Partager l'article ! Le château de Villerouge-Termenès, et le village médiéval - 2ème partie: Voici la seconde partie de cett ...
Voici la seconde partie de cette belle découverte du château de Villerouge-Termenès ...
Vue aérienne du château de Villerouge-Termenès côté Sud
Un autre panorama sur ce château qui a encore de beaux jours devant
lui
Au XIII ème siècle, le château est transformé en exploitation agricole tout en abritant le four banal (four seigneurial dont l'utilisation exigeait une redevance). Le château sera vendu à plusieurs propriétaires au moment de la Révolution.
Le château, en ruines, est classé monument historique depuis le 6 octobre 1976.
La municipalité a acquis le monument en 1994 afin d'y créer un pôle de développement culturel, qui à mon avis est très bien réussi.
J'ai trouvé intéressant de jumeler la vue aérienne et le plan ci-dessous. Attention ! le Sud sur la photo se trouve à gauche
Le plan de Château de Villerouge-Termenès
DESCRIPTION DU CHÂTEAU :
Le château à la forme d'un pentagone irrégulier, dont les quatre angles sont occupés par des tours circulaires, et le cinquième angle par une poterne défendue par une bretèche.
La porte d'accès est située au centre du front Nord, précédée d'une rampe d'accès défendue par un premier portail en arc brisé où figure le blason de l'archevêque Bernard de Farges (1311-1341). Les tours et la plupart des murailles ont toutes conservé leurs élévations d'origine. Les murs sont percés d'archères, le crénelage subsiste en partie ainsi que le chemin de ronde encore utilisable aujourd'hui. Dans l'angle Sud-Est, la grosse tour fait office de donjon et mesure vingt trois mètres de haut, son diamètre à la base est de dix mètres avec une épaisseur de maçonnerie de deux mètres cinquante cinq. Tous les étages sont desservis par un bel escalier à vis logé dans le mur. Trois corps de bâtiments, sauf au revers de la courtine Nord, sont appuyés contre la muraille. Une petite porte est percée dans le mur Sud. La tour Sud-Ouest est de plan circulaire avec un méplat à sa jonction avec la courtine, elle mesure sept mètres cinquante de diamètre extérieur et possède aussi un escalier interne.
Sur la face méridionale, la poterne était défendue par une bretèche dont les supports sont toujours visibles.
Le crénelage de château est en partie détruit mais reste bien apparent.
Le corps du bâtiment Nord-Est et les demi-tours adjacentes datant probablement du XVII ème siècle, abritent une exposition permanente intitulée "le monde de Guilhèm Bélibaste, dernier Parfait Cathare" avec une illustration du Catharisme, de l'archevêché de Narbonne et de la vie quotidienne à Villerouge-Termenès au XIV ème siècle. Le tout parfaitement bien expliqué avec une très belle scénographie audiovisuelle.
Vous avez franchi la poterne Sud du château, photo de gauche, une vue en direction de la cour de la forteresse et au fond la rôtisserie. Cliché de droite, par où vous êtes entré.
Les portes de part et d'autre, ouvre sur la grande salle d'apparat scindée en deux (voir
plan).
L'entrée de la rôtisserie médiévale
Dans une aile Ouest du château, installée dans les anciennes écuries, il y a une rôtisserie médiévale unique en Europe, où sont servis des plats à partir de recette du XIV ème siècle au temps de Bélibaste. On peut y déguster les mets du XIII et XIV ème siècles dans un décorum d'époque et proposés dans une vaisselle reconstituée d'après les recherches des archéologues et des historiens. Divers menus vous sont proposés, le repas débute par un apéritif, une entrée et une viande rôtie servie avec une demi-galette de pain que l'on mange avec les doigts. Le dessert est accompagné d'un verre d'hypocras. Le service est assuré en costume du Moyen-Âge. Ouvert toute l'année, ce lieu unique en son genre, vous transporte au XIV ème siècle au moyen de recettes du moyen-âge traduites et restituées. Des banquets médiévaux animés sont organisés sur demande dans la salle d'apparat du château.
Il faut préciser, qu'avant l'édification du château actuel, il y avait un autre château, plus modeste, qui a été révélé lors d'une campagne de sondage archéologique.
Du chemin de ronde, vous avez une belle vue sur le village et les alentours ...
A votre avis, est-ce un pavage au sol ? Eh, bien non, c'est un appareillage en dôme de pierre granitique au plafond d'une des salles du château
Photo de gauche, l'escalier menant au sommet de la tour Nord-Est où vous avez une jolie vue sur le
village. Photo de droite, la partie Est du chemin de ronde est accessible au public, vous redescendez par la tour-donjon
Jolie vue de la tour sur l'église
Saint-Étienne
Les hirondelles virevoltaient au moment de ma prise de vue sur l'église Saint-Étienne
Les toits et l'église du village de
Villerouge-Termenès
Changement d'altitude, nouveau regard
!
Secteur Nord du village, sur les collines en face, il y a encore les
vestiges d'un moulin à vent
L'étroite porte d'entrée principale du château aménagée au milieu de la
courtine Nord défendue par une bretèche, construction en saillie au sommet permettant le jet vertical de projectiles pour défendre la porte.
Différentes vues de la porte principale du château avec sa bretèche au
sommet
Photo de gauche, toujours la porte principale. Photo de droite, la rampe
d'accès menant à la porte principale du château défendu par un premier portail que vour pouvez voir sur les photos ci-dessous
La rampe d'accès du château défendue par un premier portail en arc brisé,
voir la photo ci-après pour le côté extérieur ...
Cliché de gauche, le portail en arc brisé où figure le blason de l'archevêque Bernard de Farges.
Photo de droite, volet de la maison Azalbert qui possède en fronton, une pierre sculptée du XVIII ème siècle incrustée dans la
façade. On y aperçoit le blason du général Dagobert de Fontanilles (1736-1794) voir le gros plan ci-dessous ...
Gros plan sur le blason du général Dagobert de Fontanilles
La tour-donjon au Sud-Est
LE VILLAGE DE VILLEROUGE-TERMENÈS :
Le village s'est constitué autour du château au XII ème siècle. Il y a actuellement 158 habitants à Villerouge.
On présume que la localité a connu deux enceintes successives. La seconde, dont certaines parties sont encore visibles, pourrait remonter à la Guerre de cent ans (1337 à 1453).
Elle était desservie par deux ou trois portes et par un pont qui traverse encore le ruisseau du "Lou" au Sud du château.
Dans sa partie Nord-Est, le village fortifié a conservé une tour-porte du XIV ème siècle, la bien-nommée "porte Saint-Jean". Elle comporte encore un assommoir, l'emplacement d'une herse et elle est décorée des armes de Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne au début du XIV ème siècle. La porte Saint-Etienne, située approximativement près du Pont-Vieux qui permettait d'accéder à l'église, n'existe plus.
Dans le village, la maison Azalbert possède une pierre sculptée du XVIII ème siècle incrustée dans la façade. On y aperçoit le blason du général Dagobert de Fontanilles (1736-1794), propriétaire d'un district minier dont Villerouge fut le centre.
La maison Genty-Jordy possède certains éléments (porte, fenêtres) des XVI ème et XVII ème siècles.
A proximité du village, au Nord, sont à signaler les ruines de deux moulins à vent du XIX ème siècle. Un moulin à eau d'origine médiéval existait aussi le long du "Lou".
L'église Saint-Étienne dont la construction remonte au XIII ème siècle, renferme un remarquable retable du maître autel du XVI ème siècle agrémenté de huit panneaux peints et bois sculptés représentant des scènes de la vie de Saint-Etienne, une cuve baptismale du XII ème siècle, une statue de Saint-Etienne du XV ème siècle, une croix de chemin en pierre du XVI ème siècle et la cloche en bronze qui date du XVI ème siècle.
Pour visiter l'église se renseigner au château.
A proximité, de l'église on peut voir aussi un socle de croix aux armes de Pierre de la Jugie dont il est question dans la première partie du reportage.
Différentes vues de l'église Saint-Étienne
Vous êtes au pied de l'église Saint-Étienne dont la porte d'entrée se
trouve sur le côté latéral Sud
Les abords de l'église Saint-Étienne
L'église Saint-Étienne en contre-jour
Le château proche de l'église, le lieu est d'un calme serein !
A gauche, proche de l'église une croix en fer forgé, dont le socle en pierre est orné aux armes de Pierre de la Jugie archevêque de Narbonne. Photo de droite, la rampe
d'accès à l'entrée de l'église Saint-Étienne
De l'arrière de l'église vous avez aussi une belle vue de la
forteresse
Le village de Villerouge-Termenès est entouré de vignobles
Au château de Villerouge-Termenès, le parcours est guidé sur trois niveaux, avec des diaporamas défilant, maquette, fresques et mannequins vous êtes plongé dans un monde vieux de sept cents ans. Grâce aux écouteurs dont vous serez munis vous pourrez suivre les commentaires audio et vidéo, qui vous permettra de vous immerger complètement dans le monde de Guilhèm Belibaste et des derniers cathares.
Le château dispose aussi d'une boutique où vous trouverez de la vaisselle médiévale et objets décoratifs de fabrication artisanale.
Pour ceux que cela intéresse, sachez qu'un très beau roman d'Henri Gougaud retrace la vie de Guillaume Bélibaste le "bonhomme" traqué, le titre de l'ouvrage est : Bélibaste, édition Le Seuil collection Points.
Et pour terminer ce reportage je vous propose quelques cartes postales anciennes de Villerouge-Termenès :
Église Saint-Étienne et le château en 1900
Le château de Villerouge-Termenès en 1900
La mairie de Villerouge avec la sortie de l'école dans les années 1910
Autre carte postale de 1910
Le château de Villerouge-Termenès près du pont Vieux en 1930
Villerouge-Termenès, la porte Saint-Jean en 1910
Le château face Nord-Ouest en 1970
Et voici une dernière carte postale de Villerouge-Termenès côté Est en 1980
Et pour conclure, une touche de poésie dans ce monde de brutes, cette jolie fleur des champs étale des touches mauves dans les champs et au bord des routes du printemps à l'automne. La Mauve Sylvestre (Malva sylvestris) ou la Grande Mauve, ou encore la Mauve des Bois, est une fleur sauvage qui fut très longtemps consommée au cours des repas. Elle possède de plus de nombreuses vertus thérapeutiques et avait la réputation de guérir de toutes les maladies.
Faisait-elle partie des repas médiévaux ?
Je peux toujours compléter ce reportage, si vous avez des informations ou photos complémentaires à apporter, n'hésitez pas, prenez contact.
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