Partager l'article ! L'AGRICULTURE DE MONTAGNE EN AUDE, 2ème partie: Avant-propos : Mon ami, qui a pour pseudonyme "Gens de Belcaire", m'a adressé ...
Avant-propos : Mon ami, qui a pour pseudonyme "Gens de Belcaire", m'a adressé cinq articles avec des photos, qui sont étroitement liés à la vie au Pays de Sault. Je vais donc vous proposer ces cinq reportages intéressants, après avoir réalisé le montage et la mise en forme sur le site.
Voici, les sujets qui seront successivement présentés : "les maisons de bois", "l'école primaire de Belcaire - L'école d'antan - Pays de Sault", "Les cafés et épiceries de jadis à Belcaire", "l'agriculture de montagne en Aude" et "les moissons au Pays de Sault en Aude".
Si vous possédez des photos, par exemple de vos grands parents travaillant aux champs ou si vous voulez apporter des informations, témoignages, photos sur ces sujets, même après la diffusion je peux compléter l'article. C'est le moment d'ajouter votre pierre à l'édifice ... et de faire vivre votre patrimoine !
Pour me contacter : jp@belcaire-pyrenees.com
Voici le Quatrième reportage de la série, signé "Gens de Belcaire" L'AGRICULTURE DE MONTAGNE EN AUDE 2ème partie, je suis obligé de le décomposer en 2 parties vu le nombre de photos (plus de 350) documentant ce reportage afin d'éviter un téléchargement trop long :
La maison du paysan et actuellement de l’agriculteur ou éleveur, suite ...
Nous continuons à visionner l'inventaire de meubles d'époque réalisé par "Gens de Belcaire", car rien ne lui a échappé ...
Le buffet et le vaisselier, meubles traditionnels d'après guerre dans une maison Belcairoise, comme vous pouvez le voir ce n'est pas de la photo de "musée" ! Le Pays de Sault vous ouvre ses portes.
"Gens de Belcaire" vous montre aussi que les
conditions de vie dans le milieu agricole au travers de ces photos authentiques, peuvent être très rustiques, vous êtes dans la vraie vie, pas dans le farfelu. Il y en a qui s'en sortent très
bien, à ce moment là, les conditions de vie sont tout autre. Et puis, il y a les autres, qui gagnent parfois à peine de quoi sur-vivre. L'agriculteur, l'éleveur, le Paysan avec un P majuscule
est passionné par son métier, certes les conditions de travail ne sont plus les mêmes qu'autrefois, mais pour faire ce métier il faut la "foi". Quoiqu'on en pense, ce reportage rend hommage à
ces hommes et femmes d'hier et d'aujourd'hui, prochent de la Terre.
D'autres styles de meubles que l'on trouve au Pays de Sault
La traditionnelle horloge, style Comtoise que l'on retrouve dans de nombreux foyers, qui rythmait les journées bien remplies
La machine à coudre. Celle-ci a une histoire :
Le propriétaire a récupéré la machine à coudre à Quillan en descendant de Belcaire avec des vaches et une charrette, soit soixante kilomètres aller / retour au début des années 1930
La machine à coudre était indispensable dans les foyers à l'époque, non seulement pour entretenir les vêtements déchirés mais aussi pour en confectionner, car l'argent ne coulait pas à flot dans tous les foyers comme certains pourraient le penser.
Originellement, la lessive désignait l'eau de lavage ou l'action de laver du linge, puis le linge lui-même : on fait la lessive dans une buanderie, une laverie, au lavoir, à la main, dans une lessiveuse ou dans une machine à laver, encore appelée lave-linge.
De tout temps beaucoup de femmes Belcairoises faisaient la lessive. Nous voulons rendre hommage à toutes ces lavandières, blanchisseuses et repasseuses qui, dans l'ombre de leur atelier ou buanderie, ont lavé le linge de leur mari et enfants.
Savez-vous comment votre grand-mère, et votre arrière-grand-mère faisaient la lessive ?
Connaissez-vous les produits que les femmes utilisaient pour laver le linge avant l'invention du savon ? Pourquoi a-t-on construit de nombreux lavoirs publics au milieu du 19eme siècle ? Pourquoi met-on le linge à "blanchir " sur le pré ?
LA LESSIVE
LE SOUCI DE LA MAÎTRESSE DE MAISON
SON ÉVOLUTION AU COURS DES DERNIERS SIÈCLES
- 18 ème siècle ; trempage du linge dans un cuvier avec des cendres de bois. On chauffe le "lissieu", on arrose, on "coule la lessive". La grande lessive se faisait deux fois par an. On lavait aussi le linge dans la mare.
- 19 ème siècle : Même procédé, mais on emploie des cristaux de soude et du savon.
- 20 ème siècle : le bac à laver apparaît suivi des lessiveuses.
Plus tard, vers 1930, la première machine à laver est une formidable évolution : chauffage de l'eau au bois, brassage et essorage du linge avec la manivelle.
Le lavoir de l’Oum à Belcaire en 2010
Le lavoir de l’Oum à Belcaire avec un toit en 1955
La fontaine et le lavoir de Ferrière à Belcaire dans les années 1955
Brouette permettant le transport du linge au lavoir (fabriqué par Noël de Belcaire)
Un moment privilégié (sauf en hiver !), on retrouve les voisines au lavoir public ou au bord du ruisseau. " Alors chère voisine, rien de neuf ?"
Un lavoir est un bassin public alimenté en eau détournée d'une source ou d'un cours d'eau, en général couvert, où les lavandières rinçaient le linge après l'avoir lavé, en général chez elles. Le passage au lavoir était la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d'eau, il pouvait avoir lieu à la maison, mais le rinçage nécessite de grandes quantités d'eau claire, uniquement disponible dans les cours d'eau ou dans une source captée.
Le bord du lavoir comporte une pierre inclinée. La lavandière, à genoux, jette le linge dans l'eau, le tord en le pliant plusieurs fois, et le bat avec un battoir en bois afin de l'essorer le plus possible. En général, une solide barre de bois horizontale permet de stocker le linge essoré avant le retour en brouette vers le lieu de séchage.
Certains étaient équipés de cheminées pour produire la cendre nécessaire au blanchiment. L'utilisation des lavoirs a été progressivement abandonnée au XX ème siècle.
Lavandières à la fête des moissons d’Espezel 8/2009
Une lavandière (mot ancien et souvent poétique pour désigner une blanchisseuse, ou une "buandière", terme plus rare et plus vieux encore) était une femme dont le métier était de laver le linge à la main.
Les premières lessives à base de savon datent de la fin du XIX ème siècle. Cependant, ce n'est qu'à partir de 1930 que la lessive "moderne" fait son apparition. Le savon est alors remplacé par des tensioactifs de synthèse. Avant cela, on utilisait aussi des lessives 100 % naturelles à base de cendre de bois pour venir à bout des taches rebelles. La cendre contient de la potasse composé chimique dérivée du potassium et du carbonate de sodium qui dissolvent les graisses. On utilisait aussi la saponaire, une plante aux effets identiques. Mais pour débarrasser le linge de ces substances, il fallait alors le battre interminablement...
Au fond d'une lessiveuse se trouve un double-fond. De ce double-fond remonte une cheminée avec, au bout, un pommeau qui arrose le linge d'eau bouillante. L'eau redescend en traversant le linge et retombe au fond pour remonter à nouveau. Après passage dans la lessiveuse, le linge est brossé et frotté. Puis il est rincé dans le baquet, avant d'être suspendu pour le séchage.
Après avoir bouilli, le linge est relativement propre et brûlant. Avant d'être rincé pour retirer le savon, il est encore souvent nécessaire de frotter le linge avec une brosse et du savon pour nettoyer les endroits les plus souillés, comme par exemple les couches d'enfant.
Le linge pourra ensuite être étendu au soleil pour sécher. Le linge pouvait être blanchi sur la pelouse.
Alors que l'on utilisait plus souvent autrefois l'expression "pendre le linge", l'expression plus logique "d'étendre le linge" a fini par la supplanter.
L'expression étendoir est parfois remplacée par séchoir, bien que ce dernier terme désigne plus souvent un système mécanisé de séchage (par une source artificielle de chaleur et/ou d'aération).
Le repassage consiste à lisser une pièce de tissu, généralement les vêtements et le linge de maison venant d'être lavés, afin d'en retirer les plis. L'outil principalement utilisé est appelé fer à repasser, bien que de nos jours, celui-ci ne soit plus constitué de fer.
Techniquement, le repassage défait les liens entre les longues molécules de polymère des fibres du tissu. Les molécules chauffées sont redressées par le poids du fer puis prennent leur nouvelle forme en refroidissant. Certains tissus, tel le coton, exigent un apport d'eau afin que les liens intermoléculaires se défassent. Beaucoup de tissus modernes (à partir de la deuxième moitié du XX ème siècle) sont censés ne nécessiter qu'un simple coup de fer ou pas de repassage du tout.
À partir du XVII ème siècle, en Europe, on commence à employer des outils en fonte de forme triangulaire et munis d'une poignée que l'on chauffe dans un feu. Par la suite, on utilisa une boîte en fer remplie de charbons chauds périodiquement aérés à l'aide d'un soufflet attaché. Ce type de fer était en vente aux États-Unis au moins jusqu'en 1902.
L'ameublement intérieur de ce monde
rural
La chambre (meubles Belcairois, du Jura, du Massif Central) :
A Belcaire jusqu’en 1970 de nombreuses cuisines possédaient dans un coin le
lit des parents.
Nos grands parents nous faisaient faire la sieste pendant que toute la famille se trouvait aux champs.
Une chambre à coucher est la pièce d'une habitation destinée à assurer le sommeil ou le repos de l'habitant, et qui comporte habituellement au moins un lit. D'autres meubles, essentiellement de rangement, sont habituellement prévus pour permettre de s'apprêter, de se vêtir et se dévêtir ; dans cet ordre d'idée, le cabinet de toilettes est souvent en communication direct avec la chambre quand il n'y est pas davantage intégré. Quand le lit, sa table de chevet et l'armoire à linges, voire un cosy, sont d'une même facture et forment un ensemble, celui-ci prend en français le nom de "chambre à coucher", notamment dans les catalogues et les petites annonces.
Mobilier à Belcaire
Dans l'habitat campagnard ultérieur, les chambres apparaissent par spécialisation progressive d'un unique espace de vie ; le lieu du sommeil se différencie de l'ensemble en même temps qu'il s'isole par des aménagements plus ou moins importants. Chez le paysan, il faudra attendre parfois le XIX ème siècle pour qu'une pièce de ce nom commence à devenir la norme. Dépourvue de toute ébauche de chambre, la maison-longue abritant de part et d'autre le bétail, les maîtres et leurs domestiques, appelée pour cela maison mixte, évolue au long du Moyen Âge par une séparation croissante entre les animaux et les humains, entrées séparées et édification de murs-cloisons, appelés mur de refend. Selon les régions, pays, classes sociales, le principe d'une séparation du lieu du sommeil du reste du logement s'impose à des époques variables, donc avec un décalage plus ou moins important avec la partition analogue qui se produit de son côté dans l'habitat de la noblesse féodale.
Dans l'habitat urbain, la genèse de la chambre par scission d'une pièce à usage unique est plus confuse : d'une part en raison de la verticalité architecturale et la disposition d'étages multiples, et d'autre part en conséquence de la spécialisation professionnelle du rez-de-chaussée ; les ateliers et boutiques imposent la rationalité de l'activité sur la distinction du public et du privé. D'autre part, les familles modestes disposèrent longtemps d'une seule pièce ; c'est, selon Raymond Cazelle, la situation à Paris au début du XIV ème siècle.
Mobilier à Belcaire
Du côté de la population la plus pauvre, disposer d'un lit, ou même seulement en partager un à deux ou trois, était déjà un idéal auquel plus d'un renonça de longue date, résigné à passer ses nuits dans les granges et greniers, emplis de foin ou de paille, ou dans l'écurie et sa chaleur animale. De plus, selon les époques, le retard de la construction immobilière sur le développement de la population, amenait à des improvisations durables de lits sommaires disposés partout où cela était possible. En Haute-Vienne, en 1850, une séance du conseil général évoque cette question du coucher dans le cadre des conditions de logement habituelles : "Dans le grenier, il est commun de trouver quatre, cinq et six lits".
La commode et la table de chevet, mobilier à Belcaire
En France au moins, la chambre à coucher individuelle est apparue peu à peu comme une quasi-norme architecturale au cours du XIX ème siècle : elle cesse d'être considérée comme un luxe et répond à de nouveaux impératifs, notamment hygiénistes. L'importance accordée à la respiration et à l'oxygène depuis Lavoisier sur fond des ancestrales préventions contre les exhalaisons plaide sans discontinuer pour l'élimination de toute promiscuité et la possession d'espaces individuels d'un volume adéquat. Bien que des inconvénients soient évoqués concernant la sexualité, sans parler de préjugés concernant l'eau, la chambre est également considérée comme favorable à l'hygiène du corps maintenant libéré (provisoirement) du regard d'autrui. Les nécessaires de toilette font partie du mobilier usuel, complété selon le standing et l'époque par une baignoire mobile ; les ménages plus modestes se contentant du rustique baquet ou s'équipant à la fin du XIX ème siècle du tub, métallique et pratique.
Le lit, à Belcaire on trouve ce modèle
Remarquez l'astuce, le berceau au pied du lit, suspendu, en tirant sur la corde tout en étant allongé, on pouvait donner un mouvement de balancement, pour que l'enfant s'endorme

Faute de posséder une armoire, on disposait aussi de coffres à vêtements comme ceux-ci

Une commode coffre qui a bien vécu !
Le contenu des armoires
Lors des grands froids comment réchauffait-on la literie ?
Avec le moine que l’on glisse entre les draps pour les réchauffer.
Photo de gauche, on remplissait la chaufferette de braise et que l'on déposait après dans le moine, photo de droite, celui-ci était ensuite glissé entre les draps pour diffuser la chaleur
Voici le moine en gros plan avec son caisson que l'on remplissait de braise
Il y avait aussi la bassinoire que l’on remplit de braise et l’on réchauffe les draps, d'où l'appellation : bassiner un lit.
Petite précision, la bassinoire de droite a été réalisée par l’auteur de cet article
Autre modèle de bassinoire moins
facile à manipuler

Nécessaire à eau de la fontaine. Fontaine de Ferrière à Belcaire tel que vous pouvez la voir encore aujourd'hui
Belcaire, avant la construction des fontaines en pierre disposait de fontaines en bois.

Belcaire, l'arrivée de l’eau "courante" dans les maisons date des années 1930. Le bac à douche jusqu’en 1968 année d’arrivée de l’égout
Quelques modèles d'éviers taillés dans la pierre que l’on trouvait avant 1968
LA SALLE DE BAIN
LES W.C.
Les W.C., la chaise percée, sceau et pot de chambre

Que ceux qui ont connu les W.C. au fond du jardin lève le doigt !
L’HABITAT EN PIERRE ET BOIS
Rustiques, pratiques, peu coûteuses, avec du bois brut, de nombreuses maisons Belcairoises étaient construites de la sorte.
Habitat de construction mixte à Belcaire où le bois est omniprésent.
Poutres, chevrons et escaliers réalisés avec du sapin des forêts de Belcaire
La construction H.Q.E côtoie le traditionnel, quel type de construction résistera aux intempéries :
Le RDC des maisons que l'on appelait, la passade en Pays de Sault :
Poules, lapins, cochons occupaient le RDC de la maison.
Le grenier : ces caisses en bois contenaient le
blé.
LA " PATANE" DU PAYS DE SAULT
Annonce : La
"patane" cru se récolte à Rodome, l'association de défense de la pomme de terre du pays de Sault prépare sa toute première fête de la patate. Authentique ! Rendez-vous sur le
plateau. La commune de Rodome va inaugurer la première fête de la pomme de terre du Pays de Sault le 28 août, quelques jours avant le lancement officiel à la foire
d'Espezel.

La pomme de terre est originaire des Andes où elle a été domestiquée et cultivée depuis le huitième millénaire avant notre ère ; les agriculteurs andins avaient créé de très nombreuses variétés. La première description connue date de 1533, que l'on doit à Pedro de Cieza de León dans sa Chronique du Pérou. Introduite en Espagne en 1534, elle est cultivée par des moines de Séville en 1573 pour nourrir des personnes malades, également sous le nom de papa. En deux siècles, la pomme de terre va conquérir l'Europe : d'abord en Espagne où elle prendra le nom de patata (sous l’influence de batata, patate douce et le mot papa ayant vraisemblablement entraîné une confusion avec le mot Papa désignant le Pape), puis l'Italie taratouffli (petite truffe), l'Irlande potato, l'Allemagne puis la France. Elle est introduite en France vers 1540 et cultivée à Saint-Alban-d'Ay (il s'agissait là de la variété dite "Truffole"). Elle est figurée pour la première fois par Gaspard Bauhin dans Pinax Theatri Botanici de 1596.
Mais c'est surtout Antoine Parmentier, de retour d'un séjour en captivité en Prusse, qui fait la promotion de la pomme de terre comme aliment humain et réussit à développer son usage dans toutes les couches de la société française. Il avait été capturé par les Prussiens pendant la guerre de Sept Ans (1756-1763) et avait découvert à cette occasion la pomme de terre, principale nourriture fournie aux prisonniers. À la suite d'une terrible disette survenue en 1769, l'académie de Besançon lance en 1771 un concours sur le thème suivant : "Indiquez les végétaux qui pourraient suppléer en cas de disette à ceux que l'on emploie communément à la nourriture des hommes, et quelle en devrait être la préparation". Parmentier remporte le premier prix, devant d'autres concurrents qui avaient eux aussi rédigé un mémoire sur la pomme de terre, preuve que l'usage de ce tubercule était vraiment à l'ordre du jour.
Techniques culturales de la "Patane" :
La pomme de terre est une plante exigeante en engrais, de préférence organique par du fumier ou du compost, un engrais vert peut être utilisé. Ses besoins par tonne de pomme de terre sont de l'ordre de 3,2 kg d'azote, 1,6 kg de phosphore et 5,5 à 6 kg de potassium. En agriculture intensive, ces fertilisants sont apportés sous forme d'engrais minéraux chimiques. La plupart du temps un labour est effectué suivi de plusieurs hersages. Dans la plupart des terres, elle est cultivée sous une butte dans une terre assez fine. Une terre sableuse est plus propice à sa croissance.
Pour tubériser, c'est-à-dire former des tubercules, la pomme de terre à besoin d'obscurité. Le buttage en apportant de l'obscurité aux rameaux souterrains favorise donc l'augmentation du nombre de tubercules. Il a aussi pour but de couvrir les tubercules pour éviter leur verdissement au soleil, ce qui les rend toxiques par production de solanine.
Les rendements varient de 20 à 50 tonnes par hectare.
En 1835, la culture de la patane couvrait de 20 à 30% des terres labourables. On cultivait aussi la fève, la lentille, le pois et le chou.
En 1848 une attaque de la pourriture noire ravagea toutes les plantations de pommes de terre du Pays de
Sault provoquant pratiquement une famine dans la région.
Cette photo représente tout un symbol, à méditer : "la femme et l'homme sont
complémentaires" en voici la preuve s'il en est !
Le ramassage de la patane à Belcaire.
Le soir on pourra déguster un
ragoût avec la patane nouvelle. C'est une coutume de chez nous.
Pour les jardiniers amateurs, il faut noter que les pommes de terre non issues de l'agriculture biologique sont souvent traitées afin d'éviter leur germination. Lorsqu'on ne dispose que d'un petit potager, on peut opter pour la technique de la "tour de pommes de terre" qui permet de produire de grosses quantités de pommes de terre sur une petite surface.
Photo des années 1905, fournie par Justin de Belcaire 2009. Cette photo je l'adore c'est du Millet.
Récolte des patanes à Espezel, c'est la pose repas au champs de Zaccharie Lacroix et sa
famille.
Les pommes de terre "primeurs" sont cueillies avant leur maturité mais ne se conservent pas. Pour récolter en vue de la conservation, il faut attendre que les feuilles soient complètement fanées. Après avoir éliminé les tubercules blessés, la récolte sera ensuite conservée dans un local aéré, sec et à l'abri de la lumière.
Champs de patanes à Belcaire, au pied du pic des Sarrasis dont on aperçoit le
contre-fort à gauche
La récolte des patanes aux environs de Belcaire en 1935, que fait ce citadin sur la photo, probablement un ami du photographe
Ici c'est au pied du village de Comus dans les années 1950avec Marius Vergé qui trace les sillons avec araire.
Marie Vergé et Marie Rousset sont en train de "talhounar". Le panier se nomme "desquet" et "cabetta".
A Comus une paire de jeune bovins entre le bouvier Jean Sarda surnommé "la lune" et la laboureur. Il prépare le labour pour les pommes de terre. L'araire ici est en
bois.
Le joug du pays était fabriqué à Niort de Sault encore dans les années 1950. Les bêtes portent le "mouralh" pour les empêcher de prendre de l'herbe de temps à autre qui gêne la progression.
La "patane" du Pays de Sault a une très bonne renommée dans le sud-ouest de la France, à cause de son goût de noisette, de la qualité de sa chair et de sa longue conservation.
La preuve qu'elle est bonne la "patane" du Pays de Sault : la pomme de terre du Pays de Sault est à la carte d'un chef trois étoiles connu dans le monde entier ! Gilles Goujon, chef de L'auberge du Vieux Puits à Fontjoncouse (Aude), petit village de 137 habitants, à 50 km de Perpignan. Il a été consacré meilleur ouvrier de France 1997, il a déjà obtenu cinq toques, la note la plus haute au Gault Millau 2010, avec sa cuisine authentique, décidément l'Authenticité fait partie du paysage Audois !
Dans le même registre : Bernard Poux, producteur de viande race gasconne à Belcaire, produit une excellente viande. Il est vrai que l'on mange bien en Pays de Sault, que des bons produits du terroir d'excellente qualité.
Langrail "estive ou alpage" et Serre-Sèque dans la région de Belcaire :
Serre-Sèque d’en haut et d’en bas, des lieux autrefois "agricoles" laissés aujourd'hui à l'abandon :
La baraque du "Bouvier BERDAGUE, sa femme et la moto 125 Peugeot". La cheminée laissée à l’abandon après des décennies de bons et loyaux services.
Le plateau de Langrail, Roger
RITOURET bouvier 1952-1953
En bordure du plateau de Langrail une communauté de paysans y vivait.
La photo de Joséphine et son époux Augustin sur la photo d’hommes ci-dessous à l’extrême droite.
Augustin, jeune ouvrier à droite, dans la scierie ADROIT à Belcaire
Augustin ne parlait que le patois, ayant quitté l’école très jeune et ne se souvenant certainement plus des rudiments que leur avaient inculqués les instituteurs, tendait le porte monnaie aux commerçants qui passaient devant sa maison pour régler les commissions.
Essayez de gruger l’Augustin et il vous le faisait constater.
Les dernières familles quittèrent le hameau de Serre-Sèque d’en haut et d’en bas furent PINEAU Louis dit Louison, PINEAU le Turc ,FOURIE et ROUZEAUD en 1948.
De SERRE-SÈQUE d’en haut et d’en bas il ne reste que l’allée de frênes et peut être quelques arbres fruitiers. La nature a eu le dernier mot, l’homme est parti, la forêt revient après cinq siècles de mise en culture.
LA PLAINE avec la dernière famille qui habita la PLAINE et la quitta en 1932-1933.
Belcaire "La Plaine" route du plateau de Langrail dans les années 1910
Citerne à eau effondrée car à La Plaine il n'y avait pas de source :
Une ferme en sommeil à La Plaine
Dernière famille qui habita LA PLAINE et la quitta en 1932-1933. La Marie et Louis OURTAL de Belcaire avec leur vache "Marquise".
Pierre Ourtal "le Suisse" en
habits d'apparat pour les grandes occasions il guidait avec majesté les processions. Mais il était aussi doté de pouvoirs de police et il était le garde champêtre de
Belcaire.
Il fut garde champêtre jusqu’en 1965. Jean FERRAT lui succéda pour les annonces. Il effectuait les annonces avec un tambour, certainement conservé à la mairie de Belcaire.
Changement d'époque, changement de philosophie, avant on produisait pour vivre, maintenant seule la sacro-sainte rentabilité compte ... la vie continue.
Dans ce plateau agricole du Pays de Sault, les méthodes anciennes de travail de la terre ont bien changé. Avec l'arrivée du modernisme, l'agriculteur d'aujourd'hui devient de plus en plus un technicien haut de gamme utilisant les techniques les plus high-tech (ordinateur, tracteurs automatisés avec GPS, …etc) dans un seul but, l'amélioration du rendement.
Pour prolonger ce reportage de "Gens de Belcaire" et comme j'aime ces vieilles photos prisent entre 1900 et 1950 de ces hommes et femmes qui vivaient de la terre au Pays de Sault, comme promis dans la première partie je vous en offre d'autres car elles font parties de votre patrimoine !
Dépiquage de la récolte de blé au manège à Camurac en 1920, devant la maison des Dupuy place du Roc de l'Oum.
Le travail commence très tôt le matin pour éviter les grosses chaleurs, les deux grands enfants dont Marie
Grauby font avancer les vaches, car le rythme doit être soutenu pour battre l'épi et obtenir un travail de qualité. A droite sur la photo le père Dupuy et son épouse Élisa s'affairent
auprès de la batteuse, engin que vous pourrez voir dans le reportage suivant sur la moisson. Sur la gauche, deux jeunes mariés Anna et Benjamin Graule, endimanchés venus voir la
scène.
Autre photo du dépiquage de la récolte de blé au Pays de Sault, ici les bêtes se sont arrêtées pour la photo.
Le dépiquage au manège de Prades en Ariège (proche de Montaillou), cette opération avait lieu en septembre la plus part du
temps, et les enfants mettent la main à l'ouvrage
Le dépiquage par manège, c'est une petite batteuse, munie d'une barre cylindrique de transmission, et la batteuse proprement dite avec tambour et tablier.
Cette petite machine facile à transporter et à installer a servi durant un demi-siècle de 1875 à 1930
environ. Elle sert pour plusieurs exploitations et à l'époque on se prêtait les bêtes et les bras, il y avait de l'entraide paysanne. Autour de la batteuse, l'empailleur, le patron, le délieur,
des hommes et des femmes secouant avec la fourche la masse qui sort du tambour. La paille est écartée, les grains à vanner sont mis de côté. On vannera ensuite en famille au vent ou avec le
tarare, ou le "ventadou" vent artificiel que vous verrez aussi dans le reportage suivant ou que vous pouvez admirer aussi ICI
Saviez-vous que les lentilles furent la renommée dans le passé de la région de Camurac et de Prades sa voisine ?
Engrangées au début de l'automne, les lentilles sont triées au tarare. Ici vers 1938 on voit Henri Rousset
(4ème à partir de la gauche) et son épouse Marie (6ème) qui ont convié parents et voisins à la besogne, ce qui permettait aussi des soirées festives.
Le battage du blé chez "la Polka" à Camurac dans les années 1950. Le mouvement de la batteuse étaient assuré par tracteur et tarnsmission par courroie. Il fallait 15 à 20 hommes pour assurer le travail. A cette époque les moissonneurs peinaient parfois 14 heures par jour dans des conditions très dures.
Celui qui était juché sur la meule distribuait les gerbes au coupeur de liens qui les passait au démêleur
chargé d'éparpiller la gerbe sur le plancher de la batteuse. Chacun avait son rôle.
Une petite dernière photo, qui a été prise à Belcaire dans les années 1955. Le battage du blé par l'entrepise Pierre
Médus.
La machine ici à mouvement assuré par un moteur
électrique, sous la batteuse il fallait récupérer la paille débarassée de ses grains pour en faire des bottes ensuite engrangées en meules par des entasseurs. De l'autre côté, le minotier
surveillait la mise en sac des grains dans de grands sacs de toile pouvant contenir jusqu'à 100 kg de blé, il fallait des gars costauds pour monter ses sacs au grenier
ensuite.
Justement pour faire suite à ces belles photos anciennes ne ratez pas le prochain reportage de cette série, signé "Gens de Belcaire" : LES MOISSONS AU PAYS DE SAULT EN AUDE, 1ère partie
c'est simple, suivez le conseil indiqué ci-dessous :
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L'aventure continue ... avec vous, toujours de plus en plus nombreux
Bonjour,
c'est toujours avec grand plaisir que je regarde tous vos reportages, sur le dernier il y a une photo sur "les contenues d'une armoire", il y a un carreau de dentelliere et quelques objets, etant moi meme une dentelliere amatrice je trouve cette photos trés interressante; serait il possible de connaitre où a ete prise cette photo et si dans cet endroit il est possible de voir d'autres objets se rapportant à la dentelle.
J'espere ne pas être trop currieuse.
Continué a nous faire rêver "notre plateau de sault" pour nous qui ne vivont pas à l'année làbas.
Au plaisir de vous lire
Géralde NIVEL COSTERASTE
Jean-Pierre
L'article sur les travaux agricoles en Pays de Sault est très intéressant: c'est pour moi le meilleur que j'ai lu sur ton site. Merci , merci pour ce travail remarquable .
Bernard ( d'Arques )
Bonjour,
Quel plaisir de voir ces "vieilleries" qui ont animées la vie de nos proches ancêtres disparus ! Que diraient-ils de notre modernisme,en tout point de vue;déjà quand j'explique à la mamie d'à côté que sa télé est dérégléee à cause des satellites,elle n'y comprend rien et moi je fais mon "tour de magie" en appuyant sur un bouton et tout marche un quart d'heure après ! D'ailleurs nous sommes envahis de boutons électroniques...alors que nos ancêtres étaient réjouis de voir tant de boutons floraux autour d'eux, ce fut un autre paradis et l'ouvrage ne faisait pas peur ni que de même le chômage qui n'existait pas.Bon allez au "bouleau".Ah j'oubliais de préciser que j'ai connu le pot de chambre comme sur une photo de votre site,j'ai souri aux bons souvenir d'antan,et aussi le fer à repasser...et bien d'autres merveilles! Merci pour cette visite rétro.