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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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19 juin 2011

bandeau abbayes de l'aude 02bandeau abbaye de lagrasse

Voici la seconde partie qui va vous emmener plusieurs siècles en arrière au sein d'une des plus prestigieuse abbaye du Languedoc Roussillon ... Comme d'habitude si vous avez des compléments d'informations à apporter, n'hésitez pas, contactez moi à l'adresse mail figurant à la fin de l'article, je compléterai volontiers le reportage. Que cela vous donne envie de vous y rendre,  je vous souhaite une bonne lecture ...

Je vais vous faire toucher du doigt une partie des détails architecturaux de cet immense vaisseau qu'est l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu :

 

Abbaye Lagrasse Aude 004L'implantation de cette abbaye a été réalisée comme bien souvent, dans un cadre magnifique et calme, souvenez-vous du reportage sur abbaye de Fontfroide que vous pouvez aussi découvrir ICI

Lagrasse Aude 88

Très belle photo aérienne de Lagrasse et de son abbaye à droite

Lagrasse Aude 120 plan de l'abbaye 2

Voici un plan montrant l'organisation complexe des pièces qui ont été réalisées aux cours des siècles passés

Les bâtiments s'organisent autour de deux cloîtres et de plusieurs cours. On peut observer la base d'une tour pré romane entre l'église et le dortoir. L'église a préservé son bras sud avec trois absidioles ornées d'arcatures lombardes qui sont de petites arcades servant de décor externe caractéristiques du premier art roman méridional. Le sanctuaire se compose d'une nef de trois travées, avec abside à chevet plat. Contre le dortoir, s'élève le petit cloître réutilisant des chapiteaux d'époque romane, ainsi que la chapelle abbatiale dont le niveau supérieur recèle des vestiges de peintures murales et un dallage du XIVème siècle. Le grand cloître, du XVIIIème siècle, se compose de quatre galeries aux arcs plein cintre. Au Sud, s'élève le logis abbatial, quadrilatère flanqué de tours défensives à ses angles Nord/Ouest et Nord/Est, cette dernière a été arasée à partir de son premier étage. Les bâtiments aux façades classiques ceinture une petite cour avec au Nord et à l'ouest les appartements de l'abbé, au Sud la chapelle de l'abbé et à l'Est le dortoir des moines, la porterie débouche aussi sur la cour. La porterie était au moyen-âge l'entrée du monastère qui s'ouvre également sur une cour avec autour les écuries, la boulangerie et la tour Nord/Ouest du logis qui défendait l'entrée.

lagrasse 38 en 1930

Voici l'état de l'abbaye dans les années 1930, un musée lapidaire venait d'être créé

La cour du logis est remarquable par sa galerie à un étage qui court sur deux côtés, permettant l'accès aux différentes salles du logis. Cette galerie en bois est soutenue par neuf colonnes. La porte du rez-de-chaussée ouvrant vers la porterie est un grand arc en plein cintre composé de claveaux chanfreinés et dont la clef de voûte est étonnante par sa découpe en dent de scie.

Lagrasse Aude 58

La cour et galeries du logis abbatial

Lagrasse Aude 80

L'escalier de pierre qui permettait l'accès à la coursive de la cour du logis

Lagrasse Aude 16

Autre angle de vue de la galerie du logis abbatial, l'escalier de pierre qui permettait de monter depuis la cour n'a pas été restauré

Lagrasse Aude 60

On prend de la hauteur pour admirer cette cour du logis abbatial et de sa galerie

Lagrasse Aude 54

Détails de la très belle baie gothique géminée qui se trouve dans la galerie du logis, revoir la photo ci-dessus

Lagrasse Aude 52  Lagrasse Aude 64

Détails des chapiteaux des colonnes de la cour du logis, ceux-ci sont composés de motifs de feuilles et de dessins géométriques.

Pour ceux que cela intéressent vous pouvez agrandir les photos en cliquant simplement dessus.

Lagrasse Aude 53  Lagrasse Aude 63

 

Lagrasse Aude 09

Autre photo de cette galerie moyenâgeuse comportant de nombreux détails intéressants

Lagrasse Aude 72

D'autres chapiteaux dans cette cour du logis, sont plus travaillés comme on peut le voir ici, voir détails ci-dessous, cliquez sur la photo pour agrandir

Lagrasse Aude 10  Lagrasse Aude 71

Ils sont sculptés de personnages monstrueux, de grandes palmes, d'entrelacs, de têtes caricaturales dont un ange souffleur de trompe aux joues gonflées.

Ces deux chapiteaux proviennent probablement du cloître roman.

Lagrasse Aude 56

Superbes chapiteaux romans sculptés de la cour du logis

Lagrasse Aude 78

Autres détails d'un chapiteau roman

Lagrasse Aude 62

Bel angle de vue de cette galerie de la cour du logis avec la belle baie gothique géminées près de la porte

Les appartements de l'abbé a subi de nombreuses modifications au cours des siècles, au rez-de-chaussée de l'aile Nord se trouve la cuisine et le four à pain, et diverses autres pièces réservées au service. Un escalier de pierre faiblement éclairé par des fentes mène à l'étage. Celui-ci se compose de nombreuses salles, dont la plus remarquable est parée d'une cheminée monumentale de style renaissance due à l'abbé Philippe de Lévis (1501-1537) comme l'indique son blason placé au dessus de la porte.

Lagrasse Aude 35   Lagrasse Aude 108

A gauche, la porte d'entrée de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx, des colonnettes encadrent la porte dont le linteau repose sur deux consoles, l'une à visage de femme, l'autre à visage fantastique feuillu (voir détail ci-après). A droite, l'enfilade des colonnes de la cour du logis supportant la galerie.

L'abbé Auger de Gogenx est l'un des plus illustres abbés de Lagrasse, grand réformateur il a aussi laissé son empreinte dans l'architecture. Le fascinant missel de l’abbé Auger est conservé actuellement à la British Library à Londre, les magnifiques enluminures du missel, les sources liturgiques utilisées pour le construire, et les particularités liturgiques rencontrées dans le calendrier et les célébrations liturgiques. Ce missel comporte un intérêt important pour la vie liturgique de la communauté monastique de Lagrasse entre la fin du XIIIème siècle et le début du XIVème.

Lagrasse Aude 17

Détails de la porte du sanctuaire, surmontée d'un tympan en arc brisé orné de la crosse et des armes de l'abbé et de l'inscription gravée de la fondation de 1296

L'aile Nord du logis abbatial est occupée par la chapelle privée de l'abbé Auger de Gogenx. L'édifice comprend une chapelle basse et une chapelle haute précédée d'un vestibule. La chapelle basse voûtée en berceau, se termine par un chœur peu profond. La nef prend le jour par des soupiraux placés très haut. On accède à la chapelle haute depuis la galerie supérieure de la cour. Des peintures murales couvrent entièrement les murs du vestibule d'un décor très coloré. La porte d'entrée au sanctuaire est très intéressante, elle est surmontée d'un tympan en arc brisé orné de la crosse et des armes de l'abbé et de l'inscription gravée de la fondation de 1296. Des colonnettes  juchées sur  de hautes bases polygonales encadrent la porte dont le linteau repose sur deux consoles, l'une à visage de femme, l'autre à visage fantastique feuillu. Le chœur surélevé par une marche occupe la moitié Est de la chapelle. Dans le mur Sud s'ouvre une fontaine liturgique finement sculptée. Le mur Ouest montre une peinture murale représentant le jugement dernier. L'arbre de vie ou l'arbre de Jessé occupe  tout le mur Est. Le sol est entièrement recouvert de carreaux de terre cuite émaillée, certains portants la croix du Languedoc  et la fleur de lys (cela me fait penser à une idée de reportage "l'histoire de la croix du Languedoc"...).  Des carreaux à décor peint, forment un ensemble avec des animaux et des personnages racontant une scène de chasse.

Lagrasse Aude 104

Détail de la console supportant le linteau de la porte d'entrée de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx, visage fantastique feuillu.

Lagrasse Aude 105   Lagrasse Aude 112

A gauche, détail du visage fantastique feuillu. A gauche, par l'une des ouvertures vous apercevez l'église du village médiéval de Lagrasse situé sur l'autre rive de l'Orbieu

Lagrasse Aude 111

L'intérieur de la chapelle privée de l'Abbé Auger de Gogenx aux murs peints.

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Les peintures murales très colorées couvrent entièrement les murs du vestibule.

Lagrasse Aude 119 peinture murale

Autre détail des peintures murales de la chapelle privée de l'abbé Gogenx

Lagrasse Aude 103

Autre motif peint, scène de combats au moyen-âge

Lagrasse Aude 121 carreau terre cuite émaillé croix occit

Détail d'un carreau en terre cuite émaillée recouvrant le sol de la chapelle de l'Abbé Auger de Gogenx.

Quelques carreaux portent la croix du Languedoc comme celui-ci, d'autres sont animés de fleur de lys. D'autres détails forment un décor étonnant que je vous engage à aller voir.

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La cheminée monumentale de style renaissance due à l'abbé Philippe de Lévis (1501-1537) dans une des salles de l'appartement de l'abbé

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Autre photo de la cheminée monumentale de style renaissance XVIème siècle

Lagrasse Aude 77Cour près de la tour pré-romane

Le dortoir des moines, bâtiment qui ferme à l'Est le logis abbatial, fut construit à la fin du XIIIème siècle par l'abbé Auger de Gogenx. Il s'agit d'un immense vaisseau d'une surface de 484 m², à neuf travées séparées par des arcs diaphragmes qui supporte la charpente à l'origine plus élevée d'environ un mètre vingt. Il fut à l'origine partagé en deux dans sa hauteur, avec au rez-de-chaussée un cellier et une cuisine et au premier étage le dortoir des moines. Neuf baies en arc brisé s'ouvrant sur la façade Est éclairent le dortoir. Utilisé à l'origine comme un lieu collectif, l'espace fut divisé ensuite en cellule dont on voit encore les traces au sol. Le dortoir est desservi par un escalier du XVIIème siècle qui donne accès au cloître et à l'église.

Lagrasse Aude 32

Le dortoir des moines de 484 m² situé au premier étage d'un bâtiment construit à la fin du XIIIème siècle

Lagrasse Aude 55

Escalier monumental datant du XVIIème siècle menant au dortoir des moines

Lagrasse Aude 75  Lagrasse Aude 118

A gauche,  détail des arcs diaphragmes supportant la charpente du dortoir des moines, à l'origine elle devait être vingt mètres environs plus haute. A droite, une baie romane géminée de l'église de l'abbaye.

Lagrasse Aude 45 le dortoir

Une autre photo montrant les baies en arc brisé s'ouvrant sur la façade Est de cet énorme bâtiment

Lagrasse Aude 76

Des expositions ont souvent lieu dans le dortoir des moines, par exemple ici cela concerne l'atelier de sculpteurs de Cabestany 

Lagrasse Aude 25

Cellier de l'abbaye, comme vous pouvez le constater les volumes sont importants

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Dans ce cellier de l'abbaye, l'association la Mémoire du Livre, avec les soutiens du Conseil Général de l'Aude, de la mairie de Lagrasse et du Syndicat d'Initiative, organise des Salons du livre ancien en Pays Cathare

Lagrasse Aude 39Cheminée monumentale du cellier et des cuisines de l'abbaye

La tour pré romane a été éventrée sur toute sa façade Ouest pour transformer son premier étage en palier du grand escalier droit menant au dortoir. Cette date de l'époque carolingienne, c'est l'élément architectural le plus ancien de l'abbaye. Elle est rectangulaire, et possédait à l'origine quatre niveaux.

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La tour Pré romane se situe à l'Est à droite de l'église, ici au centre de la photo, c'est la partie avec les colonnettes supportant la toiture du palier terrasse menant aux dortoirs du second étage du bâtiment avec les contreforts venant renforcer les arcs diaphragmes.

La tour clocher monumentale se dresse en bout du transept Sud. Philippe de Lévis la fit bâtir au XVIème siècle (1537) selon une conception originale puisqu'elle est à la fois défensive, avec ses bouches à feu, et religieuse avec ses cloches. La base du clocher donjon de plan carré épaulée de puissants contreforts aux angles, est surmontée d'une tour octogonale s'appuyant sur les pinacles des contreforts par de fins arcs-boutants.

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la tour clocher à l'extrême Sud de l'abbaye

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Voici une vue orientée Sud / Est de la tour Charlemagne ou tour clocher

Lagrasse Aude 90

Les bâtisseurs du XVIème siècle de cette tour n'ont pas fait dans la simplicité, elle est originale et massive pour assurer la défense du lieu. Apparemment elle aurait dû être plus haute pour affiner sa silhouette, mais elle n'a jamais était terminée.

Lagrasse Aude 93

L'église abbatiale, il ne reste rien de son état primitif antérieur à 779, sauf des éléments épars qui confirment son existence. Dans l'église on peut admirer des claveaux, des chapiteaux et des consoles en marbre blanc richement sculptés de motifs floraux, géométriques, animaliers, fantastiques et humains. L'ensemble de ces sculptures est attribué à l'atelier  du maître de Cabestany (Le maître de Cabestany est le nom d'un village des Pyrénées-Orientales car ce sculpteur anonyme reste un mystère). Il y a des inscriptions qui court de claveaux en claveaux, elles donnent deux noms : Guillaume et Robert successivement abbés de Lagrasse de 1157 à 1161 et de 1161 à 1167. Au cours des siècles l'église va subir des transformations qui, cependant ne toucheront pas à sa structure. Au-dessus des absidioles Sud on aperçoit un mur crénelé et percé d'archères qui fut élevé lors de la mise en défense du monastère au XIVème siècle. Par la suite, on pratiqua des ouvertures de portes, des créations d'escaliers, et surtout on procédera à des décorations et aménagements intérieurs tels que les autels et les stalles, dont il ne reste rien.

Lagrasse Aude 74

La chapelle abbatiale Saint Barthélemy est très sombre, le choeur est surélevé par une marche occupe la moitié Est de la chapelle.

Le sol est entièrement recouvert de carreaux en terre cuite émaillée.

Lagrasse Aude 29

Dans l'angle du mur Sud, s'ouvre une fontaine liturgique. L'arbre de vie dont on voit encore les peintures ici, occupe tout le mur Est.

Lagrasse Aude 51

L'entrée de la galerie de l'exposition lapidaire de l'abbaye.

Lagrasse Aude 109

De nombreux fragments lapidaires retrouvés lors de travaux sont exposés ici dans l'abbaye.

  Lagrasse Aude 59b  Lagrasse Aude 107b

Quelques détails de ces fragments lapidaires qui montrent la finesse des sculptures, c'est superbe à voir !

L’abbaye de Lagrasse possède le buste d’une statue gisante que l’on peut attribuer à l’abbé Auger de Cogenx (1280-1309). Repéré pour la première fois dans l’ancien dépôt lapidaire de l’abbaye, il est actuellement présenté dans une galerie du cloître.

Lagrasse Aude 106bBas relief retrouvé sur le site lors de restaurations, je suis toujours admiratif devant ce travail accompli.

Suite à l'affiliation de l'abbaye à la congrégation de Saint-Maur en 1662, les Mauristes vont réaliser de grands remaniements architecturaux au cours du XVIIIème siècle sous la conduite de l'abbé Armand Bazin de Bezons. De 1721 à 1778 les moines vont détruire la partie Ouest de l'abbaye pour réaliser un cloître en 1770 avec un bel escalier et des bâtiments conventuels en 1745 jusqu'à la Révolution ce qui donnent un aspect de château avec une cour d'honneur.

 

Lagrasse Aude 44 le cloitre

Le cloître gothique

Le cloître gothique, édifié autour de 1282 est connu par deux témoignages : des éléments d'arcs, de colonnes et de bases d'une facture très sobre, déposés dans l'abbaye, ainsi que la gravure du Monasticon Gallicanum qui prouve encore son existence en 1687. Sur sa galerie Sud, dans le prolongement de la nef, une porte romane aujourd'hui murée s'ouvrait sur le chapitre. Ce cloître gothique fut détruit et les moines mauristes en construisirent un autre sur le même emplacement, l'un arc porte la date gravée de 1770. Trois galeries s'ouvrent par six arcades et une par sept. Les arcs, en grès blond veiné de rouge, aux proportions harmonieuses sont ornés de sculptures sur des clefs aux motifs floraux et têtes humaines chevelues ou casquées, encadrées d'accolades. Cela apporte un peu de fantaisie dans cet ensemble très sombre. Le cloître est fermé à l'Est par l'ancien dortoir médiéval et l'infirmerie.

Lagrasse Aude 82b

La cour d'honneur réalisée en 1745 séparant les bâtiments conventuels

Il y a plein de choses encore à voir dans l'abbaye que je n'ai pas montré ici, je vous laisse le soin de les découvrir lors de votre visite et n'hésitez pas à m'envoyer  vos photos insolites que je rajouterai avec plaisir dans ce reportage.

 

LE BOURG DE LAGRASSE LE VILLAGE MÉDIÉVAL

 

Le pont Vieux de 40 mètres de long, qui enjambe l'Orbieu daterait du XIIème siècle, il était jadis défendu par des tours d'environ 18 mètres de haut qui furent démantelées en 1618 car elles menaçaient la stabilité des piles. Un sceau de 1303 décrivant l'ouvrage atteste son existence dés le début du XIVème siècle. Ce pont unit depuis toujours l'abbaye au village. L'Orbieu est l'un des cours d'eaux principaux du massif des Corbières. Son parcours s'étale sur plus de 80 km entre sa source, dans les Hautes-Corbières et le secteur de Raissac-d'Aude en Narbonnais, où il se jette dans l'Aude.

Le village médiéval de Lagrasse qui s'est construit après la construction du monastère, a gardé des restes de son enceinte, avec la tour de Plaisance, du XIIème siècle, de belles maisons et de l'ancienne halle ornée d'écussons armoriés. La halle occupe cet emplacement dans le village depuis 1315, car avant les échanges commerciaux se faisaient dans l'enceinte du monastère.

Lagrasse Aude 15Le pont Vieux permet de relier la cité médiévale à l'abbaye

Lagrasse Aude 94

je vous propose un petit tour du village médiéval de Lagrasse, on quitte l'abbaye en empruntant le pont Vieux

Lagrasse Aude 124Retour par le pont Vieux dans la cité médiévale

Lagrasse Aude 67

La halle avec ces piliers de pierre du XIVème siècle

Lagrasse Aude 66

La très jolie place de la halle au centre du village médiéval de Lagrasse vaut le détour

Lagrasse Aude 50

Remarquez sur cette place de la halle ces maisons avec leurs encorbellements formant une allée couverte

Lagrasse Aude 84

Ces balcons soutenus par des piliers en pierre surmontés de chapiteaux sculptés de têtes, puis d'un sommier en bois aux riches moulures, dont vous avez un détail ci-dessous ...

Lagrasse Aude 73

Détail du chapiteau sculpté de têtes, avec son sommier en bois aux riches moulures 

Lagrasse Aude 102

En vous baladant dans le village scrutez le moindre des détails de ces maisons datant de la deuxième moitié du XIIIème jusqu'au XVème siècle

notions d'architecture pour les églisesJe ne savais pas trop où placer ce document, cela tombe bien puisque je vais vous parler de l'église Saint-Michel de Lagrasse.

Donc, pour ceux que cela intéressent voici un document comportant des notions d'architecture pour les églises.

 

Au centre de la localité, l'église Saint-Michel a été construite entre 1359 et 1398. L'église primitive se trouvait à l'origine près du monastère des Bénédictins, sur la rive gauche de l’Orbieu. Il est probable qu’elle avait été édifiée vers le 9ème siècle, à la diligence des moines, pour servir à la population locale. C’est au milieu du 14ème siècle que les Consuls et la Communauté des habitants de Lagrasse, après avoir fait construire les fortifications de la ville, pour la mettre à l’abri des gens de guerre, demandèrent pour ce même motif et pour la commodité des services du culte, à transférer l’église paroissiale à l’intérieur des murs du village. La décision fut prise le 17 septembre 1359 exactement.

La construction de cet édifice au milieu d’un village déjà construit explique l’entorse faite à la règle générale de l’époque, d’orienter les églises vers l’orient. Nous avons vu que le bâtiment a été implanté dans le prolongement d’une rue, d’autre part, la topographie des lieux a conduit à donner au tracé de la cité une orientation Nord-Sud. Cette implantation entraînait le minimum de démolition de maisons pour implanter le bâtiment.

L’église actuelle a toute la largeur primitivement prévue, et mesure à l’extérieur, 22 mètres de largeur et 45 mètres de longueur. A l’intérieur, elle mesure seulement 22,54 mètres de long, dont 12,74 mètres pour la nef et 9,80 mètres pour le choeur. La différence, est imputable à la sixième travée, qui n’a pas été achevée. A l’intérieur, la nef mesure 14 m de large, le reste s’applique à l’enfoncement des chapelles et à l’épaisseur des murs.

L’église de Lagrasse est un monument typique du gothique méridional à nef unique, tels ceux construits au XIVème siècle dans la perspective de l’évangélisation des foules. Conformément à l’usage dans le midi, le vaisseau s’élargit de chaque côté dans des chapelles ouvertes entre les contreforts. Cette façon de construire donne un aspect extérieur en forme de forteresse.

On mit près de 40 ans à construire cet édifice en pierres dures du pays, taillées et appareillées. Cette église fut inaugurée et consacrée en 1398. Il ne reste aucun document écrit qui relate cette cérémonie, mais les douze croix marquées sur les murs intérieurs en témoignent suffisamment.

L'église possède des orgues construits par Puget en 1852 pour l’église du couvent des Carmes à Carcassonne. Il fut acheté par des mécènes pour être installé à Lagrasse en 1883. Il y a 1258 tuyaux de bois ou d’étain dans cet instrument qui jouit d’une rare diversité de timbres.

Lagrasse Aude 81

L'entrée latérale de l'église Saint-Michel dite "petite porte" sur le côté oriental 

Lagrasse Aude 28

La nef ne comprend que cinq travées, elle devait en avoir six à l’origine.

Lagrasse Aude 100  Lagrasse Aude 11

La particularité de l'église Saint-Michel de Lagrasse est sa richesse en mobilier, car à la suite de la Révolution, l’église s’est enrichie d’une partie des dépouilles de l’abbaye Sainte-Marie d'Orbieu : autels, tableaux, vases sacrés, etc.

Lagrasse Aude 12  Lagrasse Aude 14

A droite, la chaire à prêcher de style Louis XVI

Lagrasse Aude 27Le Maître Autel de type autel-tombeau date du XVIIIème siècle et son retable . Le beau Maître Autel ainsi que celui de la chapelle Sainte Croix sont en marbre polychrome ils proviennent certainement de l’abbaye. Deux statues en bois doré de Notre-Dame et de Sainte Anne datant du XIXème siècle sont disposées de part et d'autre du retable.

Au mur se trouvent divers tableaux. Au fond du sanctuaire, quatre tableaux de l’atelier de Claude Vignon (1593-1670), réalisés à Rome, autour de 1617, représentant les Pères de l’Église. Ici sur cette photo on aperçoit de gauche à droite : Saint Ambroise et Saint Augustin .

Lagrasse Aude 33

Détail du Maître Autel et son retable de l'église Saint-Michel de Lagrasse

Lagrasse Aude 34Anges dorés de chaque côté du Maître Autel

Lagrasse Aude 110  Lagrasse Aude 13

La nef ne comprend que cinq travées. Les 9 chapelles latérales ouvrent sur la nef par des arcs brisés. Les chapelles ont reçu des voûtes d’ogives, dont les nervures retombent sur des culs- de-lampe décorés de têtes, de personnages, d’animaux et de feuillage.

Notre-Dame d'Orbieu

Statue en bois doré de Notre Dame de l’Orbieu du XIIIème siècle

Plusieurs façades médiévales, certaines à pans de bois, s'élèvent encore au détour des petites rues.

Lagrasse Aude 68  Lagrasse Aude 125

Les petites ruelles étroites du moyen-âge de Lagrasse

Lagrasse Aude 85

Juste pour le fun

Lagrasse Aude 123  Lagrasse Aude 126

Observez bien les maisons, car les éléments architecturaux s'offrant à vous par la diversité des styles et des époques donnent un cachet à Lagrasse comme ici à droite, cette porte gothique.

Le saviez-vous ? Un "Te Deum" a été écrie pour venir en aide à l'abbaye de Lagrasse :

Les travaux de rénovation de l'abbaye ayant un coût très élevé, une jeune compositrice, Jeanne Barbey, décida de leur venir en aide en écrivant un "Te Deum". Cette œuvre, fut jouée pour la première fois le 15 janvier 2006 en l'église Saint-Eugène-Sainte-Cécile de Paris devant plus de 1500 personnes. L'oeuvre connaîtra par la suite un grand succès, contribuant ainsi à faire connaître l'abbaye en France.

Lagrasse Aude 01

Ci-dessous, la liste des abbés provenant du Gallia Christiana T.VI c.936

  • 778-813 : Nebridius
  • 813-820 : Attala
  • 820-827 : Adalaric
  • 827-843 : Agila
  • 843-855 : Hélie Ier
  • 855-870 : Suniaire Ier
  • 870-890 : Sunifred
  • 890-897 : Saborellus
  • 897-902 : Durand
  • 902-917 : Witiza
  • 917-965 : Suniaire II
  • 965-968 : Sicaire
  • 968-977 : Raoul Ier
  • 977-994 : Donat
  • 994-1026 : Bernard Ier
  • 1026-1036 : Etienne
  • 1036-1068 : Randulfe
  • 1068-1086 : Dalmace, (archevêque de Narbonne en 1079)
  • 1086-1109 : Robert Ier
  • 1109-1117 : Léon
  • 1117-1158 : Bérenger Ier de Narbonne (archevêque de Narbonne de 1156 à 1162)
  • 1158-1163 : Guillaume Ier
  • 1163-1167 : Robert II
  • 1167-1168 : Bérenger II
  • 1168-1176 : Arnaud Ier de Lévis
  • 1176-1179 : François
  • 1179-1192 : Arnaud II
  • 1192-1205 : Raymond Ier
  • 1205-1208 : Bernard II de Marseillette
  • 1208-1224 : Guillaume II de Cerviez
  • 1224-1231 : Benoît d’Alignan (évêque de Marseille de 1229 à 1267)
  • 1231-1237 : Bérenger III de Grave
  • 1237-1256 : Bernard III d’Imbert
  • 1256-1279 : Bérenger IV de Grave
  • 1279-1309 : Auger de Goganx
  • 1309-1333 : Guillaume III d’Alzonne de Marcillac (évêque d'Alet en 1336)
  • 1333-1343 : Nicolas Roger
  • 1343-1345 : Pierre II de La Jugie
  • 1345-1349 : Raymond II d’Aigrefeuille
  • 1349-1349 : Pierre III d’Aigrefeuille
  • 1349-1362 : Hélie II de Champery
  • 1362-1363 : Raymond III de Foucauld
  • 1363-1390 : Guy Ier du Breuil
  • 1390-1394 : Guillaume IV du Luc
  • 1394-1418 : Guy II de Roffiniac
  • 1418-1431 : Bonhomme de Léomanie
  • 1431-1440 : Hugues de Périer
  • 1440-1463 : Louis Ier d’Albret
  • 1463-1495 : Pierre III d’Abzac de La Douze (évêque de Rieux et de Lectoure, archevêque de Narbonne)
  • 1495-1498 : Andouin d’Abzac de La Douze
  • 1498-1501 : Pierre III d’Abzac de La Douze
  • 1501-1501 : Antoine de Chambert
  • 1501-1502 : cardinal Jean Ier de Lanxis
  • 1502-1537 : Philippe de Lévis (évêque de Mirepoix de 1497 à 1537)
  • 1537-1550 : cardinal Raoul II Pio di Savoia di Carpi
  • 1550-1579 : cardinal Georges Ier d’Armagnac
  • 1579-1582 : Guillaume IV de Patris
  • 1582-1585 : cardinal Georges Ier d’Armagnac
  • 1585-1588 : Georges II de Mandelot
  • 1588-1615 : cardinal François de Joyeuse
  • 1615-1639 : cardinal Louis II de Nogaret de La Valette d’Epernon (évêque de Carcassonne)
  • 1639-1643 : Félix de Savoie
  • 1643-1670 : Louis III Barbier de La Rivière
  • 1670-1697 : Louis IV d’Anglure de Bourlemont
  • 1697-1705 : Anne-Marie-Joseph de Guise-Harcourt
  • 1705-1721 : Armand Ier Bazin de Bezons (archevêque de Rouen)
  • 1721-1778 : Armand II Bazin de Bezons (évêque de Carcassonne)
  • 1778-1792 : Jérôme Marie Champion de Cicé (archevêque de Bordeaux)

A la BNF, des ouvrages anciens comme Le Mahul Tome 2 page 207 et l'Histoire Générale du Languedoc sont des sources intéressantes pour servir la rédaction de tel reportage.

Lagrasse Aude 96

Ne vous trompez pas d’entrée, vous avez deux parties distinctes que vous pouvez visiter, en effet je vous rapelle que l’Abbaye de Lagrasse est divisée en deux parties comme suit :  

    1 - La partie publique, administrée, depuis 2005, par le Conseil Général de l’Aude ; elle comporte la cour de l’Abbé et sa chapelle, le dortoir des moines et le transept nord de l’église.

Les horaires d'ouverture par exemple en Juillet, août et septembre sont 10h-19h. Les tarifs  : Adulte : 4 €   Tarif adulte avec le passeport : 3 €    Enfant (6 à 15 ans) : 1 €
 2 - La partie privée, appelée aussi "Abbaye Canoniale Sainte-Marie", administrée, depuis 2004, par les Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu. Entrée : par le grand portail en fer forgé donnant sur la cour du XVIIIème. Elle comporte environ les 3/4 des bâtiments, avec l’église abbatiale, le cloître, les bâtiments conventuels du XVIIIème, le transept sud et le jardin (médiéval et renaissance). Les activités cultuelles, spirituelles, et l’accueil du public par les Chanoines, sont indépendants des activités de la partie publique.

Dans la partie "privée" une communauté a pris naissance dans les années 1970. Elle porte le nom de « Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu » et elle a reçu du Saint-Siège son statut canonique de droit pontifical en 1997.

Installée à l’Abbaye Sainte-Marie de Lagrasse depuis 2004, elle y mène sa vie canoniale (vie de contemplation par la prière personnelle et le culte liturgique, et d’apostolat, dans le diocèse de Carcassonne et dans toute la France) selon la spiritualité mariale de St Louis-Marie Grignion de Montfort et de St Maximilien-Marie Kolbe.

La Communauté compte 34 religieux. Une Communauté de sœurs lui est attachée, installée à une trentaine de kilomètres de l’Abbaye de Lagrasse, au Monastère « Mater Dei » d’Azille (Aude.

La seconde partie privée de l'abbaye occupée par les moines se visite aussi, voici les infos :

Heures d’ouverture : de 15h15 à 17h25 (dernière entrée)
       de juin à septembre : tous les jours, sauf le jeudi ;
       d’octobre à mai : samedi, dimanche et jours fériés ;
       tarifs : adulte 4€, jeunes (de 10 à 18 ans) 2,50€, pour les moins de 10 ans c'est gratuit.

Le jardin fait partie de la visite générale de l'abbaye.

 

Lagrasse Aude 114  Lagrasse Aude 115 réfection d'un mur

Moines en plein travaux de restauration   Abbaye Lagrasse Aude 002

Je vous fais profiter de quelques prises de vues supplémentaires avant de partir pour d'autres reportages ...

Lagrasse Aude 41

Le tout début du printemps à Lagrasse

Abbaye Lagrasse Aude 006

Entre l'abbaye et le village s'écoule, paisible, la rivière de l'Orbieu

Abbaye Lagrasse Aude 008

Les Corbières sont naturellement le royaume de la garrigue, des buis, cistes, lentisques, thym et romarin, cyprès solitaires, pins d'Alep et chênes kermès. Et puis, surtout, il y a la vigne dont les Corbières tirent leur notoriété la plus universelle. N'oubliez pas que le vignoble de la région fait parti du cru Corbières (classé AOC depuis 1985). Les hommes ont planté les vignes, ils ont donné au pays sa culture essentielle. Mais les hommes se font parfois ici trop rares. Certes, les Corbières ne sont pas un désert, pas encore, mais il est difficile de s'accrocher à cette terre rude à l'heure où les activités traditionnelles comme le pastoralisme et l'artisanat sont en déclin. Pourtant les hommes ont choisi de vivre ici plus tôt qu'ailleurs.

Si vous désirez vous restaurer à Lagrasse, je vous conseille deux restaurants en particulier, car nous y sommes allés plusieurs fois :

   1 - Restaurant "L'Affenage" sur le boulevard Promenade au n°32  tél. 04.68.43.16.59

   2 - Le restaurant "Le temps des courges" en plein centre du village médiéval dans une petite rue sympa, la rue Mazels au n°3,  tél. 04.68.43.10.18 , j'ai apprécié entre autre le cassoulet et l'ambiance !

Et je vous conseille aussi fortement de faire 10 mn de voiture pour vous rendre à Tournissan pour manger à la Taverne Vigneronne, téléphoner avant vous ne le regretterez pas, dites à Didier que vous venez de ma part, voir toutes les infos et photos  ICI

Lagrasse Aude 18
A bientôt pour de nouvelles aventures en Aude. J'ai en projet aussi, de vous faire un reportage sur le plus ancien monastère des Corbières, celui de Saint-Hilaire construit au VIème siècle entre Limoux et Carcassonne, que j'ai visité.
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Ainsi se termine ce deuxième reportage de la série, en espérant qu'ils vous auront intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Eh bien, voilà encore un beau reportage, qui mérite tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! L'aventure continue ...qu'on se le dise !! 
Sachez qu'il est toujours possible d'y rajouter des infos, des photos, si vous en avez, contactez moi, je me ferai un plaisir de compléter l'article.

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans DÉCOUVERTE
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9 juin 2011
bandeau abbayes de l'aude 02bandeau abbaye de lagrasse

 

Je vous renouvelle mes remerciements pour vos témoignages sympathiques concernant les reportages précédents, et je souhaite la bienvenue aux nouveaux internautes qui découvrent le site intéressant et qui, se sont inscrits sur la Newsletter afin d'être tenu informé par mail des prochaines parutions d'articles. Je vous propose aujourd'hui un autre voyage, celui de la découverte de l'abbaye prestigieuse Sainte-Marie d'Orbieu située, au centre de ce beau pays des Corbières dans le département de l'Aude, à Lagrasse.

 

LAGRASSE la souveraineté et la grandeur bénédictine en terre d'Aude

Au centre des Corbières à LAGRASSE, sur les rives de l'Orbieu, est née et s'est développée l'abbaye bénédictine Sainte-Marie. Au moyen-âge les Corbières étaient un pays sauvage qui devait séduire les hommes de Dieu, qui recherchaient la solitude pour prier. La localité de la Lagrasse est classée parmi les plus beaux villages de France. Voici donc  l'histoire du plus important établissement bénédictin des pays d'Aude.

carte lagrasse 01
Comme dans tous les reportages présentés sur ce site, voici une carte pour vous situer notre rendez-vous.
Lagrasse se situe à 30 km au Sud/Est de Carcassonne
carte lagrasse 02
Zoom sur le centre des Corbières où il y fait chaud l'été, aux chants des cigales
sceau de lagrasse
Le sceau de Lagrasse  

vue aérienne de Lagrasse 2005

On commence par une vue aérienne Sud, cela permet de voir l'importance du monastère Sainte-Marie d'Orbieu que vous apercevez à gauche de la rivière, par rapport au village médiéval de Lagrasse, à droite

Abbaye Lagrasse Aude 001

Une vue de Lagrasse côté Nord, prise de la route de Ribaute, avec au fond l'abbaye avec sa tour clocher

Abbaye Lagrasse Aude 003  Abbaye Lagrasse Aude 007

Le monastère au fond sur les bords de la rivière Orbieu, avec le pont Vieux datant du XIIème siècle et au premier plan, le pont moderne franchit par la route de Carcassonne (D3)

Lagrasse Aude 122

Le pont Vieux datant du XIIème siècle était le seul accès entre le village médiéval et l'abbaye. L'Orbieu en été n'est qu'un mince filet d'eau comme vous pouvez le voir ici.

Abbaye Lagrasse Aude 009

Une vue générale de Lagrasse

De nombreux monastères bénédictins sont bâtis en territoire Audois entre le VIIIème et le IXème siècle. Mais, l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, à Lagrasse était la plus prestigieuse, son origine historiquement attestée remonte au VIIIème siècle. En effet, Lagrasse (la fertile, en occitan) est née grâce à l'empereur Charlemagne, une charte rédigée en son nom en 779 est considéré comme l'acte fondateur de l'abbaye. L'histoire est confortée par la légende du roman Philomena du nom du scribe, présenté comme le chroniqueur de Charlemagne et comme transcripteur de la version latine, manuscrit médiéval datant du XIIIème siècle, où Charlemagne en personne est décrit comme le fondateur de Lagrasse et il aurait été consacré par le Christ lui-même, extrait du texte en occitan, traduction : " ...le comte de Flandres vit que toute la vallée était remplie de victuailles et de ce dont l'armée avait besoin, il dit à Charles : Seigneur, puisque nous sommes ici tellement bien pourvus, il convient de changer la nom de cette vallée ; il n'est pas convenable qu'elle porte aujourd'hui le nom Maigre. Et Charlemagne dit à l'archevêque Turpin : Dorénavant, qu'elle soit appelée Vallée Grasse". Charlemagne était dans la région car il était en route à cette époque, pour l'Espagne afin de combattre les Sarrasins, il était accompagné du pape Léon III, d'archevêques, d'évêques, ducs et comtes.

carte postale lagrasse 02 en 1970

Cette photo date des années 1970 l'abbaye et le village de Lagrasse vus de l'Ouest

Lagrasse Aude 05

La face Est de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu. 

Lagrasse Aude 04

Zoom sur cette façade Est du monastère, à droite, sous les arches, c'est le dortoirs des moines.

La terrasse couverte, avec des piliers, c'est la tour pré-romane et à gauche, la tour clocher, l'église de l'abbaye se trouve entre les deux.

Lagrasse Aude 117

Coté Est du monastère, les jardins de l'abbaye qui se visitent, en arrière plan, les absidioles romanes

lagrasse 34 en 1950

Voici une photo datant de 1950 des absidioles romanes, situées au pied de la tour clocher qui s'appelait autrefois la tour Charlemagne

Lagrasse s'écrivait donc autrefois comme ceci : La Grasse et l'abbaye s'appelait Notre-Dame de La Grasse, abbaye de l'ordre Saint-Benoît faisait parti du diocèse de Carcassonne. J'ai pu lire lors de mes recherches dans "Le grand dictionnaire historique" tome 5 de Louis Moréri (prêtre docteur en théologie) datant de 1759 : " Nebridius ou Nimphridius, qui depuis fut archevêque de Narbonne, s'était retiré en ce lieu, appelé alors Novalias, avec quelques compagnons, pour y vivre en solitude dans ce vallon désert, arrosé de la petite rivière d'Orbieu, et environné de rochers escarpés qui le rendent presque inaccessible. Il en obtint la propriété de la libéralité de quelques seigneurs du voisinage, y fonda le monastère, qu'il gouverna en qualité d'abbé. Il y fit construire quelque temps après une église sous l'invocation de la Sainte Vierge. Charlemagne confirma en sa faveur toutes les donations qui lui avaient été faites, par un diplôme daté de Compiègne au mois de Janvier, la onzième année de son règne, soit l'an 779 et combla dans la suite ce monastère de nouveaux bienfaits (charte conservée aux Archives Départementales de l'Aude). Ce qui fait regarder ce prince comme son principal fondateur. Telle est l'origine de l'abbaye de la Grasse, l'une des plus considérables de France. On l'appela fort longtemps Notre-Dame d'Orbieu. L'auteur ajoute : il paraît qu'elle subsistait déjà en l'an 779, et que sa fondation est antérieure au moins de deux ans à celle d'Aniane (abbaye bénédictine, située à Aniane dans le département de l’Hérault fondée par saint Benoît d'Aniane), qui fut établie en 782. L'abbaye a donné lieu à la construction de la petite ville de Grasse située dans le même vallon, qui est une des trois diocèses de Carcassonne".

Lagrasse Aude 07

La façade Sud du monastère. le bâtiment derrière la tour clocher, se sont le réfectoire, la salle à manger au rdc, et des dortoirs à l'étage.

Je vous donnerai, tous les détails sur l'architecture de l'abbaye dans la seconde partie, avec de nombreuses photos, ne la ratez pas

Lagrasse Aude 02  Lagrasse Aude 03

La tour clocher de l'abbaye datant du XVIème siècle

Lagrasse Aude 113Voici une belle photo de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu, côté cour d'honneur, photo prise des coteaux situés à l'Ouest, il ne manque plus que le chant des cigales ...

Le monastère fut restauré à l'époque carolingienne, entre le IXème et le Xème siècle le rayonnement de Lagrasse ne cesse d'augmenter. Au moyen-âge en effet, les abbayes ne sont pas uniquement des lieux de recueillement et de prière. Ce sont de véritables fiefs qui rivalisent, en termes de richesses, avec les territoires détenus par les féodaux. Les possessions de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu seront innombrables, s'étendant du pays Toulousain jusqu'à la Catalogne et faisant de son abbé un seigneur très influent. Cette puissance politique sera de premier ordre au XIIème siècle, pendant la croisade contre les Albigeois. Par exemple, c'est l'abbé Benoît d'Alignan qui, jouant les intermédiaires entre les occupants et les assiégés, obtiendra la soumission de Carcassonne en 1226 à la couronne de France.

Les moines de Lagrasse n'hésitent pas à s'adresser au pape Hadrien III en 885 afin d'obtenir la confirmation de leur patrimoine. Un document nous renseigne sur l'importance de la communauté bénédictine entre 915 et 959, en effet, une charte de l'abbé Suniaire est soussignée par trente moines.

Lagrasse Aude 42

Le monastère est situé dans un écrin de verdure, imaginez, quand les moines se sont installés avant 779, la région était très sauvage.

Lagrasse Aude 46 vue aerienne

Une vue aérienne de Lagrasse entouré de vignobles, n'oubliez pas, vous êtes dans les Corbières et le vin est bon !

Lagrasse Aude 70

La façade Est, à gauche la tour clocher, au centre l'église de l'abbaye et juste à droite, la tour pré-romane

Lagrasse Aude 21Du côté du village médiéval de Lagrasse sur la rive droite de l'Orbieu, voici la porte de l'Eau datant du XIVème siècle, vestige des remparts du village

Lagrasse Aude 15Le pont Vieux qui a traversé les siècles, vu de la rive gauche de l'Orbieu

Il est à noter que le réformateur Dalmace ou Dalmas, membre de l'ordre de Saint-Benoît, qui est l'abbé régulier de Notre Dame d'Orbieu de Lagrasse sera élu archevêque de Narbonne en septembre 1081, il meurt à Rieux le 17 janvier 1097.

Vers 1080, l'abbaye entre dans la mouvance du comte de Barcelone Raymond-Bérenger 1er et devient un établissement rattaché à Saint-Victor de Marseille sur décision du pape Grégoire VII, probablement à cause d'un document falsifié sur l'état du monastère rédigé par Richard l'abbé de saint-Victor.

Au début du XIIème siècle, les religieux élisent Bérenger comme abbé, le frère du comte de Barcelone, et se lancent à leur tour dans une politique conquérante. Plusieurs abbayes ou prieurés vont s'affilier à Lagrasse : dans la région, Saint-Polycarpe, à l'Est de Limoux, et Saint-Martin-des-Puits, entre l'abbaye et Termes, et en Catalogne Saint-André de Sorède, Saint-Martin du Canigou, Saint-Pierre de Galligant, San-Feliu de Guixols. Vers 1120, le monastère de la vallée de l'Orbieu se trouve à la tête d'une véritable congrégation monastique qui le place au premier rang des abbayes du Bas-Languedoc. L'abbaye va prêter d'importantes sommes d'argent à de grandes familles de la région.

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Le cloître de l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu

lagrasse 13 en 1960 cloitre et la tour mirande

Voici le cloître dans les années 1960

Lagrasse Aude 116

Le cloître gothique fut détruit et les moines Mauristes en construisirent un nouveau sur le même emplacement, l'un des arcs porte la gravure de la date 1770. Les arcs sont en grès blond veiné de rouge ...

lagrasse 21 en 1930

Le cloître en 1930

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Les vergers et oliviers au Sud du monastère

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Moine de l'abbaye

Au milieu du XIIème siècle, c'est le temps de crise, la richesse de l'abbaye va diminuer avec de nouvelles difficultés liées aux événements de la croisade Albigeoise. Un texte de 1203 indique que la communauté préfère engager une terre plutôt que de payer tous les ans des intérêts. L'expansion des Templiers de Douzens et des Cisterciens de Fontfroide correspond au déclin des Bénédictins.

Le serment dicté par Raymond, abbé élu en 1200, est révélateur de la situation, il promet de ne pas aliéner de biens, ni de les inféoder. Mais cela restera lettre morte.

L'abbaye de Lagrasse eut souvent des relations tendues avec les seigneurs voisins surtout celui de Termes. L'abbé soutint Simon de Montfort dans sa croisade alors que le seigneur de Termes s'engagea dans la lutte aux côtés des cathares. Le rôle joué par l'un des abbés, Benoît d'Alignan (1225-1229) est celui de médiateur. Ce dernier sera présent à la soumission au roi de plusieurs seigneurs méridionaux, notamment à celle de Bernard-Roger de Foix en 1229. En 1226 il avait reçu la soumission des habitants de Carcassonne, qu'il fut chargé de présenter au roi Louis VIII.

Lagrasse Aude 92

Une autre photo du pont Vieux prise de la rive gauche de l'Orbieu

L'abbaye ayant donné des terres en fiefs à des familles nobles qui ont été touchés par la suite par le catharisme, leurs domaines furent confisqués pour hérésie et passèrent entre les mains de Simon de Montfort nouveau vicomte de Carcassonne et de Béziers. L'abbaye réclama ses terres, les procédures durèrent plus d'un demi-siècle.

Des troubles vont perturber la vie monastique pour le non respect des règles, l'archevêque de Narbonne sera dans l'obligation d'exiler vingt huit moines. Avec l'élection d'un nouvel abbé, Béranger de Grave, une situation saine se rétablit.

A la fin du XIIIème et au début du XIVème siècle, l'abbé Auger de Gogenx (1279-1309) va modifier une grande partie des constructions médiévales. Il reconstruit en partie l'église, rénove le petit cloître, la chapelle abbatiale à deux niveaux dédiée à Saint-Barthélemy, et probablement, le bâtiment abritant le dortoir des moines. Cette construction sera fortifiée au moment de la guerre de Cent ans.

gravure de l'abbaye de Lagrasse 1687Lors de mes recherches j'ai trouvé cette gravure de l'abbaye datant de 1687

En 1360, durant le conflit opposant les royaumes de France et d'Angleterre, le traité de Brétigny engendre une démobilisation de Routiers ou si vous préférez de mercenaires, qui vont parcourir la région audoise dès février 1361, pillant de nombreux villages. Cette insécurité va démarrer le début des renforcements des fortifications de nombreuses localités. Deux actes datant de 1361 et 1367 montrent que le monastère était gardé par des soldats en arme pour sa défense.

En 1363, Guy 1er du Breuil élu abbé, entreprend à son tour de réformer le monastère, il oblige les jeunes religieux qui demeurent dans des maisons particulières à venir habiter le dortoir commun.

Dans la seconde moitié du XVème siècle, Pierre d'Abzac de la Douze fait embellir l'église abbatiale, il fait réaliser des boiseries ainsi que les stalles du chœur. Un document daté de 1493 mentionne la consécration des autels de l'église.

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L'abbaye côté Sud/Est en hiver

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Les fortifications autour de l'abbaye sont encore présentent

Le XVIème siècle marque le début des premiers abbés commendataires, désormais les abbés ne sont plus élus par les religieux, mais nommés par le souverain. Dans le régime de la commende, un abbé ou un prieur commendataire est un ecclésiastique, qui tient une abbaye ou un prieuré in commendam, c'est-à-dire qui en perçoit les revenus et qui peut aussi exercer une certaine juridiction sans toutefois exercer la moindre autorité sur la discipline intérieure des moines. Le premier nommé sous ce nouveau régime, c'est Philippe de Lévis en 1502.

Au début du XVIème siècle, au Sud de l'église, l'abbé Philippe de Lévis fait ériger en 1537 le clocher donjon, qui domine de ses quarante-deux mètres les bâtiments abbatiaux, à l'extrémité du bras Sud du transept, qui, par avec ses trois absidioles, date du XIème siècle.

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Portail ouvrant sur l'avant-cour et la cour d'honneur

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Autre photo, du portail de la cour d'honneur

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La cour d'honneur de l'abbaye, entourée de bâtiments conventuels

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Les moines dans la cour d'honneur du monastère, préparant une réception

Au XVIIème siècle, 1662-1663, l'abbaye est aux mains des Mauristes. Les Mauristes font partie de la congrégation de Saint-Maur, congrégation de moines bénédictins créée en 1621, et connue pour le haut niveau de son érudition. La congrégation et ses membres tirent leur nom de saint Maur (décédé en 565), disciple de saint Benoît auquel on attribue l'introduction en Gaule de la règle et de la vie bénédictines. L'introduction de cette nouvelle réforme ne plaît pas, certains moines vont faire de la résistance, deux clans vont s'affronter et perturber les offices. Sous le priorat de François Giraud, un centre d'études de philosophie va être créé en 1666.

Entre 1678 et 1686, Dom Bernard de Montfaucon (1655-1741) originaire des Hautes-Corbières, réside à l'abbaye. Moine Mauriste, il est l'auteur d'une œuvre considérable. Il a fondé l'archéologie en tant que science en appuyant l'histoire non seulement sur les textes, mais aussi sur les monuments et vestiges du passé. Il est aussi le fondateur de la paléographie. Pendant la période où il séjourna à l'abbaye, il s'initie à la théologie avant de spécialiser dans les auteurs grecs.

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La cour d'honneur de l'abbaye Saint-Marie d'Orbieu

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Voici une vielle photo de la cour d'honneur de l'abbaye datant de 1900

Une période faste est matérialisée par de grands travaux, dès 1721, donnant lieu à des élévations d'inspiration classique, avec l'édification du nouveau palais abbatial et du cloître actuel. Ces travaux se font sous l'impulsion d'un abbé bâtisseur : Armand Bazin de Bezons (1701-1778) fils du maréchal de France Jacques Bazin de Bezons. Celui-ci sera élu évêque de Carcassonne en 1730, il sera l'avant dernier abbé de l'abbaye. En 1768, on dénombrait seulement une dizaine de religieux à Lagrasse.

A cette époque les biens sont amoindris, un dernier abbé commendataire subsiste entre 1780 et 1785 : Jérôme-Marie Champion de Cicé (1735-1810), il sera nommé archevêque de Bordeaux en 1781. Il marqua l'histoire car il sera nommé Garde des sceaux par Louis XVI, il est l'auteur du projet de déclaration des droits en 24 articles qui a servi de base à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

lagrasse 08 en 1915

L'abbaye en hiver 1915

En 1792, l'abbaye sera vendue à la Révolution en deux propriétés qui subsiste aujourd'hui. C'est un négociant de Carcassonne qui obtint le monastère avec ses dépendances, tandis que le logis abbatial comprenant la chapelle de l'abbé Auger de Gogenx, ainsi que le vieux dortoir et les celliers sont adjugés à un habitant de Lagrasse. Après les propriétés vont changer plusieurs fois de propriétaires.

En 1826, le constat catastrophique du monastère est fait par l'historien Du Mège, le site est dans un état de ruine et d'abandon.

En 1894, la Congrégation des Filles de Notre Dame des Sept Douleurs s’installe dans la plus grande partie de l’abbaye et ouvre un orphelinat et une maison de retraite.

L'abbaye ne fut classée aux Monuments Historiques qu'en 1923. En 1979, la Communauté de la Théophanie rachète la grande partie. En 1995, deux Allemands s’installent dans la partie principale.

Lagrasse Aude 70Sur cette photo du front Est de l'abbaye, on peut s'interroger : malgré les constructions successives au cours des siècles cela reste un ensemble relativement harmonieux.

Aujourd'hui, la division de l'abbaye en deux lots, depuis la Révolution perdure toujours avec une partie médiévale qui est publique, acquise en 2004 par le Conseil Général de l'Aude, et une partie moderne mauriste qui est privée, occupée aussi depuis 2004 par la communauté des Chanoines Réguliers de la Mère de Dieu qui ont racheté les bâtiments avec le soutien de Monseigneur Jacques Despierre, alors évêque de Carcassonne. La visite de cette partie aujourd'hui privée est possible (je vous en dirai plus à la fin du reportage).

Des travaux réalisés en 1989 permirent de mettre à jour un chapiteau roman sculpté attribué au ciseau du Maître de Cabestany qui réalisa également le portail de l'abbatiale dont il ne reste, hélas, que des morceaux de voussure dispersés que vous pouvez voir ci-dessous ...

Lagrasse Aude 38

Chapiteau roman sculpté, attribué à un Maître sculpteur anonyme de Cabestany.

Au début du XIIème siècle, les comtes de Barcelone décident d'enrichir l'abbaye de Lagrasse et, pour ce faire, mettent sous sa dépendance quelques monastères roussillonnais et catalans comme celui de Saint-Martin du Canigou.

C'est à ce moment là que l'église abbatiale est agrandie et au cours de la seconde moitié du XIIème siècle un portail monumental est ajouté en façade. Voici donc ce qu'il en reste ...

Lagrasse Aude 31

Voici un autre chapiteau sculpté en marbre blanc provenant de l'archivolte (ornements, sculptures ou baguettes qui encadrent une arcade) du portail démantelé de l'église abbatiale.

Il est d'époque romane seconde moitié du XIIème siècle. Il est aussi attribué à l'atelier de Cabestany. Le bandeau plat dans la partie supérieure, comporte une inscription sculptée "S ROTBERTUS" . Serait-ce le maître sculpteur du XIIème siècle, qui a entre autre, sculpté les chapiteaux de Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand, ce scultpteur Rotbertus a t-il excercé son art à Cabestany ? Ou autre hypothèse, serait-ce les noms des commanditaires de cette oeuvre : les abbés Guillaume et Rotbertus qui ont excercé respectivement à Lagrasse de 1157 à 1161 et de 1161 à 1167 ? 

 

Je vous présente ci-après, toute une série de photos anciennes de l'abbaye et du village médiéval de Lagrasse :

carte postale lagrasse 04 en 1900

Le village médiéval de Lagrasse, la rue principale de la Promenade en 1900

lagrasse 37 en 1900

Une autre photo de la Promenade en 1900

lagrasse 11 en 1900Le pont Vieux en 1900

lagrasse 29 en 1950

Superbe photo d'un pêcheur taquinant le goujon dans l'Orbieu au pied du pont Vieux en 1950

lagrasse 30 en 1970

Le même lieu en 1970 

lagrasse 28 en 1900Le pont Vieux enjambant l'Orbieu en 1900

lagrasse 14 en 1900La place de la halle du village médiéval de Lagrasse en 1900

lagrasse 27 en 1900Une photo du village médiéval de Lagrasse en 1900

lagrasse 23 en 1910 entrée orphelinat des médaillés

L'entrée de l'orphelinat des médaillés à Lagrasse

lagrasse 36 en 1920L'épicerie Falet sur la rue de la Promenade en 1920

carte postale lagrasse 07 en 1930

La place de la halle de Lagrasse en 1930 située dans la partie Ouest du village. Les piliers de pierre datent du XIVème siècle, ils soutiennent une charpente imposante plus récente.

lagrasse 39 en 1950La place de la halle de Lagrasse dans les années 1950. Cette place était un important centre commercial jusqu'au début du XXème siècle.

lagrasse 24 en 1970

La place de la halle en 1970, j'aurai l'occasion de vous montrer des photos récentes dans la seconde partie du reportage ...

carte postale lagrasse 05 en 1950

Aperçu côté Nord / Ouest de l'abbaye de Lagrasse photo datant de 1950

lagrasse 01 en 1950

L'abbaye et les deux ponts de Lagrasse en 1950

lagrasse 16 en 1950

Une vue d'ensemble de Lagrasse en 1950 et j'ai pris la même photo aujourd'hui, ci-dessous

Abbaye Lagrasse Aude 005

Lagrasse, l'abbaye Sainte-Marie d'Orbieu de nos jours, intéressante comparaison avec la photo ci-dessus

lagrasse 31 en 1950 tour charlemagnelagrasse 17 en 1960 rue Foy

A gauche, la tour Charlemagne appelé aujourd'hui la tour clocher en 1950. A droite, la rue Foy en 1960

lagrasse 25 en 1950

Très jolie photo en N/B du pont Vieux, les vieilles maisons médiévales et l'abbaye de Lagrasse en 1950

lagrasse 09 en 1955

L'ancien dortoir des moines, situé à l'Est du logis abbatial, fut construit au XIIIème siècle par l'abbé Auger de Gogenx.

Cette photo date de 1955, nous verrons plus en détail ce lieu dans la seconde partie du reportage.

lagrasse 35 en 1950

Lagrasse en 1950, vous remarquerez que la végétation c'est amoindri par rapport à aujourd'hui

lagrasse 18 en 1960 abbaye et orphelinat des médaillésL'abbaye et l'orphelinat des médaillés de Lagrasse en 1960.

L’orphelinat des Œuvres sociales des Médaillés militaires a occupé la partie médiévale de l’édifice, dés le début du XXème siècle.

lagrasse 33 en 1960

Une vue Sud / Est du monastère datant de 1960, à gauche la tour clocher, au centre l'église et la tour pré-romane qui a été réhabilitée, et à gauche les dortoirs.

carte postale lagrasse 03 en 1960

Lagrasse en 1960 photo prise de la route de Ribaute, la D212

lagrasse 26 en 1970Une vue aérienne Nord de Lagrasse en 1970

lagrasse 15 en 1970

Une vue aérienne Sud de Lagrasse en 1970

lagrasse 32 en 1970  lagrasse 20 en 1970 tour de plaisance

Ces deux photos datent de 1970, à gauche une des petites rues médiévales du village de Lagrasse et à droite, la Tour de Plaisance et courtine adjacente située au Sud, date de la seconde moitié du XIVème siècle début du XVème. Cela date des renforcements qui ont été aménagés durant les guerres de religions.

lagrasse 19 en 1970 tour charlemagne

La tour Charlemagne ou tour du clocher, la photo date de 1970

lagrasse 22 en 1980

Lagrasse en 1980, de nombreuses photo ont été prises de cet endroit qui surplombe le village, l'endroit offre une belle vue

Dans la seconde partie je vous présenterai toutes les caractéristiques architecturales de l'abbaye, avec des infos toujours instructives et encore de nombreuses photos, un peu de patience, le temps de réaliser le montage sur le serveur. Pour votre information l'ensemble du reportage regroupe plus de 170 photos, ce qui rend l'Histoire plus intéressante à suivre ...

bandeau à suivre 240pxLagrasse Aude 65

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30 mai 2011
bandeau-HISTOIRE-04.jpg bandeau Minerve 02

 

Voici la seconde partie de l'histoire tragique qu'ont subi les cathares à Minerve, village situé au Sud du département de l'Hérault ...

 

carte minerve 03

 Minerve se situe non loin des châteaux de Lastours et de la magnifique abbaye romane de Caune-Minervois, que vous pouvez voir sur ce site, il vous suffit de consulter le Sommaire

Minerve Herault 0 19

Une vue générale du village médiéval de Minerve bâti sur un promontoire, au confluent de la Cesse et du Brian.

Ces profonds ravins renforcent la majesté de ce haut-lieu tragique de la croisade albigeoise. Les canyons que vous pouvez parcourir à pied en période estivale, car ils sont à sec.

Se sont les dolmens qui parsèment le canton et qui ont donné son nom à la région (en occitan MENERBES, qui vient du celte, signifie "le Pays des pierres").

plan général de Minerve

 

Un des ponts naturels creusée par la Cesse à Minerve

Un des tunnels naturels creusés par la Cesse

LE SIÈGE DE MINERVE

A la mi-juin 1210, il arriva devant ce village bâti sur un éperon, formidablement pourvu de défenses naturelles grâce aux falaises qui bordent le confluent de deux canyons très profondément creusés, la Cesse et son affluent le Brian, falaises elles-mêmes surmontées à l'à-pic de remparts et de tours. Pour gagner le village lui-même en arrivant par le causse, il fallait et il faut toujours franchir un étroit passage entre les deux rivières, dont les lits sont à cet endroit très proches l'un de l'autre. Sur ce passage était édifié le château.

MINERVE Herault 004

Minerve et son pont enjambant la Cesse à 40m de haut, à droite, il reste les vestiges du crénelage

MINERVE Herault 037  MINERVE Herault 042

A gauche, l'église Saint-Étienne vu sous l'arche maçonnée du pont de Minerve. A droite, la base de la tour du château primitif, dernier pan de pierres appelé "la Candela"

Le village fortifié de Minerve était d'une force incroyable avec ses remparts et pouvait prétendre défier les armées croisées.

La configuration du site interdisait tout assaut. Simon qui était fin stratège, compris qu'il n'y avait qu'une façon de réduire à merci la place : la bloquer complètement, et l'avoir à l'usure. Il disposa alors à l'Est, c'est-à-dire sur la falaise rive gauche du Brian, face au village fortifié et au même niveau que lui, son immense armée, renforts reçus au printemps. Cette armée était constituée de Français d'Île-de-France, d'Angevins, de Bretons, de Lorrains et même d'allemands. Tous ceux là furent rejoints par des Gascons levés par l'archevêque d'Auch, et par une petite troupe de Narbonnais, qui avaient des comptes à régler avec leurs voisins du Minervois. La comtesse Alix et leur fils aîné Amaury étaient du voyage.

Minerve Herault 0 2

Une belle vue de Minerve, la partie Sud au confluent de la Cesse et du Brian 

MINERVE Herault 018

Le canyon du Brian, en direction du Nord

MINERVE Herault 021

Le sentier de randonnée le GR77 longe les gorges du Brian sur l'encorbellement Ouest, ( à mi-hauteur de la falaise à gauche de la photo)

Minerve Herault 0 15

Une des rares photos de Minerve Sud / Est, vers le puits de Saint-Rustique. J'en profite pour vous signaler que les remparts sont encore visibles de nos jours sur tout le pourtour du village.

MINERVE Herault 043

Les vestiges de la tour du château primitif, appelé "la Candela"

MINERVE Herault 038Une autre vue de "la Candela", partie Nord / Est du village de Minerve

Simon demanda aux Gascons d'installer leur camp à l'Ouest, sur la rive droite de la Cesse, et les mit sous le commandement de Guy de Lucy. Il disposa des croisés au Sud, juste au-dessus du confluent. Au Nord, donc sur le causse, face au château qui verrouillait l'accès au village, et quasiment de plain-pied avec lui, Aimery de Narbonne prit position avec sa troupe. On construisit quatre machines de jet, une pour chaque corps d'armée, Simon s'étant réservé la plus puissante, les soldats l'avaient surnommée "Malevoisine".

machines de guerre trébuchets

Voilà le genre de machines de guerre utilisées à l'époque, des trébuchets

Bientôt, carreaux d'arbalètes et boulets de catapultes plurent sur Minerve par-dessus les ravins de la Cesse et du Brian. Mais les défenseurs tinrent bon. Des habitants de Minerve descendront dans le ravin du Brian la nuit du 27 juin 1210, pour escalader les falaises d'en face avec des sacs d'étoupe, de la graisse, du bois sec, et tenter d'incendier les machines de guerre des croisés. Ils ne purent hélas, empêcher ces derniers de détruire le seul point d'eau dont disposait Minerve, village entièrement construit sur le roc, ce puits couvert était situé en bordure du lit du Brian (il subsiste encore quelques vestiges). De jour en jour, la situation des défenseurs devint plus dramatique. L'été devint torride, un soleil de plomb, les toitures des maisons qui ne cessaient de s'écrouler sous les projectiles, les morts qu'on ne pouvait enterrer sur place, les blessés qu'on ne pouvait plus soigner, la puanteur, la faim, la soif …vous imaginez le contexte. Au bout de sept semaines, Guillaume de Minerve, tentant d'éviter le pire, se résigna à négocier sa reddition. Pour sauver sa peau, il fallait faire soumission à l'Église de Rome et abjurer la foi cathare. L'abbé de Citeaux Arnaud-Amaury en régla les modalités : Minerve serait donnée à Simon de Montfort ; son seigneur Guillaume de Minerve recevrait des terres près de Béziers, moyennant son allégeance au vainqueur ; les habitants auraient la vie sauve, y compris les parfaits et parfaites cathares, s'ils abjuraient la religion cathare. De fait, trois femmes seulement acceptèrent de renier leur foi.

Après que les croisés furent entrés dans Minerve au chant du Te Deum, croix et bannières en tête, on dressa un grand bûcher, sans doute dans le lit asséché de l'un des ravins certainement au confluent des deux ravins, où une calade (rue en pente pavée) et une poterne (petite porte dérobée pratiquée dans une fortification) permettent toujours de descendre aisément, et l'on y précipita cent quarante parfaits et parfaites, certains se précipitèrent d'eux-mêmes dans le feu. Ce terrible événement se produisit exactement le 20 juillet 1210 et non le 22, car ce jour là Simon fit une importante donation à l'évêque de Béziers. Tous les autres habitants abjurèrent l'hérésie et obtinrent le pardon de l'Église. Guillaume de Minerve rejoindra quelques années plus tard l'armée du comte de Toulouse.

MINERVE Herault 012

Très beau moulage du visage d'une femme cathare, d'un artisant Minervois

 

Sceau 03 de Simon IV de Montfort 1165-1218  Sceau 03 d'Amaury de Montfort

A gauche, le sceau de Simon IV de Montfort (1165-1218). A droite, le sceau d'Amaury de Montfort

Le siège de Minerve contient en lui tout ce qui va faire de la croisade une impitoyable machine de guerre. Machine de guerre sainte, propre à la fois à réduire militairement la résistance armée et à éliminer par le bûcher toute dissidence religieuse. Pour nombre de faidits, la chute de Minerve sera le signal du découragement.

Sceau 03 de Roger Trencavel vicomte de Carcassonne - 1209  Sceau 03 Raimond VI Comte de Toulouse 1156-1222

A gauche, le sceau de Roger Trencavel vicomte de Carcassonne ( -1209). A droite, le sceau de Raimond VI comte de Toulouse (1156-1222)

MINERVE Herault 023

Photo prise du Nord / Ouest de Minerve

Après quoi, répondant aux appels multipliés du Saint-Siège, de grands prélats comme les évêques de Chartres et de Beauvais, l'archidiacre de Paris, de hauts barons de France comme les comtes de Dreux et de Ponthieu, avaient levé une énorme foule de croisés, d'après les notes du moine chroniqueur Pierre des Vaux-de-Cernay, qui devaient lui-même rejoindre Simon de Montfort quelques mois plus tard. Cette grande armée de croisés se rendit au siège de Termes. Jamais la croisade n'avait réuni autant de combattants depuis la prise de Béziers. Mais jamais, non plus, elle ne s'était trouvée devant une telle forteresse. Et il lui fallut presque quatre mois pour en avoir raison … Si vous désirez connaître la suite du siège de Termes avec de nombreuses photos, rendez-vous  ICI.

Pont de Minerve

Une vue de Minerve Ouest, prise du lit de la Cesse

MINERVE Herault 039

Le côté Sud / Ouest de Minerve, les remparts suivent parfaitement l'aplomb de la falaise

En 1242, la vicomté de Minerve est supprimée et devient chef-lieu de bailliage. La cité est rattachée au royal et plus particulièrement à la sénéchaussée de Carcassonne.

En 1255, la garnison lui est retirée, on laissera sur place d'abord un bailli puis un simple viguier (juge rendant la justice au nom du roi ou du comte dans le Midi de la France, jusqu'en 1789), car Minerve n'était plus considéré comme lieu stratégique.

Au XVIème siècle, la cité connaît encore l'assaut de bandes huguenotes.

Le 7 août 1636, Louis XIII ordonne la démolition des fortifications.

Plus aucun événement ne viendra ensuite troubler la vie rurale du village. Minerve sera rattachée au département de l'Hérault après la Révolution.

Le pont de pierre qui enjambe la Cesse permet aux véhicules à quarante mètres de hauteur d'accéder au village, il fut bâti entre 1908 et 1912.

MINERVE Herault 022

Minerve Nord / Ouest

MINERVE Herault 040  MINERVE Herault 041

Enfin ! quelques photos des petites rues moyenâgeuses de Minerve

Vous imaginez l'état dans lequel devait se trouver le château et les remparts après ces semaines de siège agrémentées de bombardements. Toujours est-il qu'il ne reste presque rien de ce Minerve de 1210, sinon quelques éléments de maçonnerie des soubassements des remparts et du château. Les éléments actuellement les plus "visibles" datent, dans le cadre d'un mouvement de reconstruction des forteresses occitanes, de la fin du XIIIème siècle. En 1271, Philippe le Hardi réunit définitivement le Languedoc à la couronne de France et Minerve devient alors une châtellenie avec un gouverneur.

MINERVE Herault 035Minerve et le viaduc, vu du lit de la Cesse au printemps

Minerve Herault 0 14  MINERVE Herault 027

Photo de gauche, la petite rue descendant vers la poterne Sud. A droite, (la Grande-Rue) une des rues pavées très étroites de Minerve, qui ont un charme certain

MINERVE Herault 034

L'église romane Saint-Étienne de Minerve

De ce temps de guerre et de feu, Minerve conserve quelques vestiges qui se confondent aujourd'hui avec la pierre dure et blanche des gorges de la Cesse et du Brian où l'eau a créé des ponts naturels, sortes de tunnels creusés dans la roche. Le bourg est classé parmi les plus beaux villages de France. De style roman du XIème siècle, l'église Saint-Étienne domine la cité, tout comme la tour octogonale, la Candela, vestige des fortifications de Minerve. Devant l'église, d'où l'on domine des failles abruptes, une stèle rappelle aux visiteurs le martyr des cathares. A voir, le chœur et l'autel wisigothique de l'église Saint-Étienne. Le Minervois est par ailleurs remarquable pour ces édifices religieux de style roman comme par exemple l'abbaye de Caunes-Minervois qui figure parmi les joyaux de cet art roman que vous pouvez admirer ICI.

MINERVE Herault 019

La rue de la Tour qui accède au Parking visiteurs Nord

plan détaillé de Minerve

Un plan détaillé pour éviter de vous perdre dans les petites rues étroites de Minerve

Du château situé au Nord de Minerve, il ne reste que la candela et une façade à l'Est, au-dessus des gorges du Brian, mais il s'agit surtout des restes de la forteresse royale établie après la croisade.

La légende veut que le parcours emprunté par les cent quarante cathares que l'on mène au bûché soit cette rue aujourd'hui baptisée rue des Martyrs.

Dans cette rue des Martyrs, se trouve le musée Hurepel où sont présentées des scènes illustrant les grands moments de l'épopée des cathares en miniatures en terre cuite fabriquées à la main. Il y a aussi la galerie Jean-Luc Séverac peintre et sculpteur minervois auteur de la célèbre "Colombe de lumière", ainsi qu'un musée d'archéologie et de paléontologie très intéressant (voir les photos ci-après).

MINERVE Herault 009

A voir, le musée Hurepel où sont présentées des scènes illustrant les grands moments de l'épopée des cathares en miniatures en terre cuite fabriquées à la main. Le musée est situé dans l'une des plus anciennes maisons du village de Minerve, dans une ruelle médiévale

MINERVE Herault 010

Né de la passion d'un jeune couple de viticulteurs, le musée HUREPEL de Minerve propose sous forme de figurines d'argile le récit sonore de la tragique épopée des cathares occitans

MINERVE Herault 013  MINERVE Herault 008

Des personnages plus vrai que nature. Chaque santon est une pièce unique, les décors sont réalisés à partir de matériaux naturels (pierres, mousses, lichens…), le tout baigné d'une lumière évocatrice du soleil du midi

MINERVE Herault 014

Michel Gasc, l'hôte de ces lieux, très sympathique, pourra répondre à toutes vos questions

MINERVE Herault 011

C'est vraiment bien fait, une photo en 3D des combats qui ont eu lieu à Minerve

MINERVE Herault 015Il y a aussi le musée d'archéologie et de paléontologie de Minerve qui regroupe toutes les trouvailles des archéologues de la cité. 

MINERVE Herault 026

Le musée d'archéologie et de paléontologie de Minerve contient des collections privées de J. Miquel de Barroubio auxquelles se sont jointes des dons et le résultat des recherches de Messieurs Lauriol, Issanjou, Poumayrac, Séverac, ainsi que les minéraux fossiles de Jean-Claude Gagnat. Géologie de la vallée de la Cesse, minéraux et fossiles régionaux et du monde. Archéologie préhistorique (grotte d'Aldène), protohistorique (reconstitution d'un dolmen), antique et médiévale. Le musée abrite, dans sa collection, des traces de pas humains découvertes dans la grotte d'Aldène et datées du début du paléolithique.

MINERVE Herault 029

Languedoc Comté de Melgueil Denier et obole d'argent, j'adore ces pièces du passé. 

Le saviez-vous ? Le denier de Melgueil est une des plus célèbres monnaies féodales du Languedoc médiéval. La monnaie de Melgueil, qui était la monnaie officielle de la ville de Montpellier, elle est citée dans des textes dès le Xème siècle. L’aspect de ces monnaies était assez irrégulier, en raison de techniques de frappe rudimentaires. Ces monnaies étaient plus ou moins noires en fonction de leur teneur en argent fin et en alliage. Fines et légères elles se tordaient assez facilement, et il n’est pas étonnant d’en voir beaucoup qui portent des traces de pliures. Cette monnaie meurt à la fin du XIIIème et du XIVème siècle.

MINERVE Herault 028

Zoom sur ces pièces de monnaie d'un autre âge qui datent de 1148 à 1249 : Languedoc Comté de Melgueil Denier et obole d'argent.
Une seule pièce en bon état comme celle-ci peut valoir jusqu'à 50 euros aujourd'hui.

Minerve Herault 0 4  Minerve Herault 0 5

A gauche, la "Candela" et le côté Ouest du village. A droite, la superbe rue des Martyrs

MINERVE Herault 044

Porche de la ruelle descendant vers la poterne Sud

MINERVE Herault 031

Le viaduc vu du village vers l'Ouest

Minerve 20 Poterne et Tour au Sud en 1927

Photo de 1927, de la Poterne Sud et un vestige d'une tour des fortifications de Minerve dite tour de "la prison", souvenir probable de son ancienne utilisation au temps des guerres de religion. Elle est de plan semi-circulaire de cinq mètres de diamètre, voûtée en coupole dans sa partie inférieure et possède encore trois archères. Elle défendait un des accès de la cité donnant sur la vallée de la Cesse.

Minerve 21 Rue des Martyrs et maison des templiers en 1927

Photo de 1927, voici les restes de la maison appelée à tort "couvent des templiers", et qui est sans doute une ancienne commanderie de l'ordre de Malte.

Il ne reste que la porte ogivale, surmontée à la clef d'un écu primitif en forme de cadenas, taillé en relief dans la pierre, et portant bien visible encore la croix à huit pointes.

1982, le premier monument à la mémoire des cathares morts sur le bûcher, la célèbre "Colombe de lumière" sculptée par Jean-Luc Séverac est érigée sur le parvis de l'église face au causse, il est le symbole du souvenir de ses martyrs. L'inscription gravée sur le monument "als catars" signifie "aux cathares".

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Près du calvaire de l'église Saint-Étienne, le monument à la mémoire des "parfaits" suppliciés

Minerve Herault 0 3

Le monolithe "Colombe de lumière" de Minerve

MINERVE Herault 016

Détail de la "Colombe de lumière"

MINERVE Herault 017

Le village paisible de Minerve, est propice aux nids d'hirondelles à portée d'objectif, comme ici une nichée dans l'encoignure d'une porte basse.

 

Je rajouterai un petit mot avant de terminer, sur Pierre des Vaux de Cernay, il était un moine cistercien de l'abbaye des Vaux-de-Cernay, historien  il meurt après 1248. Il fut le chroniqueur des croisades albigeoises. Il a suivi Simon de Montfort pour raconter l'histoire, faisant l'apologie de celui-ci. C'est grâce à lui que nous connaissons tous ces détails de cette période. Il était à Minerve au moment des faits.

Son   " Historia Albigensis   " est une des sources importantes pour connaître la chronologie de ces Croisades.

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Ainsi se termine ce deuxième reportage de la série, en espérant qu'ils vous auront intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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20 mai 2011
bandeau-HISTOIRE-04.jpg bandeau Minerve 02

 

AU CŒUR DU MINERVOIS, MINERVE LE   "ROC-CITÉ  " cher à Léon Cordes (1913-1987) écrivain occitan du Minervois, inhumé à Minerve.

Voici après le reportage sur les châteaux de Lastours, celui concernant Minerve, village situé non loin de là, encore un site exceptionnel, classé parmi les plus beaux villages de France.

Entre Cévennes et Montagne Noire, Minerve est la capitale historique du Minervois.

Le Minervois doit son nom à la déesse Minerve qui, à l'époque de l'occupation romaine, était la protectrice du pagus menerbensis, un territoire adossé à la Montagne Noire qui s'ouvre à l'Est sur la Méditerranée et regarde à l'Ouest, les chemins de Carcassonne et de Toulouse. Au Moyen-âge, cette région partagée aujourd'hui entre les départements de l'Aude et de l'Hérault, fut terre d'hérésie. Elle n'était certes pas dotée de citadelles impressionnantes comme les Corbières, mais elle offrit protection aux cathares. Le Minervois, est une terre aride de vignes renommées, de garrigues et de cyprès, un véritable amphithéâtre exposé plein Sud.

Le 20 juillet 1210, cent quarante hérétiques, hommes et femmes, ont été brûlés vifs à cause de leur choix religieux. Minerve est devenue l'archétype de la cité martyre, je vous propose aujourd'hui  l'histoire de cet évènement tragique :

 

carte minerve 01

Minerve se situe à l'extrême Sud du département de l'Hérault à la frontière de l'Aude. Béziers n'est qu'à 46 km, Carcassonne 45 km, Narbonne 33 km et Toulouse 140 km

carte minerve 02

Lastours que je vous ai présenté récemment n'est qu'à 39 km de Minerve et Caunes-Minervois que vous pouvez voir aussi sur ce site est à 24 km.

Le Minervois est une belle région de vignes, le vin est excellent, moi qui adore le rosé ...

Minerve Herault 0 13

Minerve une vue des vignobles, situés au Sud / Est

Blason de Minerve

Le blason de Minerve

panorama Minerve JP

Minerve et son pont viaduc en maçonnerie long de 102 mètres et de 38 mètres de hauteur.

Le site de Minerve est occupé dés la préhistoire. On y trouve ensuite la trace d'un petit bourg gallo-romain, confirmé par la découverte en 1932, d'une église Saint-Nazaire du Vème siècle au Nord/Ouest du village et d'un autel en marbre blanc, un des plus anciens conservés en France, daté de 456 par une inscription de l'évêque de Narbonne Saint-Rustique (évêque de 427 à 461). Cet autel vous pouvez le voir actuellement dans l'église Saint-Étienne de Minerve, il porte la mention "+ RVSTICVS ANN XXX EPTVS SVI FF" qui signifie "Rusticus, anno trigesimo episcopatus sui fieri fecit".

Ce maître-autel de l'église de Minerve est considéré, depuis longtemps, comme une curiosité archéologique de premier ordre. Au XVIIème siècle, les frères de Sainte-Marthe le signalèrent et en donnèrent une description, conservée encore à la Bibliothèque Nationale. En 1860, un savant épigraphiste, Edmond Le Blant, lui consacra une étude approfondie. La table de cet autel est constituée par une plaque de marbre blanc, dont la face principale porte cinq trous, qui semblent marquer la place des tenons où il était d'usage d'attacher une guirlande aux jours de fête. La plaque est recouverte de signatures disséminées sur les quatre faces du marbre, la plupart paraissent appartenir à la période carolingienne, d'autres sont antérieurs au XIème siècle. Après de nombreuses discussions, on a prouvé que cette pierre avait été découverte à Narbonne dans la cour de l'archevêché, sous le cloître Saint-Just, sa datation n'est pas remise en cause.

En face du maître autel, dans le coeur, il y a une dalle cachée par un carrelage, recouvrant une tome creusée dans le rocher. Cette tombe, qui mesure environ un mètre de profondeur, est-elle l'ancienne sépulture du vicomte Bérenger, qui fit en 1135 un don important au clergé, pour obtenir d'être enseveli dans l'église paroissiale ?

 

Un village fortifié médiéval est attesté à l'époque carolingienne. Le 23 avril 873, sous le règne du roi Charles le Chauve, un plaid judiciaire est tenu dans le castrum de Minerve. Des fouilles menées sur le site de l'église Saint-Nazaire ont montré la présence d'un édifice détruit par le feu, mais qui existait au IXème siècle.

Minerve Herault 0 10

L'église de Minerve, remarquez que le clocher actuel, est différent avec la photo ci-dessous

Minerve 16 en 1950 église

Voici une très belle photo N/B de l'église Saint-Étienne de Minerve dans les années 1920. Le clocher de forme carrée a été modifié à la suite de dégâts causés par la foudre.

plan de l'église de Minerve

Plan de l'église Saint-Étienne de Minerve réalisé dans les années 1925. On ignore la date de fondation de cette église, les plus anciens documents ne la signalent qu'au XIème siècle (1er mai 1095 exactement). Abside en cul de four, voûte en berceau soutenue par des pilastres, arcs en décharge contre les murs de la nef, porte sans ornement, un cordon de pierre noire encadre la partie supérieure des fenêtres.

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Le clocher de l'église Saint-Étienne de Minerve

Minerve 022Très belle photo de Minerve au mois de mai, il y a encore de l'eau dans les gorges de la Cesse et du Brian. En été vous pouvez vous y promener, c'est à sec.

Toute cette région dépendait du diocèse de Narbonne et en 865, un archidiacre était spécialement chargé d'en recueillir tous les revenus.

Vers l'an mil, le territoire de Minerve est élevé au rang de vicomté. Le nom du plus ancien vicomte connu est Raynald, il vivait vers 950, et aurait donné sur son lit de mort une part de ses états à Roger-le-Vieux ou Roger Ier, comte de Carcassonne.

En 1066, nous apprenons l'existence d'un vicomte Bernard e Minerve, mais nous ne savons pas si c'est le même qui en 1103 offrit son fils Raimond à l'abbaye de Saint-Pons-de-Thomières pour y être religieux.

En 1071, l'histoire nous parle d'un vicomte Pierre, dont le fils Pons restitua en 1095 certains biens à l'église Sainte-Marie de Minerve fondée dans le château.

En 1127, on trouve le vicomte Guillaume, puis son fils Bérenger prend la succession, car on trouve un don à l'église Saint-Étienne de Minerve, acte datant du 27 avril 1135 signé Bérenger vicomte de Minerve.

Son successeur est probablement son fils Pierre qui vivait en 1146 et qui partagea la vicomté avec Guillaume l'autre fils.

En 1127, Minerve est placée sous la dépendance des seigneurs de Carcassonne. Cela sera confirmé en 1171, quand le roi Louis VII le Jeune donne le castrum de Minerve en fief à Roger Trencavel, vicomte de Béziers, à la suite de son mariage avec Adélaïde, la nièce du roi.

En 1179, Roger Trencavel revient sur son engagement vis-à-vis du roi de France pour reconnaître la suzeraineté du roi d'Aragon sur Minerve et de ses autres possessions.

Que devint ensuite Minerve jusqu'en 1210, nous l'ignorons, car la généalogie de ses vicomtes a laissé peu de traces dans l'histoire du Languedoc.

C'est à cette époque que Minerve devient un des lieux de séjour préféré des cathares de la région. Les vicomtes semblent les tolérer et leur offrir leur protection.

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Le pont de Minerve enjambant la Cesse, c'est l'accès principal au village. Des parkings sont aménagés en dehors du village pour recevoir les nombreux visiteurs en période estivale.

 

Je vous propose une petite rétrospective historique pour bien comprendre la chronologie des faits à partir de cette époque :

1209, la croisade albigeoise initiée par le pape innocent III était déclarée ainsi que la guerre des châteaux. Des hommes avaient fait vœu de croisade pour servir quarante jours comme "chevaliers du Christ" dans la guerre sainte, cette armée levée par la Saint-Siège contre les hérétiques et leurs protecteurs. C'était aussi l'occasion pour eux de gagner par la même occasion des indulgences, c'est à dire faire, après leur mort, l'économie d'un certain temps de purgatoire.

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Le pont de Minerve vu de la rue de Cabarets au Nord / Ouest du village

Parmi ces hommes, un modeste seigneur de la vallée de Chevreuse accepta le cadeau du Saint-Siège, celui-ci n'était autre que Simon, seigneur de Montfort et d'Épernon. Issu d'une branche cadette des comtes d'Évreux, il avait hérité d'une tante maternelle le comté de Leicester en Angleterre, mais le roi Jean Sans Terre, en guerre contre la France le lui avait confisqué. La vision de prendre possession en fief la quadruple vicomté de Trencavel venait à point nommé pour compenser très largement la perte de ce comté Anglais. Encore fallait-il s'en rendre maître.

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Voici une très belle vue d'ensemble de Minerve. Cette vue, vous l'apercevez quand vous stationnez votre véhicule sur le parking que je vous conseille, situé au Nord de Minerve. De là, vous gagnez le village par une petite voie piétonne très agréable.

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La même vue que la précédente mais sous un soleil moins clément. Il y a, au dernier recensement de 2004, 112 habitants à Minerve.

En moins d'un mois, l'armée de la croisade, arrivée par la vallée du Rhône, a pris et rasé Béziers, a reçu la soumission des Narbonnais et, sur la route de Carcassonne, a occupé sans combats quelques villages abandonnés, parfois incendiés par leurs habitants. Dans cette région du Biterrois, une douzaine au moins de seigneurs locaux vont se soumettre spontanément, terrorisés par ce qui est arrivé à Béziers le 22 juillet 1209. Le 15 août 1209, Carcassonne tomba à son tour, mais il restait à conquérir le Minervois, la Montagne Noire, l'Albigeois, le Lauragais, les Corbières, le Razès …

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Vu du pont de Minerve on aperçoit l'entrée du deuxième tunnel naturel creusé par la Cesse

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Vous voilà dans les gorges de la Cesse et du Brian, à sec l'été, il est agréable de s'y promener.

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La sortie du second tunnel naturel creusé par la Cesse au cours des siècles. Le premier tunnel mesure 228 mètres de longueur avec une hauteur variant de 6 à 28 m. Ce second tunnel à une longueur de 126 mètres. La balade à pied y est autorisé.

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Le canyon du Brian, une vue prise à la sortie Nord du village de Minerve

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Les gorges ou canyon du Brian au Nord de Minerve, le sentier empierré que vous voyez à gauche c'est le GR77, en contre-bas vous apercevez le "pont du Moulin", joli pont de pierre

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Voici une photo du "pont du Moulin" dans la vallée du Brian prise en 1910, ce pont de pierre existe toujours, il n'est pas très loin au Nord de Minerve

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Vous êtes ici dans le second tunnel naturel de la Cesse, il mesure 126 mètres de longueur, la hauteur moyenne ici est de 15 m

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Le Causse est un plateau calcaire. Dans le secteur de Minerve vous pouvez observer des strates sédimentaires comme ceux-ci. Ils sont formés de matériaux déposés horizontalement au fond des mers. Postérieurement à leur dépôt, les couches peuvent être déformées, plissées par des forces internes, c'est-à-dire des mouvements qui sont à l'origine de la formation des montagnes. Les plis forment des ondulations lorsque les couches sont ployées vers le haut, on a un anticlinal, ployées vers le bas, on a un synclinal.

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Le plateau calcaire (roche sédimentaire) de Minerve. Le karst est le type de relief des roches calcaires.

Les seigneurs de Cabaret (les châteaux de Lastours), de Minerve, de Termes au cœur des Corbières, d'Albedun dans le haut Razès, de Puivert en Quercorb, et bien d'autres, lieux où se sont réfugiés des parfaits et parfaites Cathares. Tous se sont enfermés en toute hâte avec leurs propres chevaliers et sergents dans leurs forteresses abondamment approvisionnées en armes et en vivres. Les nouvelles parviennent à Simon, qui comprend que prendre possession de l'ensemble de son nouveau domaine ne sera pas chose aisée. Il va falloir qu'il agisse très vite, car il sait que la plupart des croisés, leur "quarantaine" achevée, rentrerons chez eux, et que la mauvaise saison est peu propice à la guerre. Simon de Montfort décida que son premier objectif serait Fanjeaux en Lauragais qui était un véritable lieu stratégique, et à partir de Fanjeaux, se lança dans une série de conquêtes en étoile. En six semaines, il conquit Limoux au cœur du Razès, puis il se rendit au Nord de Castres, puis à Lombers et à Albi, il se rendit aussi sur les terres du comte de Foix, prenant Mirepoix, Pamiers et Saverdun, isolant ainsi ses deux plus grands adversaires les comtes de Foix et de Toulouse. Il tenta aussi de prendre Cabaret qui tint bon (voir l'histoire des châteaux de Lastours ICI).

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Une vue du pont en regardant vers le Nord, sur les hauteurs au fond à gauche, vous avez un grand parking lors de l'affluence touristique

Octobre 1209 arriva, et l'immense armée de la croisade se retira, Simon de Montfort resta seul avec une poignée de chevaliers fidèles, pour la plupart issus comme lui de la vallée de Chevreuse. Il leur distribua les fiefs conquis, où ils installèrent de petites garnissons d'occupations prises sur leurs troupes personnelles.

Les semaines passèrent, lorsque Simon de Montfort qui revenait à Carcassonne suite à un séjour à Montpellier en novembre, apprit de très mauvaises nouvelles. Une large part du pays conquis, le Carcassès, le Lauragais, le Sud Albigeois, était en train de se soulever. Profitant de son éloignement, une quarantaine de villages du Lauragais s'étaient aussi soulevés, et avaient massacré les garnissons françaises, ou les assiégeaient dans les donjons où elles s'étaient réfugiées. Les habitants de Cabaret n'hésitaient pas, et ce jusqu'à Carcassonne, à lancer des attaques commandos pour intercepter les convois de ravitaillement des croisés et incendier les machines de guerre. Guiraud de Pépieux, à qui Simon avait confié la garde de plusieurs castra du Minervois, paraît avoir été le premier à revenir sur son serment d'allégeance, car un croisé aurait tué son oncle. Guiraud attaqua la garnison que Simon avait laissée à Puisserguier, et fit prisonniers deux chevaliers. On sut par la suite que Guiraud s'était replié sur Minerve, où il avait fait crever les yeux, couper les oreilles, le nez et la lèvre supérieure à ses deux prisonniers avant de les renvoyer nus à Carcassonne. L'un mourut de froid en chemin, et l'autre, conduit par un mendiant, parvint à Carcassonne. Simon s'en souviendra, et fera payer au centuple le forfait perpétré par Guiraud de Pépieux.

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Photo de gauche, "La Candela" vestige de la Tour du château de Minerve datant du XIIIème siècle. Photo de droite, la "Grande Rue"

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Les toits de Minerve, cette cité paisible est bâtie sur un éperon rocheux. Nombreuses sont les maisons qui conservent encore un aspect d'antiquité. La simple traversée de la vieille Grande-Rue nous transporte dans les temps médiévaux.

Nous sommes en novembre 1209, Amaury et Guillaume de Poissy étaient assiégés par des faidits (chevaliers sans terre) au château d'Alaric sur la rive droite de l'Aude. Simon vola à leur secours, mais à cause des inondations, il fit un grand détour pour franchir l'Aude et il arriva trop tard, le château était tombé, et ses deux compagnons avaient été massacrés. Simon à peine était-il revenu à Carcassonne, qu'on lui annonça une autre mauvaise nouvelle. Bouchard de Marly le cousin de son épouse Alix, qui patrouillait autour de Cabaret, avec Gaubert d'Essigny et une cinquantaine de sergents, sont tombés dans une embuscade. Gaubert d'Essigny qui refusa de se rendre fut tué sur place. Bouchard de Marly un croisé de haut rang donc un proche parent de Simon, fut capturé et emprisonné au château de Cabaret, où il devait rester captif près d'un an et demi.

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Le pont vu du village de Minerve (en direction de l'Ouest)

Simon de Montfort dut attendre le mois de mars 1210, l'approche du printemps, pour que l'arrivée de puissants renforts conduits par sa propre épouse Alix de Montmorency, lui permît de reprendre sa conquête des châteaux. Il avait été piqué au vif par ces villages rebelles, il voulut les châtier. Le village de Bram fut parmi le premier à être assiégé et prit d'assaut. Simon ordonna de couper le nez et de crever les yeux à une centaine de prisonniers, et les envoya sous la conduite d'un borgne jusqu'à Cabaret, dans la Montagne Noire, afin d'effrayer les habitants. Trois grands vassaux de Trencavel avaient pris la tête de cette rébellion : Pierre-Roger de Cabaret, Guillaume de Minerve et Raymond de Termes, trois insoumis qui avaient des liens personnels avec les milieux hérétiques. Enfermés dans des forteresses réputées imprenables, qui étaient les chefs-lieux du Cabardès, du Minervois et des Corbières, ils formaient trois nids de résistance sur les arrières de cette armée de croisés.

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Le quartier Sud de Minerve

Après avoir repris en deux mois, Bram, Alzonne, Montlaur, Capendu, Alaric et quelques autres localités rebellées, Simon de Montfort décida, de mettre à profit l'arrivée de troupes fraîches pour frapper un grand coup et en finir avec les trois grandes poches de résistance. Craignant certainement pour la vie de son compagnon retenu prisonnier au château de Cabaret, il décida de prendre Minerve.

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Une vue générale de Minerve

D'habitude, pour les amateurs,  je vous présente quelques photos anciennes en fin de reportage, pour changer les voici dés la première partie :

Minerve 02 en 1905 à vérifierMinerve en 1905, au premier les vestiges de la Tour du château

Minerve 01 en 1910

Minerve en 1910, les gorges de la Cesse avec l'entrée du grand pont naturel

Minerve 11 en 1905 vestige des fortifications

Minerve la poterne et les remparts Sud avec une des tours, photo datant de 1905

Minerve 12 en 1905

Minerve, le Brian et les vestiges de la Tour du château en 1905

Minerve 10 en 1910 vestige d'une des tours du chateau

Minerve quartier Nord, celle-ci date de 1910
MINERVE Herault 045 en 1920
Minerve, le Nord du village médiéval, celle-ci date de 1920

Minerve 17 en 1905 coté Sud

Minerve quartier Sud en 1905

Minerve 07 en 1975 rue des martyrs porte des parfaits  Minerve 19 en 1975 descente vers poterne Sud

Voici deux photos datant des années 1975, à gauche, la rue des Martyrs et porte des Parfaits. A droite, ruelle descendant vers la poterne Sud.

Minerve 04 en 1950

Minerve en 1950

Minerve 14 en 1950

Celle-ci aussi date des années 1950, on voit très bien ici les restes des fortifications avec une des Tours et la poterne Sud. Celle ci-dessous, date de la même période, mais prise sous un autre angle.

Minerve 15 en 1950 remparts et poterne Sud

 

Minerve 18 en 1950

On reste toujours dans cette période des années 1950, le village n'a pas changé

Minerve 13 en 1955 vue aérienne

Une jolie vue aérienne de Minerve en 1955

Il me reste quatre photos des années 1970 de Minerve ...

Minerve 08 en 1970 poterne Sud

Pour les amoureux des vieilles pierres, très belle photo de la poterne et rempart Sud de Minerve en 1970. Ces fortifications datent du XIIème siècle et sont encore bien apparentes sur toute la périphérie du village. La poterne Sud a été semble t'il réparée dans le courant du XIIIème siècle, elle présente de curieux détails lorsqu'on l'examine de près. Les assises de maçonnerie sont redressés par des chistes introduits dans les lits. Les pieds droits ne portent aucune trace de vantaux, mais deux rainures visibles à l'intérieur, ce qui veut dire, que l'ouverture était fermée par des madriers en temps de guerre, et habituellement la porte restait ouverte.

Minerve 05 en 1970

Minerve en 1970, on voit très bien ici les vestiges des remparts côté Sud / Est

Minerve 06 en 1970

Le Nord du village de Minerve en 1970

Minerve 03 en 1970 tunnels naturels

L'un des deux gigantesques tunnels naturels de Minerve en 1970

Minerve 09 en 1970 vestige d'une des tours du chateauLa Candela de Minerve en 1970 vestige de la Tour du château datant du milieu du XIIIème siècle. Concernant le château, les défenses primitives, contemporaines du siège, ont à peu près disparu, seules les traces d'une tour sont encore visibles en arrière du fossé Nord. Ce sont de bien maigres vestiges pour permettre d'avoir une idée exacte de la configuration de cette citadelle. 

Ne manquez pas la suite, dans la seconde partie du reportage je vous dévoilerai tous les détails du siège et la chute de Minerve ... avec pour votre plus grand plaisir, de nombreuses photos grand format.

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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7 mai 2011
bandeau balade aux champignons

 

Comme je vous le disais dans le précédent reportage, mon ami "Gens de Belcaire" m'a proposé un article sur les champignons. Je lui est posé cette question : "tu crois que cela va intéresser les visiteurs du site web". Lui pense que oui ; que cela va intéresser de nombreux adeptes ramasseurs de champignons et amoureux de la nature ... Alors, c'est parti pour le montage de l'article et on verra bien ce que vous allez en penser !

Petite précision de "Gens de Belcaire"  : Les champignons qui se trouvent dans le sujet, sont ceux que l'on trouvent habituellement au Pays de Sault, dans le secteur de Belcaire, La plaine, Comus et Niave. Et à Liliane (mon amie belcairoise) de rajouter : "Les ramasseurs Belcairois préféreraient donner leur code de CB, plus tôt que de divulguer leurs lieux de cueillettes !" et je rajouterai "Assurez vous que la carte bancaire dispose d'un approvisionnement". icon_wink.gif

 

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LES CHAMPIGNONS A BELCAIRE - PAYS DE SAULT

 

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Il n'est pas beau "mon village" de Belcaire ?!

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Le lac de Belcaire au début du printemps tôt le matin ...

 

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Les plus recherchés au Pays de Sault, et que nous allons voir ici, se sont les morilles, les lactaires délicieux, les cèpes de Bordeaux, les chanterelles et les tricholomes de la Saint Georges (mousserons)

Portail du chateau de Belcaire en 1905   Balade aux champignons 012

A gauche, photo datant de 1905, le portail du château de Belcaire construit par la famille De Nègre. A droite, le château de Belcaire actuel

En aparté, concernant cette famille De Nègre j'aurai l'occasion de faire un article bientôt sur ce site

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l'ami Guy de Belcaire

Un petit clin d'oeil à mon ami Guy, que tout le monde connaît bien à Belcaire et au Pays de Sault, il est l'un des dictionnaires belcairois. Maintenant qu'il profite de sa retraite, il pourra très certainement organiser des sorties de cueillettes, car il connaît les immenses forêts de la région comme sa poche ! Et il adore les champignons !

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La place de la mairie de Belcaire vers 1905

L'automne, c'est la saison des balades en forêt et des cueillettes. Allez cueillir des champignons : Chanterelle, cèpe de Bordeaux, coprin chevelu, lactaire délicieux… L'évocation de ces champignons comestibles, parmi les meilleurs de nos régions, met en appétit tout fin gourmet. Ces perles de la gastronomie réapparaissent dans les prés ou les sous-bois, à la faveur du retour de l'automne. La cueillette des champignons sauvages est aussi ancienne que celles des baies. Au Moyen Age, l'espèce la plus appréciée était la psalliote, facile à identifier. Les cèpes, eux, n'ont été "découverts" qu'au XVIIIème siècle. Aujourd'hui, quand l'été fait place à l'automne et qu'il fait trop froid pour aller à la mer, la cueillette des champignons devient l'occasion d'une belle balade de fin de semaine en famille.

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Cette même place de la mairie de Belcaire en 2002

MAIS QUE DIT LA LOI ?

Le promeneur en forêt ne doit pas oublier qu'en tout endroit de la forêt, il y a un propriétaire, privé ou public. Quand on se promène en forêt, on se promène donc toujours chez quelqu'un !
En France, les trois quarts des forêts appartiennent à des particuliers, les autres forêts appartiennent à l'État ou aux collectivités territoriales et sont gérées par l'Office national des forêts.
En forêt, vous êtes donc chez quelqu'un. Le promeneur doit être respectueux de ces lieux.

Les champignons appartiennent au propriétaire de la forêt dans laquelle ils poussent. (Code civil, art. 547 : « les fruits naturels (...) appartiennent au propriétaire par droit d'accession »). En principe, il faudrait avant toute cueillette solliciter l'autorisation du propriétaire.

  • ♦ Tout ramassage non autorisé de champignons en forêt – publique ou privée- est puni d'une amende pouvant aller jusqu'à 150 €.
  • ♦ Lorsque le volume extrait est supérieur à 5 litres, l'amende peut aller jusqu'à 750 € (Code forestier, art. R.331-2).
  • ♦ L'absence de clôture de même que l'absence de panneau « interdiction d'entrée » ou « cueillette de champignons interdite » ne tempère pas le caractère sacré de la propriété privée.

Le ramassage pour consommation personnelle est souvent toléré en forêt publique et en forêt privée, mais lorsque les visiteurs sont trop nombreux ou peu respectueux, le propriétaire décide parfois d'interdire les visites ou d'instaurer un permis de récolte, afin de préserver la forêt. C'est son droit et cela protège la forêt et son écosystème des abus. Renseignez-vous et respectez cette décision éco-citoyenne !

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Champignon est un terme ambigu qui désigne en français divers organismes biologiques sans chlorophylle et sans plastes (donc hétérotrophes), pas ou peu mobiles, constitués de cellules pourvues de noyaux et qui font donc partie des Eucaryotes.

Tous les champignons au sens commun du terme, parfois dits aussi « champignons supérieurs », appartiennent au groupe des Eumycètes et se répartissent au sein des Basidiomycètes, comme les amanites ou, pour quelques uns, parmi les Ascomycètes, à l'exemple des morilles ou des truffes. L'étude de ces champignons est la mycologie et ceux qui la pratiquent sont des mycologues.

Ce qu'on appelle couramment champignon n'est en fait que la fructification temporaire et visible, le « sporophore » (autrefois appelé carpophore), d'un organisme à caractère plus durable et plus discret dont la structure habituellement filamenteuse constitue le « mycélium ». D'autres silhouettes de sporophores sont bien connues : en forme de petits buissons comme les clavaires, de langues sur le tronc des arbres comme les fistulines, de coupes comme les pézizes, de sphères comme les vesses-de-loup, etc.

Balade aux champignons 019

 

ÉTYMOLOGIE :

A l'origine du nom et dans le langage le plus courant, les champignons sont ces « petits produits des campagnes » (du bas-latin campinolius) constitués généralement d'un pied surmonté d'un chapeau, à l'image du champignon de Paris ou du bolet.

CLASSIFICATION :

Il y a de très nombreuses espèces de champignons, dont épiphytes, endogés ou aquatiques, et il en reste beaucoup à découvrir.

Leur classification relève de la mycologie. Elle évolue, notamment suite aux progrès de la génétique, y compris pour des organismes symbiotes (ex : les lichens ont un temps été classés hors du monde fongique, et y ont récemment été réintroduits). Les listes et classifications sont donc régulièrement mises à jour.

Les champignons ont longtemps été considérés comme des végétaux, en raison de leur immobilité et de la présence d'une paroi cellulaire épaissie, végétaux dits « cryptogames » car ne produisant pas de fleurs. Mais les champignons constituent un règne à part car ils se différencient des plantes et des algues par plusieurs caractères :

  1. 1 - Ils sont hétérotrophes vis-à-vis du carbone : leur incapacité à synthétiser des sucres à partir de simples ressources minérales les distingue fortement des végétaux qui eux sont autotrophes grâce à la chlorophylle et à la photosynthèse. Les champignons doivent extraire de leur environnement des composés organiques déjà constitués. Ils doivent « s'alimenter » comme le font les animaux, ce qu'ils font soit en décomposant de la matière morte (ils sont alors saprophytes), soit au détriment d'organismes vivants (ils sont alors parasites), soit en s'associant avec un organisme chlorophyllien (ils sont alors symbiotiques) ; Plusieurs de ces stratégies pouvant être combinées chez certaines espèces. Les recherches récentes sur l'évolution des espèces vivantes placent d'ailleurs la plupart des champignons plus près des animaux que des végétaux.

  2. 2 - Ils sont absorbotrophes ;

  3. 3 - Leur appareil végétatif est ramifié, diffus et tubulaire ;

  4. 4 - Ils se reproduisent via des spores non flagellées ;

  5. 5 - Leur paroi cellulaire est chitineuse (comme celle des Insectes).

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On a donc logiquement créé pour les champignons le règne spécifique des Fungi (du latin littéraire fungus, le champignon) pour y placer ces êtres particuliers, non seulement ceux produisant des sporophores, mais également dans les définitions les plus larges qui ont pu exister toutes sortes d'organismes eucaryotes pluricellulaires ni végétaux, ni animaux, comme les moisissures, les rouilles, le mildiou, les saprolègnes, etc. et même parfois unicellulaires comme les levures.

 

L'usage du mot champignon s'est alors étendu dans le langage commun à des formes biologiques très diverses. Ainsi le terme de champignon est utilisé parfois extensivement pour désigner aussi bien des agents responsables de dermatophytoses (types d'affections rencontrées fréquemment sous les ongles des pieds), les feutrages des oïdiums qui parasitent le feuillage des végétaux, l'ergot de seigle, des plasmodes coloniaux comme les fleurs de tan, les Penicillium du fromage de Roquefort, etc. A l'analyse, il s'avère que certains de ces « champignons inférieurs » sont effectivement apparentés de manière très proche aux champignons à sporophores, alors que d'autres appartiennent à des groupes très distants. Les définitions des différents taxons scientifiques ont alors été précisées, mais l'emploi élargi du mot champignon est resté.

 

L'ORGANISME :

La fructification chez les Eumycètes, appelée précisément sporophore (organe portant les spores permettant d'accomplir le cycle de vie, terme aujourd'hui préféré à « carpophore »), est particulièrement développée pour certaines espèces, le reste de l'organisme appelé le mycélium étant souterrain et donc invisible. Certains Eumycètes disposent de sporophores en surface tandis que d'autres, par exemple ceux des truffes, sont souterrains.

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Il existe cependant bien d'autres espèces appelées champignons, qu'elles soient uni- ou pluri-cellulaire, tels que les rouilles, les levures, les moisissures ou encore certains parasites de l'homme. Bien qu'ayant été par le passé regroupées au sein d'un même groupe, elles peuvent n'avoir que peu de rapport entre elles. Les actuels taxons des Fungi / Mycota, des Oomycota, des Hyphochytridiomycota, des Labyrinthulomycota, et des Mycetozoa ont été classés ensemble dans le passé comme faisant partie du règne végétal du fait de la présence d'une paroi cellulaire, et de plusieurs similitudes entre leurs cycles de vie et ceux des algues avec lesquelles ils formaient les thallophytes. Les Mycetozoa, souvent décrits comme des champignons-animaux ou amiboïdes, n'ont en fait en commun qu'une ressemblance externe de leur appareil sporifère et sont assez proches des amibes.

Transporté dans les sciences naturelles, le mystère demeura en partie, comme le montrent les premières classifications botaniques qui les laissèrent longtemps placées dans les cryptogames ou végétaux à reproduction cachée, principalement en raison de la discrétion et de la complexité de leur mode de reproduction.

 

INTÉRÊTS ET USAGES

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Cueillette de champignons

ALIMENTATION : La plupart des champignons n'ont pas d'intérêt culinaire ou sont toxiques, mais certaines espèces comestibles sont très recherchées pour leur saveur : le cèpe de Bordeaux, la truffe noire, l'oronge, etc. Le ramassage des champignons, activité encore vivace et populaire, constitue une subsistance des systèmes socio-économiques de cueillette. Celle-ci n'est pas sans risques car diverses espèces sont toxiques, voire mortellement vénéneuses, à l'origine de mycétisme, empoisonnement par méconnaissance des champignons.

BIOTECHNOLOGIES : Les « champignons filamenteux » (basidiomycètes surtout) intéressent les acteurs des biotechnologies de par leurs éventuelles capacités à rapidement biotransformer les lignocelluloses grâce à des enzymes spécialisés, ou à dépolluer certains matériaux. Divers programmes de recherche visent à comprendre et contrôler certains mécanismes de biotransformation fongique pour les utiliser industriellement, dont pour produire des carburants biosynthétisés. Là encore, certains craignent un risque en cas de fuite dans l'environnement d'organismes génétiquement modifiés (OGM) susceptibles de s'attaquer à des ligneux ou autres végétaux (vivants et/ou morts).

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TECHNOLOGIES VERTES ; DÉPOLLUTION : Paul Stamets et d'autres mycologues préconisent de développer la permaculture de champignons, considèrent la fungiculture comme une source importante de nourriture et de molécules utiles pour le futur et pensent qu'elle est intéressante dans le domaine de la bioremédiation. Ils pensent que les champignons peuvent aussi jouer un rôle très important dans le domaine de la dépollution ; en accompagnement de la phytoremédiation ou de l'utilisation de divers micro-organismes ; utilisés seuls ou en association épuratrice, etc.
Certaines espèces s'avèrent en effet capables de remarquablement bien bioconcentrer les métaux ou radionucléides du sol. Selon eux, la mycoremédiation (parfois traduit par fongoremédiation), via la mycofiltration notamment, permettrait de détoxiquer des milieux (eau, air, sol) de façon moins coûteuse qu'avec les techniques physico-chimiques classiques et plus rapide que via la phytoremédiation. Elle demande encore cependant une meilleure connaissance et maîtrise de la culture des myceliums dans un sol ou un substrat pollué ou dans un matériau filtrant un air ou une eau polluée.

 

SYMBOLIQUE ET ASPECTS CULTURELS :

Le concept de champignon est complexe et lié à plusieurs faits naturels et sociaux : moisissure, aliment, drogue, nucléaire, maladie, etc...

Le champignon est symbole de la vie régénérée par la fermentation, la décomposition organique, c'est-à-dire la mort :

En Asie, le champignon est symbole de longévité, par exemple pour les coréens le champignon magique est l'un des 10 symboles de longévité et aussi un symbole de fertilité. Dans la peinture chinoise c'est le cerf qui apporte le champignon, tous deux sont des symboles de longue vie, la croyance chinoise voulant que le cerf vive très vieux et soit donc le seul animal capable de trouver le champignon sacré de l’immortalité.

« Autant de sons nés du même instrument, autant de champignons nés d'une même humidité. » Ainsi Zhuangzi explique-t-il que les êtres sont l'émanation fugitive d'une seule et même essence.

En Pologne, consommer des champignons à Noël facilitait les contacts avec les morts.

En héraldique le champignon est également le symbole de la fertilité ainsi que de la puissance sexuelle.

 

LES CHAMPIGNONS GÉANTS :

La rapidité de croissance des champignons fascine. Ils sont présents dans l'imagerie populaire sous forme de champignons géants, thème qui intéressent encore les journalistes : en juillet 2006 sur l'île taïwanaise de Taitung on aurait découvert deux champignons plats de 60 cm de diamètre et pesant chacun environ 20 kg. En Juillet 2007 un champignon géant de plus de 70 cm de haut et pesant plus de 20 kg aurait été découvert au Mexique, dans la forêt de Tapachula (Chiapas), à la frontière du Guatemala.

Dans son roman Voyage au centre de la Terre, Jules Verne évoque une forêt de champignons géants. Dans la bande dessinée L'Étoile mystérieuse, le héros Tintin est confronté à des champignons géants à la croissance instantanée. On retrouve le même thème dans le jeu de société pour enfants Spirou et les champignons géants.

 

LE MATÉRIEL NÉCESSAIRE A LA CUEILLETTE :

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  ♦  Choisissez des vêtements chauds et solides, résistants aux branches et aux ronces il n'est pas nécessaire qu'ils soient imperméables mais il est préférable qu'ils ne laissent pénétrer ni la rosée ni l'eau tombant des branches.

  ♦  Une bonne paire de chaussures de marche ou de bottes sont fortement conseillées, les choisir solides mais toutefois assez souples et imperméables pour ne pas se mouiller avec les herbes pleines de rosée.

  ♦  Vous mettrez votre récolte dans un panier en osier ou en bois peu profond et si possible muni d'un couvercle, les sacs en plastiques étant à proscrires.Vous pourrez cloisonner votre panier si vous avez des espèces délicates craignant d'être écrasées par de plus gros spécimens.

  ♦  Munissez vous d'un couteau si possible le modèle ci contre spécial champignon il est en effet étudié pour une coupe parfaite du pied et de plus est doté d'un pinceau vous permettant de nettoyer sur place votre récolte.

 

LA MORILLE

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Morille conique

Les morilles sont des champignons du genre Morchella, ascomycètes appartenant au groupe des Pezizomycetes (anciennement appelés discomycètes). Elles font partie de l'ordre des Pezizales et de la famille des Morchellaceae.

Ce sont des champignons printaniers (dès la fonte des neiges), saison assez pauvre pour les mycophages et les amateurs de champignons (mycophiles). Toutes sont d'excellents comestibles, à condition toutefois d'être suffisamment cuites (toxiques à l'état cru).

Il existe plusieurs genres proches, certains comestibles comme les mitrophores, parfois appelés "morillons", d'autres sans intérêt comme les verpes, voire vénéneux comme les gyromitres.

DESCRIPTION :

Les morilles sont des champignons assez petits : même s'il y a des exceptions, leur taille ne dépasse généralement pas 10 cm (maximum 20 cm). Leur pied, de couleur blanche, est creux. Leur chapeau est alvéolé, de consistance un peu caoutchouteuse.

Deux groupes peuvent être distingués par leur couleur et leur forme : les morilles blondes, au chapeau assez semblable à une éponge ronde, et les morilles brunes, aux alvéoles moins profonds et au chapeau conique.

Elles aiment les terrains frais, les terrains calcaires, les vergers, les décombres, ou encore les lieux récemment brûlés. Poussant rarement seules, on les trouve souvent sous les frênes en bordure de bois.

PRINCIPALES ESPÈCES :

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Morille "noire" Morchella conica

  • ♦ Morchella rotunda : morille ronde. Le chapeau et le pied ont à peu près la même longueur. Elle fait partie des morilles blondes, avec un chapeau dont les couleurs varient du jaune pâle au brun clair. Les alvéoles sont profonds et disposés de façon irrégulière.
  •  
  • ♦ Morchella esculenta : morille commune. À peu près identique à la précédente (certains font de M. rotunda une variante de M. esculenta), son chapeau est un peu plus brun et les côtes séparant les alvéoles plus épaisses.
  •  
  • ♦ Morchella costata : morille costée. Le chapeau, brun pâle à grisâtre, porte des côtes verticales brun sombre, épaisses, qui donnent l'impression de loin que le champignon est noir. Les alvéoles, moins profonds que dans les espèces précédentes, sont également délimités par des côtes horizontales moins épaisses. Il est difficile de différencier cette espèce d'autres qui lui sont à peu près semblables, M. elata et M. deliciosa (morille délicieuse).
  •  
  • ♦ Morchella conica : morille conique. Espèce voisine de la précédente, mais qui affectionne la montagne (bois de conifères) et a un chapeau plus conique.

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On doit aussi rattacher aux morilles le morillon, Mitrophora semilibera, au pied beaucoup plus long et au chapeau très court, conique, brun, à côtes longitudinales et transversales, bon comestible lui aussi. Assez semblable au morillon, la verpe (Verpa conica) s'en distingue par son chapeau couleur miel et son absence d'alvéole, mais c'est un très médiocre comestible.

GASTRONOMIE :

La morille ne doit en aucun cas être consommée crue ou insuffisamment cuite. Elle contient en effet de l'hémolysine, une toxine entraînant un syndrome hémolytique et urémique (destruction de globules rouges). Une consommation répétée de champignons frais peut aussi provoquer quelques troubles gastriques. En cas de récolte abondante, il est préférable de faire sécher une partie de cette récolte, d'autant que la dessiccation élimine la toxine contenue dans les champignons frais.

La morille est un excellent champignon qui, lorsque la récolte est peu copieuse, sera parfait pour confectionner une omelette aux morilles. Elle est exquise à la crème, avec un peu de porto ou de banyuls. Les morilles sèches (trempées deux bonnes heures dans l'eau tiède) peuvent être utilisées toute l'année, soit pour relever une blanquette de veau, soit pour accompagner un poulet ou un coq au vin jaune, soit pour farcir les chapons de Noël.

 

GALERIE PHOTOS :

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CONFUSIONS POSSIBLES :

Les gyromitres sont parfois confondues avec les morilles et vendues sur les marchés sous l'appellation de "morille ronde". Ceci constitue un délit en France, cette dénomination ayant été interdite par décret en 1991.

Mais le chapeau de la gyromitre évoque plus une forme de cervelle. On n'y trouve aucune alvéole dite "clôturé". Il est également plus foncé que celui de la morille.

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Attention !! malgré les dires de certains amateurs qui ont pu consommer des gyromitres sans problème particulier, ces champignons peuvent se révéler hautement toxiques, voire mortels. Il est donc plus prudent de ne pas les ramasser en cas de doute et se limiter uniquement à la cueillette de morilles connues et reconnues.

 

LE CÈPE DE BORDEAUX (Bolet)

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Cèpe de Bordeaux

Le cèpe de Bordeaux (Boletus edulis) appartient à la famille des bolets, qui sont des champignons dont l’hyménium à tubes se sépare facilement de la chair du chapeau, avec un pied central assez épais et une chair compacte. Ils ont un chapeau rond devenant convexe à mesure qu’ils vieillissent.

Beaucoup d'espagnols viennent ramasser les cèpes à "la Plaine" (Pays de Sault) sous les sapins en septembre !!!

SYNONYMES :

  • ♦ Boletus edulis Bulliard (1781), Fries (1821)
  • ♦ Boletus esculentus Persoon (1825).
  • Tubiporus edulis Karsten

NOMS VULGAIRES :

  • Cèpe
  • Cèpe comestible
  • Cèpe de Bordeaux
  • Gros pied
  • Potiron
  • Polonais, champignon polonais
  • Description morphologique

Le chapeau du cèpe a une couleur qui varie du brun noisette au brun ocracé. Lorsque le cèpe est jeune, le chapeau est lisse, sec et sa forme ronde rappelle celle d'un bouchon de champagne. En vieillissant, il s'étale tout en restant épais, charnu et convexe (8 à 20 cm de diamètre). Sa consistance devient alors grasse voire savonneuse par temps humide. Le chapeau est souvent recouvert d'une pruine blanchâtre qui disparaît avec l'âge en laissant un bord ourlé de blanc.

Les pores et les tubes des jeunes cèpes sont blancs, puis deviennent jaunes et ensuite vert olive avec l'âge. Ces tubes ont une insertion adnée sur le pied. Ils libèrent des spores brun-olivâtre.

Le pied du cèpe (appelé stipe) est trapu à son jeune âge et devient ensuite cylindrique. Il peut devenir assez long et fin si la végétation ne fait pas obstacle à sa pousse. Il reste cependant toujours renflé à la base (6 à 20 x 2 à 5 cm). D'une couleur beige pâle, il est orné d'un fin réseau de mailles blanches.

La chair du cèpe est de couleur blanche et brun vineux sous la cuticule. Elle est épaisse et ferme et est souvent attaquée par des larves.

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GIGANTISME :

Certains exemplaires peuvent être atteints de gigantisme suite a des conditions d'hygrométrie et d'ensoleillement particulières: la littérature de l'année 2010 montre dans les Ardennes belges un exemplaire avec un pied de 45 cm de circonférence et 1.100 grammes et un autre qui atteint un poid de 1.850 grammes. Il ne semble pas qu'une autre espèce de Boletus atteigne de telle taille en Europe. Cette caractéristique ne se trouve que chez Boletus edulis, au contraire de tous les autres basidiomycètes. Seules les morilles sur des sols enrichis en calcaire anormalement ou incidemment chez les ascomycètes peuvent, elles-aussi présenter ce phénomène. Il ne correspond en tous cas pas à une publication aux Etats-Unis: Boletus edulis var. grandedulis.

 

BIOLOGIE - ÉCOLOGIE :

Le cèpe de Bordeaux est un champignon mycorhizien, c'est-à-dire qu'il vit en symbiose avec un arbre hôte (chêne, châtaignier, hêtre, épicéa). Il pousse le plus souvent sur sols acides, dans les endroits dégagés ou aérés, les clairières, les talus bordés d'arbres et les bords des chemins. Cependant, il affectionne également les sous bois denses et peu exposés à la lumière, comme ceux formés par les jeunes plantations d'épicéas.

Au printemps, le mycélium commence à pousser dans le sol à partir des mycorhizes.

En été, les filaments se développent de façon plus ou moins importante selon le niveau des précipitations.

À la fin de l'été et jusqu'à la fin de l'automne, les chocs thermo-hydriques (chute rapide de la température sous 15 °C et grosse pluie) permettent de concentrer les filaments en paquets qui donnent naissance dix jours plus tard aux carpophores, qui est la partie cueillie pour être consommée. Pour que les champignons se développent bien, la température ne doit pas être trop chaude lors de la semaine suivant le choc thermo-hydrique.

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C'est pour cette raison que l'on trouve souvent les cèpes sous leurs arbres hôtes dix jours après une pluie importante.

Le carpophore pousse jusqu'à épuisement du mycélium. Suivant les conditions climatiques, ils peuvent apparaître en fin d'été et développer de nouveaux carpophores fin d'automne (Nord de la France)

CONTRAIREMENT AUX CROYANCES POPULAIRES :

  • un cèpe ne pousse donc pas du jour au lendemain. Du petit bouchon visible jusqu'à maturité (tubes verts, bords se relevant), on compte généralement 5 à 6 jours.
  • les phases lunaires n'influencent pas l'apparition des cèpes.

La poussée du cèpe de Bordeaux est fréquemment précédée, de quelques jours, de celle de l'Amanite tue-mouches qui fréquente les mêmes biotopes. Ceci semble plus vrai en montagne et dans le nord. Sous les chênes il est souvent associé au Clitopile petite prune, Clitopilus prunulus, qui pousse à peu près aux mêmes endroits et au même moment. Ce champignon est appelé "mère" (des cèpes) par les anciens.

INTÉRÊTS CULINAIRES :

C'est un excellent champignon comestible à la douce saveur de noisette que l'on peut consommer aussi bien cru, comme un carpaccio, que cuit, surgelé, en conserve et même séché. Les deux dernières façons de procéder ne lui ôtent en aucune manière son bon parfum, mais mieux vaut le mettre en conserve que le congeler, son goût sera mieux sauvegardé et la consistance sera bien meilleure, quoique de nouvelles publications signalent que le surgeler en "copeau" à un effet exhausteur de goût. Les "tubes", séparés en petits dés et surgelés peuvent servir de bouillons cubes parfumés aux cèpes, déliquescents, ils se dissolvent lors de la cuisson.

 

CULTURE ET RÉCOLTE :

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Une cueillette de cèpes: Au premier plan des « bouchons de champagnes »

Les cèpes sont des champignons sauvages impossibles à cultiver de façon industrielle. L'amateur peut simplement se contenter de composer

un environnement favorable à leur développement. Ainsi pour récolter des cèpes, vous aurez besoin d'un bois composé de chênes et châtaigniers d'au moins 15 ans.

Si le terrain ne donne pas naturellement des cèpes, vous pouvez tenter de l'ensemencer en disséminant de vieux cèpes sur le sol ou en mettant des épluchures dans une taupinière en s'abstenant de faire la chasse aux taupes car elles propagent le mycélium.

Lors de la récolte, on conseille souvent de couper le cèpe plutôt que de l'arracher afin d'en retrouver au même endroit la saison suivante. Toutefois, la meilleure solution semble être de saisir le cèpe par son pied, et de le faire tourner d'un quart de tour et de tirer, ce qui évite une éventuelle infection du mycélium.

Mettre le champignon nettoyé dans un panier (et non dans un sac plastique). En effet, lors de la suite de votre promenade en forêt, vous contribuerez ainsi à disséminer les spores de champignon qui passent sans problème à travers les mailles d'un panier en osier mais n'ont aucune chance dans un sac en plastique.Vous éviterez aussi d'abîmer votre précieuse récolte.

 

GALERIE PHOTOS :

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LE LACTAIRE DÉLICIEUX

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Lactaire délicieux

Le lactaire délicieux (Lactarius deliciosus), appelé roussillous dans le sud de la France, est un champignon basidiomycète de la famille des russulacées.

C'est le chef de file du groupe des lactaires "sanguins" qui comprend plusieurs espèces proches aux qualités gustatives très diverses.

DESCRIPTION :

  • Chapeau 6 à 9 cm, convexe puis étalé et légèrement déprimé, rouge orangé, couvert d'une pruine blanchâtre par temps sec et portant souvent des taches verdâtres, surtout vers la marge, mince et enroulée.

  • Lames serrées, inégales, fourchues, orangées, souvent maculées de vert; sporée jaune pâle.

  • Pied 2 à 7 cm, farci puis creux, de la couleur des lames et couvert de scrobicules plus foncés.

  • Chair cassante, blanchâtre puis jaune carotte et verdissant lentement à la coupe, à l'odeur douce et la saveur fruitée ; latex assez abondant, orange vif ternissant.

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ÉCOLOGIE :

C'est un champignon jadis surtout méridional mais aujourd'hui commun sous toutes latitudes tempérées, de la fin de l'été au début de l'hiver, essentiellement sous les conifères.

COMESTIBILITÉ :

Indéniablement comestible, le lactaire délicieux fait l'objet d'un interminable débat entre mycologues sur ses qualités gustatives réelles - d'aucuns le jugeant pratiquement immangeable - le tout compliqué par sa proximité avec Lactarius deterrimus. André Marchand conclut avec diplomatie "Même si le lactaire délicieux ne mérite pas tout à fait son nom, il vaut mieux que la réputation contraire qu'on lui fait désormais".

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ESPÈCES PROCHES ET CONFUSIONS POSSIBLES :

Les espèces proches sont les autres lactaires à lait orangé et notamment Lactarius deterrimus, Lactarius salmonicolor, Lactarius sanguifluus (le lactaire sanguin proprement dit) ainsi que les moins connus Lactarius semisanguifluus et Lactarius vinosus. Au niveau macroscopique, leur proximité est telle qu'un tableau comparatif parvient à peine à les départager :

 

 

HABITAT

CHAIR ET LATEX

PIED

VERDISSEMENT

ODEUR

QUALITÉS

deliciosus

commun, surtout pins

carotte

scrobiculé

oui

fruitée

honorable

deterrimus

épicéas

carotte

rarement scrobiculé

prononcé

scléroderme

meilleur que sa réputation

salmonicolor

épicéas et sapins

saumon

scrobiculé

non

fruitée

assez bon

sanguifluus

pinèdes méridionales

vineux à pourpre

scrobiculé

prononcé

fruitée

le meilleur

semisanguifluus

pins

rouge orangé à vineux

plus ou moins scrobiculé

oui

punaise

assez bon

vinosus

pinèdes méridionales

vineux à violacé

pruiné peu scrobiculé

assez prononcé

fruitée

apprécié

 

LA CHANTERELLE

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Chanterelle (Cantharellus cibarius)

Chanterelle est un nom générique donné aux champignons du genre Cantharellus. Il est cependant parfois utilisé pour désigner une espèce particulière, par exemple la chanterelle en tube, ou la girolle, décrite ci-dessous. Au Canada, ce nom désigne également Gomphus floccosus .

La chanterelle (Cantharellus cibarius) ou girolle, girole, chevrette, roussotte, jauniré (dans les Vosges), ou même gallinace, est un champignon basidiomycète de la famille des Cantharellaceae, l’un des champignons les plus connus et appréciés.

DESCRIPTION :

Ayant une couleur jaune d'œuf plus ou moins pâle et un chapeau convexe, elle a la forme d'un entonnoir. Sa chair est ferme, épaisse, blanc crème à jaune pâle, d'odeur fruitée et de saveur douce. Ce sont les principales caractéristiques de ce champignon qui pousse de manière sauvage, rarement seul.

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RISQUES DE CONFUSION :

Elle peut être confondue par le profane avec la fausse girolle ou chanterelle orangée (hygrophoropsis aurantiaca) qui pousse principalement sous les résineux, qui est également considérée comme comestible par certains auteurs mais présente une chair plus molle, flasque par temps pluvieux et moins savoureuse que la vraie. Il y a peu de risque de la confondre avec le clitocybe de l’olivier (omphalotus olearius), vénéneux, mais il faut se rappeler que la girolle possède des « plis », ramifiées et non des lamelles, qu’elle pousse à terre, parfois en groupes ou en rond de sorcière mais jamais en touffes, tandis que le clitocybe de l’olivier vient sur les souches où il forme d’importantes touffes.

HABITAT :

On peut trouver la girolle dès le mois de juin (mi-juillet à octobre au Québec), surtout après les pluies orageuses jusqu'en septembre, parfois plus tardivement. Elle affectionne les forêts de feuillus (chêne, hêtre, charme, bouleau) ou de conifères en groupes plus ou moins nombreux, cachée sous les feuilles et les aiguilles, ainsi que les zones couvertes de mousse.

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INTÉRÊT :

Tous les ramasseurs de champignons gardent secrètement la place où chaque année, va éclore cette manne tant désirée. La girolle présente de nombreux avantages : elle pousse en abondance (bien que certains mycologues évoquent sa raréfaction), elle n'est jamais attaquée par les vers, plus fréquemment par les limaces, elle supporte très bien le transport et se sèche sans problème. La girolle se prête à de nombreuses et succulentes recettes. Cuite à feu doux et suffisamment longtemps avec une noix de beurre, elle se marie parfaitement avec les viandes blanches. Elle permet de réaliser également de savoureuses omelettes. Elle est également délicieuse cuite un certain temps avec du beurre, puis consommée telle quelle avec du pain.

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LE TRICHOLOME DE LA SAINT-GEORGES (Mousseron)

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Tricholome de la Saint-Georges

Le terme mousseron est le nom usuel pour ce champignon comestible, le Tricholome de la Saint-Georges.

Les ramasseurs Belcairois divulguent difficilement les lieux !!! Allez une petite exception, pas besoin d'aller bien loin, pour les mousserons on trouve des trainées noires dans les champs entourant Belcaire.

Le tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa), souvent aussi appelé mousseron, est un champignon basidiomycète de la famille des lyophyllacées.

Agaricus georgii pour Charles de l'Écluse (1601) et Linné (1753), Agaricus mouceron pour Bulliard (1791), Agaricus graveolens pour Persoon (1818), Tricholoma gambosum pour Fries (1821), longtemps Tricholoma georgii pour Quélet (1872), Lyophyllum georgii pour Singer (1943), cette espèce a donc vu tout le gratin de la mycologie se pencher sur son berceau avant d'être reclassée dans l'ancien sous-genre Calocybe (Kühner, 1938) des Lyophyllum, élevé aujourd'hui au rang de genre, où elle fut recombinée par Donk en 1962

Son épithète scientifique actuelle est tirée du bas latin gambosus, "jambu", mais le champignon reste, en français comme dans la plupart des langues européennes, rattaché à Saint Georges, non qu'il permette de terrasser des dragons (bien qu'il pousse souvent en ronds de sorcières !) mais en référence à son apparition printanière : la Saint-Georges se fête le 23 avril.

 

DESCRIPTION :

  • Chapeau de 5 à 10 cm, parfois plus, globuleux puis longtemps convexe et enfin étalé et bosselé, de couleur uniforme blanc-beige à abricot, mat et un peu velouté ; marge enroulée.

  • Lames serrées, inégales, blanc à crème ; sporée blanche.

  • Pied de 3 à 6 cm, trapu, blanchâtre, légèrement strié.

  • Chair épaisse et compacte, blanche ; odeur et saveur fortes, voire écœurantes, de farine fraîche.

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ÉCOLOGIE :

Ce « mousseron » pousse au printemps, de la fin avril à juin selon les régions, jamais à l'automne et souvent effectivement aux alentours de la Saint-Georges, dans les vergers (pommiers), dans les prairies, les pelouses, les haies, surtout dans le voisinage des ormes et des aubépiniers. Extrêmement fidèle à ses stations, il forme souvent des cercles qui s'agrandissent régulièrement de quelques centimètres par an avant de finir par se disloquer en fonction des obstacles rencontrés.

COMESTIBILITÉ :

Comestible savoureux et très recherché pour les uns, d'autant que c'est un des premiers champignons que l'on peut cueillir à la sortie de l'hiver, il est beaucoup moins apprécié par d'autres du fait de son goût de farine très prononcé. On pourra les réconcilier en se contentant de quelques exemplaires très jeunes dans la sauce d'un rôti où ils remplaceront les petits champignons de Paris.

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TOXICITÉ ET RISQUES DE CONFUSION :

Ce mousseron s'étant avéré hypoglycémiant (abaisse la teneur du sang en sucre) au point de pouvoir remplacer l'insuline des diabétiques, une consommation importante pourrait théoriquement provoquer chez des personnes non diabétiques, des malaises, nausées et vertiges, bien qu'aucun incident n'ait été signalé à ce jour.

Il existe un risque de confusion avec l’entolome livide (syndrome gastro-intestinal) qui a une odeur semblable, mais vient plus tard et dont les lames, d'abord jaunâtres, deviennent brun rosé à maturité.

Plus grand encore est le risque de prendre pour un mousseron le dangereux inocybe de Patouillard (syndrome muscarinien ou sudorien) qui vient à la même période. L'inocybe toxique montre un chapeau plus conique, puis longtemps mamelonné, rougissant après la cueillette. Ses lames sont deux fois plus larges et brunissent à maturité. Son odeur n'est pas farineuse et sa sporée est brun tabac, alors que celle du mousseron est blanche.


RECOMMANDATIONS IMPORTANTES DE CUEILLETTE ET DE CONSOMMATION QUE VOUS DEVEZ SAVOIR

il est important de rappeler les recommandations suivantes :


→ ne pas ramasser un champignon si vous avez le moindre doute sur son état ou son identification, certains champignons vénéneux hautement toxiques ressemblent beaucoup aux espèces comestibles ;
→ cueillir uniquement les spécimens en bon état et prélever la totalité du champignon (pied et chapeau), afin de permettre l’identification ;
→ éviter les sites pollués (bords de routes, aires industrielles, décharges) car les champignons concentrent les polluants. Au moindre doute, jeter le champignon ;
→ déposer les champignons séparément, dans une caisse ou un carton mais jamais dans un sac plastique qui accélère le pourrissement ;
→ séparer les champignons récoltés, par espèce. Un champignon vénéneux peut contaminer les autres ;
→ bien se laver les mains après la récolte ;
→ ne pas consommer sa récolte avant de l’avoir fait contrôler par un spécialiste en la matière. Les pharmaciens ou les associations et sociétés de mycologie de votre région peuvent être consultés ;
→ les conserver dans de bonnes conditions au réfrigérateur et les consommer dans les 2 jours au maximum après la cueillette ;
→ les consommer en quantité raisonnable après une cuisson suffisante, ne jamais les consommer crus ;


En cas d’apparition d’un ou plusieurs des symptômes associés à une consommation de champignons de cueillette (tremblements, vertiges, troubles de la vue, nausées, vomissements…), il faut appeler immédiatement un centre antipoison ou le Centre 15
Les symptômes peuvent apparaître jusqu’à 12 heures après la consommation.
Il est utile de noter les heures du ou des derniers repas, l’heure de survenue des premiers signes et de conserver les restes de la cueillette pour identification.

humour champignons 2011

Si vous connaissez des recettes aux champignons, envoyez-les moi, je me ferais un plaisir de les incorporer ici à la fin de ce reportage.

Merci  pour cette collaboration à mon ami "Gens de Belcaire" pour ce reportage qui vous aura certainement donné envie de joindre l'utile à l'agréable, c'est à dire, faire une bonne balade au grand air !

On me dit, qu'au Pays de Sault vous manquez de créativité, et d'imagination ... Vous allez me prouver le contraire, osez ! Je suis sûr que vous en avez envie, comme "Gens de belcaire", vous désirez participer et me proposer des articles avec ou sans photo. Ce site c'est aussi le vôtre, utilisez cette opportunité. C'est l'occasion, peut être pour des enfants d'effectuer un travail de groupe dans une classe d'école primaire. Par exemple, vous voulez "parler" et faire découvrir votre village, comment faire ? C'est simple, ce n'est pas compliqué, il suffit de taper votre article au format word ou avec tout autre logiciel de traitement de texte, d'y incorporer vos dessins, photos ou de me les envoyer à part, je me charge du montage sur le site ... Et, s'il vous vient tout simplement une idée de sujet que vous voudriez voir diffuser sur ce site, pourquoi pas, sautez le pas, écrivez moi.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Gens de Belcaire / Jean-Pierre LAGACHE - dans DÉCOUVERTE
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