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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 06:00

Un mythe prend son vol

Rien de tel qu'une bonne carte IGN pour situer le lieu.
Extrait de la carte IGN 2347 OT au 1/25 000 ème.

Vue aérienne, vous apercevez le côté Est de Rennes le Château.

Autre vue aérienne, côté Sud de Rennes le Château.

Ainsi commence cette histoire vraie,

Rennes le Château culmine à 500 mètres d'altitude, situé entre Limoux et Quillan, au sud de Carcassonne, en plein Razès. Construit au sommet d'un antique oppidum, le village actuel a succédé à un bastion wisigoth. Capitale régionale à l'époque de Charlemagne sous le nom de Rhedae.
En 1258, l'antique capitale du Rhedesium prend le nom de Rezea, en 1307 Redde, en 1347 Reddis le nom change sur les archives étudiées. Vers la fin du XIV ème siècle l'héritière de Jacques de Voisins, Jeanne, épouse Sicard de Marquefave. En dot, elle apporte l'ancienne capitale du Razès. De leur union naquit une fille, Blanche, qui le 3 juin 1422 épousa Pierre Raymon d'Hautpoul, sa famille possédait des biens dans le Razès depuis le XI ème siècle.

Pierre Raymon d'Hautpoul devient ainsi seigneur de la baronnie de Rennes.
Les Hautpoul seront les derniers seigneurs de Rennes le Château, c'est une des familles les plus anciennes du Languedoc.

Un siècle s'écoulera, puis pendant quarante années de 1560 à 1596, les guerres de religion vont faire rage dans toute la France et dans l'Aude en particulier. En 1573 les huguenots épargnent le château des Hautpoul, mais détruisent totalement le village de Rennes le Château et une partie de l'église Sainte Marie Madeleine.
Dépeuplée par la ruine, la peste et la disette, Rennes le Château ne se releva qu'au début du XVII ème siècle pour ressembler à ce que l'on connaît aujourd'hui. Plusieurs générations de la famille des Hautpoul vont se succéder dans le château de Rennes le Château.
L'église Sainte Madeleine était autrefois la chapelle des seigneurs de Rhedae, ancien nom je le rappelle de Rennes le Château. elle a été consacré en 1059.


Blason des Hautpoul

d'or à deux faces de gueules, accompagnés de six coqs de sable, crêtés et pattés de gueules, posés 3, 2, 1

 

 En allant vers l'église Sainte Madeleine, vous passez devant le château des Hautpoul sa construction remonte au XV ème siècle.

 
En novembre 1732, François d'Hautpoul, chevalier marquis de Blanchefort, baron de Rennes et du Bézu, épouse une jeune orpheline de 19 ans, Marie de Nègre d'Ablès, Damoiselle de Niort et de Roquefeuil prés de Belcaire.

De cette union naquirent trois enfants :
- Marie d'Aussillon née en 1733 qui épousa en 1752 Joseph Marie de Hautpoul-Félines, marquis de Hautpoul.
- Marie Anne-Elisabeth née en 1735, elle ne se maria pas.
- Marie Gabrielle de Blanchefort née le 5 avril 1739 épousa en 1767 Paul François Vincent de Fleury.

La mère qui avait perdu son époux, Marie de Nègre d'Ablès vivait humblement avec sa fille Marie Anne-Elisabeth dans le vieux manoir de Rennes le Château.
En janvier 1781, l'héritière des Hautpoul de Blanchefort est sur le point de mourir. Elle décide de confier un secret d'une importance considérable à son confesseur, l'abbé Antoine Bigou, lui faisant promettre de garder le secret.
Dame de Blanchefort s'éteignit le 17 janvier 1781. L'abbé panique, ne pouvant garder un si lourd secret, il fait graver sur une dalle l'épitaphe de la défunte. Cette épitaphe est codée afin de permettre de trouver le lieu où il a caché le secret. Sa fille Marie Anne-Elisabeth, décèdera à l'âge de quatre vingt six ans le 20 mai 1820.

 

 

 La fameuse dalle avec l'épitaphe de Marie de Nègre d'Ables, gravée par l'abbé Bigou,
entreposée dans le musée de Rennes le Château installé dans le presbythère que vous visitez, ainsi que la villa Béthania, les jardins et la majestueuse tour Magdala qui a belle allure dans le paysage.

Transcription de l'épitaphe composée au XVIII ème  siècle par l'abbé Bigou
il y a dissimulé dans le texte, une clé numérique qui permet de découvrir  la signature de l'abbé.

 

Un siècle plus tard après le décès de Dame de Blanchefort Marie de Nègre d'Ablès, le 1er juin 1885 exactement, un nouveau curé arrive au village de Rennes le Château qui ne compte que 300 habitants à cette époque (de nos jours, ils ne sont que 70).
Il se nomme Bérenger Saunière, il a 33 ans, âge symbolique pour un prêtre. Saunière est né le 11 avril 1852 place du Grifoul à Montazels, petit village pauvre situé juste à coté de Couiza distant de quelques kilomètres de Rennes (4km). Il est l'aîné d'une famille de notables, son père est le régisseur du marquis de Cazemajoux. Ayant des prédispositions, Bérenger Saunière entre au séminaire de Carcassonne, il est ordonné prêtre le 7 juin 1879.
Il démarre sa carrière ecclésiastique comme vicaire à Alet-les-Bains le 16 juillet 1879, puis curé du village du Clat le 16 juin 1882, situé dans le pays de Sault. Sa vive intelligence fut remarquée par son évêque, Monseigneur Billard qui le nomme professeur au séminaire de Narbonne. Mais avec son caractère impétueux, fougueux, et il le montrera toute sa vie durant, il perd son poste et c'est ainsi qu'il est nommé le 1er juin 1885 curé au village de Rennes le Château, non loin de son village natal, de sa famille et de ses amis. C'est un bel homme, grand, athlétique, avec un charisme qui s'exerce sur son entourage et plus particulièrement sur les femmes.

Sa nomination est loin d'être une sinécure, depuis des décennies, l'église délabrée n'est plus entretenue, elle menace de s'écrouler (des rapports d'architecte en font foi dés 1845) et pour parfaire le tout le presbytère est insalubre. La commune qui a en charge son entretien ne peut faire face aux dépenses. On comprend pourquoi qu'aucun curé n'avait occupé le lieu depuis deux ans !

L'abbé Bérenger Saunière, sur cette photo prise dans le musée de Rennes le Château, il a une quarantaine d'années.


1885, cette année de prise de poste du curé, est une année d'élection législative, et l'abbé prend position violemment lors de ses sermons, et appelle à voter conservateur, partie monarchiste. Il sera sanctionné, 6 mois de suspension de revenu. La situation financière se complique pour lui, jusqu'au point qu'il a recours à quelques secours alloués par l'évêché, sinon il n'aurait pas pu joindre les deux bouts. Néanmoins, la comtesse de Chambord dans sa bonté, ayant eu écho de sa prise de position monarchiste lui offre une somme de 3000 Fr or. L'abbé décide d'entreprendre rapidement des travaux de réfection dans son église, pour parer au plus pressé.
C'est précisément pendant cette réfection urgente, que son aventure va commencer !
Avant de vous raconter la suite, nous sommes arrivés près de l'église Sainte Madeleine, voici des photos de l'environnement de notre curé, l'abbé Saunière ... 


J'ai réalisé un plan de situation du domaine afin que vous puissiez vous orienter et situer tous les éléments présentés en photo dans les articles qui vont suivre ...


Après avoir traversé tout le village, vous arrivez à une intersection et sur la droite, une petite ruelle, avec devant vous le porche de l'église Sainte Madeleine et juste à gauche il y a une autre petite ruelle c'est la rue Béthanie, et vous pouvez apercevoir la villa Béthania, résidence construite aussi par l'abbé Saunière, que l'on voit mieux sur les photos suivantes.

Voici un angle de vue où l'on aperçoit la villa Béthania, c'est une villa très cossue dans ce petit village perdu à l'époque !

A droite la villa Béthania de l'abbé, en face de la villa sur la gauche, il y a le jardin potager.

L'entrée principale de la villa Béthania, vous pouvez visiter le RDC, on y accède à partir du jardin du presbytère, je vous la présenterai sous d'autres angles, plus tard ...

Approchons le porche de cette église qui cause bien des tourments.
A gauche, vous apercevez une arche, c'est l'accès au presbytère transformé en musée où est raconté l'histoire de notre curé et, où sont exposées des choses très intéressantes.

Partie latérale Est de l'église avec son entrée à gauche.

Photo du calvaire (photo détaillée dans la 3ème partie), au fond la porte du cimetière et le reposoir ...

L'entrée du cimetière située à droite, contiguë à l'église.
Le cimetière ne se visite pas, il est fermé à clé car il ya eu des vols et des dégradations les gens ne respectent rien, par exemple, le coeur gravé sur la tombe de Marie Denarnaud a disparu.

Zoom au dessus de la porte du cimetière de Rennes le Château, ... cela rassure !
Un crâne qui vous sourit de ses 22 dents et en dessous, sur le linteau cette inscription "Memento hommo quia pulvis es et in pulverem reverteris" qui veut dire : "
Souviens-toi Homme que tu es poussière et que tu redeviendras poussière"

Grotte dédiée à Sainte Marie Madeleine réalisée par l'abbé Saunière avec des pierres de la campagne environnante, qu'il a lui-même ramené dans une hotte portée sur son dos lors de ces balades. Il était costaud le gaillard. Malheureusement la statue de Marie Madeleine a été volée !

L'accès au petit calvaire situé à droite avant l'entrée de l'église Sainte Madeleine.

Statue de la vierge Notre Dame de Lourdes placée par l'abbé Saunière sur un pilier sculpté d'époque wisigothique, qu'il a déplacé lors de ces travaux dans l'église. C'est un des  piliers qui soutenait le maître autel. L'original se trouve dans le musée. Dans la 5ème partie vous verrez une photo de l'abbé posant près de ce lieu dans les années 1900 ...

Gros plan sur la copie du pilier wisigoth transformé en piédestal, ce pilier a été inversé, l'alpha et l'oméga symboles de l'infini chrétien se trouvent inversés, juste au-dessus de "Mission". Celui-ci, est creux en partie, beaucoup d'ouvrage le site comme ayant contenu les fameux parchemins, c'est une erreur ! Des parchemins se trouvaient aussi dans un balustre creux en bois massif dont voici la photo ci-dessous ...

Le voici le balustre creux où Saunière découvrit aussi des parchemins.

Le fronton de l'entrée de l'église Sainte Madeleine

Fronton et tympan très ouvragé, au dessus de la porte de l'église Sainte Madeleine.

Sur le fronton du porche on peut y lire l'inscription suivante : "Terribilis est locus iste" traduction :"ceci est un lieu terrible"
Le rébus du tympan "triangle Rose + Croix" situé au dessus du porche de l'église Sainte Madeleine.

Magnifique porte de l'église en bois massif très ouvragé.

Détail d'une des sculptures de la porte de l'église Sainte Madeleine.

Au fur et mesure que vous découvrez ces photos, observez le raffinement de l'ensemble du domaine et de l'église Sainte Madeleine, le tout payé par un curé de campagne, étonnant non !




 



Par Jean-Pierre LAGACHE
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Commentaires

Bonjour, ce site a le mérite d'être clair. il dévoile l'essentiel de l'affaire de Rennes-le-château. Les novices y trouveront leur compte. je vous signale la sortie de "l'héritière de l'abbé Saunière" aux presses de la Cité. Ci-dessous les liens de la vidéo de présentation de ce roman:

http://www.dailymotion.com/juliadomna#videoId=xnmnd9

http://www.youtube.com/watch?v=ZjS6YggTK4s

 

Bravo pour votre site,

Jean-Michel Thibaux et martine alix coppier.

Commentaire n°1 posté par Jean-michel thibaux le 28/01/2012 à 09h44
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