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Musée Pyrénéen de Niaux, un patrimoine pyrénéen unique qui vaut le détour !
Cette fois, je vous emmène faire une escapade en Ariège qui je pense va vous intéresser, car nous avons tous en nous un passé vécu ou quoiqu'on en dise "génétique" qu'il est bon de découvrir ou de redécouvrir. Je vous offre l'occasion de laisser des commentaires à la fin du reportage, n'hésitez pas à laisser vos impressions, une "trace écrite" de votre passage ou dire tout simplement ce que vous en penser.
Partant de Tarascon sur Ariège, la vallée de Vicdessos s'enfonce profondément dans la montagne au milieu de pics élevés, tels le Montcalm 3078m ou le Malcaras 2865m. La vallée de Vicdessos est également un paradis pour les randonneurs. Au milieu d'une nature préservée tout comme le Pays de Sault, l'Ariège offre aux randonneurs des sites grandioses. Le village de Niaux doit sa célébrité principalement de la "Grotte de Niaux"(de la Calbière de son vrai nom). Cette grotte est un véritable complexe souterrain se ramifiant sur des kilomètres, ses galeries abritent des peintures rupestres magdaléniennes (chevaux, cerfs et bisons) d'une qualité exceptionnelle. Mais le sujet d'aujourd'hui est tout autre, je vous invite donc à feuilleter un passé plus proche de nous, celui des arts et des traditions populaires de l'Ariège dans ce reportage de plus de 100 photos vous découvrirez l'histoire locale qui a des similitudes avec très certainement d'autres régions, mais je pense que tout le monde y trouvera son compte en regardant les photos.
Comme d'habitude trois cartes pour vous situer les lieux du reportage d'aujourd'hui.
Pour les amis toulousains Niaux n'est qu'à 107 km il vous faut 1h15 de route, pour les amis de Carcassonne 144km, 1h30 ce n'est pas loin ! Belcaire n'est qu'à 54 km de Niaux.
A Tarascon sur Ariège prenez la direction de la vallée de Vicdessos, Niaux se situe à 5km de la N20
Arrivé à l'entrée de Niaux, par la D8, après la grotte de Niaux, le musée se
trouve sur votre gauche, vous ne pouvez pas le rater !
Les belles montagnes ariègeoises vues de la vallée de
Vicdessos
Nous allons à Niaux à 3 km de Tarascon sur Ariège, visiter un musée pas comme les autres. Différent pourquoi ? Eh bien, c'est un particulier originaire de Vicdessos, monsieur Max Dejean, un homme très sympathique, secondé par son épouse Denise, qui a force de récupérer et d'accumuler des objets usuels de la civilisation paysanne, objets domestiques, de travail, de loisirs ou de culte, dans son entrepôt, a eu la merveilleuse idée en 1982 de se lancer, sans un sou de subvention, dans la création d'un musée privé.
Ces deux passionnés ont parcouru à partir des années 1970 les vallées, la montagne et la plaine des pays ariègeois pour collecter et sauver tous les témoins d'un mode de vie qui n'avait pas beaucoup évolué depuis le Moyen Âge.
Ce musée n'existe que par amour et l'envie de partager toutes ces choses utiles dans ce passé, ... pas si lointain ! Les 450m² d'exposition de ce musée vous entraînent à la découverte d'une véritable caverne d'Alibaba sur la civilisation pyrénéenne.
La présentation par thèmes permet de visualiser le cadre de vie des paysans d'antan ainsi que leurs métiers, les moyens de transport ou encore l'art religieux.
Le musée présente plusieurs milliers d'objets traditionnels concernant les activités et la vie quotidienne : pastoralisme, meunerie, activités domestiques, religion, travail du verre et du fer, jusqu'aux débuts de la vie moderne. Vous pourrez observer aussi, des silex taillés préhistoriques jusqu'aux outils de nos grands-pères, des premiers pasteurs aux derniers bergers vivant en autarcie, c'est la découverte d'une véritable civilisation pyrénéenne à travers les multiples activités de nos ancêtres, leur outillage astucieux et de magnifiques objets domestiques façonnés à la main. On peut y contempler la plus importante collection à ce jour d'objets en crespal (récipients monoxyles, taillés dans un tronc d'arbre) ainsi que des reconstitutions d'habitats, comme par exemple, une salle de classe de 1900 et ateliers.
Ce musée Pyrénéen a obtenu plusieurs récompenses nationales pour la qualité de ses collections, dont une citation, en 2003, comme "Meilleur Produit touristique culturel.
Très passionnante cette exposition sur la vie quotidienne dans les Pyrénées ariègeoises de la préhistoire à nos jours. Un patrimoine pyrénéen unique qui vaut le détour !
Pour l'anecdote, beaucoup d'accessoiristes et réalisateurs de cinéma emprunte des éléments du musée, comme Bertrand Tavernier qui est venu chercher ici les objets de son film "La passion Béatrice".
Je ne vais pas tout vous montrer, ni vous détailler tous les objets que vous verrez, tellement il y en a, mais j'espère que cela vous donnera envie d'aller visiter ce lieu où tous ces objets qui ont eu une vie, reposent en paix aujourd'hui pour raconter "l'Histoire d'une région".
La vallée de Vicdessos, vue de Miglos avec, à gauche, le pic Rouge de Bassiès 2676m
A gauche, le Don Quichotte ariègeois, gardien à l'entrée du musée pyrénéen à Niaux. Photo de droite, le petit village agréable d'Auzat au fond de la vallée de Vicdessos. Au fond, près du pont, le bar "Les 3000" au bord de la rivière l'Artigue que vous voyez , au pied du Montcalm, vous offre une cuisine de bistrot selon saison, grillades, confit de canard, plats cuisinés, c'est sympa et les prix sont raisonnables !
Le musée Pyrénéen de Niaux
Une vue prise du premier étage du musée Pyrénéen, ce qui frappe quand vous pénétrez dans ce lieu d'exposition, c'est la quantité impressionnante d'objets usuels d'autrefois. C'est bien fait, tous ces objets sont regroupés par famille en fonction de leur utilité, il y a des étiquettes et des notices explicatives et parfois des photos pour ce mettre dans le contexte de l'époque.
Une salle de classe, une pièce de vie, une chambre, sont reconstitués comme autrefois. Il y a tellement de
choses à découvrir que l'on y passerait des heures !
ici vous avez une série de gancho, crochet pour attraper les ovins. Des armellats en bois qui servaient à fermer les enclos. Des sonnailles, égouttoir et séchoir à fromages de la vallée du Ribertot. Un ensemble à confectionner le fromage taillé dans un tronc d'arbre. Il y a aussi, des vitrines où sont exposés des vestiges de la préhistoire. Il y en a pour tous les passionnés et simples curieux.
Esqueillos, sonnailles et colliers
A gauche, un lit portable et pliant, réglementaire de douanier datant du début du XXème siècle, celui-ci a appartenu au père d'André Barrau d'Auzat. A droite, des skis et raquettes des années 1950.
Photos montrant l'utilisation du lit portable de douanier ci-dessus, la frontière avec l'Espagne n'est pas loin. Comme beaucoup de départements adossés à une frontière, l'Ariège a été le cadre d'une forte activité de contrebande, du fait de sa proximité avec l'Espagne et surtout avec l'Andorre. Les habitants d'Auzat avaient d'ailleurs la réputation d'être les plus experts des contrebandiers pyrénéens. La contrebande traditionnelle, dont le XIXème siècle a été l'âge d'or, a disparu pour laisser place à des trafics professionnels de plus ou moins grande ampleur, comme le passage de travailleurs immigrés clandestins ou le transport de drogues. Toute-fois, la contrebande de tabac et d'alcools se poursuit du fait du statut de l'Andorre et de la forte hausse des prix du tabac en France actuellement.
Des skis et chaussures avec une semelle sabot en bois recouvert de cuir, voilà l'équipement pour pratiquer le ski au XIXème siècle. Les fixations ont beaucoup évoluées !
Collier à chien en fer forgé. Utilisé comme appareil de défense contre les ours et les loups de la fin du XVIIIème au début du XIXème siècle (provenance Sem). On avait officiellement déclaré, entre 1636 et 1765, 257 loups abattus par un groupe de chasseurs répertoriés. Un dénommé Bernard Rougé, meunier à Ax-les-Thermes, a liquidé à lui seul, 13 loups entre 1726 et 1762. Il faut savoir, que la région a sans doute abrité la plus vaste population de loups de toutes les Pyrénées, 308 bêtes y furent encore tuées entre 1800 et 1850.
L'exposition de l'ours sur la place des villages, s'accompagnait toujours de récompenses pour le chasseur. Le dernier ours de souche ariègeoise fut tué en 1942, par Clément Rauzy-Milomme, au port de Montestaure, au pied du pic de Brougat. En Haute Ariège, la présence des plantigrades a pris des proportions de catastrophe au XVIIIème siècle. On organisa des battues collectives deux fois par an, avec des amendes pour ceux qui n'y participaient pas. Entre 1816 et 1942, on en tua durant cette période environ 92, dont certains à l'aide de poison. Les huit derniers plantigrades du département furent éliminés entre 1922 et 1942 dans le secteur Ussat, Auzat, Aston et Bordes.
L'Ariège foisonnait de gibier au XIXème siècle en témoigne cette relique.
A gauche, équipements en frêne pour le transport à dos d'âne. A droite, du matériel agricole entièrement réalisé en bois datant du XIXème et début XXème siècle, araires, herses, jougs.
Aygors (hottes) pour transporter les petits cochons que l'on montait à l'orri (abri en pierres que l'on trouve à l'estive) pour les engraisser durant tout l'été. Provenance : Gestiès.
Mesures à grain, pour la vente ou le troc des céréales, seigle et sarrasin, une mesure équitable s'avérait nécessaire. Chaque ville avait donc les siennes, presque chaque village. En exposition ici :
La mesure officielle de la ville d'Ax-les-Thermes était marquée de fer sur chaque face pour éviter la fraude. Il y avait aussi une mesure tronconique (provenance Saint-Ybars). Une petite mesure datée de 1876, avec un boisseau et demi boisseau. Il y a une mesure à grain faite d'écorces de bouleau et de merisier (provenance Saint-Pierre-de-Rivière). Parmi ces mesures il y a un orgueil de meunier, c'est une cale en bois dur pour soulever la meule afin de piqueter sa surface (provenance Bompas)
Suite de la collection de mesures à grain, certaines proviennent de Montoulieu
Photo des années 50 une femme guidant les boeufs au labour. Ce qui est aussi intéressant dans ce musée, c'est qu'il y a des photos comme celle-ci, avec des notes explicatives, montrant et racontant l'usage des objets exposés.
A gauche, différents modèles de jougs, montrant l'évolution de ceux-ci du XIXème au début du XXème siècle. A droite un pressoir entièrement réalisé en bois.
Joug en frêne. Le joug est une pièce de bois permettant d'atteler des animaux de trait en exploitant au mieux leur force de traction. Le joug s'emploie généralement avec des bovins, parfois des chevaux, et se place sur la tête ou sur le garrot. Il est le plus souvent double afin d'atteler ensemble une paire de bœufs pour labourer ou tirer un chariot.
A gauche, armellat en bois d'un seul tenant, qui servaient à fermer les enclos (provenance Lapège
XIXème siècle). A droite, un tribulum, traîneau à dépiquer les céréales, déjà connu des romains, des éclats de silex sont incrustés dans le panneaux de bois. Provenance château de Cabre vallée
de Vicdessos XIXème siècle.
Photo du musée de Niaux représentant un labour à l'araire en Haute-Ariège dans les années 50
Araire, l'ancêtre de la charrue celle-ci provient de Lapège vallée de Vicdessos elle a été réalisée dans du frêne par Émile Claustres dans les années 50 .
L’araire au départ était constitué d’une seule pièce de bois, il évolua et finit par avoir jusqu'à cinq pièces. Le plus souvent en bois, l'araire est composé de trois parties essentielles : 1- le mancheron, tenu par la main de l'homme, permet de guider l'araire. 2- le sep (souvent appelé dental), pièce centrale qui entre en contact avec la terre, ouverte par la reille qui y est fixée. 3- l'age, pièce généralement recourbée, relie l'araire au brancard ou au joug auquel sont attelées les bêtes de trait.
Des carras, traîneaux tirés par un cheval pour transporter le foin ou le bois, réalisés en frêne. Celui de gauche est fait pour ramener le bois, il provient de Hourre vallée de Vicdessos XIXème siècle. Celui de droite, modèle pour le foin de la vallée d'Aurat début XXème siècle
La forge est aussi représentée dans ce musée avec des outils de l'époque
Forgeron forgeant des croix en fer pour les sépultures, comme ici à droite, exposées dans le musée.
Détail d'une croix de sépulture du XIXème siècle en fer forgé. C'est de la ferronnerie typique de la région ariègeoise et on en trouve aussi dans l'Aude. Ces croix en fer forgé sont aussi implantées aux calvaires, sur les lieux de pèlerinage ou sur des points culminants.
Chaussures sabots datant des années 1840, c'est sûr que l'on ne passait pas inaperçu avec de telles chaussures
Extraordinaire ces sabots bottes provenant de Saurat vers 1840
Reconstitution parfaite de la pièce de vie d'une maison ariègeoise au XIXème siècle
Tous les accessoires de l'époque y sont, rien ne manque !
Des personnages en costume d'époque rend l'atmosphère vivant de cette reconstitution de ce lieu de vie ariègeois
Zoom sur les accessoires de cuisine de l'époque
Un lérou, récipient en bois pour le lait
Récipient et plats en terre cuite posés sur la table
Le coin du feu, c'est dans cette pièce principale que se passait l'essentiel de l'existence des hommes et des femmes aux siècles passés quand ils n'étaient pas aux champs
Détail sur les éléments disposés sur la cheminée
Le vaisselier rustique de l'époque, pas de super flux que le strict nécessaire
Vieux couple d'ariègeois paysan sur le devant de leur maison au début du XXème siècle (photos exposées dans le musée)
Des chaussures sabots particulières réalisées comme le fameux sabot de Bethmale en Couserans.
Petits sabots ariègeois du XIXème siècle
Autre forme de sabots Bethmales tronqués du XIXème siècle
Petits sabots pour apprendre à marcher début du XXème siècle provenance Lapège
Zoom sur les sabots ci-dessus, remarquez le détail sous le sabot, des plots permettaient un meilleur équilibre sur des sols pas toujours réguliers.
Beau témoignage historique ! Que pensez-vous de ce voyage dans le passé de vos ancêtres ?
J'ai encore une cinquantaine de photos grand format à vous présenter, et pour évitez un téléchargement trop long de l'article, je vais vous faire une seconde partie tout aussi intéressante. Laissez moi juste le temps d'installer le tout sur le serveur, de légender chaque photo et votre fidélité sera récompensée. A bientôt donc pour la suite de ce reportage ...
Le musée Pyrénéen de Niaux, est ouvert tous les jours de l'année :
- Juillet - Août : de 10h à 20h
- Mai - Juin et Septembre : 10h-12h / 14h-19h
- Hors saison : de 14h à 18h
Des visites commentées pour les groupes de plus de 20 personnes peuvent être organisées sur RDV, ainsi que des visites pédagogiques pour les groupes scolaires sur la base de différents thèmes proposés, idem sur RDV.
Tél . : 05.61.05.88.36
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c'est génial, cela ne vous engage en rien !
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lecteurs
tresbon reportage et une idée de visite pour la bonne saison Je n'en avait jamais entendu parlé merci et continuez vos reportage
Je tiens à vous féliciter du site que vous animez sur Internet à propos de Belcaire et le Pays de Sault.
J'ai particulièrement apprécié votre escapade en Ariège pour nous faire connaitre le site de Niaux
J'ai personnellement des attaches familiales qui me conduisent de l'Ariège à l'Aude du Pays d'Olmes au Pays de Sault
Ci-joint un petit document précisant quelques pérégrinations de mes aieux en ces terres.
Encore une fois merci.
Amitiés
Claude Grauby
Merci pour cet excellent reportage de plus, indispensable mémoire de la noblesse des gens simples. Autre richesse des Pyrénées, l'ours... La triste photo me fait penser à ceux d'aujourd'hui... A moins d'être acculé, ou avec ses petits, l'ours n'attaque pas l'homme, et il fait partie lui aussi de cette noblesse de nos montagnes, comme le loup ! Ils sont synonymes d'un équilibre naturel retrouvé. Ils posent problèmes... mais comment demander aux Africains de protéger gorilles, éléphants, etc... si nous ne sommes pas fichus de garder 5 ou 6 ours, et une soixantaine de loups sur tout notre territoire ?