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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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30 avril 2010
bandeau-HISTOIRE-04.jpg bandeau chateaux cathares

 

Vous avez bien fait de patienter, les recherches historiques pour réaliser ce reportage m'ont pris un peu plus de temps, dans le souci de bien faire tout en étant le plus concis possible, j'espère que vous aurez autant de plaisir à le consulter que j'ai eu à le concevoir.

 

Cette Forteresse de Termes dans les Corbières, fait partie des "cinq fils de Carcassonne" avec  Peyrepertuse, Quéribus, Puilaurens, dont les reportages sont déjà sur ce site et le dernier, Aguilar que je vous révélerai plus tard.

C'est le château le plus en ruine de ceux que je vous ai présenté jusqu'à présent, mais comme toujours l'endroit est splendide dans un cadre hyper verdoyant, sauvage, et toujours dans l'authenticité, certes il est moins haut, mais le sommet vous offre des vues impressionnantes sur les gorges du Terminet. Le côté paisible du petit village de Termes (54 habitants) bordé par le Sou qui diffuse un peu de fraîcheur en été, est très agréable. On est loin des bruits des villes !! Faites le détour cela vaut le coup.

Il est à noter que des fouilles archéologiques sont en cours actuellement sur le site.

Carte situation 01

Comme d'habitude, un plan pour vous situer la forteresse de Termes au sein du Languedoc Roussillon

Carte situation 02

Et une autre carte plus précise, vous remarquerez que j'ai indiqué aussi l'emplacement du château de Villerouge-Termenès très proche du château de Termes, il fera l'objet d'un reportage après celui-ci, c'est aussi pour vous l'occasion de visiter les deux tranquillement.

Carte situation 03 Pour parfaire votre connaissance de l'Aude, j'ai pensé vous situer ensemble, les cinq citadelles, "fils" de Carcassonne qui ont tenu une grande place dans l'histoire riche de ce territoire Cathare magnifique

chateau de Termes 001Les voici, les ruines de la citadelle de Termes, vous les apercevez en venant de Villerouge-Termenès par la D40, la nature est resplendissante aux mille parfums

Situé au cœur des Corbières, à 470 mètres d'altitude, le château de Termes couronne le sommet d'un rocher entouré par les méandres d'un profond ravin où coule le Sou.

Termes est le chef-lieu d'une importante seigneurie constituée au début du XI ème siècle à la limite des terres des vicomtes de Carcassonne et des comtes de Cerdagne puis de Barcelone. Cette seigneurie contrôle le vaste territoire des Corbières auquel elle a donné son nom : le Termenès, comprenant une quarantaine de villages.

Pendant tout le XII ème siècle cette famille Termes est périodiquement en conflit avec l'abbaye de Lagrasse située non loin de là, notamment pour la possession de mines d'argent de Palairac.

 chateau de Termes 002

Sans bouger du point d'observation, j'ai zoomé sur le site

chateau de Termes 003

Une vue rapprochée côté Est du château de Termes

Termes apparaît comme un ensemble extrêmement structuré et hiérarchisé, correspondant à l'un des plus importants sites fortifiés des Corbières au Moyen Âge. L'essentiel de la construction du château se rattache à la seconde moitié du XIII ème siècle, peu d'éléments pouvant être datés antérieurement à la Croisade.

 

Jusqu'au XIII ème siècle, son histoire est intimement liée à celle du comté puis de la vicomté de Carcassonne et à celles des vicomtes Trencavel. Il fut le refuge de nombreux cathares sous l'impulsion de Raymond de Termes, vassal du vicomte de Carcassonne en 1209.

Les revenus des seigneurs de Termes avaient deux sources principales : l'extraction de minéraux et l'élevage de moutons, sur un territoire rural et accidenté. La région des Hautes Corbières est riche en minéraux (fer, cuivre, argent, cuivre argentifère...). Des mines ont été exploitées dés l'antiquité, et certaines l'ont été jusqu'à l'époque moderne. Au XII ème siècle, la famille de Termes tire un gros bénéfice de ces mines.

chateau de Termes 012

Du village vous apercevez les ruines qui dominent les lieux, la montée n'est pas très difficile depuis le village

chateau de Termes 014

Le côté Est de la citadelle en ruine

Mentionné pour la première fois en 1061 dans les archives qui sont arrivées jusqu'à nous, avec le seigneur Olivier-Bernard. Cette célèbre maison appartient aux principaux barons de Trencavel, vicomtes de Carcassonne-Albi-Béziers. Le château de Termes fut jusqu'au début du XIII ème siècle le siège de l'une des plus importantes familles seigneuriales du Midi dans la mouvance des comtes de Carcassonne.

Au moment de la Croisade contre les Albigeois, le château de Termes constitue avec Lastours et Minerve un des satellites de Carcassonne contrôlant au Sud un carrefour d'anciens chemins.

Durant la Croisade albigeoise, la famille seigneuriale est impliquée dans l'hérésie, Raymond de Termes est accusé d'hérésie et il n'a pas fait dire la messe dans la chapelle du château depuis plus de trente ans. Le parfait Benoît de Termes, le frère de Raymond sera nommé "évêque" Cathare du Razès en 1226.

chateau de Termes 018

Commencez votre visite par l'entrée côté Est, près des vestiges de la tour à bossage

Lors de la croisade contre les Albigeois, Simon de Montfort, après la prise de Carcassonne, se doit de soumettre les trois principales places fortes du comté après l'échec du siège de Lastours puis la prise de Minerve (je ferais certainement des articles sur ces 2 sites), Simon de Montfort se dirige vers Termes fin juillet 1210, le siège de Termes commencera le 1er août 1210.

Son siège par les troupes de Simon de Montfort le rendra célèbre. Sa reddition, le 23 novembre 1210, après quatre mois de siège épique (du 1er août au 22 novembre) et exemplaire des techniques militaires de l'époque, brise le verrou de résistance des Corbières.

Plan chateau de Termes

Le plan de la citadelle de Termes aujourd'hui, ruinée après de durs combats qui eurent lieu en 1210

chateau de Termes 060

Vue aérienne des ruines de Termes côté Ouest, de gros travaux de restauration et d'aménagement de ce patrimoine restent à faire pour améliorer encore la mise en valeur du site

chateau de Termes 022

Voici le panorama magnifique des Corbières entourant le village de Termes, vu du château

chateau de Termes 016

Zoom sur le village de Termes vu du château

chateau de Termes 017Le tout petit village paisible de Termes de 54 habitants, est niché au pied du château en bordure de la rivière "Le Sou"

Le siège de Termes comme si vous y étiez :

 

Le château de Termes se trouve sur un piton rocheux et entouré d’abîmes profonds sur un promontoire de la même montagne se dresse également une petite fortification, nommée le Termenet. Il n’y a qu’un seul passage pour accéder au château, une sorte de série de terrasses naturelles sur laquelle un chemin a été aménagé. Simon de Montfort arrive au pied du château le 1er août et installe son camp face à cet accès et au village.

Un duel de catapulte entre les assiégeants et les assiégés démarre les hostilités  Simon de Montfort échouant dans son attaque par le flanc Sud, reporte ses efforts au Nord.

Pour contrer le tir des mangonneaux , Raymond de Termes installe une pierrière sur le Termenet qui lui permet de bombarder le camp des assiégeants. Une brèche est également ouverte dans le rempart du village, qui est aussitôt pris, mais repris et incendié peu après par les assiégés. Au cours d’une nuit, Raymond de Termes et quatre-vingts volontaires font une sortie dans le but de détruire les machines de guerre, manque de peu de réussir, mais échoue grâce au courage d’un chevalier normand, Guillaume d’Escuret ou Guillaume l’Escureuil.

 

Les croisés réussissent à investir le Termenet et de là il bombarde le donjon.

Le siège s’éternise, mais sans grand progrès pour les croisés, qui sont en outre harcelés par les raids incessants de Pierre Roger de Cabaret. Ce dernier attaque également les convois d’approvisionnement, si bien que les vivres commencent à manquer aux assiégeants. Les assiégés ne sont guère mieux lotis, car c’est l’eau qui commence à manquer, certains des assiégés attrapent la dysenterie en buvant l'eau des citernes. A cause de ce manque d’eau, Raymond de Termes doit se résoudre à entamer des négociations. De son côté, Simon de Montfort avait du mal à tenir ses hommes, et un assaut aurait vite tourné à la boucherie. Les deux chefs de guerre conclurent rapidement un accord. Raymond de Termes livrera son château le lendemain, et Simon de Montfort s’engage à lui donner un autre domaine, puis à lui restituer le château de Termes le jour de Pâques de l’année suivante.

Dès l’annonce de la nouvelle, les contingents des comtes de Dreux, de Ponthieu, de l’archevêque de Bordeaux et des évêques de Beauvais et de Chartres commencent à plier bagage, ayant terminé leur quarantaine. Simon les supplie de rester quelques jours supplémentaires, voyant son armée fondre avant la reddition effective, mais seul Renaud de Bar, évêque de Chartres accepte de rester, tandis que deux tiers de l’armée croisée quittent le siège. La nuit qui suit, un orage éclate et remplit les citernes du château. Le lendemain, quand Guy Ier de Lévis se présente pour prendre possession du château, Raymond de Termes refuse de lui ouvrir les portes. L’évêque de Chartres, pressé de partir, suggère à Simon d’accepter les conditions de Raymond de Termes, l’essentiel étant pour Montfort de tenir le château au moins provisoirement, et d’envoyer en délégation l’évêque de Carcassonne dont la mère était Parfaite et le frère parmi les défenseurs du château, mais Raymond refusa de céder.

 

Après le départ des Chartrains, Simon reste seul avec ses troupes, dont le moral est bas, et soumis au mauvais temps qui commence à se déchaîner. Mais il s’obstine, et comme la prise d’assaut s’avère impossible avec ses maigres effectifs, le bombardement continue, démantelant les fortifications. Les assiégeants s’aperçoivent que les assiégés mettent moins de temps à colmater les brèches, et Simon fait construire une chatte (galerie roulante en bois qui permet de s’approcher en sécurité du rempart) pour saper le rempart.

 

A l’intérieur du château, au fond les citernes, l’eau du fait de sa rareté était devenue putride. L’orage survenu au moment de la reddition les avait certes remplies, mais l’eau était devenue insalubre, et la mollesse que les soldats de Montfort constataient parmi les défenseurs du château était due à cette dysenterie en train de décimer la garnison. Voyant que tout était perdu, Raymond de Termes décide de faire évacuer le château de nuit, mais l’alerte et donnée et les fuyards sont poursuivis. Le seigneur est capturé, et le château est pris sans autre problème. Raymond de Termes est jeté en prison dans la forteresse de Carcassonne où il finira ses jours en 1213 sans avoir renié sa foi.

MANGONNEAU moyen age MANGONNEAU Profil moyen age

Voici quelques armes de guerre qui sont mentionnées dans le texte ici un Mangonneau qui permettait de propulser des boulets de pierre de plusieurs dizaines de kilos d'un seul jet.

TREBUCHET moyen age  TREBUCHET Profil moyen age

Ici le fameux Trébuchet

PIERRIERE moyen age

La pierrière, redoutable engin utilisé lors du siège, elle expédiait des pierres de 5 à 15 kg à des distances de 40 à 60 mètres

CATAPULTE moyen age  ARBALETE moyen age

A gauche vous avez une catapulte et à droite, une arbalète qui avait une portée d'environ 300 mètres, des machines de guerre typiques du moyen-âge qui ont été utilisées pendant le siège à Termes

chateau de Termes 045

Vous arrivez au pied du château côté Sud / Est

chateau de Termes 055

L'entrée se situe côté Est, pour franchir la première enceinte et pénétrer dans la lice, vous devez gravir l'escalier en bois que vous apercevez sur cette photo.Remarquez sur la droite les restes de la tour à bossage

termes 14  termes 12

Sur ces deux photos vous pouvez voir la base de la tour à bossage située côté Est du château de Termes

chateau de Termes 028

La lice Sud

chateau de Termes 032Le rempart et contreforts Sud/Est et l'échauguette, avec à gauche l'escalier et le palier en bois par où vous êtes arrivé

chateau de Termes 037 Poterne à l'angle Nord / Ouest, cet accès s'ouvre côté intra-muros, elle est défendue par une échauguette construite sur deux contreforts. L'épaisseur importante de 2,20 mètres de cette poterne s'explique par la présence d'un escalier d'accès au chemin de ronde (accès dangereux). Depuis cette issue, on peut apercevoir le Termenet, éperon rocheux, situé à 250 mètres en contrebas du château, aujourd'hui percé en 1905 par les tunnels routiers. Vous remarquez, au centre des fouilles archéologiques en cours à l'emplacement du donjon primitif. Lors de ma visite il faisait tellement chaud que les bénévoles étaient au repos à l'ombre.

chateau de Termes 030   Chateau de Termes fenêtre cruciforme 24

La preuve qu'il faisait très chaud, les cigales Cathares chantaient à tue-tête. Photo de droite, gardez en mémoire cette forme d'ouverture cruciforme qui deviendra l'emblème médiatique moderne du château de Termes, que l'on retrouvera dans de nombreuses publications

chateau de Termes 057

Voici le Termenet côté Nord qui a eu une importance énorme pendant le siège du château

Chateau de Termes coté Ouest

Le Termenet proéminence rocheuse au Nord et en contre-bas du château dont il est question dans l'histoire du siège en 1210

chateau de Termes 038 chateau de Termes 039

Fenêtre cruciforme à ébrasement intérieur, dans la muraille d'un important bâtiment de plan rectangulaire dont les dimensions intérieures sont assez spacieuses 11,80 m x 5,60 m.

On pense que c'est la chapelle du château, son orientation Nord / Sud laisse pourtant un doute quant à sa fonction culturelle. L'édifice a fait l'objet de dégagement en 1975, puis de travaux de consolidation du bâti en 1990 et 1992.Le chantier archéologique en 1994 a notamment révélé, dans la partie intérieure Nord, un groupement de pierres de taille quadrangulaire pouvant s'apparenter à une base d'autel, aujourd'hui disparu.

Cette fenêtre est devenue l'un des éléments d'architecture les plus emblématiques du château de Termes.

chateau de Termes 040 chateau de Termes 026

Photo de gauche, ouverture que l'on nomme archère à étrier. Photo de droite l'accès à la poterne à l'angle Nord / Ouest

château de Termes angle Nord OuestLa poterne Ouest et les contreforts à droite vus de l'extérieur

 

A la suite du siège, le château est donné en récompense au croisé Alain de Roucy. Mais Olivier de Termes, qui a repris la résistance de son père Raymond, s'empare du château en 1224. Pour prix de sa soumission, il doit le céder au roi en 1228.

Quant à Olivier, il participe à la conquête de Majorque que mène le roi d'Aragon contre les musulmans. Cette expédition se déroule sur la fin d'année 1229, et fera le prestige de ses participants. Olivier de Termes y apparaît comme un familier du roi, ce dernier soupant et couchant dans la tente d'Olivier au soir de la bataille de Portopi. Le siège victorieux de la cité de Majorque voit également le rôle militaire d'Olivier de Termes se développer encore. Il y gagne aussi des terres, sur lesquelles, plus tard, une branche de la famille, les "Termes de Majorque", se retirera, et plus tard il participe aussi au siège de Carcassonne, en 1240, contre le roi de France.

L'année 1240 voit le retour offensif de Raymond Trencavel, le fils du vicomte défait en 1209. Autour de lui se rassemblent les seigneurs occitans déshérités par les croisades, les défenseurs de cathares, les opposants à la domination du roi de France. Olivier de Termes est présent, et il faut le compter parmi les meneurs.

 

Carcassonne est l'objectif principal. Le siège est mis devant la cité, mais malgré toutes les techniques utilisées, le sénéchal du roi résiste. Bien retranché, il attend une armée de secours. Quand celle-ci est annoncée, un mois après le début du siège, le 11 octobre, les occitans lèvent le camp. Poursuivis par Montréal et la haute vallée de l'Aude, les occitans sont défaits les uns après les autres. A Laroque-de-Fa, Olivier de Termes finit par se rendre, mais il reste libre contre promesse de soumission.

chateau de Termes 044

Les vestiges de l'enceinte Sud, la salle des gardes

chateau de Termes 042 chateau de Termes 043

Les vestiges de l'enceinte Sud salle des gardes, vus sous un autre angle (vous avez la possibilité d'agrandir ces photos en cliquant dessus)

 

En mai 1241, à Pontoise, il fait sa soumission effective à Louis IX, et lui remet sans conditions le Termenès et le château d'Aguilar. Il conserve cependant les riches terres du Narbonnais qu'il avait reçues peu avant la rébellion. Cette paix reste précaire puisque Raimond VII de Toulouse, allié à d'autres ennemis du roi de France, tel le roi d'Angleterre, l'empereur allemand, souhaite remettre en cause la domination française issue du traité de Meaux.

 

Suivant à nouveau le comte de Toulouse, Olivier de Termes rallie la révolte dont le signal de déclenchement a été le meurtre des inquisiteurs à Avignonet, en mai 1242. Mais les défaites des alliés, et l'arrivée d'une nouvelle armée royale en Languedoc pendant l'été tuent dans l'oeuf cette action. Les grands seigneurs se rallient à nouveau à Louis IX.

 

A la suite de ces affaires, Olivier obtient la levée des excommunications que l'église avait jetées sur lui, et se retire quelques temps du coté du Roussillon. Il fera son hommage-lige au roi de France en 1247, actant sa soumission définitive à l'église et au roi. La majorité de ses biens lui sont alors rendus, mais il va falloir qu'il participe à grands frais à la croisade que prépare Louis IX, le futur Saint Louis : le rachat de ses actions passées est à ce prix.

 

Partie d'Aigues-mortes en 1248, la septième croisade prend pour objectif l'Egypte. Damiette prise, l'armée de Saint Louis se tourne vers Le Caire. Olivier de Termes y fait office de "commandant des arbalétriers du roi". Cette charge implique en fait qu'il dirige tous les engins de jet, donc l'artillerie. L'expédition se solde toutefois par un fiasco, le roi lui-même étant fait un temps prisonnier. Olivier passe l'essentiel de son temps en terre sainte jusqu'en 1254. Il s'y retrouve au commandement des occitans et s'illustre : le chroniqueur Joinville en témoigne, et Olivier récupère des possessions telles qu'Aguilar.

 chateau de Termes 056

L'évier et l'emplacement de la citerne

 

On retrouve Olivier de Termes en Languedoc en 1255. Il est désormais au service de Saint Louis, dont il est devenu un fidèle compagnon en croisade. Quand le pouvoir royal s'attaque à Quéribus, dernier bastion autonome de résistance "cathare" sur la zone frontalière avec le royaume aragonais, Olivier de Termes mène l'opération. Par les tractations et la force, il s'oppose à son ancien compagnon d'armes : Chabert de Barbaira.

 

La prise de Quéribus et du fenouillèdés précède de peu les négociations avec l'Aragon qui fixeront la frontière pour quatre siècles au traité de Corbeil, en 1258.

Termes deviendra l'une des forteresses royales pourvue d'une garnison gardant la frontière avec l'Aragon,

L'effectif de la garnison de Termes est resté très réduit comme dans l'ensemble des châteaux royaux de la région : en 1255, on compte 15 sergents d'armes, nombre réduit à 8 en 1260. En 1302, les textes conservés précisent que 10 sergents, 1 châtelain, 1 chapelain, 1 portier, 1 guetteur et 1 écuyer composent la garnison de 15 hommes.

Ce sont des effectifs "normaux", pour les périodes de calme : ces hommes sont surtout chargés de la maintenance et de l'alerte. En cas d'attaque, bien retranchés et équipés de nombreuses arbalètes, leur rôle est de résister jusqu'à l'arrivée d'une troupe de secours.

 

Olivier, de par ses intérêts et ses liens avec les deux royaumes, joue un rôle diplomatique notable. La fixation de cette frontière ainsi que les tensions latentes mènent le pouvoir royal à la fortification de certaines places-fortes.

Ainsi, Aguilar est vendue au roi en 1262, et, en parallèle, Olivier vend ou donne un grand nombre de ses possessions. Les raisons qui le poussent à cela sont d'une part le rachat de ses méfaits passés -selon ses propres dires- et aussi le financement de l'effort de guerre en terre sainte, vers laquelle il repart volontairement en 1264.

Dans la défense du royaume de Jérusalem, de plus en plus réduit, Olivier va jouer un rôle important. Suite au décès des titulaires de ces charges, il se retrouve à la tête des armées du roi de France en Palestine. Cet intérim le voit ainsi faire office de sénéchal. Son rôle est notable aussi quand la chevalerie catalane débarque en 1269.

En 1270 enfin, après plusieurs reports, Saint Louis repart en une véritable croisade... mais prend la direction de Tunis. Olivier de Termes le rejoint en partant de Palestine. Malgré son âge, près de 70 ans, Olivier marque les esprits, mais c'est inutile : Saint Louis meurt. Cette croisade est un nouvel échec, et Olivier s'en retourne en Languedoc et Catalogne.

Peu après, en 1273, il obtient de nouveaux moyens et part une cinquième fois en terre sainte, avec l'espoir de voir le renfort d'une nouvelle croisade. Cette croisade n'aura pas lieu... et le 12 août 1274, Olivier de Termes meurt à Acre. Quatre chroniqueurs notent cet événement, comme ils l'auraient fait pour un grand de ce monde. Si son testament fut respecté, il fut enterré en terre sainte, mais vu le contexte, il n'est pas exclu que son corps ait été rapatrié à l'abbaye de Fontfroide, grande bénéficiaire de ses donations.

 

chateau de Termes 25

Les restes d'une ancienne salle voûtée à la fonction imprécise, probablement une chapelle, mesurant 5 x 5 mètres environs. Elle semble avoir été construite à l'époque royale (XIII ème siècle)

termes 04

La partie Nord / Est du château de Termes

termes 20

Mur Sud / ESt, contrefort de la poterne, au centre du mur une archère à étrier est encore visible

termes 15

Les latrines côté Est, longtemps identifiées comme une sorte de mâchicoulis, il s'agit en fait de quatre conduits correspondants à des latrines. Ces dernières étaient nettoyées au moyen d'un conduit percé dans l'épaisseur de la muraille pour l'évacuation des eaux de pluie. Ces conduits devaient être protégés par des trappes afin d'éviter que l'ennemi ne pénètre dans la place par surprise.

termes 11

La lice Ouest située entre les deux remparts

termes 13La poterne Nord / Ouest et à droite on voit très bien les contreforts de conception très particulière et originale

 

Des chantiers de fouilles et de restauration réalisés par des bénévoles, sont organisés tous les ans par l'Association de Sauvegarde du Château de Termes (ASCT), si vous êtes intéressé vous pouvez contacter l'association à cette adresse pour plus amples renseignements :

Mr Michel Séguy

Hôtel de ville

11300 Termes

Tél. : 04.68.70.03.84 (chez lui)

Tél. : 04.68.70.09.20 (accueil du château de Termes)

Mail : asso.termes@gmail.com

Mail : sylvie.seguy@orange.fr

bandeau à suivre 240px

 

 

Ainsi se termine ce premier reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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commentaires

Eric Andreoli 16/05/2010 11:59



J'ai lu avec intérêt votre article sur le château de Termes. Belles photos, bien documenté. Je regarderai l'ensemble de votre blog et me suis inscrit à votre communauté. Je mettrai un lien dans
mon blog, afin de diriger mes lecteurs vers votre blog. En effet, j'ai choisi de ne aps évoquer les châteaux Cathares qui bénéficient déjà d'une abondante documentation, de blogs et sites.


Le titre de mon blog : L'Aude, les Corbières, Narbonne, villes et villages,


Eric Andreoli



Pinguet 01/05/2010 18:34



Oui ! C’est encore un beau travail et une belle présentation. Car il n’est pas toujours facile de simplifier quelque chose d’assez
compliqué.


Il me semble que ce qui fait la force  historique de ces sites, c’est leur situation presqu’au
milieu de nulle part. Rien de la civilisation qui a suivi, ne gène le regard et la capacité de s’investir dans le passé. Pour ma part, je préfère des ruines, que je trouve encore plus
suggestives, à un patrimoine bâti trop bien entretenu. Mais, bien sûr, que ce soit pour un château ou une usine, des ruines sont vite éphémères.


Tous mes encouragements.


Marie-Claude



Jean-Pierre 01/05/2010 18:41



Merci Marie-Claude pour ses compliments, dans la seconde partie il y a une belle ruine de château que je trouve très belle et qui évoque plein de mystère, c'est le château de Durfort, un site
pratiquement inconnu qui n'est pas loin du château de Termes.


Jean-Pierre



thierry 30/04/2010 13:09



Superbe travail sur ce lieu magique , bravo .



Jean-Pierre 30/04/2010 17:12



Merci Thierry cela fait plaisir de voir son labeur reconnu !


Au plaisir de vous compter parmi les abonnés à la Newsletter du site en tant que fidèle lecteur


Jean-Pierre