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HISTOIRE

Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 14:00



Ces photos sont magnifiques, j'ai préféré créer un article spécial et elles méritent d'être rassemblées ici, elles ont été prises en survolant le lieu historique de Montségur et vous premettront d'apprècier le labeur qui a été accompli à l'époque pour élever une forteresse dans cet endroit vertigineux, elles se passent de commentaires, je vous laisse apprécier la beauté des paysages ...























Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /Fév /2009 12:00

 ... suite, de l'histoire de Montségur, 5 ème partie.

Pour conclure et parceque Montségur le vaut bien, je ne pouvais pas terminer les articles que je lui ai consacrés, sans vous présenter le patrimoine photographique qui lui a été dédié depuis les années 1900 avec quelques cartes postales anciennes intéressantes, et il y aura une 6 ème partie "Montségur vu du ciel".

Les habitants de Montségur s'appellent, des Montséguriens et Montséguriennes, il y avait 880 habitants en 1851, 743 hab. en 1889, 592 hab. en 1900 et 560 hab. en 1911, il n'y en a plus que 124 hab. aujourd'hui, mais des milliers de visiteurs viennent chaque année, visiter ce site historique superbe. Le village de Montségur est à une altitude de 860 m, alors que le pog qui le domine est à 1207 m, il est situé juste au-dessus de la vallée du Lasset affluent de l'Hers.

Cette photo du pog de Montségur date de 1900


On a l'impression, par rapport à aujourd'hui, que le pog venait de naître, il est dénudé comme un oeuf, la végétation est totalement absente, c'est impressionnant ! C'est une remarque que j'avais déjà faite dans les articles précédents, car c'est valable pour l'ensemble du pays de Sault et sa région du fait de l'exploitation intensive du bois, à ce jour la végétation a repris ses droits !

Voici la même un peu plus contrastée

Celle-ci date de 1905, les routes de l'époque ne sont pas celles d'aujourd'hui

Cette carte postale date de 1903, toujours ce coté aride du pog et remarquez que toutes les parcelles étaient cultivées malgré la pente qui ne facilitait pas la tâche des laboureurs. Le village avait déjà cette configuration typique qu'il a actuellement, les maisons étaient alignées en suivant les courbes de niveaux.

Le pic Saint-Barthélémy altitude 2348 m au fond, vu de Montségur, carte datant de 1900

Le pog de Montségur comme on a pas l'habitude de le voir, dans les années 1950

Cette carte postale aussi date des années 1950, le pog ici y est impressionnant et majestueux

Celle-ci date de 1955, la végétation est toujours aussi rare sur le pog

Carte postale colorisée datant d'après guerre 1945

Jolie carte du château datant de 1960 montrant la face Sud / Ouest

Celle-ci date aussi de 1960

Le pog vu du village en 1965

La prise de vue du village de Montségur en 1965, vous pouvez comparer avec celle qui a été prise en 1955 présentée ci-dessus

Et voici pour terminer, une petite dernière datant des années 1980, le village de Montségur en automne

J'espère que l'histoire du château de Montségur en Ariège vous a intéressée, car il y a beaucoup d'autres forteresses réputées dans le Languedoc Roussillon et dans l'Aude en particulier, que je m'appliquerai à vous faire découvrir sur ce site, et pour ne pas perdre le fil historique je vous conseille d'entrer votre adresse Email à l'endroit prévu dans le menu Newsletter afin de recevoir de façon automatique un avis quand de nouveaux articles seront publiés.

Par Jean-Pierre LAGACHE
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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 09:00




... suite, de l'histoire de Montségur, 4 ème partie.


L'arrière du château face Nord, on peut faire le tour de la forteresse, en étant prudent

 

La face Nord du château, on distingue parfaitement le fruit de la muraille à sa base et la seule porte donnant de ce coté, photo prise de l'angle Nord / ouest

 

La porte d'accès principale face sud /ouest, la forteresse ne comporte que deux portes identiques, de largeur très réduite comme vous pouvez le constater. On aperçoit parfaitement l'emplacement des corbeaux qui servaient à maintenir la partie hourdée en bois, située au sommet de la muraille, qui servait de chemin de ronde, vous verrez plus loin en quoi cela consistait

Vue un peu plus élargie de la muraille Sud / Ouest, avec l'alignement des trous pour les corbeaux et l'escalier menant au chemin de ronde qui malheureusement n'existe plus et n'a pas été reconstitué, même en partie, mais au musée du village, il y a une maquette pour bien comprendre comment était agencé la forteresse

 

Panorama réalisé avec plusieurs photos du mur sud / ouest et à droite la tour maîtresse coté nord / ouest

Épilogue

DESCRIPTION DU CHÂTEAU PROPREMENT DIT :

La citadelle forme un ouvrage très fruste, constitué d'une enceinte pentagonale aplatie, prolongée vers le Nord/Ouest par une tour maîtresse rectangulaire. Au Sud/Est, l'enceinte a été épaissie en mur-bouclier de 4,20 mètres d'épaisseur pour résister aux jets de pierres.


Voici le plan d'ensemble de la forteresse et des vestiges du moyen âge

 

Plan détaillé de la forteresse


J'ai trouvé intéressant de vous montrer cette photo aérienne du château juste après le plan détaillé ci-dessus pour coller à la réalité

 

Le chemin d'accès sur la face sud du pog aboutit devant une porte protégée par des "hourds" galerie de bois en porte à faux située en haut de la muraille pour protéger la base. Celle-ci reposait sur des "corbeaux" pierre en saillie servant à soutenir la console, encore visible aujourd'hui. L'ensemble des murailles étaient "hourdées".


Voici le principe des hourds que l'on trouvait souvent sur les châteaux forts du moyen âge, vous comprenez maintenant à quoi servaient les "corbeaux" dont je vous ai parlé dans les précédents articles

 

Tout aussi intéressant et pour mieux comprendre voici une reconstitution de hourds sur un autre lieu, génial, non !

 

L'entrée était surélevé par rapport à la base, le porche ne pouvait être franchi que par des paliers en menuiserie partiellement amovible. Dans l'épaisseur du mur de la porte on aperçoit le logement des madriers qui assuraient la fermeture des vantaux. La forteresse mesure environ 70 mètres de long sur 20 mètres de large et se compose d'un donjon auquel est accolé un corps de logis.

 

Voici la face Sud / Est, une partie de la muraille s'encastre dans la roche restée en place, je vous rappelle que la base mesure 4,20 m


Toujours la face Sud / Est sous un autre angle qui permet de voir le second escalier de pierre qui permettait d'accéder au chemin de ronde hourdé

 

Sur les 700 m² cerné par les murailles, 100 m² dallé était à ciel ouvert, le reste était occupé par des bâtiments de bois qui s'appuyaient aux courtines sur deux niveaux, disposés le long de la paroi, salles d'armes, réserves, ateliers, etc … Trois escaliers montaient au chemin de ronde. On a du mal a imaginer que 300 à 400 personnes vivaient là et ont tenu le siège pendant 10 mois, cela devait être terrible.


Coté Nord / ouest au fond la tour maîtresse et sur cette photo on aperçoit, à droite et à gauche les deux accès à la forteresse, et les alignements des corbeaux de part et d'autre


Le noir et blanc donne un certain charme ce qui rend l'endroit encore plus mystérieux

Gros plan sur la tour maîtresse face Nord / Ouest, la roche fait partie intégrante des murs

Voici l'intérieur de la tour maîtresse dont la partie basse était voûtée

 

Détail d'une des meurtrières ou archères de la tour maîtresse, permettant l'observation et l'envoi de projectiles tels que les flêches d'arbalète

 

La tour maîtresse rectangulaire (20 m x 9 m) était couverte d'une terrasse hourdée à laquelle on accédait par l'escalier hélicoïdal. Celle-ci possédait un rez-de-chaussée voûté en berceau brisé, pourvu d'archères à ébrasement simple et fentes à bêche de la seconde moitié du XIII ème siècle, elle était composée d'une citerne d'eau de 50 m³ environ. Au-dessus existaient deux niveaux reliés par un escalier à vis d'angle, affectés à la résidence seigneurial, le premier niveau était éclairé par quatre grandes fenêtres à bancs de veille, et pourvu d'une grande cheminée adossée au mur sud et d'un puit.


Une vue d'ensemble de la cour intérieur du château, avec de la hauteur

Mon ami Jean-Marc et son chien Mélia dans l'enceinte de la citadelle


Une dernière prise de vue du château de Montségur, avant la visite du musée situé dans le village

 

Avant de quitter les lieux, un dernier regard sur ce château cathare, dans un magnifique décor qui ne vous laissera pas insensible, surtout si le beau temps vous accompagne, afin que vous puissiez profiter des panoramas splendides, d'ailleurs pensez à prendre des jumelles.


... à suivre ...


 

Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 09:00

... suite, de l'histoire de Montségur, 3 ème partie.
Après avoir gravi les derniers mètres, à découvert, du sentier rocailleux, vous arrivez enfin au pied de la muraille du château face Sud / Est, un escalier et perron en bois permettent d'accéder à la porte d'entrée qui se trouve surélevée par rapport à la base de la muraille impressionnante

L'entrée du château, le perron offre un balcon sur l'horizon magnifique
Remarquez le "fruit" du mur

Vue sur le parking au pied du pog direction Sud / Ouest et la montagne du Planas 1638 m

 

Joelle sur le balcon à l'entrée de la forteresse

 

De ce perchoir, vous apercevrez en bas le village de Montségur dans la vallée du Lasset

 

 Autre photo, prise lors de la montée, vue sur la vallée du Lasset avec le parking au pied du pog direction S/O

 

Je reprends le fil de l'histoire, j'espère que vous suivez : Quelques mois plus tard, le chevalier Gui de Lévis, prend possession de la place et y installe une garnison. Il rend hommage au roi de France en juillet 1245. Montségur très proche de la frontière Aragonaise est amené à jouer un rôle stratégique de tout premier ordre dans la surveillance du royaume.
Le castrum (château) de l'époque est détruit et on met en place les fondations de la forteresse royale que l'on peut voir actuellement au sommet du pog.

Le dernier parfait connu est Guilhem Bélibaste, mort sur le bûcher en 1321 à Villerouge-Termenès.
Avec la chute de Montségur, il ne subsiste pratiquement plus rien de l'hérésie qui avait pendant quelques décennies menacé l'unité de la Chrétienté occidentale. Un demi-siècle plus tard, les inquisiteurs auront raison de ses derniers fidèles dans quelques villages reculés des Pyrénées comme Montaillou, devenu célèbre avec le livre que lui a consacré en 1975 l'historien Emmanuel Leroy-Ladurie (voir mon article sur Montaillou page 8).
La France de langue d'oc se rallie sans réticence à la monarchie capétienne.

Jusqu'au XVI ème siècle le lieu remplira le rôle de poste de surveillance avancé du royaume sous la bonne garde des Lévis. Aucun fait d'armes n'émaille cette période.


Photo prise de l'arrière de la forteresse, direction Nord, on aperçoit la ville de Lavelanet au centre et Villeneuve d'Olmes à gauche, devant vous c'est la crête de Madoual 987m, n'oubliez pas que nous sommes à 1207 m d'altitude au pied du château

 

En 1659, le traité des Pyrénées lui enlève toute utilité, Montségur est alors abandonné.

Au 16° siècle ce village devenu Montségur se développe pour prendre au 19° siècle l'aspect du village actuel, une partie des maisons étant construites avec les pierres du château. Tissage et agriculture seront les principales activités des habitants. Mais dès la fin du 19° siècle la population ne va cesser de décroître: alors qu'on comptait 743 habitants en 1889 on en comptait plus que 592 en 1900.
Il sera classé monument historique en 1865, le château actuel de Montségur a subi dès la fin du XIX ème siècle les assauts des chasseurs de trésors attisés par l'œuvre romanesque et fantasque de madame Napoléon Peyrat datant de 1865. Mais grâce à son roman on lui doit la redécouverte de Montségur.

Une campagne de restauration fut entreprise en 1947 par les monuments historiques et des fouilles du secteur commencèrent en 1968.

 

Autre panorama direction Sud / Est, la flèche rouge vous indique le point de vue "le pas de l'Ours" et les gorges de la Frau où passe le sentier dit "cathare" très renommé au-près des randonneurs, la montagne de la Frau à droite culmine à 1925 m

 

Il faut quand même que je fasse une petite place au chien Mélia qui a été très sage et qui nous a accompagné partout pendant ces vacances et retrouvailles 2008 et qui a bien mérité son eau fraîche

 

Vue direction Nord / Ouest vers Montgaillard et Foix, à gauche vous avez la montagne Planas 1638 m

 

Vue direction Nord / Est, le temps se gâte, c'est la faute à pas de chance !

 

Mais Montségur c'est aussi un musée historique et archéologique (33.900 visiteurs en 2002) qui mérite le détour et que l'on s'y attarde un peu, il est situé au centre du village, il y a un parking à l'entrée du village, il est préférable d'y aller à pied pour profiter du calme des ruelles. Vous y découvrirez, au travers des milliers d'objets exposés, comment vivaient les habitants du château et du castrum au Moyen Age. Dans ce musée vous pourrez observer les objets témoignant des activités de défense de la forteresse, comme des fers de flêches, de lances, des boulets utilisés par les armes de jet. Vous verrez aussi, les objets témoins de la vie courante des cathares sur le site au XIII ème siècle, outils divers, pièces de monnaies, céramiques, ornements vestimentaires, dés à jouer, clés de serrures, lampes à huile, etc ...

Mais les pièces les plus remarquables, sont deux squelettes, celui d'un homme et d'une femme retrouvés enterrés prés du château, tués par des flêches, car ils en portent les traces, probablement lors du siège de Montségur.

Des maquettes, des vidéos et panneaux thématiques complètent l'exposition, retraçant les différents épisodes de la guerre contre les albigeois et vous explique la fin tragique de Montségur et celle du catharisme. Vraiment c'est très intéressant.


Et le fameux trésor de Montségur me direz-vous ! C'est vrai que celui-ci fait l'objet de tant de récits, et l'imagination n'a pas de limite ...
Il y a en effet une mention dans les Registres d'Inquisition de l'existence d'un riche trésor de l'église cathare. Il s'agit vraisemblablement des fonds nécessaires au fonctionnement public de l'organisation cathare. Trois dépositions mentionnent de l'or, de l'argent et des pièces.
Le trésor a été mis en sécurité par des cathares en deux temps, le premier est la fuite à cheval du parfait Mathieu et du diacre Bonnet aux environs de noël 1243 emportant une petite quantité du trésor. On pense que cette première partie est arrivée en Italie à Crémone où se trouvait une communauté cathare importante. Cette supposition est renforcée par des échanges de correspondances entre les deux communautés.
Et en second, quatre parfaits se sont échappés la veille du bûcher, cachés dans les failles du pog. Leur itinéraire passe par les grottes fortifiées de la vallée de l'Ariège, Montaillou, Usson, puis en Catalogne, pour finir en Lombardie. Deux des parfaits échappés de Montségur seront arrêtés en 1280 par l'Inquisition.

 

 

DÉFINITION :

Le mot "cathare" vient du grec "katharos", qui veut dire "pur". Les adeptes du catharisme se nommaient d’ailleurs eux-mêmes "Bons Hommes" ou "Bons Chrétiens", tandis que les inquisiteurs les nommaient "Parfaits", désignant ainsi ceux qu’ils considéraient comme de "parfaits hérétiques".
Les faydits ou faidits sont les chevaliers et les seigneurs languedociens qui se sont retrouvés dépossédés de leurs fiefs et de leurs terres lors de la croisade des Albigeois.


Panorama que j'ai réalisé direction Nord / Est, montage de plusieurs photos prisent de l'arrière du château, vous voyez que l'on domine la région à 360°, ce lieu d'observation n'a pas été choisi au hasard


Panorama réalisé avec la prise de plusieurs photos en direction du Nord /Ouest, coté tour maîtresse du château, vue vers Montgaillard et Foix à l'extrème droite

 

Zoom en direction du Nord/Est, Lavelanet à l'extrème gauche, ici on voit le prolongement de la crête de Madoual 987 m devant vous. Il va être temps de redescendre, heureusement ce jour là, la température en ce mois d'août est agréable

 

Photo inhabituelle, peu courante, montrant le village de Montségur au pied de son pog et la forteresse tout en haut, celle-ci est intéressante car elle montre bien la configuration du site

Vous allez me dire que la description de la forteresse se fait attendre, c'est normal, il a fallu reprendre son souffle et profiter des paysages ...

... à suivre …

 

Par Jean-Pierre LAGACHE
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /Fév /2009 09:00

 


 

... suite, de l'histoire de Montségur, 2 ème partie.

Allez ! vous grimpez avec moi au sommet, pour visiter la forteresse ...


Panorama que vous aperceverez sur la droite du chemin qui vous mènera au sommet du pog, au fond, la montagne de la Frau 1925 m


Avant de pénétrer dans la partie ombragée du parcours, vous pourrez  vous recueillir sur la stèle commémorative du bûcher, inaugurée en 1960 par la société du Souvenir et des Études Cathares fondée par Déodat Roché (voir l'article que je lui est consacré "déodat roché historien du catharisme" page 14)


La stèle du prat del Crémats (le près des brûlés)

La stèle vue de face


La stèle vue de dos


Gros plan sur la croix cathare


La montée au sommet du pog, s'effectue en 35 minutes environ, bien sûr évitez les talons aiguilles ! Voici le sentier en partie ombragé qui vous ménera au pied de la forteresse.


Par temps de pluie la grimpée doit être laborieuse et n'est peut être pas recommandée

Profitez au fur et à mesure de votre ascension, pour faire des poses et admirer le paysage qui commence à s'ouvrir à vous !

La signature du traité de Meaux-Paris en 1229 entre le roi de France Saint Louis et le comte de Toulouse annonce le temps des persécutions et des poursuites. Le temps de l'Inquisition commence en 1233. Les cathares revendiquent une religion plus proche de la chrétienté primitive respectant l’idéal de vie et de pauvreté du Christ. Issue du christianisme, la religion cathare est basée sur deux grands principes: un Dieu Bon et un Dieu Mauvais. Tout ce qui est immatériel est l'oeuvre du Bon, tout ce qui est matériel est l'oeuvre du Diable (Voir mon article page 8 "Histoire : Qu'est-ce que la religion cathare ?).


La religion cathare s'étendra sur une grande partie du Languedoc, et au début du 13° siècle l'Eglise catholique, pour ramener dans le droit chemin ceux qu'elle appelle "hérétiques", n'a pas d'autre solution que de recourir à la force: c'est la croisade contre les Albigeois (parfois improprement appelée croisade des Albigeois).

En 1232, l'évêque cathare de Toulouse Guilhabert de Castres demande à Raymond de Péreille d'ériger le village fortifié en siège et capitale de l'Église cathare. Péreille en confie la garde à son gendre Pierre-Roger de Mirepoix qui en assure la défense avec l'aide des chevaliers languedociens chassés par la croisade. Montségur se peuple de 500 à 600 âmes où se côtoient religieux, civils et hommes d'armes.
D'ailleurs, au nord-est du château les vestiges d'habitations encore visibles aujourd'hui représentent les derniers témoins de ce peuplement.

 

Sur cette vue aérienne, versant N/O, on distingue les vestiges d'un ancien village, à gauche de la proue de ce navire, dans la vallée du Lasset à droite, c'est le village actuel de Montségur....

Les campagnes de fouilles conduites sur le pog ont permis de mettre au jour de nombreux objets de la vie quotidienne, exposés en partie dans le musée archéologique du village de Montségur, qu'il faut visiter.

Montségur prend de plus en plus d'importance, une telle situation était intolérable aux yeux de l'Église romaine. Le 14 mars 1241, Louis IX (Saint Louis) convoqua le comte de Toulouse Raymond VII et lui fit signer le serment de détruire Montségur dès qu'il pourrait s'en rendre maître.
Le comte de Toulouse Raymond VII se rendit sur place avec ses troupes mais il repartit aussitôt sans engager de siège, et pour cause, en accord avec les habitants de Montségur il prépare un soulèvement général contre le roi de France ! Mais les projets de Raymond VII échouent lamentablement. Il doit se soumettre et laisse les défenseurs de Montségur, seuls face au roi de France et à l'Église qu'ils ont bravés.

 

 
Les interrogatoires de l'Inquisition, vous ne pouviez pas y résister !
Ils obtenaient des aveux très rapidement, à en juger le matériel utilisé pour torturer ces cathares

Les cathares subirent en nombre important les châtiments de l'Église

Un épisode inattendu va précipiter les choses, en effet, dans la nuit du 27 au 28 mai 1242 où les chevaliers de Montségur apprennent que tous les inquisiteurs de la région ont fait halte dans un village voisin pour y passer la nuit.
Ces chevaliers ont tous des comptes à régler avec l'Inquisition et, à la différence des cathares, ne se dispensent pas de tuer quand l'envie leur en vient. Le 29 mai 1242, une trentaine d'entre eux, sous le commandement d'un seigneur dont la femme et la fille ont été torturées et brûlées par l'Inquisition, afin de venger leurs victimes, ils se ruent en Laurageais sur le village d'Avignonet, près de Castelnaudary. Dans la nuit, ils massacrent les onze inquisiteurs dont leur chef, le tristement célèbre Guillaume Arnaud et son frère Étienne de Saint-Thibéry.

Cet épisode amena un an plus tard le concile de Béziers à décider de la prise de Montségur.


Un tribunal de l'Inquisition

La réaction ne se fit pas attendre, en mai 1243 une armée de 6000 hommes est levée et conduite par le sénéchal de Carcassonne Hugues des Arcis, placée sous la tutelle spirituelle de l'archevêque de Narbonne Pierre Amiel et de l'évêque d'Albi Durand de Beaucaire, tout ce petit monde s'installe au pied du pog, le siège commence.
De mai 1243 aux environs de noël de la même année rien d'important ne se passe. Hugues d'Arcis se rend compte que le castrum est hors de portée des catapultes les plus performantes. Les soldats escaladent le pog et à mi-chemin de la montée, face à la barbacane qui protège l'entrée de la forteresse, sur ce poste avancé appelé roc de la Tour, ils installent un trébuchet. A la mi-février 1244, la barbacane est prise. La forteresse est sous le tir des pierres catapultées.

C'est ici, sur la barbacane que les assaillants prirent position pour installer leur catapulte (trébuchet) versant S/E

Le fameux mur bouclier au Sud / Est, vu de la barbacane

Ce coté Sud / Est, est le seul endroit où les assaillants pouvaient installer leur trébuchet car ils avaient assez de recul pour projeter les boulets de pierre sur la forteresse.
Boulets que l'on retrouve encore aujourd'hui à proximité. Ces boulets ont servi à boucher de nombreuses cavités autour du pog. Voici, ci-dessous, le déblaiement par des spéléos de l'entrée d'un barrenc.

 

Ces murailles sont impressionnantes, remarquez l'emplacement des "corbeaux", presque en haut du mur, je vous expliquerai l'utilité de ceux-ci dans le 4 ème article sur Montségur qui suivra

Comment, pour les 400 personnes retranchées, les conditions de vie, déjà austères en temps normal, furent rendues encore plus dures par l'isolement résultant de ce long siège de 10 mois. La situation des habitants est désespérée.
Le 2 mars 1244 Pierre-Roger de Mirepoix demande un trêve de quinze jours pour négocier une reddition acceptable. Il obtient la vie sauve de tous les laïcs à condition qu'ils acceptent de témoigner devant l'Inquisition. Quant aux hérétiques cathares, leur sort est fixé d'avance, s'ils n'abjurent pas, ils devront mourir sur le bûcher. La veille de la reddition de la forteresse, quatre parfaits (cathares) s'évadent pour évacuer les fonds de la communauté, probablement vers la Lombardie.
Le mercredi 16 mars 1244, après 10 mois de siège, les soldats du roi prennent possession de Montségur et s'emparent des parfaits et parfaites, ils seront plus de 230 cathares (on ne connaît pas vraiment le nombre exact) qui ne veulent pas abjurer leurs croyances hérétiques.
Sans procédure, on construit un enclos dans un champ appelé "Prat des cramats" (Pré des brûlés) autour des hérétiques qu'on remplit de branchages et de bois, on y met le feu. Pour l'Église, il fallait qu'ils périssent dans les flammes.

Peinture sur bois, reconstitution du bûchet de Montségur


Les survivants seront conduits à Bram et remis au tribunal de l'Inquisition.
Il faut savoir que les interrogatoires de l'Inquisition ont été facilités car la doctrine cathare interdit à ses fidèles de mentir.
Ainsi sonna la fin annoncée du catharisme.


vue aérienne du coté de la tour maîtresse N/O, vous verrez dans les prochains articles, que cet emplacement offre des vues imprenables sur toute la région


Panorama du village de Montségur dans la vallée du Lasset, tel que vous le verrez de la forteresse

… à suivre …

Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /Fév /2009 18:00

 



Aujourd'hui, escapade qui vaut le détour au coeur des Pyrénées ariègeoises , voici MONTSÉGUR FORTERESSE ROYALE, HAUT LIEU HISTORIQUE DANS L'HISTOIRE CATHARE.


PROLOGUE
Le mouvement cathare possède une importance dans l’histoire française. En l’espace de deux siècles, il a suffi à déclencher la croisade des albigeois au sein même de la chrétienté et a conduit à l’annexion du Midi au royaume de France. Il a aussi été en partie à l’origine de l’Inquisition française et a laissé derrière lui une influence culturelle et architecturale considérable.


On a déjà beaucoup écrit sur l'histoire de Montségur, une pléthore d'ouvrages et articles divers traitent du sujet. Mais à partir du moment où l'on "touche" de quelque façon que se soit aux cathares, au pays de Sault et en règle général au Languedoc, vous ne pouvez pas échapper à l'histoire du château de Montségur ! 34 ans après notre dernière visite du lieu, nous y sommes retournés en août 2008 et l'endroit est toujours aussi magique, relaxant malgré l'effort a consentir pour approcher de près ce majestueux édifice médiéval dont on ne sait pas grand chose du fait qu'il n'y a pas énormément d'archives le concernant.
Ce château a la singularité de porter une cicatrice d'un fait marquant l'histoire des cathares du Languedoc avec un grand H, c'est ce que je me propose de vous faire découvrir.

       Voici la citadelle telle qu'elle se présente à vous au début du chemin qui mène jusqu'à elle !

HISTOIRE

On connaît avec certitude, grâce surtout aux documents historiques des archives de l'inquisition, une période détaillée des événements tragiques qui se sont produits ici au XII ème siècle. En ce qui concerne l'antériorité historique par rapport à cette période, il n'y a que les résultats des fouilles archéologiques qui se sont succédées sur le site depuis les années 1960. Entres parenthèses pour ceux que cela intéressent, un Centre d'Archéologie Médiévale du Languedoc existe, c'est une association qui s'est créée en 1976 pour promouvoir l'archéologie médiévale dans le Midi de la France dont le siège est à Carcassonne, 5 rue de l'Olivier.
Certains racontent que les allemands auraient effectué des fouilles pendant l'occupation de 1940-45 au château de Montségur, je pense que c'est pour rendre crédible l'histoire du Graal qui serait enfoui dans la région. Aucun document ne prouve que ces fouilles ont eu lieu. L'imaginaire ne connaît pas de limites.
Restons dans le domaine historique sans tomber dans les déviances de l'ésotérisme.


Montségur, se situe en Pays d'Olmes dans les Pyrénées cathares à la frontière de l'Aude et du Pays de Sault. Sachez que les gorges de la Frau (que l'on peut admirer du Pas de l'ours prés de Comus pour ceux qui connaissent), où passe le sentier cathare menant à Montségur, est en Pays d'Olmes.
Rien de tel qu'un extrait de plan pour vous situer ce lieu historique où se rendent plus de 100.000 visiteurs annuellement.

 



De Belcaire, compter 30 minutes environs pour vous rendre à Montségur

 

Juste un mot, mémorisez bien cette photo et la végétation autour du pog, vous comprendrez pourquoi dans un des prochains articles !

Fallait le faire, construire une forteresse là-haut, imaginez le labeur avec les moyens de l'époque !


Montségur aux temps les plus reculés, d'après les fouilles archéologiques, il semble que le site était occupé dés le Néolithique, et que par la suite il y a eu des occupations romaines sur le pog, on a retrouvé des traces.
Le pog a une altitude de 1207 mètres. Ce plateau a environ 700 mètres dans sa plus grande longueur et une largeur varie de 60 à 150 mètres représentant une surface d'environ 5 hectares. Des falaises de 80 à 150 m de haut lui procurent de redoutables défenses naturelles sur presque tout son périmètre; cependant, quatre voies permettent d'y accéder : les voies du Roc de la Tour, du Pas del Roc, du Pas du Trébuchet, et enfin la plus facile et la plus fréquentée, celle du versant sud-ouest.

Apparemment, d'après ce que j'ai pu lire lors de mes recherches, il est très difficile de reconstituer l'histoire de Montségur du haut moyen âge c'est-à-dire V ème siècle époque mérovingienne, jusqu'au début du 13ème siècle faute d'élément, aucune trace, aucun document.
Ce n'est qu'au XIII ème siècle que Raymond Péreille, vassal du comte de Foix, remarque qu'en ce lieu il y avait un village fortifié déserté dont l'origine n'est pas connue. La hiérarchie cathare juge qu'il y a nécessité de ménager un refuge sur lequel elle pourra compter. Et Montségur est choisi, position reculée pour se protéger des incursions et proche de la Catalogne. Le site bénéficie de défenses naturelles qui lui valent sa réputation de "Mont sûr" d’où son nom.

La conquête de la forteresse impressionne, n'oubliez de prendre de l'eau pour gravir la paroi, et une fois en haut vous aurez le vertige de part la beauté des paysages !


Les premiers cathares s'y installent vers 1209. Durant la croisade albigeoise les hauts dignitaires cathares viendront s'y réfugier. L'évêque cathare de Toulouse Gaucelin et son successeur Guilhabert de Castres se mettront à l'abri devant l'avancée des troupes de Simon de Montfort.



Simon de Montfort
 

En 1229 Montségur devient le haut lieu de résistance des hérétiques.

… à suivre … 

 


 

Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /Jan /2009 19:00

 


 


Rencontre de Simone Weil et Déodat Roché :
C'est par lui, que la philosophe Simone Weil s'intéressa aux cathares.
Un jour elle eut l'occasion de lire une très belle étude sur l'amour spirituel chez les Cathares édité chez Ballard. Elle avait déjà lu auparavant, grâce à Ballard, une brochure sur le catharisme. Ces deux textes ont fait sur elle une vive impression.
Depuis longtemps déjà elle était vivement attirée vers les cathares, bien que sachant peu de choses à leur sujet. Une des principales raisons de cette attraction est leur opposition concernant l’Ancien Testament, que Déodat Roché exprime si bien dans son article, où il dit justement que l’adoration de la puissance a fait perdre aux Hébreux la notion du bien et du mal. A la suite de ces lectures elle se décida, elle écrivit en 1940 à Déodat Roché pour lui faire part de ces réflexions philosophiques sur le sujet. Cette lettre est devenue célèbre : elle voyait dans le catharisme une forme de pythagorisme ou de platonisme chrétien. Et il s'ensuivit des rencontres par la suite …

 

Qui était Simone Weil ? Découverte d'un personnage singulier :

Simone Weil naquit à Paris le 3 février 1909. Ses parents étaient Juifs et libres-penseurs d'origine Alsacienne, son père était médecin. Elle fut élevée dans un climat de haute culture morale. A 14 ans elle tomba dans le désespoir à cause des dons extraordinaires de son frère André, dont la jeunesse fut comparable à celle de Pascal, et qui est peut-être le plus grand mathématicien de sa génération, l'un des fondateurs des mathématiques modernes. Elle regrettait de ne pas avoir accès à ce royaume transcendant où les hommes authentiquement grands sont seuls à entrer et où habite la vérité. Elle aimait mieux mourir que vivre sans celle-ci.
En fait, Simone Weil avait une intelligence brillante et puissante, sans talent particulier sauf sa facilité pour les langues, mais elle avait du génie. Elle arriva à la certitude que n'importe quel être humain pénètre dans ce royaume de la vérité réservé au génie, si seulement il désire la vérité et fait perpétuellement un effort d'attention pour l'atteindre.


Au centre de son système, elle place le désir. Elle persévéra dans son effort d'attention pendant dix ans, malgré des maux de tête dont elle craignait pour ses facultés naturelles une paralysie définitive. Ces douleurs accompagnaient le tourment que lui causait l'injustice universelle. Toute sa vie, ce fut pour elle une véritable torture de savoir que la faiblesse est presque toujours et partout opprimée par la force. Sous le nom de vérité, elle englobait dans sa recherche la beauté, la vertu et le bien, et même avant d'avoir lu les Evangiles, elle avait la certitude que quand on désire du pain on ne reçoit pas des pierres. Au centre du coeur humain se trouve cette exigence d'un bien absolu qui y habite toujours et ne trouve jamais aucun objet en ce monde. Il y a au fond de l'homme quelque chose qui, malgré toute l'expérience des crimes soufferts, s'attend invinciblement à ce qu'on lui fasse du bien et non du mal. C'est cela qui est sacré en tout être humain. La partie de l'âme qui demande : Pourquoi me fait-on du mal ? est la partie la plus profonde, qui même dans l'être le plus souillé, est demeurée depuis la première enfance parfaitement intacte et parfaitement innocente.

Dès l'âge de 14 ans, elle se convainquit que les seules choses qui arrivent en réponse à notre désir, ce sont les biens spirituels ; et elle croyait aussi que rien d'autre au monde ne mérite qu'on le désire. Elle était à cette époque stoïcienne et agnostique. Elle concevait la vérité comme le contact avec la vie réelle, c'est-à-dire la vie des défavorisés qui tout au long de l'histoire ont porté le fardeau réel de l'existence : esclaves, serfs, soldats, fermiers, maçons, artisans, agriculteurs, ouvriers prolétaires. Elle entra en 1926 en classe préparatoire au lycée Henri IV, où elle eut comme professeur le Philosophe Alain, et réussit deux ans plus tard le concours de l'École Normale Supérieure.

Reçue à l'agrégation de philosophie, elle fut affectée, pour sa première année d'enseignement, au lycée du Puy, puis à Roanne et ailleurs.

Simone Weil pensait que, dans la société moderne, la possession de la culture et du savoir était une source décisive de pouvoir. Voulant aider la classe ouvrière, elle obtint de donner des cours de littérature et d'économie politique à la Bourse du travail de Saint-Étienne en 1931.

En janvier 1932, Simone Weil soutient une manifestation de chômeurs à Saint-Étienne.

En même temps elle prit contact avec des mineurs syndicalistes à Saint-Etienne et participa à leurs luttes. En 1934, elle partagea pendant un an la vie des ouvriers de la grande industrie électrique et automobile. Elle travailla dur, en usine pour étudier dans sa chair la condition ouvrière. Chaque soir elle tient son journal notant tous les détails de cette expérience qui débouchera sur un ouvrage intitulé "La condition ouvrière", un livre remarquable dans son unité, sa diversité, sa précision et sa qualité d'écriture.

Elle s'implique dans la grève générale de 1936, et cette même année, titulaire d'une carte de journaliste, Simone Weil franchit la frontière espagnole pour participer à la guerre d'Espagne avec les brigades internationales.


A Pâques 1938, contrainte d'interrompre son enseignement en raison de ses maux de tête, elle se rend avec sa mère à Solesmes pour entendre la musique grégorienne des offices. Une des premières conséquences de cette expérience fut de lui faire découvrir des valeurs chrétiennes dans des religions et traditions philosophiques différentes et plus anciennes.

Après l'invasion allemande en 1940, ne pouvant plus en tant que juive exercer son métier de professeur (non plus que son père celui de médecin), elle se réfugia en Ardèche chez Gustave Thibon qui lui fit faire les vendanges chez un vigneron voisin. Ces expériences lui ont fait sentir les humiliations qui sont à la base du déracinement de la condition ouvrière. Elle s'est trouvée marquée à jamais des stigmates de l'esclavage.

Et dans sa dernière lettre à Gustave Thibon, de mai 1942, alors qu'elle s'embarquait pour l'Amérique avec ses parents, rejoindre son frère qui enseignait là- bas, elle écrira cette phrase terrible : Je suis prête à mourir pour l'Eglise plutôt qu'à y entrer, car mourir ne comporte aucun mensonge. Jamais le cléricalisme n'a reçu un soufflet aussi cinglant que celui-là, venant d'une telle intelligence et d'une femme qui avait la foi.
On peut penser que Simone Weil était pacifiste, et en effet elle approuvait les mouvements pacifistes d'avant-guerre. Cela ne l'a pas empêchée d'aller deux mois en Espagne participer à la guerre civile. Elle en revint par suite d'un accident, mais elle avait été si horrifiée qu'elle n'y est pas retournée. Elle a abandonné son pacifisme pour participer à la lutte contre Hitler, davantage par le sacrifice de soi que par l'extermination d'autrui.

 


Elle voulait constituer un corps d'infirmières de première ligne, qui par leur héroïsme à sauver des vies auraient rendu une orientation morale à la conscience des combattants. Elle passa quelque temps à New-York, où elle visita assidûment le quartier des noirs à Harlem. Ensuite elle vint en Angleterre pour essayer de participer aux opérations militaires, mais on ne le lui permit pas.  Elle souhaitait être parachutée au-dessus de la France pour aider à consolider les liens entre la résistance intérieure et la France libre. Mais André Philip lui opposa un refus catégorique. A la suite de ce refus, elle considère que sa vie est vide de sens et se sous-alimente volontairement, ce qui aggrave encore son état de santé.

Le 15 avril 1943, une amie la trouva dans sa chambre, couchée à terre et prostrée. Elle fut transportée à l'hôpital du Middlesex, atteinte de tuberculose, elle meurt d'un arrêt cardiaque au sanatorium d'Ashford le 24 août 1943.

Simone Weil, qui avait donné pour toujours son coeur au Saint Sacrement sur l'autel, n'a jamais reçu la Sainte Eucharistie qu'elle désirait ardemment. Elle est restée sur le seuil de l'Eglise comme une pierre d'attente. Son itinéraire est résumé dans cette phrase rapportée par une de ses élèves de philosophie "la morale ne procède pas de Dieu, c'est Dieu qui procède de la morale"...


Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 19:00

 


 

 

  DÉODAT ROCHÉ, ILLUSTRE HISTORIEN DU CATHARISME

 

 vu du haut du donjon du château d'Arques, la D613 menant au village d'Arques au delà de la cime des arbres ...

 

  Zoom sur le village d'Arques vu du haut du donjon du château d'Arques ...

 

Le village d'Arques, est la patrie de Déodat Roché (1877-1978) magistrat, philosophe, anthroposophe, franc-maçon et grand spécialiste historien du Catharisme et, peut-être, quelque peu cathare lui-même.
Personnage hors du commun, né à Arques le 13 décembre 1877, Déodat ROCHÉ s’intéresse très tôt à la spiritualité sous l’influence de son père. Avec celui-ci, il étudie les écrits occultes. Donc très jeune il avait pris conscience de la tragédie de la Croisade Catholique contre les Albigeois.


 


Ordonné diacre en 1903 sous le nom de Théodotos, évêque gnostique de Carcassonne. Il prend ses distances avec l'église gnostique qu'il considère trop figée.
Il fonde la revue : "Le réveil des Albigeois" qui devient un peu plus tard : "La Gnose Moderne".
Lorsqu’il termine sa licence de droit, il entame des études de philosophie qu’il ponctue également d’une licence. Il devient avocat mais il s'intéresse toujours autant à la philosophie à laquelle il reste fidèle en participant à des revues et des associations ayant trait à la spiritualité, comme la Société de culture morale et de recherches psychiques..
Devenu franc-maçon au Grand Orient de France, il y occupera des fonctions supérieures.
Sa carrière de magistrat est interrompue par le gouvernement de Vichy en 1941, il est radié du barreau et une seconde vie commence pour lui, puisqu’il se consacre désormais exclusivement à ses études sur le catharisme.
Il a été maire d'Arques en 1925 mais il a démissionné en 1935. Il a aussi été Conseiller du Canton de Couiza.
Il découvre avec délices l'œuvre de Rudolf Steiner, puis il devient membre d'une société anthroposophique.
En 1948, il fonde la "Société du Souvenir et des Etudes Cathares" avec Lucienne Julien qui sera d'abord secrétaire puis présidente.

 

Lucienne Julien et Déodat Roché

Lucienne Julien à la stèle commémorative du château de Montségur en 1975 ...


Les activités de la Société du souvenir sont répercutées par la publication du premier numéro des "Cahiers d’Etudes Cathares", âgé alors de 72 ans, il reste le principal maître d’œuvre de cet organisme jusqu’à sa mort.
Sa principale collaboratrice a été Simone Hannedouche.
A partir de 1956, ils instaurent des séminaires d'été dans les Hautes Corbières. On y fait de la peinture, du chant, de la méditation, de la musique, et les participants font des "recherches spirituelles".
Déodat Roché a fait installer une stèle de commémoration au pied du pog (le rocher) de Montségur en 1960.

 



La stèle commémorative au pied du pog de Montségur installé par Déodat Roché en 1960 ...

Il décèdera dans sa maison natale à Arques le 12 janvier 1978, il avait 100 ans et 1 mois.

En 1996, sa maison natale située au cœur du village d'Arques a été transformée en musée et abrite une exposition permanente très intéressante sur la religion cathare. Actuellement le billet vous permettant de visiter le château d'Arques vous offre aussi l'accès au musée Déodat Roché.


La maison natale de Déodat Roché transformée en musée, celle-ci est située au centre du village d'Arques ...

Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 19:00

 


 

 

Prologue

Prenez le temps de lire et de contempler les photos tout en vous instruisant.
Dans les écritures qui vont suivre, il y aura trois articles qui sont, en quelque sorte, liés. Puisqu'ils font partie de la même entité : le village d'Arques près de Couiza, je ne vous en dit pas plus, je vous laisse découvrir ceux-ci, au fur et à mesure de leur édition.


Nous sommes allés visiter ce château du moyen âge magnifique aux couleurs ocres situé pas très loin de Couiza et de Rennes-le-Château. Si vous êtes dans le secteur allez-y !

 

Pour vous situer le village d'Arques il est à 51 km de Carcassonne. Plus en détail par rapport à Carcassonne, vous avez plein sud Limoux (D118), 15 km au sud de Limoux vous avez Couiza, là vous prenez vers l'Est la D613, Arques est à 11 km de Couiza, ou encore 24 km au Nord / Est de Quillan.
De Belcaire compter 50 minutes environs pour vous y rendre.


 

 

 

Je vais vous faire découvrir l'histoire de ce château en photos, suivez le guide ...

 

Le blason d'Arques


Voilà le château tel qu'on l'aperçoit de la route qui mène au village d'Arques


Le territoire d'Arques est situé sur les bords du Rialsès et sa vallée avaient, à l'époque carolingienne comme capitale Rennes-le-Château, à la limite du Razès et du Termenès.

 

approchons un peu de l'enceinte ...


Panorama de l'ensemble du site historique ...


Les couleurs de la pierre sont magnifiques, elles varient selon le temps, mais une fois encore nous n'avons pas eu de chance, le temps était mitigé ce jour là ...

 

On approche de l'entrée, remarquez la machine de guerre sur la gauche ...

Reconstitution d'une machine de guerre du moyen âge. Il s'agit d'un mangonneau à roue de carrier qui permettait d'abaisser la flèche chargée de lourdes pierres, vous devinez la suite ...

 

 

Un haut donjon destiné à illustrer à jamais le patrimoine monumental du Languedoc médiéval ...

 

Accès dans l'enceinte du château par cette porte à herse et assommoir sur la face Sud-Est

Le blason, motif héraldique aux armes de la famille Voisins situé au-dessus de la porte d'accès de l'enceinte fortifiée.

 

Plan masse du lieu

Avant de franchir cette entrée, je vais vous relatez l'histoire du Château en quelques mots ...

 


il y a peu de châteaux français et même européens pour présenter un plan d'une si belle simplicité, toute de rigueur féodale et d'efficacité militaire.
Le château d'Arques est un chef-d'œuvre de l'art gothique en architecture militaire. Il faut savoir, qu'il n'y a pas eu de résistance cathare en ces murs.

Voici son histoire : Simon de Montfort s'empara et pilla en 1210 le village fortifié d'Arques. Pierre Voisins compagnon d'armes et lieutenant de Simon de Montfort est récompensé et confirmé baron d'Arques en 1226, et lui donna les terres du Haut Razès en 1231, après la croisade contre les Albigeois en terre cathare.

En complément d'information, sachez que Pierre Voisins était originaire de l'actuel département des Yvelines.

Le château a été construit un peu plus tard, par ses descendants, Gilles de Voisin un des fils, commença la construction en 1280, pour se terminer à ce que nous connaissons aujourd'hui en 1310 par le petit fils Gilles II, mais il ne fut jamais achevé et devint une résidence aristocratique plus qu'une forteresse militaire. Il s'agissait à l'époque de défendre la vallée du Rialsès et de contrôler les voies qui conduisaient aux Corbières et au pays Cathare.
Arques fut délaissé vers 1518 lors de l'extinction de la famille Voisin, la famille De Joyeuse en prend possession lorsque la dernière descendante des Voisins, Françoise épouse le vicomte De Joyeuse. C'est en résistant victorieusement au siège installé par les protestants en 1575 que le château d'Arques entre vraiment dans l'histoire. Le château fut vendu comme bien national à la révolution et subit quelques dommages. Il sera classé monument historique en 1887. Le donjon deviendra propriété communale en 1910.

Ce que l'on peut voir aujourd'hui a donc été construit aux 13ème et 14ème siècle. L'enceinte de se site fortifié est rectangulaire 55 x 51 mètres, on y accède par une porte en arc brisé munie d'un mâchicoulis ornée au sommet d'une clef de voûte aux armes de la famille Voisins, que vous avez pu voir sur les photos précédemment (pour ceux que cela intéressent, ces armoiries sont décrites ainsi "De gueules à trois fusées d'or en fasce, accompagnées en chef d'un lambel à quatre pendant de même").

 

Tour logis dans l'angle Sud-Ouest


Dans l'angle Sud-Ouest, il y a une tour logis carrée qui date du 14ème et 15ème siècle dont on visite actuellement deux niveaux desservis par un escalier à vis situé dans une petite tour attenante qui comporte une archère au nord au-dessus de la porte. Vous découvrez, une salle basse partiellement souterraine est voûtée en berceau et percée de trois petites ouvertures de lumière, et une salle haute voûtée d'ogives avec des culots sculptés avec art représentant 3 hommes et 1 femme cela rappelle le style du château de Puivert, deux fenêtres géminées trilobées éclairent cette salle. Une cheminée orne la construction. De nombreux bâtiments devaient exister le long de l'enceinte à l'époque.


Aprés avoir franchi la porte conduisant dans la vaste cour, vous tombez nez à nez avec la tour maîtresse qui constitue l'élément dominant du site, magnifiquement bien conservé. Celle-ci est le complément de l'aile résidentielle.

Avant de pénétrer dans le donjon examinons celui-ci de l'extérieur ...


La tour-résidence ou donjon est un très bel exemple d'architecture civile des années 1300 ...


Remarquez la disposition des archères à bêche ...

 


Le donjon est flanqué de 4 tourelles sur contreforts perpendiculaires avec mâchicoulis dans les angles ...

Magnifique, admirez l'architecture de ces contreforts ...


On aperçoit un nombre impressionnant d'archères à bêche et le passage à l'appareil à bossages dans la partie supérieure que l'on détaille mieux sur la photo suivante ...

La tour est bâtie en pierres lisses jusqu'aux trois quarts de sa hauteur, la tour est ensuite appareillée en bossages, on le distingue trés bien sur cette photo ...

 

L'arrière du donjon ...


Au centre de l'enceinte, s'élève un donjon élégant quadrangulaire intact du 13ème siècle, 13 mètres par 12,50 mètres et s'élevant à 25 mètres de haut avec 4 niveaux voûtés d'ogives desservis par un escalier à vis dans l'échauguette du sud-est. Bâti en beau grès doré et pourvu de très nombreuses meurtrières. Ce donjon est un des plus beaux de France, il est original à cause de ses tourelles d'angle montées sur des socles évidés et sa partie supérieure est ornée d'un appareil à bossage avec chacune 6 archères à bêches. Chaque base des tourelles sont percées d'ouvertures formant des mâchicoulis, 4 archères à bêches dont 5 sur la face avant et 2 à étrier sur chaque face et un assommoir au-dessus de la porte d'entrée.


Voici en coupe l'élévation du donjon


 

 


La salle basse, avec son plafond voûté en ogive et sa clé de voûte percée dont j'ignore la fonction principale, peut être un usage domestique et de surveillance ...

 


 

Montons au premier étage par un escalier à vis


Salle du 1er étage voûté d'ogives octopartites et cheminée ...

 

 

Au niveau 1 la salle dénote un certain niveau de confort.


Admirez l'assemblage de cette voûte et cette croisée d'ogives magnifique ...

Fenêtre à niches et coussièges, à minces profils et trilobes formant des croisées sans vraiment l'être ...

 

Gros plan sur la cheminée du 1er étage ...

 

Accédons au 2 ème étage ...

 


panorama du 2 ème étage ...

 

le 2 ème et 3 ème étage sont des étages plus nobles servant de grandes salles dotées de très belles fenêtres, celle-ci du niveau 2 reçoit un plancher et un plafond à poutres, équipée d'une grande cheminée....

Ouverture prouvant l'émergence d'un escalier en bois dans ces années 1300 ...

 

Le puit de l'escalier bois qui n'a pas été rénové ...

Nous arrivons au 3 ème niveau ...

 


panorama de la grande salle monumentale du 3 ème étage superbe, aux nombreuses ouvertures ...

 



Je vous laisse admirer cette salle superbe ...

 

gros plan sur la charpente rénovée ...

 

Au niveau 3 c'est l'étage principal de défense, la salle est octogonale, les murs sont troués d'archères à bêches et de baies rectangulaires avec une disposition symétrique. C'était l'endroit où était logé la garnison qui pouvait compter une quarantaine de soldats pouvant défendre en même temps le donjon.


J'ai rassemblé ici des extraits de mes photos, quelques exemples des ouvertures que l'on peut admirer au château d'Arques ...

 

 

 

Fenêtres à niches et coussièges du XIII ème siècle ...

Fenêtre à niche et coussièges sous un éclairage différent, ouverture offrant une superbe vue sur les alentours ...

 

Accès et couloir menant aux pièces situées dans les tourelles ...

 

Magnifique exemple de l'architecture du XIII / XIV ème siècle, fenêtre géminée trilobée rénovée  de la tour du Logis ...

 

Justement, revenons à la tour logis du Sud-Ouest dont je vous ai déjà donné une description au début de l'article ...

 

 

La tour logis vue de l'extérieur de l'enceinte ...

 

A l'intérieur de l'enceinte fortifiée, accès à la tour logis sud-ouest , l'entrée de la salle basse demi enterrée est à droite et l'accès de la salle haute s'effectue par un escalier à vis situé dans la tourelle ...



La tour logis possède une salle haute voûtée d'ogives avec blason de la famille Voisins ...

... et les ogives se terminant par des culots sculptés historiés ...

 

Ce site reste le témoin du savoir faire technique et artistique des bâtisseurs de l'époque médiévale et vous dévoile le goût et la richesse des maîtres des lieux, les seigneurs de Voisins.


La chronologie historique d'Arques :
- Les premières traces écrites datent de 1011, Amiel Arques le seigneur du lieu est cité dans un manuscrit
- Au 12ème siècle un conflit oppose le vicomte de Carcassonne et plusieurs seigneurs dont Arques, Lagrasse. Les terres d'Arques deviennent la propriété des seigneurs de Termes.
- En 1217 Béranger d'Arques figure parmi les proches de Guillaume de Peyrepertuse
- En 1231 après la défaite du château de Termes durant la croisade des Albigeois, Simon de Montfort s'attaque à Arques. Après avoir pillé et brûlé le village, il donne les terres du Haut Razès à son lieutenant Pierre de Voisins. Il s'agissait de contrôler les voies de transhumance des moutons vers les Corbières.
- En 1260 le village s'appelle Arquis.
- En 1265 Pierre de Voisins en visite dans ses sénéchaussées fait régner la terreur. En qualité de Sénéchal de Carcassonne il est investi du pouvoir de haute et basse justice. Il accuse de sorcellerie plusieurs hommes et femmes, et les fait brûler en place publique, puis s'en retourne à Carcassonne où il réside.
- Vers 1266 Louis IX (Saint Louis) doutant de la culpabilité de ces ex-cathares subissant la "chasse aux sorcières", ordonne à Pierre de Voisins de ne plus condamner pour sorcellerie.
- Vers 1280 Gilles 1er succède à son père Pierre de Voisins. Il démarre en 1280 la construction du donjon qui sera sa nouvelle résidence.
- En 1291 le seigneur rédige une charte de coutume pour Arques. La nouvelle bastide d'Arques est mentionnée. Ce document définit les règles entre la communauté villageoise et son seigneur en matière de justice et de vie économique. Les habitants subissent de fortes pressions.
- En 1316 Gilles II de Voisins (dit Gilet) remanie et achève la construction du château.
- En 1320 le village se nomme "Vallem de Arquis".
- En 1518 par le mariage de la dernière héritière Françoise de Voisins avec le vicomte Jean de Joyeuse, l'illustre nom de Voisins s'éteignit après 287 années de règne sur Arques. Le château fut délaissé au profit de celui de Couiza commencé vers 1540 il devint la résidence favorite des de Joyeuses.
- En 1538 le village se nomme Arcas.
- En 1546 les Espagnols font une incursion dans le Languedoc et passent par Arques et incendient le village. Le donjon est épargné.
- En 1575 les protestants assiègent le château qui fut presque entièrement détruit. Seul le donjon résiste aux attaques des soldats commandés par les capitaines Rascles et Rastelrens. La façade de l'ancien prieuré porte encore les traces des balles.
- En 1781 le village porte son nom actuel Arques.
- Vers 1790 le château est vendu comme bien national puis subit quelques dommages.
- En 1887 le château est classé monument historique.
- En 1910 le château et les restes de l'enceinte actuelle sont achetés par la commune dans cet état ...


Le château d'Arques en 1905


- Fin du 20ème siècle des sondages archéologique s'organisent, les vielles pierres restaurées et le château s'ouvre aux visiteurs.
- Aujourd'hui la visite est payante, mais cela vaut le coup de visiter librement ce château à l'architecture militaire merveilleux, son élégant donjon suscite l'admiration des curieux et des passionnés de l'époque cathare.


Joelle et Jean-Pierre, ... nous sommes peut-être des descendants de Pierre Voisins, sait-on jamais ...


Gente dame du château d'Arques ... notre amie Gaby

 




Le château d'Arques élégant, majestueux dans ce décor naturel splendide ...


Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /Oct /2008 16:00

MONTAILLOU situé dans le Pays d'Alion en Ariège naturel et sauvage (haut plateau d'une altitude moyenne de 1200 m), constitué principalement de 4 petits villages : Prades et Montaillou en terre ariégeoise, Comus et Camurac en terre d'Aude. Le petit ruisseau de la Courme du Moulin (affluent de l'Hers) coupe en deux ce haut plateau et sert de limite aux deux départements Ariège et Aude le Pays de Sault.



Panorama vu des hauteurs de Montaillou vers l'Est direction Camurac, dommage il ne faisait pas beau pour un 20 août 2008

   
Entrée du village et les studios de Radio Montaillou, au sommet , les restes du donjon

Altitude 1280 m, ce tout petit village compte seulement une quinzaine d'habitants, mais qu'elle village !
Il a une riche histoire cathare, que je vais essayer de vous résumer :

Montaillou possédait un château féodal dressé sur un mamelon, en haut du village, sur un emplacement privilégié d'où l'on pouvait contrôler les chemins reliant le Pays de Sault au Sabarthès (par les cols des sept frères et de marmare) et celui reliant le Pays d'Olmes au Donnezan (par Comus et les cols de Balaguès et de Pailhères).
 
 
Au premier plan l'entrée du village de Montaillou et au fond Camurac direction Quillan

Le château de Montaillou, bâti par les seigneurs d'Alion originaires du Pays de Sault vers la fin du XIIe siècle, ils dépendaient des comtes de Barcelone.

En 1209, les d'Alion furent dépossédé de leurs biens pour désobéissance et ce sont les Comtes de Foix qui se chargèrent notamment des territoires de Prades et Montaillou. Cela pourrait expliquer en partie la soumission "diplomatique" de Bernard d'Alion au chef des Croisés : Simon de Montfort. La position prise par Bernard d'Alion était à l'opposé de celle des Comtes de Foix, qui eux, combattirent les croisés jusqu'en 1229.
Il faut cependant noter que Bernard d'Alion malgré sa soumission fut un allié actif du catharisme en hébergeant, par exemple dans les années 1230, l'évêque cathare du toulousain : Guilhabert de Castres.

    
Sceau de raymon VII Comte de toulouse 1197-1249

Cette période de brouille entre les lignages de Foix et d'Alion prirent fin à l'occasion du mariage de Bernard d'Alion avec Esclarmonde (cathare et sœur du Comte de Foix Roger Bernard II) en 1236.
Bernard d'Alion et Arnaud d'Usson, en tant que sympathisants, accueillirent sur leurs terres, des cathares persécutés et aidèrent de diverses manières les résistants au Roi de France et à l'Église catholique, qu'étaient les principaux chefs religieux cathares installés à Montségur. La résistance à Montségur dura 14 ans et en 1243, les croisés assiégèrent la place qui se rendit après 10 mois de lutte. De nombreux hérétiques trouvèrent dans les forêts du Pays d'Alion, un abri sûr , contre le tribunal inquisitorial.
Bernard d'Alion étant condamné par l'Inquisition en 1258 pour sa participation à l'hérésie cathare, le château revint alors au père de son épouse Esclarmonde, Roger IV de Foix, comte de Foix
 
  

Bernard d'Alion fut jugé par le tribunal inquisitorial et brûlé près de la Cathédrale de Perpignan en 1258. Les familles d'Alion et d'Usson, reçurent, en 1311, de Gaston I de Foix, 100 livres en échange d'Usson, Prades et Montaillou.
Après un peu plus d'un demi siècle, le massacre de la forteresse de Monségur, il persiste en Corbières ainsi qu'en haute Ariège, et notamment à Montaillou à cause de l'isolement du lieu, une communautè gnostique essentiellement encadrée par les "Bons-Hommes" ou parfaits. Les persécutions menées par l'évèque Fournier de Pamiers, et futur Pape, aura bientôt fait d'éradiquer cette poche d'hérétiques.



En 1308, à Montaillou, une rafle fut organisée par Geofroy d'Ablis, alors inquisiteur de Carcassonne. Il fit emprisonner les adultes et leur extirpa lors des interrogatoires des dépositions qui servirent à Jacques Fournier évêque de Pamiers, grand inquisiteur organisateur d'un tribunal inquisitorial efficace et zélé qui lui permit d'accéder à son élection papale à Avignon sous le nom de Benoit XII.
De 1318 à 1325, le tribunal dirigé par Jacques Fournier a instruit le procès de 114 personnes accusées d'hérésie cathare par l'Inquisition. Parmi elles 28 accusés sont du pays d'Aillou (3 de Prades et 25 de Montaillou). Le résultat de ces enquêtes est un témoignage précieux sur les personnalités, les moeurs et les coutumes des Montallionois, consigné minutieusement par Jacques Fournier en plusieurs volumes. Un des ces volumes est au Vatican et a été publié par J Duvernoy en 1965.
C'est à partir de ce document qu'Emmanuel Leroy-Ladurie a écrit son ouvrage intitulé "Montaillou, village occitan".L'auteur se servit après étude des minutes du tribunal inquisitorial de Pamiers pour présenter les registres d'inquisition qui préparèrent la condamnation des habitants restés fidèles au catharisme. Ce livre dés sa parution en 1975 eut un énorme succès et a fait connaître Montaillou dans le monde entier, il a été vendu à plusieurs millions d'exemplaires.
En lisant ce livre on est loin des clichés habituels sur le Moyen Age. On y découvre une humanité que l'on ne soupçonnait pas.


La couverture du livre d'Emmanuel Le Roy Ladurie

 
Les vestiges du donjon sur le site dit du "Castellas"

Le château devient une forteresse de frontière tenue par un châtelain entre le comté de Foix, les terres du roi de France et le royaume d'Aragon.
Ce château de Montaillou démoli après la chute de Montségur, reconstruit peu après puis il fut détruit par un incendie en 1756. Aujourd'hui il ne reste que quelques pans de murs dont la tour carrée dite "le fort"ou "le donjon", les traces de l'enceinte et du fossé qui le protégeait..
 
L'église romane de Montaillou, Sainte Marie de Carresses

 
La fontaine près de l'église et la rue montant à la forteresse


Des fouilles archéologiques ont eu lieu à Montaillou


 

 

 
L'eau de source toujours omni présente partout
 
Le chemin menant à la forteresse

 
Beaucoup de randonneurs passent à Montaillou, des ânes assurent le portage des sacs à dos



... à suivre ...

Par Jean-Pierre LAGACHE
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