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HISTOIRE

Dimanche 31 octobre 2010 7 31 /10 /Oct /2010 04:10
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Bienvenue sur le site à Christian Rouzaud, en effet, j'ai contacté Monsieur Christian Rouzaud suite à une conférence à laquelle il participait à Espezel. Son intervention concernait entre autre, un pont de pierre d'origine gauloise situé sur le territoire de la commune de Mérial dans l'Aude. J'ai été touché comme lui, de voir un patrimoine historique se délabrer par manque de soins et tomber dans l'oubli. Il est encore temps de sauver ce pont dans un site remarquable que sont les gorges du Rébenti.

Étant intéressé par tout ce qui a trait à l'histoire, je lui ai demandé s'il voulait bien écrire un article au sujet du pont, afin de le publier sur mon site internet. Il a accepté et je l'en remercie beaucoup d'avoir partagé ses connaissances du Pays de Sault qu'il connaît très bien.

C'est un passionné qui a une large ouverture d'esprit, mes pages lui sont ouvertes, il peut me contacter quand il le souhaite, s'il veut publier d'autres articles.

Carte IGN Mérial 01

Une carte pour vous situer le village de Mérial dans les gorges du Rébenty, non loin de Belcaire

carte de cassini 01

Voici une carte de Cassini du Pays de Sault de 1750


SAUVER LE PONT GAULOIS DE MÉRIAL, Patrimoine historique du Pays de Sault !! par Christian Rouzaud

On appelait autrefois ce pont, d'origine gauloise "Le pount des cas" (c'est à dire où l'on jetait les chiens dont on voulait de défaire).

Ce pont est entrain de disparaître dans la végétation luxuriante des lieux. Il se situe sur la COUME (ou combe) du Bac d'en Bournac rive gauche de la rivière REBENTI (je tiens à ce que Rebenti soit écrit avec un I, voir carte de Cassini), au-dessus de la route départementale N° 107, reliant Niort de Sault, au col du Pradel. Contrairement à ce qui a pu être écrit, il fait partie de la commune de Mérial. Cet ouvrage d'art, est très vite visible ; en dix minutes on le découvre.

A l'éclatement du village de GEBETZ  (vers 1700), deux hameaux virent le jour : Lafajolle et Mérial. Ceux-ci, n'avaient ni église, ni cimetière. Aussi les morts de Lafajolle étaient-ils transportés au village de Niort de Sault pour leur sépulture. Le chemin utilisé passait du côté ensoleillé, rive gauche du Rebenti. Ce chemin l'hiver était long et difficile, contournant des précipices, rendant le transport des morts très pénible. Le dernier voyage ! Afin d'éviter une grande combe, celle du Bac d'En BOURNAC, les habitants construisirent le "PONT DE PIERRE". Ce pont daterait selon l'étude d'un spécialiste de l'époque gauloise, et avait une grande utilité, car la route actuelle était bien loin d'exister. Dans son aspect, ce pont est uniquement construit avec de la pierre locale, avec un liant de chaux faible. Sa voute à une hauteur depuis la combe de 25 mètres. Qui a pu le construire? Les paysans locaux, et avec quel architecte ? A partir de 1754, quand Lafajolle eut son cimetière, ce pont fut moins utilisé. A proximité, est une carrière dite "de marbre", on peut envisager l'hypothèse, que ce pont aurait aussi servi, pour le transport de minerai de fer venant de l'Ariège proche, vers la forge de Mérial, ou peut-être le passage d'armées au cours d'une histoire locale que nous connaissons si peu ; qui sait !!! Hélas ce pont, chef d'œuvre, construction historique, merveille du Pays de Sault, est entrain de se dégrader, et une partie du tablier est déjà tombée, petit à petit il disparaitra. Ne peut-on sauver cette merveille du Pays de Sault ???

 

Christian Rouzaud  11340 Espezel

(Le texte ci-dessus est la propriété de Christian Rouzaud ainsi que les photos du pont)

carte de cassini 02

Gros plan sur cette carte de Cassini

Carte IGN Mérial 03

Extrait de carte IGN. Le pont gaulois de Mérial se situe dans le rond rouge

Pont Gaulois de Mérial IMG 2368

Voici une série de clichés pris par Mr Christian Rouzaud en 2009 du pont gaulois enjambant le Rébenti. Le site est envahi par la végétation qui contribue à la ruine de ce vestige faisant parti du patrimoine du Pays de Sault. Il serait temps de s'en occuper, de le rénover avant qu'il ne soit trop tard.

Pont Gaulois de Mérial IMG 2367

Une rénovation et aménagement adapté, pour admirer ce pont serait un atout touristique certain pour les gorges du Rébenti et sa région

Pont Gaulois de Mérial IMG 2361

Qu'en pensent les responsables du Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine de l'Aude n°77 rue Trivalle à Carcassonne ?

Sont-ils informés de l'existance de ce patrimoine et de son état ?

Pont Gaulois de Mérial IMG 2364

La végétation a repris ses droits, le temps presse !! Le pont gaulois date probablement de la fin du 4ème siècle ou du début du 5ème siècle.

Une question qui me vient à l'esprit : y a t'il des vestiges d'une route romaine dans ce secteur ?

Pont Gaulois de Mérial IMG 2356

Il est certainement possible de réhabiliter ce pont de l'époque gauloise

2009-04-05-Pont de pierre et carrière   2009-04-05-Pont de pierre et carrière (6)

A gauche, gros plan sur les pierres du soubassement d'une arche, utilisées pour la construction de ce pont. A droite, Jean Jacques Soulet, architecte en Ariège, qui est venu dater le pont, il est sur le site de la carrière de marbre située à proximité, le pont gaulois aurait servit entre autre, à la circulation des blocs de marbre vers Quillan.

Les Volques Arécomiques étaient le nom d'un des peuples gaulois vivant dans la Gaule Narbonnaise à l'époque de la construction du pont.

Christian Rouzaud

Mr Christian Rouzaud

Christian est très connu au Pays de Sault, pour ceux qui ne le connaisse pas encore, je vous le présente en quelques mots, car nous aurons certainement l'occasion de le lire, car il possède une certaine quantité de documents sur le Pays de Sault qu'il nous fera découvrir je l'espère sur le site :

Christian Rouzaud qui est né à Espezel il y a un peu plus d'une soixantaine d'années. Membre de la Société des Arts et Sciences de l'Aude et de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude.

Amoureux de la nature et de son pays après avoir fait des études il est admis au sein d'un grand corps de l'administration française : "les eaux et Forêts" qui deviendra, par la suite l'O.N.F. (Office National des Forêts). Soucieux de comprendre les mécanismes profonds qui régissent la vie en montagne, il a récolté patiemment, pendant de longues années, une foule de renseignements précieux. Il a effectué, en quelque sorte un long et minutieux travail de mémoire. Choqué par la désertification d'une microrégion qu'il adore, le Pays de Sault, il a récolté des témoignages humains qui n'ont pas de valeur historique à proprement parler, mais qui ont le mérite de cristalliser une époque à jamais révolue.

Il est aussi correspondant local du journal "L'Indépendant. A quoi servirait d'avoir amassé tant de savoirs, si c'était uniquement pour sa satisfaction personnelle ? Christian Rouzaud l'a bien compris, il fallait que ce long travail ne soit pas vain. Christian a donc choisi de soumettre au journal "L'Indépendant" de nombreux articles qui parlent de la vie au Pays de Sault et ils ont été publiés.

 

 

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Par Christian ROUZAUD / Jean-Pierre
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Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 05:30
Bandeau découvrir

Je ne pouvais pas, parler de Quillan sans aborder le chapitre sport, pour ceux qui la découvre, vous allez comprendre pourquoi.

Union Sportive Quillan Haute vallée 

Le cyclisme !

Une manifestation importante a lieu chaque année à Quillan, vers le 15 août dans la cité des Trois Quilles. Le plus vieux critérium de France créé en 1936  tient en général toutes ses promesses à Quillan avec un beau plateau de champions du Tour de France.

Les meilleurs du Tour de France s'affrontent dans une classique de l'été sur un circuit en centre ville. Evènement d'envergure nationale prisé par les plus grands cyclistes (notamment Richard Virenque) y ont participé, elle est inscrite au calendrier des courses d'après Tour de France. Le parcours s'effectue en boucle dans les rues de la ville, circuit de 1125 mètres  à parcourir 75 fois, soit une distance totale de 84,375 km, le temps moyen de la course est d'environ deux heures. L'itinéraire passe par ces voies : Boulevard Jean Bourrel - Pont Suzanne - Quai du Pouzadou - Pont vieux - Grand'rue - Boulevard Jean Jaurès - Boulevard Jean Bourrel.

67 critérium de Quillan 05 2010

67 ème Critérium de Quillan 2010 le japonais Arashiro et Thomas Voeckler aux coudes à coudes

67 critérium de Quillan 06 2010

67 ème Critérium de Quillan 2010 Thomas Voeckler champion de France mène la course

67 critérium de Quillan 08 2010

67 ème Critérium de Quillan 2010 Thomas Voeckler champion de France et  Anthony Charteau portant le maillot à pois du meilleur grimpeur du Tour de France 2010

critérium de Quillan 02

Le critérium de Quillan le franchissement du pont Suzanne

critérium de Quillan 03

Attention aux chutes !

critérium de quillan 01

Le critérium de Quillan le passage du pont Vieux

67 critérium de Quillan 07 2010

Eh non ! Ce n'est pas encore l'arrivée, car le critérium de Quillan s'effectue en 75 tours

67 critérium de Quillan 2010 Arashiro et Voeckler main dan ici l'arrivée du 67 ème critérium de Quillan le 15 août 2010, Arashiro et Voeckler main dans la main

Un petit clin d'oeil, j'en profite puisqu'il s'agit de vélo, l'US Créteil a effectué la traversée des Pyrénées entre Hendaye et Perpignan fin juin 2010 soit plus de 700 km avec la traversée de l'Aude et une halte à Quillan.

l'US Créteil dans la vallée de l'Aude 01 en 2010  l'US Créteil dans la vallée de l'Aude 02 en 2010

L'US Créteil dans la vallée de l'Aude début juillet 2010 (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

restaurant de Quillan l'us créteil le 2 juillet 2010 L'US Créteil au restaurant à l'étape de Quillan

Eh ! le rugby alors !

US Quillan

L'US Quillan est un club de rugby à XV français fondé en 1902 et situé à Quillan jouant actuellement en Fédérale 3. C'est l'un des seuls clubs français avec l'US Carmaux à avoir remporté le titre national en Première, Deuxième et Troisième divisions.

Pour la petite histoire, lors de son 1er match en 1902 contre Couiza, Quillan ne disposait que de 12 joueurs. A la fin des années 20, un industriel possédant une industrie de chapeaux, M. Bourrel décide de créer une grosse équipe à  Quillan. Celle-ci participera 3 ans de suite à  la finale en remportant le titre de champion de France en 1929. Cette équipe comptera beaucoup d'anciens joueurs de l'Union Sportive de Perpignan. Le Président Bourrel bien connu dans le milieu du music hall et du spectacle à  Paris joua pleinement un rôle de mécène : ainsi il payait le salaire de l'ouvrier de Jean BONNET afin que ce dernier puisse assister aux entrainements. Aussi lors de la finale remportée de 1929, il offrit à  tous les joueurs une montre en or gravée à  leur nom à  défaut du Bouclier de Brennus qui avait disparu.

rugby 03 MIROIR SPORTS n°507 du 8-10-1929 Quillan et C.A.S   rugby 02 MIROIR SPORTS mai 1930 Quillan et Carcassonne dem

Photo de gauche, en Octobre 1929 au stade Jean-Bouin l'US Quillan champion de France de rugby a battu 22 à 0 le C.A.S.G. ( club omnisports parisien fondé en 1903)

Photo de droite, Mai 1930 à Lyon l'US Quillan bat l'A.S. Carcassonne 3 à 0 et se qualifie pour la finale du championnat.

Quand Quillan travaillait du chapeau

En 1929, la cité de l’Aude remporte le titre de Champion de France grâce à une équipe de mercenaires attirés par un riche chapelier, fou de rugby et déjà fils de pub. Récit.

A la fin des années vingt, un certain Jean Bourrel porta le chapeau de l’amateurisme "marron" du rugby français. Cela tombait plutôt bien, car il était chapelier et très riche. En tous cas, l’industriel le plus florissant du département de l’Aude, grâce à son entreprise, la maison Tibet, réputée dans la France entière, alors que les présidents du Conseil (des ministres), comme les policiers ou les gangsters ne sortaient pas sans un feutre, voire un Borsalino, élégamment posés sur leur chef.

Jean Bourrel résidait et prospérait à Quillan. Un gros bourg de la Haute Vallée de l’Aude où l’équipe de rugby venait de remporter le titre de champion de France de troisième division. C’était en 1923. Mais, fou de rugby, comme beaucoup de gens de cette région, le patron des établissements Tibet ne pouvait viser que les sommets. Si Quillan devait être champion de France, c’est tout en haut. Et Jean Bourrel se décide. Si sa bonne ville ne peut pas produire des très bons joueurs, il faudra aller les chercher ailleurs. Mais de préférence juste à côté. A Perpignan, par exemple. Chez l’ennemi héréditaire catalan, qui vient de perdre, 11-0, en finale du grand championnat, face, encore et déjà, au Stade Toulousain. Là, nous sommes le 2 mai 1926. Et, du coup, l’on apprend que sept de ces perpignanais battus joueront la saison prochaine à l’US Quillan. Pour des raisons strictement professionnelles, bien évidemment. Car ils ont obtenu un emploi chez Monsieur Bourrel. Aussi, des Tarbais et des toulousains trouvent, à leur tour, une belle vocation dans la chapellerie. Tous perçoivent un salaire de chez Thibet. Plus, bien sur, quelques dédommagements.

A cette époque, non seulement, le professionnalisme n’existe pas officiellement, mais il est violemment prescrit. Notamment par les Britanniques qui régissent le rugby comme ils l’entendent. Et justement, ceux-ci ne l’entendent pas de cette oreille. La FFR d’alors, déjà en conflit avec les grands clubs " historiques" (Pau, Stade Toulousain, Bayonne, Stade Français, Grenoble, etc) dépositaires de "l’esprit" amateur pur et dur, fait le dos rond et laisse faire.

l'équipe de rugby de Quillan en 1928 L'US Quillan en 1928 

Rugby l'US QUILLAN 1928-1929 L'US Quillan 1928-1929

Bourrel et Quillan obtiennent donc leur grande équipe mais sans Quillanais dans l’effectif. Ce qui provoque un sacré tohu-bohu dans le royaume d’ovalie où l’on joue d’abord pour sa ville ou son village. N’empêche que très vite les "mercenaires" du fabricant de chapeaux grimpent dans la hiérarchie nationale tandis que le sieur Bourrel se montre moins fou que certains le disent. Il y a même du prophète chez cet homme, quand il affirme : " Je suis certain d’avoir plus de publicité en disputant le titre de champion de France qu’en placardant des affiches dans tout le pays " *. D’ailleurs, avant et après le match, chacun de ses joueurs se doit de porter un chapeau Thibet.

L’ascension prend néanmoins un mauvais départ. Le 20 mars 1927, le talonneur Gaston Rivière, 26 ans, meurt d’une fracture d’une vertèbre cervicale à la suite d’un coup de pied donné par un perpignanais, lors d’une rencontre du championnat.

Pourtant Jean Bourrel insiste. Le 6 mai 1928, Quillan va jusqu’en finale et perd face à une Section Paloise (4-6) forte de treize joueurs béarnais. Mieux, le 28 avril 1929, cinq "quillanais" le centre Baillette, l’ailier Soler, l’ouvreur Cutzach, le troisième ligne Jean Galia et le capitaine (et troisième ligne) Eugène Ribère constituent le tiers de l’équipe de France qui écrase l’Allemagne, 24-0. Le joueur phare de l'équipe de Quillan était Charles Bigot, qui fut sélectionné 4 fois en équipe de France.

Enfin, quelques jours plus tard, le 19 mai, Quillan est champion de France en battant le voisin des Corbières, Lézignan (6-5). Hélas le derby audois se termine par une bagarre dans les tribunes.

Jean Bourrel, le chapelier de Quillan a gagné son pari. Mais à quel prix ? Car, si l’année suivante, l’USQ est encore finaliste mais défaite par Agen (4-0), les quinze plus grands clubs français font sécession et créent en janvier 1931, l’UFRA (Union française du rugby amateur), tandis que les Britanniques, excédés, chassent la France du Tournoi des Cinq Nations. Une exclusion qui ne prendra fin qu’en 1947.L’UFRA et la FFR, pour leur part, se réconcilieront en 1932.

La véritable raison de l'exclusion de l'équipe de France du tournoi des cinq Nations : La France est exclue du tournoi en 1931 pour soupçons de professionnalisme (car à l'époque ce sport est amateur), actes de violence (décès du joueur de Quillan Gaston Rivière en 1927 et de l'Agenais Michel Pradie en 1929) et suite au funeste match France-Galles lors du tournoi en 1930. Elle n'est réintégrée que le 1er janvier 1947.

L’aventure de l’US Quillan, elle, en restera là.

  • Source. Un Siècle de Rugby. Richard Escot, Jacques Rivière. Calmann-Lévy.

l'équipe de rugby de Quillan en 1929

L'US Quillan en 1929

Christian Maugard président de l'US Quillan

Christian Maugard président du club de rugby l'US Quillan HV depuis 1993 

L'US Quillan HV aujourd'hui joue en Fédérale 3 depuis 2005, l'équipe a comme président depuis 1993 Christian Maugard, un homme charismatique, il est aussi vice-président du comité du Languedoc. Le bar restaurant "Le Palace", un lieu où l'actualité rugbystique de la région mais aussi nationale et internationale est en bonne place, c'est aussi le siège de l’US Quillan.

Le rugby Quillanais cette année encore est bien placé au classement de sa poule.

Rugby l'US QUILLAN 2009

Le club de rugby l'US Quillan HV en 2009

Rugby l'US QUILLAN 2010

 Le club de rugby l'US Quillan HV en 2010

Le festival de folklorique de Quillan

festival folklorique de quillan 01 Autre fait majeur qui se passe à Quillan, en juillet de chaque année depuis 1996, année de la création d'un Festival de folklore : cette manifestation de pays de la haute vallée rassemble six cantons répartis sur le territoire. Des communes regroupées en Sivu organisent tout au long de l'année la venue des troupes du monde entier. Depuis treize ans, ces ensembles internationaux de musiques et de danses traditionnelles se produisent sur le territoire pour le plus grand plaisir de tous. Cette manifestation concrétise une volonté et un travail remarquables de l'ensemble des organisateurs pour conserver cette approche libre aux cultures du monde et pour produire des spectacles de très haut niveau autour de la danse et de la musique de tous les pays. Elle permet à la plupart des communes, par cette organisation intercommunale et inter-cantonale, de pouvoir accueillir des troupes de renommée internationale (la plupart des troupes sont composées de ballets nationaux). L'ouverture du festival s'effectue avec une grande parade du monde et ses 500 participants, danseurs et musiciens, sur le boulevard Jean Bourrel et la place Raoul de Volontat.

Plus de 60 000 personnes viennent applaudir et rencontrer les troupes venues du monde entier. Le succès de ce festival folklorique va grandissant avec les années qui passent.

festival folklorique de quillan 02 De nombreuses troupes folkloriques du monde entier dancent sur scène à Quillan et vous offre un spectacle magnifique


Comme promis dans la deuxième partie, voici quelques photos de la ville de Quillan et de ses environs pour clore ce reportage

QUILLAN en 2010 026

Dans descendant du col du Portel, une vue sur Quillan

Quillan l'église 02

L'église Notre Dame de Quillan dont les murs ont été réalisés avec les galets de l'Aude

Quillan vu du col du Portel

La Haute Vallée de L'Aude et sa capitale Quillan

Quillan vu du col du Portel 02

Quillan vu côté Nord

Quillan vue d'ensemble 02

Le mois de juin à Quillan

Quillan vue d'ensemble 06

La place de la République en hiver

QUILLAN en 2010 017

 

QUILLAN en 2010 004

Le quai du Pouzadou

QUILLAN en 2010 006

Le pont Vieux de Quillan enjambant l'Aude et menant à la place de la République

QUILLAN en 2010 007

Place de la République

QUILLAN en 2010 019

Rue tranquille de Quillan le dimanche

QUILLAN en 2010 020

L'intersection avec le Boulevard Jean Jaurès

QUILLAN en 2010 021

La place Raoul de Volontal

Quillan vu du chateau 04 Le vieux Quillan et le pont Vieux

Quillan vue d'ensemble 01

Quillan Ouest vu de la D117

saint julia de bec à l'est de Quillan

Une belle vue sur Saint Julia de Bec petit village à l'Est de Quillan

Quelques beaux clichés du début du XX ème siècle en souvenir d'un passé pas si lointain ...

quillan col du portel 02 en 1900

Carrefour au col de Portel en 1905 croisement avec la D117 et la D613 qui va vers Belcaire (la route qui monte à droite)

quillan col du portel en 1900

Col du Portel route de foix (D117) en 1900 

Quillan lacet du col du portel en 1900

La route de Foix (D117) le fameux fer à cheval en 1910

Quillan le col du portel en 1920 Les lacets de la montée au col du Portel route de Foix en 1920

Quillan sur la route de carach en 1905 Quillan sur la route de Carach en 1905

Quillan Vue générale vers 1950 Voici une belle vue générale de Quillan dans les années 1950 que m'a adressé André Duchamp en novembre 2011.

Il a acheté aux puces du canal à Lyon un ensemble de 200 à 300 négatifs ou positifs noir et blanc sur des plaques de verre d'environ 13 x18cm.

Toutes ces photos ont été prises par "SL" et parmi ces photos, il y en avait concernant Quillan dans les années 1950, en voici d'autres ci-dessous.

Quillan 01 1950

Quillan 1950 vue générale du nord vers le sud dans l'axe de l'Aude qui se trouve à gauche sur la photo

Quillan 02 1950 le vieux pont sous le chateau

Quillan 1950 le vieux pont sous le château

Quillan 03 1950 Eglise, rue Joseph Erminy Quillan 1950 Église, rue Joseph Erminy


En espérant que ce reportage vous aura intéressé. J'ai certainement omis de parler de certaines choses par oubli ou ignorance, d'avance je m'en excuse, et je compte sur vous pour m'aider à apporter un complément d'information s'il y a lieu.


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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mercredi 13 octobre 2010 3 13 /10 /Oct /2010 04:00
Bandeau découvrir  

Tout d'abord, avant de commencer cette deuxième partie du reportage "DÉCOUVREZ QUILLAN CAPITALE DE LA HAUTE VALLÉE DE L'AUDE", je tenais à remercier tous les Quillanais et Quillanaises ainsi que tous les internautes de la Haute Vallée de l'Aude qui m'ont témoigné leur sympathie après la diffusion de la  première partie, Merci à vous tous.

L'histoire de la chapellerie qui a marqué la ville de Quillan passe inévitablement par une autre ville proche, celle d'Espéraza, par où tout a commencé ! Cela sera l'occasion de vous montrer des photos de la grande époque, 1900-1920 où l'industrie du chapeau tournait à plein régime.

Mais avant cela je vous propose de découvrir en photos quelques rues de Quillan :

Quillan les bains

Quillan les anciens bains douches transformés en Maison du Tourisme avec la statue l'abbé Félix Armand (voir la première partie)

quillan les bains douches en 1950

Quillan les bains douches dans les années 1950

Quillan les anciens bains aujourd'hui la maison du tourisme

Quillan les anciens bains douches transformés en Maison du Tourisme

Quillan place de la republique 04 Quillan la place de la République en 2009

Quillan place de la république 02 en 1900

j'adore ces allers-retours dans le temps, Quillan la place de la République en 1900

Quillan place de la république en 1900 En voici une autre, Quillan la place de la République en 1900

Quillan place de la republique 02 Photo superbe HDR pour les connaisseurs, la place de la République

Quillan place de la republique 03 La place de la République de nuit, prise du pont Vieux

Quillan place de la republique entrée du pont vieux Le même lieu mais de jour

L'Aude à Quillan 02  L'Aude à Quillan 03

L'Aude traversant Quillan

QUILLAN en 2010 009

Une des rues principales du vieux Quillan

QUILLAN en 2010 010

Quillan la place de la République

Quillan statue 01  Quillan l'église sous la neige

Quillan sous la neige

QUILLAN en 2010 013

Rue de Quillan

QUILLAN en 2010 014

La poste centrale de Quillan

QUILLAN en 2010 015 Une des artères principales de Quillan non loin des anciens bains-douches

Je vous proposerai d'autres photos des rues de Quillan et ses environs, elles seront à l'affiche dans la troisième partie de ce reportage ...

bandeau chapeau

 Histoire de chapeaux :

Quillan est le point culminant d'un bassin d'activités vouées à l'industrie dès le XVII ème siècle (forges, scieries, moulins à farine, manufacture de drap et chapelleries très renommées).

Comment est arrivée la chapellerie dans l'Aude ?

Combattant sous les ordres de Louis XV, des habitants de Bugarach (Corbières) furent faits prisonniers en Haute-Silésie (Pologne). De retour en 1804 seulement, ils s'établirent au bord de l'Aude, à Espéraza, pour y développer le savoir-faire qu'ils avaient appris là-bas. Ce fut le début de florissantes fabriques de couvre-chefs. A début, les ressources locales en laine et en poil de lapin suffirent, mais bientôt les centres chapeliers importèrent leurs matières premières et exportèrent des chapeaux finis et des "cloches" (chapeaux semi-finis).

La chapellerie a eu une activité industrielle florissante à Espéraza dans les années 1820, la fabrication de chapeaux feutre resta artisanale jusque vers 1855, l'amélioration des techniques, l'afflux de la main d'œuvre désoccupée par l'industrie textile du drap en déclin, le développement des possibilités d'exportation grâce à l'arrivée du chemin de fer permirent une évolution sensible. La chapellerie de la haute vallée prit une importance considérable, occupant l'essentiel de la population active à Espéraza, Couiza, Chalabre et Quillan et dans les villages voisins.

Quillan les usines en 1950 Les usines de Quillan dans les années 1950 

Un homme marqua l'histoire industrielle de la région de la haute vallée, Jean Bourrel :

Bien qu’il ait consacré la majeure partie de son existence à la ville de Quillan, Jean Bourrel n’en demeure pas moins un pur Espérazanais puisqu’il naquit à Espéraza le 11 novembre 1886, fils de l’industriel Jean Baptiste Bourrel et de Mathilde Barbaste son épouse.

A l’issue de solides études, il fera tout naturellement son apprentissage dans l’entreprise familiale à Espéraza (actuels établissements Monblason) où l’usine Bourrel frères occupe une place importante parmi les manufactures de chapeaux qui font alors le renom de la haute vallée de l’Aude. Après son mariage à Gincla, en 1912, et la tourmente de la Grande Guerre, Jean Bourrel est appelé par le directeur propriétaire de l’usine Huillet et Lasserre à Quillan (créée en 1908) afin de relancer la production chapelière de cet établissement récemment ravagé par une crue dévastatrice de l’Aude. Homme dynamique et remarquablement organisé, gestionnaire rigoureux, doté d’un physique de géant, Jean Bourrel qui est devenu propriétaire de l’usine à la mort de M. Lasserre en 1922, va impulser un élan novateur à son entreprise qui, avec la célèbre marque de chapeau le "Thibet", conquiert très vite un marché national et international.

Quillan l'usine Jean Bourrel en 1900

L'usine de chapeaux de Jean Bourrel en 1900 

chapeau ThibetLe fameux chapeau "Thibet" des années 30 

En quelques années, Jean Bourrel va organiser et agrandir ses bâtiments de production qu’il relie par un pont de fer au centre de Quillan, le fameux "pont Suzanne", portant le prénom de sa fille, inauguré en 1928, lors du passage du président de la République Gaston Doumergue qui inaugura aussi ce jour-là le premier grand barrage sur le cours de l’Aude, à Puyvalador.

Quillan le pont suzanne 01

Quillan le pont "Suzanne" enjambant l'Aude, construit par Jean Bourrel en 1928 pour faciliter l'accès à ses usines 

Quillan industrie du chapeau 01 en 1900

Quillan l'atelier d'appropriage de l'usine Delmas et Pont en 1900

Quillan industrie du chapeau 02 en 1900

Quillan l'atelier d'appropriage de l'usine Huillet et Lasserre en 1900

Quillan industrie du chapeau 03 en 1900

Quillan l'usine Huillet et Lasserre repris par Jean Bourrel ici à droite, photo datant de 1923

Il y a eu jusqu'à 14 usines employant une main d’œuvre de près de 3000 ouvriers, Espéraza fut le principal centre de production avec Quillan et Couiza. C'est la décennie 1921-1931 qui vit l'apogée de l'industrie chapelière, avec une production de qualité largement tournée vers l'exportation et des salaires très élevés. A cette époque, Espéraza était le 2ème centre mondial de la chapellerie. La  fermeture des marchés extérieurs dès le milieu des années 1930, le poids des charges salariales, la taille insuffisante des entreprises aboutirent à la ruine de la chapellerie avant la Seconde Guerre mondiale. La fabrication du chapeau en feutre de laine de mouton comporte deux phases essentielles que sont, la réalisation de la cloche et celle du chapeau fini. Partant de la laine brute, 26 opérations sont nécessaires à la confection du chapeau. Sachez qu'il existe un Musée de la chapellerie à Espéraza très intéressant où l'on vous explique de A à Z la fabrication du chapeau et que l'entrée de ce Musée est gratuite. Le Musée est situé dans le même bâtiment que celui du musée Dinosauria.

Pour ceux que cela intéressent, voici les noms spécifiques des différentes opérations pour la confection d'un chapeau. Tout d'abord en ce qui concerne la réalisation de la cloche que l'on appelle "la foule" voici les 14 phases :

Opération de carbonnisage, de dégroudonnage, le mélange, le cardage, l'enroulage, le semoussage, le multirouleau, le foulon, la teinture, le foulon multirouleau, la dégageuse de tête, le clochage, le ponçage et le dressage.

Ensuite vous avez les 12 opérations de finition du chapeau que l'on nomme "l'appropriage" :

Opération d'apprétage, le dégageage des bords, le dressage, le rasage, le formage, le rognage, le piquage, le garnissage, le matricage, le bichon, l'écussonnage et l'emballage.

L'abandon du port du chapeau par les jeunes générations, a provoqué une régression du marché. Une seule usine reste aujourd'hui en activité sur le site Couiza-Montazels ; la plupart des autres ont été converties en fabriques de chaussures, de meubles, de mousse plastique (Espéraza) ou de panneau décoratif lamifiés (revêtement Formica à Quillan).

Espéraza vue d'ensemble 01 Espéraza en 2010

Espéraza vue d'ensemble 02 Espéraza en automne

Je vais vous présenter maintenant toute une série de photos intéressantes datant des années 1900, concernant la confection des chapeaux à Espéraza montrant les différentes étapes de fabrication d'un couvre-chef

Esperaza fabrique de chapeau les usines en 1900

Les usines à chapeaux d'Espéraza 1900

Esperaza fabrique de chapeau la carderie 01 en 1900

Fabrication du chapeau Mérinos à Espéraza l'atelier la garderie

Esperaza fabrique de chapeau la carderie 02 en 1900

Une autre photo de l'atelier la garderie à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau l'apprêtage en 1900

L'atelier d'apprêtage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau les fours en 1900

L'atelier des fours à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le bichonnage en 1900

L'atelier du bichonnage pour le chapeau Mérinos à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le dressage en 1900

L'atelier du dressage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau l'appropriage en 1900

L'atelier de l'appropriage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le foulage en 1900 manufacture

L'atelier du foulage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le garnissage en 1900

L'atelier de garnissage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le mécanique en 1900

L'atelier du mécanique à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le pannage en 1900

L'atelier du pannage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le piquage en 1900

L'atelier du piquage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le sableur 02 en 1900

L'atelier du sablage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le semoussage02 en 1900

L'atelier du semoussage à Espéraza en 1900 (erreur sur la légende de la photo)

Esperaza fabrique de chapeau les magasins des cloches en 19

Le magasin des cloches à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le veloutage et le brossage e

L'atelier du veloutage et du brossage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau merinos le ponçage en 1900

L'atelier du ponçage à Espéraza en 1900

Esperaza fabrique de chapeau le semoussage01 en 1900

L'atelier du semoussage à Espéraza en 1900

Esperaza tout le monde porte un couvre chef en 1900

A Espéraza en 1910 tout le monde porte un couvre-chef

Esperaza défilé des grévistes grèves du midi en 1900 Les grèves du Midi en 1910 ici les grévistes des usines à Espéraza

En 1910 le Midi est en grève, les délaineurs, les mégissiers, les chapeliers, les mineurs et les charretiers, les viticulteurs manifestent avec des sommets de lutte dans les villes de : Mazamet, Graulhet, Espéraza, Salsigne, Porté, l’Hospitalet, Ginesta, Moussan. La misère sociale grondant partout, faisant naître des soulèvements. Une longue grève due aussi aux perturbations qui entraîna la mécanisation de l'industrie locale.

comite de grève espéraza 1910

Comité de grévistes des usines d'Espéraza en 1910 

Esperaza course du boeuf en 1900

Il me semblait insolite de vous montrer aussi le côté festif de la course du boeuf qui se pratiquait à Espéraza en 1900

Esperaza course du boeuf 02 en 1900 La course du boeuf une fête locale d'Espéraza en 1900

Espéraza manufacture de chapeau 1900

 

Esperaza fabrique de chapeau musée du chapeau 01  Esperaza fabrique de chapeau musée du chapeau 02

Sachez qu'il y a un musée du chapeau à Espéraza avec de nombreuses machines d'époque et toutes les explications sur la fabrication de chapeau.

Et sur place il vous est possible d'acheter des chapeaux d'Espéraza

 

Toujours lié à l'histoire de Quillan et qui a fait sa richesse : les carrassiers ou les radeliers, les maîtres du flottage du bois !

Un reportage d'ailleurs sur le bois a déjà été réalisé sur ce site, voir ICI

radeliers

Les radeliers sur l'Aude en 1910

Les radeliers

On ne peut pas parler de Quillan sans parler de la rivière l'Aude qui la traverse.

La force motrice de ce torrent fut très vite mise au service des habitants et l’industrialisation de Quillan s’affirma, depuis la simple création de roues d’arrosage pour les jardins, aux moulins à farine, aux tanneries, tissages de draps, et autres, sans oublier les Forges.

Le dernier moulin des bords de l’Aude, délaissé depuis longtemps, disparut à son tour pour agrandir le quai du Pouzadou, comme allait disparaître aussi l’abattoir, pour des raisons moins évidentes.

Au XVIII ème siècle, l’exploitation des forêts prit une ampleur exceptionnelle. Les créations de scieries se multiplièrent comme en témoignent les nombreuses demandes de créations de barrages. La radellerie fit de l’Aude une voie de transport du bois incontournable.

Il y avait un port à Quillan, il était situé en face du cimetière actuel.

flottage du bois 01 Le flottage du bois mené par les radeliers

Les bois destinés au flottage devaient être rassemblés sur le port de Quillan pour y être contrôlés par les officiers de la Maîtrise. Ces bois provenaient des forêts domaniales (entendez par là royales) et particulières situées dans le Donnezan, le Roquefortez, le Pays de Lez, le plateau de Sault, le haut Fenouillèdes et, parfois, le Capcir. Les forêts les plus abondantes et les plus facilement exploitables étaient celles des Fanges, de Callong Picaussel, de Sainte Colombe et de la Bénague. Compte tenu du caractère torrentueux de la rivière et de l'étroitesse de son lit, le flottage s'avérait pratiquement impossible en amont de Belvianes.

Quillan scierie de la forge en 1900 La scierie de la Forge à Quillan en 1910 

Il y avait le bois destiné aux moulins à scie locaux (on en comptait de nombreux dans la haute vallée de l'Aude et dans celles du Rébenty et de la Boulzane) et celui acquis par des acheteurs plus lointains, notamment la subdélégation maritime de Narbonne qui devait alimenter les chantiers de l'escadre du Levant. Dans leur grande majorité, les troncs parvenaient au port de Quillan par voie de terre. De lourds attelages, traînés par plusieurs chevaux que l'on doublait dans les côtes, allaient les chercher dans les vastes forêts du Donnezan ou du Pays de Sault, empruntant souvent des chemins que les intempéries, le charroyage incessant et le manque d'entretien rendaient extrêmement pénibles et difficiles; ces voies se transformaient en véritables cloaques lors de fortes pluies ou à la fonte des neiges. Suivant la saison, la descente sur Quillan durait plusieurs jours et il n'était pas rare de voir des attelages embourbés jusqu'aux essieux dans le Portel, dans les vallées du Saint Bertrand, du Rébenty ou de la Bruyante. Convoyer ces pesants chargements sur 20, 30 ou parfois 40 kilomètres relevait quasiment d'une épopée digne du Far West américain, les Peaux Rouges en moins. Les voituriers ou camionneurs ayant la responsabilité de ce transport étaient assurément des hommes solidement trempés, connaissant parfaitement le pays et doués d'une force peu commune.

Ensuite les équipages de radeliers ou plus exactement de carrassiers, pour employer le terme languedocien couramment usité pour les désigner acheminaient tous ses de troncs de mélèzes ou de sapins grossièrement émondés, pesant souvent plus de 100 kg chacun, et qui vont avoir à parcourir près d'une centaine de kilomètres sur un fleuve pas toujours très sage, au lit encombré de pièges divers par voie d'eau en confectionnant des radeaux, c'est ce que l'on appelle le flottage du bois. Sachez qu'à l'époque, le débit de l'Aude était nettement supérieur à celui d'aujourd'hui, les berges plus touffues et moins domestiquées, le lit plus encaissé, conditions qui rendaient encore plus périlleuse la navigation, son débit oscillait entre 3000 et 5000 mètres cubes secondes. Certains radeliers ralliaient Carcassonne en une journée puis continuaient à voguer avec leur chargement jusqu'à Narbonne et revenaient à Quillan par la route.

quillan forêt de callong en 1900

Chargement de bois dans la forêt de Callong à l'ouest de Quillan vers Coudons en 1900

Quillan forêt de carach en 1900

Descente du bois de la forêt de Carach (située au sud-Ouest de Quillan) vers Quillan en 1900. Le chargement était tiré par des boeufs empruntant des chemins très difficiles.

Axat la forêt des Fanges transport du bois en 1900

Le bois venait aussi d'Axat forêt des Fanges en 1905

transport du bois par des mules en 1900

Les mules étaient misent aussi à contribution pour le transport du bois

axat la scierie en 1905

La scierie d'Axat sur les rives de l'Aude en 1900  Quillan scierie pons en 1910

La scierie Pons à Quillan en 1910

usine électrique dans les gorges st georges près-copie-1

A l'entrée des gorges de Saint-Georges près d'Axat se trouvait l'usine électrique photo de 1910

En 1889-90, la ville de Quillan est alors éclairée par quarante et une lanternes au pétrole ; la ville s'est agrandie et le besoin d'un nouvel éclairage est de plus un plus nécessaire. Le maire désigne une commission dont la mission sera de rechercher un nouveau système d'éclairage. La ville optera pour l'éclairage à l'électricité.

 

Quillan, utilisant la force hydraulique de l’Aude, fut la première ville du département  éclairée à l’électricité le 28 juin 1891. L'installation d'éclairage public comprendra 67 lampes dont le pouvoir éclairant total sera deux fois et demie plus intense que l'éclairage actuel. Elle conserve à ce jour son usine électrique et sa régie municipale d’électricité.

Joachim Estrade Joachim Estrade 

Pour la petite histoire, Joachim Estrade né le 9 janvier 1857 à Beyrède-Jumet (Hautes Pyrénées), fils de Jean Estrade, instituteur communal à Camous et de Jeanne Marie Mont, son épouse. Mis en pension au collège à Carcassonne où il prépare les Arts et Métiers et y est admis en 1873. Il en sort en 1876 major de sa promotion.

Il entre aux Ponts et Chaussées où il travaille aux chemins de fer. C'est ainsi qu'il est amené à connaître la haute vallée de l'Aude et ses habitants. Or dans les années 1880-90, on parlait beaucoup de l'éclairage par l'électricité, il fait un projet pour l'éclairage public de la ville de Quillan et le soumet aux édiles municipaux. Adjudicataire, l'éclairage public de Quillan avec 67 lampes remplaçant trois douzaines de lampes à pétrole, va lui servir de banc d'essai.

Joachim Estrade conçut le projet de transporter sur une centaine de communes de l'Aude plusieurs milliers de KW sous une tension alternative de 20000volts. Cette décision, pour l'époque, était très audacieuse et les soutiens étaient rares. Pour ce faire, il créa une filiale, la "Société méridionale de Transport de Force" qui mit en service fin 1900 une première grosse centrale hydroélectrique dans les gorges de Saint Georges. Un canal d'amenée permettait de disposer d'une chute de 100m alimentant des turbines Pelton pour une puissance totale de 4000 à 6000cv suivant les saisons. Le transport du courant se faisait par une ligne en courant alternatif à 20000 volts. On imagine facilement les problèmes posés par l'installation d'une ligne dans un relief aussi accidenté (crêtes à 1000 m) et les problèmes ensuite de l'exploitation d'une ligne à haute tension (orages, vent, neige, tenue des isolateurs, oiseaux de proie provoquant des court-circuits, animaux nuisibles dans l'usine, etc.) Après l'incendie de cette première usine, une deuxième est construite en 1914 à Gesse avec une chute de 200m, une puissance de 6000kw et une ligne de transport à 35000 volts.

Dépassant le problème de la seule production d'électricité, un barrage est construit ensuite à Puyvalador pour régulariser le cours de la rivière, très demandé par les agriculteurs pour l'irrigation, et permettant aussi d'exploiter par d'autres usines toute la haute vallée de l'Aude. Ce barrage poids, le seul à cette date barrant une vallée des Pyrénées, permet une retenue de 10 millions de m3 et est inauguré en 1928 par le Président de la République Gaston Doumergue, le premier discours étant celui de Joachim Estrade, accueillant les invités.

Joachim Estrade est décédé le 13 février 1936 et est inhumé à Caunes Minervois.


Il n’est pas vain de rappeler que la vie près de l’Aude n’est pas toujours sans dangers. Trois ou quatre fois par siècle, l’Aude, paisible fleuve côtier, se transforme en un torrent dévastateur.

Les vieux Quillanais le savent bien, eux qui ont été victimes de la trop fameuse crue de 1917. Plus près de nous qui se souvient des inondations du 13 septembre 1963. Le 21 mars 1974, une nouvelle fois l’Aude se mit en colère. Les riverains avaient de quoi être inquiets : l’eau charriant arbres et détritus de toute sorte avait envahi leurs caves et leurs rez-de-chaussée. L’usine "FORMICA" était évacuée. Tout danger n’est jamais écarté aux bords d’un torrent.

usine électrique dans les gorges st georges près d'axat e L'usine électrique près d'Axat en 1910 à l'entrée des gorges de Saint-Georges

raffting a axat Le rafting est pratiqué dans le défilé de Pierre Lys près d'Axat

 

Et pour conclure cette deuxième partie, Marie-Claude P. a voulu participer à sa manière à ce reportage et elle m'a proposé ce joli texte :

 

COUP DE CHAPEAU

 Texte écrit par Marie-Claude P. en hommage à tous ces ouvriers et ouvrières qui ont œuvré pour le succès de la chapellerie de la Haute Vallée de l'Aude

 

(Sur l’air de la chanson composée par Serge GAINSBOURG, interprétée par  Régine : LES P’TITS PAPIERS)

 

 

Souvenez-vous de ces chapeaux,

Qu’ils soient pointus, ronds, ou lustrés,

De haute forme, plat ou melon,

A bords étroits ou retroussés,

A larges ailes, à deux bonjours(1),

Chapeaux de roses ou bien de plumes,

Ornés de fleurs ou bien d’oiseaux.

 

Découvrez-vous ou coiffez-vous,

Enlevez-le ou mettez-le,

Enfoncez-le ou tirez-le,

Portez-le ou tortillez-le,

Donnez en un ou quelques coups,

Ne  travaillez pas du chapeau,

Attention de n’pas l’avaler.

 

Souvenez-vous de ces chapeaux,

Chapeau de plage ou de magie,

Chapeau chinois,

Chapeau d’gendarme,

Chapeau d’cow boy.

 

Laissez parler les vieux chapeaux,

Chapeau de jardin,

Chapeau de ville,

Chapeau de pluie,

Chapeau  de soleil,

Souvenez-vous.

 

N’oubliez pas les chapeliers,

Tous les fouleurs et les ponceurs,

Les emballeurs et les piqueurs,

Les  bichonneurs, les garnisseurs,

Les  sémousseurs et les cardeurs,

Les panneurs et les apprêteurs (2),

En ont bavé des ronds d’chapeaux.

 

Ne brûlez(3) pas les vieux chapeaux,

De cuir, de feutre, de paille, de soie,

De toile, de v’lours ou de papier,

Souvenez-vous.

 

(1)    Dans le folklore bourbonnais, la femme porte un chapeau de paille (dit à 2 bonjours)  relevé à l’avant et à l’arrière ; ce qui lui permet de saluer deux fois.

(2)    Pour n’oublier personne le texte cite toutes les actions nécessaires à la fabrication d’un chapeau que l'on peut lire dans le reportage de Jean-Pierre.

(3)    Une coutume ancienne  veut qu’un père, après avoir marié sa dernière fille, brûle son chapeau le lendemain. S’en suit une danse autour du feu.

 

 

Il se passe toujours quelque chose sur ce site qui vous surprendra et vous intéressera. Pour  ne pas rater le prochain reportage sur Quillan 3ème partie, c'est simple, suivez le conseil indiqué ci-dessous :

 

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 03:30
Bandeau découvrir

Cela faisait un moment que j'avais cette idée, et rien de plus normal, que de vous concocter un reportage exclusivement consacré à la ville de QUILLAN étant donné qu'elle est l'une des villes la plus importante proche de BELCAIRE (29 km, 35 minutes pour y aller). Je vais essayer d'aborder tous les aspects majeurs qui ont fait de QUILLAN ce qu'elle est aujourd'hui, avec un mélange de photos d'antan et d'aujourd'hui. Si j'oublie d'aborder quelque chose d'essentielle, je compte sur vous pour rédiger le complément, que je pourrai éventuellement rajouter aux articles, car il y aura deux ou trois parties sur ce sujet . Ce reportage comportera plus de 164 photos ... Allez on y va, il y a un gros travail à réaliser ...

plan situation Quillan 01

Situons Quillan, rien de telle qu'une carte plutôt qu'un long discours vous en conviendrez

plan situation Quillan 02

Situation un peu plus précise, Puivert en haut à gauche, Belcaire en bas à gauche, Rennes-le-Château au Nord, Axat et le château de Puilaurens en bas à droite. Tout est en place, on peut commencer.

Quillan vue aérienne 01

Vue aérienne de Quillan

Quillan vue aérienne 02

Voici une vue aérienne de Quillan prise en 2008

Complètement à droite, au milieu vous apercevez le pont Vieux et la forteresse, l'Aude serpentant le long du vieux Quillan

blason de la ville de quillanLe blason de la ville de Quillan

Quillan capitale touristique de la haute vallée de l'Aude, avec ses 3542 Quillanais(es) (1999). Quillan est dominé par les sommets de Bitrague et des Trois Quilles. Quillan bénéficie du label Station Verte, sachez que c'est un point de départ stratégique vers le Razès Cathare vous permettant d'être proche de nombreux sites tel que Peyrepertuse, Puilaurens, Quéribus, Termes, Arques, Puivert et Rennes le Château.

Un pont du XVII ème siècle enjambe l'Aude, qui traverse la ville dans toute sa longueur. Les ruines de l'ancien château du XIII ème siècle domine la cité sur la rive droite de l'Aude. Il ne reste malheureusement pas grand-chose de cette forteresse médiévale de plan carré que je décrirai plus loin, avec échauguettes aux angles, rare exemple de ce type d'architecture militaire dans la région. Elle servit de garnison aux troupes de Guy de Lévis, principal lieutenant de Simon de Montfort.

le vieux Quillan et le fort à gauche Le vieux Quillan avec la forteresse à gauche panorama Quillan 2010 L'Aude serpentant dans Quillan

Quillan enfants au bord de l'Aude en 1900

Des enfants au bord de l'Aude à Quillan avec la forteresse au fond en 1900

Quillan bord de l'Aude en 1900

Cette photo des bords de l'Aude à Quillan date de 1900, il est intéressant de faire une comparaison avec les photos de notre époque, ce qui apporte, comment vous dire ... vous sentez la force de ce patrimoine photographique ! Vous ne serez pas déçu, j'en ai plein d'autres ...

QUILLAN en 2010 005 Le pont Vieux rive droite 

Quillan est bâtie au carrefour des routes qui reliaient déjà au Moyen Âge, le Roussillon, la Cerdagne et l'Ariège. Son histoire est liée à la tumultueuse famille de Niort, célèbre pour ses accointances avec l'hérésie et sa lutte contre l'église.

Nous avons très peu d'éléments permettant de connaître la configuration du bourg avant le XIII ème siècle. Un lieu de culte Notre-Dame est mentionné dès 930, occupé par des chanoines au début du XI ème siècle en 1018. Cette collégiale était située au nord de la ville actuelle, de nombreuses offrandes et donations en son nom sont retrouvées dans les écrits. C'est en 1165 que l'on trouve trace du castrum de Quillan pour la première fois parmi les biens de l'archevêché de Narbonne. Contrairement à l'idée reçue selon laquelle les évènements de la croisade albigeoise aurait arrêté la croissance des pays du Languedoc Roussillon, l'exemple de Quillan développa son tissu urbain avant 1209 grâce au contexte géopolitique de l'époque. Le Pays de Sault, situé à une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau de Quillan, était depuis au moins le X ème siècle, le domaine des seigneurs de Niort  (sujet qu'il serait intéressant de développer en regroupant dans un reportage tout ce qui s'y rapporte). Ceux-ci faisaient le jeu des alliances avec les comtes de Foix, de Cerdagne et de Roussillon ce qui leur permis de devenir des vassaux redoutés car ils étaient de précieux alliés. Au début du XIII ème siècle, ils étaient devenus les maîtres de la haute vallée de l'Aude. Face à leur domaine, la seigneurie de Quillan régenté par l'archevêque de Narbonne, il possédait l'entière justice et cela constituait une sorte d'enclave face aux seigneurs de Niort qui restaient les principaux vassaux dans cette région. Quand vint la croisade, les seigneurs de Niort qui avaient un penchant pour le catharisme ont dû faire un choix, plusieurs membres de la famille comme Bernard Oth de Niort, ses frères Géraud, Guillaume-Bernard, Guillaume et Raymond feront parti des armées de chevaliers faydits qui soutiennent les anciens seigneurs de Carcassonne , les Trencavel.

Pendant la croisade des Albigeois, Quillan passe sous la domination de Simon de Montfort au moment où celui-ci vient d'être reconnu en décembre 1215, comte de Toulouse par le concile de Latran. Il en profitera pour annexer certaines possessions de l'archevêché de Narbonne dont celle de Quillan. Cette spoliation est à l'origine d'un long désaccord sur la seigneurie de Quillan entre Montfort, puis le roi de France, son successeur, et les archevêques de Narbonne.

QUILLAN en 2010 011

L'Aude vu du pont Vieux en direction du Nord

QUILLAN en 2010 012 L'Aude vu du pont Vieux en direction du Sud 

Ce désaccord durera jusqu'en 1280 quand le roi Philippe le Hardi abandonne l'ensemble de ses droits à l'archevêque Pierre de Montbrun, moment où, la ville prospère grâce à l'exploitation du bois des grandes forêts de la haute vallée. Pendant cette période Raymond de Niort jouera double jeu avec les pouvoirs en place, et il défendra les cathares. En 1243-44 il entre en contact avec les défenseurs de Montségur pour leur fournir des informations et des secours, car il est l'époux de Marquèse, la fille de Pierre Roger de Mirepoix, le principal défenseur de la forteresse. Cette action lui vaut la chute de Montségur et d'être poursuivi par l'Inquisition.

Poursuivi par l'Inquisition Raymond de Niort parvient constamment à échapper à l'église.

Quillan l'église 01  Quillan l'église 03

Le clocher de l'église Notre-dame à Quillan

QUILLAN en 2010 028 Quillan vu de la route D117 menant au col du Portel

Quillan le chateau   plan 03003

La forteresse vu du Pont Vieux et Le vieux Quillan vu de la forteresse

Quillan vue d'ensemble 05

Du pont Vieux, l'Aude et les remparts du château dominant la ville

Quillan chateau 03

Après avoir franchi le pont Vieux on aperçoit les remparts du château

QUILLAN en 2010 008 On approche de la forteresse sur les hauteurs de la rive droite de l'Aude

Les ruines de la forteresse :

La cité se développe grâce à l'essor économique et pour mieux asseoir leur pouvoir, les archevêques élèvent au-dessus de la ville, sur la rive droite de l'Aude, un fort dont le style architectural évoque les forteresses de Villerouge-Termenès ou de Capestang avec pierres à bossage. Ce château a un plan carré de trente quatre mètres de côté. Les courtines d'une épaisseur 1,80 m sont percées d'archères et de grandes baies plein cintre. Les murs mesuraient autrefois 13 mètres de hauteur, aujourd'hui cinq à six mètres ont été restaurés La forteresse était accessible par une tour-porte (la tour-porte était une grande tour carrée de 8m par 6m, elle était constituée de trois voûtes superposées et pouvait mesurée vingt six mètres de hauteur), elle formait une tour maîtresse dont la façade extérieure est aujourd'hui détruite. L'entrée principale est située Nord-Nord-Est. Elle était protégée par un fossé (aujourd'hui comblé) et par un pont-levis. Les quatre angles étaient défendus par des échauguettes polygonales identiques à celles de Narbonne, et semblables à celles que l'on trouve à Carcassonne, sur la porte Narbonnaise. Aujourd'hui, des archères à fente, à étriers rectangulaires (4 au Nord, 5 au Sud et à l'Ouest, et 2 à l'Est côté entrée) ainsi qu'une poterne sont encore visibles avec des restes de logis à fenêtres. Occupant un quart de la surface de la cour, sur l'angle Est, un immense château d'eau construit en 1950, défigure le site (indiqué sur le plan).

plan de la forteresse de Quillan

Le plan de la forteresse de Quillan

QUILLAN en 2010 027

Sur cette photo de la forteresse, on aperçoit le haut du château d'eau situé à l'intérieur de l'enceinte

Quillan chateau 02

La porte principale du château avec son assommoir encore visible sous le porche vu de l'intérieur de l'enceinte

quillan le chateau en 1900

La porte principale du château en 1900 vu de l'extérieur

Quillan le chateau 03  Quillan le chateau 05

La poterne du château vu de l'intérieur et de l'extérieur

remparts du chateau de Quillan

La muraille avec ces pierres à bossage du château de Quillan

Quillan le chateau 02  Quillan le chateau 04

Aux quatre angles des échauguettes polygonales

Voici quelques dates essentielles de l'histoire de cette forteresse :

Vers 1165 construction de la forteresse (premières traces écrites relatant le fort).

En 1215, durant la croisade des Albigeois, le château est pris par l'armée de Simon de Montfort qui le confie à Guy de Lévis, son fidèle lieutenant.

En 1216, l'archevêque de Narbonne écrit une supplique au Pape Honorius pour rétablir ses droits sur le domaine de Quillan.

En 1281, la garnison de Quillan est dirigée par un certain Bompart, il a été nommé par l'archevêque.

En 1332, le château est donné au Roi de France (contre une somme de 5000 livres tournois) c'est le début du remaniement des bâtiments.

En 1341, fin de rénovation du château.

En 1394, durant la guerre de cent ans, le Roi somme l'archevêque de fortifier le château.

Vers 1480, les troupes aragonaises ravagent les régions du Fenouillèdes et de la Haute Vallée de l'Aude. Les Espagnols occupent Quillan.

En 1495, les troupes du Roi de France chassent les intrus de la ville et du château.

En 1573, les Calvinistes prennent la ville.

En 1575, le château de Quillan est incendié par les Huguenots.

En 1576, rendue au vicomte de Joyeuse, la ville est fortifiée et des fossés sont creusés. Après les guerres de religions, le château est très délabré.

En 1628, le Sénéchal de Carcassonne demande à l'archevêque une remise en état du château et du moulin suite à une inspection.

En 1659, le traité des Pyrénées scelle une paix entre l'Espagne et la France et permet l'annexion du Roussillon. Les fortifications deviennent alors inutiles pour la protection de la région du fait que les frontières reculent.

En 1735, le château est démantelé, sur la proposition de l'archevêque.

En 1791, le château est vendu aux enchères. L'achat est réalisé par Thomas Marre plâtrier à Quillan.

En 1954, les ruines sont inscrites aux Monuments Historiques, et ce n'est qu'en 1994, que des fouilles sont organisées et ce fut le début d'une restauration (ou consolidation).

Avec le "pont vieux", bâti sur l'Aude, d'origine médiévale et remanié au XVII ème siècle, ils forment un ensemble très pittoresque.

quillan le pont vieux en 1965

Le Pont Vieux d'origine médiéval photographié ici dans les années 1960

Quillan le vieux pont

Le Pont Vieux

Quillan le vieux pont 02

Le Pont Vieux, l'Aude est calme en été

Quillan le vieux pont 03

Le Pont Vieux qui résiste aux humeurs de l'Aude vu de la rive gauche

Quillan le vieux pont 04 Le Pont Vieux sous toutes les coutures, vu de la rive droite 

Quillan vue d'ensemble 03

Quillan Sud vu de la forteresse, avec la montagne Carach qui culminent à plus de 1131 m

un chemin de randonnée partant de Quillan permet d'y accéder

Quillan vue d'ensemble 04

Un beau panorama du vieux Quillan Sud

Quillan fontaine

Fontaine à Quillan où l'eau est omniprésente

L'Aude à Quillan 01 Le Rafting Canyoning Canoë est pratiqué sur l'Aude à Quillan et des compétitions de slalom de canoë-kayak sont organisées régulièrement

Les activités de la fin du XX ème siècle, notamment avec l'industrie du stratifié, les usines de formica (matières plastiques) dans les années 1950-1970 ont permis à la ville de connaître un prodigieux essor grâce à leurs développements, beaucoup n'ont pas survécu au naufrage industriel. Grâce à la proximité des châteaux du Pays Cathare et de sites naturels (gorges et forêts de sapins noirs), propices à la pratique de sports d'eaux vives, de randonnées à VTT ou à pied (780 km de chemins balisés), le tourisme a pris le relais d'une économie précaire.

Malgré le faible taux de population, la commune de Quillan est l'une des plus importantes villes de l'Aude avec Carcassonne, Narbonne, Limoux et Castelnaudary.

Le bourg s'étire le long de l'Aude et se situe au carrefour routier de la D117 (Foix-Perpignan) et de la D118 (Quillan-Carcassonne). Au nord-ouest de la commune se trouve le Quercorb et le Pays de Sault au sud : deux microrégions bien typées.

QUILLAN en 2010 029 Quillan conserve une atmosphère bien sympathique, très couleur locale avec son vieux centre et sa promenade. Une curieuse église de la fin du XII ème siècle, agrandie au XVII ème siècle, est recouverte de galets de rivière.

La mairie occupe un bel hôtel particulier.

Une maison particulière à visiter, la maison natale de l'abbé Félix Armand (1742-1823) de Saint-Martin-Lys, fondateur de la route dans le défilé du même nom (défilé de Pierre-Lys), sise boulevard Jean-Jaurès. Ce curé fit ouvrir le passage au pic et à la pioche, c'est ce que l'on appelle le "trou du curé". Le défilé de Pierre-Lys se situe entre Quillan et Axat, c'est un passage impressionnant et spectaculaire entre des falaises où s'accrochent quelques buissons (voir les photos ci-après).

La gare de Quillan est le terminus de la liaison ferroviaire la reliant à Carcassonne, en passant par Limoux. Aujourd'hui, la ligne s'est modernisée et propose plus de rotations journalières avec la mise en service de tous nouveaux TER aux couleurs de la région Languedoc-Roussillon (rouge et jaune).

Des bus relient quotidiennement la ville à Limoux et Carcassonne mais également à Foix.

QUILLAN en 2010 016

La gare de Quillan, cela me rappelle de bons souvenirs, c'est ici que l'on a débarqué en août 1972 pour la première fois avec nos sacs à dos

je m'en souviens bien, c'était un dimanche en tout début d'après-midi, il faisait très chaud ...

Quillan car pyrénéen Moulines en 1900 Les cars pyrénéens Moulines en 1900, voici le transport journalier de Quillan à Montlouis, toute une époque !

 

Quelques personnalités nées à Quillan :

- Jean-Claude Rouan, joueur de rugby à XV né à Quillan en 1933

- Charles Marx (1903-1946), médecin de Quillan et résistant

- Jean Guiraud, historien né à Quillan

- Laurent Reverte, auteur-compositeur-interprète, né à Quillan en 1971

- André Desseilles (1914-1999), homme d’affaires

- Robert Punzano, auteur et comédien de théâtre né en 1973 à Quillan

défilé Pierre lys 01    défilé Pierre lys 03

Vous prenez la D117 en direction d'Axat et juste après le village de  Belvianes et Cavirac vous avez ceci : le défilé Pierre Lys impressionnant, l'endroit est propice au rafting

défilé de Pierre Lys 51

Le trou du curé au défilé Pierre Lys, la montagne vous tombe dessus !

défilé Pierre lys le trou du curé 02   défilé Pierre lys 06

Le trou du curé au défilé Pierre Lys, des aiguilles impressionnantes s'élèvent au-dessus de votre tête, elles s'appellent à juste titre, les murailles du Diable

défilé de Pierre Lys trou du curé en 1900

Le trou du curé dans le défilé de Pierre Lys en 1905

défilé Pierre lys 09 en 1910

Le défilé Pierre Lys le trou du curé, vieille photo prise en 1910

Saint Martin Lys en 1900

Saint Martin Lys en 1900

défilé Pierre lys 05

Le défilé Pierre Lys en juin

défilé Pierre lys 07

Le défilé Pierre Lys en automne

défilé Pierre lys 04 Le défilé Pierre Lys, les murailles du Diable 

Ce n'est pas fini, d'autres sujets ayant trait à Quillan seront abordés dans la deuxième partie de ce reportage, il y aura peut-être une troisième partie je verrai lors du montage ...


Il se passe toujours quelque chose sur ce site qui vous surprendra et vous intéressera. Pour  ne pas rater le prochain reportage sur Quillan 2 ème partie, c'est simple, suivez le conseil indiqué ci-dessous :

 

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 02:00
bandeau-cathares.jpg bandeau chateaux cathares

 

Voici la seconde partie de cette belle découverte du château de Villerouge-Termenès ...

chateau villerouge-termenès003

Vue aérienne du château de Villerouge-Termenès côté Sud

Villerouge-Termenès Panorama 20-25

Un autre panorama sur ce château qui a encore de beaux jours devant lui

Au XIII ème siècle, le château est transformé en exploitation agricole tout en abritant le four banal (four seigneurial dont l'utilisation exigeait une redevance). Le château sera vendu à plusieurs propriétaires au moment de la Révolution.

Le château, en ruines, est classé monument historique depuis le 6 octobre 1976.

La municipalité a acquis le monument en 1994 afin d'y créer un pôle de développement culturel, qui à mon avis est très bien réussi.

 

chateau villerouge-termenès002

J'ai trouvé intéressant de jumeler la vue aérienne et le plan ci-dessous. Attention ! le Sud sur la photo se trouve à gauche

plan du chateau villerouge-termenès 01

 Le plan de Château de Villerouge-Termenès

DESCRIPTION DU CHÂTEAU :

 

Le château à la forme d'un pentagone irrégulier, dont les quatre angles sont occupés par des tours circulaires, et le cinquième angle par une poterne défendue par une bretèche.

La porte d'accès est située au centre du front Nord, précédée d'une rampe d'accès défendue par un premier portail en arc brisé où figure le blason de l'archevêque Bernard de Farges (1311-1341). Les tours et la plupart des murailles ont toutes conservé leurs élévations d'origine. Les murs sont percés d'archères, le crénelage subsiste en partie ainsi que le chemin de ronde encore utilisable aujourd'hui. Dans l'angle Sud-Est, la grosse tour fait office de donjon et mesure vingt trois mètres de haut, son diamètre à la base est de dix mètres avec une épaisseur de maçonnerie de deux mètres cinquante cinq. Tous les étages sont desservis par un bel escalier à vis logé dans le mur. Trois corps de bâtiments, sauf au revers de la courtine Nord, sont appuyés contre la muraille. Une petite porte est percée dans le mur Sud. La tour Sud-Ouest est de plan circulaire avec un méplat à sa jonction avec la courtine, elle mesure sept mètres cinquante de diamètre extérieur et possède aussi un escalier interne.

Sur la face méridionale, la poterne était défendue par une bretèche dont les supports sont toujours visibles.

Le crénelage de château est en partie détruit mais reste bien apparent.

Le corps du bâtiment Nord-Est et les demi-tours adjacentes datant probablement du XVII ème siècle, abritent une exposition permanente intitulée "le monde de Guilhèm Bélibaste, dernier Parfait Cathare" avec une illustration du Catharisme, de l'archevêché de Narbonne et de la vie quotidienne à Villerouge-Termenès au XIV ème siècle. Le tout parfaitement bien expliqué avec une très belle scénographie audiovisuelle.

villerouge-termenès 34   Villerouge-Termenès 46

Vous avez franchi la poterne Sud du château, photo de gauche, une vue en direction de la cour de la forteresse et au fond la rôtisserie. Cliché de droite, par où vous êtes entré.

Les portes de part et d'autre, ouvre sur la grande salle d'apparat scindée en deux (voir plan).

Villerouge-Termenès 79

L'entrée de la rôtisserie médiévale

  Dans une aile Ouest du château, installée dans les anciennes écuries, il y a une rôtisserie médiévale unique en Europe, où sont servis des plats à partir de recette du XIV ème siècle au temps de Bélibaste. On peut y déguster les mets du XIII et XIV ème siècles dans un décorum d'époque et proposés dans une vaisselle reconstituée d'après les recherches des archéologues et des historiens. Divers menus vous sont proposés, le repas débute par un apéritif, une entrée et une viande rôtie servie avec une demi-galette de pain que l'on mange avec les doigts. Le dessert est accompagné d'un verre d'hypocras. Le service est assuré en costume du Moyen-Âge. Ouvert toute l'année, ce lieu unique en son genre, vous transporte au XIV ème siècle au moyen de recettes du moyen-âge traduites et restituées. Des banquets médiévaux animés sont organisés sur demande dans la salle d'apparat du château.

Il faut préciser, qu'avant l'édification du château actuel, il y avait un autre château, plus modeste, qui a été révélé lors d'une campagne de sondage archéologique.

Du chemin de ronde, vous avez une belle vue sur le village et les alentours ...

Villerouge-Termenès 67b

A votre avis, est-ce un pavage au sol ? Eh, bien non, c'est un appareillage en dôme de pierre granitique au plafond d'une des salles du château

villerouge-termenès 37 Villerouge-Termenès 84

Photo de gauche, l'escalier menant au sommet de la tour Nord-Est où vous avez une jolie vue sur le village. Photo de droite, la partie Est du chemin de ronde est accessible au public, vous redescendez par la tour-donjon

Villerouge-Termenès 83

Jolie vue de la tour sur l'église Saint-Étienne

Villerouge-Termenès 64

Les hirondelles virevoltaient au moment de ma prise de vue sur l'église Saint-Étienne

Villerouge-Termenès 61

Les toits et l'église du village de Villerouge-Termenès

Villerouge-Termenès 54

Changement d'altitude, nouveau regard !

Villerouge-Termenès 65

Secteur Nord du village, sur les collines en face, il y a encore les vestiges d'un moulin à vent

villerouge-termenès 13

L'étroite porte d'entrée principale du château aménagée au milieu de la courtine Nord défendue par une bretèche, construction en saillie au sommet permettant le jet vertical de projectiles pour défendre la porte.

villerouge-termenès 22 bis villerouge-termenès 22

Différentes vues de la porte principale du château avec sa bretèche au sommet

villerouge-termenès 25 villerouge-termenès 18

Photo de gauche, toujours la porte principale. Photo de droite, la rampe d'accès menant à la porte principale du château défendu par un premier portail que vour pouvez voir sur les photos ci-dessous

Villerouge-Termenès 85 Villerouge-Termenès 86

La rampe d'accès du château défendue par un premier portail en arc brisé, voir la photo ci-après pour le côté extérieur ...

villerouge-termenès 24 villerouge-termenès 40

Cliché de gauche, le portail en arc brisé où figure le blason de l'archevêque Bernard de Farges.

Photo de droite, volet de la maison Azalbert qui possède en fronton, une pierre sculptée du XVIII ème siècle incrustée dans la façade. On y aperçoit le blason du général Dagobert de Fontanilles (1736-1794) voir le gros plan ci-dessous ...

villerouge-termenès 40 bis

Gros plan sur le blason du général Dagobert de Fontanilles

villerouge-termenès 23

La tour-donjon au Sud-Est

plan du village villerouge-termenès 03

LE VILLAGE DE VILLEROUGE-TERMENÈS :

 

Le village s'est constitué autour du château au XII ème siècle. Il y a actuellement 158 habitants à Villerouge.

On présume que la localité a connu deux enceintes successives. La seconde, dont certaines parties sont encore visibles, pourrait remonter à la Guerre de cent ans (1337 à 1453).

Elle était desservie par deux ou trois portes et par un pont qui traverse encore le ruisseau du "Lou" au Sud du château.

Dans sa partie Nord-Est, le village fortifié a conservé une tour-porte du XIV ème siècle, la bien-nommée "porte Saint-Jean". Elle comporte encore un assommoir, l'emplacement d'une herse et elle est décorée des armes de Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne au début du XIV ème siècle. La porte Saint-Etienne, située approximativement près du Pont-Vieux qui permettait d'accéder à l'église, n'existe plus.

Dans le village, la maison Azalbert possède une pierre sculptée du XVIII ème siècle incrustée dans la façade. On y aperçoit le blason du général Dagobert de Fontanilles (1736-1794), propriétaire d'un district minier dont Villerouge fut le centre.

La maison Genty-Jordy possède certains éléments (porte, fenêtres) des XVI ème et XVII ème siècles.

A proximité du village, au Nord, sont à signaler les ruines de deux moulins à vent du XIX ème siècle. Un moulin à eau d'origine médiéval existait aussi le long du "Lou".

  L'église Saint-Étienne dont la construction remonte au XIII ème siècle, renferme un remarquable retable du maître autel du XVI ème siècle agrémenté de huit panneaux peints et bois sculptés représentant des scènes de la vie de Saint-Etienne, une cuve baptismale du XII ème siècle, une statue de Saint-Etienne du XV ème siècle, une croix de chemin en pierre du XVI ème siècle et la cloche en bronze qui date du XVI ème siècle.

Pour visiter l'église se renseigner au château.

A proximité, de l'église on peut voir aussi un socle de croix aux armes de Pierre de la Jugie dont il est question dans la première partie du reportage.

villerouge-termenès 08 villerouge-termenès 31

Différentes vues de l'église Saint-Étienne

villerouge-termenès 26

 

Villerouge-Termenès 77

Vous êtes au pied de l'église Saint-Étienne dont la porte d'entrée se trouve sur le côté latéral Sud

Villerouge-Termenès 75 Villerouge-Termenès 76

Les abords de l'église Saint-Étienne

villerouge-termenès 11

L'église Saint-Étienne en contre-jour

Villerouge-Termenès 89

Le château proche de l'église, le lieu est d'un calme serein !

Villerouge-Termenès 73 Villerouge-Termenès 90

A gauche, proche de l'église une croix en fer forgé, dont le socle en pierre est orné aux armes de Pierre de la Jugie archevêque de Narbonne. Photo de droite, la rampe d'accès à l'entrée de l'église Saint-Étienne

Villerouge-Termenès 91

De l'arrière de l'église vous avez aussi une belle vue de la forteresse

Villerouge-Termenès 88

Le village de Villerouge-Termenès est entouré de vignobles

Au château de Villerouge-Termenès, le parcours est guidé sur trois niveaux, avec des diaporamas défilant, maquette, fresques et mannequins vous êtes plongé dans un monde vieux de sept cents ans. Grâce aux écouteurs dont vous serez munis vous pourrez suivre les commentaires audio et vidéo, qui vous permettra de vous immerger complètement dans le monde de Guilhèm Belibaste et des derniers cathares.

Le château dispose aussi d'une boutique où vous trouverez de la vaisselle médiévale et objets décoratifs de fabrication artisanale.

 

Pour ceux que cela intéresse, sachez qu'un très beau roman d'Henri Gougaud retrace la vie de Guillaume Bélibaste le "bonhomme" traqué, le titre de l'ouvrage est : Bélibaste, édition Le Seuil collection Points.

 Et pour terminer ce reportage je vous propose quelques cartes postales anciennes de Villerouge-Termenès :

carte postale 02 en 1900

Église Saint-Étienne et le château en 1900

carte postale 01 en 1900

Le château de Villerouge-Termenès en 1900

carte postale villerouge-termenès 06 en 1910

La mairie de Villerouge avec la sortie de l'école dans les années 1910

carte postale villerouge-termenès 07 en 1910

Autre carte postale de 1910

carte postale villerouge-termenès 05 en 1930

Le château de Villerouge-Termenès près du pont Vieux en 1930

carte postale villerouge-termenès 08 en 1910

Villerouge-Termenès, la porte Saint-Jean en 1910

carte postale 03 en 1970

Le château face Nord-Ouest en 1970

carte postale 04 en 1980

Et voici une dernière carte postale de Villerouge-Termenès côté Est en 1980

Villerouge-Termenès 78

Et pour conclure, une touche de poésie dans ce monde de brutes, cette jolie fleur des champs étale des touches mauves dans les champs et au bord des routes du printemps à l'automne. La Mauve Sylvestre (Malva sylvestris) ou la Grande Mauve, ou encore la Mauve des Bois, est une fleur sauvage qui fut très longtemps consommée au cours des repas. Elle possède de plus de nombreuses vertus thérapeutiques et avait la réputation de guérir de toutes les maladies.

Faisait-elle partie des repas médiévaux ?

 

Je peux toujours compléter ce reportage, si vous avez des informations ou photos complémentaires à apporter, n'hésitez pas, prenez contact.

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 01:00
bandeau-cathares.jpg bandeau chateaux cathares

carte 01

Le château de Villerouge-Termenès au coeur des Corbières

Un reportage avec plus de 100 photos !!

 

Bienvenue en terre du mystère !

Dans un décor sauvage de collines rouges, de maquis aux mille parfums et de vignes, un pittoresque village médiéval blotti autour de son imposante forteresse sauvée des ruines.

Ce village est emblématique, pourquoi ? Car son château est connu pour avoir été le théâtre de la fin tragique et officielle du Catharisme Languedocien, c'est ici que le dernier "Parfaits", Bélibaste fut brûlé en 1321. Je vous raconterai en détail, l'histoire de ce personnage important malgré lui.

Carte situation 02 Rien de tel, qu'un petit plan pour se repérer !

Villerouge-Termenès Panorama 12-13 J'ai réalisé un beau panorama pour que vous puissiez apprécier l'environnement de cette belle forteresse médiévale

Ce château est situé proche de celui de Termes, 14 km, que je vous conseille aussi de visiter, ce n'est qu'à 15 minutes de Villerouge-Termenès.

Cette superbe forteresse se dresse au fond d'un vallon des Corbières, au bord du ruisseau du "Lou", affluent de la rive droite de l'Orbieu, une des principales rivières des Corbières. Le château  fait partie intégrante du village également fortifié. La première mention du site de Villerouge date de 1107 et celle du château trois ans plus tard.

En 1107, un an après son accession au siège primatial des "deux Narbonnaises" l'archevêque Richard est confirmé par le pape Pascal II dans la possession de Villerouge-Termenès. Depuis 1070, en effet, le château était occupé par Pierre de Peyrepertuse qui le donna en dot à sa fille au moment de son mariage avec Pierre Olivier de Termes. Ce n'est que vers 1110 qu'Olivier de Termes, fils de ce dernier, accepta de rendre le château à l'archevêque de Narbonne et de lui verser en outre 1100 sous melgoriens.

Villerouge-Termenès 43 La silhouette de la forteresse se dessine au-dessus des toits du village de Villerouge

Nous allons faire dans un premier temps, le tour du château, suivez le guide ...   

villerouge-termenès 02

Stationnez votre véhicule sur un parking au Sud du village, vous empruntez une petite voie piétonne, et voici le château tel qu'il vous apparaît

villerouge-termenès 09

La face Sud de la forteresse

villerouge-termenès 12

La tour-donjon Sud-Est

villerouge-termenès 27

La partie Sud-Est du village

villerouge-termenès 17

Les deux ponts, dont le pont Vieux au fond enjambant le "Lou" qui serpente au Sud du village

Villerouge-Termenès 71   Villerouge-Termenès 44

A gauche la tour Nord-Est et à droite la tour-donjon diamétralement opposée au Sud-Est

Villerouge-Termenès 87 Les remparts du château, côté Nord Villerouge-Termenès 45

Le pont Vieux franchi, vous voici au pied de la poterne Sud  

villerouge-termenès 42

Photo prise par une belle journée hivernale montrant, l'accès au château par la poterne Sud qui s'effectue par ce petit escalier en bois, sinon l'entrée principale de la forteresse est de l'autre côté, au Nord et pour changer des habitudes nous sortirons par "la grande porte"

Donc, du début du XII ème siècle vers 1110 et jusqu'à la Révolution de 1789, le lieu appartient aux archevêques de Narbonne, ce qui montre que les prélats s'intégraient bien à la société féodale et que la puissance ecclésiastique s'enrichissait  sur des seigneuries. Qui dit richesse, dit convoitise, et les archevêques durent alors défendre leurs biens contre les voisins, avant comme après la croisade des Albigeois. La seigneurie est plusieurs fois usurpée par la famille Termes (voir l'histoire du château de Termes), et plus tard, après la croisade Albigeoise, par Alain de Roucy en 1210.

Il a fallut que le pape Honorius III intervint en 1227 pour que le droit des archevêques fut rétabli.

Villerouge était au coeur d'un vaste domaine, car l'archevêque était le seigneur de nombreux villages des environs et il percevait des dîmes, des taxes ou des impôts. Pour percevoir ces revenus et gouverner ses vassaux, l'archevêque disposait d'un Bayle (ou bailly), et Villerouge était le siège d'une des onze baylies où sont entreposés les revenus, et redevances diverses. Il faut savoir que l'archevêque avait droit de haute, moyenne et basse justice sur ses terres. Les habitants au moyen-âge sont astreints à certaines corvées pour l'entretien du domaine et des fortifications du village.

Un document très intéressant, le "Livre Vert de l'archevêché de Narbonne" définit les corvées et redevances annuelles que les habitants devaient à leur seigneur archevêque. Et les textes énumèrent les biens et les droits que ce dernier possédait à Villerouge.

En aparté : Paul Laurent, ancien élève de l'école des Chartes et archiviste du département de l'Aude a publié un ouvrage tiré de ce "Livre Vert" rédigé en latin dans la seconde moitié du XIV ème siècle par de l'archevêque de Narbonne Pierre de la Jugie (1319-1376), cet ouvrage de 217 pages a été publié en 1886. Le "Livre Vert" original, est ainsi appelé à cause de la couleur de sa reliure. Je possède l'ouvrage de 1886, à la lecture de ce document on est impressionné par cet inventaire de biens que possédait l'Église à cette époque.

 

Le fait que le château soit resté la possession de l'Église, il est en très bon état de conservation et de l'avis de nombreux spécialistes, est un des plus beaux exemples d'architecture militaire du moyen-âge.

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Vous verrez au sol par endroit dans le village, des plots en bronze représentant le blason de Bernard de Farges archevêque de Narbonne de 1311 à 1341

Chateau Villerouge Termenes 03b   villerouge-termenès 32

A gauche partie Sud, la tour-donjon et à droite une vue sur les vignobles le long du "Lou"

villerouge-termenès 19

Vous êtes dans la cour du château où fut brûlé sur le bûcher Guillaume Bélibaste en 1321

villerouge-termenès 21   Villerouge-Termenès 70

Photos de l'accès principal du château

Villerouge-Termenès 69

Plaque à l'entrée du château, commémorant Bélibaste et son compagnon cathare Philippe d'Alairac


GUILLAUME BÉLIBASTE, L'HISTOIRE DU DERNIER PARFAIT CATHARE :


La cour du château est devenue le témoin des ultimes instants du dernier Parfait Cathare connu, Guilhèm Bélibaste, mort brûlé en cette terre d'Église en 1321.

Guilhèm (en français Guillaume) Bélibaste, né vers 1280 à Cubières-sur-Cinoble (Aude), est le dernier "bonhomme" ou "parfait" cathare connu. Il fut brûlé en 1321 à Villerouge-Termenès.

Il est issu d'une famille de paysans aisés acquise à la cause cathare.

Nous connaissons ce personnage grâce aux témoignages recueillis à son propos devant l'inquisiteur Jacques Fournier au début du XIV ème siècle, notamment de celui qui l'a trahi, Arnaud Sicre d'Ax-les-Thermes, et de celui de son ami le berger Pierre Maury.

Le destin de Bélibaste croise celui du Catharisme un peu par hasard. Rien ne le prédestinait à assumer cette renommée post-mortem d'être le dernier Parfait Cathare connu.

Vers 1305, dans une bagarre, il assassine Barthélémy Garnier, un berger de Villerouge-Termenès car celui-ci le menace de le dénoncer à l'inquisition avec le reste de sa famille. Reconnu coupable, il fuit en abandonnant femme, enfant et ses biens.

Pour se racheter, il se rend auprès de la communauté cathare qui s'est formée autour de la prédiction des frères Authié. Il est initié et bientôt ordonné "Parfait" à Rabastens chez Philippe d'Alayrac, où il fait la connaissance de Raymond de Castelnau, l'un des plus emblématiques des derniers parfaits de l'époque. Capturé avec ses compagnons et enfermé au "Mur", la prison de Carcassonne, en 1309, il parvient à s'enfuir en Catalogne, où, après avoir passé quelques temps en Empurdan et Lérida où il gagne sa vie en fabriquant des peignes de tisserand. Puis on trouve Bélibaste à Berga où le rejoint Pierre Maury, de là, il repart pour se fixer bientôt près de Valence, dans la magnifique cité médiévale de Morella avec une petite communauté de Cathares originaires du Pays d'Alion. En 1317, il exerce sa fonction de prédicateur auprès d'une petite communauté cathare, constituée notamment d'exilés occitans, dont la plupart établis à San Matéo sont des réfugiés originaires du village de Montaillou en haute Ariège près de Belcaire capitale du pays de Sault. Il fait quelques entorses à la règle, en ayant notamment un enfant avec sa concubine, Raymonde Marty natif de Junac en Sabarthès. En 1319, début de grossesse craignant de voir son autorité spirituelle s'effondrer, il fait endosser la paternité de l'enfant à Pierre Maury, berger de Montaillou et son ami d'enfance, en organisant leur mariage précipité, qu'il casse rapidement par jalousie tout en faisant croire que l'enfant est le fruit des joies de la nuit de noce. Ces faits invalidant son ordination.

Un jour à San Matéo près de Morella, arrive un jeune réfugié d'Ax-les-Thermes, Arnaud Sicre, dont la mère Sibile Bayle, hérétique notoire, est morte sur le bûcher. Agent double, motivé à la fois par le désir de venger la mort de sa mère, mais également par cupidité et par intérêt, au service de l'Inquisition, Sicre se lie d'amitié avec Bélibaste qui tente de le convertir. Bélibaste est trahi par Arnaud Sicre, qui parvient à l'attirer loin de Morella en 1321 à l'époque du Carême et se fait arrêter avec lui dans le diocèse d'Urgell, à Trivia, une possession du comte de Foix. Il est incarcéré au château de Castelbòn dans un premier temps.

Puis fin août 1321 Bélibaste est conduit au "Mur", la prison de Carcassonne.

Il sera jugé à Carcassonne, et sur l'ordre de l'archevêque Bernard de Farges, neveu du pape Clément V, il fut brûlé vif sans abjurer le 24 août 1321, dans la cour du château de Villerouge-Termenès qui appartenait à l'archevêque de Narbonne. Le choix de Villerouge semble dicté par la volonté de montrer la puissance de la justice qui avait condamné par contumace Guilhèm Bélibaste pour le meurtre d'un berger originaire précisément de Villerouge.

Le dernier Parfait disparu, il n'y a plus de "consolament" possible et donc plus d'espoir pour les rares croyants qui restent. Mais l'inquisition continue son action malgré tout. Et comme il n'y a plus d'hérétiques, les inquisiteurs vont mener leurs exactions à l'extrême (ce sont des faits que l'on connaît peu) en effet, ils vont s'employer à exhumer les cadavres et les brûler. Le Pape Jean XXII, qui veut éviter des débordements macabres, met en place des "consultations inquisitoriales" préalables à toute condamnation à titre posthume. Malgré cela, de 1325 à 1330 des procès posthumes eurent lieu. Jean XXII déclare les dossiers irrecevables. Et pourtant, l'Inquisition, infernale machine, aurait, si elle avait pu, déterré et brûlé les morts de tout un peuple qui, plus d'un siècle durant, avait déjà enduré le martyre.

  villerouge-termenès 35   Villerouge-Termenès 48

A gauche, hall d'accueil du château vous serez impressionné par cette magnifique restauration en bois massif, remarquez aussi le personnage qui est accoudé à la balustrade,  et qui vous observe. J'ai agrandi la photo à droite et ci-dessous, c'est le seigneur du château qui vous souhaitera la bienvenue

Villerouge-Termenès 47

 

Villerouge-Termenès 56

Surprenant de vérité ce mannequin en costume du moyen-âge, tout au long de votre visite vous en verrez d'autres, car l'exposition audiovisuelle est permanente. Le visiteur munit d'écouteurs (3 langues sont proposées) est plongé dans le monde de Bélibaste dernier Parfait, vous faites un bon de sept cents ans dans le temps !

villerouge-termenès 14   villerouge-termenès 15

Je n'ai pas pu résister pour vous montrer cette belle ossature en bois qui vous mènera dans les différentes salles, au sommet de la tour et du chemin de ronde. Cette charpente est magnifique.

Villerouge-Termenès 68   villerouge-termenès 28

Les maîtres charpentiers ont bien oeuvré, à droite, une des salles à manger du château, des fresques au mur ont été dévoilées lors de restauration comme celle ci-après

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Chaque salle vous contera une histoire, et dans celle-ci une carte murale a été reproduite, c'est une reproduction fidèle

villerouge-termenès 33  Villerouge-Termenès 80

Voici quelques zooms sur cette carte dont l'artiste a fidèlement reproduit les aspects vieillis de la fresque

Villerouge-Termenès 49

Les frontières du Languedoc Roussillon à l'époque du Moyen-Âge et des royaumes de Majorque et d'Aragon

Villerouge-Termenès 50

 

Villerouge-Termenès 62

Une maquette du château et du village qui l'entoure est exposée dans une des salles

Villerouge-Termenès 63

Zoom sur la maquette de Villerouge-Termenès

villerouge-termenès 20   Villerouge-Termenès 66

Fenêtre du château, dans l'épaisseur des murs, était aménagé des banquettes latérales, très beau détail de l'art architectural du Moyen-Âge

Chateau Villerouge Termenes 07 Une salle équipée d'une monumentale cheminée d'époque, vous remarquerez à gauche, un écran accroché au mur, des diaporamas avec des commentaires audios sont diffusés

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Autre très belle fresque restituée, représentant des personnages discutant lors d'un repas, on remarque aussi au centre, le blason de Bernard de Farges archevêque de Narbonne de 1311 à 1341

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Gros plan et détails de deux personnages de la fresque

Villerouge-Termenès 58   villerouge-termenès 16

Des peintures murales restituées, sont des éléments décoratifs du château à l'époque

Villerouge-Termenès 55    Villerouge-Termenès 51b

Au cour de votre visite, un étrange personnage accroupi dans une petite salle vous invite à regarder une vidéo encastrée dans le sol Villerouge-Termenès 53

Très beau mannequin cathare occupant les lieux, il m'a plu, et cela m'a donné l'idée de le mettre sur ma page d'accueil, vous invitant à consulter le sommaire de mon site

villerouge-termenès 41

Dans cette pièce, vous aurez tous les renseignements techniques sur la façon de faire pour décorer les salles du château, les pigments utilisés etc ...

L'artiste au travail, a laissé le tracé de ses esquisses dans la partie claire au centre, afin que vous compreniez la méthode utilisée

Villerouge-Termenès 59   Villerouge-Termenès 60

Très belle reconstitution, un mannequin artiste peintre d'époque en plein travail

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Autre salle restaurée et toujours commentée avec des explications claires

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Guilhem Bélibaste et Raymonde Marty, leur histoire romantique vous est contée ...

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 01:00
bandeau-HISTOIRE-04.jpg bandeau chateaux cathares

 

Suite de l'Histoire du château de Termes ... et du village du même nom !

Termes vue aérienne 01

J'ai pensé que cela serait intéressant de vous mettre cette vue d'altitude pour vous montrer la configuration des lieux

chateau de Termes 025  chateau de Termes 024

Paysages Nord vus du château de Termes (cliquez sur les photos pour les agrandir quand une petite main se dessine au survol de celles-ci)

chateau de Termes 059 Le versant Est du piton rocheux servant d'assise au château de Termes

Situé en arrière de la frontière franco-aragonaise, le château de Termes ne semble pas avoir été entretenu ou adapté aux armes à feu comme Quéribus notamment. En 1649, Saint Aunès, gouverneur du fort de Leucate est nommé châtelain de Termes. Le château abrite encore des armes à cette date : plusieurs petits canons, des casques, des grenades et des barils de poudre.

A cette époque, une guerre civile, "La Fronde", entraîne des troubles en Languedoc. Le châtelain Saint Aunés trahit le roi de France mais reconnaît sa faute et un traité est signé. Une clause du traité stipule que le château de Termes, auparavant tenu par une garnison de soldats allemands qui détroussaient les voyageurs et rançonnaient le pays, sera remis aux mains de l'archevêque de Narbonne.

Ce contexte trouble voit le château être assiégé. Nous sommes moins bien renseignés que sur le siège de 1210, mais nous savons que l'assiégeant, le Marquis de Bouisse, doit mener l'opération jusqu'à ce que les défenseurs n'aient plus de nourriture.

chateau de Termes 23 Pendant votre ascension vous pourrez admirer le château dans les trouées de la végétation

Le château de Termes conserve longtemps son importance militaire. Un texte de 1483 nous dit en effet que "il est de savoir qu'aux Marches par deçà sur la frontière d'Aragon, est la dite Cité de Carcassonne qui est la mère et a cinq fils, c'est de savoir Puylaurens, Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse et Termes et sont à gages du Roi". De là l'expression "les 5 fils de Carcassonne". Cependant, les techniques de guerre évoluent. L'arme à feu se perfectionne et remet en cause cette organisation.

 

Au XVII ème siècle, la frontière espagnole recule. Louis XIV, estimant la forteresse de Termes inutile, en ordonne sa démolition dont le coût s'élève à 6200 livres, payées par le diocèse en 1652.

Le roi, estimant que cette place forte est inutile, en ordonne la démolition en 1652 en n'y laissant pas "pierre sur pierre". Le but est de rendre le site inutilisable à tous ennemis ou brigands. Au départ, ce sont les habitants de la contrée qui sont invités à participer au titre des corvées à la démolition du château. Mais devant le peu d'empressement de la population locale, les travaux sont confiés à un entrepreneur de Limoux.

Les armes et munitions sont provisoirement stockées à Villerouge-Termenès, et certaines belles pierres sont revendues ou récupérées. La destruction du château va durer une année entre avril 1653 et avril 1654, pour un coût de 14 922 Livres, 10 sols. C'est un maître-maçon de Limoux qui va démanteler les murailles à la poudre. Dès lors le site sombre dans l'oubli le plus total.

termes 08 Le château de Termes vu du côté Nord / Est, on aperçoit le profil du Termenet à droite en contrebas

termes 09 Une très belle vue du Sud / Est de la citadelle de Termes

Laissé à l'abandon, le site servira dés lors de pâturage, et les pentes sud, sous les morceaux de remparts, porteront une vigne au début du XX ème siècle.

 

Il faudra attendre le XX ème siècle pour que des mesures de protection soient appliquées. Classé en temps que site en 1942, il a été inscrit le 25 juin 1951 puis classé monument historique le 25 septembre 1989.

Il y aura un premier débroussaillement en 1973.

Les ruines sont la propriété de la commune depuis 1988, qui a ouvert l'accès au public depuis cette date. Le château a fait l'objet d'importants travaux de consolidation, d'approches archéologiques ponctuelles et d’analyses topographique et architecturale. Il est ouvert à la visite et bénéficie d'une signalétique destinée à renseigner les visiteurs. Dans la perspective d'une meilleure valorisation, un programme de recherche archéologique est actuellement développé par la commune et est susceptible d'apporter des éléments fondamentaux à la connaissance et au développement du site.

Les premiers travaux de restauration ont commencé en 1991 dans la partie Sud de la première enceinte, puis en 1992 sur la chapelle présumée. Depuis 1992 des chantiers archéologiques de jeunes bénévoles y sont régulièrement organisés. Plusieurs opérations de débroussaillages et de terrassement sont réalisées simultanément. De 1997 à 1998, le monument connaît une importante campagne de travaux et de mise en valeur, dont les axes principaux sont la mise en sécurité, la consolidation des maçonneries la lisibilité des ruines et la matérialisation d'un cheminement. Ces aménagements ont porté essentiellement sur l'enceinte et sur le front oriental de l'enceinte intérieure.

Des fouilles au château, menées par l'archéologue Jean-Paul Cazes, ont récemment mis au jour l'escalier médiéval du XIII ème siècle qui menait à l'église castrale. L'objectif de cette fouille est d'appréhender les origines et la chronologie du château des seigneurs de Termes, explique David Maso, maître d'oeuvre dans l'aménagement et le terrassement du site.

Le grand logis de l'époque royale a notamment été dégagé en 2007.

Cette histoire là... elle continue de s'écrire à chaque fois que quelqu'un visite...

Chateau et le village de Termes vus coté Est  termes 07

Les ruines du château attendent votre visite

termes 05 Une belle vue dans la brume du matin du château de Termes plein Est

DESCRIPTIF DU CHÂTEAU :

 

Le château n'est accessible que par sa face méridionale. Pour l'essentiel, il n'est pas antérieur au XIII ème siècle. Il se compose de deux enceintes concentriques séparées par des lices, précédées par deux lignes de murs à mi-pente, vestiges de l'ancien village fortifié. La première enceinte affecte un plan régulier dont les angles sont occupés, soit par des tours cylindriques, soit par des échauguettes sur contreforts (petite tourelle, au sommet d'une muraille ou d'un angle de murailles, pour en défendre les abords). Cette première enceinte est accessible par une rampe coudée, surveillée par une tour. La courtine orientale a conservé son élévation jusqu'au niveau du chemin de ronde matérialisé par quelques corbeaux ayant supportés un plancher. Percé à la base par des archères en étrier, l'angle nord-ouest conserve une poterne aujourd'hui restaurée. La seconde enceinte, desservie par une rampe, est occupée par des bâtiments en grande partie détruits et, en son point culminant, on distingue des énormes blocs de maçonnerie épars qui sont les vestiges du donjon primitif, antérieur à la Croisade. Deux citernes, ainsi qu'une présumée chapelle munie d'une fenêtre cruciforme, sont toujours perceptibles au milieu des ruines.

Sur le flanc méridional du relief, les restes de murailles et d'un accès en chicane sont à mettre en relation avec le village fortifié du XII ème siècle. Cet habitat villageois a probablement été déplacé plus bas dans la vallée, à son emplacement actuel, après la prise de possession par le roi de France au XIII ème siècle, scénario reconnu pour un certain nombre d'autres sites castraux du Languedoc à la même époque.

 

Découverte d'un trésor de 1500 monnaies gauloises, des vestiges gallo-romains, dont un fragment de stèle inscrite. Le Musée de l'Histoire de l'Homme à Narbonne possède un très beau bracelet gaulois en bronze trouvé sur le territoire de la commune. A 600 mètres du village, sur une petite hauteur dominant la vallée du Sou, la chapelle Saint-André d'origine médiévale fut un actif lieu de pèlerinage, en 1673 un cimetière entourait encore cette chapelle.

 


termes 21 termes 16

Deux photos du village de Termes blotti au creux d'un méandre du "Sou", les ruines de son château semblent l'observer

LE VILLAGE DE TERMES :


Un petit mot sur le village de Termes qui est situé en contrebas du château exposé au Sud, il est incrusté dans un méandre de la rivière "Le Sou". En 1163 ce lieu n'était qu'un faubourg (barri), où les seigneurs de Termes projetaient de construire une église paroissiale, le village principal (détruit lors du siège en 1210) se trouvait à cette époque derrière une enceinte encore visible à mi-pente entre le château et le col del Castel. L'église de la Nativité  de Notre-Dame actuelle de Termes aurait été édifiée à partir de 1163, comme le stipule l'acte de partage du château entre les deux frères Raymond et Guillaume de Termes. Le clocheton de l'église abrite une cloche datant de 1541. L'édifice comporte une nef unique rectangulaire et un chevet plat. L'intérieur est voûté en berceau. Ce sanctuaire recèle un bénitier dont le support est agrémenté de trois blasons portant les armes de Pierre de Montbrun, archevêque de Narbonne (1272-1286). Sur le chevet est accrochée une toile du XVII ème siècle représentant la vierge à l'enfant entre Sainte Cécile et Sainte Catherine.

Il y avait deux moulins à Termes le premier au sein du village, a été transformé en maison d'habitation et le deuxième qui se nomme moulin de la Buade est une propriété privée qui se situe à 2,6 km en aval du village sur la rive gauche du Sou. Il est toujours en état de marche. Les meules sont actionnées par une roue horizontale elle-même actionnée par l'énergie hydraulique. Actuellement 54 âmes habitent le village de Termes.

termes 17

Le petit village de Termes vous offre une grande tranquillité !

termes 06

Les toits de Termes au bord du "Sou"

chateau de Termes 007   chateau de Termes 052

Que vous inspirent ces photos ?

chateau de Termes 051

Une belle vue des petits ponts de pierre enjambant le "Sou" qu'il vous faudra franchir pour monter au château

termes 03

Le calme règne ici, excellente idée cet aménagement où l'eau murmure en s'écoulant le long de cette rampe sur le muret de pierres

termes 10 Les maisons de pierre du village de Termes

chateau de Termes 053 Une habitation au bord du "Sou" qui était l'ancien moulin de Termes, et le château qui domine le village

chateau de Termes 004 chateau de Termes 006

Le village est petit, mais il est agréable de se promener entre les murs paisibles d'un autre temps, ah ! si ceux-ci pouvaient parler !

termes 19

Un croisement de ruelles dans le village médiéval de Termes au riche passé historique

termes 01  chateau de Termes 010

Une ruelle ombragée du village et au coin de celle-ci un ami canin intrigué par notre présence, j'ai trouvé ce chien rigolo il méritait bien une photo

termes 18

Le "Sou" la rivière qui traverse le village de Termes avant d'entrer dans les gorges du Termenet

chateau de Termes 054    chateau de Termes 061

Photo de gauche, l'ancien moulin en bordure du "Sou" transformé en habitation, avec le château de Termes sur les hauteurs. Photo de droite, les gorges du Termenet au Nord du village, entre le moulin de la Buade et le village de Termes, la route percée en 1903, longe en passant sous deux tunnels les gorges de Termenet au fond desquelles coule le "Sou". Il s'agit d'un défilé vertigineux creusé dans des calcaires massifs du Dévonien moyen et inférieur. au centre, sur toute la hauteur des gorges, on observe une belle veine verticale de marbre rouge qui est du bel effet. Ces gorges sont dans un domaine protégé.

Il y a aussi tout près, un autre site naturel protégé : Les gorges de Coynepont qui se situent dans la partie Sud du village de Termes en amont toujours le long du "Sou".

chateau de Termes 049

Au point d'accueil du château qui se trouve au bord du "Sou" ne manquez pas la petite exposition des objets trouvés lors des fouilles des ruines du château de Termes, comme ici un jeu de clés très bien conservées, où encore ce sceau de Simon le Picard, photo ci-après

chateau de Termes 047

 

chateau de Termes 058

Une originalité de la région, les buis taillés. Comme dans d'autres communes des Corbières de l'Ouest, la D40 qui mène au village de Termes, est jalonnée de buis aux formes insolites comme celle que vous voyez sur cette photo. L'administration de l'Équipement perpétue cette tradition propre aux cantonniers de cette région qui consiste à tailler régulièrement les buis en forme de boule, cube ou autres volumes. Cette habitude semble remonter après les années 1900 à l'époque de l'aménagement de la route actuelle.

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 Une petite parenthèse, pour vous présenter aussi le château de Durfort situé sur le territoire de la commune de Vignevieille, non loin de Termes, à 6 km au Nord / Ouest 

chateau de Durfort dans les corbières

Les ruines du château de Durfort

Si vous passez par les gorges de Termenet, et ensuite vous remontez sur Saint-Pierre-des-Champs par la D212, vous apercevrez sur votre droite un château en ruine, il s'agit du château de Durfort que je trouve majestueux dans son écrin de verdure (voir la carte sur la 1ère partie il est indiqué). Ce château a été édifié sur un piton rocheux qui surplombe la vallée de l'Orbieu. Les ruines actuelles sont celles d'un habitat fortifié médiéval, comprenant une chapelle, des logis à fenêtres rectangulaires et une tour. De hauts murs épais, des caves et puits, des salles voûtées de bâtiments carrés, des tourelles d'angle, des échauguettes et une tour maîtresse sont encore visibles. Il ne reste pas de trace écrite sur la construction initiale de ce fort. Les premières traces écrites mentionnant le fort de Durfort datent du XI ème siècle. En 1093, il en est fait mention dans une transaction entre le fils du seigneur de Durfort, Bertrand, et l'Abbaye de Lagrasse. En 1124, Guillaume et Raymond, seigneurs de Durfort, rendent hommage au Vicomte Bernard Aton de Carcassonne, et en 1163, le seigneur de Termes rend hommage au Vicomte Raymond de Trencavel, pour le château de Durfort. 

Je n'ai pas poussé mes investigations plus loin, mais je ne pense pas me tromper en disant que la famille DURFORT-DURAS a ses racines ici. Les Durfort avaient le rang le plus distingué parmi les grands seigneurs du Comté de Toulouse. Cette famille était tellement considérable que ses branches étaient établies dans les provinces du Comté de Foix, dans le Quercy, le Languedoc et la Guyenne. Un grand nombre de localités portent encore aujourd'hui le nom Durfort, dans les départements du midi de la France, l'Aude, le Gard, l'Ariège, le Lot et la Lozère. (Pour ceux que cela intéresse, sachez qu'un précis historique sur la famille de Durfort Duras dédié à madame la comtesse de la Rochejaquelein née Durfort Duras, a été écrit par Mr Jean Favre en 1858).

 

Comme vous pouvez le voir, le château est à l'abandon, c'est bien dommage, car il a un certain cachet ! Là encore, il y a de la restauration à mener !!

Aujourd'hui, le château est une propriété privée, sa visite en est libre et gratuite, en demandant l'autorisation préalable à ses propriétaires. Le château n'étant pas consolidé, le risque de chute de pierres est élevé, soyez prudent. 

chateau de Durfort en 1955   chateau de Durfort 03

La photo de gauche du château de Durfort date des années 1955, et celle de droite de 2009, la région est beaucoup moins cultivée et la végétation a repris ses droits. Au départ je voulais uniquement vous présenter ce château avec 2 photos, mais il méritait mieux que ça, alors en voici d'autres !

chateau de Durfort 05

Une vue aérienne du château de Durfort dans son écrin de verdure

chateau de Durfort 04

Je trouve ce château intéressant car les murailles ont encore de la hauteur ainsi que l'échauguette sur l'angle Nord / Est, restauré et aménagé pour la visite, je pense qu'il aurait fière allure !

chateau de Durfort 02

Gros plan sur la façade Est du château de Durfort, je n'ai malheureusement que ces vues à vous proposer car je n'ai pas eu le temps de demander l'autorisation aux propriétaires de cette propriété privée pour pénétrer sur le site.

chateau de Durfort 01

 Ce château de Durfort a un petit côté mystérieux, je ne sais pas si des fouilles archéologiques ont été effectuées sur ce site, mais je pense qu'il doit y avoir des choses intéressantes à découvrir pour l'histoire. Si vous avez l'occasion de le visiter, envoyez moi vos photos je les rajouterai. termes 02b

Le hasard a fait que je réalise ce reportage cette année, qui est une date d'anniversaire pour la commune de Termes

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 01:30
bandeau-HISTOIRE-04.jpg bandeau chateaux cathares


Vous avez bien fait de patienter, les recherches historiques pour réaliser ce reportage m'ont pris un peu plus de temps, dans le souci de bien faire tout en étant le plus concis possible, j'espère que vous aurez autant de plaisir à le consulter que j'ai eu à le concevoir.

 

Cette Forteresse de Termes dans les Corbières, fait partie des "cinq fils de Carcassonne" avec  Peyrepertuse, Quéribus, Puilaurens, dont les reportages sont déjà sur ce site et le dernier, Aguilar que je vous révélerai plus tard.

C'est le château le plus en ruine de ceux que je vous ai présenté jusqu'à présent, mais comme toujours l'endroit est splendide dans un cadre hyper verdoyant, sauvage, et toujours dans l'authenticité, certes il est moins haut, mais le sommet vous offre des vues impressionnantes sur les gorges du Terminet. Le côté paisible du petit village de Termes (54 habitants) bordé par le Sou qui diffuse un peu de fraîcheur en été, est très agréable. On est loin des bruits des villes !! Faites le détour cela vaut le coup.

Il est à noter que des fouilles archéologiques sont en cours actuellement sur le site.

Carte situation 01

Comme d'habitude, un plan pour vous situer la forteresse de Termes au sein du Languedoc Roussillon

Carte situation 02

Et une autre carte plus précise, vous remarquerez que j'ai indiqué aussi l'emplacement du château de Villerouge-Termenès très proche du château de Termes, il fera l'objet d'un reportage après celui-ci, c'est aussi pour vous l'occasion de visiter les deux tranquillement.

Carte situation 03 Pour parfaire votre connaissance de l'Aude, j'ai pensé vous situer ensemble, les cinq citadelles, "fils" de Carcassonne qui ont tenu une grande place dans l'histoire riche de ce territoire Cathare magnifique

chateau de Termes 001 Les voici, les ruines de la citadelle de Termes, vous les apercevez en venant de Villerouge-Termenès par la D40, la nature est resplendissante aux mille parfums

Situé au cœur des Corbières, à 470 mètres d'altitude, le château de Termes couronne le sommet d'un rocher entouré par les méandres d'un profond ravin où coule le Sou.

Termes est le chef-lieu d'une importante seigneurie constituée au début du XI ème siècle à la limite des terres des vicomtes de Carcassonne et des comtes de Cerdagne puis de Barcelone. Cette seigneurie contrôle le vaste territoire des Corbières auquel elle a donné son nom : le Termenès, comprenant une quarantaine de villages.

Pendant tout le XII ème siècle cette famille Termes est périodiquement en conflit avec l'abbaye de Lagrasse située non loin de là, notamment pour la possession de mines d'argent de Palairac.

  chateau de Termes 002

Sans bouger du point d'observation, j'ai zoomé sur le site

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Une vue rapprochée côté Est du château de Termes

Termes apparaît comme un ensemble extrêmement structuré et hiérarchisé, correspondant à l'un des plus importants sites fortifiés des Corbières au Moyen Âge. L'essentiel de la construction du château se rattache à la seconde moitié du XIII ème siècle, peu d'éléments pouvant être datés antérieurement à la Croisade.

 

Jusqu'au XIII ème siècle, son histoire est intimement liée à celle du comté puis de la vicomté de Carcassonne et à celles des vicomtes Trencavel. Il fut le refuge de nombreux cathares sous l'impulsion de Raymond de Termes, vassal du vicomte de Carcassonne en 1209.

Les revenus des seigneurs de Termes avaient deux sources principales : l'extraction de minéraux et l'élevage de moutons, sur un territoire rural et accidenté. La région des Hautes Corbières est riche en minéraux (fer, cuivre, argent, cuivre argentifère...). Des mines ont été exploitées dés l'antiquité, et certaines l'ont été jusqu'à l'époque moderne. Au XII ème siècle, la famille de Termes tire un gros bénéfice de ces mines.

chateau de Termes 012

Du village vous apercevez les ruines qui dominent les lieux, la montée n'est pas très difficile depuis le village

chateau de Termes 014

Le côté Est de la citadelle en ruine

Mentionné pour la première fois en 1061 dans les archives qui sont arrivées jusqu'à nous, avec le seigneur Olivier-Bernard. Cette célèbre maison appartient aux principaux barons de Trencavel, vicomtes de Carcassonne-Albi-Béziers. Le château de Termes fut jusqu'au début du XIII ème siècle le siège de l'une des plus importantes familles seigneuriales du Midi dans la mouvance des comtes de Carcassonne.

Au moment de la Croisade contre les Albigeois, le château de Termes constitue avec Lastours et Minerve un des satellites de Carcassonne contrôlant au Sud un carrefour d'anciens chemins.

Durant la Croisade albigeoise, la famille seigneuriale est impliquée dans l'hérésie, Raymond de Termes est accusé d'hérésie et il n'a pas fait dire la messe dans la chapelle du château depuis plus de trente ans. Le parfait Benoît de Termes, le frère de Raymond sera nommé "évêque" Cathare du Razès en 1226.

chateau de Termes 018

Commencez votre visite par l'entrée côté Est, près des vestiges de la tour à bossage

Lors de la croisade contre les Albigeois, Simon de Montfort, après la prise de Carcassonne, se doit de soumettre les trois principales places fortes du comté après l'échec du siège de Lastours puis la prise de Minerve (je ferais certainement des articles sur ces 2 sites), Simon de Montfort se dirige vers Termes fin juillet 1210, le siège de Termes commencera le 1er août 1210.

Son siège par les troupes de Simon de Montfort le rendra célèbre. Sa reddition, le 23 novembre 1210, après quatre mois de siège épique (du 1er août au 22 novembre) et exemplaire des techniques militaires de l'époque, brise le verrou de résistance des Corbières.

Plan chateau de Termes

Le plan de la citadelle de Termes aujourd'hui, ruinée après de durs combats qui eurent lieu en 1210

chateau de Termes 060

Vue aérienne des ruines de Termes côté Ouest, de gros travaux de restauration et d'aménagement de ce patrimoine restent à faire pour améliorer encore la mise en valeur du site

chateau de Termes 022

Voici le panorama magnifique des Corbières entourant le village de Termes, vu du château

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Zoom sur le village de Termes vu du château

chateau de Termes 017 Le tout petit village paisible de Termes de 54 habitants, est niché au pied du château en bordure de la rivière "Le Sou"

Le siège de Termes comme si vous y étiez :

 

Le château de Termes se trouve sur un piton rocheux et entouré d’abîmes profonds sur un promontoire de la même montagne se dresse également une petite fortification, nommée le Termenet. Il n’y a qu’un seul passage pour accéder au château, une sorte de série de terrasses naturelles sur laquelle un chemin a été aménagé. Simon de Montfort arrive au pied du château le 1er août et installe son camp face à cet accès et au village.

Un duel de catapulte entre les assiégeants et les assiégés démarre les hostilités  Simon de Montfort échouant dans son attaque par le flanc Sud, reporte ses efforts au Nord.

Pour contrer le tir des mangonneaux , Raymond de Termes installe une pierrière sur le Termenet qui lui permet de bombarder le camp des assiégeants. Une brèche est également ouverte dans le rempart du village, qui est aussitôt pris, mais repris et incendié peu après par les assiégés. Au cours d’une nuit, Raymond de Termes et quatre-vingts volontaires font une sortie dans le but de détruire les machines de guerre, manque de peu de réussir, mais échoue grâce au courage d’un chevalier normand, Guillaume d’Escuret ou Guillaume l’Escureuil.

 

Les croisés réussissent à investir le Termenet et de là il bombarde le donjon.

Le siège s’éternise, mais sans grand progrès pour les croisés, qui sont en outre harcelés par les raids incessants de Pierre Roger de Cabaret. Ce dernier attaque également les convois d’approvisionnement, si bien que les vivres commencent à manquer aux assiégeants. Les assiégés ne sont guère mieux lotis, car c’est l’eau qui commence à manquer, certains des assiégés attrapent la dysenterie en buvant l'eau des citernes. A cause de ce manque d’eau, Raymond de Termes doit se résoudre à entamer des négociations. De son côté, Simon de Montfort avait du mal à tenir ses hommes, et un assaut aurait vite tourné à la boucherie. Les deux chefs de guerre conclurent rapidement un accord. Raymond de Termes livrera son château le lendemain, et Simon de Montfort s’engage à lui donner un autre domaine, puis à lui restituer le château de Termes le jour de Pâques de l’année suivante.

Dès l’annonce de la nouvelle, les contingents des comtes de Dreux, de Ponthieu, de l’archevêque de Bordeaux et des évêques de Beauvais et de Chartres commencent à plier bagage, ayant terminé leur quarantaine. Simon les supplie de rester quelques jours supplémentaires, voyant son armée fondre avant la reddition effective, mais seul Renaud de Bar, évêque de Chartres accepte de rester, tandis que deux tiers de l’armée croisée quittent le siège. La nuit qui suit, un orage éclate et remplit les citernes du château. Le lendemain, quand Guy Ier de Lévis se présente pour prendre possession du château, Raymond de Termes refuse de lui ouvrir les portes. L’évêque de Chartres, pressé de partir, suggère à Simon d’accepter les conditions de Raymond de Termes, l’essentiel étant pour Montfort de tenir le château au moins provisoirement, et d’envoyer en délégation l’évêque de Carcassonne dont la mère était Parfaite et le frère parmi les défenseurs du château, mais Raymond refusa de céder.

 

Après le départ des Chartrains, Simon reste seul avec ses troupes, dont le moral est bas, et soumis au mauvais temps qui commence à se déchaîner. Mais il s’obstine, et comme la prise d’assaut s’avère impossible avec ses maigres effectifs, le bombardement continue, démantelant les fortifications. Les assiégeants s’aperçoivent que les assiégés mettent moins de temps à colmater les brèches, et Simon fait construire une chatte (galerie roulante en bois qui permet de s’approcher en sécurité du rempart) pour saper le rempart.

 

A l’intérieur du château, au fond les citernes, l’eau du fait de sa rareté était devenue putride. L’orage survenu au moment de la reddition les avait certes remplies, mais l’eau était devenue insalubre, et la mollesse que les soldats de Montfort constataient parmi les défenseurs du château était due à cette dysenterie en train de décimer la garnison. Voyant que tout était perdu, Raymond de Termes décide de faire évacuer le château de nuit, mais l’alerte et donnée et les fuyards sont poursuivis. Le seigneur est capturé, et le château est pris sans autre problème. Raymond de Termes est jeté en prison dans la forteresse de Carcassonne où il finira ses jours en 1213 sans avoir renié sa foi.

MANGONNEAU moyen age MANGONNEAU Profil moyen age

Voici quelques armes de guerre qui sont mentionnées dans le texte ici un Mangonneau qui permettait de propulser des boulets de pierre de plusieurs dizaines de kilos d'un seul jet.

TREBUCHET moyen age  TREBUCHET Profil moyen age

Ici le fameux Trébuchet

PIERRIERE moyen age

La pierrière, redoutable engin utilisé lors du siège, elle expédiait des pierres de 5 à 15 kg à des distances de 40 à 60 mètres

CATAPULTE moyen age  ARBALETE moyen age

A gauche vous avez une catapulte et à droite, une arbalète qui avait une portée d'environ 300 mètres, des machines de guerre typiques du moyen-âge qui ont été utilisées pendant le siège à Termes

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Vous arrivez au pied du château côté Sud / Est

chateau de Termes 055

L'entrée se situe côté Est, pour franchir la première enceinte et pénétrer dans la lice, vous devez gravir l'escalier en bois que vous apercevez sur cette photo.Remarquez sur la droite les restes de la tour à bossage

termes 14  termes 12

Sur ces deux photos vous pouvez voir la base de la tour à bossage située côté Est du château de Termes

chateau de Termes 028

La lice Sud

chateau de Termes 032 Le rempart et contreforts Sud/Est et l'échauguette, avec à gauche l'escalier et le palier en bois par où vous êtes arrivé

chateau de Termes 037 Poterne à l'angle Nord / Ouest, cet accès s'ouvre côté intra-muros, elle est défendue par une échauguette construite sur deux contreforts. L'épaisseur importante de 2,20 mètres de cette poterne s'explique par la présence d'un escalier d'accès au chemin de ronde (accès dangereux). Depuis cette issue, on peut apercevoir le Termenet, éperon rocheux, situé à 250 mètres en contrebas du château, aujourd'hui percé en 1905 par les tunnels routiers. Vous remarquez, au centre des fouilles archéologiques en cours à l'emplacement du donjon primitif. Lors de ma visite il faisait tellement chaud que les bénévoles étaient au repos à l'ombre.

chateau de Termes 030   Chateau de Termes fenêtre cruciforme 24

La preuve qu'il faisait très chaud, les cigales Cathares chantaient à tue-tête. Photo de droite, gardez en mémoire cette forme d'ouverture cruciforme qui deviendra l'emblème médiatique moderne du château de Termes, que l'on retrouvera dans de nombreuses publications

chateau de Termes 057

Voici le Termenet côté Nord qui a eu une importance énorme pendant le siège du château

Chateau de Termes coté Ouest

Le Termenet proéminence rocheuse au Nord et en contre-bas du château dont il est question dans l'histoire du siège en 1210

chateau de Termes 038 chateau de Termes 039

Fenêtre cruciforme à ébrasement intérieur, dans la muraille d'un important bâtiment de plan rectangulaire dont les dimensions intérieures sont assez spacieuses 11,80 m x 5,60 m.

On pense que c'est la chapelle du château, son orientation Nord / Sud laisse pourtant un doute quant à sa fonction culturelle. L'édifice a fait l'objet de dégagement en 1975, puis de travaux de consolidation du bâti en 1990 et 1992.Le chantier archéologique en 1994 a notamment révélé, dans la partie intérieure Nord, un groupement de pierres de taille quadrangulaire pouvant s'apparenter à une base d'autel, aujourd'hui disparu.

Cette fenêtre est devenue l'un des éléments d'architecture les plus emblématiques du château de Termes.

chateau de Termes 040 chateau de Termes 026

Photo de gauche, ouverture que l'on nomme archère à étrier. Photo de droite l'accès à la poterne à l'angle Nord / Ouest

château de Termes angle Nord Ouest La poterne Ouest et les contreforts à droite vus de l'extérieur


A la suite du siège, le château est donné en récompense au croisé Alain de Roucy. Mais Olivier de Termes, qui a repris la résistance de son père Raymond, s'empare du château en 1224. Pour prix de sa soumission, il doit le céder au roi en 1228.

Quant à Olivier, il participe à la conquête de Majorque que mène le roi d'Aragon contre les musulmans. Cette expédition se déroule sur la fin d'année 1229, et fera le prestige de ses participants. Olivier de Termes y apparaît comme un familier du roi, ce dernier soupant et couchant dans la tente d'Olivier au soir de la bataille de Portopi. Le siège victorieux de la cité de Majorque voit également le rôle militaire d'Olivier de Termes se développer encore. Il y gagne aussi des terres, sur lesquelles, plus tard, une branche de la famille, les "Termes de Majorque", se retirera, et plus tard il participe aussi au siège de Carcassonne, en 1240, contre le roi de France.

L'année 1240 voit le retour offensif de Raymond Trencavel, le fils du vicomte défait en 1209. Autour de lui se rassemblent les seigneurs occitans déshérités par les croisades, les défenseurs de cathares, les opposants à la domination du roi de France. Olivier de Termes est présent, et il faut le compter parmi les meneurs.

 

Carcassonne est l'objectif principal. Le siège est mis devant la cité, mais malgré toutes les techniques utilisées, le sénéchal du roi résiste. Bien retranché, il attend une armée de secours. Quand celle-ci est annoncée, un mois après le début du siège, le 11 octobre, les occitans lèvent le camp. Poursuivis par Montréal et la haute vallée de l'Aude, les occitans sont défaits les uns après les autres. A Laroque-de-Fa, Olivier de Termes finit par se rendre, mais il reste libre contre promesse de soumission.

chateau de Termes 044

Les vestiges de l'enceinte Sud, la salle des gardes

chateau de Termes 042 chateau de Termes 043

Les vestiges de l'enceinte Sud salle des gardes, vus sous un autre angle (vous avez la possibilité d'agrandir ces photos en cliquant dessus)


En mai 1241, à Pontoise, il fait sa soumission effective à Louis IX, et lui remet sans conditions le Termenès et le château d'Aguilar. Il conserve cependant les riches terres du Narbonnais qu'il avait reçues peu avant la rébellion. Cette paix reste précaire puisque Raimond VII de Toulouse, allié à d'autres ennemis du roi de France, tel le roi d'Angleterre, l'empereur allemand, souhaite remettre en cause la domination française issue du traité de Meaux.

 

Suivant à nouveau le comte de Toulouse, Olivier de Termes rallie la révolte dont le signal de déclenchement a été le meurtre des inquisiteurs à Avignonet, en mai 1242. Mais les défaites des alliés, et l'arrivée d'une nouvelle armée royale en Languedoc pendant l'été tuent dans l'oeuf cette action. Les grands seigneurs se rallient à nouveau à Louis IX.

 

A la suite de ces affaires, Olivier obtient la levée des excommunications que l'église avait jetées sur lui, et se retire quelques temps du coté du Roussillon. Il fera son hommage-lige au roi de France en 1247, actant sa soumission définitive à l'église et au roi. La majorité de ses biens lui sont alors rendus, mais il va falloir qu'il participe à grands frais à la croisade que prépare Louis IX, le futur Saint Louis : le rachat de ses actions passées est à ce prix.

 

Partie d'Aigues-mortes en 1248, la septième croisade prend pour objectif l'Egypte. Damiette prise, l'armée de Saint Louis se tourne vers Le Caire. Olivier de Termes y fait office de "commandant des arbalétriers du roi". Cette charge implique en fait qu'il dirige tous les engins de jet, donc l'artillerie. L'expédition se solde toutefois par un fiasco, le roi lui-même étant fait un temps prisonnier. Olivier passe l'essentiel de son temps en terre sainte jusqu'en 1254. Il s'y retrouve au commandement des occitans et s'illustre : le chroniqueur Joinville en témoigne, et Olivier récupère des possessions telles qu'Aguilar.

  chateau de Termes 056

L'évier et l'emplacement de la citerne

 

On retrouve Olivier de Termes en Languedoc en 1255. Il est désormais au service de Saint Louis, dont il est devenu un fidèle compagnon en croisade. Quand le pouvoir royal s'attaque à Quéribus, dernier bastion autonome de résistance "cathare" sur la zone frontalière avec le royaume aragonais, Olivier de Termes mène l'opération. Par les tractations et la force, il s'oppose à son ancien compagnon d'armes : Chabert de Barbaira.

 

La prise de Quéribus et du fenouillèdés précède de peu les négociations avec l'Aragon qui fixeront la frontière pour quatre siècles au traité de Corbeil, en 1258.

Termes deviendra l'une des forteresses royales pourvue d'une garnison gardant la frontière avec l'Aragon,

L'effectif de la garnison de Termes est resté très réduit comme dans l'ensemble des châteaux royaux de la région : en 1255, on compte 15 sergents d'armes, nombre réduit à 8 en 1260. En 1302, les textes conservés précisent que 10 sergents, 1 châtelain, 1 chapelain, 1 portier, 1 guetteur et 1 écuyer composent la garnison de 15 hommes.

Ce sont des effectifs "normaux", pour les périodes de calme : ces hommes sont surtout chargés de la maintenance et de l'alerte. En cas d'attaque, bien retranchés et équipés de nombreuses arbalètes, leur rôle est de résister jusqu'à l'arrivée d'une troupe de secours.

 

Olivier, de par ses intérêts et ses liens avec les deux royaumes, joue un rôle diplomatique notable. La fixation de cette frontière ainsi que les tensions latentes mènent le pouvoir royal à la fortification de certaines places-fortes.

Ainsi, Aguilar est vendue au roi en 1262, et, en parallèle, Olivier vend ou donne un grand nombre de ses possessions. Les raisons qui le poussent à cela sont d'une part le rachat de ses méfaits passés -selon ses propres dires- et aussi le financement de l'effort de guerre en terre sainte, vers laquelle il repart volontairement en 1264.

Dans la défense du royaume de Jérusalem, de plus en plus réduit, Olivier va jouer un rôle important. Suite au décès des titulaires de ces charges, il se retrouve à la tête des armées du roi de France en Palestine. Cet intérim le voit ainsi faire office de sénéchal. Son rôle est notable aussi quand la chevalerie catalane débarque en 1269.

En 1270 enfin, après plusieurs reports, Saint Louis repart en une véritable croisade... mais prend la direction de Tunis. Olivier de Termes le rejoint en partant de Palestine. Malgré son âge, près de 70 ans, Olivier marque les esprits, mais c'est inutile : Saint Louis meurt. Cette croisade est un nouvel échec, et Olivier s'en retourne en Languedoc et Catalogne.

Peu après, en 1273, il obtient de nouveaux moyens et part une cinquième fois en terre sainte, avec l'espoir de voir le renfort d'une nouvelle croisade. Cette croisade n'aura pas lieu... et le 12 août 1274, Olivier de Termes meurt à Acre. Quatre chroniqueurs notent cet événement, comme ils l'auraient fait pour un grand de ce monde. Si son testament fut respecté, il fut enterré en terre sainte, mais vu le contexte, il n'est pas exclu que son corps ait été rapatrié à l'abbaye de Fontfroide, grande bénéficiaire de ses donations.

 

chateau de Termes 25

Les restes d'une ancienne salle voûtée à la fonction imprécise, probablement une chapelle, mesurant 5 x 5 mètres environs. Elle semble avoir été construite à l'époque royale (XIII ème siècle)

termes 04

La partie Nord / Est du château de Termes

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Mur Sud / ESt, contrefort de la poterne, au centre du mur une archère à étrier est encore visible

termes 15

Les latrines côté Est, longtemps identifiées comme une sorte de mâchicoulis, il s'agit en fait de quatre conduits correspondants à des latrines. Ces dernières étaient nettoyées au moyen d'un conduit percé dans l'épaisseur de la muraille pour l'évacuation des eaux de pluie. Ces conduits devaient être protégés par des trappes afin d'éviter que l'ennemi ne pénètre dans la place par surprise.

termes 11

La lice Ouest située entre les deux remparts

termes 13 La poterne Nord / Ouest et à droite on voit très bien les contreforts de conception très particulière et originale


Des chantiers de fouilles et de restauration réalisés par des bénévoles, sont organisés tous les ans par l'Association de Sauvegarde du Château de Termes (ASCT), si vous êtes intéressé vous pouvez contacter l'association à cette adresse pour plus amples renseignements :

Mr Michel Séguy

Hôtel de ville

11300 Termes

Tél. : 04.68.70.03.84 (chez lui)

Tél. : 04.68.70.09.20 (accueil du château de Termes)

Mail : asso.termes@gmail.com

Mail : sylvie.seguy@orange.fr

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 01:00
bandeau-HISTOIRE-04.jpg
bandeau chateaux cathares Merci à vous, de m'avoir suivi dans cette troisième partie de l'histoire du château de Quéribus, j'espère que ce reportage vous a plu et qu'il vous aura permis d'en apprendre d'avantage sur ce château et surtout, vous aura donné envie d'aller le découvrir sur le terrain. Parcourez l'Aude en tout sens, vous serez étonné sur la multiplicité de choses très intéressantes que cette région vous réserve !
Voici donc cette troisième partie, j'ai encore quelques photos à vous montrer :

  Quéribus 03 Une autre belle photo de Quéribus, on a l'impression que l'on est venu mouler la roche autour de la muraille, tellement c'est fusionnel panorama Quéribus 04 Panorama côté Ouest sur la vallée du Maury, le massif sur la droite s'appelle "la quille" altitude 964 m
Quéribus JP 047 Vous ne vous lasserez pas d'admirer les paysages qui s'offriront à vous de la terrasse située en haut du donjon de Quéribus Quéribus JP 043 Je n'ai pas résistez à vous montrer une dernière photo du plafond de la salle du "Palmier" située dans le donjon

Les archives de Cucugnan signalent qu'en 1757, Quéribus avait pour châtelain le baron de Sournia dont les descendants, les Castéras Sournia furent nommés dans cette fonction jusqu'à la Révolution sans occuper les lieux.

Avant d'être abandonné, Quéribus subit, notamment au XVI ème siècle, de profondes transformations qui lui confèrent son aspect actuel.

La forteresse passablement ruinée servit alors de repaire notamment en 1774 à une troupe de voleurs qui écumaient la région, parmi eux se trouvait une fille de Vignevieille travestie en homme.

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Par temps clair, on aperçoit la Méditerranée

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Du château on aperçoit côté Nord, un petit village pittoresque viticole, c'est Cucugnan, dont je vous ai déjà parlé lors du reportage sur le château de Peyrepertuse ici

Quéribus JP 081 Un gros plan sur Cucugnan, garez la voiture à l'entrée du village et allez flâner dans les ruelles, c'est très joli.

Et, avec le billet d'entrée du château de Quéribus, vous avez droit à l'entrée au petit théâtre d'Achile MIR (1822-1901). Dans ce petit théâtre vous découvrirez l'histoire du curé de Cucugnan et son sermon, c'est un spectacle d'une vingtaine de minutes qui est proposé toutes les demi-heures et toute la journée, allez-y , je ne vous en dis pas plus, c'est à voir !

Quéribus JP 048

Autre angle de vue sur le village de Cucugnan, construit en amphithéâtre, parcouru de venelles, et de rues escarpées, il est dominé par un moulin à vent dit "le moulin d'Omer" que vous pouvez voir sur les photos ci-après

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Le moulin à vent dit "le moulin d'Omer" qui domine le village de Cucugnan

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 Le moulin d'Omer, vous l'apercevez du parking où vous laisserez votre véhicule

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Il a de la "gueule" ce moulin à vent dit "le moulin d'Omer"

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Il n'est pas beau ce moulin à vent de Cucugnan ?

Le bâtiment ainsi que le mécanisme ont été réhabilités en 2003. Il est mentionné sur les documents d'archive en 1692 et appartient au seigneur de Cucugnan jusqu'à la Révolution. Il est considéré en ruines en 1838. Ses ailes en frêne sont orientées face au vent grâce à un toit pivotant. Elles sont habillées de toile que le meunier dépliait en fonction de la force du vent. La poutre maîtresse est en chêne et les engrenages en buis. Les meules horizontales sont en granit. Ce moulin est bâti à même le rocher en pente, au dessus de trois anciennes aires de battage. Il témoigne d'une polyculture où le blé tenait une place prépondérante jusqu'à la moitié du XIXème siècle. L'économie locale reposait sur les céréales et l'élevage de chèvres et de moutons.

 

Le château fut classé Monument Historique dès 1907. Les premiers travaux de restauration datent de 1951, avec la réfection du donjon et la consolidation du rocher supportant le château. D'autres restaurations suivirent en 1970 et 1980. La commune de Cucugnan propriétaire du site, conclut en 1972 un bail de location avec une personne privée. C'est à cette époque que débute l'ouverture au public du monument. Après quelques péripéties avec le locataire, en 1983, la commune de Cucugnan se ré-approprie Quéribus et engage des travaux. Des fouilles archéologiques et une étude historique approfondie du site, sont entreprissent de 1984 à 1989.


 Quéribus JP 055  Quéribus JP 070

Les reporters au château de Quéribus

A gauche, l'accès au château par une porte protégée par un assommoir (il s'agit d'une trappe placée au-dessus d'un couloir étroit permettant aux défenseurs de laisser tomber des projectiles divers sur l'assaillant). A droite, porte d'entrée de la troisième enceinte surmontée des vestiges d'une bretèche


On accède à Quéribus par un chemin escarpé mais dégagé qui conduit aux défenses avancées, une série de poternes protégées par des canonnières. Trois remparts successifs, édifiés aux XIII ème et XIV ème siècles, sont ensuite disposés en paliers. On y retrouve tout l'arsenal des défenses médiévales, adaptées à l'emploi de l'artillerie : fortifications en chicanes, assommoir (mâchicoulis surplombant une porte), bretèches (sortes de loggias à mâchicoulis), caponnières (chemins protégés au creux de fossés secs), et escaliers suspendus ...

De forme polygonale, le donjon construit au XIV ème siècle, s'adapte exactement au rocher dont il occupe le point culminant, à 728 mètres d'altitude. Un seul de ces deux étages subsiste. Également, objet de grandes modifications, la chapelle est toujours visible. Sa voûte de style gothique primitif repose sur un pilier excentré, d'où les nervures se déploient "en palmier". Certains de ses murs font sept mètres d'épaisseur, impressionnant ! Une belle baie à meneaux dotée de deux banquettes de pierre éclaire l'ensemble. Selon certaines interprétations, la construction serait ici, comme à Montségur, orientée dans l'axe solaire du solstice d'hiver, date clé du calendrier Cathare.

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Toujours de beaux panoramas, ça donne envie d'y être !!

Quéribus JP 063

Côté Nord, on aperçoit le village de Cucugnan, cette commune des Corbières est située au pied du Mont Tauch sur le Verdouble et sur le terroir Corbières (AOC)

 

Pas moins de trois enceintes s'adaptent au relief du rocher, la troisième venant se refermer sur le donjon. Celui-ci est en première ligne de défense sur ses faces Est et Nord, qui ne disposent d'aucune ouverture et dont les murs atteignent une épaisseur variant de 4 à 5 mètres. Les enceintes résistaient aux tirs de trébuchet installé sur une plate-forme à cent vingt mètres à l'Est du château, au niveau de la terrasse de son donjon. Les boulets de pierre trouvés sur la face méridionale du rocher, indiquent qu'au XIII ème siècle, Quéribus fut soumis au tir des ces projectiles de trente à quarante kilos. A l'intérieur du donjon, la salle u pilier, du XIII ème voire XIV ème siècle, forme un carré de sept mètres de côté. Elle est éclairée par une fenêtre à meneaux cruciformes, qui s'ouvre au Sud, sur la cour du donjon. Le pilier décentré s'épanouit en huit nervures, s'appuyant sur des culs-de-lampe, et quatre croisées d'ogives de dimensions différentes. Cette belle salle gothique, deviendra, après la canonisation de Louis IX, en 1297, la chapelle Saint Louis. Mais, il n'est pas interdit de penser que, plus d'un demi-siècle auparavant, les cathares l'occupèrent, si près du ciel et si loin de la folie des hommes …

Il est à noter que la plupart des pierres ayant servi à la construction de l'édifice, hormis le donjon, ont été extraites sur place, car des emplacements de plusieurs carrières sont encore visibles.

 

Il faut savoir, qu'abandonnés, les châteaux dit "Cathare" n'ont été remis en valeur que depuis les années 1980, ce qui est très récent !


Quéribus JP 073   Quéribus JP 084

Photo de gauche l'escalier en bois menant au donjon. Photo de droite, une autre vue du moulin à vent d'Omer à Cucugnan

Quéribus JP 085

Quéribus, une splendeur médiévale

Quéribus vu du ciel Charlélie Coutinho

Je vous propose quelques photos vues du ciel, qui montre parfaitement l'environnement de la forteresse et l'exploit des bâtisseurs de cette époque médiévale

Quéribus vu du ciel Charlélie Coutinho 2007

Prise de vue face Sud / Ouest du château

Quéribus vu du ciel Claude Choisel 2004

Prise de vue face Nord / Est de la forteresse

Quéribus vu du ciel Joachim Thellier 2005

La citadelle au centre, face Nord

Quéribus 01 Il est l'heure de redescendre, sur ce magnifique couché de soleil qui commence à plonger sur l'horizon, moment de bonheur et de plénitude !

Quéribus JP 004 Une petite dernière avant de s'éloigner

Au plaisir de vous revoir, pour de nouveaux reportages, un conseil, lisez ce qui suit, car il y a des publications sur ce site très régulièrement, à bientôt ...
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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 05:00
bandeau-HISTOIRE-04.jpg
bandeau chateaux cathares

L'épisode Cathare, la fin du dernier îlot de résistance occitane :

Au début du XIII ème siècle, Quéribus soutient la cause albigeoise sans prendre directement part aux combats de la croisade. En 1226, c'est la deuxième croisade des Albigeois, en 1230, le chevalier Chabert de Barbaira, faydit entièrement acquis à la cause, est gouverneur de Quéribus pour le compte des vicomtes de Fenouillèdes. Chabert de Barbaira (1185-1275) était un savant en matière de fortifications puisqu'il était ingénieur militaire du roi d'Aragon. A la mort du vicomte de Fenouillet en 1242, Chabert de Barbaira s'investit du pouvoir militaire de la totalité des places fortes encore indépendantes. Après la chute de Montségur en 1244, il accueille des Parfaits en fuite, parmi lesquels le premier évêque de l'église Cathare du Razès Benoît de Termes frère de Raymond de Termes, et oncle d'Olivier de Termes, il y avait aussi des seigneurs faydits, c'est à dire dépossédés de leurs biens par les croisés. L'évêque Benoît de Termes mourra sur place entre les années 1233 et 1241. Imbert de Salles, un défenseur de Montségur, devant l'inquisiteur Ferrer, fera la déposition suivante le 19 mai 1944 : "Il y a trois ans, j'ai vu, dans le château de Quéribus, Pierre Paraire, diacre des parfaits du Fenouillèdes, Raymond de Narbonne et Guillaume de Bugarach, ils étaient hébergés par Chabert dans une cave du château …"

plan chateau quéribus 02

 

Quéribus 36 Une très belle vue aérienne de la face Nord du château de Quéribus qui vous montre parfaitement la configuration des lieux avec les différents niveaux des enceintes

La prise de Quéribus en 1255 :

Notons que les textes rapportant le siège et la chute de Quéribus sont souvent flous et partiels.

En 1239, Saint Louis rachète Peyrepertuse et Quéribus à l'Aragon. Dans la réalité, Quéribus reste cependant hors d'atteinte du pouvoir français, il est toujours le refuge des hérétiques. Reste donc, à concrétiser l'affaire sur le terrain, après deux sièges avortés, le sénéchal de Carcassonne Pierre d'Auteuil, essaie en mai 1255, une autre tactique. Cette fois c'est par la ruse et avec l'aide d'Olivier de Termes (1207-1274), seigneur voisin, archevêque de Narbonne rallié à la cause royale, qu'il triomphe. Attiré dans un guet-apens, le chevalier Chabert de Barbaira échange sa vie contre la reddition de Quéribus. Quéribus résista plus longtemps que Montségur. On ignore ce qu'il est advenu des hôtes et de la garnison, mais Chabert qui était retenu prisonnier à Carcassonne, eu la vie sauve et passera les vingt dernières années de sa vie en Catalogne ...

Le lieu sera investi dès le mois d'août par une garnison de vingt sergents et par un châtelain, des travaux sont aussitôt entrepris.

Quéribus deviendra l'un des points forts affectés à la défense de la frontière avec le royaume d'Aragon.

panorama Quéribus 03 Panorama observé côté Nord

Quéribus 16

Panorama côté Sud, vous comprenez pourquoi on les appelle les "citadelles du vertige" et comme disait Mr Chirac "c'est loin, mais c'est beau"

Quéribus JP 025   Quéribus JP 040

Photo de gauche vous montre, que même à l'intérieur, le rocher fait corps avec la muraille, à droite la face Ouest de la Tour de l'Escalier

Saint Louis s'intéresse moins à ces derniers hérétiques qu'à la situation même de Quéribus. Après le traité de Corbeil, qui fixe en 1258 la frontière Franco-Aragonaise, la citadelle devient forteresse royale des marches de l'Espagne. Malgré l'accord signé de nombreux conflits territoriaux ensanglantèrent longtemps encore la région.

Quéribus 35   Quéribus 22

Photo de gauche, une vue côté Nord, après avoir franchi la porte d'entrée de la première enceinte. A droite, éperon rocheux côté Nord / Est, juste en dessous c'est la casemate (voir le plan)

Quéribus 33

La deuxième enceinte vient d'être franchie, le donjon est proche, profitez de la vue magnifique côté Sud !

Quéribus JP 072

Vous êtes au niveau de la cour au pied du donjon, un escalier bois permet l'accès

Quéribus JP 053    Quéribus JP 051

A gauche l'entrée de la tour accolée au donjon, abritant un escalier à vis. Cliché de droite, zoom sur la porte de la tour, celle-ci est surmontée d'un linteau monolithe reposant sur deux corbeaux, on remarque ici aussi le rocher omniprésent s'intégrant à l'élévation des murailles

Quéribus 32

L'intérieur de la Tour de l'Escalier permettant l'accès aux différents paliers du donjon

Quéribus JP 046 L'escalier à vis très étroit, formé d'un empilement de marches sensiblement triangulaires posées en porte-à-faux l'une sur l'autre, quelques ouvertures au Nord/Ouest et au Sud/Est, éclairent celui-ci. Vous pouvez accèder aux différents paliers du donjon et aussi à la terrasse sommitale du donjon (altitude 728 mètres) d'où la vue est magnifique sur 360 degrés.

 

En 1259, le premier châtelain vînt s'installer à Quéribus, il s'appelait : Nicolas (alias Michel) de Navarre, à cette époque les ingénieurs du roi firent procéder à d'importants travaux de modification et d'agrandissement. Les châtelains ou gouverneurs, officiers rétribués, étaient nommés par le sénéchal de Carcassonne, leur identité nous est connue jusqu'à la Révolution.

En 1260, le nombre des sergents d'armes était passé à dix pour Quéribus.

En 1321, il était demandé au sénéchal, par le roi, de veiller au bon armement du château auquel on fit livraison d'armes.

Un texte indique qu'en 1360, la totalité de la dîme, des prémices et de la tasque (impôts sur les récoltes et le bétail) était versée par la châtellenie à l'archevêché de Narbonne. A la suite d'une visite, en 1404, du vicaire général de cette ville, la chapelle Saint Louis (donjon Du Château Quéribus ainsi nommé) fit l'objet de réparations.

Quéribus 28

Petite salle voûtée au dessus de la seconde citerne, il y a aussi à côté une pièce anciennement dallée et vestiges d'un four

Quéribus 30

Petite salle voûtée, corps de garde munie de deux meurtrières et qui recouvre une seconde citerne en excellent état et de grande capacité dont vous pouvez admirer sur les photos ci-après, le système d'alimentation reconstitué lors de restaurations

Quéribus JP 030   Quéribus JP 032

A gauche meurtrière de la petite salle voûtée, et à droite le système d'alimention en eau de pluie qui débouche par un tuyau du mur et se déversait dans la citerne située sous la grille, dont vous avez un gros plan ci-dessous

Quéribus JP 031

 

Quéribus JP 045   Quéribus JP 052

La salle du "palmier" dans le donjon, à droite belle ouverture en ogive

panorama Quéribus 05

J'ai monté un panorama pour vous montrer les vestiges situés au pied du donjon, sur la gauche vous aviez le corps de logis à 3 niveaux, au centre, une salle voûtée donnant sur échauguette

Quéribus JP 027

Une ouverture dans la muraille vous permet d'apercevoir Cucugnan

Quéribus JP 074

Vestiges d'habitats

Quéribus JP 075

Le temps a malheureusement fait son office, heureusement qu'une restauration a été réalisée

Quéribus JP 078

JP admirant le donjon

Quéribus JP 029b

Belle photo plein axe, du donjon à gauche avec sa baie à meneau cruciforme, et à droite la tour de l'Escalier, on remarque des corbeaux dans la partie haute et des ouvertures, je me demande si une partie en bois n'était pas adossée à cette tour ?

Quéribus JP 050

Une vue prise du haut du donjon, qui permet de mieux observer les vestiges présentés sur le panorama ci-avant

Quéribus JP 077 Vue prise du haut du donjon plein Ouest

En 1473, les troupes du roi d'Aragon venues libérer Perpignan et le Roussillon d'une occupation déclenchée par Louis XI, vont s'emparer de Quéribus. Son châtelain de l'époque, Pierre Peur dit Malebête, paya les conséquences de ce revers et fut destitué lors de la reconquête du château par le roi de France, 2 ans plus tard en 1475.

Par la suite, des essais de conciliations entre les deux royaumes furent tentés, mais elles furent très brèves, et les conflits reprenaient, provoqués par les rois de France successifs désireux de s'approprier la terre convoitée du Languedoc Roussillon.

Ce véritable poste de frontière, objet de luttes incessantes, ne perd son intérêt stratégique qu'en 1659 lors du rattachement définitif du Roussillon à la France par le traité des Pyrénées.

Le destin des châteaux Cathares se termine donc le 7 novembre 1659, avec ce traité des Pyrénées, après 24 années de guerre entre la France et l'Espagne. Cet accord donne royaume de Louis XIV le Roussillon, faisant reculer la frontière entre les deux pays jusqu'aux Pyrénées.

D'après un document datant de 1685, seul le donjon était habitable.

L'histoire générale du Languedoc mentionne qu'en 1597, lors de l'Assemblée des États de Languedoc, le roi fut prié de faire réparer les forteresses de frontière qui menaçaient ruine. Moins d'un siècle plus tard, en 1685, un état estimatif de travaux comporte une impressionnante liste de réparations à effectuer sur un Quéribus qui paraît en grande partie ruiné.

Quéribus JP 019 Sur cette photo on aperçoit très bien au centre sur la crête, le château de Peyrepertuse, que je vous ai zoomé sur la photo ci-dessous
Quéribus JP 064 Peyrepertuse vu du château de Quéribus
Quéribus JP 065 Vous me suivez pour la troisième partie de ce reportage ...

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