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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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15 mai 2016

Le 19 mai 2016, cela sera l'anniversaire de ce site web que j'ai créé en 2008, 8 ans déjà ! Que le temps passe vite !! Et je n'ai toujours pas réalisé mon rêve, faire le sentier cathare, j'espère que ce rêve sera exhaussé bientôt.Cela serait pas mal de faire un reportage sur ce sentier cathare, je lance un appel à ceux qui l'ont fait, de m'envoyer des photos de ce parcours mémorable de Port-la-Nouvelle à Foix avec leurs impressions.

On se fait des amis dans le monde du web. Pour ma part, je reçois de nombreux courriers électroniques, auxquels je ne peux pas répondre parfois, des invitations, ainsi que des commentaires associés à des questions pertinentes. J'essaye d'y répondre de mon mieux.

Je vous remercie humblement pour votre fidélité et vos commentaires encourageants. J'espère que le retour à l'essentiel et la découverte ou la redécouverte de cette belle région vous embarqueront pour un voyage concret. Car, rien de tel que le regard à 360 degrés pour apprécier à sa juste valeur ces beaux paysages. 

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On reste au pays du Lauragais, aujourd'hui je vous emmène découvrir encore un village médiéval haut perché méconnu situé au Nord de Castelnaudary. Ce village possède un patrimoine intéressant avec son château massif digne des forteresses (propriété privée). Il y a vraiment de belles choses à découvrir dans ce département de l'Aude, cela paraît inépuisable ! N'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin du reportage que je vous laisse découvrir. J'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire, que j'ai eu à le réaliser, bonne découverte …

 

Labécède-Lauragais se situe à 12 km de Castelnaudary, 59 km de Toulouse, 44 km de Carcassonne, 60 km de Pamiers, 111 km de Narbonne et 141 km de Béziers.

Labécède-Lauragais au pied de la montagne Noire, avec de nombreux circuits de randonnée dans la région.

 

Blason du village de Labécède-Lauragais.

Blason de Labécède-Lauragais tel que l'on trouve dans l'Armorial Général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

 

Au village de Labécède-Lauragais, il y a 430 habitants (2013) que l'on appelle des Labécèdois. Au plus fort de son évolution Labécède était un gros village qui comptait en 1851, 1200 habitants, soit trois plus qu'aujourd'hui.

Une vue aérienne du village de Labécède-Lauragais.

On trouve Labécède, au moyen-âge écrit de différentes façons, comme : Labécèdo ou la Bessede ou encore la Becede. Dans les textes anciens Labécède s'écrivait La Bessède, il y a eu agglutination de l'article défini au nom. Pour expliquer le toponyme, le nom du lieu vient de l'ancien français besse qui signifie bois de bouleaux. Celui-ci est un dérivé du gaulois betulbeto ou du latin vulgaire bettius (bouleaux). Les premières habitations ont donc été construites à l'emplacement d'une ancienne boulaie défrichée. Pour les Gaulois le bouleau possédait un statut particulier, il symbolisait la science et l'intelligence. Le suffixe –ède est à sens collectif ; une bessède est donc une boulaie.

Extrait de carte IGN, Labécède-Lauragais.

 

Le joli village de Labécède est situé en Lauragais sur les premiers échelons Sud-Ouest de la Montagne-Noire. Cet ancien fief fortifié ainsi que l'attestent de nombreux vestiges, a été établi sur un éperon rocheux qui domine la vallée encaissée de la rivière Argentouïre. Il couronne une verdoyante colline dominant de trois côtés le profond ravin de l'Argentouïre dont les pentes à pic sont tapissées de verdure et de grands arbres. La colline est elle-même entourée de montagnes boisées de chênes et de pins.

Labécède était, au Xème siècle, un bourg fortifié dépendant du diocèse de Toulouse.

Une vue générale de Labécède-Lauragais.

Il était entouré de fossés. Rien n’a changé depuis le XIVème siècle avec des restes de remparts, une porte fortifiée, des ruelles très étroites et en forte pente, une église romane. On n'y pénétrait que par deux portes l'une au Nord, la porte d'amont ou de Castelas existant encore, solidement construite, à plein cintre, surmontée d'une salle de guet ; l'autre à l'Ouest la porte d'abail, avenue de Castelnaudary, malheureusement elle n'existe plus. On y voit la base de la tour flanquant l'angle. Une grande partie des remparts d'enceinte est toujours debout. Un lavoir communal toujours utilisé, construit sur l'emplacement de la porte fortifiée d'Aval et l'ancienne fontaine du Théron en activité jusqu'en 1864.

Labécède-Lauragais, à droite la maison Sabatéry datant de 1583.

Labécède-Lauragais, voici la plus ancienne maison comportant une porte voûtée en cintre qui porte le blason des "Sabatéry" daté de 1583 (ex maison Bousquet).

 Zoom sur  le blason des "Sabatéry" daté de 1583, c'est la plus ancienne maison comportant une porte voûtée en cintre.

Le village de Labécède Lauragais  fut l'un des refuges pour les derniers Parfaits pourchassés par l’Inquisition. Au XIIIème siècle, les cathares sont nombreux avec des noms célèbres comme Bertrand de la Mothe, l’évêque Guilhabert de Castres et surtout le seigneur des lieux Pagan, lui même Parfait. En 1227 les troupes du Roi s’emparent du castrum et allument le célèbre bûcher collectif, Pagan put s’enfuir. Ce fut en 1232 qu’il périt sur un deuxième bûcher avec une vingtaine de Bonshommes. Durant les siècles suivants, parmi les seigneurs du lieu, régnait la famille des Rigaud de Vaudreuil qui donna deux gouverneurs au Canada français au XVIIIème siècle.

L'entrée Nord du village de Labécède-Lauragais,

La maison de Rigaud de Vaudreuil, connue depuis l'an 1000, mais la filiation concernant Labécède ne commence que plus tard avec Pierre de Rigaud, seigneur de Labécède (La Bécède). Un ancien proverbe usité dans la province du Languedoc prouve que le nom de Rigaud y était connu de temps immémorial ; en voici les termes :

"Les Hunauds, les Lévis et les Rigauds ont chassé les Wisigoths ; Les Lévis, les Rigauds et les Voisins ont chassé les Sarrazins."

 

La maison de Rigaud de Vaudreuil a brillé avec éclat dans nos fastes maritimes sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. C'est une des plus anciennes familles du Languedoc, qui possédait depuis plus de 600 ans la terre et la baronnie de Vaudreuil dans le diocèse de Lavaur.

 

Donc, les de Rigaud ont d'abord été les seigneurs de Labécède. Un Guilhaume de Rigaud de Labécède est compté comme vassal du vicomte Roger II Trencavel dans des actes de 1150-1170. On trouve un Pierre de Rigaud, seigneur de Labécède en 1250, il testa en 1260.

Voir la généalogie des seigneurs de Labécède plus loin.

Dans les archives on découvre :

- Le 16 février 1387, une vente de la moitié de la seigneurie de Tréville, par Etienne Martin, aux frères Elisée et Jean Rigaud, coseigneurs de Vaudreuil, Issel et Labécède-Lauragais, pour le prix de 360 livres. 

- En 1405, Marguerite de Bellafar, baronne d'Auriac, de Taïx, de Blaye, de Sainte-Gemme, épouse A. Rigaud, seigneur de Labécède, et c'est ce qui explique la venue de ce dernier à Blaye.

- En 1595, lors d'un arbitrage de bail, on trouve, noble Jean-Jacques Rigaud, sieur de Villemagne et coseigneur de Labécède.

- Le 15 décembre 1627, Vidimus d'un testament de Pons d'Ambres qui fonde une chapellenie dans l'église Sainte-Marie du cimetière de Labécède.

- Le 25 mai 1643, une réquisition adressée par Jean de Senaux ou Seneaux, président aux enquêtes au Parlement de Toulouse et seigneur de Labécède, aux consuls de Labécède, au sujet d'une proposition officieuse de rachat de la seigneurie par la communauté. 

- En 1656, le bourg de Labécède fut pillé par les soldats du roi.

- En 1681, une requête est présentée au roi par Jean Joseph de Senaux contre les consuls et les habitants de Labécède-Lauragais concernant des terres et droits seigneuriaux.

- En 1729, une donation a été faite par Jean Guiraud, originaire de Labécède-Lauragais, à Jean Guiraud, son cousin, de Labécède-Lauragais, concernant l’ensemble de ses biens.

- En 1855 une épidémie de variole a sévi sur le village de Labécède-Lauragais, et d'après le résumé fourni par l'administration, elle aurait frappé l'âge adulte dans une proportion tout à fait inusitée : 180 hommes, 75 femmes et 45 enfants. C'est un total de 300 malades pour une population de 500 habitants ; et sur ce nombre, il y a eu 21 décès, dont 6 enfants, 10 hommes et 5 femmes.

  

Labécède-Lauragais, deux photos prisent de la porte fortifiée d'Amont, surmontée d'une salle de garde. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

- Selon une légende relative au château de Vaudreuil, situé entre les communes de La Pomarède et de Labécède, en Lauragais, le chien d'un paysan ayant étranglé un lièvre, celui-ci ne trouva rien de mieux que d'envoyer le gibier au châtelain de Vaudreuil par son fils, un jeune enfant de douze ans. Le féroce seigneur, sous prétexte que le paysan avait usurpé sur son droit de chasse, ordonna de faire accrocher le petit, tout vivant, par la mâchoire inférieure à un crochet de fer placé dans l'ouverture d'un puits.

Labécède-Lauragais, croix discoïdale située à l'angle Sud-Est du cimetière.

- Selon une autre légende du XIXème siècle les habitants observaient le ciel le 5 février pour la Sainte-Agathe, la direction des nuages leur indiquant le chemin qu'emprunteraient, tout au long de l'année, les orages. Dans le Lauragais la nuit de Sainte-Agathe était surtout consacrée à la protection magique. Sainte-Agathe était considérée comme une sorcière pourvoyeuse de grêle et d'orages, on pensait les curés investis de fonctions magiques et le pouvoir d'écarter les orages. Le jour de la Sainte-Agathe, pour écarter du territoire ces orages, le carillonneur et ses aides sonnaient les cloches de la tombée de la nuit à l'aube sans discontinuer. On racontait l'histoire de deux curés, celui de Cammazes et celui de Labécède Lauragais, dont la dispute aboutit à un affrontement à coups d'orages que chacun tentait d'envoyer chez l'autre.

Une vue aérienne du centre du village de Labécède-Lauragais.

 

LE CHÂTEAU DE LABÉCÈDE-LAURAGAIS

 

Le premier château ancien castrum du moyen âge, que l'on appelle le "Castelas" (ou château de Villemagne) était contigu à la porte fortifiée d'Amont et aux remparts qui, à l'époque, possédaient trois tours côté amont. Voir ce passage en voûte existant dans le mur d'enceinte.

Le second château appelé "La Citadelle" existant avant le XVème siècle au centre du village, il occupait un site important, allant du château actuel jusqu'à la maison maintenant rénovée où subsiste une tour d'angle dominant le village au Sud-Est. Ce qui subsiste aujourd'hui de la "citadelle", est une très vieille maison comportant une porte voutée en cintre qui porte le blason des "Sabatery" daté de 1583 (ex maison Bousquet).

La façade Nord-Est du château de Labécède-Lauragais.

Le château ou le Castelas de Labécède s'élevait au Nord, près de l'église. Il n'en reste que trois murs, bâtit en moellons taillés. L'ancienne porte d'entrée à plein cintre, murée, est visible au mur de l'Ouest. Une belle porte Renaissance en pierres bosselées et chapiteaux ioniques, s'ouvre sur la place de l'Église.

En 1142, Labécède fut le motif d'un différend entre le Comte de Toulouse et le Vicomte de Carcassonne.

En 1227, Humbert de Beaujeu, commandant les troupes du Roi en Languedoc, assisté de l'Archevêque de Narbonne et de l'Evêque de Toulouse, fit le siège de Labécède où Pons de Villeneuve et Olivier de Termes commandaient pour le Comte de Toulouse. Plusieurs défenseurs purent s'enfuir. L'évêque sauva, autant qu'il put, la vie aux femmes et aux enfants, mais on ne fit aucune grâce à Gérard de la Mothe, diacre hérétique, et à ses partisans qui furent tous pris et brûlés vifs.

En 1229, Raymond, comte de Toulouse, promit au Roi de détruire les fortifications de Labécède.

Les religionnaires s'emparèrent de Labécède en 1584, mais ils l'abandonnèrent quelque temps après.

La façade Sud du château de Labécède-Lauragais.

On peut dire que le château seigneurial date de la première moitié du XVIIème siècle, il est inscrit aux monuments historiques par arrêté du 13 avril 1948. Il est situé dans le village en face l'avenue de Castelnaudary.

Ce château contemporain a été remanié en style renaissance, sur l'emplacement de ce qui subsistait de l'ancien château du XIVème, XVème et XVIIème siècle, vers 1900, par la famille De Barbot. (Devise sur le fronton du château : "faïre pla e daissa dire").

Le château de Labécède Lauragais est imposant par ses dimensions, il fut amputé de la partie orientale où subsiste une tour circulaire, on l'appelle encore de nos jours "La Citadelle", avec des tours d’angle, des murs impressionnants, c'est une puissante forteresse. A la révolution, il fut endommagé, les blasons sculptés sur les murs, datant du XIVème siècle, furent burinés, il en subsiste des traces.

La tour crénelée côté Ouest du château de Labécède-Lauragais.

 

Première moitié du XVIIème siècle, la seigneurie de Labécède appartenait pour un quart au roi et pour le reste à des seigneurs particuliers. Le portail est la seule partie à peu près intacte de l'ancien château. En plein cintre, l'arc, encadré de pilastres, est, tout comme eux, appareillé à bossages, alternant avec des claveaux plats. Les pilastres sont surmontés de chapiteaux ioniques à oves simples. De l'entablement, il ne subsiste qu'une frise plate, un filet et un épais boudin camus.

L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais.

Comme dit plus haut, le château fut remanié à la fin du XIXème siècle par la famille du vicomte de Barbot et de Carayon-La-Tour qui lui apporte un style Renaissance et beaucoup de clarté.

En 1920  la vicomtesse de Barbot, vivait au château de Labécède-Lauragais. Elle élevait des Berger des Pyrénées, née Carayon-La-Tour, elle est décédée au château de Labécède Lauraguais en mars 1934, elle avait soixante dix ans.

Il a été récemment restauré et transformé en une magnifique résidence. Le château est encore entretenu, il est ouvert aux particuliers et aux entreprises, visite gratuite du jardin pour les journées du patrimoine.

 

L'ÉGLISE DE LA NATIVITÉ DE NOTRE DAME

L'église de style gothique est d'origine romane, elle a été érigée en 1880-1881 suite aux vœux des habitants de Labécède prononcé en 1870. Cette église a été bâtie sur les fondations de l'ancienne église romane datant du moyen âge et appelée "Notre Dame de Labécède". A l'intérieur, on y trouve un reliquaire de Saint Roch en argent. L'église agrandie, forme un bel édifice de style ogival. Elle a un beau clocher, dont la base sert de porche.

Les cloches : la première pèse 1066kg, et date du 13 février 1881, elle s'appelle "Marie" et est accordée en "ré". La seconde pèse 531kg, et date du 07 septembre 1902, et a pour parrains le vicomte et la vicomtesse De Barbot elle est accordée en "fa dièse".

 L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. 

L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais.

L'église actuelle, de style gothique, a été érigée en 1880-1881, suite à un voeu des habitants de Labécède prononcé en 1870. Elle est bâtie sur les fondations de l'ancienne église romane datant du moyen âge.

L'église de Labécède, située non loin des centres religieux de Saint-Papoul et du Mas-Saintes-Puelles, importants à l'époque des premiers chrétiens, possède une relique de Saint-Orens, un petit os de son poignet célèbre, disait-on parce qu'il guérissait les gens de la peur. Cette relique aurait été trouvée dans une boîte, le 22 octobre 1637, par l'Évêque de Saint-Papoul, Mgr Bernard Despruel, mise dans un reliquaire, le 19 Novembre 1886, par Mgr Félix Arsène Billard. Saint-Orens venait d'Espagne, enfant il fut domestique dans une ferme de Labécède, par la suite il devint vers 410 évêque d'Auch, il mourut en 440. En 1664, Saint-Orens était particulièrement vénéré. Une chapelle lui était dédiée dans l'église, il avait sa statue avec deux Anges en bosse, en outre un retable et deux colonnes dorées avec un tableau de Saint-Orens au milieu.

  

Deux photos prisent de la porte d'Amont de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

Deux photos de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

FAIT DIVERS :

En 1938, une disparition étrange et mystérieuse c'est produit sur le territoire de Labécède-Lauragais et fit la Une de tous les journaux de l'époque. Le 23 janvier 1938, madame Clerc-Vayssière 32 ans et sa fillette Denise âgée de 9 ans furent aperçues pour la dernière fois près de la ferme des Choclazeur, le fermier interrogé et soupçonné se suicida le 21mars 1938. Trois mois après leur disparition, elles n'étaient toujours pas retrouvées. L'enquête a-t-elle abouti ?

 

A VOIR AUSSI :

Dans le village vous pouvez admirer la porte d'accès amont fortifié surmontée d'une salle de garde et qui a servi de tour prison, elle est située à l'angle de la place de la Brèche. Elle est la propriété de monsieur Cros Robert.

- Une fraction de cinquante mètres environ des anciens remparts près de la porte d'Amont subsiste et est encore visible ; sur le glacis rocheux une croix discoïdale a été installée. Deux autres croix discoïdales existent il y en a une en mairie et l'autre à l'angle Sud-Est du cimetière.

Le lavoir communal de Labécède-Lauragais. Edifié en 1864 grâce à un don de Madame De Carayon-Latour. Construit à l'emplacement de l'ancienne porte d'Aval démolie à cet effet.

- Ne pas rater le musée des Vieux Métiers et Coutumes d'antan, qui est situé près de l'église. Ce musée réalisé en 1990 est géré par l'association "Patrimoine", il occupe des locaux à l'étage de la mairie, 3 salles en tout, on y accède par le préau.

- Au Théron vous pouvez voir aussi, un joli pont en pierre datant de 1840, il fut emporté plusieurs fois par l'Argentouïre, car à l'origine, il était en bois.

- La porte de l'évêque, c'est un passage avec escalier entre deux pans de murs ; la voûte de couverture a disparue suite à écroulement.

- Le moulin à eau, propriété Massot dont il ne subsiste que 2 meules.

- La fontaine du moyen âge, utilisée jusqu'en 1858, qui recevait l'eau de la source de la Garrigue.

La Vierge protège le village de Labécède-Lauragais, elle est située sur la D302 à l'entrée Nord-Ouest du village.

- Sur les rives de l'Argentouïre il y a une triple Cascade, au fond du ravin, à l'ancien moulin de Pantoï appartenant à la famille Belaud. Site des plus agréables entouré de prairies, de fruitiers et d'un fouillis d'arbustes.

Labécède-Lauragais constitue vraiment une station estivale de premier ordre.

Carrière Sorèze située au Nord du village de Labécède-Lauragais.

Ils font de l'extraction de pierres ornementales et de construction, pierre et granulats.

 

DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES A LABÉCÈDE-LAURAGAIS

 

- Un très ancien four de métallurgie du fer à carneaux de récupération, a été mis au jour sur le territoire de la commune de Labécède-Lauragais aux environs de l'année 1937. En effet, au cours de travaux de labourage près de la ferme des Mousques, un bœuf tomba dans un trou qui s'était formé à son passage. Intrigué de voir apparaître sur une paroi du trou une sorte de voûte en terre cuite, il dégagea les abords et il fut surpris de découvrir l'ouvrage qui est décrit comme suit : 

Une plate-forme de 3,30 m sur 2,20 m et de 0,18 m d'épaisseur, couvre quatre carneaux à sole inclinée, terminés par une entrée voûtée, de 0,90 m à 1,10 m de hauteur, avec une largeur de 0,44 m pour chaque carneau et la sole, inclinée à 30 degrés sur l'horizontale, occupant toute la longueur du carneau. Un certain nombre d'orifices sont percés dans la plate-forme supérieure et ainsi disposés : à la partie arrière de chaque carneau, trois trous carrés de 0,12 m de côté ; en avant, répartis par 3 sur 5 rangs, 15 trous tronconiques, de diamètre supérieur 0,08 m et de diamètre inférieur 0,065 m, le sommet du cône étant donc vers le bas. En avant de l'un des carneaux étaient encore visibles une sorte de puisard rectangulaire de 0,53 m X 0,40 m, profond de 1,65 m, et un deuxième puisard carré de 0,40 m X 0,40 m. Le premier portait, sur ses quatre angles, des rainures de forme semi-circulaire (diamètre 0,06 m), paraissant avoir subi l'action d'un certain frottement (parois lisses). Le mode de communication des puisards entre eux et avec le carneau n'a pu être bien déterminé, en raison de la mauvaise conservation de la partie inférieure de l'ouvrage.

Les restes d'autres puisards, situés en face d'autres carneaux, étaient visibles. De même on pouvait noter l'emplacement de deux canalisations cylindriques dans la murette placée en avant de l'ensemble. L'ouvrage occupait un rectangle de 3,80 m sur 3,30 m. La plate-forme supérieure était recouverte d'environ 0,50 m de terre végétale.

L'ouvrage tout entier était en terre argileuse, de même nature que le terrain où il se trouvait. De son aspect il ressortait nettement que l'ensemble avait été façonné par forage dans le terrain même et soumis à une cuisson intense, ce qui en avait permis la conservation malgré l'humidité du sous-sol. Les recherches aux abords du four n'ont pas permis de constater l'existence d'une scorie comportant des petits cailloux roulés enrobés d'une matière ferrugineuse, le tout paraissant nettement avoir subi l'action du feu et présentant des cavités dans son intérieur.

  

Labécède-Lauragais vieilles maisons qui ont du charme et très bien conservées pour l'époque. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

- En 1941, découverte d'une urne de facture espagnole en terre non vernissée ni à l'intérieur ni à l'extérieur. Elle est de couleur gris-fer, légèrement bleuté. L'ouverture est arrondie et elle porte deux anses petites. La décoration est faite de lignes en relief, horizontales et verticales s'entrecoupant. C'est une poterie espagnole du XVIIIème siècle, trouvée avec des tessons d'une deuxième urne semblable dans un silo au château de Labécède de Lauragais.

  

Deux photos de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

GÉNÉALOGIE DES SEIGNEURS DE LABÉCÈDE LAURAGAIS

Le premier seigneur connu de Labécède en 1222, était Pagan Faidit cathare. Guilhabert de Castres, évêque cathare du toulousain séjournait souvent à Labécède dans sa maison, sous la protection du seigneur du lieu, Pagan.

En 1232, Pagan qui était le seigneur de Labécède, accompagné de dix neuf autres cathares, qui se cachaient dans les bois, furent pris par Raymond VII, comte de Toulouse et le nouvel évêque de Toulouse Fauga. Tous furent condamnés à mort et brûlés sur ordre du comte.

Puis il y eut en 1249, quatre consuls de Labécède qui prêtèrent serment au Roi à l'occasion de l'avènement du comte Alphonse, frère de Saint Louis.

A partir  de la croisade des Albigeois en 1249, Labécède appartient au comte Alphonse, frère de Saint Louis et mari de la princesse Jeanne, fille de Raymond VII comte de Toulouse.

Puis le castrum appartiendra pour un quart au roi de France et pour trois quart au seigneur du lieu.

Au début du XIVème siècle la famille de Rigaud de Vaudreuil possède Labécède, généalogie de cette famille ci-après.

En 1539, la famille de Rigaud vend la seigneurie à Bertrand de Sabatery, procureur au parlement de Toulouse.

La commune inféodée au roi de France par lettres d'amortissement n'a plus vraiment de vrai seigneur depuis 1688.

Puis par acte du 16 mai 1719 le château et les terres passent entre les mains de la famille de Senaux ou Seneaux. Vont ce succéder :

- François de Senaux ou Seneaux.

- Bertrand de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse de 1635 à 1651.

- En 1643, Jean de Senaux ou Seneaux .

- Amans de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse en 1653.

- En 1681, Jean-Joseph de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse de 1674 à 1718 et président à mortier en 1759, mort en avril 1789. 

En 1789, le château est vendu comme bien national au seigneur Gailliassou qui était officier municipal à la révolution. La veuve et ses descendants (la famille Bastouil) conserveront la propriété jusqu'en 1839.

En 1839, le château est vendu à monsieur de Carayon-Latour, bienfaiteur du village avec sa femme. Le château sera ensuite légué à leur nièce madame De Barbot. 

Au XVIIIème siècle, le siècle des Lumières, le château de Labécède appartenait donc à la Famille de Barbot (voir la généalogie ci-après).

A la fin du XIX ème siècle le château était la propriété de Marie Joseph Mélanie Marguerite de Carayon-Latour femme d'Adolphe Joseph Anne Lionel dit le Vicomte de Barbot.

Mort du vicomte De Barbot en 1966.

En 1966, vente du château à la famille Naudy.

En 1971, vente du château à la famille Gabolde.

En1987, la famille Ricard achète le château.

En 2000, achat du château par M & Mme Chauvet-Fougoux.

  

Labécède-Lauragais, à gauche, les petites rues du village avec ses vieilles maisons. A droite, la rue de la porte d'Amont. Une fraction de 50 mètres environ des anciens remparts subsiste le long de cette porte. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE RIGAUD 

Blason de la famille de Rigaud de la Roujane.

La maison de RIGAUD dont les seigneurs ont possédé Labécède. Maison qui prouve l'ancienneté de sa noblesse depuis le XIème siècle, et la possession de la terre de Vaudreuil dans le diocèse de Saint Papoul en Languedoc. Les seigneurs de cette terre ont eu plusieurs fois séances aux états de la province dans le XVème siècle. La généalogie ne  commence qu'à :

I- Pierre de Rigaud seigneur de Vaudreuil. Il semble devoir être fils d'un autre Pierre Rigaud, aussi seigneur de Vaudreuil qui fit un codicille à Tivoli près de Rome, le 17 décembre 1320. Pierre Rigaud y et sa femme nommée Bonnete, firent des legs à l'église de Vaudreuil, et eurent pour fils Guillaume  qui suit ;

 

II- Guillaume de Rigaud, seigneur en partie de Vaudreuil et de Labécède (la Becede ou la Bessede dans le texte), acquitta  le 8 aout 1340, aux marguilliers de l'église de Vaudreuil, les legs fait par père et mère, aussi bien que ceux que Germain Rigaud son oncle, avait fait à l'église. Il est qualifié damoiseau, dans un don qu'il fit le 8 mars 1332 et il créa des consuls à Vaudreuil en 1335.

Il fit codicile le 25 juillet 1361. Il épousa en première noce, Gaudiose de Quers Belpech, fille de Jacques de Quers, seigneur de Genat et de Tremoler qui donna en dot à sa fille 1000 livres tournois le 8 février 1331. Il épousa en secondes noces, Aspaïs Delcun, veuve du chevalier Jean de Marsan, laquelle fit une donation le 9 février 1355, à Marsanne, sa fille du premier lit, en la mariant à Arnaud de Rigaud, fils de son mari.

Guillaume de Rigaud eut de sa première femme :

        - Arnaud de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, qui suit ;

          - Girard de Rigaud ;

        - Jean de Rigaud, chevalier de Saint Jean de Jérusalem ;

        - Aimeri de Rigaud, archidiacre de Lavaur ;

        - Guillaume de Rigaud, abbé de Lezar.

 

III- Arnaud de Rigaud, seigneur de Vaudreuil. Il testa le 29 août 1376. Il épousa en première noce, N. de Marsan fille de Jean de Marsan, chevalier, et d'Aspaïs Delcun. Il épousa en secondes noces, Jeanne de Lanta, qui était veuve le 24 mai 1378. Elle fit hommage au roi en 1389 pour son fils Jean de Rigaud, elle vivait toujours le 19 décembre 1395. Elle eut pour enfants :

        - Elzias de Rigaud seigneur de Vaudreuil, qui suit ;

        - Jean de Rigaud qui fit la branche d'Aigrefeuille. Celui-ci passa un acte le 17 février 1386, avec Elzias de Rigaud son frère aîné, en présence de sa mère et, où les deux frères sont qualifiés de coseigneurs de Vaudreuil, d'Ycel et de la Bessede ;

        - Delphine de Rigaud, morte jeune.

 

IV- Elzias de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, fit hommage au roi pour la terres de Vaudreuil le 6 décembre 1389. Il fut un des barons de la sénéchaussée de Toulouse, et assistera aux états du Languedoc en 1424 et 1426. Il testa le 20 septembre 1435. Il épousa en 1405, Marguerite de Bellassar, fille de Guiraud de Bellassar, baron d'Auriac et de Jeanne de Lautrec qui testa étant veuve le 11 octobre 1437(fille de Pierre vicomte de Lautrec).

De ce mariage naîtra :

      - Guillaume de Rigaud, seigneur de Vaudreuil et de Tremolet, qui fit hommage au roi le 11 mai 1463 pour les terres de Vaudreuil, Tréville, Boscaut, Bartenit et la moitié des villes d'Ycel, Villemagne et la Bessede. Il épousa en 1439, Seguine d'Ornezan, fille de Bernard seigneur d'Ornezan ;

       - Pierre de Rigaud ;

         - Philippe de Rigaud, baron de Taix et d'Aguts, qui suit ; 

         - Jeanne de Rigaud, mariée le 8 décembre 1448 avec Antoine de Montlaur, fils d'Hector seigneur de Montlaur. Elle eut un fils, Jean de Rigaud ;

 

- Philippe de Rigaud, seigneur de Taix, de Blaye et de Saint Geniés et Lantarais. Il donna procuration le 29 mars 1461 pour gérer les biens de sa mère et il testa le 29 août 1465. Il épousa Jeanne du Palais, fille de Bertrand, seigneur de Tarabel et de Lombarde d'Escalquens, fille de Guillaume d'Escalquens. Ils eurent une fille connue : Jeanne de Rigaud.

 

- Vital de Rigaud, seigneur de Taix, d'Aguts, de Vaudreuil, baron d'Auriac et d'Auriaguais, d'Aliat, de Trémolet, coseigneur de Fournés, de la Bessede, d'Ycel, de Cabanial et de la baronnie de Gaudiès. Il testa le 9 août 1526. Il épousa Rose de Rochefort, fille d'Aimeri de Rochefort, seigneur de la Pomarède, et d'Aude de Belpech. Ils eurent pour enfants :

         - Jean de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, chevalier de l'Ordre, ainsi qualifié dans des lettres royaux du 21 mai 1597. Il épousa le 15 juillet 1537 Marguerite d'Antin, fille de feu Jean d'Antin et d'Anne de Roquefeuil. Il testa le 12 août 1563 ;

         - Antoine de Rigaud ;

         - Pierre de Rigaud, religieux ;

         - Gaillarde de Rigaud ;

         - Jeanne de Rigaud, qui épousa le 5 octobre 1518 Pierre de Toulouse de Lautrec, coseigneur de la Bruguière au diocèse de Lavaur ;

         - Isabelle et Delphine de Rigaud, toutes deux religieuses dominicaines au prieuré de Prouille au diocèse de saint Papoul ;

         - Isabelle de Rigaud, religieuse Bernardine à Nouengue au diocèse de Vabres.

 

Vital de Rigaud épousa en secondes noces, le 30 juin 1506, Catherine de Lausière, fille de Gui de Lausière, seigneur de la Capelle, et de Jeanne de la Roche. Il eut de ce second mariage :

         - François de Rigaud, seigneur d'Aguts en 1526, qui suit ;

         - Gui-Armand de Rigaud, qui épousa Françoise de Montesquieu, dame de Morseux ;

         - Jacques de Rigaud, seigneur d'Aguts ;

         - Jeanne de Rigaud, qui testa le 9 novembre 1563, elle avait épousé le 21 mars 1518, Gaillard de Varagne, seigneur de Bélesta, de Gardouch et des Casses ;

         - Martine de Rigaud.

- François de Rigaud, Le 17 décembre 1526, son frère aîné Jean dans le partage lui donna Aguts, Nosents, Cuq, Pechaudié, la Bessede et Ycel.

- A partir de l'an 1595, Jean-Jacques de Rigaud est signalé comme seigneur de Villemagne et coseigneur de Labécède.

 

La famille de Rigaud de La Roujane, au diocèse de Saint-Papoul, en Languedoc, forment une branche de l'ancienne maison de Vaudreuil. Il existe un grand nombre d'actes publics relatifs à cette famille, dans lesquels sont consignées des qualifications nobiliaires, comme par exemple : "Ce mardi, Vème jour du mois de juillet 1661, ont été par moi, curé soussigné, épousés en l'église, Jean de Rigaud, écuyer, sieur de La Roujane, fils naturel et légitime de Jean-Jacques de Rigaud et de demoiselle Catherine de Perraire, natif du lieu de Souille au diocèse de Saint-Papoul, sénéchaussée de Lauragais, avec demoiselle Gabrielle Gouaud."

  

Labécède-Lauragais, les vieilles maisons typiques de l'époque du moyen-âge. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE SENAUX ou SENEAUX

Blason de Jean Joseph de Sénaux conseiller au parlement de Toulouse, tel que l'a dessiné Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France en 1696.

 

Il semblerait que François de Senaux fut coseigneur de Labécède.

Marguerite de Senaux, se fit religieuse de l'ordre de saint Dominique à l'âge de 29 ans, au couvent de Sainte Catherine de Sienne à Toulouse, célèbre sous le nom de la mère Marguerite de Jésus, et fondatrice des monastères de saint Thomas et de la Croix à Paris, née à Toulouse en l'an 1590, était fille de François de Senaux, seigneur de Montbrun, secrétaire du roi, dont le frère était conseiller au parlement de Toulouse , fut mariée à M. Raymond de Garibal, conseiller au parlement de Toulouse, juge d'une grande intégrité et capacité, avec lequel elle vécut jusqu'en 1618 : se voyant sans enfants, ils se séparèrent d'un commun consentement. Elle mourut le 7 juin 1657, âgée de 68 ans. Le frère de cette dame fut président aux enquêtes au parlement de Toulouse, et  aïeul de Bertrand de Senaux qui fut nommé évêque d'Autun en 1702, sur la démission volontaire de son oncle maternel Gabriel de Roquette. Il mourut en 1709.

 

Si vous avez des infos sur les seigneurs de Senaux de Labécède, contactez- moi.

  

Labécède-Lauragais, c'est la plus ancienne des maisons. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE BARBOT

Blason de la famille de Barbot.

Bertrand de Barbot, épousa en 1698 Jeanne de Bousquet dont ils eurent pour fils :

- Pierre de Barbot, écuyer, lieutenant particulier au sénéchal et présidial de Toulouse, capitoul en 1763, conseiller au sénéchal en 1767. Il épousa en première noce, Marguerite Calage. Et en 1769, en seconde noce, Antoinette Chamouin, fille d'Étienne et de Marie Roque de Carbonne, dont il eut pour fils :

- Marie-Étienne de Barbot, né le 2 avril 1770 à Toulouse et mort dans la même ville le 16 février 1839. Il fut successivement, écuyer, inspecteur général de l'infanterie, lieutenant général en 1821et général français du Premier Empire. Commandeur de la Légion d'Honneur. Baron d'Empire le 22 novembre 1808, puis vicomte le 24 octobre 1825 enregistré par la cour royale de Toulouse.

Ses décorations :

- chevalier de la Légion d'honneur : 5 février 1804

- officier de la Légion d'honneur : 14 juin 1804

- commandeur de la Légion d'honneur : 9 août 1815

- chevalier de Saint-Louis : en 1814

Son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris : pilier Ouest, 35ème et 36ème colonnes.

Marie-Étienne de Barbot était le fils de Pierre Barbot, avocat au Parlement, lieutenant au Sénéchal et Présidial de Toulouse, qui a été capitoul en 1763 (fonctions qui lui conféraient la noblesse) et de la seconde femme de celui-ci, Antoinette de Chamouin. 

Marie-Étienne de Barbot fait de fortes études, en grande partie au célèbre collège de Sorèze où il est entré en 1781.

Sous-lieutenant puis capitaine de grenadiers dans la Garde nationale de Toulouse, capitaine dans un bataillon de Volontaires de la Haute-Garonne en septembre1791 puis lieutenant-colonel en 1792. Il fait en 1792 la campagne de Savoie, puis en 1793, il assiste au siège de Toulon.

Portrait du général Étienne de Barbot.

Il fait ensuite la campagne d'Espagne à l'armée des Pyrénées Orientales et prend part à l'affaire du Boulou, au siège du fort Saint-Elme, aux batailles de la montagne Noire (1794) et au siège de Roses. Il obtint le grade de chef de brigade en 1794.

De retour en France, le 20 juin 1795, lors de la paix avec l'Espagne, il se marie la même année avec Elisabeth Aubian, fille de Joseph Aubian, avocat au Parlement, et de Jeanne Duclos de Laas. Ils auront cinq enfants : Adèle, née en 1796 ; Emile, né en 1797 ; Théophile, né en 1799 ; Nathalie, née en 1808 et Louise, née en 1816, (voir la généalogie de la famille de Barbot ci-après).

Il devient chef d'état-major d'une subdivision à l'armée de l'Ouest en 1795, il sert quelque temps en Vendée. En août-septembre 1799, il "mate" la révolte des royalistes toulousains, menés par le Comte de Paolo, à la bataille de Montréjeau.

En 1804 il part pour les Antilles en qualité de chef d'état-major du général Lagrange, et se signale par la prise du Roseau, capitale de la Dominique et la prise de l'île Saint-Christophe en février 1805.

En 1807, Napoléon Ier, irrité contre la ville de Hersfeld, dont le peuple était accusé d'avoir assassiné un officier français, ordonne que trente des habitants soient fusillés, et charge Barbot de cette exécution. Celui-ci s'étant convaincu de l'innocence des habitants de Hersfeld, désobéit aux ordres de l'Empereur ; et pour mieux assurer le succès de sa désobéissance, il rédige son rapport comme si les trente victimes désignées avaient été exécutées.

Il sert en Espagne de 1808 à 1811. Il est promu au grade de général de brigade le 6 août1811. Il participe à la bataille des Arapiles le 22 juillet 1812.

Il rentre en France avec le maréchal Soult, se trouve à tous les engagements qui ont lieu près des Pyrénées, et se signale aux batailles d'Orthez et de Toulouse.

Quand on apprend le débarquement de Napoléon au golfe Juan, il reçoit le commandement supérieur de Bordeaux. Barbot reste fidèle au serment qu'il a prêté au roi et après avoir coopéré aux efforts faits par la princesse la duchesse d'Angoulême et à la protection qui lui a accordé quand elle doit quitter Bordeaux, il se retire, pendant les Cent-Jours, dans ses foyers, à Verdun-sur-Garonne (entre Toulouse et Montauban).

À la rentrée du roi, il est nommé chef d'état-major à Toulouse en juillet 1815 et commande pendant quelques mois le département de l'Ariège. Il est élevé au grade de lieutenant-général (général de division) le 3 juillet 1816 et trois mois après, il reçoit le commandement de la 10ème division militaire à Toulouse, qu'il conservera jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe en 1830, époque où il est mis à la retraite. Il peut ainsi se consacrer davantage à cette famille aimée dont il a été séparé pendant si longtemps.

En 1825, par lettres patentes du 24 octobre, le roi lui confère le titre personnel de vicomte de Barbot.

Il est fait chevalier de Saint-Louis et commandeur de la Légion d'honneur.

Admis à la retraite en 1835, il meurt à Toulouse le 16 février 1839.

Il est enterré au cimetière de Terre-Cabade, où l'on trouve son tombeau tout près du monument consacré aux défenseurs toulousains de Belfort.

  

Labécède-Lauragais, la rue du Presbytère. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DE BARBOT DE TOULOUSE

 

- Marie-Étienne de Barbot, baron d'Empire le 22 novembre 1808 puis vicomte le 24 octobre 1825, commandeur de l'Ordre de Saint-Louis et de l'Ordre de la Légion d'honneur, Né le 2 avril 1770 à Toulouse. Décédé le 16 février 1839 à Toulouse, à l’âge de 68 ans. Général de brigade en 1811, lieutenant général commandant la Ière subdivision militaire (Gironde et Landes), vicomte à titre personnel.

Il épousera en 1795,  Elisabeth d'Aubian fille de Joseph d'Aubian et de Jeanne Duclos de Laas. Ils eurent cinq enfants :

 

1 - Adèle de Barbot, née en1796, elle épousa en 1820 Fortis-Charles de Carrère †1856, ils eurent une fille :

      - Elisabeth de Carrère de Loubère 1832 mariée avec Henry de Foix-Fabas, comte de Foix-Fabas 1833, ils eurent trois enfants :

                           - Marie de Foix-Fabas 1860 ;

                                 - Charles de Foix-Fabas  ca 1863-1898 ;

                                 - Louis de Foix-Fabas 1870.

2 - Jean Joseph Émile dit le Vicomte de Barbot, chevalier de la Légion d'honneur, chef d'escadron de cavalerie, né en 1797-1798, décédé en 1877. Il épousa Mathilde Victoire Bourgeois, ils eurent trois enfants :

          - Georgette de Barbot 1843-1877

          - Adolphe Joseph Anne Lionel dit le Vicomte de Barbot, né le 8 mai 1849, décédé en1898 à l'âge de 49 ans au château d'Odars à Baziège (31). Il avait un vrai talent d'artiste et élève de l'atelier de Bonnat. Il épousa le 14 février 1885 Marie Joseph Mélanie Marguerite de Carayon-Latour,  fille de Léopold de Carayon-Latour et de marie de Faudoas-Barbazan. Ils eurent une fille : Odette de Barbot, née le 9 juin 1891 à Arcachon et décédée le 17 novembre 1971, âgée de 80 ans, inhumée à La Ferté. Elle épousa le 3 mai 1921 à Paris Saint‐Honoré d’Eylau, Gaétan de La Selle d'Échuilly, né le 10 novembre 1891 à La Ferté et y demeurant. Décédé le 8 novembre 1947, âgé de 56 ans, inhumé à La Ferté. Ils eurent un fils, Amaury de La Selle, né le 30 avril 1924 à Paris 16ème et décédé le 19 février 1983, âgé de 59 ans, inhumé à La Ferté. Sans postérité. 

                                        - Victoire de Barbot 1853-1877.

Apparemment, Jean Joseph Émile dit le Vicomte de Barbot fit un second mariage avec Melle de Puthaux.

 

3 - Marc Antoine Joseph Théophile de Barbot, 1798-1870, chevalier procureur du roi, mainteneur des Jeux Floraux (créé le 3 mai 1324 à Toulouse). Il épousa le 10 octobre 1827 Laure Sophie d'Aldéguier †1883, fille de Jean-Baptiste et de demoiselle Nicolas de Voutron. Ils eurent deux enfants :

      - Adalbert de Barbot, oficier des Chasseurs ;

      - Sophie de Barbot épousa Frédéric de Laparre de Saint-Sernin, comte romain 1826-1905, ils eurent trois enfants :

                        - Théophile-Louis de Laparre de Saint-Sernin  1854-1922

                         - Fernand de Laparre de Saint-Sernin , voir Légion d'Honneur (Chevalier) 1855-1915

                        - Gérard de Laparre de Saint-Sernin  1870-1909

 

4 - Antoinette de Barbot, née en 1808, épousa le 13 avril 1830 Auguste d'Aldéguier , ils eurent trois enfants :

       - Thérèse Jeanne Elisabeth Natalie d'Aldéguier ; 

       - Marie Julie Gabrielle d'Aldéguier ;

       - Alphonse d'Aldéguier  1834-1860.

 

5 - Louise de Barbot,  née en 1816,  mariée avec N. de Chauliac.

Labécède-Lauragais, ses petites rues aux maisons de caractère serrées les unes aux autres.

 

LES SEIGNEURS DE SABATERY

 

Armes : De gueules 3 alérions d'or volant sur trois ondes de même posés 2 et 1. L'écu timbré par une couronne : comte ou marquis.

 

Bertrand de Sabatery, seigneur de Labécède, décédé le 10 juillet 1581, il fut Conseiller du Roi et Procureur général de Toulouse. Il épousa Perrette Lancefoc. Ils eurent une fille, Catherine de Sabatery qui épousa le 4 janvier 1557 Antoine II de Martin de Viviès, seigneur des Avalatz, de Roquecourbe et de Viviers, né en 1538, décédé le 10 juillet 1581 à l'âge de 43 ans. Il fut fait prisonnier par les protestants le 22 août 1574, une rançon pour sa libération fut demandée, en 1580, les seigneuries de Rocquecourbe et des Avalatz furent vendu pour payer cette rançon.

Veuve depuis cinq ans, Catherine de Sabatery fut assassinée en 1586 par son comptable, elle eut pour enfants :

    - Pierre Jean de Martin de Viviès, né en 1566, +15 juillet 1635, marié avec Claire de Cabrilles du Puy ;

     - Antoine Germain de Martin de Viviès, né le 22 novembre 1586 ;

     - Paule de Martin de Viviès,  mariée avec Jacques de Bonne, seigneur de Missègle +1618 ;

    - Pierrette de Martin de Viviès, mariée en 1598 avec Jean de Boissière, seigneur de Carcenac +1628 ;

     - Jacquette de Martin. 

J'ai trouvé une Jeanne de Sabatery qui épousa le 21 décembre 1557 noble Jean de Bonnefons, châtelain et juge de Montréal. A-t-elle un lien avec Bertrand de Sabatery ci-dessus ?

 

 

Voici quelques photos anciennes du château de Marquein qui feront plaisirs aux amateurs :

Labécède-Lauragais, la façade Nord-Est du château en 1905.

Labécède-Lauragais, la façade Sud du château en 1905.

Labécède-Lauragais, la façade Nord du château en 1905.

Labécède-Lauragais, les cascades du Moulin en 1905. 

Labécède-Lauragais, une vue générale du village en 1905.

  

Labécède-Lauragais, deux photos de la porte d'Amont et l'église en 1905. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Labécède-Lauragais, la façade Nord-Ouest, l'entrée du château en 1905.

Labécède-Lauragais, le Perron avec la mairie en 1905.

Labécède-Lauragais, une vue aérienne générale en 1950.

Labécède-Lauragais, une autre vue aérienne générale, même période, en 1950.

Labécède-Lauragais, une autre vue aérienne générale, même période, en 1950.

Labécède-Lauragais, une vue aérienne générale en 1970.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables 1907.

- Catalogue des gentilshommes du Languedoc, généralité de Toulouse. 

- Le folklore de l'Aude 1938.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 avril 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Nous restons dans le Lauragais, tout proche du village de Marquein qui concernait le précédent reportage. Je vous emmène au village de Salles-sur-l'Hers, on se rapproche de Castelnaudary. Certes, se sont des petits villages, mais qui néanmoins, ont un passé historique riche ayant marqué l'histoire avec un grand H. J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

Salles sur l'Hers se situe à 17 km de Castelnaudary, 50 km de Toulouse, 57 km de Carcassonne, 115 km de Narbonne, 144 km de Béziers et 55 km de Foix.

Salles sur l'Hers comme le village de Marquein sont dans le Lauragais à la limite des départements de l'Aude et de la Haute-Garonne.

Le village de Marquein qui a fait l'objet du précédent reportage se situe proche de Salles sur l'Hers. Le château privé de Fajac-la-Relenque se trouve lui aussi non loin de là.

Vue aérienne du village de Salles sur l'Hers, le château manoir se situe à droite dans le cercle rouge.

Blason de Salles sur l'Hers

Blason de Salles sur l'Hers tel qu'il apparaît dans le grand Armorial général de la France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

Le village de Salles-sur-l'Hers (occitan : Salas d'Èrs) ses habitants sont les Salhersiens. Bastide située dans le Lauragais sur l'Hers-Mort et sur l'ancienne route nationale 625 entre Gardouch et Mirepoix. En 2013, la commune comptait 673 habitants.

Salles sur l'Hers (Castrum seu Villa de Salis), est situé au confluent du petit l'Hers et de l'Hers-mort. Cette partie du Lauragais est bien spécifique de par son paysage très vallonné qui amène les promeneurs à se perdre avec bonheur. Depuis peu, de nombreux chemins pédestres ont été réhabilités et permettent de grandes randonnées dans ce Pays du Languedoc.

Salles sur l'Hers, le monument aux morts et la place Émile Coural.

Salles sur l'Hers, le monument aux morts.

Salles sur l'Hers, le monument aux morts et la place Émile Coural.

Le terme Salle désignait, en vieux français, le siège d'une petite seigneurie, représenté par un château ou un logis fortifié d'assez grande taille, qui servait de résidence secondaire ou de halte au seigneur local lorsqu'il effectuait ses tournées pour encaisser les revenus de ses terres auprès des paysans alentours. Plus tard, le mot Salle qualifia toute maison de campagne suffisamment grande et riche pour comporter une salle de réception. Les Salles furent ensuite appelées "maisons nobles". Le mot dérive du francique saal qui signifie château. L'Hers étant le nom du cours d'eau qui arrose Salles.

 

J'ai trouvé une info intéressante : le 23 juin 1907 la décision de créer 10 foires par an à salles sur l'Hers, a été promulguée.

Blason du comte de Poitiers et de Toulouse qui fonda Salles sur l'Hers en 1271.

Sceau d'Alphonse comte de Poitiers et de Toulouse.

Le village de Salles fut fondé, en 1271, par Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse (1220-1271) et par Jeanne de Toulouse, sa femme. Mais les archives révèlent qu'il est déjà question du décimaire de Saint Sauveur de Salles dès l'année 1177, dans une donation d'Arnaud Mafredy et de Pons de Castillon à l'hôpital de Saint-Jean du Rival. Plus tard, en 1241, frère Jacques, précepteur de la même Commanderie (hôpital de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, supprimé au commencement du XIVème siècle) donne à cens à Raymond Brun une parcelle de terre au lieu de Salles. Un recensement effectué en l'année 1378, donne neuf feux pour servir de base à la taille. Ce nombre représenterait seulement une population de quarante-cinq à cinquante quatre habitants, en comptant 5 ou 6 habitants par feu.

Un acte notarié datant de 1311 rédigé par Pierre Mages, notaire de Toulouse, nous informe qu'à cette époque la seigneurie de Salles appartenait à Arnaud de Villar (Arnaldus de Villario).

Un échange s'effectuera, le commandeur de Castel-Sarrazin, cédera à Arnaud de Villar toutes les terres cultes et incultes, oblies, censes, dominations et droits que l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem possédait au lieu de Salles.

En 1339, cet échange est amorti, en vertu de lettres patentes du Roi, par Pierre de La Palu, seigneur de Varambon, conseiller du Roi, sénéchal de Toulouse, lieutenant et gouverneur en Languedoc, dont le chevalier lieutenant du sénéchal Arnaud de Villar, seigneur de Salles. Arnaud de Villar avait dans sa famille le quatrième évêque d'Alet (1362-1376) et qui s'appelait lui aussi Arnaud de Villar. 

Salles sur l'Hers, la place Marengo. 

Salles sur l'Hers, la D15 au Nord-Est du village. 

Le 4 décembre 1386, noble Rogier d'Espagne, comme mari d'Esclarmonde de Villar, dénombre le château de Salles, avec la juridiction haute et basse.

Le 13 décembre de la même année, noble Gaillard Le Noir dénombre ses biens nobles situés dans la juridiction de Salles.

Le 30 janvier 1399, Raymond de Salzan, agissant pour dame Marguerite (de Corsier) de Malras, femme de noble Bertrand de Lévis, et aussi fille et héritière de dame Esclarmonde de Villar, veuve de noble Roger d'Espagne, seigneur de Montespan et sénéchal de Carcassonne, dénombre ses biens à Salles (soit probablement le château et les deux juridictions dénombrées par Roger son père en 1386).

Le 4 mai 1423 et le 12 novembre 1425, noble Gaillarde d'Espagne ou d'Ispania, lors de procès soutenus devant le Parlement de Toulouse, prend le titre de dame de Montesquieu et de Salles.

 

Quelques années plus fard, et à différentes époques, comme en 1457, 1463, 1464, on voit Jean de Bar (de Baro), qui prit part, sous le Roi Louis XII, à l'expédition d'Italie, dénombrer ses biens nobles situés au lieu de Salles, et ceux situés dans la sénéchaussée de Toulouse.

Le 10 septembre 1463, la seigneurie de Salles appartient en toute justice à noble Barthélemy de Montesquieu, mari de Marguerite de Sarrey (sic pro Corsier de Malras, épouse en premières noces de Bertrand de Lévis), dame de Salles qui avait fait, en 1461, procéder en sa faveur au renouvellement des reconnaissances du lieu devant Maître Boyer, notaire.

En 1466, noble Barthélemy de Montesquieu, seigneur de Salles, vend à noble Bertrand de Fontaynes, seigneur de Belflou, la haute, moyenne et basse justice, oblies, censives, droits et actions de la terre de Milhas domaine de la commune de Cumiès, qui faisait partie de la juridiction et consulat de Salles.

Salles sur l'Hers, la D625 au environ du château Bel-Aspect.

Le 31 octobre 1477, pour la seconde fois, il vend avec sa seconde épouse, noble Agnès d'En Gaillard, alias Anne de Galard, la même terre au même seigneur de Belflou.

Dans son testament du 7 novembre 1568, Arnulphe de Montesquieu, frère aîné de Barthélémy, dispose de la moitié de la seigneurie de Salles, en faveur de Simon-Roger son fils aîné et lui substitue ses autres enfants Jean-Paul. Et, François-Jean Arnaud, à l'exception de Jeanne à qui il lègue une légitime de six mille livres.

Après Barthélémy qui testa le 7 juillet 1480, la seigneurie de Salles sera aux mains de son fils Manaud de Montesquieu (voir la généalogie ci-après).

Le 11 Septembre 1501, s'étant marié avec noble demoiselle Jeannette, alias Jacquette de Fontaynes, fille de noble Guillaume de Fontaynes, baron de Fendeille, et de Jeanne de Saquet, noble Manaud de Montesquieu, seigneur et baron de Salles, vend pour la quatrième fois la terre de Milhas au même noble Bertrand de Fontaynes, seigneur de Belflou.

En 1544, les reconnaissances du lieu sont en faveur de noble François de Montesquieu (petit-fils de Manaud), fils de Paulon et de noble Claude de Tersac de Montberaud.

La seigneurie de Salles restera en possession de la famille de Montesquieu pendant plus d'un siècle. Une branche de cette maison en prendra même le titre.

Je vous mettrai la généalogie des seigneurs de Salles sur l'Hers à la fin.

Peu après, au mois de juin ou de juillet 1551, le même noble François de Montesquieu, écuyer, rend hommage à la reine Catherine de Médicis, comtesse du Lauraguais, pour la seigneurie de Salles. François de Montesquieu décèdera en 1565.

Manaud de Montesquieu, de sa femme Jeannette de Fontaynes, il avait eu un fils, Jean qui eu a son tour une fille, Gabrielle, mariée à Michel-Bernard de Pontaud ou Pontault, seigneur Pontaud près de Sarlat, d'où naquit Germaine de Pontaud qui aliéna la seigneurie de Salles en 1572 avec toutes ses dépendances, droits, voix et actions à François de Roquefort-Marquein (voir le reportage sur Marquein et la généalogie des Roquefort  ICI). Elle restera dans cette famille, malgré procès sur procès, jusqu'à la Révolution française.

Salles sur l'Hers, une vue aérienne, le château dans le cercle rouge, côté Est.

Le Lauragais était un carrefour de négoce important, le nombre des individus qui se livraient au commerce en Lauragais dans la première moitié du XVIème siècle témoigne d'une grande vitalité économique. La laine et le pastel sont des produits phares du Lauragais au cours du XVIème siècle, le nombre de moulins à pastel installés dans les villages était important.

Un marchand d'envergure à l'échelle du Lauragais, Jacques Cahuzac probablement natif de Castres ou de ses environs, en 1540 il disposait surtout d'un important patrimoine immobilier et foncier composé de plusieurs maisons à Castelnaudary même, de bon rapport puisque l'une d'elles se louait 50 livres par an, dans les villages voisins comme Villeneuve-la-Comptal, Lasbordes, Saint-Papoul, Laurabuc, Saint-Martin-la-Lande, ou plus loin comme à Castres et à Limoux, de parcelles dispersées, de bordes et de métairies ; une quinzaine au total dont les principales se trouvaient à Salles-sur-1'Hers et dans le consulat de Lautrec entre Albi et Castres. Cahuzac possédait aussi un moulin à Salles sur l'Hers ainsi qu'une boutique, il s'était marié en Lauragais avec Florentine Assermat.

Salles sur l'Hers, une vue aérienne du château.

 

LE CHÂTEAU DE SALLES-SUR-L'HERS

 

Au Nord-Est du village, une butte naturelle a fait l'objet au Moyen-âge d'aménagements défensifs pour protéger une place-forte dont subsiste le donjon de la fin du XIIIème siècle.

La tradition rapporte que la construction du château doit être attribuée à l'ordre des Templiers qui, en 1259, cédèrent leurs droits sur Salles à Arnaud de Villar, son seigneur. Les Hospitaliers, héritiers de l'Ordre du Temple, y prélevèrent quelques censives jusqu'à la Révolution Française.

Cette tour ou donjon qui subsiste a dû être construite par les Seigneurs de Montesquiou qui ont été les héritiers naturels des premiers seigneurs de la famille de Villar, à laquelle a succédé la famille d’Espagne-Montespan. Le 4 décembre 1386, Esclarmonde de Villar dénombrait les biens de Saint André d’Ustre, de Copadel, d’En-salès, de Malvézy et du château de Salles.

Salles sur l'Hers, le tour donjon et le château.

La tour féodale primitive, de plan quadrangulaire, est à trois étages sur rez-de-chaussée et étage de comble. Le rez-de-chaussée est voûté. Un bel escalier en pierre de taille et en forme de spirale donne accès aux étages, composés chacun d'une vaste salle à plafond élevé et servant de magasin à grains. Planchers et toiture ont disparu.

Le donjon de Salles-sur-l'Hers, est inscrit au titre des monuments historiques en 2003. 

Ce château avec ce donjon qui appartenait à la famille de Montesquieu, faisait parti de l'ancien château-manoir de Salles, c'est une belle tour carrée, d'une grande hauteur et construite en bel appareil. Elle étonne le voyageur qui arrive par la route de Castelnaudary. La forme de la tour, qui est carrée, son petit appareil, le style de ses fenêtres à meneaux rappellent les constructions de la seconde moitié du XVIème siècle, car elle a dû subir une transformation et une restauration durant cette période.

Ce château est privé et ne peut être visité mais son parc magnifique reste accessible.

Ancienne bastide de la fin du XIIIème siècle (1271) par Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX. Le château avait été démoli vers 1860, Dame Irma Alquier, épouse Roques, fit démolir le vieux château et sa chapelle pour construire à la place un grand immeuble, certainement plus confortable, mais sans le cachet du vieux manoir. 

 

 

L'ÉGLISE SAINT-MATHIEU

 

Il existe dans l'église paroissiale de Salles sur l'Hers une dévotion à Notre Dame de l'Assomption et une confrérie célèbre érigée, en avril 1604, par bref du Pape Clément VIII, à la suite de quelque miracle dont fait mention la légende. Il y avait donc une chapelle de Notre-Dame de Salles-sur-l'Hers, détruite par la Révolution. Dans la chapelle qui se trouve aujourd'hui dans l'église, et qui porte le même nom, Notre Dame de l'Assomption, il y a une statue de la Vierge que le bref pontifical donne comme miraculeuse. Elle était, aux siècles passés, un lieu de pèlerinage.

 

Salles sur l'Hers, le clocher mur de l'église Saint Mathieu. Cliquez sur les photos pour agrandir.

L'église Saint-Mathieu du village de Salles sur l'Hers, église, d'art roman, avec son clocher mur gothique du XVIIème siècle. Elle est inscrite au titre des monuments historiques en 1926. La bastide de Salles a été fondée en 1271 par Alphonse de Poitiers. Le décimaire de Salles est mentionné en 1302 dans un inventaire de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. En 1317, l'église est rattachée au diocèse de Mirepoix. La cure était unie au chapitre Saint-Etienne de Toulouse. Une pierre encastrée dans le mur occidental porte une inscription de 1685 qui paraît se référer à une grosse réparation à la nef de l'église paroissiale.

L'édifice se compose d'une nef avec chapelles latérales, et d'un chevet pentagonal prolongé à l'est par une chapelle. Le sanctuaire, quatre travées de la nef et quatre chapelles datent du XVIème siècle. La cinquième travée de la nef, le porche et le clocher sont de la fin du XVIIème siècle. La voûte du sanctuaire a été refaite au XIXème siècle. Le clocher fait partie du mur ouest de l'église. Son sommet est de forme triangulaire et percé de six arcades campanaires romanes disposées 1-2-3.

Avant le XVIIème siècle, le cimetière était contigu à l'église et occupait l'emplacement situé au nord de l'église.

Salles sur l'Hers, le clocher mur de l'église Saint Mathieu et la Halle.

Extrait de carte IGN pour vous situer les deux châteaux de Salles sur l'Hers.

Salles sur l'Hers, vue aérienne du château de Bel-Aspect.

Salles sur l'Hers, vue aérienne du château de Bel-Aspect.

Salles sur l'Hers, le château Bel-Aspect.

 

LE CHÂTEAU DE BEL-ASPECT

Il y avait à une époque à Salles-sur-l'Hers, deux châteaux.

Dans le village de Salles sur l'Hers, existait un fief seigneurial à Canneville avec un moulin à eau et un moulin à vent. La famille de Montesquiou a vendu ce fief au seigneur de Mongeard, de Durand, tout en conservant l’emplacement du moulin à eau situé sur l’Hers, 200 mètres environ en aval du confluent Hers-Jammas. Ce fief comportait une ferme dénommée "les Galinières". Selon les conditions de la cession, les héritiers ont pu faire construire un château au lieu des "Galinières", château qui apparaît sous le nom de "Bel Aspect" sur l’Etat-civil de Salles en 1701. Le château de Bel-Aspect a donc été construit sous le règne de Louis XIV. C’est une très belle demeure, fort bien conservée au milieu d’un nid de verdure. Le propriétaire, jusqu’à la Révolution, fut le seigneur d’Austry de Canneville, dont la veuve ne fut nullement inquiétée durant la Révolution.

Salles sur l'Hers, le château de Bel-Aspect en 1920.

Salles sur l'Hers, le château de Bel-Aspect en 1905.

Le fief de Bel-Aspect était possédé, en 1729, par Me Marc d'Austry, qui s'intitule seigneur dudit fief. Il avait épousé Marguerite de Luppé qui, avec son époux, constitue à son fils, Jean François d'Austry, un titre clérical, c'est-à-dire une constitution dotale.

En 1730, Jean François d'Austry, écuyer, garde du corps du Roi, résidant au château de Bel-Aspect, paroisse de Salles, fils de Marc d'Austry, seigneur de Bel-Aspect et de feue dame Marguerite de Luppé, épouse demoiselle Anne-Marie de Gouzens de Fontaynes résidant au château de Lafage, fille de noble Henri de Gouzens et de Fontaynes, coseigneur de Lafage, et de dame Jeanne de Boutaric.

Ce château "Bel Aspect" est privé, le propriétaire actuel propose des hébergements avec petit-déjeuner situés dans l'orangerie accolée au château. Les chambres d'hôtes sont très bien cotées.

Salles sur l'Hers, le château de Bel-Aspect en 1905.

A SAVOIR :

Coupadels est un lieu-dit tout proche du village de Salles sur l'Hers, qui fut un fief templier avant de devenir un membre de la commanderie hospitalière de Caignac.

Il y a trois châteaux dans le secteur, en plus de celui du village de Salles-sur-l'Hers, un château à Caignac, un à Fajac la Relenque (château de Fajac) et celui de Marquein dont vous pouvez consulter le reportage réalisé précédemment  ICI.

 

GÉNÉALOGIE LES SEIGNEURS DE SALLES SUR L'HERS

 

Barthélemy de Montesquieu était le quatrième fils d'Aysinus (+1426) et de Gaillarde d'Espagne de Montespan (mariage en juin 1381) (+1439). En regardant d'un peu plus près cette généalogie, on constate que Barthélemy est le frère Bertrand de Montesquieu, et sur un acte datant du 29 avril 1471, on peut lire qu'il céda à Barthélemy son frère seigneur de Marsan et de Salles en Lauragais toutes les prétentions qu'il avait sur la seigneurie de Marsan. Cela confirme bien ce qui est dit plus haut que le 10 septembre 1463, la seigneurie de Salles appartenait à cette époque, en toute justice à noble Barthélemy de Montesquieu.

Blason de Pierre de Montesquieu et de sa femme Elisabeth de Foix, tel qu'il apparaît dans le grand Armorial général de la France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

 

1a - Barthélemy de Montesquieu (né  vers 1420 + entre 1481 et 1483) épousa en première noce Marguerite de Sarrey, Dame de Salles en Lauragais et en seconde noce le 20 octobre 1446 Anne de Goulard ou Galard fille de Jean de Galard seigneur de l'Isle-Bouzon. Il fut chevalier de la Compagnie de Jean de Bonnay sénéchal de Toulouse son beau frère.

Il eut du premier lit un fils : 

2a- Bertrand qui suit ;

Et du second lit neuf enfants :

3a - Manaud auteur de la branche des seigneurs de Salles et de d'Artagnan, qui suit ;

- Arnaud seigneur de Gastun ;

- Jeannot ;

- Jean le jeune dit Galardon seigneur de Faget, de Gélas, (1465-1524) épousa Marie Sangois ;

- Mathieu, épousa le 18 avril 1505 Marie d'Espagne ;

- Ayssivet, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ;

- puis vinrent Jeanne, Gaillarde et Marguerite les trois filles vivaient en 1481.

 

2a - Bertrand de Montesquieu seigneur de Marsan, de Salles et de La Serre, institué héritier universel par le testament de son père. Il céda la terre de Salles à son frère Manaud le 7 juillet 1483. Il a épousé en première noce le 8 décembre 1471 Catherine de Goth fille d'Odet de Goth seigneur de Rouillac. Et en secondes noces, le 16 mai 1484, Gabrielle de Belcastel fille de Raymond Bernard de Belcastel seigneur de Campagnac dans le diocèse de Sarlat.

Il eut du premier lit :

- Jacques, décède avant 1492 sans enfant ;

- Jean, moine de Moissac puis curé de Castillon ;

- Pierre, qui épousa le 6 février 1494 Annette de Lupé fille de Jean seigneur de Lupé et de Cécile Sadirac. Ils eurent trois enfants : 

               - François de Montesquieu, seigneur de Marsan il épousa le 19 octobre 1516 Catherine de Sariac, fille de Jean, seigneur de Tillac et de Florette de Puybersac. Ils eurent pour enfants :

                                - Pierre, mort sans enfant. Il avait épousé le 20 septembre 1551 Anne de Sadirac fille de N..? de Sadirac et de Jayme de Lavedan, celle-ci se remaria à François de Montesquieu seigneur de Salles le 24 mai 1557 ;

                                        - Jeanne, héritière de la terre de Marsan, par le testament de son père. Elle épousa le 21 mars 1551, Antoine de Savère, seigneur de la Motte-Saint-Luc ;

                                        - Odet ;

                                        - Jeanne.

               - Jean, seigneur de la Serre, il épousa le 9 février 1525 Jeanne de Lasseran ;

               - Florette.

- Autre Pierre ;

- Agnette ;

- Florette qui se maria le 7 juillet 1499 avec Jean d'Esparbès de Lussan, seigneur de Belloc ;

Et il eut du second lit :

- Antoine ;

- François, seigneur de Salles qui épousa Guillemette de Toutens. Ils eurent une fille :

                           - Jeanne, dame de Salles qui a épousé Pierre d'Espagne seigneur de la Bastide. Elle testa le 6 novembre 1554.

 

3a – Manaud de Montesquieu, fils aîné de Barthélemy (voir plus haut) et d'Anne de Goulard sa seconde femme. Manaud fut seigneur de Salles en Lauragais et transigea avec ses frères les 7 juillet 1483 et 21 février 1492. Il épousa le 29 juin 1478, Jeannette de Fontaynes, sœur de Hugues, seigneur de Fendeille au diocèse de Saint-Papoul, elle était la fille de noble Guillaume de Fontaynes, baron de Fendeille, et de Jeanne de Saquet. Elle était veuve de N…? de Margon dont elle avait eu Jean de Margon, de son second mariage vinrent :

      - Jean, seigneur de Salles, épousa le 22 avril 1507 Miramonde d'Ornezan, ils eurent pour enfants :

                               - François, seigneur de Salles qui épousa le 9 mai 1557 Anne de Sadirac veuve de Pierre de Montesquieu. Il testa le 15 mai 1562.

                               - Gabrielle née en 1510, épousa le 14 mai 1525 Michel-Bernard de Pontaut ou Pontault, seigneur de Pechauriol. Ils eurent une fille, Germaine née en 1525 qui épousa François de Galand ;

                               - Marguerite, femme de N…? de Gayraud.

      - Paul, dit Paulon qui devint seigneur de d'Artagnan le 25 octobre 1541 par le testament de sa première femme Jacquette d'Estaing qui suit ;

      - Arnould, seigneur de Sadirac, il a épousé Marie de Sadirac.

 

4a - Paul de Montesquieu, dit Paulon, écuyer d'Henri II d'Albret. Seigneur de Salles en Lauragais il épousa en première noce le 13 août 1524 Jacquette d'Estaing, dame d'Artagnan en Bigorre diocèse de Tarbes. Et seconde noce le 24 septembre 1545 Claude de Tersac dont il eut un fils Jean de Montesquieu (1555-1608) seigneur de d'Artagnan marié le 15 novembre 1578 à Claude Bazillac. Paul décéda avant 1572 et elle en 1590, ils furent enterrées dans l'église de d'Artagnan.

 

*********************************************

L'année 1572 marque la fin de la régence par les seigneurs de Montesquieu sur la seigneurie de Salles sur l'Hers en effet, Germaine de Pontaud petite fille de Manaud de Montesquieu aliéna la seigneurie de Salles en Lauragais en 1572 avec toutes ses dépendances, droits, voix et actions à François de Roquefort-Marquein (voir le reportage sur Marquein). Elle restera dans cette famille, malgré procès sur procès, jusqu'à la Révolution française.

Le dernier seigneur de Salles sur l'Hers fut Charles de Roquefort, seigneur de Marquein, décédé dans son château de Marquein en 1797. Ce château était la propriété de Mme Roques-Alquier en 1907.

 

Voici quelques photos anciennes du village de Salles-sur-l'Hers qui feront plaisirs aux amateurs :

Salles sur l'Hers, la Grande Rue en 1905.

Salles sur l'Hers, le marché et l'église Saint Mathieu en 1905.

Salles sur l'Hers, la place du marché et l'église en 1905.

Salles sur l'Hers, le château en 1905.

Salles sur l'Hers, le château en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade et le château au fond, en 1905.

Salles sur l'Hers, la pergola du château, en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade en 1905, à gauche, il y a la mairie et les écoles.

Salles sur l'Hers, la Promenade en 1905. 

Salles sur l'Hers, la Promenade en 1905, avec la statue de la Vierge et Marie.

Salles sur l'Hers, le même lieu que la photo ci-dessus, la Promenade en 1950.

Une vue générale de Salles sur l'Hers, prise des coteaux de l'Hers en 1905.

Salles sur l'Hers, la rue du Marché en 1905, avec la Halle au bout de la rue.

Salles sur l'Hers, même rue que ci-dessus de nos jours, la rue du Marché se nomme aujourd'hui, rue Paul Dimeur.

  

Salles sur l'Hers, photo de gauche, le marché autour de la Halle en 1905. A droite, la rue du Marché prise de la Halle en 1905. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, l'église et la Halle en 1905.

Salles sur l'Hers, l'église et la Halle en 1905.

Salles sur l'Hers, l'église et la Halle au fond, l'avenue de Mirepoix en 1950.

  

Salles sur l'Hers, à gauche, la rue de l'église avec la Halle en 1955. A droite, la même rue en 1905. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, la rue du Marché en 1905.

Salles sur l'Hers, la place Émile Coural et le monument aux Morts en 1920.

Salles sur l'Hers, la place Marengo en 1905.

Salles sur l'Hers, la place Marengo en 1905, que l'on appelait aussi place de la volaille.

Salles sur l'Hers, la place Marengo en 1955.

  

Salles sur l'Hers, deux photos de l'église Saint Mathieu en 1905. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, la rue de la Poste en 1905.

Salles sur l'Hers, l'avenue Villefranche de Lauragais en 1905.

Salles sur l'Hers, la mairie et la Promenade en 1905, avec le château au fond.

Salles sur l'Hers, la mairie, les écoles et la Promenade en 1905.

Salles sur l'Hers, l'avenue Saint Michel en 1905.

  

Salles sur l'Hers, à gauche, la Grande Rue en 1920. A droite, l'avenue Saint Michel en 1920. Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Salles sur l'Hers, à gauche, la Grande Rue en 1920. A droite, la rue de la Poste en 1920. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, l'intérieur de l'église Saint Mathieu en 1905.

Salles sur l'Hers, autre photo de l'intérieur de l'église Saint Mathieu en 1905.

Salles sur l'Hers, la rue du Marché en 1905, avec la Halle au bout de la rue.

Salles sur l'Hers, l'avenue de Castelnaudary en 1920.

Salles sur l'Hers, l'avenue de Castelnaudary en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade avec les écoles et la mairie à gauche en 1905, jour de foire.

Salles sur l'Hers, vue générale du Sud.

Salles sur l'Hers, la passerelle des Marronniers sur l'Hers-Mort, en 1905.

Salles sur l'Hers, la gendarmerie qui se situe au Sud-Ouest du village, en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade, en 1905. Aujourd'hui c'est la place Marengo.

Salles sur l'Hers, l'avenue de Mirepoix et place de la République, en 1910. Est-ce un jour de foire pour voir tant de monde ?

Salles sur l'Hers, le domaine Saint-André d'Ustre, en 1905. Ce domaine existait déjà en 1386. Il est situé à l'Est du village le long de la D15.

Fajac la Relenque en 1905, ce château est situé pas très loin, à l'Ouest de Salles sur l'Hers.

Salles sur l'Hers, une vue aérienne en 1950. On aperçoit la tour du château à droite de l'église.

Salles sur l'Hers, en 1965.

Salles sur l'Hers, l'église Saint Mathieu, en 1965.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

- Dictionnaire de la noblesse.

- Histoire générale de Languedoc.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! 
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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 mars 2016

Le patrimoine méconnu de l'Aude est surprenant, en nombre et beauté. Je me suis penché sur l'histoire intéressante d'un château discret et privé, il ne se visite pas. Comme de nombreux châteaux de l'Aude d'ailleurs, son passé historique, permet de comprendre ce qui se passait dans la région à partir du Moyen-âge. Je vous invite à découvrir encore une histoire passionnante, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin du reportage.

 

 

Le village de Marquein à l'Ouest de Castelnaudary, est situé à 49 km de Toulouse, 28 km de Castelnaudary, 65 km de Carcassonne, 122 km de Narbonne et 161 km de Béziers.

Le village de Marquein dans le Lauragais, en limite du département de l'Aude et de la Haute Garonne.

Une vue aérienne du petit village de Marquein.

Extrait de carte IGN, vous situant le village de Marquein et son château, ainsi que le château de Fajac la Relenque plus au Sud qui date de la même époque. Je vous mettrai une photo de ce château, dont je ne possède aucune donnée historique, à la fin du reportage.

Une vue aérienne du village de Marquein et de son château.

Une vue aérienne du château de Marquein.

 

Marquein est un village limitrophe avec le département de la Haute-Garonne, proche de Toulouse située dans le Lauragais, sur le Gardijol. En 2013, la commune comptait 76 habitants. Ses habitants sont appelés les Marqueinois.

Blason du village de Marquein.

On ne possède aucun document permettant de déterminer l'origine du toponyme Marquein avec certitude. Les formes anciennes dans les textes du nom Marquein, qui sont parvenues jusqu'à nous prêtent à confusion : Marcheixum en l'an 979, Marchunium en 1191, Marcucimium en 1274, ou encore, Marchonis en 1295. Le terme a été latinisé en Mariscum et a donné l'ancien français Marchais qui signifie marécage. Ou, autre hypothèse, le nom pourrait venir du mot francique marka (une frontière,  une limite) qui désignait une frontière entre clans, à l'époque des invasions germaniques ; sous les Carolingiens c'était un territoire situé aux confins du royaume. Sous Charlemagne, on nommait marchis les gouverneurs des villes situées sur les marches, les frontières ; le terme a donné marquis. N'oublions pas que Marquein se trouve à la frontière du diocèse de Toulouse et de celui de Mirepoix ; cette frontière correspond à celle des territoires de tribus gauloises.

 

Deux châteaux sont situés sur la commune de Marquein : le château de Marquein au bas du village, reconnaissable à son toit monumental en tuiles plates de type bourguignon et le château de Fajac la Relenque en briques rouges typiques du Lauragais juché sur une colline avoisinante.

Cette partie du Lauragais est bien spécifique de par son paysage très vallonné qui amène les promeneurs à se perdre avec bonheur. Depuis peu, de nombreux chemins pédestres ont été réhabilités et permettent de grandes randonnées. Le village de Marquein fait parti du Lauragais, pays de cocagne, pays de ce pastel détrôné, fin du XVIIème siècle, par l'indigo venu des Indes.

Les coteaux vallonnés près du village de Marquein.

L'église du village de Marquein avec son clocher mur.

  

A gauche, un calvaire situé au Sud, à l'entrée du village. A droite, le centre du village de Marquein.

Le château de Marquein, la façade Nord.

Construit en belle pierre, le château de Marquein dresse ses quatre tours rondes au flanc d'une colline fertile et boisée, à un kilomètre environ du petit village de Marquein, dans l'Aude, mais limitrophe de la Haute-Garonne. Je vous propose de découvrir son histoire.

 

Dans une charte datée des Ides de décembre 979 (Idus decembris 979, anno 25°, regnante Leulario rege), portant donation faite par Aribert et par Garsinde, sa femme, à Dieu, à Saint Jean-Baptiste du monastère de Montolieu (Castri Mallasti), à Tresmire, abbé, et à tout le couvent, de l'alleu qui leur était échu dans le pagus Toulousain, au ministerium Bazadois ou de Baziège et terminium de Marquein (Marcheixo).

Puis il s'écoula une longue période de deux siècles pour voir réapparaître dans les archives le nom de Marquein (Machunio). 

S'ensuit plusieurs donations dont celle-ci faites un vendredi d'octobre 1191, Pierre de Marquein, dit Subirat, et sa femme Albia donnent à l'hôpital du Rival, à Pons Raymond Garsie, au Commandeur Roger de la Rive et à Bernard Barcian tous leurs biens, situés dans le dîmaire de Saint-Jean de Caprescojade, toute la condamine de Cobadel ou Copadel, et le quart de la dîme qu'ils possèdent sur la ville de Saint-Michel-de-Lanès. Cette donation est faite sur les conseils de Bernard et Arnaud de Marquein, en présence de Raymond, chapelain de Lacombe, Guillaume de Castlar et Bernard Amiel du Fossat .

Le clocher mur de l'église du village de Marquein.

Novembre de l'année 1205, Pierre de Marquein (de Marquno) donne à l'hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, représenté par le Commandeur, une certaine quantité d'oblies, assises sur le territoire de Caignac.

En mai 1246, dans les dépositions faites devant les Inquisiteurs de la Foi, à Fanjeaux, il est rappelé que certains hérétiques adorèrent les parfaits à Marquein (Marcunh, Marcuen).

En janvier 1272, le chevalier Adhémar de Marquein (de Marcuehn) est au nombre des nobles de la baylie de Lauracle-Grand qui prêtent serment de fidélité au roi de France.

En septembre 1274, une lettre d'amortissement du roi Philippe III, dit le Hardi, donnée à Paris, mentionne une donation de six deniers Toulousains faite par Adhémar de Marquein (de Marcucimio) au monastère de Prouille.

Après le chevalier Adhémar de Marquein, quelques actes notariés, retenus entre le 18 avril 1297 et le 23 avril 1311, portent que Bertrand de Marquein, damoiseau, était coseigneur du dit lieu et y possédait des "honneurs" ou domaines.

Le château de Marquein, la façade Sud avec ses dépendances à gauche.

La question reste posée : les seigneurs de Marquein avaient-ils leur sépulture dans l'église du village et si leur demeure seigneuriale ou maison forte était située aussi dans le village, ou bien à l'endroit même où en 1539 fut élevé l'actuel château de Marquein ?

Le tombeau de la Maison de Roquefort dont des documents du XVIIème siècle signalent son existence, n'existe plus aujourd'hui.

Deux documents paraissent indiquer que les seigneurs ou coseigneur de Marquein avaient leur maison forte hors du village.

Le premier indique que, le 27 mai 1325, Guillaume de Relhane, commandeur de Caignac, approuva l'acquisition faite par Raymond Roque d'une parcelle de terre située à Marquein au lieu dit La Canal, dans le décimaire de Saint-Sernin, entre l'honneur de Bertrand de Marquein, damoiseau et coseigneur de Marquein, et le Rival de Lasaur sous l'oblie de un denier tolza.

Le second rapporte que, le 25 juin 1464, noble Rogier de Roquefort, seigneur de Marquein, dénombra le lieu de Marquein avec toutes les justices, trente sétérées de pré et une Maison forte.

Septembre 1460 à Husseau près de Tours, anoblissement de maître Jean de Roquefort docteur ès lois, juge du comté de Foix.

 

A l'origine la famille Roquefort-Marquein habitait une Maison forte, si l'on en croit la tradition, elle occupait l'emplacement du pigeonnier actuel, situé à une dizaine de mètres au Sud du château actuel et au pied d'une pente très raide. Le château commencé par Dauphine de Montbrun a remplacé cette Maison forte.

Extrait de la carte IGN situant le château par rapport au village de Marquein.

Le château de Marquein, la façade Nord.

Le château de Marquein a été bâti en 1539 par Dauphine de Montbrun, veuve de Jean de Roquefort décédé le 15 octobre 1521, seigneur de Marquein et coseigneur de Salles et de Saint-Michel de Lanès, qui fut tué en 1521, au siège de Fontarabie où il servait sous les ordres de l'amiral Bonnivet. Grande famille que ces Roquefort-Marquein, enracinée depuis, des siècles dans ce coin de terre lauragaise et apparentée avec la meilleure noblesse du pays, les Roquefeuil, les Rigaud de Vaudreuil, les Varagne-Gardouch, etc.

Le château remontant à 1539 appartenait à la famille de Roquefort-Marquein. Au début du XXème siècle, la maison de Roquefort n'existe plus. Les branches du Vivier, d'Arignac, de Sarnhac, d'Engarravagues, de Daumazan, d'Esperce ne sont plus. Toutes sont tombées en quenouille après de nombreux services militaires.

 

Le château de Marquein fut achevé en 1554.

Le village de Marquein.

En 1569, François de Roquefort était alors baron de Marquein il avait pour beau-frère le sire Bacou de Brassac. Ce capitaine Bacou sévit pendant les guerres de la ligue en Languedoc. Bacou sire de Brassac natif de Saint-Pons, capitaine protestant du Narbonnais, souvent cité dans les Mémoires de Gaches. Fait prisonnier en 1586, il fut assassiné dans sa prison du château de Marquein où il séjournait. Le 16 février 1586 vers 22h00, l'ordre fut donné par le vicomte de Montgomméry qui était gouverneur du diocèse de Castres, sous le duc de Montmorency. Bacou endormi, fut assommé avec un marteau et jeté la tête la première près de la rivière, puis le comte fit tirer sur lui, on dira qu'il tenta de s'évader. Bacou était un tyran pour les habitants de Brassac.

Croquis du château de Marquein réalisé en 1902 par Cardes (extrait du bulletin du SESA).

 

Du 20 au 27 avril 1579, le roi de Navarre Henri le futur Henri IV de France  séjournait au château de Marquein quand vint le rejoindre son épouse Marguerite de Valois (1553-1615) dite la reine Margot et sa mère Catherine de Médicis femme d'Henri II. Le but de cette mission dans la région, était d'établir une "Chambre de Justice en ce pays de Languedoc, et parachever un traité de paix", les conférences préparatoires se tinrent durant six jours à Saint-Michel de Lanès. Les États de Languedoc s'étaient réunis selon l'ordre de la reine-mère Catherine de Médicis et ils tenaient séance à Castelnaudary, sous la présidence de Monseigneur de Bardis, évêque de Saint-Papoul, ils se séparèrent le 4 mai 1579.

Henri IV fit au château de Marquein un séjour de quinze jours, avant de repartir pour Pau.

 

17 juillet 1689 date du testament de Marc-Antoine de Roquefort on découvre que quelques-uns d'entre eux furent ensevelis dans l'église du château, comme Antoine de Roquefort (27 décembre 1681) et son épouse Marie d'Arnave (30 mai 1681).

 

Charles de Roquefort-Marquein fut grand-prieur de Malte, à Toulouse, de 1747 à 1748 ; quand il mourut, il fut enseveli dans la chapelle de Saint-Jean, près de la Dalbade et les pierres qui formaient son tombeau, décorées de marbres de diverses couleurs où se voilent les armes de sa maison et des panoplies, sont conservées au musée de Toulouse.

L'accession de Charles de Roquefort-Marquein à la charge enviée de grand-prieur de Toulouse était la consécration de l'ancienne noblesse de sa famille, comme la construction du magnifique château de Dauphine de Montbrun était l'emblème de sa puissance. 

A la mort de Charles de Roquefort survenue au château de Marquein le 6 novembre 1748, le domaine de Marquein passe sur la tête de Pauline de la Tour, sa petite fille, représentée par Gabriel Florent de la Tour, son grand-père maternel.

Le château de Marquein, la façade Nord avec ses deux tours crénelées.

 

DESCRIPTION DU CHÂTEAU DE MARQUEIN

 

Le château de Marquein est demeuré tel que nous l'a laissé la Révolution, qui se contenta de faire marteler les rocs d'échiquier du blason des Roquefort, sculpté dans un panneau de pierre, au-dessus de la porte d'entrée, petite et basse sous son arc en anse de panier, mais plus facile à défendre, et surmontée de deux colonnes torses, d'un bel effet décoratif. Seuls, les anciens fossés et la contrescarpe ont disparu.

Imaginez la construction de ce château à l'époque féodale où les seigneurs ne cessaient de se faire la guerre entres eux, ce ne fut certainement pas facile pendant cette période troublée.

Le château de Marquein est un des rares châteaux de la Renaissance qui porte une date : 1539, et cette date est accompagnée du nom de la grande dame qui le fit construire. C'était Dauphine de Montbrun, veuve de Jean de Roquefort, seigneur de Marquein et coseigneur de Salles et de Saint-Michel de Lanès. Le château de Marquein fut achevé en 1554.

Le château de Marquein, la façade Nord avec ses deux tours crénelées.

Le château est situé sur un petit plateau, dominé à l'Est par une colline en pente douce, qui s'arrête brusquement aux abords d'un fossé dont la contrescarpe a disparu. Au Nord, le terrain s'incline lentement. Du côté Ouest, le terrain est presque horizontal et a reçu des constructions à usage d'exploitation rurale. Au Sud, il existe un terre-plein d'une largeur de quatorze mètres terminé par un versant rapide et presque à pic, au pied duquel coule un petit ruisseau.

La base du château est un parallélogramme régulier de 27,50 mètres par 18,50 mètres, avec à chacun de ses angles, une tour ronde d'un diamètre de 7,50 mètres.

Des meurtrières placées dans chacune des deux tours Nord et Sud commandent la porte d'entrée. Il en est de même pour les autres façades, où la disposition des meurtrières rend presque impossible toute tentative de pénétration immédiate par escalade ou par les croisées. Celles-ci sont munies de volets que des leviers en fer maintiennent solidement au dedans.

Le château de Marquein, la façade Sud.

La hauteur totale du château est de 26 mètres. Les murs extérieurs du château et ceux des tours, mesurent 1,40 mètre.

Des flèches en briques terminent les deux tours Sud et le faîte de la toiture du château. Les deux tours du côté Nord ne possèdent plus leurs toitures élancées. Des créneaux leur servent de couronnement.

Une aquarelle sur toile du XVIIème siècle, dans le corridor du rez-de-chaussée du château, représente une chasse avec vue du château. Dans cette aquarelle on voit que déjà à cette époque les deux tours au Nord étaient terminées par des toitures à pentes faibles et couvertes de tuiles plates de couleur rouge brique.

Croquis du fronton de la porte d'entrée et panonceaux du château de Marquein avant la Révolution (extrait du bulletin du SESA).

Zoom sur le croquis du fronton de la porte d'entrée avec la reconstitution du blason Roquefort Marquein (extrait du bulletin du SESA).

Concernant la porte d'entrée du château, le panneau avant la Révolution était sculpté avec les armes de la maison de Roquefort- Marquein. Pour rompre l'unité de la ligne droite un peu austère, l'architecte a construit la partie supérieure de la porte d'entrée en forme de voûte surbaissée. Il a disposé des deux côtés du panneau deux colonnes à torsades creuses qui prennent leur point d'appui sur des corbeaux qui arrêtent les moulures extérieures du cintre de la porte. L'effet obtenu est très gracieux.

 

Les fenêtres du rez-de chaussée de la façade du midi présentent la même ornementation à ligne droite, tandis que celles du premier étage qui sont encadrées dans des demi colonnes à forme ronde. Les unes et les autres sont à meneaux, de même grandeur et de même style. Les fenêtres des tours sont tantôt géminées et à demi-meneaux, tantôt simplement à demi-meneaux et de moitié grandeur que celles de la façade.

 

On pénètre dans le château par un escalier en pierre de taille se composant de onze marches avec rampe de pierre de Beaucaire, de construction récente. Car à l'époque féodale il en était autrement, il devait y avoir un accès mobile pour assurer la défense du château. Deux entailles pratiquées dans les pierres de taille de la tour et à droite de la porte d'entrée, indiquent que l'architecte avait prévu et organisé cette défense au moyen de madriers en bois.

La porte d'entrée donne accès à un large et long corridor. Derrière cette porte se trouve l'escalier d'honneur en pierre de taille et en forme d'escargot. Il occupe tout l'intérieur de la tour Sud-Ouest. A la hauteur du premier étage une niche a été pratiquée dans le mur pour l'éclairer au moyen d'une lampe ou d'une torche de cire.

Le château n'a qu'un rez-de-chaussée et un premier étage pouvant servir de logement. Au dessus du premier étage sont d'immenses combles couverts par une toiture en bois à pente presque verticale dont la hauteur prise au milieu de la salle mesure quatorze mètres au dessus du plancher.

 

Le rez-de-chaussée se compose de huit pièces, dont trois occupent les tours Sud-Est, Nord-Est et Nord-Ouest. Les autres ont leur porte d'entrée sur un second corridor perpendiculaire au grand corridor de service, les deux ayant la forme d'un T majuscule renversé.

Le salon de compagnie, appelé la salle basse (ou vaste) dans l'inventaire d'avril 1636 (Arch. de l'Aude, B2120: Inventaire des biens mobiliers et immobiliers de feu Sébastien de Roquefort-Marquein), a une entrée sur l'un et l'autre corridor. Cette salle qui a 16 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur pourrait être appelée la salle des fêtes.

De l'autre côté du corridor de service, qui divise intérieurement le château en deux parties égales, on entre, par une porte faisant face à celle du salon, dans la cuisine.

A côté de la cuisine et vers l'Est était située la pastandière, c'est-à-dire la chambre à pétrir. En face de la cuisine, prenant jour par une fenêtre exposée au Sud, était la pièce appelée la chambre jaune.

Les chambres des tours servaient de magasins d'armes et de débarras. L'une contenait les armes complètes du seigneur de Marquein. Plus tard, dans la seconde moitié du XVIIème siècle, la tour Nord-Est servira de chambre à Mademoiselle Victoire de Roquefort-Marquein, et prendra le nom de chambre de Mademoiselle.

Le château de Marquein émergeant à gauche de la végétation.

La salle d'honneur du château comprise entre quatre murailles avec ses fondations, serait le seul vestige de l'antique demeure des seigneurs de Marquein.

Les caves occupent seulement le sous-sol de la partie Nord-Ouest du château. On y accède par deux entrées, l'une extérieure, l'autre intérieure. Par celle extérieure, qui est la principale, on arrive aux caves par un corridor à fortes murailles construites en pierres et chaux et à voûte surbaissée construite en briques. Les voûtes des caves ont la même forme que celle de la porte d'entrée, aussi on ne peut douter qu'elles aient été élevées en même temps que le château. On est frappé par le corridor qui mène aux caves, comme, du reste, les corridors qui donnent accès aux salles du rez-de-chaussée et du premier étage, ait été aménagé sur un seul des côtés du château. Il en est de même quand on voit aboutir des murs de refend à la place où devrait se trouver une fenêtre, pour donner à la façade principale un aspect régulier.

Cet aménagement s'expliquerait par le fait que l'architecte chargé de la construction aurait voulu utiliser les murailles de l'ancienne Maison forte.

 

Au premier étage, les appartements sont disposés sur le même plan. On y accède non seulement par l'escalier d'honneur, mais encore par deux escaliers de service, disposés à droite et à gauche et vers le milieu du corridor qui coupe le château en deux parties presque égales. En 1636, les salles du premier étage portent les noms de chambre violette (nom dû à la couleur des rideaux du lit de l'époque), de salle haute, de chambre rouge, de chambre des Soldats que la légende loge dans les combles. Quelques-unes ne sont pas dénommées.

En 1902, une galerie des portraits de la famille de Roquefort-Marquein ornait la salle des fêtes du château ainsi que des tapisseries et aquarelles sur toile qui servaient de tentures au vestibule d'entrée.

Une vue aérienne du château de Marquein.

Dans le corridor qui conduit aux caves du château était creusé le puits destiné à l'alimentation en eau des habitants du château en cas de siège. On raconte que pendant la Révolution française, à la suite d'une dénonciation faite contre le "citoyen" Charles de Roquefort, un gendarme se présente au château pour le mettre en état d'arrestation. Les serviteurs du châtelain ayant pris son parti contre le représentant de la Loi, le gendarme fut précipité dans le puits et l'on n'entendit plus parler de lui. Chacun resta muet sur son malheureux sort. Ce ne fut que longtemps après la mort des propriétaires du château, et lorsque aux temps troublés de la Révolution eut succédé une ère de tranquillité, que la vérité se fit jour. Des recherches ordonnées par l'autorité judiciaire amenèrent la découverte de son cadavre dans le puits. Mais il était trop tard pour punir les coupables.

 

Les de Roquefort Marquein, sous le siècle de Louis XIV, avaient refusé de soumettre leur blason à l'enregistrement ordonné par l'édit de 1696. Donc leur blason ne figure pas dans l'armorial général d'Hozier.

 

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1972.

Au petit matin aux abords du château de Marquein.

 

LES SEIGNEURS DE MARQUEIN

 

Par le mariage d'Olivier (mariage qui eut lieu avant le 27 septembre 1387), fils de Vésian de Roquefort, seigneur d'Arignac (Ariège) et de Crampagnac (Ariège) et de N. de Durban (Ariège), avec Jeanne de Foix, fille de Corbeyran de Foix, seigneur de Foix et d'(Er)mengarde de Villar, la seigneurie de Marquein advint dans la maison de Roquefort. Dans son testament, en date du 14 juin 1443, damoiselle Jeanne de Foix lègue à son fils cette seigneurie qu'elle tenait du chef de sa mère.

 

La baronnie de Roquefort (commune du canton de Lavelanet en Ariège), dont les seigneurs de Marquein portent à présent le nom, était, à la fin du XVIIème siècle, possédée par la maison de Lévis-Mirepoix. Elle était située dans le comté de Foix.

Depuis, elle a été tenue et possédée par la famille de Roquefort et les ancêtres de la branche de Marquein jusqu'au 19 décembre 1620. A cette date, elle fut adjugée par arrêt rendu par la cour du parlement de Provence à la maison de Comenge, comme héritière de Françoise de Roquefort mariée à Mathieu de Comenges.

La branche de Marquein est, d'après l'étude de spécialistes, une branche cadette de la maison de Roquefort. Elle a pour chef Olivier II, fils de Roger et d'Isabeau de Bonne.

Olivier II de Roquefort, seigneur de Marquein, d'Arignac, La Bastide de Garderenouf, Saint-Léon de Caussidières, gouverneur de Leucate, capitaine de cinquante lances, fut marié à Hélène de Bruyères, dame de Chalabre, Puivert et Sonac qui ne figure dans aucune des généalogies publiées sur cette illustre famille du Chalabrais. Il habitait certainement la maison forte dénombrée le 24 juin 1464 par son père.

Olivier testa le 13 février 1515 et Hélène sa femme le 19 février 1522. Tous deux instituèrent pour leur héritier leur fils Jean Roger.

Olivier fut nommé  gouvernement de la place de Leucate le 31 mai 1514, par le cardinal de Narbonne. Il décéda avant 1520.

 
 

GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE ROQUEFORT-MARQUEIN

 

Blason de la famille de Roquefort de Marquein. Extrait de l'armorial général de France par Charles d'Hozier 1696.

Armes : Echiqueté d'argent et de sable au chef de gueules, chargé de 3 rochers d'argent à 3 coupeaux d'or avec deux griffons pour supports (B. N., Cabinet d'Hozier : 293, cote 8132)

 

La généalogie des maîtres du castel est compliquée.

On va surtout s'intéresser à la branche de Marquein qui est une branche cadette de la maison de Roquefort et qui a pour chef :

 

1- Olivier II de Roquefort, fils de Roger de Roquefort et d'Isabeau de Bonne ou plutôt à Alix de Bonne. Il épousa Hélène de Bruyères dame de Chalabre, Puivert et Sonac. Ils eurent trois enfants connus :

         1a- Jean Roger, qui fut seigneur de Marquein qui suit ; 

         1b- Gaston, marié à Dauphine de Montbrun (voir ci-après), mort sans enfants ;

         1c- Marguerite, mariée à Pierre III du Vivier, qui était veuf d'Isabeau de Durban.

 

1a- Jean Roger de Roquefort, seigneur et baron de Marquein, la Bastide de Garderenouf, Saint Léon de Caussidrères, Saint Michel de Lanès, épousa Dauphine de Montbrun. C'est lui qui  commença la construction du château de Marquein sa femme poursuivit la construction avec son fils Sébastien.

Concernant Dauphine de Montbrun, elle est la fille de demoiselle Françoise d'Abban et de Jean de Montbrun, seigneur de Roquecourbe-Rive-d'Aude mort vers 1515. Elle fit un premier mariage avec Gaston de Roquefort, après la mort de celui-ci, elle fit un second mariage avec le frère de son premier mari. Mariage qui fut autorisé par une bulle papale du 28 juillet 1517, accordant la dispense nécessaire. Ce second époux, était Jean Roger de Roquefort, il était seigneur de Marquein et coseigneur de Salles et de Saint-Michel de Lanès. Lors de l'assaut le 15 octobre 1521de Fontarabie en Espagne, Jean Roger de Roquefort Marquein fut blessé et mourut des suites de ses blessures. De ce second mariage naîtra deux fils connus :

 

1aa- François I de Roquefort qui succèdera à son père dans les biens paternels. François I de Roquefort, épousa le 27 janvier 1566 demoiselle Gabrielle de La Palu, fille de messire Gabriel de La Palu (+12 juillet 1565), gentilhomme de la chambre du roi, sénéchal de Castres, qui fut aussi capitaine du château de Quéribus. François de Roquefort, baron de Marquein, seigneur de Salles, rendit hommage, le 15 décembre 1550, pour ses biens situés en Lauraguais à Catherine de Médicis, comtesse de cet ancien pagus, érigé en comté par Louis XI en janvier 1477. En 1554, il présente aux Commissaires de la reine, comtesse du Lauraguais, le dénombrement de ses biens. Il décèdera vers 1595-1596.  Gabrielle de la Palu épousa en secondes noces le 30 octobre 1597 Antoine de Saint-Lary de Fiteria. Du premier mariage naîtra trois enfants : 

 

      1aaa - Jeanne Antoinette de Roquefort, mariée le 9 mai 1597 à noble Louis de Siran, seigneur de Cavanac.

 

        1aab- Jean-Sébastien I de Roquefort, baron de Marquein en 1539 (+ avril 1636 à Paris), qui épousa le 7 avril 1596 Antoinette de Lévezou de Vezins, fille de messire Antoine de Lévezou de Vezins, chevalier de l'Ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté, seigneur dudit Vezins et d'Engarrevagues et de Jeanne de Roquefort (1534- après 1604). Après la mort de son mari Antoinette se retira dans son château de Salles. Ils eurent cinq enfants :

                          1aaba- Marc-Antoine de Roquefort seigneur de Marquein, de Brassac et de Durfort. Marié à N…? de Durfort de Rouzines. Il mourut au château de Marquein le 12 avril 1696 il avait 98 ans environ. Il institua pour son héritier universel Antoine Joseph de Roquefort  son petit neveu. Il eut deux filles, dont Jeanne mariée à Me Samuel Bonnefous, maître-apothicaire, à Brassac ;

                          1aabb - Louis de Roquefort de La Palu, baron de Marquein, seigneur de Salles et de Brassac, avait épousé le 6 avril 1630, demoiselle Gabrielle de Roquefeuil, fille de messire Antoine de Roquefeuil, baron de Granval et Bésacoul, seigneur de Sauveterre, la Barthe, la Bastide-de-Ganatisse et de dame Marie de la Forest, dame de Grise, veuve de messire Christophe d'Urfé, comte de Châtillon et du Pont-de-Vellé. Gabrielle de Roquefeuil avait une sœur utérine : Marie d'Urfé. Louis décédera vers 1667-1668 qui suit ;

                          1aabc- François, seigneur de Salles, baron de Marquein, tué le 26 août 1622, au siège du Peyrat où il servait sous les ordres du comte de Caraman ;

                          1aabd- Diane, mariée à Jacques de Capriol, seigneur de Cuq;

                          1aabe - Françoise de Roquefort, dame de Marquein mariée avec Bertrand de Maurel seigneur d'Aragon (+10 février 1654) fils de Pierre de Maurel d'Aragon, seigneur d'Aragon, Reyssac, Roquefère, Villarlon et de Catherine de Franc.

        1aac – Sébastien, seigneur de Marquein mort sans enfants.

 

C'est une période où il y eut beaucoup de procès de successions dans la famille Roquefort Marquein.

 

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1aabb - Louis de Roquefort de La Palu, seigneur de Marquein puis à la mort de son père, il prit le titre de seigneur de Salles. Il épousa le 6 avril 1630 Gabrielle de Roquefeuil fille d'Antoine de Roquefeuil et de Marie La Forest. Il décédera entre 1667 et 1668. Ils eurent six enfants :

          1aabba – Louis Antoine Joseph de Roquefort La Palu  né le 20 août 1635 au château de  Brassac. Baron de Marquein, Granval en Albigeois, Salles, Besacoul, Saint-André d'Ustre et de la Fourre. Il épousa le 18 octobre 1658 Marie d'Arnave fille de messire Gaspard d'Arnave, baron d'Ornolac en Foix, de Vernioles, Cadarcet, coseigneur de Saverdun et Gardouch et de dame Claire de Sers. Louis Antoine décèdera à Gardoube le 27 décembre 1681 et fut enseveli dans l'église du château de Marquein. Sa femme Marie d'Arnave décédera au château de Marquein le 30 mars 1681. Ils eurent dix enfants : 

                          - Antoine Joseph de Roquefort, marié vers 1690 à Hyppolyte de Foix, il décède à Toulouse, sans enfants, le 21 février 1740, il avait 72 ans ;

                         - Barthélemy de Roquefort, seigneur de Grandval, il décède vers 1745. Il eut deux filles : Louise et Catherine ;

                         - Charles Louis Victor Auguste de Roquefort Marquein, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, grand prieur du prieuré de Toulouse, qui suit ;

                          - Louis de Roquefort, décédé célibataire le 7 novembre 1720 au château ;

                          - Autre Charles de Roquefort ;

                          - Marie de Roquefort qui épousa le 20 novembre 1686  Charles de Varaignes fils aîné de feu messire Louis de Varaignes, baron de Bélesta, de Gardouch et de dame Jeanne de Morlion et de Samensa. Il fut capitaine de cavalerie dans l'armée de Dauphin Etranger et maître de camp en 1703. Ils moururent tous les deux en 1716. Ils eurent deux enfants : Jean-Sébastien et Ludovic-Hippolyte, tous deux de Varaignes-Bélesta.

                        - Françoise de Roquefort, mariée à Joseph de Madron écuyer demeurant à Toulouse;

                        - Thérèse de Roquefort, née le 26 décembre 1676 à Toulouse ;

                        - Gabrielle de Roquefort ;

                        - Claire de Roquefort, mariée à Étienne de Foucault sieur de Mouzens.

 

          1aabbb - Antoinette de Roquefort Marquein née vers 1644, mariée en 1669 avec Clément de Clairac – Laroque (1644-1715) ils eurent pour enfants :

                         - Louis de Clairac né le 19 janvier 1671 dans la paroisse Saint Michel de Cordes ;

                        - Isabeau de Clairac sœur jumelle de Louis ;

                        - Jacques né le 1er mars 1670 ;

                        - Clément de Clairac née en 1674  épousa le 25 août 1715 Marie-Thérèse de Lordat +1729 ;

                        - Catherine de Clairac, épousa le 17 juillet 1715 Philippe Joseph de Roquefeuil-Cahuzac, 1er marquis de Roquefeuil-Cahuzac 1685-1735 ;

                        - Louise de Clairac née en 1681, épousa  le 29 novembre 1710 François de Regnaudin, seigneur de Cormier seigneur de Fondousse.

 

          1aabbc - Jean Sébastien II de Roquefort, seigneur de Salles et de Labastide-Gabausse, héritier universel de dame Marie d'Urfé. Il était encore vivant après janvier 1716. Il épousa en première noce le 2 novembre 1672 Françoise de Bonnéry et en secondes noces vers 1690 Anne de Varaignes, ils eurent pour enfant :

                                     - Jean de Roquefort Marquein marié le 29 juin 1700 avec Madeleine de Toulouse-Lautrec.

          1aabbd – Barthélemy, prêtre bachelier en théologie, prieur commendataire de l'hôpital de Granjoul ;

          1aabbe – Françoise, mariée le 6 mars 1666 avec François de Roger de Cahuzac de Caux ;

          1aabbf – Marie entrée en religion au couvent des Clarisses de Lavaur avant 1690.

 

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LE DERNIER SEIGNEUR DE SALLES ET DE MARQUEIN

Croquis du blason de Charles de Roquefort de Marquein (extrait du bulletin du SESA).

2 - Charles Louis Victor Auguste de Roquefort de Marquein, marquis de Marquein, baron de Salles, né vers 1710. Fils de Louis Antoine Joseph de Roquefort La Palu et de Marie d'Arnave (voir ci-dessus). Il a succédé comme seigneur de Marquein à son frère Barthélemy de Roquefort. Il faisait parti de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et fut grand prieur de 1747 à 1748 au prieuré hospitalier de Toulouse. Il fut aussi général des galères. On lui donne les armoiries celles des Rochefort d'Ailly. Il décède au château de Marquein le 6 novembre 1748. Il épousa le 9 janvier 1745 Marie Jacobe de Fontenu de Montauban née vers 1722, fille de Gaspard de Fontenu, commissaire général de la marine et de Jacob-Pétronille de Hochepied. Elle décèdera au château de Marquein le 5 décembre 1797 à l'âge de soixante-quinze ans. Ils eurent une fille :

 

    02a - Madeleine Pétronille de Roquefort Marquein, née le 14 juillet 1746 à Marquein, mariée le 13 avril 1767 avec Louis Philippe de Rigaud marquis de Vaudreuil (1724-1802). Elle décèdera en avril 1817 à Paris elle avait 70 ans. Ils eurent cinq enfants :

 

          02aa – Jean Charles Philippe Joachim de Rigaud de Vaudreuil, né le 30 juin 1769 au château de Marquein. Il fut colonel de la Cavalerie (+1848) ;

          02ab – Marie Louise Pétronille Madeleine de Rigaud de Vaudreuil (1772-1825). Elle épousa le 28 février 1790 au château de Revel Joseph Denis Édouard Bernard de La Tour d'Auvergne-Lauraguais ;

          02ac – Charlotte Thérèse Louise Hippolyte Joachime Marie Caroline de Rigaud de Vaudreuil (1787- ?) ;

          02ad – Louise Élisabeth Charles Marie de Rigaud de Vaudreuil, comtesse de Serrant  née le 23 novembre 1770 (+1825). Elle épousa en première noce le 6 octobre 1783 Jacques Godefroy Charles Sébastien Xavier Jean Joseph d'Izarn, de Freyssinet, de Valady. Il fut député de l'Aveyron à la Convention Nationale, condamné à mort comme girondin le 5 décembre 1794, il avait 26 ans. Elle se maria en seconde noce le 17 janvier 1795 avec Antoine Joseph Philippe Wals, comte de Serrant d'origine irlandaise. Lieutenant général des armées du Roi (1744+1817). Elle eut une relation en 1804 avec Napoléon Bonaparte, empereur des Français (1769-1821). Elle fut dame d'Honneur de l'Impératrice Joséphine de Beauharnais. Elle décède à Angers en 1831 elle avait 61 ans. Elle eut deux enfants : 

          - Victoire de Rigaud de Vaudreuil (1775-1815) mariée en 1795 avec Joseph de Rigaud de Vaudreuil, comte de Vaudreuil (1740-1817). Elle eut une relation en 1798 avec Louis VI Henri Joseph de Bourbon-Condé, Duc d'Enghien (1756-1830).

           - Valentine de Rigaud de Vaudreuil, (1814, +1887). 

          02ae - N….? , mariée au marquis de Ferreti.

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Diverses infos trouvées lors de mes recherches :

- Le 31 juillet 1670, lors de la liquidation des biens de feue dame Hippolyte d'Arnave et Ornolac, veuve de feu Jean-Georges de Foix, baron de Rabat, était présent, dame Marie d'Arnave, mariée au baron de Marquein.

- Le 9 août 1670, à la demande du mandataire du créancier, le notaire va au château de Marquein. Dans une des chambres, on trouve : "En premier lieu un grand coffre et bahut fermé à clef, laquelle clef ledit seigneur d'Ornolac a dit n'avoir point ; icelluy ouvert par un serrurier, a esté trouvé une robe de tabis (tissa de soie, plus couramment nommé atabi, du genre des camelots : celui-ci était orné de roses) à rosiers de ladite feue dame de Rabat, usée, etc."

- La sœur d'Elisabeth, Melle Hippolyte de Foix fille de Jean-Roger de Foix épouse le marquis Joseph de Rochefort Marquein fils de Louis Antoine Joseph de Roquefort La Palu.

- Elisabeth de Foix épouse le 19 juillet1691 Pierre de Montesquieu. Après le décès de son époux, qualifiée de baronne de la Gardiolle , la veuve de  Pierre de Montesquieu "marquis du Faget", demeurant à Toulouse, donne le 12 mars 1740 devant le notaire Rieux, à son beau frère Barthélemy de Roquefort de Marquein seigneur de Grandval, habitant au château de Marquein, les terres, baronnie et seigneurie de Durban et Clermont.

Blason de Barthélemy de Roquefort de Marquein, seigneur et percepteur de l'Hospitalet. Extrait de l'armorial général de France par Charles d'Hozier 1696.

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A la mort de Charles de Roquefort, le domaine de Marquein passe sur la tête de la comtesse Charlotte-Gabrielle-Madeleine-Pauline de la Tour d'Auvergne, arrière petite fille, âgée de six ans elle était représentée par Gabriel Florent de la Tour d'Auvergne (1735-1800) chevalier marquis de Saint-Paulet, son grand-père maternel qui habitait le château d'Auzeville près de Toulouse. Gabriel Florent de la Tour d'Auvergne  décède le 19 mai 1800, un nouveau tuteur fut nommé parmi les oncles paternels, le sieur de la Tour évêque d'Arras jouira des biens délaissés par Charles de Roquefort.

En juillet 1801, à la suite d'un procès contre Pauline de la Tour d'Auvergne au sujet de cette succession, le château de Marquein et de la Salles sont en possession de Marie Louise Pétronille Madeleine de Rigaud de Vaudreuil.

En 1840, il passe des mains de Philippe de Rigaud de Vaudreuil à celles du colonel Paul-Marie Sol de Marquein, qui a restauré le château et l'a remis en l'état où il demeurait encore au début du XXème siècle.

Enfin, à la mort de l'héritier, Georges Adrien Sol de Marquein, conseiller général de l'Aude (2 avril 1898), fils du colonel Paul-Marie Sol de Marquein, le château est devenu la propriété du fils mineur de M. Émile Hérisson Laparre (né en 1859), ingénieur des poudres à Toulouse, il décèdera le 22 juillet 1925.

Au début du XXème siècle le château était la propriété de M. le baron de Rivières.

 

Le château de Marquein, sa façade Sud

Le château de Fajac la Relenque en briques rouges typiques du Lauragais juché sur une colline avoisinante. Ce château est situé à quelques kilomètres au Sud du village de Marquein le long de la D7. Je n'ai aucune information historique concernant celui-ci.
 
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La stèle de Marquein : que représente le symbolisme de ces douze perles entourant cette croix grecque ? Rappelle-t-il les douze signes du zodiaque, ou les douze mois de l'année ? Plus tard, dans la symbolique chrétienne, faut-il y voir l'évocation des douze apôtres ? Ces groupements de trois se rapportent-ils à la Trinité ? Plusieurs auteurs ont fait observer la ressemblance entre les motifs portés sur des monnaies wisigothiques et ceux de certaines stèles. C'est vrai, également, pour des monnaies d'autres origines. La stèle de Marquein datant du XIIème siècle représente une croix grecque cantonnée de douze besans, (besans : pièces d'or ou d'argent frappées à Byzance, elles représentent l'abondance).

Croquis réalisé par Fzancesc de la stèle de Marquein.

 

Voici quelques photos anciennes du château de Marquein qui feront plaisirs aux amateurs :

Le château de Marquein, la façade principale côté Sud avec son porche d'entrée, en 1920.

Le château de Marquein, le côté Est et Nord avec les deux tours crénelées, en 1920.

Le château de Marquein, la façade principale côté Sud avec son porche d'entrée, en 1900-1905.

Le château de Marquein, la façade côté Ouest et l'accès au porche d'entrée, en 1905.

Le château de Marquein, la façade côté Ouest et l'accès au porche d'entrée, en 1905.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

- "Voyage de Castelnaudary au château de Marquein", Henry Mullot (extrait de cet ouvrage). Dans son livre "Voyage de Castelnaudary au château de Marquein", Henry Mullot a fait, une étude minutieuse du château de Marquein, c'est dommage, malheureusement cet ouvrage est introuvable ou, il attend sur le rayonnage d'une bibliothèque qu'un érudit s'intéresse à lui.

- Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France 1906.

- La revue de L'Auta avec cette devise : Que bufo un cop cado més (Plus d'une fois chaque souffle) numéro 93.

- La revue de l'Agenais et des anciennes provinces du Sud-Ouest, société des sciences, lettres et arts d'Agen Tome XXVII-1900.

 

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 février 2016

Voici un reportage un peu particulier qui vous ne laissera pas indifférent et qui va très certainement vous intéresser. Cela faisait un moment que je voulais traiter ce sujet qui a trait aussi au patrimoine, c'est chose faite. Je vous laisse découvrir ce qui passionne certains lors de leurs randonnées. N'hésitez pas à laisser vos commentaires, je vous souhaite une bonne lecture et que cela vous donne l'idée de bonnes balades. 

 

FLEUR DE LYS GRAVÉE SUR UN CŒUR DE PIERRE

HISTOIRE DES PIERRES GRAVÉES FLEURDELISÉES, BORNES GRAVÉES 

Fleur de lys et numéro du secteur, gravés sur le rocher délimitant une forêt royale.

Vous avez tous entendus parler de bornes routières royales ou milliaires, de bornes frontières ou encore de bornes des forêts royales partout en France. Ce reportage sera surtout consacré à ces dernières, les bornes délimitant les forêts royales en Ariège et dans l'Aude. Je dirai quand même un mot sur les autres bornes de cette même période de notre histoire, à la fin de ce reportage qui se veut sans prétention.

Au hasard de vos promenades en forêt, vous pouvez trouver parfois d’étranges marques faites sur des roches ou sur des pierres dressées comme des croix pattées, fleurs de lys, blason seigneurial, armes du Roussillon ou autres symboles.

La fleur de lys est un symbole marial pré-héraldique, elle est devenue à partir du Moyen Age, d'or sur champ d´azur, l´emblème de la royauté française. Il s´agit également de l´un des plus anciens emblèmes au monde. En l'an 2 révolutionnaire, c'est-à-dire le 4 juillet 1793, toutes les fleurs de Lys évoquant la royauté et la religion sont proscrites. La majorité des fleurs de Lys seront burinées.

 

Zone où se situe cette aventure de passionnés.

Savez vous qu'il y a des passionnés qui partent à la "chasse au trésor", leur trésor c'est rechercher et trouver ces bornes fleurdelisées uniquement pour le plaisir, de les prendre en photo et de les répertorier à leur tableau de chasse. Ces Sherlock de la randonnée se sont fixés un but non lucratif, alliant plaisir et passion, pourquoi pas.

Ces Sherlock peuvent m'écrire et m'envoyer leurs photos je me ferai un plaisir de les rajouter à ce reportage. Si vous détenez des infos sur ces bornes royales partagez vos infos.

 

DÉCOUVERTE D'UN PATRIMOINE SECRET DE L'AUDE

 

Extrait de carte IGN, sentier du Basqui près du village de Comus, le long de ce sentier il y a de nombreuses fleurs de lys gravées sur la roche, voir les photos ci-après. Pour plus de détails, ce sentier a déjà fait l'objet d'un reportage randonnée voir ICI.

On peut retrouver des indications de rochers marqués d'une fleur de lys ou d'une croix le long du sentier du Basqui sur les feuilles cadastrales, comme ici, pour le village de Montségur (Ariège). J'ai grossi volontairement l'indication en rouge.

Après avoir interrogé différents services de l'ONF, de l'IGN, et les archives départementales de l'Aude et de l'Ariège, il n'existe pas à proprement parlé de carte d'implantation de ces bornes royales. Il existe aux AD des cartes d'arpentage datant de 1730, si j'ai l'autorisation de les publier, je vous en présenterai quelques unes à la fin du reportage.

Sentier du Basqui (carte ci-dessus), fleur de lys gravée sur la roche au point B le long du torrent.

Sentier du Basqui, zoom sur la fleur de lys gravée sur la roche au point B le long du torrent.

Sentier du Basqui, fleur de lys et le numéro du secteur, gravés sur la roche au point A le long du torrent.

Sentier du Basqui, une autre fleur de lys repérée, gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, encore une fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, zoom sur la photo précédente, fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Extrait de carte IGN, forêt au Nord du village de Prades (Ariège) voir photos ci-après, des découvertes de Catherine Cavernes.

On peut retrouver des indications de rochers marqués d'une fleur de lys ou d'une croix sur les feuilles cadastrales, comme ici pour le village de Prades (Ariège). 

La barre rocheuse de Scaramus près du village de Prades (Ariège).

 

Vous voilà au pied du rocher gravé d'une fleur de lys au rocher de Scaramus à coté de la croix de la Reine Margaux (que l'on aperçoit sur la photo de gauche). Étonnant de graver une fleur de lys à cet endroit et surtout bravo pour la trouvaille ! Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur le rocher de Scaramus. On a du mal à distinguer la sculpture d'une fleur de lys mais elle est bien là ! 

  

Au font d'Andouze au Pla des Sept Cases au dessus de celle de l'Ourza. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur la gravure de cette fleur de lys au font d'Andouze au Pla des Sept Cases.

Toujours dans le même secteur, au pic de Fourcat (altitude 1929m) situé au Nord-Ouest de Prades (Ariège), rocher sculpté d'une croix d'Aragon faisant office de borne royale.

 

Photo de gauche, un rocher qui recèle une sculpture ! A droite, ce rocher gravé d'une fleur de lys dans la forêt Pla des Sept Cases (1521m) à l'Ouest du village de Prades (Ariège). Le départ du chemin de randonnée qui y mène se situe au col de Marmare sur la D613 (1361m). Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Autres photos de ce rocher gravé d'une fleur de lys dans la forêt Pla des Sept Cases (1521m).Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

A gauche, ce rocher peut vous paraître anodin, et pourtant sur une de ses faces, il faut être observateur ...à droite sur le dessus de ce rocher, il y a une grande fleur de lys gravée. Cette borne est située aussi en lisière de forêt au Pla des Sept Cases à l'Ouest du village de Prades (Ariège). Cliquez sur les photos pour agrandir.

 Sur cette photo on distingue mieux la gravure fleur de lys de cette borne est située en lisière de forêt au Pla des Sept Cases à l'Ouest du village de Prades (Ariège).

Extrait de carte IGN dans le secteur du village de Roquefeuil (Aude) il y aurait une borne gravée d'une fleur de lys, malheureusement je n'ai pas de photo, si vous la trouvez ...

Croix d'Aragon sur la commune de Bélesta (Pyrénées Orientales) située à la frontière au Sud en bordure de la commune d'Ille sur Têt (Pyrénées Orientales).

 

BORNAGE DES FORÊTS ROYALES

Les bornes en pierre, sculptées d'une fleur de Lys, marques de la royauté, sont des bornes très rares que l’on peut encore trouver dans l'Aude notamment au Pays de Sault et en Ariège. Elles sont à préserver, surtout ne pas les déplacer ni les détériorer. Ces bornes sont des joyaux de notre patrimoine historique, elles fixaient les limites des forêts royales.

La gravure est en général une fleur de Lys de la royauté et parfois accompagnée d'un blason seigneurial, on trouve aussi un numéro ou une lettre majuscule gravés sur ces pierres.

Il faut savoir que normalement chaque borne fait l'objet d'un procès-verbal de bornage détaillé établi par le garde forestier.

Le bornage détermine la propriété de chacun ; la confirme dans son intégrité ; il a pour objet d'empêcher ou de réprimer les empiétements ; il fait cesser la promiscuité et forme la garantie et comme le couronnement de la propriété immobilière. Le bornage n'intéresse pas seulement les particuliers, l'ordre public y est aussi éminemment engagé.

 

Ci-dessous je vous présente trois cartes d'arpentage du XVIIIème siècle avec l'autorisation des archives départementales de l'Aude.

Carte d'arpentage délimitant les forêts royales de la Beunague et de Frechenouse situées dans le consulat du village de Roquefeuil (Aude) au Pays de Sault. Elle date du 27 mars 1741.

Carte d'arpentage de la forêt royale des Fanges au Sud-Est de Quillan, elle date du 19 août 1737. Elle a été réalisée par l'arpenteur royal Pierre Louis Veliey. elle a été complétée jusqu'au 10 mars 1750.

Carte d'arpentage des forêts royales de Coumefrede Picausel et Callong situées au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault, le mesurage a débuté le 28 novembre 1737 et la carte date du 10 février 1740. Elle a été réalisée par l'arpenteur royal Pierre Louis Veliey. 

Les actes répertoriant ces bornages sont des livres-terriers, ce sont surtout des livres d'impôts, pareils à ceux qui ont existé chez les peuples les plus anciens, sous des formes diverses. On trouve des traces de ces livres dans les tables de recensement de la Gaule aux IVème et Vème siècles. Dès 1280, Philippe le Hardi avait réglementé la délivrance du bois aux usagers. En 1291, Philippe le Bel crée un corps de Maîtres des Eaux et Forêts répartiteurs et surveillants. En 1346, Philippe VI promulgue "l'ordonnance de Brunoy", genre de premier code royal forestier. 

Pendant les guerres de religion et, ipso facto, l'affaiblissement du pouvoir royal, s'ensuivit la possibilité pour les paysans de se servir sans répression.

Charles V en 1359, Henri IV en 1604, le ministre Colbert en 1669 comme nous le verrons plus loin, ont fait faire ce que nous appelons aujourd'hui les opérations cadastrales.

Ces bornes ou rochers sculptés d'une fleur de lys dateraient des années 1670 environ, suite à la parution de l’Ordonnance des Eaux et Forêts en 1669 comme nous le verrons plus loin.

Comme le stipule l'instruction abrégée pour les gardes des Eaux et forêts du département de Languedoc, Guyenne, Bearn et Navarre rédigée par Monsieur Louis de Froidour en 1683, les gardes forestiers étaient obligés de faire un rapport tous les trois mois sur l'état de ces bornes.

Instruction abrégée pour les gardes des eaux et forêts par Louis de Froidour datant de 1683.

La rareté des procès-verbaux concernant les bornes du Pays de Sault dans l'Aude :

Ici encore, les procès-verbaux sont rares on n'en trouve qu'en1761, 1771, 1776 et pour des secteurs forestiers limités, alors que les textes prévoyaient que les gardes devaient dresser l'état des bornes et des fossés tous les trois mois.

Le 9 février1761, deux bornes sont arrachées, mais laissées sur place, deux autres sont coupées par le milieu, entre la forêt de Coumefrède et celle, privée, de Puivert. La situation est plus grave sur la lisière de Coumefrède : toutes les bornes qui séparent la forêt des broussailles ont été enlevées. Il est vrai que c'est, là, un secteur traditionnel de défrichements. En 1771, toutes les bornes de Callong et de Picaussel, les forêts les mieux surveillées, sont en bon état, tandis que, sur les limites de Canelle et de Niave, plusieurs sont écroulées, arrachées, enlevées, coupées, renversées. Enfin, le 21 septembre1776, dans les forêts d'Aspre et de Niort, les gardes décrivent une situation à peu près identique.

Le corps des gardes forestiers, compte huit membres en 1671 pour l'ensemble de la maîtrise de Quillan. Dans les années 1720-1730, on trouve un garde à Belvis, quatre à Niort un à Bessède, sur le plateau sud du Pays de Sault, et un au Bousquet, dans le Roquefortès, soit sept gardes en tout pour la région. Le règlement de 1754 fixe à 16, pour l'ensemble de la maîtrise, le nombre des gardes. Cette structure restera inchangée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Plaque de garde forestier.

Première Réformation forestière en Languedoc.

En 1561, Laurens de Papus, lieutenant-général en la maîtrise des eaux et forêts de Languedoc, résidant à Toulouse, vient à Quillan sur la réquisition du Procureur du Roi en ladite maîtrise, et, du 2 juillet au 11 août 1561, procède à une visite complète des bois du Pays de Sault et à une information régulière contre les principaux détenteurs précaires, usurpateurs et dégradateurs des forêts du roi.

Le seigneur de Lhera est accusé d'usurpation des limites des forêts du roi le 18 juillet 1561, le procureur tranchera et imposera les limites, extrait du "Répertoire de Législation et de Jurisprudence forestières Tome 29, année 1896" :

"Au col de Tadel on plante une borne prise d'un rocher en ce lieu sur lequel roc on grave une fleur de lys, et, sur un avet (sapin) une croix, et entre le rocher et le sapin est un chemin qui sépare le roi au midi du seigneur de Lhera au nord".

Borne fleurdelisée située sur le territoire de Camurac (Aude).

Extrait du Règlement forestier de 1828, suite à une lettre du 23 janvier 1828 de M. Le directeur Général des Forêts à un conservateur, il pose cette question parmi d'autres :

Le Directeur : "Quelle sera la forme des bornes à employer ?"

Réponse du Conservateur : "Celle des bornes de périmètre, les seules dont il s'agit ici, se trouve déterminée par l'art. 82 de l'Instruction du 7 juillet 1824".

 

On peut lire page 93 dans le Traité de l'aménagement des forêts enseigné à l'école royale forestière datant de 1837 au chapitre Soumissions des arpenteurs :  "la confection des plans sera évaluée à l'heure ; l'ouverture des fossés et le tracé des routes au mètre courant ; et le prix des bornes sera fixé à raison des dimensions à leur donner, en y comptant les frais de transport et de plantation (Instruction du 7 juillet 1824, art. 16).

Lorsqu'on emploie des pierres - bornes, on leur donne la forme déterminée par l'art. 82 de l'instruction du 7 juillet 1824.

Dommage, je n'ai pas pu mettre la main sur cette instruction du 7 juillet 1824 qui contient des informations intéressantes.

 

LOUIS DE FROIDOUR, LA VIE D'UN HOMME QUI RÉFORMA LA GESTION DE NOS FORÊTS, UN GRAND NOM DANS L'HISTOIRE FORESTIÈRE LOCALE :

Au XVIème siècle, les forêts françaises sont dévastées, une réglementation pour une gestion rigoureuse des forêts est nécessaire. Et pourtant, édits, lois et règlements s'accumulaient depuis des siècles. Les premières ordonnances parurent en 1302 et 1318. Auparavant, nul n'avait songé, semble-t-il, à limiter les défrichements. Philippe V le Long, Jean le Bon, Charles V prennent des mesures. Mais, de Charles VI à François Ier, c'est l'incurie. François Ier en 1554, Charles IX en 1563 et 1573, Henri IV en 1587 et 1588 essaient de réagir. Henri IV, qui venait de réunir la Navarre à la France, voulut  "pourvoir à cette dilapidation". En 1596, à Rouen, pendant la tenue de l'Assemblée des Etats généraux, il réunit à cet effet plusieurs officiers des eaux et forêts. Il fit un édit spécial, en 1597, pour la Grande Maîtrise de Toulouse. Mais il fut difficile aux officiers forestiers de le faire admettre.

Estampe, portrait de Jean Baptiste Colbert, Marquis de Seignelayné le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, il est un des principaux ministres de Louis XIV. Contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683 (archives BNF).

Colbert ministre du roi Louis XIV va régler ce problème majeur grâce à un homme : Louis de Froidour.

Louis de Froidour disait de lui-même : "Je suis un homme curieux qui s'est appliqué à tout voir et tout connaître afin que rien ne pût échapper à sa connaissance".

Louis de Froidour est né vers 1625 à La Fère (Aisne), écuyer du roi, seigneur de Serilly, en 1651, il a 26 ans, il est nommé lieutenant général des Eaux et Forêts au bailliage de la Fère.

Il est remarqué par M. de Choiseul qui lui accorde sa protection, et le recommande à Colbert. En 1654, il rencontre pour la première fois Colbert alors ministre de Louis XIV (intendant de finances puis contrôleur général des finances ayant le département des bois de 1665 à 1683).

 

LE TRISTE BILAN DE 1661 SUR LA FORÊT :

En 1661, l'avocat général des Eaux et Forêts de France, le sieur Levassor, adressait à Colbert  une lettre et un mémoire alarmant sur la situation forestière de la France, celui-ci décida de lancer une grande réforme des forêts du Royaume.

Dès le 15 octobre 1661, Colbert obtient du conseil d'état, le premier acte de sa grande réformation des forêts royales, qui consiste à les fermer et à suspendre tous les anciens droits d'exploitation, ce qui fragilise la survie d'une population paysanne et forestière (bucherons, charbonniers) qui en profitait jusque là, ainsi que la Marine royale qui exploite également ces richesses en se réservant des arbres choisis, notamment les arbres de futaie, pour la construction des bateaux.

 

En 1662, Colbert nomma Louis de Froidour en tant que commissaire réformateur des forêts du Languedoc, Rouergue, Quercy, Navarre, Béarn, provinces pyrénéennes et Angoumois.

Louis de Froidour aura un travail à la fois juridique et économique à réaliser.

Dans les Pyrénées et en Auvergne, des milliers de plans d'inventaire seront adressés à Colbert par Louis de Froidour de Sérizy, même si au début la tâche s'avère immense, car il doit recenser tous les titres de propriété et la façon dont ils sont utilisés, ce qui l'amène à découvrir de nombreuses preuves de concussion.

A la suite de cette étude et bilan, en 1663, paraîtra une instruction de Colbert aux Commissaires réformateurs, concernant les forêts appartenant au clergé, sur lesquelles le roi a désormais "droit de gruerie", ce qui permet de multiplier par vingt les recettes des forêts royales, passant de 50.323 livres en 1662 à 1,05 million de livres en vingt ans.

Bornes avec sur la face Nord des blasons gravés délimitant la forêt royale au col de Roquefort.

Bornes avec sur la face Sud des fleurs de lys gravées délimitant la forêt royale au col de Roquefort.

Nommé commissaire le 6 mars 1666, Froidour devint grand-maître en 1673.

Donc le 8 août 1666, il prend ses fonctions à Toulouse en qualité de commissaire député pour la réformation des forêts et visite une par une les forêts royales de la maîtrise de Toulouse (Haute-Garonne, Gers, Tarn et une partie de l’Aude). Il fit aussi la visite du comté de Foix, du Couserans, du Comminges et d’une partie de la Bigorre.

Les forêts sont "en grand état de ruine" avec des troncs morts ou vivants coupés à hauteur d'homme par les paysans pour leur consommation. Le bois de feu est parfois vendu, le bois de débit est dessouché et tout le reste est considéré comme bois d'usage. Les riverains sont déjà révoltés contre les initiatives de Froidour qui essaiera de ramener le calme en outrepassant même ses droits et en légiférant contre les intérêts royaux. Ici et là se réveillent des amorces de jacqueries prémonitoires. Colbert reconstitue le patrimoine au maximum et précise que pour les "bois de marine", de la Royale il est "interdit aux habitants des Pyrénées, de Bayonne à Perpignan, de faire aucune coupe dans les futaies", (pour information, une frégate de 74 canons nécessitait 3700 arbres).

Borne située sur Gébets ou Gébetz, c'est un bois où autrefois il y avait le village d'origine de la commune de Mérial (Aude) au Pays de Sault, l'archevêque de Narbonne en était alors le seigneur. Il fut ruiné entre le XIIème et le XIVème siècle. Cette borne porte le symbole d'un propriétaire terrien.

Autre borne située dans la forêt Gébets ou Gébetz, à l'ouest du village de Mérial (Aude) au Pays de Sault. Celle-ci porte un numéro de repère cadastral.

Fréquemment les cochons des paysans sans terre vivaient de manière semi-sauvage dans la forêt communale ou royale où ils se nourrissaient de glands et de jeunes pousses, ce qui entraînait sa déforestation. Les communautés villageoises des Pyrénées avaient également l'habitude de déforester pour créer de nouveaux pâturages ou pour en vendre le bois et contribuer ainsi aux besoins collectifs.

Une réorganisation des forêts de la grande Maîtrise de Toulouse, est entreprise de manière à en améliorer le rendement et à mettre le holà dans les habitudes que les habitants ont prises d'aller s'y servir librement en bois de construction et de chauffage. L'objectif est d'améliorer le rendement et notamment de rompre avec les droits locaux qui permettent aux habitants de s'y servir librement en bois de construction et de chauffage. 

Borne royale gravée d'une fleur de lys du côté de Rodome (Aude).

Autre borne royale gravée d'une croix d'Aragon du côté de Rodome (Aude).

De plus, en Ariège, une activité locale de production de fer, très atomisée avec des forges "à la catalane", y consomme également une énorme quantité de bois, sous forme de charbon de bois, à défaut de charbon de terre et de hauts-fourneaux. De plus, la consommation est anarchique, et le domaine boisé est donc globalement mis en danger. L'exploitation des plus beaux arbres destinés à la mâture, peut entrainer le sacrifice de clairières entières.

Louis de Froidour s'enquiert des nombreux droits des communes et des seigneuries, en fait une nouvelle répartition garantissant tant les approvisionnements des arsenaux de la Marine que la satisfaction des besoins locaux. Des coupes raisonnées tous les 20 ans permettent de produire de façon optimale, tout en laissant les plus beaux arbres de mâture, soigneusement marqués et identifiés, qui peuvent devenir centenaires. Il systématise le replantage des forêts abattues.

 

Il publie en 1668 son Instruction pour les ventes des bois du Roy, et un manuel technique largement repris par les rédacteurs de l’ordonnance royale de 1669 sur les Eaux et Forêts. Il crée une maîtrise particulière du Comminges dont le siège est fixé à Saint-Gaudens. Il dresse des procès verbaux de leur aménagement, qui auront force de loi, jusqu'à la publication de l'ordonnance de 1669.

Conférence de l'ordonnance de Louis XIV du mois d'août 1669. Tome 1 d'un ouvrage datant de 1725.

En 1669, parution de l’Ordonnance des Eaux et Forêts concernant les fonctions et devoirs des gardes et traité pour servir d’instruction aux gardes des Eaux et Forêts, pêches et chasses du département de la Grande Maîtrise de Toulouse. Elle sera rééditée durant tout l’ancien régime pour la formation des gardes forestiers. Cette ordonnance de 1669 restera en vigueur jusqu'à la promulgation en 1829 du Code forestier qui nous régit.

 

A partir de 1669, le travail des arpenteurs est engagé, des procès-verbaux d'arpentage et des plans forestiers sont réalisés. C'est à cette période que les bornes fleurdelisées vont faire leur apparition des les forêts royales. 

Pour réaliser les plans l'unité employée est la perche (la perche vaut 3,15 m, l'arpent 0,56 ha). Une échelle accompagne le plan. Mais rien ne dit comment ces mesures sont prises sur le terrain. Sans doute en utilisant une chaîne. Mais on est en montagne, sur des versants souvent escarpés. Les arpenteurs ont l'habitude de travailler en plaine. Ils ne transforment pas les mesures comme ils devraient le faire pour tenir compte de la pente. Les distances sont ainsi accentuées par rapport à la réalité. Quant aux angles, ils étaient seulement estimés.

Borne royale gravée d'une belle fleur de lys.

Le roi nomma Louis de Froidour grand maître à Toulouse sans lui faire payer son office "C’est une marque de satisfaction que Sa Majesté a des services que vous lui avez rendus" lui écrit alors Colbert. Puis jusqu’en 1674, il est envoyé réformer les forêts de la maîtrise d’Angoulême, proches de l’arsenal royal de Rochefort.

Le 6 septembre 1683 à Paris, décès de Jean-Baptiste Colbert.

Louis de Froidour souffrant de la goutte, décèdera le 11 octobre 1685 à Toulouse. Il sera inhumé dans la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, à côté de son ami Pierre Paul Riquet, au pied du pilier d'Orléans, aucune plaque n'indique son nom.

Son successeur, Dralet, sous l'Empire, dira qu'il a sauvé la forêt pyrénéenne.

Henri Louis Duhamel du Monceau et Buffon prendront sa suite pour tenter d'appliquer de nouveaux procédés scientifiques, destinés à améliorer les techniques forestières.

Malgré cette ordonnance et le code forestier, la pression des prélèvements sur les forêts perdure une grande partie du XIXème siècle, époque où se combinent maximum démographique dans les zones rurales et augmentation exponentielle des besoins de l’industrie et du bâtiment. Les paysans ont un besoin vital de pâturages pendant que les urbains consomment charbon de bois et bois d’oeuvre. Notamment dans les régions montagnardes, la forêt est l’enjeu de nombreux conflits. Avec l’exode rural, la fin du XIXème siècle voit un apaisement.

 Bivouac de gardes forestiers dessin réalisé par Daguzan Léon Victor 1821-1911 (Bibliothèque municipale de Toulouse). 

LA GUERRE DES DEMOISELLES

Je ne pouvais pas parler de l'histoire des forêts, sans aborder ce type de la lutte anti forestière par son refus de renoncer aux archaïques droits d'usage.

L'intervention de Charles X par la loi du 21 mai 1827, promulguée en 1829 sous le nom de Code forestier allait, tout au moins dans l'Ariège, mettre le feu aux poudres. Il comprenait de nombreux articles aberrants contraignants et difficilement applicables. Cela déboucha sur la guerre des Demoiselles, une rébellion ayant lieu en Ariège de 1829 à 1832, et se prolongeant de façon moins intense jusqu'en 1872. C'est à partir de l'été 1830, que les actions seront les plus violentes et s'étendront à toute l'Ariège. C'est le mouvement de contestation le plus connu parmi ceux qui se développent dans les Pyrénées au XIXème siècle. La Jacquerie des Demoiselles qui embarrassera les pouvoirs publics pendant environ 40 ans avec plus ou moins de virulence est une étape dans l'histoire de la forêt.

La guerre des Demoiselles doit son nom au fait que les paysans apparaissent déguisés en femmes, avec de longues chemises blanches ou des peaux de moutons, des foulards ou des perruques, le visage noirci ou caché pour attaquer, la nuit les grands propriétaires, les gardes forestiers et gendarmes, les maîtres de forges et les charbonniers.

 

En 1877, la IIIème République, rattache la direction des Forêts au ministère de l’Agriculture. En haute montagne, le déboisement, qui provoque des ravinements et des inondations torrentielles catastrophiques, justifie la création d’une nouvelle politique de restauration des terrains en montagne avec la loi de 1882.

En 1966, création de l’Office National des Forêts (l'ONF), chargé de gérer la forêt publique.

LES BORNES TERRITORIALES

Description des bornes : Arrêté publié en 1804, qui prescrit l'abornement des Territoires de toutes les Communes des départements. Extrait de la collection de lois, arrêtés, instructions et circulaires relatifs à l'arpentement et à l'expertise des communes 26 vendémiaire an XII.

Vu l'instruction donnée par le ministre des finances, le 3 frimaire an 11 (24 nov.1802), pour l'exécution de l'arrêté des Consuls du 12 brumaire précédent (3 nov.1802), par laquelle il recommande aux préfets de prescrire aux maires de faire poser des bornes de séparation dans toutes les communes qui n'ont pas de limites naturelles , telles que rivières , ruisseaux, fossés invariables, etc.

L'article Ier dit ceci :

Les bornes qui seront employées, devront être en pierre de taille *, et avoir 1 mètre 5 palmes de hauteur ; elles seront plantées à la profondeur de 9 palmes. La portion de la borne qui restera hors de terre, et qui devra être élevée de 6 palmes, sera carrée et taillée de manière que la partie supérieure présente une surface unie de 2 palmes 4 doigts carrés, et qu'en sortant de terre chaque côté ait 3 palmes de largeur. 

Article II : Sur chaque côté de la borne seront gravées les lettres initiales des deux noms des communes dont elle séparera les territoires ; au-dessous, et à un palme de distance, les lettres initiales des sections ; et plus bas sera gravé le numéro d'ordre de la borne. Au-dessus de la borne, et seulement lorsqu'elle sera placée et invariablement fixée, il sera tracé un guidon qui indiquera la direction à suivre pour arriver d'une borne à l'autre. Les lettres initiales et les guidons seront gravés à la profondeur d'un doigt.

 

* Les pierres n'étant pas également communes dans toutes les contrées, le ministre a pensé qu'en tenant rigoureusement à ce que l'abornement fût fait en pierres de taille , il en pourrait résulter une dépense trop forte : en conséquence, et sur les représentations qui lui ont été faites par MM. les préfets de plusieurs départements , son Excellence a autorisé, dans les uns, l'usage des pierres brutes, ou des bornes de bois, et elle a consenti , pour les autres, qu'il fût posé des bornes seulement aux endroits les plus nécessaires, tels que les extrémités de la base et les principaux points du périmètre qui séparent plusieurs territoires.

 

LES BORNES ROUTIÈRES OU MILLIAIRES

Les bornes routières ou milliaires se trouvent un peu partout en France. Ce bornage à la romaine de nos grandes routes royales a été réalisé entre 1768 et 1769. Ces bornes sculptées d'une fleur de lys étaient disposées toutes les milles toise (1948 m) au lieu des mille doubles pour les romaines (1481 m). On rencontre encore beaucoup ces bornes dans la traversée des forêts où les routes anciennes ont été généralement préservées.

Les bornes royales à la fin du XVIIIème siècle ne donnaient guère d'indications de direction aux voyageurs et leur permettaient seulement de se situer, quelque peu, en fonction de leur distance à Paris. La plupart  de ces bornes ont disparu ou parfois elles terminent leur vie dans un musée d'histoire locale.

Borne milliaire romaine d'Alba Helviorum en Ardèche, datée de 145. Elle est exposée au musée archéologique national.

Dans la Rome antique, les bornes milliaires (en latin miliaria au pluriel, milliarium au singulier) étaient des bornes routières en pierre généralement en forme de colonne portant une inscription et destinées à marquer les distances sur le tracé des principales voies romaines d'Italie et des provinces romaines. Comme leur nom l'indique, les distances étaient mesurées en milles romains, soit environ 1 481 mètres. Toutefois dans les provinces gauloises les distances peuvent parfois être exprimées en lieues ; on parle alors de borne leugaire.

Au mois d'avril 1877, une borne milliaire romaine, convertie en sarcophage à l'époque mérovingienne, fut découverte à Paris, dans l'ancien cimetière de Saint-Marcel. D'après l'étude des inscriptions relevées, cette borne était sur la route conduisant de Paris à Rouen, elle date de l'an 305.

Sous la Révolution, la plupart des fleurs de lys qui les ornaient furent martelées et, parfois, remplacées par un bonnet phrygien. Puis on leur substitua des aigles en saillie sur le corps de la borne, jusqu'en 1814 où l'on sculpta à nouveau des fleurs de lys, mais dans un renforcement ovale à la place des aigles.

 

GÉNÉALOGIE DE LOUIS DE FROIDOUR

Armoirie de la famille Louis de Froidour de Sérizy (ce blason est similaire à celui de la ville de Caunes Minervois).

On ne sait pas grand-chose sur sa vie privée. J'ai tenté de réaliser la généalogie de la famille de Froidour, cela n'est pas évident car j'ai trouvé très peu d'éléments. En l’absence de registres paroissiaux avant 1672, la date de naissance de Louis de Froidour, reste inconnue. 

La famille a été anoblie par lettres du mois de janvier 1653, confirmées au de mai 1666.

Son arrière-grand-père et son grand-père, qui se nomment Nicolas de génération en génération, exercent les fonctions de notaires royaux dès la seconde moitié du XVIème siècle.

Son père achète la charge de substitut du procureur général du roi au comté de Marle et de La Fère, puis celle de procureur du roi au bailliage de 1645 environ à 1654.

 

- Nicolas de Froidour, échevin de La Fère en 1615, avocat procureur du roi en 1630, écuyer seigneur de Sérisy président lieutenant général du baillage de La Fère en 1665, (+ après 1665). Il épousa Élisabeth Regnault  avant 1627. 

Dans un inventaire et ventes de meubles délaissés datant de 1627/1630 on trouve une Élisabeth Regnault, femme de Nicolas de Froidour.

Apparemment ce sont les parents de Louis et de Claude de Froidour qui suivent (cela reste à vérifier) :

 

- Louis de Froidour, seigneur de Sérizy (Cerisy dans l'Aisne) né à La Fère (Aisne) vers 1620/1625, décédé le 11 octobre 1685 à Toulouse. Il vécut à Toulouse de 1666 à 1685.On sait qu'il a eu deux épouses successives qui étaient originaires de La Fère. Sa dernière femme reviendra finir ses jours à La Fère après le décès de son époux.

J'ai trouvé l'identité de sa dernière femme : il épousa avant 1674 Elisabeth Jacob de Pont-Saint-Mard (Aisne).

Armoirie de la famille de Froidour extrait de l'armorial général de France par Charles Hozier 1696.

Descendance : 

- Le 24 mai 1700, parrainage de Nicolas de Froidour capitaine au régiment de cavalerie de Villeroy fils de feu Louis de Froidour et d'Élisabeth Jacob.

Je n'ai pas d'autres infos concernant sa descendance. Sauf que, voir ci-après, il y a un Julien de Froidour qui épousa  Marie-Claude de Froidour le 16 décembre 1710, est-ce un fils à notre Louis de Froidour ?

Première feuillet du testament de Louis de Froidour rédigé entre 1666 et 1685, au total il y a 46 pages.

Testament de Louis de Froidour rédigé entre 1666 et 1685. Ce testament contient 46 feuillets dont voici la première page :

In nomine Patris, et filii spiritus sancty amen. Je Louis de Froidour chevalier seigneur de Sérizy conseiller du roi grand maître enquesteur et général réformateur des eaux et forêts au département de Languedoc, Haute et Basse Guyenne, Béarn, Basse Navarre, Soulle et Labourd, estant de present a Toulouse  logé rue de la Seneschaussée en la paroisse de St Estienne, reconnaissant que je suis mortel et que je dois mourir en soit ainsy que toute les années hommes, reconnaissant aussy qu'il n'y a rien de plus incertain que le jour auquel la mort doit venir et que c'est avec grande raison que l'écriture sainte nous avertit de nous tenir sur nos gardes parce qu'elle nous surprend ordinairement comme un larron ….

Suivit de la signature de Froidour

Acte d'enregistrement de son incorporation dans la compagnie toulousaine des Pénitents blancs suivi de la mention décédé en bas de page.

Voici la copie de l'acte intégral de décès de Louis de Froidour, décédé le 11 octobre 1685 à Toulouse en la paroisse de Saint-Étienne.

Louis, a un frère, Claude de Froidour (+ entre 1693 et 1695), écuyer, avocat et procureur du roi. Il épousa  Marie Dany ou Danie. 

1665, lettres de provision de l'office du procureur du roi au baillage de La Fère accordées par le roi Louis XIV à Claude de Froidour, avocat.

En 1679 ils avaient 3 enfants : 

- Marie- Claude qui épousa le 16 décembre 1710 Julien de Froidour (+ 22 février 1741) capitaine des dragons au régiment d'Épinay seigneur de la paroisse de Pont-Saint-Mard fils de feu Louis de Froidour, Au mariage il y avait parmi les assistants Nicolas et Joseph de Froidour, dame Louise de Froidour, demoiselles Madeleine-Elisabeth de Froidour.

- Charles vivait encore en 1695 ;

- François (né avant 1625) ;

- Louise semble être née après 1676, elle épousa le 10 novembre 1698 Jean Louis de Cugnac seigneur de Caussade et du Bourdet, brigadier des armées du roi. En 1760 elle était veuve et seule héritière de Marie Dany sa mère.

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J'ai trouvé lors de mes recherches dans les inventaires des AD de l'Aisne mention de ces personnes qui ont certainement un lien familial avec les de Froidour :

- 1587 / 1619, mention de Marie de Froidour femme de Jérôme Bottée de La Fère.

- 1626, mention de Catherine Moysset veuve de François de Froidour.

- 1638 / 1661, mention de Jacqueline de Froidour veuve de Laurent Helin grenetier au grenier à sel de Coucy.

- 1654, mention de Louise de Froidour femme de Pierre Charbonneau major à La Fère. (Aisne)

- 1677, mention de Claude de Froidour, procureur au baillage de La Fère, sa femme Marguerite ou Madeleine Gossard, est-ce un premier mariage ?

- 1706 / 1715, mention de François de Froidour avocat au parlement de Paris, sa femme Marie Éléonore Humblot.

- 1712, Testament de Marguerite de Froidour veuve de Claude Poulain écuyer secrétaire du roi. Ils se sont mariés le 20 août 1700.

- 1706 / 1723, mention de Claude François de Froidour avocat au parlement de Paris (+ à l'âge de 57 ans).

 

- 26 juillet 1721, Acte règlement de succession où figure, la mention des enfants : Marie-Catherine, Catherine-Geneviève, Marie-Marguerite et Claude-François, héritiers de défunt Maximilien Nicolas de Froidour leur père, conseiller du roi, procureur au grenier à sel à Paris, sa femme Catherine Marguerite Le Cousin. Maximilien Nicolas de Froidour avait rédigé son testament le 5 novembre 1719 devant le notaire Lavalette.

Acte de succession de Maximilien de Froidour datant du 26 juillet 1721.

- 3 janvier 1724 paroisse de Pont-Saint-Mard (Aisne) baptême de Nicolas-Louis fils de Joseph-Nicolas de Froidour (+9 avril 1747) lieutenant de cavalerie au régiment de Villeroy et de Louise Marguerite Auger. Parrain Louis-Charles de Froidour.

- 24 avril 1720 paroisse de Pont-Saint-Mard (Aisne) baptême d'Élisabeth fille de Joseph-Nicolas de Froidour lieutenant de cavalerie au régiment de Villeroy et de Louise Marguerite Auger.

 

Dans le dictionnaire de la noblesse de François-Alexandre Aubert de la Chenaye-Desbois Tome 6 datant de 1773 on peut lire :

- Joseph de la Fons, chevalier et seigneur de Pont-Saint-Mard, lieutenant au régiment de Picardie et major de Coucy second fils de feu François de la Fons chevalier seigneur de Saint-Algis famille originaire de Picardie et de Marie Garipeaux de la Ménodière. Joseph de la Fons a épousé le 13 février 1703, près de Coucy le Château à la paroisse Saint-Médard de Pont-Saint-Mard, Élisabeth de Froidour fille de feu Joseph Nicolas de Froidour. Ils eurent 4 enfants : Louise-Élisabeth baptisée le 16 septembre 1714, Louis de la Fons de Pont-Saint-Mard baptisé le 7 mars 1757, Charles Joseph dit le chevalier de Pont-Saint-Mard, et Marie-Adélaïde baptisée le 17 septembre 1759.

 

Dans l'armorial de Charles d'Hozier volume 32 Soissonnais année 1697-1709, le blason de la famille Froidour est représenté "d'azur à trois lions d'or", en marge de ce blason il est indiqué : "Elisabeth Jacob veuve de Louis Froidour écuyer grand maître des eaux et forêts du parlement de Guyenne et Languedoc".

 

Voilà ce que je peux dire sur cette recherche généalogique, et si vous avez des compléments d'infos, écrivez-moi.

Vous pouvez aussi trouver lors de vos ballades une croix en fer forgé gravée comme celle-ci, qui est située au Nord-Est de Camurac, sur le chemin (altitude 1316m) en direction de "les Cols" , elle est gravée, sur la branche verticale en haut : 1201 le 8 juillet sur la verticale du bas : ici le .............., sur les horizontales il y a deux prénoms avec le nom de VACQUIE.

Erigées depuis le Moyen-âge partout en France, ces croix avaient un double rôle, celui de guider les voyageurs et de les protéger de l’inconnu et des mauvaises rencontres.

Ce calvaire commémore quelque chose mais quoi, est-ce une mission ?

Voici quelques photos anciennes qui feront plaisirs aux amateurs nostalgiques :

Forêt domaniale de Callong-Mirailles en 1905. Cette forêt est située au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault.

Forêt domaniale de Callong-Mirailles en 1905. Cette forêt est située au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault. Sapin mesurant 5 mètres de circonférence et 50 mètres de hauteur.

Maison du garde forestier général en 1905, implantée dans la forêt domaniale de Bélesta (Ariège).

Forêt domaniale des Fanges en 1905, chargement de bois tracté par des bœufs. Cette forêt est située au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, chargement de bois tracté par des chevaux. Cette forêt est située au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi (Prat-del-Rey) au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1910, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Village de Lapradelle (Aude) situé entre Axat et Caudiès-de-Fenouillèdes sur la D117. Pâturages dans la montagne de la forêt des Fanges en 1905.

Forêt de la Pinouse située à l'Ouest du village de Belviane-et-Cavirac, maison des gardes forestiers, fontaine et chalet de Carach situé à 3 km au Sud de Quillan en 1905.

Village de Montaillou près de Prades (Ariège) en 1905. La forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1950, on aperçoit le village de Comus au loin. Là aussi, la forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1945-1950, pour ceux qui connaissent, on aperçoit le village de Montaillou au loin, à gauche. Là aussi, la forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo. Entre parenthèses, j'adore cette photo, elle me fait penser au film "L'auberge rouge" réalisé en 1951 par Claude Autant-Lara avec Fernandel, peut-être pour l'ambiance qu'elle dégage. 

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1960-1965. La forêt a repris ses droits sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1975. La forêt a bien repoussé sur cette photo.

Dernière minute, suite à la diffusion de ce reportage je reçois des photos intéressantes de pierres gravées que des internautes partagent avec nous et que je diffuse ci-après :

Voici celles de Pierre Fontecave qui m'a contacté et envoyé ces photos ci-dessous, prisent dans la forêt de Ramondens situé au Nord-Est de Saissac (Aude). Cette forêt de Ramondens appartenait au XIIIème siècle aux dominicaines du monastère de Prouille, elle fait partie aujourd'hui la forêt domaniale de la Montagne Noire.

Forêt de Ramondens, borne située entre Saint-Denis et La Galaube.

  

Zoom sur la borne ci-dessus. 

Ce pilier granitique est sculpté en relief et représente le blason du monastère des dominicaines de Prouille. Cette borne date de 1530 et marque la limite du domaine de Ramondens leur appartenant, avec la seigneurie de Saissac, appartenant au comte de Clermont, un chicanier.

La gravure représente une croix avec au-dessus, un chevron et une barre horizontale surmontée par trois fleurs de lys que l'on distingue encore. 

  

Nous sommes toujours dans la forêt de Ramondens, la photo de gauche, borne avec un blason, identique à celle ci-dessus. A droite, cette borne porte la gravure d'une crosse d'évêque (délimitant les possessions de l'évêque de Carcassonne). Ces deux bornes ont été déplacées dans le jardin de la Maison Forestière de Lacombe afin de les sauvegarder. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Voici les photos de Chantal Chinaud qui habite Le Bousquet (Aude 11140) un petit village d'une trentaine d'habitants, situé au Sud de Quillan proche d'Escouloubre. Au cours de ses balades dans "ses" montagnes, elle est tombée sur ce genre de bornes sculptées :

Rocher gravée d'une fleur de lys dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" en-dessous du col de la Marrane (forêt domaniale du Carcanet).

Rocher gravée d'une fleur de lys dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" en-dessous du col de la Marrane (forêt domaniale du Carcanet).

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Borne gravée délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elle est en pleine forêt et très facile d’accès

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys que l'on voit ici, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur la borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason ci-dessus, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys que l'on voit ici, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault.

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault que l'on voit ici.

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault, que l'on voit ici.

Borne gravée de blasons, située, limitrophe Roquefort - Le Bousquet (au Vernet). Celle-ci n’est pas royale, elle porte sur deux de ses faces les armes des seigneurs de chaque "Pays" : Fenouillèdes & Pays de Sault.

Borne gravée de blasons, située, limitrophe Roquefort - Le Bousquet (au Vernet). Celle-ci n’est pas royale, elle porte sur deux de ses faces les armes des seigneurs de chaque "Pays" : Fenouillèdes & Pays de Sault.

Rocher gravé d'une fleur de lys, limite royale dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" (forêt domaniale du Carcanet).

Rocher gravé d'une fleur de lys, limite royale dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" (forêt domaniale du Carcanet).

Une borne gravée n°106 près du canal du Midi.

Une pierre gravée d'un fleur de lys au col de Marrane.

 

Merci encore à Catherine Cavernes pour avoir partagé ses photos, ses informations et pour sa collaboration.

Je rajouterai, que j'ai contacté Jean Graule historien ariègeois qui est un passionné des pierres gravées m'a t'on dit, pour qu'il me fournisse des informations sur ce sujet, mais je n'ai reçu aucune réponse de sa part. C'est bien dommage.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Revue du Comminges.

- Revue archéologique : La Borne milliaire de Paris 1880.

- Instruction abrégée pour les gardes des Eaux et Forêts du département de Languedoc, Guyenne, Béarn  et Navarre par Monsieur Louis de Froidour 1683.

- Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France 1914.

- Collection des lois, arrêtés, instructions, circulaires et décisions Tome 1-1804.

- Dictionnaire forestier Tome 1 et Tome 2 – 1802.

 

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Réalisé par Jean-Pierre - dans HISTOIRE
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20 janvier 2016

Bienvenue sur mon site, aujourd'hui je vous emmène dans une région de l'Aude qui en dépit de ses nombreux atouts et de sa forte identité, reste trop mal connue. Il s'agit du Bas-Razès, territoire vallonné viticole avec un patrimoine riche, dans un cadre exceptionnel, et c'est pour cette raison que je vous convie à découvrir le village d'Alaigne.

 

Un sympathique internaute, Jean-Claude Schmutz m'a proposé l'idée et son aide pour vous faire découvrir l'histoire d'un petit village du Bas-Razès : ALAIGNE. Il m'a bien aidé en me fournissant bon nombre de photos et documents relatant l'histoire de ce village, édités par des associations. Je me suis donc mis au travail et effectué des recherches de mon côté pour rassembler ici l'essentiel.

 

Si vous aussi, vous avez envie de faire découvrir votre village, écrivez moi et suivez l'exemple de Jean-Claude. 

 

 Je vous souhaite une bonne lecture et que cela vous donne l'idée d'aller y faire villégiature. L'Aude le vaut bien !

 

 

Le village d'Alaigne se situe à 88 km de Toulouse, 34 km de Carcassonne, 125 km de Béziers, 95 km de Narbonne, 116 km de Perpignan, 198 km de Cahors et 764 km de Paris.

Alaigne petit village médiéval du Bas-Razès.

Paysage aux alentours du village d'Alaigne que l'on aperçoit ici sur la droite en venant de Bellegarde-du-Razès par la D52.

Le Bas-Razès constitue un petit pays du piémont pyrénéen, il appartenait à l'ancien comté du Razès, puis à la vicomté de Carcassonne. Le village d'Alaigne fait partie des vingt neuf villages composant le Bas-Razès. Au point de vue ecclésiastique le Bas-Razès faisait partie du diocèse de Narbonne depuis le XIIIème siècle.

Le village d'Alaigne vu du lieu-dit chemin de "Bordère" situé au Nord-Ouest du bourg.

Blason du village d'Alaigne (dessiné par Tomkr). Ce blason est celui du dernier archevêque de Narbonne, Arthur Richard Dillon, né le 14 septembre 1721 à Saint-Germain-en-Laye, il décèdera à Londres le 5 juillet 1806, prélat français et fut le dernier archevêque de Narbonne.

Portrait de l'archevêque Arthur Richard Dillon (1721-1806) huile sur toile du XVIIIème siècle. On distingue sur ce portrait de Monseigneur Dillon la croix de commandeur de l’ordre du Saint Esprit attribué le 1er janvier 1776.

Voici une autre version du blason du village d'Alaigne

Le village d'Alaigne vu en arrivant de Belvèze par la D102.

Alaigne est un petit village médiéval situé au Nord-Ouest de Limoux.

Alaigne en occitan ou catalan s'écrit Alanha. Ses habitants sont appelés les Alaignois.

En 2012, le village comptait 343 habitants. En 1377, Alaigne devait être la localité la plus peuplée du Bas-Razès avec 32 feux.  En 1793, il y avait 520 âmes recensées et le nombre d'habitants le plus important fut atteint en 1891 avec 598 hab.

Le village d'Alaigne au fond, paysage viticole.

Les recherches sur la toponymie d'Alaigne, indiquent que le hameau primitif s'appelait Alanianum, qu'il s'est donc développé à partir du domaine d'Alanius. Le suffixe –anum est latin et non gallo-romain, comme son équivalent –acum, il est typique des colonies romaines et fut utilisé jusqu'au Vème siècle à l'époque des grandes invasions. Ce qui explique qu'il se rencontre surtout dans le Sud de la France dans l'ancienne Provincia et qu'il se trouve accolé à des noms latins et très rarement à des patronymes germaniques. On trouve le village cité sous le nom d'Alanban dans un document datant de 1257. On le trouve aussi sous d'autres noms, comme : Alanhano, Alagnan, Alanianum Inferius.

Un petit monastère de moines bénédictins "le couvent de Saint Pierre " s’installa au IXème siècle, l'an 883 à l'Ouest du village. Nous connaissons le nom de quelques prieurs : Arnaud (1173 ; 1186), Bernard Jordan (1191), Izarn d'Aragon, (1196 ; 1215) ; ce dernier, chanoine de Carcassonne et archidiacre du Razès, fut un prieur très puissant, avec des possessions jusqu'en Ariège ; il correspondait avec le pape Honorius III.

Sa pierre tombale serait, dit-on, dans le mur du cimetière.

Alaigne est un village circulaire formé d'anneaux concentriques, bâti au pied du Pic des Trois seigneurs, il est situé à 330 mètres d’altitude. Ce castrum, anciennement limité par des fossés et caractérisé par sa forme circulaire, fut fortifié aux XIVème et XVème siècles.

Presque tous les villages qui faisaient partie de l'ancien comté du Razès dont Limoux était la capitale, sont bâtis en rond, parce qu'ils datent tous d'une époque assez reculée, et qu'ils ont dû s'établir en état de défense dés le XIIème siècle, durant les longues périodes d'agitations dont le Languedoc a été trois fois le théâtre, aux temps des Sarrasins, des Albigeois et des Huguenots.

Centre du castrum, plan du village d'Alaigne.

 Le Bas-Razès est le pays des célèbres "circulades", ce sont des villages médiévaux construits en cercles concentriques autour du noyau central, avec une façade aveugle jouant le rôle de remparts comme ici à Alaigne. 

Pour ceux que cela intéressent, voici la liste des vingt neuf villages circulaires composant le Bas-Razès : Gaja, La Digne d'Aval, Pech Salamon, Villeneuve-les-Montréal, Donazac, Cambrieure, Loupia, Brézihac, Magrie, La Digne d'Amont, Lassère, Malras, Gramazie, Brugairolles, Escueillens, Fenouillet, Bellegarde, Villelongue, Ferran, Cailhau, Pauligne, Mazerolles, Lauraguel, Alaigne, Routier, Cailhavel, Malvies, Hounoux et Ajac. 

C'est une particularité quasiment unique en France, cet habitat rural du Bas-Razès en forme de cercle que l'on appelle "circulades". Au centre du dispositif, dans le plus grand nombre des cas, se situe une vaste place, où s'élevait au moyen âge, l'ancien château comme à Alaigne ou Malvies.

Entrée du village d'Alaigne, panneau de bienvenue.

On sait qu'au moins jusqu'au XIVème siècle, il existait un château, à cette époque il appartenait à l'archevêque de Narbonne. Dans le texte qui en parle, le village d'Alaigne dans son ensemble est désigné par le terme villa ou locus alors que le réduit fortifié central qui correspond à la "Place de l'Ancien Château" n°23 sur le cadastre du XIXème siècle, est appelé castrum. Dans ce même document, ce mot peut aussi prendre le sens de circonscription territoriale : in Castro sive castellania. Au bas Moyen Age, l'archevêque de Narbonne possédait donc à Alaigne "premièrement son propre château avec vergers contigus, l'église du dit lieu, la chapelle du dit château ainsi que la Devèze ; dans le château, devant la grande porte du dit château une maison avec étables au rez-de-chaussée et des greniers à l'étage ; près de la place du village, des planchers pour mettre la paille et le foin, une porcherie près du château, du côté de l'Est ; derrière le château, un local muré mais non couvert... ". Cette mention ne donne aucun renseignement sur les composantes même générales du château, ni sur la présence d'une motte. On peut penser par ailleurs que cette fortification centrale était entourée par un fossé dont des mentions ont pu être repérées dans un livre terrier de 1681. On y cite aussi le "patu auquel estait autrefois le chasteau". Il est donc admissible de penser que le château d'Alaigne a été détruit entre le XIVème et le XVIIème siècle.

Alaigne semble donc avoir été bâti autour de son château. Ce château dont il ne reste aucune trace occupait semble t'il d'après les textes, la place centrale du village, mais rien n'est moins sûr. Au XIIIème siècle, un acte de 1228 retranscrit par un prêtre, évoque Alaigne en ces termes "castellum, castrum et locum" que l'on traduit par "château, place forte et lieu". Un acte datant de 1173 dont la copie est parvenue jusqu'à nous, indique "le château d'Alagnan appartenant au vicomte Guillaume d'Alagnan".

À la fin du XIème siècle, une certain Arnaud Guilhem promet son aide à Guilhem Raimond, seigneur d'Alaigne, sauf contre la vicomtesse de Carcassonne. 

Dans le cartulaire de l'Ordre du Temple inventaire des actes de 1119 à 1150, on trouve, le dimanche 26 mars 1133 et le 8 avril 1134 Guillaume d'Alaigne donne à l'ordre du Temple un homme de Pauligne (certainement pour réaliser une servitude).

Le 2 novembre 1134 Guillaume d'Alaigne, vicomte, vend à l'Ordre du Temple la propriété pour un tiers d'un homme nommé Pierre Vassal, de Casalrevin. 

Notes : Casalrevin, localité disparue, commune de Magrie, Nom donné au XIXème siècle à un village ruiné, nommé Casal Revel sous l'Ancien Régime et Casal Revin au Moyen Age. A partir de 1134, les Vicomtes Guillaume d'Alaigne et Roger de Béziers cédèrent les terres de ce lieu-dit aux Templiers et aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem sous l'égide desquels le village de Magrie devînt une commanderie hospitalière en 1186. Le village nommé Casal Revel périclita dès le XIIIème siècle, mais abrita encore quelques familles jusqu'à la Révolution Française.

Ce seigneur Guillaume d'Alaigne apparaît sous l'orthographe de Guilelmus de Alaiano ou Aleniano.

En 1150, Guillhem de Palaiano est témoin d'une donation du seigneur d'Alaigne, Guillaume d'Alagnan, Vicomte de Sault, aux Hospitaliers de Saint-Jean, à Magrie. 

Le cartulaire des templiers de Douzens (Aude)  écrit en latin stipule que du 3 au 24 novembre 1159,  je cite : "Guilhem d'Alaigne et ses enfants confirment à la milice du Temple la donation qu'ils avaient faite autrefois d'une partie de leur "honneur" situé dans les "villae" et terroirs des Bernots, de Casalrevin, d' "Eisocias" et d'Espéraza, ainsi que de Raimond d'Eisocias demeurant à "Torrelas". Ils s'engagent par ailleurs à ne réclamer aucune redevance servile (servile servicium) dans cet "honneur".

Il est précisé à la fin de l'acte : Gillelmi Alanian et ses enfants Raymond Gauscberti et Gillelmide Alaniano et Eschairunie.

Un autre acte qui est le testament de Guilhem d' Alaigne qui partage tous ses biens entre ses deux fils "per medietatem equis porcionibus", on découvre qu'il s'agit de partager chevaux et cochons.

Le village d'Alaigne, l'église Saint Pierre vue de la rue des Remparts.

Au XIIème siècle, en 1173 une copie du XVIIème siècle mentionne "le château d'Alaigne". Après lequel acte est un autre acte de l'an 1173 par lequel Arnaud prieur d'Alaigne, Bernard de Fontazelles, Pierre Montmigro, Guillaume Moret, Guillaume de Flassan, Bernard Amire, Raymond de Baschau et Raymond d'Alaigne promirent fidélité audit Rougier vicomte de Béziers, pour raison du château d'Alaigne qu'ils tenaient de lui. Les seigneurs d'Alaigne et d'autres petits seigneurs locaux apparaissent comme les vassaux du vicomte de Béziers et de Carcassonne. Dans la première édition de l'Histoire Générale de Languedoc, on apprend que le "Château d'Alagnan" appartenait à "Guillaume d'Alagnan", vicomte de Sault, qui au mois de mai de l'an 1173 reconnut le tenir de Roger, par un acte daté de Fanjeaux, en présence du comte de Foix. En 1179, "Dame Escharonne et Roger Isarn son mari jurèrent au sieur Rougier, vicomte de Béziers, fidélité et hommage pour raison du château d'Alaigne et Montauld qu'ils tenaient de lui. Le château d'Alaigne semble correspondre à la fin du XIIème siècle à une des plus importantes places fortifiées de la région devant être le siège d'une importante famille seigneuriale : en 1173, Guillaume d'Alagnan est cité en tant que vicomte, en 1134, le même personnage était aussi muni du même titre. 

En 1292, le sixième jour des nones de juillet (2 juillet 1292), Philippe IV le Bel étant roi de France à cette époque, se tient à Limoux dans le grand cloître du couvent des Frères mineurs "in claustro majoris domùs fratrum minorum",  et dans la liste des personnes présentes il y a : le frère B. de Carrion, gardien des religieux de l'ordre de Saint-François de Limoux ; les consuls, Bernard de Bosc, Guillaume Assalit, Pierre Ségur, Pierre de Nègre et Pierre d'Alaigne qui participe à cette assemblée très importante pour la communauté de la ville de Limoux et le devenir de son peuple qui reçoit des libertés concédées par Guillaume de Voisins, chevalier, seigneur de Limoux.

Guilhem d' Alaigne  vicomte du Razès épouse en 1131, Braidimenda ou Brandimende fille du comte de Foix Roger III (+1148) et de Jimena de Barcelone.

Une autre source d'informations contradictoire mentionne, Guilhem d'Alion vicomte de Sault et baron de Niort marié à Braidimenda ou Bradimène de Foix en 1131 (Le Pays d'Alion échut au début du XIème siècle, à la branche cadette des comtes de Carcassonne).

Est-ce le même seigneur, qui devient par la suite seigneur d'Alaigne ? Apparemment oui. Il est toutefois difficile d'établir une généalogie faute d'archives. Si vous avez des infos, écrivez-moi cela m'intéresse.

Guillaume d'Alaigne inféode un hommage à un certain Guillelmus Amelii, contre une garde de deux mois par an à Monthaut, château pour lequel la famille d'Alaigne fait elle-même allégeance aux vicomtes.

Guillaume n'habitait pas le château d'Alagnan ou d'Alaigne, mais il avait sa résidence à Mont-Aliou (aujourd'hui Montaillou), sur les limites des terres du Razès, vers le pays de Foix. Comme il se faisait appeler "Vicomte Guillaume d'Alaigne", on a pu croire qu'Alaigne était une vicomté, alors que la vicomté était au pays de Sault. 

La collection Languedoc Doat dans le volume 40 n°19 f.84 fait état du testament de Guillaume de Alaiano en date du 4 décembre 1158.

 

Au XIIème siècle, le seigneur d'Alaigne semble faire partie de la haute noblesse puisqu'en 1134 et en 1173, il est présenté avec un titre de vicomte. Il pourrait alors être considéré comme le descendant d'une famille vicariale carolingienne qui, à l'époque des châtellenies indépendantes, se serait transformée en lignage indépendant. Le fait qu'Alaigne soit aujourd'hui chef-lieu de canton tendrait peut-être à prouver la même chose si on s'accorde à penser que la carte des limites cantonales correspond à peu près à celle des châtellenies du XIème siècle. On peut alors se demander si le castrum d'Alaigne ne serait pas apparu précocement dès la deuxième moitié du XIème siècle, du fait de son détenteur.

Le rôle géopolitique du castrum d'Alaigne, chef-lieu actuel de canton, a dû être déterminant tout au long du Moyen Age. Il semble avoir été jusqu'au XIIème siècle le siège d'une petite vicomté.

Le rôle politique d'Alaigne a dû être déterminant dans le cadre des relations féodo-vassaliques face aux Trencavels ou aux Barcelonais. On a déjà vu qu'en 1173, Arnaud prieur d'Alaigne, Pierre et Raymond d'Alaigne, en compagnie de sept autres personnages, promettent fidélité à Roger II Trencavel de Béziers "pour raison du chasteau d'Alaigne qu'ils tenaient de luy". En 1179, Dame Escharonne et Roger Isarn son mari, rendent hommage au même Roger II pour quatre localités, et fidélité et hommage pour raison du château d'Alaigne et de Montauld qu'ils tenaient de lui. Ce castrum a donc joué le rôle d'une petite capitale qui devait aussi aller de pair avec son importance démographique. En 1377, Alaigne devait être la localité la plus peuplée du Bas-Razès avec trente-deux feux.

Vers 1228, Aude de Fanjeaux, parfaite de renom, ouvrit à Alaigne, une maison d'hérétiques, chez Guillaume Arnaud des Arres.

A noter que j'ai trouvé une filiation issue du village d'Alaigne, en effet, sur la branche de Nègre d'Able (Pays de Sault), Jean Thimoléon de Nègre sieur de Gébetx, Montpied, Lacam, etc ; marié en 1665 avec Marie-Anne de Corneille ou Cornille (+1692) ; naquit de ce mariage douze enfants, dont, Marianne qui épousa un dénommé Jacques de Rieunègre habitant Alaigne.

En effectuant mes recherches, j'ai trouvé un autre seigneur ayant pour titre "baron d'Alaigne", il s'agit de messire LeGueux d'Alanha (Alaigne), c'est peut-être la preuve qu'après 1459 il y avait encore un seigneur au château d'Alaigne qui cohabitait avec l'archevêque de Narbonne qui lui gérait le diocèse.

Il faut savoir que dans les textes du Moyen-âge et en l'occurrence dans le livre Vert de Pierre de la Jugie archevêque de Narbonne, le terme seigneurie banale ou seigneurie noble est, un territoire dont le titulaire exerce des droits de puissance publique : pouvoir de justice, pouvoir de police, pouvoir de commandement. Le livre Vert mentionne "les droits de gîte et d’albergue", le droit d’albergue ou de gîte est le privilège des seigneurs de se faire héberger, eux-mêmes ou leurs gens, chez leurs vassaux. Elles peuvent être dues par des chevaliers ou par les communautés. Celles dues par les chevaliers et mentionnées dans le Livre Vert, figurent surtout dans les hommages prêtés à l’archevêque.

Pour résumer, qu'est-ce qu'une seigneurie pour un prélat au XIVème siècle ? Il a des possessions immobilières et foncières ainsi que des droits archiépiscopaux. Une seigneurie est une institution médiévale et moderne occidentale assurant l'encadrement économique et judiciaire des populations par un individu ou une personne morale n’exerçant pas nécessairement la souveraineté. La seigneurie est une réalité distincte du fief, qui est l'un des modes d'exercice de la seigneurie, avec l’alleu.

 

Voici quelques infos concernant le baron LeGeux d'Alanha :

Le baron LeGueux d'Alanha (Alaigne), Pair et Roy d'Armes de France, Comte de Gévaudan, Baron d'Alaigne (Alanha), Seigneur consort de Cazilhac, titulaire de la Grand-Croix du Languedoc, reçut tout d'abord la Croix militaire du Languedoc, le 24 mai 1454. Il fut ensuite anobli au rang de baron par Geoker, alors Comte du Languedoc, le 22 décembre 1454. Par la suite, il fut régent du Languedoc du 13 au 21 février 1455 puis du 15 au 22 avril 1455 avant d'être comte du Languedoc du 22 avril au 19 octobre 1455, règne dont la durée n'a pour l'heure pas été égalée en Languedoc.

Héraut de Languedoc (un héraut ou héraut d'armes est un officier de l'office d'armes, chargé de faire certaines publications solennelles ou de porter des messages importants) puis il sera puis Roy d'Armes. Il fut secrétaire d'État pour le Languedoc.

Il a épousé Paula Estèva, dite Polstephie, Sanchez Villa Lobos Ramirez, alors dame de Cazilhac (vassale de la baronnie de Ganges).

De cette union sont nés trois enfants. Les jumelles, Margarida Dulcia et Magalona Eufrasia, sont nées à Cauvisson dans la nuit du 5 au 6 mai. La première, rousse, juste avant la minuit, la seconde, brune, juste après. Un garçon est venu compléter la famille, quelques années plus tard, né en Vaunage, sur le manteau de Pair de son Père, ils l'appelèrent : Lop Guilhem.

Il a trouvé la mort dans un duel contre Cristòl de Sìarr (Chevalier de l'Ordre de l'Hospital de Saint Jean de Jérusalem, seigneur de Marmorières ), son filleul, alors qu'il était Roy d'Armes et censé se trouver en Provence pour y combattre la folie provençale. Les raisons de ce duel ne sont toujours pas connues.

Blason de LeGeux qui était aussi comte du fief comtal Gévaudan. 

Voici un certificat de succession nobiliaire, document datant du 6 mars 1458, concernant le baron LeGueux d'Alanha :

"Nous, Félix Barrauld, héraut d'armes royal sous le nom héraldique de "Mnémosyne", actons le décès de Sa Seigneurie LeGueux d'Alanha, Roy d'armes & Pair de France, Comte du Gévaudan, Baron d'Alaigne, Seigneur consort de Saint-Martin en Lavardin.

Vu les édits héraldiques ; Su les coutumes héraldiques ; Vu le testament du défunt ; 

Considérant que l'épouse du défunt, Paula Estèva d'Alanha (Polstephie), est vive ;

Nous décrétons que le fief comtal du Gévaudan, sis en province de Languedoc, revient en héritage à Paula Estèva d'Alanha qui pourra jouir de tous les droits contingents à la tenure dudit fief. D'ore en avant, Paula Estèva d'Alanha est comtesse du Gévaudan. Nous l'enjoignons à porter titre & armes de son fief & à remplir les devoirs y afférents.

Nous décrétons que le fief baronnal d'Alaigne (dit Alanha en Occitan), sis en province de Languedoc, revient en héritage à Paula Estèva d'Alanha qui pourra jouir de tous les droits contingents à la tenure dudit fief. D'ore en avant, Paula Estèva d'Alanha est baronne l'Alaigne. Nous l'enjoignons à porter titre & armes de son fief & à remplir les devoirs y afférents. 

Nous invitons Actarius d'Euphor, vicomte de Tornel, filleul du défunt, désigné exécuteur testamentaire à exécuter les autres volontés du défunt sur lesquelles notre juridiction n'a point connaissance. 

Donné à Paris, la veille des Nones de Mars (6 Mars) mil quatre cent cinquante-huit, au cours du règne de notre Sire le Roy Levan III ", (Lévan III de Normandie fut le roi de France entre 1452 et 1458).

 

Dans les minutes de la cérémonie d'allégeances au comte Klan l'Acier du 27 octobre 1459, il y a d'écrit ceci :

"Paula Estèva d'Alanha : "Nous, Paula Estèva d'Alanha, Épouse de Cristòl de Sìarr, renonçons ce jour, devant la présente assemblée, à tous nos titres et terres en faveur de notre fille Magalona-Eufrasia. Nous souhaitons nous retirer définitivement en l'Abbaye de Gellone où nous avons pris nos dispositions et où nous avons déjà nos quartiers.

Aimelina ayant été dotée par son père, Cristòl de Sìarr, et nos autres enfants ayant été rappelés auprès du Très-Haut, nous souhaitons léguer le Gévaudan, Alaigne et Mireval à notre fille désormais aînée. Nous savons qu'elle gèrera et chérira ces terres comme nous l'avons fait.

Il s'agit là d'une décision irrévocable, prise en accord avec les volontés de mon défunt époux et faisant suite aux décisions de mon époux actuel".

Prenons acte de la volonté formulée de vive-voix et en notre présence par Sa Grandeur Paula Estèva d'Alanha, comtesse du Gévaudan, baronne d'Alaigne, dame de Mireval de transmettre de son vivant les titres et terres du Gévaudan, d'Alaigne et de Mireval à sa fille Magalona Eufrasia, fruit de son union légitime avec feu Legueux d'Alanha ; conséquemment, considérant la majorité du donataire et la renonciation à toute noblesse de la donatrice et considérant les coutumes héraldiques et les lois héraldiques royales du neuf juillet de l'an de grâce mille quatre cent cinquante-huit révisées le six juillet de l'an de grâce mille quatre cent cinquante-neuf au chapitre relatif au lignage noble et à l'hérédité, décrétons que ladite Magalona Eufrasia jouit désormais de plein droit du comté du Gévaudan, de la baronnie d'Alaigne et de la seigneurie de Mireval, mouvants du comté du Languedoc, et de tous les droits, prérogatives, honneurs, préséances, privilèges, franchises, fruits et profits y étant attachés ; enjoignons la nouvelle comtesse à porter titres et à arborer armes de ses fiefs ; précisons qu'en vertu des coutumes et lois susdites, Paula Estèva d'Alanha abandonne par suite tout droit sur les fiefs ainsi transmis et retourne du fait du caractère totale de la cession à la roture. 

Rédigé et scellé à Montpellier le vingt-huitième jour d'octobre de l'an de grâce MCDLIX".  

 

Après la croisade des Albigeois, Alaigne fut donné en fief aux archevêques de Narbonne qui prirent en main les destinées du couvent de Saint-Pierre ; l'archevêque devint seigneur temporel du lieu ; le prieuré alaignois vit alors son influence décroître peu à peu, puis disparut vers le milieu du XIIIème siècle.

 

LE VILLAGE ALAIGNE SOUS LA BARONNIE DE L'ARCHEVÊQUE DE NARBONNE

 

Donc, avant la Révolution, Alaigne faisait partie avec Pieuse et Routier d'une baronnie de l'archevêque de Narbonne. Dès le XIIIème siècle jusqu'à la Révolution, les archevêques de Narbonne en furent les seigneurs.

Le premier bayle d’Alaigne cité pour les années 1330, l'archevêque Pierre de Nucibus, se fait surtout remarquer par son incapacité à gérer la baylie.

Puis la seigneurie d'Alaigne appartenait entièrement à l'archevêque Pierre de la Jugie (1319-1376).

Extrait d'une carte du diocèse de Narbonne datant de 1704, où l'on voit le village d'Alaigne (cercle rouge).

Cette carte a été éditée pour l'archevêque Charles le Goux de la Berchère (1647-1719). A la suite de la mort du cardinal de Bonzi, le roi lui donna l'archevêché de Narbonne le 15 août 1703. Ce fut lui qui, le 24 janvier 1708, en sa qualité de président, proposa aux États de Languedoc de faire rédiger à leurs frais une histoire complète de la province, ouvrant ainsi la voie à la publication entre 1730 et 1745 de l'Histoire Générale de Languedoc.

La présence de la seigneurie archiépiscopale dans la baylie d’Alaigne est stipulée dans le Livre Vert où les possessions réelles de l’archevêque sont relativement limitées. Il dispose d’un château susceptible de l’accueillir à Alaigne et à Pieusse. Ces résidences permettent à l’archevêque d’affirmer son autorité par des séjours au cœur de la baylie pendant lesquels il peut surveiller la gestion. Il les utilise aussi pour des villégiatures ou pour faire étape lors de ses déplacements. Les biens de l’archevêque sont plus immobiliers que fonciers. L’archevêque ne possède aucune parcelle cultivée selon le Livre Vert mais il détient en revanche des portions de saltus avec des droits réservés.

Le Livre Vert mentionne, qu'à Alaigne, il possède une maison dont le rez-de-chaussée est occupé par des stabula et l’étage par des greniers (graneria), près de la place un solier pour le foin et la paille et plus loin une maison pour les porcs. Des aires de battage sont à sa disposition à Alaigne, Routier et Pieusse, il possède aussi des moulins à Alaigne ainsi que quatre prés et cinq bois avec garennes de lapins.

L’ensemble des terres agricoles, les vignes sont aux mains des habitants, paysans ou pas, qui paient des taxes et redevances proportionnelles aux récoltes.

Les profits tirés de l’ensemble des formes de seigneurie de l’archevêque sont considérables. Ils assurent le train de vie princier de la cour archiépiscopale.

Le bayle est le représentant l’archevêque ; il exerce par délégation le pouvoir seigneurial. Il est chargé de veiller à la défense des droits du seigneur et notamment au recouvrement des droits et revenus. Et c'est Alaigne, qui centralise les recettes de toute la baylie, un vicaire Bernard de Arris et un clavaire Étienne Pomarède d’abord puis Raymond Perdigonis secondent le bayle. Des sergents assistent le bayle qui exerce une mission parfois dangereuse. Ils sont deux à Alaigne, un à Routier et un nombre indéterminé à Pieusse.

Toujours dans le Livre Vert on trouve des hommages rendus à l’archevêque, dans le château de Pia, par Guillaume d’Alaigne et Béranger de Viviers pour tout ce qu’ils tiennent dans le château de Pia.

Les séjours à Alaigne de l'archevêque Bernard de Farges neveu du pape Clément V (1311-1341), sont fréquents comme le montre le relevé des comptes. Il fait aussi largement profiter sa famille des ressources de la baylie. Son neveu Amanieu est à Alaigne du 13 janvier au 21 juin 1338, souvent en compagnie de l’archidiacre de Fenouillèdes et de Congia, germains de Bernard. Ils séjournent avec leur famille et des hôtes. Ils dépensent sans compter. Le bayle doit envoyer de la nourriture et du linge pour les déplacements du prélat et de ses proches, fournir des ânes, veiller à l’entretien des montures. D’importantes sommes d’argent sont utilisées pour régler les dettes de l’archevêque de mai à octobre 1337.

Blason de Bernard de Farges, archevêque de Narbonne du 15 mai 1311 à juillet 1341. La cathédrale de Narbonne renferme son tombeau.

 

Un inventaire de Gasbert de Valle (1297-1347), archevêque de Narbonne de 1341 à 1347 et camérier du Saint-Siège, qui fut camerlingue et, en cette qualité, géra toutes les finances de l'Église au XIVème siècle. Cet inventaire et le précédent donnent des renseignements très curieux sur l'orfèvrerie, l'ameublement et la vie économique à cette époque. Plusieurs manuscrits concernent Alaigne. Ils donnent avec une grande précision les dépenses du châtelain d'Alaigne en indiquant le prix de chaque objet, le détail des travaux exécutés avec le salaire des journées.

 

Village d'Alaigne, la rue principale des remparts.

Village d'Alaigne, la rue principale des remparts.

Village d'Alaigne, vestiges de l'ancien rempart ceinturant le bourg.

Village d'Alaigne, rue de la Place, comparez avec la photo ci-dessous datant de 1905.

Village d'Alaigne, promenade des platanes en 1905, même endroit que la photo ci-dessus, 110 ans plus tard.

Paysage, alentours du village d'Alaigne.

 

LE VILLAGE D'ALAIGNE

 

Ce village castral d’Alaigne en Bas-Razès, possède encore un pan d’enceinte du bas Moyen Âge d'environ  deux mètres de hauteur, en bon état de conservation ce qui a permis de réaliser des observations en mars avril 2004, afin de comprendre sa structure et la technique de sa réalisation. D’après l'étude réalisée et le mobilier recueilli, l’origine bas-médiévale des vestiges d’Alaigne ne fait pratiquement aucun doute, une anse de marmite typique du XIVème siècle a même été retrouvée. Une mention datant de 1196 constitue la plus ancienne attestation d'un mur lié à un fossé, on parle du "mur et cave dudit lieu". Cet acte de l'an 1196 par lequel Guillaume de Flassan vendit audit Isarn d'Aragon prieur, une maison qu'il avait dans Alaigne, confrontant d'autan la rue, de cers avec le mur et cave dudit lieu pour 300 sols melgoriens.

Le village d'Alaigne, l'ancienne boulangerie.

 

Le village d'Alaigne, autres photos de l'ancienne boulangerie.

Le village d'Alaigne, ancien rempart.

 

Le village d'Alaigne, chemin de Ronde.

Le village d'Alaigne côté Sud.

 

Le village d'Alaigne, chemin de Ronde.

Les vignes ceinturent le village d'Alaigne, ici côté Sud-Est en venant de Limoux par la D102.

  

Le village d'Alaigne, à gauche le haut de la rue de Malbourget. A droite, la rue de Malbourget.

Le village d'Alaigne en arrivant par la route de Villelongue au Sud.

  

Vieille maison du village en attente d'une rénovation.

Le village d'Alaigne côté Nord-Est, avec la chaîne pyrénéenne se détachant au loin.

  

Le village d'Alaigne, à gauche, place de L'Ourmeau face à l'entrée de l'église Saint Pierre. A droite, la rue de la Chapelle.

A l'entrée du bourg on peut encore voir les vestiges d’enceinte comportant la porte fortifiée dite de "Pépi" datant de la fin du XVème siècle, avec son cadran solaire, et la porte d’Arres du XVIème siècle.

  

A gauche, la porte de Pépi donnant sur la place du Château. A droite, l'autre côté, sortie par la porte de Pépi. Alaigne s'enorgueillit d'avoir gardé quelques vestiges de son passé, ce passé historique qui caractérise chaque village.

 

A gauche, la porte de Pépi donnant sur la place du Château. A droite, l'autre côté, sortie par la porte de Pépi. Par arrêté du 5 avril 1948, cette porte a été inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques. Cette porte est surmontée d'une tour contenant trois salles superposées. Le passage sous la tour est couvert d'une voûte plein cintre. En avant de l'arc plein cintre, la première voûte présente une fente à mâchicoulis que l'on voit sur la photo de gauche.

Ce blason, situé au-dessus du cadran solaire sur la porte de Pépi est celui de Monseigneur François Hallé, archevêque de Narbonne et seigneur d'Alaigne, de 1482 à 1492. Cet écu est encadré par deux pinacles à crochets et surmonté d'une accolade. Dans le langage héraldique on le définit ainsi : "rencontres de boeuf en 2 et 3  (saillants ?) et 2 croix latines en 1 et 4. En chef une croix tréflée Rencontre, (tête de face)  (mot masc.)". Remarquez que le blason est surmonté des initiales IHS en gothique c'est un monogramme christique. On peut voir aussi un autre blason sculpté dans le mur du presbytère, répertorié à l'inventaire des Monuments Historiques. C'est celui de Monseigneur François Guillaume de Castelnau de Clermont Lodève, archevêque de Narbonne et seigneur d'Alaigne de 1502-1507.

Blason de la famille François Hallé qui correspond bien à l'écu de la porte de Pépi.

  

Que représente ce blason situé sous le cadran solaire. Plusieurs hypothèses ont été émises. Serait-il un peigne à carder le lin ? On sait que cette culture était florissante au moyen âge. On le tissait, et les draps confectionnés à Limoux, d'excellente qualité, étaient exportés jusqu'à Constantinople. Ou serait-il l'arme parlante d'Alaigne ? Dans ce cas, ce serait une aile. L'on peut voir, en effet, au Musée des Augustins à Toulouse, un blason semblable du XIVème siècle, celui d'un moine basque, Jean de Alava ; son meuble, c'est-à-dire sa partie centrale, figurerait une aile, qui serait l'arme parlante de ce moine. Un des toponymes du village d'Alaigne fut "Alanha" ; il est plausible donc qu'une aile ait été choisie comme arme parlante ; à moins que ce blason soit celui d'un seigneur de la famille des Alaigne. "Alanha", "Alava", on remarque en effet, le préfixe "ala" c'est-à-dire "aile", dans chacun de ces noms. Il y a aussi un blason sculpté au-dessus de la porte du presbytère ; il est répertorié à l'inventaire des Monuments historiques. On ne sait trop ce qu'il représente, il rappelle un peu ce blason qui figure sur la porte de Pépi.

 

La Porte de Pépi constitue encore une entrée Sud dans le village. Elle est datable du XVème siècle et est assimilable aux portes-tours de certains castelmaux gascons qui, d'après B. Cursente, symbolisent les prérogatives communautaires face au pouvoir seigneurial. Par arrêté du 5 avril 1948, cette porte a été inscrite à l'inventaire des Monuments historiques.

Ce nom Pépi ou Pépy, est la forme occitane de Pépin, qui semblerait être un personnage de grande notoriété dans la région.

La clef de l'arc brisé d'entrée, au sud, est sculptée d'un cadran solaire et de deux blasons. On reconnaît l'écu écartelé de François Halle (1482-1491) (aux 1 et 4 d'azur à la croix d'argent, aux 2 et 3 d'or au rencontre de bœuf de gueules, surmonté d'une étoile à six rais) ; le même blason décore un tailloir, dans l'église de Peyriac-de-Mer (Aude).

  

A gauche, la porte d'Arres donnant sur la place du Château. A droite, l'autre côté, sortie par la porte d'Arres.

  

A gauche, la porte d'Arres donnant sur la place du Château. A droite, l'autre côté, sortie par la porte d'Arres. Cette porte n’est pas sans rappeler aussi l’origine du nom Arras venant du peuple celte Atrebate (en celte Adtrebates de Ad-treba-ti ceux qui habitent et possèdent le village). Cette similitude basque et celte est surprenante. 

Village d'Alaigne, détail de l'écu de la porte d'Arres. Cette porte d'Arres est située au nord du village. Elle est surmontée d'un écu, suspendu par un lien retordu ; les armoiries ont été effacées lors de la Révolution, il est difficile de la dater. Mais la suspension de l'écu par un lien retordu, l'apparente à ceux de la porte sud du même village (écus anciens du XIVème siècle) et non à ceux des évêques des XVème et XVIème siècles. Sa restauration, en 2005, a fait apparaître la date 1551 qui semblerait correspondre à une restauration antérieure.

Village d'Alaigne, en remontant le passage d'Arres. 

La porte d'Arres, situé au Nord du village est le seul vestige défensif encore visible dans ce secteur. Un écu ancien en grande partie martelé fait apparaître une date de 1551 qui semblerait correspondre à une restauration antérieure. Tout comme la porte de Pépi, la porte d'Arres permettait l'accès à la place centrale du village.

Ce nom Arres est un nom de famille. Comme dit plus haut, on sait qu'en 1228, Aude de Fanjeaux, parfaite cathare, ouvrit une maison à Alaigne, chez Guillaume Arnaud des Arres (Guillelmus Arnaldus Darras). Il pourrait alors avoir pour origine, les arrès (ou lapiès) qui sont des ciselures superficielles d'un relief karstique, résultant de l'érosion de la roche par le ruissellement de l'eau. En effet, le domaine des Arres, cité plus haut, jouxte la rivière du Sou, à l'Ouest d'Alaigne, dont le lit, profondément encastré entre les berges, laisse encore apparaître des roches blanchâtres, vraisemblablement calcaires, striées par endroits. 

 

Le village d'Alaigne, la place du château où chante l'eau d'une fontaine du second Empire.

 

Le village d'Alaigne, la fontaine sur la place du château.

Le village d'Alaigne, la fontaine sur la place du château.

Le village d'Alaigne vue en arrivant de Belvèze du Razès. 

Le village d'Alaigne, la fontaine sur la place du château.

Le village d'Alaigne, le café "La Galloise".

  

Le village d'Alaigne, l'église Saint Pierre.

L'ÉGLISE SAINT-PIERRE D'ALAIGNE

L'église est construite dans le village en référence au monastère cité plus haut, elle fut un temps la chapelle du château construite en bordure de la "circulade", ce qui explique que la place située au centre de la circulade s'appelle aujourd'hui : "place de l'ancien château".

L'église d'Alaigne, dédiée à Saint Pierre, jouxte le presbytère, elle est de style gothique languedocien, à nef large, facilitant l'évangélisation.

Le clocher date du XIème siècle, de forme carré avec une flèche de 28 m de haut, il a été remanié au XIVème puis au XIXème siècle. Les cloches datent de 1757.

La plus grosse cloche nommée Saint Pierre d'une hauteur de 90cm pour un diamètre de base de 83 cm, elle est décorée sur un coté d'une croix avec vingt-et-une fleurs de lys.

Sainte-Anne est le nom de la plus petite. Elles datent du XVIIIème siècle. Elle a été cassée, et refondue entre 1773 et 1777 (H. Castel).

Cette église daterait du XIVème siècle ; cependant, dans "Archéologie du Midi médiéval, tome 4 -1986" qui donne un extrait de la collection Languedoc Doat du volume 5 f.185, on peut lire : "1129 : Ecclesia Sancti Petri de Alaniano" ; n'était-ce, qu'une chapelle à l'époque du château seigneurial ?

Le premier centre paroissial était autrefois plus haut vers le cimetière.

Il faut savoir qu'à la fin du XVIème siècle, Alaigne a été occupé par les protestants.

  

A gauche, l'église Saint Pierre vue de la rue de la Fontaine. A droite, l'église Saint Pierre vue de la rue du chemin de ronde.

La position de l’église du XIVème siècle est bâtie sur un schéma idéal : l’axe de l’édifice suit un rayon tracé à partir du centre. Elle a été remaniée au XIXème siècle.

Au XVIIIème siècle, elle était moins longue que celle que nous connaissons aujourd'hui. Elle fut restaurée à partir de 1869 ; en 1872, une décision du Conseil municipal stipulait : "Détruire l'ancien clocher qui menace ruine".

Lors de la restauration en 1869, l'inventaire fait mention d'un tabernacle en bois doré en mauvais état, et de mobilier en marbre de Caunes. L'église démolie n'était pas grande et ne comportait que le chœur et la nef. Lors de la reconstruction de l'église, comme en attestent les devis et factures datant de 1869 à 1876, deux chapelles ont été ajoutées de chaque côté de la nef, les cinq autels furent recouverts de placage de marbre blanc et des grilles en fonte dont certaines existent encore ont remplacé dans le chœur la table de communion en marbre, ces grilles séparent les chapelles de la nef.

La fin des travaux de restauration date en partie de janvier 1873 ; l'église restaurée apparaît alors agrandie du chœur, de deux chapelles, avec des vitraux modernes et surmontée du clocher à flèche actuel.

L'église fut consacrée en 1878 et baptisée St Pierre es liens. Le récit de la vie de Saint-Pierre se trouve décrite dans les vitraux de la nef. Nous trouvons une grande nef sans piliers bordée de quatre chapelles, à droite : Notre- Dame de Lourdes et l'enfant Jésus de Prague, puis Saint- Joseph ; à gauche : Notre-Dame de la Saiette, et le Sacré-Cœur avec le monument aux morts.

Alaigne, l'église Saint Pierre, le transept avec ses chapelles latérales et le choeur.

L'arc triomphant porte les armoiries de Mgr Dillon archevêque de Narbonne de 1763 à 1790. Que vous pouvez voir aussi sur la photo précédente au-dessus du choeur.

  

A gauche, le transept avec l'entrée de l'église et au-dessus, le balcon. A droite, la chaire du XIXème siècle.

Balustres en marbre de Caunes Minervois bordant l'autel.

Le chœur a été restauré en 2007 à la suite des travaux de restauration de l'église qui ont commencé en 2004. L'autel tombeau est en marbre de Caunes ainsi que les balustres et la table de communion. L'arc triomphant porte les armoiries de Mgr Dillon archevêque de Narbonne de 1763 à 1790, le Razès faisait partie de son évêché. Il porte l'inscription "DUM SPIRO SPERO" : "tant que je respirerai (je vivrai) j'espèrerai"... avec la croix archiépiscopale, chapeau de sinople, cordon de l'ordre du Saint Esprit. On retrouve le même blason à Pieusse et à Gruissan. En 2013 la voute du chœur a été restaurée à l'identique.

La restauration de la toiture a été entreprise en 2005 et la restauration intérieure doit se poursuivre dans les prochaines années.

On y a inventorié de remarquables objets de culte (calice, patène, ciboire, ostensoir), ainsi que deux bénitiers du XVIIIème siècle, en marbre rouge de Caunes.

 

Village d'Alaigne, l'église Saint Pierre.

Village d'Alaigne, le clocher de l'église Saint Pierre.

L'église Saint-Pierre possède aussi une croix-reliquaire en argent de 1792, contenant les reliques de Sainte Julie. Son pied est ovale et décoré d’acanthes. D’un côté est représenté le Christ crucifié, de l’autre, la Vierge, les mains jointes. Le reliquaire est placé aux pieds du Christ. Plusieurs inscriptions y sont apposées : "A. L’EGLISE. DE. LAIGNE" (sous le pied). "Sa JVLIA" (au-dessous du reliquaire), Poinçon de maître (initiales) "MFL" (Martin-François Luxembourg, maître-orfèvre de Limoux, décédé en 1686), Poinçon de ville "L couronné" pour la ville de Limoux. 

La chaire du XIXème siècle réalisée par Mr Jean Cassignol est bien décorée, elle est en marbre blanc polychromé.

Le chemin de croix a été érigé le 14 février 1874, la croix "via çrutis" est genre gothique, les tableaux en terre cuite.

De nombreuses statues ornent l'église Saint-Pierre, elles ont été offertes par des familles du village. Elles ont été réalisées pour la plupart par la manufacture Giscard de Toulouse entre 1855 et 2005. Elle était dépositaire officiel des statues de Sainte Thérèse de l'enfant Jésus. Dans le chœur il y a les statues de : Saint Jean, Saint Paul, Saint Pierre, Saint Marc. Dans la nef : Sainte Jeanne d'Arc, Sainte Germaine, Saint Antoine de Padoue, Sainte Thérèse de l'enfant Jésus.

Les vitraux ont été réalisés par Louis Victor Gesta en1869 lorsque l'église a été agrandie par deux chapelles dans la nef, une dédié à la Sainte Vierge, l'autre à Saint Joseph. Louis Victor Gesta, est né le 26 septembre 1828 à Toulouse où il est mort le 6 septembre 1894.

 

 

Les vitraux éclairant le choeur de l'église Saint Pierre. Ils relatent la vie de Saint Pierre : Saint Pierre renie par 3 fois Jésus, Saint Pierre sans liens, Saint Pierre pêcheur d'hommes. Les vitraux ont été réalisés par Louis-Victor Gesta en1869. Il était peintre-verrier français, fondateur de la manufacture de vitraux Gesta qui, aux dires de son fondateur, décora entre 7000 et 8500 églises. Sa résidence, lieu d'exposition et manufacture existe toujours, en partie, il s'agit du "Château des Verrières" à Toulouse.

  

Les vitraux éclairant le choeur et chapelles de l'église Saint Pierre. Celui de droite éclaire la chapelle de la Vierge, il comporte deux scènes ; La vierge confiant le rosaire à Saint Dominique, et l’Annonciation.

Vitrail de la chapelle Saint Joseph représentant : La mort de Joseph, entouré de Jésus et de Marie. Bienheureux ceux qui meurent dans le seigneur. Et il leur soumit.

  

Vitraux en rosace, celui de gauche représente : Saint Roch né et mort à Montpelier et celui de droite, Sainte Anne. 

  

Le vitrail de gauche représente : Le cœur de Jésus brûlant d’amour et celui de droite : Le cœur de Marie transpercé d’un glaive selon la prophétie du vieillard Siméon.

  

Le vitrail de gauche, représente : Saint Jean L’Évangéliste. Le serpent sortant de la coupe rappelle l’épisode de la Coupe empoisonnée à Ephèse. Celui de gauche : Saint Jean-Baptiste, considéré comme le dernier prophète. Il annonce l’agneau de Dieu. Sur l’oriflamme : Agnus Dei.

  

Le vitrail de gauche, représente : Sainte Anne et celui de droite : Saint François d’Assise 1181-1226. Il présente ses stigmates rayonnants.

Ce vitrail représente : La Vierge Marie et l’enfant Jésus.

Classés au Monuments Historiques ou répertoriés, on a : le maitre-autel et la table de communion en marbre rouge du XVIIIème siècle, deux croix de sépulture à la main bénissant du XVIème siècle et deux bénitiers en marbre de Caunes. Ainsi que, la croix reliquaire de Sainte Julie du XVIIème siècle et deux calices et patènes fin XVIIIème siècle.

Le village d'Alaigne, le Chemin du Moulin.
Le village d'Alaigne, le Chemin du Moulin.
  

Le village d'Alaigne, deux photos du chemin du Moulin.

Le village d'Alaigne, ancien moulin avant sa restauration. Situé au Nord-Est du village, ce moulin, au dire de certains, ne serait qu'un ancien pigeonnier. Or, c'est le vestige d'un moulin à blé, datant du XVIIème siècle. Il est en effet répertorié en temps que "moulin" sur les plans cadastraux napoléoniens. A cette époque, il aurait eu un toit plat, pivotant, afin de permettre l'orientation des ailes par rapport au vent ; au XIXème siècle, ce toit aurait été remplacé par un toit pointu.

Le village d'Alaigne, ancien moulin en restauration au pied de la nouvelle poste.

  

Le village d'Alaigne, ancienne croix derrière le cimetière, route de Bellegarde. La croix est posée sur un socle qui serait un bénitier renversé et pourrait être un des vestiges du monastère de Saint-Pierre.

Le village d'Alaigne en arrivant de Belvèze du Razès.

Le village d'Alaigne en arrivant de Belvèze du Razès.

Le village d'Alaigne en arrivant de Belvèze du Razès, ancien pressoir. En arrière-plan ‘’le pech des Trois Seigneurs’’ (altitude de 443 m, un somptueux panorama à 360°, au point culminant nord de l'éperon formé par la crête de Monthaut dans la dépression du Bas-Razès, avec un chemin de randonnée et une table d’orientation inaugurée en 2010, (Carte de la Série Bleue : 2246 E, Topo Guide ‘’L'Aude Pays Cathare à pied’’) à ne pas confondre avec le pic des Trois Seigneurs en Haut-Couserans dans le parc naturel  de l’Ariège sommet des Pyrénées qui culmine à 2 199 m.

Le village d'Alaigne en arrivant de Belvèze du Razès. Ces beaux vignobles sont ceux du versant sud du massif de la Malepère.

Le village d'Alaigne, en arrivant de Fanjeaux par la D102. 

Le village d'Alaigne, en arrivant de Fanjeaux par la D102. 

De Bellegarde à Monthaut puis Alaigne par la D52.

Le village d'Alaigne, jardin de rêves.

Paysage alentours du village d'Alaigne.

Paysage de vignobles sortie du village d'Alaigne.

 

LES RUINES DE LA CHAPELLE SAINT ROCH

L'Association des Amis du Patrimoine alaignois va entreprendre la remise en état de cette petite chapelle Saint-Roch tombée en ruines et se trouvant proche du cimetière. Cet édifice a été construit vers 1870 par les demoiselles Coste, châtelaines du village, qui en ont fait leur sépulture et qui sont toujours enterrées en ce lieu. Auparavant, elles en avaient fait don à la famille Boyer, d'Alaigne.

Le village d'Alaigne, les ruines de la chapelle Saint Roch.

Le village d'Alaigne, les ruines de la chapelle Saint Roch en cours de restauration.

Voici quelques photos anciennes qui feront plaisirs aux amateurs nostalgiques :

Le village d'Alaigne, la place du château en 1905.

Le village d'Alaigne, la promenade des platanes en 1905.

Le village d'Alaigne, autre photo de la promenade des platanes en 1905.

Le village d'Alaigne, la place de la poste en 1905.

Le village d'Alaigne, la place de la République avec sa fontaine en 1905, à laquelle on a rajouté un bassin de nos jours et la place a été rebaptisée place du château.

Le village d'Alaigne, l'école et la mairie en 1910.

Le village d'Alaigne, autre photo de l'école et la mairie en 1905.

Le village d'Alaigne, les écoles en 1905.

Le village d'Alaigne, l'église Saint Pierre en 1905.

Le village d'Alaigne, une vue intérieure de l'église Saint Pierre en 1910.

Le village d'Alaigne, vue aérienne en 1950.

Le village d'Alaigne, quatre vues aériennes en 1955.

Le village d'Alaigne, vue aérienne en 1955.

Le village d'Alaigne, vue aérienne en 1955.

Le village d'Alaigne, vue aérienne en 1980.

Le village de Belvèze-du-Razès, situé au Nord à 3km d'Alaigne, en 1905.

Le village de Belvèze-du-Razès, situé au Nord à 3km d'Alaigne, l'église en 1905.

Le village de Routier, situé à 3,5 km à l'Est d'Alaigne, l'avenue d'Alaigne en 1905.

Zoom sur la photo précédente peut être reconnaîtrez vous des ancêtres.

 

Merci encore à Jean-Claude Schmutz pour nous avoir fait découvrir ce village qu'il adore et surtout pour sa collaboration.

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale : La baylie d’Alaigne d’après les sources locales du XIVème siècle par Marie-Laure Jalabert.

- Cartulaire général de l'Ordre du Temple 1119-1150.

- Cartulaire des Trencavel. Analyse détaillée des 617 actes datant de 957 à 1214 par Joseph Dovetto.

- Archéologie du Midi médiéval : Une forme de villages médiévaux concentrés : le cas du Bas-Razès (Aude) par Dominique Baudreu.

- Livre vert de l'archevêché de Narbonne, Carcassonne.

- "Si Alaigne m'était conté" par Claudie Roland, cet ouvrage est disponible auprès de l'association " Les Amis du patrimoine d'Alaigne".

- Alaigne église Saint Pierre es Liens, document rédigé par un collectif de la paroisse  et édité par la mairie. Ce document est mis à disposition dans l’église Saint Pierre es Liens.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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