L'aude, terre romane, toi l'amoureux (se)
des vieilles pierres et de l'histoire, c'est là que tu dois te rendre, l'Aude ne te décevra pas !
Ce vitrail est magnifique
et d'une originalité surprenante, il représente la glorification du ChristCe n'est qu'au XIX ème siècle qu'elle renaît avec l'installation de bernardins.
Les bâtiments échappent de justesse à la destruction, ils sont dans un triste état. En 1833, les hospices de Narbonne vendent Fontfroide à la famille, des Saint-Aubin, qui s'attelle à la restauration de l'abbaye et Viollet-le-Duc obtient leur classement partiel et contrôle les travaux, l'église, le cloître et la salle capitulaire sont classés en 1843.
Une communauté de cisterciens de l'Immaculée Conception reprend possession des lieux en 1858, elle est sous l'autorité du Père Jean. En 1875, Saint Antoine Marie Claret, ancien confesseur de Catherine II, chassé d'Espagne, vient se réfugier à Fontfroide, il décédera à l'abbaye et y sera enterré dans le cimetière.
En 1895 le Père Jean meurt à son tour, il est l'avant dernier abbé de Fontfroide, car en octobre 1901 la communauté de Fontfroide s'exile en Espagne le jour même de l'entrée en application de la loi sur les congrégations religieuses et devant la montée de l'anticléricalisme républicain.
Une des 5 chapelles situées dans le collatéral sud datant du XV ème siècle
Ensemble statutaire en marbre blanc du XVIII ème siècle représentant Saint Benoît et Saint Bernard entourant
la Vierge et l'enfant. Vous pouvez admirer les détails sur la photo suivante ...
Gros plan sur le bas relief ci-dessus
Statue en bois sculpté doré polychromé
Est-ce celle du Pape BENOÎT XII (20 décembre 1334 - 25 avril 1342) ?
Jacques Fournier, de Saverdun (Languedoc), moine cistercien. Né vers 1279 dans les environs de Saverdun.
Élevé au couvent de Boulbonne, il rejoindra plus tard son oncle devenu Abbé de Fontfroide. Il sera Évêque de Pamiers en 1317, évêque de Mirepoix en 1326, Cardinal en 1327 sous le titre de
St-Prisque, Pape pieux et sévère, réforma la Curie romaine et les Ordres religieux. Construisit le palais des papes, à Avignon.
A gauche, calvaire ayant subi les assauts des intempéries, il a été placé dans l'église. A droite, très belle pierre tombale en marbre gris, on pense que c'est le tombeau d'un vicomte de Narbonne.
Sur le pourtour de ce gisant il y a des inscriptions, sur la gauche on peut lire, (ce qui est lisible), avis aux latinistes: ANNIS.EIUS.VIBI.DE.IPSIUS.D.MARIETE.PROPRIIS.PECUNIIS.DIE.ANNO.DNI.MDXXII.DIE
au pied : IN.OBSERVATIONE.LEGATI.DICTI.OVON.D.IO
à la tête : HUNC.MARHUM.LAPIDEM .... il y a des manques
à droite : PONENDUM.FILRC.CURAULI .... il y a des manques
Il semblerai qu'une date en partie effacée soit 1523
A côté de l'évangile vous verrez les vestiges de deux tombeaux, on pense que celui-ci appartient à la famille des vicomtes de Narbonne
Autre tombeau relativement bien conservé, situé dans l'église, c'est un gisant d'un chevalier du XIII ème
siècle, (il s'agirait d'une pièce rapportée d'Espagne par les propriétaires)
Deux statues similaires de Marie priant jésus ornent les lieux
A gauche, blason ou écu datant de 1640, je n'ai malheureusement pas d'autres précisions, on y voit un P
majuscule surmonté à droite d'un petit P et dessous un M majuscule surmonté aussi à droite d'un petit A. La photo de droite, date de 1950, la nef de l'église de Fontfroide
A gauche, la ruelle des convers, longeant le cellier, la porte du fond accède à l'église. A droite, les contreforts latéraux Sud de l'église
Depuis 1910 c'est la salle à manger d'été, cette belle pièce, avant, servait
aux moines de chauffoir.
Le jardin de cloître vu du promenoir au 1er étage, cette terrasse légèrement en pente sert à récupérer l'eau de pluie
Photo de gauche, le cloître vu du promenoir. Statue se trouvant à l'extérieur près de la chapelle des Étrangers, représentant un seigneur avec à ses pieds, un ange et un lévrier.
Il paraîtrait que cette statue représente Saint Roch, patron des médecins, des chirurgiens, des pharmaciens, des carriers et des paveurs, à cause de son nom, des brossiers, des fripiers, des brocanteurs et des confréries d'ensevelisseurs. Saint Roch se fête le 16 août.
Le dortoir des convers, situé au dessus du cellier, splendide salle grâce au grès avec ses tons ocres,
orangés, roses. Le silence y était obligatoire. Les frères n'avaient d'ailleurs le droit de s'adresser la parole qu'un quart d'heure par jour ! la voûte en berceau brisé sans aucun doubleau sur
toute sa longueur, date du XII ème siècle.
Le dortoir des convers sous un autre angle, la longueur de cet espace fait au moins 25 mètres. Remarquez
aussi le dallage au sol. Les moines dormaient tout habillé sur des paillasses à même le sol.
Le mur Ouest du dortoir des convers dispose de quatre ouvertures appareillées de magnifiques vitraux des
années 1920 que vous pouvez admirer ci-après ...
Les quatre vitraux sont situés dans le dortoir des convers, ils sont très beaux, réalisés aussi par René
Billa. Ces vitraux ont une particularité, non seulement se sont des oeuvres d'art, mais ils ont été réalisés avec la récupération de débris de verrières des cathédrales ou d'églises, bombardées
en 1914-1918. Étonnant non ! Je me suis appliqué pour prendre ces photos afin de cadrer au plus près. Un petit mot encore sur ces vitraux, ils furent tous exécutés d'après un traité sur la
fabrication de vitraux rédigé au XII ème siècle par le moine Théophile.
Dans la roseraie de Fontfroide, on trouve aussi cette plante très parfumée, qui s'appelle Perowkia "Blue
spire", si vous habitez dans le Sud et que vous avez un jardin je vous la conseille
La face Sud de l'église vue de la roseraie
Balade dans la roseraie de l'abbaye, au fond se trouve le cimetière du monastère où sont enterrés les
religieux, moines et convers. depuis le XII ème siècle plus de deux mille sépultures se sont superposées. 2500 rosiers embellissent cette roseraie et représentent onze coloris différents. On y
trouve aussi des roses anciennes anglaises associées à des plantes odorantes de la garrigue.
Vue extérieure de l'abbaye face Sud, avec sa roseraie
A gauche, la façade principal côté Ouest de l'église, à droite la porte romane de l'entrée principale de
l'église. Un imposant linteau constitué d'un unique bloc soutien le tympan.
Porte d'entrée de l'église, gros plan sur le fronton plein cintre relativement sobre de tout ornement. Les
claveaux, finement taillés, épanouissent leur éventail en longues lignes trapézoïdales.
Abandonné depuis 1901 la propriété devint privée par la suite, 7 ans plus tard, Gustave et Madeleine Fayet d'Andoque rachètent par surenchère l'abbaye de Fontfroide alors qu'un collectionneur américain Georges Grey Barnard c'est déjà porté acquéreur du cloître, la restauration de l'abbaye a été entamée dès 1908 et durera 10 ans. Gustave Fayer avec cette acquisition, il devient maître d'ouvrage et à la fois maître d'oeuvre de cet immense chantier de restauration. Pendant les travaux, les Fayet invitent leurs amis peintres, musiciens et écrivains, Fontfroide devient alors un haut lieu artistique, qui verra dans ses murs : Odilon Redon, Burgsthal, Bauzil, Henri de Montfreid et aristide Maillol, tous artistes peintres. Des compositeurs comme Maurice Ravel et Déodat de Séverac sont venus aussi à Fontfroide.
Gustave FAYET était artiste peintre, potier dés son jeune âge, collectionneur exceptionnel et, au début du XX ème siècle, il était le plus grand propriétaire du Languedoc. Il dessinait en secret les paysages de Mistral mais ce n'est que 87 ans après, que cette œuvre est publiée.
Le portrait de Madeleine Fayet peint par
Odilon Redon et en desous Gustave Fayet à Fontfroide avec Madeleine et leurs enfants
Le 24 septembre 1925, quand il meurt à Carcassonne, âgé de 61 ans, Gustave Fayet est un des hommes les plus prospères du Languedoc. La fortune familiale bâtie sur le commerce du vin rassemble alors 600 hectares de vignobles, plusieurs châteaux entre Béziers et Narbonne, un appartement à Paris, une villa balnéaire dans le Var, deux abbayes : Fontfroide dans l’Aude, Saint-André à Villeneuve-lès-Avignon.
Aujourd'hui encore, la famille Fayet est propriétaires des lieux.
Les Fayet ont su restaurer avec goût cette abbaye de Fontfroide. Au soleil couchant, les belles tonalités ocre et rose des pierres taillées dans le grès des Corbières se réveillent, s'enflamment un temps avant la nuit.
Actuellement l'abbaye de Fontfroide accueille des musiciens en résidence et programme des concerts estivaux, notamment dans le domaine des chants grégorien.
Pour terminer ce reportage, qui, je l'espère vous a intéressé, voici quelques vieilles photos de l'abbaye de Frontfroide.
Sachez aussi, que des rectifications ou compléments d'informations peuvent
être apportés, donc n'hésitez pas à me contacter.
Fontfroide côté Est, celle-ci date des
années 1950
L'église de Fontfroide vue du côté Nord /
Est en 1950
Le côté Est du monastère, à peu près la même époque, les années 1950
L'église de Fontfroide vue côté Sud / Est en 1920, à droite la chapelle funéraire avec le tombeau du Père Jean
Photo de la Grande Cour Louis XIV du monastère datant de 1900
Photo de la Grande Cour Louis XIV du monastère, 50 ans sépare celle-ci de la précédente, en 1950
Voici quelques photos du cloître de Fontfroide à des époques différentes, celle-ci date de 1930
Cloître de Fontfroide la salle Capitulaire ou salle du Chapitre, 1950
Cloître de Fontfroide côté Ouest, 1950
Cloître de Fontfroide la salle Capitulaire ou salle du Chapitre , 1970
Voici l'extrait d'un ouvrage datant de 1901 que l'on trouve uniquement à la Bibliothèque Nationale de France à Paris, qui s'intitule "Fontfroide, Impressions, souvenirs et réflexions" auteur P.-E. SARROT, qui reflète encore aujourd'hui ce sentiment malgré l'absence de moines, car lors de sa visite à Fontfroide, l'auteur fut hébergé par les moines cisterciens encore là :
" Une fois entré dans cet asile du recueillement et de la prière, on dirait que le temps et les accidents ordinaires de la vie n'ont plus leur caractère habituel. Ce n'est plus, l'agitation quotidienne de l'exil, ce n'est pas non plus le repos de la patrie ; c'est quelque chose d'intermédiaire. L'âme se trouve ici transportée, en quelque sorte, dans une région calme et sereine : là, sans qu'elles s'écoulent vite, les heures ne fatiguent pas ; elles semblent, au contraire, en s'envolant doucement, soulever l'âme comme si on lui ôtait le poids et le souvenir même des choses qui l'oppressent ailleurs."
Pour me contacter : jp@belcaire-pyrenees.com
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