... suite, de l'histoire de Montségur, 3 ème partie.
Après avoir gravi les derniers mètres, à découvert, du sentier rocailleux, vous arrivez enfin au pied de la muraille du château face Sud / Est, un escalier et
perron en bois permettent d'accéder à la porte d'entrée qui se trouve surélevée par rapport à la base de la muraille impressionnante
L'entrée du château, le perron offre un balcon sur l'horizon magnifique
Remarquez le "fruit" du mur
Vue sur le parking au pied du pog direction Sud / Ouest et la montagne du Planas 1638 m
Joelle sur le balcon à l'entrée de la forteresse
De ce perchoir, vous apercevrez en bas le village de Montségur dans la vallée du Lasset
Autre photo, prise lors de la montée, vue sur la vallée du Lasset avec le parking au pied du pog direction S/O
Je reprends le fil de l'histoire, j'espère que vous suivez : Quelques mois plus tard, le chevalier Gui de Lévis,
prend possession de la place et y installe une garnison. Il rend hommage au roi de France en juillet 1245. Montségur très proche de la frontière Aragonaise est amené à jouer un rôle stratégique
de tout premier ordre dans la surveillance du royaume.
Le castrum (château) de l'époque est détruit et on met en place les fondations de la forteresse royale que l'on peut voir actuellement au sommet du pog.
Le dernier parfait connu est Guilhem Bélibaste, mort sur le bûcher en 1321 à Villerouge-Termenès.
Avec la chute de Montségur, il ne subsiste pratiquement plus rien de l'hérésie qui avait pendant quelques décennies menacé l'unité de la Chrétienté occidentale. Un demi-siècle plus tard, les
inquisiteurs auront raison de ses derniers fidèles dans quelques villages reculés des Pyrénées comme Montaillou, devenu célèbre avec le livre que lui a consacré en 1975 l'historien Emmanuel
Leroy-Ladurie (voir mon article sur Montaillou page 8).
La France de langue d'oc se rallie sans réticence à la monarchie capétienne.
Jusqu'au XVI ème siècle le lieu remplira le rôle de poste de surveillance avancé du royaume sous la bonne garde des Lévis. Aucun fait d'armes n'émaille cette période.
Photo prise de l'arrière de la forteresse, direction Nord, on aperçoit la ville de Lavelanet au centre et Villeneuve d'Olmes à gauche, devant vous c'est la crête de Madoual
987m, n'oubliez pas que nous sommes à 1207 m d'altitude au pied du château
En 1659, le traité des Pyrénées lui enlève toute utilité, Montségur est alors abandonné.
Au 16° siècle ce village devenu Montségur se développe pour prendre au 19° siècle l'aspect du village actuel, une
partie des maisons étant construites avec les pierres du château. Tissage et agriculture seront les principales activités des habitants. Mais dès la fin du 19° siècle la population ne va cesser
de décroître: alors qu'on comptait 743 habitants en 1889 on en comptait plus que 592 en 1900.
Il sera classé monument historique en 1865, le château actuel de Montségur a subi dès la fin du XIX ème siècle les assauts des chasseurs de trésors attisés par l'œuvre romanesque et fantasque
de madame Napoléon Peyrat datant de 1865. Mais grâce à son roman on lui doit la redécouverte de Montségur.
Une campagne de restauration fut entreprise en 1947 par les monuments historiques et des fouilles du secteur commencèrent en 1968.
Autre panorama direction Sud / Est, la flèche rouge vous indique le point de vue "le pas de l'Ours" et les gorges de la Frau où passe le sentier dit "cathare" très renommé au-près des randonneurs, la montagne de la Frau à droite culmine à 1925 m
Il faut quand même que je fasse une petite place au chien Mélia qui a été très sage et qui nous a accompagné partout pendant ces vacances et retrouvailles 2008 et qui a bien
mérité son eau fraîche
Vue direction Nord / Ouest vers Montgaillard et Foix, à gauche vous avez la montagne Planas 1638 m
Vue direction Nord / Est, le temps se gâte, c'est la faute à pas de chance !
Mais Montségur c'est aussi un musée historique et archéologique (33.900 visiteurs en 2002) qui mérite le détour et que l'on s'y attarde un peu, il est situé au centre du village, il y a un parking à l'entrée du village, il est préférable d'y aller à pied pour profiter du calme des ruelles. Vous y découvrirez, au travers des milliers d'objets exposés, comment vivaient les habitants du château et du castrum au Moyen Age. Dans ce musée vous pourrez observer les objets témoignant des activités de défense de la forteresse, comme des fers de flêches, de lances, des boulets utilisés par les armes de jet. Vous verrez aussi, les objets témoins de la vie courante des cathares sur le site au XIII ème siècle, outils divers, pièces de monnaies, céramiques, ornements vestimentaires, dés à jouer, clés de serrures, lampes à huile, etc ...
Mais les pièces les plus remarquables, sont deux squelettes, celui d'un homme et d'une femme retrouvés enterrés prés du château, tués par des flêches, car ils en portent les traces, probablement lors du siège de Montségur.
Des maquettes, des vidéos et panneaux thématiques complètent l'exposition, retraçant les différents épisodes de la guerre contre les albigeois et vous explique la fin tragique de Montségur et celle du catharisme. Vraiment c'est très intéressant.
Et le fameux trésor de Montségur me direz-vous ! C'est vrai que celui-ci fait l'objet de tant de récits, et
l'imagination n'a pas de limite ...
Il y a en effet une mention dans les Registres d'Inquisition de l'existence d'un riche trésor de l'église cathare. Il s'agit vraisemblablement des fonds nécessaires au fonctionnement public de
l'organisation cathare. Trois dépositions mentionnent de l'or, de l'argent et des pièces.
Le trésor a été mis en sécurité par des cathares en deux temps, le premier est la fuite à cheval du parfait Mathieu et du diacre Bonnet aux environs de noël 1243 emportant une petite quantité
du trésor. On pense que cette première partie est arrivée en Italie à Crémone où se trouvait une communauté cathare importante. Cette supposition est renforcée par des échanges de
correspondances entre les deux communautés.
Et en second, quatre parfaits se sont échappés la veille du bûcher, cachés dans les failles du pog. Leur itinéraire passe par les grottes fortifiées de la vallée de l'Ariège, Montaillou, Usson,
puis en Catalogne, pour finir en Lombardie. Deux des parfaits échappés de Montségur seront arrêtés en 1280 par l'Inquisition.
DÉFINITION :
Le mot "cathare" vient du grec "katharos", qui veut dire "pur". Les adeptes du catharisme se nommaient d’ailleurs
eux-mêmes "Bons Hommes" ou "Bons Chrétiens", tandis que les inquisiteurs les nommaient "Parfaits", désignant ainsi ceux qu’ils considéraient comme de "parfaits hérétiques".
Les faydits ou faidits sont les chevaliers et les seigneurs languedociens qui se sont retrouvés dépossédés de leurs fiefs et de leurs terres lors de la croisade des Albigeois.
Panorama que j'ai réalisé direction Nord / Est, montage de plusieurs photos prisent de l'arrière du château, vous
voyez que l'on domine la région à 360°, ce lieu d'observation n'a pas été choisi au hasard
Panorama réalisé avec la prise de plusieurs photos en direction du Nord /Ouest, coté tour maîtresse du château, vue vers Montgaillard et Foix à l'extrème droite
Zoom en direction du Nord/Est, Lavelanet à l'extrème gauche, ici on voit le prolongement de la crête de Madoual 987 m devant vous. Il va être temps de redescendre, heureusement ce jour là, la température en ce mois d'août est agréable
Photo inhabituelle, peu courante, montrant le village de Montségur au pied de son pog et la forteresse tout en haut, celle-ci est
intéressante car elle montre bien la configuration du site
Vous allez me dire que la description de la forteresse se fait attendre, c'est normal, il a fallu reprendre son
souffle et profiter des paysages ...
... à suivre …
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