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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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27 décembre 2010
vieux-berger-1950 bandeau bergers

Bienvenu sur le site web numéro Un, le site  le plus visité du Languedoc Roussillon, toujours classé au top des sites sur over-blog depuis juillet 2010 !

Avant de commencer ce reportage qui vous rapprochera de la nature, je voudrais vous signaler quand même un fait relativement rare sur internet où l'individualisme prédomine : ces articles ont été réalisés à "trois mains", je remercie, mon ami Philippe CHAIX qui est un berger authentique Ariégeois ainsi qu'un autre ami qui a pour pseudonyme "Gens de Belcaire" natif du Pays de Sault, pays qu'il connaît bien, pour leur participation. Et, c'est grâce à eux que j'ai pu monter ce reportage qui sera un voyage dans le monde pastoral. La tradition des gardiens de troupeaux, bergers, vachers, un article qui vous fera découvrir l'authenticité de ce métier qui est une "passion-nature".

Philippe est un pur berger vacher qui s'occupe essentiellement de vaches Gasconnes et de chevaux occasionnellement. Son récit "vrai" est parsemé d'anecdotes où il raconte son métier, sa vie de berger dans les montagnes Ariègeoises. Je suis persuadé que ce reportage fera très plaisir à ceux qui sont attachés au pastoralisme.

Et rappelez-vous, je vous avais déjà parlé de Philippe dans ce reportage ICI.

Voici la 1ère partie avec toujours de nombreuses photos en grand format, Philippe nous parle de son métier, de sa vie, LOU PASTOU raconte :

 

LES BERGERS, CES HOMMES DONT ON DIT, QU'ILS SONT D'UN AUTRE TEMPS

 

Ph Chaix Vie de berger 005Ici l'ami Philippe avec son troupeau de vaches Gasconnes en route pour l'estive 2010

 

LE PASTORALISME EN ARIEGE tradition, réalité, volonté

Venu jusqu'à nous depuis le fond des âges, le pastoralisme témoigne aujourd'hui d'une étonnante vitalité et reste bien présent sur la chaîne des Pyrénées ainsi que dans tous les domaines montagnards de notre pays.

Le pastoralisme qui n'a cessé d'évoluer au cours des années, s'inscrit résolument dans la modernité en renforçant les préoccupations contemporaines.

Le pastoralisme n'est pas qu'une survivance, mais bien une activité moderne qui gravite dans un contexte économique d'actualité. Il a une fonction sociale et un intérêt de rapport en maintenant une forme d'activité dans des régions difficiles et en contribuant à des productions, comme les fromages, dont certains se sont bien défendus, puisqu'ayant obtenus la labellisation. En Ariège deux tiers des agriculteurs sont éleveurs et le département est le berceau de grandes races, telles la Castillonnaise et la Tarasconnaise pour les brebis, la Casta et la Gasconne pour les vaches et le Mérens suivi du Castillonnais pour les Chevaux. Chaque année les estives accueillent environ, 12 à 13000 bovins, dans les 55000 ovins, et un millier d'équins provenant de quelques 500 exploitations.

Ph Chaix Vie de berger 017

Philippe le berger (en blanc) dans sa cabane de berger en altitude, paré pour une longue période d'estive

On les nomme, Pâtres ou Montagnols, Aulhes ou bien Vaquiers, Bouviers ou Vachers, ou tout simplement Bergers.

Ils savent parler aux bêtes, et, de plus à toutes les bêtes. Ils lisent le temps à ciel ouvert et guérissent avec les plantes et les argiles. Ils prospectent les entrailles de la terre et les rocs, pour en cueillir les fleurs minérales, les cristaux, dont ils sont seuls à connaître les pouvoirs et les seuls à les utiliser.

Leur ambition est d'acquérir dans cette pratique, une renommée qui fera prononcer leur nom avec considération dans les vallées, et chez les bergers voisins qui ne manqueront pas de leur faire des éloges, pour ceux qui ont foi en la profession. Telle la transhumance qui est pour bêtes et hommes la fête du renouveau, de la renaissance des montagnes, la descente des troupeaux en fin de saison est un véritable spectacle.

Seuls dans les montagnes, les pâtres, très assidus à la vie que mènent les animaux dont ils ont la charge et à la faune sauvage dont ils partagent le milieu, sont les principaux observateurs de cette nature grandiose dont ils ont su percer les secrets. De l'analyse constante des faits est née une science empirique à laquelle ils associent des protections magiques dès qu'ils ressentent que des dangers sont à craindre. Dès son retour dans les vallées, le berger inspire de la méfiance ; les rumeurs le disent sorcier, guérisseur, et bien souvent on lui attribue bien d'autres professions liées au monde du surnaturel.

Il y a des pouvoirs et l'importance des croyances que certains gardiens de troupeaux pratiquent, utilisent, et usent encore de nos jours. Bien que la foi du métier s'estompe, il reste encore dans nos campagnes des "vrais de vrais", qui défendent cette école plusieurs fois centenaire, frôlant deux ou trois millénaires, école orale ayant traversée l'époque des premiers pasteurs nomades sédentarisés par la suite, école rituelle druidique, laquelle nous a laissé de cette période de belles légendes, contes et fables.

paysage de berger 03

Paysages de bergers, il n'y a que vous et le vent qui vous murmure : "regarde, apprécie"

Économiquement parlant les campagnes et les montagnes connaissent comme partout une crise directement liée à la fermeture industrielle touchant de plein fouet les autres pôles, commerces, artisanat … etc.

Actuellement le poumon économique pour la survie de nos populations montagnardes comme tout le monde le sait, est le tourisme vert et la neige. Nous l'avons déjà dit, là aussi il a fallu éduquer les hommes de ces contrées rudes et difficiles. Cela n'a pas été aisé, et l'on s'aperçoit souvent que les mentalités n'ont pas trop évoluées dans le sens du relationnel avec le citadin.

 Faire du pastoralisme, le maillon manquant d'un panel de produits touristiques il n'en est pas question pour nombres de professionnels de la montagne et de l'élevage. Le pastoralisme n'est pas une mode, cela est vrai !

Bien souvent j'ai eu de sérieuses discussions avec des gardiens de troupeaux afin de leur expliquer qu'il fallait s'ouvrir aux populations estivales que nous croisons tout au long de la saison. Restons traditionalistes c'est l'atout majeur du métier mais surtout pas passéistes. Vivons notre montagne demain, et que toutes ces rencontres sur les cimes deviennent les représentants des bergers et nos ambassadeurs.

berger de moutons

La transhumance : berger menant son troupeau à l'estive

image099   image102

La transhumance est un spectacle qui se fête dans de nombreux villages

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berger et ses chiens 02

Le berger avec ses chiens arrivant sur les hauts plateaux pour une estive de plusieurs mois

 

LA TRANSHUMANCE 

Transhumer est le fait de déplacer et d'emmener des animaux domestiques comme les vaches, les brebis, les chèvres, les chevaux passer la saison d'été en en montagne. Selon les espèces cette saison d'estive varie entre juin et septembre pour chèvres et brebis, de mai à fin octobre pour les vaches et les chevaux, selon une météo favorable et la richesse du pâturage. On dira pour une bonne saison "qu'elle est tenue". Afin de soulager les exploitations agricoles et cela depuis les premiers pasteurs sédentarisés dans notre région, les domaines agricoles, très étroits dans le département utilisent les acquis pastoraux et droits d'usages dans les espaces communaux et domaniaux.

Certains groupements ou utilisateurs, font pacager leur cheptel sur des parcelles de montagnes qu'ils louent.

L'estive permet aux exploitants qui l'utilisent de profiter d'un herbage de qualité supérieure pendant tout l'été. La base du pastoralisme, c'est suivre la pousse de l'herbe en fonction de la saison et de l'altitude du domaine dans lequel le troupeau va évoluer pendant de nombreux mois.

Au printemps l'herbe est riche autour des fermes et les animaux qui viennent de mettre bas profitent de cette mise au vert. Bientôt les exploitations seront épuisées et pour éviter une sur pâturassions il sera temps de prendre la route des cimes. Là-haut, les saisons sont décalées et l'herbe n'est pas aussi haute que dans les vallées. Les troupeaux confiés à des gardiens seront gérés par rapport à l'évolution de cette pousse. On parle de gestion car le vacher ou le berger fait naviguer le troupeau entre le bas et le haut de l'estive. Les quartiers bas du printemps deviendront les quartiers d'automne que chaque gardien saura économiser pour la fin de saison, ce qu'il lui permettra de rester le plus longtemps possible sur la montagne. Ce sont parfois les premières neiges qui oblige bêtes et hommes à descendre vers les vallées, alors qu'il reste encore quelques jours de nourriture. L'estive est terminée et la vie en étable et bergerie va reprendre.

Il est une tradition chez nous pour encore beaucoup de familles de faire bénir le troupeau avant son départ en estive. Tous les départements et toutes les régions pratiquant cette cérémonie, à part l'intervention du prêtre, n'ont pas un rituel identique.

vaches gasconnes 07

Troupeau de belles vaches Gasconnes

Ph Chaix Vie de berger 004

Les vaches Gasconnes de Philippe pendant la transhumance 2010

Lors de la transhumance, le berger multipliait les "recettes", comme il les appelle. Cette période de l'année est jugée par les gardiens de troupeaux de "sensible", parfois dangereuse parce que, la saison avançant, les animaux excités par l'herbe jeune, le départ pour les pâturages de montagne et devinant l'approche d'une liberté nouvelle, ne travaillent plus au sein du troupeau comme pendant toute la saison basse. Les bêtes se battent pour la dominance, elles prennent des risques en voulant sauter les parcs et les clôtures. Beaucoup de nouveaux nés se font piétiner ou encorner, pendant les mouvements d'humeurs des dominantes et des meneuses. L'heure pour les animaux, n'est pas la même que donne la montre des hommes.

"Nous autres Montagnols, sommes exposés aux caprices des éléments, aux maladies, la moindre petite blessure peut s'avérer dangereuse, la simple entorse ou fracture légère peut amener le berger jusqu'à l'amputation et cela est déjà arrivé, jusqu'à la mort". La vie là-haut, est régie par la météo, et les forces de la lune. Il se passe toujours quelque chose dans le troupeau quand la lune est "grosse". Les bêtes bougent, se querellent entre-elles. C'est une période ou les naissances en date vont se déclencher, comme pour nous les hommes, les changements de quartiers et surtout la pleine lune, favorisent les naissances. Sur l'estive, le pâtre sera là ; il dormira sous un arbre à la bonne saison ou bien dans un abri de fortune, mais tout proche des animaux à surveiller. Il observera et suivra l'animal jusqu'à sa couche et sans se faire repérer il assistera à la première loge, à la procréation naturelle ou bien si cela est nécessaire, il interviendra pour assister l'animal, afin d'activer la délivrance.

Ph Chaix Vie de berger 015

La transhumance va commencer dans quelques jours, les bêtes font le plein d'énergie à la sortie de l'hiver

Ph Chaix Vie de berger 038  Ph Chaix Vie de berger 040

Les Gasconnes de Philippe pendant la période hivernale   berger02

La transhumance des moutons dans un décor magnifique où l'herbe est de qualité

berger et ses moutons

Le berger est souvent seul avec ses bêtes, il doit être vigilant car les crêtes comme ici peuvent s'avérer dangereuses

Bergers pyreneens en 1915

Bergers pyrénéens préparant la transhumance, photo datant de 1915

Bergers pyreneens 02 en 1925

Bergers pyrénéens pendant le casse-croûte en 1925

Bergers pyreneens en 1910Bergers pyrénéens en 1910 

Le 20 et le 21 juin date du solstice d'été, la veille et le jour de la St Jean 23 et 24 Juin sont des jours et des nuits pleines d'activités dans les estives. C'est pendant ce laps de temps que tous les gardiens de troupeaux, les guérisseurs, les herboristes prélèvent et cueillent les plantes destinées à leur pharmacopée. Souvent ce sont les bergers qui récoltent pour les autres. Une plante que l'on recherche de suite, dit Gabriel, c'est la "Tume", elle est placée dans les étables et les bergeries, elle a pour but de préserver les animaux de la clavelée, une maladie contagieuse identique à la variole, on récolte également les fougères mâle sur lesquelles on prélève les spores qui rentreront dans la confection d'anti-infectieux. Elle préserve également dans une autre utilisation des sortilèges.

Pendant cette période des talismans sont sculptés, la plupart finiront accrochés au cou des meneuses, ou serviront de "batail" à l'intérieur des cloches pour les faire tinter. Le berger herboriste s'en va seul cueillir se dont il se servira tout au long de l'année, pour apaiser fièvres, maladies, infections et autres maux. Son élève ou second d'estive apprendra également, et lorsque le berger sera sur de son assiduité, il lui révélera et lui transmettra tous les secrets pastoraux. Chaque année la récolte est importante afin de pouvoir utiliser toute l'année, mais aussi pour échanger avec d'autres pâtres les plantes qui ne poussent pas sur son relief montagnard. Il en sera de même pour les argiles, et les minéraux.

Dès les premiers pas sur le sentier de la transhumance, une hiérarchie sociale s'établit et chaque animal retrouve sa place. Dans un troupeau en déplacement, le guide est un animal de rang moyen, qui emmène à sa suite tous les animaux de rang moyen, qui encadrent les dominantes lesquelles sont suivies par les dominées. Dans de nombreux cas, se sont ces dernières qui manifestent le plus souvent de l'agressivité ou de l'énervement.

berger et ses chiens   paysage de berger

Le berger dans la beauté de sa solitude

 

LA VIE A L'ESTIVE

Un troupeau de bovins en montagne, dans une estive, n'est jamais un "tas" d'animaux en vrac comme le pensent ou se l'imaginent le plus souvent les promeneurs et randonneurs qui traversent le domaine montagnard. Cette hiérarchie dont nous avons parlé plus haut, s'établit grâce à une série de tests et combats, ou simulacres de combats, qui permettent de classer chaque individu selon son âge, sa force, son poids, son sexe, sa couleur de pelage, sa race. Contrairement à ce qui se passe chez d'autres animaux, la hiérarchie sociale d'un groupe ou d'un troupeau de bovins reste stable et respectée une fois celle-ci établie. L'ordre règne dans les pâturages et les bêtes dominées filent doux devant les dominantes. En fait, cet ordre social est d'une très grande utilité pour les gardiens de troupeaux et surtout pour le bon fonctionnement de l'estive, qui permet d'éviter des bagarres et des combats meurtriers entre les animaux.

Plateau de Beille 03

Le plateau de Beille ici à 2100 mètres d'altitude dans les Pyrénées Ariègeoises, vaches gasconnes en liberté

Plateau de Beille 02

Il y a de belles randonnées à faire sur le plateau de Beille à plus de 2000 mètres d'altitude

Plateau de Beille 06Vaches gasconnes au plateau de Beille 

Qui commande dans le milieu pastoral ?

Dès l'arrivée des animaux dans le milieu montagnard, la question posée est de savoir qui sera le "leader" de la vacherie ? Non seulement les taureaux entrent en concurrence, mais les vaches également. Cela commence par des préliminaires de défi et d'intimidation. L'un des animaux émet des signaux de menaces, ce qui entraîne soit une soumission immédiate de l'autre, soit une réponse non moins menaçante.

Si l'animal menacé n'est pas assez prompt à se soumettre, ou n'a pas remarqué la démarche agressive, il reçoit de la part de l'attaquant un coup de tête dirigé vers l'un de ses flancs, son cou ou ses épaules. Un bovin de rang inférieur s'empressera de battre en retraite, s'il est ainsi bousculé. Les signaux de menaces sont émis lorsque les bêtes sont à quelques mètres de distances. Tête baissée, le regard fixé sur le (ou la) rival(e), les pattes arrières ramassées sous le corps, front perpendiculaire au sol. Les cornes se dirigent vers l'adversaire...

Ph Chaix Vie de berger 053

Un des taureaux de Philippe Chaix en estive

Lorsque l'animal s'excite, il se met à gratter le sol avec ses pattes de devant et par la suite il enchaîne par le frottement de son cou et de sa tête dans la terre qu'il a au préalablement labourée de ses sabots. Si la tension monte encore, l'animal retourne de ses cornes les mottes de terre et d'herbes restées accrochées sur le lieu de piétinement et en projette avec force partout alentours tout en mugissant.

Au stade suivant, les antagonistes se rapprochent et prennent la position de combat: soit perpendiculairement l'un à l'autre, soit parallèlement, corps contre corps mais tête contre queue.

Le plus souvent, à ce moment là, la menace est suivie d'une attitude de soumission de l'animal le plus faible qui s'enfuit. Mais il arrive souvent que la bête attaquée aie de l'ambition, et rende menace pour menace; alors dans ce cas, un vrai combat peut s'engager, devenir extrêmement dangereux et qui risque de se terminer avec de graves blessures, voire parfois la mort de l'un des deux combattants.

Heureusement, les véritables combats sont assez rares. Le plus souvent ils ne sont que symboliques, c'est à dire que les mouvements réels de combat, sont atténués et pris au ralenti. Si l'occasion se présentait pour un promeneur de se retrouver face à une rencontre de mâles en pleine action, il ne faut surtout pas les déranger. Si cela est le cas, et que ce dernier se trouve accompagné de son fidèle chien, le retenir est la première préoccupation que le randonneur doit observer et surtout retenir ses aboiements qui ne feraient qu'exciter un peu plus les deux gros bovins. S'éloigner ensuite du lieu de duel et si possible en observant dès qu'il y aura conclusion de la partie, où se dirigera le vaincu, car il pourrait passer sa colère sur vous. Être là au mauvais moment, peut parfois coûter cher, surtout si un parking est assez proche, les véhicules stationnés sont aussi la proie de cette colère. Les containers sont aussi des objets de défoulement, et pique-niquer sur les aires de montagne aménagées n'est pas recommandé lorsqu'un troupeau évolue à côté. Les réactions sont très impulsives, et parfois un simple mouvement étranger qui vient d'apparaître dans le milieu, va le décider à courir.

vaches gasconnes 04   vaches gasconnes 05

Pour en terminer avec les humeurs combattantes des bovins, je vous parlerai également des femelles. Tout d'abord, il est à noter qu'une vache suitée de son veau est plus agressive qu'un mâle, l'instinct maternel domine tout.

Avis au promeneur, qui croise un troupeau, souvent des réactions impulsives sont à prévoir. Souvent accompagné de son chien, retenir ses aboiements évitera de dépasser les étapes. Le randonneur le tenant en laisse risque de servir de cible, pourtant il est obligatoire de tenir nos fidèles amis en laisse.

Un grand nombre d'accidents sont arrivés, surtout avec des vaches, et des mâles rendus parfois agressifs par méconnaissance et surtout par inconscience de randonneurs. Ne pas couper en deux un troupeau, se faire remarquer en prenant le vent, et en se faisant entendre sans pour autant crier. Observer les réactions, surtout des bêtes qui mangent. Elles vont aussitôt analyser l'intrusion dans leur milieu. Observer du regard est un bien grand mot pour le bovin qui à une certaine distance ne verra qu'une forme au volume démultiplié, et, si l'on est tout de même éloigné, il mettra en pratique tous les sens que la nature lui a donné. L'odorat et l'ouïe auront tôt fait de donner résultat à ses réflexions. Ne pas s'agiter, tout simplement parce que, le taureau ou la vache va capter les ondes de ses cornes, attendre qu'il se remette à brouter.

S'il se déplace vers vous, reculer lentement et partir.

vaches gasconnes 08

Vous êtes un intrus, elles vous ont reconnu

Continuons cette petite "psychologie bovine", les odeurs ont un rôle très important tout au long du déroulement de la vie d'un bovin. Le langage olfactif, est d'une richesse insoupçonnée, et permet aux animaux des échanges complexes et précis. L'action de dépose d'urine et de bouse, sont les signes que nous remarquerons dès nos premières observations et qui seront directement liés à la propriété du territoire. En effet il est pour l'animal très important de tracer ces frontières sur son domaine par des bornes disséminées au moyen de son urine et de ses excréments. Un mâle en découverte d'un nouveau pâturage, ou d'un lieu choisi, fera sa marque dans les premières minutes qui suivent son arrivée.

vaches gasconnes 06

Superbe photo d'estive !! la mère et son petit veau

 

NAISSANCES DE PETITS LORS DE L'ESTIVE

Dans le cadre naturel d'un élevage, c'est à dire en plein air, côtoyer régulièrement les bovins est source d'informations souvent des plus capitales surtout au sujet sanitaire et reproduction.

La plupart des vachers, tiennent un journal personnel, dont les remarques sont stipulées sur le cahier d'estive obligatoire de nos jours selon certaines conventions collectives départementales des travailleurs salariés agricole, dont font parti les gardiens de troupeaux.

Plateau de Beille 07Le plateau de Beille, il y a des vaches Gasconnes en estive avec un paysage magnifique, il y a de belles randonnées à faire dans le secteur, mais respectez la tranquillité des animaux ! 

Le conte-rendu journalier de l'estive est précieux pour les éleveurs qui loue confiance à leur berger ou vacher, afin que ces derniers les informent des chaleurs et saillies survenue dans le domaine pastoral, observations permettant d'établir la période de vêlage quand même pour certaines bêtes assez approximative, mais que l'éleveur pourra surveiller en anticipant la date.

La présence du gardien au sein de son troupeau, surtout lors de la période des mises-bas, car la plupart des estives voient naître de nombreux petits, moment émotion dans la vie du berger, ou seul le monde animal sera le témoin. Je parle ici en tant que vacher, c'est en officiant sur les vaches, surtout de races rustiques telles les gasconnes, les Aubracs et les Salers que j'ai admiré l'esprit maternel de ces dernières. On ne le dira jamais assez ! La nature est bien faite! Dès sa montée à l'estive, la future mère rejoint dans les premiers jours le lieu ou elle mettra bas. L'horloge interne de l'animal le dirige et rien ni personne ne pourra le dérouter dans sa démarche procréatrice. Prendre le vent pour le berger afin de ne pas se faire remarquer, la suivre à distance, attendre, attendre, observer et attendre. La vache sait que lorsque l'heure sera arrivée elle pourra s'isoler en ce lieu. Un point d'eau assez proche, un couvert de feuillus, un lieu aéré porteur de vent dans lequel elle saura déceler tout danger, se garder jusqu'à ce jour un pâturage frais et non souillé, quelle défendra aussitôt qu'une gourmande ou bien une autre future maman l'aurait repéré pour ce l'approprier. Elle reviendra dans le troupeau, se faisant remarquer par le vacher, car malgré sa discrétion, elle sait qu'il la surveille. Les autres bêtes deviennent complices, elles jouent à la cacher pendant la marche, ou pendant les moments de repos. Puis, un moment d'inattention du vacher, elle n'y est plus. Marchant en souplesse, évitant de faire tinter la clarine, elle rejoindra le lieu qu'elle s'était réservée. Pour le vacher, la suivre ne presse pas. Surtout que ce dernier épié par les meneuses, se méfie et évite que quelques meuglements significatifs ne préviennent la fugueuse.

paysage de berger 02

Les moutons ne sont-ils pas heureux ici ?

Il est né ! La mère aussitôt fait la toilette à son petit; le lèche avec amour. Lui, les yeux hagards, se demande ou il est. Mais déjà la vache émet de petits sons sortis de sa gorge, pour le réconforter. Il est couché tremblant de tout son corps, se faisant bousculer par les coups de langue de sa mère. Elle fière de son bébé, comme toutes les mères, et tout en continuant la toilette, observe d'un œil inquiet, tout ce qui bouge alentour.

Il se passera encore de longs moments avant qu'il n'essaye de se mettre sur ses pattes. Après quelques tentatives ses frêles membres s'habitueront à le soutenir, il retombera encore et encore, jusqu'au moment ou sûr de lui il se lancera, trouvant équilibre contre le ventre de sa mère. Elle se place aussi confortablement qu'elle le peut et tout en le léchant le dirige vers ses mamelles gonflées, l'invitant à boire ce premier lait, le colostrum, cette première sécrétion mammaire, nectar de vie pour son petit. Pendant cette première tétée, une partie de son placenta sera ingérée.

Le vacher lui, peut s'en retourner vaquer à ses occupations, maintenant il est rassuré, il pourra ce soir à la veillée dans sa cabane, noter sur son journal d'estive parmi toutes les observations et les travaux de cette journée, cette naissance. Il la communiquera à l'éleveur, dès que possible, se dernier ayant pour mission de la déclarer administrativement et lors d'une visite apposer l'identification sur l'animal.

Après quelques heures de repos, pendant que son petit repus s'endormira, elle ira se désaltérer et manger quelques fraîches touffes de cette herbe nourrissante. Déjà entre la mère et son petit, un code de survie s'est instauré.

Prenant de l'assurance et sachant son petit en sécurité, la vache rejoint le troupeau et décide qu'il est temps d'y intégrer le jeune veau. "Discussion" silencieuse, imperceptible à l'homme avec la hiérarchie, elle aura tôt fait de reprendre sa place. Dans les heures qui suivent, elle ira chercher son veau qui, avec une démarche encore hésitante la suivra. Il fera la curiosité des autres jeunes venus découvrir ce nouvel ami, qu'ils poussent et chahutent déjà du bout de leur museau. La vache surveillera et arbitrera la situation et souvent voyant que le jeu s'emballe, ira mettre à l'abri, un peu à l'écart le tout petit. Inerte, roulé sur lui-même, il attendra son retour, ou sera très attentif à ses appels, et aux sons aigus de la clarine maternelle, fil conducteur avec lequel il s'est familiarisé depuis ses premiers moments dans le ventre de sa mère. La mère s'alimentera avec avidité, s'écartant de l'ensemble de l'estive pour chercher des plantes spécifiques dont les vertus bienfaisantes font demande par son organisme. Il est l'heure de la tétée et elle lance ses appels répétés, en agitant sa cloche. Le vent porteur de ce message informera le nouveau né qui se lèvera et se dirigera un peu incertain, attendant parfois une autre vague sonore vers sa maman. La vache elle, ira à sa rencontre, le moment des retrouvailles ne sera que "lèchettes" et amour partagé. L'horloge solaire, avançant dans le ciel, ils partiront ensemble rejoindre l'ensemble du troupeau, paisible, bercé par les tintements des sonnailles au ralenti pendant ce moment qu'appellent les hommes : "La chôme".

Plateau de Beille 04

Le plateau de Beille, une vue plein sud vers l'Espagne tout proche, ce n'est pas beau l'Ariège ?

 

LE MÉTIER, LA VIE DE BERGER, LOU PASTOU, CONFIE

Je suis né dans les années 60, période ou encore toutes nos campagnes et villages de montagnes vivaient au rythme, des saisons, de la terre et des animaux. Chaque foyer possédait des brebis ou des vaches, parfois les deux, des bœufs et vaches de travail, des chevaux et des mules. Il y avait dans tous le village entre 180 vaches et parfois un peu plus de 2300 brebis. Les estives étaient bien chargées et vachers et bergers étaient nombreux. Souvent accompagnés d'un second "le régatcho" et de un ou deux apprentis.

De nos jours le marché est tombé, mais réflexion faite, il y a bien longtemps que l'animal ne nourrit plus l'homme puisque économiquement parlant c'était une époque ou beaucoup de paysans trouvaient du travail en complément de leur élevage dans les industries. Le travail de nuit était souvent préconisé de manière à laisser une partie de la journée libre, pour vaquer aux occupations de la terre et des troupeaux.

La femme paysanne assurait une très grosse partie du maintient de la ferme, après s'être occupée de la famille. Les enfants, souvent manquaient l'école pour aider aux travaux des champs. Cela m'arrangeait bien, moi qui passait le plus de temps possible avec les anciens qui travaillaient plus les animaux que la terre qui les avait usés. A neuf ans ils m'avaient appris beaucoup de choses, et avaient réussi à raisonner mes parents pour que je parte avec eux le plus souvent possible. Deux à trois ans plus tard, j'en savais plus que la plupart de mes camarades dont la plupart plus âgés que moi étaient issus de grosses familles du terroir. Eux se dégoûtaient de cette vie assez rétro, visant un autre débouché facilité par l'argent économisé par la famille depuis des années, un départ vers les grosses agglomérations, comme Tarascon ou Foix et qu'ils appelaient "la ville".

Troupeau à Comus 02

Près de Comus dans l'Aude, superbe décor du pla du Boum à 1250 mètres d'altitude, j'adore ce coin là, avec à gauche le bois de Lancise et à droite le bois de Pechpoudous, au centre les points blancs se sont des vaches Gasconnes

Troupeau à Comus 01

Zoom de la photo ci-dessus sur les vaches en liberté au  pla du Boum près de Comus 

Depuis quelques années les bergers font de la formation auprès de jeunes que la profession allèche et attire, par son côté libre et sauvage. Un métier ou le contact avec les animaux est très présent, métier qui paraît facile et qui pourtant ne s'apprend pas en quelques jours. Heureusement, beaucoup de recrues au bout de deux années d'enseignements obtiennent diplôme et emploi.

Certains de ces nouveaux bergers continuent le métier, allouant estive et saison d'hiver en stations de ski, restauration, travail en bergerie et souvent se sédentarisent. Il y a aussi un grand nombre d'itinérants, qui partent de régions en régions, allant parfois travailler dans des pays voisins. Ces mouvements souvent liés à la découverte de nouvelles montagnes, d'un autre pastoralisme que celui dans lequel ils ont baignés, leur apporte une expérience complémentaire qu'ils sauront mettre à l'épreuve sur le terrain de gardiennages futurs, ou pour un grand nombre d'entre eux, à des fins personnelles dès qu'ils pourront s'installer dans le milieu de l'élevage ou s'associer dans des exploitations agricoles.

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Il y a aussi des bergères qui aiment ce métier

Il est vrai qu'écrire se prête énormément à la vie de berger, du moins pour ceux qui ont un attrait vers l'artistique. Le poète, le peintre, l'écrivain de tous genres a sur la montagne le plus grand et le plus beau des ateliers. Il ne faut surtout pas oublier ceux et celles qui sont manuels, et qui une fois leur journée terminée, useront leurs mains à tresser de l'osier, pour la vannerie, à tordre et former des sangles d'aubier pour en faire des ustensiles de tous les jours, boites à tabac, à sel, à couture …etc. ou bien des outils de travail comme les colliers porteurs de clochettes que l'on nomme en patois "canaoules", "estacs" collier de bois rond fermé à son extrémité par une clef à virole, appareil qui maintient un animal par le cou à son attache. Il ne faut pas oublier les bâtons et manches d'outils. Anneaux de bois et cuillers, bols et récipients divers pour le lait feront parti des ateliers pastoraux.

Les soirées chez le berger trouvent toujours à s'écouler au fil d'une reprise ou d'un tricotage, sans oublier la préparation du matériel, repas et musette pour le lendemain. Le temps passe, dès l'arrivée à la cabane, une méthode, une habitude, s'installe. Il n'y a pas de routine en estive, ce mot ne concorde en rien avec le déroulement des activités dans la montagne. Tout change, à tout moment, tous les jours ! Et pourtant c'est comme cela depuis la nuit des temps.

Plateau de Beille 01

Le superbe plateau de Beille

Ph Chaix Vie de berger 054Les vaches de Philippe en estive à Lujat à 1200 mètres d'altitude 

Allumer le feu, soigner les chiens, l'hygiène corporelle, la confection des repas. Tout est pareil et en vérité si différent. De nos jours tout cela semble un peu bizarre aux yeux des citadins; dormir à la belle étoile sous un pain à crochet, entendre le vent siffler en légères rafales que les épines freinent dans son élan, écouter en s'endormant dans le serpolet les clarines, les cavalcades des jeunes poulains, les appels d'un hibou ou d'un renard. Les gens que je rencontre et auxquels je parle de tout cela me demande si je n'ai pas peur ! Peur de quoi, de qui ? Ce sont eux qui malheureusement vivent en ville dans une insécurité grandissante et fabriquée. Mourir ne me fait pas peur, ce qui me ferait vraiment peur s'est partir sans en parler, sans parler de cette chance que l'on a, de faire ce que l'on aime, même si cela a un coût.

Six mois dans la montagne, Un début de saison tout seul, avec les frimas de printemps en altitude ; nature et météo capricieuse c'est le lot de tous les gardiens de troupeaux.
On arrive tôt en estive, la neige nous rattrape alors qu'en bas les anémones, les coucous, primevères d'un jaune timide sont éclos. Provision de bois et aménagements sont les premiers indices de l'arrivée des vachers en estive. La vie humaine fait son apparition à la première fumée et la première odeur de cuisine.

Préparer le matériel d'entretien, faire le tour des clôtures à rénover. Malgré le vent froid et le frais soleil de Mai, l'altitude commence à marquer les hommes. Les gelées matinales très présentes dès les 1500 m d'altitude facilitent tout de même l'aménagement des points d'eau que la terre glacée alentour scellera associée à de grosses pierres, minutieusement assemblées en murettes, afin de protéger la naissance des sources.

Juillet vient juste de commencer, les vacances sont là et ma petite famille vient me rejoindre sur la montagne qui me tient éloigné d'eux depuis le début de mai. Huit semaines sont déjà passées avec leurs bons et mauvais moments.

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Philippe menant son troupeau en estive au Lujat sur les hauteurs d'Ornolac

Je fais le plus beau métier du monde. Je suis pâtre, vacher, berger dira un autre ; qu'importe le qualificatif professionnel ! Nous détenons un savoir ancestral, l'animal quel qu'il soit est là, sous nos soins. Parlent encore beaucoup comme cela ceux qui aiment leur métier. Celui qui sais faire, qui comprend et parle avec les animaux est comparable à un artiste, un créateur qui de ces mains fait naître quelque chose, un objet, une forme, donne la vie dans tous les sens du terme et la maintient. Comprendre et devancer les réactions animales est le plus important dans l'apprentissage pastoral,  pénétrer son esprit, lui parler ! Au bout de longues années il est sûr que le berger pourra transmettre le plus grand et le plus intéressant des témoignages. De son vivant et après, on parlera de lui avec respect.

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Le berger emportant son bâton à sel

 

LE BÂTON DE BERGER

Les gardiens de troupeaux et leurs apprentis, dès la dernière lune descendante de Mars, partaient à la recherche de baliveau, gourmands et repousses de fruitiers sauvages, coudriers, châtaigner, frênes, aulnes..., profitant de cette collecte pour faire école sur les arbres et ainsi pratiquer une des premières leçons, celle sur la confection des canes, et surtout puisque dans le monde pastoral cela est lié, la préparation et la cuisson du pain de berger, dont nous en reparlerons plus tard.

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photo de gauche, la houlette est un crochet galva à fixer sur un manche pour attraper facilement l’animal par la patte. Longueur : 21 cm. Ouverture : 3 cm.
Poids : 350 g.

Les trois photos du centre, dans sa partie haute, le bâton est habillé de métal plus ou moins précieux : cuivre, maillechort ou argent (modèle photographié). 
Le pommeau est soit en corne soit métallique ciselé aux initiales du propriétaire. 
Une devise évocatrice et personnalisée est inscrite sur la virole, choisie soit par le propriétaire, soit pour la personne destinataire du makhila que l'on veut honorer. Ici deuxième photo à gauche : "IDIAK ADARRETIK GIZONA HITZETIK" : "On reconnaît les taureaux à leurs cornes, l'homme à sa parole"

Photo à l'extrême droite, vous avez le Makhila ou makila, le bâton du berger basque, le makhila, aujourd'hui objet de distinction, était dans le passé, depuis le moyen-âge, à la fois un bâton de marche, un aiguillon de berger et une arme de défense grâce à sa pointe en acier forgé dissimulée dans le pommeau.

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LE BÂTON À SEL

Sa dénomination, prête toujours à la curiosité, bâton à sel ! Pourquoi ? Il est l'outil de travail principal, du moins parce que c'est celui qui, parmi les quelques bâtons utilisés par les gardiens de troupeaux est le plus utilisé, sinon le plus symbolique professionnellement parlant. Ce bâton de berger qu'est la cane à sel, est aussi un objet d'identité dans l'estive. Les pâtres utilisent plusieurs bâtons, de garde, taillé à hauteur d'épaule, de mène, il aura 20cm de plus qu'une hauteur d'homme, à sel, il mesurera en moyenne 1,50m. Les bergers gardiens de brebis se muniront toujours, d'un bâton terminé par un crochet, lequel servira à attraper et à immobiliser l'animal par une patte arrière afin de lui apporter par exemple un soin, tout simplement pour l'isoler, ou pour le manipuler. On le nomme, "gancho, tirechpotes en Catalan...". La houlette pour les régions centrales de la France, est munie à son extrémité d'une petite pelle métallique, qui à pour but de dissuader les brebis vagabondes de partir brouter sur des parcelles voisines ou elles ne sont pas invitées. Le gardien projettera un peu de terre devant le premier animal qui en étant surpris fera demi-tour et entraînera ainsi dans l'autre sens les autres brebis. Pour éviter de lancer toujours les chiens, c'est un bon procédé qui est l'idéal pour la garde en plaine.

Le mardi et le jeudi, sont les jours de la semaine les plus favorables pour la distribution du sel. Les puristes ne le donneront jamais le vendredi, car il est dit qu'il est "le jour du démon", et pour appuyer sur, "peut-être la superstition", qu'il arrive toujours quelque chose au berger s'il distribue ce jour là. Le sel béni le jour de la fête du feu à la Saint-Jean, sera mélangé à la ration hebdomadaire, trois pincées qui auront pour but d'amener sur le troupeau, protections, apaisements et guérisons. Ce sel, est aussi un moyen de contact, il est le maillon manquant entre l'homme et l'animal. Cette opération est pour les jeunes animaux, les caractériels, voire les plus sauvages, une phase de rencontre avec l'humain, qui pourra approcher de très près, un animal qu'il sait souffrant, blessé, prêt à mettre bas pour ne citer que quelques exemples. Une fois le sel déposé sur les grandes pierres plates appelées "assaladous" en occitan, salières plus communément, le pâtre appelle son troupeau ou va le chercher dans le pâturage.

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Philippe dépose le sel sur les grandes pierres plates appelées "assaladous" en occitan

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De biens belles sonnailles ! 

 

LA CLOCHE

Il reste encore, mais pour combien de temps, quelques fabricants de sonnailles, artisans maîtres dans le façonnage du métal, complices de la coulée en fusion et du son. Chaque région, chaque montagne est marquée par le tintement des clarines, redons ou toupins. La cloche est un outil primordial pour la bonne marche du troupeau au sein de l'estive. Le déroulement de la vie pastorale est régi en grande partie par les porteuses de sonnailles, car chaque  cheptel détient une hiérarchie innée, déjà dans les vallées au cœur des élevages et cette hiérarchie est répercutée à plus grande échelle dans les montagnes, puisque les troupeaux fonctionnent en commun dans le milieu montagnard. Chaque éleveur, au sein de son exploitation, équipe, brebis, vaches ou chevaux de cloches de type régional ou bien de sonnailles achetées sur d'autres lieux ou colportées par des marchands. Les foires de printemps sont aussi le rendez-vous, ou le monde de l'élevage se retrouve. Bergers et vachers sont là, pour faire leurs achats de saisons, d'autres pour se présenter et espérer décrocher un emploi, bien sur le but de la foire est avant tout le négoce annuel qui sera pour beaucoup le résultat de survie pour les mois les plus durs de l'année. C'est pour cela, que beaucoup d'animaux ne portent pas de cloche, objet en métal noble, acier, cuivre, bronze, le prix est à la hauteur de l'objet. Les bergers et les vachers disposent parfois de quelques sonnailles qu'ils passeront au cou des bêtes démunies, afin de les faire travailler correctement au sein de l'estive. L'industrie s'est emparée du marché. On voie depuis quelques temps des sonnailles fabriquées dans d'autres pays, d'un coefficient sonore très médiocre, puisque très peu de sons les différencient les unes des autres. Le prix étant un peu plus alléchant, les achats ont sensiblement progressé. Alors on triche sur la tonalité, en changeant "les batails" en fer, en bois, en os, parfois des dents de chevaux ou d'âne, ou bien pour les plus abîmées quelques coups de marteaux en sortiront un son mat ou chantant. Enfin tout cela pour expliquer que l'oreille du berger sera attentive, comme sera attentive celle de tous les animaux dans le pâturage qui évolueront avec cette grande partition musicale, harmonisée par le vent.

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L'élément vital de la cloche, le battant faisait et fait parti encore dans certaines régions des talismans utilisés par les bergers. Un certain Bergeaud, homme très instruit, ayant fait 14/18, révélait un jour, en gardant son troupeau de brebis, que les tribus gauloises qui honoraient les arbres, utilisaient les racines de Houx, dans lesquelles ils sculptaient des battants de cloches. Arbre magique pour les celtes, ces battants dépassaient de la cloche d'une double longueur, afin que ce dernier traîne sur le sol lorsque la bête mange. La cloche reliée au cou de l'animal par son collier était pour celle-ci le transmetteur des forces telluriques captées sur le sol apportant vigueur et bien-être à cette dernière.

C'est au cours de ces rencontres avec les anciens que tout jeune j'ai compris combien comptait dans la vie d'un berger ou d'un vacher l'importance de cet élément vital qu'est la sonnaille, "une escaille" en patois.

LE PARAPLUIE DE BERGER

 

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Le "Campagne" est un parapluie fabriqué dans la tradition

Ce parapluie de berger est recouvert d'une toile coton imperméabilisé. Sa monture comporte 10 baleines en acier rond d'une longueur de 68 cm, sa réalisation est entièrement artisanale. Le "Campagne" comme on l'appelle, est le produit idéal pour le vent et les intempéries.

Les bergers achetaient un parapluie qu’ils gardaient souvent toute leur vie. Les bergers des Pyrénées se le transmettent de génération en génération tellement il est costaud.

Un outil de travail précieux qui protège autant du soleil, de la foudre que de la pluie.

Les neuf baleines sont en rotin, la toile bleue est traitée pour le soleil et la pluie, le mât et le pommeau sont en hêtre.

Produit artisanalement ce large parapluie à manche de hêtre qui ne se retourne pas au vent grâce à ses neuf baleines en jonc, rotin ou bois. Sa toile de coton résiné à double tissage est très résistante à la pluie ou au soleil.

Sa poignée ronde permet de le poser dans la poche poitrine pour avoir les mains libre. Ses partis métalliques (en laiton) étant éloignés de la pointe, il est utilisable en toute sécurité en montagne et fait même office de paratonnerre.

 

LE COUTEAU DE BERGER : L'AUDOIS - LE PIÉTAIN

Couteau de berger muni de deux lames courbes : la petite, était destinée à inciser le sabot des moutons atteints de la maladie du "pietain" ; la grande lame servait surtout à manger.
(On peut écrire "PIETAIN" ou "PIETIN") 

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Le Piétain Saint Joanis Arbost

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Le Piétain Véritable Farge

Manche en corne et rivets à grosses rosettes affleurantes.
Un couteau quasiment identique mais avec une grande lame droite est le "Berger "

 

 

LE CHIEN DE BERGER, MAIS PAS N'IMPORTE QUEL CHIEN

Les chiens de berger constituent la section 1 du 1er groupe de chiens selon la nomenclature FCI. Pour une grande partie, il s'agit des races issues de la sélection opérée par les bergers pour se doter d'auxiliaires précieux dans leur travail (le chien de berger garde les bêtes, les rassemble et parfois les protège). Pour certains, l'origine bergère est bien là mais l'intervention des cynophiles ("non-bergers") dans la définition de la race a été plus importante. Les chiens de berger présentent généralement des caractéristiques lupoïdes.

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Le fidèle compagnon du berger est une aide précieuse pour avoir la maîtrise du troupeau

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Baly, une jeune chienne Labrit des Pyrénées, authentique chien de berger (photo prise au Lac d'Estaing par Jean Claude EYMA)

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Le chien des Pyrénées, photo datant de 1908

Chiens des pyrénées 1915Une famille de chiens des Pyrénées, photo datant de 1910 

Le travail pastoral ayant quasiment disparu, les chiens de berger ont dû se reconvertir. Leur intelligence, leur capacité au travail et leur sens de la protection en font d'excellents chiens d'utilité pour l'armée, la police et le gardiennage privé. Certains d'entre eux sont principalement formés à l'exécution de tâches de protection, de détection et de pistage, et constituent des auxiliaires précieux pour les services mentionnés. C'est le cas particulièrement du berger belge malinois et du berger allemand. Les chiens de berger ont aussi été adoptés comme chiens de famille, chiens de garde et chiens de sport.

 

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Le chien de berger, au petit matin profite du sol encore chaud près d'un feu de camp allumé pour la nuit 

chien des pyrénées 01Le chien des Pyrénées, tout ce petit monde vie en harmonie ! 

Le chien de montagne des Pyrénées ("le Patou") 
 

Tout au long de vos promenades, vous rencontrerez probablement de gros chiens blancs qui vous impressionneront peut-être par leur corpulence. Souvent appelés "pastous" ou "patous", ils sont mêlés au troupeau et en assurent la protection. Le plus ancien auxiliaire du berger, il fait partie du patrimoine montagnard.

Le retour naturel du loup dans le Mercantour et la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées centrales ont suscité un regain d'intérêt pour ce type de chien.
Le terme de "pastou" (prononcer: patou), dérivé du mot "pastre" = berger en vieux français, désigne donc un chien de berger comme on l'entendait dans les temps anciens.

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Chien de berger au sommet de la Cardinquère au plateau de Cayan à 2400 mètres d'altitude


A chacun son métier :
Le patou peut assurer deux activités de façon simultané : surveiller la bergère, le troupeau et assurer la descendance.
Au contraire du chien de conduite, le rôle du chien de protection n'est pas de rassembler le troupeau mais de le protéger contre les attaques d'animaux sauvages et/ou chiens errants.
Marchant la plupart du temps en tête de troupeau, le chien inspecte le terrain avant l'arrivée des brebis puis crée, autour du troupeau, une zone de protection qui lui permet d'anticiper l'approche de tout intrus.


Sa famille : les moutons
Né en bergerie, le chien entre très tôt en contact avec les moutons. La relation avec les brebis se fait ainsi de façon progressive et réciproque jusqu'à une totale acceptation.
Le chien de protection dort, vit et mange avec le troupeau.


Son arme : la dissuasion
Ces chiens ne sont pas des chiens d'attaque mais de dissuasion. De part leur présence et leur grande taille, ils découragent déjà de nombreuses agressions de prédateurs.
La première réaction du chien de protection est d'aboyer (pour avertir l'étranger de sa présence, pour alerter son berger et son troupeau). Dans le même temps, il s'interpose entre le troupeau et le ou les intrus.


Si vous rencontrez des patous comme on dit chez nous :
Un bon chien de protection, surveillant son troupeau, prévient le berger de chaque intrusion dans un périmètre proche des moutons. Un tel chien aboyant et dévalant la pente peut vous impressionner.

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Une jeune chienne miniature des pyrénées, je vous présente Julie au Pla du Boum, je crois qu'elle aime Comus (Aude) !

LES CABANES DE BERGERS DANS LES PYRÉNÉES 
 

La cabane est le lieu de vie du berger dans les estives des Pyrénées. Elle a, dans bien des endroits, remplacée la toue ou l'orri mais elle reste un hébergement parfois spartiate au confort limité. La cabane est parfois si peu habitable que les groupements pastoraux installent des yourtes mongoles ou des tentes. Dans d'autres cas, l'absence de cabane ne permet pas la présence d'un berger.

Un orri est une ancienne installation d'estive en haute et moyenne montagne ariégeoise ou catalane, ayant servi à la traite des brebis ou des chèvres et à la fabrication du fromage d'orri.

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Sur le trajet que Philippe emprunte lors de la montée au Lujat avec son troupeau, il y a un orri.

La vie dans les orris ariégeois au XIXème siècle a été décrite par divers auteurs (Joseph Dangerma, Claude Rivals et Jean Besset), en prenant comme exemple le haut Vicdessos en pays de Foix.

Pendant qu'une partie de la famille s'activait dans les vallées aux travaux des champs et des prés, un ou deux membres «montaient à l'orri», c'est-à-dire aux estives, pour y surveiller les bêtes, ovins ou bovins. L'orri englobait tout un ensemble de petits bâtiments ou dispositifs : la cabane des bergers, le masuc, le cabanat, la marga, le parec.

Orri de berger 01

Voici un autre orri bien entretenu

La cabane des bergers était un édifice voûté par encorbellement, de 3,50 m de long sur 2,50 m de large en moyenne et d'au moins 2 m de haut, recouvert d'une bonne épaisseur de terre engazonnée ou girbage et doté d'un long couloir d'entrée servant de sas, avec pour toute cheminée, un trou dans la paroi. Pas de table, les genoux en tenant lieu. Comme sièges, un quartier de roc ou un banquet en bois. Un bat-flanc en lauses, ou jas, recouvert de paille, de bruyère ou de genêt, pour tout lit. Un coffre pour les provisions. Des finestroles, ou niches, pour le rangement des menus objets. Dans un coin, les ustensiles pour la fabrication du fromage. A côté de l'entrée, la niche du chien affecté à la garde comme à la défense.

Vie de berger 052

Il est primordial d'avoir ce genre d'abri en montagne, car les orages tapent forts là-haut

Le masuc, formé d'un conduit menant à une salle souterraine haute en moyenne de 1,20 m, n'était rien d'autre qu'une cave où, sur des étagères, mûrissaient les fromages. Il était parfois intégré à la cabane des bergers. Son lieu d'implantation, son orientation et son matériau étaient choisis avec soin.
Le cabanat était un grand abri pour les bêtes malades ou prêtes à mettre bas ou encore pour l'âne.
Le parec, ou parré, était un enclos de murs en pierre sèche servant à protéger les bêtes des loups la nuit ou à les rassembler en vue des soins ou de la traite.
Une marga, ou margue, couloir plus ou moins long, d'un mètre de largeur environ, servait à serrer les brebis en vue de la traite, facilitant ainsi la tâche du trayeur qui se tenait à l'extrémité la plus étroite et la plus fraîche, souvent à l'ombre d'un rocher. La margue était parfois semi-souterraine, voire souterraine, et se terminait alors dans le cabanat.

Bergers pyreneens en 1950

Abris de berger en haute montagne photo datant de 1950

Cabane de berger beauceron en 1900

Rien à voir avec ce genre de cabane itinérante de berger beauceron en 1900

A ces cinq bâtiments fondamentaux s'ajoutaient :
La soue, pen ou parson del porc, où l'on enfermait chaque soir les cochons, nourris avec le petit lait,
Les poulaillers, abris rudimentaires intégrés aux murs des bâtiments et munis de perchoirs,
Le canal d'amenée d'eau, besau ou canaleta, conduisant l'eau à l'orri.
La construction de tous ces ouvrages nécessitait l'emploi de divers outils : bêche, barre à mine, levier, masse, chèvre ou palan. Certains bergers, les peïriés, étaient même spécialisés dans la construction des orris. Les pierres étaient prélevées dans les éboulis proches.
Le partage des estives, la distribution spatiale des orris relevaient d’ententes tacites. Il existait des groupements de plusieurs orris appartenant à diverses familles.

Aujourd'hui, les bergers «ne font plus l'orri» et les sites d'estive sont à l'abandon depuis 1965.


Un reportage dans le reportage !

Je profite de l'occasion pour vous les montrer, Philippe m'a envoyé des photos de son ami Francis Cescato  journaliste à " ENTRAID' " et conseiller municipal d'Aguts (81). Il était à l'estive au pic de Montaigu en 2009, c'est au sud de Bagnères-de-Bigorre,  au-dessus de la vallée de Lesponne à une altitude de 2339 m environ, deuxième pic aprés le Pic du Midi. La cabane de berger est une yourte mongole ! Vous allez voir que les conditions de vie là-haut ne sont pas si faciles, mais c'est beau !

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L'environnement du pic de Montaigu altitude 2339 m, c'est là près du lac que le berger va établir son campement et pas n'importe quel campement !

Estive Montaigut 007La yourte mongole est transportée au printemps par hélico, à l'automne elle est démontée et ramenée en vallée. La yourte d’Asie centrale, a la caractéristique principale d’être montable et démontable rapidement, solide, résistante de nombreuses années au vent et aux intempéries et peu encombrante.

Estive Montaigut 006L'endroit est tout simplement magiqueEstive Montaigut 004Le campement est clôturé afin que les animaux ne viennent pas assouvir leurs curiosités trop près de la yourte

Estive Montaigut 003Tout est prêt pour l'estive, aujourd'hui des panneaux solaires assurent un certain confort 

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La superbe porte de la yourte mongole

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L'ameublement est rudimentaire, ce n'est que provisoire !  

Des murs faits de croisillons de bois assemblés en cercles à partir d’un châssis servant d’ouverture sur lequel on fixe une porte en bois parfois doublée d’un tapis de feutre.

Un toit constitué de piquets de bois peints attachés d’un côté aux croisillons des palissades et fixés de l’autre autour d’un cercle qui les tient ensemble et qui est lui-même soutenu. Les éléments posés, sur cette structure ronde, sont d’une grande résistance avec d'épais tapis de feutre recouverts d’une toile blanche brodée que l’on attache avec des cordes.

Les yourtes sont posées soit à même le sol, soit sur un plancher comme ici.

Estive Montaigut 008Le Pic de Montaigu 2339 mètres domine le campement 

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Les moutons arrivent sur l'estive où l'herbe est abondante

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Le troupeau reste bien groupé, cela rend la vie plus facile au berger qui suit

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Les chiens veillent pour que le troupeau ne se disperse pas

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Passages délicats comme ici pour changer de pacage

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Tous les animaux vont passer, ce n'est surtout pas le moment qu'une bête s'affole

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Pour la nuit les moutons sont parqués pour des raisons de sécurité

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Au petit matin, à plus de 2300 m, le brouillard n'est pas encore dissipé

Estive Montaigut 015  Estive Montaigut 018

Le berger surveille tous ses animaux qui ont besoin de soins attentifs, remarquez sur la photo de droite le bâton à sel

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Autre lieu plus bas dans la vallée de l'Ariège, autre abri, le tipi d'amérique que des amis à Philippe, bergers comme lui, ont monté pour passer un week-end ensemble

Ph Chaix Vie de berger 034Le groupe d'amis autour du feu se racontent des histoires de vachers

Berger au col d'aspin en 1928Bergers au col d'Aspin en 1928

Bergers filant la laine en 1910   vieux berger 1950

Photo de gauche, bergers filant la laine en 1910. La photo de droite date de 1950, vieux berger surveillant son troupeau de moutons

Bergers landais 02 en 1915Bergers Landais montés sur des échasses en 1915

Bergers landais en 1918Bergers Landais en 1918

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C'est le printemps, elles ne sont pas heureuses la vaches Gasconnes de Philippe dans la vallée avant le départ pour l'estive ?

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Philippe avant le départ pour l'estive fait pâturer ses bêtes dans les près aux alentours d'Ornolac

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Les chevaux de Philippe et les vaches Gasconnes font bon ménage

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La montée à l'estive du troupeau n'est pas de tout repos car cela grimpe sec, quelques unes ont tendances à traîner

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Enfin ! Quentin a remis le troupeau dans le droit chemin, car la route est longue jusqu'à l'estive

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Un coup d'oeil derrière soi, sur la vallée de l'Ariège

Ph Chaix Vie de berger 014Philippe est arrivé à l'estive de Lujat, l'herbe est grasse

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Les animaux vont rester sur le plateau du Lujat jusqu'en septembre sous la surveillance de Philippe, qui redescendra au village d'Ornolac de temps en temps pour son ravitaillement

Ph Chaix Vie de berger 013L'herbe grasse est haute, la vie à l'estive peut commencer !

La recette du pain de berger, Philippe nous confiera son secret de fabrication et son mode de cuisson très particulier dans le prochain article. Et comme l'aube de l'année 2011 sera là, avec Philippe on vous fera un petit cadeau, surprise !!

 

Ainsi se termine ce premier reportage d'une série de deux, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Philippe CHAIX / Gens de Belcaire / Jean-Pierre LAGACHE - dans DÉCOUVERTE
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henry 18/08/2016 18:59

Je suis un ancien berger.

sanchel@lapostenet 12/07/2016 12:17

pourquoi pas editer pour les ecoles!! si beau!

pl 13/11/2012 21:34


super

Jean-Pierre 14/11/2012 16:28



Le commentaire le plus bref que j'ai reçu ! merci



Marie 11/11/2011 23:37



Bonjour ....  merveilleux site, merveilleuses photos, merveilleux commentaires ....  que du bonheur !!!  http://www.colley-marialan.com



spenle marc 10/11/2011 07:57



bravo pour ce beau blog et superbes photos


 



Rémy Dubois 14/09/2011 18:43



bonjour,
je vous cite : ces battants dépassaient de la cloche d'une double longueur, afin que ce dernier traîne sur le sol lorsque la bête mange. La cloche reliée au cou de l'animal par son collier était
pour celle-ci le transmetteur des forces telluriques captées sur le sol apportant vigueur et bien-être à cette dernière."
parfois je me demande si le baton de marche du promeneur n'a pas un peu les mêmes effets. Je trouve que je marche beaucoup plus sereinement avec que sans baton.
qu'en pensez vous ?
En tout cas, merci pour votre site qui est illustré de magnifiques, sublimes photos. vos textes sont une mine de renseignements !
bonne continuation !


Rémy Dubois



Jean-Pierre 14/09/2011 18:51



Bonjour Rémy,


L'utilisation d'une canne ou d'un bâton pour marcher a des effets positifs sur la longueur de foulée,la vitesse de marche, et la synchronisation des mouvements du corps, c'est prouvé. Concernant
les forces telluriques parcourant un bâton "de bois" j'en ai aucune idée. Des fontainiers ou sourciers utilisent bien des fourches en coudrier (noisetier) pour trouver des points d'eau ... donc ,
pourquoi pas ! C'est une question intéressante, si des internautes ont un avis sur ce sujet, ils laisseront un commentaire.


Merci pour votre fidelité, Jean-Pierre



amouret marc et regine 04/08/2011 18:15



super document que je réétudierai en septembre à mon retour de la montagne. je parts demain en direction du "pla de guillem" ,en dessous du CANIGO, rejoindre le fiston,berger de PY. je vous en
reparlerais à mon retour. Amicalement marc



Jean-Pierre 04/08/2011 19:28



au plaisir d'avoir votre témoignage, A bientôt Jean-Pierre



Gérard Toustou 24/05/2011 08:51



pur BELCAIROIS a 66ans je suis ton site depuis peu. Il est très intéressant, il faut continuer et sortir un article sur la création du corps des SAPEURS POMPIERS DE BELCAIRE bravo a toi et a +



Jean-Pierre 24/05/2011 08:56



Merci Gérard pour tes encouragements et pour ton idée d'article, il faut que je recherche des informations et photos pour monter le sujet, alors je lance un appel, si des Belcairois veulent
m'apporter leur aide pour que je puisse élaborer un article sur le corps des sapeurs pompiers de Belcaire depuis sa création à nos jours, grâce à vous cela sera possible. JP



Fabre Bernard 16/01/2011 19:19



très beau site, je reviendrais le voir de temps en temps; féliciations.



Pierre 31/12/2010 14:52



Bravo et merci à Jean-Pierre et à Philippe en particulier pour nous conter avec de si belles images les merveilles de notre Ariège!


Cet article sur la transhumance est passionant et très complet.


Les citadins vont encore plus nous envier nos montagnes!



Liliane MALET 30/12/2010 11:40



Que de  très bons souvenirs,  même si par tous les temps,  ce n'était pas toujours agréable d'aller  " amarginer en  gardant les bêtes ".  Les "3" mains ont
bien travaillé !  Un amical bonjour à GENS DE BELCAIRE et Henri TOUSTOU, sans vous oublier J. P., Joëlle et Julie. Vite,  vite la suite  ? Joyeuses Fêtes à toutes et
tous.       Liliane



Jean-Pierre 30/12/2010 12:05



Merci Liliane, c'est sympa, je vous souhaite une très bonne année 2011 à tous les trois.


La suite est prévue début janvier et d'autres reportages sont déjà sur le feu ! dont un autre à 3 mains avec deux amis de Mazuby, retour au pays de sault, je pense que ce reportage va plaire
aussi ! C'est bien il y a de la participation.


JP



Bernard Schacre 27/12/2010 22:37



De plus en plus fort , Jean-Pierre .Chapeau bas pour cet article sur les bergers ! Il est à lire et à relire tant il contient d'informations. Comment fais-tu pour produire tant d'articles ? Tes
journées font-elles 24 h comme nous , ou plus ?J'aimerais plus d'explications sur le bâton à sel : quel est le rapport avec la distribution du sel aux bêtes ?


Bernard 36 de l'Indre.  



Jean-Pierre 28/12/2010 09:50



Merci Bernard pour ton commentaire, mes journées sont assez bien remplies en effet, tout est dans l'organisation et je n'ai aucun temps mort ;-))) et des ami(e)s participent à la vie du site
c'est cela qui est super, mais c'est vrai aussi que le montage des reportages prend du temps. La récompense est à travers justement tous vos commentaires et vos emails.


Avis à celles ou ceux qui ont des idées de reportages, le site est ouvert à tous.


En ce qui concerne ta question : le rapport est que le sel permet d'appâter la bête à soigner, afin de l'attraper avec le fameux crochet fixé au bout du bâton décrit dans le reportage, d'où
l'expression bâton à sel.


JP



rene sansuc 27/12/2010 17:14



merci pour ce superbe reportage la vie ala montagne est rude ,mais que de satisfactions?


etant une grand mere paysanne j apprecie doublement .


 bonnes fetes du nouvel an   bertille



Jean-Pierre 27/12/2010 17:43



Merci Bertille, cela va droit au coeur, d'autant plus que c'est une vraie mamie paysanne qui apprécie ce que l'on a réalisé. La suite du reportage vous l'apprécirez aussi, il y a encore beaucoup
de photos. Je suis assez fier de cette authenticité qui se dégage des reportages que nous vous avons concocté avec mes amis.


JP



Gilles Grégoire 27/12/2010 16:39



Salut J.-P.


je vous lis toujours avec intérêt, mais aujourd'hui le texte sur les bergers dépassait tous les autres en intérêt pour moi, homme de la ville.


G



Jean-Pierre 27/12/2010 17:37



Merci Gilles cela fait plaisir, et j'espère que mes amis Philippe et Gens de Belcaire sont heureux de voir que notre union dans ce reportage vous a plu


JP



Lea Verdalle 27/12/2010 10:31



Magnifique photos et superbe reportage. De quoi faire rêver les citadins en mal d'espace... J'attends la suite avec impatience ! Mes respects à tous ces bergers car malgrè le charme de cette vie,
ce ne doit pas être facile tous les jours ! Merci à eux d'avoir le courage de faire perdurer toutes ces traditions pastorales, elles font partie de notre patrimoine et contribuent à préserver nos
espaces naturels.



Jean-Pierre 27/12/2010 12:50



Merci Léa pour votre très beau  commentaire


JP