Partager l'article ! Abbaye Sainte-Marie de l'Orbieu à LAGRASSE, 2ème partie: Voici la seconde partie qui va vous emmener plusieurs siècles en arrière au sein d' ...
Voici la seconde partie qui va vous emmener plusieurs siècles en arrière au sein d'une des plus prestigieuse abbaye
du Languedoc Roussillon ... Comme d'habitude si vous avez des compléments d'informations à apporter, n'hésitez pas, contactez moi à l'adresse mail figurant à la fin de l'article, je compléterai volontiers le reportage. Que cela vous donne envie de vous y rendre,
je vous souhaite une bonne lecture ...Je vais vous faire toucher du doigt une partie des détails architecturaux de cet immense vaisseau qu'est l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu :
L'implantation de cette abbaye a été réalisée
comme bien souvent, dans un cadre magnifique et calme, souvenez-vous du reportage sur abbaye de Fontfroide que vous pouvez aussi découvrir ICI
Très belle photo aérienne de Lagrasse et de
son abbaye à droite
Voici un plan montrant l'organisation complexe des pièces qui ont été réalisées aux cours des siècles passés
Les bâtiments s'organisent autour de deux cloîtres et de plusieurs cours. On peut observer la base d'une tour pré romane entre l'église et le dortoir. L'église a préservé son bras sud avec trois absidioles ornées d'arcatures lombardes qui sont de petites arcades servant de décor externe caractéristiques du premier art roman méridional. Le sanctuaire se compose d'une nef de trois travées, avec abside à chevet plat. Contre le dortoir, s'élève le petit cloître réutilisant des chapiteaux d'époque romane, ainsi que la chapelle abbatiale dont le niveau supérieur recèle des vestiges de peintures murales et un dallage du XIVème siècle. Le grand cloître, du XVIIIème siècle, se compose de quatre galeries aux arcs plein cintre. Au Sud, s'élève le logis abbatial, quadrilatère flanqué de tours défensives à ses angles Nord/Ouest et Nord/Est, cette dernière a été arasée à partir de son premier étage. Les bâtiments aux façades classiques ceinture une petite cour avec au Nord et à l'ouest les appartements de l'abbé, au Sud la chapelle de l'abbé et à l'Est le dortoir des moines, la porterie débouche aussi sur la cour. La porterie était au moyen-âge l'entrée du monastère qui s'ouvre également sur une cour avec autour les écuries, la boulangerie et la tour Nord/Ouest du logis qui défendait l'entrée.
Voici l'état de l'abbaye dans les années 1930, un musée lapidaire venait d'être créé
La cour du logis est remarquable par sa galerie à un étage qui court sur deux côtés, permettant l'accès aux différentes salles du logis. Cette galerie en bois est soutenue par neuf colonnes. La porte du rez-de-chaussée ouvrant vers la porterie est un grand arc en plein cintre composé de claveaux chanfreinés et dont la clef de voûte est étonnante par sa découpe en dent de scie.
La cour et galeries du logis abbatial
L'escalier de pierre qui permettait l'accès à la coursive de la cour du logis
Autre angle de vue de la galerie du logis abbatial, l'escalier de pierre qui permettait de monter depuis la cour n'a pas été restauré
On prend de la hauteur pour admirer cette cour du logis abbatial et de sa galerie
Détails de la très belle baie gothique géminée qui se trouve dans la galerie du logis, revoir la photo ci-dessus
Détails des chapiteaux des colonnes de la cour du logis, ceux-ci sont composés de motifs de feuilles et de dessins géométriques.
Pour ceux que cela intéressent vous pouvez agrandir les photos en cliquant simplement dessus.
Autre photo de cette galerie moyenâgeuse comportant de nombreux détails intéressants
D'autres chapiteaux dans cette cour du logis, sont plus travaillés comme on peut le voir ici, voir détails ci-dessous, cliquez sur la photo pour agrandir
Ils sont sculptés de personnages monstrueux, de grandes palmes, d'entrelacs, de têtes caricaturales dont un ange souffleur de trompe aux joues gonflées.
Ces deux chapiteaux proviennent probablement du cloître roman.
Superbes chapiteaux romans sculptés de la cour du logis
Autres détails d'un chapiteau roman
Bel angle de vue de cette galerie de la cour du logis avec la belle baie gothique géminées près de la porte
Les appartements de l'abbé a subi de nombreuses modifications au cours des siècles, au rez-de-chaussée de l'aile Nord se trouve la cuisine et le four à pain, et diverses autres pièces réservées au service. Un escalier de pierre faiblement éclairé par des fentes mène à l'étage. Celui-ci se compose de nombreuses salles, dont la plus remarquable est parée d'une cheminée monumentale de style renaissance due à l'abbé Philippe de Lévis (1501-1537) comme l'indique son blason placé au dessus de la porte.
A gauche, la porte d'entrée de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx, des colonnettes encadrent la porte dont le linteau repose sur deux consoles, l'une à visage de femme, l'autre à visage fantastique feuillu (voir détail ci-après). A droite, l'enfilade des colonnes de la cour du logis supportant la galerie.
L'abbé Auger de Gogenx est l'un des plus illustres abbés de Lagrasse, grand réformateur il a aussi laissé son empreinte dans l'architecture. Le fascinant missel de l’abbé Auger est conservé actuellement à la British Library à Londre, les magnifiques enluminures du missel, les sources liturgiques utilisées pour le construire, et les particularités liturgiques rencontrées dans le calendrier et les célébrations liturgiques. Ce missel comporte un intérêt important pour la vie liturgique de la communauté monastique de Lagrasse entre la fin du XIIIème siècle et le début du XIVème.
Détails de la porte du sanctuaire, surmontée d'un tympan en arc brisé orné de la crosse et des armes de l'abbé et de l'inscription gravée de la fondation de 1296
L'aile Nord du logis abbatial est occupée par la chapelle privée de l'abbé Auger de Gogenx. L'édifice comprend une chapelle basse et une chapelle haute précédée d'un vestibule. La chapelle basse voûtée en berceau, se termine par un chœur peu profond. La nef prend le jour par des soupiraux placés très haut. On accède à la chapelle haute depuis la galerie supérieure de la cour. Des peintures murales couvrent entièrement les murs du vestibule d'un décor très coloré. La porte d'entrée au sanctuaire est très intéressante, elle est surmontée d'un tympan en arc brisé orné de la crosse et des armes de l'abbé et de l'inscription gravée de la fondation de 1296. Des colonnettes juchées sur de hautes bases polygonales encadrent la porte dont le linteau repose sur deux consoles, l'une à visage de femme, l'autre à visage fantastique feuillu. Le chœur surélevé par une marche occupe la moitié Est de la chapelle. Dans le mur Sud s'ouvre une fontaine liturgique finement sculptée. Le mur Ouest montre une peinture murale représentant le jugement dernier. L'arbre de vie ou l'arbre de Jessé occupe tout le mur Est. Le sol est entièrement recouvert de carreaux de terre cuite émaillée, certains portants la croix du Languedoc et la fleur de lys (cela me fait penser à une idée de reportage "l'histoire de la croix du Languedoc"...). Des carreaux à décor peint, forment un ensemble avec des animaux et des personnages racontant une scène de chasse.
Détail de la console supportant le linteau de la porte d'entrée de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx, visage fantastique feuillu.
A gauche, détail du visage fantastique feuillu. A gauche, par l'une des ouvertures vous apercevez
l'église du village médiéval de Lagrasse situé sur l'autre rive de l'Orbieu
L'intérieur de la chapelle privée de l'Abbé Auger de Gogenx aux murs peints.
Les peintures murales très colorées couvrent entièrement les murs du vestibule.
Autre détail des peintures murales de la chapelle privée de l'abbé Gogenx
Autre motif peint, scène de combats au moyen-âge
Détail d'un carreau en terre cuite émaillée recouvrant le sol de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx.
Quelques carreaux portent la croix du Languedoc comme celui-ci, d'autres sont animés de fleur de lys. D'autres détails forment un décor étonnant que je vous engage à aller voir.
La cheminée monumentale de style renaissance due à l'abbé Philippe de Lévis (1501-1537) dans une des salles de l'appartement de l'abbé
Autre photo de la cheminée monumentale de style renaissance XVIème siècle
Cour près de la tour pré-romane
Le dortoir des moines, bâtiment qui ferme à l'Est le logis abbatial, fut construit à la fin du XIIIème siècle par l'abbé Auger de Gogenx. Il s'agit d'un immense vaisseau d'une surface de 484 m², à neuf travées séparées par des arcs diaphragmes qui supporte la charpente à l'origine plus élevée d'environ un mètre vingt. Il fut à l'origine partagé en deux dans sa hauteur, avec au rez-de-chaussée un cellier et une cuisine et au premier étage le dortoir des moines. Neuf baies en arc brisé s'ouvrant sur la façade Est éclairent le dortoir. Utilisé à l'origine comme un lieu collectif, l'espace fut divisé ensuite en cellule dont on voit encore les traces au sol. Le dortoir est desservi par un escalier du XVIIème siècle qui donne accès au cloître et à l'église.
Le dortoir des moines de 484 m² situé au premier étage d'un bâtiment construit à la fin du XIIIème siècle
Escalier monumental datant du XVIIème siècle menant au dortoir des moines
A gauche, détail des arcs diaphragmes supportant la charpente du dortoir des moines, à l'origine elle devait être
vingt mètres environs plus haute. A droite, une baie romane géminée de l'église de l'abbaye.
Une autre photo montrant les baies en arc brisé s'ouvrant sur la façade Est de cet énorme bâtiment
Des expositions ont souvent lieu dans le dortoir des moines, par exemple ici cela concerne l'atelier de sculpteurs de Cabestany
Cellier de l'abbaye, comme vous pouvez le constater les volumes sont importants
Dans ce cellier de l'abbaye, l'association la Mémoire du Livre, avec les soutiens du Conseil Général de l'Aude, de la mairie de Lagrasse et du Syndicat d'Initiative, organise des Salons du livre ancien en Pays Cathare
Cheminée monumentale du cellier et des cuisines de l'abbaye
La tour pré romane a été éventrée sur toute sa façade Ouest pour transformer son premier étage en palier du grand escalier droit menant au dortoir. Cette date de l'époque carolingienne, c'est l'élément architectural le plus ancien de l'abbaye. Elle est rectangulaire, et possédait à l'origine quatre niveaux.
La tour Pré romane se situe à l'Est à droite de l'église, ici au centre de la photo, c'est la partie avec les colonnettes supportant la toiture du palier terrasse menant aux dortoirs du second étage du bâtiment avec les contreforts venant renforcer les arcs diaphragmes.
La tour clocher monumentale se dresse en bout du transept Sud. Philippe de Lévis la fit bâtir au XVIème siècle (1537) selon une conception originale puisqu'elle est à la fois défensive, avec ses bouches à feu, et religieuse avec ses cloches. La base du clocher donjon de plan carré épaulée de puissants contreforts aux angles, est surmontée d'une tour octogonale s'appuyant sur les pinacles des contreforts par de fins arcs-boutants.
la tour clocher à l'extrême Sud de l'abbaye
Voici une vue orientée Sud / Est de la tour Charlemagne ou tour
clocher
Les bâtisseurs du XVIème siècle de cette tour n'ont pas fait dans la simplicité, elle est originale et massive pour assurer la défense du lieu. Apparemment elle aurait dû être plus haute pour affiner sa silhouette, mais elle n'a jamais était terminée.
L'église abbatiale, il ne reste rien de son état primitif antérieur à 779, sauf des éléments épars qui confirment son existence. Dans l'église on peut admirer des claveaux, des chapiteaux et des consoles en marbre blanc richement sculptés de motifs floraux, géométriques, animaliers, fantastiques et humains. L'ensemble de ces sculptures est attribué à l'atelier du maître de Cabestany (Le maître de Cabestany est le nom d'un village des Pyrénées-Orientales car ce sculpteur anonyme reste un mystère). Il y a des inscriptions qui court de claveaux en claveaux, elles donnent deux noms : Guillaume et Robert successivement abbés de Lagrasse de 1157 à 1161 et de 1161 à 1167. Au cours des siècles l'église va subir des transformations qui, cependant ne toucheront pas à sa structure. Au-dessus des absidioles Sud on aperçoit un mur crénelé et percé d'archères qui fut élevé lors de la mise en défense du monastère au XIVème siècle. Par la suite, on pratiqua des ouvertures de portes, des créations d'escaliers, et surtout on procédera à des décorations et aménagements intérieurs tels que les autels et les stalles, dont il ne reste rien.
La chapelle abbatiale Saint Barthélemy est très sombre, le choeur est surélevé par une marche occupe la moitié Est de la chapelle.
Le sol est entièrement recouvert de carreaux en terre cuite émaillée.
Dans l'angle du mur Sud, s'ouvre une fontaine liturgique. L'arbre de vie dont on voit encore les peintures ici, occupe tout le mur Est.
L'entrée de la galerie de l'exposition lapidaire de l'abbaye.
De nombreux fragments lapidaires retrouvés lors de travaux sont exposés ici dans l'abbaye.
Quelques détails de ces fragments lapidaires qui montrent la
finesse des sculptures, c'est superbe à voir !
L’abbaye de Lagrasse possède le buste d’une statue gisante que l’on peut attribuer à l’abbé Auger de Cogenx (1280-1309). Repéré pour la première fois dans l’ancien dépôt lapidaire de l’abbaye, il est actuellement présenté dans une galerie du cloître.
Bas relief retrouvé sur le site lors de restaurations, je suis toujours admiratif devant ce
travail accompli.
Le cloître gothique
Le cloître gothique, édifié autour de 1282 est connu par deux témoignages : des éléments d'arcs, de colonnes et de bases d'une facture très sobre, déposés dans l'abbaye, ainsi que la gravure du Monasticon Gallicanum qui prouve encore son existence en 1687. Sur sa galerie Sud, dans le prolongement de la nef, une porte romane aujourd'hui murée s'ouvrait sur le chapitre. Ce cloître gothique fut détruit et les moines mauristes en construisirent un autre sur le même emplacement, l'un arc porte la date gravée de 1770. Trois galeries s'ouvrent par six arcades et une par sept. Les arcs, en grès blond veiné de rouge, aux proportions harmonieuses sont ornés de sculptures sur des clefs aux motifs floraux et têtes humaines chevelues ou casquées, encadrées d'accolades. Cela apporte un peu de fantaisie dans cet ensemble très sombre. Le cloître est fermé à l'Est par l'ancien dortoir médiéval et l'infirmerie.
La cour d'honneur réalisée en 1745 séparant les bâtiments conventuels
Il y a plein de choses encore à voir dans l'abbaye que je n'ai pas montré ici, je vous laisse le soin de les découvrir lors de votre visite et n'hésitez pas à m'envoyer vos photos insolites que je rajouterai avec plaisir dans ce reportage.
LE BOURG DE LAGRASSE LE VILLAGE MÉDIÉVAL
Le pont Vieux de 40 mètres de long, qui enjambe l'Orbieu daterait du XIIème siècle, il était jadis défendu par des tours d'environ 18 mètres de haut qui furent démantelées en 1618 car elles menaçaient la stabilité des piles. Un sceau de 1303 décrivant l'ouvrage atteste son existence dés le début du XIVème siècle. Ce pont unit depuis toujours l'abbaye au village. L'Orbieu est l'un des cours d'eaux principaux du massif des Corbières. Son parcours s'étale sur plus de 80 km entre sa source, dans les Hautes-Corbières et le secteur de Raissac-d'Aude en Narbonnais, où il se jette dans l'Aude.
Le village médiéval de Lagrasse qui s'est construit après la construction du monastère, a gardé des restes de son enceinte, avec la tour de Plaisance, du XIIème siècle, de belles maisons et de l'ancienne halle ornée d'écussons armoriés. La halle occupe cet emplacement dans le village depuis 1315, car avant les échanges commerciaux se faisaient dans l'enceinte du monastère.
Le pont Vieux permet de relier la cité médiévale à l'abbaye
je vous propose un petit tour du village médiéval de Lagrasse, on quitte l'abbaye en empruntant le pont Vieux
Retour par le pont Vieux dans la cité médiévale
La halle avec ces piliers de pierre du XIVème siècle
La très jolie place de la halle au centre du village médiéval de Lagrasse vaut le détour
Remarquez sur cette place de la halle ces maisons avec leurs encorbellements formant une allée couverte
Ces balcons soutenus par des piliers en pierre surmontés de chapiteaux sculptés de têtes, puis d'un sommier en bois aux riches moulures, dont vous avez un détail ci-dessous ...
Détail du chapiteau sculpté de têtes, avec son sommier en bois aux riches moulures
En vous baladant dans le village scrutez le moindre des détails de ces maisons datant de la deuxième moitié du XIIIème jusqu'au XVème siècle
Je ne savais pas trop où placer ce document, cela tombe bien puisque je vais vous parler de l'église Saint-Michel de Lagrasse.
Donc, pour ceux que cela intéressent voici un document comportant des notions
d'architecture pour les églises
Au centre de la localité, l'église Saint-Michel a été construite entre 1359 et 1398. L'église primitive se trouvait à l'origine près du monastère des Bénédictins, sur la rive gauche de l’Orbieu. Il est probable qu’elle avait été édifiée vers le 9ème siècle, à la diligence des moines, pour servir à la population locale. C’est au milieu du 14ème siècle que les Consuls et la Communauté des habitants de Lagrasse, après avoir fait construire les fortifications de la ville, pour la mettre à l’abri des gens de guerre, demandèrent pour ce même motif et pour la commodité des services du culte, à transférer l’église paroissiale à l’intérieur des murs du village. La décision fut prise le 17 septembre 1359 exactement.
La construction de cet édifice au milieu d’un village déjà construit explique l’entorse faite à la règle générale de l’époque, d’orienter les églises vers l’orient. Nous avons vu que le bâtiment a été implanté dans le prolongement d’une rue, d’autre part, la topographie des lieux a conduit à donner au tracé de la cité une orientation Nord-Sud. Cette implantation entraînait le minimum de démolition de maisons pour implanter le bâtiment.
L’église actuelle a toute la largeur primitivement prévue, et mesure à l’extérieur, 22 mètres de largeur et 45 mètres de longueur. A l’intérieur, elle mesure seulement 22,54 mètres de long, dont 12,74 mètres pour la nef et 9,80 mètres pour le choeur. La différence, est imputable à la sixième travée, qui n’a pas été achevée. A l’intérieur, la nef mesure 14 m de large, le reste s’applique à l’enfoncement des chapelles et à l’épaisseur des murs.
L’église de Lagrasse est un monument typique du gothique méridional à nef unique, tels ceux construits au XIVème siècle dans la perspective de l’évangélisation des foules. Conformément à l’usage dans le midi, le vaisseau s’élargit de chaque côté dans des chapelles ouvertes entre les contreforts. Cette façon de construire donne un aspect extérieur en forme de forteresse.
On mit près de 40 ans à construire cet édifice en pierres dures du pays, taillées et appareillées. Cette église fut inaugurée et consacrée en 1398. Il ne reste aucun document écrit qui relate cette cérémonie, mais les douze croix marquées sur les murs intérieurs en témoignent suffisamment.
L'église possède des orgues construits par Puget en 1852 pour l’église du couvent des Carmes à Carcassonne. Il fut acheté par des mécènes pour être installé à Lagrasse en 1883. Il y a 1258 tuyaux de bois ou d’étain dans cet instrument qui jouit d’une rare diversité de timbres.
L'entrée latérale de l'église Saint-Michel dite "petite porte" sur le côté oriental
La nef ne comprend que cinq travées, elle devait en avoir six à l’origine.
La particularité de l'église Saint-Michel de Lagrasse est sa richesse en mobilier, car à la suite de la Révolution, l’église s’est enrichie d’une partie des dépouilles de l’abbaye Sainte-Marie d'Orbieu : autels, tableaux, vases sacrés, etc.
A droite, la chaire à prêcher de style Louis XVI
Le Maître Autel de type autel-tombeau date du
XVIIIème siècle et son retable . Le beau Maître Autel ainsi que celui de la chapelle Sainte Croix sont en marbre polychrome ils proviennent certainement de
l’abbaye. Deux statues en bois doré de Notre-Dame et de Sainte Anne datant du XIXème siècle sont
disposées de part et d'autre du retable.
Au mur se trouvent divers tableaux. Au fond du sanctuaire, quatre tableaux de l’atelier de Claude Vignon (1593-1670), réalisés à Rome, autour de 1617, représentant les Pères de l’Église. Ici sur cette photo on aperçoit de gauche à droite : Saint Ambroise et Saint Augustin .
Détail du Maître Autel et son retable de l'église Saint-Michel de Lagrasse
Anges dorés de chaque côté du Maître Autel
La nef ne comprend que cinq travées. Les 9 chapelles latérales ouvrent sur la nef par des arcs brisés. Les chapelles ont reçu des voûtes d’ogives, dont les nervures retombent sur des culs- de-lampe décorés de têtes, de personnages, d’animaux et de feuillage.
Statue en bois doré de Notre Dame de l’Orbieu du XIIIème siècle
Plusieurs façades médiévales, certaines à pans de bois, s'élèvent encore au détour des petites rues.
Les petites ruelles étroites du moyen-âge de Lagrasse
Juste pour le fun
Observez bien les maisons, car les éléments architecturaux s'offrant à vous par la
diversité des styles et des époques donnent un cachet à Lagrasse comme ici à droite, cette porte gothique.
Le saviez-vous ? Un "Te Deum" a été écrie pour venir en aide à l'abbaye de Lagrasse :
Les travaux de rénovation de l'abbaye ayant un coût très élevé, une jeune compositrice, Jeanne Barbey, décida de leur venir en aide en écrivant un "Te Deum". Cette œuvre, fut jouée pour la première fois le 15 janvier 2006 en l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile de Paris devant plus de 1500 personnes. L'oeuvre connaîtra par la suite un grand succès, contribuant ainsi à faire connaître l'abbaye en France.
Ci-dessous, la liste des abbés provenant du Gallia Christiana T.VI c.936
A la BNF, des ouvrages anciens comme Le Mahul Tome 2 page 207 et l'Histoire Générale du Languedoc sont des sources intéressantes pour servir la rédaction de tel reportage.
Ne vous trompez pas d’entrée, vous avez deux parties distinctes que vous pouvez visiter, en effet je vous rapelle que l’Abbaye de Lagrasse est divisée en deux parties comme suit :
1 - La partie publique, administrée, depuis 2005, par le Conseil Général de l’Aude ; elle comporte la cour de l’Abbé et sa chapelle, le dortoir des moines et le transept nord de l’église.
Les horaires d'ouverture par exemple en Juillet, août et septembre sont 10h-19h. Les tarifs : Adulte : 4
€ Tarif adulte avec le passeport : 3 € Enfant (6 à 15 ans) : 1 €
2 - La partie privée, appelée aussi "Abbaye Canoniale Sainte-Marie", administrée, depuis 2004, par les Chanoines Réguliers de la Mère de
Dieu. Entrée : par le grand portail en fer forgé donnant sur la cour du XVIIIème. Elle comporte
environ les 3/4 des bâtiments, avec l’église abbatiale, le cloître, les bâtiments conventuels du XVIIIème, le transept sud et le jardin (médiéval et renaissance). Les activités cultuelles, spirituelles, et l’accueil du public par les Chanoines, sont indépendants des activités de la partie
publique.
Dans la partie "privée" une communauté a pris naissance dans les années 1970. Elle porte le nom de « Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu » et elle a reçu du Saint-Siège son statut canonique de droit pontifical en 1997.
Installée à l’Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse depuis 2004, elle y mène sa vie canoniale (vie de contemplation par la prière personnelle et le culte liturgique, et d’apostolat, dans le diocèse de Carcassonne et dans toute la France) selon la spiritualité mariale de St Louis-Marie Grignion de Montfort et de St Maximilien-Marie Kolbe.
La Communauté compte 34 religieux. Une Communauté de sœurs lui est attachée, installée à une trentaine de kilomètres de l’Abbaye de Lagrasse, au Monastère « Mater Dei » d’Azille (Aude.
La seconde partie privée de l'abbaye occupée par les moines se visite aussi, voici les infos :
Heures d’ouverture : de 15h15 à 17h25 (dernière entrée)
de juin à septembre : tous les jours, sauf le jeudi ;
d’octobre à mai : samedi, dimanche et jours fériés ;
tarifs : adulte 4€, jeunes (de 10 à 18 ans) 2,50€, pour les moins de 10 ans c'est
gratuit.
Le jardin fait partie de la visite générale de l'abbaye.
Moines en plein travaux de restauration
Je vous fais profiter de quelques prises de vues supplémentaires avant de partir pour d'autres reportages ...
Le tout début du printemps à Lagrasse
Entre l'abbaye et le village s'écoule, paisible, la rivière de l'Orbieu
Les Corbières sont naturellement le royaume de la garrigue, des buis, cistes, lentisques, thym et romarin, cyprès solitaires, pins d'Alep et chênes kermès. Et puis, surtout, il y a la vigne dont les Corbières tirent leur notoriété la plus universelle. N'oubliez pas que le vignoble de la région fait parti du cru Corbières (classé AOC depuis 1985). Les hommes ont planté les vignes, ils ont donné au pays sa culture essentielle. Mais les hommes se font parfois ici trop rares. Certes, les Corbières ne sont pas un désert, pas encore, mais il est difficile de s'accrocher à cette terre rude à l'heure où les activités traditionnelles comme le pastoralisme et l'artisanat sont en déclin. Pourtant les hommes ont choisi de vivre ici plus tôt qu'ailleurs.
Si vous désirez vous restaurer à Lagrasse, je vous conseille deux restaurants en particulier, car nous y sommes allés plusieurs fois :
1 - Restaurant "L'Affenage" sur le boulevard Promenade au n°32 tél. 04.68.43.16.59
2 - Le restaurant "Le temps des courges" en plein centre du village médiéval dans une petite rue sympa, la rue Mazels au n°3, tél. 04.68.43.10.18 , j'ai apprécié entre autre le cassoulet et l'ambiance !
Et je vous conseille aussi fortement de faire 10 mn de voiture pour vous rendre à Tournissan pour manger à la Taverne
Vigneronne, téléphoner avant vous ne le regretterez pas, dites à Didier que vous venez de ma part, voir toutes les infos et photos ICI
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