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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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17 janvier 2014
bandeau-HISTOIRE-04.jpgBandeau la porte de l histoire

 

Deux choses m'ont guidé vers ce château chargé d'histoire et m'ont donné envie d'en savoir un peu plus. Premièrement, je découvris l'existence de ce château en cherchant des documents sur l'abbaye de Saint-Papoul tout proche et qui a fait l'objet d'un reportage avant celui-ci. Et deuxièmement, c'est en m'intéressant à un roman datant de 1838 écrit par le baron Lamothe-Langon, intitulé "Souvenirs d'un fantôme, chronique d'un cimetière" qu'un passage de ce roman où il était question d'un château Ferrals en Languedoc, a excité ma curiosité. C'est comme cela que je découvris encore un beau témoignage du passé datant du XVI ème siècle et je me suis dit pourquoi ne pas faire un reportage sur ce château puisque j'avais glané tout un tas d'informations. Voilà comment est né ce reportage.

 

Un rebondissement regrettable c'est produit à la suite de la diffusion du reportage :

Chers lecteurs,

Je me dois de vous expliquer les motifs qui m'ont contraint à retirer les photos (clichés pris par un visiteur du château, lors d'une porte ouverte en 2013), qui illustraient ce reportage relatant l'histoire du château de Ferrals. En effet, une association (loi 1901) m'a reproché dans un premier temps d'afficher des photos du château pour lequel a été créée cette association. J'ai par conséquent demander l'autorisation d'insérer les clichés arguant que mon site était à but non lucratif et qu'un reportage sans photo était moins plaisant pour les "passionnés" que nous sommes. Malgré divers échanges, cette association réitère sa demande. A plusieurs reprises, j'ai essayé de convaincre ces associés (et insisté sur le but non lucratif) et ce sans succès.

Monsieur Rémy Baysset  le propriétaire du château ne souhaite pas que l'on puisse avoir accès gratuitement aux illustrations du reportage. Voici ses propres termes : "L’utilisation gratuite des gros investissements que nous réalisons est absolument incompatible avec l’avenir du monument", .... que penser de ce refus ???????

Je pensais qu'au contraire cet article leur permettrait de faire connaître davantage ce château au regard croissant de lecteurs et d'abonnés de mon site.

Il faut croire que nous ne partageons pas les mêmes objectifs ... Cette association m'a menacé, ainsi qu'Over-Blog. C'est donc avec regrets que ce reportage ne comportera désormais, aucune photo prise en 2013 époque où ce nouveau propriétaire a acheté ce château.

Je reste convaincu qu'une information payante, comme le laisse à penser cette association, a une diffusion limitée. Notre propos est au contraire de permettre l'accès à notre patrimoine au plus grand nombre. Merci  à tous les passionnés qui m'accompagnent et heureusement qu'il existe des personnes qui savent partager l'amour de leur patrimoine.

Je vous invite à lire les commentaires de soutien en bas de l'article et à laisser vous-même, vos réactions.

Je vous en souhaite malgré tout, une excellente découverte ...

 

logo label Pays Cathare 02

carte 01

Bien que ce château ne se visite pas, car il est privé, j'ai trouvé qu'il était intéressant de vous révéler son  histoire.

Ferrals se situe à 72 km de Toulouse, 12 km de Castelnaudary, 31 km de Carcassonne, et 98 km de Narbonne.

carte 03a

Comme vous pouvez le voir sur cet agrandissement de carte, Ferrals n'est qu'à 3,5 km à l'Est de Saint-Papoul, Villespy est à 2,5 km

carte 02Le château de Ferrals qui est un édifice privé se trouve non loin de l'abbaye de Saint-Papoul qui fut l'objet d'un reportage précédemment.

L'entrée du château depuis la route D126

Vue aérienne du château de Ferrals

Vue aérienne du château de Ferrals

Chateau de Ferrals vue aerienneSur cette vue aérienne, dans le cercle rouge à gauche, c'est l'emplacement du premier château de Ferrals datant du XI ème siècle avec ses vieux vestiges et à droite c'est le château actuel érigé au XVI ème siècle.

chateau de Ferrals 097

Sur la commune de Saint-Papoul, à 5 kilomètres à l'est, on trouve les restes du vieux château de Ferrals, où Charles IX séjourna, paraît-il, en I565.

Bâtiment prestigieux et malheureusement inachevé, le château de Ferrals a traversé les siècles sans modifications architecturales majeures. Cette particularité est rare et confère au monument une valeur certaine.

 

Le château, un peu défiguré aujourd'hui et perdu dans la verdure, se compose de deux grands corps de logis, aux assises puissantes, réunis par une troisième série de bâtiments. Des fossés profonds l'isolent. Un pont en maçonnerie, avec pont-levis, donne accès à une porte massive flanquée de deux tours qui forme le quatrième côté du quadrilatère des bâtiments seigneuriaux. Des restes de tours à une petite distance, et dans une situation pittoresque, montrent que cette antique demeure avait autrefois une importance plus considérable. En ce qui concerne le château, les dépendances et le parc, des travaux importants de restauration sont en cours. Comme vous allez le voir il en avait besoin.

chateau de Ferrals 01Voici une vue aérienne du château de Ferrals actuel datant du XVI ème siècle, avec ses fossés défensifs très profonds.

Cette photo date d'avant le rachat en 2012 du château par Mr Rémy Baysset le propriétaire actuel.

Le château de Ferrals fut construit dans le milieu du seizième siècle. A proximité on peut encore voir les ruines d'un château plus ancien, situé dans le voisinage à l'Ouest de l'actuel et dont il ne subsiste plus qu'une tour et qu'un pan de mur percé de plusieurs baies. 

Charles IX fut solennellement reçu à Ferrals, le 27 janvier 1565, en allant de Carcassonne à Toulouse. La terre appartenait alors à François de Rougier de Ferrals, qui fut ambassadeur de France à Rome et mourut en 1575.

Voici en quels termes Gâches, dans ses Mémoires (Edition Pradel. Paris, Fischbacher, 1879, page 44), rend compte du festin qui fut offert au roi et à la cour dans le château de Ferrals :   "Après les services levés pour donner l'eau naf (Parfum à base de Beur d'oranger), voici paraître, au haut du plancher de la salle du festin, une nuée suivie d'un éclair et d'un coup de tonnerre, qui fit sortir de cette nuée une pluie d'eau naf, mêlée de dragées, en telle abondance que, pour se garder de mouiller, il fallut porter les manteaux au Roi et à tous ceux du festin ce qui lui donna un grand plaisir et à toute sa cour".

De la famille de Rougier, le château de Ferrals passe à celle de Gaulejac en décembre 1625, par suite du mariage de Jean-Gabriel de Gaulejac avec Jeanne de Rougier. Après avoir appartenu aux Noé, aux Roquelaure, la terre de Ferrals en 1896, est la propriété de M. le comte de Virieu.

chateau de Ferrals 076Voici l'entrée principale du château de Ferrals au Sud-Est.

chateau de Ferrals ancien 08c en 1905L'entrée principale du château de Ferrals en 1905 encadrée par deux tours à fonction défensive

chateau de Ferrals ancien 01 en 1950L'entrée principale du château de Ferrals dans les années 1950, le portail franchi on débouche dans une cour faisant face au corps de logis.

La courtine bordant la cour intérieure flanquée de deux tours et sa porte cochère en plein cintre.

chateau de Ferrals ancien 09 en 1905   chateau de Ferrals ancien 03 en 1950

Photos prisent dans les douves du château de Ferrals près de l'entrée principale, à gauche, elle date de 1905 et à droite de 1950

chateau de Ferrals ancien 04 en 1950Les fossés Sud-Est du château en 1950

Le mot occitan ferral, issu du latin ferrum (=fer) désigne une forge.

Les deux Châteaux de Ferrals ont servi de demeure à d'illustres personnages.

Grâce à "Trois inventaires des biens meubles et immeubles, des dettes actives et passives de la maison de Ferrals" que possèdent les archives départementales, et à de nombreux documents inédits il est possible de retracer l'histoire des ces deux châteaux.

Mais dans beaucoup de chartes, retraçant l'histoire du Lauragais on ne relève que très peu d'information concernant le château de Ferrals ce qui ne permet pas de trouver son nom dans les temps plus anciens. On trouve mentionné, pour la première fois, le nom de Ferrals, le 24 juin 1213, dans une histoire des Comtes de Toulouse, publiée par le général Moline de Saint-Yon. A cette date, "Amaury de Montfort est armé chevalier, à Castelnaudary par son oncle Guy. La dame de Fendeille lui attache l'éperon gauche et la demoiselle de Ferrals l'éperon droit". Avant d'appartenir à la riche abbaye de Saint-Papoul, les terres de Ferrals, au moment de la Croisade des Albigeois, étaient l'apanage d'une famille seigneuriale, probablement expropriée plus tard pour cause ou plutôt sous prétexte d'hérésie au profit de ce monastère.

En 1272, dans le Saisimentum du Comté de Toulouse, publié par La Faille dans ses "Annales de Toulouse", il est indiqué : le "Castram dels Ferrals" comme un lieu fortifié, faisant partie de la bailli de Castelnaudary. C'était alors une petite communauté, une juridiction et peut-être un consulat. En 1394, comme cent ans plus tard en 1494, Ferrals n'est plus compris au nombre des "locs habitables" du diocèse de Saint-Papoul. Il faut le considérer, dès cette époque, comme un simple fief noble sur lequel le seigneur, dont il était l'apanage, avait toutes les justices, à savoir la haute, la moyenne et la basse justice.

Dans le même document de La Faille, il indique, au nombre des nobles qui prêtèrent serment en 1272 au roi de France, Guiot de Pia. Ce chevalier (miles) habitait la bailli de Laurac, bien qu'il fut alors seigneur de Ferral. Guilhaume de Pia, sénéchal de Carcassonne, de 1248 à 1252, et le premier connu de cette famille, avait acheté cette seigneurie à l'abbaye de Saint-Papoul. En vue de mettre cette terre à l'abri des revendications de ses anciens seigneurs autonomes, il avait acheté ou plutôt s'était fait céder les droits que pouvaient prétendre sur elle, premièrement, Noble Jourdain Saissac, toujours suspect d'hérésie ; et deuxièmement, Guilhelmette de Saissac fille de feu Pons de Villeneuve, mariée à Raymond de Termes, alors seigneur de Cascarrech, l'un des fils de l'illustre chevalier Olivier de Termes (1253-1264) (infos rectifiées après avoir reçu le commentaire de J-P Barès en bas de l'article). La maison féodale de Pia posséda le domaine de Ferrals jusques vers la fin du XIV ème siècle.

Cette seigneurie se composait alors des terres de Ferrals, de Cascarrech, aujourd'hui le Puy Saint-Pierre, simple métairie, après avoir été, au cours des siècles passés, une tête de baronnie, d'Issel, enfin de Verdun, que toutes les maisons de Ferrals possédèrent jusques à la Révolution Française.

 chateau de Ferrals ancien 07 en 1905Voici une photo datant de 1905 de l'angle Est du château de Ferrals 

Les habitants de cette dernière communauté avaient acheté, en 1377, (actes du 23 juin et du 29 juillet, passés devant maître Raymond Bordas, notaire), à deniers comptants, de noble Guilhaume de Pia, le droit de dépaissance sur toutes les terres et bruyères du domaine de Ferrals.

Entre parenthèse, c'est en 1817, qu'à la suite d'un procès plaidé devant le tribunal civil de Castelnaudary, et en appel devant la cour de Montpellier, intervint un accord entre la commune de Verdun et M. le duc de Roquelaure, alors propriétaire de Ferrals. Les habitants renoncèrent à leur droit de dépaissance, et se partagèrent entre eux un lot de terre situé dans leur territoire, que leur abandonna leur adversaire. Ce fut la fin heureuse d'un droit d'origine féodale, si on peut appeler féodal un droit acheté à deniers comptants.

En 1377, du domaine de Ferrals dépendaient encore les terres de Saint-Ferréol, métairie située près du Tenten (commune de Villepinte), pour laquelle les abbés de Villelongue devaient foi et hommage aux seigneurs de ce domaine. Cet hommage fut rendu pour la première fois, à notre connaissance, le 9 janvier 1377, en faveur de Jean de Pia.

L'année suivante (1378), et pour la dernière fois, il est mentionné dans l'inventaire le nom de ce personnage et de cette famille. Nous sommes à l'époque où le Lauragais tout entier prit fait et cause pour le comte de Foix contre le duc de Berry, que le roi venait de nommer gouverneur du Languedoc à sa place ; peut-être le dernier héritier de cette maison disparut-il dans cette tourmente politique qui dura de 1378 à 1384, ou bien dans un combat livré aux terribles Routiers qui, en 1438, mirent tout le Lauragais à feu et à sang, au point que les populations ne voulaient plus rentrer dans leurs villages par peur de ces bandes de pillards.

Au premier janvier 1457, la terre de Ferrals était entre les mains de la puissante famille de Toulouse-Lautrec. Elle appartenait à noble Antoine de Toulouse, vicomte de Lautrec, seigneur de Montfa et de la Bruyère, "dominus de Ferralibus" et coseigneur d'Issel (de Exilio). En 1478, ce même personnage, de concert avec noble Guilhaume de Rigaud de Vaudreuille, aussi coseigneur d'Issel, ratifie des ventes ou échanges de terre faits entre eux par les habitants de ce village.

chateau de Ferrals ancien 02 en 1950La façade du corps de logis dans les années 1950

Antoine de Lautrec vécut cent vingt à cent quarante ans, "six à sept vingt ans". Entres parenthèses petite précision sur la phrase précédente : c'est une traduction du langage de l'époque. C'était une habitude de compter par vingt. Cette bizarrerie orthographique, qui date de la fin du XVII ème siècle, semble peu à peu sortir de l'usage ; l'arrêté du 26 février 1901 en rend d'ailleurs l'application facultative. L'estimation faite dans le texte original sur l'âge d'Antoine est exagérée, mais cet Antoine Lautrec en réalité vécut réellement 99 ans (1442-1541).

Il fut inhumé, suivant ses désirs, vers 1541, dans la chapelle Notre-Dame de l'Eglise Saint-Vincent, au Couvent des Carmes à Castres, où il habitait. Ses ancêtres avaient leur tombeau dans la même église. Mais longtemps avant sa mort, Antoine de Lautrec avait donné ou aliéné la seigneurie de Ferrals. Parmi les pièces inventoriées par le notaire, maître Boyer, il y en a une qui relate l'hommage rendu, en août 1479, par Marie de Lautrec à noble Barthélemy d'Alibert, pour la métairie del Rasèque qu'elle tenait en fief de ce seigneur. C'est donc à peu près à cette époque qu'il faut rapporter "l'acte de donation de Ferrals, fait par M. de Montfa" inventorié sans date.

A la seigneurie de Ferrals était venue s'ajouter celle ou partie de celle de Villemagne, ainsi que le mentionne un arrêt de maintenue en possession prononcé par le Parlement de Toulouse en faveur de Marie de Lautrec qui plaidait contre Antoine son père ou grand père (1479). Le 27 mai 1510, Marie de Lautrec fit son testament. Elle était alors veuve de noble Jean d'Antin qui, en 1507, avait construit la chapelle de Saint-Sauveur dans la juridiction de Verdun, et à laquelle il avait laissé des fonds pour doter un prêtre desservant. Il y avait aussi fondé un obit pour le repos de son âme.

Une vue des douves du château

On ne sait pas en faveur de quel personnage furent faits les testaments de Jean d'Antin et de sa femme ; mais il y a lieu de croire qu'ils instituèrent pour héritier universel Antoine d'Antin. Dans un acte de 1553, passé devant maître Arnauld de Garrigia, notaire de Saint-Papoul, il est dit que Bertrand d'Antin avait l'administration des biens d'Antoine d'Antin, mineur.

Marie de Lautrec dut mourir peu de temps après avoir testé, car à la date du 3 septembre 1521, noble Antoine d'Antin passe, devant notaire, à Nicolas de Verdun, un acte à nouveau fief pour une terre qui n'est pas nommée. Antoine avait épousé Jeanne de Chateauneuf ou de Gastelnau "de Castro novo" qui, avant 1537, se signe seigneuresse de Ferrals.

Ce fut sur la tête de son mari que fut saisie, par arrêts de la même cour de justice, donnés le 4 avril 1545 et le 11 septembre 1548, la terre de Ferrals avec ses dépendances.

Dans ces actes, Antoine d'Antin est accusé de forfaiture. Le 11 février 1546, est installé, comme châtelain royal du château de Ferrals, le capitaine Simon de Faure. Il y commandait au nom du Dauphin qui, devenu roi de France sous le nom de Henri II, en fit don à la toute puissante Diane de Poitiers, le 15 juillet 1547.

Celle-ci vendit, quelques années plus tard, la terre de Ferrals à noble François de Rougier, ainsi que le prouve un acte de ratification de cette vente passé à Paris devant un notaire au Chatelet, à la date du 29 mars 1559. François de Rougier était déjà un important personnage, si l'on en croit l'annaliste La Faille. Ce dernier rapporte que ce "gentilhomme de distinction avait été aimé du feu duc de Guise, et honoré par le roi Henri II d'une ambassade à Rome où il s'acquit beaucoup d'estime". Son père, Barthélemy de Rougier, seigneur de Malras, lui avait cédé, en 1558, sa charge de "secrétaire général des guerres" avec celle de "trésorier de France" à Montpellier. Vers 1567, il avait été nommé, par lettres de provisions de la reine Catherine de Médicis, comtesse de Lauragais, son sénéchal dans "cette comté". L'année suivante, il est nommé ambassadeur de France auprès du duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas, alors notre allié, il remplissait encore les mêmes fonctions en 1572.

 

C'est dans le vieux château suivant les historiens, que le dimanche 28 janvier 1565, noble François de Rougier, baron de Ferrals, reçut le roi Charles IX, la reine Catherine de Médicis, le jeune roi de Navarre (plus tard Henri IV) et toute la cour. L'invitation fut faite au roi à son passage à Carcassonne. La réception fut magnifique.

En voici le récit fait par M. Auguste Ditandy dans ses "Lectures variées sur le département de l'Aude" éditées en 1875.

"Le cortège du roi et celui de la reine mère étaient nombreux et magnifiques. Les tambours, les fifres et les trompettes ouvraient la marche. Puis, venaient les comtes de Brissac, de Charnay, de Villars et de Cypière, gouverneurs des enfants de France, les pages, des maréchaux, des cardinaux, enfin le roi, précédé du connétable de Montmorency, qui portait l'épée royale. Charles IX avait à ses côtés le duc d'Anjou, son frère, et le jeune prince de  Navarre. Il était suivi des officiers de sa maison, tous vêtus de drap d'or et de velours cramoisi, avec les marques et les symboles de leurs hautes fonctions. Il avait jeté négligemment sur ses épaules un riche manteau blanc, chargé de fleurs de lys d'or et orné d'une bordure de rubis mêlés d'étincelles. Son blanc destrier était harnaché d'une housse de velours bleu céleste, presque traînante, sur laquelle brillaient encore des fleurs de lys d'or. Près de lui chevauchait un écuyer portant l'étendard de France. A l'approche des royaux visiteurs, les fanfares retentirent, les cloches du beffroi sonnèrent, les arquebuses envoyèrent leurs salves joyeuses, les ponts-levis s'abaissèrent et la cour du manoir fut en un instant encombrée de gens et de chevaux. Au milieu se trouvait dressé un arc de triomphe surmonté de quatre lances, soutenant des draperies de pourpre à longues franges d'or; dans l'intérieur étaient étendus de somptueux tapis. Charles IX et Catherine de Médicis descendirent de cheval sous cette tente improvisée où les conduisit le baron de Ferrals, qui baisa avec respect la main du jeune Sire. Les nobles hôtes furent reçus et traités royalement. Le dîner fut splendidement servi. Après qu'on eut levé les tables, le plafond de la salle s'ouvrit au moyen de machines. A l'instant les innombrables lumières pâlirent. Des éclairs se succédant rapidement, dardèrent une lueur livide sur les visages des convives saisis d'étonnement.

Le tonnerre, qu'on n'entendait d'abord que dans le lointain, gronda bientôt au-dessus de leurs têtes. Il était porté sur un nuage épais et noirâtre qui s'étendit lentement et plongea la salle dans une obscurité presque absolue. Cependant, les éclairs redoublèrent ; une détonation assourdissante creva la nue qui, paraissant alors tout en feu, laissa tomber une grêle de dragées, suivie d'une pluie de senteur. Cette averse fut si abondante que le roi demanda son manteau en s'écriant : Par Notre-Dame ! Je ne m'attendais pas à un semblable orage dans cette rigoureuse saison.  Après ce divertissement dans le goût italien, dont la reine mère avait apporté la mode en France, c'est-à-dire le soir même, la Cour partit pour Castelnaudary, où elle coucha".

 

François de Rougier avait épousé, au commencement de l'année 1544, Eméraude de Brugaut, de la ville de Lyon, leurs pactes de mariage sont du 25 janvier, qui lui donna plusieurs enfants dont nous parlerons plus loin. Il pouvait, avoir à cette époque, 27 ou 28 ans, si l'on se reporte à la date du contrat de mariage de son père, Barthélemy de Rougier de Malras, marié à N....? de Fanjeaux (elle était sans doute fille de Barthélemy de Fanjeaux, seigneur de Villefloure (canton de Saint-Hilaire). Cette famille possédait cette seigneurie depuis 1322), dont il était probablement le fils aîné. Ce contrat avait été passé, le 14 novembre 1515, devant maître Gallet, notaire à Limoux.

Dans un des inventaires, celui du 4 janvier 1743, il y a un acte portant vente et une autre ratification de la vente du Puy Saint-Pierre (de Cascarreto), faite à Barthélémy de Fanjeaux en 1537 et 1538 par Bertrand et Antoine d'Anlin. Possédant, par héritage maternel, les terres de Cascarrech qui sont presque une dépendance de Ferrals, par leur situation géographique, on s'explique pourquoi François de Rougier fit l'acquisition de ce dernier domaine. Dans la galerie des 14 tableaux que possédait la maison de Ferrals au XVIII ème siècle et qui se trouvent à peu près tous dans le salon actuel du Château, il y en avait un "sans cadre" toujours désigné, dans les inventaires, sous le nom de "Monsieur l'ambassadeur". Il ne serait peut-être pas trop difficile de le reconnaître, si l'on veut bien considérer qu'il a pu être encadré plus tard, de même que d'autres portent des traces évidentes de changement de cadres. Il semble que ce personnage a joué dans l'histoire de France un assez grand rôle.

Le même inventaire donne les noms : 1er tableau représentant un Cardinal. C'est le portrait du Cardinal Jean de Bonzy, gentilhomme florentin, évêque de Béziers, conseiller du roi, grand aumônier de la reine, abbé de Saint-Jacques, abbé commendataire de Saint-Guilhem du Désert, enfin archevêque de Toulouse, puis de Narbonne, ancien président né des Etats du Languedoc à ce dernier titre (163o au 11 juillet 1703).

Le 2ème tableau représentant "la duchesse de Tende, avec sa corniche dorée en ovale". Ce portrait se reconnaît facilement, bien qu'il ait été fortement bruni par le temps. La duchesse de Tende était femme de N.... de Savoie.

Le 3ème tableau représentant un portrait de d'une grande dame en toilette claire "Madame de Tourreil, avec une petite bordure dorée et carrée". Les nombreux artistes de notre Société n'hésitaient pas à l'attribuer au pinceau d'un des plus grands peintres du XVIII ème siècle. Le célèbre peintre Boucher, mais le tableau n'étant pas signé, au moins ostensiblement.

D'autre part, la famille de M. le comte de Virieu voit, par tradition, dans ce portrait celui de Madame Victoire, sœur du roi Louis XVI. Messire François 1er de Rougier était, à sa mort, survenue à Rome, le 5 janvier 1575 "baron de Ferrals , Verdun, Cennes, Puy-Saint-Pierre (baronnie achetée en 1558 à Diane de Poitiers), seigneur de Saint-Benoît, de Malras, de Tournebouis, de La Digne d'Amont et Donnazac (par héritage paternel) et de Villemagne (par achat à Mgr François de Faucon, évêque de Carcassonne, auquel il la paya en rentes sur  l'Hôtel de Ville de Paris)" Cette rente lui était servie par le célèbre banquier de l'époque, Marc Sardini. Il était encore baron de Parasa, Puycelicon, Villa des Ports (baronnie achetée, en janvier 1572, à Messire Henri des Prez, marquis de Montpezal), membre du conseil privé du roi, maître d'hôtel ordinaire du roi et de la reine mère, sénéchal du Lauragais, ambassadeur de France (1071-1670) auprès du pape, administrateur par édit du roi, des biens de l'abbaye de Sorèze depuis le 17 juin 1570, etc., etc..

Nous ne savons pas si cet illustre personnage prit part, de 1562 à sa mort aux Guerres de Religion qui, pendant trente-cinq ans environ, désolèrent le Lauragais où il possédait la plus grande partie de ses domaines, mais il n'en fut pas de même de son fils ainé, Barthélémy II de Rougier, que l'on retrouve sur tous les champs de bataille, tantôt comme lieutenant du duc de Joyeuse, tantôt comme lieutenant du connétable Henri de Montmorency, quand le roi Henri III, au commencement de 1689, s'allia au roi de Navarre.

Comme lieutenant du duc de Joyeuse, de concert avec le sénéchal de Carcassonne, il fait une course sur Mazères, ville occupée par les Huguenots, et cela, malgré la trêve signée entre les partis. Cette course fit l'objet d'une plainte portée par Henri de Navarre au roi de France, le 21 janvier 1581. A la tête des troupes du diocèse de Saint-Papoul, il prend part au siège de Bram, dont s'était emparé le capitaine protestant Bacon (en mai 1582) ; puis, à celui de Montréal en octobre 1583. Plus tard, il prend part à la tentative infructueuse et malheureuse faite par le duc de Joyeuse, pour reprendre le Mas-Saintes-Puelles du10 au 23 juillet 1586 occupé par les Huguenots.

Comme lieutenant du gouverneur du Languedoc, il s'empare, le 5 juillet 1589, d'Alzonne, sur les Ligueurs ; et le 24 du même mois, il force le capitaine Jacques de Voisins, baron d'Ambres, qui s'était retiré dans la citadelle, à capituler.

Il lui accorda de sortir avec tous les honneurs de la guerre. Quelques jours après (fin juillet ou commencement d'août 1589), de concert avec le capitaine Tanus, il livre un combat, entre Villelisses et Saint-Rome, à François de Saint-Jean Moussoulens, lieutenant du duc de Joyeuse. Ils le battent et le poursuivent jusqu'à Bram, qui tenait pour la Ligue, et où il arrive à temps pour sauver sa vie.

Dans cette rencontre fut blessé Samuel de Rabastens, baron de Paulin, capitaine à la suite du duc de Montmorency. Barthélemy le fit transporter au château de Ferrals, où il mourut quelques jours après.

Les consuls de Castelnaudary et les magistrats du Présidial, tous fougueux ligueurs, ne pardonnèrent pas au baron de Ferrals, sénéchal du Lauragais, d'avoir pris le parti du roi de Navarre dont le duc de Montmorency était à ce moment le dévoué serviteur en Languedoc. A leur instigation, il se vit remplacé comme sénéchal, par arrêt du parlement de Toulouse, encore plus inféodé au parti de l'Union que la ville de Castelnaudary et son juge-mage, par le marquis N.... de Pordeac de Bassebat, capitaine catholique, originaire de la Gascogne, qui était venu se fixer en Lauragais, à la suite d'un riche mariage avec la fille unique de Jacques de Fontaines, laquelle lui apporta en dot le marquisat de Fendeilles.

La famille de Rougier fut toujours fidèle aux rois de France, qui la comblèrent d'honneurs et de bienfaits.

Après l'émeute protestante du 18 mars 1562 à Castelnaudary, où beaucoup de huguenots furent tués, les biens de Demoiselle Jeanne de Roquefort, Dame d'Engarrevaques, (mariée à Antoine du Voisins, seigneur et baron du lieu, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre), et ceux de son fils N.... de Voisins furent confisqués. Il en fut de même de ceux de Raymond de Marion, contrôleur général et fermier de la reine mère, quoique protestant zélé en son comté de Lauragais. Ce dernier y perdit la vie. Ses biens furent donnés par le roi à la famille de Rougier, prétend M. Ch. Pradel dans une de ses savantes notes des Mémoires de Gâches. Il en donne pour preuve qu'à la date du 4 juin 1585 on voit Jacques de Marion en revendiquer à, Barthélemy de Rougier la restitution devant la chambre de l'Édit de l'Isle. Ce procès durait depuis la mort de Raymond de Marion, père de Jacques, mais il avait trait à la ferme du Lauragais que, malgré les droits incontestables de ces derniers, la reine avait donnée à la suite d'une saisie royale à la maison de Ferrals.

Barthélemy de Rougier, seigneur et baron de Ferrals, Saint-Benoît, Malras, Villemagne, Villepinte et autres lieux, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, sénéchal de Lauragais, mourut en septembre 1693. Il laissait pour héritiers ses deux frères : François II de Rougier de Ferrals et Antoine de Rougier, baron de Parasa, qui furent tous deux successivement sénéchaux du Lauragais.

La maison de Ferrals, qui devait sa haute fortune à "Monsieur l'Ambassadeur", était à l'apogée de sa grandeur.

Antoine de Parasa, qui fut sénéchal du Lauragais, du 6 septembre 1613 à 1628, par cession de cette charge faite en sa faveur par son frère François II, avait épousé Demoiselle Françoise de Voisins, fille de noble François de Voisins, seigneur et baron d'Ambres, vicomte de Lautrec, dont il n'eut pas d'enfants. Mort en 1644, dans son château de Puisselicon (Hérault), if fut inhumé, selon ses dernières volontés, dans l'église paroissiale Notre-Dame dudit lieu. Son héritage revint à l'aîné des enfants mâles de Jeanne de Rougier, sa nièce, fille de son frère François II, mariée à noble Jean-Marc de Gaulejac, seigneur de Pechcalvel.

François II, l'aîné des deux frères, sénéchal du Lauragais, de 1597 à 1615, non point par cession de Barthélemy II, car de 1594 à 1596 on trouve François de Brugères-Chalabre en possession de cette charge, mais par lettres de provisions de la reine Marguerite, avait épousé (1596) en premières noces Anne du Faur de Saint-Jory, fille du premier président au Parlement de Toulouse, dont il eut six filles. Ce fut la cause première de la décadence de la maison de Ferrals. Antoine de Parasa avait eu bien soin de doter Gabrielle de Rougier, une des filles de son frère, à la condition qu'elle renoncerait à la succession paternelle et maternelle, afin d'assurer "la conservation du nom et de la grandeur de la maison de Ferrals" ; les filles de François et leurs maris ne cessèrent pas d'intenter procès sur procès devant toutes les juridictions au mari de leur sœur aînée, qui avait hérité de la baronnie de Ferrals. Ces procès ruineux pour toutes les parties durèrent plus d'un siècle.

En 1624, à la mort de François II, le château était passé, par suite du mariage de sa fille Françoise avec Jean Gabriel de Gaulejac, dans la maison de Pechcalvel, qui prit, conformément au testament du baron de Ferrals, les armes et le nom des de Rougier de Ferrals. En 1696, d'après l'Armorial de d'Hozier, Henri de Gaulejac de Rougier de Ferrals porte : "Parti au premier d'argent, parti de gueules, et au second d'azur à un chevron d'or, chargé sur la pointe d'un croissant de gueules et un chef d'or chargé de trois roses de gueules". Les premières sont de Gaulejac, les secondes de Roger.

 

LE "VIEUX CHÂTEAU DE FERRALS"

 

Un peu au Sud du nouveau château, se trouve le vieux manoir. De cette antique forteresse il ne reste aujourd'hui qu'une tour en ruines, qui porte le nom de "Tour de la Reine Marguerite ", avec quelques pans de murailles, et des fossés à demi comblés. On distingue très bien, encore aujourd'hui, l'emplacement qu'il occupait. Les deux portes d'entrée de cette tour, l'une au Nord, l'autre à l'Est, donnent toutes les deux accès sur la cour. Elles sont très bien conservées. Toutes les deux ont la même forme surbaissée en arc et sont de même style que celle de l'église de Ferrals, dédiée à Saint-Eutrope (Au XVI ème siècle, elle était sous le vocable de Notre-Dame. Il semble qu'elle a changé de patron à la suite d'un don de reliques

de Saint-Eutrope). Sur cette dernière sont sculptées des armoiries. Il est certainement possible de savoir à quelle famille elles appartiennent, mais il manque des éléments nécessaires pour réussir dans cette recherche. On peut seulement dire que la Croix fait partie des armes de la famille de Toulouse-Lautrec. En étudiant cette famille où pourrait très certainement connaître l'époque où le château fut restauré et mis à nouveau sur pied de guerre. Le Saisimentum du Comté de Toulouse donne l'époque de sa construction primitive, à 1272, époque à laquelle il était la propriété de la famille de Pia. Le style d'une des ouvertures de notre Tour de la Reine Marguerite étant du XIII ème siècle, on ne s'écarterait pas trop de la vérité en attribuant sa fondation au sénéchal de Carcassonne. De même, on pourrait attribuer la restauration du vieux manoir à Jean d'Antin, époux de Marie de Toulouse-Lautrec. Ces derniers se plaisaient à habiter la terre de Ferrals et de Verdun, ainsi que le démontre la construction de la chapelle Saint-Sauveur (1507), et l'obit qu'y fonda Jean pour le repos de son âme.

Le vieux manoir portait encore au XVIII ème siècle le nom, de château de la reine Marguerite, nom qui, de nos jours, est resté à la tour. Faut-il voir dans cette reine la sœur de François Ier, roi de France, mariée en deuxièmes noces à Henri d'Albret, ou bien Marguerite de Valois, femme divorcée d'Henri IV ? On peut avec vraisemblance soutenir l'une et l'autre hypothèse, si l'on considère d'une part que les seigneurs d'Antin (de Antino) étaient très bien vus en cour de Navarre, et d'autre part que Barthélémy de Rougier se rangea du côté d'Henri de Navarre, même avant l'assassinat de Henri III. Quoiqu'il en soit, la tradition rapporte qu'envoyée en exil par le roi, la reine Marguerite choisit le vieux manoir de Ferrals comme résidence.

ancien chateau de Ferrals 08

Voici toutes une série de photos montrant les vestiges du château primitif de Ferrals datant du XI ème siècle

ancien chateau de Ferrals 09

De ce premier vieux château de Ferrals, il ne reste pas grand chose, quelques pans de mur percé de baies et une tour en ruine.

On voit ici la façade Sud-Ouest.

ancien chateau de Ferrals 04

Photo prise dans ce qui était autrefois la cour intérieure du château vieux

ancien chateau de Ferrals 01

Zoom sur les ruines d'une des tours du vieux château primitif de Ferrals du XI ème siècle, à comparer avec la photo ci-dessous

chateau de Ferrals ancien 06 en 1905Cette même tour du vieux château de Ferrals mais prise en 1905

ancien chateau de Ferrals 02

Dépendance du vieux château de Ferrals

ancien chateau de Ferrals 03  ancien chateau de Ferrals 05

A gauche, porte d'une dépendance du vieux château de Ferrals avec des symboles, soleil, étoiles, lune entourant un crucifix, quelle est la signification de ce symbolisme "la création du ciel et de la terre" ?

Jean-Pierre Barès apporte l'information suivante (voir son commentaire à la fin de l'article) :

Cette porte était l'entrée de l'ancienne église paroissiale dédiée à Saint-Sauveur, attestée bien avant le XVI ème siècle, date où elle fut restaurée et non construite.

On distingue au-dessus de la porte une bande maçonnée rectangulaire qui se prolonge quasiment autour de l'édifice et qui devait être une ancienne "littre" que l'on peignait en noir ou que l'on tendait d'une étoffe de même couleur lors du décès du seigneur.

Photo de droite, le seul pan de mur encore debout du vieux château.

chateau de Ferrals signification du fronton

Suite à la diffusion de ce reportage Mme Noëlle Marti-Gerbaud que je remercie, m'a envoyé ce descriptif avec sa proposition d'interprétation au sujet des symboles figurant sur le linteau de la porte de l'ancienne église paroissiale

Vestige d'une tour d'angle du vieux château de Ferrals

ancien chateau de Ferrals 06  ancien chateau de Ferrals 07

Zoom sur ces vestiges, à gauche, une baie plein cintre à arcs brisés et à droite les restes d'une corniche à billettes, sous le linteau il devait probablement y avoir autrefois, une ouverture.

 

Une autre tradition locale veut que le nouveau château ait été construit avec les démolitions du vieux château ; elle veut encore que, dans les décombres, l'entrepreneur dont elle cite d'ailleurs le nom, y ait trouvé une belle fortune. La tradition, ici comme partout, confond époque, nom, origine, etc. S'il est difficile de rendre à chaque époque, à chaque nom, ce qui lui appartient, néanmoins cette tradition pourrait paraître vraie si, faisant abstraction de presque tout le château, on ne voit que les croisées qui l'éclairent tant au Midi qu'au Nord. Les fenêtres, avec leurs meneaux, rappellent la plus belle époque de la Renaissance. Elles semblent antérieures à l'ensemble des constructions du château qui, avec ses tours carrées construites avec des pierres taillées en bossage, indiquent au dire des archéologues pour le Sud de la Loire, la fin du XVI ème siècle. Mais à Ferrals, on ne saurait oublier que son seigneur, François Ier de Rougier, était, par sa haute situation politique, en relation avec les meilleurs architectes et les plus grands ingénieurs militaires de son époque, avec ceux dont le génie devançait l'art de leur siècle. De ce fait, il semble qu'il y a lieu, d'avancer touchant le système de fortification, la date de construction de ce monument historique. Enfin, pour détruire cette tradition, on peut ajouter que "Monsieur l'ambassadeur" était assez riche pour n'avoir pas à employer des matériaux usés par le temps, et dont la démolition par le canon eut été trop facile.

Le notaire de l'Inventaire de 1723 a bien inventorié "un registre des dépenses faites à la construction du château de Ferrals", mais malencontreusement, il a oublié de consigner la date où elles furent faites. Il est pourtant à supposer que ce registre faisait partie de la succession de François 1er de Rougier, de même que le "registre de ses comptes de contrôleur des armées du roi en 1558", de même que le "registre contenant le double de sa correspondance avec le roi et les grands personnages de l'Etat pendant ses ambassades".

Quoi qu'il en soit, faute de preuves certaines, la question resterait à résoudre, mais les documents cités plus haut l'attestent.

On peut considérer François 1er de Rougier comme le fondateur du château actuel, car il avait la nécessité de mettre sa nombreuse famille à l'abri des attaques du parti protestant, il fut le seul membre de sa maison assez riche pour entreprendre la construction de cette forteresse. Barthélemy II, son fils aîné, sans enfants, avec son amour bien connu pour les champs de bataille, ne voulut jamais connaître les plaisirs sûrs et tranquilles, derrière des murailles imprenables De plus, de 1575 à 1593, la guerre civile, qui ne cessa de troubler, presque sans trêve, le Lauragais, n'eût pas permis d'entreprendre une oeuvre aussi considérable.

On ne peut pas davantage attribuer la construction du château de Ferrals aux deux autres fils de l'ambassadeur, à François II, toujours en querelle dans son ménage, ou à Antoine de Rougier ; ils furent toujours beaucoup plus occupés à se partager l'héritage de leur frère aîné, que hantés par l'idée de construire un château-fort. Il n'y avait pas d'ailleurs nécessité à le faire ; à la mort de Barthélémy II (1593), Henri IV venait de monter sur le trône de France et à une époque de troubles, de guerres civiles, allait succéder une ère de tranquillité et de prospérité. Pour ces diverses raisons, il serait peut-être déjà permis de conclure : premièrement, que le château actuel fut construit dans la deuxième moitié du XVI ème siècle, deuxièmement, qu'il fut l'œuvre d'un célèbre architecte de l'époque et troisièmement qu'il eut pour fondateur François 1er de Rougier. Mais, comme il a été nettement affirmé que la construction du château avait été faite pendant la première moitié du XVII ème siècle, sous le ministère Richelieu, qu'il n'avait pu être fini, un étage manque, par suite de l'Édit royal qui défendait de construire de nouveaux châteaux-forts dans l'intérieur du royaume de France ; comme M. Ditandy a aussi attribué ce château à la même époque dans ses "Lectures variées sur le département de l'Aude", il est permis d'insister et de prouver que l'opinion générale des archéologues ne saurait prévaloir contre des actes notariés et par suite authentiques.

 

Le 2 septembre 1565, messire François 1er de Rougier, dans un acte passé, au château de Ferrals, devant maître Arnaud Campmas, notaire à Saint-Papoul, arrente la forge de Ferrals au sieur Raseyre, maître maréchal.

L'une des clauses du bail porte "qu'il sera tenu fere tout ouvraige de fer que sera nécessaire pour la edifficcition et manutention des chasteaulx dudit seigneur à deux solz tournois pour livre. Item sera tenu ledit Raseyre fere les poinctes des maçons et trasseurs de la pierre du chasteau dudit seigneur à raison d'ung liard les deux. Item sera tenu ledit Raseyre fere, loger à la ditte maison, pour y recueilhir et loger les manoeuvres et aultres qui travailhent au chasteau dudit seigneur passans et repascisans".

 

Le 13 septembre 1564, dans un autre acte passé devant le même notaire, au château de Ferrals, entre Monseigneur François de Rougier et Me Robert de la Bonne (alias de Labonhe), capitaine de Vienne, il est dit que ce dernier "a entreprius et s'est chargé, et à ses despens, ces cy périls et fortune, fere toute la viudange et nettoiement tant du corps du logis que des fossés qui l'environnent et les pavillons et terrasses d'icelluy, et le tout metre à niveau. Et fera ladite viudange et nettoiement tant de la terre que du rocher que se pourra trouver et y surviendra, et le tout aporter aux lieux plus comodes et nécessaires pour la fortifficalion et ediffication desdits logis, terrasses et fossés, à la discrétion et volonté dudit seigneur ou de celluy qui y aura la charge, soit à combler les terrasses, contrescarpes des fossés, jardrins (sic) etc., etc.... moyennant ..... pour thoise la somme de vingt-cinq soulz tournois .... pourvu que la distance de l'endroit à apporter les terres ne dépasse pas treize toises de la bouche des fossés".

Quelques jours après, à la date du 15 octobre 1564, par engagement devant le même notaire, le sieur Barthélemy Fortou arrente la tuilerie qui se trouve près Ferrals, et s'engage à fournir la tuile nécessaire à la construction du château, avant le 20 novembre.

De ces divers documents, on peut conclure que le nouveau château était en pleine construction pendant l'année 1565.

 

Le 30 juin 1572, le sieur Michel Prochette ayant "la charge et garde en ce temps de guerre des deux chasteaulx de Ferrals" déclare ne pouvoir se rendre à Limoux, où il est cité à comparaître devant le juge, "sans danger de sa personne et pour crainte que, en son absence, l'ennemy ne semparast desdits chasteaulx, au préjudice du service du roy".

Un peu plus tard, le 22 décembre 1580, Me Michel Prochette, procureur fondé et général, pour l'administration de ses biens, de Barthélémy de Rougier, à la veille de se marier avec Jeanne de Rougier, fille de noble Antoine de Rougier, bourgeois de Limoux, passe son contrat de mariage devant Me Arnaud Campmas, dans le Château neuf de Ferrals. Enfin, dans la correspondance qu'entretenait, en novembre 1568, Jeanne de Rougier, femme du président Antoine de Malras, avec son frère alors en Flandres, elle lui annonce dans une de ses lettres datée du 24 décembre "qu'elle a reçu des nouvelles de Madame la Sénéchale, qui est avec toute sa famille à Ferrals", elle ajoute que "M. d'Audou et M. de Saint Couat (N. de Bellissens), beau-fils de M. de Lobens, font beaucoup de courses en Lauragais". Bien que dans cette lettre, Jeanne de Rougier ne dise pas expressément que Madame la Sénéchale habitait le nouveau château, il est permis de croire qu'en ce temps de troubles, messire de Rougier n'eut pas permis à sa femme le séjour d'un château trop vieux pour résister, à une attaque de l'armée protestante.

Il résulte de l'ensemble de ces documents que le château neuf était déjà en construction à la fin de 1565 et qu'il dut être couvert précipitamment sous des menaces de guerre, avant 1568. Déjà, en 1562, à la date du 14 août. François de Rougier devait penser à sa construction, il y avait, à ce moment-là, un architecte nommé Geoffre Jearoy ou Jearry, à Ferrals, comme il appert par sa signature apposée au bas d'un acte passé devant le même notaire. Cet architecte visiblement, n'a pas laissé de nom dans les arts ; il le mériterait pourtant s'il a été le constructeur de Ferrals. Mais une autre approche concernant le nom de l'architecte probable du château, sera faite à la fin du reportage...

 

Référence bibliographique : Notice historique sur le château de Ferrals par Henry Mullot, publié au SESA en 1896

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ATTENTION IL Y A UNE DEUXIÈME PARTIE, où je vous présente, la généalogie intéressante des propriétaires successifs et bien sûr la fin de l'histoire de cet édifice ...!!! 

 

Ainsi se termine ce premier reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé malgrè la suppression de nombreuses photos, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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commentaires

Sirius 28/01/2014 08:24


J'ai lu la seconde partie avant la première, ne faisant que découvrir ce site. Si seulement un pareil intérêt pour la culture et l'histoire pouvait éclore à Sancerre, ville tant chargée
d'histoire... Un site sur lequel je ne manquerai pas de retourner, en tous cas!

Barès Jean-Pierre 18/01/2014 12:13


Bonjour Jean-Pierre, tout d'abord bravo pour vos reportages particulièrement documentés et illustrés.
Je voudrais vous apporter une correction et une précision concernant l'article sur le château de Ferrals, sur lequel je fais aussi des recherches, étant moi-même originaire de Villespy. (cf. les
notes historiques concernant la commune sur le site de la mairie)


Guillemette, épouse de Raymond de Termes, n'était pas fille de Jourdain de Saissac, mais de Pons de Villeneuve qui était un Castillon. Voir la vente de Villespy, en partie, et de Ferrals, le 16
des calendes d'Août 1251 par Raymond de Termes, fils d'Olivier, et Guillaumette de Saissac, fille de feu Pons de Villeneuve. Ce Pons était un Castillon dont le fief jouxte Saissac, à St Etienne
de Castillon, et qui possédait de grands domaines en lauragais (Fanjeaux, Villasavary, Gardouch, etc)Un des témoins de l'acte est d'ailleurs un Pons de Castillon, sans doute frère de Guillemette.
Cette famille est aussi à l'origine de l'abbaye de Villelongue, étudiée par Benoît Chauvin dans Pierres pour Villelongue. La vente figure aux AD11
à la côte G233, pages 647-650 et la transcription et traduction en ont été effectuées par Sylvie Caucanas, directrice des Archives, que je remercie.


Le bâtiment qui vous intrigue dont vous donnez la photo de la porte surmontée de symboles, est l'ancienne église paroissiale dédiée à St Sauveur attestée bien avant le 16ème s., date où
elle fut restaurée et non construite. On distingue sur votre document au-dessus de la porte une bande maçonnée rectangulaire qui se prolonge quasiment autour de l'édifice et qui devait être une
ancienne "littre" que l'on peignait en noir ou que l'on tendait d'une étoffe de même couleur lors du décès du seigneur.

Jean-Pierre 18/01/2014 18:48



Merci Jean-Pierre pour votre appréciation qui valorise mon travail et merci aussi pour les précisions apportées et les éclaircissements au sujet de mes interrogations. Bien cordialement JP



hottin gisèle 18/01/2014 10:12


magnifique comme à l'habitude. on ne s'en lasse pas Amitiés. Gisèle

hottin gisèle 18/01/2014 10:09


je viens de lire comme à mon habitude les commentaires sur le château de Ferrals


que d'heures de travail... de recherches, Bravo .j'ai ouvert un dossier sur le bureau et j'ai grand plaisir à y revenir de temps à autres. "vacances dans les pyrénéées sans n'y avoir jamais été"
. Amitiés. Gisèle

Mistigris34 17/01/2014 13:22


très int"éressant et bien documenté, bravo pour ce travail d e recherche, j'attends la suite !!


MIAOU !!!!

MARC Michèle 17/01/2014 10:39


Bonjour Jean-Pierre


Toujours prolifique et intéressant.


Je connais le château de Ferrals mais bien sûr je ne connais que ce qu'on voit de dehors. Il est vraiment magnifique. Les propriétaires devraient au moins l'ouvrir pour la journée du
patrimoine.J'ai hâte de voir la suite de votre reportage. 


Il y a quelquechose que je n'ai pas compris : quand vous écrivez qu'Antoine de Lautrec y a vécut de cent vingt à cent....."six à sept..."


J'en profite pour vous souhaiter une bonne année et encore des reportages super


Amitiés


Michèle


 

Jean-Pierre 17/01/2014 12:51



Bonjour Michèle


Merci pour votre commentaire, concernant votre question sur cette phrase quelque peu incompréhensible, c'est une traduction du langage de l'époque. C'est une habitude de compter par vingt. Cette
bizarrerie orthographique, qui date de la fin du XVII ème siècle, semble peu à peu sortir de l'usage ; l'arrêté du 26 février 1901 en rend d'ailleurs l'application facultative.


L'estimation faite dans le texte original sur l'âge d'Antoine est exagérée mais cet Antoine Lautrec en réalité vécut réellement 99 ans (1442-1541).


Je vais apporté cette précision dans le reportage au cas où le lecteur n'aurait pas la curiosité de venir lire ce commentaire. Cordialement JP