Partager l'article ! QUÉRIBUS la forteresse sentinelle en territoire Cathare ! 1ère partie: QUÉRIBUS à la Une, encore un reportage que vous ne trou ...
Quéribus est à :
Quéribus est situé non loin du château de Peyrepertuse, 6 km.
Pour les plus courageux, visitez l'un le matin et l'autre l'après midi en faisant une pose déjeuner à Cucugnan, voilà une idée qui est bonne !Le territoire Cathare en l'occurrence l'Aude avec ces nombreux châteaux médiévaux ont de plus en plus la cote ! Outre les lieux extraordinaires que j'ai déjà développés en voici encore un, que de nombreux touristes ne veulent manquer à aucun prix, puisqu'il fait parti du "pèlerinage cathare". L'histoire tragique qui vit le triomphe sanglant de la force brutale et sectaire passionne et les "traces" indélébiles sont là pour témoigner de ce passé historique qu'il faut sauvegarder et respecter.
Voici donc un reportage qui est une étape obligée : Le château de Quéribus qui est l'un des "cinq fils" de Carcassonne avec Peyrepertuse, Termes, Aguilar et Puilaurens.
Quéribus avec son célèbre donjon polygonal du "rocher du buis" domine l'horizon au-dessus de la vallée de Cucugnan dans le Fenouillèdes.
La forteresse face Nord / Ouest, telle que vous pouvez l'apercevoir en venant de
Cucugnan
Quéribus comme un doigt pointant le ciel
Le château côté Nord / Est vu du parking
Impressionnant cette citadelle, faisant partie intégrante avec la roche
Au moyen âge on savait intégrer des constructions gigantesques dans le milieu naturel !
La stratégie féodale consiste alors à contrôler, par vassaux interposés, une chaîne de forteresses qui protègent le comté de Carcassonne. Elles sont ainsi une demi-douzaine à verrouiller l'accès à la Cerdagne. Quéribus, qui surveille aussi la plaine du Roussillon, mais aussi Aguilar, Peyrepertuse, Puilaurens, Termes ... (Aguilar et Termes feront l'objet d'articles ultérieurement).
Longtemps, la menace vint de la mer et nombre de citadelles furent comme des tours sarrasines surveillant l'horizon. Puis les forteresses s'intégrèrent dans un ensemble politique que les mariages et les successions construisirent autour de Barcelone, de l'Aragon et de la Provence. Quéribus était une des places qui défendaient au nord ce grand domaine ! Quéribus était une citadelle audacieuse, un poste d'observation étonnant par sa forme.
Ces trois photos vous montrent le sentier menant au château, contrairement aux autres forteresses déjà présentées sur ce site internet, l'accès ici est plus dégagé, moins ombragé, ce qui vous permet d'admirer la vue au fur et à mesure de votre ascension. Pour information : la montée est plus facile que celle pour accéder au château de Peyrepertuse ou Puilaurens.
Quéribus, forteresse perchée sur un piton rocheux, dominant les Corbières et la plaine du Roussillon, ce château fut le dernier lieu de résistance active des cathares. L'on a surnommé ce château de plusieurs noms comme : le donjon des Pyrénées, le phare pyrénéen, la vigie Quéribus, la sentinelle des Corbières ou encore on le compare à un "dé posé sur un doigt" car il est intimement soudé à son pog (piton rocheux). Quéribus est le mieux conservé et le plus inaccessible des châteaux frontières des Corbières. Depuis cette véritable citadelle du vertige, le regard porte jusqu'aux courbes bleues de la Méditerranée, aux neiges du Massif du Canigou et au château voisin Peyrepertuse, distant d'une dizaine de kilomètres.
Gardien d'immensité, depuis plus de 1000 ans le château de Quéribus veille sur l'ancienne frontière franco-aragonaise.
A gauche le donjon vu de l'Est et à droite la tour de l'Escalier sur sa face Sud
Vous êtes arrivé, à l'aplomb de la face Nord de Quéribus
Vous êtes sous l'accès au château encore quelques marches à monter !
Juste à l'entrée de la forteresse, votre regard porte vers le Sud / Ouest et vous voyez ceci ! La vallée
du Maury avec la D117 menant à Rivesaltes et Perpignan
A gauche, côté Ouest du château de Quéribus, à droite le donjon et la tour de l'Escalier côté
Sud
Le premier château fort de Quéribus a vraisemblablement été érigé au V ème siècle, par les Wisigoths devenus alors maîtres d'un royaume que leur concédé l'empereur romain Constance III. Le nom de Quéribus apparaît pour la première fois en septembre1020, sur le testament de Bernard Taillefert, comte de Cerdagne et de Besalù (Besalù est une commune espagnole de la province de Gérone, en Catalogne, dans la comarque de Garrota).Dans ce testament Quéribus est mentionné sous le nom de Cherbucio qui pourrait signifier : lieu habité sur la roche.
Bernard Taillefert de retour d'un voyage en Provence, celui-ci a fait avec sa monture une malencontreuse chute dans le Rhône et, entraîné par son équipement, n'a pu éviter la noyade. Son fils aîné, Guilhem hérite de Quéribus.
Des textes anciens nous apprennent que, Bérenger, vicomte de Narbonne rendit en 1066, hommage à Guilhem, comte de Besalù, pour le château de Quéribus, dont la femme, Garsinde, avait reçu en dot le domaine utile (les revenus) de son père Bernard Taillefert.
Jusqu'en 1111 la situation ne changera pas.
Face Est du pog, photo plus rare
Le comte de Barcelone, Raymond Bérenger III étendit encore ses possessions en 1112 par son mariage avec Douce, héritière des comtés de Provence et de Gévaudan, et en 1117 par le legs du comte de Cerdagne mort sans descendance. Dès lors, le château de Quéribus, dont le domaine utile avait été confié à Aymeri, vicomte de Narbonne, fit partie d'un puissant ensemble territorial rassemblant les vastes possessions des quatre maisons comtales de Barcelone, Besalù, Cerdagne et Provence.
Après être rentré en possession des biens de son père, Raymond Bérenger IV, comte de Barcelone, épousait en 1137 Pétronille, héritière du royaume d'Aragon. En 1162, leur fils Alphonse en devenait roi. Le Fenolhedès et le Pérapertusès constituaient la frontière septentrionale aragonaise.
En 1140, Bérenger de Peyrepertuse, de la famille des vicomtes de Fenouillet, est seigneur des deux châteaux Peyrepertuse et Quéribus.
A gauche les murs de l'entrée du château faisant partie intégrante de la roche, à droite, part une
ouverture dans la muraille du château, vous pourrez apercevoir plein Sud, le Pic du Canigou altitude 2784 mètres, distant à vol d'oiseau de 37 km
A gauche la porte vous permettant de franchir la première enceinte, à droite l'escalier menant vers la
troisième enceinte
A gauche, la façade du corps de Logis et la porte de la troisième enceinte, photo de droite, le donjon
et la tour de l'Escalier face à vous
A gauche, le donjon de forme polygonale irrégulière et la tour de l'Escalier à droite de forme
rectangulaire
La splendide baie du donjon avec en dessous les archères primitives
Deux photos prisent de l'intérieur du donjon, montrant la baie à meneaux cruciformes qui orne l'austère façade du donjon. Remarquez, de part et d'autre, un épaulement de pierre dans la partie
basse, se sont deux banquettes appelées "coussièges"
Les diverses façades du château se dressent fièrement , rendant un hommage de pierre au courage des seigneurs d'Oc
J'ai trouvé un texte intéressant dans le 5 ème Tome original de l'Histoire de France écrit par l'abbé Velly en 1758 au sujet de Quéribus, voici un extrait :
"Quéribus était le réceptacle d'une infinité de scélérats, qui ravageaient tout le plat pays et semblaient braver toute justice et toute autorité. Louis sur les plaintes qu'il en reçut, envoya des ordres pressants au Sénéchal de Carcassonne de monter promptement à cheval, pour exterminer, et la place, et les malfaiteurs à qui elle servait de refuge. Pierre d'Auteuil, c'était le nom du commandant, fit sommer les Prélats de la Province de venir le joindre, ou du moins de lui donner du secours pour cette expédition. Ceux-ci prétendirent qu'ils n'étaient pas obligés de suivre le Roi ou son Ministre à l'armée, mais que par considération plutôt que par devoir, ils voulaient bien lui envoyer quelques troupes. Cette réserve déplut à la Cour, qui ordonna d'examiner ces immunités prétendues. On voit en effet une lettre écrite, sans doute à la réquisition du Sénéchal, par Gui de Levis, Seigneur de Mirepoix, et par plusieurs autres chevaliers, qui tous attestent que le Clergé de Narbonne avait servi plusieurs fois dans les armées commandées par les Sénéchaux. On ignore ce que devint cette affaire. Tout ce qu'on sait, c'est que la forteresse fut emportée, ceux qui la défendaient punis suivant leur mérite, et la tranquillité rétablie dans le Languedoc."
Voilà comment était enseigné l'Histoire de France à la noblesse sous Louis XV, c'est relativement succinct et il y a forcément du parti pris dans le texte, puisque qu'il est rédigé par un abbé !
Cliché de gauche, l'entrée de tour de l'Escalier abritant un escalier à vis permettant l'accès aux
différents niveaux du donjon, photo de droite, l'escalier de bois menant à la partie basse du donjon
Dans le donjon vous découvrirez la fameuse salle du Pilier, le bel élément architectural du château. Ce
pilier on l'appelle aussi le palmier. Sur la photo de droite, on distingue très bien, sur les murs, les culs-de-lampe supportant les arcs d'ogives.
Les nervures de cette voûte d'ogives à quatre travées asymétriques, pénètrent à hauteur d'une double bague dans le pilier cylindrique excentré à base polygonale et reposent par ailleurs sur huit culots de type pyramidal.
Vous êtes ici, dans une salle anciennement dallée au-dessus de "magasins"
De cette salle, la vue est magnifique côté Sud
Du haut du donjon qui est accessible, vous apercevez, côté Nord / Est, sur les hauteurs, au centre de la
photo, le château de Peyrepertuse, distant de 7 km à vol d'oiseau, voir la photo ci-dessous où j'ai fait un zoom
Sur la crête à l'horizon, complètement à droite, c'est la forteresse de Peyrepertuse, qui se confond
elle aussi avec la roche. Le mémorable sentier Cathare, passe dans cette vallée de Cucugnan.
De la première enceinte, une vue sur le parking et l'entrée du sentier menant au
château
Voici deux panoramas que vous pourrez apprécier du château par beau temps, c'est splendide.
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Nous avons gravi la pente menant à Quéribus un après-midi de mai 2006. Un vent violent, déstabilisant… Un temps gris ; ciel et terre semblaient se rejoindre. Si la vision de la mer ne s’offrait pas à nous, ces paysages aux contours un peu brumeux étaient en symbiose avec toute l’histoire qui tentait encore de se transmettre là.
Mais, mon but n’était pas de vous livrer mes impressions sur la forteresse.
Après cette visite, quand nous sommes descendus vers le parking des voitures, tel qu’il est montré dans une des ces photos, nous avons jeté un œil vers les deux maisonnettes à l’espace où l’on prenait des billets. Tiens ! Des boutiques de souvenirs et babioles jusque là-haut ? Le regard s’est attardé un instant, juste le temps d’apercevoir à l’intérieur quelques livres. On entre ! Surprise : ce ne sont pas les brochures ou livres touristiques propres à n’importe laquelle des maisons de la presse. Non ! Cela ressemble à une LIBRAIRIE. Des ouvrages pour différents publics, adultes et enfants, à la portée des néophytes comme des plus curieux.
Les récentes visites de Peyrepertuse et Quéribus orientent mon choix, entre autre, vers un livret dont les images et les textes de ce paragraphe cathare sont une belle illustration.
« Les Cathares – Une église chrétienne au bûcher » Anne BRENON – Les Essentiels-Milan
Tel que cela est écrit sur la couverture : « …textes clairs, fiables et précis qui vont à l’essentiel… ».
Au moment de payer, je m’étonne, vers la responsable présente, de la qualité du choix offert sur ce lieu, à la limite de nulle part. Elle m’apprend que c’est un libraire (pas un marchand de livres : c’est tout autre chose !) qui est à l’origine de ce projet.
Une vraie librairie, là, au pied du château. Cela vaut bien d’en parler. Existe-t-elle toujours ? Offrant toujours la même qualité d’ouvrages ?
Marie-Claude
En 2009 elle était encore là, je confirme Marie Claude.