étant Bernard de Son. Cette forteresse existait dés le milieu du XIIème siècle, Pierre de Miglos figurant parmi les seigneurs rendant hommage au comte de Foix le 14 janvier 1160. On trouve aussi, le "castro de Miglos" est cité en 1272 dans une enquête sur la délimitation du comté de Foix.

02 chateau de Miglos ariège 1910

Photo intéressante du Château de Miglos en 1910, remarquez que les montagnes sont dénudées à cette époque, du fait de l'utilisation intensive du bois, pour se chauffer, cuisiner et construire.

C'était un sentier rocailleux qui menait au château et au village de Miglos à cette époque, on l'aperçoit sur la droite.

04 Miglos en 1900

En voici une autre datant de 1900

A Miglos, pas de mâchicoulis, la défense devait être organisée au moyen de hourds, sorte d'échafaudages ou balcons de bois, d'où les hommes d'armes pouvaient jeter sur les assaillants des projectiles de toute sorte. Plus tard, au XIVème siècle, ces hourds, que l'ennemi avait la faciliter d'incendier, furent remplacés par des mâchicoulis et les encorbellements en pierre.

Du sommet du donjon, on communiquait aisément, par signaux, avec le château de Quié, que l'on apercevait au Nord, dominant Tarascon et au Sud/Ouest avec la tour carrée d'Olbier, sorte de poste avancé de l'enceinte fortifiée dite de Montréal, au-dessus de Vicdessos.

 

Pendant la Révolution, le château déjà ruiné depuis plus d'un demi-siècle sera la proie des flammes. Je rappelle qu'à cette époque, le baron Jean-Louis de Montaut et sa famille habitaient une vaste demeure sise à l'entrée du village d'Arquizat, côté Capoulet.

08 Village d'Arquizat près de Miglos en 1955

Le village d'Arquizat proche du château de Miglos en 1950

03 Miglos en 1950 Une belle carte postale du château de Miglos datant des années 1950

Le château sera définitivement mis à sac lors des évènements de 1830. Obligé de s'enfuir, le propriétaire Jean-Louis Hyacinthe de Vendomois qui avait épousé   l'héritière des Montaut de Miglos vendra tous les biens qu'il possède à Miglos, aux habitants de cette commune.

Actuellement les ruines médiévales appartiennent au Conseil Général de l'Ariège. Elles ont été classées parmi les monuments historiques le 22 septembre 1987.

Une association s'est aussi créée, elle s'est fixée pour objectif de sauvegarder ces vestiges et mettre le site en valeur : l'Association des Amis du Château de Miglos, siège social : Mairie - 09400 Miglos.

Le site a besoin d'être mis en sécurité, des travaux de consolidation des murailles sont nécessaires. Actuellement vous ne pouvez pas approcher les murs, des chutes de pierre sont toujours possibles (voir la photo ci-dessous).

chateau de Miglos 042

Voici une liste chronologique des seigneurs de Miglos du XIIème au XVIIème siècle :

1108 - 11.. - Wilhem Aton

1165 - .... - Brunet

1177 - .... - Pierre et Raymond

1220 - 1250(?) - Arnaud

1250 - 12.. - Pierre, fils d'Arnaud

1298 - 1310 - Pierre, Raymond et Arnaud, les fils de Pierre.

1311 - 1331 - Bernard de Son

1331 - 1342 - Jean de Son, fils de Bernard

1342 - 1360 - Jourdain de Rabat

1360 - 1380 - Brunissen de Rabat, fille de Jourdain de Rabat

1380 - 1410(?) - Guilhem Bernard de Rabat, mari de Brunissen de Rabat

1410 - 1450 - Guilhem Arnaud de Béon, épouse Marguerite de Foix-Rabat

1450 - 1492(?) - Manaud de Louvie, mari de Catherine de Béon, fille de Guilhem Arnaud de Béon

1510 - 1530 - Pierre de Béon, vicomte de Sère, mari de Jeanne de Foix

1530 - 1563 - Sébastien de Béon, probablement neveu de Pierre de Béon

1563 - 1570 - Marguerite de Béon, fille de Sébastien de Béon

1575 - 1589 - Bernard de Goth, mari de Marguerite de Béon

1590 - 1610 - Marguerite ou Miramonde de Goth

1610 - ....  - François de Montaut-Labat, mari de Marguerite de Goth.

 

Sachez que l'hymne à l'Ariège a été composé par l'abbé Sabas Maury (1863-1923) originaire d'Arquizat ; curé d'Arquizat en 1890  et de Norgeat en 1901 puis curé honoraire de Varilhes où il décéda.

 

Je vais vous présenter quelques photos vous montrant le point de vue magnifique que l'on a sur la vallée de Vicdessos et ses environs :

chateau de Miglos 017 Julie n'est pas rassurée sur la table d'orientation du site du château de Miglos

chateau de Miglos 030 Sur celle-ci l'horizon est un peu bouché mais je vous la mets quand même, car elle a son charme

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Dans la direction Nord / Ouest vous apercevez le petit village haut perché, de 35 habitants, Lapège à 1000m d'altitude

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Zoom sur le petit village haut perché de Lapège

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Au fond le Pic du Far 1925 m

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En contre-bas du château de Miglos plein Ouest, la vallée de Vicdessos s'étale devant vous, avec ici, le village de Capoulet et Junac

Le point culminant le plus à gauche c'est le pic Rouge de Bassiès 2076 m

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Zoom sur le petit village de Junac

Lapege

Le village de Lapège accroché à flanc de montagne

Lapege en hiver

Le village de Lapège endormi sous la neige

la vallée Vicdessos a Niaux La vallée de Vicdessos à Niaux

village de miglos

Le village d'Arquizat dans la vallée de Miglos

chateau de Miglos 010

Le clocher de l'église Sain-Hilaire du petit village tranquille d'Arquizat

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Le clocher de l'église Saint-Hilaire d'Arquizat

Vue de Miglos et d'Arquizat depuis Lapège

Photo prise du village de Lapège, on aperçoit le castrum de Miglos à gauche et le village d'Arquizat

05 Miglos en 1900

Le village d'Arquizat en 1900 

06 Miglos en 1900

Une vue générale du village d'Arquizat en 1900 dans la vallée de Miglos

07 Miglos en 1900

Le forteresse de Miglos en 1900

01 Capoulet près de Miglos en 1920

Le village de Capoulet dans la vallée de Vicdessos en 1920, on aperçoit le château de Miglos en haut

chateau de Miglos 040

Le château de Miglos à la sortie de l'hiver, en face, on aperçoit le village de Lapège, 35 habitants( altitude de 1000m environ) chateau de Miglos 004

On quitte le château de Miglos, et si ce reportage vous a plu j'en serais ravi, un autre tout aussi intéressant va suivre ...

 

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 03:00
bandeau-HISTOIRE.jpg bandeau chateau de Foix pour le site

Voici la dernière et  3ème partie ... suite de l'histoire des Comtes de Foix et de leur château prestigieux :

 

Vers la fin du Premier Empire, d'abord en octobre 1811, puis en février 1812, les Espagnols franchissent la frontière, brûle le village de Mérens, rançonnent Ax-les Thermes et poussent leur avant-garde jusqu'à Tarascon sur Ariège. Une invasion plus redoutable était à craindre. On songe à mettre le château en état de défense et à en évacuer les prisonniers.

gravure du chateau de Foix de 1888bis Une gravure du château de Foix datant de 1888 (Bibliothèque Nationale de Toulouse) 

paysanne de la vallée de l'Ariège Foix 1830-1832bis

Gravure d'une paysanne de la vallée de l'Ariège Foix 1830-1832 (Bibliothèque Nationale de Toulouse) 

C'est aussi en 1811, que l'empereur Napoléon Ier légua le bâtiment au département, dans un souci d'économies.

Jusqu'en 1862, rien à signaler dans la situation de l'édifice. Ce fut dans le courant de cette année-là que la prison fut transférée hors ville, dans les constructions élevées sur la rive gauche de l'Ariège.

Dès 1865, on se demande ce que l'on pourra bien faire du château, auquel on veut laisser le caractère de monument historique, on en réclame même le classement, sans se douter que cette formalité a été remplie près de trente ans auparavant.

Le château menaçait ruine et c'est seulement en 1882, que Paul Louis Boeswillwald (1844-1931), l'architecte qui a remplacé Viollet-le-Duc à la Cité de Carcassonne fut chargé de préparer un projet de restauration, qui débouchèrent sur des travaux en 1887.

vue aerienne de foix

j'ai pris de l'altitude pour vous situer le château par rapport à la vieille ville de Foix

vue aerienne charlélie continho 2007

Vue aérienne de la vieille ville de Foix au pied du château prise par Charlélie Coutinho en 2007

Foix vu du Chateau 2010 Les toits de cette bonne vieille ville de Foix vus du castel

Descriptif du château :

 

La ville de Foix se situe à une altitude de 394 mètres.

Le château de Foix subsiste en excellent état car il n'a jamais été abandonné depuis sa construction jusqu'à nos jours. Certes il a subit quelques décrépitudes réparées depuis, du fait qu'il a servit de caserne au XIVème siècle et de prison au XVIIIème siècle.

Les fondations du château de Foix datent du XIème siècle.

La forteresse d'aujourd'hui n'a pas grand-chose à voir avec le château de l'an Mil. Il est  difficile de connaître son architecture au cours du Moyen-Âge car les informations dont on dispose sont très peu nombreuses et peu précises. A l'origine, le château devait être constitué, d'une tour centrale, d'un donjon à l'emplacement de la tour couverte d'un toit et le tout entourée d'une enceinte courant sur la bordure du rocher et le long des falaises. Un sceau des comtes de Foix de la fin du XIIème siècle nous est parvenu intact, on y voit un château très symbolique, avec deux tours carrées ainsi qu'un bâtiment reliant ces deux tours maîtresses.

Dans la seconde moitié du XIIIème siècle, on éleva la barbacane de Fouichet, les ouvrages avancés du côté de l'Arget, une partie de la seconde enceinte et on renforça la tour Nord.

Suivant les architectures, la tour couverte paraît être un édifice des XIème et XIIème siècles, tandis que celle du centre a été entièrement reprise au XIVème siècle. Il ne subsiste presque rien des vestiges antérieurs. En effet, c'est au milieu de XIVème siècle que la tour du centre a été transformée et ornée pour servir d'habitation. Les clefs de voûte portent encore les armoiries de Comminges, qui étaient celles d'Éléonore, mère de Gaston.

La construction de la tour ronde est plus tardive, puisqu'elle fut terminée avant le milieu du XVème siècle. Celle-ci est haute d'une trentaine de mètres et d'un diamètre de 12,45 mètres et c'est aussi à cette période que fut réalisé le crénelage des deux autres. Cette tour ronde a été érigée dans le but de souligner le prestige des comtes de Foix. Depuis le début du XIVème siècle, ceux-ci résident habituellement en Béarn (région de Pau et d'Orthez), vicomté acquise par mariage.

Au XVIème siècle les trois tours étaient couvertes de tuile

En 1667, la toiture de la tour ronde fut détruite par la foudre et remplacée par une toiture de forme surbaissée.

Foix 26 1980

On parvient actuellement au château par un chemin, dont les rampes se développent au Nord et à l'Est sur les flancs abrupts du rocher, cette voie d'accès a été établie vers 1825. Après avoir franchi un guichet, de style néo-gothique dans le goût de 1830, le chemin, dont la pente devient de plus en plus raide, débouche sur un plateau de forme ovale, presque uni, et n'offrant de ressauts que sur les bords. Un mur, refait à diverses époques, soutient  les terres et forme une première enceinte, sur laquelle s'appuyaient plusieurs constructions indépendantes.

Le monument est orienté du Nord-Ouest au Sud-Est. Sur le grand axe du plateau se dressent deux tours carrées, couronnées de créneaux et de mâchicoulis, elles sont reliées par un bâtiment à un seul étage supportant une terrasse, que ne déshonorent plus aujourd'hui des constructions parasites. La plus petite tour, dite tour du Nord, est surmontée d'une couverture en ardoises, sur laquelle est planté le beffroi de l'horloge, la tour du centre, plus massive, est terminée par une plate-forme, à l'extrémité du plateau, au Midi, s'élance une élégante tour ronde, constituant le donjon.

Dans la tour ronde, on peut voir beaucoup d'inscriptions datées, gravées dans la pierre du château, rappelant le séjour des détenus ou des soldats, quelques-unes  remontent au commencement du XVIIème siècle. Je ne sais pas si ces graffitis historiques ont été photographiés et répertoriés, car il y en a de très intéressant.

La pierre, qui est un grès à gros grains, rendait difficile le tracé des caractères.

La chapelle, elle devait occuper l'étage inférieur de la tour ronde, dont l'aménagement et la décoration ne semblent pas destinés à un cachot.

Foix 11 1960

La barbacane de Fouichet que l'on aperçoit ici au pied de la tour Ronde du château de Foix, photo datant des années 1960

Enceinte du château - Barbacane de Fouichet

Si l'on veut bien se rendre compte de toute l'importance stratégique du château de Foix, il est nécessaire de ne pas négliger l'étude des ouvrages élevés sur divers points pour défendre les approches que la nature du terrain ne protégeait pas suffisamment. Les travaux, d'époques différentes, témoignent des progrès accomplis successivement dans l'art des ingénieurs militaires. Aussi doit-on regretter que, pendant le cours de la restauration, on n'ait pas mieux respecté ces curieux spécimens de fortifications du Moyen-âge.

Le haut des tours reste accessible, offrant un très beau panorama sur la ville de Foix qui est une authentique cité de montagne.

Le château est très peu meublé, mais on peut toujours imaginer que les intérieurs des salles étaient crépies et peintes, recouvertes de tentures, vivantes, meublées et peuplées des ombres des comtes de Foix. Par contre, le bâtiment reliant les tours abrite le musée de l'Ariège où sont présentées de riches collections d'art médiéval et d'art populaire.


* Note au sujet de Simon de Montfort

Simon de Montfort est l'une des figures les plus controversées du Moyen-Âge. Chevalier à la bravoure incontestable, bon tacticien, l'homme a laissé à l'histoire le souvenir cruel de l'Inquisition dirigée contre les "ennemis de l'intérieur", hérétiques cathares et albigeois dénoncés par le Saint Siège dans le comté de Toulouse et les principautés voisines. Montfort, qui a pris la croix en 1209, ne vit que les neuf premières années de cette guerre qui devait en durer vingt : il mourut sur le coup  le 25 juin 1218, la tête fracassée par un boulet de mangonneau, alors qu'il assiégeait Toulouse. Mais ces neuf années auront compté : face à des adversaires infiniment supérieurs en nombre, il déploya à l'échelle de tout le pays une stratégie de conquête d'une redoutable efficacité.

portrait de simon de montfort par françois louis hardy de Portrait de Simon de Montfort peint par François Louis Hardy de Juinne en 1781

Pendant la conquête de Simon de Montfort, ceux qui prêtent hommage aux chevaliers croisés sont épargnés et ne perdent que leurs biens, les seigneurs qui résistent étant massacrés. Les hérétiques, eux, sont brûlés, ou subissent les pires sévices. En 1210, à Bram, Simon de Montfort fait crever les yeux et couper le nez à une centaine de défenseurs de la place. A l'un d'entre eux, on ne crève qu'un oeil et on lui laisse la charge de conduire ses compagnons de misère vers le castrum de Cabaret, qui résiste encore. Toujours en 1210, notre homme déplore la mort des 140 hérétiques brûlés à Minerve. En 1211, à Lavaur, Simon de Montfort fait brûler 400 hérétiques et pendre 60 chevaliers rebelles, la potence ayant cédé sous leur poids, il faut finir la besogne en les égorgeant. mais Simon de Montfort a plus brûlé de cathares en deux ans de croisade que l'Inquisition en un siècle, les résistants croisés surent, eux aussi, employer contre leurs ennemis les sévices qu'ils ont eux-mêmes subis. Eux aussi se mettent, par exemple, à envoyer les cadavres dépecés de leurs prisonniers, à l'aide d'une catapulte, dans le camp ennemi pour contaminer leur eau potable.

En effet, rien ne put faire obstacle à ses desseins, pas même d'ailleurs le pape Innocent III, qui, à maintes reprises essaya de tempérer les ardeurs de ce conquérant trop zélé. Avec la bénédiction de l'Église, il est vrai, il mit à mort plusieurs centaines d'hommes et de femmes hérétiques, fit pendre ou égorger les chevaliers insoumis quand il ne suppliciait pas lui-même ceux qui l'avaient trahi. Simon de Montfort est inhumé en juillet 1218 dans la cathédrale de Carcassonne, où il repose encore.
sceau de simon de montfort 1211 Le sceau de Simon de Montfort le représentant à cheval soufflant dans son cor 

La question cathare n'est pas résolue avec la victoire catholique de 1229 et la signature du traité de Meaux, car les hérétiques,  soutenus par une grande partie de la population, entrent dans la clandestinité. L'église romaine doit trouver un autre moyen de répression : ainsi naît la Sainte Inquisition, dont les tribunaux mettent néanmoins près d'un siècle à éradiquer le catharisme, qui ne disparaîtra complètement qu'au XIVème siècle. Les registres de l'Inquisitions montrent qu'en 1322 il existait encore des cathares, pour la plupart de pauvres paysans illettrés, hommes et femmes, répétant des formules vidées de leur contenu. Mais les Inquisiteurs ignorent la pitié. On ne peut évaluer avec précision les pertes humaines provoquées par la tragédie cathare. On peut estimer le nombre de morts à un million si l'on en juge par le génocide vendéen de 1793, un chiffre probablement inférieur à la réalité.

Ce n'est pas parce qu'on a éradiqué le catharisme que l'Occitanie a cessé d'exister ; elle est demeurée un façon de vivre qui repose sur deux mille ans d'expérience !

arrivée de gaston de foix et de son fils à Mauvezin en 13

Arrivée de Gaston Fébus de Foix et de son fils à Mauvezin en 1379

document Bibliothèque de Toulouse Interrogatoires subis pa document de la Bibliothèque de Toulouse : Interrogatoires subis par des hérétiques albigeois par devant frère  Bernard de Caux (inquisiteur de 1245 à 1253)

On connaît assez bien l'histoire de comtes de Foix car de nombreux documents sont parvenus jusqu'à nous et sont conservés précieusement dans nos bibliothèques nationales, en voici un exemple.

 

VOICI UN COMPLÉMENT AVEC LA LISTE DES COMTES DE FOIX

Afin de s'éclaircir les idées voici, l'imbrication de la généalogie des comtes de FOIX qui est relativement limpide.

La lignée de Foix-Carcassonne

Le comté de Foix est à l'origine un territoire du comté de Carcassonne détaché par le comte Roger Ier le Vieux en faveur de son fils cadet Bernard-Roger.

Bernard-Roger : comte de Foix, comte de Couserans (1012-1034) fils du précédent, épouse Gersende, comtesse de Bigorre

Roger Ier de Foix : comte de Foix (1034-1067) fils du précédent, épouse, c'est sans certitude, avant 1049 Garcende de Béziers, (aucun élément pour le confirmer).

Roger II de Foix : comte de Foix (1067-1124) neveu du précédent, épouse Stéphanie, dame de la Marche

Roger III de Foix : comte de Foix (1124-1148) fils du précédent, épouse Ximène de Barcelone

Roger-Bernard Ier de Foix dit le Gros : comte de Foix (1148-1188) fils du précédent, épouse Cécile de Béziers

Raimond-Roger de Foix : comte de Foix (1188-1223) fils du précédent, épouse Philippa de Moncade

Roger-Bernard II de Foix le Grand : comte de Foix (1223-1241) fils du précédent, épouse Ermesande de Castelbon

Roger IV de Foix : comte de Foix (1241-1265) fils du précédent, épouse Brunissende de Cardonne

Roger-Bernard III de Foix : comte de Foix (1265-1302) fils du précédent, épouse Marguerite, vicomtesse de Béarn

Gaston Ier de Foix-Béarn : comte de Foix, vicomte de Béarn (1302-1315) fils du précédent, épouse Jeanne d’Artois

Gaston II de Foix-Béarn : comte de Foix, vicomte de Béarn et Lautrec (1315-1343) fils du précédent, épouse Eléonore, comtesse de Comminges

Gaston III Febus de Foix-Béarn : comte de Foix, vicomte de Béarn et Lautrec (1343-1391) fils du précédent, sans postérité légitime, épouse Agnès de Navarre

Mathieu de Foix-Castelbon : comte de Foix, vicomte de Béarn et Castelbon (1391-1398) petit-neveu du précédent (arrière petit-fils de Gaston Ier de Foix-Béarn), épouse Catherine de Coarraze


La lignée de Grailly

Bien qu'issus de la maison de Foix, les Foix-Grailly ont abandonné les noms et armes des Foix-Grailly au profit de Foix-Béarn. En fait, la sœur du dernier Foix-Béarn, Isabelle de Foix (vicomtesse de Castelbon) marie Archambaud de Grailly. Les Foix-Grailly sont donc indifférenciés des Foix-Béarn car ils constituent la seconde dynastie des comtes de Foix.

Isabelle de Foix-Castelbon : comtesse de Foix, vicomtesse de Béarn et Castelbon (1398-1412) sœur du précédent, épouse Archambaud de Grailly

Jean Ier de Foix né Jean de Grailly : comte de Foix et de Bigorre, vicomte de Béarn et Villemur (1412-1436) fils de la précédente, épouse Jeanne d’Albret

Gaston IV de Foix-Béarn : comte de Foix et de Bigorre, vicomte de Béarn, Nébouzan, Villemur et Lautrec, pair de France (1436-1472) fils du précédent, épouse Éléonore I ère de Navarre, reine de Navarre

François-Febus de Foix-Béarn : roi de Navarre, duc de Nemours, comte de Foix et Bigorre, vicomte de Béarn, Pair de France (1472-1482) petit-fils du précédent, sans postérité.

 

La lignée d'Albret

Désormais rois de Navarre, le titre de Navarre prévaut sur le nom originel de la maison.

Catherine de Navarre : reine de Navarre, duchesse de Nemours, comtesse de Foix et Bigorre, vicomtesse de Béarn (1470-1517) sœur du précédent, épouse Jean III d’Albret (1483-1516).

Henri II de Navarre : roi de Navarre, duc de Nemours et d'Albret, comte de Foix, Bigorre, Armagnac et Périgord, vicomte de Béarn et Limoges (1516-1555) fils de la précédente, épouse Marguerite d'Angoulême, sœur du roi de France François I er.

 

La lignée de Bourbon-Vendôme

Le comté de Foix sera intégré à la couronne de France en 1607 tandis que la vicomté de Béarn le sera en 1620.

Jeanne de Navarre : reine de Navarre, duchesse de Nemours et d'Albret, comtesse de Foix, Bigorre, Armagnac et Périgord, vicomtesse de Béarn et Limoges (1555-1572) fille du précédent, épouse Antoine de Bourbon, duc de Bourbon et Vendôme

Henri III de Navarre : roi de Navarre, duc de Bourbon, Vendôme, Nemours et d'Albret, comte de Foix, Bigorre, Armagnac et Périgord, vicomte de Béarn et Limoges (1572-1610) fils de la précédente, épouse Marguerite de Valois-Orléans, fille du roi de France Henri II.

 

Je vous présente maintenant toute une série de photos grand format sur la ville de Foix d'aujourd'hui et d'hier, vous allez apprécier si comme moi vous aimez ces magnifiques photos d'un passé proche et si lointain à la fois ...

chateau de Foix 005   chateau de Foix 04 en 1900

Photo de gauche prise place Lazema en 2010. La photo de droite date de 1900, prise du Cours Gabriel Fauré Allée de Villote, en face de la rue Saint Jammes. 

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Les rues piétonnes de Foix tranquilles un dimanche matin

chateau de Foix 012   chateau de Foix 013

C'est calme Foix le dimanche matin, très bien pour prendre des photos !

chateau de Foix 014   chateau de Foix 015

La photo de droite, c'est la rue du Rocher qui vous mène au château de Foix

chateau de Foix 134

Une photo particulière dans le style HDR (pour High Dynamic Range qui consiste à jouer sur les différences de luminosité – contre-jour) les deux tours Carrées du castel de Foix, la tour de l'Arget au premier plan

Rue 01 de Foix en 2010  Rue 02 de Foix en 2010

Toutes les rues paisibles de Foix ont une histoire

Rue 03 de Foix en 2010  Foix 21 rue de la bistour 1985

A gauche, encore une photo particulière dans le style HDR la rue Labistour. Photo de droite la rue et place de Labistour en 1985

Foix 22 église st volusien 1985  chateau de Foix 129

Photo de gauche, la place et l'église Saint Volusien en 1985. Photo de droite l'intérieur de l'église Saint Volusien de Foix en 2010

Des chanoines réguliers de Saint-Augustin prennent possession en 1104 d'une abbaye abritant les reliques de Saint Volusien. C'est alors que la construction d'une vaste église à trois nefs, comprenant un transept, est entreprise. Au XIVème siècle, le chevet roman est remplacé par un nouveau chœur de forme polygonale.
L'édifice est ruiné pendant les Guerres de religion ; les reliques sont brûlées. Les travaux de reconstruction sont entrepris à partir de 1609, et sont vraisemblablement achevés vers 1670 (voûte).
De l'église médiévale, il subsiste principalement le portail et la base des murs de la nef.
L'abbatiale abrite des grandes orgues Fermis (classées) qui viennent d'être restaurées. A voir absolument !

Son histoire : Une première église consacrée à Saint Nazaire semble avoir été construite au pied du château.

En 870, un acte du roi Charles le chauve, rappelant des textes de 849, parle de l’abbaye de Saint Volusien et de l’église construite en l’honneur du Martyr Saint Volusien.

Le 18 janvier 1112 est inaugurée l’église construite de retour de Roger II, Comte de Foix.

Vers 1300, agrandissement de l’église par le Comte Roger Bernard III.

En 1557 puis en 1580, au moment des guerres de religion catholiques-protestants, pillage de l’abbaye et de l’église Saint Volusien.

De 1609 à 1613, reconstruction de l’église.

En 1793, alors que l’abbaye a été sécularisée et ses biens vendus, le culte de la raison est instauré dans l’église Saint Volusien.

En 1804, un incendie ravage l’abbaye en épargnant l’église.

Depuis 1965, des travaux de restauration ont rendu à l’église Saint Volusien sa beauté. 

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L'orgue de l'église Saint Volusien

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Zoom sur les grandes orgues Fermis (classées) qui viennent d'être restaurées dans l'église Saint Volusien.

L'orgue actuel a été commandé à la maison Fermis en 1867 et réceptionné, le 15 août 1869.

Cet orgue comporte trois claviers et un pédalier et contient près de 2500 tuyaux. Il est classé monument historique depuis novembre 1997.

Un panneau descriptif est à votre disposition dans l’église, il vous expliquera l’évolution et l’organisation globale de cet édifice de style gothique méridional (1ère moitié du XIVème siècle). Il faut admirer les chapiteaux des piliers situés dans le chœur (et notamment les ours polychromes), la crypte (XIIème siècle), ainsi qu’à l’extérieur, le portail de l’entrée sud (XIIème siècle). A l’intérieur, de chaque côté du choeur sont disposées treize stalles acquises en 1804 à l'église Saint-Sernin et construites en 1670 pour le chapitre de Toulouse. La chaire avec ses accoudoirs présentent de belles sculptures de têtes humaines et de chèvres qui ne manquent pas d'humour. Aux miséricordes des angelots et des serpents, elle provient aussi de l’église Saint Sernin de Toulouse. 

Son saint Patron : D’une famille de l’aristocratie sénatoriale Volusien fut moine et devint en 488 évêque de Tours. Alaric, le roi des Wisigoths, après avoir repris la ville de Tours à Clovis, roi des Francs, le conduit en résidence surveillée dans la province de Toulouse. Saint Volusien est qualifié de martyre dans un texte de 870. Dès 1383, un texte écrit par Hugues, abbé du monastère de Foix raconte le martyre de Saint Volusien.

Aujourd’hui, l’église l’honore dans sa liturgie comme confesseur de la foi

Eglise classée Monument Historique en 1964. Saint Volusien, Evêque de Tours, exilé par les Wisigoths dans la vallée de l’Ariège (495) est devenu le Saint Patron de Foix. Une légende tardive en a fait un martyr décapité par Alaric II roi des Wisigoths. Ses reliques ramenées sur le site de Foix, probablement dans une chapelle sur le rocher, sont l’objet de vénération.

Fondée au IXème siècle, l’abbaye Saint Volusien de Foix acquiert un très vaste domaine le long de la vallée de l’Ariège jusqu’aux portes d’Ax-les-Thermes. Église et Monastère s’élèvent à l’emplacement actuel au XIIème siècle, agrandis et embellis aux XIIIème et XIVème siècle avant d’être détruits par les Guerres de Religion, puis relevés au XVIIème siècle.

De l’époque médiévale, l’abbatiale garde sa crypte, la base du mur sud et un beau portail du XIIème siècle dont les voussures retombent sur quatre chapiteaux, deux à décor végétal, deux autres ornés de lions et d’ovins.  

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L'autel de l'église Saint Volusien à gauche.  A droite, l'autel de la chapelle où se trouve la statue de Saint Volusien

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Gros plan sur le bas relief supportant la statue de Saint Volusien à Foix

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A l'intérieur de l'abbatiale Saint Volusien, la belle mise au tombeau du christ en terre cuite fut exécutée au XIXème siècle par l’atelier toulousain de Virebent. Il s'agit d'une copie de l'oeuvre du XVIème siècle en pierre polychrome qui se trouve au Métropolitan Muséum de New York.

chateau de Foix 120

On retrouve là, autour du christ, les sept personnages habituels dans les représentations de la mise au tombeau :
soutenant la Vierge éplorée, dans une attitude d'afflixion retenue : d'un côté, Marie-Jacobé, épouse de Cléophas et cousine de la mère de Jésus, de l'autre, Marie-Salomé ; aux pieds du Christ qu'elle avait essuyés de ses cheveux, Marie-Madeleine qui tient le vase contenant les parfums qui ont servi pour embaumer le corps du Christ ; il y a Jean, "celui que Jésus aimait", occupe dans la composition de cette oeuvre, une position symétrique à celle de Marie-Madeleine, tous les deux un peu à l'écart, dans leur solitude douloureuse. Tête nue, il tient la couronne d'épines ; les deux hommes portant le linceul, Joseph d'Arimathie, membre du Sanhédrin, qui demanda à Pilate le corps de Jésus. Vieillard dont la tenue vestimentaire et le collier d'or révèle le statut de notable ; en face de lui, Nicomède, plus jeune, porte aussi une bourse au côté, ce qui signifie peut-être qu'il a lui aussi participé au financement de la sépulture de Jésus.

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Détails sur les personnages autour de la mise au tombeau du christ dans l'église Saint Volusien de Foix

chateau de Foix 121

La vierge soutenue par Marie-Jacobé à gauche, épouse de Cléophas et cousine de la mère de Jésus, de l'autre, Marie-Salomé

chateau de Foix 01 en 1900

Voici successivement trois photos du château de Foix prisent de différents endroits en 1900, ici côté Nord / Ouest

chateau de Foix 03 en 1900

Photo 1900, château de Foix ici côté Nord / Est

chateau de Foix 02 en 1900 Photo 1900, château de Foix ici côté Sud / Ouest

Foix 09 1900 Photo datant de 1900, vue du lycée de Foix

Foix 06 1900 Photo datant de 1900, vue de la vallée de l'Ariège au Sud de Foix

Foix 05 1900

Cette photo date de 1900, les allées de Villote (avec un t), situées au Moyen-Âge hors de l’enceinte de la ville furent construites en 1330. Les exécutions capitales s’ y opéraient … Villote : De «Ville haute». En 1792 : première plantation d’arbres ; des travaux de nivellement et de terrassement en 1820 (à l’occasion de la construction de l’ancienne caserne qui exigea des déblais considérables de terres qu’on utilisa en les répandant sur les parties basses de la promenade). Réfection des Allées de Villote à partir du 17 septembre 2003.  Foix 33 1900 Photo datant de 1900, la halle aux grains située le long des allées de Villote.

   La halle existe encore aujourd'hui, élevée en 1870 (de type Baltard) pour remplacer la vieille halle de bois qui tombait en ruines. Elle fut remaniée en 2008 et 2009 (inauguration, le 15 avril 2009).

Foix 45 la halle 1910 Voici une autre photo datant de 1910, de la halle aux grains de Foix

Foix 12 1900 Photo datant de 1900, du pont Vieux de Foix enjambant l'Ariège, à droite le Cours Bouychères

Foix 13 1900

Photo datant de 1900, avenue de la gare autrefois avec le grand hôtel Rousse Benoît, aujourd'hui c'est le Cours Irénée Cros

Foix 14 1900

Photo datant de 1900, la ville de Foix au Sud

Foix 15 1900

Photo datant de 1900, vue de la rue de la préfecture où se trouve encore aujourd'hui la Préfecture de l'Ariège.

En 1789, à la Révolution française, les moines quittent l'abbaye. Les bâtiments de l'abbaye abriteront désormais la préfecture de l'Ariège.
Entamés en 1963, les travaux de restauration ont donné à l'édifice une sobre beauté originelle.

Foix 16 1900   Foix 30 1930

A gauche, photo datant de 1900, la fontaine en grès  du XVIIIème siècle,  place de la préfecture, il y avait à cet endroit l'ancienne porte fortifiée de l'Arget.

A droite, photo datant de 1930, la place Mercadal.

Cette place se situe dans un quartier qui faisait partie au moyen-âge de la "ville neuve", suite aux agrandissements du XIIIème siècle. Cette place où se tenaient autrefois les marchés (mercadal en occitan) était encore utilisée au XIXème siècle pour stocker le foin et la laine les jours de foire.

On imaginera sans mal sur cette placette, la cohue colorée du petit peuple fuxéen venant y faire des affaires ou s'approvisionner en eau à la fontaine que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous.

Foix 44 place marcadal 1910 Photo datant de 1910, haut lieu moyenageux, vue de la place Mercadal et non pas Marcadal comme indiqué sur la photo

Foix 39 place du Marcadal marché aux oies en 1950 Photo datant de 1950, la place Mercadal et quelques vestiges rescapées des nombreux incendies au moyen-âge, elles se dressent vaillamment ces maisons, racontant à elle seule l'architecture urbaine médiévale. Cette place était un lieu de rencontres et d'échanges, ces fontaines de Foix jouèrent un rôle social considérable avant l'arrivée ... de l'eau courante dans les maisons.

Foix 43 square gabriel fauré en 1950 Photo datant des années 1945 / 1950, le square Gabriel Fauré

Foix chateau vu de l'hotel du tourisme 1950 Photo datant de 1950, le pont Vieux et vue du château depuis les fenêtres de l'hôtel du Tourisme au bord de l'Ariège.

Avant la construction du pont, qui jusqu'en 1299 était en bois, on ne pouvait entrer dans Foix que par un gué à péage situé un peu en aval près de l'abbaye et sur lequel les chanoines veillaient jalousement. Le pont devint ainsi un enjeu de pouvoir entre les abbés et les comtes, au point qu'eurent lieu de sérieux accrochages et qu'à l'occasion, des moines furent précipités à l'eau par les soldats du comte ! Suite à de fortes crues, notamment en 1430, on décida, avec l'aide du comte Gaston Fébus, de le consolider (la grande arche, d'une portée de 24,75 m fut terminée en 1547). Il ne fut élargi qu'au XIXème siècle et resta l'unique pont sur l'Ariège entrant dans Foix jusqu'en 1963.

Foix 10 1950

Photo datant de 1950, une vue du château et de la ville de Foix en direction de l'Ouest

Foix 08 1960

Photo datant de 1960, Foix au confluent de l'Ariège et de l'Arget

Foix 17 1900

Photo datant de 1900, le théâtre et le casino de Foix

Foix 18 1900

Photo datant de 1900, l'hôtel Montaut en été, il se situait au Sud / Ouest du château de Foix

Foix 32 1900 Photo datant de 1900, l'hôtel Montaut en hiver

Foix 19 1900

Photo datant de 1900, une vue de la ville de Foix en direction du Nord, l'Ariège coulant le long de la cité, à droite vous apercevez aussi l'église Saint Volusien

Foix 23 1905

Les allées de Villote à Foix en 1900

Foix 28 rocher st sauveur route bouychères 1900

 Une vue du rocher Saint Sauveur route Bouychères en 1900 et le pont Vieux enjambant l'Ariège à Foix

Foix 34 fontaine du cygne ou de l'oie1900   Foix 38 chateau porte de la tour 1900

Photo de gauche, la fontaine du cygne ou de l'oie en 1900 située rue de Labistour, (elle fut appelée aussi fontaine de la Bistour) : c'est une des premières fontaine aménagée dans la ville de Foix, construite en 1337, elle se trouvait au milieu de la rue ; puis elle fut déplacée, appuyée contre une maison en 1731 qui se trouvait dans l'ombre d'une porte fortifiée qui marquait l'entrée de la vieille citée il y avait une tour munie d'une horloge qui rythma la vie des fuxéens entre le XVème et XIXème siècle, cette porte et tour furent rasées en 1805. L'eau courait alors au grand air et canalisait plus ou moins des déchets de toutes sortes, au point qu'il a fallu en 1688, interdire aux bouchers de laver carcasses et outils dans les fontaines. La fontaine du cygne fut ensuite ornée au XIXéme siècle.

  Photo de droite, porte et escalier de la tour du château datant de 1900.

Foix 29 1900 Le château de Foix, photo prise du mont Saint Sauveur au Nord en 1900

Foix 31 1906

Photo datant du 26 février 1906, un groupe d'étudiants espagnols venu étudié au lycée de Foix

Foix 30 1911 Photo datant de mai 1911, un groupe d'étudiants espagnols venu étudié au lycée de Foix

Foix 36 1960

Photo datant de 1960, château de Foix vu des hauteurs de Flassa au Nord de Foix

Foix 42 train venant d'ax sous la neige 1900 Photo rare datant de 1900, une vue du train sous la neige venant d'Ax-les-Thermes

Foix 40 champ de foire 1900

Photo datant de 1900, une vue du champ de foire à Foix avec le château au fond. Ce lieu était souvent inondé, c'était une plaine marécageuse en bordure de l'Ariège.

Sur ce champ de foire se tenait la foire aux bestiaux jusqu'au XIXème siècle, mais aussi les exécutions publiques, dont la dernière eut lieu en 1928.

champ de foire aux boeufs à Foix en 1903 bis

Le même champ de foire aux boeufs en 1903, superbe et rare photo !

petit garçon en arrière plan le chateau de foix en 1908 p

Petit garçon, en arrière plan le château de Foix en 1908, photo sur plaque de Trutat Eugène (1840-1910)

Germain Rouzaud en 1939 sur les remparts du chateau de foix

Germain Rouzaud en 1939 sur les remparts de la tour Ronde du château de Foix, photo parue dans La Dépêche de l'époque


Et tout récemment  cet article publié dans le journal La Dépêche le 20/09/2009  P.-E. Pourquier
Il avait pour titre : Germain a fait le piquet sur la tour Ronde du château de Foix il y a 71 ans !
 

Qui oserait aujourd'hui ? Qui serait encore assez fou pour faire le piquet sur un créneau du château ? Tiens, d'ailleurs qui aurait ne serait-ce que l'idée ? Germain Rouzaud, lui, l'a fait. Il raconte : «C'était en 1938 pour la fête de Foix. On préparait des concours en salle et en fin de séance, on est venu me voir pour me dire qu'il n'y avait pas de clou du spectacle pour la fête. Alors, j'ai dit que je ferais le piquet.»

La largeur d'un créneau, c'est à peu près la taille d'une main. La hauteur de la tour ronde, c'est vingt fois les 1,60 mètres de Germain Rouzaud, soit 32 mètres. Le courage de Germain, c'est… difficile à mesurer. Il en rigole encore : «Je ne vous cache pas que quand j'ai un peu approfondi la chose… Je l'ai médité avant de la faire.»

Andrée, la femme qu'il doit épouser dans un mois, n'essaye même pas de le dissuader. Mais Germain a une idée. Pour se payer son voyage de noces, il décide de vendre le jour de la fête des cartes postales, prises à l'avance, de son exploit. Il fait donc quatre fois le piquet, aux quatre coins cardinaux pour immortaliser son geste. «Le coin le plus impressionnant, dit-il, c'est vers Saint-Girons. Il y a plus de vide.»

 

Argent confisqué

Le jour venu, il monte les marches de la tour ronde. Pas impressionné par la foule. Il se lance. Fixe ses mains sur le créneau face aux allées Villote. Se lève petit à petit. Le col dans le vide. Les pieds dans les étoiles. Andrée, elle, ne regarde pas. « Ma mère aussi en était malade », se souvient-elle. A sa descente de la tour ronde, ce ne sont pas les applaudissements qui l'accueillent mais la maréchaussée.

Un policier lui confisque l'argent des photos. Et Germain Rouzaud se retrouve sans un sou. Jusqu'à ce que le commissaire apprenne l'objet du pari. Il leur redonne l'argent.

Le couple se marie et part en voyage de noces. Direction Paris, en train et en troisième classe.

A 97 ans, Germain Rouzaud est toujours alerte. «A 90 ans, il faisait encore 10 à 15 kilomètres par jour, se rappelle Josette, sa fille.» Et si Foix a fêté, le 09/09/2009, elle pourra également fêter le 12/12/2012. Ce jour-là, Germain aura cent ans.

Foix 27 marchand de journaux 1900

J'ai gardé pour la fin, cette belle photo du marchand de journaux traversant l'Ariège à Foix, elle date de 1900


Il vous a fallu quelques minutes pour lire et apprécier ce reportage en trois parties, n'oubliez pas qu'au XIVème siècle, les hommes avaient souvent besoin de plusieurs années pour construire un château de pierre, mais peu de temps pour édifier leurs maisons d'habitations qui étaient moins durables, et il m'a fallu un certain laps de temps pour confectionner cet article.

J'espère vous avoir intéressé avec ce reportage, et s'il vous a plu, faites le moi savoir, ... cela motive pour en bâtir d'autres. J'ai des projets, il me faut juste du temps ...

Merci encore pour les nombreux courriers reçus suite aux articles parus dernièrement. N'hésitez pas aussi, à laisser vos commentaires en bas de chaque articles, c'est fait pour cela, cliquez sur "écrire un commentaire", exprimez votre opinion. Bougez ! écrivez ! vous avez certainement des "choses" à raconter, si vous aussi vous voulez participez en me proposant la rédaction d'un reportage, n'attendez pas, contactez moi :

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 02:00
bandeau-HISTOIRE.jpg bandeau chateau de Foix pour le site

Voici la seconde partie de ce passionnant reportage historique sur les comtes de Foix et leur château. Foix fut sans conteste l'un des berceaux important du catharisme ... Le château de Foix est certainement l’un des plus beaux fleurons, encore intact de l’architecture militaire médiévale ...  Et si je commençais par vous présentez les plans et les vues éclatées du castel avant d'aller plus loin ...

  vue cavalière du chateau et de l'enceinte fortifiée de Fo

Voici une vue cavalière du château et de l'enceinte fortifiée de Foix au milieu du XVII ème siècle d'après un dessin manuscrit de la Bibliothèque Nationale

chateau de Foix 071

Vue éclatée montrant les différentes parties du château de Foix

coupe du chateau de Foix

Coupe d'une partie du château de Foix réalisé par Robert Roger en 1897

coupe de la tour ronde du chateau de foix   blason du comté de Foix

A gauche, une vue éclatée de la Tour Ronde datant du XVème siècle, dans la partie basse se trouvait le cachot, à droite le blason du comté de Foix.

vue en plan du chateau de foix02

Plan d'ensemble du château de Foix réalisé par Robert Roger en 1897 (professeur au lycée de Foix à cette époque) que j'ai complété

barbacane de Fouichet chateau de foix

Voici un plan de détail réalisé par Robert Roger en 1897, de la barbacane de Fouichet située à l'Ouest de la Tour Ronde

vue aerienne bernard rousset 02 2006

Voici une superbe prise de vue aérienne pour mieux comprendre la configuration de l'ensemble, photo réalisée par Bernard Rousset en 2006

j'ai préféré vous montrer ces photos maintenant afin de les comparer aux plans ci-dessus

vue aerienne bernard rousset 2006

Autre photo aérienne réalisée par Bernard Rousset en 2006, la forteresse de Foix côté Ouest

A Foix, la première partie du quinzième siècle est marquée par la construction de la tour ronde, preuve que les comtes n'abandonnaient pas encore complètement la forteresse.

Il s'en passa des choses au château de Foix. En 1443, le comte Gaston IV relègue dans une des tours Marguerite de Comminges, femme de son oncle Mathieu, qui, pour s'en débarrasser, n'avait trouvé rien de mieux que de la remettre à son neveu. Le tort de la vieille dame était de persister à prolonger son existence au grand dépit de ses héritiers. Il ne fallut rien moins que l'intervention du roi de France pour mettre fin à la captivité dé l'infortunée princesse.  Pour information, Deux documents, l'un de 1446, l'autre de 1450, font connaître comment, à cette époque, on pourvoyait à la garde et à l'entretien du château.

chateau de Foix 136

Le château de Foix façade Ouest

chateau de Foix 137 Le château de Foix s'illumine à la tombée de la nuit 

La fin du siècle est attristée dans toute la région pyrénéenne par la querelle survenue entre deux branches de la maison de Foix au sujet de la succession de François-Phoebus, décédé en 1483. Jean de Foix, vicomte de Narbonne, invoquant la loi salique, conteste les droits de sa nièce Catherine, femme de Jean d'Albret, sœur du prince défunt.

Décidément les sièges n'en finissent jamais, en effet, en 1483, Mathieu d'Artigueloube se met un jour résolument à la tête d'une bande armée et porte secours à Jean de Château-Verdun, qui assiégeait le château de Foix pour le vicomte de Narbonne, tous deux, unissant leurs efforts, viennent à bout de la résistance de la forteresse qui capitule. La querelle de la succession prit fin par la mort de Gaston de Foix, fils de Jean de Narbonne, tué à la bataille de Ravenne, en 1513, où il commandait les troupes de son oncle le roi de France.

chateau de Foix de nuit 2009

La voici la forteresse de Foix  illuminée

Le Comté de Foix est peu à peu abandonné par ses souverains, qui n'y font plus que de courtes apparitions de loin en loin. La venue des princes est une occasion de réjouissances publiques, de cérémonies officielles et aussi de dépenses pour les villes où l'on préparait une entrée solennelle. Au mois d'avril 1535, le roi de Navarre, Henri d'Albret et sa femme Marguerite de Valois, sœur de François Ier, visitent leur comté et se rendent à Foix où ils sont reçus avec apparat.

Jusqu'aux guerres de Religion nous ne trouvons plus aucun fait digne d'être signalé qui se soit passé au château de Foix.

chateau de Foix par christophe Ramos Une photo intéressante, pas courante car l'accès n'est pas autorisé au public, elle donne un côté mystérieux au castel de Foix, façade Ouest, retouchée par Christophe Ramos

L'avènement de Jeanne d'Albret et de son mari Antoine de Bourbon, en 1555, marque le commencement d'une période de troubles qui ne cessera que par l'intervention de Richelieu, après un répit de courte durée sous le règne réparateur d'Henri IV. Cette période est l'une des plus attristantes qu'ait jamais traversée le pays de Foix. La lecture des documents donne une singulière idée des contemporains. Dans les deux camps, même violence, même férocité, même mauvaise foi, le plus faible n'a pas de merci à espérer du plus fort, les ruines s'accumulent partout, la guerre pénètre dans les moindres villages, aucun établissement religieux ne reste debout. Les efforts persévérants des évêques et des abbés au XVII ème siècle ne réussiront pas à faire disparaître les traces des désastres et à rendre leur ancienne splendeur aux institutions relevées. Foix, dans des proportions moindres que Pamiers, ne fut pas épargné.

Un cadastre de la ville de Foix de 1525, écrit en Occitan Document cadastral de la ville de Foix datant de 1525, écrit en Occitan "Mestre Miquel del Vernis qui possède entre autres un camp à la plana de Cadirac". Admirez le graphisme étonnant, le détail de la signature ... 

En 1555 le Calvinisme s'installa dans la ville de Foix, en 1556, une cinquantaine d'habitants se déclarèrent pour l'hérésie. En 1557, malgré les avertissements donnés et faute de garde, la ville lut surprise par les Huguenots, et l'abbaye fut saccagée. En mars 1862, un édit de pacification fut promulgué, le seigneur de Pailhès, sénéchal du pays, fut chargé d'en assurer l'exécution et de faire vivre en paix les gens des deux religions.

La tranquillité ne fut pas de longue durée. Au mois de mars 1567, une bande de Huguenots pénètre dans l'église de Montgausy situé près de Foix, et se livre à des exactions,  les catholiques s'empareront des coupables et une vingtaine seront pendus devant les murs du château de Foix.

Henri III de Navarre vers 1575 Henri III de Navarre vers 1575

En 1566, sous la conduite de sa mère, Jeanne d'Albret, le jeune roi de Navarre Henri, vient dans son pays de Foix, il y retournera en mai 1578, en avril et en novembre 1579, en juin et juillet 1584. Asa seconde visite, en 1578, il est accompagné de sa femme, la séduisante Marguerite, et fait une entrée solennelle dans la capitale de son comté.

Henri IV ne serait venu qu'en ces circonstances dans le pays de Foix.

En 1578, un dénommé sire de Lahisle est gouverneur de la ville et du château, le roi lui enlève cette charge et la donne à un Huguenot, Brignon assisté d'un lieutenant Deing, au printemps 1580, les Huguenots persécutent les catholiques, en mai 1581, poussés à bout les catholiques attaquent les Huguenots et brûlent leur temple. Les protestants du pays viennent défendre les leurs, le 15 mai 900 hérétiques se jettent à l'assaut de la ville. Les Huguenots ont le dessus, pillent la ville, chassent les religieux de l'abbaye et démolissent l'église.

chateau de Foix 092

Je vais maintenant, vous présentez quelques photos prisent au musée départemental de l'Ariège située dans l'ancien corps de logis reliant les deux tours carrées du château de Foix.

chateau de Foix 098

Autre photo du musée départemental de l'Ariège située dans l'ancien corps de logis reliant les deux tours carrées du château de Foix. 

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Épée d'ornement, de parade, au pommeau décorée datant du XVIème siècle

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Deux épées d'ornement, de parade, au pommeau décorée datant du XVIème siècle

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Arme d'hast : Hallebarde datant du XVIème siècle utilisé par les fantassins pour percer, arracher les armures des cavaliers

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Arme d'hast : Vouge datant du XVIème siècle utilisé par les fantassins pour percer, arracher les armures des cavaliers

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Arme de choc : le marteau d'arme (Hammer) datant du XVIème siècle, arme offensive employée par les fantassins vers le XIIIème siècle, puis adoptée par les cavaliers avec une hampe plus courte.

chateau de Foix 072  chateau de Foix 079

Photo de gauche, c'est quoi d'après vous ? C'est ce que l'on appelle un Chanfrein qui date du XVIème siècle, au centre un décor gravé avec un écusson autrichien. C'est une pièce d'armure protégeant la tête du cheval de guerre ou de tournoi. Les chevaux étaient équipés dés la fin du XIIIème siècle, ces armures étaient aussi richement décorées que celles de leurs cavaliers. Photo de droite, un armet datant aussi du XVIème siècle, cette protection du visage apparue à la fin du moyen-âge, plus léger que le heaume ou le bassinet, il offrait un meilleur confort. L'armet faisait partie des armures de luxe et était très apprécié par la noblesse au XVIème siècle.

chateau de Foix 080 Paire de gantelets datant du XVIème siècle, pièce d'armure décorée recouvrant le dessus de la main protégée par un gant de cuir, les plaques sont articulées laissant le pouce libre.

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Voici deux plastrons, pièces d'armure couvrant le torse, elle se substitua à la cotte de maille à la fin du XIIIème siècle. L'armure se développa surtout aux XVème et XVIème siècle. En même temps que l'armure de guerre ou harnois se développèrent les armures de tournois, plus lourdes.

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Photo de gauche, arme d'hast : Godendac datant du XVIème siècle utilisé par les fantassins pour accrocher, percer, arracher les plaques d'armures des cavaliers.

Photo de droite, arme de choc : masse d'arme datant elle aussi du XVIème siècle, c'est une arme de vilain apparu au XIIIème siècle qui fut par la suite utilisé par les cavaliers.  
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Une Miséricorde, poignard à lame longue et mince. On la nommait ainsi en raison du cri de miséricorde de celui qui sentait cette arme sur sa gorge.
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Boulets de couleuvrine, la couleuvrine apparue au XVème siècle était un petit canon au tube long et fin tirant des boulets de métal. Elle était issue du perfectionnement des armes à poudre arrivées en Occident à la fin du XIIIème siècle. Sur la photo de droite, le boulet pèse 15 kilos.  
Le roi Henri IV, serait venu dans le Comté de Foix en 1584 au commencement de juin, puis à la fin de juillet, il constata, que la château de Foix avait besoin d'améliorations.

Le 19 août 1584, le roi prescrit et autorise Deing à effectuer des travaux et réparations nécessaires au château de Foix.

Malgré la faveur dont il semblait jouir auprès de son roi, Deing, en 1584, est sacrifié pour donner une satisfaction tardive aux catholiques. Henri IV, nomme le capitaine Comte gouverneur de la ville et du château, mais comme compensation, il met à la tête de la province le sire de Lévis d'Audou, chef redoutable des Huguenots, à qui ses cruautés ont acquis une triste et durable célébrité. Jusqu'en juin 1595 une paix régna  entres les habitants. Au mois de juin de la même année, le sire d'Audou surprend la ville et assiège le capitaine dans le château. Le roi intervient, pour ramener le calme, délègue un commissaire général dont l'arrivée marque le début d'une ère de tranquillité.

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Photo de gauche, l'un des rares mobiliers visibles dans le château, trône seigneurial des comtes de Foix. Photo de droite, le lit du roi Henri IV, c'est le principal meuble présenté au château des comtes de Foix, c'est un objet majeur du patrimoine historique et artistique de l'Ariège. Il symbolise les liens politiques et familiaux qui unissaient le roi Henri IV aux terres ariègeoises et à certains de ses seigneurs notamment les Villemur-Pailhès.

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Véritable oeuvre d'art, ce lit royal présente un magnifique travail de broderies sur soie, velours et tissu. De par les matières employées, les couleurs et motifs, il semble avoir été fabriqué dans un atelier d'artisans au grand savoir faire, tel qu'il en existait à Toulouse à la fin du XVIème siècle et au XVIIème siècle. Le décor floral et végétal évoque un parterre de fleurs à la française, conçu pour la promenade de l'oeil, comme ceux que réalisait le jardinier du roi Claude Mollet (1563-1650). Ce lit classé monument historique en 1965, il a été acquit en 1991 par le Conseil Général de l'Ariège, lors d'enchères publiques pour intégrer les collections du musée départemental de l'Ariège.

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La Rondache du XVIème siècle, dérivée du bouclier la rondache tenue à la main, servait à se protéger des coups de lance ou d'épée. Décorée de marques distinctives, elle permettait de reconnaître le combattant.

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Cotte de maille du XVIIIème siècle, appelée aussi haubert, cette tunique en anneaux de métal forgés fut la seule protection des hommes d'armes. Elle pouvait descendre jusqu'aux genoux. Les effets de l'arbalète et de la dague ou de la miséricorde obligèrent à remplacer les mailles du haubert par des plaques puis par une armure articulée protégeant tout le corps.

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Armets, le casque protégeant le combattant au moyen-âge était souvent une simple calotte de fer, mais les plus chères pouvaient être complet et couvrir entièrement la tête comme ici. Aux XVème et XVIème siècles, ces casques articulés, appelés "armet" rendaient la vision et la respiration plus faciles.

chateau de Foix 086 Armure complète aux pièces de fer ajustées et articulées était fragile et coûteuse, l'armure se développa surtout aux XVème et XVIème siècles. Vous aviez l'armure de guerre ou harnois, l'armure de parade finement ciselée et l'armure de tournois plus lourde. 

A partir de ce moment, le culte catholique est publiquement rétabli, ce fut donc alors que les catholiques commencèrent à respirer sous la douce domination de leurs nouveaux consuls. Cette situation ne se modifia pas tant que vécut Henri IV.

Sous Louis XIII, la reprise des hostilités entre les partis remet Foix sur le pied de guerre. En 1621, le gouvernement du château passe des mains du catholique Matherot à celles du protestant Restinclière-Toiras qui, après avoir pris possession de son poste, laisse tous ses pouvoirs à son lieutenant Laroubière. C'était un Huguenot fanatique, entrant aussitôt en relations avec ses amis Huguenots qui tenaient la campagne, il complote de livrer la place. Averti à temps, Restinclière envoie à Foix son frère, M. de Laforest, qui chasse le traître et établit une garnison catholique.

Laforest-Toiras, qui est catholique, remplace son frère Restinclière dans le gouvernement de la ville et du château.

Après les alertes qui avaient troublé la ville en 1621, il importait de recourir à des mesures de prudence, afin de ne pas être pris au dépourvu. En 1623, Louis XIII charge Aymeric Gaffron, commissaire de l'artillerie, d'envoyer deux canons et des munitions au château de Foix.

chateau de Foix 093

Après vous avoir montré quelques portes du château, voici quelques clés moyenâgeuses pour les puristes, c'est aussi de l'art la serrurie, j'adore les clés de cette époque !

Après la ruine du protestantisme comme parti politique, après l'abaissement de la haute noblesse frappée clans le duc de Montmorency, la royauté jugea prudent de prendre des mesures en vue d'enlever aux rebelles les moyens de s'organiser et de se maintenir dans le pays. Les fortifications des villes, les châteaux des seigneurs, et même ceux du roi, furent condamnés au démantèlement, Louis XIII a signé un ordre à Toulouse le 28 octobre 1632. Des commissaires furent désignés pour surveiller les démolitions. On commença par Mazères, Pamiers, Saverdun, puis on continua par Montant, Tarascon, Labastide-de-Sérou, Roquefixade, Le Carla. En 1638, le roi, dans le désir de diminuer les charges supportées par la Province, et reconnaissant que les châteaux de Montgaillard et de Mérens étaient inutiles, en prescrivit le rasement complet.

A la fin du règne de Louis XIII, dans la vallée de l'Ariège, il ne restait guère plus des antiques forteresses féodales du Moyen Âge que le château de Foix. Pourquoi  cette exception ? On a supposé que, dans la capitale du Comté, le roi avait voulu conserver l'ancien berceau d'une dynastie, à laquelle se rattachaient les Bourbons, et perpétuer les traditions en y maintenant le gouverneur du pays. On était, en outre, à la veille d'une déclaration de guerre à l'Espagne, il convenait de ne pas dégarnir une frontière où, en dehors de cette forteresse, il ne subsistait plus que les murailles d'Ax-les-Thermes, peu capables d'arrêter la marche d'envahisseurs.

Aussi le 23 juin 1626, Louis XIII signe-t-il à Blois, des lettres patentes pour prescrire de réparer et de fortifier le château de Foix. C'est seulement en 1632, que les ouvriers se mettent à l'œuvre et c'est toujours Laforest-Toiras responsable du château. Il existe des archives avec tous les devis et la description technique des travaux à entreprendre datant du 28 mars 1631 signé par Laforest-Toiras.

J'ai oublié de préciser que le 4 avril 1634 le conseil de la commune de Foix a été informé que le roi Louis XIII souhaitait la démolition du château. Mais il n'en fut rien, heureusement.

chateau de Foix 111 Depuis 1930 le château abrite le musée départementale de l'Ariège

chateau de Foix 099

Chapiteau roman, trouvé dans les fouilles en 1825. La sculpture évoque une partie de la légende de Saint Volusien. Les représentations se rapportent à une réalité architecturale et vestimentaire, du XIIème siècle, car le sculpteur n'avait aucune idée du monde physique au temps de Saint Volusien. Il a donc figuré les bâtiments et les personnages de sa propre époque. Cela symbolise une ville assiégée, il s'agirait de Toulouse capitale wisigothique prise par Clovis, des hommes en arme travaillant à la sape du mur.

chateau de Foix 096   chateau de Foix 097

Chapiteaux roman, milieu XIIème siècle, la face arrière n'est sculptée. Ces chapiteaux géminés devaient être adossés à un mur ou un pilier.

Les têtes ont été probablement martelés lors des guerres de religion. Toutes ces sculptures représentent des scènes de la vie de la vierge.

A droite, message de l'ange Gabriel à la vierge Marie pour lui annoncer sa conception miraculeuse.

chateau de Foix 095

Voici le sceau des abbés de Saint Volusien exposé au château, représentant le martyr de l'évêque de Tours

En 1635, éclate avec l'Espagne une guerre que terminera seulement en 1659, le traité des Pyrénées, c'est une période d'agitations, d'alertes au château et dans la région.

En 1638, naissance du Dauphin qui devait être Louis XIV,  c'est une occasion de grandes démonstrations, auxquelles le château s'associe en tirant des salves d'artillerie. Cinq ans après, il en est de même, quand on rend les honneurs funèbres à la mémoire de Louis XIII et qu'on salue l'avènement du jeune roi.

Pendant la guerre avec l'Espagne le château de Foix reçut de nombreux prisonniers de guerre sur décision du roi signé le 21 avril 1641. La présence des gens de guerre sera  une ruine pour la malheureuse cité de Foix.

La paix des Pyrénées fut accueillie à Foix avec enthousiasme. Les consuls en reçoivent la notification officielle à la fin de février 1660. Au lendemain d'une guerre qui avait duré de 1635 à 1659, la ville de Foix recouvre un peu de tranquillité, à peine si, de temps en temps, quelques, incidents viennent rompre la monotonie de l'existence quotidienne.

  chateau de Foix 131 La tour Ronde et la tour du Milieu visibles lors de votre montée au château

chateau de Foix 132

Les deux tours carrées, celle du Milieu et de l'Arget à droite

chateau de Foix 100 Le crénelage et la tour de l'Arget vus du pied de l'escalier menant à la tour du Milieu

chateau de Foix 133 La forteresse vue du Sud, photo superbe ! Vous apercevez la barbacane de Fouichet au pied de la tour Ronde.

Si le château conserve encore son prestige officiel, il ne joue plus aucun rôle politique, il n'est même plus considéré comme une valeur stratégique.

Ceci démontre dans quel état était la situation au château : En 1680, on vote 11 livres destinées à l'achat d'une corde pour la cloche qui se trouve dans la tour ronde du château. En 1703, le marquis de Ségur, nommé gouverneur en remplacement du marquis de Mirepoix, fait son entrée solennelle avec le cérémonial accoutumé. Le château n'est garni que d'un mobilier insuffisant, aussi est-on obligé d'emprunter des lits et du linge. En 1712, même situation, lorsque l'intendant annonce son arrivée prochaine, le major Dufour s'adresse aux consuls et leur demande de vouloir bien lui prêter du linge, de la vaisselle d'étain et autres choses dont il a besoin pour ledit sieur intendant, qui va venir loger deux ou trois jours au château.

Pour info, certains textes relatent en 1717, le fait que la contrée est infestée de loups, d'ours et de sangliers.

Pendant tout le règne de Louis XV, l'existence est assez calme, même monotone dans la capitale du Comté. Il y a toujours dans le château une garnison, qui devait être encore assez nombreuse.

En 1720, Louis XV donne ordre de faire mettre en état deux moulins à bras établis dans le château.

En 1742, deux cents fusils sont envoyés à Foix.

En 1727, les vieilles constructions qui longent l'Arget sont abattues pour faire place au monument servant aujourd'hui de palais de justice.

En 1770, c'est le marquis de Bonnac, qui est le commandant militaire de la province.

Vous avez remarqué que le château n'était pas seulement destiné à demeurer place forte ou résidence d'honneur, c'était aussi une prison. Pendant le XVIII ème siècle, le château continue de servir de prison d'Etat. Parmi les détenus, on en compte plusieurs appartenant à de bonnes familles du Languedoc. Ainsi un gentilhomme languedocien avait été condamné aux galères perpétuelles pour un crime de droit commun, le roi lui fit grâce de cette peine et, par une lettre de cachet, ordonna de l'interner au château de Foix pour le reste de ses jours.

chateau de Foix 048

Les vieilles pierres du château de Foix vous parlent. Je vous en avais parlé dans la première partie des graffitis gravés sur les murs par les prisonniers quand le château fut transformé en prison, et bien en voici quelques clichés.

Ils sont visibles sur les murs la Tour Ronde à tous les étages près des fenêtres, il y en a certainement aussi sur d'autres parties du château non ouvert au public.

Ces graffitis sont étonnants et artistiques, il y a des noms, des dates, des dessins figuratifs et des croquis énigmatiques. Je ne sais pas s'il y a eu et s'il existe un inventaire photographique de l'ensemble de ces graffitis que l'on trouve sur les murs du château de Foix, cela pourrait être intéressant à publier et à commenter, avis aux amateurs de la région.

chateau de Foix 049

C'est la même photo que ci-avant, mais plus contrastée afin que vous puissiez voir la finesse de la gravure

graffiti mur chateau de Foix

Ce graffiti des noms énigmatiques de prisonniers

graffiti chateau de Foix Auror pierri innocente 1827

Ici sur ce graffiti on peut lire en bas : Auror pierri innocente 1827

Marques des tacherons ou appareilleurs relevées dans le c

Dans le château de Foix certaines pierres ont des marques symboliques répertoriées sur cette photo, se sont les marques des tailleurs de pierre, des tacherons ou appareilleurs qui ont construit la forteresse.

J'ouvre une parenthèse sur la construction proprement dite du château : Puisque je vous parle des concepteurs du moyen-âge, sachez que la chaux très utilisé à cette époque pour la construction, est fabriqué en faisant chauffer pendant plusieurs jours du calcaire. En mélangeant la matière obtenue avec de l'eau on éteint la chaux. Mêlée à du sable et du gravier fin, on fabrique du mortier qui sert de ciment pour la cohésion des pierres du mur. La chaux est un produit que l'on réutilise aujourd'hui, car il permet la respiration des murs.

Vers 1375, pour protéger ses terres de la guerre de Cent Ans, Gaston Fébus entreprit la construction simultanée de plusieurs forteresses en Béarn ainsi que la mise en défense du Comté de Foix. Il organisa un système d'administration cohérent, pyramidal et centralisateur qu'il dirigea, veillant à l'acquisition de terres et de matériaux, ainsi qu'aux contrats avec les différents exécutants. Sicard de Lordat, châtelain d'Orthez jusqu'en 1369, fut longtemps considéré comme l'architecte de Gaston Fébus. A cette époque, le terme d'architecte n'était pas encore employé pour désigner le responsable des travaux ayant des connaissances techniques et esthétiques. Il apparaissait comme le gestionnaire en main d'oeuvre et en charrois. Les maçons intervenaient dans la construction des forteresses, en pierres, briques et galets. La pierre était employée en majorité pour les encadrements de fenêtres, les escaliers, les voûtes, les créneaux, les corbeaux ou les éléments de décoration. Au château de Foix, par souci d'économie et pour faciliter le transport, on employa la pierre affleurant à proximité. Les pierres de taille furent utilisées pour la construction de l'escalier de la tour du milieu puis au début du XVème siècle pour la construction de la tour ronde. C'était du grès provenant de carrières proches, Arabaux et Vernajoul.

Les murs étaient vraisemblablement recouverts d'enduits. Il est possible qu'à l'intérieur, les salles du château aient été décorées de peintures. Actuellement de rares vestiges peints apparaissent sur les éléments sculptés dans le tour du milieu.

chateau de Foix 139

Une vue Sud / Ouest de la forteresse de Foix

Je ferme la parenthèse, reprenons le cour de l'histoire :

Depuis le XV ème siècle les archives sont installées au dernier étage de la tour ronde du château, elles traversèrent sans encombre les guerres de Religion. En 1667, la foudre tomba sur l'édifice, heureusement sans trop de dommages pour les archives. Survient la Révolution, toutes les archives sont transportées dans l'abbaye de Saint-Volusien, devenue siège de l'administration départementale. Les collections, qui avaient eu la chance d'échapper à tant de causes de ruines, ont péri dans l'incendie qui ravagea la préfecture au mois de septembre 1804. Heureusement, les copies, prises sous Louis XIV, par les soins du président Doat, sont conservées à la Bibliothèque Nationale.

chateau de Foix 112

La tour d'Arget vue du pied de la tour du Milieu

chateau de Foix 101   chateau de Foix 104

Photo de gauche, escalier menant à l'entrée de la tour du Milieu et par la même occasion à la courtine crénelée reliant les deux tours qui se font face.

Photo de droite, vous êtes sur la courtine face à la tour du milieu, on remarque qu'il y a eu des modifications et que des ouvertures ont été obstruées lors d'époques successives. En arrière plan, on aperçoit la tour Ronde.

chateau de Foix 102   chateau de Foix 103

Photo de gauche, la tour de l'Arget au Nord. A droite, la porte d'entrée de la tour de l'Arget qui n'est pas ouverte au public du fait de sa dangerosité, car les accès aux différents étages se font par des échelles.

Peut-être qu'un jour cela sera possible pour admirer la vue et la charpente de sa toiture !

chateau de Foix 110 L'escalier à vis qui vous mènera au sommet de la tour Ronde

chateau de Foix 109 Le haut de la tour Ronde et ses créneaux

Jusqu'en 1790, le château conserva un prestige officiel, quoique le monument, déchu de son ancienne splendeur, servit de prison, de caserne, de magasin, il n'en était pas moins le siège du gouvernement de la province.

Au début de la Révolution, la nouvelle administration dédaigne l'ancienne résidence des comtes, les services du département et de la justice s'installent à l'aise dans les vastes bâtiments de l'abbaye de Saint-Volusien, dont les moines venaient d'être dispersés. Ce n'est qu'après l'incendie de la Préfecture que la partie moderne du château, élevée au commencement du règne de Louis XV, devient le palais de justice. Quant aux tours, elles sont exclusivement réservées aux prisonniers.  A Foix, l'époque de la Terreur n'a pas laissé trop de lugubres souvenirs, on ne connaît pas les noms des détenus politiques, du reste, les principaux étaient dirigés sur Toulouse.

chateau de Foix 106    Foix 41 chateau tour de l'horloge 1900

Photo de gauche, dans l'épaisseur du mur de la tour Ronde des marches ont été aménagées pour accéder à la fenêtre des étages supérieurs. La photo de droite date de 1910, à cette époque la tour de l'Arget s'appelait tour de l'horloge car elle fut équipée de l'horloge de la ville en 1425 et retirée au début des années 1800.

Foix 07 1900   Foix 37 chateau grande salle de la tour carrée 1900

Photo de gauche, le château vu de l'Arget qui coule à ses pieds. A droite, la grande salle de la tour Carrée, ces deux clichés datent de 1905 environ.

Groupe au château, M.et Mme Goulard, Mme Pasquier, Carolin

Groupe au château, M.et Mme Goulard, Mme Pasquier, Caroline, au château de Foix  photo de Trutat Eugène en 1900

J'aurai l'occasion de vous proposer beaucoup d'autres photographies anciennes intéressantes concernant la ville de Foix, dans la troisième partie de ce reportage ...

Il se passe toujours quelque chose sur ce site qui vous surprendra et vous intéressera. Pour  ne pas rater la troisième partie qui est en gestation, c'est simple, suivez le conseil indiqué ci-dessous :

 

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 01:00
bandeau-HISTOIRE.jpg bandeau chateau de Foix pour le site

 

Vous êtes sur le site web numéro 1 du Languedoc Roussillon actuellement il est le plus visité ! Merci pour votre fidélité.

 

Le gardien surveillant la route reliant l'Andorre à la plaine Toulousaine à pour nom : le château de FOIX en territoire Ariègeois !

Ce château, fief de "l'hérétique", que Simon de Montfort se jure de faire  fondre pour y griller le maître.

L'histoire du château de Foix va vous être racontée dans le détail, beaucoup de détails, ce qui fait qu'il y a de nombreuses pages de texte accompagnées de nombreuses photos (plus de 200), comme jamais vous ne l'avez vu sur le web. C'est aussi pourquoi, ce reportage sera scindé en plusieurs parties, afin de ne pas rendre le téléchargement trop long.

Il faut être curieux … , je vous souhaite une bonne découverte instructive :

carte foix 01

Commençons par vous situer la Ville de Foix, qui se trouve à 128 km de Carcassonne, 92 km de Toulouse, 186 km de Narbonne et à 134 km de Perpignan en passant par Quillan

chateau de Foix 138

Le magnifique château de Foix vu de la Croix Saint Sauveur au Nord

Chateau-de-Foix 0479bis

Une plaque apposée à l'entrée du château

Foix 04 1980

Photo du château de Foix prise en 1980

chateau de Foix 135 Fin d'après midi, la forteresse vue de la vieille ville de Foix côté Est  

Voici l'histoire d'un château situé sur un nid d'aigle comme les Pyrénées les aiment.

Aujourd'hui nous allons nous rendre en Ariège et plus précisément à FOIX où se situe un château magnifique qui jouit d'une renommée légendaire parmi les monuments féodaux de la région pyrénéenne.

Le Pays de Foix, terre d'histoire et de préhistoire, l'ancien comté de Foix est aussi un authentique pays montagnard.

Le château de Foix doit sa réputation à son site pittoresque et aux souvenirs historiques qu'il évoque.

Il faut savoir que ce château n'a jamais été l'objet d'une étude approfondie avant 1900. Donc toutes les études publiées au sujet du château de Foix datent de cette époque à aujourd'hui.

Le Pays de Foix n'a été rattaché à la France que tardivement, en 1607. Mais il eut à connaître les déchaînements des troupes royales lors de la croisade des Albigeois. C'est ce que vous allez découvrir ici, tous les détails historiques qui entourent la vie des comtes de Foix et leur château emblématique, dont on a fêté le millénaire en 2002. En effet, la première mention écrite, comme vous le verrez plus loin, date de 1002.

Armoiries des comtes de foix et de béarn dans la tour du c

De toutes les routes qui conduisent à Foix on aperçoit fièrement, au fond d'un cirque de montagnes, sur un roc isolé aux flancs abrupts, les trois tours crénelées du château dominant l'horizon. Du haut de la vieille forteresse l'aspect du paysage est très varié : au premier plan, sous le rocher, la ville aux rues tortueuses groupe ses maisons couvertes de tuiles rouges. Au bord de l'Ariège s'étend le grand bâtiment de l'église Saint-Volusien. Au Nord, se dresse fièrement  un bloc de calcaire et dénudé, c'est le mont Saint-Sauveur, au sommet on distingue les ruines  d'une tour de guet, qui servait d'avant poste au château. A l'Est, la vue est arrêtée par la montagne du Pech qui se relève brusquement. En se tournant vers l'Ouest, on découvre la vallée de la Barguillère, traversée dans toute sa longueur par l'Arget. Au Sud, s'étend une vaste plaine dont les contreforts de la grande chaîne pyrénéenne ferment l'horizon.

carte de l'ariège en 1850

Voici une carte du département de l'Ariège datant de 1850

carte de l'ariège en 1854 Et celle-ci, au décorum représentatif date de 1854, (ces deux cartes proviennent de la BMVR de Toulouse)  

Le nom de Foix n'apparaît dans l'histoire qu'à l'occasion du martyre de Saint-Volusien, archevêque de Tours, qui avait encouru la disgrâce d'Alaric pour s'être montré favorable aux Francs. Exilé à Toulouse, il fut entraîné, en 507, par les Wisigoths lorsque, poursuivis par les armées de Clovis, ils s'enfuyaient vers l'Espagne ; arrivés au-delà de Varilhes, sur le bord de l'Ariège, ils tranchèrent la tête à leur captif. Le corps de la victime fut transporté à Foix, où il fut déposé dans un oratoire, qui fut l'origine d'une fondation monastique. Mais l'histoire du château de Foix ne commence qu'avec celle des comtes. Le premier seigneur qui ait porté le titre de comte de Foix est Bernard-Roger, fils de Roger-le-Vieux comte de Carcassonne qui  mourut en 1012 (il eut pour successeur Roger Ier qui mourut en 1038). Roger-le-Vieux en 1002, fait un testament par lequel il partage ses domaines entre ses trois fils ; à Bernard il laisse la terre et le château de Foix. C'est le premier document où l'on trouve la preuve authentique de l'existence du monument.

chateau de Foix 119 Forteresse vue de l'Est  

Pendant les 11 ème et 12 ème siècles, les comtes tiennent à faire preuve de piété, qui se manifeste par des dons aux églises. Ils constituent, au profit de l'abbaye de Saint-Volusien, un vaste domaine autour de la ville et dans la vallée supérieure de l'Ariège. Le 18 janvier 1111 le comte Roger II fait transférer en grande pompe, dans une nouvelle église, les reliques du saint patron de la cité, qui reposaient dans une dépendance du château.

A la fin du 12 ème siècle, la ferveur des comtes se ralentit ; comme les autres grands seigneurs du Midi, ils adhèrent à l'hérésie albigeoise et encourent les foudres de la cour de Rome. La croisade est prêchée contre les partisans des nouvelles doctrines. Avec les comtes de Toulouse, leurs suzerains et leurs alliés, les comtes de Foix sont les plus énergiques et les plus vaillants soutiens de la cause méridionale. Quand, après la défaite de Muret en 1213, le Languedoc et l'Aquitaine se soumettent aux gens du Nord, quand Raymond VI de Toulouse renonce à la lutte, les comtes de Foix prolongent la résistance ; la légende évoquant leur souvenir, les représente comme les derniers défenseurs de la patrie romane. Victor Balaguer, le grand poète de la Catalogne a composé  une trilogie pour rappeler ces glorieux évènements ; une des parties du drame se passe au château de Foix où le comte donne le signal d'une prise d'armes contre les croisés.

chateau de Foix 001 La face Ouest de la forteresse de Foix  

C'est en 1210 que Simon de Montfort pénètre pour la première fois dans le pays de Foix ; il se rend d'abord à Pamiers pour assister à une conférence où se réunissent Pierre II, roi d'Aragon, Raymond VI, comte de Toulouse, et le comte de Foix, en vue de faire cesser les hostilités. Les négociations se rompent, Montfort s'avance vers la ville de Foix ; après en avoir ravagé les environs, il en commence l'attaque si vivement que la garnison, qui fait une sortie, est même obligée de se replier en hâte vers la ville. A en croire le moine Pierre de Vaux-Cernay (l'historien de Simon de Montfort) Simon fut le héros pendant la bataille, suivi d'un seul chevalier, ils se jetèrent sur les ennemis qui se pressaient aux abords des portes, le pont levis se referma au moment où ils allaient pénétrer dans le château. Contraint de rétrograder par un chemin étroit et bordé de murailles, Simon voit alors son compagnon tombé sous les pierres que lancent les défenseurs de la place. Les habitants courent aux remparts et jettent une telle quantité de projectiles sur les assaillants qu'ils les forcent à se retirer en désordre. Après cette déroute, Montfort se retira à Carcassonne.

chateau de Foix 003  Foix 25 rue de la mairie 1920

Le vieux Foix rue des Chapeliers, la tour Ronde située au Sud domine la ville. A droite, la même rue qui s'appelait à l'époque rue de la Mairie en 1905

chateau de Foix 011  chateau de Foix 004

A droite le château vu de la place Pyrène, et à gauche, zoom sur la tour Ronde de la forteresse

En 1211, les comtes de Foix et de Toulouse sont réunis à Narbonne, où le légat du Saint-Siège essaie de les réconcilier avec l'Église Romane. A l'entrevue se trouve le roi d'Aragon, qui intervient en faveur de Raymond-Roger  (1188-1223) ; Simon de Montfort consent à lui accorder la paix, mais à la condition de livrer Pamiers. En outre, le château de Foix doit être confié au roi d'Aragon, avec autorisation de le remettre aux agents de l'Église romaine, si Raymond-Roger n'observe pas la parole donnée. Ne tenant aucun compte de cet engagement, ce prince, en 1212, recommence les hostilités qui ramènent l'armée de la croisade dans le pays où elle procède à un dégât général. La ville de Foix est prise, mais le château n'est pas attaqué. Un historien anonyme de la guerre des Albigeois constate qu'en 1212 la forteresse est imprenable par suite de sa position et grâce à la bravoure de ses défenseurs d'où il renonce à déloger les comtes de Foix et de Toulouse qui s'y étaient réfugiés.

En 1213, Raymond-Roger prend part à la désastreuse bataille de Muret où périt le roi d'Aragon ;  Raymond-Roger  charge à la tête des coalisés et ce n'est pas faute de courage et de vaillance que le combat est perdu. Après la défaite de ses  alliés, le comte de Foix se hâte de rentrer dans son fief, Simon de Montfort le fait poursuivre jusqu'à Foix, dont les faubourgs sont encore brûlés.

Raymond-Roger est accusé d'avoir favorisé la religion cathare, il ne se contente pas de se défendre, il attaque avec violence l'attitude et cruauté de Simon de Montfort et échappe ainsi à toute condamnation. Je reviendrai plus tard sur la cruauté de Simon de Montfort, vous pourrez juger.

Il faut savoir que Raymond-Roger n'agit pas seulement pour défendre ses terres, mais aussi pour prendre la défense des gens de son pays contre les étrangers venus avec la croisade, qui ignorent tout des coutumes régionales. Et peu lui importe de savoir si ceux qu'il protège sont ou non cathares.

chateau de Foix 008  Foix 24 rue de la bistour 1930

C'est intéressant de comparer ces deux photos, 80 années les séparent, celle de droite date de 1930, à l'époque elle s'appelait rue de la Bistour, aujourd'hui c'est la rue Labistour. Sur la place Labistour au croisement de trois rues, on découvre la charmante  fontaine du cygne ou de l’Oie en fonte. La Tour de Labistour (en occitan, fausse tour ou bastion) qui s’élevait à cet emplacement fut l’ultime vestige de l’enceinte du XIIème siècle, rasée en 1805.

chateau de Foix 009

La vieille ville de Foix

chateau de Foix 019 Je vous présenterais d'autres photos de la ville plus tard, voici la rampe d'accès piétons qui mène à l'entrée du château

chateau de Foix 018   chateau de Foix 017

A gauche, l'entrée de la forteresse, l'accès est au Nord-Est, photo de droite, en montant levez les yeux pour admirer l'architecture des premières fortifications

chateau de Foix 016

En montant au château vous commencez à dominer la vieille ville de Foix

chateau de Foix 116

Vous avez franchi la barbacane située au pied de la Tour d'Arget, vous êtes dans l'enceinte fortifiée de la forteresse de Foix

chateau de Foix 117

Pavage du moyen-âge reconstitué

chateau de Foix 114   chateau de Foix 115

A gauche, la Tour Carrée face Nord dite Tour du Milieu avec son escalier menant à la courtine crénelée reliant les deux tours carrées. A droite, autre vue de la Tour du Milieu sa face Est, cette tour date du XIIème siècle, les fenêtres à meneaux que vous apercevez, furent aménagées au XVème siècle par le père de Gaston Phébus. Vous verrez que pratiquement toutes les ouvertures comportent des grilles ou des barreaux, car le château a servi de prison.


En 1214, nouvelle conférence du comte de Foix à Narbonne avec le légat Pierre de Bénévent, cette fois le représentant du pape ne veut plus être dupe, et en conséquence, exige la remise effective du château de Foix, avec obligation par le comte de supporter les frais de garde. Quelque temps après, la place, occupée au nom de l'Église romaine, est confiée à l'abbé de Saint-Tibéry. Ce dernier, en s'éloignant du pays, la livre à Simon de Montfort pour la conserver jusqu'à la tenue du concile général.

Cette assemblée s'ouvre à Rome dans l'église de Latran au début de novembre 1215. La principale question à régler était la pacification du Midi de la France, dont les principaux seigneurs, vaincus par Simon de Montfort, faisaient appel au Siège Apostolique. Quelques uns viennent eux-mêmes plaider leur cause et faire valoir leurs droits auprès de pape Innocent III. Parmi eux se trouvent les comtes de Toulouse, de Comminges et de Foix. Ce dernier expose ses griefs, déclare qu'il n'a pas failli à ses promesses, que néanmoins Simon de Montfort n'a pas hésité à prendre subrepticement possession d'une place dont les armes ne lui ont pas ouvert les portes. Raymond-Roger fait alors allusion aux échecs successifs éprouvés par les Croisés devant le château de Foix, si fort qu'il se défend par lui-même. C'est justice qu'il demande, en conséquence, on doit lui rendre ses domaines. A cette réclamation, ses ennemis font maintes objections qui empêchent le pape de se prononcer. Pour connaître la vérité, il charge deux commissaires de faire une enquête, en attendant une solution, l'abbé de Saint-Tibéry reçoit ordre de reprendre possession du château, alors toujours occupé par Simon de Montfort, à qui défense est faite de faire la guerre au comte. Raymond-Roger fut loyale, mais celle de Simon de Montfort fut tout autre, qui exerça divers actes d'hostilité, pour obliger Raymond-Roger à se défendre, pour ainsi, le rendre odieux au pape et mettre en péril toute réconciliation avec l'église. Simon voulait isoler le comte Raymond de Toulouse, dans ce but, il importait de réduire à l'impuissance son plus fidèle allié, le comte de Foix, dont les états s'étendaient jusqu'aux portes de Carcassonne et de Toulouse et qui pouvait ouvrir aux Aragonais les portes des Pyrénées centrales. Au lieu d'opposer la force à la force, Raymond-Roger s'adresse au pape qui prescrit un supplément d'enquête. Simon de Montfort élude les assignations, s'il n'obtient pas l'autorisation de se faire remettre le château de Foix, au moins empêche-t-il-le d'y rentrer.

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Vous apercevez ici une partie de la Tour Ronde qui se trouve à l'extrême Sud et laTour du Milieu, les créneaux en partie basse sont ceux de la courtine reliant les deux tours carrées, sous cette terrasse il y avait un corps de logis, abritant actuellement le musée départemental de l'Ariège.

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A gauche, la Tour du Milieu et sur la photo de droite, une vue des deux tours carrées, façades Sud.

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La Tour du Milieu face Nord, la courtine crénelée, avec dessous le corps de logis, dont on voit les ouvertures condamnées par des barreaux

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Quand vous avez franchi la barbacane, levez les yeux, vous pourrez admirer la face Est de la Tour d'Arget située à l'extrême Nord de cet ensemble fortifié.

chateau de Foix 021 Ne vous trompez pas c'est laTour du Milieu, face Est.

Le 27 novembre 1216, le pape Honorius III, malgré les sollicitations dont il est l'objet, ordonne à l'abbé de Saint-Tibéry de faire restituer le château à son légitime propriétaire. C'était pour le comte la récompense de sa soumission aux ordres du légat Pierre de Bénévent. En cas de désobéissance de la part de Raymond-Roger, le château devait être confisqué au profit de l'Église romaine. D'autres conditions étaient encore exigées avant la remise de la place, notamment le payement d'une somme de quinze mille sous melgoriens pour frais de garde.

Les bonnes dispositions de la cour de Rome, mettent obstacle aux projets de Simon de Montfort, qui cherche querelle (tenace le bougre) à Raymond-Roger sous prétexte de la violation de la trêve.

Au commencement de 1217, il vient mettre le siège devant le château de Montgrenier (qui n'est autre que le château de Montgaillard) situé à 4,5 km au Sud de Foix, où s'était retiré Roger-Bernard, fils du comte. C'est en vain que le père fait appel aux commissaires pontificaux, en vain que ceux-ci se rendent au camp du chef des Croisés. Simon de Montfort qui n'a cure de leurs observations, fait occuper la ville de Foix, le château continue de rester en la possession de l'abbé de Saint-Tibéry qui, chaque semaine, réclame quarante livres en monnaie de Toulouse pour en assurer la garde. La veille de Pâques, Montgrenier est obligé de capituler, ce résultat consolide la situation des envahisseurs dans la vallée de l'Ariège.

C'est seulement en  février 1218 que Raymond-Roger peut enfin rentrer dans le château de Foix.

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LaTour carrée dite Tour d'Arget datant du XI-XIIème siècle, elle a été rehaussée au XIVème siècle et couverte d'une toiture en ardoise au XVème siècle tout en conservant les mâchicoulis et créneaux.

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A gauche la Tour Ronde datant du XVème siècle 1450 d'après les experts, elle est haute de 6 étages, elle est certainement la plus belle. Elle a été construite par Gaston IV. Photo de droite, lourde porte digne d'une prison ! Je vous en présenterai d'autres, elles sont splendides.

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Fenêtre à meneaux de la Tour Ronde avec banquettes, remarquez aussi les graffitis gravés sur les murs par les prisonniers quand le château servait de prison, je vous présenterai des gros plans de ces graffitis dans la deuxième partie de ce reportage.

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Les salles de la Tour Ronde sont hexagonales voûtées d'ogives avec blasons ou allégories

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Différentes ouvertures de la Tour Ronde

Ce prince mourut en mars 1223, après avoir survécu à son allié Raymond VI de Toulouse et à son implacable ennemi, Simon de Montfort, tué au siège de Toulouse en 1218. Pendant sa dernière campagne, Simon de Montfort avait prouvé, par sa résistance aux instructions des légats du pape, que l'intérêt du ciel n'était pas le seul mobile de ses actions.

En 1229, les Méridionaux sont vaincus, Raymond VII de Toulouse signe la paix avec la cour de France. Après une vaine tentative de lutte, Roger-Bernard II, le nouveau comte de Foix, imite cet exemple, et le 16 juin 1229, à Saint-Jean-de-Verges, village situé à 6km au Nord de Foix, fait une soumission sans réserve aux représentants du pape et du roi. La remise du château de Foix est encore exigée comme garantie de l'exécution du traité. Le délai d'occupation fut fixé à cinq ans, au bout de cette période, la forteresse fut rendue définitivement à son maître.

sceau de Roger-Bernard II comte de foix 1229bis

Sceau de Roger-Bernard II comte de Foix 1229 

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Différents tableaux exposés dans les tours vous explique les corps de métiers ayant contribués à la construction du château de Foix, ici le tailleur de pierre

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Ici l'architecte ayant en charge le chantier du château et le forgeron

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Une salle de la Tour Ronde au plafond magnifique voûté d'ogives

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A gauche, l'entrée de la Tour Ronde et à droite, l'escalier à vis

Le 24 février 1265, s'éteignit à l'abbaye de Boulbonne le comte Roger IV, ayant pour héritier son fils Roger-Bernard III, encore mineur. Roger IV laissa plusieurs filles, dont l'une, la quatrième, s'appelait Esclarmonde, par une clause de son testament, il ordonna qu'elle fût élevée dans le château de Foix jusqu'à l'âge de quinze ans. Elle épousa par la suite l'infant d'Aragon Jacques, qui devint roi de Majorque.

sceau de Roger IV comte de foix 1241bis

Sceau de Roger IV comte de Foix 1241 

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Splendide porte de château fort

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Différentes fenêtres à meneaux avec banquettes dans l'épaisseur des murs de la Tour Ronde

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A gauche l'escalier à vis et porche ciselé, à droite une meurtrière 

Le fait le plus célèbre qui marqua l'histoire du château de Foix, se passa au siège de mai-juin 1272.

Après la mort du comte d'Alphonse de Poitiers et de sa femme Jeanne de Toulouse, le Languedoc est réuni à la couronne de France. C'est le moment que choisit le comte de Foix, Roger-Bernard III, pour braver l'autorité de son suzerain en essayant de faire acte de rébellion. En 1272, Géraud de Casaubon, seigneur de Sompuy (château situé en Gascogne, au diocèse d'Auch, aujourd'hui Saint-Puy, canton de Valence dans le Gers), est en contestation avec Géraud comte d'Armagnac, il lui refuse l'hommage, déclarant ne le devoir qu'au roi de France. Le comte de Foix prend fait et cause pour son beau-frère et, unissant ses forces aux siennes, s'arroge le château en litige. Les deux princes sont cités à la cour du roi pour rendre compte de leur conduite, Géraud d'Armagnac se soumet et obtient son pardon. Telle n'est pas l'attitude de Roger-Bernard, se croyant hors d'atteinte dans ses montagnes, il pousse même l'audace jusqu'à s'attaquer au sénéchal de Toulouse, Eustache de Beaumarchais. Immédiatement, cet officier envahit les terres du vassal insoumis et les fait occuper jusqu'au Pas-de-la-Barre à 15 km de Foix. C'était la partie qui avait toujours relevé du comté de Toulouse, tandis que le roi d'Aragon prétendait exercer des droits de suzeraineté dans la vallée supérieure de l'Ariège. Roger-Bernard refuse de se soumettre et il augmente ses moyens de défense, la garnison est renforcée, on pourvoit à la clôture des portes, on garnit les tours de machines de guerre et on se prépare à repousser l'ennemi.

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Certaine salle de la Tour Ronde possède une cheminée monumentale

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Aucune fissure n'apparaît dans ces plafonds voûtée d'ogives qui datent quand même du moyen-âge, c'était des bâtisseurs extraordinaires !

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Autre salle au plafond voûtée avec sa cheminée aux dimensions plus modestes

Philippe le Hardi vint lui-même prendre la direction de l'expédition. L'armée française était nombreuse, plus forte même qu'il ne semblait nécessaire pour réduire un vassal tel que le comte de Foix. Le roi de France voulut, en faisant montre d'une grande puissance militaire, en imposer aux alliés de Roger-Bernard. Plusieurs contingents arrivent sur place, parmi les grands vassaux, convoqués à cette occasion, on remarque le duc de Bourgogne, les comtes de Bretagne, de Flandre, de Boulogne, de Dreux, de Blois, de Ponthieu, suivis de nombreux chevaliers. Un rassemblement et une réunion est fixée à Toulouse, et les hostilités débute à la fin de mai 1272, les troupes commencent par dévaster le pays. Arrivées à Foix le vendredi 3 juin, l'armée dresse ses tentes autour du château dont les abords escarpés lui interdisent l'approche directe. Le roi a juré que jamais il ne quitterait le siège avant d'avoir pris le château. Ordre est donné d'ouvrir une brèche dans le pied de la montagne, des ouvriers se mettent à l'œuvre. En voyant de tels préparatifs, le comte de Foix comprend que le roi est ferme dans ses desseins. Le 5 juin, Roger-Bernard décide d'aller trouver le roi, s'agenouille devant lui et requiert son pardon. Le roi, sans ménagement, le fait garrotter et conduire prisonnier à Carcassonne, dans une tour de la cité. La captivité du comte ne durera pas moins d'une année. Le château de Foix et plusieurs autres de la haute vallée de l'Ariège furent remis à la garde du roi d'Aragon pendant un mois, le 7 juillet, la forteresse est livrée à Philippe le Hardi. Les limites du comté sont redéfinies. A la fin de l'année 1273, Roger-Bernard recouvre sa liberté, mais ne rentre en pleine possession de ses domaines qu'en 1275.

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Gros plan sur la condamnation des ouvertures du château, n'oubliez pas qu'il a servi de prison pendant un certain temps, mais malgré tout, à l'origine les portes étaient solides pour résister aux temps et aux agressions de l'ennemi

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Éclairage différent sur ces magnifiques ogives ornées d'un blason

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On attrape mal au coup à force d'admirer ces plafonds moyenâgeux

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C'est du bel ouvrage architectural qui a quand même traversé des siècles éprouvants

chateau de Foix 058 Gros plan sur ce blason à la jonction des ogives que l'on nomme clé de voûte

Cette série de mésaventures ne sert pas de leçon à Roger-Bernard, il s'attire ensuite la colère du roi d'Aragon qui venait de lui prêter aide et assistance. Jacques Ier, irrité de la voir intriguer dans les affaires de l'Aragon, le fait arrêter en 1280. Philippe le Hardi craignant que les états de Roger-Bernard, pendant sa captivité, ne soient exposés à quelque surprise, obtient, en 1281, de la comtesse le droit de faire garder le château de Foix et quelques autres places de la frontière. C'est seulement le 26 octobre 1285, que Philippe le Bel, qui venait de succéder à son père, donne ordre aux garnisons d'évacuer les places occupées.

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Cheminée de la Tour Ronde, nous sommes à quel étage ?

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Autre porte s'ouvrant vers l'escalier à vis de la Tour Ronde desservant une petite salle éclairée par une fenêtre avec double banquette dans l'épaisseur du mur

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Tous les plafonds de la Tour Ronde ont cette même configuration

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Lors du recensement de leurs biens, à la demande du roi de France Philippe III le Hardi, entre 1263 et 1272, les comtes de Foix disposaient de 73 châteaux et des trois grottes fortifiées de Bouan, d'Ornolac et du Soulombrié.

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Arrivé en haut de la Tour Ronde vous arrivez sur une terrasse où vous voyez l'architecture de la Tour d'Arget au Nord, et vous avez une vue magnifique sur toute la région fuxéenne.

A partir du XIV ème siècle, le château, s'il conserve sa valeur stratégique, n'a pas la même importance politique, car Foix n'est plus l'unique capitale des comtes qui viennent en héritant du Béarn, de la Bigorre, du Marsan et de grands domaines en Catalogne, d'augmenter leur puissance. Par conséquence, Ils sont obligés de se transporter et de s'arrêter là où sont engagés leurs intérêts. Pau, Orthez, font tort à Foix.

Une ville située dans le pays de Foix, Mazères, à partir de Gaston-Phoebus jusqu'à  Gaston IV, c'est à dire, pendant la seconde moitié du XIV ème siècle et pendant la première partie du XV ème, devint une des résidences préférées des comtes de Foix. C'est dans cette ville qu'en 1390 Gaston-Phoebus reçut le roi Charles VI, qu'en 1412 mourut le comte Jean Ier.

Au XIV ème et au XV ème siècle les comtes de Foix furent : Gaston Ier qui régna de 1301 à 1315, ensuite vint Gaston II de 1315 à 1343 et puis Gaston-Phoebus de 1343 à 1391.

En 1305, Philippe le Bel (1268-1314) imposa un impôt pour financer la guerre de Flandre, le Languedoc refuse de payer, le peuple se soulève et se livre à des désordres.

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De la Tour Ronde vous pouvez admirer la terrasse crénelée de la Tour carrée dite Tour du Milieu 

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La Tour d'Arget datant des XI et XIIème siècle et coiffée de sa toiture au XVème siècle, elle servait de tour de vigie

chateau de Foix 113 Les toits de la vieille ville de Foix vus de la Tour Ronde du château

chateau de Foix 070 L'accès au corps de logis

Le 4 novembre 1331, le comte Gaston II obtient du roi Philippe de Valois (1293-1350) l'autorisation de faire incarcérer sa mère Jeanne d'Artois, dont il avait à se plaindre. On lui reprochait la façon dont elle avait administré les états et le patrimoine de ses enfants mineurs. Enfermée d'abord au château de Foix, puis envoyée en 1333 à Orthez, elle est transférée de prison en prison jusqu'en 1343, époque où, grâce à l'intervention du roi de France elle recouvre sa liberté.

Gaston-Phoebus est né en 1331, le fait est certain, mais dans quel pays ? Dans le comté de Foix ou en Béarn ? Nul ne le sait.

En 1362, ranimant les anciennes querelles de leurs familles  au sujet de la succession de Béarn, les comtes de Foix et d'Armagnac en étaient venus aux prises à Launac. Gaston Phoebus triomphe de son rival et le fait prisonnier avec les comtes de Comminges, de Pardiac, le seigneur d'Albret et ses deux frères, les seigneurs de Terride et de Barbazan et neuf cents autres nobles ; c'est au château de Foix qu'il donne ordre de les conduire et qu'il fixe le prix de leur mise en liberté. Le 16 décembre 1362, il les assemble devant le château et, se présentant lui-même devant eux, il leur fait une déclaration pour leur apprendre "qu'il voulait bien par grâce leur accorder une ampliation de leur arrêt, ne pas macérer leur corps par la prison et les traiter favorablement comme nobles et gentilshommes". Il leur assigne ensuite pour prisons les villes de Mazères et de Pamiers, avec permission de se promener dans les environs sans pouvoir cependant découcher, les seigneurs acceptent la proposition et s'engagent de ne pas s'éloigner tant que leur rançon ne serait pas payée intégralement.

La paix entre les comtes de Foix et d'Armagnac fut définitivement conclue, le 14 avril 1363, dans l'église Saint Volusien de Foix, par l'intermédiaire des représentants du roi de France et du pape.

J'ai parlé trop vite, entre les maisons de Foix et d'Armagnac, la paix n'est pas durable, en 1376, les hostilités sont reprises de plus belle.

En 1380, quelque temps après l'avènement de Charles VI au trône, le gouvernement de Languedoc fut enlevé au comte de Foix et donné à l'oncle du roi, au duc Jean de Berry. Gaston-Phoebus ne se résigna pas à cette disgrâce et n'hésita pas à résister les armes à la main. La guerre, après avoir duré deux ans, se termina par un arrangement entre les deux parties.

Pendant ces hostilités, un parti de brigands occupait le château de Rabastens pour le duc de Berry. Gaston-Phoebus assembla un corps de troupes et délivra la contrée de cette bande qui la ravageait. Il fit pendre ou noyer quatre cents brigands ; sept de leurs chefs furent pris et conduits aux châteaux de Foix et de Pamiers où ils moururent en prison.

Gaston-Phoebus n'avait qu'un fils, soupçonnant que celui-ci, à l'instigation de son oncle maternel, Charles le Mauvais, roi de Navarre, voulait l'empoisonner, le fit mettre en prison, le jeune prince y mourut en 1381 d'une façon tragique. D'après plusieurs historiens, le fait s'est passé à Orthez, d'après d'autres auteurs qui n'en fournissent pas la preuve, ce serait au château de Foix. La mort de son fils priva Gaston-Phoebus d'un héritier direct.

En 1391, son cousin, Mathieu de Caslelbon, lui succéda, étant mineur, il fut placé sous la tutelle de sa mère Géraude de Navailles. A la fin d'août 1391, le nouveau comte tint cour plénière pour recevoir l'hommage des vassaux et confirmer les chartes des coutumes communales, la séance eut lieu au château dans une grande salle nouvellement construite.

chateau de Foix 010 Le castel de Foix veille sur la vieille ville. Un sceau des comtes de Foix daté de 1241, montre le château avec deux tours carrées uniquement.

Le 5 août 1398, s'éteignit, en la personne de Mathieu de Castelbon, mort sans postérité, la première race des comtes de Foix, leur succession passa dans la maison de Grailly. La soeur de Mathieu, Isabelle, femme d'Archambaud de Grailly, captal de Buch, recueillit l'héritage. Leur fils, Jean Ier, leur succéda en 1412, lorsqu'il mourut, en 1436, la couronne comtale échut à Gaston son fils, encore mineur. A l'avènement de chacun de ces princes eut lieu une cérémonie d'installation pendant laquelle le souverain jura de respecter les franchises et libertés du pays, confirma les chartes de coutumes communales, reçut le serment de fidélité de ses nouveaux sujets. En 1398, le 30 septembre, pour Archambaud, les trois États de la province se réunirent à Foix, non plus au château comme sous Mathieu, mais dans le cloître de l'église Saint Volusien. En 1412, Jean Ier tint la session à Pamiers. En 1436, pour l'installation de Gaston IV, une première cérémonie fut célébrée à Mazères, quand il eut atteint sa majorité, il voulut ratifier les engagements pris en son nom, le 1er avril 1448, les états furent rassemblés à Foix dans le cloître de l'église Saint Volusien, là, il renouvela son serment et, en même temps, il promit de respecter et de faire observer toutes les libertés communales, et provinciales accordées par ses prédécesseurs... A suivre ... dans la seconde partie vous allez découvrir d'autres surprises que réserve ce château magnifique ...


 

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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