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DÉCOUVERTE

Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 02:30
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Ce site ne vous propose pas qu'un regard sur le passé historique du Languedoc Roussillon, et de l'Aude en particulier, il est aussi ouvert sur les relations humaines toutes simples, sans chichis. Voici l'histoire pas banale d'un expatrié Belcairois, un Toustou à l'honneur !

Il y a quelque temps déjà, j'ai reçu un message sympathique dont le contenu concernait la généalogie des Pugens à la suite du reportage que j'ai réalisé sur les châteaux de Belcaire que vous pouvez consulter ICI. Il s'ensuivit des échanges de courriels, et curieux de nature je me suis intéressé à mon interlocuteur internaute dont l'adresse email ne laissait aucun doute sur sa localisation sur cette planète internet ; les messages émanaient du Canada ! Je fus tout de suite intrigué par le fait qu'un correspondant canadien ait des informations sur la famille Pugens implantée à Belcaire depuis plusieurs générations. Un courant amical passa tout de suite entre nous. Mon correspondant s'appelle Simon TOUSTOU et dieu sait que j'en connais des Toustou sur le plateau de Sault, d'ailleurs Simon m'apprit que le nom naquit dans un petit bourg à côté de Belcaire qui se nomme Trassoulas, j'aurai l'occasion de développer la généalogie des Toustou avec l'aide de Simon, du moins de tenter de la développer car d'après Simon c'est un imbroglio pas facile à démêler (si vous avez des infos je compte sur vous pour nous aider).
Vous allez me dire, mais où veut-il en venir Jean-Pierre ? Pour le moment, un Belcairois expatrié au Canada, certes il ne doit y en avoir un nombre important, cela n'a rien d'extraordinaire ! Et bien figurez-vous qu'en interrogeant Simon, il me raconta comment il avait quitté la France et son village de Belcaire pour un pays inconnu qu'était le Canada. Mais, c'est son métier et la fabrication d'un objet insolite à mes yeux, qui a fait que j'ai demandé à Simon de se raconter et de faire découvrir ce métier particulier, métier qui a changé et guidé toute sa vie. Cela vaut bien un reportage sur le site internet le plus visité du Midi-Pyrénées, il n'y a pas que du virtuel dans ce bas monde, voilà du vécu et de la chaleur humaine comme vous l'aimez. Je laisse maintenant la plume à Simon Toustou :

 

" Je suis le fils d'Adrien TOUSTOU et de Simone PÉLOFY, né le 22 août 1941 à Carcassonne. J'ai habité à Belcaire jusqu'au 15 mai 1962, c'est une date que je n'ai jamais oubliée, j'y ai donc vécu 20 ans et quelques mois. Lorsque j'eus 11 ans mon père a décidé de m'envoyer au collège à Limoux. Il était cultivateur et il ne voulait pas que son fils reste comme il disait dans un pays de misère à trimer dur sur quelques hectares de terre et pour quelques vaches. Il voulait que son fils soit instituteur, je me souviens encore quand il disait qu'un instituteur se mariait à une institutrice, cela faisait un double emploi  sûr, donc un double salaire garanti, et ensuite ils avaient beaucoup de vacances, les samedis et dimanches, bref la vie de rêve. Mais voilà, il ne m'avait pas demandé mon avis, ce n'est pas au collège que je voulais aller, mais plutôt apprendre un métier. Plus tard on s'apercevra que j'étais un manuel et non un intellectuel. Ma grand-mère en avait ajouté en patois "si ba pas en farem un ritou" ce qui voulait dire : si cela ne va pas on en fera un curé. Pauvre grand-mère, je n'avais pas la tête d'un curé. Et arriva ce qui devait arriver, au collège je n'étudiais pas, j'étais toujours 32 ème sur 33, alors pour faire enrager mon père, je lui disais que je n'étais pas le dernier. A 15 ans je quittais le collège et de 15 à 20 ans, cela ne vaut pas la peine d'en parler et je préfère oublier ces années là, ce fut du temps de perdu.

Fête communale de Belcaire le 28 septembre 1958 (2)

Photo Jour de la fête communale à Belcaire le 28 septembre 1958. Tous les jeunes de la bande à Bonnot !
Debout de gauche à droite :
Jean-Pierre MORA - Guy RABAUTE - Simon TOUSTOU indiqué par la flèche - Pierrot FOURIÉ - Jean-Baptiste SARDA
Assis de gauche à droite :
Jean COSTE - Émile TOUSTOU - Michel MORA - François ARNAUD - Baptiste MAUGARD - Étienne VAQUIÉ

la bande de copains Simon Toustou-Pierre Fourié-Louis Pelo  

Vers la "croix" au Casteillas à Belcaire en 1958

La bande de copains, de gauche à droite : Simon Toustou - Pierre Fourié - Louis Pelofy dit Lili- René Faucher- Jean-Pierre Mora

Simon Toustou en 1961 faisait parti de l'équipe de rugby de Belcaire, d'ailleurs vous pouvez le voir en photo ICI

 

Mais voilà, il y a le destin et j'y crois. En 1961, un jour mon copain Antonin Bonnet, natif de Belcaire comme moi, me dit ceci " Simon, on devrait changer de pays, ici c'est la misère, on devrait faire comme Clergue de Montaillou, on devrait aller vivre au Canada". Ouf, il en avait des idées Antonin, c'est vrai l'ami Clergue de Montaillou avait émigré au Canada. Mais l'idée me plut, je fis des démarches, j'ai demandé des informations au consulat canadien à Bordeaux, bref, après avoir analysé tout cela, eh bien pourquoi pas, je dis à Antonin d'accord on va au Canada. Mais Antonin l'initiateur se défila et décida de rester en France. C'est vrai qu'il faut une dose de courage pour s'expatrier, les dés étaient jetés, le 1er juin 1962, j'embarquais au Havre sur l'Homéric, destination Montréal Canada. Voilà les faits qui m'ont conduit au Canada.
Je puis vous dire que les premiers mois et les premières années passées dans ce grand pays furent fantastiques. Je trouvais des gens accueillants, d'une philosophie de pays jeune, nouveau, et puis beaucoup d'espace et un sentiment de liberté, si bien que l'adaptation fut facile. Je trouvais un emploi à mon arrivée en 62, le taux de chômage n'était qu'à 4 % et il y avait de l'emploi dans tous les domaines.
En 1964, je me mariais avec une Québécoise et je m'établissais à Crabtrée où il y avait une grosse usine de fabrication de papier. Je pris des cours du soir et aussi en fin de semaine pour devenir machiniste. Je n'étais bon à rien au collège mais pour apprendre un métier, j'y ai mis toutes mes énergies.
En 1969, il y aura un triste épisode de 3 ans où j'ai décidé un retour en France avec mon épouse et nos trois enfants. Je travaillais aux talcs de Luzenac, comme machiniste à Trimouns. Ce retour fut un vrai échec, donc 3 ans plus tard nous retournions à Crabtrée au Canada. Coup de chance, je retrouve mon emploi à la papeterie comme machiniste.
En 1974, je construisis une maison, nous avons alors six enfants, trois garçons et trois filles, durant nos trois ans en France un garçon est né à Foix en Ariège. Actuellement nous avons 18 petits enfants de 22 à 4 ans.
Mon métier actuel intrigua Jean-Pierre, et ce, à juste titre, car le métier de FUSELIER est de plus en plus rare. Alors qu'est-ce qui m'a amené à exercer ce nouveau métier totalement différent de celui de machiniste ?
Après avoir fini de construire la maison, j'avais un petit atelier. En 1975, j'ai fabriqué un tour à bois, facile pour un machiniste et je me suis mis à tourner des morceaux de bois, je trouvais que le bois sentait bon, donc j'ai fabriqué une rampe pour mon escalier, des tabourets pour les enfants et toutes sortes de petites choses, si bien que mes moments de loisirs je les passais dans l'atelier. De fil en aiguille, je constatais que j'avais des aptitudes pour faire de la menuiserie, donc à côté de ma maison je construisis un autre atelier d'une bonne grandeur et, achetais des machines à bois, scie à ruban, scie radiale, dégauchisseuse, raboteuse, etc. Et là, j'ai commencé à faire des meubles en m'inspirant des meubles traditionnels québécois en pin. Je vous ai joint les photos de mes deux premiers meubles à pointe de diamant sculptée à la main.

Tour à bois 001 Voici le premier tour à bois que Simon a fabriqué dans les années 1976-1977, une machine qui a changé sa vie
Simon Toustou 017  Simon Toustou 018b 

Voici les deux premiers meubles à pointe de diamant sculptée à la main par Simon

Quelques années plus tard, en 1981, j'avais un ami dont son épouse décida de prendre des cours de dentelle aux fuseaux et il vint me demander si je voulais faire des fuseaux pour ses cours, il en voulait une centaine ! Il me donna un modèle qui provenait du Puy en Velay en France, ce n'était pas gros, mais je réussis à lui faire ses cent fuseaux. Par la suite, la dentellière qui donnait des cours vint me rencontrer, elle avait trouvé les fuseaux de son goût et bien sûr me demanda d'en faire pour ses élèves. Et c'est ainsi que la grande aventure a commencé, fuseaux, instruments, tables, coussins, je mis au point avec l'aide des professeurs de dentelle tout le matériel nécessaire pour fabriquer de la dentelle, c'était toujours des produits haut de gamme, travaillant des bois locaux et les plus beaux bois exotiques, ébène, bois de rose, palissandre, etc. J'ai ainsi travaillé des bois en provenance du monde entier.
En 1988, tout mon matériel était connu chez nos voisins du Sud, les États-Unis, et au mois de novembre de la même année, j'étais invité à une exposition à Chicago, ce fut un succès. En 1989, je retournais à Chicago et fis une autre exposition au New Jersey. En 1990, 1991 Chicago, Détroit et en 1992 à Los Angeles, par la suite tous les ans au mois d'août, ce fut dans toutes les grandes villes, Seattle, New York, Boston, San Antonio, Détroit, Indianapolis, en 2002, je retournais en Californie à San Diego, je fis la dernière exposition en 2006 au Colorado à Denver.
L'aventure fut fantastique, je chargeais mon matériel dans une fourgonnette et avec mon épouse nous partions pour trois semaines, trois jours d'exposition, et le reste pour visiter. Vous savez aux USA, il y a des paysages des plus magnifiques, exemple, le Grand Canyon.

Simon Toustou aux USA002

Simon m'a adressé de nombreuses photos de ses périples aux USA lors de ses expositions, j'en ai scanné quelques unes que je vous présente, comme ici le Grand Canyon

Simon Toustou aux USA001

Sur la route 66 au Nouveau Mexique à 1500 m d'altitude, à côté de Jackass Junction.

La route 66 nommée Historique, va de Chicago à Los Angeles

Simon Toustou aux USA003

En 2002 traversée de l'Utah

Simon Toustou aux USA004

Au bord du Grand Canyon, boucle Sud à Grand Canyon village 8h du matin

Simon Toustou aux USA005

En 2002, l'Arizona le désert Point, traversée de la forêt pétrifiée parc national, la partie sud du parc renferme la plupart des troncs pétrifiés ainsi que des pétroglyphes amérindiens.

Ici, des morceaux de troncs d'arbre pétrifiés, fossilisés, moi qui suit un amateur de fossiles je suis admiratif.

Je vendais 95% de ce que j'emmenais, donc, le succès était total. Mes fuseaux et coussins se sont vendus sur les cinq continents. J'ai des clients au Japon, en Australie, dans toute l'Europe, en Amérique du Sud, mes produits sont exposés tous les ans au mois de février à Paris, dans le salon de l'aiguille en fête, un des plus grands événements de broderie et dentelle en France.
Aujourd'hui, je suis fier, je ne suis pas instituteur, mais je suis récompensé des efforts faits. Vous savez, je crois que j'ai quand même hérité du caractère et de la ténacité de ceux qu'on appelait les Montagnards, les gens du Pays de Sault.
Je dois avouer que depuis quelque temps, j'ai la nostalgie, mes racines sont à Belcaire et le merveilleux site internet de Jean-Pierre me fait revivre tous les bons souvenirs de cette belle région.
Cette année j'ai eu 70 ans et mon excellente santé pour le moment me permet de travailler encore et je vous avoue que j'ai des projets pour au moins 20 ans ... après on verra !! "

Cette histoire n'est pas banale, il suffit parfois de très peu de choses pour changer sa vie et forcer ainsi son destin.
Bravo Simon et à bientôt pour nous raconter tes projets ...

Simon Toustou 003 Simon Toustou vendant les produits de sa fabrication lors d'une exposition à Québec en 1989

Simon Toustou 006

Voici les fameux fuseaux en action, que réalise Simon, ainsi que les coussins dont voici un exemple que l'on appelle "métier à rouleau"

Simon Toustou 004

Simon ne se contente pas de fabriquer des fuseaux, il réalise tout l'équipement nécessaire à une dentellière, comme ce coussin, métier à rouleau trois tiroirs.

Simon Toustou 002 Voici Simon Toustou et sa femme Lise lors d'une exposition à Ottawa

Réponse de Simon à mes questions lors de nos échanges par mails : les coussins (en France on dit carreaux) sont en fait des métiers pour faire la dentelle, les fuseaux sont les instruments qui servent comme des bobines on enroule du fil sur la partie supérieure, pour réaliser une pièce de dentelle il faut entre 40 et des fois 400 fuseaux dépendant de la technique employée, les fuseaux sont manipules toujours par paires .Tu remarqueras qu'il existe plusieurs formes et grosseurs de fuseaux ceci aussi dépendant de la technique employée. Tous mes modèles de fuseaux sont ma conception, ici on dit ce sont des fuseaux Québécois ou Canadiens fabriqués par un Français,

Simon Toustou 007

Voici toute une collection de fuseaux fabriqués par Simon Toustou, il travaille toutes les essences de bois et même l'os,

comme ici où les fuseaux ont été monté avec un mélange d'os d'Orignal et de bois d'ébène ou de bois de rose

Simon Toustou 012

Fuseaux en bois collé

Simon Toustou 010

Fuseaux mélange de bois et os d'Orignal

Simon Toustou 011

Fuseaux en os d'Orignal

Simon Toustou 014

Fuseaux en ébène, en bois de rose, et en Cocobolo

Simon Toustou 001 Simon Toustou place du marché Joliette à Québec avec la présidente de l'association des dentellières du Québec en 1988

Quand Simon me parla de son métier actuel, la fabrication de fuseaux, je dois dire que je fus perplexe, de quoi s'agissait-il ? Il m'envoya des photos de ces fuseaux en bois qu'il confectionnait. Je ne voyais toujours pas à quoi cela pouvait servir, depuis je sais que son utilité est liée à la confection de dentelle ! Je suis complètement ignare dans ce domaine et vous, vous savez comment ça se fait, de la dentelle ?
Pour ne pas mourir idiot, je me suis renseigné, cela vous intéresse dans avoir une description succincte ? Et bien voici comment naît la dentelle :

dentelle 17 Carreau de la Dentelière permettant la fabrica

Mais comment fait-elle pour s'y retrouver ?? Cela m'a l'air compliqué, je veux bien croire que la confection de la dentelle est un art !

Attention ! je ne parle pas de la dentelle mécanisée

dentelle 19 Carreau de la Dentelière permettant la fabrica L'art de la dentelle

dentelle 02 jeune femme point d'irlande de 1910

Jeune femme travaillant le point d'Irlande de 1910

La dentelle, est un tissu à jours composé, non pas comme les autres tissus, d'une chaîne et d'une trame, mais de points semblables ou différents formés par des croisements  de fils, parfois se succédant, parfois entremêlés, de façon à produire un dessin.
Ce qu'on appelle "point" en dentelles est une figure régulière, dont les contours sont formés par le fil. Ainsi, le point le plus simple est un triangle et suppose un fil attaché à trois points, ou deux fils dont l'un serait attaché à deux points et l'autre à trois, ou enfin trois fils dont chacun serait attaché à deux points communs.
Si deux fils, attaché chacun à deux points différents, se croisent, ils forment une croix ; s'ils sont attachés chacun à trois points, dont deux communs, ils forment un carré.
Et puis, pour mieux faire comprendre cette démonstration, il faudrait la voir réaliser car à décrire ce n'est point évident.
Pour que ces figures puissent conserver leur forme dans le tissu, il faut que le fil soit attaché à chacun des points servant de sommets aux angles de la figure. Cela nécessite l'emploi des épingles et force à boucler le point, c'est à dire à faire une sorte de boucle ou de nœud qui maintienne le fil.

dentelle 05 une dentellière de Cosne sur Loire en 1950    dentelle 06 une dentellière en 1950

A gauche, une dentellière de Cosne sur Loire en 1950. A droite, une dentellière aussi en 1950

dentelle 01création école dentellière différents motifs

Création de l'école dentellière, présentation de différents motifs, le véritable point d'Alençon

La valeur d'une dentelle se trouve dans l'invention et l'exécution du point. Cela exige une longue pratique et une connaissance profonde des diverses combinaisons que présente ce tissage spécial. Aussi, la difficulté n'est pas seulement de construire une certaine quantité de figures semblables avec un nombre donné de fils, sans repasser deux fois un fil sur le même contour, mais de changer la disposition et la forme de ces figures, en conservant le même nombre de fils.
Le métier à dentelles est formé d'une planchette de bois, munie d'un rembourrage très doux, et recouverte d'un morceau de drap bien tendu ; sur le contour, est enroulé un parchemin présentant une série de trous ou piqûres qui reçoivent successivement les épingles autour desquelles l'ouvrière croise ses fils. Ce parchemin, avec ses piqûres, représente le dessin qu'il faut suivre.
Ce métier à dentelles comprend encore les fuseaux (comme les fameux fuseaux de Simon Toustou) dont le nombre varie suivant la largeur de la dentelle et la complexité des points.
Les fuseaux sont en bois lisse et ont trois parties : la poignée, la casse et la tête.
La poignée comme son nom indique l'usage, ressemble à une poire allongée ; sous la partie renflée de cette poignée, le bois s'évide en forme de bobine, c'est la casse ; enfin, au-dessus de la casse, à l'autre bout du fuseau, vient la tête, qui n'est autre chose qu'une petite rainure circulaire.

fuseaux 01 simon toustou

Voici encore des échantillons de fuseaux par fabriqués par Simon " le Fuselier " et divers accessoires pour la confection de la dentelle ci-dessous, tous ces ustensiles sont évidemment réalisés par Simon

fuseaux 04 simon toustou

 

fuseaux 08 simon toustou

Aiguilles de dentellière fabriquées par Simon

fuseaux 06 simon toustou

Le fil est enroulé sur la casse ; de là, il passe dans la rainure ou tête et va ensuite s'attacher en haut du métier à de grosses têtes d'épingles fichées exprès pour le recevoir et le soutenir.
L'ouvrière, placée devant son métier, commence par piquer des épingles dans les piqûres indiquées du parchemin. Ces épingles indiquant les angles de la figure que doit rendre le point serviront, comme il a été dit précédemment, d'attache ou d'appui au fil qui en formera les contours. Cela fait, l'ouvrière compte ses épingles et sait que par leur nombre combien il lui faut de fuseaux.
Elle plante ensuite une rangée horizontale de grosses épingles en haut du métier, puis charge ces épingles. Pour cela, elle enroule autour de sa première épingle deux ou trois tours de fil de son fuseau et fait une boucle au quatrième tour, puis elle évide de la casse le fil nécessaire à son travail ; mais pour empêcher qu'il ne s'en évide trop, elle lui fait deux ou trois tours dans la rainure de la tête ; elle arrête ces tours par une boucle.
Elle laisse alors ce fuseau ainsi suspendu et en place un nouveau de la même manière sur la même épingles ; un troisième, un quatrième fuseau se succèdent ainsi.
Quand cette épingle est chargée d'autant de fuseaux qu'elle peut en soutenir, l'ouvrière passe à la seconde, à la troisième, à la quatrième épingle, et ainsi de suite, jusqu'à ce que tous les fuseaux soient employés.
Enfin pour exécuter son travail, la dentellière prend quatre de ses fuseaux dans le tas qui pend à droite, les amène au milieu du métier, croise les fils, les tord en faisant le point et les rejette à gauche en leur conservant leur ordre, après avoir placé une épingle à chaque point d'appui ; elle prend ensuite quatre autres fuseaux, leur fait subir le même déplacement, posant ses épingles à tous les points d'appui et ainsi de suite jusqu'à la fin du travail, croisant différemment les fils suivant la nature des points indiqués.
Les principales sortes de dentelles sont le point d'Alençon, le point d'Angleterre ou de Bruxelles, la dentelle de Malines, la dentelle de Lille et la Valenciennes.
Ces cinq types de dentelles sont toujours faites à la main, mais il existe aussi des métiers à dentelles. Les dentelles dites de Chantilly, sont fabriquées mécaniquement comme beaucoup aujourd'hui. La dentelle réalisée à la main est un passe temps et une passion.
Pour bien comprendre la fabrication d'une dentelle à la main, il faut l'avoir vu de vos yeux et si vous voulez vous lancer il faut, à mon avis, prendre des cours.

Je vais maintenant vous proposer toute une série de photos anciennes et elles seront suivies de photos montrant d'autres réalisations de Simon Toustou " le fuselier "

dentelle 03 c dentelle du puy en Velay de 1910

dentelle du Puy en Velay de 1910

dentelle 11 le Puy en Velay en 1905

 

dentelle 07 atelier de dentelle en bretagne en 1920

Atelier en plein air de dentelle en Bretagne, la Guipure d'Irlande à Plouhinec en 1920

dentelle 03 d dentelle du puy en Velay de 1910    dentelle 08 une dentellière en 1910

A gauche, dentellières du Puy en Velay en 1910. A droite, même période 1910, dentellières Normandes

dentelle 04 école de dentelle en 1910

école de dentelle de Coppet (Suisse) en 1910

dentelle 03 dentelle du puy en Velay de 1910

dentelle du Puy en Velay en 1910

dentelle 03 b dentelle du puy en Velay de 1910    dentelle 15 motifs de dentelle Retournac haute loire

A gauche, dentelle du Puy en Velay en 1910. A droite, motifs de dentelle de Retournac (Haute Loire)

dentelle 13 en 1910

Dentelle d'Argentan, mouchoir au point d'Alençon en 1910

Dentellières en train de travailler

Dentellières en train de travailler dans les années 1900

exposition des petites industries rurales en mars 1908

Exposition des petites industries rurales de dentelle en mars 1908

dentelle 09 des dentellières en Belgique à Brugge en 1965

Dentellières en Belgique à Bruges en 1965

dentelle 14 des dentellières en Belgique à Brugge en 1965 Dentellières en Belgique à Bruges en 1965

dentelle 10 gants en dentelle  

Gants en dentelle

dentelle 18 Carreau de la Dentelière permettant la fabrica Carreau de la dentellière permettant la fabrication de la dentelle à la main à Puy en Velay

dentelle 20 Carreau de la Dentelière permettant la fabrica Carreau de la dentellière permettant la fabrication de la dentelle à la main à Bruges en Belgique

dentelle 22 Carreau de la Dentelière permettant la fabrica Gros plan sur le carreau de la dentellière permettant la fabrication de la dentelle aux fuseaux

dentelle 12 Carreau de la Dentelière permettant la fabrica Gros plan sur le carreau de la dentellière permettant la fabrication de la dentelle à la main (Haute Loire)

dentelle 21 Carreau de la Dentelière permettant la fabrica Jeune fille avec son carreau de dentellière permettant la fabrication de la dentelle aux fuseaux ici à Bruges (Belgique)

Simon Toustou 009

Coffret en palissandre contenant des aiguilles et crochets divers fabriqué par Simon

marchepied dentellière 05 simon toustou

Simon réalise ces coffrets dans des essences de bois noble 

Simon Toustou 008

Instruments réalisés en ébène, en bois de rose, bois de violette et parfois en ivoire

Simon Toustou 005

Coffret en palissandre réalisé par Simon

Simon Toustou 013

Porte fuseaux en érable pixie (érable du japon), en bois de Bocote et en palissandre des Indes

marchepied dentellière 04 simon toustou

Marchepied pour la dentellière fabriqué par Simon

Simon Toustou 016  Simon Toustou 015

A gauche, table dentellière réalisée par Simon en érable pixie (érable du japon). A droite table en cerisier.

Très belles réalisations, bravo !!

fuseaux 03 simon toustou  fuseaux 07 simon toustou

cliquez sur les photos pour agrandir

fuseaux 05 simon toustou  fuseaux 10 simon toustou

A gauche, fourches courtes moyennes longues et diviseurs. A droite, gabarits de dentelle en noyer foncé et en érable (cliquez sur les photos pour agrandir)

fuseaux 09 simon toustou

Crochets et aiguilles divers tournés dans de l'os d'Orignal (réalisation Simon Toustou)

fuseaux 02 simon toustou

Voici encore différents modèles de fuseaux fabriqués par Simon

table dentellière 01 simon toustou

Métier de dentellière ou coussin ou carreaux à trois tiroirs que l'on nomme aussi carreau

table dentellière 02 simon toustou  table dentellière 03 simon toustou

Tous ces modèles sont réalisés par Simon Toustou (cliquez sur les photos pour agrandir)

table dentellière 06 simon toustou  table dentellière 07 simon toustou

A gauche table de dentellière en merisier. A droite, table en érable

table dentellière 04 simon toustou  table dentellière 09 simon toustou

Table de dentellière en noyer (cliquez sur les photos pour agrandir)

table dentellière 08 simon toustou

Table de dentellière pliable et portable fabriquée en noyer

 

1er février 2012, suite à la diffusion de cet article Marie-Claude (qui c'est déjà manifestée sur ce site) m'a adressé un courriel destiné à Simon. Je vous livre un extrait du texte qui concerne le sujet abordé ici.

Marie-Claude nous dit ceci :

" On a longtemps cru  que ce savoir faire  de la dentelle aux fuseaux aurait  été apporté par les réfugiés huguenots. Il semble que cet apport ait résidé surtout dans le type de dentelle. L’âge d’or de la dentelle se situa entre1750 et 1825. Cela s’est répandu et  concentré dans les Montagnes et le Val-de-Travers, où ce  travail occupa toutes les familles pendant plus d’un siècle. Le quart de la population y était occupé. Aux Ponts-de-Martel, il était peu de femmes qui ne fussent occupées au coussin.  Le nombre de dentellières augmenta jusqu’en 1817 puis baissa quand la dentelle mécanique concurrença la dentelle aux fuseaux.
En 1842, lors du séjour du roi de Prusse dans la principauté, les pensionnaires de l’asile des Billodes, au Locle, qui avaient toutes appris la dentelle, offrirent à la reine un voile de dentelle.
L’apprentissage commençait très tôt dès l’âge de 4 ou 5 ans. Une mère, une grand-mère, une tante… apprenaient  aux enfants à « coussegnotter ». Le « coussegnet » était le nom familier donné au coussin recouvert de tissu vert, qui servait au support du piqué, sur lequel se déplaçait l’ouvrage au fur et à mesure de la danse agile des doigts  avec les fuseaux et les épingles. Cette activité n’était pas exclusivement féminine. Souvent, les piqués étaient réalisés par les hommes,  tout comme les bobinoirs  montés avec des rouages de pendule. Cette précision, cette minutie,  avaient besoin d’un éclairage particulier comme pour l’horlogerie. Le jour, lumière oblige, la place privilégiée était  devant la fenêtre. A la nuit tombée, le travail pouvait se poursuivre grâce à un ingénieux système : le globe ou globier. Des globes remplis d’eau bien pure étaient placés sur des supports entre une source lumineuse, simple chandelle ou lampe à huile, et le coussin. Ils jouaient le rôle de loupe en multipliant l’intensité de la lumière sur le plan de travail. On répartissait autant de globes que de dentellières, en formant un cercle autour de la source de lumière. Cercle qui pouvait être répété si le nombre de personnes l’exigeait.   

globe neuchâtelois 01 Voici une photo de l'ingénieux système dont parle Marie-Claude ci-dessus

Les points avaient les jolis noms de  la neige, le point de la vierge, le point à la rose, le point d'esprit … Une mignonnette était une dentelle étroite, les dents-de-loups avaient un  large bord dentelé. Une dentelle de soie blanche ou noire devenait une blonde.
Si les veillées s’accompagnaient de chants et de causeries, il serait utopique de faire de ces moments le  tableau idéal que des passéistes voient parfois dans l’autrefois. Les gains étaient faibles : il fallait se tenir longtemps à la tâche  pour gagner peu. Celles qui avaient talent et dextérité gagnaient plus que les autres.
Toute cette production  dépassait les besoins de la principauté. Elle se trouvait commercialisée par des réseaux d’intermédiaires et  négociants habiles  qui assuraient l’exportation et la vente. Pour vendre et se faire connaître, il fallait se déplacer et montrer des cartes d’échantillons pour essayer de répondre au goût et à la demande de la clientèle. La foire de Beaucaire, ( Non ! Pas Belcaire…) qui se tenait chaque année dans le sud de la  France, était incontournable. Il ne fallait pas manquer non plus celle de Francfort ou de Leipzig.…"


Voilà encore un beau reportage qui sort des sentiers battus, j'espère qu'il vous aura intéressé, et si vous désirez poser des questions à Simon n'hésitez pas à m'écrire à l'adresse email ci-dessous je lui transmettrai avec plaisir, ou, laissez tout simplement un commentaire, pour cela cliquez en bas de l'article sur "Ecrire un Commentaire".

J'en profite pour saluer les nombreux Canadiens francophones et Québécois en particulier qui parcourent avec intérêt les pages de mon site.

Et pour ceux que la dentelle aux fuseaux passionnent (car je reçois beaucoup de demandes) voici de la part de Simon deux infos :

  1 - Guilde des Dentellières et des Brodeuses e-mail : gravelc@videotron.ca
  2 - Le site de l'Association des Dentellières du Quebec :  www.dentellieresquebec.com

 

Avant de vous quitter et pour ceux que cela intéresse, j'ai un petit cadeau à vous faire, je vous offre en téléchargement un ouvrage qui date de 1879 avec 112 illustrations, qui s'intitule "Traité de la Dentelle au Fuseau"  écrit par Louise d'Alq à télécharger au format pdf et à sauvegarder sur votre disque dur en cliquant  ICI   ;   à bientôt pour de nouvelles aventures ...

dentellière de Vermeer " La dentellière " toile datant de 1669 de Johannes Vermeer, j'adore les peintres hollandais

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Par Simon Toustou / Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 16:00
bandeau-livre-01.jpg

Chers amis, je viens de recevoir un email de mon ami Robert dont nous avions fait la connaissance dans l'avion qui nous emmenait au Sri Lanka et aux Maldives en 2003. Assis à côté de moi dans l'avion, je pensai au premier abord qu'il préparait une conférence, car il était absorbé par la correction d'innombrables feuilles manuscrites qui comportaient  de nombreuses annotations et des ratures. Je vous passe les détails, par la suite, nous avons sympathisé avec Robert et son épouse, lors de notre voyage organisé. Ma curiosité fut assouvie quand Robert me dévoila l'objet de ces feuilles sur lesquelles il  couchait avec attention des corrections dans l'avion, ce n'était pas un maître de conférence, mais un futur romancier. En effet, cet ancien commissaire de police écrivait un roman, fondé sur du vécu tout au long de sa carrière.

J'ai donc eu la primeur en 2003, de découvrir la lecture des premières pages et la naissance de son roman. Comme tout écrivain il a fallu un certain temps pour que le roman naisse et paraisse au grand jour. Je lui souhaite un grand succès. Et en souvenir des bons moments que nous avons passés ensemble, faites comme moi plongez dans cette histoire policière. 

livre de robert Manuel

  • Broché: 356 pages  au prix de 20 euros
  • Editeur : Editions Campanile (25 novembre 2011)
  •   http://www.editions-campanile.fr/
  • Collection : ROMAN
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2912366828
  • ISBN-13: 978-2912366825

Présentation de l'éditeur

Basée sur des faits réels qui ont, en leur temps, défrayé les chroniques, cette histoire a été transposée... mais toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n'est pas tout à fait fortuite. Pour son premier roman, l'auteur a choisi de raconter l'enquête qui l'a le plus marqué dans sa carrière. Une affaire étonnante, insensée qui plongera le lecteur sans ménagement dans le quotidien d'un flic de terrain. D'un réalisme à couper le souffle, jamais un roman policier ne sera allé aussi loin. Marseille - février 1994 - Jessica, une jolie brunette de dix-neuf ans, est découverte assassinée un soir d'hiver dans le quartier des Goudes à Marseille. Allongée sur le dos, entièrement nue, les bras alignés perpendiculairement au tronc, paumes vers le ciel, une chaussure de sport noire au pied gauche, elle a été poignardée avec acharnement mais chacune des entailles est nette et propre. Le corps a été soigneusement lavé. Le petit ami de la victime qui présente toutes les charges de culpabilité est interpellé. Une enquête rondement menée ? Pas si simple pour le commissaire Marel et son équipe !

Biographie de l'auteur

Né le 22 avril 1947, le commissaire Robert Manuel a intégré la police nationale à l'âge de vingt-trois ans comme inspecteur. Il a gravi les échelons un à un, de lieutenant de police jusqu'à commissaire divisionnaire. Roubaix, Avignon, Marseille, Fréjus-Saint-Raphaël, pendant trente-huit ans, il a passé sa vie à traquer les délinquants en tout genre.

 

Un ami fidèle lecteur de mon site, Arnaud de Montjoie, vient aussi de m'apprendre la sortie de son deuxième roman que voici qui fait partie du cycle "Le Phénix Cathare" :

le phénix cathare livre 2

Le Phénix Cathare : Livre 2

Par Arnaud de Montjoie

Couverture souple, 261 pages prix 10,80 €

 Le Livre 2 du cycle "Le Phénix cathare", par Arnaud de Montjoie. La quête du Graal se poursuit pour Florian Holinay. Quête intérieure vers un inconnu qui se dérobe, mais dans la nuit, à travers les épreuves, de nouvelles lumières s’allument, et pour être un jour armé « Chevalier » il faut savoir courage garder, ou retrouver… « Le Royaume des cieux est assailli avec courage ; ce sont des courageux qui l’arrachent. » (Evangile selon Matthieu, 11.12)

Ce livre vous pouvez vous le procurer sur le site www.lulu.com   à cette adresse :     http://www.lulu.com/product/couverture-souple/le-ph%C3%A9nix-cathare-livre-2/18792394

 

 

Voici une vidéo de la présentation du livre d'Arnaud clique ICI

 

Cet ouvrage fait suite à son premier roman que voici :

couverture-du-phenix-cathare.jpg

Le Phénix Cathare : Livre 1  19,00 €

  • Broché: 248 pages
  • Editeur : AdA éditions; Édition : 1re (10 août 2009)
  • Collection : Roman ésotérique/historique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2895659125
  • ISBN-13: 978-2895659129

Présentation de l'éditeur

Des Cathares à l’Inquisition : 16 Mars 1244. Plus de 200 hommes et femmes de l’Eglise d’Amour d’Occitanie périssent au pied de Montségur, dans les flammes de l’Inquisition. Au début du XIVème siècle, un petit groupe mené par Pierre Authier tente de rallumer la flamme Cathare, mais ils seront traqués un à un et brûlés vifs. En 1321, le dernier parfait Cathare, Guilhem Belibaste, monte à son tour sur le bûcher. Quelques années auparavant, en 1309, il avait prophétisé: « Au cap des sept cents ans, le laurier reverdira ». Qui étaient véritablement ces bonshommes qui s’appelaient eux-mêmes bons chrétiens ? Qu’incarnaient ces hommes et ces femmes, dont la foi ébranla à ce point les fondations de l’Eglise catholique romaine qu’elle inventa, à l’origine spécialement pour gérer cette hérésie Cathare, la terrible et sanguinaire Inquisition ? Les paroles de Blaise Pascal sont plus que jamais d’actualité : « La vérité est si obscurcie en ces temps et le mensonge si établi, qu’à moins d’aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître. » C’est dans cet univers de foi, de violence et d’obscurantisme que se déroule l’intrigue. Un mystérieux héritage vient percuter de plein fouet le quotidien de Florian Holiney. Une guilde secrète dont l’origine est inconnue, des codex à déchiffrer, des rencontres étonnantes, des erreurs à réparer. Les Cathares n’ont pas fini de faire couler de l’encre ! Cet ouvrage est le premier d’Arnaud de Montjoie.

Biographie de l'auteur

Arnaud de Montjoie est un habitant de cette Terre Occitane où brille encore, dans le souffle invisible de la nature, le doux chant des " bonshommes ". Le Phénix Cathare est son premier roman.

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 02:30
Bandeau découvrir bandeau musee pyreneen de Niaux

Voici la seconde partie du reportage sur le musée Pyrénéen situé à Niaux en Ariège (voir la première partie des cartes vous indique son emplacement exact). C'est parti pour la suite de la visite, suivez le guide ...

Connaissez-vous l'Ariège ? J'ouvre une parenthèse pour vous dire un petit mot sur ce département français qui a été dessiné à la Révolution par Marc Guillaume Vadier, l'Ariège compte 332 communes réparties en 22 cantons. Sa superficie est modeste avec ses 4890 km² le place au 77ème rang en France. Le département est divisé en 4 pays :

  - Les Portes d'Ariège-Pyrénées ;

  - Le Pays de Foix-Haute-Ariège ;

  - Le Pays des Pyrénées Cathares ;

  - Le pays de Couserans.

L'Ariège a une faible densité démographique, il est au 91ème rang des départements français avec 28 habitants au km², contre 95 en moyenne nationale. Comme tous les pays pyrénéens, l'Ariège a subi une véritable saignée démographique, durant la deuxième partie du XIXème siècle, puisqu'il y avait en 1846 presque le double de la population. Au recensement de 2005, on comptait en effet 142 453 habitants, alors qu'ils étaient plus de 270 000 en 1846 !

Après la maladie de la pomme de terre et la famine de 1853, le choléra puis la désertification rurale feront des hécatombes. L'Ariège sera un des départements les plus touchés par l'épidémie de choléra en France, avec 11 400 morts à la fin de 1854, soit plus de 10 % des décès recensés sur le territoire national. Les Ariègeois trop nombreux sur une terre pauvre, ont été en plus frappés par la fin de l'industrie métallurgique locale et tout cela a provoqué des exodes massifs, au-delà du phénomène de "tombada" (mot occitan désignant un espace, un lieu économique plus attractif qui attire et regroupe les habitants d'un même terroir) régulant les échanges migratoires de la montagne vers la plaine. La guerre de 14-18 fera ensuite, et plus cruellement encore, le vide dans les communes.

L'abandon des modes de vie traditionnels a aussi fortement accéléré l'émigration des jeunes vers les villes et, au-delà, vers d'autres continents.

Mais ! Depuis 1999, le déclin démographique a cessé avec une croissance annuelle de 1,1 % du solde migratoire. Il faut savoir que l'Ariège, a une population les plus âgées de France, dans certains cantons comme Quérigut, Massat, Castillon, près de la moitié des habitants est sexagénaire

Du point de vue agricole, le département a connu la liquidation de la plupart de ses exploitations. Impressionnant, les chiffres parlent d'eux-mêmes, celles-ci sont passées de 5 100 en 1998, à 2 600 en 2005 et le nombre d'exploitants a chuté de 10 000 à 6 000. En revanche, les surfaces exploitées ont augmenté, de 27 à 47 hectares.

L'Ariège des statistiques paraît aussi pleine de paradoxes, on y note de très bons résultats au bac mais il y a très peu d'emplois qualifiés, ce qui fait fuir les jeunes ! En Midi-Pyrénées, l'Ariège est bien placée pour les créations d'entreprises mais ... sans salarié, car ici on s'engage d'abord seul dans une aventure artisanale.

Le tourisme et le développement des activités culturelles forment un des atouts majeurs pour l'avenir du département. On estimait, au début des années 2000, à 2 millions le nombre annuel de touristes en Ariège, ce qui induirait quelques 2 800 emplois directs. Il est vrai qu'au-delà des chiffres, cette partie des Pyrénées dispose d'un fort capital de notoriété et même de sympathie lui attirant un nombre croissant de visiteurs, de touristes, de randonneurs.

Le temps des solidarités paysannes et des autonomies féodales a laissé des traces indélébiles sur des terres de refus et de persécutions. Les décisions autoritaires, ou jugées comme telles, n'y prennent pas racine ... Qui sait si l'Ariège, tout comme le Pays de Sault dans l'Aude d'ailleurs, n'a pas, depuis un siècle et demi, rêvé d'un splendide isolement, en sachant inconsciemment que l'espace vierge, des montagnes intactes et des étendues dépeuplées seront les vraies richesses du siècle qui commence ? 

panorama musee pyreneen

Ce n'est pas fini, il y a encore plein de choses à voir au premier étage, et au rez-de-chaussée au fond, j'ai aperçu une porte qui s'ouvre sur une seconde partie du hangar où sont exposés des outils, des charrettes diverses, des motos, alambic ...etc.

Musee Pyreneen de Niaux 002

Max Dejean et son épouse Denise ont reconstitué une salle de classe début du XIXème siècle, impressionnante de vérité

Musee Pyreneen de Niaux 003

Gros plan sur les affiches ornant les classes à cette époque

Musee Pyreneen de Niaux 004

Très belle reconstitution avec le mobilier d'époque, il ne manque que les élèves !

Musee Pyreneen de Niaux 063   Musee Pyreneen de Niaux 036

Les habits traditionnels du  XIXème  début du XXème siècle (voir la photo de mariage ci-après)

Musee Pyreneen de Niaux 062

Reconstitution du chambre avec son mobilier ariègeois du XIXème siècle.

Sur la gauche où le personnage est assis, c'est le "cacadou" ou siège d'aisance du XIXème  siècle, provenant du château de Rhodes près de Labastide-de-Sérou

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Mobilier d'époque XIXème siècle

Musee Pyreneen de Niaux 058

Deux modèles de baignoire en zinc du XIXème siècle

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Un fauteuil roulant du XIXème siècle

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Photo d'un mariage ariègeois au XIXème siècle pour vous présenter les tenues de l'époque

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Coiffes bordées de dentelle tuyautée provenant de la vallée de Saurat de la fin du XIXème siècle (cliquez sur les photos pour agrandir)

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Une armoire contenant du linge de maison et divers accessoires de la vie courante au XIXème siècle, avec toujours des petites étiquettes explicatives

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A l'étage il y a une partie consacrée à la filature, confection de la lingerie, rouets, quenouilles...etc.

Un rouet est un instrument ancien à roue actionné par une pédale ou une manivelle, et servant au filage de la laine, le chanvre ou le lin et toute autre fibre. La quenouille est une tige de bois ou d'osier qui peut être décorée, la quenouille sert à maintenir et stocker les fibres qui ne sont pas encore filées, afin qu'elles ne s'emmêlent pas et qu'il soit facile de les utiliser. Les fibres sont enroulées autour de la quenouille et maintenues en place à l'aide d'un ruban.

Musee Pyreneen de Niaux 075

Malles ou coffres de voyage du XIXème siècle

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Les vitrines renferment divers objets utilisés par les bergers, d'autres, servant à confectionner le beurre et le fromage, le tout est étiqueté.

Musee Pyreneen de Niaux 070

A votre avis, à quoi servait ceci ? ....  C'est une cuve de teinturier en cuivre, utilisée pour teindre les écheveaux de laine, lin et chanvre au XVIIIème siècle, elle provient de la filature Carbonne à Saurat

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A gauche, une collection de battoirs à chaume, servant à aligner la paille de seigle sur le toit. A droite, un peigne à chaume servant a trier la paille au sol avant de la hisser sur le toit à couvrir.

Musee Pyreneen de Niaux 100

Ici sont rassemblés des quelques outils de forgeron

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Une cabane portable ou plutôt l'abri portable pour la nuit, destiné au berger au XIXème siècle.

Non ! ce n'est pas une blague, regardez ci-dessous, ces deux photos d'époque qui illustrent bien les conditions de vie du berger pendant ce siècle.

cabane de berger 01   cabane de berger 02

Cabane de berger au XIXème siècle (cliquez sur la photo pour agrandir), celle-ci est montée sur roue, alors que la précédente était portée par deux hommes.

Musee Pyreneen de Niaux 103

Dans ces vitrines, une multitude d'objets usuels utilisés par les bergers, ainsi que des objets en bois pour la confection du fromage et du beurre

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Une collection de moules à beurre gravés en bois. Il y a des moules à décor floral en noyer provenant de la vallée de Saurat. Et à droite dans la vitrine, un moule : la première fruitière de Ganac (Ariège, près de Foix) du début du XXème siècle

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A gauche, baratte en "cresp" provenant d'Ampriels de la fin du XIXème siècle. Au centre, baratte provenant de Dalou pays de Foix et à droite elles proviennent de Saurat (XIXème siècle) et de Bédeilhac (1930).

La baratte est un outil qui permet de transformer la crème de lait en beurre. Le mouvement s'effectuait à la verticale de haut en bas, le barattage consiste à séparer par un mouvement mécanique les particules de matière grasse contenues dans la crème (les globules gras) du lactosérum (aussi appelé petit lait ou encore lait de beurre). Les particules de matière grasse s'agglomèrent alors entre elles pour former des grains de beurre. Ceux-ci sont extraits de la baratte, lavés et malaxés pour débarrasser le beurre d'un maximum de babeurre (lait battu) possible. Le barattage peut durer d'une trentaine de minutes à deux heures.

Musee Pyreneen de Niaux 098

Sur les vitrines toutes une série de lérous, récipients en bois destinés à la traite, au transport du lait et à la fabrication du fromage.

Des gourbilhos (hottes en osier) qui servaient au transport de la terre et du fumier sont exposés.

Dans les vitrines vous avez des ustensiles de cuisine, des instruments de médecine, des appareils d'éclairage, de la vaisselle en verre, le tout datant du XIXème siècle pour la plus part.

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Des mesures à grain, au centre des Demoiselles ou quenouilles du Moulin

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Hottes pour le transport des foins à dos d'âne

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Un métier pour ferrer les bovins, en général il ne se trouvait pas très loin de l'atelier du forgeron

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Au premier étage, encore des vitrines présentant : des ustensiles manuels pour le filage de fibres textiles ; des objets de décoration ou vestimentaires, c'est assez hétéroclite et insolite, soyez attentif.

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Une vue du rez de chaussée

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A gauche, une tête énigmatique retrouvée à Crampagna (Ariège). Photo de droite, voici l'unique armoire creusé dans un demi-tronc de sapin. Fabriqué à la fin du XIXème siècle par Jean Gaston dit "Sansou", originaire des Bordes-sur-Lez dans la vallée du Ribérot au pied du Mont Vallier. Grand chasseur d'isards Sansou a aussi tué deux ours. Né en 1874, il est décédé en 1968 à l'âge de 94 ans. A l'intérieur, rare matériel de fromager du Couserans.

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Boulet en fonte de fer calibre 150 mm, poids 35 kg, datant des guerres de religion, découvert au pied du Castella, à Pamiers.

Le 6 mars 1628, après deux jours de marche depuis Toulouse, et sur les ordres du cardinal de Richelieu, le prince de Condé vient assiéger le Castella de Pamiers afin de démanteler définitivement la résistance protestante. A la tête d'une armée de 4500 hommes, il positionne huit pièces d'artilleries entre les portes de Sainte-Hélène et de Lestang. La ville de Toulouse lui fournit l'artillerie et les munitions. Il y a là dix compagnies des régiments de Normandie, de Phalzbourg, Sainte Croix, Annibal, Bioule, et quelques gens ramassés dans les montagnes du pays de Foix. Condé pilonne le Castella toute la journée afin de créer une brèche dans les fortifications où se sont retranchés 1200 à 1500 hommes de garnison, renforcés par 300 soldats cévenols. la reddition des assiégés, qui sera suivie d'une gigantesque débandade, de règlements de comptes, d'exécutions et d'une mise à sac de la ville par les troupes royales (ajoutés à la mort de 400 huguenots et d'une centaine de soldats de l'armée royale), met fin à 75 ans de guerre civile et de massacre successifs. Ce boulet est le témoin de ce noir épisode de l'Histoire de France.

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Au fond du musée, une porte s'ouvre sur une autre partie tout aussi intéressante, de nombreux outils d'ébéniste, quelques motos anciennes, un alambic, des charrettes ...etc, surprenant !

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Dans cette seconde partie du misée, vous avez l'impression de pénétrer au premier abord dans un atelier de menuiserie où la vie c'est arrêtée !

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De nombreux outils anciens de menuisier, de charpentier sont rassemblés ici ...

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Parmis tous ces outils anciens, les spécialistes les reconnaîtront car chacun d'eux ont un nom, comme la plane-du-charron, le bouvet, la wastringue, la drille, ... etc.

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Et, au fond du hangar, Max Dejean pour les passionnés, a stocké des motos allant des années 1920 à 1975, comme ici au premier plan une moto Favor 175 cm³ de 1926, et derrière des Motobécanes

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Voici une moto KE125cc de 1952 de la marque française Koehler-Escofier

Le 1er novembre 1912, Marcel KOEHLER et Jules ESCOFFIER s'associent pour créer la maison KOEHLER-ESCOFFIER, 30 Avenue de Noailles à Lyon (69) ...

Si vous êtes intéressé par ces vielles bécanes de la marque et son histoire, jetez un oeil sur ce site http://www.monet-goyon.net/HistoriqueKE.html

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Des motos Malaguti Olympique 40RS et V5 des années 1975 (50 cm³)

Musee Pyreneen de Niaux 086

Au centre, une moto de marque Jawa 350 cm³ bicylindre 2 temps, transformée en 1960 en moto pour handicapé par un mécanicien de la région.

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Il y a aussi des motos de marque Motobécane 175 cm³ des années 1950

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Une moto Favor 175 cm³ de 1926 au premier plan, derrière à gauche, une Monet et Goyon MG200ccM2VDO de 1955

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zoom sur le moteur de la Favor 175 cm³ de 1926 ci-dessus

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Moto KE125cc de 1952 de la marque Koehler-Escofier

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Toujours dans cette partie du musée on trouve ceci :

Le canton de Massat était connu autrefois pour ses alambics ambulants. De villages en villes, les distillateurs ariègeois bouillaient pour les propriétaires, prunes, cerises ou marc de raisin.

On les retrouvait à Montpellier, dans la région d'Auch (Armagnac) et même jusqu'à Angoulême (Cognac).

La législation française, très stricte sur la production des alcools, les obligeait à travailler dans des "ateliers publics" soigneusement choisis et recensés par département.

Avec la fin de la transmission du droit de bouillir, il ne reste plus en Ariège que deux distillateurs ambulants.

Musee Pyreneen de Niaux 076

Serait-ce un alambic ? C'est une vieille photo, probablement de cheminots de la fin du XIXème siècle posant pour la postérité.

Elle était affichée sur l'un des murs du musée, elle m'a plu, je l'ai photographié à mon tour, il semblerai qu'une date figure en bas, 1894 !

Musee Pyreneen de Niaux 092

Une faucheuse ! La faucheuse mécanique a supplanté les faucheurs et faucheuses en période de moisson, rendant la coupe des céréales et des foins bien plus rapide et bien moins fatigante.
Développée dans la seconde moitié du XIXème siècle, immédiatement après la révolution industrielle.

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Quelques charrettes à usages très diverses qui étaient tirées autrefois par des boeufs ou chevaux

Musee Pyreneen de Niaux 090

La charrette était destinée à transporter divers types de marchandises : foin, bois mort, pierres, récolte de fruits ou de légumes, ... etc.

Musee Pyreneen de Niaux 095

Voilà notre visite se termine, j'espère qu'elle vous aura donné envie d'aller voir ce musée très intéressant, si vous allez en Ariège

Musee Pyreneen de Niaux 096 Un corbillard attelé datant fin XVIIIème début XIXème siècle, une page qui se tourne sur ce siècle écoulé.

Merci à Denise et à Max Dejean pour ce voyage dans le passé.

 

Le musée Pyrénéen de Niaux, est ouvert tous les jours de l'année :

          - Juillet - Août : de 10h à 20h

          - Mai - Juin et Septembre : 10h-12h / 14h-19h

          - Hors saison : de 14h à 18h

Des visites commentées pour les groupes de plus de 20 personnes peuvent être organisées sur RDV, ainsi que des visites pédagogiques pour les groupes scolaires sur la base de différents thèmes proposés, idem sur RDV.

 

Tél . : 05.61.05.88.36 

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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 02:30
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Musée Pyrénéen de Niaux, un patrimoine pyrénéen unique qui vaut le détour !

Cette fois, je vous emmène faire une escapade en Ariège qui je pense va vous intéresser, car nous avons tous en nous un passé vécu ou quoiqu'on en dise "génétique" qu'il est bon de découvrir ou de redécouvrir. Je vous offre l'occasion de laisser des commentaires à la fin du reportage, n'hésitez pas à laisser vos impressions, une "trace écrite" de votre passage ou dire tout simplement ce que vous en penser.

 

Partant de Tarascon sur Ariège, la vallée de Vicdessos s'enfonce profondément dans la montagne au milieu de pics élevés, tels le Montcalm 3078m ou le Malcaras 2865m. La vallée de Vicdessos est également un paradis pour les randonneurs. Au milieu d'une nature préservée tout comme le Pays de Sault, l'Ariège offre aux randonneurs des sites grandioses. Le village de Niaux doit sa célébrité principalement de la "Grotte de Niaux"(de la Calbière de son vrai nom). Cette grotte est un véritable complexe souterrain se ramifiant sur des kilomètres, ses galeries abritent des peintures rupestres magdaléniennes (chevaux, cerfs et bisons) d'une qualité exceptionnelle. Mais le sujet d'aujourd'hui est tout autre, je vous invite donc à feuilleter un passé plus proche de nous, celui des arts et des traditions populaires de l'Ariège dans ce reportage de plus de 100 photos vous découvrirez l'histoire locale qui a des similitudes avec très certainement d'autres régions, mais je pense que tout le monde  y trouvera son compte en regardant les photos.

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Comme d'habitude trois cartes pour vous situer les lieux du reportage d'aujourd'hui.

Pour les amis toulousains Niaux n'est qu'à 107 km il vous faut 1h15 de route, pour les amis de Carcassonne 144km, 1h30 ce n'est pas loin ! Belcaire n'est qu'à 54 km de Niaux.

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A Tarascon sur Ariège prenez la direction de la vallée de Vicdessos, Niaux se situe à 5km de la N20

ariège pyrénées carte 03 Arrivé à l'entrée de Niaux, par la D8, après la grotte de Niaux, le musée se trouve sur votre gauche, vous ne pouvez pas le rater !

Musee Pyreneen de Niaux 001 Les belles montagnes ariègeoises vues de la vallée de Vicdessos

Nous allons à Niaux à 3 km de Tarascon sur Ariège, visiter un musée pas comme les autres. Différent pourquoi ? Eh bien, c'est un particulier originaire de Vicdessos, monsieur Max Dejean, un homme  très sympathique, secondé par son épouse Denise, qui a force de récupérer et d'accumuler des objets usuels de la civilisation paysanne, objets domestiques, de travail, de loisirs ou de culte, dans son entrepôt, a eu la merveilleuse idée en 1982 de se lancer, sans un sou de subvention, dans la création d'un musée privé.

Ces deux passionnés ont parcouru à partir des années 1970 les vallées, la montagne et la plaine des pays ariègeois pour collecter et sauver tous les témoins d'un mode de vie qui n'avait pas beaucoup évolué depuis le Moyen Âge.

Ce musée n'existe que par amour et l'envie de partager toutes ces choses utiles dans ce passé, ... pas si lointain ! Les 450m² d'exposition de ce musée vous entraînent à la découverte d'une véritable caverne d'Alibaba sur la civilisation pyrénéenne.

La présentation par thèmes permet de visualiser le cadre de vie des paysans d'antan ainsi que leurs métiers, les moyens de transport ou encore l'art religieux.

Le musée présente plusieurs milliers d'objets traditionnels concernant les activités et la vie quotidienne : pastoralisme, meunerie, activités domestiques, religion, travail du verre et du fer, jusqu'aux débuts de la vie moderne. Vous pourrez observer aussi, des silex taillés préhistoriques jusqu'aux outils de nos grands-pères, des premiers pasteurs aux derniers bergers vivant en autarcie, c'est la découverte d'une véritable civilisation pyrénéenne à travers les multiples activités de nos ancêtres, leur outillage astucieux et de magnifiques objets domestiques façonnés à la main. On peut y contempler la plus importante collection à ce jour d'objets en crespal (récipients monoxyles, taillés dans un tronc d'arbre) ainsi que des reconstitutions d'habitats, comme par exemple, une salle de classe de 1900 et ateliers.

Ce musée Pyrénéen a obtenu plusieurs récompenses nationales pour la qualité de ses collections, dont une citation, en 2003, comme "Meilleur Produit touristique culturel.

Très passionnante cette exposition sur la vie quotidienne dans les Pyrénées ariègeoises de la préhistoire à nos jours. Un patrimoine pyrénéen unique qui vaut le détour !

Pour l'anecdote, beaucoup d'accessoiristes et réalisateurs de cinéma emprunte des éléments du musée, comme Bertrand Tavernier qui est venu chercher ici les objets de son film "La passion Béatrice".

Je ne vais pas tout vous montrer, ni vous détailler tous les objets que vous verrez, tellement il y en a, mais j'espère que cela vous donnera envie d'aller visiter ce lieu où tous ces objets qui ont eu une vie, reposent en paix aujourd'hui pour raconter "l'Histoire d'une région".

 

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La vallée de Vicdessos, vue de Miglos avec, à gauche, le pic Rouge de Bassiès 2676m

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A gauche, le Don Quichotte ariègeois, gardien à l'entrée du musée pyrénéen à Niaux. Photo de droite, le petit village agréable d'Auzat au fond de la vallée de Vicdessos. Au fond, près du pont, le bar "Les 3000" au bord de la rivière l'Artigue que vous voyez , au pied du Montcalm, vous offre une cuisine de bistrot selon saison, grillades, confit de canard, plats cuisinés, c'est sympa et les prix sont raisonnables !

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Le musée Pyrénéen de Niaux

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Une vue prise du premier étage du musée Pyrénéen, ce qui frappe quand vous pénétrez dans ce lieu d'exposition, c'est la quantité impressionnante d'objets usuels d'autrefois. C'est bien fait, tous ces objets sont regroupés par famille en fonction de leur utilité, il y a des étiquettes et des notices explicatives et parfois des photos pour ce mettre dans le contexte de l'époque.

Une salle de classe, une pièce de vie, une chambre, sont reconstitués comme autrefois. Il y a tellement de choses à découvrir que l'on y passerait des heures !

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ici vous avez une série de gancho, crochet pour attraper les ovins. Des armellats en bois qui servaient à fermer les enclos. Des sonnailles, égouttoir et séchoir à fromages de la vallée du Ribertot. Un ensemble à confectionner le fromage taillé dans un tronc d'arbre. Il y a aussi, des vitrines où sont exposés des vestiges de la préhistoire. Il y en a pour tous les passionnés et simples curieux.

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Esqueillos, sonnailles et colliers

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A gauche, un lit portable et pliant, réglementaire de douanier datant du début du XXème siècle, celui-ci a appartenu au père d'André Barrau d'Auzat. A droite, des skis et raquettes des années 1950.

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Photos montrant l'utilisation du lit portable de douanier ci-dessus, la frontière avec l'Espagne n'est pas loin. Comme beaucoup de départements adossés à une frontière, l'Ariège a été le cadre d'une forte activité de contrebande, du fait de sa proximité avec l'Espagne et surtout avec l'Andorre. Les habitants d'Auzat avaient d'ailleurs la réputation d'être les plus experts des contrebandiers pyrénéens. La contrebande traditionnelle, dont le XIXème siècle a été l'âge d'or, a disparu pour laisser place à des trafics professionnels de plus ou moins grande ampleur, comme le passage de travailleurs immigrés clandestins ou le transport de drogues. Toute-fois, la contrebande de tabac et d'alcools se poursuit du fait du statut de l'Andorre et de la forte hausse des prix du tabac en France actuellement.

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Des skis et chaussures avec une semelle sabot en bois recouvert de cuir, voilà l'équipement pour pratiquer le ski au XIXème siècle. Les fixations ont beaucoup évoluées !

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Collier à chien en fer forgé. Utilisé comme appareil de défense contre les ours et les loups de la fin du XVIIIème au début du XIXème siècle (provenance Sem). On avait officiellement déclaré, entre 1636 et 1765, 257 loups abattus par un groupe de chasseurs répertoriés. Un dénommé Bernard Rougé, meunier à Ax-les-Thermes, a liquidé à lui seul, 13 loups entre 1726 et 1762. Il faut savoir, que la région a sans doute abrité la plus vaste population de loups de toutes les Pyrénées, 308 bêtes y furent encore tuées entre 1800 et 1850.

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L'exposition de l'ours sur la place des villages, s'accompagnait toujours de récompenses pour le chasseur. Le dernier ours de souche ariègeoise fut tué en 1942, par Clément Rauzy-Milomme, au port de Montestaure, au pied du pic de Brougat. En Haute Ariège, la présence des plantigrades a pris des proportions de catastrophe au XVIIIème siècle. On organisa des battues collectives deux fois par an, avec des amendes pour ceux qui n'y participaient pas. Entre 1816 et 1942, on en tua durant cette période environ 92, dont certains à l'aide de poison. Les huit derniers plantigrades du département furent éliminés entre 1922 et 1942 dans le secteur Ussat, Auzat, Aston et Bordes.

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L'Ariège foisonnait de gibier au XIXème siècle en témoigne cette relique.

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A gauche, équipements en frêne pour le transport à dos d'âne. A droite, du matériel agricole entièrement réalisé en bois datant du XIXème et début XXème siècle, araires, herses, jougs.

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Aygors (hottes) pour transporter les petits cochons que l'on montait à l'orri (abri en pierres que l'on trouve à l'estive) pour les engraisser durant tout l'été. Provenance : Gestiès.

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Caichos, caisses pour le transport de la terre à dos d'âne, provenance vallée d'Auzat datant du début du XXème siècle.

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Mesures à grain, pour la vente ou le troc des céréales, seigle et sarrasin, une mesure équitable s'avérait nécessaire. Chaque ville avait donc les siennes, presque chaque village. En exposition ici :

La mesure officielle de la ville d'Ax-les-Thermes était marquée de fer sur chaque face pour éviter la fraude. Il y avait aussi une mesure tronconique (provenance Saint-Ybars). Une petite mesure datée de 1876, avec un boisseau et demi boisseau. Il y a une mesure à grain faite d'écorces de bouleau et de merisier (provenance Saint-Pierre-de-Rivière). Parmi ces mesures il y a un orgueil de meunier, c'est une cale en bois dur pour soulever la meule afin de piqueter sa surface (provenance Bompas)

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Suite de la collection de mesures à grain, certaines proviennent de Montoulieu

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Photo des années 50 une femme guidant les boeufs au labour. Ce qui est aussi intéressant dans ce musée, c'est qu'il y a des photos comme celle-ci, avec des notes explicatives, montrant et racontant l'usage des objets exposés.

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A gauche, différents modèles de jougs, montrant l'évolution de ceux-ci du XIXème au début du XXème siècle. A droite un pressoir entièrement réalisé en bois.

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Joug en frêne. Le joug est une pièce de bois permettant d'atteler des animaux de trait en exploitant au mieux leur force de traction. Le joug s'emploie généralement avec des bovins, parfois des chevaux, et se place sur la tête ou sur le garrot. Il est le plus souvent double afin d'atteler ensemble une paire de bœufs pour labourer ou tirer un chariot.

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A gauche, armellat en bois d'un seul tenant, qui servaient à fermer les enclos (provenance  Lapège XIXème siècle). A droite, un tribulum, traîneau à dépiquer les céréales, déjà connu des romains, des éclats de silex sont incrustés dans le panneaux de bois. Provenance château de Cabre vallée de Vicdessos XIXème siècle.

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Photo du musée de Niaux représentant un labour à l'araire en Haute-Ariège dans les années 50

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Araire, l'ancêtre de la charrue celle-ci provient de Lapège vallée de Vicdessos elle a été réalisée dans du frêne par Émile Claustres dans les années 50 .

L’araire au départ était constitué d’une seule pièce de bois, il évolua et finit par avoir jusqu'à cinq pièces. Le plus souvent en bois, l'araire est composé de trois parties essentielles : 1- le mancheron, tenu par la main de l'homme, permet de guider l'araire. 2- le sep (souvent appelé dental), pièce centrale qui entre en contact avec la terre, ouverte par la reille qui y est fixée. 3- l'age, pièce généralement recourbée, relie l'araire au brancard ou au joug auquel sont attelées les bêtes de trait.

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Des carras, traîneaux tirés par un cheval pour transporter le foin ou le bois, réalisés en frêne. Celui de gauche est fait pour ramener le bois, il provient de Hourre vallée de Vicdessos XIXème siècle. Celui de droite, modèle pour le foin de la vallée d'Aurat début XXème siècle

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La forge est aussi représentée dans ce musée avec des outils de l'époque

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Forgeron forgeant des croix en fer pour les sépultures, comme ici à droite, exposées dans le musée.

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Détail d'une croix de sépulture du XIXème siècle en fer forgé. C'est de la ferronnerie typique de la région ariègeoise et on en trouve aussi dans l'Aude. Ces croix en fer forgé sont aussi implantées aux calvaires, sur les lieux de pèlerinage ou sur des points culminants.

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Chaussures sabots datant des années 1840, c'est sûr que l'on ne passait pas inaperçu avec de telles chaussures

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Extraordinaire ces sabots bottes provenant de Saurat vers 1840

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Reconstitution parfaite de la pièce de vie d'une maison ariègeoise au XIXème siècle

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Tous les accessoires de l'époque y sont, rien ne manque !

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Des personnages en costume d'époque rend l'atmosphère vivant de cette reconstitution de ce lieu de vie ariègeois

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Zoom sur les accessoires de cuisine de l'époque

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Un lérou, récipient en bois pour le lait

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Récipient et plats en terre cuite posés sur la table

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Le coin du feu, c'est dans cette pièce principale que se passait l'essentiel de l'existence des hommes et des femmes aux siècles passés quand ils n'étaient pas aux champs

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Détail sur les éléments disposés sur la cheminée

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Le vaisselier rustique de l'époque, pas de super flux que le strict nécessaire

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Vieux couple d'ariègeois paysan sur le devant de leur maison au début du XXème siècle (photos exposées dans le musée)

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Des chaussures sabots particulières réalisées comme le fameux sabot de Bethmale en Couserans.

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Petits sabots ariègeois du XIXème siècle

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Autre forme de sabots Bethmales tronqués du XIXème siècle

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Petits sabots pour apprendre à marcher début du XXème siècle provenance Lapège

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Zoom sur les sabots ci-dessus, remarquez le détail sous le sabot, des plots permettaient un meilleur équilibre sur des sols pas toujours réguliers.

 

Beau témoignage historique ! Que pensez-vous de ce voyage dans le passé de vos ancêtres ?

J'ai encore une cinquantaine de photos grand format à vous présenter, et pour évitez un téléchargement trop long de l'article, je vais vous faire une seconde partie tout aussi intéressante. Laissez moi juste le temps d'installer le tout sur le serveur, de légender chaque photo et votre fidélité sera récompensée. A bientôt donc pour la suite de ce reportage ...

 

Le musée Pyrénéen de Niaux, est ouvert tous les jours de l'année :

          - Juillet - Août : de 10h à 20h

          - Mai - Juin et Septembre : 10h-12h / 14h-19h

          - Hors saison : de 14h à 18h

Des visites commentées pour les groupes de plus de 20 personnes peuvent être organisées sur RDV, ainsi que des visites pédagogiques pour les groupes scolaires sur la base de différents thèmes proposés, idem sur RDV.

 

Tél . : 05.61.05.88.36


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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 02:30
bandeau livres conseillés

livres conseillés sur les cathares 01

On me demande souvent un avis pour l'achat d'ouvrages sur les Cathares, les citadelles de l'Aude, la découverte de cette belle région, ... etc. Il est vrai que la littérature sur ces sujets ne manquent pas. Je me suis dit, pourquoi ne pas faire un article afin de vous faire découvrir des livres qui méritent d'être lu et de figurer dans votre bibliothèque. Je vous en propose quelques uns, vous pouvez vous aussi m'en soumettre et je compléterai ainsi cette liste, qui peut très certainement intéresser les visiteurs du site. Vos commentaires (que vous pouvez laisser en bas de l'article) confirmeront ou désapprouveront peut-être mes choix ... Bonne lecture ...

livres conseillés sur les cathares 03

Très, très intéressant !! Lire, rend t'il intelligent ?

Histoire des Cathares. Hérésie, croisade, inquisition du XIème au XIVème siècle, réédité sous le titre "Histoire des cathares". Auteur : Michel Roquebrune aux éditions "Tempus", 538 pages au prix de 10,80 euros.

Histoire des cathares Cet ouvrage Histoire des cathares fait autorité écrit par un spécialiste reconnu du catharisme.

Excellent livre de synthèse sur les cathares, et sur des livres qu'il a déjà écrits, l'auteur nous dévoile les tenants et aboutissants de cette croisade contre les albigeois, ainsi que les différents leviers l'ayant provoquée. Sont analysés les figures de proue de cette épopée cathare, jusqu'à l'apparition de l'inquisition.

De 1970 à 1998, en cinq volumes et près de 3000 pages, Michel Roquebert a reconstitué avec une minutie inégalée la société cathare, son histoire et celle de sa répression, en se fondant uniquement sur les sources du temps : traités et rituels cathares, chroniques, interrogatoires et sentences de l'Inquisition, correspondances des papes, des rois et des Grands, canons conciliaires, actes publics et privés de tout ordre. Ce travail de trente années appelait naturellement une histoire générale en un seul volume qu'espéraient les fidèles de Michel Roquebert et plus encore tous ceux qui ont reculé devant la dimension et l'étalement dans le temps des cinq tomes précédents. Voici enfin cette Histoire des Cathares tant attendue, couvrant plus de trois siècles. Elle raconte : 1) l'hérésie, sa nature exacte, son essor dans l'Europe entière et les raisons de son développement particulier dans les États du comte de Toulouse et des vassaux correspondant aujourd'hui, en gros, aux régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ; 2) la Croisade, lancée en 1209 par le pape Innocent III dont la chute de Montségur en 1244 apparaît comme l'aboutissement 3) l'Inquisition, fondée en 1233 à Toulouse, pour éradiquer définitivement le christianisme dissident dont elle ne vient totalement à bout que dans le premier quart du XIVème siècle.


 

Cathares. La terre et les hommes. Auteurs : Gérard Sioen, Michel Roquebert aux éditions "Place des Victoires", 259 pages au prix de 30 euros.

Cathares. La terre et les hommes

Christianisme dissident apparu dès avant l'An Mil, le catharisme s'est nourri, trois siècles durant, des pulsions réformatrices ou simplement contestataires qui agitaient l'Europe occidentale.

Vingt ans de guerre et un siècle d'Inquisition ont inscrit leur histoire dans des milliers de documents écrits. Mais la terre aussi a gardé les traces tangibles du drame cathare : ce sont les vestiges des châteaux forts dressés contre la Croisade puis contre la persécution. Certains d'entre eux figurent parmi les plus belles forteresses de l'Europe médiévale. Restent aussi les villes et les lumineux paysages du Midi, tour à tour tendres et rudes, où vécurent des hommes et des femmes dont beaucoup, voici plus de sept cents ans, sont morts pour la liberté de croire à la religion de leur choix. De très belles photos de Gérard Sioen illustrent le récit de ce tragique épisode raconté par Michel Roquebert.

 

Les auteurs : Michel Roquebert, né à Bordeaux ancien professeur de philosophie, puis longtemps critique d'art à La Dépêche du Midi, Michel Roquebert est aussi un spécialiste passionné du " pays Cathare " sur lequel il a écrit de nombreux ouvrages, il publia en 1966 Citadelles du vertige. Il entreprit la même année de reconstituer pièce à pièce l'histoire du catharisme occitan, de la croisade albigeoise et de l'Inquisition méridionale : ce furent, de 1970 à 1998, les 3 000 pages de L'Épopée cathare, en cinq volumes, dont le premier lui valut le Grand Prix d'Histoire (Grand Prix Gobert) de l'Académie française. Il est membre titulaire de la Société archéologique du Midi de la France ainsi que du Conseil scientifique du Centre d'Études Cathares / Centre René Nelli de Carcassonne.

Quand à Gérard Sioen, après avoir parcouru le monde pendant quinze ans pour les plus grands magazines et publié plusieurs ouvrages, Gérard Sioen se consacre depuis plusieurs années au pays Cathare où il habite aujourd'hui. Il y possède deux galeries de photographies qui rendent hommage à une région où paysages et vestiges des siècles éteints s'allient dans la violence comme dans l'harmonie.


 

Le vrai visage du Catharisme. Auteur : Anne Brenon, aux éditions "La Louve", 352 pages au prix de 18 euros.

Le vrai visage du Catharisme Catharisme au vrai visage... visage humain, visage vivant. On ne trouvera pas ici une vaine construction de cette imagination " combleuse de vide " qui, depuis le début du XXème siècle, porte tant d'auteurs à fabriquer un catharisme mythologique à petits renforts de trésors cachés, de Graals pyrénéens, d'inédits de Platon ou de rêves bouddhistes. Le catharisme fut l'un des grands courants du Moyen Age chrétien : particulièrement, mais non exclusivement implanté en Occitanie, déraciné par le fer des armées catholiques, les procédures de Home et les bûchers, il disparut de l'Histoire à la fin du XVème siècle, laissant, par-delà une longue oblitération, un message vivant, tiré de la mémoire des documents médiévaux. Christianisme sans damnation éternelle et sans croix, le catharisme refusa le mal et la violence et crut en la bonté fondamentale de la nature humaine. Le vrai visage du catharisme, celui des Bons Hommes dont le bâton sonnait de bourg en château, de ville en désert clandestin, celui des croyantes entraînant ceux qu'elles aimaient dans leur aventure et dans leur foi, c'est le visage que les cathares nous montrent à travers le miroir dépoli des manuscrits et du temps.

 

L'auteur : Anne Brenon est diplômée de l'École des Chartes, Conservateur des Archives de France, diplômée de l'École des Hautes Études en Sciences Religieuses et spécialiste du catharisme occitan et des hérésies médiévales. Elle a en outre fondé la revue Heresis.



La religion Cathare. Le Bien, le Mal et le Salut dans l'hérésie, auteur : Michel Roquebert, aux éditions "Tempus", 441 pages au prix de 10 euros.

religion Cathare. Le Bien, le Mal et le Salut dans l'héré

Du XIème au XIVème siècle, la chrétienté médiévale fut traversée, des Balkans à la Champagne, de l'Italie et du Languedoc à la Flandre et à la Rhénanie, par un vaste courant religieux. L'histoire connaît cette hérésie sous le nom de catharisme. Ses adeptes imputaient la création du monde visible non point au "bon" Dieu, mais à un principe mauvais qui, en créant l'univers matériel et le temps qui corrompt toute chair, a permis au mal de se manifester par la souffrance et par la mort. Ils se proclamèrent chrétiens, mais le dualisme sur lequel reposait leur foi les fit accuser d'être de "nouveaux manichéens". Ce fut à ce titre qu'ils furent persécutés jusqu'à leur éradication complète, leur dogme constituant pour l'Église un danger évident. On ne les a longtemps connus que par les écrits de leurs adversaires. Or la découverte de textes authentiquement cathares a permis d'avoir une vue plus juste des choses. Michel Roquebert se penche sur leur foi elle-même, comme sur les pratiques qui l'accompagnaient, en les comparant point par point à l'orthodoxie catholique.


 

Comprendre la tragédie des Cathares. Auteurs : Claude Lebédel, Catherine Bibollet, aux éditions " Ouest-France", 127 pages au prix de 17,90 euros.

Comprendre la tragèdie des Cathares Savez-vous que le mot "cathare" n'a été utilisé qu'à partir du XIXème siècle pour désigner les tenants au XIIIème siècle d'une foi et d'une pratique religieuse que la papauté catholique considérait comme dangereusement hérétiques ? Savez-vous que la quasi-totalité de ce qui est connu des cathares provient des interrogatoires conduits par les inquisiteurs mandatés par l'Église catholique ? Savez-vous qu'à la faveur de ce conflit religieux, le royaume de France a pu étendre sa domination sur le Sud occitan ? Claude Lebédel s'attache dans cet ouvrage à décrire, le plus clairement possible, le contexte historique, culturel et religieux ainsi que les événements qui ont marqué cette véritable tragédie sur laquelle, du XIIIème au XIXème siècle, la chape de plomb de l'oubli s'est abattue et à propos de laquelle une certaine tendance à l'affabulation s'est développée. Le touriste, ou le curieux, qui souhaite aller sur les traces des cathares y trouvera des indications répondant à son désir d'un itinéraire culturel et historique cathare"

 

Les auteurs : Après une longue carrière de haut fonctionnaire de l'Assemblée nationale, Claude Lebédel, historien de formation, s'est à l'étude des grands événements du passé. Il s'est toujours efforcé de décrire et d'analyser les faits de manière très claire et agréable, même lorsqu'ils sont complexes. Il a publié aux Édition Ouest-France, Histoire de la France des origines à nos jours, Atlas du monde de 1945 à nos jours, Histoire et splendeurs du baroque en France. Catherine Bibollet est photographe indépendante depuis une vingtaine d'années et membre de l'agence Top à Paris (Hachette Photo Illustration). Elle a réalisé de nombreux sujets sur des régions et des thèmes (Patrimoine, Habitat, paysages, Jardins, Produits et artisanat régionaux...) en privilégiant la lumière. Elle a déjà illustré aux Éditions Ouest-France : Aimer le Languedoc-Roussillon, Sur la route des abbayes en Roussillon, Carcassonne, histoire et architecture



Cathares en Languedoc. Auteurs : Nicolas Gouzy, Charles Peytavie, Philippe Jarbinet, Guy Jungblut, aux éditions "Empreinte", 192 pages au prix de 33 euros.

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Au Moyen Âge, des communautés chrétiennes inspirées par le modèle évangélique apparaissent en Languedoc. Elles contestent l'autorité de l'Église catholique. Leurs membres se considèrent comme les seuls vrais disciples du Christ et des Apôtres. On les connaît aujourd'hui sous le nom de " cathares " ou d'albigeois ". Cet ouvrage, élaboré par le Centre d'études cathares, se propose de familiariser le lecteur avec les croyances et la vie quotidienne de ces communautés dissidentes et de retrouver leurs lieux d'ancrage en Languedoc. On suivra aussi les étapes de leur répression et de leur persécution, les événements guerriers de la croisade contre les Albigeois puis la naissance de l'Inquisition qui, au bout d'un siècle d'enquêtes et de procédures, signera la disparition de cette dissidence chrétienne.


 

Les Mots du Catharisme. Auteur : Anne Brenon, aux éditions "Presses Universitaires du Mirail", 127 pages au prix de 10 euros.

Les Mots du Catharisme

Tant de mots se pressent pour dire le catharisme... Ce sont de préférence les mots hérétiques qu'on a choisi de faire parler ici, dans leur vigoureuse sonorité, latine ou occitane. Des mots savants et des mots familiers, des réflexions théologiques, des bribes de prière, des aveux devant l'Inquisition. Ils ouvrent l'accès à une forme de logique chrétienne qui au Moyen Âge fut mise au ban de la chrétienté, mais qui peut surprendre aujourd'hui, par sa charge de pensée aussi intelligible que toute autre, d'espérance religieuse pas plus absurde qu'aucune autre. Quelques expressions des actuels débats scientifiques ont aussi été requises, pour rendre ses distances et ses doutes à l'Histoire. Requis également les multiples noms, ceux qui, émanant de l'autorité, inventent les proscrits, ceux dont eux-mêmes se reconnaissent. Tant de cathares ne surent jamais qu'ils étaient des cathares...


 

Les Cathares. Une église chrétienne au bûcher. Auteur : Anne Brenon, aux éditions "Toulouse, Milan", 63 pages au prix de 5,90 euros.

Les Cathares. Une église chrétienne au bûcher Anne BRENON toujours égale à elle même sait intéresser le lecteur, aussi bien le néophyte qui découvre le monde cathare que celui déjà très documenté sur le sujet.

D'eux-mêmes, ils disent «Nous, pauvres du Christ». Bernard de Clairvaux, lui, les nomme «apôtres de Satan». Qui sont-ils ? La vox populi suivra Bernard. Pendant des siècles, les cathares seront assimilés au pire à des hérétiques, au mieux aux tenants d'une secte étrange. Aujourd'hui, l'historiographie lève le voile sur l'un des pans les plus obscurs. de l'histoire du Moyen Âge. Les cathares étaient des hommes et des femmes au christianisme austère, soucieux d'évangélisme et assoiffés d'une vie apostolique dont l'Église s'était alors largement écartée. Ils constituèrent à ce titre une véritable Contre-Église et s'engagèrent dans la voie d'une dissidence qui allait exaspérer l'Inquisition et qui s'acheva par le drame de Montségur où périrent le même jour dans les flammes plus de deux cents cathares. Anne Brenon éclaire d'une lumière crue et simple ce courant essentiel des temps romans qui en fut sans doute l'un des paroxysmes spirituels et qui inaugura la terreur inquisitoriale, modèle pour plusieurs siècles d'une chrétienté européenne au visage répressif et militant.


 

Les femmes cathares. Auteur : Anne Brenon, aux éditions " Librairie Académique Perrin", 412 pages au prix de 9,50 euros en livre de poche.

Les femmes cathares

A partir d'une étude originale et approfondie des sources manuscrites médiévales et tout spécialement des archives inquisitoriales, Anne Brenon nous entraîne en fait dans une histoire du catharisme, mais vue et menée au travers des mentalités et de la vie quotidienne des femmes cathares. Entre Béziers et Toulouse, entre Quercy et Pyrénées, jusqu'à la mort de la dernière Eglise dans le premier quart du XIVème siècle, les femmes vouèrent leur générosité et leur ferveur à sa cause. Si une société comme la société médiévale occitane, derrière ses classes nobles, a basculé, c'est que ses femmes, pour le moins, y ont consenti. De Blanche, dame de Laurac, ou de Garsende, dame du Mas Saintes-Puelles, jusqu'à Guillelme Maury, la petite paysanne de Montaillou qui brava l'Inquisition et donna sa vie pour essayer de sauver le Bon Homme Pierre Authié en 1309, ce livre accompagne la vie et la mort d'une foule de croyantes et de Bonnes Dames, nombre d'entre elles n'hésitant pas à porter l'ultime épreuve de leur engagement religieux et vital jusque sur le bûcher. Par ce travail très neuf sur le rôle capital des femmes cathares, Anne Brenon nous apporte assurément les moyens de mieux connaître, en ses rouages intimes, la société occitane qui reçut le catharisme.

 

L'auteur : Anne Brenon, archiviste paléographe et conservateur du patrimoine de France, diplômée en sciences religieuses de l'École des hautes études, spécialiste du catharisme reconnue internationalement, Anne Brenon est la fondatrice de la revue Heresis. Auteur de nombreux articles scientifiques, elle a également publié un certain nombre d'ouvrages de référence sur le catharisme.


 

Montaillou, village occitan de 1294 à1324. Auteur : Emmanuel Le Roy Ladurie, aux éditions "Folio", 640 pages au prix de 10,50 euros.

Montaillou, village occitan de 1294 à1324 Montaillou : un petit village de montagnards et de bergers en haute Ariège, à 1300 mètres d'altitude. En 1320, Jacques Fournier, évêque de Pamiers, plus tard pape d'Avignon, y déploie ses talents d'inquisiteur. II finit par déterrer tous les secrets du village. Rien n'échappe à cet évêque fureteur, ni les vies intimes, ni les drames de l'existence quotidienne. En s'appuyant sur cet extraordinaire document de Jacques Fournier, sorte de roman vrai du petit peuple du XIVème siècle, Emmanuel Le Roy Ladurie ressuscite, en utilisant les méthodes historiques et ethnographiques les plus actuelles, la réalité occitane et cathare d'il y a six cent cinquante ans.

 


 

Montségur - Les Cendres de la Liberté. Auteur : Michel Roquebert, aux éditions "Privat", 179 pages au prix de 21 euros.

Montségur - Les Cendres de la Liberté

Du haut d'un rocher des Pyrénées ariégeoises, une poignée d'hommes et de femmes a défié, quarante ans durant, les deux plus grandes puissances de son temps, l'Église romaine et le roi de France. Cette folle épopée s'acheva le 16 mars 1244, dans les cendres d'un bûcher sur lequel périrent deux cent vingt-cinq chrétiens dissidents, condamnés pour hérésie, les parfaits et les parfaites cathares. Pour la reconstituer, Michel Roquebert s'est attaché à retrouver la vérité des hommes et des faits, la réalité du temps et du lieu, et la chair du quotidien, en se fondant uniquement sur les témoignages contemporains des événements, notamment ceux des rescapés du siège de 1243-1244. Sa connaissance du terrain - il habita dix ans Montségur, où il fut de 1983 à 1990 président du Groupe de recherches archéologiques - est venue compléter les recherches approfondies qu'il a menées dans les sources historiques, en quasi-totalité inédites quand il entreprit cette étude. Depuis 1992, aucun ouvrage n'est venu remplacer Montségur, Les cendres de la liberté, qui demeure, par la richesse et la précision de son information, le livre de référence sur l'épisode majeur du drame cathare. La présente édition a été corrigée et révisée par l'auteur, qui en a mis à jour la bibliographie.

 


Voici des ouvrages régionaux pour découvrir le Pays de Sault, cela aurait été un comble si j'avais omis de vous les présenter !

Se sont les éditions ACCES,  Association de Coordination Culturelle Éducative et Sportive, qui les édite, voici leur adresse : ACCES Maison de la Montagne, 11340 Roquefeuil, Tél. 04.68.20.75.63

leur adresse mail :   aacces@wanadoo.fr

Vous donner le sommaire de chaque livre serait trop long car c'est assez "fouillé", il y a un gros travail de recherche. Je peux vous dire qu'ils sont tous très bien faits, avec beaucoup de témoignages et de photos, c'est un peu à l'image, sans me vanter, de ce site  ;- ) ! En faisant d'ailleurs la liste je m'aperçois qu'il m'en reste quelques uns à acquérir.


Histoire en Pays de Sault, les paysans à travers les âges.  335 pages au prix de 25 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 07

Histoire en Pays de Sault, Découvrez le Pays de Sault.  321 pages au prix de 23 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 01

Histoire en Pays de Sault, Paysans, Pays, Paysages, histoire en Pays de Sault.  Mot de l'éditeur : " La photographie, à laquelle nous avons largement recours dans le présent ouvrage, est une fenêtre irremplaçable pour qui veut saisir les relations complexes que les sociétés humaines entretiennent avec leur milieu. Encore faut-il comprendre leur langage. En effet l'objectif du photographe, celui d'hier et celui d'aujourd'hui, fige, l'espace d'un instant, villages, travaux et terroirs. Or ces réalités se transforment, jour après jour, chacune à leur rythme. L'intention des auteurs a été de comparer passé et présent, mais aussi de révéler le non-dit du cliché. Lire les paysages permet de mieux comprendre la place de l'homme dans leur genèse, leur évolution, peut-être aussi, et c'est notre souhait, d'anticiper leur devenir et, qui sait, d'en maîtriser l'orientation ".  352 pages au prix de 22 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 05

Histoire en Pays de Sault, Pierre Pous, Contes et Souvenirs. " C'était mon grand-père qui disait les contes, il faisait durer. Le conte était souvent le même ... Il faisait durer toute la soirée, je ne sais pas comment il faisait.
C'était l'hiver, il faut avoir le temps pour la veillée. Tout le monde écoutait : la famille, quelques amis. On faisait un vin chaud, souvent, quand il faisait froid. Les femmes, elles tricotaient. Ma grand-mère quand elle comptait les points, elle sifflait en chuchotant. Quand elle arrivait au bout de la rangée, elle frottait l'aiguille dans ses cheveux, elle avait la cravate noire sur la tête, et elle enfilait le bout de l'aiguille sous la cravate. Le conteur était au milieu, les cheminées étaient hautes et on était tout le tour, sur le banquet de chaque côté et tout le tour. Les enfants lui disaient : « Allez, bon Papa, raconte nous Jean l'Ourset, le Pêcheur, ... ». On les savait, mais on prenait autant de plaisir la vingtième fois comme la première, je sais pas pourquoi ! Il ne refusait jamais, il était toujours prêt. « Un cop », il disait, « un cop » et allez, il démarrait. Il me tardait qu'il ait fini pour qu'il recommence ! ".

333 pages au prix de 18 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 08

Histoire en Pays de Sault, Personnages, coutumes, pratiques.  Auteur : Christian Rouzaud, qui a réalisé quelques articles sur mon site. 226 pages au prix de 20 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 06

Histoire en Pays de Sault, Personnages, coutumes, singularités.  Auteur : Christian Rouzaud. 212 pages au prix de 21 euros. C'est en quelque sorte une suite au précédent ouvrage

Le Pays de Sault éditions ACCES 02

Histoire en Pays de Sault, Les moulins. " Moi, le moulin du Pays de Sault, je n'ai pas l'orgueil du moulin à vent, juché sur la crête ou la butte, arborant ses larges ailes. Je n'ai même pas la fierté du moulin à eau des grandes plaines du Nord, dont le corps de bâtiment, flanqué de la roue ruisselante, a tenté le graveur et le peintre. Je me niche au creux du vallon, m'attache au moindre ruisselet que l'on franchit d'un pas. Je cache aujourd'hui mon silence sous les frondaisons, habille de lierre mes murs en ruines et de mousse mes meules à jamais dormantes. J'ai toujours enfoui mon rouet dans mes entrailles, sous le plancher où s'étalait, impalpable, la blanche farine.
Pourtant j'ai su me rendre indispensable à chaque communauté, à chaque village. J'ai enrichi l'archevêque et le seigneur, le bourgeois et l'abbé. J'ai nourri le meunier qui donnait le pain aux hommes. J'ai laissé mon souvenir dans les mémoires et marqué à jamais le cadastre rural : lou cami de la moulino, la tiro farinièro, lou camp del mouli font désormais partie du paysage de Sault. J'ai accueilli parfois, près de la meule ou de la forge, le notaire du bourg voisin venu authentifier les actes les plus sacrés de la vie quotidienne. J'ai permis les rencontres et les fêtes, l'échange d'informations et de nouvelles entre le grain et la farine. J'ai connu la danse et la farandole. Je eux encore, si vous le voulez bien, redevenir ce lieu rare d'une sociabilité retrouvée, moi, le moulin du Pays de Sault ".
214 pages au prix de 17 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 04

Histoire en Pays de Sault, le patrimoine religieux "Des pierres et des hommes".  368 pages au prix de 23 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 03

Ces deux derniers ouvrages manquent dans ma bibliothèque, peut-être qu'un jour il y en aura un sur Belcaire !

Roquefeuil, mon village en Pays de Sault.  175 pages au prix de 25 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 09

Belvis, mon village en Pays de Sault.  190 pages au prix de 25 euros.

Le Pays de Sault éditions ACCES 10

 


 

Voici un complément de lectures sur les conseils des internautes (merci à eux) qui ont laissé un commentaire (en bas de cet article), je n'indique ici que les ouvrages que l'on peut encore trouver neufs ou d'occasion :


Le pays de Sault de l'abbé Moulis
aux éditions LACOUR  228 pages,  ré-Imprimé en 2010  au prix de 20 euros (je précise que l'ouvrage contient quelques erreurs qui ont été relevées par des généalogistes, voir le reportage sur les châteaux de Belcaire sur ce site), mais cela reste un excellent et important travail sur l'histoire du Pays de Sault.

Le Pays de Sault par l'abbé Moulis

Première partie: De l'origine au XVIIIème siècle
Chapitre I: Géographie
Chapitre II: Géographie politiques. Communes et leur origine
Chapitre III: Routes anciennes et actuelles
Chapitre IV: Les châteaux anciens
Chapitre V: Histoire du Pays jusqu'au XVIIème siècle
Art. I: -Les origines. Wisigoths et Sarrazins
Art. II: -Les Comtes du Razès (777-1060)
Art. III: - Les Comtes du Razès (1060-1247)
Art. IV: - Guerre des Albigeois
Art. V: - Organisation Royale-Baillage
Art. VI: -Guerres de religion
Chapitre VI: Seigneuries et familles de l'ancien temps
chapitre VII: Les églises anciennes

Deuxième partie: Histoire moderne:
Chapitre I: Aperçu historique de cette époque (1610-1789)
Chapitre II: Les impôts. Le domaine du roi
Chapitre III: L'armée au XVIIème siècle
Chapitre IV: La vie familiale et les écoles sous l'ancien régime
Chapitre V: Produits, industrie et commerce du pays
etc...

Troisième partie: Histoire contemporaine
Chapitre I: La Révolution dans le Pays de Sault
Chapitre II: Désordres de la Révolution. La Terreur
Chapitre III: Désorganisation religieuse
Chapitre IV: Le Clergé et la Constituante civile

Quatrième partie: De la Révolution à nos jours
etc...

 


Albigeois et Cathares de Fernand Niel aux éditions PUF 128 pages au prix de 9 euros

Albigeois et Cathares de Fernand Niel
L'hérésie albigeoise se développa dans le midi de la France aux XIIe et XIIIe siècles à partir d'une manifestation locale d'un mouvement hétérodoxe beaucoup plus important et ancien, le catharisme. Cet ouvrage décrit l'originalité de la religion cathare, ses fondements ainsi que les spécificités albigeoises. Il relate la répression sanglante menée par le pouvoir central et l'Église contre les adeptes, au terme de laquelle le royaume de France s'agrandit et l'Église renforça sa puissance.

Sommaire :
Introduction
I -- Les origines
II -- Le manichéisme
III -- Des Manichéens aux Cathares
IV -- Les Cathares
V -- Les Albigeois
VI -- La croisade des Albigeois
VII -- Le traité de Meaux et l'Inquisition
VIII -- Montségur et les dernières résistances

L'Erotique des troubadours de  René Nelli aux éditions Privat 1963 373 pages

L'érotique des troubadours de rené Nelli

René Nelli était un des meilleurs connaisseur du catharisme occitan, malheureusement cet ouvrage vous ne le trouverez que d'occasion encore faut-il qu'il soit trouvable, mais sur le net rien n'est impossible !

René Nelli né le 20 février 1906 à Carcassonne et décédé le 11 mars 1982 à Carcassonne, il est inhumé cimetière de Saint Vincent dans cette même ville. Il  était un poète occitan, philosophe et historien du Catharisme.

 


La Philosophie du catharisme de René Nelli aux éditions Payot 1975 204 pages, idem on le trouve d'occasion au prix d'environ 24 euros

La philosophie du catharisme de rené Nelli

 


Le musée du catharisme de René Nelli aux éditions Privat une ré-édition en 1995 175 pages au prix de 15 euros (la première parution date de 1966

Le musée du catharisme de René Nelli

 


Les cathares de Montségur de fernand Niel aux éditions Seghers 1978   on le trouve d'occasion au prix d'environ 5 euros

Les cathares de Montségur de fernand Niel

 


Les Cathares d'Arno Borst aux éditions Payot 1978  287 pages on le trouve d'occasion au prix d'environ 5 à 10 euros

Les cathares d'arno Borst

Une des premières études scientifiquement fondées, "Le Pays Cathare" par Arno Borst qui est apparu en 1953 et en 1974 une traduction française a été réalisée, l'auteur a effectué une recherche impressionnante. "Les Cathares" est certainement une contribution précieuse à la recherche historique. Les Cathares ont servi et servent encore de prétexte à beaucoup de mauvaise littérature. L'ouvrage d'Arno Borst n'a rien à voir avec  elle, naturellement. C'est un exposé sobre et bien documenté, une mise au point solide, claire et précise des problèmes posés par le catharisme, bref un excellent instrument de travail. La matière s'ordonne en quatre sections, subdivisées elles-mêmes, un peu scolairement, sans doute, en autant de développements qu'il est requis, suivant un plan uniforme : position du problème, articulations du sujet et conclusion.

 


livres conseillés sur les cathares 02

Ne me dites pas que cela vous a fait cet effet là ?

Comme je vous le précisai en intro, la liste peut éventuellement être complétée, si des internautes me communiquent des infos sur d'autres ouvrages qu'ils ont lus et appréciés  ...

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 17:50
Bandeau découvrir

 

ISABELLE GUÉRIN DANSEUSE ÉTOILE, quel rapport avec Belcaire me direz-vous !

Beaucoup l'ignore ... il en sait des choses le JP ... ;-))

Eh bien c'est qu'Isabelle est la petite fille du docteur Martre qui a longtemps pratiqué la médecine familiale dans cette région de l'Aude où il a exercé. Son cabinet était situé à Belcaire, la capitale du Pays de Sault, où il est né !

Isabelle est la fille de Christiane Martre, troisième fille du docteur très connu au Pays de Sault. Je pense qu'elle connaît Belcaire pour y être venue pendant ses vacances, si elle vint à lire cet article, elle nous le dira peut-être en laissant un commentaire, qui sait !

Mais qui est Isabelle Guérin ?

Isabelle Guérin, née en 1961 à Rosny-sous-Bois, en banlieue parisienne, est une danseuse étoile du Ballet de l'Opéra national de Paris. Retraitée depuis mai 2001, elle revient y danser en tant qu'« artiste invitée ». Voici un aperçu de sa magnifique carrière de danseuse étoile ...

ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 01 Premier prix du Conservatoire de Paris, Isabelle Guérin entre à l'École de danse de l'Opéra de Paris en 1977 directement en dernière division. Elle est âgée de 17 ans lorsqu'elle est engagée, en 1978, dans le corps de ballet de l'Opéra de Paris. La même année elle est promue quadrille. Le chorégraphe Kenneth MacMillan la choisit pour incarner le   " Printemps   " de ses Quatre Saisons.

ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 02  ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 04

Isabelle Guérin est nommée coryphée en 1979 puis sujet en 1981. Dès 1982 Rosella Hightower en fera la fée Carabosse de sa Belle au bois dormant. L'année suivante, Rudolf Noureev lui confie le rôle de Kitri du ballet Don Quichotte.

En 1984, médaille d'argent au Concours international de danse de Paris, elle accède au titre de première danseuse lors du Concours du Ballet. Cette année là, elle danse La Bayadère, acte III, Le Lac des cygnes dans la version de Rudolf Noureev, Les Mirages (Serge Lifar), la Myrtha de Giselle, Le Chant de la Terre (Kenneth MacMillan), Napoli (Auguste Bournonville, 1842).

Le 2 novembre 1985, Isabelle Guérin est nommée danseuse étoile par Rudolf Noureev en même temps que Laurent Hilaire à l'issue de la représentation du Lac des cygnes (version Bourmeister).

ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 03b

Ayant atteint les quarante ans et comme le veut l'usage, Isabelle Guérin fait ses adieux officiels à l'Opéra de Paris en mai 2001 dans le rôle de Manon (L'Histoire de Manon de Kenneth MacMillan).

Elle est actuellement retraitée mais continue d'avoir une activité de ballerine en tant qu'« artiste invitée » de l'Opéra. C'est ainsi qu'elle danse Notre-Dame de Paris (Roland Petit) et Le Parc (Angelin Preljocaj) en 2001, Other Dances (Jérôme Robbins), L'Arlésienne (Roland Petit) et The Cage (Jérôme Robbins) en 2002.

Elle a également été chargée de répétitions en novembre et décembre 2001 pour la reprise de La Bayadère à l'Opéra Bastille, et pour Don Quichotte (Noureev) à la Scala de Milan.

ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 05 Depuis, elle vit aux Etats-Unis où elle enseigne.

Elle est chargée des répétitions d’Other Dances de Robbins pour le San Francisco Ballet en 2005 et en Sept 2009 pour l'American Ballet.

Elle est invitée également par le Ballet de Norvège à Oslo en 2009 pour remonter Don Quichotte dans la version de Rudolf Noureev.

ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 08 Palais Omnisports de Paris-Bercy, 21 juin 1999.

L'étoile Isabelle Guérin et un danseur du ballet de l'Opéra de Paris interprètent la Neuvième symphonie de Beethoven sur une chorégraphie de Maurice Béjart. 

ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 06


ISABELLE GUERIN DANSEUSE ETOILE 07  

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Si des Belcairois ou Belcairoises veulent me faire parvenir des photos ou des infos pour compléter ce reportage, vous avez mon adresse mail ci-dessous ...

Si vous avez réalisé la généalogie du docteur Martre, contactez moi ...

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 03:30
bandeau abbayes de l'aude 02 bandeau abbaye de lagrasse Voici la seconde partie qui va vous emmener plusieurs siècles en arrière au sein d'une des plus prestigieuse abbaye du Languedoc Roussillon ... Comme d'habitude si vous avez des compléments d'informations à apporter, n'hésitez pas, contactez moi à l'adresse mail figurant à la fin de l'article, je compléterai volontiers le reportage. Que cela vous donne envie de vous y rendre,  je vous souhaite une bonne lecture ...

Je vais vous faire toucher du doigt une partie des détails architecturaux de cet immense vaisseau qu'est l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu :

Abbaye Lagrasse Aude 004 L'implantation de cette abbaye a été réalisée comme bien souvent, dans un cadre magnifique et calme, souvenez-vous du reportage sur abbaye de Fontfroide que vous pouvez aussi découvrir ICI

Lagrasse Aude 88

Très belle photo aérienne de Lagrasse et de son abbaye à droite

Lagrasse Aude 120 plan de l'abbaye 2

Voici un plan montrant l'organisation complexe des pièces qui ont été réalisées aux cours des siècles passés

Les bâtiments s'organisent autour de deux cloîtres et de plusieurs cours. On peut observer la base d'une tour pré romane entre l'église et le dortoir. L'église a préservé son bras sud avec trois absidioles ornées d'arcatures lombardes qui sont de petites arcades servant de décor externe caractéristiques du premier art roman méridional. Le sanctuaire se compose d'une nef de trois travées, avec abside à chevet plat. Contre le dortoir, s'élève le petit cloître réutilisant des chapiteaux d'époque romane, ainsi que la chapelle abbatiale dont le niveau supérieur recèle des vestiges de peintures murales et un dallage du XIVème siècle. Le grand cloître, du XVIIIème siècle, se compose de quatre galeries aux arcs plein cintre. Au Sud, s'élève le logis abbatial, quadrilatère flanqué de tours défensives à ses angles Nord/Ouest et Nord/Est, cette dernière a été arasée à partir de son premier étage. Les bâtiments aux façades classiques ceinture une petite cour avec au Nord et à l'ouest les appartements de l'abbé, au Sud la chapelle de l'abbé et à l'Est le dortoir des moines, la porterie débouche aussi sur la cour. La porterie était au moyen-âge l'entrée du monastère qui s'ouvre également sur une cour avec autour les écuries, la boulangerie et la tour Nord/Ouest du logis qui défendait l'entrée.

lagrasse 38 en 1930

Voici l'état de l'abbaye dans les années 1930, un musée lapidaire venait d'être créé

La cour du logis est remarquable par sa galerie à un étage qui court sur deux côtés, permettant l'accès aux différentes salles du logis. Cette galerie en bois est soutenue par neuf colonnes. La porte du rez-de-chaussée ouvrant vers la porterie est un grand arc en plein cintre composé de claveaux chanfreinés et dont la clef de voûte est étonnante par sa découpe en dent de scie.

Lagrasse Aude 58

La cour et galeries du logis abbatial

Lagrasse Aude 80

L'escalier de pierre qui permettait l'accès à la coursive de la cour du logis

Lagrasse Aude 16

Autre angle de vue de la galerie du logis abbatial, l'escalier de pierre qui permettait de monter depuis la cour n'a pas été restauré

Lagrasse Aude 60

On prend de la hauteur pour admirer cette cour du logis abbatial et de sa galerie

Lagrasse Aude 54

Détails de la très belle baie gothique géminée qui se trouve dans la galerie du logis, revoir la photo ci-dessus

Lagrasse Aude 52  Lagrasse Aude 64

Détails des chapiteaux des colonnes de la cour du logis, ceux-ci sont composés de motifs de feuilles et de dessins géométriques.

Pour ceux que cela intéressent vous pouvez agrandir les photos en cliquant simplement dessus.

Lagrasse Aude 53  Lagrasse Aude 63

 

Lagrasse Aude 09

Autre photo de cette galerie moyenâgeuse comportant de nombreux détails intéressants

Lagrasse Aude 72

D'autres chapiteaux dans cette cour du logis, sont plus travaillés comme on peut le voir ici, voir détails ci-dessous, cliquez sur la photo pour agrandir

Lagrasse Aude 10  Lagrasse Aude 71

Ils sont sculptés de personnages monstrueux, de grandes palmes, d'entrelacs, de têtes caricaturales dont un ange souffleur de trompe aux joues gonflées.

Ces deux chapiteaux proviennent probablement du cloître roman.

Lagrasse Aude 56

Superbes chapiteaux romans sculptés de la cour du logis

Lagrasse Aude 78

Autres détails d'un chapiteau roman

Lagrasse Aude 62

Bel angle de vue de cette galerie de la cour du logis avec la belle baie gothique géminées près de la porte

Les appartements de l'abbé a subi de nombreuses modifications au cours des siècles, au rez-de-chaussée de l'aile Nord se trouve la cuisine et le four à pain, et diverses autres pièces réservées au service. Un escalier de pierre faiblement éclairé par des fentes mène à l'étage. Celui-ci se compose de nombreuses salles, dont la plus remarquable est parée d'une cheminée monumentale de style renaissance due à l'abbé Philippe de Lévis (1501-1537) comme l'indique son blason placé au dessus de la porte.

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A gauche, la porte d'entrée de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx, des colonnettes encadrent la porte dont le linteau repose sur deux consoles, l'une à visage de femme, l'autre à visage fantastique feuillu (voir détail ci-après). A droite, l'enfilade des colonnes de la cour du logis supportant la galerie.

L'abbé Auger de Gogenx est l'un des plus illustres abbés de Lagrasse, grand réformateur il a aussi laissé son empreinte dans l'architecture. Le fascinant missel de l’abbé Auger est conservé actuellement à la British Library à Londre, les magnifiques enluminures du missel, les sources liturgiques utilisées pour le construire, et les particularités liturgiques rencontrées dans le calendrier et les célébrations liturgiques. Ce missel comporte un intérêt important pour la vie liturgique de la communauté monastique de Lagrasse entre la fin du XIIIème siècle et le début du XIVème.

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Détails de la porte du sanctuaire, surmontée d'un tympan en arc brisé orné de la crosse et des armes de l'abbé et de l'inscription gravée de la fondation de 1296

L'aile Nord du logis abbatial est occupée par la chapelle privée de l'abbé Auger de Gogenx. L'édifice comprend une chapelle basse et une chapelle haute précédée d'un vestibule. La chapelle basse voûtée en berceau, se termine par un chœur peu profond. La nef prend le jour par des soupiraux placés très haut. On accède à la chapelle haute depuis la galerie supérieure de la cour. Des peintures murales couvrent entièrement les murs du vestibule d'un décor très coloré. La porte d'entrée au sanctuaire est très intéressante, elle est surmontée d'un tympan en arc brisé orné de la crosse et des armes de l'abbé et de l'inscription gravée de la fondation de 1296. Des colonnettes  juchées sur  de hautes bases polygonales encadrent la porte dont le linteau repose sur deux consoles, l'une à visage de femme, l'autre à visage fantastique feuillu. Le chœur surélevé par une marche occupe la moitié Est de la chapelle. Dans le mur Sud s'ouvre une fontaine liturgique finement sculptée. Le mur Ouest montre une peinture murale représentant le jugement dernier. L'arbre de vie ou l'arbre de Jessé occupe  tout le mur Est. Le sol est entièrement recouvert de carreaux de terre cuite émaillée, certains portants la croix du Languedoc  et la fleur de lys (cela me fait penser à une idée de reportage "l'histoire de la croix du Languedoc"...).  Des carreaux à décor peint, forment un ensemble avec des animaux et des personnages racontant une scène de chasse.

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Détail de la console supportant le linteau de la porte d'entrée de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx, visage fantastique feuillu.

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A gauche, détail du visage fantastique feuillu. A gauche, par l'une des ouvertures vous apercevez l'église du village médiéval de Lagrasse situé sur l'autre rive de l'Orbieu

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L'intérieur de la chapelle privée de l'Abbé Auger de Gogenx aux murs peints.

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Les peintures murales très colorées couvrent entièrement les murs du vestibule.

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Autre détail des peintures murales de la chapelle privée de l'abbé Gogenx

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Autre motif peint, scène de combats au moyen-âge

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Détail d'un carreau en terre cuite émaillée recouvrant le sol de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx.

Quelques carreaux portent la croix du Languedoc comme celui-ci, d'autres sont animés de fleur de lys. D'autres détails forment un décor étonnant que je vous engage à aller voir.

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La cheminée monumentale de style renaissance due à l'abbé Philippe de Lévis (1501-1537) dans une des salles de l'appartement de l'abbé

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Autre photo de la cheminée monumentale de style renaissance XVIème siècle

Lagrasse Aude 77 Cour près de la tour pré-romane

Le dortoir des moines, bâtiment qui ferme à l'Est le logis abbatial, fut construit à la fin du XIIIème siècle par l'abbé Auger de Gogenx. Il s'agit d'un immense vaisseau d'une surface de 484 m², à neuf travées séparées par des arcs diaphragmes qui supporte la charpente à l'origine plus élevée d'environ un mètre vingt. Il fut à l'origine partagé en deux dans sa hauteur, avec au rez-de-chaussée un cellier et une cuisine et au premier étage le dortoir des moines. Neuf baies en arc brisé s'ouvrant sur la façade Est éclairent le dortoir. Utilisé à l'origine comme un lieu collectif, l'espace fut divisé ensuite en cellule dont on voit encore les traces au sol. Le dortoir est desservi par un escalier du XVIIème siècle qui donne accès au cloître et à l'église.

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Le dortoir des moines de 484 m² situé au premier étage d'un bâtiment construit à la fin du XIIIème siècle

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Escalier monumental datant du XVIIème siècle menant au dortoir des moines

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A gauche,  détail des arcs diaphragmes supportant la charpente du dortoir des moines, à l'origine elle devait être vingt mètres environs plus haute. A droite, une baie romane géminée de l'église de l'abbaye.

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Une autre photo montrant les baies en arc brisé s'ouvrant sur la façade Est de cet énorme bâtiment

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Des expositions ont souvent lieu dans le dortoir des moines, par exemple ici cela concerne l'atelier de sculpteurs de Cabestany 

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Cellier de l'abbaye, comme vous pouvez le constater les volumes sont importants

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Dans ce cellier de l'abbaye, l'association la Mémoire du Livre, avec les soutiens du Conseil Général de l'Aude, de la mairie de Lagrasse et du Syndicat d'Initiative, organise des Salons du livre ancien en Pays Cathare

Lagrasse Aude 39 Cheminée monumentale du cellier et des cuisines de l'abbaye

La tour pré romane a été éventrée sur toute sa façade Ouest pour transformer son premier étage en palier du grand escalier droit menant au dortoir. Cette date de l'époque carolingienne, c'est l'élément architectural le plus ancien de l'abbaye. Elle est rectangulaire, et possédait à l'origine quatre niveaux.

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La tour Pré romane se situe à l'Est à droite de l'église, ici au centre de la photo, c'est la partie avec les colonnettes supportant la toiture du palier terrasse menant aux dortoirs du second étage du bâtiment avec les contreforts venant renforcer les arcs diaphragmes.

La tour clocher monumentale se dresse en bout du transept Sud. Philippe de Lévis la fit bâtir au XVIème siècle (1537) selon une conception originale puisqu'elle est à la fois défensive, avec ses bouches à feu, et religieuse avec ses cloches. La base du clocher donjon de plan carré épaulée de puissants contreforts aux angles, est surmontée d'une tour octogonale s'appuyant sur les pinacles des contreforts par de fins arcs-boutants.

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la tour clocher à l'extrême Sud de l'abbaye

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Voici une vue orientée Sud / Est de la tour Charlemagne ou tour clocher

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Les bâtisseurs du XVIème siècle de cette tour n'ont pas fait dans la simplicité, elle est originale et massive pour assurer la défense du lieu. Apparemment elle aurait dû être plus haute pour affiner sa silhouette, mais elle n'a jamais était terminée.

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L'église abbatiale, il ne reste rien de son état primitif antérieur à 779, sauf des éléments épars qui confirment son existence. Dans l'église on peut admirer des claveaux, des chapiteaux et des consoles en marbre blanc richement sculptés de motifs floraux, géométriques, animaliers, fantastiques et humains. L'ensemble de ces sculptures est attribué à l'atelier  du maître de Cabestany (Le maître de Cabestany est le nom d'un village des Pyrénées-Orientales car ce sculpteur anonyme reste un mystère). Il y a des inscriptions qui court de claveaux en claveaux, elles donnent deux noms : Guillaume et Robert successivement abbés de Lagrasse de 1157 à 1161 et de 1161 à 1167. Au cours des siècles l'église va subir des transformations qui, cependant ne toucheront pas à sa structure. Au-dessus des absidioles Sud on aperçoit un mur crénelé et percé d'archères qui fut élevé lors de la mise en défense du monastère au XIVème siècle. Par la suite, on pratiqua des ouvertures de portes, des créations d'escaliers, et surtout on procédera à des décorations et aménagements intérieurs tels que les autels et les stalles, dont il ne reste rien.

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La chapelle abbatiale Saint Barthélemy est très sombre, le choeur est surélevé par une marche occupe la moitié Est de la chapelle.

Le sol est entièrement recouvert de carreaux en terre cuite émaillée.

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Dans l'angle du mur Sud, s'ouvre une fontaine liturgique. L'arbre de vie dont on voit encore les peintures ici, occupe tout le mur Est.

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L'entrée de la galerie de l'exposition lapidaire de l'abbaye.

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De nombreux fragments lapidaires retrouvés lors de travaux sont exposés ici dans l'abbaye.

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Quelques détails de ces fragments lapidaires qui montrent la finesse des sculptures, c'est superbe à voir !

L’abbaye de Lagrasse possède le buste d’une statue gisante que l’on peut attribuer à l’abbé Auger de Cogenx (1280-1309). Repéré pour la première fois dans l’ancien dépôt lapidaire de l’abbaye, il est actuellement présenté dans une galerie du cloître.

Lagrasse Aude 106b Bas relief retrouvé sur le site lors de restaurations, je suis toujours admiratif devant ce travail accompli.

Suite à l'affiliation de l'abbaye à la congrégation de Saint-Maur en 1662, les Mauristes vont réaliser de grands remaniements architecturaux au cours du XVIIIème siècle sous la conduite de l'abbé Armand Bazin de Bezons. De 1721 à 1778 les moines vont détruire la partie Ouest de l'abbaye pour réaliser un cloître en 1770 avec un bel escalier et des bâtiments conventuels en 1745 jusqu'à la Révolution ce qui donnent un aspect de château avec une cour d'honneur.

 

Lagrasse Aude 44 le cloitre

Le cloître gothique

Le cloître gothique, édifié autour de 1282 est connu par deux témoignages : des éléments d'arcs, de colonnes et de bases d'une facture très sobre, déposés dans l'abbaye, ainsi que la gravure du Monasticon Gallicanum qui prouve encore son existence en 1687. Sur sa galerie Sud, dans le prolongement de la nef, une porte romane aujourd'hui murée s'ouvrait sur le chapitre. Ce cloître gothique fut détruit et les moines mauristes en construisirent un autre sur le même emplacement, l'un arc porte la date gravée de 1770. Trois galeries s'ouvrent par six arcades et une par sept. Les arcs, en grès blond veiné de rouge, aux proportions harmonieuses sont ornés de sculptures sur des clefs aux motifs floraux et têtes humaines chevelues ou casquées, encadrées d'accolades. Cela apporte un peu de fantaisie dans cet ensemble très sombre. Le cloître est fermé à l'Est par l'ancien dortoir médiéval et l'infirmerie.

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La cour d'honneur réalisée en 1745 séparant les bâtiments conventuels

Il y a plein de choses encore à voir dans l'abbaye que je n'ai pas montré ici, je vous laisse le soin de les découvrir lors de votre visite et n'hésitez pas à m'envoyer  vos photos insolites que je rajouterai avec plaisir dans ce reportage.


LE BOURG DE LAGRASSE LE VILLAGE MÉDIÉVAL

Le pont Vieux de 40 mètres de long, qui enjambe l'Orbieu daterait du XIIème siècle, il était jadis défendu par des tours d'environ 18 mètres de haut qui furent démantelées en 1618 car elles menaçaient la stabilité des piles. Un sceau de 1303 décrivant l'ouvrage atteste son existence dés le début du XIVème siècle. Ce pont unit depuis toujours l'abbaye au village. L'Orbieu est l'un des cours d'eaux principaux du massif des Corbières. Son parcours s'étale sur plus de 80 km entre sa source, dans les Hautes-Corbières et le secteur de Raissac-d'Aude en Narbonnais, où il se jette dans l'Aude.

Le village médiéval de Lagrasse qui s'est construit après la construction du monastère, a gardé des restes de son enceinte, avec la tour de Plaisance, du XIIème siècle, de belles maisons et de l'ancienne halle ornée d'écussons armoriés. La halle occupe cet emplacement dans le village depuis 1315, car avant les échanges commerciaux se faisaient dans l'enceinte du monastère.

Lagrasse Aude 15 Le pont Vieux permet de relier la cité médiévale à l'abbaye

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je vous propose un petit tour du village médiéval de Lagrasse, on quitte l'abbaye en empruntant le pont Vieux

Lagrasse Aude 124 Retour par le pont Vieux dans la cité médiévale

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La halle avec ces piliers de pierre du XIVème siècle

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La très jolie place de la halle au centre du village médiéval de Lagrasse vaut le détour

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Remarquez sur cette place de la halle ces maisons avec leurs encorbellements formant une allée couverte

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Ces balcons soutenus par des piliers en pierre surmontés de chapiteaux sculptés de têtes, puis d'un sommier en bois aux riches moulures, dont vous avez un détail ci-dessous ...

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Détail du chapiteau sculpté de têtes, avec son sommier en bois aux riches moulures 

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En vous baladant dans le village scrutez le moindre des détails de ces maisons datant de la deuxième moitié du XIIIème jusqu'au XVème siècle

notions d'architecture pour les églises Je ne savais pas trop où placer ce document, cela tombe bien puisque je vais vous parler de l'église Saint-Michel de Lagrasse.

Donc, pour ceux que cela intéressent voici un document comportant des notions d'architecture pour les églises

Au centre de la localité, l'église Saint-Michel a été construite entre 1359 et 1398. L'église primitive se trouvait à l'origine près du monastère des Bénédictins, sur la rive gauche de l’Orbieu. Il est probable qu’elle avait été édifiée vers le 9ème siècle, à la diligence des moines, pour servir à la population locale. C’est au milieu du 14ème siècle que les Consuls et la Communauté des habitants de Lagrasse, après avoir fait construire les fortifications de la ville, pour la mettre à l’abri des gens de guerre, demandèrent pour ce même motif et pour la commodité des services du culte, à transférer l’église paroissiale à l’intérieur des murs du village. La décision fut prise le 17 septembre 1359 exactement.

La construction de cet édifice au milieu d’un village déjà construit explique l’entorse faite à la règle générale de l’époque, d’orienter les églises vers l’orient. Nous avons vu que le bâtiment a été implanté dans le prolongement d’une rue, d’autre part, la topographie des lieux a conduit à donner au tracé de la cité une orientation Nord-Sud. Cette implantation entraînait le minimum de démolition de maisons pour implanter le bâtiment.

L’église actuelle a toute la largeur primitivement prévue, et mesure à l’extérieur, 22 mètres de largeur et 45 mètres de longueur. A l’intérieur, elle mesure seulement 22,54 mètres de long, dont 12,74 mètres pour la nef et 9,80 mètres pour le choeur. La différence, est imputable à la sixième travée, qui n’a pas été achevée. A l’intérieur, la nef mesure 14 m de large, le reste s’applique à l’enfoncement des chapelles et à l’épaisseur des murs.

L’église de Lagrasse est un monument typique du gothique méridional à nef unique, tels ceux construits au XIVème siècle dans la perspective de l’évangélisation des foules. Conformément à l’usage dans le midi, le vaisseau s’élargit de chaque côté dans des chapelles ouvertes entre les contreforts. Cette façon de construire donne un aspect extérieur en forme de forteresse.

On mit près de 40 ans à construire cet édifice en pierres dures du pays, taillées et appareillées. Cette église fut inaugurée et consacrée en 1398. Il ne reste aucun document écrit qui relate cette cérémonie, mais les douze croix marquées sur les murs intérieurs en témoignent suffisamment.

L'église possède des orgues construits par Puget en 1852 pour l’église du couvent des Carmes à Carcassonne. Il fut acheté par des mécènes pour être installé à Lagrasse en 1883. Il y a 1258 tuyaux de bois ou d’étain dans cet instrument qui jouit d’une rare diversité de timbres.

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L'entrée latérale de l'église Saint-Michel dite "petite porte" sur le côté oriental 

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La nef ne comprend que cinq travées, elle devait en avoir six à l’origine.

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La particularité de l'église Saint-Michel de Lagrasse est sa richesse en mobilier, car à la suite de la Révolution, l’église s’est enrichie d’une partie des dépouilles de l’abbaye Sainte-Marie d'Orbieu : autels, tableaux, vases sacrés, etc.

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A droite, la chaire à prêcher de style Louis XVI

Lagrasse Aude 27 Le Maître Autel de type autel-tombeau date du XVIIIème siècle et son retable . Le beau Maître Autel ainsi que celui de la chapelle Sainte Croix sont en marbre polychrome ils proviennent certainement de l’abbaye. Deux statues en bois doré de Notre-Dame et de Sainte Anne datant du XIXème siècle sont disposées de part et d'autre du retable.

Au mur se trouvent divers tableaux. Au fond du sanctuaire, quatre tableaux de l’atelier de Claude Vignon (1593-1670), réalisés à Rome, autour de 1617, représentant les Pères de l’Église. Ici sur cette photo on aperçoit de gauche à droite : Saint Ambroise et Saint Augustin .

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Détail du Maître Autel et son retable de l'église Saint-Michel de Lagrasse

Lagrasse Aude 34 Anges dorés de chaque côté du Maître Autel

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La nef ne comprend que cinq travées. Les 9 chapelles latérales ouvrent sur la nef par des arcs brisés. Les chapelles ont reçu des voûtes d’ogives, dont les nervures retombent sur des culs- de-lampe décorés de têtes, de personnages, d’animaux et de feuillage.

Notre-Dame d'Orbieu

Statue en bois doré de Notre Dame de l’Orbieu du XIIIème siècle

Plusieurs façades médiévales, certaines à pans de bois, s'élèvent encore au détour des petites rues.

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Les petites ruelles étroites du moyen-âge de Lagrasse

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Juste pour le fun

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Observez bien les maisons, car les éléments architecturaux s'offrant à vous par la diversité des styles et des époques donnent un cachet à Lagrasse comme ici à droite, cette porte gothique.

Le saviez-vous ? Un "Te Deum" a été écrie pour venir en aide à l'abbaye de Lagrasse :

Les travaux de rénovation de l'abbaye ayant un coût très élevé, une jeune compositrice, Jeanne Barbey, décida de leur venir en aide en écrivant un "Te Deum". Cette œuvre, fut jouée pour la première fois le 15 janvier 2006 en l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile de Paris devant plus de 1500 personnes. L'oeuvre connaîtra par la suite un grand succès, contribuant ainsi à faire connaître l'abbaye en France.

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Ci-dessous, la liste des abbés provenant du Gallia Christiana T.VI c.936

  • 778-813 : Nebridius
  • 813-820 : Attala
  • 820-827 : Adalaric
  • 827-843 : Agila
  • 843-855 : Hélie Ier
  • 855-870 : Suniaire Ier
  • 870-890 : Sunifred
  • 890-897 : Saborellus
  • 897-902 : Durand
  • 902-917 : Witiza
  • 917-965 : Suniaire II
  • 965-968 : Sicaire
  • 968-977 : Raoul Ier
  • 977-994 : Donat
  • 994-1026 : Bernard Ier
  • 1026-1036 : Etienne
  • 1036-1068 : Randulfe
  • 1068-1086 : Dalmace, (archevêque de Narbonne en 1079)
  • 1086-1109 : Robert Ier
  • 1109-1117 : Léon
  • 1117-1158 : Bérenger Ier de Narbonne (archevêque de Narbonne de 1156 à 1162)
  • 1158-1163 : Guillaume Ier
  • 1163-1167 : Robert II
  • 1167-1168 : Bérenger II
  • 1168-1176 : Arnaud Ier de Lévis
  • 1176-1179 : François
  • 1179-1192 : Arnaud II
  • 1192-1205 : Raymond Ier
  • 1205-1208 : Bernard II de Marseillette
  • 1208-1224 : Guillaume II de Cerviez
  • 1224-1231 : Benoît d’Alignan (évêque de Marseille de 1229 à 1267)
  • 1231-1237 : Bérenger III de Grave
  • 1237-1256 : Bernard III d’Imbert
  • 1256-1279 : Bérenger IV de Grave
  • 1279-1309 : Auger de Goganx
  • 1309-1333 : Guillaume III d’Alzonne de Marcillac (évêque d'Alet en 1336)
  • 1333-1343 : Nicolas Roger
  • 1343-1345 : Pierre II de La Jugie
  • 1345-1349 : Raymond II d’Aigrefeuille
  • 1349-1349 : Pierre III d’Aigrefeuille
  • 1349-1362 : Hélie II de Champery
  • 1362-1363 : Raymond III de Foucauld
  • 1363-1390 : Guy Ier du Breuil
  • 1390-1394 : Guillaume IV du Luc
  • 1394-1418 : Guy II de Roffiniac
  • 1418-1431 : Bonhomme de Léomanie
  • 1431-1440 : Hugues de Périer
  • 1440-1463 : Louis Ier d’Albret
  • 1463-1495 : Pierre III d’Abzac de La Douze (évêque de Rieux et de Lectoure, archevêque de Narbonne)
  • 1495-1498 : Andouin d’Abzac de La Douze
  • 1498-1501 : Pierre III d’Abzac de La Douze
  • 1501-1501 : Antoine de Chambert
  • 1501-1502 : cardinal Jean Ier de Lanxis
  • 1502-1537 : Philippe de Lévis (évêque de Mirepoix de 1497 à 1537)
  • 1537-1550 : cardinal Raoul II Pio di Savoia di Carpi
  • 1550-1579 : cardinal Georges Ier d’Armagnac
  • 1579-1582 : Guillaume IV de Patris
  • 1582-1585 : cardinal Georges Ier d’Armagnac
  • 1585-1588 : Georges II de Mandelot
  • 1588-1615 : cardinal François de Joyeuse
  • 1615-1639 : cardinal Louis II de Nogaret de La Valette d’Epernon (évêque de Carcassonne)
  • 1639-1643 : Félix de Savoie
  • 1643-1670 : Louis III Barbier de La Rivière
  • 1670-1697 : Louis IV d’Anglure de Bourlemont
  • 1697-1705 : Anne-Marie-Joseph de Guise-Harcourt
  • 1705-1721 : Armand Ier Bazin de Bezons (archevêque de Rouen)
  • 1721-1778 : Armand II Bazin de Bezons (évêque de Carcassonne)
  • 1778-1792 : Jérôme Marie Champion de Cicé (archevêque de Bordeaux)

A la BNF, des ouvrages anciens comme Le Mahul Tome 2 page 207 et l'Histoire Générale du Languedoc sont des sources intéressantes pour servir la rédaction de tel reportage.

Lagrasse Aude 96

Ne vous trompez pas d’entrée, vous avez deux parties distinctes que vous pouvez visiter, en effet je vous rapelle que l’Abbaye de Lagrasse est divisée en deux parties comme suit :  

    1 - La partie publique, administrée, depuis 2005, par le Conseil Général de l’Aude ; elle comporte la cour de l’Abbé et sa chapelle, le dortoir des moines et le transept nord de l’église.

Les horaires d'ouverture par exemple en Juillet, août et septembre sont 10h-19h. Les tarifs  : Adulte : 4 €   Tarif adulte avec le passeport : 3 €    Enfant (6 à 15 ans) : 1 €
     2 - La partie privée, appelée aussi "Abbaye Canoniale Sainte-Marie", administrée, depuis 2004, par les Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu. Entrée : par le grand portail en fer forgé donnant sur la cour du XVIIIème. Elle comporte environ les 3/4 des bâtiments, avec l’église abbatiale, le cloître, les bâtiments conventuels du XVIIIème, le transept sud et le jardin (médiéval et renaissance). Les activités cultuelles, spirituelles, et l’accueil du public par les Chanoines, sont indépendants des activités de la partie publique.

Dans la partie "privée" une communauté a pris naissance dans les années 1970. Elle porte le nom de « Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu » et elle a reçu du Saint-Siège son statut canonique de droit pontifical en 1997.

Installée à l’Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse depuis 2004, elle y mène sa vie canoniale (vie de contemplation par la prière personnelle et le culte liturgique, et d’apostolat, dans le diocèse de Carcassonne et dans toute la France) selon la spiritualité mariale de St Louis-Marie Grignion de Montfort et de St Maximilien-Marie Kolbe.

La Communauté compte 34 religieux. Une Communauté de sœurs lui est attachée, installée à une trentaine de kilomètres de l’Abbaye de Lagrasse, au Monastère « Mater Dei » d’Azille (Aude.

La seconde partie privée de l'abbaye occupée par les moines se visite aussi, voici les infos :

Heures d’ouverture : de 15h15 à 17h25 (dernière entrée)
       de juin à septembre : tous les jours, sauf le jeudi ;
       d’octobre à mai : samedi, dimanche et jours fériés ;
       tarifs : adulte 4€, jeunes (de 10 à 18 ans) 2,50€, pour les moins de 10 ans c'est gratuit.

Le jardin fait partie de la visite générale de l'abbaye.

Lagrasse Aude 114  Lagrasse Aude 115 réfection d'un mur

Moines en plein travaux de restauration    Abbaye Lagrasse Aude 002

Je vous fais profiter de quelques prises de vues supplémentaires avant de partir pour d'autres reportages ...

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Le tout début du printemps à Lagrasse

Abbaye Lagrasse Aude 006

Entre l'abbaye et le village s'écoule, paisible, la rivière de l'Orbieu

Abbaye Lagrasse Aude 008

Les Corbières sont naturellement le royaume de la garrigue, des buis, cistes, lentisques, thym et romarin, cyprès solitaires, pins d'Alep et chênes kermès. Et puis, surtout, il y a la vigne dont les Corbières tirent leur notoriété la plus universelle. N'oubliez pas que le vignoble de la région fait parti du cru Corbières (classé AOC depuis 1985). Les hommes ont planté les vignes, ils ont donné au pays sa culture essentielle. Mais les hommes se font parfois ici trop rares. Certes, les Corbières ne sont pas un désert, pas encore, mais il est difficile de s'accrocher à cette terre rude à l'heure où les activités traditionnelles comme le pastoralisme et l'artisanat sont en déclin. Pourtant les hommes ont choisi de vivre ici plus tôt qu'ailleurs.

Si vous désirez vous restaurer à Lagrasse, je vous conseille deux restaurants en particulier, car nous y sommes allés plusieurs fois :

   1 - Restaurant "L'Affenage" sur le boulevard Promenade au n°32  tél. 04.68.43.16.59

  2 - Le restaurant "Le temps des courges" en plein centre du village médiéval dans une petite rue sympa, la rue Mazels au n°3,  tél. 04.68.43.10.18 , j'ai apprécié entre autre le cassoulet et l'ambiance !

Et je vous conseille aussi fortement de faire 10 mn de voiture pour vous rendre à Tournissan pour manger à la Taverne Vigneronne, téléphoner avant vous ne le regretterez pas, dites à Didier que vous venez de ma part, voir toutes les infos et photos  ICI

Lagrasse Aude 18
A bientôt pour de nouvelles aventures en Aude. J'ai en projet aussi, de vous faire un reportage sur le plus ancien monastère des Corbières, celui de Saint-Hilaire construit au VIème siècle entre Limoux et Carcassonne, que j'ai visité.
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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 02:45
bandeau abbayes de l'aude 02 bandeau abbaye de lagrasse

Je vous renouvelle mes remerciements pour vos témoignages sympathiques concernant les reportages précédents, et je souhaite la bienvenue aux nouveaux internautes qui découvrent le site intéressant et qui, se sont inscrits sur la Newsletter afin d'être tenu informé par mail des prochaines parutions d'articles. Je vous propose aujourd'hui un autre voyage, celui de la découverte de l'abbaye prestigieuse Sainte-Marie d'Orbieu située, au centre de ce beau pays des Corbières dans le département de l'Aude, à Lagrasse.

LAGRASSE la souveraineté et la grandeur bénédictine en terre d'Aude

Au centre des Corbières à LAGRASSE, sur les rives de l'Orbieu, est née et s'est développée l'abbaye bénédictine Sainte-Marie. Au moyen-âge les Corbières étaient un pays sauvage qui devait séduire les hommes de Dieu, qui recherchaient la solitude pour prier. La localité de la Lagrasse est classée parmi les plus beaux villages de France. Voici donc  l'histoire du plus important établissement bénédictin des pays d'Aude.

carte lagrasse 01
Comme dans tous les reportages présentés sur ce site, voici une carte pour vous situer notre rendez-vous.
Lagrasse se situe à 30 km au Sud/Est de Carcassonne
carte lagrasse 02
Zoom sur le centre des Corbières où il y fait chaud l'été, aux chants des cigales
sceau de lagrasse
Le sceau de Lagrasse  

vue aérienne de Lagrasse 2005

On commence par une vue aérienne Sud, cela permet de voir l'importance du monastère Sainte-Marie d'Orbieu que vous apercevez à gauche de la rivière, par rapport au village médiéval de Lagrasse, à droite

Abbaye Lagrasse Aude 001

Une vue de Lagrasse côté Nord, prise de la route de Ribaute, avec au fond l'abbaye avec sa tour clocher

Abbaye Lagrasse Aude 003   Abbaye Lagrasse Aude 007

Le monastère au fond sur les bords de la rivière Orbieu, avec le pont Vieux datant du XIIème siècle et au premier plan, le pont moderne franchit par la route de Carcassonne (D3)

Lagrasse Aude 122

Le pont Vieux datant du XIIème siècle était le seul accès entre le village médiéval et l'abbaye. L'Orbieu en été n'est qu'un mince filet d'eau comme vous pouvez le voir ici.

Abbaye Lagrasse Aude 009

Une vue générale de Lagrasse

De nombreux monastères bénédictins sont bâtis en territoire Audois entre le VIIIème et le IXème siècle. Mais, l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, à Lagrasse était la plus prestigieuse, son origine historiquement attestée remonte au VIIIème siècle. En effet, Lagrasse (la fertile, en occitan) est née grâce à l'empereur Charlemagne, une charte rédigée en son nom en 779 est considéré comme l'acte fondateur de l'abbaye. L'histoire est confortée par la légende du roman Philomena du nom du scribe, présenté comme le chroniqueur de Charlemagne et comme transcripteur de la version latine, manuscrit médiéval datant du XIIIème siècle, où Charlemagne en personne est décrit comme le fondateur de Lagrasse et il aurait été consacré par le Christ lui-même, extrait du texte en occitan, traduction : " ...le comte de Flandres vit que toute la vallée était remplie de victuailles et de ce dont l'armée avait besoin, il dit à Charles : Seigneur, puisque nous sommes ici tellement bien pourvus, il convient de changer la nom de cette vallée ; il n'est pas convenable qu'elle porte aujourd'hui le nom Maigre. Et Charlemagne dit à l'archevêque Turpin : Dorénavant, qu'elle soit appelée Vallée Grasse". Charlemagne était dans la région car il était en route à cette époque, pour l'Espagne afin de combattre les Sarrasins, il était accompagné du pape Léon III, d'archevêques, d'évêques, ducs et comtes.

carte postale lagrasse 02 en 1970

Cette photo date des années 1970 l'abbaye et le village de Lagrasse vus de l'Ouest

Lagrasse Aude 05

La face Est de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu. 

Lagrasse Aude 04

Zoom sur cette façade Est du monastère, à droite, sous les arches, c'est le dortoirs des moines.

La terrasse couverte, avec des piliers, c'est la tour pré-romane et à gauche, la tour clocher, l'église de l'abbaye se trouve entre les deux.

Lagrasse Aude 117

Coté Est du monastère, les jardins de l'abbaye qui se visitent, en arrière plan, les absidioles romanes

lagrasse 34 en 1950

Voici une photo datant de 1950 des absidioles romanes, situées au pied de la tour clocher qui s'appelait autrefois la tour Charlemagne

Lagrasse s'écrivait donc autrefois comme ceci : La Grasse et l'abbaye s'appelait Notre-Dame de La Grasse, abbaye de l'ordre Saint-Benoît faisait parti du diocèse de Carcassonne. J'ai pu lire lors de mes recherches dans "Le grand dictionnaire historique" tome 5 de Louis Moréri (prêtre docteur en théologie) datant de 1759 : " Nebridius ou Nimphridius, qui depuis fut archevêque de Narbonne, s'était retiré en ce lieu, appelé alors Novalias, avec quelques compagnons, pour y vivre en solitude dans ce vallon désert, arrosé de la petite rivière d'Orbieu, et environné de rochers escarpés qui le rendent presque inaccessible. Il en obtint la propriété de la libéralité de quelques seigneurs du voisinage, y fonda le monastère, qu'il gouverna en qualité d'abbé. Il y fit construire quelque temps après une église sous l'invocation de la Sainte Vierge. Charlemagne confirma en sa faveur toutes les donations qui lui avaient été faites, par un diplôme daté de Compiègne au mois de Janvier, la onzième année de son règne, soit l'an 779 et combla dans la suite ce monastère de nouveaux bienfaits (charte conservée aux Archives Départementales de l'Aude). Ce qui fait regarder ce prince comme son principal fondateur. Telle est l'origine de l'abbaye de la Grasse, l'une des plus considérables de France. On l'appela fort longtemps Notre-Dame d'Orbieu. L'auteur ajoute : il paraît qu'elle subsistait déjà en l'an 779, et que sa fondation est antérieure au moins de deux ans à celle d'Aniane (abbaye bénédictine, située à Aniane dans le département de l’Hérault fondée par saint Benoît d'Aniane), qui fut établie en 782. L'abbaye a donné lieu à la construction de la petite ville de Grasse située dans le même vallon, qui est une des trois diocèses de Carcassonne".

Lagrasse Aude 07

La façade Sud du monastère. le bâtiment derrière la tour clocher, se sont le réfectoire, la salle à manger au rdc, et des dortoirs à l'étage.

Je vous donnerai, tous les détails sur l'architecture de l'abbaye dans la seconde partie, avec de nombreuses photos, ne la ratez pas

Lagrasse Aude 02  Lagrasse Aude 03

La tour clocher de l'abbaye datant du XVIème siècle

Lagrasse Aude 113 Voici une belle photo de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, côté cour d'honneur, photo prise des coteaux situés à l'Ouest, il ne manque plus que le chant des cigales ...

Le monastère fut restauré à l'époque carolingienne, entre le IXème et le Xème siècle le rayonnement de Lagrasse ne cesse d'augmenter. Au moyen-âge en effet, les abbayes ne sont pas uniquement des lieux de recueillement et de prière. Ce sont de véritables fiefs qui rivalisent, en termes de richesses, avec les territoires détenus par les féodaux. Les possessions de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu seront innombrables, s'étendant du pays Toulousain jusqu'à la Catalogne et faisant de son abbé un seigneur très influent. Cette puissance politique sera de premier ordre au XIIème siècle, pendant la croisade contre les Albigeois. Par exemple, c'est l'abbé Benoît d'Alignan qui, jouant les intermédiaires entre les occupants et les assiégés, obtiendra la soumission de Carcassonne en 1226 à la couronne de France.

Les moines de Lagrasse n'hésitent pas à s'adresser au pape Hadrien III en 885 afin d'obtenir la confirmation de leur patrimoine. Un document nous renseigne sur l'importance de la communauté bénédictine entre 915 et 959, en effet, une charte de l'abbé Suniaire est soussignée par trente moines.

Lagrasse Aude 42

Le monastère est situé dans un écrin de verdure, imaginez, quand les moines se sont installés avant 779, la région était très sauvage.

Lagrasse Aude 46 vue aerienne

Une vue aérienne de Lagrasse entouré de vignobles, n'oubliez pas, vous êtes dans les Corbières et le vin est bon !

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La façade est, à gauche la tour clocher, au centre l'église de l'abbaye et juste à droite, la tour pré-romane

Lagrasse Aude 21 Du côté du village médiéval de Lagrasse sur la rive droite de l'Orbieu, voici la porte de l'Eau datant du XIVème siècle, vestige des remparts du village

Lagrasse Aude 15 Le pont Vieux qui a traversé les siècles, vu de la rive gauche de l'Orbieu

Il est à noter que le réformateur Dalmace ou Dalmas, membre de l'ordre de Saint-Benoît, qui est l'abbé régulier de Notre Dame d'Orbieu de Lagrasse sera élu archevêque de Narbonne en septembre 1081, il meurt à Rieux le 17 janvier 1097.

Vers 1080, l'abbaye entre dans la mouvance du comte de Barcelone Raymond-Bérenger 1er et devient un établissement rattaché à Saint-Victor de Marseille sur décision du pape Grégoire VII, probablement à cause d'un document falsifié sur l'état du monastère rédigé par Richard l'abbé de saint-Victor.

Au début du XIIème siècle, les religieux élisent Bérenger comme abbé, le frère du comte de Barcelone, et se lancent à leur tour dans une politique conquérante. Plusieurs abbayes ou prieurés vont s'affilier à Lagrasse : dans la région, Saint-Polycarpe, à l'Est de Limoux, et Saint-Martin-des-Puits, entre l'abbaye et Termes, et en Catalogne Saint-André de Sorède, Saint-Martin du Canigou, Saint-Pierre de Galligant, San-Feliu de Guixols. Vers 1120, le monastère de la vallée de l'Orbieu se trouve à la tête d'une véritable congrégation monastique qui le place au premier rang des abbayes du Bas-Languedoc. L'abbaye va prêter d'importantes sommes d'argent à de grandes familles de la région.

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Le cloître de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu

lagrasse 13 en 1960 cloitre et la tour mirande

Voici le cloître dans les années 1960

Lagrasse Aude 116

Le cloître gothique fut détruit et les moines Mauristes en construisirent un nouveau sur le même emplacement, l'un des arcs porte la gravure de la date 1770. Les arcs sont en grès blond veiné de rouge ...

lagrasse 21 en 1930

Le cloître en 1930

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Les vergers et oliviers au Sud du monastère

Lagrasse Aude 99

Moine de l'abbaye

Au milieu du XIIème siècle, c'est le temps de crise, la richesse de l'abbaye va diminuer avec de nouvelles difficultés liées aux événements de la croisade Albigeoise. Un texte de 1203 indique que la communauté préfère engager une terre plutôt que de payer tous les ans des intérêts. L'expansion des Templiers de Douzens et des Cisterciens de Fontfroide correspond au déclin des Bénédictins.

Le serment dicté par Raymond, abbé élu en 1200, est révélateur de la situation, il promet de ne pas aliéner de biens, ni de les inféoder. Mais cela restera lettre morte.

L'abbaye de Lagrasse eut souvent des relations tendues avec les seigneurs voisins surtout celui de Termes. L'abbé soutint Simon de Montfort dans sa croisade alors que le seigneur de Termes s'engagea dans la lutte aux côtés des cathares. Le rôle joué par l'un des abbés, Benoît d'Alignan (1225-1229) est celui de médiateur. Ce dernier sera présent à la soumission au roi de plusieurs seigneurs méridionaux, notamment à celle de Bernard-Roger de Foix en 1229. En 1226 il avait reçu la soumission des habitants de Carcassonne, qu'il fut chargé de présenter au roi Louis VIII.

Lagrasse Aude 92

Une autre photo du pont Vieux prise de la rive gauche de l'Orbieu

L'abbaye ayant donné des terres en fiefs à des familles nobles qui ont été touchés par la suite par le catharisme, leurs domaines furent confisqués pour hérésie et passèrent entre les mains de Simon de Montfort nouveau vicomte de Carcassonne et de Béziers. L'abbaye réclama ses terres, les procédures durèrent plus d'un demi-siècle.

Des troubles vont perturber la vie monastique pour le non respect des règles, l'archevêque de Narbonne sera dans l'obligation d'exiler vingt huit moines. Avec l'élection d'un nouvel abbé, Béranger de Grave, une situation saine se rétablit.

A la fin du XIIIème et au début du XIVème siècle, l'abbé Auger de Gogenx (1279-1309) va modifier une grande partie des constructions médiévales. Il reconstruit en partie l'église, rénove le petit cloître, la chapelle abbatiale à deux niveaux dédiée à Saint-Barthélemy, et probablement, le bâtiment abritant le dortoir des moines. Cette construction sera fortifiée au moment de la guerre de Cent ans.

gravure de l'abbaye de Lagrasse 1687 lors de mes recherches j'ai trouvé cette gravure de l'abbaye datant de 1687

En 1360, durant le conflit opposant les royaumes de France et d'Angleterre, le traité de Brétigny engendre une démobilisation de Routiers ou si vous préférez de mercenaires, qui vont parcourir la région audoise dès février 1361, pillant de nombreux villages. Cette insécurité va démarrer le début des renforcements des fortifications de nombreuses localités. Deux actes datant de 1361 et 1367 montrent que le monastère était gardé par des soldats en arme pour sa défense.

En 1363, Guy 1er du Breuil élu abbé, entreprend à son tour de réformer le monastère, il oblige les jeunes religieux qui demeurent dans des maisons particulières à venir habiter le dortoir commun.

Dans la seconde moitié du XVème siècle, Pierre d'Abzac de la Douze fait embellir l'église abbatiale, il fait réaliser des boiseries ainsi que les stalles du chœur. Un document daté de 1493 mentionne la consécration des autels de l'église.

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L'abbaye côté Sud/Est en hiver

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Les fortifications autour de l'abbaye sont encore présentent

Le XVIème siècle marque le début des premiers abbés commendataires, désormais les abbés ne sont plus élus par les religieux, mais nommés par le souverain. Dans le régime de la commende, un abbé ou un prieur commendataire est un ecclésiastique, qui tient une abbaye ou un prieuré in commendam, c'est-à-dire qui en perçoit les revenus et qui peut aussi exercer une certaine juridiction sans toutefois exercer la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines. Le premier nommé sous ce nouveau régime, c'est Philippe de Lévis en 1502.

Au début du XVIème siècle, au Sud de l'église, l'abbé Philippe de Lévis fait ériger en 1537 le clocher donjon, qui domine de ses quarante-deux mètres les bâtiments abbatiaux, à l'extrémité du bras Sud du transept, qui, par avec ses trois absidioles, date du XIème siècle.

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Portail ouvrant sur l'avant-cour et la cour d'honneur

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Autre photo, du portail de la cour d'honneur

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La cour d'honneur de l'abbaye, entourée de bâtiments conventuels

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Les moines dans la cour d'honneur du monastère, préparant une réception

Au XVIIème siècle, 1662-1663, l'abbaye est aux mains des Mauristes. Les Mauristes font partie de la congrégation de Saint-Maur, congrégation de moines bénédictins créée en 1621, et connue pour le haut niveau de son érudition. La congrégation et ses membres tirent leur nom de saint Maur (décédé en 565), disciple de saint Benoît auquel on attribue l'introduction en Gaule de la règle et de la vie bénédictines. L'introduction de cette nouvelle réforme ne plaît pas, certains moines vont faire de la résistance, deux clans vont s'affronter et perturber les offices. Sous le priorat de François Giraud, un centre d'études de philosophie va être créé en 1666.

Entre 1678 et 1686, Dom Bernard de Montfaucon (1655-1741) originaire des Hautes-Corbières, réside à l'abbaye. Moine Mauriste, il est l'auteur d'une œuvre considérable. Il a fondé l'archéologie en tant que science en appuyant l'histoire non seulement sur les textes, mais aussi sur les monuments et vestiges du passé. Il est aussi le fondateur de la paléographie. Pendant la période où il séjourna à l'abbaye, il s'initie à la théologie avant de spécialiser dans les auteurs grecs.

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La cour d'honneur de l'abbaye Saint-Marie d'Orbieu

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Voici une vielle photo de la cour d'honneur de l'abbaye datant de 1900

Une période faste est matérialisée par de grands travaux, dès 1721, donnant lieu à des élévations d'inspiration classique, avec l'édification du nouveau palais abbatial et du cloître actuel. Ces travaux se font sous l'impulsion d'un abbé bâtisseur : Armand Bazin de Bezons (1701-1778) fils du maréchal de France Jacques Bazin de Bezons. Celui-ci sera élu évêque de Carcassonne en 1730, il sera l'avant dernier abbé de l'abbaye. En 1768, on dénombrait seulement une dizaine de religieux à Lagrasse.

A cette époque les biens sont amoindris, un dernier abbé commendataire subsiste entre 1780 et 1785 : Jérôme-Marie Champion de Cicé (1735-1810), il sera nommé archevêque de Bordeaux en 1781. Il marqua l'histoire car il sera nommé Garde des sceaux par Louis XVI, il est l'auteur du projet de déclaration des droits en 24 articles qui a servi de base à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

lagrasse 08 en 1915

L'abbaye en hiver 1915

En 1792, l'abbaye sera vendue à la Révolution en deux propriétés qui subsiste aujourd'hui. C'est un négociant de Carcassonne qui obtint le monastère avec ses dépendances, tandis que le logis abbatial comprenant la chapelle de l'abbé Auger de Gogenx, ainsi que le vieux dortoir et les celliers sont adjugés à un habitant de Lagrasse. Après les propriétés vont changer plusieurs fois de propriétaires.

En 1826, le constat catastrophique du monastère est fait par l'historien Du Mège, le site est dans un état de ruine et d'abandon.

En 1894, la Congrégation des Filles de Notre Dame des Sept Douleurs s’installe dans la plus grande partie de l’abbaye et ouvre un orphelinat et une maison de retraite.

L'abbaye ne fut classée aux Monuments Historiques qu'en 1923. En 1979, la Communauté de la Théophanie rachète la grande partie. En 1995, deux Allemands s’installent dans la partie principale.

Lagrasse Aude 70 Sur cette photo du front Est de l'abbaye, on peut s'interroger : malgré les constructions successives au cours des siècles cela reste un ensemble relativement harmonieux.

Aujourd'hui, la division de l'abbaye en deux lots, depuis la Révolution perdure toujours avec une partie médiévale qui est publique, acquise en 2004 par le Conseil Général de l'Aude, et une partie moderne mauriste qui est privée, occupée aussi depuis 2004 par la communauté des Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu qui ont racheté les bâtiments avec le soutien de Monseigneur Jacques Despierre, alors évêque de Carcassonne. La visite de cette partie aujourd'hui privée est possible (je vous en dirai plus à la fin du reportage).

Des travaux réalisés en 1989 permirent de mettre à jour un chapiteau roman sculpté attribué au ciseau du Maître de Cabestany qui réalisa également le portail de l'abbatiale dont il ne reste, hélas, que des morceaux de voussure dispersés que vous pouvez voir ci-dessous ...

Lagrasse Aude 38

Chapiteau roman sculpté, attribué à un Maître sculpteur anonyme de Cabestany.

Au début du XIIème siècle, les comtes de Barcelone décident d'enrichir l'abbaye de Lagrasse et, pour ce faire, mettent sous sa dépendance quelques monastères roussillonnais et catalans comme celui de Saint-Martin du Canigou.

C'est à ce moment là que l'église abbatiale est agrandie et au cours de la seconde moitié du XIIème siècle un portail monumental est ajouté en façade. Voici donc ce qu'il en reste ...

Lagrasse Aude 31

Voici un autre chapiteau sculpté en marbre blanc provenant de l'archivolte (ornements, sculptures ou baguettes qui encadrent une arcade) du portail démantelé de l'église abbatiale.

Il est d'époque romane seconde moitié du XIIème siècle. Il est aussi attribué à l'atelier de Cabestany. Le bandeau plat dans la partie supérieure, comporte une inscription sculptée "S ROTBERTUS" . Serait-ce le maître sculpteur du XIIème siècle, qui a entre autre, sculpté les chapiteaux de Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand, ce scultpteur Rotbertus a t-il excercé son art à Cabestany ? Ou autre hypothèse, serait-ce les noms des commanditaires de cette oeuvre : les abbés Guillaume et Rotbertus qui ont excercé respectivement à Lagrasse de 1157 à 1161 et de 1161 à 1167 ? 

 

Je vous présente ci-après, toute une série de photos anciennes de l'abbaye et du village médiéval de Lagrasse :

carte postale lagrasse 04 en 1900

Le village médiéval de Lagrasse, la rue principale de la Promenade en 1900

lagrasse 37 en 1900

Une autre photo de la Promenade en 1900

lagrasse 11 en 1900 Le pont Vieux en 1900

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Superbe photo d'un pêcheur taquinant le goujon dans l'Orbieu au pied du pont Vieux en 1950

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Le même lieu en 1970 

lagrasse 28 en 1900 Le pont Vieux enjambant l'Orbieu en 1900

lagrasse 14 en 1900 La place de la halle du village médiéval de Lagrasse en 1900

lagrasse 27 en 1900 Une photo du village médiéval de Lagrasse en 1900

lagrasse 23 en 1910 entrée orphelinat des médaillés

L'entrée de l'orphelinat des médaillés à Lagrasse

lagrasse 36 en 1920 L'épicerie Falet sur la rue de la Promenade en 1920

carte postale lagrasse 07 en 1930

La place de la halle de Lagrasse en 1930 située dans la partie Ouest du village. Les piliers de pierre datent du XIVème siècle, ils soutiennent une charpente imposante plus récente.

lagrasse 39 en 1950 La place de la halle de Lagrasse dans les années 1950. Cette place était un important centre commercial jusqu'au début du XXème siècle.

lagrasse 24 en 1970

La place de la halle en 1970, j'aurai l'occasion de vous montrer des photos récentes dans la seconde partie du reportage ...

carte postale lagrasse 05 en 1950

Aperçu côté Nord / Ouest de l'abbaye de Lagrasse photo datant de 1950

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L'abbaye et les deux ponts de Lagrasse en 1950

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Une vue d'ensemble de Lagrasse en 1950 et j'ai pris la même photo aujourd'hui, ci-dessous

Abbaye Lagrasse Aude 005

Lagrasse, l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu de nos jours, intéressante comparaison avec la photo ci-dessus

lagrasse 31 en 1950 tour charlemagne lagrasse 17 en 1960 rue Foy

A gauche, la tour Charlemagne appelé aujourd'hui la tour clocher en 1950. A droite, la rue Foy en 1960

lagrasse 25 en 1950

Très jolie photo en N/B du pont Vieux, les vieilles maisons médiévales et l'abbaye de Lagrasse en 1950

lagrasse 09 en 1955

L'ancien dortoir des moines, situé à l'Est du logis abbatial, fut construit au XIIIème siècle par l'abbé Auger de Gogenx.

Cette photo date de 1955, nous verrons plus en détail ce lieu dans la seconde partie du reportage.

lagrasse 35 en 1950

Lagrasse en 1950, vous remarquerez que la végétation c'est amoindri par rapport à aujourd'hui

lagrasse 18 en 1960 abbaye et orphelinat des médaillés L'abbaye et l'orphelinat des médaillés de Lagrasse en 1960.

L’orphelinat des Œuvres sociales des Médaillés militaires a occupé la partie médiévale de l’édifice, dés le début du XXème siècle.

lagrasse 33 en 1960

Une vue Sud / Est du monastère datant de 1960, à gauche la tour clocher, au centre l'église et la tour pré-romane qui a été réhabilitée, et à gauche les dortoirs.

carte postale lagrasse 03 en 1960

Lagrasse en 1960 photo prise de la route de Ribaute, la D212

lagrasse 26 en 1970 Une vue aérienne Nord de Lagrasse en 1970

lagrasse 15 en 1970

Une vue aérienne Sud de Lagrasse en 1970

lagrasse 32 en 1970  lagrasse 20 en 1970 tour de plaisance

Ces deux photos datent de 1970, à gauche une des petites rues médiévales du village de Lagrasse et à droite, la Tour de Plaisance et courtine adjacente située au Sud, date de la seconde moitié du XIVème siècle début du XVème. Cela date des renforcements qui ont été aménagés durant les guerres de religions.

lagrasse 19 en 1970 tour charlemagne

La tour Charlemagne ou tour du clocher, la photo date de 1970

lagrasse 22 en 1980

Lagrasse en 1980, de nombreuses photo ont été prises de cet endroit qui surplombe le village, l'endroit offre une belle vue

Dans la seconde partie je vous présenterai toutes les caractéristiques architecturales de l'abbaye, avec des infos toujours instructives et encore de nombreuses photos, un peu de patience, le temps de réaliser le montage sur le serveur. Pour votre information l'ensemble du reportage regroupe plus de 170 photos, ce qui rend l'Histoire plus intéressante à suivre ...

bandeau à suivre 240px Lagrasse Aude 65

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Par Jean-Pierre LAGACHE
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 02:30
bandeau balade aux champignons

Comme je vous le disais dans le précédent reportage, mon ami "Gens de Belcaire" m'a proposé un article sur les champignons. Je lui est posé cette question : "tu crois que cela va intéresser les visiteurs du site web". Lui pense que oui ; que cela va intéresser de nombreux adeptes ramasseurs de champignons et amoureux de la nature ... Alors, c'est parti pour le montage de l'article et on verra bien ce que vous allez en penser !

Petite précision de "Gens de Belcaire"  : Les champignons qui se trouvent dans le sujet, sont ceux que l'on trouvent habituellement au Pays de Sault, dans le secteur de Belcaire, La plaine, Comus et Niave. Et à Liliane (mon amie belcairoise) de rajouter : "Les ramasseurs Belcairois préféreraient donner leur code de CB, plus tôt que de divulguer leurs lieux de cueillettes !" et je rajouterai "Assurez vous que la carte bancaire dispose d'un approvisionnement".

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LES CHAMPIGNONS A BELCAIRE - PAYS DE SAULT

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Il n'est pas beau "mon village" de Belcaire ?!

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Le lac de Belcaire au début du printemps tôt le matin ...

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Les plus recherchés au Pays de Sault, et que nous allons voir ici, se sont les morilles, les lactaires délicieux, les cèpes de Bordeaux, les chanterelles et les tricholomes de la Saint Georges (mousserons)

Portail du chateau de Belcaire en 1905   Balade aux champignons 012

A gauche, photo datant de 1905, le portail du château de Belcaire construit par la famille De Nègre. A droite, le château de Belcaire actuel

En aparté, concernant cette famille De Nègre j'aurai l'occasion de faire un article bientôt sur ce site

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l'ami Guy de Belcaire

Un petit clin d'oeil à mon ami Guy, que tout le monde connaît bien à Belcaire et au Pays de Sault, il est l'un des dictionnaires belcairois. Maintenant qu'il profite de sa retraite, il pourra très certainement organiser des sorties de cueillettes, car il connaît les immenses forêts de la région comme sa poche ! Et il adore les champignons !

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La place de la mairie de Belcaire vers 1905

L'automne, c'est la saison des balades en forêt et des cueillettes. Allez cueillir des champignons : Chanterelle, cèpe de Bordeaux, coprin chevelu, lactaire délicieux… L'évocation de ces champignons comestibles, parmi les meilleurs de nos régions, met en appétit tout fin gourmet. Ces perles de la gastronomie réapparaissent dans les prés ou les sous-bois, à la faveur du retour de l'automne. La cueillette des champignons sauvages est aussi ancienne que celles des baies. Au Moyen Age, l'espèce la plus appréciée était la psalliote, facile à identifier. Les cèpes, eux, n'ont été "découverts" qu'au XVIIIème siècle. Aujourd'hui, quand l'été fait place à l'automne et qu'il fait trop froid pour aller à la mer, la cueillette des champignons devient l'occasion d'une belle balade de fin de semaine en famille.

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Cette même place de la mairie de Belcaire en 2002

MAIS QUE DIT LA LOI ?

Le promeneur en forêt ne doit pas oublier qu'en tout endroit de la forêt, il y a un propriétaire, privé ou public. Quand on se promène en forêt, on se promène donc toujours chez quelqu'un !
En France, les trois quarts des forêts appartiennent à des particuliers, les autres forêts appartiennent à l'État ou aux collectivités territoriales et sont gérées par l'Office national des forêts.
En forêt, vous êtes donc chez quelqu'un. Le promeneur doit être respectueux de ces lieux.

Les champignons appartiennent au propriétaire de la forêt dans laquelle ils poussent. (Code civil, art. 547 : « les fruits naturels (...) appartiennent au propriétaire par droit d'accession »). En principe, il faudrait avant toute cueillette solliciter l'autorisation du propriétaire.

  • ♦ Tout ramassage non autorisé de champignons en forêt – publique ou privée- est puni d'une amende pouvant aller jusqu'à 150 €.
  • ♦ Lorsque le volume extrait est supérieur à 5 litres, l'amende peut aller jusqu'à 750 € (Code forestier, art. R.331-2).
  • ♦ L'absence de clôture de même que l'absence de panneau « interdiction d'entrée » ou « cueillette de champignons interdite » ne tempère pas le caractère sacré de la propriété privée.

Le ramassage pour consommation personnelle est souvent toléré en forêt publique et en forêt privée, mais lorsque les visiteurs sont trop nombreux ou peu respectueux, le propriétaire décide parfois d'interdire les visites ou d'instaurer un permis de récolte, afin de préserver la forêt. C'est son droit et cela protège la forêt et son écosystème des abus. Renseignez-vous et respectez cette décision éco-citoyenne !

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Champignon est un terme ambigu qui désigne en français divers organismes biologiques sans chlorophylle et sans plastes (donc hétérotrophes), pas ou peu mobiles, constitués de cellules pourvues de noyaux et qui font donc partie des Eucaryotes.

Tous les champignons au sens commun du terme, parfois dits aussi « champignons supérieurs », appartiennent au groupe des Eumycètes et se répartissent au sein des Basidiomycètes, comme les amanites ou, pour quelques uns, parmi les Ascomycètes, à l'exemple des morilles ou des truffes. L'étude de ces champignons est la mycologie et ceux qui la pratiquent sont des mycologues.

Ce qu'on appelle couramment champignon n'est en fait que la fructification temporaire et visible, le « sporophore » (autrefois appelé carpophore), d'un organisme à caractère plus durable et plus discret dont la structure habituellement filamenteuse constitue le « mycélium ». D'autres silhouettes de sporophores sont bien connues : en forme de petits buissons comme les clavaires, de langues sur le tronc des arbres comme les fistulines, de coupes comme les pézizes, de sphères comme les vesses-de-loup, etc.

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ÉTYMOLOGIE :

A l'origine du nom et dans le langage le plus courant, les champignons sont ces « petits produits des campagnes » (du bas-latin campinolius) constitués généralement d'un pied surmonté d'un chapeau, à l'image du champignon de Paris ou du bolet.

CLASSIFICATION :

Il y a de très nombreuses espèces de champignons, dont épiphytes, endogés ou aquatiques, et il en reste beaucoup à découvrir.

Leur classification relève de la mycologie. Elle évolue, notamment suite aux progrès de la génétique, y compris pour des organismes symbiotes (ex : les lichens ont un temps été classés hors du monde fongique, et y ont récemment été réintroduits). Les listes et classifications sont donc régulièrement mises à jour.

Les champignons ont longtemps été considérés comme des végétaux, en raison de leur immobilité et de la présence d'une paroi cellulaire épaissie, végétaux dits « cryptogames » car ne produisant pas de fleurs. Mais les champignons constituent un règne à part car ils se différencient des plantes et des algues par plusieurs caractères :

  1. 1 - Ils sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone : leur incapacité à synthétiser des sucres à partir de simples ressources minérales les distingue fortement des végétaux qui eux sont autotrophes grâce à la chlorophylle et à la photosynthèse. Les champignons doivent extraire de leur environnement des composés organiques déjà constitués. Ils doivent « s'alimenter » comme le font les animaux, ce qu'ils font soit en décomposant de la matière morte (ils sont alors saprophytes), soit au détriment d'organismes vivants (ils sont alors parasites), soit en s'associant avec un organisme chlorophyllien (ils sont alors symbiotiques) ; Plusieurs de ces stratégies pouvant être combinées chez certaines espèces. Les recherches récentes sur l'évolution des espèces vivantes placent d'ailleurs la plupart des champignons plus près des animaux que des végétaux.

  2. 2 - Ils sont absorbotrophes ;

  3. 3 - Leur appareil végétatif est ramifié, diffus et tubulaire ;

  4. 4 - Ils se reproduisent via des spores non flagellées ;

  5. 5 - Leur paroi cellulaire est chitineuse (comme celle des Insectes).

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On a donc logiquement créé pour les champignons le règne spécifique des Fungi (du latin littéraire fungus, le champignon) pour y placer ces êtres particuliers, non seulement ceux produisant des sporophores, mais également dans les définitions les plus larges qui ont pu exister toutes sortes d'organismes eucaryotes pluricellulaires ni végétaux, ni animaux, comme les moisissures, les rouilles, le mildiou, les saprolègnes, etc. et même parfois unicellulaires comme les levures.

 

L'usage du mot champignon s'est alors étendu dans le langage commun à des formes biologiques très diverses. Ainsi le terme de champignon est utilisé parfois extensivement pour désigner aussi bien des agents responsables de dermatophytoses (types d'affections rencontrées fréquemment sous les ongles des pieds), les feutrages des oïdiums qui parasitent le feuillage des végétaux, l'ergot de seigle, des plasmodes coloniaux comme les fleurs de tan, les Penicillium du fromage de Roquefort, etc. A l'analyse, il s'avère que certains de ces « champignons inférieurs » sont effectivement apparentés de manière très proche aux champignons à sporophores, alors que d'autres appartiennent à des groupes très distants. Les définitions des différents taxons scientifiques ont alors été précisées, mais l'emploi élargi du mot champignon est resté.

L'ORGANISME :

La fructification chez les Eumycètes, appelée précisément sporophore (organe portant les spores permettant d'accomplir le cycle de vie, terme aujourd'hui préféré à « carpophore »), est particulièrement développée pour certaines espèces, le reste de l'organisme appelé le mycélium étant souterrain et donc invisible. Certains Eumycètes disposent de sporophores en surface tandis que d'autres, par exemple ceux des truffes, sont souterrains.

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Il existe cependant bien d'autres espèces appelées champignons, qu'elles soient uni- ou pluri-cellulaire, tels que les rouilles, les levures, les moisissures ou encore certains parasites de l'homme. Bien qu'ayant été par le passé regroupées au sein d'un même groupe, elles peuvent n'avoir que peu de rapport entre elles. Les actuels taxons des Fungi / Mycota, des Oomycota, des Hyphochytridiomycota, des Labyrinthulomycota, et des Mycetozoa ont été classés ensemble dans le passé comme faisant partie du règne végétal du fait de la présence d'une paroi cellulaire, et de plusieurs similitudes entre leurs cycles de vie et ceux des algues avec lesquelles ils formaient les thallophytes. Les Mycetozoa, souvent décrits comme des champignons-animaux ou amiboïdes, n'ont en fait en commun qu'une ressemblance externe de leur appareil sporifère et sont assez proches des amibes.

Transporté dans les sciences naturelles, le mystère demeura en partie, comme le montrent les premières classifications botaniques qui les laissèrent longtemps placées dans les cryptogames ou végétaux à reproduction cachée, principalement en raison de la discrétion et de la complexité de leur mode de reproduction.

INTÉRÊTS ET USAGES

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Cueillette de champignons

ALIMENTATION : La plupart des champignons n'ont pas d'intérêt culinaire ou sont toxiques, mais certaines espèces comestibles sont très recherchées pour leur saveur : le cèpe de Bordeaux, la truffe noire, l'oronge, etc. Le ramassage des champignons, activité encore vivace et populaire, constitue une subsistance des systèmes socio-économiques de cueillette. Celle-ci n'est pas sans risques car diverses espèces sont toxiques, voire mortellement vénéneuses, à l'origine de mycétisme, empoisonnement par méconnaissance des champignons.

BIOTECHNOLOGIES : Les « champignons filamenteux » (basidiomycètes surtout) intéressent les acteurs des biotechnologies de par leurs éventuelles capacités à rapidement biotransformer les lignocelluloses grâce à des enzymes spécialisés, ou à dépolluer certains matériaux. Divers programmes de recherche visent à comprendre et contrôler certains mécanismes de biotransformation fongique pour les utiliser industriellement, dont pour produire des carburants biosynthétisés. Là encore, certains craignent un risque en cas de fuite dans l'environnement d'organismes génétiquement modifiés (OGM) susceptibles de s'attaquer à des ligneux ou autres végétaux (vivants et/ou morts).

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TECHNOLOGIES VERTES ; DÉPOLLUTION : Paul Stamets et d'autres mycologues préconisent de développer la permaculture de champignons, considèrent la fungiculture comme une source importante de nourriture et de molécules utiles pour le futur et pensent qu'elle est intéressante dans le domaine de la bioremédiation. Ils pensent que les champignons peuvent aussi jouer un rôle très important dans le domaine de la dépollution ; en accompagnement de la phytoremédiation ou de l'utilisation de divers micro-organismes ; utilisés seuls ou en association épuratrice, etc.
Certaines espèces s'avèrent en effet capables de remarquablement bien bioconcentrer les métaux ou radionucléides du sol. Selon eux, la mycoremédiation (parfois traduit par fongoremédiation), via la mycofiltration notamment, permettrait de détoxiquer des milieux (eau, air, sol) de façon moins coûteuse qu'avec les techniques physico-chimiques classiques et plus rapide que via la phytoremédiation. Elle demande encore cependant une meilleure connaissance et maîtrise de la culture des myceliums dans un sol ou un substrat pollué ou dans un matériau filtrant un air ou une eau polluée.

SYMBOLIQUE ET ASPECTS CULTURELS :

Le concept de champignon est complexe et lié à plusieurs faits naturels et sociaux : moisissure, aliment, drogue, nucléaire, maladie, etc...

Le champignon est symbole de la vie régénérée par la fermentation, la décomposition organique, c'est-à-dire la mort :

En Asie, le champignon est symbole de longévité, par exemple pour les coréens le champignon magique est l'un des 10 symboles de longévité et aussi un symbole de fertilité. Dans la peinture chinoise c'est le cerf qui apporte le champignon, tous deux sont des symboles de longue vie, la croyance chinoise voulant que le cerf vive très vieux et soit donc le seul animal capable de trouver le champignon sacré de l’immortalité.

« Autant de sons nés du même instrument, autant de champignons nés d'une même humidité. » Ainsi Zhuangzi explique-t-il que les êtres sont l'émanation fugitive d'une seule et même essence.

En Pologne, consommer des champignons à Noël facilitait les contacts avec les morts.

En héraldique le champignon est également le symbole de la fertilité ainsi que de la puissance sexuelle.

 

LES CHAMPIGNONS GÉANTS :

La rapidité de croissance des champignons fascine. Ils sont présents dans l'imagerie populaire sous forme de champignons géants, thème qui intéressent encore les journalistes : en juillet 2006 sur l'île taïwanaise de Taitung on aurait découvert deux champignons plats de 60 cm de diamètre et pesant chacun environ 20 kg. En Juillet 2007 un champignon géant de plus de 70 cm de haut et pesant plus de 20 kg aurait été découvert au Mexique, dans la forêt de Tapachula (Chiapas), à la frontière du Guatemala.

Dans son roman Voyage au centre de la Terre, Jules Verne évoque une forêt de champignons géants. Dans la bande dessinée L'Étoile mystérieuse, le héros Tintin est confronté à des champignons géants à la croissance instantanée. On retrouve le même thème dans le jeu de société pour enfants Spirou et les champignons géants.

 

LE MATÉRIEL NÉCESSAIRE A LA CUEILLETTE :

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  ♦  Choisissez des vêtements chauds et solides, résistants aux branches et aux ronces il n'est pas nécessaire qu'ils soient imperméables mais il est préférable qu'ils ne laissent pénétrer ni la rosée ni l'eau tombant des branches.

  ♦  Une bonne paire de chaussures de marche ou de bottes sont fortement conseillées, les choisir solides mais toutefois assez souples et imperméables pour ne pas se mouiller avec les herbes pleines de rosée.

  ♦  Vous mettrez votre récolte dans un panier en osier ou en bois peu profond et si possible muni d'un couvercle, les sacs en plastiques étant à proscrires.Vous pourrez cloisonner votre panier si vous avez des espèces délicates craignant d'être écrasées par de plus gros spécimens.

  ♦  Munissez vous d'un couteau si possible le modèle ci contre spécial champignon il est en effet étudié pour une coupe p