Voici un reportage exceptionnel, notre rencontre avec un vigneron passionné et qui n'est pas avare d'explications sur son métier.
Et oui dans l'Aude il n'y a pas que des forêts et des châteaux dit "Cathares", il y a aussi des vignes, après le village de Caunes-Minervois et le rosé pamplemousse, je vous emmène faire une petite balade toujours dans le Minervois (en occitan Menerbés) c'est une région naturelle de France située dans la région du Languedoc-Roussillon et oui ne vous en déplaise, c'est toujours dans le département de l'Aude où il y a plein de choses à voir. Il doit son nom au village de Minerve situé un peu plus au Nord / Est par rapport à Laure-Minervois (je ferai d'ailleurs un article sur ce village), Minerve est classé parmi les plus beaux villages de France et haut lieu de la croisade contre les Parfaits Cathares. Selon les archéologues Odette et Jean Taffanel du village de Mailhac, le mot Menerbés viendrait des racines celtiques 'men' pour pierre et 'erb' pour pays, littéralement pays de pierre. S'étendant entre Narbonne et Carcassonne, séparé des Corbières par l'Aude, le Minervois est constituée de basses collines sur le versant sud de la Montagne noire. Il est traversé dans sa lisière sud par le canal du Midi.
Le vignoble Minervois est très réputé pour ses vins (AOC Minervois). 18 000 ha de vignes ! Plus le paysage est beau, meilleur est le vin.
L'Aude c'est aussi cela, la région du Minervois est une vieille terre de civilisation méditerranéenne. La dernière avant le climat aquitain et atlantique qui commence à Carcassonne. Terre de vents, de soleil, de luminosité, terre dure à l'homme et à l'outil, mais aussi terre de courage, de ténacité où la vie de chaque jour se mérite.
La "Pierre" qui témoigne est ici omniprésente. Sachez perdre un moment (perdre ? ou gagner ? ) dans la garrigue et sa vie sauvage, devant une vieille route, un vieux pont, un détour du Canal, les ruines d'une maison en pierre, une capitelle, une vieille église soigneusement conservée... Les gens d'ici en sortent, ce sont leurs racines et ils en sont fiers.
A Laure-Minervois vous êtes en pleine région viticole, riche en vieilles pierres, en capitelle, en cave coopérative. L'évolution démographique de ce village est stable depuis de nombreuses années, en 1962 : 1136 habitants et en 2004 : 1124 habitants, étonnant non !
L'église de Laure-Minervois est classée au patrimoine régional, et de ce village part le fameux sentier des capitelles, petits abris de pierres sèches construits autrefois par des bergers, sentier de quelques kilomètres entre garrigue, collines, forêts de pins et ... capitelles !
JEAN-BAPTISTE LABADIE, profession : Vigneron-cocher-conteur
Jean-Baptiste un vigneron qui a aussi la passion des chevaux, il fait parti d'une famille d'artisans vignerons depuis 5 générationsC’est par hasard que nous sommes tombés sur une petite publicité nous indiquant qu’un vigneron proposait une balade dans les vignes, précédée d’explications sur le métier et suivie d’une dégustation.
Partis pour l’aventure, je peux vous dire que nous n’avons pas été déçus.
Le maître des lieux est tellement amoureux de son métier qu’il nous est facile d’être captivés par la vie de ces vignerons.
Il ne faut pas oublier sa charmante épouse qui l’assiste dans toutes ces tâches bien difficiles.
Vigneron et un beau métier qui rencontre bien des difficultés comme tant d’autres ; mais heureusement que
ces hommes existent encore et c’est à travers eux que la France restera belle. Voici quelques photos (il y en a quand même une bonne quarantaine) de notre balade à travers les vignes du Domaine
de Vignalet ...
L'étable, avec les chevaux que Jean-Baptiste utilisent pour l'entretien de ses vignobles
Un petit goûté avant la promenade dans la campagne
Jean-Baptiste en profite pour vérifier l'état des fers d'un des chevaux et il en profite pour nous donner quelques explications sur les diverses qualités de fers
Le retour du cheval dans les vignes est avant tout un état d’esprit, Jean-Baptiste veut sauver de l’oubli des pratiques ancestrales qui peuvent encore être utiles. Tel le cheval pour la conduite du vignoble, le ramassage des bois de taille, l'écimage, traitements, transports agricoles etc ...
L’exploitation exclusive de la propriété familiale a permis à Jean-Baptiste, passionné de cheval depuis l’enfance, de le réintégrer dans la viticulture.
Deux dimensions essentielles : d’une part culture superficielle du sol, pour laquelle il est parfaitement adapté (outils traditionnels permettant de pénétrer seulement les dix premiers centimètres du sol, pas de tassement).
C’est aussi une façon de préserver l’environnement, pas de "cabine" ou de "filtre à charbon", les pesticides sont bannis au profit de moyens plus doux, sans risque d'incompatibilité. Travailler ainsi, c’est "vivre sa vie avec un idéal réalisé", une vraie qualité de vie, au rythme de la nature, et du cheval qui, lui, nous impose l’observation, l’absence de bruit mécanique, nous rendant ainsi disponible aux bruits de la terre. S’adapter et dompter l’animal demande sagesse et patience … Il n’est qu’à l’observer en communion avec son environnement et suivre son exemple ...
La jeune fille harnache les chevaux, pendant ce temps là, Jean-Baptiste va nous expliquer son métier de vigneron
Nous pénétrons dans le chai où le vin est mis en fermentation avant la mise en bouteille
c'est là que Jean-Baptiste va nous expliquer ce qu'est la vigne, le raisin et toutes les phases par lequel il passe pour arriver jusqu'au stade final : le vin
Jean-Baptiste a très bien préparé les choses, puisque des photos et croquis accompagnent ses explications très intéressantes, ce qui facilite la compréhension
Dans la mesure du possible, nous allons tenter de participer à cet événement naturel que sont les fermentations
alcooliques et malolactique, presque "en voyeurs" et l’on tutoie les levures : "allez vas y, fermente"... Nous évoluons avec ces deux composants, les surveillant en médiateurs permanents
et, si "ça se dispute" nous y mettons bon ordre !
Les vins rouges :
Le processus de vinification actuel consiste en un éraflage total de la vendange, et, lorsque la fermentation a
débuté, en quelques soutirages à l'air, relativement fréquents. Puisque nous ne faisons pas de foulage, nous pourrons sélectionner par la suite les jus en trois parties :
- les jus de coule
- les fins de coule (auto pressurage du chapeau de marc)
- les jus d'essorage du pressoir
Ce protocole amène dans les presses un sucre résiduel que nous pensons diminuer dans l’avenir, par deux délestages à des moments opportuns.
Les rosés :
Se sont des rosés de saignée!
D’où meilleur rapport solide / liquide dans les cuves de rouge, car l'on obtiendra plus de fruits dans moins de jus et des vins plus concentrés.
Les Blancs :
Une longue observation nous amène à ne pas choisir le maintien à tout prix de l’acidité. Comme pour les rouges,
le raisin sera donc cueilli à bonne maturité. L’évolution de cette maturité sera surveillée de très près, pour éviter de franchir les 14°, cap susceptible d’ajouter un effet brûlant indésirable
dans un vin blanc sec (dans ce cas nous préparerions la fermentation malolactique au printemps, en barriques sur lies
(méthode utilisée pour le Marie Claude blanc).
Nous vendangerons lorsque les conditions atmosphériques auront permis au raisin de trouver son équilibre acide,
après évaporation des excédents d’eau.
Les jus sont obtenus par pressurage intervenant parfois après une légère macération pelliculaire de 24 heures. Suivra un petit débourbage, passage à froid (environ 10 degrés C°), pendant 24
heures. C’est à ce moment que seront isolés les jus destinés aux Cuvées Marie-Claude blanc, dans des barriques où elles termineront les fermentations alcooliques avant l'hiver et malolactique
au printemps. Les autres jus poursuivront la fermentation alcoolique en cuve. Les parties solides des grains, filtrées, éviteront le déclenchement de la fermentation malolactique. Le vin sera
embouteillé 2 à 3 mois plus tard.
Pour un bon équilibre gustatif les vins blancs méditerranéens compensent le léger déficit acide grâce à leur alcool.
Jean-Baptiste amène les chevaux qui ont été harnachés
Les chevaux de
l'attelage sont magnifiques
Nous assistons aux préparatifs des chevaux qui vont être attelés à la calèche, celle-ci, peut transporter 10 personnes
c'est pour cela qu'il vaut mieux lui téléphoner pour réserver
Les chevaux sont attelés
Jean-Baptiste effectue un dernier contrôle, la calèche est fin prête. Jean-Baptiste se dit volontiers
"vigneron-cocher-conteur"
C'est parti pour une belle balade dans les vignobles et campagne minervoise
attention virage à gauche, Jean-Baptiste connaissant parfaitement les chevaux c'est une balade sans appréhension
L'air est excessivement chaud, les fers des chevaux martèlent le bitume, des lézards courent sur le mur en pierre sèche, ... que c'est bon une balade en calèche !
Nous empruntons de petits chemins de campagne, les cigales s'envolent en tous sens lors de notre passage
Voici la suite des explications de Jean-Baptiste :
Nous sommes notre Terre... et notre Terre, c’est nous. Parce que, jour après jour, les uns après les autres, nous l’avons faite ce qu’elle est, parfait amalgame de Climat, Sols, Cépages et... Hommes.
Notre vignoble comprend, dans le même terroir, plusieurs parcelles, nichées à flanc de coteau et regroupées en îlots de 6 à 10 hectares, venant s’imbriquer dans cette garrigue aux parfums de pins, chênes verts, arbousiers, lentisques, thyms, romarins et tant d’autres irremplaçables senteurs.
La diversité d’ensoleillement de ces coteaux en est la richesse, car elle nous permet, dans d’excellentes conditions, d’adapter plusieurs cépages, accroissant d’autant plus les possibilités de notre gamme.
Le Climat, de type méditerranéen, est tempéré dans cette zone par l’influence de la Montagne Noire et la proximité d’un secteur de transition déjà océanique.
Lors de la maturation, les températures fraîches préservent les notes fruitées et l’équilibre acide du vin ... C’est une terre d’exception pour la Syrah.
Les Sols : paysage de Mourrels, aux fortes pentes ravinées par la pluie, alternant grès durs et molasses tendres, sensibles à l’érosion. Ces buttes, typiques de notre région, coiffées de pin d’Alep et de cette végétation méditerranéenne, lui confèrent un charme tout particulier.
L’alimentation en eau, variable d’une exposition à l’autre, va déterminer le choix des cépages. Les blancs, Chardonnay et Sauvignon, sont implantés dans des sols conservant une bonne réserve hydraulique. Les Syrah, même en exposition un peu plus fraîche, ont besoin d’une alimentation en eau régulière.Le Grenache convient aux expositions les plus sèches, en terrains argilo-calcaires. Le Carignan est réservé aux sols peu fertiles et très bien exposés.
L’ effort de replantation des années précédentes a donné un ensemble de grande qualité. L’état des jeunes plants est excellent, tant pour l’homogénéité des ceps que la taille de formation et le palissage. Celui des vignes plus anciennes ( de 40 à 70 ans ) est tout aussi satisfaisant. Bien entretenues, leur durée de vie est supérieure à 20 ans.
Les cépages, sur nos terrains trois cépages prédominent :
En rouge, le Grenache, la syrah et le Carignan. Deux cépages "capricieux" les suivent : le Cinsault et le
Mourvèdre, qui ne peuvent trouver, en tous points du territoire, leurs conditions idéales. Une approche plus attentive s’avère donc indispensable pour les aider à s’épanouir totalement.
En vin de pays, les merlot, et cabernet-sauvignon viennent enrichir la collection des cépages.
évasion, champs d'avoine bordant les vignes, c'est dommage, il manque le bruit des insectes, je les ai dans la tête ...
J'ai trouvé un certain charme à cette photo qui cadre bien avec la précédente
Le calme de la campagne, juste le bruit des cigales ... vous entendez ?
Jean-Baptiste nous conte "la vigne, sa vigne" tout au long du parcours, les différents cépages, le travail de la
vigne, le labour avec ses chevaux ...
La région, convient parfaitement aux cépages Carignan et Grenache, car ce sont des cépages à port érigé (comme sur la photo ci-dessus), sans obligation d’être conduits sur espalier : leur taille est libre. La surface foliaire se calcule différemment, car les rameaux reçoivent le soleil par le haut et les côtés.
Le talent des vignobles en coteaux de Laure-Minervois est d’atteindre naturellement leurs équilibres, les sols ne
donnent pas trop d’acidité, il n'y a pas de vins "verts" ; ils sont maigres et bien exposés au soleil, il n'y a pas non plus de vins "chauds", excessifs. Le goût du raisin peut facilement
ressortir, d’autant que la cave du domaine de Vignalet est équipée pour vinifier les cépages séparément et accéder aux cuves par le sommet évitant ainsi la manipulation du
raisin. Notre objectif : du fruit en attaque, de la rondeur en
finale.
Nos AOC Minervois expriment les qualités que nous attendons de nos cépages majeurs :
"La typicité du Carignan me rappelle les vins de mon père. Pièce maîtresse des assemblages, la vinification en macération carbonique apporte toute la puissance du fruit, c’est mon histoire.
"
C’est aussi une richesse locale dans laquelle on n’a pas assez puisé, et c’est une erreur. Ce que je recherche ? Le côté ancien que l’on obtient du jus de presse. Jean-Baptiste ne laisse à
personne le soin de décuver. Il suit, à l’oreille et au goût, l’évolution de la macération, retire le jus des grappes éventrées.
j'adore cette phrase de Jean-Baptiste :
"La nature est capable de rendre l’homme heureux, s’il sait s'adapter, ne serait-ce qu'un peu ! "
Il continue ses éclaircissements :
Pour équilibrer le fruit, Grenache et Syrah sont assemblés au Carignan. Le Grenache parfait l’équilibre naturel du Minervois. Il apporte la rondeur et permet de nous adapter à des consommateurs
qui pourraient s’effrayer d'un vin trop expressif, nous parlons de vin qui doit laisser un souvenir dans la bouche. La Syrah, cépage languedocien abandonné au XIXème siècle, est
exigeante. Si on la veut explosive, capable d’affronter la barrique il faut la soigner. Elle est prenante et difficile à tailler car hyper végétative. Nous nous donnons tous les moyens de la
faire éclore.
La cuvée Artisane (60% Carignan, 40% Syrah) est vraiment l’expression de son vigneron, celle qui reflète la puissance des cépages, la finesse de l'assemblage, le caractère du
terroir.
Domaine Vignalet : Syrah, Carignan, et Grenache qui apporte une autre rondeur, une aisance à la dégustation, et couronne le trio phare des assemblages de l’Appellation
Minervois.
Une des parcelle du domaine Vignalet
Les routes sont étroites dans la campagne minervoise, celles-ci sont très peu circulées car elles desservent des parcelles viticoles
On effectue un arrêt Jean-Baptiste veut nous montrer une capitelle
Voici ce qu'est une capitelle, elle sert à abriter les bergers où vignerons lors des
intempéries
Le terme "capitelle" est la francisation du languedocien capitèlo (Abbé de Sauvages), une capitelle (en occitan capitèla) est une cabane construite en pierre sèche, c’est-à-dire sans mortier, dans les anciennes garrigues des villes du département du Gard. Cette appellation, à l'origine, strictement nîmoise, tend à prendre le sens générique de "cabane en pierre sèche" et à gagner les départements voisins, et son emploi se généralise dans la littérature touristique pour désigner la même construction en d'autres départements du Languedoc, Ardèche, Hérault, Aude.
L'entrée de la capitelle
Voici l'intérieur, elle est entièrement construite de pierres sèches, sans mortier, une énorme pierre plate
couvre l'ensemble et maintient la structure en place
Une autre capitelle plus importante
les capitelles se fondent dans la nature
les capitelles sont de plus en plus restaurées et maintenues en parfait état
Notre carrosse nous attend
Notre promenade à travers les vignobles et la campagne minervoise se poursuit ...
Les parfums de la garrigue vous remplissent les narines, les paysages défilent tranquilles à l'allure des chevaux, c'est très agréable en cet fin d'après-midi
Autrefois, nous explique Jean-Baptiste, il y avait des vignes de partout, aujourd'hui les vignerons ont arraché des pieds pour des problèmes de quotas fixés par l'union européenne
c'est ce que vous voyez ici sur cette photo, l'herbe folle a repris ses droits et les arbres ont
poussé
petite route bordée de murs en pierres sèches, on a le temps d'apprécier !
retour vers Laure-Minervois
Il fait encore très chaud en cette fin de journée, les chevaux sont pressés de rentrer
Comme je vous l'ai expliqué au début de l'article les chevaux de Jean-Baptiste ne servent pas qu'aux balades en
calèche
Jean-Baptiste ramène les chevaux au pré
Suite à la promenade, Jean-Baptiste nous invite à une dégustation de vins d'un terroir exceptionnel. Vraiment allez-y vous ne le regretterez pas !
N'hésitez pas à l'appeler pour réserver ou pour demander les tarifs de ses vins, pour commander, il se charge
aussi des expéditions.
Pour la balade en calèche, il vous accueille tous les jours de juin à septembre, à 17h au,
Domaine Vignalet
Jean-Baptiste et Nicole LABADIE
Av. Bentoulades
11800 LAURE-MINERVOIS
Hors saison, merci de le contacter pour organiser un rendez-vous,
Tél. 04.68.78.12.03
Tél.
06.72.08.91.89
labadie4@wanadoo.fr
Tarif 2009 : 8 € par adulte pour 1 heure environ de balade.
Demi tarif pour les enfants de moins de 7 ans
Un dernier mot : Merci encore à ce vigneron qui nous a fait découvrir de belles choses. La balade en calèche fut magnifique en cette fin d’après midi quand le soleil brille encore et donne de superbes couleurs à la terre et aux vignes.
Merci aussi pour cette dégustation, vin bien apprécié…. et les quelques bouteilles achetées seront, nous en sommes sûrs, dégustées par nos hôtes.
J'espère que cet article vous a plu ?
A bientôt peut-être……
Avant de vous quitter voici un petit lexique pour parfaire votre culture viticole :
Eraflage : séparation des grains et des rafles après la
récolte.
Foulage : opération consistant à faire éclater la peau des grains de raisin.
Débourbage : clarification du jus de raisin non fermenté, séparé de la bourbe.
Marc: partie solide (peau, pépins) que l’on a pressée.
Délestage : pendant la période de macération : vidange totale du jus de la cuve et ré-incorporation, par dessus le chapeau de marc, afin
qu'il se recompose après dislocation.
Jus de coule : sort naturellement de la cuve à la fin de la fermentation. Provient des pulpes se trouvant juste sous la peau.
Saignée : procédé de fabrication des rosés consistant à prélever du vin de la ou des cuves de vin rouge au début de la fermentation alcoolique,
pour obtenir une couleur rosée.
Jus de pressoir : s'obtient dès la mise en route du pressoir, lorsque la pression monte. Il est
impératif de procéder par pression modérée, quitte à allonger le délai, pour ne pas trop "triturer la matière"
Fin de coule : obtenue par l'auto pressurage du chapeau de marc lorsque celui-ci vient butter au fond de la cuve, quand tout le jus de coule en
est sorti. Il contient encore quelques sucres résiduels. Ces jus proviennent des pulpes situées plus près du pépin. On pourra y adjoindre l'égouttage du chapeau de marc qui se produit au
remplissage du pressoir. La dégustation au cuvier décidera de l'ajout en fin de coule ou de sa mise avec les presses (il est essentiel de vinifier le verre à la main - in vino
veritas).
Fermentation malolactique : transformation de l’acide lactique en acide malique et gaz carbonique, pour assouplir le vin. Chute de l’acidité
totale.
Lies : dépôt de peau et de pépins en fond de cuve ou barrique.
Soutirage : changement définitif de contenant, pour éliminer les lies restées au fond.
Acidité : présente sans excès, l’acidité contribue à l’équilibre du vin en lui apportant fraîcheur et nervosité. Très forte elle devient un
défaut, insuffisante le vin est mou.
Gras : synonyme d’onctueux.
Rond : se dit d’un vin dont la souplesse, le moelleux et la chair donnent en bouche une agréable
impression de rondeur.
S’arrondir : vin qui perd son astringence et devient doux sous la langue. L’effet
agréable qu’il procure au palais lorsqu’il commence à vieillir.
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