... suite, de l'histoire de Montségur, 2 ème partie.
Allez ! vous grimpez avec moi au sommet, pour visiter la forteresse ...
Panorama que vous aperceverez sur la droite du chemin qui vous mènera au sommet du pog, au fond, la montagne de la
Frau 1925 m
Avant de pénétrer dans la partie ombragée du parcours, vous pourrez vous recueillir sur la stèle commémorative du bûcher, inaugurée en 1960 par la société du Souvenir et des Études Cathares fondée par Déodat Roché (voir l'article que je lui est consacré "déodat roché historien du catharisme" page 14)
La stèle vue de face
La stèle vue de dos
Gros plan sur la croix cathare
La montée au sommet du pog, s'effectue en 35 minutes environ, bien sûr évitez les talons aiguilles ! Voici le
sentier en partie ombragé qui vous ménera au pied de la forteresse.
En 1232, l'évêque cathare de Toulouse Guilhabert de Castres demande à Raymond de Péreille d'ériger le village
fortifié en siège et capitale de l'Église cathare. Péreille en confie la garde à son gendre Pierre-Roger de Mirepoix qui en assure la défense avec l'aide des chevaliers languedociens chassés
par la croisade. Montségur se peuple de 500 à 600 âmes où se côtoient religieux, civils et hommes d'armes.
D'ailleurs, au nord-est du château les vestiges d'habitations encore visibles aujourd'hui représentent les derniers témoins de ce peuplement.
Les campagnes de fouilles conduites sur le pog ont permis de mettre au jour de nombreux objets de la vie quotidienne, exposés en partie dans le musée archéologique du village de Montségur, qu'il faut visiter.
Montségur prend de plus en plus d'importance, une telle situation était intolérable aux yeux de l'Église romaine.
Le 14 mars 1241, Louis IX (Saint Louis) convoqua le comte de Toulouse Raymond VII et lui fit signer le serment de détruire Montségur dès qu'il pourrait s'en rendre maître.
Le comte de Toulouse Raymond VII se rendit sur place avec ses troupes mais il repartit aussitôt sans engager de siège, et pour cause, en accord avec les habitants de Montségur il prépare un
soulèvement général contre le roi de France ! Mais les projets de Raymond VII échouent lamentablement. Il doit se soumettre et laisse les défenseurs de Montségur, seuls face au roi de France et
à l'Église qu'ils ont bravés.
Les cathares subirent en nombre important les châtiments de l'Église
Un épisode inattendu va précipiter les choses, en effet, dans la nuit du 27 au 28 mai 1242 où les chevaliers de
Montségur apprennent que tous les inquisiteurs de la région ont fait halte dans un village voisin pour y passer la nuit.
Ces chevaliers ont tous des comptes à régler avec l'Inquisition et, à la différence des cathares, ne se dispensent pas de tuer quand l'envie leur en vient. Le 29 mai 1242, une trentaine d'entre
eux, sous le commandement d'un seigneur dont la femme et la fille ont été torturées et brûlées par l'Inquisition, afin de venger leurs victimes, ils se ruent en Laurageais sur le village
d'Avignonet, près de Castelnaudary. Dans la nuit, ils massacrent les onze inquisiteurs dont leur chef, le tristement célèbre Guillaume Arnaud et son frère Étienne de
Saint-Thibéry.
Cet épisode amena un an plus tard le concile de Béziers à décider de la prise de Montségur.
La réaction ne se fit pas attendre, en mai 1243 une armée de 6000 hommes est levée et conduite par le sénéchal de
Carcassonne Hugues des Arcis, placée sous la tutelle spirituelle de l'archevêque de Narbonne Pierre Amiel et de l'évêque d'Albi Durand de Beaucaire, tout ce petit monde s'installe au pied du
pog, le siège commence.
De mai 1243 aux environs de noël de la même année rien d'important ne se passe. Hugues d'Arcis se rend compte que le castrum est hors de portée des catapultes les plus performantes. Les soldats
escaladent le pog et à mi-chemin de la montée, face à la barbacane qui protège l'entrée de la forteresse, sur ce poste avancé appelé roc de la Tour, ils installent un trébuchet. A la mi-février
1244, la barbacane est prise. La forteresse est sous le tir des pierres catapultées.
C'est ici, sur la barbacane que les assaillants prirent position pour installer leur catapulte (trébuchet) versant
S/E
Le fameux mur bouclier au Sud / Est, vu de la barbacane
Ces murailles sont impressionnantes, remarquez l'emplacement des "corbeaux", presque en haut du mur, je vous expliquerai l'utilité de ceux-ci dans le
4 ème article sur Montségur qui suivra
Comment, pour les 400 personnes retranchées, les conditions de vie, déjà austères en temps normal, furent
rendues encore plus dures par l'isolement résultant de ce long siège de 10 mois. La situation des habitants est désespérée.
Le 2 mars 1244 Pierre-Roger de Mirepoix demande un trêve de quinze jours pour négocier une reddition acceptable. Il obtient la vie sauve de tous les laïcs à condition qu'ils acceptent de
témoigner devant l'Inquisition. Quant aux hérétiques cathares, leur sort est fixé d'avance, s'ils n'abjurent pas, ils devront mourir sur le bûcher. La veille de la reddition de la
forteresse, quatre parfaits (cathares) s'évadent pour évacuer les fonds de la communauté, probablement vers la Lombardie.
Le mercredi 16 mars 1244, après 10 mois de siège, les soldats du roi prennent possession de Montségur et s'emparent des parfaits et parfaites, ils seront plus de 230 cathares (on ne connaît
pas vraiment le nombre exact) qui ne veulent pas abjurer leurs croyances hérétiques.
Sans procédure, on construit un enclos dans un champ appelé "Prat des cramats" (Pré des brûlés) autour des hérétiques qu'on remplit de branchages et de bois, on y met le feu. Pour l'Église,
il fallait qu'ils périssent dans les flammes.
Les survivants seront conduits à Bram et remis au tribunal de l'Inquisition.
Il faut savoir que les interrogatoires de l'Inquisition ont été facilités car la doctrine cathare interdit à ses fidèles de mentir.
Ainsi sonna la fin annoncée du catharisme.
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