Partager l'article ! TERMES la forteresse, le village, un des "cinq fils" de Carcassonne 2ème partie ... et le château de Durfort: ...
Suite de l'Histoire du château de Termes ... et du village du même nom !
J'ai pensé que cela serait intéressant de vous mettre cette vue
d'altitude pour vous montrer la configuration des lieux
Paysages Nord vus du château de Termes (cliquez sur les photos pour les agrandir quand une petite main se dessine au survol de celles-ci)
Le versant Est du piton rocheux servant d'assise au château de Termes
Situé en arrière de la frontière franco-aragonaise, le château de Termes ne semble pas avoir été entretenu ou adapté aux armes à feu comme Quéribus notamment. En 1649, Saint Aunès, gouverneur du fort de Leucate est nommé châtelain de Termes. Le château abrite encore des armes à cette date : plusieurs petits canons, des casques, des grenades et des barils de poudre.
A cette époque, une guerre civile, "La Fronde", entraîne des troubles en Languedoc. Le châtelain Saint Aunés trahit le roi de France mais reconnaît sa faute et un traité est signé. Une clause du traité stipule que le château de Termes, auparavant tenu par une garnison de soldats allemands qui détroussaient les voyageurs et rançonnaient le pays, sera remis aux mains de l'archevêque de Narbonne.
Ce contexte trouble voit le château être assiégé. Nous sommes moins bien renseignés que sur le siège de 1210, mais nous savons que l'assiégeant, le Marquis de Bouisse, doit mener l'opération jusqu'à ce que les défenseurs n'aient plus de nourriture.
Pendant votre ascension vous pourrez admirer le château dans les trouées de la végétation
Le château de Termes conserve longtemps son importance militaire. Un texte de 1483 nous dit en effet que "il est de savoir qu'aux Marches par deçà sur la frontière d'Aragon, est la dite Cité de Carcassonne qui est la mère et a cinq fils, c'est de savoir Puylaurens, Aguilar, Quéribus, Peyrepertuse et Termes et sont à gages du Roi". De là l'expression "les 5 fils de Carcassonne". Cependant, les techniques de guerre évoluent. L'arme à feu se perfectionne et remet en cause cette organisation.
Au XVII ème siècle, la frontière espagnole recule. Louis XIV, estimant la forteresse de Termes inutile, en ordonne sa démolition dont le coût s'élève à 6200 livres, payées par le diocèse en 1652.
Le roi, estimant que cette place forte est inutile, en ordonne la démolition en 1652 en n'y laissant pas "pierre sur pierre". Le but est de rendre le site inutilisable à tous ennemis ou brigands. Au départ, ce sont les habitants de la contrée qui sont invités à participer au titre des corvées à la démolition du château. Mais devant le peu d'empressement de la population locale, les travaux sont confiés à un entrepreneur de Limoux.
Les armes et munitions sont provisoirement stockées à Villerouge-Termenès, et certaines belles pierres sont revendues ou récupérées. La destruction du château va durer une année entre avril 1653 et avril 1654, pour un coût de 14 922 Livres, 10 sols. C'est un maître-maçon de Limoux qui va démanteler les murailles à la poudre. Dès lors le site sombre dans l'oubli le plus total.
Le
château de Termes vu du côté Nord / Est, on aperçoit le profil du Termenet à droite en contrebas
Une très belle vue du Sud / Est de la citadelle de
Termes
Laissé à l'abandon, le site servira dés lors de pâturage, et les pentes sud, sous les morceaux de remparts, porteront une vigne au début du XX ème siècle.
Il faudra attendre le XX ème siècle pour que des mesures de protection soient appliquées. Classé en temps que site en 1942, il a été inscrit le 25 juin 1951 puis classé monument historique le 25 septembre 1989.
Il y aura un premier débroussaillement en 1973.
Les ruines sont la propriété de la commune depuis 1988, qui a ouvert l'accès au public depuis cette date. Le château a fait l'objet d'importants travaux de consolidation, d'approches archéologiques ponctuelles et d’analyses topographique et architecturale. Il est ouvert à la visite et bénéficie d'une signalétique destinée à renseigner les visiteurs. Dans la perspective d'une meilleure valorisation, un programme de recherche archéologique est actuellement développé par la commune et est susceptible d'apporter des éléments fondamentaux à la connaissance et au développement du site.
Les premiers travaux de restauration ont commencé en 1991 dans la partie Sud de la première enceinte, puis en 1992 sur la chapelle présumée. Depuis 1992 des chantiers archéologiques de jeunes bénévoles y sont régulièrement organisés. Plusieurs opérations de débroussaillages et de terrassement sont réalisées simultanément. De 1997 à 1998, le monument connaît une importante campagne de travaux et de mise en valeur, dont les axes principaux sont la mise en sécurité, la consolidation des maçonneries la lisibilité des ruines et la matérialisation d'un cheminement. Ces aménagements ont porté essentiellement sur l'enceinte et sur le front oriental de l'enceinte intérieure.
Des fouilles au château, menées par l'archéologue Jean-Paul Cazes, ont récemment mis au jour l'escalier médiéval du XIII ème siècle qui menait à l'église castrale. L'objectif de cette fouille est d'appréhender les origines et la chronologie du château des seigneurs de Termes, explique David Maso, maître d'oeuvre dans l'aménagement et le terrassement du site.
Le grand logis de l'époque royale a notamment été dégagé en 2007.
Cette histoire là... elle continue de s'écrire à chaque fois que quelqu'un visite...
Les ruines du château attendent votre
visite
Une
belle vue dans la brume du matin du château de Termes plein Est
DESCRIPTIF DU CHÂTEAU :
Le château n'est accessible que par sa face méridionale. Pour l'essentiel, il n'est pas antérieur au XIII ème siècle. Il se compose de deux enceintes concentriques séparées par des lices, précédées par deux lignes de murs à mi-pente, vestiges de l'ancien village fortifié. La première enceinte affecte un plan régulier dont les angles sont occupés, soit par des tours cylindriques, soit par des échauguettes sur contreforts (petite tourelle, au sommet d'une muraille ou d'un angle de murailles, pour en défendre les abords). Cette première enceinte est accessible par une rampe coudée, surveillée par une tour. La courtine orientale a conservé son élévation jusqu'au niveau du chemin de ronde matérialisé par quelques corbeaux ayant supportés un plancher. Percé à la base par des archères en étrier, l'angle nord-ouest conserve une poterne aujourd'hui restaurée. La seconde enceinte, desservie par une rampe, est occupée par des bâtiments en grande partie détruits et, en son point culminant, on distingue des énormes blocs de maçonnerie épars qui sont les vestiges du donjon primitif, antérieur à la Croisade. Deux citernes, ainsi qu'une présumée chapelle munie d'une fenêtre cruciforme, sont toujours perceptibles au milieu des ruines.
Sur le flanc méridional du relief, les restes de murailles et d'un accès en chicane sont à mettre en relation avec le village fortifié du XII ème siècle. Cet habitat villageois a probablement été déplacé plus bas dans la vallée, à son emplacement actuel, après la prise de possession par le roi de France au XIII ème siècle, scénario reconnu pour un certain nombre d'autres sites castraux du Languedoc à la même époque.
Découverte d'un trésor de 1500 monnaies gauloises, des vestiges gallo-romains, dont un fragment de stèle inscrite. Le Musée de l'Histoire de l'Homme à Narbonne possède un très beau bracelet gaulois en bronze trouvé sur le territoire de la commune. A 600 mètres du village, sur une petite hauteur dominant la vallée du Sou, la chapelle Saint-André d'origine médiévale fut un actif lieu de pèlerinage, en 1673 un cimetière entourait encore cette chapelle.
Deux photos du village de Termes blotti au creux d'un méandre du
"Sou", les ruines de son château semblent l'observer
LE VILLAGE DE TERMES :
Un petit mot sur le village de Termes qui est situé en contrebas du château exposé au Sud, il est incrusté dans un méandre de la rivière "Le Sou". En 1163 ce lieu n'était qu'un faubourg (barri), où les seigneurs de Termes projetaient de construire une église paroissiale, le village principal (détruit lors du siège en 1210) se trouvait à cette époque derrière une enceinte encore visible à mi-pente entre le château et le col del Castel. L'église de la Nativité de Notre-Dame actuelle de Termes aurait été édifiée à partir de 1163, comme le stipule l'acte de partage du château entre les deux frères Raymond et Guillaume de Termes. Le clocheton de l'église abrite une cloche datant de 1541. L'édifice comporte une nef unique rectangulaire et un chevet plat. L'intérieur est voûté en berceau. Ce sanctuaire recèle un bénitier dont le support est agrémenté de trois blasons portant les armes de Pierre de Montbrun, archevêque de Narbonne (1272-1286). Sur le chevet est accrochée une toile du XVII ème siècle représentant la vierge à l'enfant entre Sainte Cécile et Sainte Catherine.
Il y avait deux moulins à Termes le premier au sein du village, a été transformé en maison d'habitation et le deuxième qui se nomme moulin de la Buade est une propriété privée qui se situe à 2,6 km en aval du village sur la rive gauche du Sou. Il est toujours en état de marche. Les meules sont actionnées par une roue horizontale elle-même actionnée par l'énergie hydraulique. Actuellement 54 âmes habitent le village de Termes.
Le petit village de Termes vous offre une grande tranquillité
!
Les toits de Termes au bord du "Sou"
Que vous inspirent ces photos ?
Une belle vue des petits ponts de pierre enjambant le "Sou" qu'il vous
faudra franchir pour monter au château
Le calme règne ici, excellente idée cet aménagement où l'eau murmure
en s'écoulant le long de cette rampe sur le muret de pierres
Les
maisons de pierre du village de Termes
Une habitation au bord du "Sou" qui était l'ancien moulin de Termes, et le château qui domine le village
Le village est petit, mais il est agréable de se promener entre les
murs paisibles d'un autre temps, ah ! si ceux-ci pouvaient parler !
Un croisement de ruelles dans le village médiéval de Termes au riche
passé historique
Une ruelle ombragée du village et au coin de celle-ci un ami canin
intrigué par notre présence, j'ai trouvé ce chien rigolo il méritait bien une photo
Le "Sou" la rivière qui traverse le village de Termes avant d'entrer
dans les gorges du Termenet
Photo de gauche, l'ancien moulin en bordure du "Sou" transformé en habitation, avec le château de Termes sur les hauteurs. Photo de droite, les gorges du Termenet au Nord du village, entre le moulin de la Buade et le village de Termes, la route percée en 1903, longe en passant sous deux tunnels les gorges de Termenet au fond desquelles coule le "Sou". Il s'agit d'un défilé vertigineux creusé dans des calcaires massifs du Dévonien moyen et inférieur. au centre, sur toute la hauteur des gorges, on observe une belle veine verticale de marbre rouge qui est du bel effet. Ces gorges sont dans un domaine protégé.
Il y a aussi tout près, un autre site naturel protégé : Les gorges de
Coynepont qui se situent dans la partie Sud du village de Termes en amont toujours le long du "Sou".
Au point d'accueil du château qui se trouve au bord du "Sou" ne
manquez pas la petite exposition des objets trouvés lors des fouilles des ruines du château de Termes, comme ici un jeu de clés très bien conservées, où encore ce sceau de Simon le Picard,
photo ci-après
Une originalité de la région, les buis taillés. Comme dans d'autres communes des Corbières de l'Ouest, la D40 qui mène au village de Termes, est jalonnée de buis aux formes insolites comme celle que vous voyez sur cette photo. L'administration de l'Équipement perpétue cette tradition propre aux cantonniers de cette région qui consiste à tailler régulièrement les buis en forme de boule, cube ou autres volumes. Cette habitude semble remonter après les années 1900 à l'époque de l'aménagement de la route actuelle.
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Une petite parenthèse, pour vous présenter aussi le château de Durfort situé sur le territoire de la commune de Vignevieille,
non loin de Termes, à 6 km au Nord / Ouest
Les ruines du château de Durfort
Si vous passez par les gorges de Termenet, et ensuite vous remontez sur Saint-Pierre-des-Champs par la D212, vous apercevrez sur votre droite un château en ruine, il s'agit du château de Durfort que je trouve majestueux dans son écrin de verdure (voir la carte sur la 1ère partie il est indiqué). Ce château a été édifié sur un piton rocheux qui surplombe la vallée de l'Orbieu. Les ruines actuelles sont celles d'un habitat fortifié médiéval, comprenant une chapelle, des logis à fenêtres rectangulaires et une tour. De hauts murs épais, des caves et puits, des salles voûtées de bâtiments carrés, des tourelles d'angle, des échauguettes et une tour maîtresse sont encore visibles. Il ne reste pas de trace écrite sur la construction initiale de ce fort. Les premières traces écrites mentionnant le fort de Durfort datent du XI ème siècle. En 1093, il en est fait mention dans une transaction entre le fils du seigneur de Durfort, Bertrand, et l'Abbaye de Lagrasse. En 1124, Guillaume et Raymond, seigneurs de Durfort, rendent hommage au Vicomte Bernard Aton de Carcassonne, et en 1163, le seigneur de Termes rend hommage au Vicomte Raymond de Trencavel, pour le château de Durfort.
Je n'ai pas poussé mes investigations plus loin, mais je ne pense pas me tromper en disant que la
famille DURFORT-DURAS a ses racines ici. Les Durfort avaient le rang le plus distingué parmi les grands seigneurs du Comté de Toulouse. Cette famille était tellement considérable que ses
branches étaient établies dans les provinces du Comté de Foix, dans le Quercy, le Languedoc et la Guyenne. Un grand nombre de localités portent encore aujourd'hui le nom Durfort, dans les
départements du midi de la France, l'Aude, le Gard, l'Ariège, le Lot et la Lozère. (Pour ceux que cela intéresse, sachez qu'un précis historique sur la famille de Durfort Duras dédié à madame
la comtesse de la Rochejaquelein née Durfort Duras, a été écrit par Mr Jean Favre en 1858).
Comme vous pouvez le voir, le château est à l'abandon, c'est bien dommage, car il a un certain cachet ! Là encore, il y a de la restauration à mener !!
Aujourd'hui, le château est une propriété privée, sa visite en est libre et gratuite, en demandant l'autorisation préalable à ses propriétaires. Le château n'étant pas consolidé, le risque de chute de pierres est élevé, soyez prudent.
La photo de gauche du château de Durfort date des années 1955, et
celle de droite de 2009, la région est beaucoup moins cultivée et la végétation a repris ses droits. Au départ je voulais uniquement vous présenter ce château avec 2 photos, mais il méritait mieux que ça, alors en
voici d'autres !
Une vue aérienne du château de Durfort dans son écrin de
verdure
Je trouve ce château intéressant car les murailles ont encore de la
hauteur ainsi que l'échauguette sur l'angle Nord / Est, restauré et aménagé pour la visite, je pense qu'il aurait fière allure !
Gros plan sur la façade Est du château de Durfort, je n'ai
malheureusement que ces vues à vous proposer car je n'ai pas eu le temps de demander l'autorisation aux propriétaires de cette propriété privée pour pénétrer sur le
site.
Ce château de Durfort a un petit côté mystérieux, je ne sais pas
si des fouilles archéologiques ont été effectuées sur ce site, mais je pense qu'il doit y avoir des choses intéressantes à découvrir pour l'histoire. Si vous avez l'occasion de le visiter,
envoyez moi vos photos je les rajouterai.
Le hasard a fait que je réalise ce reportage cette année, qui est une
date d'anniversaire pour la commune de Termes
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