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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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17 mars 2012
bandeau-HISTOIRE-04.jpgbandeau abbayes de l'aude 02

Voici la suite du reportage " L'HISTOIRE DE L'ABBAYE SAINT-HILAIRE D'AUDE " seconde et dernière partie, sur l'ensemble de ce reportage vous allez visionner 125 photos, ce chef d'oeuvre de l'art roman le vaut bien, je vous souhaite une bonne découverte  ...

texte médiéval 02

Aux siècles suivants, du XVIème au XVIIIème siècle, les difficultés financières continuent. Au XVIIIème siècle, les textes confirment cela. Des mesures sont prisent, Monseigneur de Bezons, évêque de Carcassonne supprime les offices claustraux et places monacales du lieu. C'est à cette occasion en 1758, que l'église paroissiale est abandonnée au profit de l'église abbatiale.

En 1724 quatre abbés étrangers étaient encore en charge de l'abbaye.

En 1726, l'église paroissiale du village (Sainte-Marie de la Chapelle est transférée dans l'abbatiale malgré les protestations des religieux.

La fin du XVIIIème siècle est marquée par la vente des dépendances et des diverses possessions de l'abbaye. Des bâtiments abbatiaux seront vendus pendant la Révolution, un prêtre constitutionnel est installé dans l'abbaye ce qui engendre des troubles, en 1792, la troupe est envoyée devant le monastère, afin de maintenir l'ordre public.

Le démembrement des bâtiments vendus en parcelles commencera le 15 février 1791, la maison abbatiale et ses dépendances, estimées 1098 livres seront vendus à Esquirol de Limoux. Les archives ont conservé les noms des autres acquéreurs, comme le notaire Laffon, Pierre Artozoul, Jean-Pierre Capelle, Jacques Blanc, et le fils du peintre Carcassonnais Jacques Gamelin.

Saint Hilaire abbaye 111 panorama

Belle perspective sur le cloître de l'abbaye de Saint-Hilaire d'Aude.

Saint Hilaire abbaye 61

Le cloître fut bâti au cours du second quart du XIVème siècle. 

A partir de 1838 on entreprend la restauration de l'ancienne abbatiale devenue l'église paroissiale.

En 1894, le conseil municipal prend la décision de déplacer le clocher en très mauvais état, les travaux seront réalisés en 1898.

Puis au XIXème siècle, le Conseil départementale achètera maisons, terrains ou remises contiguës à l'abbaye afin de supprimer les servitudes. L'essor de la viticulture permettra l'installation de nouvelles résidences reflétant une certaine prospérité : encadrements de baies moulurées, claveaux ornés et portails de chais en sont encore les témoins aujourd'hui. Le village compris entre le site abbatial et le Lauquet possède des habitations datées en façade du XVIIème siècle.

L'église d'une valeur patrimoniale importante est classée dès 1840 au titre des Monuments historiques, le cloître le fut en 1846 et le plafond peint en 1914.

Saint Hilaire abbaye 70

La sobriété de la nef s'explique par la présence à l'Ouest du mur d'enceinte défensif qu'il a fallu conserver vu les conflits de l'époque.

Saint Hilaire abbaye 75

Le maître-autel proviendrait de l'ancienne cathédrale d'Alet où il aurait été achevé en 1785.

Les deux anges adorateurs qui l'encadrent n'auraient été ajoutés qu'au début du siècle suivant.

Incroyable ! Jusqu'à une date très récente, 2002, l'ancienne salle capitulaire de l'abbaye était encore occupée par une Perception des Impôts et plus anciennement par une poste. Dans l'aile Ouest rebâtie au XIXème siècle s'était installée l'école communale et l'aile du réfectoire des moines servait de remise sinon de dépotoir. Seule l'aile orientale a conservé une vocation de presbytère jusqu'au départ du dernier curé à la fin du siècle dernier.

C'est en 2003 que fut engagé un programme global de réhabilitation de l'abbaye Saint-Hilaire.

Aujourd'hui la commune est pratiquement propriétaire de l'ensemble des bâtiments conventuels et avec l'aide de la Conservation Régionale des Monuments Historiques, elle a entrepris un vaste projet de mise en valeur de cette abbaye de grand intérêt.

Cela a porté ses fruits puisque l'abbaye Saint-Hilaire constitue à l'heure actuelle l'un des sites majeurs du programme départemental "Pays Cathare".

 

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Si l'on arrive à Saint-Hilaire par le champ de bataille situé dans la vallée du Lauquet où en face du château de Pech le Comte Roger 1er défit au Xème siècle Oliba, Comte de Cerdagne,  on découvre la masse imposante de l'abbaye dominée par l'église abbatiale et son clocher reconstitué en 1898 sur une tour datant de 1608.

Le monastère était entouré d'un rempart qui se voit encore en différents endroits. Il était percé de deux portes au Nord et au Sud que protégeait un système de défense avec des herses et des mâchicoulis. Des meurtrières larges et peu élevées se remarquent encore aujourd'hui, ainsi que des ouvertures pratiquées en période de paix pour avoir une vue sur la campagne environnante. Ces vestiges de remparts subsistent encore jalonné de meurtrières. On trouve ces meurtrières dans la rue Haute du Fort ou la rampe des Rosiers.

Ce rempart supporte à l'Est la maison du camérier (domestique de l'abbé) aujourd'hui le presbytère, qui est prolongé par une terrasse formant jardin, construite en 1533.

Le monastère actuel se compose : au Nord se trouve l'église, à l'Est la salle capitulaire surmontée du dortoir, au Sud un vaste réfectoire, à l'Ouest devait se trouver les celliers.

 

Le salon du presbytère était autrefois la salle capitulaire du monastère. L'abbé Géraud II de Bonnet élu en 1509, qui administrait l'abbaye à cette époque, y fit peindre un remarquable plafond aux poutres apparentes.

Deux belles cheminées d'époque en marbre gris ornent la salle à manger ainsi que le salon.

C'est après 1748, que le monastère ne remplissant plus sa mission, connaîtra d'importantes transformations : l'aile Est du logis abbatial sera aménagée en presbytère, l'ancien réfectoire passablement ruiné sera reconverti en jardin, tandis que l'aile Ouest deviendra la maison des chapelains.

Saint Hilaire abbaye 73

Les stations du chemin de croix moulées ornent l'église.  (photo d'Alain Devisme)

L'ÉGLISE

L'église abbatiale d'art roman, mesure 25,35 m de long sur 22,50m de large. Elle possédait à l'origine une charpente supportant un toit. Des éléments architecturaux de la nef, comme la voûte à trois croisées d'ogive date vraisemblablement du début de l'époque roman vers 1120. C'est à cette période que l'art roman apparaît dans le Languedoc qui a toujours été en avance sur les autres régions. Pour info, le tracé du profil des ogives de Saint-Hilaire est le même que celui de l'église de Quesmy au début du XIIème siècle. La voûte, qui dans la construction des églises romanes constitue un élément important, est construite en blocage ou en moellon à gros joints comme le reste de l'église. Elle repose sur des murs sans contrefort d'une épaisseur de 2 mètres à la base et d'1 mètre au sommet, soutenus à l'extérieur par des contreforts droits massifs en face des doubleaux.

Les corbeaux sont sculptés en forme de tête humaine, les chapiteaux supportant les doubleaux sont constitués par des feuillages ou des personnages inscrits dans la corbeille.

En général le sculpture décorative du monastère est simple, une grande partie de ses éléments, à part une ou deux exceptions, ont été copiés dans la flore naturelle, comme les feuilles d'eau à bords très découpés, acanthe, lierre, artichauts, pomme de pin, tulipe, fougère, … etc.

La nef de l'église est inachevée. Un mur construit en cailloux arrondis vers le fond de l'église laisse présager une prolongation ultérieure de la nef qui malheureusement ne s'est pas faite. Ce mur masque en partie de beaux chapiteaux. Les fenêtres conforment aux modèles romans et semblables à celles de l'abbaye de Rieunette, sont ébrasées en biseau vers l'intérieur pour y répandre la lumière.

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A gauche, la statue de Jeanne d'Arc. A droite la chaire à prêcher en bois sculpté du XVIIIème siècle, présentant les quatre évangélistes dont Saint-Benoît et Saint-Hilaire.

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Détails des chapiteaux, ceux-ci sont composés de motifs de feuilles et de dessins géométriques.

Magnifique sculpture, c'est le seul chapiteau historié de l'église abbatial représentant une procession de moines.

On le voit mieux sur la photo ci-dessous.

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Chapiteau historié de l'église abbatial représentant une procession de moines. A droite, au dessus de la tête de chien, un singe montre ses fesses.  (photo d'Alain Devisme)

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Les trois travées de la nef sont voûtées d'ogives qui prennent appui sur des chapiteaux et des consoles dont le décor sculpté de type premier gothique réalisé probablement sous l'abbé Guillaume (1237-1260) lorsqu'on a voûté le nef, initialement prévue pour une couverture charpentée.

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Détail des sculptures d'un chapiteau, aucun n'est identique. Je suis admiratif du travail de l'époque.

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L'église abbatiale se compose d'une abside semi-circulaire en cul de four avec trois baies dotées de vitraux récents.

L'abside est cantonnée de deux chapelles latérales une au sud et une au nord qui a été supprimée au profit de la sacristie.

La nef est constituée de trois travées voûtées d'ogives datées du XIIIème siècle.

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L'église présente les caractères de la fin du XIIème siècle, à l'exception de la voûte d'ogives réalisée vers 1280.

Les trois clés de la voûte circulaire sont ornées d'une main bénissante, d'un agneau portant la croix (photo ci-dessus) et d'une colombe (aujourd'hui disparue).

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A gauche, la chaire à prêcher en bois sculpté du XVIIIème siècle. A droite,  la statue de Saint-Roch (photo d'Alain Devisme)

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Statues de la Vierge et l'enfant à gauche, et Saint Joseph à droite (photos d'Alain Devisme)

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Le retable en bois doré polychrome du XVIIème siècle offre une présentation de la vie du Christ.

Une "vierge à l'enfant" surmonte cet ensemble installé dans le croisillon Sud à proximité de la chaire à prêcher. (voir la photo ci-dessous)

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Photos montrant les détails du retable en bois doré polychrome du XVIIème siècle offre une présentation de la vie du Christ.  (photos d'Alain Devisme)

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Gros plan sur la partie centrale du retable.  (photo d'Alain Devisme) 

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Chapiteau au motif végétal.

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Les chapiteaux de la nef représentent des personnages à type d'Atlante et des motifs végétaux comme ici.

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Deux bénitiers en marbre Marbre rouge et blanc, dit marbre de Languedoc, de couleur rouge de feu, mêlé de taches blanc de madrépores et de gris.  (photos d'Alain Devisme)

Il est exploité aux carrières de Caunes-Minervois dont j'ai réalisé un article sur ce site voir le sommaire.

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Ses doubleaux reposent sur des colonnes engagées terminées par des figures anthropomorphes et primitivement destinées à recevoir, comme je l'ai déjà évoqué, une charpente.

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Autres détails d'un chapiteau au décor floral.

L'iconographie du monastère de Saint-Hilaire est très riche.

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L'absidiole Sud abrite le sarcophage en marbre blanc de l'apôtre Saint Saturnin (ou Sernin).  (photo d'Alain Devisme)

LE SARCOPHAGE DE SAINT-SATURNIN (ou Saint Sernin)

Le sarcophage de Saint-Saturnin est la pièce maîtresse du mobilier de l'église. Cette cuve en marbre blanc des Pyrénées de 2 m de longueur sur 0,65m de largeur, est magnifiquement sculptée dans la pure tradition romane. Les sculptures ont été réalisées sur une des longueurs et sur les deux largeurs latérales. L'œuvre représente l'arrestation, le martyre et l'ensevelissement de Saint-Saturnin (Saint Sernin), apôtre et premier évêque de Toulouse, martyrisé dans cette ville vers l'an 250, car il refusa d'honorer les dieux païens. Il fut attaché à un taureau furieux qui le traîna sur les marches du Capitole. Son corps fut recueilli et enseveli par deux saintes femmes, les saintes Puelles, martyrisées à leur tour, et dont un village du Lauragais, Le Mas Saintes Puelles situé à 6 km à l'Ouest de Castelnaudary, perpétue le souvenir.

Martyre de St Saturnin par Jacques de Voragine XIVe

Miniature du Moyen-Âge représentant le martyre de Saint Saturnin par Jacques de Voragine XIVème siècle. 

Ce sarcophage sculpté est attribué au troisième quart du XIIème siècle, il est le fruit d'un sculpteur dit "Maître de Cabestany", au style très particulier, connu pour diverses sculptures dans le Midi et en Italie. Les dimensions réduites laissent à penser qu'il s'agit probablement du maître-autel de l'église primitivement dédié à Saint-Sernin et sans doute destiné à contenir des reliques.

La Saint Saturnin est fêtée le 29 novembre par des vêpres solennelles.

Saint Hilaire abbaye 10

LE SARCOPHAGE DE SAINT-SATURNIN (ou Saint Sernin)

Le sarcophage sert actuellement de support à l'un des autels latéraux. La cuve en marbre blanc des Pyrénées mesure 2 m x 0,65 m et 1,40 m x 0.35 m de dimensions intérieures, l'épaisseur est 0,30 m. Le sarcophage est sculpté sur trois côtés. Le décor relate, selon la Passio Saturnini, l'arrestation, le martyre et l'ensevelissement de Saint Saturnin, apôtre et premier évêque de Toulouse, martyrisé dans cette ville vers 250.On dit selon une légende pieuse que Saint Saturnin était un disciple de saint Jean-Baptiste ! Il aurait ainsi assisté au baptême du Christ, dont il gardait la tunique au bord du Jourdain, reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, et suivi à Rome Saint-Pierre, qui lui aurait donné la mission d'évangéliser la Gaule. Après la guérison miraculeuse, à Toulouse, d'Austria, fille du gouverneur romain Antonius, il refusa d'honorer les dieux et fut condamné à périr précipité par un taureau furieux du haut du Capitole (l'église Notre-Dame du Taur en perpétue le souvenir à Toulouse). Son corps fut recueilli et enseveli par deux saintes femmes, les Saintes Puelles, martyrisées à leur tour, et dont un village du Lauragais porte encore le nom.

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Sur la face avant, de droite à gauche, on peut voir, l'arrestation et le supplice du saint. Une construction à arcades et médaillons circulaires, avec des personnages en buste et une grande porte centrale où sont figurées les archivoltes, semble bien vouloir être une représentation romane du Capitole de Toulouse. Une femme entrebaille la porte et passe la tête, curieuse, comme les deux autres figures qui se montrent à l'étage, de la scène qui se déroule un peu plus loin, tandis qu'un homme chevauche assez étrangement une corde tendue entre les deux tours couronnant l'édifice. Quatre personnages barbus et vêtus d'une tunique courte, dont les attitudes se répètent deux par deux, paraissent rejeter avec indignation la parole du saint, qui tient ouvert sur sa poitrine le livre des évangiles et que l'un d'entre eux saisit par le collet. Entre leurs jambes, apparaissent des masques monstrueux, mi-humains, mi-animaux, symboles, peut-être, du paganisme des personnages.

Saint Hilaire abbaye 12

Le prêtre et les deux diacres qui, selon la tradition accompagnaient Saturnin au moment de son arrestation ne sont pas représentés ici.

Les deux personnages situés à la droite du groupe seraient plutôt des disciples de l'apôtre.

Sur la gauche, représentant le martyre de Saturnin, sous une grande arcade, représentée renversée, le saint est allongé, levant la main droite vers les Saintes Puelles nimbées, qui assistent à la scène.

Ses pieds sont entravés, et reliés à la patte d'un taureau bondissant qu'un personnage excite d'un aiguillon.

En partie basse, on trouve des masques comparables aux précédents. Deux animaux qui semblent être des chiens sont dressés vers le taureau.

Saint Hilaire abbaye 35 Sarcophage Saint-Sernin coté gauch  Saint Hilaire abbaye 34 Sarcophage Saint-Sernin coté droit

Photo de gauche, côté gauche du sarcophage, la scène que l'on voit de face se poursuit, la mise au tombeau par les saintes Puelles et l'accueil au paradis de l'âme du saint, sous la forme d'un petit personnage nu qu'un ange saisit par les mains.

A l'extrême gauche, un sarcophage sur colonnes est ornés de rinceaux, sous le sarcophage et le corps du saint d'autres femmes attendent, qui ne sont pas nimbées, à la différence des Saintes Puelles, l'une d'elles tient dans ses mains un vase d'aromates.

Au-dessus, sous une arcade, deux anges thuriféraires encensent le tombeau.

Photo à droite, côté droit du sarcophage, représente Saint Sernin tenant la croix et le livre entre deux de ses disciples, vraisemblablement les saints Papoul, évangélisateur du Lauragais, et Honest, évêque de Pampelune.

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Détails, Saint-Saturnin, ses pieds sont entravés, et reliés à la patte d'un taureau bondissant qu'un personnage excite d'un aiguillon.

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Admirez les détails de cette sculpture superbe du Moyen-Âge sur marbre blanc !

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Détail de la tête du buffle apparaissant sous le corps de Saint-Saturnin.

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Deux animaux à gauche et au centre qui semblent être des chiens sont dressés vers le taureau.

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La forme de la cuve du sarcophage est celle d'un modèle romain.

Cette œuvre importante à tous égards, que représentent ces sculptures attribuées à un curieux génie du Maître de Cabestany.

Il faut savoir qu'il y a un dilemme sur la provenance des reliques et de leurs origines. Dans la chronologie des dates aussi, les historiens ne sont pas d'accord et faute de preuves, l'histoire de ce sarcophage restera en partie un mystère.

Saint Hilaire abbaye 81

Détails de la partie droite de la face avant, représente une construction à arcades et médaillons circulaires, avec des personnages en buste et une grande porte centrale où sont figurées les archivoltes, semble bien vouloir être une représentation romane du Capitole de Toulouse.

Une femme entrebaille la porte et passe la tête, curieuse, comme les deux autres figures qui se montrent à l'étage, de la scène qui se déroule un peu plus loin, tandis qu'un homme chevauche assez étrangement une corde tendue entre les deux tours couronnant l'édifice

 

LE CLOÎTRE

Le cloître, inspiré par un art d'une rare perfection, ressemble à celui d'Arles-sur-Tech, tout en étant d'une facture plus élégante. L'origine de ce cloître date probablement  entre 1323 et 1340 sous l'abbatiat de Bernard de Touron. Ce cloître a été restauré autrefois, au début du XVème siècle, avec des éléments épars du cloître de l'abbaye toute proche de Saint-Polycarpe que je vous conseille aussi de visiter. Ce cloître est d'assez grandes dimensions. Il se compose de 56 arcades en ogive surbaissées finement moulurées. Ces arcades sont supportées par des chapiteaux jumelés qui reposent sur des colonnettes. Un mur formant clôture supporte ces dernières qui sont prisent dans un seul bloc de pierre. La plus grande partie des chapiteaux sont ornés de monstres, sortes de centaures adossés deux à deux. Ils sont accroupis sur l'astragale (os du tarse qui s'articule avec le tibia et le péroné), la tête supportant les angles du tailloir. Quelques chapiteaux à feuillages alternent avec les chapiteaux bestiaires, on y voit aussi des harpies à tête de femme (monstre fabuleux composé d'un corps de rapace et d'une tête de femme). Malgré les influences artistiques qui ont inspiré le cloître de Saint-Hilaire ou des matériaux qui ont servi à sa restauration, nous nous trouvons en présence d'une œuvre d'une rare élégance qui laisse loin derrière elle ce que nous connaissons dans la région.

Saint Hilaire abbaye 45

Le cloître a une en forme de trapèze irrégulier avec quatre galeries. Elles sont composées d'arcades ogivales et moulurées à colonnettes jumelées.

Les chapiteaux taillés dans un seul bloc de pierre sont décorés de feuillages, de visages humains ou d'animaux.

Saint Hilaire abbaye 46

La pierre utilisée est le grès qui provient des carrières du Razès.

Le centre du cloître comporte un bassin quadrilobe avec en son centre une vasque datant du XVIème siècle ainsi qu'un puits comme on peut le voir ici.

abbaye de Saint Hilaire cloitre détail de chapiteau

Abbaye de Saint-Hilaire détails de chapiteau du cloître.

Saint Hilaire abbaye 102

Autre vue du cloître avec ses arcades ogivales moulurées à colonnettes jumelées.

Saint Hilaire abbaye 03

Cloître avec sa porte murée à droite, qui donnait directement sur le salon de l'abbé.

BÂTIMENT DE L'AILE EST

Ce bâtiment situé à l'Est du monastère mesure environ 35m de long sur 10m de large, il est divisé en deux parties. Au rez-de-chaussée, il y a la salle du chapitre ouverte sur le cloître et contigüe au chevet de l'église, cette salle a conservé son état médiéval, et aussi une autre pièce ouverte sur la façade arrière par quatre arcades et petite porte, dont on ignore la fonction au sein du monastère. A l'étage, c'est le dortoir des moines, éclairé par huit ouvertures rectangulaires s'ouvrant sur le cloître. Des transformations ont eu lieu à ce niveau au XIVème et aux XVIIIème siècles, comme l'occlusion d'une grande baie à croisée dans le mur pignon Sud et la suppression d'une porte dans l'angle Nord-Est. C'est surtout au XIIIème siècle qu'il y a eu beaucoup d'aménagements dans ce bâtiment comme, le percement de nouvelles portes et fenêtres. Sur le linteau d'une des portes on peut apercevoir une date : 1777.

 

LE SALON DE L'ABBÉ

Cette partie du bâtiment de l'aile Est a subi des modifications aux XVème et XVIème siècles. La pièce contigüe à la salle du chapitre est pourvue d'un superbe plafond peint à caissons que l'on a attribué à l'abbatiat de Gérard II de Bonnet (1509-1536), mais constate la présence des armes d'Arnaud Raymond de Roquette, abbé de 1476 à 1509, conduisent à dater ce décor peint à la fin du XVème siècle. Une porte qui a été murée ouvrait directement sur le cloître ce qui a permis de transformer la pièce en salon. Une vaste terrasse à l'arrière du bâtiment a été aménagée en 1533, permettant la jonction avec le logis abbatial.

Saint Hilaire abbaye 82

L'ancien logis abbatial avec son splendide plafond peint dans les premières années du XVIème siècle.

Remarquez que les murs quant à eux, sont ornés de peintures du XIXème siècle représentant les armoiries des 55 abbés de Saint-Hilaire.

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Le décor de cette salle manifeste la vocation ostentatoire d'une pièce à l'usage d'un abbé non régulier. (photo d'Alain Devisme)

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Des vêtements liturgiques sont exposés dans le salon de l'abbé. Coffret contenant des coupelles à hosties. (photo d'Alain Devisme)

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Autres vues du salon de l'abbé. Cette pièce jouxte la salle capitulaire et était réservée à l'abbé. Utilisée comme salon particulier ou chambre.

Cette salle fut dotée d'un très beau plafond peint, à caissons, par l'abbé Gérard de Bonnet, qui administra l'abbaye de 1509 à 1536.
Ce plafond fut ensuite masqué par un lattis garni de plâtre. C'est le chanoine Boudet, vers 1860, qui le remit à jour. Le restaura et raviva les couleurs.

En revanche, sur les murs, les peintures datent du XIXème siècle..
Les armoiries des 55 abbés ayant siégé à l'abbaye y sont représentées avec leur nom et date d'élection, auxquelles sont venus s'ajouter les blasons des curés de la paroisse.

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Le logis abbatial a un magnifique plafond peint à la française du XVIème siècle. 

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Ce plafond surprenant par ses couleurs vives vous offre un répertoire floral et animal, ainsi que différentes scènes (artisans au travail, chasse, fauconnerie, scène galante ou humoristique…).

A droite, la représentation de Jeanne d'Arc.

Saint Hilaire abbaye 80

A gauche, deux anges faisant honneur à la royauté. A droite, représentation d'un fauconnier.

Saint Hilaire abbaye 19

Les peintures comme vous avez pu le constater sont très bien conservées.

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La présence des armes de Arnaud Raymond de Roquette, abbé de 1476 à 1509, conduisent à attribuer ce décor peint à la fin du XVème siècle.

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Blason peint de Félix Andar.

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Au centre on remarque la représentation d'une scène d'amour courtois.

Remarquez complètement à droite : chacune des poutrelles sont ornées de guirlandes, dont les extrémités sont supportées par des têtes d'animaux apocalyptiques.

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Représentation d'un charpentier ou menuisier.

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Le salon de l'abbé possède des ouvrages liturgiques que le public peut admirer.

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  Ouvrage de liturgie des heures, ou " bréviaire ".

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Si mes souvenirs sont bons ceci est l'avant-bras reliquaire contenant le radius de Saint-Hilaire.

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BÂTIMENT DE L'AILE SUD

Un vaste réfectoire occupe une grande partie du bâtiment Sud avec un cellier et une autre pièce à usage domestique. Une caractéristique de ce réfectoire et que dans le mur, une chaire a été aménagée probablement dans la première moitié du XIVème siècle, pour la lecture des textes religieux pendant les repas des moines. On y accède par un escalier construit dans l'épaisseur du mur très épais (environ 2m). De rares vestiges d'enduit peint indiquent l'existence de décors, aujourd'hui totalement disparus. De la cuisine qui devait être située à proximité de ce réfectoire, il n'en reste aucune trace suite aux transformations successives. Après la guerre de Cent Ans, le monastère est en piteux état. On reconstruit la partie supérieure du réfectoire en incorporant une série de fenêtres. En 1732, le réfectoire sera occupé par un bûcher, l'étage sera toujours fonctionnel. La cuisine et le réfectoire ayant été déplacés dans la maison abbatiale à la limite du Fort.

 

BÂTIMENT DE L'AILE OUEST

Ce côté du monastère a été énormément remanié au XIXème siècle, cette partie était destiné aux celliers. On remarque au pied du grand escalier les vestiges d'une fontaine construite dans le mur de façade. Il y a d'autres points d'eau sur le site, une source dans le jardin Ouest, des puits dans le cloître et dans le réfectoire et une fontaine à proximité de l'église.

 

BÂTIMENTS ABBATIAUX AU SUD-OUEST

On accède aux logements abbatiaux par un grand escalier aménagé dans l'angle du cloître. La maison abbatiale possède ses dépendances, un "caveau", des prisons et une cave. Ces aménagements ont été définis partiellement au Moyen-âge du fait de leurs dimensions imposantes.

Saint Hilaire abbaye 90

Merci à tous ceux qui m'ont adressé des photos et autorisé leur diffusion pour documenter ce reportage.

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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commentaires

JC. Schmutz 19/03/2012 18:55


Plaisir de lire, plaisir de yeux, plaisir de s'intruire du passé au regard des traces et témoignages encore présents dans nos richesses architecturales, vos articles sont passionnants. Merci
pour ces bons moments de détente. Voiçi une exemple positif et intelligent de l'utilisation d'internet, tel qu'imaginé par les concepteurs.  Rien que du bonheur, avec mes plus
vifs remerciements, cordiales salutations.


JCS de St André.

Jean-Pierre 20/03/2012 08:21



Merci fidèle lecteur, c'est un très beau compliment qui me touche, et je suis satisfait de constater que les reportages intelligents atteignent leur but et fassent énormément plaisir !


JP



Michel Pons 18/03/2012 04:19


Encore une fois ravi je suis de m'égarer dans tes beaux reportages et me touver transporter comme cela d'u coup de'plume et de photos' dans notre beau pays. et oui c'est loin l'Australie.


Amitiés,


Michel & Béryl

Jean-Pierre 18/03/2012 12:20



Merci à mes fidèles lecteurs et amis de l'autre côté de la planète, internet rapproche et crée des liens, la preuve. Peut-être qu'un jour nous pourrions faire découvrir l'Australie au Languedoc
Roussillon avec de belles photos de Michel, bon, nous serions hors "sujet du site" mais on peut faire une exception pour le plaisir des internautes, pourquoi pas !


Mes Amitiés Jean-Pierre



Julien G. 17/03/2012 09:12


Bravo pour cet article extrêmement complet et bien illustré !


Je donne aussi dans l'article sur les abbayes, mais en général plus au nord.


Julien G.