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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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31 juillet 2014
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Voici un reportage rappelant un fait historique qui a marqué l'histoire de l'Aude au XX ème siècle, le vent de la révolte a soufflé sur le Midi en 1907. Des documents et photos d'époque sont là pour évoquer cette triste période. Encore une fois, on constate que le fait de pousser à bout une corporation cela peut déclencher une révolution ! Le village d'ARGELIERS dans l'Aude fut le lieu où tout débuta. Des hommes comme Marcelin Albert et d'autres ont mené un combat juste, face à l'État français de l'époque, la croisade viticole contre les fraudeurs du vin se mit en route grâce à leur courage et détermination. Je vous souhaite une bonne découverte et n'oubliez pas vous pouvez laisser un commentaire en bas de l'article ....

logo label Pays Cathare 02

 

carte 01

Argeliers se situe dans l'Aude à 21 km de Narbonne, 27 km de Béziers, 95 km de Montpellier, 84 km de Perpignan, 50 km de Carcassonne et 144 km de Toulouse.

carte 02

Zoom sur la carte, Argeliers dans la plaine du Minervois

Blason village Argeliers

Blason du village d'Argeliers

Voici le contexte historique de l'époque : La crise débute bien avant 1907, en 1906 déjà le signal d'alarme est tiré, mais le gouvernement en place fait la sourde oreille, on voit que l'histoire ne fait que se renouveler de nos jours.

Les vendanges de 1906 ne se vendent pas, les petits viticulteurs sont ruinés, les ouvriers agricoles sont au chômage. Toute la population souffre, la ruine des vignerons entraîne celle des commerçants et des autres corps de métiers, la misère règne sur tout le littoral languedocien.

Les fortes productions locales, viennent s'ajouter à l'élaboration de vins frauduleux et des coupages avec des vins d’Algérie font que le marché est saturé. En 1907 l'importation des vins augmentant à pour effet d'aggraver le déséquilibre entre l'offre et la demande. Ce qui génère la chute des cours et de la crise économique. 

 manifestation viticole de 1907 - 08b    manifestation viticole de 1907 - 08c

Voici deux photos de Marcelin Albert le leadeur de la crise viticole de 1907

 

HOMMAGE A MARCELIN ALBERT

CRISE VITICOLE DE 1907, UN ÉVÈNEMENT MARQUANT DU XX ème SIÈCLE.

LA CROISADE VITICOLE DU MIDI DE LA FRANCE EN 1907.

MARCELIN ALBERT PROMOTEUR DU MOUVEMENT VITICOLE MANIFESTATION DES VIGNERONS DE NARBONNE ET VITICULTEURS DE L'AUDE EN 1907. 

 Comité d'Argelliers Albert Cathala Louis Blanc et le méde

Voici le Comité de défense viticole d'Argeliers avec Albert Cathala, Louis Blanc et le médecin Senty

Marcelin Albert né le 29 mars 1851 à Argeliers dans l'Aude et mort le 21 décembre 1921 à Argeliers. Il est élu conseiller municipal d'Argeliers en 1881. Il était un cafetier et vigneron. En 1900, il se lance dans la lutte pour la défense du vin naturel contre le vin de fraude, contre la restriction des droits des bouilleurs de cru tout d'abord, contre la détaxe sur le sucre par la suite.

Le 18 février 1907, il prend l'initiative d'envoyer un télégramme à Georges Clemenceau, où il dit ceci : "Midi se meurt. Au nom de tous, ouvriers, commerçants, viticulteurs, maris sans espoirs, enfants sans pain, mères prêtes au déshonneur, pitié ! Pitié encore pour nobles défenseurs républicains du midi qui vont s'entre déchirer dans combat sanglant. Preuve fraude est faite. La loi du 28 janvier 1903 la favorise. Abroger cette loi, voilà l'honnêteté. Devoir gouvernement empêcher choc. S'il se produit, les clés ouvriront portes prison, pourront jamais rouvrir portes tombeaux".

Le 11 mars 1907, le signal de la révolte est donné par un groupe de vignerons du Minervois, dans le village d'Argeliers. Ils sont menés par Marcelin Albert et Élie Bernard lequel fonde le Comité de défense viticole ou Comité d'Argeliers. Marcelin Albert sera considéré comme le meneur de la révolte des vignerons du Midi en 1907. Cette révolte des vignerons qui commencera le 11 mars 1907.

Voici la situation en 1907 : la crise de mévente des vins sévit depuis sept ans en Languedoc et en Roussillon. Aux fortes récoltes fournies par le vignoble français reconstitué après le phylloxéra s'ajoute des vins importés et des vins artificiels produits en fraude au grand mécontentement des vignerons. Marcelin Albert, 55 ans, ce petit propriétaire d’Argeliers, village du Minervois, s’efforçait depuis plusieurs années de mobiliser les vignerons pour obtenir des pouvoirs publics une réelle politique de répression de la fraude. Le 11 mars au matin, il entraîne 87 vignerons de son village à Narbonne, où a été dépêchée une commission d’enquête parlementaire sur la crise. Tous sont entendus, mais ils décident de poursuivre leur mouvement jusqu’au vote de lois contre la fraude. Autour du Comité de défense viticole d’Argeliers, qui édite un hebdomadaire "Le Tocsin" largement diffusé, et sont organisés des rassemblements tous les dimanches afin de mobiliser, avec les propriétaires, les ouvriers qui avaient mené de grandes grèves au cours des années précédentes. D’abord convoqués dans les villages du Narbonnais, les meetings investissent ensuite les villes pour impressionner davantage la presse nationale et les pouvoirs publics.

Le 5 mai, à Narbonne, Ernest Ferroul, maire socialiste et ancien député, entre en lice. Il politise le mouvement en fixant un ultimatum au 10 juin 1907, assorti de la menace d’une grève de l’impôt et d’une démission des municipalités. Le mouvement culmine à Montpellier le 9 juin avec plus de 600 000 manifestants, soit plus du tiers de la population des quatre départements en révolte.

Cette date du 9 juin 1907, avec le gigantesque rassemblement de Montpellier va marquer l'apogée de la contestation vigneronne dans le Midi de la France. La place de la Comédie est envahie par une foule estimée de 600 000 à 800 000 personnes. C'est la plus grande manifestation de la troisième République. Dans son discours, Ernest Ferroul, en tant que maire de Narbonne appelle à la démission de tous ses collègues du Languedoc-Roussillon. Il prône ouvertement la désobéissance civique. Quant à Marcelin Albert, il prononce un tel discours que le journaliste du Figaro en fut bouleversé et écrivit : "C’était fou, sublime, terrifiant".

A partir du 10 juin, la plupart des municipalités remettent leur démission malgré les objurgations du président du Conseil Georges Clemenceau. Celui-ci, qui avait observé sans trop d’inquiétude la montée du mouvement, dénonce soudain un "péril réactionnaire" et taxe de meneurs séparatistes Albert et Ferroul pour leurs discours à tonalité régionaliste. Il fait consigner ou évacuer les régiments à recrutement local cantonnés dans les villes du Midi et les remplace par des troupes venues de loin. L’arrestation des membres du Comité et de Ferroul fait monter la tension. Les 19 et 20 juin, à Narbonne, des fusillades font six morts, dont Cécile Bourrel, une jeune fille de 20 ans. A Perpignan, la préfecture est incendiée. A Agde, les soldats du 17ème d’infanterie se mutinent, pillent une poudrière et marchent sur Béziers. Le 21 juin, Clemenceau conforte sa majorité à la Chambre et obtient avec l’aide du Comité d’Argeliers la reddition des mutins, qui sont transférés à Gafsa en Tunisie. Le 23 juin, Albert, qui avait évité l’arrestation, rencontre Clemenceau à Paris.

Au cours de leur entrevue, il fait promesse de réprimer la fraude si, en contrepartie, Albert retourne dans le Languedoc pour calmer la rébellion. Son interlocuteur accepte même de se constituer prisonnier. Clemenceau lui signe un sauf-conduit pour retourner dans l’Aude et lui remet cent francs pour payer son retour en train. Marcelin Albert a la naïveté d'accepter. Le chef du gouvernement va en profiter pour donner sa version aux journalistes de la presse politique en mettant particulièrement en exergue l'histoire du billet de banque. Les quotidiens nationaux en font leurs choux gras et Marcellin Albert du statut de rédempteur passe dès lors à celui de vendu. Le 24 juin, il est de retour à Narbonne. Il rencontre les membres du nouveau comité de défense et tente de les convaincre de suspendre le mouvement. Mais l’entretien avec Clemenceau a totalement discrédité Albert aux yeux de ses compagnons. Il manque de se faire lyncher par ses anciens amis. Il se cacha dans le clocher de l'église de son village.

Le 26 juin, Albert se rend à Montpellier pour se constituer prisonnier.

Les 29 juin et 15 juillet, des lois sont votées contre la fraude. Elles réglementent le sucrage, imposent la déclaration des récoltes et le contrôle de la circulation des vins. Le Comité d’Argeliers est libéré le 2 août, et les troupes évacuent le Midi au cours de l’été. Une Confédération générale des vignerons (CGV) est fondée le 22 septembre sous la présidence de Ferroul. Les ouvriers refusent d’y adhérer, mais elle joue son rôle dans la répression des fraudes. Jusque-là réticents, les petits propriétaires commencent à se lancer dans la création de coopératives viticoles. L’énergie manifestée au printemps 1907 n’a pas été perdue.

Albert Marcelin après sa libération, est devenu persona non grata dans l'Aude, il doit partir s'installer en Algérie. Là, les viticulteurs se cotisent pour celui qui a défendu leur profession, mais Marcelin Albert meurt dans la misère.

 Journal Le Tocsin du 5 mai 1907  Journal Le Tocsin du 19 mai 1907

A gauche, la dernière page du journal "Le Tocsin"  du 5 mai 1907. A droite, la première page du journal du 19 mai 1907 avec la lettre ouverte à Clemenceau président de la République. (cliquez sur la photo pour l'agrandir) 

Après le succès de la marche des "87" d'Argeliers à Narbonne, naît le comité d'initiative de défense viticole.

Devant l'indifférence du gouvernement, Marcelin Albert, Président du Comté décide d'organiser dans toutes les villes des meetings et de se doter d'un journal qui appellera :

Le TOCSIN, qui paraît le Dimanche 21 Avril 1907.

Le premier numéro contient le fameux "Qui nous sommes?" qui appelle à la mobilisation (voir la photo ci-dessus).

Journal Le Tocsin 1ere page du 26 mai 1907  Journal Le Tocsin du 26 mai 1907

A gauche, la première page du journal "Le Tocsin"  du 26 mai 1907 et à droite, la dernière page. 

manifestation viticole de 1907 - 015

Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier qui a rassemblé plus de 600 000 manifestants

manifestation viticole de 1907 - 019

Un rassemblement énorme à Montpellier le 9 juin 1907, ici rue Maguelone.

Marcelin Albert le rédempteur 9 juin 1907 tiré de La Vie

Marcelin Albert surnommé "le rédempteur" porté ici en triomphe, lors de la manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier  (extrait de La Vie Illustrée).

manifestation viticole de 1907 - 07Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier, ici place de la Comédie.

manifestation viticole de 1907 - 023Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier, ici rue Maguelone.

manifestation viticole de 1907 - 02Caricature de l'époque

manifestation viticole de 1907 - 013  manifestation viticole de 1907 - 014

A gauche, le docteur Ferroul maire de Narbonne au moment des faits et président du comité de défense viticole. Ernest Ferroul, fut le premier président de la Confédération Générale des Vignerons du Midi.

  Photo de droite, dessin édité suite à la manifestation de Montpellier montrant les arrestations qui eurent lieu.

manifestation viticole de 1907 - 011Dessin édité suite à la manifestation de Montpellier du 9 juin 1907.

manifestation viticole de 1907 - 010Ici la manifestation de Béziers avant le départ au Champ de Mars le 12 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 01

Ici la manifestation de Carcassonne place de l'Hôpital le 26 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 04

Autre photo de la manifestation de Carcassonne place de l'Hôpital le 26 mai 1907. 

Extraits du journal "Le Temps" daté du lundi 24 juin 1907

DERNIÈRE HEURE : MARCELIN ALBERT CHEZ M. CLEMENCEAU

M. Clemenceau était ce matin dans son cabinet lorsqu'on lui remit sous enveloppe un pli qu'ayant décacheté aussitôt, il reconnut avec surprise être de Marcelin Albert. Par ce pli le "rédempteur"  du Midi déclarait qu'il venait demander au président du conseil de faire l'apaisement en mettant en liberté ses collègues du comité d'Argeliers et M. Ferroul. M Clemenceau donna l'ordre d'introduire immédiatement Marcelin Albert dans son cabinet, et une fois que celui-ci fut en sa présence il lui fit les remontrances les plus sévères, les plus dures même, en lui disant qu'il était responsable du désordre survenu dans le Midi, de la grève de l'impôt, de la démission des municipalités, et surtout du sang versé qui retombait sur lui.

Profondément ému et troublé, Marcelin Albert se mit à fondre en larmes. Puis se ressaisissant, il demanda au président du conseil ce qu'il devait faire pour réparer ses fautes.

M. Clemenceau lui dit : "Allez vous mettre à la disposition de la loi et employez votre influence à faire rentrer vos compatriotes dans l'ordre et la légalité".

Marcelin Albert quitta le ministère de l'intérieur, d'où sur l'ordre de M. Clemenceau on le fit sortir par une porte de derrière après avoir traversé les jardins. Il monta ensuite dans une voiture qu'on avait fait chercher exprès pour lui, et il s'éloigna.

A l'issue de son entretien avec Marcelin Albert, M. Clemenceau est allé à l'Elysée pour informer le président de la République de ce qui venait de se passer. M. Clemenceau a également conféré ce matin avec quelques-uns de ses collègues, MM. Caillaux et Thomson, et avec le préfet de police.

On lit dans l'agence Havas : Interrogé par les journalistes à son retour de l'Elysée, M. Clemenceau a refusé de ne donner aucune indication sur ses intentions et sur celles de M. Marcelin Albert.

On lui a demandé : Croyez vous qu'il aille à Montpellier pour se mettre à la disposition de la justice ?

Je ne puis rien ajouter à ce que je viens de vous dire, a-t-il répondu.

Avez-vous envisagé la possibilité de faire droit à la demande de mise en liberté provisoire de M. Ferroul et des membres du comité d'Argeliers formulée hier par les représentants du Midi ?

M. Clemenceau a alors déclaré avec vivacité : "Je vous autorise à dire que ce n'est pas là une question sur laquelle le gouvernement puisse délibérer". Le président du conseil a terminé ses explications en disant que d'après les renseignements qui lui sont parvenus dans la matinée, la nuit avait été calme partout.

manifestation viticole de 1907 - 018 30 juin

Première page du Petit Journal du 9 juin 1907 où l'on voit Marcelin Albert à la sortie du Comité des viticulteurs d'Argeliers

manifestation viticole de 1907 - 020

 

manifestation viticole de 1907 - 022 12 maiManifestation des viticulteurs à Béziers le 12 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 021Manifestation de Carcassonne place d'Armes le 26 mai 1907

manifestation viticole de 1907 - 09Manifestation des viticulteurs à Béziers le 12 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 06Manifestation des viticulteurs à Narbonne le 5 mai 1907.

INTERVIEW DE M. MARCELIN ALBERT DANS LE JOURNAL

En sortant du ministère de l'intérieur, M. Marcelin Albert s'est rendu au restaurant Soufflet, boulevard Saint-Michel. Il y est arrivé vers dix heures du matin. Après avoir décliné ses noms et qualité au gérant, il a commandé un apéritif qu'il a bu tout en devisant avec le personnel de l'établissement puis il a déjeuné. C'est à la fin de son repas que, informé de sa présence au restaurant Soufflet, nous avons pu nous entretenir avec le «rédempteur». Marcelin Albert est un homme âgé d'une cinquantaine d'années, le profil aigu, le teint basané. Il porte une chemise de flanelle-coton dont le col est noué par un cordon de soie. La mise, modeste, est celle d'un paysan endimanché. Il nous accueille sans surprise marquée. Vous avez vu M. Clemenceau ?

Oui. Que vous a-t-il dit ? Je ne puis rien révéler de notre entretien. Lui seul et moi devons en connaître l'objet.

 Je constate néanmoins que vous n'êtes pas arrêté, et ce détail suffit à nous démontrer que vous avez fini par vous entendre ?

M. Marcelin Albert ne répond pas. Nous reprenons :

Est-il vrai que M. Clemenceau vous ait chargé de mettre votre influence au service de la loi et de la pacification ?

Je ne dirai rien. Ce que j'ai promis, je le ferai, mais vous ne le saurez pas.

Et là-dessus, M. Marcelin Albert nous parle de lui et de son action.

J'ai fait ce que j'ai cru être de mon devoir. Quand j'ai entrepris de former le mouvement protestataire actuel, tout le monde riait. On me traitait de fou. Les sceptiques, depuis, ont accepté mes ordres. Moi, quoique méridional, je sais ce que je dis et ce que je veux. En face de milliers d'hommes mobilisés par moi, je garde mon sang-froid. Quand je suis calme, c'est que la tempête est proche. Je saisis la balle au bond et j'interroge :

Etes-vous calme en ce moment ?

Très calme, répond-il.

Alors la tempête se prépare ?

Mutisme de M. Marcelin Albert, qui après une digression revient encore à la légitimation de sa conduite. Je ne suis pas responsable de tout. Je suis un homme au service d'une idée. Je ne fais pas la pluie et le beau temps.

N'empêche que vous êtes actuellement un personnage représentatif. Vous êtes à l'origine des événements du Midi, et peut-être pourriez-vous en interrompre le cours ?

Pardon. Dans les événements actuels, j'ai ma part de responsabilité, Clemenceau a la sienne. Si j'avais voulu esquiver la mienne, je me serais fait arrêter tout de suite. Ce n'est pas difficile de se faire arrêter.

Telle ne paraît pas être l'intention du gouvernement, remarquai-je en promenant un regard circulaire dans le restaurant où, pas plus qu'au dehors, on ne remarque aucun agent de la force publique.

M. Marcelin Albert répond : le gouvernement fait ce qu'il veut, moi aussi.

Il faudrait pourtant conclure, et les réticences de notre interlocuteur ne sont point de nature à faciliter la conclusion. Je me hasarde : Retournez-vous dans le Midi ?

Oui. En sortant du ministère je suis allé à la gare Saint-Lazare (sic), mais il n'y avait pas de train.

Alors, j'ai décidé de partir ce soir. Et sur la conduite que vous tiendrez dans le Midi, vous ne pouvez décidément rien dire ? Non, rien, ou plutôt je ferai mon devoir comme toujours c'est tout.

manifestation viticole de 1907 - 05Manifestation de Carcassonne Boulevard Barbès le 26 mai 1907. 

manifestation viticole de 1907 - 03Manifestation de Carcassonne, la gare avec l'arrivée des manifestants le 26 mai 1907. 

manifestation viticole de 1907 - 012

Lors d'une manifestation à Narbonne le 20 juin 1907, eut lieu une fusillade.

 

Le 19 juin 1907, le docteur Ernest Ferroul maire de Narbonne est arrêté à quatre heure du matin à son domicile à Narbonne par les militaires du 139 ème régiment d'infanterie, et emprisonné à Montpellier.

Trois autres membres du comité de défense viticole se livrent aux gendarmes à Argeliers. Ces nouvelles arrestations mettent le feu aux poudres.

La foule empêche la progression des gendarmes en se couchant sur la route. Narbonne est en état de siège, une manifestation spontanée se crée qui réclame la libération des membres du Comité et crie à la vengeance.

Des incidents éclatent durant toute la journée, la sous-préfecture est prise d'assaut, des barricades barrent les rues.

Le soir, dans la confusion générale, la cavalerie tire sur la foule. Il y a deux morts, dont un adolescent de 14 ans.

 

Le 20 juin 1907, la tension monte encore et le Midi s'embrase. A Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet Dautresme se réfugie sur le toit.

A Montpellier, la foule se heurte aux forces armées. A Narbonne, l’inspecteur de police Grossot, l'un des auteurs de l’arrestation de Ferroul, est pris à partie et mis à mal par la foule.

Pour le dégager, il est donné ordre à la troupe de tirer sur les manifestants. Des coups de feu éclatent, il y a cinq morts, dont une jeune fille, âgée de 20 ans, Julie dite Cécile Bourrel elle était venue à Narbonne faire des courses au marché. Prés de trente trois blessés gisent à terre. Le café Paincourt, a été mitraillé, au sol agonise l'ouvrier Louis Ramon.

manifestation viticole de 1907 - 016

Ici les mutins du 17ème RI campe devant le théâtre de Béziers

Le 17ème régiment d'infanterie de ligne composé de réservistes et de conscrits du pays, avait été muté de Béziers à Agde le 18 juin 1907.

Le soir du 20 juin, apprenant la fusillade, environ 500 soldats de la 6 ème compagnie du 17 ème régiment se mutinent, ils pillent l’armurerie et prennent la direction de Béziers.

Ils parcourent une vingtaine de kilomètres en marche de nuit. Le 21 juin, en début de matinée, ils arrivent en ville.

Accueillis chaleureusement par les Biterrois, ils fraternisent avec les manifestants, occupent les allées Paul Riquet et s'opposent pacifiquement aux forces armées en place. Les soldats s'installent alors sur les Allées Paul Riquet, mettent crosse en l’air. La population leur offre vin et nourriture.

Le Midi est au bord de l'insurrection. À Paulhan, la voie ferrée est mise hors service par des manifestants qui stoppent ainsi un convoi militaire chargé de mater les mutins.

À Lodève, le sous-préfet est pris en otage. Les autorités militaires ne peuvent accepter cette mutinerie. L'exemple du 17 ème régiment peut donner des idées similaires à d'autres régiments de la région.

Georges Clemenceau était assez homme d'État pour analyser la situation. La mobilisation du Midi viticole et la mutinerie du 17 ème qui lui a fait suite étaient inquiétantes.

La révolte s'amplifiait chaque semaine et menaçait de gagner d'autres régions viticoles.

A Paris, la République tremble, Clemenceau doit faire face à un vote de défiance. Il joue son va-tout en intimant au commandement militaire de chasser les mutins dans la journée.

Il y a négociation, et dans l’après-midi, après avoir obtenu la garantie qu’aucune sanction ne leur sera infligée, les soldats du 17 ème déposent les armes et se dirigent vers la gare sous bonne escorte et sans aucun incident majeur.

Le 23 juin une loi est enfin votée, qui réprime la chaptalisation massive des vins. La loi du 15 juillet complètera celle du 23 juin en réglementant la circulation des vins et des alcools.

manifestation viticole de 1907 - 017

Ici les mutins du 17ème RI campe sur les allées Paul Riquet à Béziers

 

AUTRE ARTICLE DU JOURNAL

L'article de l'envoyé spécial du journal qui est dans le Midi, dit en substance ceci :

Je quitte Argeliers et me voici sur la route plutôt mal entretenue qui conduit à Mirepeisset. Le sol porte les mille empreintes des sabots de chevaux qui l'ont foulé. Au pont de la Cesse des sentinelles du 18ème de ligne gardent l'entrée du village. Sous le pont et le long de la magnifique allée de platanes qui, en bas de la route, croissent au pied du canal, le 10ème Cuirassier campe, les chevaux broutent l'herbe, les hommes, casque et cuirasse enlevés, procèdent aux opérations du campement. Le village de Mirepeisset a ses rues étroites pleines de gendarmes et de soldats de ligne. Un millier de soldats garde une population de 500 habitants.

A Argeliers, le déploiement de troupes était encore plus considérable. Dès onze heures, ce matin, de l'infanterie et les cuirassiers qui étaient à Narbonne auparavant se sont présentés ayant un colonel à leur tête, muni de réquisitions. On a perquisitionné dans le village où l'on croyait que Marcelin Albert se trouvait.

Je demande quelques renseignements aux femmes attristées et aux gars au teint brun qui, silencieux, assistent à tout ce déploiement de troupes. On refuse de me répondre. Mon brassard de journaliste délivré par le comité de défense viticole ne les décide pas. Je m'exprime dans notre beau patois de Languedoc et miraculeusement les langues se délient.

On n'a pas vu, me dit-on, Marcelin Albert ; on est sans nouvelles des prisonniers. On me dit avec indignation qu'il y a eu des "fusillades" à Capestang on me parle de 150 morts. Je les détrompe, je leur déclare que Capestang est calme et tranquille.

Ils s'apaisent. Je les interroge sur l'occupation par les troupes.

Bah ! me répond-on, nous laissons faire. Mais du pain, ils n'en auront pas ; du vin, ils n'en auront pas, même à prix d'or, même a prix d'or. On nous prend pour des apaches et on nous traite en révoltés ! Soit, nous subirons tout ; mais les bras que nous croiserons pour ne pas nous défendre et ne pas verser de sang, nous ne les ouvrirons pas pour donner à manger à ceux qui fusillent nos amis de Narbonne.

J'entre dans le village. Dans la rue principale, je rencontre le général Chailley, de la 65ème brigade à Agen. Je l'interroge : De quelles forces disposez-vous, mon général, "j'ai sous mes ordres le 18ème au complet, 100 gendarmes et le 10ème cuirassiers. Je suis chargé d'occuper Argeliers, Bize et Mirepeisset. A l'heure actuelle l'occupation est terminée".

Comment vous a-t-on accueilli ? "Mais, très bienveillamment. Je n'ai pas l'impression d'un pays en révolte ; au contraire. Toutes les physionomies que j'aperçois autour de moi m'ont l'air intelligentes, ouvertes et sympathiques. Voyez, les soldats fraternisent avec les habitants".

Vous ne prévoyez donc pas une occupation très longue ? "Non il me semble que c'est l'affaire de quelques jours".

Je rentre à Narbonne par la route de Marcorignan. Ce village et Saint-Marcel qui le précède sont occupés aussi par des gendarmes et par le 50ème régiment de ligne au complet. Ce régiment est disséminé partie dans les ravins qui bordent la route, partie dans les bois des environs. Le pont suspendu qui permet de traverser l'Aude entre Marcorignan et Saint-Marcel est gardé par une compagnie de 120 hommes. Dans la campagne et dans les villages tout n'est que campement, que bivouac ; sur la façade blanche des maisons et sur le vert des vignes, le pantalon garance des fantassins jette sa couleur claire. On se croirait en période de grandes manœuvres. Il n'y manque que le soleil de septembre et les grappes dorées des raisins rafraîchissants.

(Dépêche de notre envoyé spécial).

 

Voici maintenant, un extrait intéressant du livre de Marc Sangnier intitulé "LA LUTTE POUR LA DÉMOCRATIE" datant de 1908, époque des évènements qui eurent comme point de départ le village d'Argeliers dans l'Aude. C'est un bel hommage à Marcelin Albert qui est rendu au travers de ces lignes :

 

"Argeliers est devenue la capitale du Midi en 1907.

Voici que tout cède devant l'extraordinaire autorité de quelques pauvres vignerons. Conseillers municipaux, maires et députés n'hésitent pas à leur obéir. Autour d'eux les ennemis politiques de la veille se réconcilient, on oublie les vieilles querelles et l'on ne songe plus qu'au triomphe de la Cause. C'est une nouvelle croisade.

Pour montrer l'unanimité de tout ce peuple et que « ce n'est pas du battage », voici que les villages se vident et que, au son des tambours et des clairons, portant leur misère et leur espoir naïvement inscrits sur les emblèmes qu'ils traînent avec eux, hommes, femmes et enfants, tous, désertant les campagnes trop riches de vins que la déloyale concurrence des fraudeurs empêche de vendre, trop pauvres d'argent et de pain, les « gueux» se réunissent dans les villes qu'ils remplissent de leur foule immense. C'est, un flot qui submerge tout; c'est un peuple qui veut qu'on l'écoute et qui crie sa volonté. Comment n'aurions-nous pas de l'enthousiasme et de l'admiration en face d'un tel spectacle ?

Nous les avons vues passer, ces longues théories de villageois, graves et dignes, nullement violents et turbulents et qui paraissaient mus par une puissante résolution intérieure. Leur regard franc ne semblait pas poursuivre des desseins de haine et leur front levé ne paraissait pas prêt à se courber de si tôt sous le joug d'une mesquine et avilissante politique.  Leurs rangs, suivant le conseil du comité d'Argeliers, ouverts seulement « à ceux du village, de la commune ou du groupe », pour qu'une solidarité mieux sentie assure le calme, étaient résolument fermés aux inconnus qui auraient tenté de s'introduire pour semer, tout en flattant, « l'idée du désordre et de la violence ». Oui, l'on sentait que, suivant l'expression du comité d'Argeliers, « l'amour de la paix reste au fond de tous les cœurs de paysans », et cette foule inouïe de plus de 500.000 personnes avait compris « qu'il fallait être calme, qu'il le fallait à tout prix, que la Cause l'exigeait ».

Que nous voilà donc loin de la surexcitation hargneuse des militants révolutionnaires, des désordres causés trop souvent par quelques poignées d'énergumènes hostiles à l'immense majorité d'une population, et combien la Confédération générale du travail paraît petite et impuissante en face de « ceux d'Argeliers » !

Mais ce qu'il y a de plus admirable encore, c'est que ce gigantesque mouvement n'est pas sorti spontanément et comme miraculeusement de la détresse des vignerons. Celui que l'on appelle aujourd'hui « le rédempteur », que les foules acclament comme un sauveur, et qui est le maître du Midi, a, pendant des années, tout conçu, tout préparé, tout voulu.

Ce Marcelin Albert est un simple vigneron d'Argeliers, déjà vieux et fatigué, mais d'une inlassable ténacité, d'un triomphal entêtement. Pendant bien des années on s'est moqué de lui. Il avait une idée fixe; on le traitait de fou. Le maire de Narbonne, qui est aujourd'hui « un de ses plus fidèles lieutenants », le raillait naguère en riant, lorsqu'il le voyait grimpé sur un arbre essayant de prêcher la croisade aux vignerons, et ne recueillant que des plaisanteries ou du mépris. Rien ne pouvait décourager Marcelin Albert. Il devait triompher. Il conquit d'abord, il y a quelques mois seulement — tant ses efforts furent longtemps infructueux — ceux d'Argeliers : ils étaient 85 au premier meeting.

Aujourd'hui un mot de lui fait lever 600.000 hommes. Nous saluons avec reconnaissance ce prodigieux mouvement.

C'est la vraie France qui brise les casiers étroits et artificiels où les intérêts et les mesquines combinaisons des coteries politiques avaient essayé de l'emprisonner. Nous nous réjouissons de ce réconfortant spectacle.

C'est la fraude que l'on dénonce, ce sont les fraudeurs que l'on stigmatise. Toute œuvre de loyauté, quelle qu'elle soit, nous fait du bien au cœur.

C'est la persévérance, l'acharnement d'un apôtre qui, jamais rebuté, finit par entraîner les multitudes. L'exemple est bon à retenir. Et, tandis que nous parcourons les rues de Montpellier, que traversent les derniers groupes de paysans, chargés de provisions comme pour une campagne militaire et levant encore vers le ciel leurs drapeaux et leurs insignes, voici qu'un rêve immense emplit notre âme.

Aujourd'hui c'est du pain matériel que réclame une foule réduite à la misère, unanime dans son désir de vivre. C'est contre les fraudeurs de vin qui usent et abusent du sucrage et du mouillage que l'on proteste et que l'on s'indigne. Quand donc la levée sublime d'un peuple affamé de Vérité, unanime à réclamer le pain de la Justice! Quand donc la guerre vengeresse contre le mensonge et l'erreur, contre les fraudes honteuses qui dénaturent la pensée humaine, calomnient les intentions droites, trompent le peuple et lui donnent à boire un poison frelaté au lieu du vin généreux de la Vérité et de l'Amour !

Vignerons du Midi, amis simples et rudes, je vous célèbre comme un symbole magnifique, au sens prophétique duquel je m'attache avec transport.

Oui, il faut que l'unanimité morale soit reconquise au-dessus des luttes de la politique, par l'énergie d'un peuple entier qui, magnifiquement révolté contre les fraudeurs d'idéal, réclamera enfin le pain de la Vérité.

Mais, que nul ne l'oublie, Marcelin Albert fut d'abord raillé, traité de fou par ceux-là même qui aujourd'hui lui jettent des fleurs et lui tressent des couronnes.

Que ceux du Sillon se souviennent de « ceux d'Argeliers » !"

 

VOICI QUELQUES PHOTOS DU VILLAGE D'ARGELIERS DE NOS JOURS

Ses habitants sont appelés les Argeliésois. En 2011, la commune comptait 1934 habitants.

carte 03

Extrait de la carte IGN montrant le tracé du canal du Midi très proche du village d'Argeliers

Argeliers 01 quai Paul Riquet

Le canal du Midi, avec en face le quai Paul Riquet à Argeliers

Argeliers 013

Le village d'Argeliers entouré de vignobles

Argeliers 015

Le village d'Argeliers entouré de vignobles

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Une vue du village d'Argeliers prise du canal du Midi

Argeliers 06

Le canal du Midi, le pont d'Argeliers rue du Port (D13)

Argeliers 04 Restaurant au Chat qui Pêche Rue du port et p

Le canal du Midi, le pont d'Argeliers rue du port  avec le restaurant au Chat qui Pêche 

Argeliers 02

La belle courbe du canal du Midi à Argeliers (voir la carte ci-dessus).

Argeliers 03

Le canal du Midi, à la hauteur du village d'Argeliers transport de barriques de vin

Argeliers 014 blason sur le pont argeliers D5 route de Bezi

Canal du Midi, blason sur un autre pont d'Argeliers ou passe la route de Béziers (D5).

Argeliers 012 mairie

La mairie d'Argeliers

Argeliers 011 eglise st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers avec son clocher-tour crénelé

Argeliers 07

L'église Saint-Vincent d'Argeliers

Argeliers 08 église st Vincent   Argeliers 09 statue de st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers, à droite la statue de St Vincent

Argeliers 010 eglise st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers

INFORMATION INTÉRESSANTE CONCERNANT ARGELIERS :

Un cimetière gallo-Romain a été découvert dans la commune d'Argeliers, au cours des travaux d'adduction d'eau en 1902.

A la fin de décembre 1901, des travaux de terrassement étaient commencés dans la commune d'Argeliers dans le but d'amener au village de l'eau potable. Le 14 février 1902,  trois tombes ont été découvertes à 200 mètres environ du cimetière actuel. Ces tombes, en briques à rebords rectangulaires, étaient de construction à peu près identique. La découverte d'une pièce de monnaie à côté d'un crâne a été attribuée à un empereur du bas Empire. De nombreux débris de poterie ont été aussi mis au jour.

Lors des fouilles pratiquées au lieu dit Chemin de Bize, sur le territoire de la commune d'Argeliers. On a retrouvé une magnifique boucle de ceinture en bronze, d'un travail très délicat et une série d'ornements en bronze, qui étaient plaqués sans doute sur la courroie de la ceinture. Tous ces objets sont d'un dessin très pur et d'une très bonne conservation. Un certain nombre de fragments de poterie en argile rouge à pâte très fine, avec des ornements en relief; un de ces fragments porte même la signature du potier. Une monnaie en bronze, petit module, mais malheureusement un peu fruste, a été trouvée dans une de ces sépultures ; elle parait devoir être attribuée à un empereur du bas Empire. 

boucle centurion romain d'argeliers 01

Ceinturon romain découvert à Argeliers (Aude).

Croquis de la boucle de ceinture en bronze ayant appartenu à un centurion romain. Celle-ci a été retrouvée lors des fouilles au lieu dit chemin de Bize à Argeliers en 1902.

Croquis réalisé par Mr. Cathala instituteur à Argeliers à l'époque celui-ci a assisté aux fouilles.

Le creusement des tranchées dans le village a aussi mis à jour de nombreuses briques à rebords et un four à chaux, près duquel on avait déjà recueilli un bronze de la colonie de Nîmes et une monnaie de Valentinien, au revers on pouvait lire : "reparalio respublica".

La présence de ces témoins de l'occupation romaine sur l'emplacement de notre village ne permet pas de faire remonter l'origine d'Argeliers aux premiers siècles de notre ère. Elle établit cependant d'une manière certaine qu'à cette époque déjà s'élevaient des constructions à la place de nos habitations modernes.

(Extrait de la revue SESA tome 14 - 1903 étude de M. Cathala).

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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commentaires

narboni 03/05/2017 17:45

Oui, très bien, votre blog, - avec vraiment des informations pointues -
Peut on copier les cartes postales ou y a t il copyright ???? bien sur en mention votre blog
merci votre travail ...

Jean-Pierre 04/05/2017 08:03

Bonjour oui vous pouvez copier et stipuler en copyrigth l'adresse de mon site.

Toustou Henri-Basile 04/08/2014 21:02


Superbe reportage, on ne peux qu'avoir une pensée pour nos producteurs de fruits et légumes, l'histoire ne fait que se répéter.

Michel 01/08/2014 13:53


JP ,quel travail de recherche! C'est tout à fait hallucinant de constater que déjà en 1907 il y avait des fraudeurs dans la profession. Du sucre dans la piquette? Et quelques 7 ans plus tard la
déclaration de guerre. Ces pauvres gens ont en vu!


Merci Jean Pierre

Nicolas 01/08/2014 11:20


Très interessant reportage, comme d'habitude. J'y ferai référence en plaçant un lien en fin de mon prochain article au sujet des récits de mon trajet à vélo le long des 240 km du Canal du Midi,
dans le mesure ou je vais "couvrir" le secteur (j'ai quelques photos complémentaires à faire sur Argeliers qui j'irai faire fin août avant de publier).


Il est à noter que l'origine des decisions des affectations les plus lointaines possibles de leur lieu d'habitation des jeunes effectuant leur service militaire est la révolte des vignerons du
Languedoc. En effet, la plupart des soldats de l'époque ont refuser de tirer sur les manifestants dans la mesure ou ils étaient fils de vignerons.

PRIGENT 31/07/2014 20:41


Encore du Bonheur,  


découvrir votre belle région de L'Aude.


Passé Présent Avenir 


Comme cela est trop Bizarre!


Comme c'est bise "Arts"


J'ai du avoir des ancêtres Catharres dans une vie d'avant ou bien ce n'est pas possible autrement


Vos envois passés, présents me touchent profondément


Merci infiniment pour vos jolis voyages 


Gentille caresse à votre amie Julie


 


 

Monique Valdes 31/07/2014 10:08


Je ne suis pas audoise, mais puisserguiéraine, en tant que voisine d'Argeliers, ce reportage me touche beaucoup, bien que je connaisse à fond cet épisode de la vie de nos grands-parents.
Mon grand-père faisait partie du régiment qui s'est mutiné en refusant de tirer sur ses compatriotes.


J'apprécie beaucoup vos articles. Continuez à nous faire rêver en nous faisant connaître votre belle région.


Merci pour tout.


 


Monique