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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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26 septembre 2014
bandeau-flash-info.jpg bandeau sport rugby

L'Almanach du Rugby 2015 de Marc Duzan et Nicolas Zanardi est paru aux Éditions Flammarion le 24 septembre 2014. Il a été tiré à 15 000 exemplaires. Cet ouvrage mérite un coup de pub, et je suis fier, car j'ai apporté ma modeste contribution, et ils me le rendent bien puisqu'ils citent mon site web sur la page des Remerciements en fin d'Almanach, merci à eux. L'Almanach  est bourré d'informations intéressantes pour les passionnés du rugby c'est une mine d'or. C'est un "pavé" de 370 pages, il est déjà en vente.

L'Almanach de rugby 2015 couverture

 

L'Almanach de rugby 2015 Page remerciements

 

L'Almanach de rugby 2015 le dos

  Prochainement sur ce site, les très petites communes faisant parties de cette région reculée de l'Aude que l'on appelle "le Pays de Sault", seront à la Une de cette série de nouveaux reportages qui leur seront consacrés.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Eh bien, voilà encore un beau reportage, qui mérite tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! L'aventure continue ...qu'on se le dise !! 
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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans LA PORTE DE L'ACTUALITÉ
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15 septembre 2014

 

AUDE HENNEVILLE Titre 2 reportage Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera !

Ce reportage n'a rien à voir avec la découverte du département de l'Aude, mis à part son prénom c'est la seule similitude phonétique dirons nous.

Exceptionnellement je vais vous faire part d'un de mes coups cœurs musicales, j'avais envie de me faire plaisir et de vous en parler. Ce coup de cœur, je l'ai eu en regardant l'émission THE VOICE saison 1 sur TF1, pour une jeune femme, auteur, compositeur et interprète, héritière de Francis Cabrel. Retenez bien son nom : AUDE HENNEVILLE, vous en entendrez parler j'en suis persuadé bientôt, dans les mois à venir.

Elle a un timbre de voix grave que j'adore et ce qui fait son charme : ses textes et ses mélodies baignent dans un univers folk et ce son country colore l'ensemble, une petite merveille cette fille ! 

Elle a appris la guitare en autodidacte et compose ses textes qui s'inspirent du quotidien. Un album est en préparation, et sa sortie dans les bacs ne saurait tarder. Un petit CD comportant cinq titres est déjà disponible sur son site internet, dont je vous donnerai l'adresse à la fin de cet article.

 

Je la verrai bien chanter aux côtés de Crosby Stills et Nash, quand ils viennent jouer à l'Olympia ... ils devraient l'inviter  !!

Cette jolie Aude n'a pas la grosse tête suite à son succès qui va crescendo, elle reste abordable et elle a gentiment bien voulu répondre à mes questions, interview réalisé début septembre 2014 que je vous livre ci-après :

 

Crédit photos de ce reportage : Jérôme WARGNIER avec l'autorisation d'Aude.

AUDE HENNEVILLE 5

 

AUDE HENNEVILLE 4   AUDE HENNEVILLE 2

 

Interview d'AUDE HENNEVILLE auteur-compositeur-interprète

 

Aude, vous êtes née le 5 octobre 1981 à Montigny (95), mes lectrices et lecteurs, voudront en premier lieu en savoir un peu plus sur vos racines ?

C’est presque ça (rire) !! Pour dire vrai, je suis née à Suresnes dans les Hauts de Seine (92), mais ceci n’est qu’un détail !!! Mes racines ? Comment dire !! Par quel bout commencer ? Dois-je préciser que je suis Normande avec un tel nom de famille ? Ensuite je pourrais vous dire que j’ai passé une partie de mon enfance à Bagdad de 1984 à 1987, pendant la guerre Iran-Irak, et que j’ai cru comprendre il y a quelques temps, qu’il y aurait du sang d’Indien d’Amérique qui coulerait dans mes veines (source d’un membre de ma famille)…

 

Vous étiez souffleuse de verre dans les laboratoires de recherche du centre universitaire de Jussieu, si je ne m'abuse, et en 2004, après avoir assistée à un concert de Francis Cabrel, vous avez eu le déclic, c'est récent, racontez nous cela ?

Effectivement, être souffleur de verre, c’est un métier que j’ai choisi…

Puis en 2004, je suis allée voir Francis Cabrel en concert, et en rentrant du concert le soir, j’ai pris cette vieille guitare dont les cordes étaient ravagées par le temps et que je n’avais jusqu'alors jamais réellement touchée et j’ai passé une longue nuit blanche avec elle dans mes bras. C’est là que j’ai écris mes 4 premières chansons !! C’était étrange…

 

Je crois savoir que vous êtes autodidacte dans l'apprentissage de la guitare ? Avez-vous des conseils essentiels pour commencer à jouer de cet instrument ?

Complétement autodidacte, je n’ai jamais appris, je me sers de mes oreilles pour trouver des suites d’accords qui me semblent logique !

Pour ce qui est des conseils, n’arrivant pas moi-même à les suivre, je crains qu’il faille demander à quelqu’un d’autre, je suis très mauvaise conseillère !

AUDE HENNEVILLE 10

J'ai lu sur votre site web officiel que vous étiez une héritière de Cabrel, c'est à Astaffort que tout à commencer à se concrétiser ?

C’est exact, en 2005, j’ai eu la chance d’être sélectionné pour participer aux Rencontres d’Astaffort, en qualité d’auteur (à ma grande surprise, car j’étais persuadée d’avoir plus une voix que de jolis écrits !! ). Puis pendant 10 jours j’ai vécu en musique H-24, du réveil au couché, c’était pour moi une expérience qui restera ancrée car elle a été un déclencheur. J’ai compris à ce moment là que je voulais faire de ma passion, mon métier. Ça a été également un déchirement lorsque j’ai du reprendre le cours de ma vie !

 

Qu'est-ce qui vous a amené à l'écriture et comment vous est apparue l'envie d'écrire vos textes ?

Je pense que je devais avoir au fond de moi ce besoin de passer aux aveux… La musique est une forme exutoire, tout comme le sport… Et après avoir pratiqué quelques longues années le tennis. Aujourd’hui au lieu de frapper dans les balles comme un boulet de canon, je traduis ma haine, ma rage, mes désirs, mes coups de gueule au travers des chansons… 

 

Les idées d'écriture vous viennent comment ?

Des idées j’en ai a revendre, j’ai encore beaucoup de chansons qui restent en suspens car je ne sais pas comment les tourner. Pour le moment j’écris avec le cœur, sur les choses qui me touchent, qui me bouleversent.

 

Vos chansons sont-elles autobiographiques ?

Il est toujours plus facile de raconter des choses que l’on vit ou que l’on traverse. Alors on peut dire oui, qu’il y a une sorte d’autobiographie.  

AUDE HENNEVILLE 6  AUDE HENNEVILLE 7

Que ressentez-vous après avoir terminé une chanson, quand la musique colle parfaitement à l'émotion de votre écriture ?

Je suis comme une puce, je ne tiens plus en place, je suis surexcitée, heureuse, des fois je me dis « Quoi ? C’est toi qui as écrit ça ? ».

Il n’y a pas beaucoup de mes chansons dont je suis contente à 100%, car j’ai le sens critique et reconnais mes faiblesses. Mais j’arrive à être fière de moi quand je parviens au terme d’une chanson que je ne pensais pas aboutir, mais surtout, qui me plait.

 

La musique se crée avant le texte ou l'inverse ?

Ni l’un ni l’autre mon capitaine !! Tout vient en même temps. En tout cas, c’est comme ça que je procède.

J’ai déjà tenté d’écrire sur des musiques, ou de composer sur des écrits, mais ça ne marche pas ! Y’a toujours un truc qui me gène…

 

Quelle méthode de travail utilisez-vous ? Vous écrivez et notez toujours des bribes d'idées, des airs ?

J’ai aucune méthode, je n’aime pas les méthodes. Des fois j’essaie de me forcer à écrire des chansons, mais ca ne fonctionne pas. Je marche au cœur, je chante avec cœur, je fais les choses naturellement, je ne force pas la nature... C’est aussi ça l’avantage d’être artisan !! Mais il est vrai que j’ai toujours sur moi un carnet de note, et un dictaphone qui me permet de garder une trace de mes idées…

 

Pourquoi aimez-vous écrire vos propres chansons ?

Je suis autonome, personne pour me dire ce que je dois faire ou ne pas faire, chanter ou ne pas chanter. Et puis comme je raconte ce que je vis et traverse, je ne triche pas ! Je me sens 100% MOI.

AUDE HENNEVILLE 9   AUDE HENNEVILLE 1

Quand paroles et musique ne font qu'un, vient le moment de l'interprétation, vous chantez seul devant votre miroir ou en studio entourée de bons conseillers ?

J’écoute oui les gens qui m’entourent, mais après je suis tellement « têtue » que je n’en fais qu’à ma tête, je chante simplement, avec le cœur en repensant au moment où j’ai pu écrire la chanson que j’interprète. Et puis au final, même si je suis bien entourée, je reste seule à défendre mon bout de gras.

 

Vous conjuguez créativité et technicité pour pouvoir interpréter sur scène ses œuvres musicales, cela doit être grisant la notoriété, non ?

La Notoriété ? Parlons-en … On s’y fait vite !!! (rire)  Enfin, façon de parler !!

J’avoue avoir du mal à comprendre comment les gens peuvent être fans, car personnellement je ne l’ai jamais été au point de faire 500 km pour aller voir quelqu’un sur scène, je suis du genre à attendre que l’artiste vienne dans ma région pour aller le voir.

Après l’émission THE VOICE, c’était encore quelque chose d’inconnu pour moi, j’ai vite appris ce que c’était et combien il fallait se protéger par moment. On est rapidement mis sur un piédestal, mais tout aussi vite oublié. C’est assez perturbant.

Heureusement pour moi, je m’y étais un peu préparé, mais j’ai surtout la chance d’avoir quelques kilomètres au compteur et d’avoir la tête sur les épaules, et les pieds bien ancrés dans le sol.

 

La Technicité ? Ah bon ??  Je ne calcule pas en fait. Pour moi la musique ne peut se faire qu’avec ce que l’on a dans les tripes et pas autrement.

AUDE HENNEVILLE 8

Écrire, composer, interpréter, ces trois étapes demandent un talent particulier avec un esprit créatif. C'est inné chez vous, ou c'est venu lentement ?

Je ne sais pas, je sais que j’adore les arts de manière générale… J’ai beaucoup dessiné pendant un temps. Et puis je suis du genre à dire que ce n’est pas parce que j’ai écris quelques chansons que je suis un auteur d’exception, une compositrice hors-pair etc…. On en reparlera dans 30 ans quand j’aurai fais mon petit bonheur de chemin…

 

 Monter sur scène, c'est la capacité à dépasser sa timidité et sa pudeur, cela fut dur à vos débuts ?

Alors ça je ne vous le fais pas dire !!! Et plus je vieillis, plus j’ai peur… C’est grave docteur ???

A chaque fois que je monte sur scène, c’est la boule au ventre, l’envie de fuir, la peur de se planter…

Heureusement  j’ai toujours une guitare qui me cache, une manière à moi de me protéger encore un peu !!!

 

Vous  partagez votre temps entre la création, les enregistrements en studio et les représentations sur scène. Vous commencez à parcourir la France et l'étranger, vous multipliez les auditions et les scènes, les festivals, quelques émissions télévisées... Ces déplacements fréquents sont indispensables pour une chanteuse, cette nouvelle vie itinérante vous plaît ?

J’ai fait 1 an dans une société privée puis 11 ans dans la fonction public, à me réveiller tous les matins à 4H30 et rentrer tous les soirs à 21H, alors je peux vous assurer que changer de décor, faire et défaire ma valise, ne pas avoir le planning de monsieur et madame tout le monde, ne pas avoir cette vie stressante métro-boulot-dodo, c’est un réel bonheur pour moi… et j’ai vraiment pas envie que ça s’arrête demain.

C’est pour moi une forme de vie de nomade temporaire, quand les concerts sont terminés, je me ressource en rentrant à la maison, je suis très contente les 48H qui suivent mon retour, mais très vite j’ai besoin de repartir…

 

Quelles sont vos passions à part la musique et la chanson ?

Et si on gardait une petite part de mystère…

 

A bientôt 33 ans, une belle carrière musicale s'ouvre devant vous, profitez bien de tous ces bons moments émotionnels avec le public.

Merci infiniment !

 

Merci à Aude pour ces réponses franches et sincères, surtout ne change pas.

AUDE HENNEVILLE 3 dédicace JP

 

 

AUDE HENNEVILLE pochette CD 1  AUDE HENNEVILLE pochette CD 2

Je vous invite à aller consulter son site web officiel pour écouter cinq de ses titres, il y a des photos, des vidéos, les textes de ses chansons, et vous en saurez plus son actualité, les concerts passés et futurs.

Voici l'adresse de son site :   www.audehenneville.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Aude HENNEVILLE / Jean-Pierre LAGACHE - dans MUSIQUE
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30 août 2014
bandeau les villages du Pays de SaultBelcaire eglise titre

Tout d'abord je voudrais remercier mon ami Henri Toustou pour ses prises de vue et un grand merci à tous ces néo-villageois comme certains les appels, qui participent et qui se démènent pour faire vivre leur village bien qu'ils ne soient pas des enracinés. Certains n'ont pas compris qu'un village appartient à une communauté, elle est bien terminée l'époque des seigneurs et les règles de civilité ne sont pas exclusives. Je fais allusion ici, à des "querelles de clocher", et ils sont bien dommageables ces règlements de compte au sein de petits villages comme Belcaire qui ont tout intérêt à rester unis. Je ferme cette parenthèse et passons à des choses beaucoup plus passionnantes, avec ce reportage qui met en avant un patrimoine architectural remarquable des villages de l'Aude. Je vous propose de découvrir l'église de Belcaire comme jamais elle n'a été présentée, avec les nombreuses photos d'Henri. Je vous souhaite une bonne découverte avec plus de 100 photos inédites composant cet article ...

 

logo label Pays Cathare 02

 

Belcaire carte 01

Belcaire se situe à 26 km d'Ax-les-Thermes, 29 km de Quillan, 27 km de Lavelanet, 54 km de Foix, 81 km de Carcassonne, 139 km de Toulouse et 142 km de Narbonne.

Belcaire carte 02

Le pays de Sault, composé de dix sept villages, a connu un cruel exode rural par le passé, beaucoup plus que dans d'autres régions françaises, c'est du fait d'une part de son enclavement, de l'éloignement important des grandes villes et de la densité de sa population, relativement faible.

Actuellement, même si certains mettent des bâtons dans les roues pour freiner ce dynamisme, le pays de Sault revit. Avec ses atouts naturels préservés au sein d'une zone de montagne authentique : le bois, partout présent en pays de Sault, ressource naturelle et renouvelable par excellence, pas suffisamment valorisé par le passé, est aujourd'hui en pleine mutation ; enfin son élevage au sein d'une agriculture naturellement tournée vers la qualité et l'authenticité caractérisent le pays de Sault.

Cette région où tout a été préservé peut être fière et doit tout mettre en œuvre pour en tirer profit avec réalisme. C'est l'installation de personnes motivées et de jeunes reprenant l'activité de leurs parents, tous passionnés et désireux profondément de faire vivre ce pays, qui sont les meilleurs atouts de ce territoire.

Toutes ces énergies convergent vers une qualité de vie qui se savoure sans modération en pays de Sault.

Belcaire eglise 121

Belcaire son point culminant, à gauche le Casteillas avec sa croix de fer, vestiges du premier château, et l'église à droite avec son clocher si particulier.

En arrière plan, au fond à droite on aperçoit le pic des Sarrassis.

Belcaire carte 03

Belcaire, capitale du Pays de Sault, est proche de Camurac l'unique station de ski de l'Aude.

Le sentier cathare sinuant au travers du plateau de Sault, passe à proximité du village de Belcaire et poursuit son chemin jusqu'au village de Comus, puis les gorges de la Frau pour arriver à Montségur.

Les gorges du Rébenty sont à sillonner aussi.

Belcaire carte 04

Plan de situation du village de Belcaire, garez-vous  le long de la D613 ou autour du foirail à l'entrée Est du village et parcourez les ruelles à pied jusqu'à l'église.

Belcaire eglise 2

L'église de Belcaire dominant le village vue de la rue Gardouch. Dans le prolongement, à gauche du clocher on aperçoit l'imposant presbytère.

La paroisse de Belcaire dépendait de l'évêché d'Alet de 1318 jusqu'au début du XIX ème siècle. Les paroissiens payaient la dime à l'abbé du village de Joucou, puis au chapitre de Saint Paul de Fenouillet, lequel en laissait les 2/3 au prêtre desservant. A partir de 1802, la paroisse de Belcaire passa sous la coupe du diocèse de Carcassonne.

L'histoire de la paroisse de Belcaire n'est bien connue qu'à partir de 1660.

L'abbé Pierre Moulis (1872-1948) a écrit un ouvrage intéressant qui s'intitule "Le Pays de Sault" édité en 1958, c'était peut-être prémonitoire pour l'amour que je porte à cette région, car ce livre je l'avais acheté en 1972 lors de mes premières vacances à Belcaire et je le possède toujours.

Dans cet ouvrage l'abbé qui a effectué des recherches, indique que le premier curé de Belcaire dont le nom soit conservé, est Jean François de Nègre qui resta dans cette paroisse de 1639 à 1671. Il appartenait à la famille des baillis de Sault. Son successeur fut Jean-Pierre Boyer de 1671 à 1700. En 1676, il fit l'acquisition des maisons voisines du presbytère qui se trouve dans le prolongement de l'église, et le fit agrandir et reconstituer. En 1688 il acheta à Carcassonne le bénitier de l'église en marbre de Caunes-Minervois.

Se succéderont ainsi les curés comme Jacques Bousquet de 1700 à 1730, Charles Parrasse de 1730 à 1732, Hilaire Magdalon de 1732 à 1756, Benoît Nègre de 1756 à 1778, Joseph Borrel de 1778 à 1782, Gabriel Blanchard de 1782 à 1810, au moment de la Révolution il disparut avec son évêque en Espagne, en 1802 il revint prendre sa place.

Belcaire eglise 123

En passant place de la mairie et en empruntant la rue Gardouch, sur votre droite, la majestueuse église Saint Côme / Saint Damien vous apparaîtra.

Belcaire eglise 122

La façade Sud imposante, massive, l'église est orientée Ouest / Est.

Belcaire eglise 126

Le mur de soutènement que vous apercevez au premier plan, a été construit il y a 130 ans, en 1884, il soutient et permet l'accès au parvis.

Belcaire eglise vue 10

Le petit parvis devant l'église, surplombant le quartier de l'Oum, accessible par la rue du Rival ou la rue de l'Église.

Belcaire église 116

La croix du parvis Sud de l'église.

Belcaire eglise 3

Le clocher crénelé de l'église vu de l'Est, rue de l'Église.

A Belcaire, à part des oratoires champêtres, existait une église ou chapelle à côté du cimetière actuel. C'est la raison de son éloignement par rapport au village que l'on connaît aujourd'hui. Une tradition évoquée par l'abbé Moulis dit que le village se trouvait près du cimetière. Cette église devait être dédiée à Saint-Michel, puisque plus tard, c'est sous ce vocable qu'on désigne le cimetière (voir les archives communales État civil de l'année 1676 et suivantes).

L'église massive, puissante comme un fortin, est soutenue par un mur d'assise cyclopéen. Accolé à l'église un imposant presbytère domine les vieux quartiers de l'Oum et de la Coume. Belcaire fut le village du bailli puis chef lieu de canton, en ce qui concerne l'aspect religieux, il est le siège d'un doyenné. La date initiale de construction de l'église au point culminant du village n'est point connue. L'abbé Maximin Louis Cantier propose, dans les annales paroissiales de Belcaire éditées en 1898, le XV ème siècle sans plus de précision pour l'affirmer. Mais on ne peut concevoir le premier château-fort " Le Casteillas" datant du XIII ème siècle construit à proximité, sans un lieu de culte. L'abbé Sabarthès dans son dictionnaire topographique du département de l'Aude, cite les archives vaticanes qui signalent, en 1347, une "Ecclesia de Bellicadro" traduction : une église de Belcaire.

A l'origine l'église qui date du XIII ème siècle possédait un clocher-mur de style roman avec deux cloches, la décision de le remplacer fut prise en 1875. Neuf années vont s'écouler.

C'est en 1884 que l'église de Belcaire aura son nouveau clocher tour crénelé, qui revêt un aspect très particulier pour une église qu'on lui connaît de nos jours. Belcaire eglise 4

Clocher crénelé datant de 1884 réalisé par l'architecte Charles Émile Saulnier, dont je vous dirai un mot plus loin.

Belcaire eglise 8   Belcaire eglise 6

Ce clocher a la particularité de par sa conception, de servir de porche abritant le portail de l'église et il est ouvert au Nord comme au Sud, permettant ainsi l'accès à l'entrée depuis la rue de l'Église. 

Belcaire eglise 5

Une ouverture sous le clocher permettait de sonner autrefois les cloches et de hisser celles-ci au sommet lors de leur installation.

Belcaire eglise 84

Sur le mur de l'église, un plot de nivellement général IGN est scellé, indiquant l'altitude exacte, donnée comme référence pour le village : 1030 mètres.

Belcaire eglise 9

L'intérieur de l'église de Belcaire après les travaux de rénovation de 1988-1989.

Tient, les lustres ne sont pas ceux que l'on voit sur la photo ancienne datant de 1905 (voir plus loin) que sont devenus les originaux ?

Belcaire église 100

Quand on pénètre dans l'église, l'œil est tout de suite attirée par le magnifique retable du chœur.

Belcaire eglise 127

Autre photo du chœur de l'église de Belcaire avec son magnifique retable.

Pénétrons à l'intérieur de l'église dont les saints patrons sont Saint Côme et Saint Damien.

Le chœur de l'église possède un magnifique retable baroque, triptyques en bois polychrome doré datant du XVII ème siècle c'est le seul retable du Pays de Sault qui ne soit pas plat, ses ailes avancent en oblique et les niches des statues sont un peu creuses. Les ailes sont ornées des saints patrons de la paroisse. A Belcaire, on peut voir sur ce retable, les médecins, chrétiens d'origine arabe du III ème siècle, Côme, à gauche tenant une fiole, qui guérit les malades par des remèdes et Damien à droite qui guérit les incurables par les miracles. Ces deux statues ont été léguées à la paroisse par Pierre Baille en 1674. Les retables sont en bois (tilleul ou châtaignier), non seulement pour le fond constitué de planches, mais aussi pour les éléments décoratifs surajoutés et les statues. Seul, le tableau central est peint sur toile avec ici la représentation du Christ en croix peint par Prache de Carcassonne. Le retable et son tabernacle ont dû être exécutés à Limoux, étant donné leurs similitudes avec le mobilier religieux des villages de Magrie, de Pieuse et des Sauzils près de la commune de Fa. Il y a une bizarrerie sur ce retable, des colonnes torses sont ornées de lierre qui est le symbole de la fidélité, or, en général on trouve ce genre de décor que dans les lieux où l'on ne cultive pas la vigne. Ces volutes latérales ont certainement été réalisées par l'atelier Parant-Melair de Carcassonne. Les petits anges qui surmontent l'ensemble datent du XIX ème siècle.

Dans le chœur de l'église on peut voir aussi quatre tableaux rappelant la vie et la mort de Saint Côme et Saint Damien. Ces toiles ont été peintes par Montrié en 1729.

L'autel au tabernacle doré, repose sur un pied de marbre de Caunes-Minervois.

Belcaire eglise 28

L'autel, au tabernacle doré repose sur un pied en marbre de Caunes Minervois, le retable en bois polychrome.

A gauche, le vitrail représente "la Communion de Jean" au cours de la Cène. Les deux toiles illustrent le martyre des saints patrons de l'église.

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A gauche du retable, la statue de Saint Damien, frères jumeaux d’origine arabe et issus d’une famille noble et chrétienne, Côme et Damien sont nés au III ème siècle à Egée en Asie Mineure actuelle. Fort habiles dans l’art médical, ils parcourent les villes et bourgades, guérissent les malades au nom du Christ. Ils exercent leur art gratuitement et deviennent ainsi les Anargyres, "ceux qui repoussent l’argent".

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La partie gauche du retable avec la statue de Saint Damien tenant dans sa main le pot de panacée.

Étant donné que ces deux saints étaient des frères jumeaux comment les différencier ?

Dans leur représentation chacun porte des instruments évoquant médecine et chirurgie : la spatule et la boîte d’onguents pour Saint Côme, le pot de panacée, remède universel contre tous les maux pour Saint Damien.

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La partie droite du retable avec la statue de Saint Côme, les vitraux de ce côté représentent Jésus pardonnant à Madeleine, avec en dessous, deux toiles illustrant là aussi le martyre des saints patrons de l'église Côme et Damien.

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Photo de gauche, le retable avec les deux saints patrons de part et d'autre de la toile peinte, Saint Côme est patron des chirurgiens, né en Arabie, il pratiquait la médecine à Aigéai en Cilicie, ainsi que son frère jumeau, Damien, lui, saint patron des pharmaciens. Ils souffrirent ensemble le martyre sous Dioclétien, en 303 ou 310. On les appelle "anargyres" parce qu'ils soignaient "sans accepter d'argent". On les fête le 26 septembre en Occident, le 1er novembre en Orient. Photo de droite, la toile peinte représentant le Christ en croix, tableau réalisé par Prache de Carcassonne. 

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A droite du retable, Saint Côme la spatule et la boîte d’onguents.

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Les splendides balustres en marbre de Caunes Minervois séparant la nef du chœur de l'église de Belcaire.

C'est au début du ministère du curé Charles Parasse qui exerça à Belcaire de 1730 à 1735, que furent exécutées les peintures des voûtes du chœur, en bleu avec étoiles d'or.

Le chœur de l'église est éclairé par deux vitraux représentant, à gauche, la Communion de Jean au cours de la Cène, et, à droite, Jésus pardonnant à Madeleine. Sous ces vitraux, il y a quatre toiles, deux de chaque côté, illustrent le martyre des saints patrons.

Le chœur est coiffé de l'arc triomphal et de six arêtes en ogive et fermé par une table de communion en marbre elle aussi de Caunes-Minervois datant de 1727 (coût 480 livres). Le maître autel en marbre date de 1753, ces deux éléments ont été commandés à Joseph Grimes, de Caunes Minervois.

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Chapelle du Sacré-Cœur, avec des plaques commémoratives en honneur aux morts des deux dernières guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945.

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Autre photo de la chapelle du Sacré-Cœur.

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Plaque commémorative de la guerre 1939-1945.

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Sur le mur Nord donc à gauche, la chapelle dédiée à Saint Joseph. Vous apercevez, à droite, la statue de Saint Roch.

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La statue de Saint Joseph.
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Des tableaux représentant les différentes stations du chemin de croix relatant les souffrances du Christ, ornent les murs de l'église.

Le chemin de croix a son origine dans la liturgie du vendredi saint des chrétiens de Jérusalem. Le nombre de stations a longtemps été variable, il est fixé à 14 depuis le XVII ème siècle.

A droite, la statue de Saint Roch.

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La chapelle dédiée, à Sainte Thérèse de Lisieux et à Sainte Germaine, avec un vitrail représentant un "intérieur de Nazareth". 
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Chapelle dédiée à la Vierge à l'Enfant et à Sainte-Anne, mère de Marie. Avec un vitrail représentant la "Dation ou donation, du Rosaire à Saint-Dominique.   

La nef est relativement simple, elle est couverte par une voûte sur croisées d'ogives. Sur le mur aveugle de gauche, on peut voir les statues de Saint Jean Baptiste de la Salle et de Saint Roch, sur ce même côté, s'ouvrent les chapelles du Sacré-Cœur et de Saint Joseph. Le mur de droite, comporte également deux chapelles, l'une des chapelles, éclairée par un vitrail représentant un intérieur de Nazareth, abrite des statues de Sainte Thérèse de Lisieux et de Sainte Germaine. La seconde chapelle à droite, est dédiée à la Vierge et l'Enfant et à Sainte Anne, mère de Marie, avec un vitrail représentant la Dation ou Donation, du Rosaire à Saint Dominique. Au dessus des chapelles d'autres vitraux représentent, le sacre de Charles VII et le martyre de Sainte Jeanne d'Arc d'une part, et Jeanne entendant des voix, d'autre part.

Quatre statues ornent aussi ce mur de droite, Saint Antoine de Padoue, Saint Médard, Sainte Jeanne d'Arc et Notre-Dame de Lourdes.

L'église comporte encore des fonds baptismaux, ainsi qu'une chaire de bois dont l'escalier s'insère dans l'élément bâti. Au fond de la nef, il y a une tribune avec quelques bans.

A l'entrée de la nef, trône un beau bénitier en marbre de Caunes-Minervois datant de 1688 acheté par le curé de l'époque à Carcassonne. 

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A gauche, photo de la porte d'entrée du l'église. A droite, le bénitier en marbre de Caunes Minervois datant de 1688. 

Saint Eutrope et la vierge en bois polychrome datant XVI ème siècle, sont aussi à admirer !

Entre 1824 et 1857,  fut menée une restauration intérieure de l'église. La nef, crépie simplement au mortier, fut recouverte de plâtre, y compris le plafond qui montrait ses boiseries. A cette époque, il y avait quatre chapelles intérieures, vouées à la Sainte-Vierge, à Saint Roch, à Saint Blaise et à Saint Michel. La chapelle saint Blaise fut fermée pour laisser place au confessionnal et à la chaire, les autres furent exhaussées et celle de Saint Michel remplacée par Saint Joseph.

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Une vue de la nef avec au fond la tribune.

La nef est assez simple, couverte par une voûte sur croisées d'ogives.

A gauche, quatre statues ornent le mur, Saint Antoine de Padoue, Saint Médard, Sainte Jeanne d'Arc et Notre Dame de Lourdes.

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Sur cette photo on aperçoit un peu mieux cette tribune, balcon au dessus de la porte d'entrée principale de l'église. A droite, on peut apercevoir la statue de Saint Jean Baptiste de la Salle.

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Seuls quelques bans meublent ce balcon, et à droite au centre, une porte permet l'accès au clocher.

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Une vue d'ensemble sur la nef, prise de la tribune de l'église.

Belcaire église 114Autre photo de la nef et du chœur, prise du balcon de l'église.

Les façades de l'église ont été remaniées en 1681 et en 1936.

La reconstruction de la toiture du chœur et de la tribune a été inaugurée le 23 août 1936.

En 1988 et 1989, l'antique plancher de la nef fut remplacé par du carrelage, réfection des peintures et crépis intérieurs, étanchéité de la toiture, restauration des vitraux.

La plus vieille des cloches date de 1500 et porte les armoiries royales, trois fleurs de lys, ce bourdon mesure 1,10 m de haut et 1,10 m de diamètre à sa base.

En 1884, une cloche neuve fut achetée à monsieur Amans Levêque fondeur à Toulouse.

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A gauche, en entrant dans l'église, une petite pièce renfermant les bannières utilisées lors des processions.

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A gauche, deux bannières, l'une représente la Vierge et l'Enfant dont on voit le détail sur la photo de gauche.  

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A gauche, le détail de la broderie représentant la Vierge et l'Enfant sur l'une des bannières.  

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A gauche, détails de la bannière des Saints Patrons de la paroisse. A droite, détails de la bannière de Sainte Marie. Toutes ces bannières étaient utilisées durant les processions.  

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A gauche, la bannière de la société de Secours Mutuels qui aux XIX ème et XX ème siècles pris le relais de la Confrérie des Dames de la Charité, évoquée dans le texte.

A droite, la chaire surplombant l'ancien confessionnal, celui a été vitré, afin de mettre en sécurité les objets de culte de l'église. 

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Avant ce confessionnal, vers 1840, il y avait à cet emplacement une chapelle dédiée à Saint Blaise.

La nouvelle chaire a été construite aussi vers cette période.

Cet ancien confessionnal, a été réaménagé, servant aujourd'hui de vitrine où sont exposés les objets de culte et statues religieuses fragiles.

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Statues se trouvant dans la vitrine de l'ancien confessionnal.

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A gauche, statue de la Vierge du Calvaire en bois polychrome du XVI ème siècle et objets du culte à droite, se trouvant dans la vitrine de l'ancien confessionnal, comme cet ostensoir en argent du XVII ème siècle. 

A Belcaire il y avait un Conseil de Fabrique.

Institués officiellement en 1311, mais existant déjà dès le début du XII ème siècle en Languedoc, les Conseils de Fabrique  étaient chargés d'administrer les biens de la paroisse. Ils étaient à l'origine composés des seuls membres du clergé. Par la suite, des laïcs y furent adjoints, élus par les paroissiens et constituant le bureau de marguilliers. Les Conseils de fabrique furent supprimés par la loi du 9 décembre 1905, instituant la séparation des Églises et de l'État.

Qu'est-ce qu'un marguillier ?

Un marguillier membre du Conseil de Fabrique est un laïc, chargé de la construction et de l'entretien de l'église, de l'administration des biens de la paroisse comme les terres, locations de terres, écoles, rentes et impôts. Il doit veiller à l'entretien des locaux, tenir le registre de la paroisse et de préparer les affaires qui doivent être portées au Conseil. Les membres de ce Conseil sont au nombre de trois : un président, un trésorier, un secrétaire.

L'élection des marguilliers s'effectue dans l'église à l'issue des vêpres, toute la paroisse y est rassemblée selon la coutume.

Chaque année, le Conseil de Fabrique procédait à l'élection de deux d'entre eux. Le plus ancien était sortant et ne pouvait se représenter, mais il y a des dérogations à cette règle.

En effet, les membres du Conseil de Fabrique, doivent savoir compter et écrire en français, ce qui n'était pas courant au XVII ème siècle, c'est pour cette raison qu'ils appartiennent nécessairement à l'élite de la communauté, les mêmes personnes se retrouvant, selon les années, membres du Conseil de Fabrique ou consuls.

Parmi les marguilliers, les noms les plus souvent cités sont bien connus à Belcaire aujourd'hui encore : Bayle, Pélofy, Sarda, Fourié, Médus, Pugens, Verniole, Martre, tient je ne vois pas Vergé … Les revenus de la Fabrique provenaient, c'est ce qui est le plus connu, des quêtes et offrandes. Au XVII ème et au XVIII ème siècle, les budgets connus sont stables et raisonnables, ils s'élèvent à quelques centaines de livres.

A la Révolution, le décret du 2 novembre 1789, met les biens ecclésiastiques à la disposition de la Nation. Mais par dérogation, les Conseils de Fabriques demeurent administrées comme antérieurement. Le décret du 30 décembre 1809 organise le fonctionnement des Fabriques dans chaque paroisse. Elles deviennent alors des établissements publics du culte, et ce jusqu'en 1905. Le Conseil de Fabrique comprend alors le curé, le maire et cinq à neuf membres élus.

Les Conseils de Fabriques sont à nouveau supprimés par la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905. Les revenus et biens des paroisses, pour ce qui concerne exclusivement l'exercice du culte, y sont prévus et administrés par des associations cultuelles. L'Église catholique refusera de créer les associations cultuelles telles que prévues dans la loi de 1905. Il faudra attendre 1924 et l'accord sur les associations diocésaines pour débloquer la situation.

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Pierre Ourtal "le Suisse" en habits d'apparat pour les grandes occasions il guidait avec majesté les processions. Mais il était aussi doté de pouvoirs de police et il était le garde champêtre de Belcaire.

Il fut garde champêtre jusqu’en 1965. Jean FERRAT lui succéda pour les annonces. Il effectuait les annonces avec un tambour, certainement conservé à la mairie de Belcaire.

Les pouvoirs de police ont été édictés par le Conseil de Fabriques en 1859.

Simon Toustou mon ami expatrié au Canada qui a visionné ce reportage, m'informe : "Les annonces se faisaient avec un clairon et le tambour, c'était Mr. Poux le
grand père de Jacques Poux, qui, avec le tambour annonçait tout ce qui
concernait les affaires municipales et Pierre Ourtal les marchands qui venaient
vendre a la Coume".

Il faut savoir qu'à Belcaire il y eut une Confrérie des Dames de la charité. Le 30 juin 1645, après avoir passé un mois d'inspection en Pays de Sault, l'évêque d'Alet, Nicolas Pavillon, fonda la Confrérie des Dames de la Charité, sur le modèle institué par son maître et ami Vincent de Paul. Cette confrérie qui devait assistance aux pauvres était composée de seize femmes, lesquels élisent pour deux ans, leur prieure ou supérieure, leur trésorière et leur garde-meubles. La confrérie recevait des dons et legs importants. Son existence dura 147 années, mais la tourmente révolutionnaire passa par là et elle prit fin vers octobre 1792.

On note aussi dans les archives, qu'il eut deux miracles dans l'église de Belcaire, l'un c'est produit le samedi Saint de l'année 1704 et le second se produisit le même jour cinq années plus tard, le 30 mars 1709 exactement. Honorée Keisse qui était paralysée de la jambe droite suite à un accident, lava sa jambe avec l'eau des fonds baptismaux préalablement bénie, et se retrouva soudainement guérie. Un acte fut dressé et paraphé par les époux et les prêtres du lieu, le curé Bousquet et son vicaire Cazal.

Honorée Keisse n'était pas une enracinée mais simplement l'épouse du docteur O'Galvan, ils étaient venus en Pays de Sault pour fuir les persécutions dont les catholiques étaient victimes en Irlande au début du XVIII ème siècle. Ce médecin avait une très bonne réputation puisqu'il soignait gratuitement les malades dont s'occupait le Confrérie des Dames de la Charité.

Il y eut un enseignement religieux à Belcaire dés le XVII ème siècle, on y trouve le plus souvent des régents, des instituteurs qui sont des clercs, entre 1660 et 1789 il y en a eu plus de cinquante qui ont exercé dans le village. J'ai déjà eu l'occasion de diffuser dans ces pages des photos datant de 1898 de cette école religieuse. Elle ferma ses portes en 1905.

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A gauche, le clocher crénelé de l'église de Belcaire. A droite, l'escalier montant au sommet de ce clocher, où Henri va nous y emmener. 

Un petit mot sur Charles Émile Saulnier né à Paris en 1828 – décédé en 1900. Saulnier était un architecte qui construisit le clocher si caractéristique de l'église de Belcaire en 1884. Il a construit les églises de Preixan, Peyrens, Luc-sur-Orbieu, Belcaire (clocher), Chalabre ; les écoles-mairies de Lézignan, Alzonne, Cupservies, Roquefère. Il a poursuivi la construction du palais de justice de Carcassonne et la sous-préfecture de Castelnaudary. Belcaire eglise 41

Le dernier palier pour accéder au sommet du clocher, c'est assez périlleux, il faut emprunter cette l'échelle très abrupte.

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Voici les installations sous la plate-forme supérieure du clocher, les structures en bois massif (moutons) supportant les cloches de plusieurs tonnes.

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Les deux énormes cloches de Belcaire. On aperçoit le battant tout rouillé car aujourd'hui le glas est automatisé par un marteau de tintement périphérique.

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Cette cloche est millésimée 1500, elle porte les armoiries royales.

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Zoom sur les armoiries royales de la cloche ci-dessus.

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Les anses originales d'une des cloches avec des têtes d'hommes, fixées aux ferrures sous le mouton en bois massif.

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La cloche datant de 1880 achetée à Amans Levêque de Toulouse avec ses magnifiques décors et inscriptions.

Ces inscriptions, mentionnent les noms du curé, du parrain, de la marraine et du fondeur.

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Détails des ferrures et anses simples de la cloche datant de 1880.

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L'automatisme est passé par là, ce n'est plus le bedeau qui sonne les cloches, mais le marteau de tintement électrique.

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Détails du décor de la cloche datant de 1880.

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Inscriptions latines " Requiescant in pace in memoriam Leaniae Caussou et Joannis Baptistae Martre Me Maria Zepherino Leentina Martre Ecclesiam Belcaire libenter donaverunt …",

Parrains : Marie, Zéphirin Martre. Marraine : Léontine Caussou. Curé : Pennavayre. Le maire : Pugens.

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La signature du fondeur de cette cloche, Levêque Amans, et non pas Armand comme on peut le lire sur certains documents

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Levêque Amans était effectivement fondeur à Toulouse.

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Henri nous propose quelques photos prisent de la plateforme sommitale du clocher, c'est un privilège car l'accès n'est pas autorisé à tout le monde. Ici on aperçoit le Roc du Cachémy, c'est à ce rocher qu'était adossé le château féodal primitif de Belcaire. Des vestiges de murailles restent visibles, un reportage a été réalisé sur ce château, je vous donnerai l'adresse web à la fin.

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En haut de clocher, sur la plateforme l'architecte a fait graver la date de l'inauguration de sa construction.

A l'époque le curé était Antoine Pennavayre et le maire de Belcaire Pugens.

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Le Roc du Cachémy ou lieu dit "le Casteillas", la croix en fer forgé situé au point culminant de Belcaire, juste au-dessus de l'église date, si je ne me trompe pas, de 1814.

Belcaire eglise vue 12

Une vue en direction de l'Est, s'étend sous vos yeux le village de Belcaire avec le pic des Sarrassis dans le lointain.

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En contrebas, le quartier de la Coume et de l'Oum à Belcaire.

Belcaire eglise vue 14

Le quartier de l'Oum, (il ne faut pas que je me trompe, sinon je vais encore en entendre !).

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Autre photo de Belcaire prise vers l'Est.

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Panorama vers l'Ouest en direction d'Ax-les-Thermes.

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Autre photo vers l'Ouest, lotissement Séguélares en contrebas.

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Prise du vue vers l'Ouest, lotissement Séguélares en contrebas.

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Prise du vue vers l'Ouest, lotissement Séguélares et rue du Rival en contrebas.
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Prise du vue vers le Nord/Ouest, les quartiers du Rival et Ferrières.

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Prise du vue vers le Nord/Ouest, les quartiers du Rival et Ferrières, c'est un endroit qui me rappelle de bons souvenirs.

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Prise du vue vers l'Est, rue de l'Église en contrebas, on aperçoit le château de Belcaire avec sa tour ronde au toit pointu. Au fond, le pic des Sarrassis et le Picou.

Belcaire eglise une vue sur le picou

Prise du vue vers l'Est, rue de l'Église en contrebas, on aperçoit le château de Belcaire avec sa tour ronde au toit pointu. Au fond, le pic des Sarrassis et le Picou.

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Prise de vue vers le Nord/Ouest, le rue du Rival en contrebas, au fond au aperçoit les chalets du Lac de Belcaire.

Belcaire eglise 76

Il faut penser à redescendre, prudence !

Juste en contrebas de l'église, on a découvert une grotte sépulcrale : la grotte de Gardouch. Elle abritait des restes humains d'une quarantaine d'individus qui auraient vécu dans la région il y a environ 3800 à 4000 ans. Vous pouvez visionner le reportage que j'ai réalisé à son sujet ICI.

D'autres reportages tout aussi intéressants, concernant "L'histoire de Belcaire" c'est ICI, et "L'histoire des châteaux de Belcaire", c'est ICI.

 

Bibliographie : "Le Pays de Sault" 1958 par Pierre Moulis ; "Le patrimoine religieux" ACCES 2002.

Voici quelques photos anciennes de l'église de Belcaire :

Belcaire photo ancienne 05 vue panoramique en 1940

Belcaire, photo colorisée des années 1940

Belcaire photo ancienne 06 choeur de l'église en 1905

Belcaire, le choeur de l'église en 1905 avec ses magnifiques lustres en cristal.

Belcaire photo ancienne 03 en 1950

Belcaire, l'église en 1950

Belcaire photo ancienne 01 en 1910  Belcaire photo ancienne 02 en 1950

Photo de gauche, Belcaire l'église et l'école en bas en 1905. Photo de droite, l'église en 1950.

Belcaire photo ancienne 07 nef de l'église en 1950

Belcaire, la nef et le choeur de l'église en 1950

Belcaire photo ancienne 08 choeur de l'église en 1975

Belcaire, le choeur de l'église en 1975

Belcaire photo ancienne 04 en 1905

Superbe photo de Belcaire en 1905 prise par Lacroix

Ce n'est pas facile de faire évoluer les choses de façon positive pour promouvoir une région, même pour cela il y a des opposants. Heureusement qu'il y a le soutien des lectrices et lecteurs fidèles au site.

Merci Henri, cela fait un bien fou d'avoir un ami qui collabore efficacement à certains de mes reportages, grâce à ses photos. Cela change de tous ces aigris, grincheux qui ne connaissent que la critique facile et qui ne pensent qu'à nuire sous des prétextes futiles. Dans un esprit courtois et constructif, vous pouvez toujours m'adresser vos remarques et vos infos complémentaires, pour faire évoluer ce reportage intéressant.

 

Références bibliographiques : Recherches archives, ouvrage de l'abbé Moulis et divers ouvrages publiés aux éditions ACCES, voir leurs publications  ICI.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Eh bien, voilà encore un beau reportage, qui mérite tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! L'aventure continue ...qu'on se le dise !! 
Sachez qu'il est toujours possible d'y rajouter des infos, des photos, si vous en avez, contactez moi, je me ferai un plaisir de compléter l'article.

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans DÉCOUVERTE
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18 août 2014
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Ces petits villages de l'Aude recèlent des trésors historiques intéressants, en voici encore un exemple. Aujourd'hui je vous propose une balade dans le lauragais non loin de Castelnaudary et plus exactement dans le petit village cathare de Baraigne près du grand lac de la Ganguise où se trouve une base nautique. Sur le territoire de Baraigne il y a un château ayant appartenu à une famille illustre les Buisson, que nous allons découvrir. Si vous avez des infos où des photos complémentaires concernant le village, n'hésitez pas à m'écrire et laissez vos commentaires en bas de l'article, c'est fait pour cela. Je vous souhaite une excellente découverte ...

 

logo label Pays Cathare 02

 

carte 01

Baraigne se situe à 50 km de Toulouse, Castelnaudary à 14 km, Carcassonne à 55 km, Narbonne à 112 km, Béziers à 142 km, Montpellier à 200 km, Perpignan 166 km et Paris 727 km.

carte 02

Le village cathare de Baraigne avec l'immense lac de la Ganguise de 500 hectares d'un accès facile par l'autoroute A61.

carte 03

Zoom sur la carte IGN permet de mieux vous situer Baraigne par rapport au lac et la base nautique du lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 042 lac de la Ganguise

Une vue aérienne du lac de la Ganguise , ici le barrage qui est en réalité une digue de terre et à droite on aperçoit la base nautique.

Je vous donne toutes les explications concernant le lac à la fin du reportage.

Village de Baraigne 038 lac de la Ganguise

Le lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 041 lac de la Ganguise

Une vue aérienne du lac de la Ganguise.

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Une vue aérienne du lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 052

Une vue générale du village cathare de Baraigne

Village de Baraigne 06Une vue aérienne du village cathare de Baraigne, l'église Sainte-Marie au centre, avec son cimetière à gauche très proche du village.

 

Blason ville de Baraigne

Le blason du village de Baraigne

Situé à la limite des départements de l’Aude et de la Haute-Garonne, c'est un beau village typique du Lauragais, niché dans la vallée où le Fresquel prend sa source. A l'origine, les premières habitations du bourg étaient groupées sous une forme circulade autour de son église, c'est pour cela que l'on nomme ce type de village "ecclésial". Bien plus tard, Baraigne s'est développé au nord et à l'ouest de ce point central qu'est l'église. De nos jours, il n'y aucun vestige qui puisse révèler si le village était doté d'un rempart défensif avec des portes. Seule subsiste au nord, la sortie d'un souterrain qui permettait, au moyen-âge, de s'enfuir du village.

Les habitants de Baraigne se nomment les Baraignois. En 2011, il y avait 161 habitants à Baraigne.

Les premières traces du bourg remontent au IX ème siècle, après l'occupation romaine dans la région, le long de la voie Aquitaine qui reliait Narbonne à Toulouse.

Le hameau primitif s'est donc développé à partir du domaine de l'époque romaine de Varanius.

La localité de Baraigne apparaît sous le vocable de Varanano dans deux manuscrits datant de 1155 lors de la construction de l'église et en 1207 lorsque Vidal de Caumont vendit à l'abbé Auger ses droits sur l'église Sainte-Marie de Baraigne.

La lettre B ne s'est substitué au V à l'initial qu'au XVIII ème siècle. Le village s'appelait en Varagne en 1774, puis on le trouve dans un document de 1781 nommé Baragne.

Village de Baraigne 034

Le village de Baraigne, avec son château émergeant des arbres à droite.

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Le village cathare de Baraigne, son église Sainte-Marie avec son clocher mur.

carte 04

Détails de la carte IGN, le village de Baraigne avec à proximité le lac de la Ganguise, et le château à l'Ouest du village.

Le moulin que vous verrez en photo plus loin, se trouve un peu à l'écart au Nord/Ouest comme on peut le voir sur la carte.

Entre 1210 et 1225, la religion cathare s’installe dans le Lauragais. L'hospitalité hérétique était offerte par Garsende et sa fille Gaillarde, mère des seigneurs du Mas-Saintes-Puelles et "parfaite" du catharisme. Garsende fit l’éducation religieuse de son petit-fils Bertrand de Quiders et de sa nièce Géraude, qui épousa Estieu de Roqueville seigneur de Baraigne, car Garsende et sa fille se rendaient fréquemment à Baraigne vers 1215.

Vers 1225, Estieu de Roqueville conduisit les deux femmes à Caillabel, près de Baraigne. Elles y restèrent quinze jours, puis de là partirent pour Montségur où elles périrent sur le bûcher. A la même date, Bernard de Mayreville chevalier diacre s'installa au Mas-Saintes-Puelles. Il y déploya une inlassable activité prédicante sur les villages de Laurac, Fanjeaux et Gaja la Selve vers le sud et de Baraigne à Saint-Michel-de-Lanès vers l'ouest.

C'est le 28 mai 1242 que c'est produit le massacre d’Avignonet Lauragais, des troupes venues de la région de Montségur massacrèrent pendant leur sommeil des Inquisiteurs et leur suite à coups de haches. Avant de perpétrer ce massacre, c’est à Baraigne complètement acquis aux hérétiques cathares, que ces troupes ce regroupèrent à l'abri du vallon. Le forfait accompli, les représailles furent terribles, le village n'y échappa pas. Les troupes de l'Inquisition le visitèrent, tous les cadavres présumés cathares furent exhumés du cimetière et brûlés sur un bûcher dressé sur le terre-plein derrière l'église devant le cimetière. Tous les "suspects" portèrent la croix d'infamie.

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Derrière les arbres, émerge le château de Baraigne magnifiquement restauré pendant de nombreuses années.

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Zoom sur le château de Baraigne façade Est et sa tour intérieure

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Le château de Baraigne l'angle Sud-Ouest.

En 1271, le chevalier Gautier de Varagne était présent lors du serment au roi par les consuls de Carcassonne.

En 1272 et 1282, Gaufrid de Varagne, frère du précédent, fut élu membre de l'assemblée de la noblesse de la sénéchaussée et en 1287 il fut élu gouverneur de Carcassonne.

On trouve, un Bernard de Varagne qui était l'envoyé du sénéchal de Toulouse en1433.

En 1473, 1480 et 1481 furent des années terribles pour la région à cause de la peste bubonique qui fit de nombreuses victimes surtout à Baraigne et les villages proches.

En 1485, c'est à partir cette période qu'apparaît le nom Buisson, en effet, Jean de Buisson fils de Bernard de Varagne cité ci-avant, devint seigneur de Baragne (le nom évolue, il s'écrivait indifféremment Baragne ou Varagne) et capitoul de Toulouse.

A cette époque on dénombre deux moulins à pastel dans cette région devenue prospère, et la première construction du château de Baraigne voit aussi le jour sur des terres appartenant aux seigneurs des lieux : la famille Buisson.

Chacun des villages de ces régions de Lauraguais est dominé par un château de style Renaissance qui donne l'impression non de vieilles forteresses, mais de riches et opulentes habitations seigneuriales.

Le château de Baraigne, est le berceau de cette vieille famille féodale Varagne-Buisson. Ce château, du début du XVI ème siècle, devait avoir des soubassements plus anciens. Il passa au XVII ème siècle entre les mains de la famille de Roquette.

Village de Baraigne 025

Le très beau château de Baraigne le côté Sud

Les protestants qui s'étaient établis à Mas-Saintes-Puelles en 1561 commirent des pillages et des destructions aux villages alentours. En 1572, ils brûlèrent toutes les églises du pays, celle de Baraigne eut une partie de la nef et son clocher détruit.

A la Révolution en 1789, le château et l'église furent pillés et les précieuses archives détruites.

En 1812, le village de Baraigne qui était à vocation agricole, comptait 241 habitants, c'est à cette période qu'un nouveau moulin à vent fut construit sur la colline Nord, il tourna sans interruption jusqu'en 1955.

 

blason de la famille Roquette                                  blason de Bernard Roquette-Buisson

A gauche, le blason de la famille Roquette. Et à droite, le blason de Bernard Roquette-Buisson (1773).

LES SEIGNEURS DE BARAIGNE

Les du Buisson de La Bastide-Beauvoir ou de Varagnes et les du Buisson d'Aussonne appartiennent à la même maison. Les deux branches se sont séparées de la branche aînée, Buisson Beauteville, la première au début, la seconde au milieu du XVI ème siècle. La croix de Toulouse, chargée de trois tourteaux d'azur que portaient les de Buisson de Beauvoir provenait d'une concession faite par François Ier en 1518 pour cause de proche parenté avec les comtes de Toulouse. Cette branche subsiste encore par substitution. Son dernier représentant imposa, en effet, en 1623, lors du mariage de sa fille unique Jeanne de Buisson avec François de Roquette l'obligation de substituer aux nom et armes de Roquette les noms et armes de la maison de Buisson pour le premier enfant mâle qui naîtrait de cette union(voir plus loin).

C'est cette branche des Buissons, barons de Beauvoir qui nous intéresse ici à Baraigne. La famille Roquette-Buisson posséda la seigneurie de Baraigne du XIV ème siècle jusqu'en 1789.

 

Rien ne permet de certifier à qui appartenait les terres de Baraigne avant le XIV ème siècle.

● Tout commence avec Pierre de Buisson, seigneur de Vaureilles, co-seigneur d'Auben qui épouse, le 2 nones de février 1399, Claire Mancip, fille de Bernard, seigneur de Beauteville, Cailhavel, de Vassalède, de Lauzière, etc.

Ils eurent un fils, Jean qui vécut entre les années 1456 et 1470, il n'est pas signalé comme seigneur de Baraigne. Mais il faut arriver au descendant de ce dernier, pour trouver nettement indiqué la possession de Baraigne par la famille de Buisson.

 

         - Jean de Buisson, est désigné comme seigneur de Beauteville, Miramont, Beaumont, Baraigne, Ausonne, le Plégat, Ichaussas, Baziège et Montmaur. Il est capitoul de Toulouse en 1483 et 1484 et de 1492 à 1496. Il épousera en 1480, Catherine de Restes, il testa, le 28 septembre 1515 et fut enterré dans l'église des Cordeliers de Toulouse. La pierre tombale qui recouvrait son monument est au musée de Toulouse. Il eut deux fils et une fille. Son fils Hugues, est l'auteur de la branche Baragne-Beauvoir qui a été substituée dans la famille Roquette-Buisson

 

● Hugues de Buisson, écuyer, seigneur de Montmaur, Baragne, Cailhavel, Boussenac, Peyre de Naurouze et Airoux. Il épousera le 9 février 1508, Anne de Lauret, fille du premier président Bernard de Lauret et d'Isabeau de Saint-Félix. Il dénombra ses fiefs en 1517, il fut capitoul en 1523, acheta une terre à Cailhavel à la reine Marguerite de Valois, le 2 mars 1524. Il testa le 29 juillet 1528, laissant l'héritage à son fils Jean ci-après.

 Il eut trois enfants :

         - Jean de Buisson, qui suit ;

         - Jacques de Buisson ;

         - et Étienne de Buisson.

 

● Jean de Buisson, est désigné comme seigneur de Baragne, Cailhavel et Boussenac, capitaine des armées du roi, rendit hommage pour la justice haute, moyenne et basse de ses trois seigneuries, à Catherine de Médicis, en 1550 et 1551. Il épousa le 13 septembre 1551 Peyronne de Plaigne, fille de noble Michel, seigneur de Ferriol et de noble Françoise de Narbonne. Il passa acte de partage avec ses frères Jacques et Étienne, le 2 avril 1547 et testa le 29 juillet 1568, laissant l'héritage à son fils Barthélemy ci-après.

 

● Barthélemy de Buisson, seigneur de Varaigne dont il reçu les reconnaissances le 14 avril 1613, de Cailhavel et de Boussenac, il épouse le 1er juin 1613, Jeanne de Noé, fille de Roger de Noé, chevalier de l'Ordre du roi et de Françoise d'Odet, baronne de Benque. Il testa le 17 juillet 1622, laissant la seigneurie de Baraigne à son fils Pierre, il eut aussi une fille Jeanne qui épousera François de Roquette (voir plus loin).

 

● Pierre de Buisson, seigneur de Cailhavel, de Varaigne, épousera en 1617, Jeanne d'Antiquamérata. Il testa le 15 septembre 1617 et à sa mort laissa deux enfants qui moururent en bas âge. Suite à son décès, Jeanne de Buisson, sa sœur, mariée à François de Roquette, seigneur de Magrens, recueillit l'héritage, voir ci-après.

 

● François de Roquette, né le 18 janvier 1601, seigneur de Magrins ou Magrens, reçu chevalier de Malte en 1618, servit aux armées. Il prit part au siège de Saint-Jean d'Angély, y fut blessé, et se retira du service. Il épousa le 22 octobre 1623, Jeanne de Buisson (sœur de Pierre ci-dessus), dame de Varaigne, de Cailhavel et de Boussenac, fille de messire Barthélemy de Buisson et de dame Jeanne de Noé, à la charge de faire relever le nom et porter les armes de Buisson par le premier mâle qui naîtrait de ce mariage. Il dénombra devant les trésoriers généraux de France à Toulouse le 22 mars 1625. Il testa le 4 novembre 1636. Sa veuve, Jeanne de Buisson, fit le dénombrement de ses fiefs nobles devant maître de Caulet, juge-mage de Toulouse, le 17 juin 1639. Jeanne de Buisson décédera le 12 mars 1662. Il eut de ce mariage 5 enfants :

         - Antoine, qui suit, héritera des terres de Baraigne;

         - Jean, mort jeune ;

         - Louis, mousquetaire du roi, puis capitaine dans le régiment du Piémont ;

         - Louise ;

         - Jeanne, religieuse.

 

● Antoine de Roquette-Buisson,  né le 4 décembre 1632 et décédé en 1694, seigneur de Magrins, Varaigne, de Cailhavel et de Boussenac. Ayant produit ses preuves écrites depuis 1466, il fut maintenu dans sa noblesse par jugement souverain par M. Bazin de Besons, intendant de Languedoc, le 28 janvier 1669. Il fut obligé par le testament de Bathélemy de Buisson, son grand-père maternel, de faire à l'avenir l'addition de ses nom et armes. Il rendit hommage au roi pour les terres seigneuriales de Varagne, de Magrins, de cailhavel et autres lieux, le 6 avril 1666, et dénombra ses biens, le 21 décembre 1667 devant les trésoriers de France à Toulouse. Il testa le 26 juin 1694. Il épousera le 29 janvier 1663 Marie de Lézat de Brugnac décédée en 1701, dont il eut 9 enfants, il laissera ses biens à Bernard et la succession à Louis :

         - Louis, héritera des terres de Baraigne, qui suit ;

         - Guillaume, seigneur de la Bruguière ;

         - Bernard, reçu chevalier de Malte le 10 juin 1686, commandeur de Douzens en 1732, commissaire de la fondation de Nibia en 1733, commissaire des néophytes et des novices en 1735, commandeur de la cavalerie en 1740, grand croix de grâce et bailli de Manosque en 1748, commandeur d'Argentins en 1749.  Il mourut à Auterive le 27 octobre 1759 ;

         - Pierre, seigneur d'Arse ;

         - Gillette ;

         - Marianne ;

         - Thérèse ;

         - Louise ;

         - Isabeau.

 

● Louis Joseph de Roquette-Buisson, né le 25 octobre 1668, seigneur de Varagne, de Cailhavel, de Boussenac, de Magrins et d'autres lieux. Lieutenant au régiment de Normandie, puis blessé à Phalsbourg en 1668, sera ensuite capitaine au régiment de Royal-Vaisseaux, suivit le roi dans ses guerres d'Allemagne. Étant en résidence à la Roche (Luxembourg), il épousera le 28 octobre 1689, Pétronille d'Odeignie, fille du seigneur de Waillimont et de Gérardisle. Blessé dangereusement au siège de Chivas en 1705, il rentra en France et passa les actes postnuptiaux de son contrat de mariage, le 27 mai 1707. Il partagea avec ses frères, le 3 octobre 1701. Il vivait encore en 1725. Pétronille d'Odeignies décédéra en 1773. Son fils aîné lui succéda.

 

● Bernard, dit le comte de Roquette-Buisson, seigneur de Baraigne, Cailhavel, Boussenac, Magrens, Labruguière. Il épousa le 23 avril 1725, Bernarde de Roquette, née le 14 juin 1705, dame de Labruguière et d'Arse. Il rendit hommage au roi le 1er juin 1758. Il eut de nombreux procès et ne quitta pas la France. Il eut pour successeur son fils Jean-Louis-Joseph qui suit ;

 

● Jean-Louis-Joseph, dit le marquis de Roquette-Buisson, seigneur de Baraigne, Cailhavel, Boussenac, Labruguière, Arse et après son mariage de : Rogles, Angravier et Sainte-Croix. Il prit part aux assemblées de la noblesse du diocèse de Mirepoix tenue en 1789. Il mourut le 28 octobre 1794. Il avait épousé le 21 juillet 1760, Anne Josèphe de Montfaucon de Rogles, fille de Jean-Baptiste, seigneur de Rogles, chevalier de Saint-Louis, et d'Antoinette de Raymond-Lasbordes. Sa femme qui ne mourut que le 15 janvier 1815, resta, durant toute la période révolutionnaire, à Rogles où son mari fut enterré, mais, durant ce temps, les révolutionnaires pillèrent Baraigne et brûlèrent une grande partie des archives.

 

● Anne-Antoine de Roquette-Buisson, naquit le 24 janvier 1771 à Varagne, reçu chevalier de Malte en octobre 1789. Il fut colonel du régiment des chasseurs de Malte jusqu'au 23 juin 1796. Il fut député de la Haute-Garonne de 1826 à 1830. Décédé à Toulouse le 27 février 1847. C'était le père et le grand-père de MM. de Roquette-Buisson de Toulouse.

 

● Antoine de Roquette-Buisson, frère du précédent, seigneurs de Magrins, Varagnes, Caillavel, Boussenac, etc., capitaine dans le régiment de Piémont, il fut reçu chevalier de Malte en 1792.

 

La généalogie de cette famille illustre s'est perpétuée jusqu'au milieu du XVIII ème siècle.

Village de Baraigne 02 le chateau du pastel

Le château de Baraigne, l'angle Sud-Sud-Est.

LE CHÂTEAU DE BARAIGNE

Le château domine le village à 300 mètres à l'Ouest. Il est classé monument historique depuis 1948. C'est entre 1568 et 1622 que sa construction se fit grâce à Barthélemy de Buisson seigneur de Baraigne. Les parties les plus anciennes du château sont du XV ème siècle. A l'origine le château était ceinturé de douves. De style Renaissance, c'est un vaste quadrilatère, flanqué de trois tours d'angle et nanti d'une cour intérieure.

A l’Est, la porte d’entrée a conservé deux longues rainures qui constituent les restes d’un pont levis, il est défendu par une puissante bretèche supportée par quatre consoles. L’ouvrage est percé d’embrasures pour le tir de l'arquebuse. Les deux tours d’angle, côté Sud, sont de forme circulaire et protégées par des canonnières réparties sur deux niveaux, de forme rectangulaire à l’extérieur et circulaires à l’intérieur. Une tour d’escalier octogonale a été aménagée à l’angle Nord-Est de la cour intérieure. Par une superbe porte, on accède aux cuisines et surtout à la salle des gardes. Flanquée d’une majestueuse cheminée, cette immense salle possède un magnifique plafond boisé, la salle est construite sur neuf crozes taillées dans le roc, ces citernes ovoïdes sont des silos dans lesquels on conservait le blé et les récoltes du seigneur. Le plan primitif a été modifié, ainsi qu'en témoigne des traces très nettes d'agrandissement vers le Nord.

Dans les années 1930, le château appartenait à Mademoiselle de Lavalette. Puis Monsieur du Lac hérita du château de Mlle de Lavalette, sa tante par alliance. Aujourd'hui il appartient à la famille Le Garsmeur qui a acheté la propriété en 1974.

L'édifice était quasiment ruiné quand l'actuel propriétaire entreprit de la restaurer en 1975, il a effectué un magnifique travail de restauration.

Le château de Baraigne est une propriété privée, mais des visites sont prévues l'été. Il faut se renseigner sur place.

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Le château de Baraigne, la façade Sud.

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Du perron Sud du parc du château, au aperçoit le mur clocher de l'église Sainte-Marie de Baraigne.

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A gauche, le château de Baraigne la façade Sud et à droite la façade Est avec l'entrée principale du château.

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La façade Est avec l'entrée principale du château de Baraigne.

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Le château de Baraigne, la façade Sud.

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L'entrée du château de Baraigne, côté Est.

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Le château de Baraigne, l'angle Sud-Ouest.

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La très belle façade et entrée du château de Baraigne.

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A gauche, le château de Baraigne. A droite, la très ancienne fontaine du village de Baraigne.

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L'église Sainte-Marie de Baraigne avec son mur clocher

L'ÉGLISE SAINTE-MARIE DE BARAIGNE

L'église romane du village de Baraigne, orientée de l'Est à l'Ouest, est un monument classé aux monuments historiques depuis 1908, elle s'impose comme un joyau de l'art roman. La tradition raconte que la fondation de l'église est l'œuvre d'un seigneur de la famille de Buisson. Fondée au XII ème siècle, on la trouve mentionnée dans des manuscrits en 1155 et 1207,  en 1317, Baraigne fut placé dans le nouveau diocèse de Saint-Papoul dépendant de l'archevêché de Toulouse et y resta jusqu'à la Révolution. L'église est dédiée à l'Assomption de la Sainte-Vierge. Sainte-Marie de Baraigne est un des rares spécimens d'église romane qui soit encore debout dans le département de l'Aude.

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La magnifique abside romane de l'église Sainte-Marie de Baraigne, avec sa série de petits arcs qui retombent d'un côté sur le contrefort et de l'autre sur le corbeau sculpté. Vous pouvez voir ces sculptures ci-après.

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La magnifique abside romane de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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L'église Sainte-Marie de Baraigne à gauche et à droite la porte d'entrée de l'édifice. 

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La porte d'entrée de l'église Sainte-Marie

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Photos de l'abside romane de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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La porte d'entrée de l'église Sainte-Marie de Baraigne

Village de Baraigne 047 église sainte marie   Village de Baraigne 049 église sainte marie

A l'extérieur, corbeaux sculptés de l'abside, une tête à l'Est et un agneau au Nord, il y a aussi une troisième sculpture qui représente un baril.

L'église présente une nef flanquée de deux chapelles formant transept, et une abside en hémicycle éclairée par trois fenêtres en plein-cintre, évasées vers l'intérieur. Quatre colonnes engagées dans des dosserets et surmontées de chapiteaux ornés de feuillage segmentent le fond de l'abside. Les colonnes sont nettement en avant et ne supportent rien. Soutenaient-elles autrefois une charpente en bois, couverture primitive de l'abside ? Ou un projet d'agrandissement est-il prévu ?

La nef, voûtée en berceau, est flanquée de chaque côté, d'une chapelle voûtée de la même façon. Un document datant de 1725 semble indiquer l'existence d'au moins une chapelle. En 1866, lors de la restauration de l'église en ruine, il n'y avait aucune chapelle, celles  que l'on voit aujourd'hui ont été donc rajoutées au XIX ème siècle par Dussan.

La partie de la nef correspondant aux chapelles forme une travée limitée par deux arcs doubleaux. Le premier divise la nef de l'abside, c'est l'arc triomphal. Ces arcs reposent sur des colonnes engagées avec bases circulaires. Les chapiteaux romans ne paraissent pas avoir le même âge, par contre, ceux de la nef, plus simples, semblent plus anciens. Une large ouverture percée dans le mur du fond éclaire la nef, en dessous de cette fenêtre, il y avait autrefois une petite porte aujourd'hui bouchée.

Le portail de l'église très simple s'ouvre au Sud, il est plein cintre surmonté d'un arc dont l'archivolte est ornée d'animaux, de têtes et de dessins en échiquier. Cet arc retombe sur deux colonnes surmontées de chapiteaux ornés de feuillage très simple. La base de la colonne de gauche porte deux têtes.

Un clocher du XVIII ème siècle à arcades surmonte le mur du fond. A l'origine il était de forme rectangulaire, il est devenu triangulaire par des additions sur les côtés et peut-être au couronnement. En 1995, une troisième cloche fut installée. Elle conserve une magnifique croix trilobée portant une ancre, une croix grecque et une colombe, datant du XII ème ou XIII ème siècle. Deux croix et une stèle discoïdale de l'époque gothique sont installées au chevet, décoré de sobres arcatures lombardes.

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Le choeur de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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La nef et le choeur de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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Le choeur de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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Une des deux chapelles formant transept de l'église, ici la chapelle Saint-Antoine. Une seule chapelle existait primitivement, elle tomba en ruine vers 1700 et deux chapelles ont été rajoutées au XIX ème siècle.

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Chapiteau de la nef orné de feuillages

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Autre chapiteau de la nef orné de feuillages et de spirales

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A gauche le porche de l'entrée de l'église et à droite, photo de l'abside romane. 

On constate la présence aussi dans le cimetière de stèles discoïdales anciennes (XII ème et XIII ème siècles) dont la forme se rapproche des stèles qui se trouvent parmi les collections du musée lapidaire de la cité de Carcassonne. Les croix et les pierres tombales actuellement construites affectent les formes anciennes de ces derniers monuments funéraires.

Village de Baraigne 03 stèles discoidales

Les stèles discoïdales de Baraigne.

STÈLES DISCOÏDALES

Les amateurs de mystères vont être déçus, en effet, les stèles discoïdales gothiques ne sont pas les premières croix cathares ou tout autres croix mystiques, mais se sont des monuments funéraires. Toute fois, d'après l'historien René Nelli, la seule qui serait probablement l'une des rares croix cathares qui nous soit parvenue, se trouve dans la cour du château de la Barthe situé à 1 km au Sud-Est de Belflou.

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A gauche, l'église Sainte-Marie de Baraigne. A droite, les stèles discoïdales se trouvant proches du cimetière. 

Village de Baraigne 039 lac de la GanguiseLe lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 032 Croix du lac de la GanguiseLa croix du lac de la Ganguise.

LE LAC DE LA GANGUISE

La Ganguise, cette rivière joua un grand rôle dans l'histoire lauragaise, lorsqu'elle devint en 1317 la limite entre les diocèses de Mirepoix et de Saint-Papoul. L'édification du barrage en 1979 a créé le lac de la Ganguise avec ses plages et sa base nautique. Le lac de la Ganguise ou Retenue de l'Estrade est un lac de barrage de 500 hectares. C'était un projet qui datait déjà de 1951 et qui fut réalisé sur la rivière Ganguise en 1979. Le plan d'eau recueille principalement les eaux de la Ganguise au Sud-Est, affluent de l'Hers-Mort, lui-même affluent de la Garonne.
Le barrage est constitué d'une digue en terre qui barre toute la vallée de la Ganguise, celle-ci a été relevée de 3 mètres en 2007. Ce lac était conçu à l'origine pour l'irrigation agricole.
Il y a une base nautique de loisirs départementale essentiellement utilisée pour la voile et la planche à voile par les écoles, séjours scolaires, associations sportives ou non sportives et colonies de vacances. Il est apprécié des véliplanchistes pour ses vents continus et réguliers. Les rives sont aménagées pour les randonnées, des aires de pique-nique sont présentes autour du lac. La pratique de sports comme le canoë, le VTT, le stand up paddle (planche à rame) et le pédalo y sont aussi possible.

Village de Baraigne 037 le moulin

Le moulin à vent de Baraigne en ruine

Village de Baraigne 05 le moulin

Le moulin à vent de Baraigne

Village de Baraigne 036

Le moulin à vent de Baraigne en ruine, c'est dommage il mériterait bien une restauration cela serait du plus bel effet dans la région.

Baraigne 501 en 1905

Le château de Baraigne en 1905

Baraigne 502 en 1905

La porte de l'église de Baraigne en 1905

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Suite à la parution de ce reportage, Noëlle Marti-Gerbaud m'a envoyé cette petite étude héraldique, qu'elle a réalisée sur la famille de Buisson, de noblesse ancienne, avec titre de baron ou de marquis selon les générations. Elle a repris,  les couleurs et le descriptif, du blason,  depuis l'expression la plus simple (initial), jusqu'à la plus complexe (plus contemporain).

BARAIGNE

Etude blason Baraigne 01

La commune de Baraigne a gardé le blason du Seigneur de Buisson Roquette en inversant les figurations.

Si certaines communes ont opté pour un logo contemporain (création moderne),  plusieurs ont choisi de garder le blason ancien comme emblème de la ville ou du village.

Etude blason Baraigne 02

Buisson de Beauteville : d’or au buisson de sinople.

Etude blason Baraigne 03

Buisson de Bournazel (de): D'or, au buisson de sinople, le chef cousu d'argent chargé d'un lion de sable, lampassé de gueules, issant du buisson. Devise : Semper virens.

Etude blason Baraigne 04

Buisson d'Aussonne : Écartelé : au premier et quatrième, coupé  d'argent au lion issant de sable et d'or, au buisson de sinople terrassé de même, qui est du Buisson ; aux deuxième et troisième, d'azur à trois coquilles d'or posées deux et une.

Etude blason Baraigne 05Voici une reconstitution du gisant du seigneur de Buisson de Beauvoir (blason : croix de Toulouse chargée de 3 tourteaux d’azur)

Etude blason Baraigne 06

Reprise des couleurs selon le descriptif :

En chef : de la religion (ordre de Malte) de gueule à croix d’argent.

En 1 et 4 : d’azur à un roc d’échiquier d’or.

En 2 et 3 : écartelé au 1 et 4  aux armes de Buisson d’Aussonne.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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31 juillet 2014
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Voici un reportage rappelant un fait historique qui a marqué l'histoire de l'Aude au XX ème siècle, le vent de la révolte a soufflé sur le Midi en 1907. Des documents et photos d'époque sont là pour évoquer cette triste période. Encore une fois, on constate que le fait de pousser à bout une corporation cela peut déclencher une révolution ! Le village d'ARGELIERS dans l'Aude fut le lieu où tout débuta. Des hommes comme Marcelin Albert et d'autres ont mené un combat juste, face à l'État français de l'époque, la croisade viticole contre les fraudeurs du vin se mit en route grâce à leur courage et détermination. Je vous souhaite une bonne découverte et n'oubliez pas vous pouvez laisser un commentaire en bas de l'article ....

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Argeliers se situe dans l'Aude à 21 km de Narbonne, 27 km de Béziers, 95 km de Montpellier, 84 km de Perpignan, 50 km de Carcassonne et 144 km de Toulouse.

carte 02

Zoom sur la carte, Argeliers dans la plaine du Minervois

Blason village Argeliers

Blason du village d'Argeliers

Voici le contexte historique de l'époque : La crise débute bien avant 1907, en 1906 déjà le signal d'alarme est tiré, mais le gouvernement en place fait la sourde oreille, on voit que l'histoire ne fait que se renouveler de nos jours.

Les vendanges de 1906 ne se vendent pas, les petits viticulteurs sont ruinés, les ouvriers agricoles sont au chômage. Toute la population souffre, la ruine des vignerons entraîne celle des commerçants et des autres corps de métiers, la misère règne sur tout le littoral languedocien.

Les fortes productions locales, viennent s'ajouter à l'élaboration de vins frauduleux et des coupages avec des vins d’Algérie font que le marché est saturé. En 1907 l'importation des vins augmentant à pour effet d'aggraver le déséquilibre entre l'offre et la demande. Ce qui génère la chute des cours et de la crise économique. 

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Voici deux photos de Marcelin Albert le leadeur de la crise viticole de 1907

 

HOMMAGE A MARCELIN ALBERT

CRISE VITICOLE DE 1907, UN ÉVÈNEMENT MARQUANT DU XX ème SIÈCLE.

LA CROISADE VITICOLE DU MIDI DE LA FRANCE EN 1907.

MARCELIN ALBERT PROMOTEUR DU MOUVEMENT VITICOLE MANIFESTATION DES VIGNERONS DE NARBONNE ET VITICULTEURS DE L'AUDE EN 1907. 

 Comité d'Argelliers Albert Cathala Louis Blanc et le méde

Voici le Comité de défense viticole d'Argeliers avec Albert Cathala, Louis Blanc et le médecin Senty

Marcelin Albert né le 29 mars 1851 à Argeliers dans l'Aude et mort le 21 décembre 1921 à Argeliers. Il est élu conseiller municipal d'Argeliers en 1881. Il était un cafetier et vigneron. En 1900, il se lance dans la lutte pour la défense du vin naturel contre le vin de fraude, contre la restriction des droits des bouilleurs de cru tout d'abord, contre la détaxe sur le sucre par la suite.

Le 18 février 1907, il prend l'initiative d'envoyer un télégramme à Georges Clemenceau, où il dit ceci : "Midi se meurt. Au nom de tous, ouvriers, commerçants, viticulteurs, maris sans espoirs, enfants sans pain, mères prêtes au déshonneur, pitié ! Pitié encore pour nobles défenseurs républicains du midi qui vont s'entre déchirer dans combat sanglant. Preuve fraude est faite. La loi du 28 janvier 1903 la favorise. Abroger cette loi, voilà l'honnêteté. Devoir gouvernement empêcher choc. S'il se produit, les clés ouvriront portes prison, pourront jamais rouvrir portes tombeaux".

Le 11 mars 1907, le signal de la révolte est donné par un groupe de vignerons du Minervois, dans le village d'Argeliers. Ils sont menés par Marcelin Albert et Élie Bernard lequel fonde le Comité de défense viticole ou Comité d'Argeliers. Marcelin Albert sera considéré comme le meneur de la révolte des vignerons du Midi en 1907. Cette révolte des vignerons qui commencera le 11 mars 1907.

Voici la situation en 1907 : la crise de mévente des vins sévit depuis sept ans en Languedoc et en Roussillon. Aux fortes récoltes fournies par le vignoble français reconstitué après le phylloxéra s'ajoute des vins importés et des vins artificiels produits en fraude au grand mécontentement des vignerons. Marcelin Albert, 55 ans, ce petit propriétaire d’Argeliers, village du Minervois, s’efforçait depuis plusieurs années de mobiliser les vignerons pour obtenir des pouvoirs publics une réelle politique de répression de la fraude. Le 11 mars au matin, il entraîne 87 vignerons de son village à Narbonne, où a été dépêchée une commission d’enquête parlementaire sur la crise. Tous sont entendus, mais ils décident de poursuivre leur mouvement jusqu’au vote de lois contre la fraude. Autour du Comité de défense viticole d’Argeliers, qui édite un hebdomadaire "Le Tocsin" largement diffusé, et sont organisés des rassemblements tous les dimanches afin de mobiliser, avec les propriétaires, les ouvriers qui avaient mené de grandes grèves au cours des années précédentes. D’abord convoqués dans les villages du Narbonnais, les meetings investissent ensuite les villes pour impressionner davantage la presse nationale et les pouvoirs publics.

Le 5 mai, à Narbonne, Ernest Ferroul, maire socialiste et ancien député, entre en lice. Il politise le mouvement en fixant un ultimatum au 10 juin 1907, assorti de la menace d’une grève de l’impôt et d’une démission des municipalités. Le mouvement culmine à Montpellier le 9 juin avec plus de 600 000 manifestants, soit plus du tiers de la population des quatre départements en révolte.

Cette date du 9 juin 1907, avec le gigantesque rassemblement de Montpellier va marquer l'apogée de la contestation vigneronne dans le Midi de la France. La place de la Comédie est envahie par une foule estimée de 600 000 à 800 000 personnes. C'est la plus grande manifestation de la troisième République. Dans son discours, Ernest Ferroul, en tant que maire de Narbonne appelle à la démission de tous ses collègues du Languedoc-Roussillon. Il prône ouvertement la désobéissance civique. Quant à Marcelin Albert, il prononce un tel discours que le journaliste du Figaro en fut bouleversé et écrivit : "C’était fou, sublime, terrifiant".

A partir du 10 juin, la plupart des municipalités remettent leur démission malgré les objurgations du président du Conseil Georges Clemenceau. Celui-ci, qui avait observé sans trop d’inquiétude la montée du mouvement, dénonce soudain un "péril réactionnaire" et taxe de meneurs séparatistes Albert et Ferroul pour leurs discours à tonalité régionaliste. Il fait consigner ou évacuer les régiments à recrutement local cantonnés dans les villes du Midi et les remplace par des troupes venues de loin. L’arrestation des membres du Comité et de Ferroul fait monter la tension. Les 19 et 20 juin, à Narbonne, des fusillades font six morts, dont Cécile Bourrel, une jeune fille de 20 ans. A Perpignan, la préfecture est incendiée. A Agde, les soldats du 17ème d’infanterie se mutinent, pillent une poudrière et marchent sur Béziers. Le 21 juin, Clemenceau conforte sa majorité à la Chambre et obtient avec l’aide du Comité d’Argeliers la reddition des mutins, qui sont transférés à Gafsa en Tunisie. Le 23 juin, Albert, qui avait évité l’arrestation, rencontre Clemenceau à Paris.

Au cours de leur entrevue, il fait promesse de réprimer la fraude si, en contrepartie, Albert retourne dans le Languedoc pour calmer la rébellion. Son interlocuteur accepte même de se constituer prisonnier. Clemenceau lui signe un sauf-conduit pour retourner dans l’Aude et lui remet cent francs pour payer son retour en train. Marcelin Albert a la naïveté d'accepter. Le chef du gouvernement va en profiter pour donner sa version aux journalistes de la presse politique en mettant particulièrement en exergue l'histoire du billet de banque. Les quotidiens nationaux en font leurs choux gras et Marcellin Albert du statut de rédempteur passe dès lors à celui de vendu. Le 24 juin, il est de retour à Narbonne. Il rencontre les membres du nouveau comité de défense et tente de les convaincre de suspendre le mouvement. Mais l’entretien avec Clemenceau a totalement discrédité Albert aux yeux de ses compagnons. Il manque de se faire lyncher par ses anciens amis. Il se cacha dans le clocher de l'église de son village.

Le 26 juin, Albert se rend à Montpellier pour se constituer prisonnier.

Les 29 juin et 15 juillet, des lois sont votées contre la fraude. Elles réglementent le sucrage, imposent la déclaration des récoltes et le contrôle de la circulation des vins. Le Comité d’Argeliers est libéré le 2 août, et les troupes évacuent le Midi au cours de l’été. Une Confédération générale des vignerons (CGV) est fondée le 22 septembre sous la présidence de Ferroul. Les ouvriers refusent d’y adhérer, mais elle joue son rôle dans la répression des fraudes. Jusque-là réticents, les petits propriétaires commencent à se lancer dans la création de coopératives viticoles. L’énergie manifestée au printemps 1907 n’a pas été perdue.

Albert Marcelin après sa libération, est devenu persona non grata dans l'Aude, il doit partir s'installer en Algérie. Là, les viticulteurs se cotisent pour celui qui a défendu leur profession, mais Marcelin Albert meurt dans la misère.

 Journal Le Tocsin du 5 mai 1907  Journal Le Tocsin du 19 mai 1907

A gauche, la dernière page du journal "Le Tocsin"  du 5 mai 1907. A droite, la première page du journal du 19 mai 1907 avec la lettre ouverte à Clemenceau président de la République. (cliquez sur la photo pour l'agrandir) 

Après le succès de la marche des "87" d'Argeliers à Narbonne, naît le comité d'initiative de défense viticole.

Devant l'indifférence du gouvernement, Marcelin Albert, Président du Comté décide d'organiser dans toutes les villes des meetings et de se doter d'un journal qui appellera :

Le TOCSIN, qui paraît le Dimanche 21 Avril 1907.

Le premier numéro contient le fameux "Qui nous sommes?" qui appelle à la mobilisation (voir la photo ci-dessus).

Journal Le Tocsin 1ere page du 26 mai 1907  Journal Le Tocsin du 26 mai 1907

A gauche, la première page du journal "Le Tocsin"  du 26 mai 1907 et à droite, la dernière page. 

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Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier qui a rassemblé plus de 600 000 manifestants

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Un rassemblement énorme à Montpellier le 9 juin 1907, ici rue Maguelone.

Marcelin Albert le rédempteur 9 juin 1907 tiré de La Vie

Marcelin Albert surnommé "le rédempteur" porté ici en triomphe, lors de la manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier  (extrait de La Vie Illustrée).

manifestation viticole de 1907 - 07Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier, ici place de la Comédie.

manifestation viticole de 1907 - 023Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier, ici rue Maguelone.

manifestation viticole de 1907 - 02Caricature de l'époque

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A gauche, le docteur Ferroul maire de Narbonne au moment des faits et président du comité de défense viticole. Ernest Ferroul, fut le premier président de la Confédération Générale des Vignerons du Midi.

  Photo de droite, dessin édité suite à la manifestation de Montpellier montrant les arrestations qui eurent lieu.

manifestation viticole de 1907 - 011Dessin édité suite à la manifestation de Montpellier du 9 juin 1907.

manifestation viticole de 1907 - 010Ici la manifestation de Béziers avant le départ au Champ de Mars le 12 mai 1907.

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Ici la manifestation de Carcassonne place de l'Hôpital le 26 mai 1907.

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Autre photo de la manifestation de Carcassonne place de l'Hôpital le 26 mai 1907. 

Extraits du journal "Le Temps" daté du lundi 24 juin 1907

DERNIÈRE HEURE : MARCELIN ALBERT CHEZ M. CLEMENCEAU

M. Clemenceau était ce matin dans son cabinet lorsqu'on lui remit sous enveloppe un pli qu'ayant décacheté aussitôt, il reconnut avec surprise être de Marcelin Albert. Par ce pli le "rédempteur"  du Midi déclarait qu'il venait demander au président du conseil de faire l'apaisement en mettant en liberté ses collègues du comité d'Argeliers et M. Ferroul. M Clemenceau donna l'ordre d'introduire immédiatement Marcelin Albert dans son cabinet, et une fois que celui-ci fut en sa présence il lui fit les remontrances les plus sévères, les plus dures même, en lui disant qu'il était responsable du désordre survenu dans le Midi, de la grève de l'impôt, de la démission des municipalités, et surtout du sang versé qui retombait sur lui.

Profondément ému et troublé, Marcelin Albert se mit à fondre en larmes. Puis se ressaisissant, il demanda au président du conseil ce qu'il devait faire pour réparer ses fautes.

M. Clemenceau lui dit : "Allez vous mettre à la disposition de la loi et employez votre influence à faire rentrer vos compatriotes dans l'ordre et la légalité".

Marcelin Albert quitta le ministère de l'intérieur, d'où sur l'ordre de M. Clemenceau on le fit sortir par une porte de derrière après avoir traversé les jardins. Il monta ensuite dans une voiture qu'on avait fait chercher exprès pour lui, et il s'éloigna.

A l'issue de son entretien avec Marcelin Albert, M. Clemenceau est allé à l'Elysée pour informer le président de la République de ce qui venait de se passer. M. Clemenceau a également conféré ce matin avec quelques-uns de ses collègues, MM. Caillaux et Thomson, et avec le préfet de police.

On lit dans l'agence Havas : Interrogé par les journalistes à son retour de l'Elysée, M. Clemenceau a refusé de ne donner aucune indication sur ses intentions et sur celles de M. Marcelin Albert.

On lui a demandé : Croyez vous qu'il aille à Montpellier pour se mettre à la disposition de la justice ?

Je ne puis rien ajouter à ce que je viens de vous dire, a-t-il répondu.

Avez-vous envisagé la possibilité de faire droit à la demande de mise en liberté provisoire de M. Ferroul et des membres du comité d'Argeliers formulée hier par les représentants du Midi ?

M. Clemenceau a alors déclaré avec vivacité : "Je vous autorise à dire que ce n'est pas là une question sur laquelle le gouvernement puisse délibérer". Le président du conseil a terminé ses explications en disant que d'après les renseignements qui lui sont parvenus dans la matinée, la nuit avait été calme partout.

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Première page du Petit Journal du 9 juin 1907 où l'on voit Marcelin Albert à la sortie du Comité des viticulteurs d'Argeliers

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manifestation viticole de 1907 - 022 12 maiManifestation des viticulteurs à Béziers le 12 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 021Manifestation de Carcassonne place d'Armes le 26 mai 1907

manifestation viticole de 1907 - 09Manifestation des viticulteurs à Béziers le 12 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 06Manifestation des viticulteurs à Narbonne le 5 mai 1907.

INTERVIEW DE M. MARCELIN ALBERT DANS LE JOURNAL

En sortant du ministère de l'intérieur, M. Marcelin Albert s'est rendu au restaurant Soufflet, boulevard Saint-Michel. Il y est arrivé vers dix heures du matin. Après avoir décliné ses noms et qualité au gérant, il a commandé un apéritif qu'il a bu tout en devisant avec le personnel de l'établissement puis il a déjeuné. C'est à la fin de son repas que, informé de sa présence au restaurant Soufflet, nous avons pu nous entretenir avec le «rédempteur». Marcelin Albert est un homme âgé d'une cinquantaine d'années, le profil aigu, le teint basané. Il porte une chemise de flanelle-coton dont le col est noué par un cordon de soie. La mise, modeste, est celle d'un paysan endimanché. Il nous accueille sans surprise marquée. Vous avez vu M. Clemenceau ?

Oui. Que vous a-t-il dit ? Je ne puis rien révéler de notre entretien. Lui seul et moi devons en connaître l'objet.

 Je constate néanmoins que vous n'êtes pas arrêté, et ce détail suffit à nous démontrer que vous avez fini par vous entendre ?

M. Marcelin Albert ne répond pas. Nous reprenons :

Est-il vrai que M. Clemenceau vous ait chargé de mettre votre influence au service de la loi et de la pacification ?

Je ne dirai rien. Ce que j'ai promis, je le ferai, mais vous ne le saurez pas.

Et là-dessus, M. Marcelin Albert nous parle de lui et de son action.

J'ai fait ce que j'ai cru être de mon devoir. Quand j'ai entrepris de former le mouvement protestataire actuel, tout le monde riait. On me traitait de fou. Les sceptiques, depuis, ont accepté mes ordres. Moi, quoique méridional, je sais ce que je dis et ce que je veux. En face de milliers d'hommes mobilisés par moi, je garde mon sang-froid. Quand je suis calme, c'est que la tempête est proche. Je saisis la balle au bond et j'interroge :

Etes-vous calme en ce moment ?

Très calme, répond-il.

Alors la tempête se prépare ?

Mutisme de M. Marcelin Albert, qui après une digression revient encore à la légitimation de sa conduite. Je ne suis pas responsable de tout. Je suis un homme au service d'une idée. Je ne fais pas la pluie et le beau temps.

N'empêche que vous êtes actuellement un personnage représentatif. Vous êtes à l'origine des événements du Midi, et peut-être pourriez-vous en interrompre le cours ?

Pardon. Dans les événements actuels, j'ai ma part de responsabilité, Clemenceau a la sienne. Si j'avais voulu esquiver la mienne, je me serais fait arrêter tout de suite. Ce n'est pas difficile de se faire arrêter.

Telle ne paraît pas être l'intention du gouvernement, remarquai-je en promenant un regard circulaire dans le restaurant où, pas plus qu'au dehors, on ne remarque aucun agent de la force publique.

M. Marcelin Albert répond : le gouvernement fait ce qu'il veut, moi aussi.

Il faudrait pourtant conclure, et les réticences de notre interlocuteur ne sont point de nature à faciliter la conclusion. Je me hasarde : Retournez-vous dans le Midi ?

Oui. En sortant du ministère je suis allé à la gare Saint-Lazare (sic), mais il n'y avait pas de train.

Alors, j'ai décidé de partir ce soir. Et sur la conduite que vous tiendrez dans le Midi, vous ne pouvez décidément rien dire ? Non, rien, ou plutôt je ferai mon devoir comme toujours c'est tout.

manifestation viticole de 1907 - 05Manifestation de Carcassonne Boulevard Barbès le 26 mai 1907. 

manifestation viticole de 1907 - 03Manifestation de Carcassonne, la gare avec l'arrivée des manifestants le 26 mai 1907. 

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Lors d'une manifestation à Narbonne le 20 juin 1907, eut lieu une fusillade.

 

Le 19 juin 1907, le docteur Ernest Ferroul maire de Narbonne est arrêté à quatre heure du matin à son domicile à Narbonne par les militaires du 139 ème régiment d'infanterie, et emprisonné à Montpellier.

Trois autres membres du comité de défense viticole se livrent aux gendarmes à Argeliers. Ces nouvelles arrestations mettent le feu aux poudres.

La foule empêche la progression des gendarmes en se couchant sur la route. Narbonne est en état de siège, une manifestation spontanée se crée qui réclame la libération des membres du Comité et crie à la vengeance.

Des incidents éclatent durant toute la journée, la sous-préfecture est prise d'assaut, des barricades barrent les rues.

Le soir, dans la confusion générale, la cavalerie tire sur la foule. Il y a deux morts, dont un adolescent de 14 ans.

 

Le 20 juin 1907, la tension monte encore et le Midi s'embrase. A Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet Dautresme se réfugie sur le toit.

A Montpellier, la foule se heurte aux forces armées. A Narbonne, l’inspecteur de police Grossot, l'un des auteurs de l’arrestation de Ferroul, est pris à partie et mis à mal par la foule.

Pour le dégager, il est donné ordre à la troupe de tirer sur les manifestants. Des coups de feu éclatent, il y a cinq morts, dont une jeune fille, âgée de 20 ans, Julie dite Cécile Bourrel elle était venue à Narbonne faire des courses au marché. Prés de trente trois blessés gisent à terre. Le café Paincourt, a été mitraillé, au sol agonise l'ouvrier Louis Ramon.

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Ici les mutins du 17ème RI campe devant le théâtre de Béziers

Le 17ème régiment d'infanterie de ligne composé de réservistes et de conscrits du pays, avait été muté de Béziers à Agde le 18 juin 1907.

Le soir du 20 juin, apprenant la fusillade, environ 500 soldats de la 6 ème compagnie du 17 ème régiment se mutinent, ils pillent l’armurerie et prennent la direction de Béziers.

Ils parcourent une vingtaine de kilomètres en marche de nuit. Le 21 juin, en début de matinée, ils arrivent en ville.

Accueillis chaleureusement par les Biterrois, ils fraternisent avec les manifestants, occupent les allées Paul Riquet et s'opposent pacifiquement aux forces armées en place. Les soldats s'installent alors sur les Allées Paul Riquet, mettent crosse en l’air. La population leur offre vin et nourriture.

Le Midi est au bord de l'insurrection. À Paulhan, la voie ferrée est mise hors service par des manifestants qui stoppent ainsi un convoi militaire chargé de mater les mutins.

À Lodève, le sous-préfet est pris en otage. Les autorités militaires ne peuvent accepter cette mutinerie. L'exemple du 17 ème régiment peut donner des idées similaires à d'autres régiments de la région.

Georges Clemenceau était assez homme d'État pour analyser la situation. La mobilisation du Midi viticole et la mutinerie du 17 ème qui lui a fait suite étaient inquiétantes.

La révolte s'amplifiait chaque semaine et menaçait de gagner d'autres régions viticoles.

A Paris, la République tremble, Clemenceau doit faire face à un vote de défiance. Il joue son va-tout en intimant au commandement militaire de chasser les mutins dans la journée.

Il y a négociation, et dans l’après-midi, après avoir obtenu la garantie qu’aucune sanction ne leur sera infligée, les soldats du 17 ème déposent les armes et se dirigent vers la gare sous bonne escorte et sans aucun incident majeur.

Le 23 juin une loi est enfin votée, qui réprime la chaptalisation massive des vins. La loi du 15 juillet complètera celle du 23 juin en réglementant la circulation des vins et des alcools.

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Ici les mutins du 17ème RI campe sur les allées Paul Riquet à Béziers

 

AUTRE ARTICLE DU JOURNAL

L'article de l'envoyé spécial du journal qui est dans le Midi, dit en substance ceci :

Je quitte Argeliers et me voici sur la route plutôt mal entretenue qui conduit à Mirepeisset. Le sol porte les mille empreintes des sabots de chevaux qui l'ont foulé. Au pont de la Cesse des sentinelles du 18ème de ligne gardent l'entrée du village. Sous le pont et le long de la magnifique allée de platanes qui, en bas de la route, croissent au pied du canal, le 10ème Cuirassier campe, les chevaux broutent l'herbe, les hommes, casque et cuirasse enlevés, procèdent aux opérations du campement. Le village de Mirepeisset a ses rues étroites pleines de gendarmes et de soldats de ligne. Un millier de soldats garde une population de 500 habitants.

A Argeliers, le déploiement de troupes était encore plus considérable. Dès onze heures, ce matin, de l'infanterie et les cuirassiers qui étaient à Narbonne auparavant se sont présentés ayant un colonel à leur tête, muni de réquisitions. On a perquisitionné dans le village où l'on croyait que Marcelin Albert se trouvait.

Je demande quelques renseignements aux femmes attristées et aux gars au teint brun qui, silencieux, assistent à tout ce déploiement de troupes. On refuse de me répondre. Mon brassard de journaliste délivré par le comité de défense viticole ne les décide pas. Je m'exprime dans notre beau patois de Languedoc et miraculeusement les langues se délient.

On n'a pas vu, me dit-on, Marcelin Albert ; on est sans nouvelles des prisonniers. On me dit avec indignation qu'il y a eu des "fusillades" à Capestang on me parle de 150 morts. Je les détrompe, je leur déclare que Capestang est calme et tranquille.

Ils s'apaisent. Je les interroge sur l'occupation par les troupes.

Bah ! me répond-on, nous laissons faire. Mais du pain, ils n'en auront pas ; du vin, ils n'en auront pas, même à prix d'or, même a prix d'or. On nous prend pour des apaches et on nous traite en révoltés ! Soit, nous subirons tout ; mais les bras que nous croiserons pour ne pas nous défendre et ne pas verser de sang, nous ne les ouvrirons pas pour donner à manger à ceux qui fusillent nos amis de Narbonne.

J'entre dans le village. Dans la rue principale, je rencontre le général Chailley, de la 65ème brigade à Agen. Je l'interroge : De quelles forces disposez-vous, mon général, "j'ai sous mes ordres le 18ème au complet, 100 gendarmes et le 10ème cuirassiers. Je suis chargé d'occuper Argeliers, Bize et Mirepeisset. A l'heure actuelle l'occupation est terminée".

Comment vous a-t-on accueilli ? "Mais, très bienveillamment. Je n'ai pas l'impression d'un pays en révolte ; au contraire. Toutes les physionomies que j'aperçois autour de moi m'ont l'air intelligentes, ouvertes et sympathiques. Voyez, les soldats fraternisent avec les habitants".

Vous ne prévoyez donc pas une occupation très longue ? "Non il me semble que c'est l'affaire de quelques jours".

Je rentre à Narbonne par la route de Marcorignan. Ce village et Saint-Marcel qui le précède sont occupés aussi par des gendarmes et par le 50ème régiment de ligne au complet. Ce régiment est disséminé partie dans les ravins qui bordent la route, partie dans les bois des environs. Le pont suspendu qui permet de traverser l'Aude entre Marcorignan et Saint-Marcel est gardé par une compagnie de 120 hommes. Dans la campagne et dans les villages tout n'est que campement, que bivouac ; sur la façade blanche des maisons et sur le vert des vignes, le pantalon garance des fantassins jette sa couleur claire. On se croirait en période de grandes manœuvres. Il n'y manque que le soleil de septembre et les grappes dorées des raisins rafraîchissants.

(Dépêche de notre envoyé spécial).

 

Voici maintenant, un extrait intéressant du livre de Marc Sangnier intitulé "LA LUTTE POUR LA DÉMOCRATIE" datant de 1908, époque des évènements qui eurent comme point de départ le village d'Argeliers dans l'Aude. C'est un bel hommage à Marcelin Albert qui est rendu au travers de ces lignes :

 

"Argeliers est devenue la capitale du Midi en 1907.

Voici que tout cède devant l'extraordinaire autorité de quelques pauvres vignerons. Conseillers municipaux, maires et députés n'hésitent pas à leur obéir. Autour d'eux les ennemis politiques de la veille se réconcilient, on oublie les vieilles querelles et l'on ne songe plus qu'au triomphe de la Cause. C'est une nouvelle croisade.

Pour montrer l'unanimité de tout ce peuple et que « ce n'est pas du battage », voici que les villages se vident et que, au son des tambours et des clairons, portant leur misère et leur espoir naïvement inscrits sur les emblèmes qu'ils traînent avec eux, hommes, femmes et enfants, tous, désertant les campagnes trop riches de vins que la déloyale concurrence des fraudeurs empêche de vendre, trop pauvres d'argent et de pain, les « gueux» se réunissent dans les villes qu'ils remplissent de leur foule immense. C'est, un flot qui submerge tout; c'est un peuple qui veut qu'on l'écoute et qui crie sa volonté. Comment n'aurions-nous pas de l'enthousiasme et de l'admiration en face d'un tel spectacle ?

Nous les avons vues passer, ces longues théories de villageois, graves et dignes, nullement violents et turbulents et qui paraissaient mus par une puissante résolution intérieure. Leur regard franc ne semblait pas poursuivre des desseins de haine et leur front levé ne paraissait pas prêt à se courber de si tôt sous le joug d'une mesquine et avilissante politique.  Leurs rangs, suivant le conseil du comité d'Argeliers, ouverts seulement « à ceux du village, de la commune ou du groupe », pour qu'une solidarité mieux sentie assure le calme, étaient résolument fermés aux inconnus qui auraient tenté de s'introduire pour semer, tout en flattant, « l'idée du désordre et de la violence ». Oui, l'on sentait que, suivant l'expression du comité d'Argeliers, « l'amour de la paix reste au fond de tous les cœurs de paysans », et cette foule inouïe de plus de 500.000 personnes avait compris « qu'il fallait être calme, qu'il le fallait à tout prix, que la Cause l'exigeait ».

Que nous voilà donc loin de la surexcitation hargneuse des militants révolutionnaires, des désordres causés trop souvent par quelques poignées d'énergumènes hostiles à l'immense majorité d'une population, et combien la Confédération générale du travail paraît petite et impuissante en face de « ceux d'Argeliers » !

Mais ce qu'il y a de plus admirable encore, c'est que ce gigantesque mouvement n'est pas sorti spontanément et comme miraculeusement de la détresse des vignerons. Celui que l'on appelle aujourd'hui « le rédempteur », que les foules acclament comme un sauveur, et qui est le maître du Midi, a, pendant des années, tout conçu, tout préparé, tout voulu.

Ce Marcelin Albert est un simple vigneron d'Argeliers, déjà vieux et fatigué, mais d'une inlassable ténacité, d'un triomphal entêtement. Pendant bien des années on s'est moqué de lui. Il avait une idée fixe; on le traitait de fou. Le maire de Narbonne, qui est aujourd'hui « un de ses plus fidèles lieutenants », le raillait naguère en riant, lorsqu'il le voyait grimpé sur un arbre essayant de prêcher la croisade aux vignerons, et ne recueillant que des plaisanteries ou du mépris. Rien ne pouvait décourager Marcelin Albert. Il devait triompher. Il conquit d'abord, il y a quelques mois seulement — tant ses efforts furent longtemps infructueux — ceux d'Argeliers : ils étaient 85 au premier meeting.

Aujourd'hui un mot de lui fait lever 600.000 hommes. Nous saluons avec reconnaissance ce prodigieux mouvement.

C'est la vraie France qui brise les casiers étroits et artificiels où les intérêts et les mesquines combinaisons des coteries politiques avaient essayé de l'emprisonner. Nous nous réjouissons de ce réconfortant spectacle.

C'est la fraude que l'on dénonce, ce sont les fraudeurs que l'on stigmatise. Toute œuvre de loyauté, quelle qu'elle soit, nous fait du bien au cœur.

C'est la persévérance, l'acharnement d'un apôtre qui, jamais rebuté, finit par entraîner les multitudes. L'exemple est bon à retenir. Et, tandis que nous parcourons les rues de Montpellier, que traversent les derniers groupes de paysans, chargés de provisions comme pour une campagne militaire et levant encore vers le ciel leurs drapeaux et leurs insignes, voici qu'un rêve immense emplit notre âme.

Aujourd'hui c'est du pain matériel que réclame une foule réduite à la misère, unanime dans son désir de vivre. C'est contre les fraudeurs de vin qui usent et abusent du sucrage et du mouillage que l'on proteste et que l'on s'indigne. Quand donc la levée sublime d'un peuple affamé de Vérité, unanime à réclamer le pain de la Justice! Quand donc la guerre vengeresse contre le mensonge et l'erreur, contre les fraudes honteuses qui dénaturent la pensée humaine, calomnient les intentions droites, trompent le peuple et lui donnent à boire un poison frelaté au lieu du vin généreux de la Vérité et de l'Amour !

Vignerons du Midi, amis simples et rudes, je vous célèbre comme un symbole magnifique, au sens prophétique duquel je m'attache avec transport.

Oui, il faut que l'unanimité morale soit reconquise au-dessus des luttes de la politique, par l'énergie d'un peuple entier qui, magnifiquement révolté contre les fraudeurs d'idéal, réclamera enfin le pain de la Vérité.

Mais, que nul ne l'oublie, Marcelin Albert fut d'abord raillé, traité de fou par ceux-là même qui aujourd'hui lui jettent des fleurs et lui tressent des couronnes.

Que ceux du Sillon se souviennent de « ceux d'Argeliers » !"

 

VOICI QUELQUES PHOTOS DU VILLAGE D'ARGELIERS DE NOS JOURS

Ses habitants sont appelés les Argeliésois. En 2011, la commune comptait 1934 habitants.

carte 03

Extrait de la carte IGN montrant le tracé du canal du Midi très proche du village d'Argeliers

Argeliers 01 quai Paul Riquet

Le canal du Midi, avec en face le quai Paul Riquet à Argeliers

Argeliers 013

Le village d'Argeliers entouré de vignobles

Argeliers 015

Le village d'Argeliers entouré de vignobles

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Une vue du village d'Argeliers prise du canal du Midi

Argeliers 06

Le canal du Midi, le pont d'Argeliers rue du Port (D13)

Argeliers 04 Restaurant au Chat qui Pêche Rue du port et p

Le canal du Midi, le pont d'Argeliers rue du port  avec le restaurant au Chat qui Pêche 

Argeliers 02

La belle courbe du canal du Midi à Argeliers (voir la carte ci-dessus).

Argeliers 03

Le canal du Midi, à la hauteur du village d'Argeliers transport de barriques de vin

Argeliers 014 blason sur le pont argeliers D5 route de Bezi

Canal du Midi, blason sur un autre pont d'Argeliers ou passe la route de Béziers (D5).

Argeliers 012 mairie

La mairie d'Argeliers

Argeliers 011 eglise st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers avec son clocher-tour crénelé

Argeliers 07

L'église Saint-Vincent d'Argeliers

Argeliers 08 église st Vincent   Argeliers 09 statue de st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers, à droite la statue de St Vincent

Argeliers 010 eglise st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers

INFORMATION INTÉRESSANTE CONCERNANT ARGELIERS :

Un cimetière gallo-Romain a été découvert dans la commune d'Argeliers, au cours des travaux d'adduction d'eau en 1902.

A la fin de décembre 1901, des travaux de terrassement étaient commencés dans la commune d'Argeliers dans le but d'amener au village de l'eau potable. Le 14 février 1902,  trois tombes ont été découvertes à 200 mètres environ du cimetière actuel. Ces tombes, en briques à rebords rectangulaires, étaient de construction à peu près identique. La découverte d'une pièce de monnaie à côté d'un crâne a été attribuée à un empereur du bas Empire. De nombreux débris de poterie ont été aussi mis au jour.

Lors des fouilles pratiquées au lieu dit Chemin de Bize, sur le territoire de la commune d'Argeliers. On a retrouvé une magnifique boucle de ceinture en bronze, d'un travail très délicat et une série d'ornements en bronze, qui étaient plaqués sans doute sur la courroie de la ceinture. Tous ces objets sont d'un dessin très pur et d'une très bonne conservation. Un certain nombre de fragments de poterie en argile rouge à pâte très fine, avec des ornements en relief; un de ces fragments porte même la signature du potier. Une monnaie en bronze, petit module, mais malheureusement un peu fruste, a été trouvée dans une de ces sépultures ; elle parait devoir être attribuée à un empereur du bas Empire. 

boucle centurion romain d'argeliers 01

Ceinturon romain découvert à Argeliers (Aude).

Croquis de la boucle de ceinture en bronze ayant appartenu à un centurion romain. Celle-ci a été retrouvée lors des fouilles au lieu dit chemin de Bize à Argeliers en 1902.

Croquis réalisé par Mr. Cathala instituteur à Argeliers à l'époque celui-ci a assisté aux fouilles.

Le creusement des tranchées dans le village a aussi mis à jour de nombreuses briques à rebords et un four à chaux, près duquel on avait déjà recueilli un bronze de la colonie de Nîmes et une monnaie de Valentinien, au revers on pouvait lire : "reparalio respublica".

La présence de ces témoins de l'occupation romaine sur l'emplacement de notre village ne permet pas de faire remonter l'origine d'Argeliers aux premiers siècles de notre ère. Elle établit cependant d'une manière certaine qu'à cette époque déjà s'élevaient des constructions à la place de nos habitations modernes.

(Extrait de la revue SESA tome 14 - 1903 étude de M. Cathala).

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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