Partager l'article ! L'ÉCOLE PRIMAIRE DE BELCAIRE - L'ÉCOLE D'ANTAN - PAYS DE SAULT: Avant-propos : Mon ami, qui a pour pseudonyme "Gens de Belcaire", ...
Avant-propos : Mon ami, qui a pour pseudonyme "Gens de Belcaire", m'a adressé cinq articles avec des photos, qui sont étroitement liés à la vie au Pays de Sault. Je vais donc vous proposer ces cinq reportages intéressants, après avoir réalisé le montage et la mise en forme sur le site.
Voici, les sujets qui seront successivement présentés : "les maisons de bois", "l'école primaire de Belcaire - L'école d'antan - Pays de Sault", "Les cafés et épiceries de jadis à Belcaire", "l'agriculture de montagne en Aude" et "les moissons au Pays de Sault en Aude".
Si vous possédez des photos, par exemple de vos grands parents travaillant aux champs ou si vous voulez apporter des informations, témoignages, photos sur ces sujets, même après la diffusion je peux compléter l'article. C'est le moment d'ajouter votre pierre à l'édifice ... et de faire vivre votre patrimoine !
Voici le second reportage de la série, signé "Gens de Belcaire" L'ÉCOLE PRIMAIRE DE BELCAIRE - L'ÉCOLE D'ANTAN - PAYS DE SAULT :
L'école primaire de Belcaire en 2009
Faisons un bon dans le passé pour découvrir l'école autrefois, ... mais pas si loin que cela
!
Le tableau noir, le crissement de la craie, cela ne vous rappelle rien !
L'église de Belcaire et le Casteillas en 1950.
Autrefois l'église possédait un clocher de style Roman qui fut remplacé par un clocher tour en 1884. Le
restant des façades de l'église a été remanié en 1936.
Une vue aérienne de Belcaire dans les années 1950-55
Une vue générale de Belcaire en 1910 et photo de droite, l'entrée du château en 1905, une fromagerie a
occupé les lieux après 1945
L'ancienne école de Belcaire en 1900 et 1910 qui sera utilisée plus tard en
Perception
Voici l'ancienne école en 2010 réhabilité en habitation, l'aspect extérieur n'a pas
changé
Que de souvenirs Belcairoises & Belcairois !
Photo de gauche, une ancienne école primaire aussi de Belcaire située à proximité de la précédente, qui sera successivement transformée en caserne de pompiers puis réhabilitée en habitation. Photo de droite, l’école du hameau de Trassoulas dépendant de la commune de Belcaire
L'école primaire de Belcaire en 2010
Les documents de la fin du XVII ème siècle en Pays de Sault font état d'un analphabétisation largement répandu : l'école est donc devenu nécessaire. Pourtant l'instruction ne viendra que progressivement à travers les "régents" du XVIII ème siècle, l'école du Directoire, l'école du milieu du XIX ème siècle (source de conflits entre l'instituteur laïc et les religieux(ses), et enfin l'école de la République.
L'école des garçons de Belcaire en 1898, les 31 élèves sont regroupés autour des instituteurs Bézia et Combes
Aucun n'est plus aujourd'hui, mais grâce à la mémoire de Joseph Verdier, 2ème à partir de la gauche au
2ème rang, décédé à l'âge de 103 ans, il a pu mettre un nom sur ces visages, comme Bayle, Camurac, Graule, Medus, Pélofy, Toustou, Verdier, Vergé, ... etc. Celui qui refuse de croiser les bras
au premier rang c'est Alphonse Graule.
Belcaire l'école publique en 1914
Il y avait également une "école des Soeurs" qui comptait à peu près le même effectif.
L'école des filles à Belcaire : Les Soeurs de la Sainte-Famille créé en 1844
Dans les gros villages du XIX ème siècle, les religieuses étaient régentes. On notera qu'à l'époque, il y a plus de filles scolarisées que de garçons. Ce n'est pas que les garçons ne voulaient pas s'instruire, mais leurs parents avaient pour eux d'autres destinées, les fils de cultivateurs sont utiles aux champs et peuvent être bergers dans les landes. En ce temps là, il fallait énormément de mains d'oeuvre dans les exploitations forestières et dans les fermes.
Un texte datant de 1845 dit ceci : "Depuis que nous possédons, dans la
commune, les Soeurs institutrices de la Sainte-Famille, douées d'excellentes qualités, jouissant à juste titre d'une très grande considération des habitants de Belcaire ...". L'éducation des
filles mérite donc quelque petit sacrifice de la part du Conseil Municipal. On fera demande à l'autorité compétente afin que Madame Saint-Jacques, supérieure de l'établissement, soit nommée
institutrice communale. On lui alouera 50 francs de traitement annuel sur le budget communal de 1845.
Photo de classe de Belcaire datant de 1953-1954
École primaire Année scolaire 1971-1972, l'institutrice Madame Irène Pacareau qui a éduqué à Belcaire pendant 27 ans, malheureusement elle a quitté notre monde en 2002, elle était accompagnée ici par l'instituteur Pierre Clottes qui a pris sa retraite
Nota : si vous désirez connaître les noms des élèves figurant sur ces photos rendez-vous ICI
Hommage particulier aux maîtres des lieux de 1965 à 1985, l'institutrice feu Madame Irène Pacareau et l'instituteur Monsieur Pierre Clottes
La loi du 16 juin 1881 instituant la gratuité de l'école publique fut bien accueillie dans les villages
où le financement était assuré par les familles (l'écolage), les centimes additionnels, les impositions extraordinaires et les ressources forestières de la région.
Avant la grande vogue des constructions scolaires, "la maison d'école" était loué à un particulier. Souvent impropre à l'usage d'enseignement, car elle était succinctement aménagée. Comme pour mieux souligner le rapport entre l'éducation et la démocratie, de nombreuses communes intègrent école et mairie dans le même bâtiment. Les municipalités firent de la surenchère, chacune voulant rivaliser avec les autres dans la beauté de la construction. Les écoles fleurirent dans toutes les communes du Pays de Sault comme vous pouvez le voir sur ces photos témoignages ci-après.
Ce gigantesque effort des communes du Pays de Sault en faveur de l'éducation se traduisit dans le pourcentage de conscrits alphabétisés dés 1899. Sur le canton d'Axat 94 % savaient lire et écrire et sur le canton de Belcaire 93 %.
En 1879, la municipalité de Comus acheta à Jean-Pierre Vergé dit "La Terreur", une maison spacieuse la
seule à pouvoir contenir la futur école et mairie. Les écoliers fréquentaires ce lieu une vingtaine d'années environs, jusqu'à la construction de la nouvelle école voir la photo
ci-après
Comus en 2008, l'école d'autrefois sert de "gîtes d'étape" aujourd'hui
L'école-mairie de Camurac en 1905
La classe des garçons de Camurac en 1900, les deux fillettes se trouvant au milieu des 24 garçons sont probablement les filles de l'instituteur
Monsieur Taffine
Tous sont revêtus d'un tablier identique, noir pour les plus grands et gris pour les petits, achetés à la foire de Belcaire;
Parmi ces écoliers portant des noms typiques du Pays de Sault (Sarda, Graule, Arcens, Toustou, Pélofy, ... etc.), il y a, à la gauche du maître Alfred Graule qui sera le futur consul de France en Turquie et au premier rang en bas rayés et tricotés se sont les deux fils des meuniers du Moulin du Pas.
Plus du tiers de ces enfants seront emportés par la Grande Guerre 14/18.
L'école-mairie du village d'Aunat en 1907, les garçons d'un côté, la mairie au centre et l'école des
filles de l'autre côté
A Roquefeuil en 1910, comme partout ailleurs les filles étaient séparées des garçons, car à cette époque, du point de vue moral il n'est pas possible de laisser subsister une école mixte (dixit le conseil municipal de Béssède-de-Sault en 1883)
Encore de
l'authenticité, comparez avec la photo ci-dessus 98 années plus tard, voici l'école de Roquefeuil en 2008
Une école est un établissement permettant d'accueillir des individus appelés écoliers afin de leur dispenser un enseignement de façon collective. Le mot école vient du latin schola, signifiant loisir consacré à l'étude, lui-même provenant du grec scholè, lequel constituait un idéal souvent exprimé par les philosophes et une catégorie socialement valorisée opposée à la sphère des tâches productives.
A l'école les garçons et les filles sont séparés (sauf en maternelle). Le retour à la mixité s'opère dans les années 1970.
La classe fonctionne du lundi au samedi, le jeudi étant le jour de repos. Une récréation a lieu le matin, et une l'après midi. L'entrée en classe se fait au coup de cloche. Les élèves se mettent alors en rang dans la cour en attendant l'autorisation de l'instituteur (trice) pour entrer. Une fois en classe les élèves attendent l'autorisation de l'instituteur (trice) pour s'asseoir, commence alors l'appel. Les absents sont consignés sur un registre.
Le fameux bonnet d'âne
Le mobilier de classe
Le mobilier de la classe se compose de tables à deux places avec banc. Le pupitre comporte une rainure pour le porte plume, le crayon, la gomme et le double décimètre, ainsi qu'un emplacement individuel pour l'encrier en porcelaine. Le papier buvard est utilisé afin d'éviter les tâches sur les cahiers. Dans la case l'élève range son ardoise, son éponge, ses livres et cahiers.
Un pupitre avec un encrier intégré. Les bancs étaient soudés aux tables.
Nous étions à tour de rôle responsable de l’entretien de la classe pour laver le sol et cirer les pupitres. Il fallait aussi aller chercher du charbon pour le chauffage, remplir les encriers le matin …
Le bureau de l'instituteur (trice) est posé sur une estrade et domine ainsi toute la classe. Derrière se trouve un grand tableau noir, sur lequel on écrit à la craie.
Le tableau
noir
Les écoles peuvent être obligatoires ou facultatives, selon les pays, durant un temps plus ou moins long. Dans presque tous les pays (la France ou les États-Unis par exemple), ce n'est pas l'école qui est obligatoire, mais l'instruction des enfants. Dès lors, des parents peuvent décider d'instruire eux-mêmes leurs enfants à la maison ou de les confier à des écoles de leur choix. En France, on impose qu'en fin de cursus, les enfants aient un niveau comparable à celui des enfants scolarisés.
L'âge de début d'instruction obligatoire se situe généralement aux alentours de 6 ans (6 ans au Québec, au Canada et en France, 7 ans en Finlande).
L'âge de fin d'obligation d'instruction est nettement plus disparate, variant de 9 ans en Chine populaire à 16 ans dans beaucoup de pays occidentaux ; il dépend essentiellement des moyens financiers que le pays peut, ou veut consacrer à l'éducation de sa jeunesse.
Banc et pupitre, la partie supérieure se soulevait permettant ainsi de ranger ardoise et cahier
A la veille des grandes vacances, les élèves nettoient et cire leur table
Un ordre parfait régnait dans la classe
Système scolaire primaire et secondaire en France
| Âge | 3 ans | 4 ans | 5 ans | 6 ans | 7 ans | 8 ans | 9 ans | 10 ans | 11 ans | 12 ans | 13 ans | 14 ans | 15 ans | 16 ans | 17 ans | 18 ans |
| Classe | Maternelle | école élémentaire de cp à cm2 | collège de 6 ème à 3 ème | lycée de la seconde à la terminale | ||||||||||||
L’apprentissage de l’écriture
En France, l'école maternelle accueille les enfants de 3 à 6 ans et même parfois, dès l'âge de 2 ans. Bien que l'instruction obligatoire ne débute qu'à six ans, la très grande majorité des enfants fréquentent l'école maternelle dès trois ans. L'instruction obligatoire commence généralement avec l'entrée à l'école primaire vers l'âge de six ans (un peu plus tôt aux Pays-Bas, plus tard en Finlande).
C'est durant cette période que s'acquièrent les bases de l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et des mathématiques.
Une méthode syllabique pour apprendre la lecture

L'enseignement secondaire couvre les degrés scolaires qui se situent entre la fin de l'école primaire et l'université. L'école secondaire est souvent scindée en deux ordres d'enseignement qui correspondent l'un aux dernières années de l'enseignement obligatoire et l'autre au début de l'enseignement post obligatoire. Les systèmes retenus par les différents pays peuvent être très différents.
La fin de l'enseignement secondaire est fréquemment sanctionnée par un diplôme.
En France, il s'agit du baccalauréat ; à ne pas confondre avec le titre homonyme sanctionnant la fin des études supérieures de type court dans la nouvelle législation européenne.
Obtenir à l'époque le certificat d'étude, était signe de grande capacité.
Cartables et vêtements d’écoliers
d'antan
Un cartable est un type de bagage de forme rectangulaire destiné à transporter du matériel scolaire. Le cartable est muni d'une poignée. Il peut aussi être équipé de bretelles de portage ou d'une bandoulière. La tendance, depuis la fin du XX ème siècle, est de le remplacer par un sac à dos inspiré des sacs de sport ou de randonnée. Il porte, d'ailleurs, souvent la marque d'un fabricant de matériel sportif, ce qui en fait un objet identitaire. Les cartables sont souvent colorés et parfois garnis de réflecteurs, pour une plus grande sécurité sur la route.
Les cartables de jadis d'écoliers
Les modèles de cartables évoluent à travers des époques différentes

La littérature du XIX ème siècle montre souvent des enfants portant leur cartable en bandoulière, comme une besace. L'usage des deux bretelles permettant un port sur le dos ne date que du début du XX ème siècle.
Pour aller à l’école, nous portions aussi à une certaine époque, des blouses noires. Les filles étaient en jupe. Le pantalon était interdit. Les garçons portaient des culottes courtes, même l’hiver. Pour protéger du froid, nous mettions des gabardines à capuche. Nous portions des galoches aux pieds.
En ce temps là, régnaient l'ordre et la discipline !

Les élèves sont revêtus d'un tablier généralement de couleur grise.
L’apprentissage de l’écriture avec le porte-plume
L'encrier qui a fait son temps
L'encrier en porcelaine, encastré dans la table de l'écolier. Une collection de plume de différentes marques

Les plumiers pour ranger crayons et porte-plumes. L'ardoise, outil essentiel dans les écoles au XIX ème siècle

La plume est un morceau de métal ou d'autre matière, taillé en bec, dont la forme permet de retenir une petite réserve d'encre par capillarité et qui, adapté à un porte-plume, sert à écrire ou à dessiner.
L'utilisation de la plume pour écrire est liée à l'utilisation de l'encre, contrairement aux instruments permettant de graver : style, ou de déposer leur propre matière : craie, graphite. La plume est en concurrence avec d'autres instruments pour déposer de l'encre : le pinceau en Extrême-Orient et le calame au Moyen-Orient et en Afrique. Par sa forme, sa fente et sa souplesse, la plume permet de calligraphier les pleins et les déliés dont l'apprentissage a marqué des générations d'écoliers.
Chaque élève consigne dans le cahier du jour les faits marquants de sa journée. Celui-ci est entretenu
avec grand soin, les titres sont soulignés à la règle. Les élèves qui ont réussi un exercice reçoivent de l'instituteur (trice) un bon point ou une image.

Les différentes sortes de plumes sont :
Les plumes sont faites à partir de plumes d'oiseaux. Si aujourd'hui on ne parle plus que de plume d'oie, les plumes de corbeau, de coq de bruyère et de canard étaient utilisées pour l'écriture fine et les plumes de vautour et d'aigle pour l'écriture à traits larges. La plume d'oie (d'oiseau) est connue des romains mais ils lui préfèrent le calame et elle ne s'impose qu'à partir du V ème siècle après J.-C. Elle dominera tout le Moyen Âge et la période classique. Elle disparaît pratiquement à la fin du XIX ème siècle.
La plume métallique apparaît dans l'antiquité, plumes de cuivre en Égypte, plume de bronze à Rome, plumes d'or et d'argent au Moyen Âge, mais sa mauvaise souplesse et sa mauvaise tenue à la corrosion provoquée par l'encre ne lui permet pas de détrôner la plume d'oie et elle reste un objet d'artisanat et de curiosité.
Seule l'apparition de nouveaux aciers ayant la résistance et la souplesse nécessaire lui permettra de conquérir le monde. Ces premiers aciers sont produits à Birmingham vers 1820 et dès 1835 les plumes métalliques anglaises commencent à s'exporter dans le monde entier pour remplacer la plume d'oie et le calame.
Dès la fin du XIX ème siècle, le stylographe (ou stylo-plume ou porte-plume réservoir) a ensuite concurrencé la plume pour porte-plume avec l'avantage de posséder sa propre réserve d'encre, d'abord sous forme d'un réservoir, puis de cartouches jetables.
Dès 1960 le stylo à bille et le stylo-feutre détrôneront la plume qui n'est plus aujourd'hui utilisée que pour la calligraphie, le dessin et sur les stylographes
Aujourd'hui, la plume est devenue un objet de collection recherché par les calamophilistes (avant on utilisait le calame, un roseau taillé, d’où le nom de collectionneur de plumes).
Tous les accessoires équipant les classes d'antan
Nous avions des devoirs : des opérations, des exercices d'arithmétique, des leçons de sciences, histoire et géographie à apprendre par cœur. Nous connaissions tous les départements de France par coeur.
Sur les murs on trouve de grandes cartes de géographie et de science.
L'histoire de France était contée avec des images figuratives sur des grands panneaux disposés au mur dans la classe
Les poids et mesures permettaient l'enseignement du calcul
Au début du XX ème siècle, le poêle est le moyen de chauffage habituel des classes. A titre d'exemple le chauffage central ne sera installé qu'à partir de 1938 à l'école des garçons.
Autre modèle de poêle, dans une autre classe
...
Enfin je terminerai cet article en rendant encore une fois hommage à mes instituteur et institutrice : feu Madame Irène Pacareau, et Monsieur Pierre Clottes qui ont énormément travaillé pour pérenniser l'histoire du Pays de Sault. Sans oublier mes anciens copains de classe.
Pour ne pas rater le prochain reportage de cette série, signé "Gens de Belcaire" : Les cafés et épiceries de jadis à Belcaire - Pays de Sault
c'est simple, suivez le conseil indiqué ci-dessous :
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