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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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MESSAGE

30 mai 2015

 

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Aujourd'hui pour varier un peu, on va changer de secteur, je vous emmène au pied de la montagne d'Alaric, à Douzens exactement. Douzens est très réputé, car il fut non seulement le haut lieu d'une commanderie templière, mais surtout à cause des archives importantes qui sont arrivées jusqu'à nous, retraçant son histoire. Je ne prétends pas tout vous dévoiler dans ce reportage, mais simplement soulever encore une nouvelle page d'histoire de l'Aude.

Mes remerciements aux internautes pour leur générosité, en offrant leurs photos pour documenter ces reportages et qui ont compris le message que je désire faire passer via ce site web. N'hésitez pas à m'envoyer vos photos, documents, afin d'illustrer les reportages sur vos villages que vous aimez, mobilisez-vous oh peuchère !. Je vous souhaite une bonne découverte ...

 

 

Comme vous pouvez le voir le village de Douzens se situe à 21 km de Carcassonne, 37 km de Narbonne, 115 km de Toulouse, 70 km de Béziers, 129 km de Montpellier et 95 km de Perpignan.

Depuis des lustres, Douzens, se trouve sur une route d'échanges importants entre la Méditerranée, Toulouse, et Bordeaux.

Zoom sur un extrait de carte IGN, qui donne des informations intéressantes, comme la position d'anciens moulins.

Blason de la ville de Douzens

Une vue aérienne de Douzens, avec en haut dans le cercle blanc, la position du château et de l'église Saint Vincent.

Douzens, zoom sur la vue aérienne, le château se trouvant proche de l'église.

  

Panneau d'entrée du village de Douzens suivant les saisons.

Une vue aérienne du village de Douzens, prise côté Est, en direction de Carcassonne.

Douzens, avec son château à gauche, proche de l'église à droite.

 

Le village de Douzens, comptait en 2012, 706 habitants. En 1793 il y avait 753 âmes, l'apogée fut atteint en 1931 avec 1006 habitants, qui sont appelés les Douzenois.

La commune est située au pied de la Montagne d'Alaric sur le vignoble de la Montagne d'Alaric qui fait partie du vignoble des Corbières.

D'où vient le nom Douzens, deux théories s'affrontent, la première :

Le nom viendrait d'une ancienne appellation Doding, formée du patronyme Dodo et du suffixe germanique -ing indiquant une propriété. Le domaine "Dodo" ou "Docius" donc. Un manuscrit de 1259 mentionne l'existence de Dozincho.

Pourquoi ce suffixe germanique ? Au IIIème et VIème siècle, des barbares d'origine germanique étaient encouragés par les gouverneurs romains à émigrer vers leurs territoires afin de défricher et d'exploiter de nouvelles terres. Et ensuite, du VIIème au Xème siècle, les Gallo-romains eux-mêmes ont pris des noms germaniques comme le voulait la mode à l'époque

La seconde théorie : Douzens semble venir étymologiquement du mot Adducere qui signifie : conduire, amener.

Car, d'après les chartes les plus anciennes décryptées par le chanoine Sabarthès, sa première forme fut "Douzencs" ; et dans la langue d'oc, "Adouco, Douzil, Adouzillar", etc. Tous termes s'appliquent à une adduction, une conduite de liquide quelconque.

Ce vocable "Douzéncs" aurait-il été choisi à cause de quelque aqueduc passant dans le village et amenant l'eau de quelque source du pied de l'Alaric, vers l'antique cité romaine Liviana dont les vestiges ont été retrouvés près de Douzens ?

Le village de Douzens vu depuis la montagne d'Alaric toute proche.

 

DOUZENS ÉPOQUE ROMAINE

La Via Aquitania (ou Via Aquitana) était une voie romaine sans doute construite à partir de 14 après J.-C. pour relier Narbonne, capitale de la Gaule narbonnaise à Toulouse et Bordeaux. On connaît le tracé de cette voie grâce à la Table de Peutinger, connue aussi sous le nom de "Carte des étapes de Castorius" ou de "Table Théodosienne", qui est une copie réalisée vers 1265 par des moines de Colmar, d'une carte romaine réalisée vers 350.

Voici un extrait du tracé de la voie romaine allant de Narbonne à Toulouse d'après la table de Peutinger.

 

On sait qu'une cité fut construite entre Carcassonne et Narbonne, au 1er siècle de l'ère chrétienne, sur cette voie romaine,. Elle portait le nom de Liviana, en l'honneur de Livie, femme d'Auguste (50. à 60 ans après J.C.). Ce devait être une assez grande ville et une forteresse, puisque les Wisigoths plus tard y enfermaient leurs prisonniers. Elle existait encore au V ème siècle, puisque Euric, roi des Wisigoths, y retint captif, vers l'an 475, le poète Sidoine Apollinaire pendant près d'une année. Plus de cent ans après, cite Alexandre du Mège, il est fait mention de Livia, bourg voisin de Carcassonne.

La position de Livia ou Liviana fut fixée tantôt à Capendu, tantôt à Marseillette, ou à Lézignan. Aucun de ces lieux n'occupe-la place indiquée par la Table Théodosienne et le calcul des distances porte plus tôt vers Douzens. L'estimation de la principale situation de Liviana se trouvait à 200 mètres à l'Est du cimetière de Douzens, dans un champ au lieu-dit "le Viala". C'est à cet endroit que des découvertes importantes furent faites à la fin du XIXème et au début du XXème siècle.

En 1934 on pouvait voir, autour de l'éminence sur laquelle on distinguait très bien les vétustés fondations de deux tours ruinées, un puits profond, des vestiges de canalisation, des débris de briques, de poteries, des objets d'art et de décoration attestent de façon évidente qu'une agglomération importante se trouvait là.

 

QU'ELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE TEMPLIER ET HOSPITALIER ?

Ces deux ordres, sont des ordres religieux militaires dont les membres combattaient les armes à la main les ennemis de l'Église. Leur origine remonte aux croisades.

Le plus ancien ordre est celui des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem (ou hospitaliers). Ils étaient à la base responsable d'un hôpital pour les pèlerins fondé au XIème siècle à Jérusalem bien avant les croisades. Il a à ses débuts des activités uniquement hospitalières, d'où son nom. Après la prise de la ville de Jérusalem par les croisés en 1099, ils demandèrent la reconnaissance de leur ordre au Pape en 1113, puis ils devinrent un ordre militaire chargé de protéger les pèlerins, tout en gardant une fonction caritative.

Après l'éviction des Croisés en 1291, l'ordre s'installe à Chypre puis à Rhodes ; expulsé de Rhodes par la conquête turque (début XVIème siècle), l'ordre s'installe à Malte et devient une puissance maritime souveraine. Il est expulsé de Malte en 1798 par Bonaparte et se place sous la protection de Paul Ier de Russie.

Puis avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'ordre une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents.

 Il existe encore de nos jours sous le nom d'ordre de Malte, qui se consacre à des actions humanitaires.

Voici différentes formes des croix templières

 

Quant aux templiers, leur ordre a été fondé en 1120 par un chevalier champenois, Hugues de Payns, qui voulait assurer la protection des pèlerins se rendant en Terre sainte prier sur le tombeau du Christ. Les templiers sont les chevaliers du temple, ils étaient donc à la base une "milice du christ" qui avait pour mission de protéger le saint-sépulcre, devenu un ordre pour protéger les pèlerins et les possessions de l’Église. Ils sont appelés templiers, car le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem qui était appelée à tort à l'époque "temple de Salomon".

Cet ordre religieux est reconnu par le pape en 1129. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Après sa suppression en 1312 par le pape Clément V, suite au procès en hérésie et aux attaques lancées par le roi de France Philippe IV le Bel, ses possessions sont remises à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

 

Les chevaliers de ces ordres devaient faire vœux de pauvreté et de chasteté.

Les activités de ces deux ordres sont semblables et leur organisation proche, ont fait, que très souvent on a tendance à les confondre. La plupart des maisons fortes templières sont devenues hospitalières après l'an 1312.

Le château de Douzens, vu du Nord Ouest.

 

DOUZENS ÉPOQUE MOYEN-ÂGE

L'étude de l'histoire de l'Aude se heurte très souvent à la croix pattée à huit pointes.

La ville de Douzens devint une commanderie templière dès le XIIème siècle. Les Templiers eurent, dès les premières années de leur installation en France, de nombreuses possessions dans la partie du Bas-Languedoc, située aux environs de la ville de Carcassonne. De cet ensemble de possessions, ils en formèrent une commanderie, dont la ville de Douzens fut le chef-lieu. Le jour des calendes d'avril de l'année 1132, les trois frères Roger de Béziers, Raymond Trencavel et Bernard Athon, avec l'assentiment et le conseil de la comtesse Cécile leur mère, donnèrent à l'Ordre du Temple un mas situé aux pieds des murs de Carcassonne avec ses habitants.

En 1132, Roger de Villery donne aux Templiers, la ville de Brucafel avec toutes ses dépendances, plus une terre située aux faubourgs de Carcassonne, sous la porte Tolosane.

Le 3 ème jour des Ides d'avril de l'année 1133, une autre donation fut faite par Bernard de Canet, Aymeric de Barbayrac et autres seigneurs, à l'Ordre du Temple de la ville de Douzens et de son territoire. La même année, le vicomte Roger de Béziers, fils aîné de Bernard-Aton, cède au Temple sa villa de Brucafel et tout ce qu'il y possède en hommes, femmes, terres, vignes, et manses.

En 1136, le Temple acquiert la villa de Sainte-Marie de Cours, aujourd'hui disparue, qui était située dans l'actuelle commune de Fajac-en-Val, dans les Corbières, au sud-ouest du mont Alaric.

En 1138, une donation par Raymond et Arnaud de Gaure de tous les fiefs et droits qu'ils possédaient dans la ville de Gaure, et la juridiction de Pomas.

En 1139, une donation par Guillaume Amiel, aux Templiers, de fiefs dans le territoire de Montredon.

Les richesses de la commanderie templière de Douzens ne cessent de s'accumuler. Voici quelques autres donations qui furent faites après 1140, pour vous montrer l'étendue des territoires en leur possession.

En 1147, Roger, vicomte de Béziers fait la donation à l'ordre du Temple de la ville de Campagne.

En 1151, Bernard Raymond fait la donation de tout ce qu'il possédait dans le comté de Carcassonne et de la seigneurie du lieu de Cabriac.

En 1153, B. de Canet et Aymeric de Barbayrac font la donation de l'église de Saint-Jean-de-Carriére.

Raymond de Rieux donne, en 1167, une femme et sa fille avec leur descendance, tandis que Pons de Mollière fait don de Guillaume, berger, et de ses neveux.

Toujours en 1167, une terre est concédée aux frères Bels pour y implanter de la vigne ; mais l'acte précise, que si le rapport est insuffisant, la terre sera reconvertie en labour.

En 1171, Raymond de Cabanac, cède tous ses droits sur la ville et le territoire de Molières.

Le château et l'église de Douzens vus en arrivant du village de Blomac au Nord.

Les donations portent essentiellement sur des terres, des revenus de celles-ci, des rentes et des droits sur la terre.

Les donations affluent durant tout le XIIème siècle si bien que les possessions foncières de la Milice s'étendent le long de la vallée de l'Aude sans pour autant porter ombrage à celles de l'abbaye de Lagrasse.

 

1250, les archives révèlent des lettres du Pape Innocent IV adressées au comte de Poitiers, pour le prier de faire restituer aux Templiers certaines terres dont ils avaient été dépouillés par le sénéchal de Carcassonne.

 

En 1261, les transactions continuent, Bernard de Clermont et Cécile sa femme vendent aux Templiers les territoires de La Calin, d'Escande et de Cabrits, situés dans la juridiction de Cours.

 

En 1325, une sauvegarde royale est accordée à la commanderie templière de Douzens et à ses membres.

 

Après la guerre des Albigeois, la partie principale de la seigneurie de Peyriac fut concédée au sieur de Carmaing, qui, à son tour, la donna, en 1331, à l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, contre la seigneurie de Montricoux, laquelle dépendait de la Commanderie de Vaour. Des lors, le membre de Peyriac fut rattaché à la Commanderie de Douzens.

 

En 1364, des lettres patentes du gouverneur du Languedoc, indiquent que le château et la ville de Peyriac, ayant été usurpés par les ennemis, furent recouvrés par le maréchal d'Audenham, qui les remit aux chevaliers de Saint-Jean.

 

1366, un accord entre le commandeur et les habitants de Douzens stipule que les fortifications de la ville devront être construites à frais communs ; les habitants devront élire pour leur forteresse un capitaine qui prêtera serment au commandeur ; ils garderont les clés de la ville fortifiée, à la condition qu'à l'avènement de chaque commandeur, ils les lui présenteront et reconnaîtront qu'ils les tiennent de lui.

Le commandeur avait la seigneurie temporelle, foncière et directe, avec toute juridiction, des villes de Douzens, de Cabriac, de Fajac en Val, de Saint-Jean-de-Molières, de Magrie, de Campagne, de Peyriac, la seigneurie spirituelle de Salles en Razès, de Notre-Dame-de-Vaux, de Cours, des fiefs et des rentes à Limoux et à Montredon ; son revenu net, en 1751, était de 6.055 livres.

La façade principale Sud du château de Douzens.

Le Commandeur de Douzens y joue toujours le premier rôle ; il y exerce le droit de justice et de police, il choisit sur une liste les trois consuls annuels, il perçoit les droits afférents à sa seigneurie, et notamment un droit de leude.

 

Les commanderies hospitalières de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont des possessions terriennes destinées à procurer des fonds pour soutenir l'action des Hospitaliers en Terre sainte. Une commanderie est un ensemble de bâtiments pour l'essentiel, à destiné agricoles. Dans l'organisation des Hospitaliers il y a trois statuts différents :

 1- Les commanderies sont sous la responsabilité et dirigées par un commandeur et relevant d'un prieur ;

 2- Les baillies sont sous la responsabilité d'un bailli et relevant directement du supérieur de l'ordre ;

 3- Les prieurés sont sous la responsabilité d'un prieur chargé des commanderies relevant de son prieuré et relevant directement du supérieur de l'Ordre.

 

Commanderies, baillies et prieurés ont souvent comme origine une donation d'un seigneur local pour satisfaire à la religion ou de nouveaux chevaliers qui lèguent leurs biens à l'Ordre. Dans le département de l'Aude il y a six commanderies connues : Brucafel , Campagne-sur-Aude, Carcassonne, Cours sur le territoire du village de Fajac en Val, Douzens, et Narbonne.

La mairie et la poste de Douzens. Vous verrez plus loin sur une photo ancienne de 1920, la poste se situait à gauche du bâtiment et à droite autrefois c'était une école de garçons.

Douzens, groupe scolaire et monuments aux morts des grandes guerres.

Ce groupe scolaire existait déjà en 1910, voir photo ancienne plus loin.

Groupe scolaire et monuments aux morts de Douzens.

L'avenue des Corbières à Douzens.

 

LE CARTULAIRE DES TEMPLIERS DE DOUZENS

Le cartulaire de la commanderie templière de Douzens conservé aux Archives départementales de la Haute-Garonne nous renseigne entre autres, sur ces donations, il comprend soixante-dix-huit actes d'achat et d'échange, dont l'intérêt est grand dans la politique de remembrement du patrimoine templier. Il renferme en tout 207 documents datés de 1110 à 1183. Ce cartulaire de Douzens contient aussi trente-cinq actes couvrant la période de 1141 à 1182, ils mentionnent des informations concernant l'aménagement hydraulique de l'Aude et de ses affluents, la construction de moulins terriers à roue. Les documents de ce cartulaire sont mis sous scellés en 1793, le fonds de l'ordre de Malte (qui avait recueilli les archives des Hospitaliers, administrateurs de la commanderie de Douzens depuis 1313) ne fut transféré que vingt ans plus tard aux archives de la Haute-Garonne. Les documents ont subis des déménagements et l'usure du temps, ont fait que les manuscrits ne nous sont pas parvenus intacts. Puis ils ont disparu dans les années 1920, puis retrouvé en 1946 suite à un inventaire. Depuis, de nombreux scribes rédacteurs ont traduit les actes originaux de ce cartulaire. Une édition rassemblant toutes ces informations a été publiée en 1965.

Voici un exemple de page de ce cartulaire de Douzens

 

LISTE DES COMMANDEURS DE DOUZENS

Joseph Montlaur maire de Douzens dans les années 1935 a établi une liste et armorial des commandeurs de Douzens de 1313 et1791. Les blasons dans l'édition n'ont pas de couleur, après recherches j'ai retrouvé certains armoriaux colorés que je mettrais ci-après. Il faut savoir qu'au blason d'origine de ces chevaliers, une croix blanche sur fond rouge fut rajoutée en haut de leur écu à partir du moment où ils entraient dans l'ordre.

 

Les premiers étaient des templiers jusqu'en 1298 :

        1132 - 1133 Hugues de Rigaud.

        1138 Armand de Bedous.

        1152 Pierre de Sainte-Suzanne.

        1165 Jean de Selve.

        1173 - 1178 Bertrand de Mayrac.

        1182 - 1184 Izarn de Molières.

        1210 Guillaume de Moissac.

        1244 Guillaume Othon.

        1248 - 1251 Pons de Castelnau.

        1274 Hugues de Santhès.

        1289 - 1291 Bernard de Combret.

        1298 Ithier de Rochefort, il sera torturé en 1308 par les hommes de Philippe le Bel pour qu'il avoue son idolâtrie.

 

Puis vint les commandeurs Hospitaliers :

        1313 Aymery de Thurey ou Thury. Le 22 novembre 1321, le Grand Prieuré de Saint-Gilles lui fut conféré par le Grand-Maître Elion de Villeneuve. Aymery de Thurey est un descendant de Lambert de Thury ou Thurey, chevalier français qui, en 1209, vint en Languedoc avec l'armée des Croisés pour exterminer les hérétiques albigeois. Il devint l'un des lieutenants de Simon de Montfort.

Blason d'Aymery de Thurey

        1322 - 1327 Jean de Bogie ou Bogia.

        1323 Raymond de Monstier.

        1331 Jean de Villeneuve.

        1334 Bernard Olit.

        1358 Bertrand de Puget. Devint le 25 Décembre 1365, Grand - Commandeur de Naples, Manosque et Beaulieu.

        1366 Hugues de Puget. Succéda à son frère à la Commanderie de Douzens. Mourut en 1381 (suivant une Bulle du 1er Février 1381). Les Commandeurs de Puget étaient fils de Guillaume V de Puget, seigneur de Saint-Alban, Puget-Thénier, Auvarre, Massoin, Flayose, chevalier, Viguier de Marseille, chambellan de S. M. la reine Jeanne de Naples et de Béatrix d'Esparron. Il a les mêmes armes (blason) que Bertrand de Puget, son frère.

        1375 Bernard de Gaujac.

        1380 Bernard de Montaut.

        1383 Pierre de Boysson ou Boyssonnis.

        1390 Pierre de Boysson, Prieur de Rhodes.

Blason de Pierre de Boysson

        1407 Pierre de la Balme ou Balma.

        1421 - 1427 Gaillard de Capdenac.

        1435 Arnaud Mercader ou Mercadier.

Blason d'Arnaud Mercader

        1439 Arnaud de Marsan.

        1446 Jean de Castelnau.

        1476 - 1477 Bernard Tabolh ou Tabula.

        1478 - 1490 Jacques de Pins. Il prit part à la défense de Rhodes le 23 Mai 1480.

Blason de Jacques de Pins

       1511 Bernard de Montilio.

      1525 - 1528 François de Latour de Provence. Son frère Gabriel de Pomeroles de Provence, fut grand - prieur de Saint-Gilles, tué au siège de Rhodes, en l'an 1522, il a les armes (blason) semblables à celles de François de Lafour de Provence.

     1538 - 1545 Foulques de Caritat. Il était le fils de Guy de Caritat écuyer, citoyen de la ville d'Oran et de Philippine de Cordière. Devint, le 9 Février 1540 Grand-Commandeur.

       1545 - 1552 Martial de Corneilhan.

Blason de Martial de Corneilhan

        1564 Lucien de Cays. Il était fils de Louis Cays, écuyer de la ville de Nice, et de Jeanne de Castellane d'Aluis.

        1567 Octavien de Baschi. Fils de Louis de Baschi, seigneur de Saint-Estève et Thouars et de Melchionne de Matheron. La Maison de Baschi est originaire d'Italie, alliée aux Médicis, aux Borromée, aux Piccolomini.

        1582 - 1598 Jean de Villeneuve-Chastuel.

        1611 Jules de Montmorency (bâtard).

        1620 Jean d'Escalles.

        1623 - 1626 Christophe de Saytre-Gaumont. Il était fils de Louis de Saytres, seigneur de Gaumont, au Comté-Venaissin et de Marguerite de Berton de Crillon. En 1624, il devint Commandeur d'Argentein et devint la même année bailly de Manosque.

        1644 - 1652 Honoré de Grasse-Montaurion. Berceau de la famille au château du Bar près de Grasse (Alpes Maritimes).

        1663 Jean d'Arpajon. Il était fils de Jean, Baron d'Arpajon et de Sévérac en Rouergue et de Jacquette de Castelnau de Clermont-Lodève. En 1644, frère Jean d'Arpajon devint Grand-Commandeur et le14 Juillet de la même année, fut nommé Grand-Prieur de Saint Gilles. D'Arpajon mourut à Millau, le 10 août 1677, des suites d'un accident. La maison d'Arpajon est issue de la première race des comtés de Rodez. Le frère aîné du Commandeur, Louis, devint maréchal de camps puis lieutenant-général des armées du roi en 1641, il fut fait duc et pair en 1650 et ministre d'Etat en 1653. Les biens des d'Arpajon passèrent par alliance aux de Gontaut duc et maréchal de Biron, et, après la Révolution, à un neveu de Béthune-Chârost.

        1666 Joseph de Panisse d'Oiselet. Il était fils de Jean-François de Panisse, baron de Montfaucon et seigneur d'Oiselet, en Languedoc et d'Antoinette d'Urre Molans. En 1676, à là mort du bailly André de Clémans, Joseph Panisse d'Oiselet, Commandeur de Douzens, devint Bailly de Manosque.

        1676 - 1679 Thomas de Villages. Il était fils de Thomas de Villages, écuyer citoyen de Marseille, et de Marguerite Decouvet de Trets.Il fut Commandeur de Trinquetaille, et le 22 Janvier 1684, devint Grand-Commandeur et Lieutenant en Provence. Il mourut à Malte, le 29 Janvier 1689.

        1657 - 1691 Cosme d'Astouard Velleron.

        1693 - 1705 Gaspard de Vente de Penes. Cette maison est venue de Gênes.

        1711 - 1715 Jean Georges de Caulet. Au XVIIIème siècle, Tristan de Caulet est marquis de Gramont.

Blason de Jean Georges de Caulet

           1716 - 1718 Charles de Sade ou de Fabre de Mazan.

      1725 Jean Hyacinthe de Laignes de Junius. Originaire du Lauraguais (Seigneur de Saint-Rome). Le Commandeur Jean Hyacinthe de Laignes de Junius présenta en justice copie d'un contrat de 1331, portant échange des terres de Montricoux et de Peyriac et mentionnant le droit de leude au profit du seigneur, ensemble quatre baux du droit de péage, de 1620, 1643, 1666 et 1714.

     1731 - 1738 Bernard de Roquette Buisson. Il devint bailli de Manosque. Les Roquette - Buisson possédèrent du XIVème siècle jusqu'en 1789, la seigneurie de Baraigne.

         1746 François de Raymond d'Eaulx.

•        1750 - 1753 Jean Sébastien de Varaigne de Bélesta de Gardouch. Il était le fils de noble Charles de Varaigne et de Marie de Roquefort de Marquein. Il était le neveu de Charles de Roquefort, Grand Prieur de Toulouse.

        1771 - 1776 Anne Etienne Gaspard de Lezay de Marnésia.

       1777 Jean Antoine Joseph Charles Elzear Riquetti de Mirabeau. Né le 8 Octobre 1712. Commandeur de la Grand-Croix de Saint-Jean de Jérusalem. Oncle du grand tribun de la Révolution. Dernier Commandeur de Douzens. La même famille avait donné l'illustre créateur du Canal du Languedoc.

L'entrée principale au Sud du château de Douzens, avec ses deux tours carrées.

 

LE CHÂTEAU DE DOUZENS

L'ordre religieux des hospitaliers de saint Jean de Jérusalem recueillit la seigneurie de Douzens dans la succession des chevaliers du Temple. Il la posséda jusqu'à la confiscation de 1790. Le seigneur commandeur de Malte avait la justice haute, moyenne et basse.

Le château a été complètement restauré au début du XXème siècle et ne possède rien d'ancien. Ce château est privé et ne se visite pas.

On remarque seulement au-dessus d'une porte sur la terrasse, un blason incrusté dans le mur. Il est en relief et de forme elliptique. C'est un écu fretté, chaque partie chargée d'un écu, au chef chargé d'une croix, d'après la science du blason de Magny, les écus indiqueraient un ordre militaire, on en conclut que ce blason pourrait être celui d'un chevalier de la Commanderie de Dou zens. Mais ce n'est pas le blason d'un simple chevalier, mais bien celui du Grand Maître Helion de Villeneuve, élu Grand Maître de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem en 1319 et mort en 1346. Mais il y a une remarque qui fut faite sur ce blason indiquant que le blason des de Villeneuve était bien antérieurement au Grand Maître Hélion, en possession de la famille provençale de ce nom.

Blason gravé dans la pierre et incrusté dans le mur du château de Douzens.

La façade Nord du château de Douzens avec ses deux tours rondes, alors qu'au Sud elles sont carrées.

Autre photo de l'entrée principale du château de Douzens.

Façade Nord du château de Douzens, photo prise du chemin de ronde.

On constate selon l'étude héraldique de ce blason, que les hachures conventionnelles des couleurs sont naturellement absentes de cette pierre armoriée par ce que les hachures sont venues très postérieurement à cette époque. Cette œuvre ayant été réalisée vraisemblablement par un tailleur de pierres local, elle ne traduit pas la forme exacte des lances, car il aurait été bien difficile de donner un fretté sur pierre, pour l'enlacement héraldique de bandes et de barres que cette figure comporte.

Dans les années 1920, cette pierre historique était incrustée dans un mur vulgaire, longeant la voie ferrée et exposée ainsi à toutes les intempéries, c'est M. Joseph Montlaur qui lors de la restauration de son château entre 1920 et 1930, a restitué à cette vénérable pierre, à peu près la place qu'elle occupait à l'origine, car ce blason d'un grand maître, devait surmonter l'entrée principale du château.

On suppose qu'Hélion de Villeneuve est le constructeur du château et de l'église de Douzens, primitivement chapelle du château.

Cette famille eut une branche : les de Villeneuve-Bargemont, dont il y avait encore de la survivance à Paris et à Avignon dans les années 1930. C'est l'auteur de cette branche qui obtint en 1506 du roi de France Louis XII d'ajouter en cœur du blason ancestral, un écusson d'azur, chargé d'une fleur de lis d'or. C'est une concession octroyée après la bataille de Marignan.

L'entrée principale du château et à droite, l'église Saint Vincent de Douzens.

Le grand maître Hélion a-t-il habité le château de Douzens qu'apparemment il avait fait construire ? On ne peut, sur ce point, que rester dans le domaine des hypothèses, mais on ne serait pas surpris que notre personnage eût fait sa résidence à ce siège de Commanderie, du moins momentanément. Hélion, élu en 1319, ne rejoignit l'Ile de Rhodes qu'en 1336. Dans cet intervalle, de 17 ans, il resta en Provence ou en Languedoc, soit à cause de son état de santé, soit à cause de l'arrangement des affaires de l'Ordre qui, à ce moment-là, par suite des dernières guerres avec les Turcs, n'étaient pas financièrement brillantes.

Dans cet intervalle aussi, il tint un chapitre général à Montpellier.

Il est à remarquer que la Commanderie de Douzens était particulièrement affectionnée de l'Ordre puisque, en 1567, nous voyons un allié de la famille de Villeneuve : Octavien de Baschi, commandeur de Douzens.

Hélion de Villeneuve naquit vers l'an 1270, d'Arnaud de Villeneuve, dit le Grand, et d'Aigline de Sabran, tante de Saint-Elzéar. Aigline était apparemment la seconde femme d'Arnaud.

Hélion avait une sœur de sept ans plus âgée que lui et dont la mère, Sibille d'Uzès, était de la Maison de Sabran. Cette sœur d'Hélion se nommait Rossoline ou Roseline. Elle mourut en 1329. L'Eglise l'a placée sur les autels sous le nom de sainte Roseline. On lui attribue durant sa vie d'être intervenue plusieurs fois pour faire cesser l'hérésie des Albigeois.

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, héritier de celui des Templiers, possédait des biens immenses comme on a pu le voir ci-avant.

L'entrée principale du château et à droite, l'église Saint Vincent de Douzens.

Dans la base Mérimée je n'ai pas trouvé ce château classé au titre des monuments historiques. La famille Montlaur possédait le château au début du XXème siècle, Joseph Montlaur maire de Douzens en 1937 en était le propriétaire à l'époque, je ne sais pas si ce château est resté dans cette famille de nos jours. Peut-être recevrais-je des infos, suite à la publication de ce reportage. N'hésitez pas à me contacter pour partager vos éléments historiques afin de compléter cet article.

L'église Saint Vincent à Douzens.

 

L'ÉGLISE DE DOUZENS

L'église de Douzens est dédiée à saint Vincent. La cure était occupée autrefois par un vicaire perpétuel, dont la congrue était payée par les chevaliers de Malte. L'évêque de Carcassonne nommait à la cure et percevait le tiers de la dîme; les deux autres tiers appartenaient aux chanoines réguliers de Sainte-Geneviève de Cassan au diocèse de Béziers. Par décret du 11 prairial an XII, l'église fut érigée en succursale dépendant du doyenné de Trèbes et comprenant Comigne de 1807 à 1854.

L'église Saint Vincent avec sa petite placette devant, à Douzens.

L'église de Douzens, orientée régulièrement de l'Est à l'Ouest, comprend une large nef de quatre travées précédée d'une abside polygonale à sept pans. Cet édifice, bien qu'entièrement remanié, offre cependant quelques vestiges des parties anciennes. Ces parties anciennes de l'église de Douzens, étaient primitivement celles de la chapelle du Château, elles ne sont pas antérieures au XIVème siècle, il est permis de supposer que sa construction date de la même époque du grand maître dont le blason décore aujourd'hui une porte d'entrée du château et dont il est parlé plus haut.

La longueur totale de l'église est de vingt-trois mètres. Le sanctuaire a une largeur de huit mètres soixante-quinze. La nef mesure seize mètres dix sur neuf mètres trente-cinq de largeur. La voûte a une hauteur de neuf mètres cinquante.

La nef possède une voûte récente en briques sur croisées de pierres. Seuls les doubleaux sont peut-être anciens. L'abside paraît avoir des ogives anciennes. Celles-ci retombent sur des chapiteaux polygonaux dont quelques-uns sont à deux rangs de feuillage. Cinq longues fenêtres très simples, éclairent le chevet.

La nef est bordée par quatre chapelles du côté de l'évangile, et par trois du côté de l'épître ; la deuxième travée étant occupée par la porte. Ces chapelles datent de différentes époques. Les plus anciennes sont celles qui touchent le sanctuaire.

L'église Saint Vincent à Douzens.

Dans la quatrième chapelle de droite, une clef de voûte porte l'agneau détourné. Dans la troisième, deux consoles sculptées : une du côté du sanctuaire des anges agenouillés portant un blason orné de la croix de Malte ; et une du côté du fond de l'église, on peut voir un animal fabuleux, sorte de taureau dévorant un homme, en face de l'animal, un guerrier tenant un bouclier, semble le combattre pour délivrer son compagnon. La présence de cette sculpture dans l'église de Douzens, présente un très grand intérêt et constitue une date indiscutable. La scène représente un épisode qui eut un retentissement universel et qui se produisit sous la maîtrise du grand maître Hélion de Villeneuve, c'est-à-dire de 1319 à 1346.

A cette époque, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, n'était pas dans l'île de Malte, mais dans celle de Rhodes. Un monstre énorme et dont on ne connaissait pas encore la nature, ravageait l'île de Rhodes, bêtes et gens en étaient les victimes et les chevaliers qui s'essayaient de le combattre, ne reparaissaient plus. Finalement, le grand maître interdit dorénavant à ses chevaliers, de poursuivre la lutte avec le monstre. Cependant un des chevaliers, originaire de Provence, Dieudonné de Gozon, ne craignit pas d'enfreindre la consigne et d'attaquer le monstre en usant d'un stratagème auquel nul avant lui, n'avait songé. On avait remarqué en effet que le monstre couvert d'écailles très grandes et très épaisses ne pouvait pas être atteint par lances, épieux, épées, etc. Si l'on pouvait l'amener à se coucher sur le dos et à présenter ainsi la partie du corps privé d'écailles, il y aurait une chance à le transpercer. Gozon imagina donc de faire intervenir de gros chiens formés dans ce but et la manœuvre réussie, le monstre présenta son ventre et Gozon s'empressa de le transpercer. Le monstre n'était qu'un crocodile énorme. L'île de Rhodes en fut pour toujours délivrée. Mais Hélion de Villeneuve, inflexible sur les principes déclara que pour un chevalier, l'observation de la règle, l'obéissance aux ordres du supérieur, étaient plus précieuses que la vie humaine et Gozon dut quitter l'ordre.

Mais le grand maître revint quelque temps après sur son intransigeance, de Gozon rentra dans la milice et à la mort d'Hélion de Villeneuve, survenue, en 1346, les chevaliers éliront pour leur grand maître : Dieudonné de Gozon qui gouverna l'ordre de 1346 à 1353.

Cette famille noble n'est pas étrangère à notre région et même à la Cité de Carcassonne. Par suite de son alliance avec la Maison de Montcalm, nous avons eu comme dernière abbesse de Rieunette, Louise de Montcalm-Gozon et au XVIIIème siècle, nous voyons en compagnie du chevalier de Lévis et d'un de Rigaud de Vaudreuil, un de Montcalm-Gozon, dans les derniers défenseurs du Canada.

Les chapelles du côté gauche offrent peu d'intérêt. Signalons seulement deux consoles à tête humaine dans la troisième.

  

Le porche de l'église Saint Vincent à Douzens.

La porte qui s'ouvre dans l'axe de la deuxième travée est surmontée de quatre voussures retombant, l'externe sur des modillons en forme de têtes, les trois autres sur des chapiteaux très simples, gros tore sur une corbeille cylindrique. Les colonnes sont également cylindriques. Au-dessus de la porte, on remarque deux corbeaux qui semblent avoir soutenu un toit protégeant rentrée.

Un clocher arcade à deux baies couronne le mur du fond ; il possède deux cloches.

La petite cloche d'un diamètre de 0,85m portant l'inscription suivante en capitales gothiques, les mots séparés par des triples points :

+ XPS : VI\CIT : XPS : REGNAT : XPS : IMPKRAT : XPS : ABOMNIM : ALO : ; + NOS : DKFÉNDAT .

Pas de nom de fondeur. En ce qui concerne l'ornement on peut voir quatre fois la représentation de saint Vincent, tenant dans la main droite un livre et dans la main gauche une palme de martyr.

La grosse cloche d'un diamètre de 1 mètre datant seulement de 1889, fondue par Monet de Lyon. Elle porte l'inscription suivante : "Je m'appelle Marie Louise Vincent".

Détails sur les voussures du porche de l'église Saint Vincent à Douzens.

Modillons en forme de têtes ornant les voussures retombant, restaurés récemment.

Modillons en forme de têtes ornant les voussures retombant, restaurés récemment.

En 1774, frère Antoine-Joseph Elzéar de Riquetti-Mirabeau, de la même famille provençale qui avait donné l'ingénieur Paul Riquet et qui donnait le fameux tribun révolutionnaire Mirabeau, était commandeur de Douzens.

Lors d'une visite d'inventaire effectuée par les Commissaires de l'Ordre sur les Commanderies et de leurs possessions, un rapport relatif à l'église de Douzens, mentionne ceci : "que le Commandeur en est le curé primitif, et que dans le sanctuaire se trouve le banc du seigneur qui est à dossier et à accoudoir et qui a sur le milieu, la croix de l'Ordre à huit pointes, sculptée et peinte en blanc, sur fond de gueules".

 

LES MOULINS A GRAINS ET LES MOULINS DRAPIERS A DOUZENS

A Douzens, plusieurs documents désignent des moulins à grains construits avant 1133. Il y a à cette époque au moins trois moulins constituant cette meunerie qui sont de véritables usines destinées à moudre les céréales. La première minoterie n'appartient pas à la Milice, elle a été construite bien avant leur arrivée, le Temple décidera de l'acheter en 1152.

Vestige d'un moulin situé au Sud-Ouest du village de Douzens au lieu-dit "Moulinasse".

Il y avait aussi des moulins drapiers sur le territoire de Douzens, à un endroit bien précis portant le toponyme d'Arrapesac ("Rapasacs ou ad Arrapasacos ou Rapa Sax"). Le nom de cet endroit implanté sur la rive droite de l'Aude n'est pas parvenu jusqu'à nous.

C'est le 8 octobre 1152 que l'on trouve la première mention de ceux-ci, car les templiers acquièrent des droits sur une rive de l'Aude afin d'y installer un grand bief destiné à la digue de leurs moulins.

Autre photo des ruines du moulin situé au Sud-Ouest du village de Douzens.

Une photo du tombeau d'Henry Bataille situé à Moux, proche du village de Douzens à l'Est.

Henry Bataille est un dramaturge et poète français, né à Nîmes le 4 avril 1872 et mort le 2 mars 1922 à Rueil-Malmaison, dans sa propriété du « Vieux Phare ».

Son tombeau à Moux (Aude) est une fontaine de marbre Renaissance sur laquelle se trouve une reproduction du Transi de René de Chalon réalisée par le sculpteur animalier François Pompon. Il est placé devant la crypte familiale, derrière un enclos où sont placés différents poèmes de Bataille.

 

Suivant la tradition de ce site, voici quelques photos anciennes de Douzens :

Douzens, la route Nationale en 1910.

Douzens, le grand Boulevard en 1905.

Douzens, le grand Boulevard en 1910.

Douzens, la rue des Poilus en 1910.

Le village de Moux proche de Douzens.

Douzens, l'avenue de Carcassonne en 1910, à gauche le poids public.

Le même endroit que la photo ci-dessus et les suivantes, Douzens, l'avenue de Carcassonne de nos jours.

Douzens, l'avenue de Carcassonne en 1910.

Douzens, route Nationale ou l'avenue de Carcassonne en 1910, avec la rue du Barry à gauche.

Douzens, la gare en 1910.

Douzens, l'avenue de la gare en 1910.

Douzens, l'avenue de la gare, la même photo que ci-dessus mais colorisée, en 1910.

Douzens, le groupe scolaire en 1910, il existe encore de nos jours.

Douzens, le château de M. Montlaur en 1910, la façade Nord.

Douzens, le château la façade principale au Sud, en 1905.

Douzens, le château de M. Montlaur en 1910, la façade Nord.

Douzens, le château la façade principale au Sud, en 1905.

Douzens, la poste, la mairie, et école de garçons en 1920.

Douzens, une vue générale en 1950.

Douzens, l'église Saint Vincent en 1950. 

Douzens, la rue du Barry en 1950.

N'oubliez pas que l'Histoire continue à exister, même lorsque la dernière page d'un reportage est tournée ...

 

Références bibliographiques : Recherches dans des archives diverses, bibliothèques en ligne, Cartulaires des Templiers de Douzens, Histoire du grand prieuré de Toulouse, publications du SESA, mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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commentaires

Sasha Bar 16/02/2017 11:14

J'adore votre site! merci pour votre travail!

BAULE 23/05/2016 17:40

Je me régale toujours autant à vous lire. Vous m'aidez à connaître cette région qui m'a adoptée. Merci. Janine

BUFFA 05/06/2015 10:56

Bonjour monsieur,
a la mi-juin je vais aller visiter Alet les bains, ou j'avais fait une tres courte visite. Je me régale en visitant votre site sur "Alet-les-bains"
je me permets de vous écrire car je n'arrive pas a avoir l'office du Tourisme
je voudrais savoir si l'on peut visité l'intérieur de" la maison de nostradamus"
merci pour votre réponse
a bientôt
Aline

Jean-Pierre 06/06/2015 17:15

Bonjour Aline, voici l'adresse que vous recherchez : Office du Tourisme Intercommunal, square saint André 11500 Quillan tel 04.68.20.07.78 site web : www.pyreneesaudoises.com

Patrick Ducome 03/06/2015 15:49

Bonjour,
Excellent ! Merci pour ce beau travail sur Douzens.
Amitiés
Patrick Ducome

BUFFA 09/06/2015 08:06

merci,
je vais partir avec plein d'informations grâce a vous
a bientôt pour d'autres commentaires
merci encore pour se travail de recherche titanesque

Hugues DELON 31/05/2015 09:16

Encore une tres interessante étude sur e pays cathare

Merci

Florence 31/05/2015 04:35

Merci Jean Pierre, encore un super article bien travaillé !!!!