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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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24 août 2012
bandeau chateaux cathares

 

Vous entrez au Pays de COUIZA (Coisan en occitan)

Le château de Couiza ou le château des ducs de Joyeuse est chargé d'histoire. Il existe beaucoup d'informations d'archives sur l'histoire qui entoure ce château car la construction de celui-ci est relativement proche de nos jours puisqu'il a commencé en 1540. J'ai réalisé ce reportage en deux parties car étant limité en nombre de caractères par article. J'ai essayé d'être le plus concis possible en rassemblant ici toutes les informations essentielles concernant l'histoire de ce château important de la vallée de l'Aude et bien sûr accompagné de nombreuses photos ( plus de 90 clichés en tout ). Je vous souhaite une bonne découverte en feuilletant ces pages de l'histoire de France. La soif d'apprendre est toujours enrichissante …. l'Aude une belle région à découvrir et à visiter ou à revoir …

C'est parti pour un bond dans le temps de plus de 600 ans …

 Couiza carte 01

Couiza n'est qu'à 41 km de Carcassonne, 117 km de Toulouse, 104 km de Narbonne et à 39 km de Belcaire

Couiza carte 02

Couiza se situe sur la D118 en dessous de Limoux dans la vallée de l'Aude, à proximité du célèbre village de Rennes le Château où l'abbé Saunière aurait trouvé un trésor, si vous ne connaissez pas cette histoire je vous invite à la découvrir ICI.

Rennes les Bains et le château d'Arques sont aussi des sites à découvrir ainsi qu'Espéraza avec son musée des dinosaures et son musée de la chapellerie

Zoom  sur l'implantation du château des ducs de Joyeuse en bordure de l'Aude

chateau de Couiza 0033Panorama entre Couiza à gauche et les ruines du château de Coustaussa à droite (flèche rouge)

Couiza est située au cœur de la Haute-Vallée de l’Aude au confluent fertile de la Sals et de l'Aude à 15 kilomètres de Limoux et à 12km de Quillan. Elle jouxte le village de Montazels, séparée par l'Aude et la petite ville voisine d’Espéraza. Au cœur du pays cathare, non loin de la célèbre Rennes-le-Château, théâtre de récits ésotériques et de légendes, se dresse le château des ducs de Joyeuse. Au recensement de 2007 on a dénombré 1244 habitants, se sont les Couizanais. La ligne de chemin de fer TER entre Carcassonne et Quillan passe à Couiza avec un arrêt au village. Couiza a été longtemps animé par des activités industrielles liées à l'exploitation du bois et au textile (fabrication de chapeaux, ateliers de chaussures).

chateau de Couiza 0031

Une partie de la ville de Couiza coupé par la D118 avec au fond le château de Couiza ou le château des ducs de Joyeuse

Couiza est fort ancien, si c'est lui qui figure sous le nom de Colusianum dans un acte de 834, il attire très tôt les hommes de par sa position et la proximité des fleuves. Des trouvailles archéologiques témoignent d'une occupation du Ier siècle au IVème siècle après J.-C. A l'origine, les hauteurs environnantes sont préférées aux rives marécageuses de la Salz.

Mais des villages à vocation agricole s'implantent sur les rives de l'Aude et de la Salz, les colons préférant ces meilleures terres.  Dès l'époque romaine, Couiza est un carrefour important où se rejoignent les routes de la haute vallée de l'Aude et les grandes voies des Corbières occidentales, vers Arques ou Rennes-les-Bains. Peut-être que l'origine du mot Couiza, est issu du nom d'un colon romain, Cupitius ou Cusius. Couiza (Couzanum, Coinsanum, Couissan, Couyzan, Couisan, Couvizan, Couyza, Couizan, Couiza) est à la croisée comme je l'ai dit, des voies de communication romaines : voie du Razès, des Corbières. Celles-ci seront utilisées jusqu'au Moyen Âge.

Blason de Couiza

Blason de la ville de Couiza datant de 1696

Vers 876 Couiza s'appelait Covicianus, le lieu était occupé par un prieuré. Dans l'antiquité ce monastère avait pour nom le couvent de la Force. Des maisons viennent se grouper autour du couvent pour former un modeste village.

 

Le prieuré resta indépendant jusqu'à la fin du XIIème siècle, jusqu'à l'invasion des troupes du roi d'Aragon dans le Rhedesium. La masse rocheuse qui s'élève sur l'extrême bord de l'Aude, en face du Moulin de Couiza, et que l'on appelle le Roc de France, servit à marquer la séparation des deux royaumes de France et d'Aragon. Quelques années après les troupes du roi d'Aragon furent refoulées dans le Roussillon.

C'est vers cette période de la fin du XIIème siècle que des localités comme Quillan, Campagne, Couiza avaient été garnis d'un mur d'enceinte.

chateau de Couiza 0018

Couizanum (Couiza) est cédé à la puissante abbaye de Lagrasse, qui fonde un prieuré ( le couvent de la Force) dans la zone de l'actuelle église.

Deux pierres tombales dans l'église sont les sépultures de Guillaume de Joyeuse, maréchal de France, de certains de ses enfants et de Jeanne d'Albret, épouse de Claude de Rébé.

Cette dernière pierre, sauvegardée lors de la reconstruction de 1855, se trouve aujourd'hui aux fonts baptismaux, les autres ayant été recouvertes, par le carrelage actuel, quel dommage, il aurait été intéressant de mettre en valeur ces pierres tombales ! Les techniques actuelles le permettent.

À l'époque carolingienne, l'évangélisation verra la construction vers le VIIIème siècle, de nombreuses églises et chapelles autour desquelles se regroupent les habitats. Des abbayes vont fleurir çà et là. Couizanum est cédé à la puissante abbaye de Lagrasse, qui fonde un prieuré dans la zone de l'actuelle église. On trouve sa trace dans l’histoire de l'Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse. Le prieuré de Couiza est mentionné dans une charte du roi Charles le Chauve datée du 25 octobre 876 qui confirme, en faveur de l’abbaye de Lagrasse, trois prieurés qu’elle vient de fonder dans le comté de Razès, à savoir : à Covicianus (Couiza) ; à Buziniacus (Bouisse) ; à Palairacus (Palayrac).

Au fil des siècles, les religieux fortifient sommairement le bourg principalement au XIIème siècle, en témoignent les termes toponymiques : rue de la Force (dérivé du latin forcia) que l'on relève également dans les registres d'enquêtes de l'Inquisition : "dans la force de Couiza" (administration du consolament à Raymond de Roquefeuil et sa mère, la dame de Niort). Le bourg se développe modestement par rapport aux villages et villes fortifiées des alentours et au XIIIème siècle, Couiza ne compte que quelques feux.

chateau de Couiza 0022

Le château de Couiza avec ses belles tours massives vu du Sud

Couiza occupant une place stratégique au coeur de Razès, il est contrôlé par les comtes de Carcassonne. Au XIIème siècle le domaine fait partie de la puissante maison de Termes. Les membres de cette famille s'étant engagés aux côtés des cathares lors de la croisade contre les albigeois, leurs possessions sont dépecées et confisquées.  Voici comment la chute des seigneurs de la région s'est déroulée lors de la "bataille de la Salz" qui a été décrite par de nombreux auteurs du XIXème siècle, elle se serait déroulée dans les environs du village de Cousanus. Des vestiges d'armes furent découverts, mais rien ne prouve que ce soient les conséquences d'une bataille liée à cet épisode.

Pierre de Voisins, était sénéchal ou principal lieutenant du chef de la croisade. Son corps d’armée avait pour mission de s’emparer de la citadelle de Rhedæ et du château de Coustaussa que défendaient les soldats de Raymond Roger, comte de Béziers, de Carcassonne et de Rhedæ. Guillaume d’Assalit, viguier ou gouverneur de la citadelle de Rhedæ, Pierre de Vilars, seigneur de Coustaussa, et quelques officiers du comte Raymond Roger réunirent toutes les forces dont ils pouvaient disposer, et pour cela ils dégarnirent les deux places fortes dont ils avaient la garde. Voulant essayer, à tout prix, d’arrêter la marche des croisés, ils voulurent leur offrir la bataille, au lieu de les attendre derrière leurs remparts. C’était une folie héroïque ; car ils étaient bien loin d’être en force pour lutter efficacement contre un ennemi dix fois plus nombreux. C’était au commencement de l’an 1211. La rencontre des deux armées eut lieu dans la vallée de la Sals, à proximité du village de Cousanus, et aussi sur cette bande de territoire qui s’étend entre Couiza et Coustaussa et qui  forme une vallée supérieure où se trouve le chemin vicinal qui relie les deux communes. La lutte fut acharnée tant sur le haut plateau que sur les bords de la rivière. A diverses époques on a trouvé sur ces deux points des débris d’armes, des médailles et des monnaies qui marquent l’emplacement de la bataille. Il y a un peu plus de cent ans, en faisant des travaux de terrassement, on a découvert plusieurs tombeaux wisigothiques qui renfermaient probablement les dépouilles mortelles de quelques chevaliers inhumés sur le lieu même où ils avaient trouvé la mort.

chateau de Couiza 0021

La façade Est du château de Couiza, je ne m'attarderai pas sur une description du château, car celle-ci sera faite dans la seconde partie du reportage à suivre.

Cette bataille de Cousanus fut favorable aux croisés qui s'emparèrent alors sans résistance de la citadelle du Rhedae, puis du château de Costaussa après plusieurs jours de siège.

Alors, Simon de Montfort possédait tous les pouvoirs sur tout le Rhedesium, depuis Alet jusqu'à Quillan, depuis les bords de l'Aude jusqu'au pays de Termes et de Pierre-Pertuze qui résistait encore. Tous les châteaux et villages du Rhedesium avaient été confisqués pour crime d'hérésie. Simon de Montfort qui s'était octroyé les titres de comte de Toulouse, vicomte de Béziers et de Carcassonne, seigneur de l'Albigeois et du Rhedesium créa des apanages pour ses principaux officiers, le Maréchal Guy de Lévis et  le sénéchal Pierre de Voisins. Ce dernier obtint à titre de fief tout le Rhedae ou le Rhedesium. L'institution de ce fief date de 1215.

Couiza A05 en 1975

Cette photo aérienne du château des ducs de Joyeuse date des années 1975,  je vous présenterai comme d'habitude toute une série de vielles photos d'époques à la fin de cette première partie et de la seconde.

Après la mort de Simon de Montfort le 15 juin 1218. Raymond Trencavel après une guerre qui dura six ans contre Amaury héritier de Simon de Montfort, retrouva la possession de ses terres, et Couiza retrouva son indépendance.

 

Entre 1224 et 1231, Amaury pour se venger de sa défaite offrira au roi de France Louis VIII la cession des droits sur la Septimanie. Et le roi Louis VIII remit en possession de leurs fiefs les anciens lieutenants de Simon de Montfort.

C'est ainsi qu'en 1231 Pierre de Voisins devint seigneur de Limoux (qui devient également seigneur de Rennes-le-Château, de Coustaussa, d’Arques, d'Antugnac et autres lieux). Il reprit l'apanage qui lui avait été concédé et redevint maître du Rhedesium et par conséquent de Cousanus (Couiza).

Ce dernier établit sa résidence à Arques, où il possède un important château, négligeant Couiza, où seul existe un moulin fortifié.

chateau de Couiza 001

Au premier plan la tour située au Nord Ouest, et la façade Ouest côté rivière Aude

Les seigneurs de Voisins choisirent donc Arques comme capitale de leur fief dans lequel étaient compris, les terres situées sur la rive droite de l'Aude et le moulin de Cousanum. Ils installèrent à Cousanum d'abord un viguier (officier de justice) et plus tard un bayle (bailli) qu'ils installèrent dans une habitation construite près du moulin (acte de 1212 archives de Limoux).

Au commencement du XVIème siècle la famille de Voisins finit en quenouille, et Françoise de Voisins fille unique de Jean II de Voisins, orpheline, baronne d'Arques et de Cousan, possédant dans son fief les seigneuries de Couffoulens et de Puivert, celle aussi de Lastour en pays de Fenouillèdes, épouse le 22 novembre 1518 le vicomte Jean de Joyeuse et la baronnie de Puivert passa à cette nouvelle famille. Jean de Joyeuse fut nommé en 1515 par François 1er gouverneur de Languedoc, il était un des plus puissants seigneurs du Vivarais. Le vicomte Jean de Joyeuse avait un frère puiné, Guillaume IV de Joyeuse, qui était entré dans les ordres et avait été nommé évêque d'Alet. Ce fut probablement par son entremise que son frère épousa la plus riche héritière de son diocèse. Le couple fit de sa résidence le manoir seigneuriale de Cousanum situé à côté du moulin, mais celui-ci étant considéré comme insuffisant en rapport avec la haute position qu'il occupait dans la province, Jean de Joyeuse commença en 1540 la construction du magnifique château renaissance de Couiza.

Cette demeure seigneuriale existe encore en partie. Un grand corps de bâtisse contigu au moulin a été transformé en usine.

chateau de Couiza 0019

La tour Sud Ouest et une partie du corps de logis Ouest avec cette belle pierre de grès rose

A dater de 1231, le bourg de Cousanus fut coupé en deux, la terre ecclésiastique d'un côté, la terre seigneuriale de l'autre. Cet état de fait dura trois siècles et ce fut au bout de cette période que le couvent disparut. Le dernier prieur du couvent de la Force mourut en 1576 et après sa mort le couvent fut fermé.

 

Un mot sur Pierre de Voisins :

Pierre Ier de Voisins (né en 1177 †1233), seigneur de Voisins-le-Bretonneux, puis de Limoux, d'Arques, Alet, Reddes, Caderonne, Couiza et Bugarach. En 1191, il participe à la la troisième croisade. En 1209 il prend part à la croisade contre les Albigeois. Il est alors lieutenant de Simon de Montfort. Après la chute du château de Termes, ce dernier lui confie plusieurs seigneuries dans la sénéchaussée de Carcassonne et dans le Razès. En 1226, il est baron d'Arques. Après la campagne, vers 1231, il reçoit d'autres seigneuries. Pierre Ier de Voisins est le fils de Guillaume de Voisins (né vers1155).

Il épouse Mahaut de Thury (née vers1184 †1236) ou Maguerite de Thurey, fille de Lambert de Thury, seigneur de Limoux. Ils eurent :

  • - Pierre II de Voisins (né vers1205 †1268), sénéchal de Carcassonne.

En 1225, Pierre II de Voisins épouse Jeanne de Voisins (veuve de Guy Ier de Lévis). Ils ont trois fils :

  • - Guillaume de Voisins ( 1308), seigneur de Confolens et Limoux, lieutenant et sénéchal de Carcassonne.
  • -  Jean de Voisins
  •  - Gilles de Voisins (né en 1250 1320), seigneur de Villerasel du Razès, Arques et Villeneuve des Arches.

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La porte d'entrée principale du château des ducs de Joyeuse, située côté du levant c'est à dire à l'Est

Couiza, habitat isolé, a vu défiler de nombreux envahisseurs qui, du IVème au VIIIème siècle, ravagèrent et pillèrent les campagnes. La fin de la dynastie des Voisins vers 1513 coïncide avec l’alliance de la famille de Joyeuse.

Le vendredi 22 novembre 1518, Françoise de Voisins dame d'Arques née vers 1495, fille de Jean (né vers 1425) et de Paule de Foix-Rabat (née vers 1455), épouse un gentilhomme originaire du Vivarais, Jean de Joyeuse né en 1480, auquel elle apporte en dot, outre Couiza, les seigneuries de Couffoulens, Puivert et Latour-de-France.

Jean de Joyeuse, Chambrier et Connétable de France, bientôt premier gouverneur de Narbonne et lieutenant général du duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, Joyeuse entreprend, entre 1540 et 1550, de se faire bâtir un magnifique édifice à Couiza, une résidence digne de son rang.

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La façade Sud, autre accès dans le château par une poterne défendue par une bretèche couronnée de mâchicoulis

En 1520, c'est à dater de cette époque que le bourg, par la volonté de la famille de Joyeuse, ne s'appela plus Cousan, il prit le nom de Couisan.

 

Le 6 octobre 1539 Anne de Joyeuse, fille de Jean, vicomte de Joyeuse, baron de Grandprè en Champagne, de Puivert, d'Arques et autres lieux, et de Françoise de Voisins ; épousa, François II de Bruyères, chevalier et capitaine de cent chevaux légers, baron de Chalabre, de Rivel, de Sonac …etc. Les conventions de ce mariage, ainsi que l'acte, avaient été passées le 3 octobre 1539 au château de Couiza appartenant à Jean de Joyeuse. François II de Bruyères mourut le 15 mars 1551, laissant plusieurs enfants qui furent appelés à recueillir l'héritage de leur aïeul maternel.

 

Jean de Joyeuse étant tombé malade à Narbonne dont il était gouverneur, y fit le 3 février 1555 son dernier testament il avait 75 ans, par lequel il instituait, au préjudice de son fils aîné Guillaume II (1520 592) qui était alors évêque d'Alet ne pouvant continuer la lignée, son second fils Jean-Paul, pour son héritier universel. Or Jean-Paul de Joyeuse mourut étant encore mineur ; dés lors, le fils de François II de Bruyères et d'Anne de Joyeuse qui s'appelait aussi Jean-Paul, suivant les stipulations prévues dans le testament devenait de droit l'héritier de son grand-père, mais seulement après la mort de son oncle Guillaume.

 

Mais Guillaume ne l'entendant pas de cette oreille, abandonna son siège après vingt trois ans d'épiscopat, épousa en 1559 Marie de Batarnay fille du comte du Bouchage, et ne pouvant se contenter de l'usufruit auquel il avait droit, agit en possesseur définitif des biens dont il avait seulement la garde. Il assurera la suite des travaux de ce magnifique château de Couiza.

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L'entrée principale du château de Couiza côté Est

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La Tour Nord / Ouest au premier plan

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A gauche, la tour Sud/Ouest. A droite, la porte d'entrée à la cour d'honneur du château des ducs de Joyeuse à l'architecture originale

Cette famille donnera d’importants personnages parmi les intendants du Languedoc. Au XVIème siècle, la terre de Couiza et celle d'Arques, toute voisine, sont donc aux mains du célèbre Guillaume II de Joyeuse qui s'installe en 1562 au château de Couiza.

Guillaume II de Joyeuse (1520 1592), vicomte de Joyeuse, seigneur de Saint-Didier, de Laudun, de Puivert et d’Arques, fils de Jean de Joyeuse et de Françoise de Voisins, dame d'Arques. Il se destina d’abord à l’Église. Il posséda, du vivant de son frère aîné l’évêché d’Alet. Mais la mort de ce dernier l’ayant fait chef de la famille, et n’ayant pas encore prononcé ses vœux, il renonça à l’état ecclésiastique et embrassa la carrière des armes.

chateau de Couiza 032

Côté gauche, c'est la façade Nord avec une petite porte surmontée d'une échauguette pour défendre l'entrée contre toute attaque, cette petite porte permettait un accès direct à la rivière l'Aude

D'Alet, il sera chassé avec sa femme et sa famille par les religionnaires d'Alet en 1577. Le château va connaître un siège en 1577 au cours des guerres de religion entre protestants et catholiques. Guillaume II de Joyeuse est nommé lieutenant-général en Languedoc par Charles IX en 1561, il lutta activement contre les huguenots. Il ne peut empêcher le massacre de la Saint-Barthélemy de se reproduire à Toulouse. Le roi Henri III l’éleva à la dignité de maréchal de France en 1582. Il est aussi le chef de la ligue catholique et organise la lutte contre les Montmorency et huguenots durant les guerres de religions. Cet ardent ligueur mourut fort âgé à Couiza en 1592 ayant vu mourir avant lui quatre de ses fils.

La construction du château sera achevée vers 1560 par Guillaume II. Guillaume de Joyeuse ne tarde pas à entrer en conflit avec Montmorency-Damville, qui en 1563, a succédé comme gouverneur du Languedoc à son père. Face à Montmorency-Damville, qui passe d'un catholicisme intransigeant à une quasi-alliance avec les protestants, Joyeuse prend, à partir de 1577, la tête de la Ligue, et fait de Couiza l'un des centres de commandement de l'armée catholique dans la région, y entretenant une petite cour toute à sa dévotion. Après la disparition de son fils aîné, Anne de Joyeuse lors de la bataille de Coutras en 1587, Guillaume II de Joyeuse se retire à Couiza.

Portait 02 supposé de Guillaume II de Joyeuse British Muse

Portait supposé de Guillaume II de Joyeuse du British Museum

Blason de Guillaume III de Joyeuse

Armoirie de Guillaume II de Joyeuse

 

Guillaume II de Joyeuse (1520 1592) marié en 1560 avec Marie de Batarnay (1539 1595) ils eurent sept enfants :

  • - Anne de Batarnay de Joyeuse (1560 ou 1561 †1587) épouse le 24.09.1581 Marguerite de Lorraine-Vaudémont, sœur de la reine Louise (1564 1625) et belle sœur d'Henri III, créé duc et pair la même année.
  • - François de Joyeuse (1562 †1615) Cardinal (1584)
  • - Henri de Joyeuse (1563 †1608) épouse le 28.11.1581 Catherine de Nogaret de La Valette (1566 1587) il sera capucin et Maréchal de France. Ils auront une fille née en 1585, décédée en 1656, Henriette Catherine de Joyeuse dernière représentante de la famille de Joyeuse...
  • - Antoine Scipion de Joyeuse (1565 †1592) Grand prieur de l'ordre de saint Jean de Jérusalem de Toulouse
  • - Georges de Joyeuse (1567 1584) marié avec Claude de Moy
  • - Honorat de Joyeuse (mort jeune)
  • - Claude de Joyeuse, seigneur de Saint-Sauveur (1569 1587)

Couiza A08 en 1970

Photo du château de Couiza datant de l'été 1970

Couiza A07 en 1970

Celle-ci date de la même année mais prise en hiver 1970

Il faut savoir, qu'Anne duc de Joyeuse était le favori du roi Henri III de par son mariage avec sa belle-sœur (voir ci-dessus), il fut le représentant le plus illustre de la famille qui posséda et fit construire le château de Couiza.

Le fils Henri de Joyeuse (né à Toulouse le 21 septembre 1563 et mort le 28 septembre 1608 à Rivoli en Italie), il épousera Catherine de La Valette le samedi 28 novembre 1581. Il va s'illustrer dans la guerre contre les protestants. A la mort de sa femme en 1587, il entra chez les capucins sous le nom de "frère Ange". En 1592, il abandonna l'habit pour prendre la tête de la Ligue dans le Languedoc, avant de se soumettre à Henri IV, qui le fit maréchal de France et gouverneur du Languedoc en 1596. Retourné chez les capucins, il mourut alors qu'il accomplissait un pèlerinage en Italie.

Portrait d'Anne duc de Joyeuse baron d'Arques 1560-1587

Portrait d'Anne Batarnay 1er duc de Joyeuse baron d'Arques 1560 1587

Marguerite de Lorraine Femme du duc de joyeuse

La femme d'Anne duc de Joyeuse, Marguerite de Lorraine-Vaudémont, sœur de la reine Louise (1564 †1625) qu'il épousa le le 24.09.1581

La famille de Joyeuse et de Bruyères allèrent combattre ensemble contre les religionnaires en 1573 et en 1580

Le 29 octobre 1586, François III de Bruyères, frère de Jean-Paul vendit à son oncle Guillaume, la baronnie, terre et seigneurie de Chalabre et de Rivel pour la somme de cent mille écus.

L'ancien évêque d'Alet mourut de la peste le vendredi 24 janvier 1592, dans son château de Couiza, laissant son héritage à ses propres enfants et à sa veuve Marie de Batarnay. Elle vendit en 1593, la terre et la forêt de Rivel pour la somme de treize mille écus à Jean de Pressoires seigneur de Tournebouys, qui déjà avait acquis la baronnie de Puivert et affermé celle de Chalabre.

 

Après 1608, des sept enfants de Guillaume, un seul continua la lignée, mais par les femmes seulement, ce fut Henri de Joyeuse (1563 1608) qui épousa Catherine de Nogaret qui ne lui donna qu'une fille, Henriette de Joyeuse (1585 1656). Celle-ci épousa en première noce en 1597 Louis de Bourbon, duc de Montpensier, et en secondes noces en 1611, Charles de Lorraine, duc de Guise. Du premier mariage était issue Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier, qui épousa Gaston de France, duc d'Orléans. Leur unique rejeton fut Melle Anne-Louise d'Orléans, souveraine de Dombes, duchesse de Montpensier, de Châtellerault et de Saint-Fargeau, comtesse d'Eu, laquelle, par son testament du 27 février 1685, institua pour son légataire universel son cousin germain Philippe, fils de France, duc d'Orléans, de Valois, de Chartres et de Nemours, seul frère du roi.

Ces diverses alliances firent passer à un prince de la maison de France, l'héritage de la maison de Joyeuse.

Henriette Catherine de Joyeuse

Henriette Catherine de Joyeuse, duchesse de Joyeuse, princesse de Joinville (1585  1656)

Pendant toutes ces années le château va subir une longue période d'abandon.

En 1646, Henriette de Joyeuse la duchesse de Guise, dernière héritière des Joyeuse vendit sa baronnie de Couiza et tous les autres domaines du Languedoc à Messire Claude de Rébé (né à Amplepuis en 1587, mort à Narbonne le 17 mars 1659), il n'est autre que le petit-neveu de l'archevêque de Narbonne. La seigneurie d'Arques, qu'il acquit en même temps, lui donna ainsi le droit de prendre place aux États de Languedoc.

Le marquis Claude de Rébé mourut en 1659. Il eut pour héritier son fils Claude Hyacinthe de Rébé, marquis d'Arques et de Couiza, seigneur de Monrenard, Chavigny, Le Lombard et d'autres places.

 

C'est à lui que la commune de Couiza doit le magnifique batardeau en pierre de taille qui protège efficacement contre les crues de l'Aude. C'est à lui encore que l'on doit la reconstruction en 1682 du pont sur l'Aude, dit pont de Montazels à l'entrée de Couiza. Ce pont fut exhaussé et son tablier de bois fut remplacé par des arches en pierre de taille.

L'entrée principale du château des ducs de Joyeuse dans les années 70

 

Claude Hyacinthe de Rébé mourut en 1710. Sa veuve Thérèse de Pons administra la seigneurie pendant la minorité de sa fille Marie Josèphe de Rébé.

Elle avait à peine atteint sa majorité que, mise par sa mère en possession de ses domaines, en 1725 elle épousa Éléonor de Rayne marquis du bourg qui mourut très jeune et ne laissa aucun enfant.

Dans un acte de vente datant de 1721, elle a le titre de Marquise de Couiza et d'Arques

Marie Josèphe de Rébé, veuve très jeune, vendit en 1746, le marquisat de Couiza et d'Arques à Guillaume Castanier d'Auriac (1702 1765), il fut le premier président du Grand-Conseil en 1753, il épousa en 1738 Marie-Louise de Lamoignon de Blanc-Mesnil, conseiller d'État jusqu'à sa mort en 1765. Celui-ci n'habita jamais le château de Couiza.

Sa fille unique, Françoise Catherine Castanier d'Auriac épousa Louis Marie de Poulpry qui fut tué en duel en 1773. Le marquis et la marquise du Poulpry ne firent que de rares apparitions dans leurs terres du Languedoc. Leurs domaines étaient gérés par un intendant qui résidait au château de Couiza. Cette dernière fut dépossédée de tous ses biens pendant la tourmente de la Révolution. Durant la Révolution, la marquise de Poulpry, née Castanier, ayant émigré, le château est adjugé comme bien national à un négociant.

 

La baronnie d'Arques et de Couiza resta l'une des principales du diocèse d'Alet, jusqu'à l'année 1732, date de la mort du dernier seigneur.

 

En 1770, il y avait 800 âmes environs à Couiza.

C'est vers 1780 que fut adoptée l'appellation patoise de Couiza à la place de Couisan.

 

Je vais vous proposer toutes une série de vieilles photos du château de Couiza et villages alentours, il y en aura d'autres en seconde partie ...

Couiza A32 en 1905

Château des ducs de Joyeuse à Couiza en 1905

Couiza A21 en 1910

Château des ducs de Joyeuse à Couiza en 1910

Couiza A11 en 1910Château des ducs de Joyeuse à Couiza en 1910

Couiza A09 en 1905Une Vue de Couiza en 1905.

Le pont de Couiza enjambant l'Aude date du XVIème siècle et permet la communication entre Couiza et Montazels

Couiza A12 en 1910Couiza le café Villa en 1910

Couiza A01 en 1935

Château des ducs de Joyeuse à Couiza en 1935

Couiza A02 en 1935Vue générale de Couiza en 1935

Arques entrée du village en 1915Voici à quoi ressemblait la D613 à l'entrée du village d'Arques proche de Couiza

Chateau d'Arques en 1900

Le château d'Arques en 1900

Pour ceux que cela intéresse j'ai réalisé un reportage en 2009 sur ce château que vous pouvez voir  ICI

Chateau d'Arques en 1962Autre photo du château d'Arques datant de 1962

Arques le clocher en 1915L'avenue de Couiza au village d'Arques en 1915

Brenac près de Quillan en 1905La fontaine du village de Brenac en 1905. Petit village de 200 habitants qui se trouve proche de Quillan, à l'Ouest

Couiza A14 en 1950Le château de Couiza en 1950

Couiza A17 en 1955Une vue aérienne de Couiza en 1955

Couiza A10 en 1950Couiza la rue principale (D118) en 1950

Couiza A25 en 1910

Le même lieu que la photo ci-dessus mais quarante ans avant. Couiza en 1910.

Couiza A13 en 1950  

A gauche, la D118 à Couiza en 1950, la circulation n'est pas celle d'aujourd'hui ! A droite, Couiza en 1960

Couiza A27 en 1950

La D118 à Couiza en 1950, c'était plus paisible !

Couiza A24 en 1955L'intersection de la D118 avec la D613 en direction d'Arques et Rennes le Château en 1955

Couiza A23 en 1925

Le pont sur la Sals en 1925

Couiza A26 en 1910Les lavandières, lavant leur linge dans la Sals à Couiza dans les années 1905 / 1910

 

Je vous garde quelques clichés d'époque pour la seconde partie de ce reportage. Car attention !!! Il y a une suite ... 

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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commentaires

Bernard Schacre 28/08/2012 21:40


Cher Jean-Pierre


C'est avec grand plaisir et une beaucoup d'émotion que j'ai découvert ton reportage sur Couiza .... ainsi que des images de mon village d'adoption , ARQUES , où je me rendrai en septembre; une
des images représente la maison de ma maman. Si ton site n'existait pas, qui pourrait l'inventer ! B.R.A.V.O Bernard Schacre

Jean-Pierre 30/08/2012 09:04



Merci Bernard, n'hésite pas à m'envoyer quelques photos d'Arques. JP



baud chantal 24/08/2012 10:42





c est vraiment super ce reportage + photos