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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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3 octobre 2015

Avant que vous ne plongiez votre regard sur ces pages, que le crissement de la souris vous apporte le plaisir, je voudrais vous mettre en garde contre ceci : bien souvent quand on vient séjourner dans l'Aude, on s'y attache !

Comme vous, comme moi, tout change, évolue, se modifie, se réinvente … Et je suis aujourd'hui très heureux de vous présenter un nouveau reportage très intéressant, concernant le passé de Narbonne, c'est un héritage qui restera à jamais gravé dans l'histoire de la ville et qui écrira la destinée du Languedoc Roussillon.

Voici donc le début d'une série en plusieurs parties consacrées à la fabuleuse histoire de la ville de Narbonne. Plus de 490 photos vous seront présentées, grâce à tous ces photographes que je remercie vivement pour leur participation.

Pour ne pas rater les parutions, je ne peux que vous conseiller de vous inscrire sur la newsletter de mon site, c'est gratuit (voir menu de gauche), afin d'être averti automatiquement dès leur diffusion. Et c'est aussi une façon de soutenir ma démarche pour la promotion de l'Aude.

Je vous souhaite une bonne découverte à la lecture de mes articles et merci pour votre fidélité …

Narbonne se situe à 65 km de Perpignan, 151 km de Toulouse, 262 km de Cahors, 93 km de Montpellier, 144 km de Nîmes, 257 km de Marseille et à 390 km de Lyon ...

Narbonne est la sous-préfecture du département de l'Aude, sa superficie est de 172, 96 km², son altitude va de 0 à 285 m. Narbonne possède le plus vaste territoire communal du département de l'Aude et de la région Languedoc-Roussillon. Il est le 23 ème territoire communal le plus vaste de France métropolitaine celui-ci s'étend de la Mer Méditerranée aux Corbières maritimes ainsi que de l'Aude à l'étang de Bages-Sigean.

Narbonne compte au recensement de 2012 : 51869 habitants, soit 300 hab./ km². Cette ville importante est située sur un nœud de communication le long du littoral méditerranéen. Elle est desservie par 2 autoroutes, une gare, un fleuve et deux grands aéroports sont situés à proximité ainsi qu'un port. La gare de Narbonne est la plus grande gare ferroviaire du département de l'Aude, desservie par les trains TER Languedoc-Roussillon, Intercités et TGV. Elle se situe sur les lignes de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville et de Narbonne à Port-Bou.

La gare SNCF de Narbonne.

 

     

Blasons de la ville de Narbonne

Une vue panoramique de Narbonne.

Narbonne, la Cathédrale Saint Just et son centre historique, au fond la Clape.

Narbonne Sud-Ouest, le canal de la Robine vu du donjon.

Narbonne Nord-Ouest, vu du donjon.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue du donjon Gilles Aycelin.

La ville de Narbonne est traversée par le canal de la Robine qui suit l'ancien lit de l'Aude, classé au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO depuis 1996. Ce canal permet de rejoindre le fleuve Aude puis le canal du Midi qui passe plus au Nord de la ville via le canal de Jonction. Au Sud, le canal rejoint la mer Méditerranée. Ce canal sépare les anciens quartiers de Cité rive gauche, et de Bourg rive droite qui se communiquent l'une à l'autre par trois ponts, celui des Carmes, celui de la Chaîne, et celui des Marchands. Il y avait d'un côté les bourgeois et les lettrés, de l'autre les commerçants et les artisans. Ces deux parties de la ville se sont souvent opposées jusqu'en 1362 où par une lettre patente de Philippe Le Valois demanda à unifier les deux administrations.

Narbonne se dit Narbona en occitan. Les habitants s'appellent des Narbonnais.

Le recensement 2012, dénombrait 51869 habitants dans la commune. Au début des recensements, en 1793, il y avait 9050 habitants, le nombre d'habitants continuera de croître par la suite. Cette ville est la plus importante et la plus peuplée du département de l'Aude.

L'ensemble de son aire urbaine compte 151209 habitants.

Une vue aérienne sur le centre historique de Narbonne, le canal de la Robine coupant celui-ci en deux, dans le coin bas droit, le pont des Marchands.

Avec ses 17296 hectares, Narbonne possède le plus vaste territoire communal du département de l'Aude et de la région Languedoc-Roussillon. De par sa superficie, elle est classée 23ème territoire communal le plus vaste de France métropolitaine.

Narbonne est situé au cœur du parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée et elle est entourée de sites classés, comme le massif de la Clape et celui de l'abbaye de Sainte-Marie de Fontfroide (voir reportage en 3 parties sur le sujet ICI) ainsi que l'étang de Bages-Sigean.

Proche du littoral Narbonne fait partie d'une région très touristique, et possède une plage de cinq kilomètres de sable fin à Narbonne-Plage.

Louve capitoline de Narbonne offerte par la ville de Rome.

Narbonne, place de l'Hôtel de Ville, et le palais épiscopal.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville.

 

LE DÉBUT D'UNE HISTOIRE TRÈS ANCIENNE

La période de l'âge de Bronze ancien (- 1800 à - 1500) est bien attestée sur le territoire de Narbonne, en effet, dans la grotte "Les Blaireaux" à côté d'ustensiles en céramique de formes simples on a retrouvé les premiers instruments en bronze comme des haches et poignards.

C'est vers la première moitié du VIIème siècle av. J.-C. que débute l'âge de fer dans l'Aude. Cette culture se développe dans des zones de passage, véritables carrefours commerciaux comme Montlaurès près de Narbonne.

Au début de cette période de l'âge de Fer, les importations arrivent encore par les ports de Marseille, d'Agde et surtout d'Ampurias en Catalogne ; dès le II ème siècle av. J.-C. avec la création de Narbonne, c'est ce port qui jouera un rôle prépondérant dans les importations. De Narbonne, vin et objets divers sont acheminés vers les régions plus occidentales, puis l'Aquitaine. Sur place la production de céramiques par les artisans audois va s'amplifier.

On prétend que la foi chrétienne y a été prêchée dès le Ier siècle de notre ère, et qu'elle a eu pour apôtre Sergius Paulus (Saint-Paul), qui avait été proconsul de Chypre. Remarqué par un sénateur romain pour son éloquence, celui-ci parvint à le convertir au christianisme et lui demanda de se rendre dans la gaule narbonnaise afin d'y répandre la bonne parole.

Une tombe paléochrétienne du musée lapidaire dans l'église Lamourguier.

Au Vème siècle av. J.-C., mentionnée par Hécatée, la ville tire son nom de celui du cours d'eau qui l'arrose, les Ibères appelaient Narbo la branche droite du delta de l'Aude, que l'on nomme aujourd'hui Robine.

Les Grecs ayant abordé le littoral audois, au IIème siècle av. J.-C. le grec Polybe appelle la rivière Narbon. Il semble plausible que le mot naros qui signifie qui coule, soit à l'origine du nom de Narbonne qui désigna d'abord les installations portuaires sur le fleuve à proximité du site primitif de la ville, Montlaurès.

Avant cette période, Narbonne était un comptoir commercial, rattaché à l’oppidum celte de Montlaurès, à quatre kilomètres au nord de la ville actuelle, la capitale des Élisyques, un des peuples de la Celtique méditerranéenne. Le peuple celtique qui occupait le pays avant l'invasion romaine était celui des Volces ou Elysices. Quant à la tribu des Volces qui occupait Narbonne, c'était celle des Tectosages. Narbonne faisait partie de la confédération des Celles, à la tête de laquelle se trouvait Biluit, roi des Arvennes ; elle succomba comme ses alliés sous les coups du consul Q. Fabius Maximus.

Les Romains fondèrent en 118 av. J.-C. cette colonie romaine.

Les Romains introduisirent leurs monnaies à Narbonne, où ils établirent une de leurs fabriques. Sidoine en vante la bonté.

Pour les romains Narbonne était leur plus ancienne colonie en Gaule et son centre urbain actuel garde encore trace de nombreux siècles d'histoire comme la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur, le palais des archevêques ainsi que les restes de la voie Domitienne, la première route romaine en Gaule qui permettait de relier l'Italie à l'Espagne.

Son statut de plus ancienne colonie romaine en Gaule lui vaut le surnom de "fille aînée de Rome hors d'Italie".

En 67 av. J.-C. le jeune colonisateur romain Licinus Crassus ajouta le nom du dieu Mars en fondant une ville nouvelle Narbo Marcius du nom du consul Quintus Marcius Rex, alors en exercice à Rome. Puis c'est Tiberius Claudius Néro qui développa la ville, Jules César installa dans les murs la dixième légion. La nouvelle création romaine fut définitivement appelée : colonia Julia Palerna Claudia Narbo Martius.

En 45 av. J.-C., Jules César installa à Narbonne les vétérans de la Xème légion, d'où le surnom de Narbo Decumanorum.

     

A gauche, vestige d'un amphithéâtre romain à Narbonne. A droite, stèle romaine retrouvée à Narbonne, exposée au musée lapidaire.

Lorsqu'en 27 av. J.-C., Octave, devenu Auguste, divisa la Gaule en quatre, la Narbonnaise dut l'une de ces quatre provinces, et cette partie que nous appelons aujourd'hui Languedoc, dans laquelle est située la ville de Narbonne, est celle qui a porté en particulier le nom de Gaule Narbonnaise première et ensuite a été appelée Septimanie et Gothie.

En 22 av. J.-C., Auguste en fit la capitale de la province romaine de la Gaule narbonnaise.

Le port antique de Narbonne était considéré comme le deuxième port de l’empire romain en Méditerranée nord-occidentale après Ostie, le port de Rome. On a estimé que durant les deux premiers siècles de l'ère chrétienne sa superficie avoisinait 100 hectares, ce qui a amené à estimer sa population aux alentours de 35 000 habitants à l'époque.

C'est à cette période qu'Auguste convoqua à Narbonne l'assemblée générale de toute la Gaule; ce fut sans doute à cette occasion qu'elle lui consacra le fameux autel retrouvé, en 1566, dans les fouilles que l'on faisait alors pour la fondation des murs. Ce monument que nous possédons porte une longue inscription qui témoigne de la reconnaissance du peuple narbonnais pour l'Empereur, qui avait bien voulu prendre la cité sous sa protection, et lui accorder le nom de Colonia Julia Paterna.

Vestiges de l'époque romaine exposés au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

Donc, lors de la conquête par les Romains des territoires audois, une colonie romaine, vint s'installer et édifiera Narbo Martius sur le site de Narbonne, au bord de la mer, à proximité de l'oppidum de Montlaurès. La création de Narbonne avait un but militaire mais aussi économique. Pour peupler la nouvelle colonie on fit appel à des colons italiens désargentés ou d'anciens légionnaires à qui l'on attribuait gratuitement des terres.

On a retrouvé des traces de la voie Domitienne qui reliait Béziers à Narbonne puis descendait vers le Sud à Ampuriu en Espagne, seule l'entrée de Narbonne était pavée.

Son tracé stratégique reliant l'Espagne au Rhône, c'est Domitius Ahenobarbus après sa victoire sur les Arvernes en 125 qui renforça et améliora cette voie.

Narbonne, vestige de la via Domitia qui reliait Béziers à Narbonne, puis descendait vers le Sud en Espagne.

Narbonne, autre cliché des vestiges de la via Domitia.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, avec les vestiges de la via Domitia, vus du donjon. Au centre de la place de l’Hôtel de Ville, l’antique voie Domitienne (Via Domitia) est visible dans son état de la fin du IV ème siècle. C'est un vestige de la ville antique vieux de 21 siècles, elle est la première grande route romaine tracée en Gaule à partir de 120 av. J.-C. par le proconsul Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en -122) deux ans avant la fondation de la Colonia Narbo Martius, première colonie romaine en Gaule. La voie Domitienne reliait l’Italie à l’Espagne romanisée. A Narbonne, elle rencontrait la Via Aquitania, ouverte en direction de l'Atlantique par Toulouse et Bordeaux, attestant dès cette époque du rôle de carrefour tenu par la ville. Le vestige découvert le 7 février 1997 présente une portion de voie dallée de calcaire dur, marquée par de profondes ornières. Elle est bordée de trottoirs et de la base d’une fontaine.

Le tracé de la via Domitia gravé sur la pierre proche des vestiges situés place de l'hôtel de Ville.

A l'origine, Narbonne était le chef-lieu unique d'un territoire allant jusqu'aux limites de celui que commandait Toulouse. Comme il est dit plus haut, en 22 av. J.-C, Narbonne devint la capitale de la vaste province sénatoriale de Narbonnaise.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, vue du passage de l'Ancre.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, ancien grand magasin "Aux Dames de France" que l'on peut voir encore gravé sur la façade, c'est une chaine de grands magasins apparue à la fin du XIX ème siècle fondée en 1898 par les frères Gompel et disparue à la fin du XX ème siècle.

Narbonne fournit un remarquable exemple d'urbanisation à la romaine. La ville fut d'emblée édifiée selon un plan en damier appuyé sur le cardo et le decumanus, avec un forum entouré de portiques et encadré par les deux principaux temples de Jovis Tonantis et du divin Auguste, ces édifices se trouvaient dans le secteur de l'actuel place Bistan. De nombreux monuments furent bâtis, hélas une bonne partie fut détruite dans un incendie accidentel dans les années 145 à 150, mais l'empereur Antonin le Pieux en finança la reconstruction en 160. Au I er siècle ap. J.-C. la ville comprenait un centre monumental entouré d'une ceinture de demeures privées, les nécropoles étant rejetées à la périphérie.

Narbonne, colonnes, vestiges romains devant le musée de l'Horreum.

Narbonne capitale romaine, prit toute sa beauté et toute sa gloire sous le gouverneur Vipsanius Agrippa, et fit de la ville un port magnifique. Il fit construire à Sallèles un solide barrage, afin de détourner le fleuve Aude de son ancien cours, vers Cuxac et Coursan pour amener ses eaux dans le golfe narbonnais. C'est cette digue qui se rompit en 1320, créant un désastre et asséchant le port de Narbonne.

De cette époque Romaine, de nombreux vestiges demeurent, malgré les incendies et pillages successifs, témoignant de la grandeur de Narbonne et de son rayonnement passé.

A partir du IIIème siècle Narbonne était menacé par les invasions barbares. Pour résister aux Alamans la ville s'entoura vers les années 270, d'un rempart édifié en partie avec des réemplois de monuments plus anciens et ce qui réduisit la taille de la ville de Narbonne à 16 hectares.

Cette enceinte était percée de six portes : porte de Navarre, porte de l'Orient, porte Romaine, porte de l'Aude, porte des Salines et porte Aiguières.

  

Autres vestiges de l'époque romaine exposées au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

L'occupation romaine a durée 600 ans, et de nos jours il ne reste même pas une ruine debout en témoignage de la Rome impériale. Une destruction totale a jeté à bas monuments et ouvrages. L'explication de cette destruction de tous les monuments, est qu'ils ont servi au renforcement et aux constructions des défenses de la ville par la suite. Narbonne ne pensa qu'à sa sécurité. De nos jours encore on peut voir près de l'hôpital, des restes de murailles où sont encastrés les blocs romains sculptés. Les fatales vicissitudes de l'existence de Narbonne ont brisé et dispersé tant de constructions, plus heureusement conservées presque partout ailleurs. Il n'en restait plus que des débris mutiles épars dans le voisinage, lorsque l'ingénieur de François 1er, chargé d'ajouter aux murs de la ville trois nouveaux bastions, ceux de Saint-Félix, de Saint-Côme, de Saint-François, y employa ces pierres respectables qu'on recueillerait aujourd'hui avec vénération dans un musée.

Flavius Honorius (empereur romain de 393 à 423) ayant abonné aux barbares la gaule narbonnaise, les wisigoths gardèrent Narbonne comme la capitale du pays qu'ils occupèrent et qu'ils appelèrent Septimanie, Duché ou Marquisat de Gothie.

Solidus représentant Flavius Honorius.

Trémissis d'or à l'effigie de Flavius Honorius frappé par les Wisigoths.

A partir du IVème siècle, vint le tour des Wisigoths qui tentèrent de prendre la ville.

En 462, Narbonne fut intégrée au royaume wisigoth de Toulouse.

C'est lors de luttes entre les prétendants à l'empire que le roi wisigoth Athaulf entra en 413 dans Narbonne. Il fit célébrer l'année suivante dans Narbonne ses noces avec Galla Placidia, demi-sœur de l'empereur Flavius Honorius qu'il avait enlevé lors du sac de Rome.

Pendant près d'un demi-siècle, les wisigoths bataillèrent pour rester sur les terres audoises, ils s'y installèrent de façon permanente dans les années 460, faisant de Narbonne le siège de leur pouvoir. Pour deux siècles et demi, l'Aude restera sous la domination wisigothique. On estime à 50 000 le nombre de Wisigoths qui ont participé à l'invasion de la Gaule.

Lorsque les rois wisigoths régnèrent sur la Septimanie, et que quelques-uns d'eux fixèrent leur résidence à Narbonne, ils y firent battre monnaie.

Grâce à l'aide militaire des Ostrogoths d'Italie, les Wisigoths du jeune roi Amalaric conserveront la Septimanie et Narbonne.

En 507, Narbonne fut rendue au jeune Amalric par Théodoric roi des Ostrogoths. Amalric y célébra son mariage avec Clotilde, fille de Clovis; mariage funeste pour lui. Maltraitée par son époux arien, la princesse catholique appela pour la venger son frère Childebert.

Une bataille s'engagea à Vouillé, les Wisigoths furent vaincus par les Francs de Clovis, conquérant du royaume de Toulouse.

Pendant cette bataille Amalric y sera assassiné en 531, il fut égorgé sur le seuil de l'église catholique, où il cherchait asile. Sous le règne du roi Theudis (531-548), Narbonne cessera alors d'être la capitale des Wisigoths.

  

Autres vestiges de l'époque romaine exposés au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

Athalocus ou Athaloc, est un archevêque wisigoth arien de Narbonne dans la seconde moitié du VIe siècle, il forma, avec les autres évêques ariens de Septimanie, une ligue puissante, délia les wisigoths du pays de leur serment de fidélité au roi, et offrit le pays à Gontran, roi des Burgondes. En 589, se tient un concile à Narbonne, et on voit dans les canons de ce concile qu'il y avait dans le pays, outre les wisigoths et les Gallo-Romains, des Juifs, des Grecs et des Syriens. En dépit des mesures de Recarède 1er (roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 586 à 601), il y eut de nouveaux mouvements séditieux, à l'avènement de Wamba en 672 (né avant 633 et mort vers 688, est roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 672 à 680), parmi les chefs septimaniens, et le duc Paul, envoyé par lui pour les comprimer, y fut à peine, qu'il se tourna du côté des rebelles et se fit proclamer roi à Narbonne. En 673, Wamba accourut, prit Narbonne d'assaut, poursuivit Paul jusqu'à Nîmes et le fit prisonnier. L'évêque, cette fois, avait été fidèle; mais Wamba chassa les juifs, ce qui prouve qu'ils trempaient dans des complots. Le roi Wamba est considéré comme le dernier grand roi wisigoth.

Lors de fouilles du Clos de la Lombarde, fut mis à jour des vestiges d'une basilique paléochrétienne de la fin du IVème siècle, c'est la plus ancienne connue à Narbonne. C'est sous l'épiscopat de Rusticus que fut édifié au Vème siècle la première cathédrale. Ce même évêque Rusticus fit également construire près de la cathédrale, une église Sainte-Marie. Si l'on compte les cinq basiliques à vocation funéraire bâties hors de l'enceinte, dont du Clos de la Lombarde, c'étaient au total sept églises que possédait Narbonne au Vème siècle.

La ville était également dotée de plusieurs nécropoles, dont celle qui se trouve dans la crypte paléochrétienne de l'église actuelle Saint-Paul-Serge.

L'église Saint-Paul-Serge dans les années 1950.

Les premières incursions musulmanes ont lieu dès l'an 716. Les musulmans voient  en particulier en Narbonne une tête de pont pour étendre leurs invasions vers le Nord.

A l'automne 719, après vingt-huit jours de siège, la ville fut conquise par les troupes arabo-berbères musulmanes des Omeyyades venues de la péninsule Ibérique et dirigées par le troisième gouverneur d'Espagne, Al-Andalus As-Samḥ ibn Mālik Al-Ḫawlāniyy. Les hommes furent passés au fil de l'épée, les femmes et les enfants emmenés en esclavage, la ville pillée et incendiée. Une petite garnison resta sur place pour maintenir l'ordre.

On connait le premier gouverneur musulman mis en place en 720, de la province narbonnaise, il se nommait Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi. Ensuite vers 737, ce fut Athima, puis à partir de 741 ce fut Abd-el-Rahman el Lahmi, puis en 747 ce fut Omar ibn Omar. Le dernier gouverneur s'appelait Abd-e-Rahman ben Ocba qui occupa le poste de gouverneur de 756 à 759.

Il faut savoir que depuis la province Narbonnaise et pendant quarante années durant, les Arabes lancent plusieurs raids vers le nord de la Gaule, remontant la vallée de la Rhône, ils mènent des excursions jusqu'en Aquitaine et Bourgogne lors notamment de la bataille de Bordeaux.

En 725 c'est au tour de Carcassonne de tomber aux mains des Sarrasins.

Les musulmans laissèrent aux anciens habitants de Narbonne, chrétiens et juifs, la "dhimmitude", autorisation de professer leur religion moyennant tribut.

C'est à la faveur de cette occupation musulmane que les Francs venus du Nord vont à leur tour s'implanter sur les terres audoises. Charles Martel, qui convoitait la possession de la Septimanie, après avoir pris Avignon et traversé le Rhône vint avec son armée camper devant Narbonne. Charles Martel après son succès à Poitiers, met le siège en 732 devant Narbonne défendue par le wali (gouverneur) Youssouf, la résistance fut énergique.

Pendant ce siège de Narbonne, faute d'approvisionnements les arabes se hâtèrent de faire connaître cette situation à Ocha, qui gouvernait l'Espagne en qualité d'émir. Celui-ci réunit une armée qu'il dirigea vers Narbonne. Après quelques jours de marche, l'armée arabe entre dans le territoire narbonnais. Charles Martel avec une partie de son armée alla à leur rencontre, il les intercepte près de l'embouchure de la Berre (étang de Bages-Sigean), la bataille de Berre s'engagea. Concernant le déroulement de cette bataille les sources des chroniqueurs se contredisent, ainsi que sur l'endroit exact où elle se déroula, et sur la façon dont elle se conclut. La vérité est qu'après leur défaite les Arabes se dirigèrent vers l'Espagne, Eginhard, qui était l'un des hommes les plus éclairés de son temps, l'affirme.

Charles Martel à la Bataille de Poitiers en octobre 732 représentation par Charles de Steuben musée d'histoire de France de Versailles.

Gisant de Charles Martel dans la basilique Saint Denis.

Charles Martel a les mains libres pour concentrer ses efforts sur le siège, mais la ville est bien défendue et résiste aux Francs. Le manque de matériel de siège, l'arrivée de l'hiver et l'apparition de menaces plus urgentes pour les Francs comme l'hostilité du duc d'Aquitaine et la rébellion menée par Mauronte, duc de Provence, Charles Martel, rappelé dans ses États, abandonna le siège, il doit se retirer. Le siège est finalement levé la même année, 732.

Après le départ de Charles Martel, les Sarrasins conservèrent pendant quelques années la possession incontestée de Narbonne.

En 747, les Sarrasins étaient épuisés par leurs longues guerres civiles, puis une famine commença en 750.

C'est le fils de Charles Martel, Pépin le Bref qui en 752 (d'après Dom Vaissette) reprit le siège de Narbonne et en laissa lui-même la conduite à son fils Charlemagne. Ce ne fut qu'après un blocus de sept années, que la ville succomba par la trahison des Goths, las de la domination des Arabes.

Pépin le Bref obtint par le traité de 759 le droit de tenir une garnison à Narbonne.

En 760, Pépin le Bref envoya des ambassadeurs à Waïfre, duc d'Aquitaine et Vasconie de 744 à sa mort le 2 juin 768. Ils étaient chargés de lui poser un ultimatum sur les trois points suivants :

- 1 Restitution des biens pris à l'Église; rétablissement des immunités ecclésiastiques cessation des actes d'hostilité dirigés contre le clergé ;

- 2 Extradition des Francs qui, coupables de révolte, s'étaient réfugiés dans l'Aquitaine ;

- 3 Paiement d'une indemnité pour les meurtres commis sur la personne d'un certain nombre de Goths.

 

Après la prise Narbonne par Pépin le Bref, tous les Arabes qui habitaient la Septimanie en furent expulsés.

Pendant les quarante années que dura l'occupation arabe, le nombre des chrétiens qui se livraient au travail agricole alla toujours en diminuant. Cependant, le pays n'eut pas trop à souffrir du vide que causa leur disparition, parce qu'ils furent remplacés par les renégats, qui étaient comme eux cultivateurs. Après l'expulsion de ces derniers, les bras manquèrent et le travail agricole devint de plus en plus difficile. C'est alors que la Septimanie fut transformée à l'état de dévastation et de ruine.

Les Sarrasins reviendront à la charge en 793, sous la conduite d'Abd-el- Mélek, et assiégèrent Narbonne, dont ils détruisirent un faubourg. Mais ils seront stoppés dans leur progression par le comte de Toulouse, au confluent de l'Aude et de l'Orbieu.

On connaît un certain nombre de walis, gouverneurs de la province narbonnaise. Le premier est Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi nommé en 720. Ensuite, Athima vers 737, Abd-er-Rahman el Lahmi à partir de 741, Omar ibn Omar vers 747. Le dernier gouverneur est Abd-er-Rahman ben Ocba (756-759) qui continuera à gouverner les territoires encore soumis aux musulmans, des Pyrénées jusqu'à Tortose sur l'Èbre.

 

La reconquête de Narbonne fut le coup d'arrêt de la conquête musulmane en occident chrétien.

 

Charlemagne fit de la Septimanie un duché, avec Narbonne pour capitale. Il l'érigea en vicomté et en partagea la seigneurie en trois lots : une partie de la ville fut donné au vaillant Aymeric ; une autre à l'archevêque Daniel ; la troisième, bâtie tout exprès et appelée la ville neuve, aux juifs.

Daniel, qui était archevêque de Narbonne, partit pour Jérusalem avant l'année 782. Le comte Milon, qui gouvernait le comté de Narbonne, profita de sa longue absence pour s'emparer de certains biens appartenant à l'église de Narbonne.

 

Le 7 octobre 849, Charles le Chauve arriva à Narbonne.

En 859, Narbonne fut pillée par les Vikings qui avait à sa tête le chef Hasting, ils venaient de Nantes et avaient hiverné en Camargue.

En 864, Charles-le-Chauve désigna, neuf villes pour la fabrication de la monnaie. Narbonne fut de ce nombre.

Sous l'autorité carolingienne, jusqu'au Xème siècle, le christianisme se répand sur le territoire audois, Narbonne acquiert alors un rôle considérable. L'évêché de Narbonne devient une métropole.

Un des textes occitans les plus anciens que possède les archives, est la chanson de sainte Foi dû à un moine de Narbonne. C'est un poème de quarante-neuf laisses, rédigé entre 1030 et 1070, à l'époque des premiers chrétiens.

Estampe de Narbonne par Mérian Matthaus 1593 - 1650.

Du Xème au XIIème siècle, les comtes de Toulouse ont étendu leur domination sur Narbonne.

Avec la signature du traité de paix signé en 1128, c'est l'extinction des ducs et vicomtes de Narbonne.

Des murailles de Narbonne furent abattues lors de la croisade des Albigeois.

Il faut savoir que lors de la Croisade des Albigeois, Narbonne était le siège des forces catholiques.

Plan de la ville de Narbonne fortifiée datant de 1700.

En 1244, sans attendre les ordres de leurs supérieurs, l'archevêque de Narbonne et l'évêque d'Albi prêchèrent une croisade contre les réfugiés de Montségur, ils soulevèrent toute une armée de paysans, instruments aveugles de leurs vengeances, et vinrent, au mois de mars 1244, mettre le siège devant Montségur.

L'époque de la Croisade des Albigeois a permis une redistribution des terres appartenant aux seigneurs faydits que l'on a dépossédé de leurs biens. Ces possessions tombèrent soit dans le domaine royal ou dans celui des évêchés et abbayes. Le clergé s'étant enrichi, lança une campagne de construction d'églises dans l'Aude, et c'est dès la fin du XIIIème siècle que commença la construction de la cathédrale Saint-Just de Narbonne.

Les fortifications de la ville de Narbonne.

La cathédrale Saint Just.

La cathédrale Saint Just.

La cathédrale Saint Just.

Les descendants de Charlemagne donnèrent aux archevêques la moitié de la seigneurie de la ville et établirent sur le reste, des ducs et des comtes et sous eux des vicomtes qui devinrent héréditaires et patrimoniaux. Des ducs d'Aquitaine et les comtes de Toulouse prenaient quelque fois le titre de ducs de Narbonne, et les vicomtes les reconnaissaient pour leurs seigneurs.

Lorsque les comtes de Toulouse furent dépossédés par Simon de Montfort, et que le fils de celui-ci eut remis tout le pays au roi de France Saint-Louis et se fut arrangé avec le roi d'Aragon, il n'y eut plus dans Narbonne  que deux seigneurs, l'archevêque et le vicomte.

 

En 1248, avant d'embarquer pour les Croisades à Aigues-Mortes, le roi Saint Louis fit privilège d'être hébergé à Narbonne.

 

En 1309, il y eut un accord entre Philippe-le-Bel et le vicomte de Narbonne, Amalric, par lequel ce dernier se réservait pour lui et ses successeurs le nom et la dignité de seigneur Vicomte de Narbonne, soit dans la publication, soit dans l'empreinte des monnaies. Le marc était connu à Narbonne depuis 1272 ; il y avait été sans doute apporté d'Espagne, d'où les vicomtes de la deuxième race étaient originaires. Auparavant on ne parlait que de livres d'or ou d'argent divisées en monnaies de divers poids et valeurs. On continua de battre monnaie à Narbonne jusqu'au XVIIème siècle. A cette époque, la fabrication en fut transportée à Perpignan.

  

Les deux faces d'un quart d'écu Narbonne 1645, sous Louis XIV.

En 1316, Jean XXII diminua considérablement l'étendue de leur diocèse et de leur juridiction métropolitaine en érigeant Toulouse en archevêché, en lui donnant des suffragants dont quelques-uns l'étaient de Narbonne, et en créant plusieurs autres évêchés, parmi lesquels ceux de Saint-Pons et d'Alet furent faits aux dépens du diocèse de Narbonne même.

Au XIVème siècle il n'y a que des cruelles, des persécutions et des exécutions plus barbares encore. L'événement capital du siècle suivant est la lutte entre les vicomtes do Narbonne et la maison de Navarre se disputant la possession du comté de Foix. En 1486 les troupes narbonnaises mirent Pamiers à feu et à sang, ravageant, pillant, violant et massacrant avec une cruauté inouïe, sans distinction d'âge ni de rang.

A la suite de tant de guerres et de ravages continuels, vint se joindre celui de la peste. Elle en fut si cruellement frappée, dans les années 1347 et 1348, que, d'après les annales de ses anciens consuls, elle perdit environ trente mille de ses habitants.

 

En 1355, en pleine guerre de Cent Ans, le Prince Noir (Édouard, prince de Galles, fils du roi d'Angleterre Édouard III) lors de son invasion à partir de Bordeaux et descendant vers le Sud Est en pillant et incendiant tout sur son passage, il arrive devant Narbonne, seuls ce qui se trouvent hors de l'enceinte fortifiée sont pillés et incendiés. Le 11 novembre 1355 il rebrousse chemin vers Carcassonne.

 

Voici toute une série de photos de la cathédrale Saint Just, d'autres clichés vous seront présentés dans la seconde partie avec l'histoire de ce monument le plus emblématique du Sud de la France. Elle possède un vaste choeur gothique rayonnant construit de 1272 à 1332. Elle a le plus haut choeur gothique du Sud de la France.

Narbonne, la cathédrale Saint Just. Il existe en France trois grandes églises bâties pendant le XIV ème siècle, ce sont les cathédrales de Limoges, Clermont-Ferrand et Narbonne. Ces trois édifices sont l'œuvre d'un seul homme, ou au moins d'une école particulière.

Narbonne, la cathédrale Saint Just avec ses arcs-boutants qui sont combinés avec un grand art et une connaissance approfondie des poussées des voûtes.

Narbonne, la cathédrale Saint Just.

 

A gauche, la cathédrale Saint Just vue depuis la place Salengro. A droite, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la place Salengro.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la rue A. Gauthier.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la rue A. Gauthier. Les arcs-boutants sont construits en pierre de Sainte-Lucie, qui est un calcaire très résistant.

 

A gauche, la cathédrale Saint Just vue depuis le cloître. A droite, photo prise depuis le musée archéologique.

Narbonne, la cathédrale Saint Just, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

Narbonne, la cathédrale Saint Just, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

 

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue du cloître.

En 1366, lors de l'invasion des anglais en Languedoc qui avaient l'intention de ravager le pays de Foix et les environs de Toulouse, furent repoussé jusqu'à Montauban, mais dans les combats plusieurs sénéchaux et vicomtes perdirent la vie dont celui de Narbonne d'autres furent fait prisonniers.

En 1389, le roi Charles VI a donné un édit à Narbonne indiquant qu'à l'avenir, les Capitouls de Toulouse (Les capitouls étaient, depuis le Moyen Âge, les habitants élus par les différents quartiers de Toulouse pour constituer le conseil municipal de la ville), et les Consuls de toutes les autres villes du Languedoc seraient fixés au nombre de quatre, ce nombre passa à huit deux années plus tard, en 1401 le nombre était de douze pour être réduit à huit en 1438 jusqu'en 1759.

Richard II roi d'Angleterre fit une trêve avec la France en 1394 qui dura vingt-huit ans, cette trêve fut scellée par le mariage de ce roi en 1395 avec Isabelle fille de Charles VI, de ce fait celui-ci fut suivi de la paix dans le Languedoc.

En 1399, les guerres reprirent de plus belles avec les anglais, puis une autre s'alluma au sein même de la France le 23 novembre 1407, par le meurtre du duc d'Orléans, dont le duc de Bourgogne était l'auteur.

 

Narbonne s'appauvrit en 1415, puisqu'on trouve dans les annales, que Charles VI, informé que, dans Narbonne, il n'y avait que 70 feux, à cause de la mortalité et de la misère du temps, ordonna, par lettres-patentes, que cette ville ne paierait que vingt sous tournois par feu , pour aider à subvenir aux frais de la guerre contre le roi d'Angleterre, Henri V. En 154o, le roi de France, Henri II, voyant qu'elle se dépeuplait tous les jours, accorda une exemption de tailles ordinaires, droit d'équivalent, etc.

Narbonne fut encore très renommé jusque vers le milieu du XIVème siècle.

Des années 1560 à 1596, les guerres de religion ravagent l'Aude. Les narbonnais chassent les quelques religieux protestants en 1561-1562 présents en ville et restent résolument catholiques.

À la Renaissance, les protestants furent chassés de la ville de Narbonne en 1562. Charles IX fut reçu en grande pompe dans la ville lors de son tour de France royal entre 1564 et 1566, il était accompagné de sa Cour et des Grands du royaume, parmi eux, son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine.

 

Henri IV n'était pas encore réconcilié avec le pape en 1595, chacun songea à faire la paix, Narbonne et Carcassonne furent les premières villes du Languedoc à ce détaché de l'union de la Ligue du duc de Joyeuse.

 

Il faut savoir que lors de l'assemblée des États de la Province du Languedoc au XVIème siècle se rassemblait à normalement à Toulouse, mais lorsque l'assemblée se réunissait dans un autre diocèse, on a souvent confié à l'archevêque de Narbonne le droit de présider. Cette assemblée était composée de trois archevêques, vingt évêques qui sont les députés de leur diocèse, voilà pour le clergé. En ce qui concerne la noblesse, il y avait un Comte, un Vicomte et vingt et un Barons. Puis il y avait trente-sept députés des villes pour le tiers état ; vingt-huit députés des diocèses ; trois syndics généraux de la Province ; deux secrétaires et greffiers des états ; un trésorier de la bourse et un huissier.

Mais depuis le règne de Charles VII, en conformité des délibérations des États, la présidence à toujours appartenu à l'archevêque de Narbonne ou à son défaut, successivement à l'archevêque de Toulouse et à l'archevêque d'Albi.

Un extrait de la carte générale du Languedoc datant de 1648.

Le 13 juin 1642, le marquis de Cinq-Mars, alors complotant contre Louis XIII et le cardinal de Richelieu, est arrêté à Narbonne, avec son ami François-Auguste de Thou, conseiller au Parlement, et tout aussi ennemi du cardinal.

La conspiration de Cinq-Mars, du nom de son instigateur, est une conspiration qui eut lieu en 1642 en France en pleine guerre de Trente Ans, et fut dirigée directement contre le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, et indirectement contre ce dernier, qui soutenait son ministre.

Dirigée par Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, qui n'est autre que le marquis de Cinq-Mars, elle fut démasquée. Ils sont condamnés à mort pour crime de lèse-majesté, et décapités le 12 septembre 1642 sur la place des Terreaux située dans le 1er arrondissement de Lyon, sur la presqu'île entre le Rhône et la Saône, au pied de la colline de la Croix-Rousse. La mère d’Henri de Cinq-Mars, la maréchale d’Effiat, est exilée en Touraine. Son frère est privé de ses bénéfices d’abbé, et le château de famille rasé à hauteur d’infamie. Ce sera la dernière conspiration active contre Richelieu, qui décède à la fin de l'année 1642.

 

Comme je l'indiquais ci-avant, une inscription fut trouvée dans les fondements des vieilles murailles de Narbonne, en l'année 1566. Le marbre sur lequel elle est gravée en beaux caractères romains a deux faces, et servait probablement à un angle de l'autel. L'inscription est en deux parties, dont l'une contient le vœu des Narbonnais, et l'autre la dédicace de l'autel consacré à Auguste.

 

Après la Révolution, privée du siège épiscopal, le dernier archevêque fut monseigneur Arthur Richard Dillon en 1801, la commune ne devint plus par la suite, qu'une sous-préfecture rurale.

 

A la fin du XVIème siècle, à Narbonne, 90% des ouvriers agricoles ne savent pas signer leur nom et se content d'une marque.

XVIII ème siècle, un extrait de la carte de Cassini datant de 1747.

Zoom sur Narbonne, extrait issu de la carte de Cassini datant de 1747 ci-dessus.

Concernant l'éducation, il y avait le collège de Narbonne datant du commencement du XVIème siècle ; il était, comme ceux des autres villes de ce département, dirigé par les pères de la doctrine chrétienne, sous la surveillance de l'archevêque de Narbonne et des magistrats de cette ville, qu'on nommait consuls. Les doctrinaires y entretenaient trois professeurs de grammaire, un professeur de belles-lettres, un professeur de rhétorique, un professeur de logique, métaphysique et morale, un professeur de physique, deux professeurs de théologie, un directeur des études, et un supérieur chargé de veiller au maintien du bon ordre. Le nombre des élèves était annuellement de 120 à 140.

Hospices de Narbonne, il y eut d'abord de hôpitaux champêtres ; l'un, particulier aux lépreux ; un autre pour les maladies non contagieuses ; un troisième pour les pauvres mendiants, donné, en 1156, à deux frères qui le servaient, par Ermengarde, vicomtesse de Narbonne; et un quatrième, dit de Saint-Jean-de-Jérusalem. On ne connaît de ces établissements ni leur fondation, ni leurs revenus, ni leur régime. Ils étaient tous situés hors de la ville.

Postérieurement, il y eut dans l'enceinte de ses murs quatre autres hôpitaux, dits de la Croix, de Saint-Paul, de Saint-Jacques, et de l'Aumône.

En 1789, il existait à Narbonne,

- L'Hôtel-Dieu, appelé l'hôpital Saint-Paul, hospice à la fois civil et militaire ;

- L'Hôpital général ou de la Charité, où sont traités les pauvres valides des deux sexes ;

- L'hospice de la Miséricorde, administré par des sœurs de Saint-Vincent-de-Paule, avec des dames laïques de la ville.

Il existait, en outre, un hospice de la mendicité, que des citoyens de Narbonne fondèrent, en 1786, afin de faire cesser ce fléau toujours réprimé, et toujours: renaissant.

Narbonne, le canal de la Robine.

Narbonne, le canal de la Robine, le pont des Marchands. Reliant le Bourg à la Cité, le Pont des Marchands franchit le canal de la Robine, classé par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Ce pont bâti, rare en Europe, était constitué de 7 arches et accueillait le passage de la Via Domitia.

 

A gauche, Narbonne, le pont des Marchands, reflets sur l'eau. A droite, l'ancien moulin à eau sur le canal de la Robine.

Narbonne, canal de la Robine, écluse près du pont Voltaire au fond.

La construction du canal du Midi entre 1666 et 1681, joua un rôle important dans l'économie locale. Narbonne ne bénéficiant pas du passage du canal fut desservie par le canal de la Robine. Selon quelques écrivains, la confection du canal des Deux-Mers fut une des causes qui achevèrent la destruction du commerce de Narbonne, parce que ce superbe projet transporta tout le négoce de l'Océan Atlantique vers les ports d'Agde et de Sète (Voir le superbe reportage sur le canal du Midi en quatre parties dont la première débute ICI).

Carte du canal de la Robine de Narbonne depuis le canal Royal jusqu' à la Méditerranée, datant de 1789.

Narbonne, canal de la Robine de nuit.

Canal de la Robine le bief de Narbonne, passerelle du Moulin du Gua.

 

Deux photos de la passerelle du Gua enjambant le canal de la Robine à Narbonne, (cliquez sur les photos pour agrandir).

Canal de la Robine le bief de Narbonne.

L'écluse de Narbonne sur le canal de la Robine.

L'écluse de Narbonne sur le canal de la Robine, et l'ancien moulin à eau, le bâtiment  à gauche, qui abrite aujourd'hui l'office du Tourisme.

Narbonne, le pont des Marchands, vu du côté Est du canal de la Robine.

 

A gauche, Narbonne, le pont des Marchands, vu du côté Ouest du canal de la Robine. A droite, le cour Mirabeau le long du canal, (cliquez sur les photos pour agrandir).

Le  canal de la Robine de nuit.

Le  canal de la Robine de nuit, à proximité du pont des Marchands.

Le  canal de la Robine de nuit.

Narbonne, la passerelle des Barques, le pont des Marchands juste derrière, on aperçoit à droite, le Donjon, le palais des archevêques et la cathédrale saint Just.

Narbonne, le canal de la Robine et l'Office du Tourisme au fond à droite dans l'ancien moulin à eau.

Narbonne, le canal de la Robine et le dessous du pont des Marchands.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont de la Liberté au fond.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont des Marchands.

Narbonne, le canal de la Robine et la passerelle Victor Hugo.

Narbonne, le canal de la Robine et le quai Victor Hugo.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont de l'Avenir.

Narbonne, l'écluse des trois ponts sur le canal de la Robine.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République le long du canal de la Robine.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République le long du canal de la Robine, vus du donjon.

Narbonne vue du donjon vers le Nord-Est.

La ville de Narbonne vue du donjon vers le Sud-Ouest.

Narbonne, les halles, avec sa façade côté cours Mirabeau.

Narbonne, les halles, avec sa façade côté cours Mirabeau.

En 1800, le concordat transféra l'évêché de Narbonne à Carcassonne, Narbonne avait perdu toutes ses prérogatives ; la création sous l'Empire de l'administration préfectorale permit une réorganisation du département.

 

En 1814, la ville de Narbonne était devenue le quartier-général du maréchal duc d'Albuféra et de son armée. Après la bataille de Toulouse, livrée le 10 avril 1814, qui opposa les troupes de l'armée impériale commandée par le maréchal Soult aux troupes de la coalition anglo-hispano-portugaise.

 

A signaler aussi, la crise viticole qui éclata en 1907, l'agitation commença à Argeliers, des meetings rassemblent en mai 1907 une foule de plus de 60000 personnes à Narbonne. J'ai d'ailleurs écris un reportage sur le sujet avec de nombreuses photos de l'époque de ces troubles, si cela vous intéresse, voir l'article détaillé ICI.

 

Léon Blum détiendra un siège de député dans l'arrondissement de Narbonne, en 1928, 1932 et 1936.

 

A la fin de ces quatre parties de reportages consacrées à la ville de Narbonne, je vous propose quelques photos anciennes intéressantes que de nombreux internautes apprécient :

Cette photo date de 1900, entrée Nord de la ville de Narbonne, la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine avec les trois ponts, le pont de l'Escoute au premier plan, puis le pont de la Concorde, traversé par le boulevard du Maréchal Joffre, au fond c'est le pont Voltaire.

Narbonne, pont de la Concorde, la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine et le lavoir municipal en 1955.

Narbonne, la promenade de Barques en 1905.

Narbonne, promenade de la Gare, le kiosque à musique avec la Lyre Narbonnaise en 1902.

Narbonne, promenade de la Gare, le kiosque à musique avec la Lyre Narbonnaise en 1902.

Narbonne, boulevard Montmorency, passage des voitures participant à la première coupe des Pyrénées en 1905. C'était une rallye touristique organisé en 1905 par le journal La Dépêche du Midi, le parcours partait et arrivait de Toulouse sur une durée d'une semaine. Ce rallye passait par les villes de Carcassonne, Narbonne, Perpignan, Luchon, Cauterets, Pau, Bayonne entre autres.

Narbonne, le quai Valière en 1905.

Narbonne, le pont des Marchands en 1905.

  

A gauche, la cathédrale saint Just en 1905. A droite, la maison des trois Nourrices en 1905.

Narbonne, le monument Gambetta en 1905. Cette statue a une histoire :
Elle a été offerte par un entrepreneur, Antoine Rossignol en 1903, elle a été érigée près de chez lui quai Victor-Hugo. En 1942, la statue en bronze est fondue sous le régime de Vichy. Le socle a été retiré en 1970.

Narbonne, la place de l'hôtel de Ville avec le palais des archevêques en 1910.

Narbonne, les quais du canal de la Robine en 1910, la passerelle du Gua au fond.

Photo identique à la précédente mais colorisée.

Narbonne, la rue de la République en 1905.

Narbonne, entrée de la ville, pont de la Concorde et la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine en 1910.

Narbonne, les Halles se trouvant boulevard du docteur Ferroul, en 1905.

Narbonne, promenade des Barques cours de la République en 1910.

Narbonne, le canal de la Robine le long de la promenade des Barques et le pont de la Liberté en 1910.

Narbonne, canal de la Robine, le bâtiment à gauche abrite le moulin à eau avec à ses pieds le bateau lavoir, et à droite l'écluse, en 1905.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République en 1950.

 

Ami(e)s internautes, n'hésitez pas à laisser un commentaire.

 

ATTENTION ! Ce reportage est réalisé en 5 parties donc :

Ainsi se termine cette première partie de reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir pour la suite !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans HISTOIRE
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commentaires

Dedieu 19/11/2015 05:43

Merci JP pour ce remarquable travail... (depuis Mayotte je vais tout lire à mes parents de Fleury qui ne peuvent plus compter sur leurs mirettes). Pour apporter une petite pierre sans qu'il soit question de la jeter, la vue de la cathédrale depuis le donjon ne peut avoir la Clape en arrière-plan et donnerait plutôt entre Quarante et Puisserguier, entre Minervois et Biterrois.
Bonne continuation, merci encore pour cette passion partagée !
(Cordial salut, en passant, à Eric Andreoli, de la part d'un "50" comme lui !

Eric Andreoli 04/10/2015 13:28

Superbes photos de la Robine, du pont des marchands. Les vue aériennes et du haut du donjon sont super. Les anciennes photos aussi, montrent l'ampleur des travaux accomplis. Sur la photo de 1950, en fin de cette série, (c'est mon année de naissance), on voit une traction déjà mal garée. J'ai un article sur Narbonne dans mon blog. Peut-être des infos ou des photos pour votre blog. Beau travail en tout cas

Henri-Basile Toustou 04/10/2015 09:49

Heureux de ton retour, superbe histoire de Narbonne, encore une fois, félicitation pour ton travail de recherche, vivement la suite.

Nicolas 03/10/2015 10:11

Très beau reportage illustré de photos intéressantes, comme celles, par exemple,d e votre ami Henri Toustou. Merci de présenter les miennes également.

En attendant de lire les 3 autres parties du reportage de Jean-Pierre, je vous invite à poursuivre la découverte sur Narbonne à travers 2 de mes articles :

"Le Canal de la Robine sur Narbonne" dans le quel vous découvrirez le très beau site de l'écluse du Moulin du Gua :

http://www.canaldumidi.com/Publications/2014/11/canal-de-la-robine-narbonne/

et "Nocturne sur le Canal à Narbonne, 2015" dans lequel vous découvrirez d'autres photos sur la section entre l'écluse du Moulin du Gua et le Pont des Marchands :

http://www.canaldumidi.com/Publications/2015/09/nocturnes-sur-le-canal-a-narbonne-2015/

Bonne Lecture.

robert 03/10/2015 08:54

Bonjour, vos reportages sont toujours aussi intéressant les détails les photos bravo régalez nous encore c'est une région que j'adore.

Patricia 03/10/2015 07:24

J'oubliais , une caresse à Julie toute mignonne

Patricia 03/10/2015 07:24

Bonjour JPierre ,
Je viens de découvrir vos écrits sur Narbonne...mais je dois promener mes chiens ...ils m' attendent ! je reprendrai la lecture dès que possible .. je connais bien Narbonne . Vos témoignages et écrits se " boivent " avec avidité . Merveilleux !
Patricia dit Mue ( sur mon blog)