Partager l'article ! Histoire du château et des Comtes de FOIX, 2ème partie: Voici la seconde partie de ce passionnant reportage historique sur les com ...
Voici la seconde partie de ce passionnant reportage historique sur les comtes de Foix et leur
château. Foix fut sans conteste l'un des berceaux important du catharisme ... Le
château de Foix est certainement l’un des plus beaux fleurons, encore intact de l’architecture militaire médiévale ... Et si je commençais par vous
présentez les plans et les vues éclatées du castel avant d'aller plus loin ...
Voici une vue cavalière du château et de l'enceinte fortifiée de Foix au milieu du XVII ème siècle d'après un dessin manuscrit de la Bibliothèque Nationale
Vue éclatée montrant les différentes parties du château de Foix
Coupe d'une partie du château de Foix réalisé par Robert Roger en 1897
A gauche, une vue éclatée de la Tour Ronde datant du XVème siècle, dans la partie basse se trouvait le cachot, à droite le blason du comté de Foix.
Plan d'ensemble du château de Foix réalisé par Robert Roger en 1897 (professeur au lycée de Foix à cette époque)
que j'ai complété
Voici un plan de détail réalisé par Robert Roger en 1897, de la barbacane de Fouichet située à l'Ouest de la Tour Ronde
Voici une superbe prise de vue aérienne pour mieux comprendre la configuration de l'ensemble, photo réalisée par Bernard Rousset en 2006
j'ai préféré vous montrer ces photos maintenant afin de les comparer aux plans ci-dessus
Autre photo aérienne réalisée par Bernard Rousset en 2006, la forteresse de Foix côté Ouest
A Foix, la première partie du quinzième siècle est marquée par la construction de la tour ronde, preuve que les comtes n'abandonnaient pas encore complètement la forteresse.
Il s'en passa des choses au château de Foix. En 1443, le comte Gaston IV relègue dans une des tours Marguerite de Comminges, femme de son oncle Mathieu, qui, pour s'en débarrasser, n'avait trouvé rien de mieux que de la remettre à son neveu. Le tort de la vieille dame était de persister à prolonger son existence au grand dépit de ses héritiers. Il ne fallut rien moins que l'intervention du roi de France pour mettre fin à la captivité dé l'infortunée princesse. Pour information, Deux documents, l'un de 1446, l'autre de 1450, font connaître comment, à cette époque, on pourvoyait à la garde et à l'entretien du château.
Le château de Foix façade Ouest
Le château de Foix
s'illumine à la tombée de la nuit
La fin du siècle est attristée dans toute la région pyrénéenne par la querelle survenue entre deux branches de la maison de Foix au sujet de la succession de François-Phoebus, décédé en 1483. Jean de Foix, vicomte de Narbonne, invoquant la loi salique, conteste les droits de sa nièce Catherine, femme de Jean d'Albret, sœur du prince défunt.
Décidément les sièges n'en finissent jamais, en effet, en 1483, Mathieu d'Artigueloube se met un jour résolument à la tête d'une bande armée et porte secours à Jean de Château-Verdun, qui assiégeait le château de Foix pour le vicomte de Narbonne, tous deux, unissant leurs efforts, viennent à bout de la résistance de la forteresse qui capitule. La querelle de la succession prit fin par la mort de Gaston de Foix, fils de Jean de Narbonne, tué à la bataille de Ravenne, en 1513, où il commandait les troupes de son oncle le roi de France.
La voici la forteresse de Foix illuminée
Le Comté de Foix est peu à peu abandonné par ses souverains, qui n'y font plus que de courtes apparitions de loin en loin. La venue des princes est une occasion de réjouissances publiques, de cérémonies officielles et aussi de dépenses pour les villes où l'on préparait une entrée solennelle. Au mois d'avril 1535, le roi de Navarre, Henri d'Albret et sa femme Marguerite de Valois, sœur de François Ier, visitent leur comté et se rendent à Foix où ils sont reçus avec apparat.
Jusqu'aux guerres de Religion nous ne trouvons plus aucun fait digne d'être signalé qui se soit passé au château de Foix.
Une photo intéressante, pas courante car l'accès n'est pas autorisé au public, elle
donne un côté mystérieux au castel de Foix, façade Ouest, retouchée par Christophe Ramos
L'avènement de Jeanne d'Albret et de son mari Antoine de Bourbon, en 1555, marque le commencement d'une période de troubles qui ne cessera que par l'intervention de Richelieu, après un répit de courte durée sous le règne réparateur d'Henri IV. Cette période est l'une des plus attristantes qu'ait jamais traversée le pays de Foix. La lecture des documents donne une singulière idée des contemporains. Dans les deux camps, même violence, même férocité, même mauvaise foi, le plus faible n'a pas de merci à espérer du plus fort, les ruines s'accumulent partout, la guerre pénètre dans les moindres villages, aucun établissement religieux ne reste debout. Les efforts persévérants des évêques et des abbés au XVII ème siècle ne réussiront pas à faire disparaître les traces des désastres et à rendre leur ancienne splendeur aux institutions relevées. Foix, dans des proportions moindres que Pamiers, ne fut pas épargné.
Document cadastral de la ville de Foix datant de
1525, écrit en Occitan "Mestre Miquel del Vernis qui possède entre autres un camp à
la plana de Cadirac". Admirez le graphisme étonnant, le détail de la signature ...
En 1555 le Calvinisme s'installa dans la ville de Foix, en 1556, une cinquantaine d'habitants se déclarèrent pour l'hérésie. En 1557, malgré les avertissements donnés et faute de garde, la ville lut surprise par les Huguenots, et l'abbaye fut saccagée. En mars 1862, un édit de pacification fut promulgué, le seigneur de Pailhès, sénéchal du pays, fut chargé d'en assurer l'exécution et de faire vivre en paix les gens des deux religions.
La tranquillité ne fut pas de longue durée. Au mois de mars 1567, une bande de Huguenots pénètre dans l'église de Montgausy situé près de Foix, et se livre à des exactions, les catholiques s'empareront des coupables et une vingtaine seront pendus devant les murs du château de Foix.
Henri III de Navarre vers 1575
En 1566, sous la conduite de sa mère, Jeanne d'Albret, le jeune roi de Navarre Henri, vient dans son pays de Foix, il y retournera en mai 1578, en avril et en novembre 1579, en juin et juillet 1584. Asa seconde visite, en 1578, il est accompagné de sa femme, la séduisante Marguerite, et fait une entrée solennelle dans la capitale de son comté.
Henri IV ne serait venu qu'en ces circonstances dans le pays de Foix.
En 1578, un dénommé sire de Lahisle est gouverneur de la ville et du château, le roi lui enlève cette charge et la donne à un Huguenot, Brignon assisté d'un lieutenant Deing, au printemps 1580, les Huguenots persécutent les catholiques, en mai 1581, poussés à bout les catholiques attaquent les Huguenots et brûlent leur temple. Les protestants du pays viennent défendre les leurs, le 15 mai 900 hérétiques se jettent à l'assaut de la ville. Les Huguenots ont le dessus, pillent la ville, chassent les religieux de l'abbaye et démolissent l'église.
Je vais maintenant, vous présentez quelques photos prisent au musée départemental de l'Ariège située dans l'ancien corps de logis reliant les deux tours carrées du château de Foix.
Autre photo du musée départemental de l'Ariège située dans l'ancien corps de logis reliant les deux tours carrées du château de Foix.
Épée d'ornement, de parade, au pommeau décorée datant du XVIème siècle
Deux épées d'ornement, de parade, au pommeau décorée datant du XVIème siècle
Arme d'hast : Hallebarde datant du XVIème siècle utilisé par les
fantassins pour percer, arracher les armures des cavaliers
Arme d'hast : Vouge datant du XVIème siècle utilisé par les fantassins pour percer, arracher les armures des cavaliers
Arme de choc : le marteau d'arme (Hammer) datant du XVIème siècle,
arme offensive employée par les fantassins vers le XIIIème siècle, puis adoptée par les cavaliers avec une hampe plus courte.
Photo de gauche, c'est quoi d'après vous ? C'est ce que l'on appelle un Chanfrein qui date du XVIème siècle, au centre un décor gravé avec un écusson autrichien. C'est une pièce d'armure protégeant la tête du cheval de guerre ou de tournoi. Les chevaux étaient équipés dés la fin du XIIIème siècle, ces armures étaient aussi richement décorées que celles de leurs cavaliers. Photo de droite, un armet datant aussi du XVIème siècle, cette protection du visage apparue à la fin du moyen-âge, plus léger que le heaume ou le bassinet, il offrait un meilleur confort. L'armet faisait partie des armures de luxe et était très apprécié par la noblesse au XVIème siècle.
Paire de gantelets datant du XVIème siècle, pièce d'armure décorée recouvrant le
dessus de la main protégée par un gant de cuir, les plaques sont articulées laissant le pouce libre.
Voici deux plastrons, pièces d'armure couvrant le torse, elle se
substitua à la cotte de maille à la fin du XIIIème siècle. L'armure se développa surtout aux XVème et XVIème siècle. En même temps que l'armure de guerre ou harnois se développèrent les armures
de tournois, plus lourdes.
Photo de gauche, arme d'hast : Godendac datant du XVIème siècle utilisé par les fantassins pour accrocher, percer, arracher les plaques d'armures des cavaliers.
Le 19 août 1584, le roi prescrit et autorise Deing à effectuer des travaux et réparations nécessaires au château de Foix.
Malgré la faveur dont il semblait jouir auprès de son roi, Deing, en 1584, est sacrifié pour donner une satisfaction tardive aux catholiques. Henri IV, nomme le capitaine Comte gouverneur de la ville et du château, mais comme compensation, il met à la tête de la province le sire de Lévis d'Audou, chef redoutable des Huguenots, à qui ses cruautés ont acquis une triste et durable célébrité. Jusqu'en juin 1595 une paix régna entres les habitants. Au mois de juin de la même année, le sire d'Audou surprend la ville et assiège le capitaine dans le château. Le roi intervient, pour ramener le calme, délègue un commissaire général dont l'arrivée marque le début d'une ère de tranquillité.
Photo de gauche, l'un des rares mobiliers visibles dans le château, trône seigneurial des comtes de Foix. Photo
de droite, le lit du roi Henri IV, c'est le principal meuble présenté au château des comtes de Foix, c'est un objet majeur du patrimoine historique et artistique de l'Ariège. Il symbolise les
liens politiques et familiaux qui unissaient le roi Henri IV aux terres ariègeoises et à certains de ses seigneurs notamment les Villemur-Pailhès.
Véritable oeuvre d'art, ce lit royal présente un magnifique travail de broderies sur soie, velours et tissu. De
par les matières employées, les couleurs et motifs, il semble avoir été fabriqué dans un atelier d'artisans au grand savoir faire, tel qu'il en existait à Toulouse à la fin du XVIème siècle et
au XVIIème siècle. Le décor floral et végétal évoque un parterre de fleurs à la française, conçu pour la promenade de l'oeil, comme ceux que réalisait le jardinier du roi Claude Mollet
(1563-1650). Ce lit classé monument historique en 1965, il a été acquit en 1991 par le Conseil Général de l'Ariège, lors d'enchères publiques pour intégrer les collections du musée
départemental de l'Ariège.
La Rondache du XVIème siècle, dérivée du bouclier la rondache tenue à la main, servait à se protéger des coups de lance ou d'épée. Décorée de marques distinctives, elle permettait de reconnaître le combattant.
Cotte de maille du XVIIIème siècle, appelée aussi haubert, cette tunique en anneaux de métal forgés fut la seule protection des hommes d'armes. Elle pouvait descendre jusqu'aux genoux. Les effets de l'arbalète et de la dague ou de la miséricorde obligèrent à remplacer les mailles du haubert par des plaques puis par une armure articulée protégeant tout le corps.
Armets, le casque protégeant le combattant au moyen-âge était souvent une simple calotte de fer, mais les plus chères pouvaient être complet et couvrir entièrement la tête comme ici. Aux XVème et XVIème siècles, ces casques articulés, appelés "armet" rendaient la vision et la respiration plus faciles.
Armure complète aux pièces
de fer ajustées et articulées était fragile et coûteuse, l'armure se développa surtout aux XVème et XVIème siècles. Vous aviez l'armure de guerre ou harnois, l'armure de parade finement ciselée
et l'armure de tournois plus lourde.
A partir de ce moment, le culte catholique est publiquement rétabli, ce fut donc alors que les catholiques commencèrent à respirer sous la douce domination de leurs nouveaux consuls. Cette situation ne se modifia pas tant que vécut Henri IV.
Sous Louis XIII, la reprise des hostilités entre les partis remet Foix sur le pied de guerre. En 1621, le gouvernement du château passe des mains du catholique Matherot à celles du protestant Restinclière-Toiras qui, après avoir pris possession de son poste, laisse tous ses pouvoirs à son lieutenant Laroubière. C'était un Huguenot fanatique, entrant aussitôt en relations avec ses amis Huguenots qui tenaient la campagne, il complote de livrer la place. Averti à temps, Restinclière envoie à Foix son frère, M. de Laforest, qui chasse le traître et établit une garnison catholique.
Laforest-Toiras, qui est catholique, remplace son frère Restinclière dans le gouvernement de la ville et du château.
Après les alertes qui avaient troublé la ville en 1621, il importait de recourir à des mesures de prudence, afin de ne pas être pris au dépourvu. En 1623, Louis XIII charge Aymeric Gaffron, commissaire de l'artillerie, d'envoyer deux canons et des munitions au château de Foix.
Après vous avoir montré quelques portes du château, voici quelques clés moyenâgeuses pour les puristes, c'est aussi de l'art la serrurie, j'adore les clés de cette époque !
Après la ruine du protestantisme comme parti politique, après l'abaissement de la haute noblesse frappée clans le duc de Montmorency, la royauté jugea prudent de prendre des mesures en vue d'enlever aux rebelles les moyens de s'organiser et de se maintenir dans le pays. Les fortifications des villes, les châteaux des seigneurs, et même ceux du roi, furent condamnés au démantèlement, Louis XIII a signé un ordre à Toulouse le 28 octobre 1632. Des commissaires furent désignés pour surveiller les démolitions. On commença par Mazères, Pamiers, Saverdun, puis on continua par Montant, Tarascon, Labastide-de-Sérou, Roquefixade, Le Carla. En 1638, le roi, dans le désir de diminuer les charges supportées par la Province, et reconnaissant que les châteaux de Montgaillard et de Mérens étaient inutiles, en prescrivit le rasement complet.
A la fin du règne de Louis XIII, dans la vallée de l'Ariège, il ne restait guère plus des antiques forteresses féodales du Moyen Âge que le château de Foix. Pourquoi cette exception ? On a supposé que, dans la capitale du Comté, le roi avait voulu conserver l'ancien berceau d'une dynastie, à laquelle se rattachaient les Bourbons, et perpétuer les traditions en y maintenant le gouverneur du pays. On était, en outre, à la veille d'une déclaration de guerre à l'Espagne, il convenait de ne pas dégarnir une frontière où, en dehors de cette forteresse, il ne subsistait plus que les murailles d'Ax-les-Thermes, peu capables d'arrêter la marche d'envahisseurs.
Aussi le 23 juin 1626, Louis XIII signe-t-il à Blois, des lettres patentes pour prescrire de réparer et de fortifier le château de Foix. C'est seulement en 1632, que les ouvriers se mettent à l'œuvre et c'est toujours Laforest-Toiras responsable du château. Il existe des archives avec tous les devis et la description technique des travaux à entreprendre datant du 28 mars 1631 signé par Laforest-Toiras.
J'ai oublié de préciser que le 4 avril 1634 le conseil de la commune de Foix a été informé que le roi Louis XIII souhaitait la démolition du château. Mais il n'en fut rien, heureusement.
Depuis 1930 le château abrite le musée départementale de l'Ariège
Chapiteau roman, trouvé dans les fouilles en 1825. La sculpture évoque une partie de la légende de Saint Volusien. Les représentations se rapportent à une réalité architecturale et vestimentaire, du XIIème siècle, car le sculpteur n'avait aucune idée du monde physique au temps de Saint Volusien. Il a donc figuré les bâtiments et les personnages de sa propre époque. Cela symbolise une ville assiégée, il s'agirait de Toulouse capitale wisigothique prise par Clovis, des hommes en arme travaillant à la sape du mur.
Chapiteaux roman, milieu XIIème siècle, la face arrière n'est sculptée. Ces chapiteaux géminés devaient être adossés à un mur ou un pilier.
Les têtes ont été probablement martelés lors des guerres de religion. Toutes ces sculptures représentent des scènes de la vie de la vierge.
A droite, message de l'ange Gabriel à la vierge Marie pour lui annoncer sa conception
miraculeuse.
Voici le sceau des abbés de Saint Volusien exposé au château, représentant le martyr de l'évêque de Tours
En 1635, éclate avec l'Espagne une guerre que terminera seulement en 1659, le traité des Pyrénées, c'est une période d'agitations, d'alertes au château et dans la région.
En 1638, naissance du Dauphin qui devait être Louis XIV, c'est une occasion de grandes démonstrations, auxquelles le château s'associe en tirant des salves d'artillerie. Cinq ans après, il en est de même, quand on rend les honneurs funèbres à la mémoire de Louis XIII et qu'on salue l'avènement du jeune roi.
Pendant la guerre avec l'Espagne le château de Foix reçut de nombreux prisonniers de guerre sur décision du roi signé le 21 avril 1641. La présence des gens de guerre sera une ruine pour la malheureuse cité de Foix.
La paix des Pyrénées fut accueillie à Foix avec enthousiasme. Les consuls en reçoivent la notification officielle à la fin de février 1660. Au lendemain d'une guerre qui avait duré de 1635 à 1659, la ville de Foix recouvre un peu de tranquillité, à peine si, de temps en temps, quelques, incidents viennent rompre la monotonie de l'existence quotidienne.
La tour Ronde et la
tour du Milieu visibles lors de votre montée au château
Les deux tours carrées, celle du Milieu et de l'Arget à droite
Le crénelage et la tour de
l'Arget vus du pied de l'escalier menant à la tour du Milieu
La forteresse vue du Sud,
photo superbe ! Vous apercevez la barbacane de Fouichet au pied de la tour Ronde.
Si le château conserve encore son prestige officiel, il ne joue plus aucun rôle politique, il n'est même plus considéré comme une valeur stratégique.
Ceci démontre dans quel état était la situation au château : En 1680, on vote 11 livres destinées à l'achat d'une corde pour la cloche qui se trouve dans la tour ronde du château. En 1703, le marquis de Ségur, nommé gouverneur en remplacement du marquis de Mirepoix, fait son entrée solennelle avec le cérémonial accoutumé. Le château n'est garni que d'un mobilier insuffisant, aussi est-on obligé d'emprunter des lits et du linge. En 1712, même situation, lorsque l'intendant annonce son arrivée prochaine, le major Dufour s'adresse aux consuls et leur demande de vouloir bien lui prêter du linge, de la vaisselle d'étain et autres choses dont il a besoin pour ledit sieur intendant, qui va venir loger deux ou trois jours au château.
Pour info, certains textes relatent en 1717, le fait que la contrée est infestée de loups, d'ours et de sangliers.
Pendant tout le règne de Louis XV, l'existence est assez calme, même monotone dans la capitale du Comté. Il y a toujours dans le château une garnison, qui devait être encore assez nombreuse.
En 1720, Louis XV donne ordre de faire mettre en état deux moulins à bras établis dans le château.
En 1742, deux cents fusils sont envoyés à Foix.
En 1727, les vieilles constructions qui longent l'Arget sont abattues pour faire place au monument servant aujourd'hui de palais de justice.
En 1770, c'est le marquis de Bonnac, qui est le commandant militaire de la province.
Vous avez remarqué que le château n'était pas seulement destiné à demeurer place forte ou résidence d'honneur, c'était aussi une prison. Pendant le XVIII ème siècle, le château continue de servir de prison d'Etat. Parmi les détenus, on en compte plusieurs appartenant à de bonnes familles du Languedoc. Ainsi un gentilhomme languedocien avait été condamné aux galères perpétuelles pour un crime de droit commun, le roi lui fit grâce de cette peine et, par une lettre de cachet, ordonna de l'interner au château de Foix pour le reste de ses jours.
Les vieilles pierres du château de Foix vous parlent. Je vous en avais parlé dans la première partie des graffitis gravés sur les murs par les prisonniers quand le château fut transformé en prison, et bien en voici quelques clichés.
Ils sont visibles sur les murs la Tour Ronde à tous les étages près
des fenêtres, il y en a certainement aussi sur d'autres parties du château non ouvert au public.
Ces graffitis sont étonnants et artistiques, il y a des noms, des
dates, des dessins figuratifs et des croquis énigmatiques. Je ne sais pas s'il y a eu et s'il existe un inventaire photographique de l'ensemble de ces graffitis que l'on trouve sur les murs du
château de Foix, cela pourrait être intéressant à publier et à commenter, avis aux amateurs de la région.
C'est la même photo que ci-avant, mais plus contrastée afin que vous puissiez voir la finesse de la gravure
Ce graffiti des noms énigmatiques de prisonniers
Ici sur ce graffiti on peut lire en bas : Auror pierri innocente 1827
Dans le château de Foix certaines pierres ont des marques symboliques répertoriées sur cette photo, se sont les marques des tailleurs de pierre, des tacherons ou appareilleurs qui ont construit la forteresse.
J'ouvre une parenthèse sur la construction proprement dite du château : Puisque je vous parle des concepteurs du moyen-âge, sachez que la chaux très utilisé à cette époque pour la construction, est fabriqué en faisant chauffer pendant plusieurs jours du calcaire. En mélangeant la matière obtenue avec de l'eau on éteint la chaux. Mêlée à du sable et du gravier fin, on fabrique du mortier qui sert de ciment pour la cohésion des pierres du mur. La chaux est un produit que l'on réutilise aujourd'hui, car il permet la respiration des murs.
Vers 1375, pour protéger ses terres de la guerre de Cent Ans, Gaston Fébus entreprit la construction simultanée de plusieurs forteresses en Béarn ainsi que la mise en défense du Comté de Foix. Il organisa un système d'administration cohérent, pyramidal et centralisateur qu'il dirigea, veillant à l'acquisition de terres et de matériaux, ainsi qu'aux contrats avec les différents exécutants. Sicard de Lordat, châtelain d'Orthez jusqu'en 1369, fut longtemps considéré comme l'architecte de Gaston Fébus. A cette époque, le terme d'architecte n'était pas encore employé pour désigner le responsable des travaux ayant des connaissances techniques et esthétiques. Il apparaissait comme le gestionnaire en main d'oeuvre et en charrois. Les maçons intervenaient dans la construction des forteresses, en pierres, briques et galets. La pierre était employée en majorité pour les encadrements de fenêtres, les escaliers, les voûtes, les créneaux, les corbeaux ou les éléments de décoration. Au château de Foix, par souci d'économie et pour faciliter le transport, on employa la pierre affleurant à proximité. Les pierres de taille furent utilisées pour la construction de l'escalier de la tour du milieu puis au début du XVème siècle pour la construction de la tour ronde. C'était du grès provenant de carrières proches, Arabaux et Vernajoul.
Les murs étaient vraisemblablement recouverts d'enduits. Il est possible qu'à l'intérieur, les salles du château
aient été décorées de peintures. Actuellement de rares vestiges peints apparaissent sur les éléments sculptés dans le tour du milieu.
Une vue Sud / Ouest de la forteresse de Foix
Je ferme la parenthèse, reprenons le cour de l'histoire :
Depuis le XV ème siècle les archives sont installées au dernier étage de la tour ronde du château, elles traversèrent sans encombre les guerres de Religion. En 1667, la foudre tomba sur l'édifice, heureusement sans trop de dommages pour les archives. Survient la Révolution, toutes les archives sont transportées dans l'abbaye de Saint-Volusien, devenue siège de l'administration départementale. Les collections, qui avaient eu la chance d'échapper à tant de causes de ruines, ont péri dans l'incendie qui ravagea la préfecture au mois de septembre 1804. Heureusement, les copies, prises sous Louis XIV, par les soins du président Doat, sont conservées à la Bibliothèque Nationale.
La tour d'Arget vue du pied de la tour du Milieu
Photo de gauche, escalier menant à l'entrée de la tour du Milieu et par la même occasion à la courtine crénelée reliant les deux tours qui se font face.
Photo de droite, vous êtes sur la courtine face à la tour du milieu, on remarque qu'il y a eu des modifications
et que des ouvertures ont été obstruées lors d'époques successives. En arrière plan, on aperçoit la tour Ronde.
Photo de gauche, la tour de l'Arget au Nord. A droite, la porte d'entrée de la tour de l'Arget qui n'est pas ouverte au public du fait de sa dangerosité, car les accès aux différents étages se font par des échelles.
Peut-être qu'un jour cela sera possible pour admirer la vue et la charpente de sa toiture !
L'escalier à vis qui vous
mènera au sommet de la tour Ronde
Le haut de la tour Ronde et
ses créneaux
Jusqu'en 1790, le château conserva un prestige officiel, quoique le monument, déchu de son ancienne splendeur, servit de prison, de caserne, de magasin, il n'en était pas moins le siège du gouvernement de la province.
Au début de la Révolution, la nouvelle administration dédaigne l'ancienne résidence des comtes, les services du département et de la justice s'installent à l'aise dans les vastes bâtiments de l'abbaye de Saint-Volusien, dont les moines venaient d'être dispersés. Ce n'est qu'après l'incendie de la Préfecture que la partie moderne du château, élevée au commencement du règne de Louis XV, devient le palais de justice. Quant aux tours, elles sont exclusivement réservées aux prisonniers. A Foix, l'époque de la Terreur n'a pas laissé trop de lugubres souvenirs, on ne connaît pas les noms des détenus politiques, du reste, les principaux étaient dirigés sur Toulouse.
Photo de gauche, dans l'épaisseur du mur de la tour Ronde des marches ont été aménagées pour accéder à la fenêtre
des étages supérieurs. La photo de droite date de 1910, à cette époque la tour de l'Arget s'appelait tour de l'horloge car elle fut équipée de l'horloge de la ville en 1425 et retirée au début
des années 1800.
Photo de gauche, le château vu de l'Arget qui coule à ses pieds. A droite, la grande salle de la tour Carrée, ces
deux clichés datent de 1905 environ.
Groupe au château, M.et Mme Goulard, Mme Pasquier, Caroline, au château de Foix photo de Trutat Eugène en 1900
J'aurai l'occasion de vous proposer beaucoup d'autres photographies anciennes intéressantes concernant la ville de Foix, dans la troisième partie de ce reportage ...
Il se passe toujours quelque chose sur ce site qui vous surprendra et vous intéressera. Pour ne pas rater la troisième partie qui est en gestation, c'est simple, suivez le conseil indiqué ci-dessous :
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