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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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15 décembre 2016

Marie-Hélène PUGENS-BONNERY a réalisé une étude concernant trois lignées de la famille de Lévis. Les Lévis de Mirepoix, les Lévis- Léran et les Lévis-Ventaillole. Je la remercie d'avoir partagé ses réflexions que je vous livre ci-dessous. Je vous souhaite une bonne lecture et vous remercie pour votre fidélité.

 

LES DE LÉVIS DE BELCAIRE
Une ascendance largement partagée

 

Jean-Pierre, il y a longtemps que je voulais vous dire bravo et merci pour votre site : ce village que nous aimons et que nous croyons connaître, vous nous en rappelez, parfois même nous en révélez les beautés , vous le faites vivre et revivre , réveillant nos souvenirs, et nous donnant le plaisir de découvrir de surprenants itinéraires (celui de Simon Toustou, par exemple) ou de remarquables témoignages du passé comme les photographies d'Eugène Lacroix. Généreusement portées à notre connaissance par Francine Modol, que je voudrais également remercier en apportant à sa communication une petite contribution.

LA  DESCENDANCE DE FRANÇOIS DE LÉVIS

La famille de Francine, en effet, est plus étendue qu'elle ne le pense :

Contrairement à ce que pourraient laisser penser commentaires, arbre généalogique et légendes, son arrière grand-père, François Delévis, n'eut pas, pour assurer sa descendance, une fille mais deux. En effet, il épousa Hélène Maugard, le 15 juillet 1849, à Bélesta. Elle lui donna une fille, Marie Delévis le 21 juillet 1850 et un fils Pierre-Philippe le 13 mai 1852. Hélène mourut le 15 décembre 1870, Pierre-Philippe décéda en 1874. Devenu veuf à quarante cinq ans, François Delévis épousa en secondes noces, en octobre 1872, Anna Lans, de Caussou, elle-même veuve de Jean-Pierre Bénet. En 1876, ayant perdu deux enfants en bas âge, ils eurent une fille, Justine, dite Olivia, mère de Louise Lacroix, grand-mère de Francine, Julienne et Jean-Baptiste Sarda.

Quant à La fille aînée de François Delévis, Marie, elle épousa Jean-François Pugens le 9 novembre 1873. Elle est la mère, entre autres, de Jean-Philippe (dit Alfred) et de Jeanne Pugens, par conséquent petits-enfants de François Delévis, cousins germains de Louise Lacroix, fille d'Olivia.

Alfred Pugens est le père d'Henriette et de Pierre Pugens. Jeanne Pugens est la mère  de Paulette Rougé, de Paul (Popo), de Louis (Lili) et d'Henri Pélofy, tous cousins de Francine Sarda au second degré, et comme elle, arrière petits-enfants de François Delévis.

 Si l'on ajoute à cela la génération suivante : Sylviane, Florence, Marie-Hélène Pugens, Jean- Pierre, Yolande, Aline, Danièle, Didier, Jean-Paul, et Eric Pelofy,  les enfants de Francine, de Julienne, et de Jean-Baptiste Sarda, sans compter maintenant leurs petits enfants, la descendance de François Delévis atteint des proportions qui rendent la photo de famille impossible !

UN HÉRITAGE SI LARGEMENT PARTAGÉ

Comme le serait bien plus encore, celle des descendants des Lévis : Déjà, à la deuxième génération, on compte sept enfants. Les filles  épousèrent  des Belcairois dont les noms nous sont familiers, comme Medus, Maury, Toustou, Martre, Montagne, Mateille, Ferrié, Maugard,

Sadourny, et les petites-filles se marièrent à leur tour pour prendre d'autres noms.  Ainsi aujourd'hui, par exemple, à La Coume,  à ne considérer que  les  descendants  de Marie  de  Lévis,  l'on peut citer Catherine, Nathalie et Patrick Queffelec.

Si bien qu'à Belcaire, l'ascendance royale que Francine Modol  établit dans son arbre généalogique est  un héritage très largement partagé, à l'insu le plus souvent de ses détenteurs.

Alors, si passant par l'Oum, le Soulas, Ferrière ou La Coume, un visage vous rappelle la lippe de Charles VII, le nez de Louis XI, la gravité de Saint Louis, voire, la délicatesse exquise de la Dame de Beauté,  n'en doutez pas ; vous venez de croiser un authentique descendant des Lévis !

LA LIGNEE DES LEVIS-VENTAILLOLE

On peut en plaisanter et en même temps trouver touchante  et poétique, cette inscription de l'Histoire dans  ces  vies  car en elles se mêle le sang de ceux qui se livrèrent des  guerres effroyables : celui des envahisseurs du Nord et des Occitans,  des cathares et des catholiques, des catholiques et des protestants ; mais aussi le sang  des grands seigneurs et des paysans, des paysans surtout, infiniment plus nombreux ; poétique car elle fait briller, sur le chemin de notre passé, de  scintillantes étoiles : Agnès Sorel... , Anne de Kiev...... Et l'on a bien le droit de succomber à leur charme et de rêver un peu.

Et c'est là le mérite de l'arbre généalogique de Francine : justifiant cette  royale ascendance, il autorise le rêve.

Mais du même coup, élaboré dans l'intention d'établir le plus clairement et rapidement possible cette filiation, que je ne mets aucunement en doute, il a l'inconvénient d'instaurer une sorte d'équivalence entre des lignées matériellement, socialement et politiquement très inégales. Lignée des Lévis-Léran, des Lévis-Mirepoix, des Lévis-Ventaillole.

Et puisque tant de Belcairois  descendent des Lévis-Ventaillole, peut-être aimeraient-ils comprendre ce pan de leur histoire familiale.

C'est pourquoi, je me permets une petite explication:

Les trois lignées :

A l'origine de ces trois  lignées, un ancêtre commun, Philippe de Lévis 1er. Il détenait en 1174 la seigneurie de Lévis, en Ile de France ; apparenté aux  plus grandes maisons de France, il mourut en1204.

La lignée des Lévis Mirepoix

Dans les généalogies, on  fait de Philippe de Lévis le premier de la lignée des Lévis-Mirepoix

Mais c'est son fils, Gui  de Lévis qui lui donne son nom : Il se croisa en effet avec Simon de Montfort pour venir dans le midi combattre ceux que l'on appelait alors les albigeois, c'est à dire les cathares ; Maréchal des armées du roi Louis VIII, il obtint, par "droit" de conquête, la seigneurie de Mirepoix et de Montségur : Les limites de cette seigneurie étaient, au nord, les abords de Fanjeaux ; au sud, les premiers contreforts des Pyrénées. Elle s'étendait à l'est jusqu'aux portes de Limoux et à l'ouest, jusqu'à celles de Pamiers : elle comprenait 75 localités et fiefs et 35 vassaux devaient rendre hommage au seigneur de Mirepoix, qui était vassal direct du roi.

Statue funéraire seigneur DE LÉVIS Guy 1er +1231.

Statue funéraire seigneur DE LÉVIS Guy 2ème +1260.

Statue funéraire seigneur DE LÉVIS Guy 3ème + fin XIIIème siècle.

La lignée des Lévis-Mirepoix se poursuit encore aujourd'hui. Elle a pour chef  Antoine de Lévis-Mirepoix, duc de Lévis-Mirepoix, né en 1942 et père de deux enfants. Mais elle n'a  plus pour résidence l'impressionnant château de Léran, vendu en appartements dans les années 1980

Blason de la famille de Lévis ou Lévy, extrait de l'Armorial général de la France par Charles d'Hozier 1697.

La lignée des Lévis – Léran :

Elle nait du partage effectué en 1329 entre Jean II de Lévis-Mirepoix et son frère Gaston, selon les us et coutumes de la vicomté de  Paris, d'après lesquels  la  maison de Lévis continuait d'être régie.

Gaston reçut la quatrième partie de l'héritage : elle comprenait Léran et son château pour place principale avec un grand nombre d'autres lieux et plusieurs feudataires. Il fut ainsi  le premier de la lignée des Lévis-Léran. Au bout de quatre siècles, elle fut absorbée par la lignée des Lévis-Mirepoix lorsqu'en 1757, au décès  de Gaston de Lévis-Mirepoix, mort sans descendance, Louis -Marie de Lévis- Léran dont il avait fait son héritier, lui succéda, reconstituant ainsi la seigneurie de Mirepoix presque dans les mêmes limites que lors de la dotation faite par Henri de Montfort à Gui de Levis, dotation ratifiée par saint Louis. Il faut dire qu'entre ces deux lignées qui cumulaient biens, fiefs, charges, honneurs et alliances prestigieuses et qui jouèrent un rôle éminent dans l'histoire de France,  au cours des générations, les mariages  avaient été fréquents.

La lignée des Lévis-Ventaillole :

Il en va bien différemment pour la lignée des Lévis-Ventaillole à laquelle appartiennent  les Lévis belcairois.

Elle a en effet pour origine le fils naturel de Germain de Lévis, seigneur de Léran, Antoine de Lévis Son père le légitima et lui fit donation, le 4 février 1534, d'une métairie appelée Allem, jouxtant le hameau de Ventaillole, près de Léran.  Surnommé le capitaine de Léran, Antoine fut le fidèle lieutenant de son demi-frère, le fils cadet de Germain, Jean Claude de Lévis, baron d'Audou et de Bélesta  dans la lutte sans merci  que, devenus protestants, ils menèrent contre les catholiques.

Son épouse, Madeleine de Lordat, lui apporta en dot la seigneurie de Ventaillole et la métairie de Sévère.

Les Lévis-Ventaillole ont donc pour ascendants dans la lignée des Lévis-Mirepoix, les descendants de Gui de Lévis jusqu'à Gaston de Levis compris (XIVème siècle) et dans la lignée des Lévis Léran, les descendants de ce même Gaston jusqu'à Jean-Claude de Lévis-Léran compris (XVIIème siècle).

L'on voit aussi que l'origine de cette lignée est une naissance illégitime et que sa dotation est bien modeste.

Ce tableau généalogique des Lévis-Ventaillole, jusqu'à  Marie et Olivia Delévis permettra de mieux comprendre l'évolution  de cette lignée. S'il privilégie une famille, celle de François Delévis, c'est d'une part, parce que pour les autres, mes recherches sont en cours, d'autre part parce qu'elle suffit à l'explication.

LES LÉVIS-VENTAILLOLE

Antoine I de Lévis-Ventaillole Ier,  ~1532 - 1609, surnommé le capitaine de Léran  + +. Épouse   Madeleine de Lordat, veuve de noble de Sévère.

- François de Lévis-Ventaillolle ~1570-1627 +. Épouse  Claire de Pompadour.

- Antoine II de Lévis-Ventaillole  ~ 1612 - 1692. Épouse Angélique de Léran, ?-1704, fille naturelle de Jean- Claude de Lévis, seigneur de Léran, arrière - petit-fils de Germain. Le mariage a lieu le 5 août 1640.

Louis de Lévis-Ventaillole  (1667-1742). Épouse  Guillerme Marty (1677-1732).

François de Lévis-Ventaillole  (1708-1777) (fils cadet, l'aîné est Jacques). Épouse  dame Philippa Bauzil, (1708-1745) Le couple a 9 enfants.

LES LÉVIS BELCAIROIS

- Pierre de Lévis (1743-1812), fils cadet qui vint s'établir à Belcaire. Épouse Catherine Camurac (1742-1720), le mariage eu lieu en 1767.

- François Lévis (1785-1867). Épouse  Jacquette Bayle (1806-1848).

- François Delévis (1825-1917). Épouse  en première noce en 1848 Hélène Maugard  Et en secondes noces en 1873, Anna Lans. Ils eurent pour enfants :

    - Marie Delévis  (1850-1914) ;

    - Justine  Delévis (dite Olivia) (1876-1966).

Cette généalogie présente quelques particularités,  la plus frappante concerne le patronyme : Je l'ai écrit tel qu'il l'est dans les registres paroissiaux, puis les actes d'état civil. Ces avatars du patronyme  portent la marque de l'Histoire : avant la Révolution, la particule est  séparée du nom. Conformément  à  l'usage et Pierre de Lévis est appelé "noble Pierre de Lévis". A la Révolution, la particule est abandonnée : François signe "Lévis" ; Après la période révolutionnaire, elle est reprise, mais alors associée au nom, et par conséquent méconnaissable, insignifiante au sens étymologique du terme. Les actes mentionnent, François Delévis, Marie Delévis, Justine Delévis. Cette graphie est celle que l'on trouve sur  les tombes : Famille Delévis, Marie Delévis.  Et  L'on peut se demander pourquoi  cette particule n'a pas été reprise quand c'était possible, pourquoi ce renoncement : adhésion aux idéaux  de 1789 ?, c'est peu vraisemblable,  Indifférence ?,  sentiment d'un inéluctable déclassement ?

Car l'on voit à travers ces mariages d'abord avec des bourgeoises, puis des paysannes, l'évolution du statut social : les alliances ne se contractent plus dans la noblesse et deviennent, d'un seul point de vue aristocratique bien sûr, des "mésalliances". Ce à quoi la naissance illégitime d'Angélique et la modestie du patrimoine  ont dû  largement contribuer. Par ailleurs, sous Louis XV, Louis-Marie de Lévis, désormais marquis de Mirepois et de Léran intenta un procès aux descendants d'Antoine de Lévis-Ventaillole au sujet de leur filiation. Le Parlement de Toulouse le 22 septembre 1770 rendit un arrêt favorable aux Lévis-Ventaillole, très nombreux alors. Il confirmait leur noblesse,  leur droit de porter le nom "de Lévis  et d'avoir leur sépulture dans l'église de Léran". Mais,  et cela fait rire aujourd'hui, leur  interdisait "le cri et les armes." Ces attaques toutefois témoignaient d'un violent  rejet. Si l'on ajoute à cela, la situation des fils cadets de François de Lévis,  sans seigneurie et sans résidence, l'on comprend le départ de Pierre de Lévis  pour Belcaire et  d'un autre frère pour Le Peyrat. Dans quelles conditions financières ce départ s'effectua-t-il ? Quelles raisons autres que le charme des forêts enneigées (mais le goûtait-on à l'époque ?) ou celui  de Catherine Camurac (mais en avait-elle ?) détermina le choix de notre village ? Autant de questions laissées en suspens.

Ce faisant,  Pierre n'avait pas à regretter le  château de Léran  qui  n'avait  jamais été  la propriété des Levis-Ventaillole et dans lequel, étant donné les relations entre les deux familles,  il n'aurait pu vivre. Il semble plus probable qu'il ait vu le jour dans le très modeste  manoir de Ventaillole, alors propriété de son oncle. Par ailleurs, le château de Léran lui-même  se présentait à cette époque comme une construction militaire rectangulaire et massive dotée d'une bretèche et de petites fenêtres ; ce que nous voyons aujourd'hui, c'est sa somptueuse transformation par l'architecte Claude Parent, un disciple de Viollet Le Duc, réalisée entre 1875 et 1883.

Voilà  le fruit des investigations auxquelles me poussa la curiosité lorsqu'il y a quelques années Yvette Vergé me fit gentiment part des découvertes qu'elle avait faites dans les archives en  effectuant ses propres recherches généalogiques.

Bibliographie :

- Les archives de Belcaire.

- L'inventaire historique et généalogique  des documents de la branche Lévis-Mirepoix, et  de  la branche Lévis-Léran. 

- Les archives de la Haute Garonne.

- Les archives de l'Aude et de l'Ariège.

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Pierre  Ferrand a réalisé, une étude sur la famille de Nègre au Pays de Sault, qu'il m'a adressé en début d'année 2016 je l'en remercie. Je profite de la publication de l'étude généalogique de la famille de Lévis ci-avant, pour partager avec vous celle-ci :

LA SEIGNEURIE ROYALE DE NÈGRE EN PAYS DE SAULT

Tous les documents historiques attestent de la présence de la seigneurie royale des de NEGRE  au début du 14ème siècle en Pays de Sault, ou elle va en quelque sorte « succéder » en importance et en notoriété à la seigneurie féodale des ANIORT. Elle serait originaire d’Espagne, certainement installée en Catalogne ou elle participait aux combats destinés à en chasser les Maures. Son nom à d’ailleurs peut -être une relation avec ces faits.  Elle choisit ensuite de s’installer en Pays de Sault après avoir acheté de nombreux territoires.

L’organisation administrative de la France avait été voulue par le roi Louis VIII  après la croisade des Albigeois allait sortir le pays, alors en voie de réunification et de reconstruction, de la période féodale. Mais c’et surtout sous le règne de son fils Louis IX (Saint Louis) que furent créées des Sénéchaussées (d’abord à Carcassonne, puis à Limoux) et des bailliages dont un fut institué en Pays de Sault avec siège à Belcaire. D’abord chargé de rendre la justice du Roi (cours de justice royale de Sault), le bailliage vit ensuite ses attributions étendues à  la mise en œuvre de milices armées destinées à assurer l’ordre et aussi à venir selon nécessité en appoint de l’armée royale lors de ses interventions éventuelles dans la région. La responsabilité du bailliage était confiée au Bailli qui outre la justice assurait le commandement des milices, assisté par des lieutenants de baillage

Dés le XVème siècle les de NEGRE exercent la fonction de Bailli du Pays de Sault, c’est à ce titre qu’un Antoine de NEGRE, seigneur de Bléau, commande une milice de 200 arquebusiers, répartis dans plusieurs villages. A cet effet, le château féodal de Belcaire est utilisé par l’une de ces garnisons. Et c’est principalement à Belcaire, dans ce château, que la famille de NEGRE était installée. 

En 1525, un membre de cette famille , il est possible que ce soit Antoine de NEGRE, vend à l’archevêque de Narbonne des forets qu’il possède à Lafajolle et Mérial pour participer au paiement de la rançon de François 1er qui avait été fait prisonnier par l’armée de Charles Quint  à la bataille de Pavie.

Antoine de NEGRE est en effet le plus ancien connu avec certitude. Il serait né vers 1490 et décédé vers 1556 (testament) On le désigne comme le seigneur de Bléau, marié à  Jeanne de Lévis  (mariage vers 1525). Ce mariage est entouré d’une grande confusion quant à la filiation de Jeanne de Lévis. Compte tenu de la date du mariage elle serait née entre 1495 et 1510. Dans la généalogie de la Maison de Lévis Mirepoix  et de sa branche cadette des Lévis Léran, on retrouve, avec dates assez concordantes, Jeanne de Lévis  (née vers 1495), fille de Gaston VI  de Lévis Léran et de sa deuxième épouse Marie de Foix  (ils auraient eu 2 filles prénommées Jeanne dont l’une à épousé  Gaston de Bazillac) .Elle pourrait aussi, éventuellement, mais les dates sont peu concordantes,  être la fille de Jean IV de Lévis Mirepoix  et de sa deuxième épouse  Charlotte de Lévis. Mais il semble que le contrat de mariage ait été établi en 1525  devant Maître Penna, notaire à Labastide sur l’Hers (l’un des fiefs de la famille de Lévis Léran), confortant la première hypothèse.

Par contre il est exclu qu’elle soit la fille d’Antoine de Lévis Ventaillole car celui ci était né  au plus tôt vers 1500 (mais plus vraisemblablement vers 1530. d’autant que dans la « traduction » du document d’accord de mariage entre le « capitaine Antoine de Nègre » et Antoine de Lévis , père de Jeanne de Lévis, effectué par le notaire Fourié en 1767 (pour confirmer les origines de noblesses de la famille de Nègre du Clat), la date annoncé est de 1528, voire de 1578 ou même de 1598 et elle porte comme parents de Jeanne de Lévis, Antoine de Lévis Ventaillole et Angélique de Lévis. Or ce n’est pas cet Antoine de Lévis Ventaillole qui était marié à une Angélique de Lévis mais son petit fils Antoine (deuxième du nom) Son grand père cité, était pourtant bien Germain de Lévis et son oncle Jean Claude de Lévis Léran. Dans ce cas alors, elle aurait épousé Antoine II de Nègre petit fils du précédent, que l’on retrouve pourtant marié à Philippie de Fournier (cf. ci-après) !  On retrouve ces éléments dans la généalogie des Lévis Ventaillole branche de Belcaire (cf. document spécifique)

Antoine de NEGRE n’a qu’un seul fils connu  Pierre, et 2 filles Louise mariée à Jean Bonnel d’Ax (09) et Jacquette.

En cette période le Pays de Sault eut à subir les invasions répétées des Espagnols mais le château de Belcaire (comme d’autres) y résista.

Pierre  de NEGRE Ier seigneur de Bléau ? né vers 1527 à Niort de Sault  et décédé vers  1590 (testament), prendra la suite de son père Antoine comme bailli. Il épouse d’abord  en janvier 1555, Marie de Verniolles de Prades (Ariège), fille d’Emeric  Verniolle et Luce de Traversier. Sur le contrat de ce mariage, il est précisé que Pierre de Nègre  est le fils de Thonet de Nègre, qui était certainement une autre appellation du prénom Antoine (aussi orthographié Anthoyne). Le couple eut 2 fils : Jean de NEGRE et Antoine de NEGRE. On cite aussi Claude, Guillaume et Jean cadet ?

Les guerres de religion dévastèrent alors le territoire. C’est ainsi que les « réformés  huguenots » dirigés par Jean Claude de Lévis (branche de Léran - cette branche ayant choisi de soutenir les réformés contrairement à la branche aînée de Lévis Mirepoix qui était restée fidèle à l’église catholique  ce qui lui valut la destruction de château de Léran) incendièrent et détruisirent d’abord les demeures de Niort de la famille de Nègre, puis le château de Belcaire, ainsi que ceux d’Able, d’Aniort et de Rodome. La famille de NEGRE est obligée de s’installer  provisoirement à Roquefeuil puis ensuite à Niort. En 1580, Pierre de NEGRE est appelé à Alet assiégé par les « réformés » et Monsieur de Caraman, commandant de l’armée du Roi, loue son zèle pour le service du Roi. Et c’est grâce à l’intervention d’Anne de Joyeuses à la tête de ses troupes qu’il put être mis fin à ce désastreux épisode de l’histoire du pays. De plus, Henri IV, reconnaissant à la famille de NEGRE les services rendus antérieurement à la couronne, la rétablit dans ses droits  et fit reconstruire à ses frais le château. Toutefois ce château était un château royal, issu de la cession au roi de France par Amaury de Montfort. Il fut constitué en capitainerie. C’était donc une châtellenie et non une seigneurie ; or si les seigneuries sont héréditaires, les châtellenies ne le sont pas. D’ailleurs, les de Nègre étaient considérés comme les gouverneurs du château  de Belcaire et non les seigneurs (le seigneur étant de fait le Roi). Ceci a donc aussi pu inciter les seigneurs de NEGRE à s’installer dans un château dont ils étaient effectivement les seigneurs, comme ce fut le cas pour Able puis aussi  indirectement pour le Clat.

Jean de NEGRE (cf. I.1) donc fils de Pierre  auquel il succédât comme bailli vers 1590 acheta alors, aux commissaires du roi, vers 1600, le château ruiné d’Able  (dépendant consulat de Belvis) et diverses terres et forêts situées sur Niort de Sault notamment la montagne de Lacam. C’est ainsi qu’il prit le titre de  Sieur d’Able (et de Lacam) et fut donc l’initiateur de la branche de NEGRE d’Able  essentiellement installée à Niort et dans la vallée du Rébenty.

Le château d’Able avait constitué , avec son voisin de Castelpor tous deux situés sur la commune de Joucou un ensemble de châteaux forts destinés à protéger la contrée et en particulier la frontière avec l’Espagne d’ou provenaient souvent des envahisseurs; mais pendant les guerres de religions ,ils furent détruits par les troupes des « réformés » Si seul celui de Belcaire fut reconstruit et réutilisé encore quelques temps pour y maintenir des troupes, le traité des Pyrénées de 1659, en annexant le Roussillon à la France, déplaça de ce fait la frontière vers le sud, faisant perdre tout intérêt à ces positions ; à partir de là, ces châteaux, ou ce qu’il en restait, furent totalement abandonnés et tombèrent en ruines au point de disparaître presque complètement. Les familles nobles avaient commencé à s’installer dans de grandes  bâtisses bourgeoises souvent très proche des villages qu’on appellera aussi châteaux comme précisément à Niort (pour la branche de NEGREd’Able) ou à Belcaire (pour la branche de NEGRE du Clat.  Le nom d’able pourrait venir du fait que le Rebenty était un ruisseau très poissonneux (ce devait être des truites, et les petits poissons argentés étaient appelés des ables ; mais cette origine n’est pas garantie !)

Son frère cadet Antoine de Nègre se marie avec Phillipine de Fournié ; il n’est pas exclu qu’ils aient eu des enfants (il est cité quelques fois Jean François, François, Pierre, ou Marie mais on ne trouve aucune trace de postérité) ; reste à savoir si c’est lui qui a aussi épousé une Jeanne de Lévis (branche Ventaillole) comme exposé précédemment ?

 

Pierre de NEGRE Ier se remarie en 1558 avec Angélique de Gayraud d’Alclat (du Clat) ; celle ci était la fille de Pierre de Gayraud seigneur de Belvianes et de Isabeau d’Aniort d’Alclat (fille de Gausserand d’Aniort d’Alclat qui détenait ce titre). Faisant partie de sa dot, ce titre revint alors  à la  descendance de Pierre de NEGRE et d’Angélique de Gayraud. Ce couple  eut  un fils  certain Pierre de Nègre II (mais on cite aussi un autre fils Jean et une fille Marie).

Pierre de NEGRE II (cf. II) fut donc lieutenant de bailli (« lieutenant d’épée »), son frère aîné Jean étant bailli; ses fils assumèrent également cette charge. Il put peut-être  porter aussi le titre de seigneur du Clat. Il épouse Raymonde de Germa avec laquelle il eut au moins 5 garçons (comme en témoigne son testament établi en peu de temps avant sa mort en 1664), nés entre 1605 et 1615 à Belcaire ou Pierre de Nègre qui était donc né à Niort était revenu s’installer à savoir :  

     -  Jean de NEGRE, l’aîné, lieutenant de bailli 

Ainsi que son frère  Pierre de NEGRE III sieur de Ferrieres, qualifié de « contrôleur du Roi ». Ils furent reconnus pour leur activité militaire au service des armées du Roi, formant ainsi une branche dite des Lieutenant de bailli, (voir II),

      - Marc Antoine de Nègre (marié à Marguerite de Joulia à Caudiès (66) (confusion avec son neveu ?) ;

     - Jean Jérôme de NEGRE (lequel prit le titre de seigneur du Clat issu de sa grand mère et fut le réel fondateur de la branche dite de NEGRE du Clat  (voir III) et                 

      - Pierre George de Nègre  prêtre, qui fut recteur de Camurac et Comus de 1640 à 1672.

I – LA BRANCHE DE NEGRE D'ABLE  (de Niort de Sault)

I.1 Jean de NEGRE sieur d’Able, fils du premier mariage de Pierre I de Nègre est né vers 1555 et il épouse en 1589 Jeanne d’Angeli, fille de noble Barthélemy d’Angeli (quelquefois écrit de Gelli ; certains textes le disent marié aussi à Marie de Serda de Chalabre ; peut-être s'était il marié deux fois). Il assura donc la charge de bailli qui resta dans cette branche. Le couple eut vraisemblablement 7 enfants  (à cette époque, en général, seul l’aîné bénéficiait de la moitié de la succession droit d’aînesse, les autres enfants bénéficiant du reste ; tous devaient servir Dieu en devenant ecclésiastiques, ou le Roi en devenant militaires ; quand aux filles, il était primordial qu’elles soient mariées à un dignitaire noble.) 

Outre l’aîné, Pierre  de NEGRE qui pris la suite de son père, on trouve (sans certitude absolue)  : 

- Antoine de NEGRE (v.1600–1680)  prêtre. IL fut premier chantre (responsable du cœur ou précenteur) de la collégiale de Saint Paul de Fenouillet. 

- Jean François de NEGRE  (v.1600-1671?) prêtre, curé de Belcaire de 1639 à 1671 et qui établit  le premier registre des baptêmes, mariages et sépultures de la commune à partir de 1660 encore consultable à nos jours

- Françoise Marie de NEGRE mariée  en 1614 à Jean Jacques de Couderc sieur de Cazelles.

Il y aurait également :

- Paule de NEGRE née vers 1600 et décédée vers 1676, mariée en 1626 avec Philippe de Niort seul dépositaire du titre de noblesse de cette famille, bien qu’ayant perdu la seigneurie de Niort.

- Raymonde de NEGRE mariée à Raphaël de Foix, descendant de Jean de Foix, vicomte de Narbonne ;

(et peut être Charles et Louis de NEGRE établis à Caudiès de Fenouillèdes).

I.2 Pierre de NEGRE  sieur d’Able, fils de Jean auquel il succédât comme bailli, est né vers 1593. Dans cette fonction, il fut appelé le capitaine de Nègre, et  fut maintes fois sollicité par le Maréchal de Montmorency gouverneur et lieutenant général du Languedoc mais aussi par le seigneur  de Mirepoix, notamment pour défendre Axat assiégé par les espagnols.     Il se marie deux fois et aura au total  11(ou 12) enfants.

Premier mariage  en 1626 avec Antoinette d’Ixar, fille du seigneur d’Ixar famille descendante des rois d’Aragon ; 

Deuxième mariage avec Marguerite de Bo(u)squet ( sœur de François de Bosquet Intendant du Languedoc et qui fut ensuite évêque de Lodève de 1648 à 1655, puis de Montpellier jusqu’en 1676). 

Si l’aîné Jean Timoléon de NEGRE est issu du premier mariage, il y a incertitude quand à  la filiation exacte des autres enfants (essentiellement des 4 suivants) qui sont :

     - César Antoine de NEGRE, lieutenant au « Régiment Orléanais » sous le nom de Chevalier d’Able, (il est dit avoir été tué lors de la guerre des sept ans; Or celle ci a commencé en 1754 ; cette hypothèse est donc peu probable)

   - Pierre sieur de Roqueblanc, capitaine au même régiment et qui aurait été aussi tué  à  la guerre des sept ans (peu probable également)

    - Guillaume de NEGRE sieur de Lafajolle qui fut député paroissial à la fin du XVIIème siècle aux Etats du Languedoc.

    - Jean de NEGRE sieur de Montpié, prêtre qui fut curé de Roquefeuil ; docteur en  théologie, il fut ensuite recteur à Ouveillan.

     - Marguerite de NEGRE qui épousa le sieur d’Alverny.

Puis vinrent :   

    - Pierre Marc Antoine de NEGRE sieur de Laval d’Able, prêtre, docteur en théologie. Il a été curé de Le Vivier, (prés de Saint Paul de Fenouillet) où il fut ordonné alors qu’il était encore clerc en 1679. Il serait mort à Paris (Eglise Saint Sulpice) en 1709.

    - Jean François de NEGRE sieur de Lacam, né en 1646 à Niort, prêtre lui aussi docteur en théologie en Sorbonne  et qui fut grand archidiacre au chapitre Saint Pierre à Montpellier. Son goût pour les sciences et ses connaissances en mathématiques le firent élire à l’Académie Royale des Sciences  de Montpellier ou il fut admis dés sa création en 1706. (Elle faisait suite à l’Académie Royale de Paris qui avait été crée en 1666 par Colbert) ; il mourut à  Montpellier le 10 novembre 1715 et est enseveli dans la cathédrale Saint Pierre. 

Blason de Jean François de Nègre, extrait de l'Armorial général de la France par Charles d'Hozier 1697.

   - Joseph César de NEGRE sieur de Mérial, qui  fut colonel d’infanterie au régiment royal du Roussillon. Il fut ami du roi ; il a épousé Demoiselle de la Fregoze (de Narbonne) , dont une fille  Marie de Nègre mariée au sieur de Vers gentilhomme de Narbonne ;

   - Madeleine/Françoise de NEGRE mariée au sieur de Fauré présenté comme gentilhomme de Pamiers ;

  - Thérèse/Marie de NEGRE mariée au sieur de Gargas, également gentilhomme de Pamiers ;

   - Catherine, religieuse, dans la congrégation de la visitation à Toulouse.

Il est aussi relevé un autre de NEGRE  Jean Raphaël (né v. 1640) sieur de Font-d’Argent marié à Marie Bonnery dont le fils Jean Paul de NEGRE (né en 1677) fut bachelier en théologie ; prêtre à Niort entre 1713 et 1716, il devint grand vicaire de  l’évêché d’Alet dés 1720. Il eut une vie très curieuse ; Il est démis de ses fonctions en 1727 car il s’était attiré l’inimitié de certains trésoriers du Chapitre d’Alet en mettant à jour de nombreuses erreurs dans leurs comptes. Il se retire alors provisoirement à Saint Paul de Fenouillet puis se voit imposer de reprendre son ministère à Brive en 1730. Réhabilité ensuite par  les services du Roi, qui avaient reconnu la véracité de ses accusations, on le retrouve alors dans la région .  Par ailleurs,  il fut nommé par le sénéchal de Limoux comme curateur des filles de François d’Hautpoul seigneur de Rennes et de Marie de NEGRE d’Able, à la mort de leur père en 1753. Il décède à Limoux en 1762. Dans son testament, il lègue des biens à l’une des filles de Marie d’Able et d’autres à une demoiselle Paris descendante d’Ignace Paris, pâtre, reconnu comme ayant découvert le supposé trésor de Rennes ! Jean Paul de Negre serait également l’auteur de l’un des parchemins retrouvés par l’Abbé Saunière lors du déplacement de l’autel de l’église de Rennes en 1891, document particulièrement secret, en latin, certainement codé. On ne peut que faire alors le rapprochement avec la sépulture de Marie d’Able, avec laquelle il était donc certainement parent, ce qui ne fait qu’accroître d’ailleurs le mystère de Rennes le Château la concernant (voir ci-après  Marie de NEGRE d’Able)

On retrouve, aussi, dans l’histoire locale d’autres familles de Nègre, dont l’origine est moins ancienne, souvent anoblie par mariage comme une Anne de Nègre (1659-1709) mariée à Espezel au sieur Maffre Salvat seigneur de Quirhaud puis avec  Jean urbain DARSSES (1667-1727, maire d’Espezel) dont le fils Pierre Joseph Darsses, devenu d’Arsses de Cassaignes mousquetaire du Roi épousa Anne de Traversier de Montauriol , fille de Philippe et d’Anne Marguerite de Nègre (cf. ci après)

 Il y a également une importante famille de Nègre dans l’Aveyron, le Lot et le Tarn et Garonne mais son origine ne remonte pas antérieurement à la fin du 16eme siècle semble t-il.

Il ne faut pas non plus confondre avec une autre famille noble  identifiée avant le XVème siècle dans le Minervois les « de Nigri » (quelquefois orthographié de Negri ou même de Nègre), et qui eut elle aussi des unions avec diverses autres familles nobles audoises par exemple avec la famille d’Hautpoul et la seigneurie de Rennes le Château, comme ce fut le cas pour la branche d’Able de la seigneurie de Nègre (cf. Marie de NEGRE d’Able).

I.3 Jean Timoléon de NEGRE sieur d’Able, de Gebetx, de Montpié, de Lacan…, (1629-1703 Niort)  il était donc le fils aîné de Pierre de Nègre, sieur d’Able et il devint bailli à la mort de ce dernier dés 1664. Lui aussi fut mobilisé pour fournir des soldats à l’armée du Roi pour son expédition en Sardaigne ou pour porter secours aux habitants du Donezan, envahis par les espagnols qui voulaient détruire le château de Quérigut.

Il épouse vers 1655, Marie Anne de Corneille vraisemblablement fille du notaire d’Aunat. Il fit de nombreuses acquisitions qui agrandirent considérablement son domaine à Niort même, à Rodome et en plusieurs endroits dans la vallée du Rébenty  (terres, bâtisses, moulins…). Le couple eut 12 enfants :

                                        -  Le fils aîné fut Antoine Jean Pierre Célestin de NEGRE sieur de Comesourde (ou Coume Sourde du même nom qu’une dalle trouvée prés de Rennes le Château qui serait un élément important dans le mystère de ce lieu !) qui devint prêtre curé d’Espezel, de Niort et chanoine à Capestang (Hérault) puis à Saint Paul de Fenouillet ; ensuite vinrent :

     - François de NEGRE au premier rang de sa succession (cf. I-4a)

   - César joseph de NEGRE sieur de Montpié, bénédictin à la congrégation se Saint Maur (ordre de saint Benoît), fit profession à l’âge de 20 ans en 1699,au monastère de la Daurade à Toulouse ; il fut ensuite chargé de l’éducation des enfants au collège de l’Abbaye de Sorèze. A cette occasion, il composa en leur faveur une petite grammaire ingénieuse qui fut imprimée en 1713 sous le titre « La grammaire latine réduite en jeu de cartes et de dés ». Cet ouvrage permettait à l’écolier d’acquérir les principes nécessaires pour effectuer les traductions du français en latin ou vice versa ; elle donnait aussi les moyens pour maîtriser l’usage de latin et d’en faire application. Ce document lui conféra une grande notoriété dans le monde éducatif religieux. César de NEGRE fut aussi un temps prieur commanditaire au prieuré de Saint Martin d’Ambierle (Loire) fondé au Xème siècle par les bénédictins et dépendant ensuite de l ‘abbaye de  Cluny, mais n’y résida pas. Il est mort à Soréze en 1755.

  - Benoît de NEGRE également bénédictin ;

  - Jean François de NEGRE sieur de Montroux qui succédât à son frère François à la mort de celui-ci (cf. I-4b)

  - Jean Anne (ou Jean Antoine) de NEGRE, il commença une carrière militaire sous le nom de chevalier de Niort ; Il fut ensuite docteur en théologie ; il se retire alors, à l’abbaye de Saint Polycarpe début 1715, sous le nom de Frère Climaque (de Saint jean Climaque moine syrien du 7ème siècle); il fut secrétaire du Chapitre (assemblée de moines) ; il y mourut en 1725.

et 6 filles : 

     - Marguerite de NEGRE l’aînée de la famille mariée en 1694 à Pierre de Casemajou, capitaine d’infanterie au régiment royal du Roussillon seigneur de Niort, après avoir acheté la coseignerie à Pierre de Couderc fils de Jean jacques et de Suzanne de Niort

    - Anne Marguerite de NEGRE mariée en 1710 à François de Traversier de Montauriol , écuyer demeurant au château de Montaillou.

    - Marianne de NEGRE mariée à Jacques de Rieunègre d’Alaigne

   - Marie de NEGRE mariée  au sieur Serda.

                                   - Toinette de NEGRE  morte dans son jeune âge 

    -  Rose de  NEGRE également morte dans son jeune âge

I.4 a François de NEGRE sieur d’Able, succédât donc à son père Jean Timoléon de Nègre, comme bailli de 1703 à 1721 date de sa mort ; Il se marie en 1704 avec Antoinette  de Gaichier de Roquefeuil. Ils n’eurent qu’une seule fille Marie de NEGRE née en 1713; à la mort de son père, elle n’a que 8 ans et c’est donc son oncle Jean François de Nègre, qui fut désigné comme son tuteur. Celui ci  prit également la succession de François de NEGRE comme bailli à partir de 1721. 

I.4 b Jean François de NEGRE sieur de Montroux; fut donc bailli de 1721 jusqu' au plus tard en  1769 date de sa mort. Cette mention « bailli de Sault » figure bien sur l’acte de sépulture rédigé par le curé de Niort  Antoine BERNARD. Il avait été militaire en qualité de cornette  ou guidon (officier porte étendard) au  régiment de dragons du Languedoc. Sans enfants car à priori célibataire, il  teste en faveur de sa nièce Marie de NEGRE, dont il était le tuteur, et à laquelle il confiait son office  (et également à son autre nièce Philiberte de Casemajou  fille de sa sœur Marguerite). En fait on assiste à l’extinction de cette famille, puisqu’il n’y avait plus de descendance mâle ; elle n’exerça plus également la fonction de bailli ; il faut toutefois préciser qu’avec le démantèlement de la justice royale de Sault, le bailliage finit par ne plus exister non plus. Pierre de Marsol assuma cette charge quelques années encore avant la création d’une fonction de juge exercée pour la première fois vers  1780 par François Folquier de Belcaire.

Un événement est quelque fois cité pouvant apporter un argument supplémentaire à l’abandon de la charge de bailli par Jean François de NEGRE seigneur de Montroux mais ceci semble relever d’une très large interprétation. Le 17 mai 1732 le curé de Niort fut trouvé dans la rue mort assassiné ; or le sieur de Montroux le détestait ; des soupçons planèrent alors sur celui ci qui se serait alors enfuit de Niort. Pourtant on le retrouve à Niort sur différents actes et c’est à Niort qu’il mourut !

I.5 Marie de NEGRE d’Able fille de François de NEGRE et nièce de Jean François de NEGRE fut donc la dernière à porter le titre d’Able. Elle épouse en 1732 François d’Hautpoul, marquis de Rochefort, seigneur de Rennes (le château) ; héritant du titre de seigneresse de Rennes où elle s’installât définitivement, elle vendit tous ses biens de Niort (ainsi que ceux de Roquefeuil provenant de sa mère) qui furent acquis par une famille bourgeoise de Limoux FONS, qui acheta également l’autre partie de la seigneurie à Pierre de Casemajou. Ainsi François Dominique FONS qui devint FONDI (en reprenant leur nom issu de leur émigration en Italie au XVIème siècle lors des guerres de religion suite à la mise à sac de la ville de Limoux par les réformés) prit en 1757 le titre de seigneur de Niort. Ses descendants sont encore présents au château de Niort. Cet acte signe la fin de la  présence de la seigneurie de NEGRE d’Able à Niort  de Sault ;

«  La sépulture de Marie d'Able(s) est entourée d’un mystère qui trouve son justificatif dans celui de Rennes le château et du trésor de l ‘Abbé Saunière. Sa tombe était surmontée d’une dalle et stèle   sur laquelle était inscrite  CT GIT NOBLe M ARIE DE NEGRe DARLES DAME DHAUPOUL De BLANCHEFORT AGEE DE SOIX ANTE SEpT ANS DECEDEE LE XVII JANVIER MDCOLXX XI REQUIES CATIN PACE. Cette stèle fut brisée au début du XIXème siècle  au moment ou l’abbé Saunière  procédait à ses « investigations  mystérieuses. Que voulait-il cacher ? Cette stèle aurait été conçue et codée par l’abbé Bigou curé de Rennes-le-Château au temps de la marquise, mais ceci est contesté. Cette dernière lui aurait révélé un terrible secret de famille et l’abbé l’aurait dissimulé dans la pierre afin qu’il ne se perde pas. Or il semblerait que ce texte ait été écrit plus tard. Quoiqu’il en soit,  il comporte de bien curieuses anomalies : CT GIT au lieu de CI GIT, NOBLe : pourquoi un e minuscule à la fin du mot ? M ARIE : pourquoi le M de Marie est-il sur la ligne supérieure, coupant ainsi le nom en deux , NEGRe , encore un e minuscule à la fin du mot, DARLES au lieu de D’ABLES, HAUPOUL sans T (HAUTPOUL), (mais il semblerait que cette anomalie n’en soit pas réellement une ; en effet, d’après les anciens registres, le nom de cette famille s’écrivait bien sans T), De : le e est en minuscule, SOIX ANTE : le mot soixante est coupé en deux, SEpT : le p est en minuscule, l’année de sa mort est MDCCLXXXI (1781) et ici il est inscrit MDCOLXXXI, le deuxième C devenant un O, REQUIES CATIN PACE: Le mot est mal coupé. On aurait dû lire REQUIESCAT IN PACE, qui signifie repose en paix. Ici la marquise serait traitée de catin! De fait, les lettres inscrites en minuscule forment le mot « épée » Si on ajoute MT on arrive au mot « temple » (lettres en désordre). Il reste OR donc OR du TEMPLE ! On peut voir dans certaines de ces erreurs des allusions à Sainte Marie-Madeleine notamment les mots ARLES premier lieu ou elle passa à son arrivée sur la cote. Marie d’Ables était elle Marie Madeleine ? Par ailleurs « catin » en occitan correspond à une anfractuosité dans les rochers, d’ où l’allusion à un trésor caché. Il est possible que l’abbé Saunière ait réutilisé aussi la pierre tombale de Marie d’Ables pour sa propre sépulture. En effet des similitudes frappantes existent entre ces deux tombes. Toutes deux sont fendues  en leur milieu et elles ont à peu près les mêmes dimensions. Mais le mystère demeure et les chercheurs en ésotérismes ont encore du travail pour l’expliquer. » (Relevés Couiza)

II – LES LIEUTENANTS DE BAILLI DE BELCAIRE 

Cette branche concerne donc 2 des fils de Pierre de Nègre II et Raymonde de Germa, revenu donc s’installer à Belcaire : l’aîné Jean de NEGRE, et le second Pierre de NEGRE III sieur de Ferrieres.

II.1 - Jean de NEGRE (appelé Jean Martial ou Marsian ? dans certains textes) est décédé à Belcaire en 1678. Il avait épousé Madeleine (Manon) de Couderc, fille de Jean Jacques de Couderc et Suzanne de Niort, dont le frère Pierre de Couderc vendit à Timoléon de NEGRE d’Able et à Pierre Casemajou la seigneurie de Niort (cf. I.3). Ils eurent 11 enfants.

9 garçons :   outre l’aîné, Jean Pierre de NEGRE (cf. II.3a)  et le cadet Antoine de NEGRE (cf. II.3b), il y avait :              

                                 - Jean Georges de NEGRE sieur de Fontalte qui habitait le château de Camurac, qui avait été occupé par son oncle Jean Georges de Nègre prêtre.

                            - Marie (ou Marc) Antoine de NEGRE, décédé à Belcaire en 1692 à 46 ans ; militaire il était appelé aussi le chevalier de NEGRE ; il est possible qu’il fut marié à une dame de Germa ou de Joulia (confusion avec son oncle ?) et aurait eu 2 fils :

  - l’aîné Charles militaire également, capitaine d’infanterie dans le régiment Saintonge ;

  - le second Jean François julien également militaire lequel serait marié à Marie Françoise de Graves de Tuchan  dont une fille Marie de NEGRE mariée à Caudies de Fenouillèdes à Pierre FOURNIER de Limoux ;

  -  et 1 fille Isabeau de Nègre, supérieure des Dames Régentes du diocèse d’Alet (chargées de l’enseignement des enfants).

Tout ceci reste toutefois à confirmer.

  - Victor de NEGRE sans postérité, décédé en 1721 à Belcaire âgé de 70 ans environ.

  - Enemon de NEGRE également sans postérité ; il est décédé à Belcaire en 1716 à 68 ans.

  - Félicien de NEGRE sieur de La Serre ; on relève à son sujet un acte de baptême en date du 23 juillet 1690 concernant Jeanne «  fille de Paule Cazals et à ce qu’elle a déclaré de Félicien de NEGRE sieur de La Serre ». Il meurt à Prades (66) en 1700 et est enterré dans l’église Saint Pierre.

     - François Joseph sieur de l’Estrade, militaire, il fut nommé major de la ville de Nîmes ou il se distingua en ramenant l’ordre dans cette ville ; il fut décoré de l’ordre royal de Saint Louis.

    - Jean François sieur du Rivals décédé jeune et sans postérité à Belcaire en 1678 (âge non précisé) ;

et 2 filles :

  - Marie de NEGRE qui avait épousé Jean Pierre Pretianne , sieur de Fontfrede, seigneur de Vaychis (09)  , dont la fille Dorothée épousera Joseph de Thonel, seigneur d’Orgeix qui devint par ce fait aussi seigneur de Vaychis.

  - Dorothée de NEGRE mariée en 1695 à Belcaire à Jean Serda  (veuf de Jeanne de Bernard  et fils de Guillaume Serda apothicaire à Belcaire) où elle meurt en 1734 à 88 ans.

II.2 - Pierre de NEGRE III, sieur de Ferrières, frère de Jean de Nègre, né vers 1610 et décédé à Belcaire le 21 juin 1676 (mentionné « contrôleur »), est le deuxième fils de Pierre de Nègre II et Raymonde de Germa  (dans certains cas il y a eu confusion avec son père Pierre de Nègre qui est présenté comme s’étant marié en deuxième noce avec Françoise de Traversier !). Il épouse donc Françoise de Traversier de Montauriol famille noble qui possédait (et résidait alors) au château d’Urs en Pays de Foix (proche du château de Lordat) puis installée à Montaillou, d’ou  6 (ou 5 enfants) : 3  garçons et 2(ou 3) filles :

  - Jean sieur de las Coumes  (assimilé quelques fois à Jean de Nègre ci dessus II.1, (mais sur l’acte de baptême de Bernarde Bertier du 5/11/1679, on le trouve comme parrain avec la mention le concernant « fils de feu Pierre et Marie de Terrisse ? »; de même témoin au mariage Serda/Bernard le 17/2/1681 et présent au décès de Françoise de Traversier le 19/9/1681; dans les 3 cas, il signe bien LASCOUMES ; or Jean de Nègre II.1 est mort en 1678. Jean Sieur de las Coumes est lui décédé en 1683, certainement sans descendance. Donc soit la mention « f ils de feu Pierre et de Marie de Terrisse » ci dessus est inexacte soit Pierre III de Nègre avait été marié une première fois avec une Marie de Terrisse) ; il fut lieutenant dans un régiment d’infanterie ; sans postérité.

  - Jean pierre sieur du Pradal, prêtre qui fut curé d’Axat et mourut à Belcaire en 1720 ;

- Pierre IV sieur de la Plane décédé en 1723 à Belcaire sans descendance ;

  - Marie Jeanne  décédée à Belcaire en 1676 ;

  - Louise également célibataire, qui vivait avec son frère prêtre Jean Pierre et est décédée à Belcaire en 1724 (à 75 ans) ;  

  et éventuellement Raymonde.

(A ce stade, il convient de préciser que dans ces familles nobles, il était donné aux enfants, garçons mais surtout filles qui n’avaient pas de titre, de nombreux prénoms, ce qui fait qu’une même personne peut apparaître avec des prénoms différents selon la période de sa vie !)

- Pierre de Nègre III, sieur de Ferrières et ses frères, rendirent de grands services aux armées du Roi, comme en atteste un certificat de 1654 établi par le marquis de Birargues, commandant l’artillerie de l’armée royale en Catalogne ( sous le haut commandement du deuxième prince de Conti, Armand de Bourbon), où Louis XIV, (poursuivant les objectifs initiés par Louis XIII) était en guerre contre le Roi d’Espagne, soutenant en cela les catalans qui s’étaient soulevés contre lui : « les sieurs de NEGRE du Pays de Sault avaient servi et fait servir le Pays de Sault à conduire les canons aux Pyrénées, et sans leur service, il n’eut pas été possible de passer ».Cela valut en outre, à la famille d’obtenir en décembre 1659, « la faculté de chasser en pays de Sault et comté de Foix, à toute sorte de chasses, sans être tenue de payer aucun droit » Ils furent renommés en particulier, dans la chasse à l’ours !

La descendance de Pierre de Nègre III s’arrêta donc à ce niveau.

II.3a Jean Pierre de NEGRE, sieur de Pouzols fut  à la suite de son père Jean de Nègre, lieutenant de bailli ; sans postérité il meurt à Belcaire en 1706 à 68 ans, « après une grande aliénation ». La charge de lieutenant de bailli assuré par cette branche de NEGRE, se termina avec lui ; ses biens furent en majeure partie recueillis par le dernier des frères survivant :

II.3b Antoine de NEGRE, sieur de Faurans, frère du précédent, décédé en 1733 à Belcaire à l’age de 84 ans, sans postérité, laissa son héritage à la branche de NEGRE du Clat, représentée par Jean Jérôme de NEGRE III. La branche de NEGRE dite des lieutenants de bailli avait cessé d’exister.

III – LA BRANCHE DE NEGRE DU CLAT DE BELCAIRE

III 1 Jean Jérôme  I de NEGRE, qui porta donc le titre de seigneur du Clat provenant de sa grand mère , est le 4eme fils de Pierre de NEGRE II et Raymonde de Germa ; il est né en 1615 et est mort à Belcaire en 1689. Il épouse vers 1649 Jeanne de Sompcheix d’origine ariégeoise, fille d’Antoine de Sompsiech seigneur de Claux et Françoise de Gallardier, avec laquelle il eut 12 enfants. Seule est connue la descendance du fils aîné Arnaud de NEGRE (III 2) sieur du Bosc. Pour les autres, sont identifiés :
  - Françoise (o. 1652 - T 1696) ;
  - Jean George sieur du Touzet (o 1654 - T 1713) qui fit une carrière militaire chez les mousquetaires ;
  -  Madeleine (o v. 1655 -  T 1717) ;
  - Antoine Célestin sieur de Nentillas (o v.1657) ;
  Marie Brigitte (o v. 1659 en vie en 1707) ;
  - Marie Virginie (o 1660) ;
  - Jean Jérôme II sieur de Dilhac (o 1665) ; garde du corps (garde du roi dite garde écossaise) il fut tué devant Namur en 1692, lors du siège de cette ville tenue par « la Ligue d’Augsbourg » (Angleterre, Saint empire Romain Germanique et Espagne) en guerre contre Louis XIV, qui les combattait afin de maintenir sa suprématie en Europe.
   - Pierre (o 1667) ;
   - Jeanne (o 1671 – T 1744) non mariée mais qui eut une fille (1705) ;
   - Martial (o 1674 – T 1675) ;
 - Martial (o 1677 – T 1678) .

III 2  Arnaud de NEGRE sieur du Bosc, seigneur du Clat (il signait « del bosc d’al clat ») né en 1663 à Belcaire (T 1729 à Belcaire) épouse assez tardivement, en 1720 à Roquefeuil Claire de Marsol  fille de Pierre Marsol procureur du Roi au bailliage et Claire de Verniolle  d’ou 4 enfants :
 - Jean Jérôme III de NEGRE (III 3) l’aîné qui succédât à son père et reprit le titre de seigneur du Clat  puis 2 filles :
                    - Jeanne  de NEGRE (o 1723) entrée pensionnaire chez les religieuses (sœurs clarisses) d’Auterive (31) ou elle décède à 18 ans en 1741;
                     - Elisabeth  de NEGRE (o 1725) ;
                   -  Martial  de NEGRE (o 1729 quelques mois avant le décès de son père). Il fut d’abord « le chevalier de Nègre », lieutenant dans le régiment d’infanterie Rouergue puis adhéra aux règles de la révolution dès 1789, y mettant même un certain zèle, prenant le patronyme de citoyen Martial NEGRE ; élu maire de Belcaire, il se maria à Belcaire à  plus de 66 ans  le 30 brumaire an 4 (18 novembre 1795) avec Marie Françoise Serda (44 ans) fille du notaire de Belcaire. Il meurt le 24 ventôse an 11 (15 mars 1803).

III 3 Jean Jérôme III de NEGRE, né en 1721 à Belcaire, seigneur du Clat n’a que 8 ans à la mort de son père. On peut dire qu’il représente la branche réunifiée et donc unique des seigneurs de Nègre puisqu’il hérite des lieutenants de bailli et que la branche d’Able se tarit par la vente de ses titres et biens par Marie de Nègre d’Able (cf. I.5).  Il épouse en 1747 à Mont Louis Marguerite d’Areix de La Barthe, (fille de Pierre de la Barthe, trésorier de France et seigneur d’Antugnac, et de Marie Roger de Caraman) avec laquelle il aura 11 enfants (certains leur en attribuent 5 ou 6 de plus mais il s’agit d’enfants d’un Jean NEGRE et de Françoise Berniolle, ce qui n’a rien à voir avec la famille de NEGRE du Clat !!).

Outre ses biens à Belcaire, il exploite le domaine de la seigneurie d’Antugnac. Mais, à la révolution, outre son frère Martial qui s’associa aux révolutionnaires, son fils  aîné Michel Jean Georges fut pourchassé et dut s’exiler en Espagne ou il fut tué ; l’une de ses filles eut un enfant avant mariage... tous ces faits le firent sombrer dans le chagrin qui causa certainement sa mort le 13 germinal an II (2 avril 1794) à Belcaire. La famille sortit finalement éprouvée par la révolution d’ou émergeât seulement Marie Joseph  de NEGRE (III 4) Sieur de Dilhac, 6ème enfant de la famille. Outre ce dernier, celle ci comprenait donc 3 autres garçons :

- Michel jean George de NEGRE, l’aîné, né en 1748 à Belcaire, fut baron du Clat et d’Antugnac ; brigadier mousquetaire « gris » garde du corps du Roi, chevalier de Saint Louis. Il obtint, en 1769, le renouvellement du droit de chasser sur tout le pays de Sault et Comté de Foix, lequel fut établi au nom du Roi par Louis Jean Marie de Bourbon Grand Veneur de France.
Il  intentât un procès contre les magistrats et marguilliers de Belcaire. Se prévalant d’un édit royal de 1643 il exigeait  d’une part que les marguilliers (laïcs chargés de l’administration et de l’entretien de l’église et qui formaient avec des représentants du clergé le conseil de fabrique) apportassent à lui et à sa famille un « pain bénit de distinction immédiatement après le clergé, le seigneur du lieu et sa dame et d’autre part de disposer d’un rang honorifique aux prédications, processions et autres cérémonies de l’Eglise. L’affaire fut portée devant la prévotée de l’hôtel du Roi (au niveau national) qui condamna François Foulquier juge de la justice seigneuriale de Belcaire qui avait refusé dans un premier temps de lui accorder ces faveurs, Gabriel Serda procureur fiscal à cette même justice , Marc Caussou et François Lacube marguilliers à payer solidairement 100 livres à Michel de NEGRE pour l’avoir troublé dans ce droits. Ce procès nuisit localement à l’image de Michel de NEGRE « Messire le mousquetaire eut mieux fait de mériter les honneurs qu’il voulait plutôt que les revendiquer avec tant d’arrogance » ! Il n’est pas étonnant qu’il fut ensuite pris à partie lors de la révolution et qu‘il dut quitter Belcaire.
Il émigre en Espagne après être passé par le Bretagne avec son cousin, de Mauléon (de Nébias) et prend le commandement d’un groupe d’émigrés appuyant l’armée espagnole. Il fut tué au combat en 1793, lors de la guerre contre les armées révolutionnaires françaises dans la région de Collioure. Ses biens, dont le château de Belcaire, furent alors saisis.
 - Louis Pierre Martial de NEGRE (o 1751) également mousquetaire du Roi qui tenta bien de récupérer les biens de la famille saisis pendant la révolution, mais moyennant le paiement de 42000 livres il ne put s’octroyer que ceux provenant de sa mère. Ceux de la famille de NEGRE, dont le château, restèrent propriété de  l’état et furent vendus par la suite.
  - Antoine Suzanne de NEGRE (o 1752), il signe sieur de La Serre au baptême de sa sœur Anne victoire en 1768, dont il est le  parrain (on note par ailleurs un décès  à Belcaire d’un sieur de La Serre porté avec le prénom de Jean joseph  en 1787 à 35 ans ; est ce bien le même ?), militaire, fut garde du corps du Comte de Provence, futur Louis XVIII .
et 7 filles   - Marguerite de NEGRE (o 1749) ;
  - Elisabeth de NEGRE (o 1753) mariée le 30 vendémiaire an 10 (1801) à Jean Lassalle marchand drapier de Chalabre ;
 - Jeanne victoire de NEGRE (o 1756) ;
  - Marie Josèphe de NEGRE (o 1763) dite Mademoiselle d’Antugnac et mariée le 27 brumaire an IV (1795) à Hyacinthe Triers, originaire de Chalabre mais installé à Belcaire ;
  - Marie Thérèse de NEGRE (o 1764 -T 1835) mariée en 1790 avec  Gabriel Boudin, receveur des domaines; à cette occasion fut légalisée la naissance quelques mois avant, de leur fils  Jean Gabriel baptisé à Mirepoix; ceci avait provoqué le courroux de son père Jean Jérôme qui refusa ce mariage mais qui dut s’incliner par saisine du notaire Pugens. Elle fut certainement la dernière de NEGRE du Clat à porter ce nom à Belcaire.
  - Anne Victoire de NEGRE (o 1768) dite Mademoiselle de La Serre, mariée  le 9 ventôse an V (1797) à  Benjamin (Molinier de) Montplanqua lequel devint receveur des contributions indirectes et fut nommé successivement au Puy, à Gaillac, à Saint Hippolyte du Fort et termina sa carrière à Issoudun (Indre). C’était le 15eme et dernier enfant de Jean jacques Molinier de Montplanqua, capitaine d’artillerie et  Marguerite Bosc de Saissac
 - autre Marguerite de NEGRE (o 1771)

III 4  Marie Joseph de NEGRE, sieur de Dilhac, né à Belcaire en 1755, fut le seul fils de Jean Jérôme à assurer une postérité connue. Il épouse  en 1786 à Villetritouls, Marguerite de Gayraud fille du seigneur de ce lieu, qui descendait de la famille de Gayraud anciens seigneurs du Clat. Elle lui apporte titre et biens. Mais elle décède quelques mois après le mariage. Marie Joseph se remarie alors vers 1790 avec Rose Henriette d’Hélie de la paroisse de Saint André annexe de Pieusse. Il reste à Villetritouls ou il occupe le château au titre de seigneur du lieu. Il devient maire de Villetritouls mais doit démissionner à la révolution. Il s’appelle désormais Nègre, subit diverses menaces et restrictions mais reprend ensuite sa fonction de maire qu’il exercera jusqu’a sa mort en 1826 à Villetritouls ; il ne retournera plus à Belcaire. D’ailleurs le château de Belcaire préalablement saisi fut en effet vendu par l’Etat en 1813 (et acheté par Jean baptiste Pugens) et tous les autres biens  de l’ancienne famille de Negre suivirent. Trois siècles d’histoire de cette famille de Belcaire se terminaient ainsi.
Marie Joseph de NEGRE reprit dès l’avènement de l’empire le nom de « de NEGRE » puis à la restauration celui de « de NEGRE du Clat ».Il assurât une descendance qui conservera ce nom, complété par le titre de baron. Cette descendance constitue une nouvelle branche de la famille, à partir de Villetritouls, les barons de NEGRE du CLAT, laquelle va se répartir dans plusieurs endroits de France. Cette branche est la seule héritière de la seigneurie royale de Nègre du pays de Sault.

IV – LES BARONS DU CLAT

La baronnie du Clat, constitue donc la dernière branche contemporaine issue de la seigneurie de NEGRE. Elle a pour origine Marie Joseph de NEGRE qui le reprit le titre de Baron du Clat ; sa descendance gardât donc ce titre ; de son mariage avec Rose Henriette d’Helie, naquirent à Villetritouls, 6 enfants.
  - Jean Jérôme de IV NEGRE l’aîné, né en 1793 ; il avait été militaire  dés 1813 dans le 3eme régiment des gardes d’Honneur de l’Empereur; mais il retourne à Villetritouls après le traité de Paris en 1814 qui signe la défaite de Napoléon et son transfert à l’île d’Elbe. Il succédât à son père, à sa mort, en qualité de maire de Villetritouls pendant quelques années. Il épouse Marie Resseiguier originaire de ce village, mais qui habitait à Tournissan ; ils eurent un fils Marie Dieudonné né en 1828. Il et étonnant de constater que leur promesse de mariage fut enregistrée en décembre 1831. A partir de cette date, il n’existe pas d’éléments permettant de connaître son devenir. Ce qui est sur, c’est que le titre de Baron du Clat fut porté par son frère cadet Pierre Louis Martial de NEGRE (IV 1).
Les autres enfants étaient :
  - Rose Sophie  (o  2 prairial an 2 -1794- T ?) mariée en 1845 à François Viguier de Fanjeaux, maréchal des logis alors en retraite ;
  - Louise Elisabeth (o  4 floréal an 7-1799- et décédée au château de Donos commune de Thézan Corbières en 1876) qui s’était mariée en  1830 avec Paulin de Martrin Donos ;
  -  Louis George Michel (o 21 brumaire an X 1801) était militaire ; on le retrouve dés 1820 dans le 14 ème chasseur (cavalerie). Il fit la campagne d’Espagne en 1823 puis devient garde du corps du roi, compagnie de Noailles basée à Versailles dés 1826 (ou il y rejoint son frère Pierre louis Martial). Il quittera l’armée et épousera en 1839 à Laure Minervois Anne Claire Tallavignes  demeurant à la Métairie Basse dans cette commune;  (le mariage fut reporté une première fois en raison de l’opposition du père de la mariée Barthélemy Genest Tallavignes ; il a fallu recourir au tribunal pour obtenir le droit au mariage); le couple s’installera ensuite au château de Rivière, commune de Caunes Minervois  appartenant à la famille Tallavignes, (alors que le château et les propriétés de Villetritouls n’appartenaient plus à la famille de Nègre car vendus dés 1838). Le château de Rivière sera ensuite la propriété de Germain Sicard (Sicard de Rivière), paléontologue réputé, fondateur de la société scientifique de l’Aude et marié à Marguerite Paule Tallavignes (née à Montréal –Aude).
        - Jean François (o 7 germinal an XIII 1805) postérité inconnue.

IV 1  Pierre louis martial de NEGRE baron du Clat, né en 1796 devient militaire -régiment des chasseurs d’Angoulême à Toulouse qui prit le nom de chasseurs des Pyrénées. Après avoir accompagné le duc d’Angoulême (futur Charles X),  il entre dans les gardes du corps du Roi compagnie de Noailles; il s’installe dans l’Indre à d’Issoudun, où il épouse  le 20 juin 1830, Françoise Virginie Chevalier  fille de Guillaume Chevalier avocat. Il sera décoré de la légion d’honneur en 1838. Il meurt à Issoudun en 1874. Deux enfants :
  - Une fille Marie Henriette (o 1831 à Issoudun) mariée en 1854 à Issoudun à Charles Baucheron de Boissoudy  résidant à Sully sur Loire et un fils :

IV 2  Clément Marc Philippe Camille de NEGRE Baron du Clat, né à Issoudun en 1834, devient comme son père militaire. Capitaine des dragons, il fut ensuite aide de camp du général Euzenon de Kersalaun (1862) puis du général Rose (1870) ; il fut fait prisonnier lors de la guerre de 1870 contre l’Allemagne. Libéré, il devient alors aide de camp du général Bourbaki lorsque celui ci fut nommé comme gouverneur militaire de Lyon en 1871. Nommé chef d’escadron de la cavalerie à l’état major du 12ème corps d’armée, il est chevalier de la légion d’honneur (1871) et décoré d’autres ordres honorifiques ou caritatifs étrangers : saints Maurice et Lazare d’Italie, François Joseph d’Autriche, de N.D. de Villa-Vicosa du Portugal, de Sainte Anne de Russie et de Saint Olaf de Norvège. Il décède le 20 décembre 1880 à  Limoges à l’âge de 47 ans. Il était marié à Issoudun le 26 juin 1872 à Marguerite Marie Bourin, fille de Charles Bourin, Conservateur des hypothèques, qui possédait le château de Villejovet à Ardentes (36). Celui ci fut habité par Marguerite Zoé Grillon Desormeaux sœur de Charles Bourin, puis revint à  Marguerite Marie  Bourin devenue  par son mariage, Camille de NEGRE baronne du Clat.

IV 3 Charles Henri Martial de NEGRE Baron du Clat, fils du précédent, né en 1874 à Lyon,  (décédé à Ardentes château de Villejovet en 1962), est également militaire (régiment des Chasseurs). Il épouse en 1902 à Orléans Henriette Dugaigneau de Champsvallins, fille d’avocat d’où 5 enfants, tous nés au château de Villejovet à Ardentes (36) :1 fils l’aîné, Robert de NEGRE et 4 filles :
      - Monique (o 1907 – T 2007 Châteauroux) épouse en 1941 Henri de Saporta (veuf de Jeanne de Toisy)) ;
      - Louise (o 1908 – T 1938 Paris) ;
       - Solange (1910) religieuse ;
       - Jeanne (1912).
Veuf en 1918, Charles Henri Martial de NEGRE se remarie en 1920 à Paris avec Marie La Conte (Veuve Lelorrain).

IV 4 Robert de NEGRE Baron du Clat,  épouse en première noce N Perronet (d’Ars) puis en deuxième noce  Françoise Claire Sunhary de Verville (originaire de Marseille ; laquelle se remarie en 1946 à Jacques de Fabry-Fabrègues).

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Alexandre Escolier 01/09/2017 16:44

Monsieur,
J'ai lu avec plaisir votre article consacré à la famille Levis-Ventaillole, étant moins même un descendant de cette famille. Je me suis rendu l'année dernière à Ventaillole et j'ai eu la surprise de découvrir l'existence d'un chateau fort relativement bien conservé. Le père de l'actuel propriétaire a acheté la propriété au duc de Levis à la fin des années 60 ou début des années 70. Le chateau fort est constitué d'une grosse tour carrée avec des tours aux angles. Une des 4 tours est bien conservée, elle est partiellement couverte par le batiment agricole sur la droite de la tour principale. La propriété de Ventaillole est absolument magnifique. Le propriétaire actuel, qui est proche de la retraite, m'a dit que des descendants des Levis Ventaillole sont venus le voir il y a quelques années, ils étaient de Bordeaux si je me souviens correctement ce qu'il m'a dit.
Sincères salutations.
AE

simon toustou 16/12/2016 00:47

Merci Jean-Pierre d'avoir publie ces deux etudes vraiment impressionnantes et merci aussi a Marie-Helene Pugens qui m'a fait revivre le passe avec Alfred Pugens que j'ai connu et Pierre ,Henriette,et les Pelofy ,Lili,Popo,Henri, que de souvenirs,merci de m'avoir fait revivre ce passe,Simon

autissier 15/12/2016 16:48

merci - toujours aussi magnifique et intéressant-