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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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17 mars 2014
bandeau-HISTOIRE-04.jpgBandeau la porte de l histoire

 

Albedun !? Honnêtement j'ai dû zapper, je n'ai découvert que très récemment ce nom lié à une forteresse située près d'un petit hameau : Le Bézu. Je remercie Michel Moréno de m'en avoir parlé et aussi pour le partage de ses photos. En me documentant je constate que cette forteresse, a fait l'objet d'écrits associés à l'énigme du fabuleux trésor de Rennes-le-Château, ce qui m'a conduit à en savoir un peu plus. L'âme des templiers rôde aussi sur la région.

J'en profite aussi pour rappeler, car des lecteurs ont tendance à l'oublier, que tous ces reportages sont réalisés dans un but non lucratif, pour tout simplement partager et promouvoir cette belle région. Je réalise ces reportages, uniquement dans cet objectif, en espérant que vous soutiendrez ma démarche, ... pour que l'aventure puisse continuer. Je vous souhaite une bonne découverte ...

 

logo label Pays Cathare 02

 

Saint Just et Le Bézu 023

Une vue prise de Rennes-le-Château, sur la droite, le petit village de Pailhères, à gauche, le hameau Soubirous, au centre tout au fond, le village de Granès.

Bienvenue dans le Razès ! Le Bézu se situe au fond tout à gauche, derrière la colline, mais on ne l'aperçoit pas sur cette photo.

Saint Just et Le Bézu carte 01

Saint-Just-et-Le-Bézu se situe à 12 km à l'Est de Quillan, 54 km de Carcassonne, 124 km de Toulouse, 117 km de Narbonne et 70 km de Perpignan

Saint Just et Le Bézu carte 02

Une carte plus détaillée afin de bien vous situer Saint-Just-et-Le-Bézu sur la D609, au Sud de Rennes-le-Château, à l'Est le Pech de Bugarach n'est pas très loin.

Remarquez, le col du Moulin à Vent et la rivière La Blanque avec son pont romain, il en sera question dans l'article.

 

Le Bézu se situe sur le mythique sentier cathare !

Plus loin, une autre carte vous donnera la position exacte du château.

A 7 km à l'est de Quillan se trouve la commune de Saint-Just-et-Le-Bézu.

Tout d'abord voici une description rapide du site avant d'aborder son histoire :

Le château du Bézu est une forteresse perchée sur une dorsale calcaire orientée Est-Ouest. Cette position dominante du castrum permettait de surveiller les deux vallées qui le bordent : la vallée de la Blanque et celle de Casserats, traversée par une ancienne voie de communication vraisemblablement romaine. Au Moyen-Âge, ce castrum était le fief des seigneurs Bernard Sesmon, Guillaume et Pierre d'Albedun, qui possédaient et géraient des terres depuis le Bas-Razès jusqu'au Fenouillèdes et au Pays de Sault, entre le XI ème et le XIII ème siècle. Voyons plus en détails l'histoire de ce château.

Saint Just et Le Bézu 015

Le castrum d'Albedun haut perché, domine la région du Razès

Saint Just et Le Bézu 08

On aperçoit à gauche de l'éperon rocheux, des vestiges du mur d'enceinte du château d'Albedun

A 823 mètres d'altitude, le château du Bézu, Le Bézu, voici le nom actuel d'un obscur village des environs de Quillan, dont l'orthographe ne permet guère de deviner la haute antiquité.

C'est un nom qui soulève beaucoup d'interrogations. Mais il était écrit jadis Albesun, Albedin et Albedine, Albedun (d'où Al Bedu et Al Bezu, qui a été francisé en Le Bézu) et représente un plus lointain Albedunum, c'est-à-dire un nom de lieu des premiers temps romains en domaine celtique, signifiant Fort ou Château d'Albios ou Albius, nom d'homme.

Ingdunum, Lupodunum, Segodunum, Camulodunum, Bisuldunumi, Incedunum (Ensérune), Augustodunum et un grand nombre de localités en territoire celtique ou occupé jadis par les Celtes, sont formés de même manière.

Dans le petit dictionnaire des noms latins et romans des communes de l'Aude d'après divers documents du Moyen-âge on peut lire : "Saint-Just-et-le-Bézu. (Sant-Just). Sanctus Justus Buzani, de loco Bezoni". Plusieurs théories ont été publiées quant à la signification de ce nom bizarre, Albedunum signifierait "hauteur blanche" ou "hauteur fortifiée".

L'étude étymologique du nom du lieu, laisse à penser une occupation celtique et romaine, voire protohistorique. Des céramiques gauloises ou romaines retrouvées lors de fouilles archéologiques le confirment.

Voici une pensée de mon ami Michel Moréno fidèle lecteur du site, qui a cette idée concernant l'étymologie du nom de Sesmon / Sermon /Sirmon etc : Déjà les "s" et les "f" s'écrivaient pareil en français. Le Albedun, Al (le) est l'article laissé par les Sarrasins. Le reste n'est que spéculation. Mais Sermon ? La région parlait un langage différent du français, plutôt hispanique / occitan. Notre Sermon pouvait être Ser(mun), Sir(mun) Sigmund / Sigismond . Cela n'évoque-t-il pas pour vous les Burgondes ? Rappelons-nous qu'ils côtoyèrent les Mérovingiens vers l'an 500. Donc, dans la région ils eurent tout  loisir de s'implanter et laisser des traces. 

Saint Just et Le Bézu carte 03

Le château d'Albedun se situe à quelques encablures à l'Est du hameau Le Bézu, direction les Tipliés (ancien manoir de templiers, voir plus loin dans le texte)

Saint Just et Le Bézu 06

Dans son écrin de verdure le petit village du Bézu

Saint Just et Le Bézu 02

La petite église de Bézu

Saint Just et Le Bézu 014   Saint Just et Le Bézu 04

La petite église de Bézu. Église dédiée à saint Jean-Baptiste annexe de Saint-Just (cliquez sur la photo pour agrandir)

Le château du Bézu autrefois une majestueuse forteresse wisigothe (des pans de murs du VI ème siècle époque wisigothe ont été mis au jour), dresse ses ruines parmi lesquelles on peut encore distinguer une grande enceinte polygonale et le donjon.

Un esprit averti peut, du haut de la plate-forme du Bézu (832 mètres), constater que le rocher et le château sont en communication visuelle avec les forteresses de Peyrepertuse (797 mètres) et de Puivert (583 mètres). Le Bézu servait de trait d'union entre ces deux forteresses et des signaux pouvaient être échangés entre les trois places fortes. La distance de l'une à l'autre n'est guère supérieure à 15 ou 20 kilomètres à vol d'oiseau.

Si, d'un autre côté, on considère que Peyrepertuse était en relation par signaux avec Perpignan par Quéribus ; que le Bézu est visible, vers l'Ouest, de Puivert et Montségur, on se rend compte que toutes ces forteresses, tenues et défendues, au XIII ème siècle, par des vassaux du roi d'Aragon, avaient le pouvoir d'échanger entre elles des signaux aériens.

Saint Just et Le Bézu 033

Les vestiges de murs d'enceinte du château d'Albedun apparaissent après avoir effectué une petite grimpette.

Plaque commémorative de la prise du château par Simon de Montfort en 1210.

Saint Just et Le Bézu 032

Vous êtes presque arrivé au sommet, attention aux éboulis !

Saint Just et Le Bézu 031

Des morceaux de murs, ici et là, les fortifications ont traversé l'usure du temps

Saint Just et Le Bézu 034

Il est très difficile de voir la configuration architecturale du château, un levé topo réalisé par des spécialistes devrait avoir lieu prochainement, chose qui n'a jamais été réalisée !

Je n'ai pas trouvé de plan, de croquis, même succinct du château.

Saint Just et Le Bézu 029

 C'est un miracle qu'il reste des traces de ce château d'Albedun, car il a subi un sérieux démantèlement avant 1594

Saint Just et Le Bézu 030

Quand vous aurez atteint le sommet vous verrez, la vue est magnifique !

Il défendait le chemin stratégique qui allait de Rhedae en Espagne. Rhedae au couchant et le Bézu au levant gardaient la vaste plaine de Lauzet qui a dû être le terrain de bien des luttes.

Le château de Bézu qui s'appelait au moyen-âge tantôt Albefuvum et tantôt Albedunum est désigné par Dom Vaissette sous le terme d'Albedum.

Le Bézu fut inféodé par l'un des comtes de Rhedez à un seigneur dont le nom est resté inconnu. C'était un simple chevalier à qui son suzerain donna la forteresse. Il en prit le nom et s'appela : "Dominus de Albedunum". Les châtelains du Bézu figurent dans plusieurs actes et l'un d'eux fit partie des nobles qui se révoltèrent contre Bernard Aton.

Les Seigneurs d'Albedun occupèrent le château entre les XI ème et XIII ème siècles. Cette seigneurie faisait partie du Comté du Razès, appartenant aux puissants Comtes de Carcassonne.

Parmi ces premiers seigneurs qui occupèrent la place, il y avait, vers 1060, Pierre Ier et Bernard Ier d'Albedun. Ensuite, pendant les XII ème et XIII ème siècles, quelques autres noms ont été enregistrés dans les chartes de la région seigneurs d'Albedun comme : Pierre II, Bernard Sermon 1er, Bernard II, Bertrand et Bernard Sermon II. On note que plusieurs d'entre eux, ont été en relation avec les Templiers voisins de Campagne-sur-Aude et de Rennes-le-Château.

 

Saint Just et Le Bézu 038 plan de chateau Albedun

Merci à Thierry Romand qui m'a transmis ce plan très intéressant du site 

Saint Just et Le Bézu 035

La végétation a repris ses droits, des murs de château d'Albedun subsistent malgré tout

Saint Just et Le Bézu 036

Proche de l'entrée du château, l'emplacement et vestiges de l'ancienne chapelle du castrum d'Albedun

Des actes qui ont traversé des époques troublées, permettent de retracer l'histoire du castrum d'Albedun (Le Bézu) qui est très ancien uniquement de 1064 à 1594.

Au X ème siècle, le comté du Razès appartient au comte de Carcassonne, Roger le Vieux. En 1064, un dénommé Sesmon Petrus fait son apparition sur un acte, il est témoin d'un serment de fidélité de Bertrand, fils d'Ermengarde, à Raymond Guilfred, comte de Cerdagne. Ce Sesmon Petrus était-il le seigneur d'Albedun à cette époque ?

En 1067, Bernard Sesmon d'Albedun, prêtera hommage (fidélité) au comte de Barcelone, Raymond Bérenger Ier, qui vient de racheter les droits des comtés de Carcassonne et de Razès appartenant aux héritiers du défunt comte Roger de Carcassonne mort la même année.

En 1147, Bernard Sermon d'Albedun prête à Roger de Béziers, vicomte de Carcassonne, 3000 sous ugoniens, avec comme gage Campagne-sur-Aude.

Par la suite des actes révèlent que les seigneurs d'Albedun sont témoins de serments de fidélité entre seigneurs locaux, principalement dans le Pays de Sault, envers les vicomtes de Carcassonne, Raimond de Trencavel en 1152 puis Roger de Béziers en 1176 et 1177.

Saint Just et Le Bézu 017

Autre vue des vestiges de la chapelle du château

Saint Just et Le Bézu 012

Murs extérieurs de la chapelle du château d'Albedun et accès au castrum

Saint Just et Le Bézu 024

Murs extérieurs de la chapelle du château d'Albedun et accès au castrum

Saint Just et Le Bézu 025

Murs extérieurs de la chapelle du château d'Albedun et accès au castrum

Saint Just et Le Bézu 026

L'emplacement de la chapelle du château d'Albedun

Au XII ème siècle, Le Bézu était-il une commanderie templière ?

Dans le cartulaire des Templiers on trouve  à la date du 22 février 1151: "Bernard Sermon du Bézu donne son âme et son corps, et 1000 sous ugoniens pour subvenir aux besoins de la milice, aux frères de cette même milice du Temple, qui le reçoivent dans leur fraternité et lui remettent en viager un honneur qu'ils possédaient dans la "villa" d'Espéraza, que Bernard s'engage à faire valoir selon ce contrat".

Bernard Sermon fit une belle donation d'argent à l'Ordre, et au cours des cinquante années suivantes, sa famille continuera à faire plusieurs donations importantes à l'Ordre.

Le Temple tirait de ces formes de donation un grand profit, non seulement des avantages temporels, l'amitié ou la sécurité, mais il pouvait aussi associer certains donats à la gestion de son patrimoine, comme en témoigne l'exemple de Bernard Sesmon de Bézu à qui fut confiée la "gérance" de l'honneur que la milice possédait à Espéraza.

D'après l'abbé de Monts, il semble que le château d'Albedun ait appartenu aux Templiers entre 1292 et 1307.

Très pieux, Bernard Sermon et ses fils effectueront de nombreuses donations en faveur du monastère de Fontfroide entre les années 1160 et 1198.

L'appel de ces dons est certainement le fait que des Croisades menées par les grands seigneurs méridionaux ont lieu pendant cette période.

En 1209, la famille des seigneurs d'Albedun avait adopté la foi cathare. La croisade Albigeoise faisait rage dans toute la région.

A la fin de l'année 1209, Simon de Montfort qui se rendait alors dans le pays de Foix, où il fit des dégâts, et prit quatre châteaux qu'il rasa. Etant de retour à Fanjeaux, il marcha avec toute son armée vers le château de la Pomarède au diocèse de Toulouse, l'assiégea. Ensuite, il s'engagea vers la haute vallée de l'Aude, où il trouva le château de Coustaussa abandonné, il continua vers Albedun, château du diocèse de Narbonne, qui s'était soustrait à son obéissance et dont le seigneur Bernard Sermon II vint au devant de lui, pour lui faire ses soumissions et lui abandonner son château.

Bernard Sermon II fut cependant autorisé à rester dans son château.

En 1210, Bernard Sermon II qui rejetait la suzeraineté de Simon de Montfort, obligea celui-ci à lui demander des comptes. Et une nouvelle fois, Bernard Sermon II se porta à sa rencontre pour lui renouveler son hommage.

La croisade albigeoise confisquera les biens entre 1226 et 1228, de Bernard Sermon d'Albezu et de la famille de Niort accusés d'hérésie.

Bernard Othon, oncle de Bernard Sermon, aurait fait rendre le castrum du Bézu, que conservait Bernard Sermon, au représentant du roi Pierre de Colmieu.

Lors de ce procès en 1229, les représentants du Pape et du Roi rendent à Bernard Sermon tout ce qu'il possédait et que le vicomte de Béziers possédait à Espéraza et ils rendent à son oncle Bernard Othon les droits de Bernard Sermon à Campagne-sur Aude.

Saint Just et Le Bézu 027

Un linteau de porte couché sur le sol dont une partie est gravée

Saint Just et Le Bézu 010

Gros plan sur la gravure du linteau de porte que vous avez aperçu ci-dessus.

La croix et la pierre sont de l'époque des chevaliers du Temple.

On sait qu'en 1229, Bernard Sermon décida de cacher un important évêque cathare, Guilhabert de Castres, ainsi qu'un Parfait, Guillaume Bernard Hunaud, sur ses terres. Le Roi de France l'apprit et en1231 confisqua le château d'Albedun qu'il donna à Pierre de Voisins, un croisé français, lieutenant de Simon de Montfort. Cette donation à Pierre de Voisins sera confirmée en 1248. Bernard Sermon ne fut jamais accusé ouvertement d'hérésie. Il fut autorisé à garder quelques terres dans la région.

 

Des donations sont faites par Guillaume Bernard d'Albedun, fils de Pierre d'Albedun, en 1243.

 

Aux temps de la tourmente albigeoise, au XIII ème siècle, ce lieu fort d'Albedun était un des repaires de ces farouches seigneurs d'Aniort, vicomtes de Sault, qui luttèrent avec tant de vaillance et de ténacité contre les armées de Simon de Montfort et dans la guerre de Trencavel.

C'est même à ce fait, non remarqué par les historiens, qu'il doit l'honneur d'être cité dans la Chanson de la Croisade contre les Albigeois :

Cant saubo per la terra que Terme an forsat,

Tuit li melhor castel toron dezamparat,

Donc fo pres Albeges, que non foc asetjad.

Le lieu désigné par la graphie corrompue Albeges, laquelle a fait songer à l'Albigeois, à Albas et à Albi, aussi inacceptables les uns que les autres, n'était pas facile à découvrir pour des étrangers au pays c'est sûrement Albesun qu'il faut lire, premièrement parce que c'est un nom de château (pouvant être assiégé), à trois syllabes, comme le veut la versification, et deuxièmement, parce que les croisés, après la prise de Termes, qui eût un grand retentissement dans la contrée, allèrent vers Coustaussa, voisin d'Albedun, et de là, à Puivert et au comté de Foix (fin de l'an 1210). Troisièmement, parce que la famille d'Aniort, qui tenait tout le canton de Quillan et le pays de Sault, était aussi ardente dans sa résistance que celle de Termes et qu'il était indiqué de l'abattre ou de l'attaquer sans plus tarder.

Saint Just et Le Bézu 01

Une vue du sommet du château d'Albedun coté Nord-Est

La question s'est posée quant à la position exacte de cet ancien château d'Albedun du XI ème siècle. On pensa dans les années 1900 qu'il se situait dans le village actuel du Bézu, mais à cette époque, il ne restait que les ruines d'une maison forte, datant à peine de la Renaissance, le site d'ailleurs, ne peut offrir de défense par lui-même, n'étant pas du tout un nid d'aigle. Mais il existe sur les limites du territoire de cette commune, les belles ruines d'un vieux château du moyen âge dit "Château de Tipliés", qui pourrait fort bien être celui de la croisade. Ce manoir, appelé le château de Tipliés, fut détruit en partie par les Calvinistes en 1573. Ce nom de Tipliès, pour Tim plies, pouvait désigner une forteresse des Templiers, lesquels auraient bien pu hériter de ce vieux manoir des anciens seigneurs, spoliés par le moyen du crime d'hérésie. L'ordre du Temple n'ayant guère survécu qu'une centaine d'années aux guerres de Montfort, les commandeurs de Campagne, lieu voisin sur l'Aude, purent très bien en hériter dans la suite. Une piste pourrait confirmer cela, les archives de la Haute-Garonne, où sont conservés de nombreux documents de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, mentionneraient peut-être Albedun ou Le Bézu ?

 

En 1244, Bernard Sermon vint à Montségur pour recevoir la bénédiction de l'évêque cathare Guilhabert.

Après 1250, les seigneurs du Bézu ont tout perdu, les biens ont été partagés entre Pierre de Voisins pour la plupart et le reste aux Templiers.

En 1253, lors de son retour de Terre Sainte, Olivier de Termes trouvera ses terres ravagées par Guillaume d'Aniort allié à Bernard Sermon d'Albedun.

Une question se pose encore aujourd'hui : d'où venait la fortune des seigneurs d'Aldebun ? Car ils n'ont jamais effectué d'emprunt et on constate qu'ils possédaient d'immenses réserves financières, allant jusqu'à prêter de l'argent aux Comtes de Carcassonne et faire de nombreux dons aux Templiers.

La réponse est peut-être dans ces révélations :

En 1307, Othon d'Aure, vassal du Comte, qui vivait dans le château d'Aldebun, fut accusé du crime de fausse monnaie au castrum du Bézu et d'avoir abusé de son droit de justice en faisant pendre plusieurs hommes et femmes de ladite baronnie.

Et bien plus tard, en 1344, la famille de Voisins revient au château, mais Brunissende, la femme de Jacques de Voisins, Guillaume de Cathala, beau-fils de Brunissende et neveu du pape Benoit XII sont sous les accusations qui suivent :

Dans le trésor de chartes du Languedoc on peut lire ceci : au mois de juin 1347, Arras, confirmation de la rémission en faveur de Guillaume Cathala, chevalier, neveu de Benoît XII, de sa belle-mère et d'autres, coupables d'assassinat et de fabrication de fausses monnaies dans le château du Bézu. (68, n° 348, fol. 482 ; Inventaire, III, 1, n° 2631 ; publ. Vaissete, t. X, c. 950).

Saint Just et Le Bézu 016

L'éperon rocheux du castrum côté Nord-Ouest

Ces seigneurs ont d'importantes réserves en numéraire. Leurs revenus proviennent essentiellement de leur seigneurie foncière, forestière, agricole et vinicole. Leurs biens sont disséminés sur différents terroirs de la haute vallée de l'Aude.

Le Bézu sera pris d'assaut pendant les guerres de religion, il fut démantelé ainsi que l'église située près de l'entrée du castrum et ne fut pas rebâti ; le château est déclaré ruiné en 1594, aussi ce n'est aujourd'hui qu'un amas de ruines informes.

On trouve d'autres documents dans les archives, correspondant aux hommages, aux dénombrements, aux censives, perçus par le seigneur du château d'Albedun. Ces seigneurs sont successivement Pierre IV de Voisins en 1353, Jeanne de Voisins en 1371, Jacques de Malfranc en 1406, Jean Marquefave en 1452-1453 puis, par alliance, la maison d'Hautpoul.

Les quatre communautés formant la baronnie de Rennes : Rennes-le-Château, Rennes-les-Bains, Graves, et Saint-Just-le-Bézu, appartenaient à la famille d'Hautpoul.

François d'Hautpoul possédait les terres du Bézu en 1730.

J'ai trouvé un dénommé Charles du Bézu propriétaire d'un moulin à vent situé au "col du moulin à vent", celui-ci le céda le 11 décembre 1719 à Antoine Cartade. Ce Charles du Bézu avait la gestion des terres dans ce secteur depuis 1699.

En 1750, François d'Hautpoul règle un litige concernant l'impôt sur les terres de saint-Just et Le Bézu.

En 1757, lors d'une évaluation pour le partage de la succession, la seigneurie du Bézu est évaluée à la somme de 21702 livres 10 sols 4 deniers.

En 1783-1785, le hameau du Bézu comptait 15 maisons et 117 habitants.

Après la Révolution, on apprend qu'un dénommé Joseph Tiplié ancien consul du Bézu acheta les biens de l'église de Saint-Just le 31 juillet 1796.

Saint Just et Le Bézu 09

L'éperon rocheux du castrum côté Sud-Ouest, avec au fond le Pech de Bugarach qui domine la vallée

Un petit mot sur la famille d'Hautpoul, maison, originaire des environs de Mazamet, et de ses diverses branches : Hautpoul de Rennes, Hautpoul de Félines, Hautpoul de Salettes, Hautpoul de Seyres. La tentative de François d'Hautpoul de Rennes (1689-1753) pour accroître l'étendue et les revenus de sa baronnie fut sans lendemain : ses trois filles se partagèrent l'héritage, et l'arrangement intervenu en 1769 à l'issue de procès compliqués se trouva remis en question vingt ans plus tard par la Révolution. Celle-ci eut pour la famille des conséquences très variables : les branches de Rennes, de Félines (au moins momentanément) et de Seyres en sortirent quasiment ruinées. Mais la descendance d'une fille de François d'Hautpoul qui avait épousé le marquis de Fleury réussit à conserver ses biens et à exploiter les bains de Rennes jusqu'en 1889.

 

Ci-dessous deux tableaux généalogiques, études réalisées par Blandine Sire et publiées dans un ouvrage intitulé "Albedun et son histoire XIe-XVe siècles"

Cette famille est scindée en deux branches : d'un côté les Bernard Sermon basés au castrum d'Albedun, et de l'autre, les Pierre, ou Guillaume Bernard d'Albedun, habitant à Niort.

Deux études ont été réalisées sous forme des tableaux, ils présentent deux branches séparées : d'un côté les Bernard Sermon, de l'autre Pierre d'Albedun-Sesmon Petrus. Les dates mentionnées dans les tableaux sont les dates des textes.

Le Bézu etude genealogique 01

1ère étude généalogique de Blandine Sire

Le Bézu etude genealogique 02

2ème étude généalogique de Blandine Sire

Le deuxième tableau proposé diffère dans la lignée des Bernard Sermon. Le problème est de savoir si le Bernard Sermon de 1194 est le même que celui de 1243.D'où l'ajout d'un Bernard Sermon intermédiaire si l'on considère que cette période est trop importante.

A partir de 1244, y a-t-il un lien entre Bernard, Bertrand et Bernard Sermon ?

A proximité de ce château, la découverte d'un ossuaire au fond d'un aven à fait donner le nom de "col de la Bataille" à un passage entre deux collines, et au "Pech des Sarrazi" une grotte funéraire du chalcolithique.

Saint Just et Le Bézu 05

Le Pech de Bugarach visible du sommet du château d'Albedun

Saint Just et Le Bézu 07

La situation du château d'Albedun permettait de surveiller les vallées alentours, avec le Pech de Bugarach au fond

Saint Just et Le Bézu 028

Le Pech de Bugarach qui a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps, voir ICI

La forteresse du Bézu n'est accessible que par le Nord, côté Sud la montagne tombe à pic à plus de cent mètres au-dessus de la plaine. Vers l'Est on aperçoit la silhouette superbe du Pech de Bugarach 1250 m.

Sur le site, il ne reste que les pans de murs et les tours éventrées qui couvrent la partie la plus occidentale de ces majestueuses ruines.

Dans les années à venir un projet de levés topographiques du site est envisagé.

Saint Just et Le Bézu carte 04

Voici un extrait de carte qui vous situe exactement le château d'Albedun à l'Est du hameau Le Bézu, et le pont Romain sur La Blanque dont vous verrez quelques photos ci-après

Saint Just et Le Bézu 037 vue aerienne

Une vue aérienne du château d'Albedun à l'Est du hameau Le Bézu

Saint Just et Le Bézu 021

La barre rocheuse "Serre Calmette" où se niche le château d'Albedun, photo prise de la D14

A découvrir aussi la magnifique vallée qui vous mène au pic de Bugarach par la D14. Peu après le site du Bézu, se trouve une petite rivière La Blanque. Respectez ce site naturel, et effectuez une petite balade pour réaliser de belles photos.

Les chemins de randonnée ne manquent pas dans ce secteur pour de belles promenades de découverte et de détente.

Saint Just et Le Bézu 022

Paysage en descendant sur Bugarach par la D14

Saint Just et Le Bézu 019

Retenue d'eau sur La Blanque entre Rennes-les-Bains et Bugarach

Saint Just et Le Bézu 018

Le pont romain sur La Blanque entre Rennes-les-Bains et Bugarach

Saint Just et Le Bézu 020

Le pont romain sur La Blanque entre Rennes-les-Bains et Bugarach

Saint Just et Le Bézu 03

Une vue sur le Pic du Bec (841m) un peu au Sud de Saint-Just-et-le-Bézu, avant d'arriver à Saint-Julia-le-Bec

Le Razès est une région de trésors dans tous les sens du terme, je vais quand même dire un mot sur l'histoire qui concerne deux curés, l'un de Rennes-le-Château et l'autre de Coustaussa et rappeler rapidement les faits, sans trop entrer dans les détails.

En 1885, un curé, l'abbé Saunière, indigent à son arrivé à Rennes-le-Château s'est rapidement enrichi en 1887, sans que la provenance de son or n'ait jamais pu être vraiment déterminée. Avait-il découvert un trésor dans la région ? Il fit l'acquisition de terrains sur lesquels il réalisa des constructions assez pharaoniques, avec quel argent ? Le curé s'était mis, dès l'année 1885, à fouiller toute la région, jusqu'au cimetière la nuit. Le bruit courut très vite qu'il avait trouvé ce fameux trésor que des légendes locales évoquaient depuis déjà bien longtemps. L'abbé Saunière mourut en 1917 sans jamais dévoiler son secret.

Près d'un siècle après les faits, nous en sommes réduits aux hypothèses pour expliquer l'origine de la fortune du curé.

Le 1er novembre 1897, au coeur du petit village de Coustaussa, voisin de Rennes-le-Château, on retrouve le curé Antoine Gélis assassiné dans son presbytère, le crâne défoncé. L'abbé Gélis avait toujours été jugé comme un personnage étrange par ses ouailles. L'enquête révéla qu'il effectuait un peu partout des placements en or avec une fortune que personne ne lui avait jamais connue. L'assassin que l'on n'a jamais retrouvé, avait fouillé la maison de fond en comble, tout en laissant des sommes importantes dans les tiroirs des meubles, que cherchait-il ? Le mot trésor était lâché ! Quel était le secret de l'abbé Gélis ?

Pour ceux qui découvrent cette histoire et qui veulent en savoir un peu plus, je vous invite à feuilleter mon reportage en 6 parties avec de nombreuses photos, c'est ICI.

moine soldat le templier 02

 

EN BREF, L'HISTOIRE DES TEMPLIERS 

Je vais tenter de résumer l'histoire de ces moines soldats, LES TEMPLIERS, en quelques lignes.

Les hommes voulant expier leurs fautes ou leurs démons ou tout simplement pour remercier Dieu de leur avoir épargné d'une mort certaine, s'en allèrent en pèlerinage sur les tombeaux des saints et au-delà, vers la Terre Sainte, jusqu'au tombeau du Christ. Après l'an mil, les fervents chrétiens étaient très attentifs aux sermons des prédicateurs fanatiques. Des chrétiens prirent la route, et se rendirent en nombre vers Jérusalem, ignorant les dangers qu'ils couraient tout au long de cet interminable voyage. Beaucoup furent dépouillés, humiliés, torturés, parfois trouvèrent la mort sans avoir atteint la Méditerranée. Le prédicateur Pierre l'Hermite, qui accompagnait le premier pèlerinage, fut le témoin de ces scènes atroces, il assista à de terribles actes de barbarie, ce qui ne l'empêcha pas d'exhorter les chrétiens de France à organiser une nouvelle expédition vers Jérusalem.

A Clermont, du 18 au 26 novembre 1095, avec 13 archevêques et 225 évêques, le pape Urbain II préside un concile. Le 27 novembre, il lance l'appel de Clermont qui causera la première croisade pour libérer Jérusalem et venir en aide de l'Empire byzantin qui est l'objet d'attaques musulmanes. Le pape Urbain II voyait aussi dans cette croisade un moyen d'unifier la chrétienté occidentale sous l'autorité pontificale. Pour en assurer la direction spirituelle, il nomma Adhémar de Monteil, évêque du Puy, le commandement militaire revenant à Raymond IV de Toulouse. Quelques temps plus tard, Godefroy de Bouillon conduira le 15 août 1096, la plus grande expédition chrétienne de l'histoire. Les pèlerins, foule hétéroclite, n'étaient pas tous des saints et bien des villes et villages eurent à subir leurs exactions, pillages et viols. Mais bon nombre d'entres eux furent massacrés, seules quelques poignées de survivants virent arriver des hommes d'armes avec une croix d'étoffe rouge cousue sur la poitrine, ainsi se distinguaient les Croisés. Ils atteignirent Constantinople en novembre 1096. Le pape avait en fait appelé à la croisade afin d'aider l'empereur byzantin Alexis 1er Comnène à combattre les Turcs musulmans qui avaient envahi ses terres d'Asie mineure et de Perse. Mais l'objectif principal des Croisés était de libérer la Terre Sainte des musulmans et d'y établir une domination chrétienne. Sans rentrer dans les détails, pendant deux années les Croisés vont guerroyer pour aider Alexis 1er, puis ils reprendront leur route vers Jérusalem en janvier 1099. Ils donneront l'assaut en juillet 1099 pour enfin libérer Jérusalem. Godefroy de Bouillon va d'abord avec ses vassaux garder Jérusalem et le tombeau du Christ, puis distribuer des terres aux chevaliers, conquérir et pacifier les villes aux alentours, rendre la justice et pérenniser l'économie locale. Godefroy de Bouillon décèdera le 18 juillet 1100.

Des Ordres dédiés à la protection des chrétiens furent fondés, notamment, en 1113, l'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Puis on songea à créer une milice et, en 1118, naquit l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ, à l'initiative de Champenois Hugues de Payns (+1136). Ils se présentèrent à Baudoin II roi de Jérusalem pour lui proposer leurs services, qu'il accepta. Ils s'installèrent à l'emplacement du temple de Salomon et ils deviendront les chevaliers du Temple, les "Templiers" de ce lieu symbolique.

sceau des templiers

Sceau des Maîtres du Temple de 1259

Représentant deux chevaliers en armes, portant bouclier et lance, heaume conique à nasal en tête et protégé de cotte de mailles, haubert et chausses de mailles, chevauchant une même monture.
La légende, SIGILLUM.MILITUM.XPISTI, rappelle qu’ils étaient les chevaliers du Christ.
 

L'officialisation de l'Ordre du Temple ne sera effective qu'après le concile de Troyes ouvert le 13 janvier 1129 à la demande de Bernard de Clairvaux (1090 +1153) et d'Hugues de Payns, premier grand Maître de l'Ordre.

La mission de l'Ordre du Temple était d'assurer la défense et la protection de la chrétienté en Orient. Les Templiers devaient garder les lieux saints de Palestine et les routes conduisant à Jérusalem, très dangereuses pour les pèlerins, notamment celles situées le long des côtes méditerranéennes. L'organisation était dirigée par le grand Maître, et elle était composée de moines chevaliers, de combattants recrutés dans la noblesse. Les membres de l'Ordre avaient à leur service des sergents et des écuyers appartenant à la bourgeoisie ou au peuple, parmi eux se trouvaient également des prêtres qui assuraient le service religieux et les sacrements. Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, l'Ordre constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies. En 1130, Bernard de Clairvaux mit en place une propagande extraordinaire  en faveur de l'Ordre et les dons affluèrent de toutes parts de même que les nouvelles recrues. L'Ordre des Templiers va prospérer et essaimer dans toute l'Europe. En 1139, le pape Innocent III accorda au Temple d'importants privilèges, l'Ordre va engranger des revenus excessifs, créant même des banques de prêt.

Des maisons du Temple furent bâties, puis des commanderies où taxes et impôts de toutes sortes étaient prélevés par les moines de l'Ordre. Les croisades coûtaient cher, la construction des châteaux, des commanderies requéraient des moyens de plus en plus conséquents.

Il y eut de nombreuses croisades, l'Ordre des Templiers remporta de nombreuses victoires, mais connu une défaite importante, celle de Saint-Jean-D'acre où le grand Maître du Temple, Guillaume de Beaujeu, trouva la mort en 1291. Les Templiers se replièrent alors sur Chypre. En 1292, Jacques de Molay devint grand Maître de l'Ordre, ce fut le dernier grand Maître. Car, après la perte définitive de la Terre Sainte consécutive au siège de Saint-Jean-D'acre de 1291, l'Ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe IV dit Philippe le Bel.

Au matin du 13 octobre 1307, Guillaume de Nogaret et des hommes d'armes pénétrèrent dans l'enceinte du Temple de Paris où résidait le Maître de l'Ordre Jacques de Molay. À la vue de l'ordonnance royale qui justifiait cette rafle, les Templiers se laissèrent emmener sans aucune résistance. À Paris, on compta 138 prisonniers, en plus du Maître de l'Ordre.

L'Ordre des Templiers fut dissous par le pape Clément V, ami du roi de France, le 13 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'Ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.

Le procès de l'Ordre des Templiers dura plusieurs années. Philippe le Bel demanda donc à son confesseur, Guillaume de Paris, aussi Grand Inquisiteur de France, de procéder aux interrogatoires des cent trente huit Templiers arrêtés à Paris. Parmi ces chevaliers, trente huit moururent sous la torture, mais le processus des "aveux" avait été enclenché, donnant lieu aux accusations d'hérésie et d'idolâtrie. Le 6 février 1310, quinze Templiers sur seize clamèrent leur innocence. Ils furent bientôt suivis par la plupart de leurs frères. Le roi de France, envoya au bûcher le 12 mai 1310, cinquante quatre Templiers qui avaient renié leurs aveux faits sous la torture en 1307 et étaient donc relaps. Tous les interrogatoires furent terminés le 26 mai 1311. Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, ces deux condamnés demandèrent à tourner leurs visages vers la cathédrale Notre-Dame pour prier. C'est avec la plus grande dignité qu'ils moururent brûlés vifs sur l'ile de la Cité à Paris le 18 mars 1314. Le destin tragique de Jacques de Molay a fait du dernier Maître des Templiers un sujet d'intérêt pour les groupes et cercles ésotériques ou mystiques qui ont construit plusieurs mythes et légendes se greffant, sans preuve véritable, sur les faits historiques avérés.

Il y avait une commanderie des Templiers à Espéraza au Nord de Quillan, il serait intéressant de faire un reportage sur ce sujet ....affaire à suivre.

 

Et voici quelques photos anciennes du village de Saint-Just-et-Le-Bézu et de Bugarach tout proche, toutes ces photos datent des années 1910 :

Saint Just et Le Bézu 0101 la place en 1910

Saint-Just-et-Le-Bézu la place en 1910

Saint Just et Le Bézu 0102 vue générale en 1910

Saint-Just-et-Le-Bézu vue générale en 1910

Le Bugarach 02 en 1910

Le pech de Bugarach (1231m côté Sud) en 1910

Le Bugarach 03 en 1910

Le pech de Bugarach (1231m côté Nord) entrée du village en 1910

Le Bugarach 01 en 1910

Le pech de Bugarach (1231m côté Nord) entrée du village en 1910

Je vous conseille de lire, si vous désirez en savoir beaucoup plus, l'excellente étude de Blandine Sire, intitulé "Albedun et son histoire XIe-XVe siècles" Bulletin de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude, Tome XCVII, 1997.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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commentaires

Catoche Cat 01/08/2016 16:44

Merci pour ce beau reportage.Pour ce qui est du sceau des Templiers ,il s'agit d'un chevalier et de son écuyer.

meriel 26/11/2015 16:37

super reportage, très passionnant merci

Patrice 01/03/2015 19:12

J'aimerai prochainement visiter le château d'Albedun. Quel chemin prendre à partir de la route?

Jean-Pierre 02/03/2015 11:10

Bonjour, vous avez la carte dans le reportage qui vous situe les ruines du château templier et la route à prendre est assez visible sur ce plan. Cordialement
Jean-Pierre

dubedat 11/07/2014 09:08


Je tiens à vous remercier pour la qualités de vos reportages, tant en ce qui concerne


la précision dans le texte, que la qualité iconographique d'illustration.


Je serais heureux de vous rencontrer prochainnement sur le Pays de Sault, car, nous sommes presque voisins puisque j'habite à Caudies-de-Fenouillèdes.


Voilà, c'était le salut d'un photographe et réalisateur audiovisuel spécialisé dans le domaine de l'environnement et de l'éthnographie régionale.


Merci encore et à bientôt.


Philippe.

Pierre G. 24/06/2014 12:45


Bonjour
Très beau cite , quel travail !
Généalogie Sesmon
Vous indiquez page 83 sur votre généalogie : Guillaume de Aniort 1160 + vers 1177.
Dans une généalogie des Aniort que je possède je n'ai pas vraiment trouvé ce Guillaume. Je n'ai a cette époque qu'un Guillaume dit d' Alion +1163 Marie a Brandimène de Foix. Il a eux un fils
Guillaume de Niort 1130-1213 marié a Esclarmonde de Montréal-Laurac.
J'ai aussi étudié la famille de Voisins. Mais je n'ai pas retrouvé non plus ce Jacques de Voisin marié a Brunissant qui retourne au château du Bézu vers 1344.
Bien cordialement
Pierre G.

Martine Cab. 17/03/2014 20:06


Bonsoir,


Encore un magnifique reportage, qui nous a permis de découvrir Albedun ; et dans la foulée, nous sommes partis cet après-midi, mon époux et moi-même re-découvrir Albedun, très belle promenade et
belle "grimpette", sous un soleil printanier. Merci Jean-Pierre.

Mamminic 17/03/2014 13:27


Un très beau sujet bien documenté et agrémenté de belles vues. Une belle découverte pour moi. Merci pour ce partage et pour tout le travail que cela vous demande et que aimez partager. Bonne
continuation.