Changement de décor, aujourd'hui nous sommes un peu plus au Nord de l'Aude, je vous propose une visite en plein Minervois un belle région viticole d'où émergent d'excellents vins ! C'est aussi cela le charme de l'Aude, c'est la diversité !
Caunes Minervois se situe à 21 km au Nord / Est de Carcassonne et 50 km de
Narbonne
Les toits ensoleillés de Caune Minervois
À Caunes Minervois le marbre est partout : sur les monuments jusqu'à l'intérieur des maisons les plus modestes. On le trouve
sur le seuil des portes, l'encadrement des fenêtres, le tablier des cheminées. On collectionne les porte-parapluies en marbre dans les vestibules, les vasques dans les séjours. Et depuis des
générations, les écoliers sautillent sur le seuil en marbre rose de leur école communale.
Bénitier en marbre de Caunes
Fontaine en marbre magnifique sur la place de la République
Épitaphe de Jean Jaurès gravée sur la fontaine en marbre
Récemment, la commune a inauguré une nouvelle fontaine en marbre rose sur la place de la République. Celle de la place de la Grande fontaine est plus ancienne avec son obélisque en marbre gris et son bassin terni par le temps. Le marbre incarnat de Caunes Minervois a été utilisé généreusement pour décorer l'église romane de l'abbaye bénédictine.
Ce somptueux marbre rouge veiné de blanc est unique.
Louis XIV, Le Roi-Soleil, ne s’y était pas trompé ! Il y voyait le reflet de sa puissance et de sa noblesse, le
rouge incarnat symbolisant la puissance, et le blanc, celui de la royauté.
Il annexa même par décret une partie de ces carrières à son usage exclusif : les carrières du Roy.
Elle est devenue la réserve personnelle du Roi Soleil au XVII e siècle.
Sous le règne de Louis XIV, l’ouverture du canal du Midi en 1681, en facilita le transport écologique et rapide ! De canal à mer, et de mer à fleuve pour atteindre Paris.
Des carrières de pierre marbrière à dominante rose, dit marbre du Languedoc, sont exploitées depuis l'antiquité à
Caunes Minervois dans l'Aude. Ce marbre aux nombreuses nuances- griotte, vieux rose, blanc, jaune et parfois vert, a séduit les artistes italiens et Louis XVI, au XVIIe siècle. Les plus
remarquables monuments royaux et impériaux mirent en valeur le marbre de Caunes.
Les carrières ont ainsi fourni treize colonnes au Grand Trianon à Versailles qui était le palais d'été de Louis XVI, célèbre pour ses façades de marbre rose. En 1862, Charles Garnier utilisa ces marbres pour la décorer l'opéra de Paris. On en trouve également, entre autres, au palais de Chaillot, les colonnes de l’Arc de Triomphe du Carrousel du Louvre. D'autres palais à Saint-Pétersbourg et Washington témoignent du passé prestigieux de Caunes Minervois. Le marbre de Caunes a séduit au fil des époques les sculpteurs italiens à la recherche de la couleur turquin et les Grands de ce monde.
Une des carrières de marbre de Caunes dont l'exploitation est arrêtée
De nombreuses sculptures de marbre ornent les parcs de Caunes ici le long de l'Argent Double et la rue des
Écoles
En juin, l'association "Les Marbrières de Caunes", fête le marbre et la sculpture avec des visites de carrières en calèches, des rencontres avec les artistes et des spectacles.
Les carrières de Caunes doivent leur réputation à l'incarnat de la "Carrière du Roy". Aujourd'hui, le marbre n'est plus mis à nu dans "La Carrière du Roy", classée Monuments historiques. Au bout du sentier qui conduit à la carrière, on découvre une colonne érodée par le temps. Et pour les historiens, elle a autant de valeur que les colonnes rutilantes du Grand Trianon à Versailles.
La rue des Écoles et le petit pont sur l'Argent Double débouchant sur la rue de l'église
Caunes attire par son riche patrimoine architectural et historique. Les façades sont ornées de nombreux éléments architecturaux qui datent des XVe et XVIIIe siècles.
Vous trouverez à Caunes de superbes ruelles pavées qui ont du charme comme sur cette photo
Autrefois défendu par un rempart ponctué de portes (disparues), le bourg laisse apparaître bon nombre d’éléments de façades du Moyen Age au XVIIIème siècle dont le remarquable Hôtel d’Alibert. Sur les hauteurs de Caunes, la chapelle Notre Dame du Cros fait l’objet d’une procession annuelle le 8 septembre.
Très joli porche qui doit avoir plus de 150 ans !
Rue aux couleurs ocres chatoyantes sous un soleil écrasant
L'ancienne église abbatiale et sa tour-clocher Nord, succédant à une église carolingienne dont subsiste en
sous-sol un fragment d'abside
Église abbatiale, son porche et sa tour-clocher Nord
Porche de l'église abbatiale datant du XIII ème siècle
L'intérieur de l'église de Caunes
Vitraux de l'église abbatiale de Caunes Minervois
le marbre rouge orne aussi l'église
Très ancienne croix sculptée dans le grès
Caunes Minervois était un village fortifiés dont les origines remontent au VIII ème siècle, lorsqu'un religieux bénédictin Anian compagnon proche de Saint Benoît d'Aniane y fonda une abbaye en l'année 791. Placée sous la protection de Charlemagne, elle passe au X ème siècle sous la coupe des comtes de Carcassonne puis de Barcelone et ensuite , sous celle des Trencavel jusqu'à la fin du XII ème siècle, époque à laquelle le vicomte renonce aux droits usurpés à l'abbaye.
Pendant la croisade contre les Albigeois, l’abbé de Caunes reçut plusieurs fois les représentants du pape, venus prêcher l’orthodoxie catholique.
Vers 1226, à Caunes, l'évêque cathare du Carcassés, Pierre Isarn est condamné à mourir sur le bûcher. Un peu plus tard, l'inquisiteur Ferrier est sans doute installé dans l'abbaye pour y mener ses enquêtes sur les hérétiques de la région.
Après une période de prospérité au XIII ème siècle, le monastère connaît une certaine décadence. En 1467, est officialisé le régime de la commende (revenus octroyés par le Roi ou un seigneur). Au début du XVII ème siècle, l'abbé Jean d'Alibert essaie de réformer la vie monastique, sans grand succès. Ce sont les Mauristes, à partir de 1663 qui vont redonner à l'abbaye un certain éclat, un nouveau cloître, la construction de vastes bâtiments et un riche mobilier en marbre illustre cette période. A la Révolution l'ensemble est vendu, l'église devint paroissiale.
Caunes Minervois possède encore les quelques vestiges laissés après le passage ravageur du duc de Joyeuse, chef de la ligue du Languedoc, dont la très belle abbatiale Saint Pierre et Saint Paul, ainsi qu'un remarquable centre ancien.
L'abbaye bénédictine Saint-Pierre-et-Saint-Paul :
L’abbaye de Caunes-Minervois présente toutes les périodes d’architecture. C’est là que réside une grande partie de son originalité.
L'abbatiale a conservé son chevet fleuron du premier
art roman méridional du XI ème siècle très réputée. Le transept du XII ème siècle est clos au Nord et au Sud par deux tours clochers,
ses deux tours absidioles sont disposées de part et d'autre du choeur. Quelques chapiteaux du monastère carolingien ont été remployés dans le clocher Nord. Un porche élevé au XII ème siècle,
sur la façade Nord, réutilise aussi des chapiteaux du XII ème siècle. La nef, comprenant sept travées, est flanquée de chapelles
latérales principalement décorées avec ce marbre de Caunes, elle offre le schéma du gothique méridional aux travées matérialisées par
des arcs diaphragmes. Reconstruite au XIVème siècle, elle a été voûtée en briques en 1770. Elle est éclairée par de grandes baies
gothiques percées au sud. L’abside est ornée de vitraux et de stalles en bois du XVIIIème siècle. Un retable de marbre est consacré aux martyrs de Caunes.
Le cloître actuel a été érigé par la Congrégation de Saint-Maur sur les souches d’un cloître médiéval. Ses galeries se caractérisent par une grande sobriété. Le cloître unit l'église au vaste bâtiment conventuel de la fin du XVII ème siècle. Au Nord-Ouest de l'abbaye s'élève l'ancien logis abbatial dû à Jean
d'alibert.
Au sud du Cloître, on édifia à partir de 1696, le principal corps des bâtiments conventuels. Il comprenait
au rez-de-chaussée, la cuisine et le réfectoire tandis que les cellules monacales étaient réparties sur les niveaux supérieurs. Aujourd’hui, l’édifice abrite trois expositions permanentes et
des salles d’expositions temporaires.
Caunes-Minervois est aussi la seule abbaye du Pays Cathare à posséder une crypte ouverte au public, recevant les vestiges de la première église carolingienne.
L’abbaye fut aliénée en 1791, à l’exception de l’église qui devint propriété communale. L’église fut classée Monument Historique en 1916, les bâtiments de l’abbaye en 1948.
Galeries du cloître mauriste et cour intérieure
accès à l'étage, vue sur le jardin intérieur du cloître
Tour clocher de l'ancienne abbaye, jardin intérieur du cloître et à droite l'église abbatiale
Façade méridionale de l'ancienne abbatiale
Chevet et tours-clochers de l'ancienne abbaye coté Nord
Tour clocher Est et à droite le chevet. Dans la cour située au pied du chevet et des tours, des spectacles musicaux sont données pendant la période estivale
Une autre vue d'ensemble du chevet et des tours-clochers datant du XII ème siècle
Gros plan sur un chapiteau du chevet de l'ancienne abbatiale
très belle rénovation du chevet et l'ensemble architectural
Une dernière photo du chevet et des deux tours de l'abbaye sous un soleil radieux
Vous trouverez dans l'abbaye divers éléments de pierres gravées comme ici cette croix pattée.
La croix pattée en héraldique a été utilisée par les Chevaliers Teutoniques, celle-ci ressemble à la croix de
l'ordre du temple
Superbe Croix Cathare datant du Moyen-âge
Bas relief retrouvé lors de fouille dans l'abbaye
pierre armoriée en grès en réemploi sous le maître Autel de l'abbaye, blason inconnu, avis aux connaisseurs
Élément lapidaire calcaire représentant le Christ et les quatre évangélistes, style Roman, découverte fortuite lors de fouille
Chaise percée qu'utilisaient les moines dans l'abbaye
Magnifique masque de Bacchus le dieu de la vigne et du vin en marbre de Caunes Minervois
LE ROSÉ PAMPLEMOUSSE Place de la République à Caune
Minervois :
Nos amis Anne-Marie et Bernard nous ont fait goûter un soir à l’apéritif "du rosé pamplemousse".
Quelle découverte ! ce vin est délicieux, léger et apporte de la fraîcheur.
Lors de l’une de nos escapades, nous nous sommes arrêtés à CAUNES MINERVOIS. Absorbé par mes prises de photos, mon épouse (attirée par sa curiosité) découvrit une publicité à l’entrée d’une maison sur le "rosé pamplemousse".
Place de la République juste après la fontaine de marbre, à droite sous le panneau, dégustation de bons vins dont le fameux rosé pamplemousse
Surprise par l’appel d’une "charmante vieille dame" sortant de l’ombre, elle se laissa entraîner par cette dernière afin de déguster son fameux rosé ….
Bien entendu, je la rejoignis et ensemble nous avons pu apprécier la qualité du vin qu’elle nous proposait.
En nous racontant son histoire et constatant l’admiration qu’elle portait à son petit-fils (celui par qui le rosé pamplemousse est né), nous nous sommes laissés emporter dans le passé….
Mamie est fière de son petit-fils vigneron
Bien qu’elle ne fût pas favorable à ce qu’on la prenne en photo, elle s’est laissé faire ne pouvant résister à la demande de mon épouse.
Nous avons passé un très bon moment auprès d’elle et avons apprécié ce village.
Nous avons acheté un peu de rosé pamplemousse et aussi une autre spécialité du petit-fils "du vin aux mûres".
Si vous passez dans ce coin, n’hésitez pas. Arrêtez-vous et appréciez ….
Vous trouverez ci-après quelques photos et les coordonnées de ce vigneron, qui par l’intermédiaire de sa grand-mère, nous a séduit.
Si nous avons l’occasion de repasser par là, c’est avec plaisir que nous nous rendrons chez "notre charmante vieille dame".
voici les coordonnées de ce vigneron
cette charmante Dame nous a réservé un accueil très chaleureux
Voici un brancard (il me semble que l'on appelle cette pièce comme cela) petit souvenir du dernier cheval du mari de la Dame que vous pouvez voir en photo à gauche, elle se fera un plaisir de vous raconter une tranche de vie bien remplie
Dans la réserve de vin, au mur il y avait ce vieux cliché des années 1905 que j'ai pris en photo, et qui
représente la place de la République (autrefois elle s'appellait Place Folistes) avec ses énormes platanes que vous pouvez encore admirer aujourd'hui, voir les photos ci-dessous, en comparant
vous avez l'impression que le temps c'est immobilisé
Place de la République ombragée par cet après midi de juillet très ensoleillé
Les énormes platanes plus que centenaire de la place de la République avec la fontaine de marbre
La place de la République et la rue des Écoles à droite avec le petit pont sur l'Argent Double
La place de la République à la nuit tombée, les cigales ne chantent plus
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