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Jeudi 12 mars 2009

S'il y a bien un double album CD qu'il faut acheter, c'est celui là. En faisant mes courses ce midi j'y ai pensé ... comme tous les ans. Je pense que c'est bien de le rappeler, une bonne action pour 21,99 euros.
Surtout, ne le téléchargez pas !!







Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 13 mars 2009



 



Voici l'histoire de ce château cathare, un peu moins médiatique que celui de Montségur, mais celui de Puivert,  mérite grandement le détour et il le vaut bien !

Très jolie la région de Puivert, village situé sur la rive droite de l'Hers, dans l'arrière pays audois dénommé le Quercorb ou pays de Chalabre, une des dix régions naturelles du département de l'Aude. Petite précision, la capitale du Quercorb est le village de Chalabre.
Puivert est à 16 km au Nord/Est de Quillan sur la D117, à 19 km de Lavelanet et à 22 km de Belcaire, compter 25 minutes pour vous y rendre.

Puivert vient du latin podii viridis, qui veut dire colline verte.

Blason de la ville de Puivert



La silhouette de pierre du donjon apporte une belle note de romantisme au décor verdoyant.
Du site historique vous avez une vue magnifique qui embrasse un vaste panorama sur le Quercorb, surtout du haut du donjon, vous apercevez vers l'Est les Corbières avec leur sommet, le pic de Bugarach, au Sud les cimes du massif du Saint Barthélemy et les premiers contreforts des Pyrénées portant les très verdoyantes forêts de pins de Puivert et de Bélesta tout proche.


Vue générale où se situe cette histoire, au pays du Quercorb, non loin du pays de Sault, et vous êtes toujours dans l'Aude messire !

Vue aérienne des années 1980, au premier plan le château, et à gauche en direction de l'Est, les Corbières


Celle-ci date des années 1970, l'entrée du château de Puivert

 

Au Moyen-Âge Puivert était une importante seigneurie dans la région du Quercorb, région de moyenne montagne isolée entre l'Ariège et les hautes vallées de l'Aude, constituée de la plaine de Chalabre et du plateau de Puivert.

 


Avec sa vue dominante, le château contrôlait le passage dans toute la région. Quel beau paysage, du haut de la tour, vous en prenez plein la vue !

 
De tous les châteaux cathares de l'Aude, Puivert l'est sans doute un peu plus que les autres.
Aucune trace écrite n'a été trouvé du château de Puivert avant 1170. Le château construit sur un rocher à 605 mètres d'altitude vers 1152 appartient à l'époque à la famille de Bernard Congost entièrement vouée au "catharisme". Vous pensez bien que lors des croisades albigeoises le lieu fut considéré comme un foyer d'hérésie majeur. En novembre 1210, Simon de Montfort envoya un corps de 6000 hommes prendre le château, ils abordèrent le castrum en venant de Nébias. Les défenseurs opposèrent une résistance honorable. Celui-ci fut pris après trois jours de siège, sans traité de paix, par Thomas Pons de Bruyères-le-Châtel, vaillant chevalier lieutenant de Monfort. Lorsque les Croisés réussirent à pénétrer dans la cour intérieure, ils trouvèrent au bas des murs de nombreux blessés. Montfort donne tout d'abord le château à son fidèle compagnon Lambert de Thury, puis en récompense, le château devint la propriété de Thomas Pons (1185-1251) Baron de Bruyères-le-Châtel situé prés d'Arpajon en Seine-et-Marne, seigneur aussi de Mirepoix et de Chalabre.

 


Très belle photo de l'entrée de château en 1970

 
Soumis aux dures lois de la guerre, les soldats de Bernard de Congost furent pendus aux créneaux.

Pour l'anecdote, qu'est devenu Bernard Congost ? Lors du siège il réussit à s'enfuir par un souterrain avec des occupants du château dans la forêt proche. Il vécut dans la clandestinité jusqu'à la fin de sa vie, vingt deux ans plus tard on retrouve sa trace en 1232 à Montségur où il décède parmi les défenseurs du pog, assisté de son fils Gaillard qui participa à l'expédition d'Avignonet et de son neveu Bertrand. La fille Saissa de Congost, devenue parfaite, mourut sur le bûcher de Montségur le 16 mars 1244.
Ce qui est intéressant, c'est que la prise du château fut décrite et les parchemins furent conservés au château de Chalabre non loin de Puivert.

 


Parchemin décrivant un rituel cathare occitan, bibliothèque de Lyon

 
Les territoires de Thomas III dit Pons 1er sont constamment convoités par les comtes de Foix, de Toulouse ainsi que par les Trencavel, seigneurs de Carcassonne.

Son fils Jean 1er Pons de Bruyères (1218-1291) hérita du château, baron de Puivert, et de Chalabre. En 1283, Jean fut appelé au service du roi, Philippe III le Hardi, pour composer une suite imposante se rendant sur l'Aragon. Ce voyage lui permit d'obtenir le titre de chambellan du roi, et se vit comblé de faveurs royales, tel que la décharge à perpétuité de toutes sortes d'impôts dus à la couronne. Pour obtenir de telles récompenses, il eut fallut que Jean soit proche du roi ; rappelons au passage que Philippe III le Hardi meurt dans la région de Perpignan lors de la conquête Aragonaise, aux cotés de Jean. Il meurt quelques temps après, laissant à sa femme la gestion de Bruyères et de Puivert où il fut enseveli. Le Cherchorb (Quercorb) devient une "terre privilégiée". Ce privilège fut confirmé jusqu'à la Révolution par lettres patentes de tous les rois de France.

 


Autre vue aérienne des années 1970.
L'intérêt de vous montrer ces photos prisent à différentes époques, permet de voir l'évolution du site avec les différents travaux de réhabilitation réalisés au fil des ans, et qui ont permis de sauvegarder ce patrimoine historique important pour les générations futures.

 

En 1279 de fortes pluies inondent la région, et une catastrophe naturelle eut lieu, peut-être suite à des travaux ordonnés par Jean Pons de Bruyères, le barrage naturel qui retenait les eaux du lac qui s'étendait au pied du castrum s'effondre, les eaux se déversant dans la vallée détruisent tout sur son passage, une partie de la cité de Mirepoix à 30 km de là fut détruite.

 Succédera à Jean son fils aîné Thomas V de Bruyères (1270-1325).

   


 Le lac de Puivert et son château en arrière plan dans les années 1980


Une magnifique vue aérienne de l'ensemble des fortifications de cette forteresse médiévale prise le 9 juin 2004. Dans l'article suivant vous verrez approximativement la même photo, mais en hiver !

   

 

Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 15 mars 2009




Le château de Puivert sous la neige, vue du mur d'enceinte Sud, avec à droite la tour des Cas (ou tour carrée) et à gauche le donjon, la tour maîtresse.

Au début du XIV ème siècle, en 1310, avec Isabeau de Melun, fille d'un grand chambellan de France Adam IV vicomte de Melun et seigneur de Montreuil-Bellay, Thomas V de Bruyères (1270-1325) fils aîné de Jean Pons (1218-1291) chambellan du roi Philippe III le Hardi et petit fils de Thomas III Pons (1185-1251), font reconstruire "le nouveau château" à l'Est de l'ancien, dont les vestiges sont toujours visibles. D'ailleurs, les armoiries sculptées d'Isabelle de Melun sont encore en place.

L'entrée du château s'effectue par une tour porte carrée à herse et assommoir surmontée des armes des Bruyères (le lion à la queue fourchue et nouée), vous pénétrez dans la basse-cour de 80 mètres de long sur 50 mètres de large environ 


La nouvelle construction a commencée mais, Thomas part aussitôt pour la guerre des Flandres, laissant à Isabelle sa femme, le soin d'embellir le château et essentiellement la partie orientale. Lui aussi fréquente les "grands" de cette époque bouleversée, puisque par lettres patentes données en 1319, Philippe IV étend les immunités de Puivert, et marie sa fille au comte de Soissons.


Isabelle et Thomas eurent 4 enfants connus, Philippe (1325-1409) qui devint seigneur de Chalabre, Jeanne (1326-1352) qui épousa Gui de Clermont, Jean (+1356), Adam et Thomas VI (1315-22.3.1371) qui hérita du château de Puivert et qui épousa Béatrix de Varennes. Il devint Sénéchal de Carcassonne sous le roi de France Jean II le Bon (1319-1364).


Thomas VI et Béatrix eurent 4 filles, à leur mort, celles-ci se partagèrent avec Philippe le frère de Thomas, le château de Puivert et ses dépendances. Ce partage laissa des écrits intéressants avec de nombreux détails sur le château.


Par la suite, il s'ensuivit une longue lignée de nouveaux seigneurs qui occuperont successivement le château. Après les Bruyères, il y eut les Voisins d'Arques et de Couiza, les Joyeuse.

En 1379, Guiraud de Voisin, gendre de Thomas VI, intente un procès contre les "Puivertains", qui refusaient la garde du site pour laquelle ils furent exemptés de taxes royales. Il réussit enfin à éliminer ses concurrents au château, et y décède en 1414.
Le second gendre de Thomas VI, Roger de Lévis-Mirepoix, aussi y meurt.
Son petit fils, Jean II de Voisin, épousera Paule de Foix Rabat, mariage qui augmenta ses titres déjà considérables. Pour Puivert notamment, il prêta hommage au roi en l'an 1461.
En 1491, pour "rétrocession" de dot, obtenue par Jean IV de Lévis devant le parlement de Paris, le château et la baronnie de Puivert revinrent à la famille de Lévis-Mirepoix.

Jean V de Lévis qui commanda la défense du château lors des attaques espagnoles en 1495.
En 1570 le château entra dans la baronnie de Guillaume II de Joyeuse.

En 1589, durant la "ligue" le vicomte de Mirepoix s'empare du site pour le roi.

En 1593 chevalier du roi, Jean de Pressoires riche marchand drapier de Chalabre, acheta la baronnie et en 1655 sa femme la léguera à messire François de Roux conseillé du roi, juge mage de la sénéchaussée de Carcassonne.

Durant l'année 1680, Louis XIV érigea la baronnie en marquisat. La famille Roux conservera le château jusqu'à la Révolution, époque où le château est partiellement démoli et abandonné.

          
        Sylvestre Ier de Roux et François II de Roux successivement marquis de Puivert

 
Le château en partie démantelé, fut classé Monument Historique en 1907 dans l'état que vous allez voir, ci-dessous.

Voici des photos intéressantes qui montrent l'état du château en 1900, cela permet de constater le travail de restauration accompli aujourd'hui


Celle-ci date de 1910, le village de Puivert et château dominant


La cour intérieure en 1900-1905


Vue Ouest du château de Puivert en 1900, les vestiges du château vieux, vous voyez l'état de délabrement, mais ces photos ont du charme, elles ont un petit côté clichés à la Pagnol


Photo des années 1950, souvenirs, souvenirs ...

Celle-ci aussi date des années 1950, la restauration a commencé


Le donjon de Puivert en 1960, la partie Ouest que l'on appelle aujourd'hui le château vieux, considérée comme les restes du château primitif. Au pied de la tour, à gauche se trouve la citerne. 


Quelques campagnes de sauvegardes ont été menées par la famille de Ginesté-Puivert durant les années 1950, 1970.


Puivert, vue aérienne face Sud du château en décembre 2007


Zoom sur la face Sud du château en décembre 2007

Gros plan toujours sur la face Sud du château en décembre 2007 vous permettant d'apprécier le site, une photo pratiquement identique vous offre cette même vue l'été, voir ou revoir l'article précédent.

Aujourd'hui encore, Arnaud Mignard, propriétaire du site, perpétue cette tradition d'indépendance et de rayonnement culturel attaché au château, il est déterminé à conserver l'authentique magnificence du site de Puivert. Par une présence constante, des campagnes de restauration annuelles et un combat acharné face aux institutions, dans une lutte désuète et incohérente, il lui redonne vie, permet au plus grand nombre et aux générations futures de s'approprier une part de l'Histoire de France.
De janvier à mars 1996, une réfection totale et un réaménagement de la plate-forme sommitale du donjon étaient effectués. Pour la première fois, la terrasse devenait enfin accessible au public.
De septembre 1997 à mai 1998, une mise hors eau de la Tour Gaillarde était réalisée avec remontage des parements supérieurs disparus.
Pour assurer cet ambitieux programme, les nouveaux propriétaires ont fait le choix d'y réinvestir la quasi totalité des recettes du château.


Le château a servi à de nombreux tournages de film (la neuvième porte de Roman Polanski, la passion Béatrice de Bertrand Tavernier, le peuple migrateur de Jacques Perrin, Jacques Cluzaud et Michel Debats, ...).

 
 
Nous sommes en 1970, donjon vue sous l'angle Sud / Ouest avec à droite la tour des Cas (ou tour carrée).

  


Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mercredi 18 mars 2009


Samedi 14 mars 2009, le dernier vertige de l'Amour, un grand artiste s'en est allé ... dans un autre monde musical.
Pour un dernier Hommage dans l'hommage, Alain Bashung sera inhumé, le jour du printemps, au cimetière du père Lachaise à Paris, vendredi 20 mars à 15h00.
J'adorai ce qu'il dégageait avec ce timbre de voix si particulier, dans les basses, enrobé d'une musicalité planante qui collait parfaitement, c'était la magie de cet artiste hors du commun ... comme on aime ... Merci de nous avoir accompagné un moment dans ce bas monde, Salut  "Gentleman Rocker".



Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 20 mars 2009



Au fond, la tour-porte, entrée du château vue du mur d'enceinte ouest


DESCRIPTION DU CHÂTEAU


L'actuel château de Puivert est l'œuvre des architectes et des bâtisseurs de la fin du XIIIème siècle. Leur art connaît alors un certain apogée.
Composé essentiellement d'une enceinte de plan rectangulaire, percée d'archères, séparée du plateau par un fossé en partie comblé. L'accès s'effectue par une tour porte carrée à herse et assommoir surmontée des armes des Bruyères, au centre de la courtine orientale.
La surface au sol (basse-cour) du site est très grande, 3 200 m² à l'intérieur des murs.

Une tour ronde lisse occupe l'angle Nord / Est, une autre, à bossages est implantée au milieu de la courtine Nord. L'angle Nord / Ouest est défendu par un imposant donjon, probablement un des plus remarquables de l'architecture militaire capétienne avec ceux de Lesparre en Gironde, de Fouras en Charente-Maritime (que j'ai eu l'occasion de visiter) ou de Vincennes proche de chez moi.


La cour du château et ses immenses remparts Nord réalisés à la fin du XIII ème siècle et la tour à bossages que l'on nomme la Tour Bossue

      
Le donjon de 15 mètres de côté et d'une hauteur de trente deux mètres, sur la photo de droite on aperçoit la Tour vert celle-ci est de parements lisses


Au Sud du donjon, un portail ouvert dans le mur d'enceinte Ouest, permet l'accès aux vestiges du château vieux, antérieurs au XIIIème siècle.
Une tour de plan carré montre sur son flanc oriental une petite tour en encorbellement. Au Sud / Est, on aperçoit les vestiges d'une petite tour ronde.




Le donjon sépare les deux cours du château. De section carrée de 15 mètres de côté, il a conservé toute sa hauteur (32 mètres), seule la crénelure supérieure a disparu. Des portes et des arrachements de murs perpendiculaires indiquent que les bâtiments d'habitation s'appuyaient contre la paroi occidentale du donjon. On pénètre dans le donjon par une porte surmontée de deux blasons sculptés qui permettent de la dater précisément du début du XIVème siècle puisqu'il s'agit de ceux de Thomas V de Bruyères et d'Isabeau de Melun mariés en 1310.
Ce qui est extraordinaire, c'est que l'intérieur du donjon est quasiment intact. Il y a quatre étages, occupés chacun par une pièce unique. Deux salles voûtées en berceau brisé, en partie souterraines ont été réalisé sous le donjon. L'une devant servir de réserves et l'autre appelée salle des gardes. On y accède par un escalier qui part de la cour. Comme il est d'usage dans les donjons, la porte est en hauteur, on y accèdait par une passerelle amovible.



Par un escalier à vis vous descendez pour atteindre la salle des gardes et la salle basse ou cellier.


Zoom sur une archère à ébrasement simple permettant le tir de l'arbalétrier.


Une croisée d'ogives magnifiques d'une des salles avec le blason des Bruyères et Melun

    
   Une des salles du donjon, la chapelle avec ses fenêtres ogivales, dans le mur la fameuse "piscine" et la photo de droite, une vue du donjon sur les vestiges encore visibles des greniers, des écuries, citerne et des habitations.


Un cliché de la "piscine" dans une superbe crédence abondamment décorée de moulures, placée à droite de l'autel, dans le mur oriental aveugle.


Comme vous pouvez le voir le donjon du château possède de grandes baies trilobées gothiques impressionnantes et la vue s'étend jusqu'aux Corbières.


Autre vue de face de cette superbe baie avec ses banquettes latérales


Le troisième niveau, accessible par une porte couverte en arc brisé, est décoré de colonnettes et de moulures, ainsi que les blasons des constructeurs, vous pénétrez dans la chapelle du château, voûtée d'ogives, aux culots finement sculptés représentant un moine et des personnages tenant des phylactères, banderoles qui portaient des inscriptions. La clef de voûte représente le couronnement de la vierge et d'un Saint Michel terrassant le dragon, une niche encastrée dans le mur, appelée fontaine, était peut être la piscine (cuve à ablutions), utilisée dans la liturgie chrétienne. Cette chapelle était éclairée par deux grandes fenêtres.

Le quatrième niveau, est la salle d'apparat, elle est magnifique. Elle est éclairée par trois fenêtres trilobées. Les voûtes retombent sur huit culots historiés où sont représentés des personnages jouant des instruments de musique différents : la cornemuse, la vièle ou viole ancêtre du violon, la luthée sorte de guitare, le tambourin, le luth, l'orgue portatif, le psaltérion triangulaire, le rebec ancêtre du violon. On a baptisé cette salle, la salle des Musiciens, qui est éclairée par trois fenêtres analogues à celles de la chapelle. Ce sont les premières œuvres connues d'une sculpture médiévale gothique que l'on trouve habituellement dans la décoration des édifices religieux, chapelles ou églises ce n'est pas commun aux forteresses militaires. On présume qu'Isabeau n'est pas étrangère à cette décoration, on sent la touche féminine dans ce monde de brutes.

 


La magnifique salle des musiciens, située au niveau 4, couverte d'une voûte d'ogives retombant sur huit culots représentant des musiciens jouant différents instruments de l'époque médiévale.


Gros plan, sur les fameux culots ou culs-de-lampe supportant les retombées d'ogives, situés dans la salle du deuxième étage du donjon, huit sculptures en excellent état de conservation, représentant des musiciens et leurs instruments, ici le musicien à l'orgue portatif.


Muscisien à la guiterne, c'est un instrument de musique médiéval à cordes pincées, qui était jouée avec un plectre (médiator) et avait des cordes en boyau. La guiterne avait un corps en forme de demi-poire, le corps et le manche étaient construits d'une même pièce de bois

Musicien jouant du psaltérion triangulaire, c'est un instrument médiéval à cordes pincées ou grattées à caisse de résonance plate de forme triangulaire, il en existe aussi de forme trapézoïdale. C'est l'ancêtre de la cithare.
Des moulages de tous les culots ont été réalisé, ceux-ci sont exposés dans le musée du Quercorb situé dans le village de Puivert.


Cette photo est trés belle, éclairage parfait, je me fais un plaisir de l'insérer dans cet article.


Le cinquième et dernier niveau, constitue la plate-forme de défense, qui était bordée autrefois par un crénelage.

Par deux fois entre 1945 et 1980, on sonda et excava la salle basse du donjon, espérant y trouver le passage secret qu'avait emprunté Bernard de Congost pour s'enfuir lors du siège et la prise du château en 1210.


 
Vue aérienne côté Ouest, on aperçoit parfaitement les vestiges du vieux château;
 
L'ensemble constitue un magnifique exemple d'architecture militaire des années 1300, qu'il faut visiter.
Sans transition, je vous emmène entrevoir le musée du Quercorb à découvrir après votre randonnée au château.
   

LE MUSÉE DE PUIVERT

Cela mérite une visite sans conteste !
Dans une maison traditionnelle, le village de Puivert abrite le musée du Quercorb dédié aux activités artisanales traditionnelles et traitant de la vie quotidienne de ce petit pays audois au XIXème siècle. On y découvre le travail du fer avec les restitutions d'une ancienne forge, l'atelier des sonnailles et l'artisanat du jais (variété de lignite fibreuse et dure d'un noir luisant) qui sert essentiellement à fabriquer des bijoux.

Vue d'ensemble d'une des salles du musée présentant de nombreuses informations trés intéressantes

Une autre salle présente le travail du bois, l'atelier du tourneur et celui des peigniers ou fabricants de peignes et une autre salle vous présente une cuisine rurale régionale. Il faut savoir qu'il y avait une vingtaine d'ateliers de tourneurs sur bois au XIXème siècle dans le secteur de Puivert. Au deuxième étage, la salle "instrumentarium" baignée d'une ambiance musicale est consacré à la musique médiévale. Vous trouverez aussi de nombreuses informations sur les instruments de musique du Moyen Âge. Les moulages des culots sculptés de la salle des Musiciens et les reproductions des huit instruments de musique figurés par les artistes y sont exposés avec une mise au point sur l'interprétation archéologique des chapiteaux du château. Une vidéo "de la pierre au souffle de vie" raconte le lien des sculptures et des instruments.


Plan large, d'une cuisine typique du Quercorb au début du XX ème siècle


Plan rapproché de la cuisine typique du Quercorb au début du XX ème siècle

Atelier de tourneur sur bois reconstitué, avec son tour à perche et d'un véritable établi de menuiserie.

Des musiciens et chanteurs ont enregistré dans le donjon des morceaux de musique choisis dans le recueils de Guillaume de Machaut et de Codex de Chantilly exécuté pour Gaston Phoebus. De plus un échantillonnage des sons de tous les instruments a été réalisé dans le musée où il sert aux animations d'initiation à la musique médiévale.


L'instrumentarium de Puivert, reconstitution des instruments médiévaux tel que, la cornemuse, le psaltérion, la vièle à archet, la guiterne, le rébec, l'orgue portatif, la flûte et le luth.


Moulage du musicien jouant de la guiterne, la position des doigts indiquent qu'il tient un plectre pour faire vibrer les sept cordes de son instrument. Le manche se termine par une tête d'animal.


Moulage du musicien munit d'un archet et jouant du rébec


Autre photo du moulage du musicien jouant de la guiterne


La maquette du donjon en coupe


La guiterne décorée ici avec raffinement d'une rose sur la table d'harmonie en épicéa. Le cheviller se termine par une tête de lévrier.


Le rébec taillé dans une pièce de tilleul. Le cheviller se termine par une tête de martre et porte trois chevilles en ivoire permettant d'accorder les trois cordes. L'instrument se joue avec un archet ici en châtaignier.

      
A gauche vous avez la vièle à archet et à droite le luth

Une dernière salle tout aussi intéressante évoque de façon attrayante l'histoire du Quercorb ou Cherchorb comme on l'écrivait à l'époque et du château de Puivert avec des maquettes, la visite est "guidée" par des chants de troubadours, agréable initiation aux sonorités de la langue occitane. La grange restaurée du musée accueille régulièrement des expositions temporaires. Et le musée s'est agrandi récemment avec un verger sur le thème de l'alambic et de l'eau de vie, vous offrant ainsi une jolie promenade autour des variétés anciennes d'arbres fruitiers, comme les poires "curés" ou les "bons chrétiens".
Tout au long de l'année, concerts, rencontres et initiations sur le thème de la musique animent le musée.

Un conseil, allez visité Puivert un mercredi en milieu d'après-midi, surtout en période estivale, pourquoi ? Tous les ans, les mois de juillet et août, au bord du lac, Puivert organise des marchés campagnards nocturnes, tous les mercredi à partir de 18h00, vous pourrez ainsi en profiter. Vous y trouverez des produits régionaux artisanaux et des produits gastronomiques du terroir ainsi qu'une brocante, au sein de cette fête vous pourrez vous restaurer dans une ambiance conviviale.
 
Le marché nocturne, trés connu, de Puivert où nous avons retrouvé pour l'anecdote Valérie.

Je me suis appliqué comme d'habitude pour réaliser ces articles dans leur présentation et documentation, j'y ai pris plaisir et j'espère que vous aussi en les parcourant.

... à suivre, PUIVERT capitale des Troubadours ...
 
Par Jean-Pierre LAGACHE
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