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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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15 juin 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! ATTENTION CE REPORTAGE A ÉTÉ RÉALISÉ EN 2 PARTIES, pour ne pas rater cette suite je ne peux que vous conseiller de vous inscrire sur la newsletter du site, comme des centaines de lecteurs fidèles vous en serez averti dès sa diffusion.

Pourquoi 2 parties ? L'histoire du village de Conques sur Orbiel et du château des Saptes et tellement dense et qu'une page étant limité en nombre de caractères et codes divers, j'ai été obligé de le scinder en deux.

Si vous avez d'autres photos de Conques sur Orbiel, je peux éventuellement compléter ce reportage, n'hésitez pas à mon contacter.

J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

Le village de Conques sur Orbiel se situe à 10 km de Carcassonne, 102 km de Toulouse, 67 km de Narbonne, 96 km de Béziers, 121 km de Perpignan, 88 km de Foix et 211 km de Cahors.

Conques sur Orbiel au pied de la Montagne Noire, la porte du Cabardès

Une vue aérienne du village de Conques sur Orbiel.

Le blason du village de Conques sur Orbiel.

Le blason de Conques sur Orbiel tel que l'on peut le voir dans l'Armorial général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696. Cet armorial qui comprend 125 807 blasons peints, est un recensement héraldique voulu par Louis XIV, afin d'attacher dans le droit civil français d'Ancien Régime et dans la pratique fiscale de la monarchie française le port des armoiries à une taxe particulière.

 

Conques-sur-Orbiel (occitan : Concas).

Le toponyme de Conques sur Orbiel vient du latin concha qui signifie "coquille", mais qui désigne, métaphoriquement, une baie, une vallée en cuvette, un méandre de rivière. En latin du Moyen-âge, concha prit, par extension, le sens de "creux dans lequel coule un cours d'eau". Dans les anciens textes, le cours d'eau qui arrose Conques est appelé Olibegium en l'an 794, Oliveti en 844, Olvei en 1262. L'endroit est mentionné sous le nom de Villa de Conchis dans un manuscrit de 1248. L'appellation "sur Orbiel" a été ajoutée au toponyme en 1962.

Conques-sur-Orbiel est situé sur la Méridienne verte, dans l'aire urbaine de Carcassonne sur l'Orbiel et le Trapel.

Ses habitants sont appelés les Conquois et les Conquoises. En 2013, la commune comptait 2 439 habitants. Depuis les années 1990 sa population n'a cessé de croître. En 1982 on comptait 1786 habitants autant qu'en 1861 où on dénombrait 1780 habitants.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle. A droite, le clocher tour de l'église Saint Michel (cliquez sur les photos pour agrandir).

L'Orbiel est une rivière qui prend sa source dans le Massif central et qui traverse les départements du Tarn et de l'Aude, c'est un affluent rive gauche de l'Aude. Elle a une longueur de 41 km. Ce nom de "Orbiel" signifie "Or vieux" en langue d'oc ; sans doute cette rivière charriait-elle des parcelles d'or dans l'Antiquité. Les crues de l'Orbiel sont très importantes en général, compte tenu bien sûr de l'exiguïté du bassin versant de cette rivière. Dans la région de Conques sur Orbiel connut des inondations importantes en 1723, 1729, 1748, 1783 où le pont des Saptes fut emporté, novembre 1788, 1801, 1807, 1809, 1875, 1891.

Le village de Conques sur Orbiel.

Le pays de Cabardès, constitué par la haute vallée de l'Orbiel qui recueille les torrents des pentes culminantes de la Montagne-Noire pour les jeter dans l'Aude, était demeuré fermé et comme isolé du monde jusqu'au milieu de ce XIXème siècle.

L'Aude est un territoire riche et compte 471 immeubles protégés au titre des monuments historiques soit 125 classés et 346 inscrits. Le château des Saptes en fait partie.

Conques sur Orbiel, bourg bâti sur une éminence au pied de laquelle coule l'Orbiel, qui alimente plusieurs usines pour la fabrication des draps.

La naissance du village actuel est formée par un castrum à noyau castral semi circulaire d’environ 60 m de rayon autour de l'emplacement du château. Au centre du village on peut encore voir les vestiges d'un château fort datant de 1248.

Sceau de la commune de Conques sur Orbiel datant de 1303.

Le premier bornage réalisé sur la seigneurie de Coques date de 1342. Il fut fait en présence du procureur du roi, de l'abbé de Lagrasse, des consuls et quelques habitants de Conques et de noble Jean de Varennes, seigneur de Villegailhenc.

Les deux communes limitrophes de Conques et de Villegailhenc se sont disputées pendant plusieurs siècles la possession ou la jouissance du terme d'Azac. Des arrêts de la Cour Royale de Montpellier ont reconnu à la commune de Villegailhenc la propriété de certaines portions qui l'avoisinent, bien quelles restent administrativement dans la commune de Conques.

Conques sur Orbiel, l'hôtel de Ville.

La mairie, hôtel de ville ou maison commune était l'édifice spécial pour la réunion des magistrats et des consuls. Dès le principe on se réunissait pourtant à la maison du premier consul. En 1623 la maison consulaire se composait des immeubles appartenant aux sieurs Peyrottes et Vaichère l'emplacement où sont construites les deux chapelles du Sacré Cœur et Saint-Roch en faisaient aussi partie. En 1777, la mairie tombe en ruines. Au mois de décembre de la même année, l'abbé de Saptes expose à la Communauté que cet immeuble est dans un état déplorable. Quelques années avant la Révolution, l'hôtel de ville fut déplacé dans le presbytère qui servit dès lors de maison commune. Jusques en l'an X de la République, le presbytère avait servi de mairie. A partir de cette époque jusqu'en 1861 on loua différents locaux pour servir de maison commune. En 1887 on construisit la mairie actuelle sur un terrain acheté l'année d'avant à madame Barbès née Alibert.

C'est en 1865 que la commune de Conques obtint un bureau de distribution de lettres dans le village.

La première brigade à cheval de gendarmerie s'installa à Conques en 1850.

Pendant fort longtemps il exista une foire le 10 août et un marché le mardi de chaque semaine. Avant la Révolution, il y avait 3 foires. Par arrêté des consuls du 5 germinal an 9, approuvé par le premier consul Bonaparte, les foires auront lieu le 14 janvier, pour bêtes à grosses cornes, bétail et chevaux destinés aux travaux de l'agriculture, porcs, grosses étoffes, et les deux autres foires, le 17 avril, le 11 août ; celles de janvier et août sont très fréquentées. Ces foires se tiendront aux alentours de la maison de ville pour les draps, quincaillerie, chevaux, cochons etc. et au voisinage de Notre-Dame de la Gardie pour les moutons. Le foirail était jadis à la place du roi.

 

Voici une présentation chronologique des principaux événements historiques ayant trait au village de Conques sur Orbiel :

 

La famille de Conques, vassale des vicomtes de Carcassonne, fut dépossédée à la suite de la guerre des Albigeois et la seigneurie confisquée par les Montfort, puis par le roi, lequel concéda une partie des revenus domaniaux à la famille de Gautier de Secrunio. La seigneurie appartenait en partie à l'abbaye de La Grasse. Malgré l'importance relative de ce lieu, l'histoire de Conques est assez obscure.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, les vestiges du château au centre du village. A droite, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle (cliquez sur les photos pour agrandir).

La ville était administrée par des consuls ; ils paraissent dès 1303 et jusqu'à la fin du XVIIIème siècle ils seront élus par la communauté sur une liste dressée par les consuls sortants. Par exception, en 1631, on y observait encore les us et coutumes de la vicomté de Paris, établis par Simon de Montfort ; la justice était rendue par une bayle royal et par un bayle de l'abbé de La Grasse.

Conques sur Orbiel, murailles du château au centre du village.

En 1209, au siège de Carcassonne périrent plusieurs chevaliers hérétiques Albigeois de grand renom qui avaient prêté serment de fidélité à Roger Trencavel. Dans le nombre était Bernard Estienne, et Hugues de Villaigle, de Conques, ils faisaient partie de l'armée hérétique. Pierre de Sécrune, également de Conques, par contre lui, faisait partie de l'armée de Simon de Montfort. En récompense de ses services, ce dernier chevalier reçut, après la croisade, quelques donations.

Entre 1284 et 1328 de nombreux habitants de conques furent dénoncés comme hérétiques.

Leurs biens furent confisqués et vendus, comme il résulte du compte-rendu d'Arnaud Assaliti, procureur du roi à Hugues Guiraud, sénéchal de Carcassonne.

Conques sur Orbiel, muraille grise du château médiéval au centre du village.

En 1356, Edouard, Prince de Galles, dit le Prince Noir, le vainqueur de Crécy, se donna le plaisir de mettre à feu et à sang de nombreux villages de la Haute-Garonne et de l'Aude, d'après la tradition locale, le village de Conques aurait été pillé et saccagé.

En l'année 1436 eut lieu la grande invasion de Rodrigue de Villendras, capitaine Espagnol, qui, à la tête d'une foule d'aventuriers désola le pays, Conques sera plus ou moins saccagé, mais ils commirent dans le village de grandes atrocités. Les églises, le château, les maisons nobles sont livrées au pillage.

Conques sur Orbiel, vestiges des fortifications.

Au mois de mars 1570, l'armée protestante, forte de 12000 hommes avec cinq canons, alla investir Montréal. Le 13 mars après midi, Coligny, chef des calvinistes, détacha une partie de son armée qu'il plaça sous les ordres de Gabriel Ier de Montgommery et l'envoya sur Conques. Le lendemain après la prise de Montréal, le reste de l'armée prit la même route. Montgommery somma Conques de se rendre, sur le refus des habitants, il la fit canonner pendant trois heures et l'obligea enfin de se rendre après une perte considérable de ses citoyens. La principale action se serait passée autour du château où il y eu un grand carnage.

Au mois de décembre 1622, Conques fut occupé par l'armée royale. Le régiment de M. de Pompadour pilla les maisons et maltraita les habitants.

L'année 1632 fut marquée par la révolte du maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc, contre Louis XIII et Richelieu. Conques tenait pour le maréchal ; aussi l'entrée de Carcassonne fut pendant quelque temps interdite aux habitants, parce qu'ils avaient logé les rebelles.

La Révolution Française, Conques envoie des députés à la réunion des trois ordres du diocèse tenue à Carcassonne le 4 février et le 16 mars 1789. Le Maire de Conques, Carles,  assiste aux fêtes de Carcassonne données en l'honneur de la prise de la Bastille.

En l'an IX, des grandes fêtes furent données à Conques en l'honneur de la fondation de la République.

Aucun fait remarquable ne se passe à Conques durant les règnes de Louis XVIII et Charles X.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, l'entrée du château médiéval au centre du village. A droite, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle (cliquez sur les photos pour agrandir).

Les pestes de 1347 et 1348 n'épargnèrent pas le village de Conques mais celle de 1361, qui dura de six à sept mois, y fit les plus grands ravages. Deux siècles plus tard, en 1557 et 1558, l'épidémie apparaît de nouveau dans la contrée, pour se montrer encore en 1629 et 163o. Cette dernière fut occasionnée par l'affluence des troupes à Carcassonne et l'agglomération des morts et des blessés sur les champs de bataille, ou dans les fossés de la ville. Depuis la peste de 165o jusqu'à nos jours, Conques, n'a été éprouvé qu'en 1720 ; le nombre de décès fut très considérable.

Après la peste, la famine. Les années 1740, 1790, 1792, furent particulièrement meurtrières.

Proche de Conques sur Orbiel, entrée du parc du château médiéval du village de Malves située non loin de là.

Proche de Conques sur Orbiel, cour du château médiéval du village de Malves, située non loin de là.

 

L'ÉGLISE SAINT MICHEL DE CONQUES SUR ORBIEL

L'église de Conques dédié à Saint Michel Archange et célèbre sa fête locale le 29 septembre.

L’église Saint-Michel de Conques, remonte au XIIIème siècle vers l'an 1248, sans doute une ancienne chapelle castrale devenue paroissiale mentionnée comme telle en 1259. En effet, dans une enquête sur les dîmes épiscopales de 1259, elle est désignée comme l’église paroissiale du lieu sous le vocable de Saint Michel, mais aucun document ne témoigne de son aspect architectural de l'époque.

Conques a possédé autrefois dans son agglomération cinq églises et dans son territoire quatre églises. Aujourd'hui il ne reste que l'église paroissiale et Notre-Dame de la Gardie.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, le porche d'entrée de l'église Saint Michel vu de la rue Saint-Michel. A droite, le clocher (cliquez sur les photos pour agrandir).

Pourquoi la plus part des églises du Midi, sont orientées du côté du soleil levant ? La principale raison de cet usage nous est donnée par Damascène et Cassiodore, c'est parce que Jésus-Christ sur la croix avait la face tournée vers l'Occident, et qu'en conséquence nous nous tournons vers l'Orient en priant, afin de voir la face du Christ.

Le premier curé de Conques figure sur les registres de l'Inquisition datant de 1282, il s'appelait Arnault, à partir de cette année là tous les curés nous sont connus.

L'Eglise paroissiale de Conques est gothique et date donc du XIIIème siècle. La forme primitive de l'église était une croix grecque. Le plan actuel comprend une nef de trois travées, entourée de quatre chapelles qui rendent l'ensemble plus massif.

Au XVIème siècle Pierre de Saptes fait restaurer les édifices religieux. On lui doit peut être le réaménagement intérieur de l’église avec la conception du retable dans la chapelle de la Vierge et la mise en place de l’ancienne cuve de bénitier. L’installation de la grosse cloche portant pour date 1570 clos les travaux. En 1586, l’église est pillée. En 1603 l’Hôtel de ville est construit sur le flanc nord peut être à l’emplacement des anciennes fourches patibulaires.

L'entrée de l'église donne accès au fond de la nef, côté de l'évangile. L'église de Conques est fort remarquable, style ogival secondaire, ou style gothique rayonnant. Elle est située sur l'escarpement du donjon, mais hors de son enceinte. Elle se compose de trois travées ogivales et d'une abside séparée de la nef par un transept, où se trouve quatre petites chapelles latérales à l'abside et faisant face à la nef. Celles du transept sont les chapelles de Saint Joseph, de la Vierge située à droite du choeur, du Purgatoire et de Notre-Dame de Compassion. Celles de la nef sont les chapelles de Saint Roch, de Saint Sébastien datant de 1754, du Sacré-Cœur et de Saint Etienne datant de 1864-1865. Les Archives communales nous apprennent que ces chapelles furent construites en 1766.

En 1754 une partie du toit de l'église s'écroula, c'est à cette époque que l'on répara aussi la nef avec la mise en place de vitraux et l'église fut agrandie.

En 1830 l’entrée de l’église est dégagée. En 1835, une nouvelle tribune est créée. En 1845, la chapelle Saint Joseph est construite à l’est du bras méridional du transept. En 1852, la voûte de la nef entièrement vermoulue est reconstruite en bois et enduite au plâtre. En 1864 et 1865 les chapelles du Sacré-Cœur et Saint Etienne sont construites ainsi que les Fonts Baptismaux.

Le plan définitif actuel de l'église date de 1907, des travaux de restaurations auront lieu par la suite. Gesta, maître verrier toulousain intervient pour la réalisation des vitraux du chœur et de la chapelle du purgatoire. Le 13 février 1929, l’abside est classée au titre des monuments historiques.

Le clocher a deux cloches, l'une fut donnée en 1836 par Jules Lucet et Marie-Anne Flavienne, et la plus grosse est aussi la plus belle, fut fondue en l'année 1634, elle a un mètre de diamètre et est ornée de deux inscriptions.

Conques sur Orbiel, l'église Saint Michel, le clocher.

Une grande partie des objets et du mobilier que renferme l'église est classée.

Dans l'ameublement de l'église on peut remarquer : dans la chapelle de la Vierge, le retable Notre Dame du Rosaire en bois du XVIème siècle grossièrement redoré et orné de peintures sur bois. Il est placé à la droite du maître-autel dans une des chapelles du transept. Il est classé à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1907. Il a pour dimensions : 6,20m de hauteur, 2,69m de largeur avec une profondeur de 0,60m. Il se compose de 14 compartiments présentant un ensemble de panneaux retraçant les mystères joyeux, douloureux et glorieux de la vie de la Vierge Marie. Ces œuvres sont inclues dans une structure polychrome menuisée et sculptée dans un style gothique flamboyant. Le registre inférieur est composé de quatre panneaux de part et d’autre d’une Vierge à l’enfant, sculpture en terre cuite du XVIIIème siècle. Placée dans une niche centrale : Annonciation, Visitation, Présentation au Temple, Jésus parmi les docteurs. Le registre médian comprend cinq panneaux dont le central est de plus grand dimension ; avec pour thème : Prière de Jésus au mont des Oliviers, Flagellation Crucifixion, Couronnement d’épines, Portement de croix. Le registre supérieur comprend cinq panneaux formant un dais en quart de cercle. Les thèmes iconographiques sont : La Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption, le Couronnement de la Vierge. Ces panneaux ont été largement repeints, encrassés, revernis, et des lacunes picturales sont visibles. 

On peut voir un banc d'oeuvre en bois sculpté de la même époque que le retable, au dos de ce banc sont sculptées les armes de la ville de Conques (de Gueules à trois conques d'argent posées 1 et 2) ; une chaire en bois sculpté, par Claude d'Estienne, représentant Saint Michel Archange terrassant le démon. L'église possède trois reliquaires : Saint Roch, saint Sébastien et Saint Étienne. Quelques dalles funéraires aux inscriptions presque effacées se voient encore dans la nef. 

En 1968, un orgue vient compléter l'embellissement de l'église.

L'enlèvement de ce pavage a mis à jour une grande quantité de squelettes. Quelques dalles gravées de sigles ont été conservées dont l'une porte la date 25 septembre 1634.

On peut voir aussi un bénitier roman qui a la forme d'un demi-tonneau en pierre entouré d'un câble en forme de cercle et qui offre près de la margelle cette inscription : 3 DOVST, 1599, la date de 1599 est postérieure certainement à l'âge de cette pièce archéologique.

Un écusson à la voûte de l'église portant les armes de Conques.

Un autre écusson sur le haut de la chapelle de Notre- Dame de Compassion représentant probablement un prieur ou un abbé du monastère de Lagrasse. A côté de l'écusson il y a, les armes du prieur ou de l'abbé. 

Conques sur Orbiel, façade d'une maison à colombages typiques du Haut Moyen Âge.

 

LA CHAPELLE NOTRE-DAME DE LA GARDIE

Cette chapelle se situe au sommet dominant le village de Conques sur Orbiel.

Ce sanctuaire faisait autrefois partie du fief de la Gardie, mot qui correspond au nom actuel de vigie. Les lieux le démontre, il y avait autrefois des constructions de défenses. L'abbaye de Lagrasse, en effet, devant défendre la ville de Conques dont elle était copropriétaire assura certainement le service religieux de ce petit fortin. Il est certain aussi que la Gardie avait une habitation de Maître, puisque un acte de 1260 y montre la présence de Béatrix de Garda, fille de Pierre Secruno, chevalier de Conques, à qui le fief était échu. 

A quel moment et par qui ce sanctuaire a t il été élevé ? Nous ne savons rien de précis à cet égard. Pour les uns, son édification serait due à un membre de la famille de Jacques Ier, de la Gardie, seigneur de la Gardie, Russol et Ornaisons. Pour d'autres, elle aurait eu lieu vers l'année 1100, époque où les alentours de Carcassonne se couvrirent de chapelles champêtres.

Mais la tradition attribue l'origine de la chapelle au vœu d'un chevalier croisé de la famille d'Hautpoul ; ce chevalier se trouvant sur mer, en grand danger de mort, aurait promis l'établissement d'une chapelle à Notre-Dame sur le fief de la Gardie, à Conques, si la Vierge le ramenait sain et sauf dans ses domaines. Et le premier sanctuaire historique que nos souvenirs vénèrent fut érigé vers la moitié du XIIIème siècle ; c'est d'ailleurs l'époque la plus brillante de l'érection ou de la résurrection des anciens monuments consacrés à la Vierge.

Conques sur Orbiel, Notre-Dame de la Gardie et l'esplanade en 1970.

La Gardie était une métairie située dans la commune de Villarzel-Cabardès, canton de Conques. C'est là ou naquit Pontus de la Gardie qui joua un si grand rôle dans l'histoire de la Suède.

Nous ne connaissons rien sur l'importance et la vie imprimée à ce sanctuaire. Ce qui est certain c'est que, en 1436, lors de la grande invasion de Rodrigue de Villendras, capitaine espagnol, le fief de la Gardie et sa chapelle furent dévastés.

En 1540, Pierre de Saptes s'engagea à faire sortir de ses ruines la chapelle de la Gardie.

En 1790, la chapelle fut vendue comme bien national au citoyen Carles, négociant à Conques.

En 1864, la voûte et la toiture de la chapelle furent refaites à neuf.

L'Eglise actuelle mesure 25 mètres de long sur7 mètres de large. La porte d'entrée est placée au Midi.

Sur la façade de la chapelle, une statuette d'environ 0,75 de hauteur, représentant la Vierge datant du XVIème siècle, en pierre dure, elle est de facture fort élégante et se trouve dans une petite niche à 3 mètres du sol, sous laquelle gravée sur un cul-de-lampe se voit encore la mention de N. S. a Dama N.-D. La Guardia. 

A l'intérieur, cet oratoire possède deux autres statues de la Vierge, l'une est du XIIIème l'autre du XIVème siècle. 

Le sanctuaire est dans le style du XVIème siècle, peu riche et peu soigné.

En face de la porte d'entrée, qui s'ouvre au milieu de la nef du côté sud, on voit une large plaque de marbre blanc, portant les noms des habitants de Conques, qui firent l'acquisition de la chapelle et des terrains qui l'environnent, lorsque le tout fut vendu en 1790 comme bien national.

L'origine de Notre-Dame de la Gardie est fort ancienne. La tradition rapporte que la chapelle fut édifiée à la suite d'un vœu fait en mer par un seigneur de Félines d'Hautpoul, mais nous savons d'une manière certaine qu'en 1250 la comtesse Béatrice de la Gardie était en possession de ce lieu, et que ce fut Jacques 1er, seigneur de la Gardie, Russol et Ornaisons qui fit ériger le sanctuaire vers 1230. En 1540 Pierre de Saptes fit restaurer la chapelle et l'on voit ses armes sur une des clefs de voûte de la chapelle.

 

LE COMMERCE ET LA FABRICATIONS DES DRAPTS A CONQUES SUR ORBIEL

Philippe le Bel, fixant son attention sur l'industrie des draps, défendit la sortie des laines et des bêtes à cornes du pays par une ordonnance que Philippe le Long confirma en 1317. Les Carcassonnais rencontrèrent dans le Levant la concurrence des draps anglais et hollandais. La lutte parait s'être engagée sérieusement au XVème siècle. Les Anglais et les Hollandais vendirent leurs draps à perte ; les Carcassonnais, ne pouvant faire les mêmes sacrifices, altérèrent la qualité des leurs, afin de pouvoir baisser aussi leurs prix. Ce fut une mesure fâcheuse, qui décria les fabriques de Carcassonne dans le Levant et laissa pour longtemps ce commerce aux Anglais et aux Hollandais.

Vers 1570, les sieurs de Saptes essayèrent de relever la fabrique de Carcassonne et firent confectionner à une lieue de la ville, au lieu appelé les Saptes, des draps fins semblables à ceux de Hollande. Nous verrons l'histoire des draps de Saptes en détails un peu plus loin.

En 1580, un banquier de Paris le sieur de Varennes prit la direction de cette manufacture.

Les négociants de Marseille présentèrent à Colbert les moyens de partager avec les Hollandais et les Anglais le commerce aux échelles du Levant en encourageant l'établissement des fabriques de draps, à l'imitation de ceux que ces derniers y apportaient. Ces draps se faisaient d'ailleurs avec des laines d'Espagne amenées à grands frais chez ces nations du Nord. Monsieur de Varennes, sur l'ordre de Colbert, alla étudier sur place les procédés de nos concurrents, ramena des fabricants de Hollande et fit confectionner des draps dits Londrins a l'imitation de ceux de Londres.

Le commerce français ne tira pas tout d'abord de ces privilèges le parti qu'on aurait pu en attendre les manufactures de Saptes et de Carcassonne, ne se décidèrent que lentement à imiter non seulement la façon, mais les dimensions et les nuances des draps d'Angleterre et de Hollande, les plus estimés dans les Échelles du Levant.

Les Turcs prirent goût à nos draps plus légers et plus souples que ceux des Anglais.

Donc Varennes introduisit les procédés hollandais, qu'il avait parfaitement étudiés dans là-bas, et enfin il fit embaucher par ses émissaires des ouvriers de Hollande, qu'il établit aux Saptes. Alors on fabriqua en cet endroit non seulement les draps fins en usage en Europe mais encore ceux dont on se servait dans les États du Grand Seigneur ; les mahons, les londrins, etc.

Colbert favorisa puissamment l'entreprise de Varennes, qui lui offrait un moyen de contrarier le commerce des Hollandais, de se procurer les soies du Levant par voie d'échange, sans faire sortir d'argent du royaume, afin de donner des ressources au pays de Carcassonne, assez stérile et pauvre en produits. L'affaire ne marcha pas pourtant facilement les recouvrements se faisaient attendre trois années, cause de l'éloignement du débouché et de la difficulté du débit. Le sieur de Varennes pas en état de porter seul le fardeau. Alors se forma, par les soins du sieur Pennautier, une compagnie qui se chargea de prendre 300 pièces de draps fins londrins, de les payer à Varennes à mesure qu'ils seraient fabriqués et de les débiter dans le Levant.

En 1599 le directeur de la manufacture de Saptes, Noël de Varennes, vint à mourir.

Dans le Languedoc, à Carcassonne spécialement, on fabriquait jadis des draps mahons de superbe qualité et des draps londrins d'un prix moindre. Les habitants de cette ville s'enrichissaient en exportant leurs productions dans le Levant mais les Anglais et les Hollandais, en baissant le prix du drap et en le donnant à perte attirèrent à eux tout le négoce ; ceux de Carcassonne, pour pouvoir les suivre altérèrent leur fabrication et par là se décrièrent au point que leur marchandise ne trouva plus de débit dans le Levant. Lorsque le sieur de Varennes succéda aux sieurs de Saptes qui avaient été à la fin du XVIème siècle les créateurs d'une manufacture de draps fins à Saptes, il sollicita de Colbert l'autorisation d'aller en Hollande pour y débaucher des ouvriers. Il y fit plusieurs voyages et en ramena un nombre considérable de Néerlandais. Pennautier qui les vit à l'oeuvre écrivait "Jusqu'à ce que nos ouvriers aient attrapé leur secret nous ne pourrons jamais faire les draps au prix qu'ils les vendent ils ont l'art de faire un drap égal à ceux de Carcassonne avec un tiers moins de laine et cette laine encore, ils la filent et l'apprêtent avec une diligence si grande qu'un de leurs ouvriers fait plus de besogne en un jour qu'un Français dans une semaine". Par ces Hollandais, de Varennes apprit la manière de perfectionner les draps fins que l'on vendait dans les États du Grand Seigneur bien qu'il subit encore quelques pertes du fait des Hollandais qui continuèrent à vendre à perte leurs marchandises, il put, étant soutenu par Colbert réaliser des bénéfices si encourageants qu'en 1678, il se forma de nouvelles manufactures à Clermont-de-Lodève puis à Carcassonne.

D'après un rapport de Pennautier daté du 30 octobre 1691, le commerce des draps n'avait pas périclité en Languedoc car on avait attiré des Hollandais catholiques à Carcassonne. La manufacture de Saptes n'arrivait pas à confectionner tout ce qu'elle aurait pu écouler dans le Levant elle manquait d'ouvriers et cependant, il était venu de Hollande dix-sept familles catholiques.

Les Hollandais baissèrent leurs prix ; la compagnie fit de même, se gardant bien d'altérer les produits, ce qui avait ruiné l'ancien commerce carcassonnais. Ce furent cette fois les Hollandais qui se lassèrent les premiers et qui recoururent à ce procédé toujours funeste après sept années de pertes, ils diminuèrent la qualité de leurs draps. C'était le triomphe de Carcassonne les draps hollandais tombèrent dans le décri ; ceux de Carcassonne demeurèrent maîtres du Levant. L'intelligence du gouvernement de Colbert était pour beaucoup dans ce succès ; vers 1678, le roi, par son conseil, fit prêter 130,000 livres sans intérêt, p0ur trois années, à la fabrique des Saptes et à celle de Clermont, en Languedoc, récemment fondée, et il fit donner par la province une pistole de gratification pour chaque pièce de drap fin qui s'y fabriquerait. Beaucoup de fabriques s'ajoutèrent par la suite à celles-là. La plus grande et la plus considérable, dit le P. Bouges, est celle de la ville de Carcassonne, car cette ville n'était à proprement parler à l'époque qu'une manufacture de toutes sortes de draps.

La révocation de l'Edit de Nantes, en 1683, obligea beaucoup de ces ouvriers à retourner chez eux. 

Le 30 décembre 1741, les Etats de Languedoc demandent à la province des subsides pour en créer de nouvelles manufactures de laine pour confectionner les draps. La communauté de Lassalle proteste ; car cela empêchera, dit le registre des délibérations, les propriétaires de vendre leurs laines.

A la mort de M. de Varennes, la vaste usine cessa de fonctionner. Cependant elle se rouvrit bientôt après, mais ne recouvra jamais sa première prospérité. Lorsqu'arriva la révolution de 1789, elle ne travaillait plus depuis plusieurs années. 

En 1798 les Saptes furent expropriés sur la tête de la dame de Mac-Manon, épouse d'Urre. Le château des Saptes appartenait encore en 1921 à la famille D'Urre d'Aubais.

Le dernier représentant des Saptes, président au Parlement de Toulouse, fut condamné à la Révolution par les tribunaux terroristes et exécuté à Paris. Après l'anoblissement des fondateurs, à la suite de l'acquisition, de diverses charges de Justice, la manufacture de draps des Saptes fut successivement dirigée par Varennes, Castanier d'Auriac, la marquise de Poulpry, le docteur Sabotier, et dès l'année 1793, elle passa à dame d'Urre, née Mac-Mahon. Monsieur le comte d'Urre était possesseur des Saptes en 1866, et en 1934, le domaine et le château appartiennent à la veuve du comte Maurice d'Urre d'Aubais. La dépouille mortelle de ce dernier gît au milieu de la nef de la chapelle du château.

Carte détaillée du village de Conques sur Orbiel 2482 habitants. En bas le château des Saptes.

 

LE CHATEAU DES SAPTES

Le château des Saptes 11600 à Conques sur Orbiel est une propriété privée, on ne visite uniquement que les extérieurs.

Vue aérienne sur le château des Sapte à Conques sur Orbiel.

Zoom sur la vue aérienne ci-dessus du château des Saptes à Conques sur Orbiel.

Le lieu où le château des Saptes fut construit, s'appelait, le moulin de la Torte où les frères Saptes, au XVIème siècle, établirent, rappelons le, une manufacture de draps fort célèbre qui obtint, sous Colbert, le titre de Royale.

Conques sur Orbiel, la façade Est de château des Saptes.

Le château date du premier quart du XVIème siècle.

Vers 1540, Pierre de Sapte drapier, originaire par sa famille du Roussillon ou de la Catalogne et ayant habité Tuchan, achetait les anciennes bâtisses du moulin de la Torte, près Conques, situé sur un coude de l'Orbiel, pour y établir une manufacture de draps.

 Leurs enfants furent entre autres Pierre et Maurice Sapte qui siégèrent au Présidial de Carcassonne et accédèrent à la noblesse vers la fin du règne de François Ier.

Conques sur Orbiel, heurtoir de porte du château des Saptes.

A son arrivée à Carcassonne, la famille Sapte se compose de plusieurs frères.

Les frères Sapte ne se contentent pas d'être marchands, ce sont des créateurs ; ils veulent fabriquer eux-mêmes et s'affranchir des intermédiaires.

Quand ils arrivèrent à Conques sur Orbiel, Les Saptes y furent sans doute suivis par Bernard Dangles, prieur de Tuchan et de Saint Laurent de Conques, qui fut enseveli dans la chapelle du château le 22 août 1543.

D'après un manuscrit anonyme datant de 1651 où il est question des frères Sapte, il semble que Bernard, Jean-Estienne et François Sapte étaient marchands à Carcassonne en 1503 et venaient d'arriver de Tuchan où ils exerçaient le même commerce.

Aux archives nationales est conservé un acte datant de novembre 1542, relatant une permission à François et à Etienne Saptes, marchands de Carcassonne, de faire construire un four et un colombier dans leur maison forte dite le Moulin-de-la-Torte, sise en la justice de Conques, sénéchaussée de Carcassonne.

Conques sur Orbiel, façade Est et Nord du château des Saptes.

A l'abri de leur château, les frères Sapte, ont donc installé leur fameuse manufacture de draps.

Les enfants ou successeurs des premiers frères Sapte, furent entre autres, Pierre et Maurice, qui dirigèrent avec succès leurs affaires, devinrent riches et puissants et purent s'occuper en même temps des affaires publiques. Nous les voyons siéger au Présidial de Carcassonne et parvenir à la noblesse vers la fin du règne de François Ier.

Pierre de Saptes utilisa ses titres de noblesse que lui conféra François Ier et de coseigneur de Conques que venait de lui engager la pénurie du trésor royal, à l'édification d'une chapelle en même temps que son château, et à faire sortir de ses ruines la chapelle de La Gardie, à restaurer enfin celle de Saint-Laurent, pour la desserte de la partie basse de la ville. L'abbé de Lagrasse, compléta cette inauguration de seigneurie en attachant trois religieux bénédictins à ces sanctuaires et au petit hôpital élevé aux Saptes. Ces trois religieux formèrent un petit hospice, pour le service de cette chapelle, ensemble pour celles de Notre-Dame de La Gardie et de Saint-Laurent.

Conques sur Orbiel, façade Est du château des Saptes.

Le but de ce château bourgeois particulier n'est pas destiné à l'usage d'un seigneur et de sa famille, mais un grand manoir de campagne à l'usage des vavasseurs qui veulent loger beaucoup de monde et abriter des marchandises de valeur. Le vavasseur ou vavassal du latin médiéval vassus vassorum, était le vassal d'un seigneur lui-même vassal. C'est un titre des débuts de la féodalité, qui a disparu par la suite. Le titre existait déjà à l'époque carolingienne.

Le château des Saptes occupe un vaste quadrilatère régulier, ses murs solides de quatre vingt-dix centimètres d'épaisseur et sobrement décorés, sont soigneusement flanqués aux angles par des tours rondes braquant à tous les étages leurs multiples canonnières dans toutes les directions. La nécessité de la défense d'une cité ouvrière isolée en pleine campagne, les a conduits à organiser une sorte de place forte capable de résister à une attaque venue du dehors ou une entreprise des ouvriers eux-mêmes.

Ces précautions ont permis au château de survivre à la manufacture, bien que dans l'histoire il ait été relégué au second plan, éclipsé par la renommée de cette dernière, qui s'étendit bien au-delà de nos frontières et fut sanctionnée par des édits royaux.

Conques sur Orbiel, façade Nord du château des Saptes en 1905.

Sur la façade Nord, les deux grosses tours d'angle, cylindriques de même hauteur et de même diamètre, sont précédées de deux autres tours semblables de forme, mais plus petites et moins hautes, placées en avant et en diagonale comme des pions sur les cases d'un échiquier. Cette disposition se répète sur la façade Sud, ce qui formait un ensemble assez particulier pour l'époque. Par la suite les petites tours ont été détruites.

La façade mesure quarante-deux mètres entre les tours.

Du côté Sud, la façade ne comportait au rez de chaussée, que de petites ouvertures protégées par des cages de fer en saillie, faites de barreaux croisés et scellés extérieurement. Il en subsiste encore quelques échantillons. Au premier, les grandes fenêtres à meneaux ont été remplacées ; au second étage, les deux dernières fenêtres vers l'Ouest sont restées intactes avec leurs larges cadres de pierre, divisés par un meneau vertical.

Dans les années 1934 un document du SESA fait une description détaillée du château ainsi : l'intérieur du château était composé de deux parties légèrement inégales, séparées par un mur de refend situé entre la poterne murée et l'ancienne porte charretière. La partie Est, c'est-à-dire côté chapelle, le mur a été bâti sur le roc donc le sous sol dans cette n'a pas permis d'aménager une cave. Le rez-de-chaussée et le premier étage étaient sacrifiés à des logements de métayers. Il est probable que ce fut autrefois l'emplacement des cuisines et autres salles à l'usage des serviteurs du château ou employés de la manufacture. Les plafonds sont restés dans cette partie à poutrelles apparentes recouvertes de larges planches jointées par des liteaux de bois. Les planchers grossiers du XVIème siècle, sont bien conservés dans leur état primitif.

  Conques sur Orbiel, le château des Saptes, détails des carreaux du XVIème siècle.

La partie située de l'autre côté du mur de refend et dans laquelle on pénètre par la grande porte d'entrée, elle contient les appartements destinés à l'usage des maîtres. Elle occupe une surface plus importante que la précédente, le tout construit sur caves voûtées. Au centre, une courette à ciel ouvert la dessert, où se trouve le grand escalier en vis allant de la cave au grenier. Ce grand escalier est logé dans une tour intérieure noyée au centre de la construction. On y accède du rez-de-chaussée par un passage voûté assez étroit. La tour formant cage de l'escalier est éclairée par de larges baies donnant sur la cour intérieure.

A l'intérieur on découvre aussi une clef de voûte ornée d'un écu ancien, sculpté en relief. Le chiffre sculpté sur l'écusson le confirme, il se compose d'un S majuscule et d'un petit b terminé en forme de croix à double traverse. Ce sont bien là les initiales de Bernard de Sapte, l'aîné ou le chef de famille des constructeurs du château.

La décoration intérieure de cette partie à malheureusement été refaite, d'abord au XVIIIème en même temps que la façade, ensuite vers, le milieu du XIXème pour ce qui concerne le premier étage. Les plafonds ont été plâtrés, les cheminées monumentales en pierre ont été remplacées. Une des cheminées en pierre du pays, de deux mètres cinquante d'ouverture, possède encore sa plaque de foyer rectangulaire en fonte du XVIème siècle qui représente le siège d'une ville fortifiée. Une autre cheminée possède une plaque de foyer plus petite aussi du XVIème représentant Jésus au Mont des Oliviers.

Quelques pièces ont encore conservé leurs grandes dalles de pierre du XVIème, mais la plupart ont été carrelées de briques.

Sur cette partie du rez-de-chaussée, il y a deux petites salles voûtées dont les fenêtres sont protégées par des cages de fer.

Au premier étage, la modernisation est encore plus récente. Les appartements n'offrent aucun intérêt pour l'historien.

Au deuxième étage, il y a un immense grenier allant d'un bout à l'autre du château, on peut admirer une belle charpente du XVIème siècle, parfaitement conservée.

Conques sur Orbiel, façade Ouest du château des Saptes.

Le château a subi des remaniements au court des siècles, et depuis la description faite du château ci-dessus, celui-ci a subi encore de nombreuses modifications, des aménagements, des enjolivements et des maquillages des temps modernes par les propriétaires.

Les représentants mâles de la famille de Saptes semblent avoir vécu dans leur château d'une façon continue pendant un siècle environ. Vers la troisième génération, ils abandonnèrent l'industrie pour se consacrer uniquement à la magistrature. Ils avaient élu domicile dans la ville basse de Carcassonne où ils ont résidé jusqu'au début du XVIIème siècle, époque où la famille se dispersa.

En 1620, le château et la Manufacture des Saptes sont déjà entre les mains d'un sieur Dufay ou de Fay, qui avait épousé la fille d'un des frères de Saptes.

Conques sur Orbiel, façade Sud du château des Saptes en 1975.

Si la bâtisse est d'une architecture classique, elle renferme quelques éléments protégés comme le porche de la chapelle, la dalle funéraire, les charpentes par l'arrêté du 14 avril 1948. Le château des Saptes est une ancienne manufacture dont les dépendances ont disparu au fil des siècles. L'entreprise de draps recevra le 17 décembre 1620, le titre de manufacture royale. En septembre 1666, on comptait 200 ouvriers qui travaillaient dans la manufacture. Le renom des draps des Saptes est mondialement reconnu. A la Révolution l'activité a quasiment disparu. Les différents propriétaires essayeront de conserver le bâtiment principal dans le meilleur état possible. L'histoire de la chapelle est fortement liée à l'un de ses derniers propriétaires, le Marquis d'Urre d'Aubais qui y a été inhumé dans une chasse en verre durant sept années avant de rejoindre la commune de Carro dans les bouches du Rhône où il repose sur les restes du mausolée édifié à sa gloire en 1934. Les carreaux en terre cuite qui recouvrent le sol de la chapelle reprennent le heaume que l'on retrouve sur le méreau (pièce de monnaie en cuivre du XVIIIème siècle) des Saptes. Mais c'est la charpente du château qui est la plus remarquable. Elle date du XVIème siècle, achevé en 1540 pour les frères Saptes, drapiers de leur état. Les travaux d'aménagement du château au XVIIIème siècle épargneront la charpente. Outre les caractéristiques de construction de la charpente, ce sont les différents blasons sculptés sur chaque étai des piliers qui ont entraîné le classement de celle-ci.

Conques sur Orbiel, le château des Saptes, dessin de la charpente, provenant de la base Mérimée.

Conques sur Orbiel, le château des Saptes, détail de la charpente.

Leur établissement industriel de Conques est un remarquable exemple de concentration : préparation de la laine brute, lavage, foulage, teinture, tissage, parerie. Les ateliers étaient complétés par les habitations des divers spécialistes : retorseurs, tisserands, rentrayeurs, maçon chargé de l'entretien des bâtiments. Aucune modification importante n'a été apportée à la conception des installations manufacturières entre 1534 et 1779. Le château a été surélevé d'un étage entre 1663 et 1689. Lices et fausses-brayes ont disparu au XVIIIème siècle. En 1779, le château fut vendu à un médecin de Carcassonne qui transforma en jardin l'emplacement au nord du château. Les bâtiments industriels furent rasés, sauf ceux situés au bord de la rivière, conservés comme bâtiments de ferme. Depuis, le château est resté un simple domaine rural.

Conques sur Orbiel, façade Sud du château des Saptes en 1960.

Le château, de plan rectangulaire, est flanqué de trois tours et, au quatrième angle, de la chapelle. Il était entouré de lices ceinturées de murailles avec quatre petites tours d'angle, dont il ne subsiste que les deux du nord. Quelques demi-fenêtres à meneau horizontal existent encore aux tours rondes des angles, ainsi que quelques fenêtres basses à meneau vertical à l'étage supérieur. A l'intérieur, le plan rectangulaire est divisé en deux par un mur de refends. La partie orientale, comprenant la chapelle, est bâtie dans le roc, sans cave. Les appartements étaient occupés par les métayers. La partie occidentale, sur caves voûtées, contenait les grands appartements autour d'un ciel ouvert donnant jour à l'escalier en vis. Les charpentes d'origine sont intactes et semblent remonter au début du XVIème siècle. La vaste toiture à deux versants est supportée par les murs pignons et le mur de refend, ainsi que par deux séries de quatre fermes, séparées par ce mur de refend. Dans chaque ferme, l'entrait est soulagé par deux poteaux à l'aplomb desquels deux potelets supportent les pannes. Ces pièces verticales, ainsi que les poinçons, ont reçu des aisseliers qui assurent l'étrésillonnement longitudinal, renforcé par des poutres horizontales perpendiculaires aux plans des fermes et assemblées dans les entraits successifs. Le décor se limite aux extrémités des semelles interposées entre les entraits et les poteaux inférieurs, ainsi qu'aux pièces courbes qui renforcent ces assemblages. La chapelle s'ouvre par une porte Renaissance, en plein cintre avec linteau appareillé et entablement mouluré. Les pilastres sont formés chacun par deux séries de moulures qui supportent des chapiteaux de type corinthien. Le revêtement du sol est composé de briques rouges carrées portant l'empreinte en creux d'une tête d'homme d'armes coiffée d'un casque à panache.

Conques sur Orbiel, façade Ouest du château des Saptes en 1905.

Au XVIIème siècle, le domaine passa à François Castanier, et en 1750 à son décès l'affaire décline peu à peu. La crise à la fin du règne de Louis XV, sonne le glas de la manufacture des Saptes. La nouvelle propriétaire, la marquise de Poulpry vend le château au docteur Sabatier, médecin à Carcassonne. Quelques années avant la Révolution, le château des Saptes devient un simple domaine rural. Ce domaine est en 1792, la propriété de Mme d'Urre, née de Mac Mahon.

 

La famille d'Urre d'Aubais originaire du Dauphiné, était venue à la suite de mariages, se fixer en Languedoc à la fin XVIIIème siècle. Le marquis d'Urre, sera selon ses dernières volontés, inhumé au château des Saptes en 1927.

 

Conques sur Orbiel, façade Est du château des Saptes en 1905.

 

LA CHAPELLE DU CHÂTEAU DES SAPTES

Cette chapelle a subi une réfection importante au XVIIIème siècle et possède un clocher carré, plus élevé que les tours, qui ne manque pas d'élégance.

Un ravissant petit portail à plein cintre, de pur style Renaissance décore l'entrée de la chapelle. Il est orné d'un entablement mouluré, supporté par des pilastres droits à chapiteaux corinthiens, au milieu desquels est sculptée une petite tête d'ange.

Dans la nef de cette chapelle du château des Saptes, en face de la porte du sanctuaire, on voit la pierre tombale avec cette inscription : Cy gît Bernard Dangles, prieur de Saint-Laurent de Conques, mort en 1540. 

L'abside de cette chapelle est voûtée d'ogives venant se reposer sur une clé centrale en face de l'arc triomphal, les arcs d'ogive supportant la voûte, du chœur, reposent sur des culs de lampe naïvement sculptés, représentant aine chauve-souris, un écureuil mangeant une noix, deux têtes d'angelots, un enfant ailé et un pélican. La clef de voûte, ronde et saillante, porte un chiffre sculpté en relief, compose d'un grand M entrelacé d'un S : lettres initiales de la manufacture des Saptes.

Un vieux tableau représentant le Christ, placé au-dessus de l'autel, est son seul ornement. Le dallage d'époque Renaissance, est composé de briques carrées estampées, portant l'empreinte en creux, d'une tête d'homme d'armes, coiffé d'un casque à panache. Un bénitier de forme carrée en marbre est incrusté dans le mur à droite de la porte : celle-ci de facture très lourde est en pierre du pays avec chapiteaux sculptés dans le style du XVIème siècle, genre corinthien.

Un autel de style Louis XV et une élégante balustrade en marbre de Cannes entourent le chœur, complété par une porte en fer forgé de la même époque, 1730, date de la réfection.

Une grande dalle tumulaire, placée au niveau du sol, devant l'entrée du chœur, s'offre au regard comme une sorte de charte impérissable gravée sur pierre, authentifiant l'origine de la chapelle. Cette dalle en pierre calcaire blanche, mesure deux mètres dix sur quatre vingt centimètres. Elle porte l'effigie, grandeur naturelle, d'un gisant vêtu d'une robe monacale, les mains jointes, les pieds appuyés sur une sorte d'écusson orné d'un vase de fleurs.

La dalle recouvre la tombe du Prieur qui vraisemblablement a dû présider à la fondation de la chapelle. L'épitaphe, gravée sur ses bords en gros caractères romains, restée très lisible, est ainsi conçue : "Hic jacet. M. Bernardus Dangles, prior de Tuchano et S. Laurentii de Conchis qui obiit 22 Augusti 1543. Requiescat in pace".

Le dit Bernard Dangles, Prieur de Tuchan et de Conques, décédé le 22 août 1543, originaire du même pays que les frères Sapte, avait dû les suivre en qualité de chapelain, lorsqu'ils firent construire leur château. A sa mort, il a été inhumé par leurs soins dans la chapelle et sa pierre tombale a toujours été respectée depuis.

Lors de l'installation du monument funèbre du marquis d'Urre, en 1927, les ouvriers qui effectuaient ce travail, ont eu la curiosité de soulever cette pierre et de creuser à l'intérieur de la tombe. A cinquante centimètres, ils ont trouvé des ossements correspondant à celui du prieur et un mètre plus bas un autre squelette, quel était ce corps gisant sous celui du prieur, l'histoire ne le dit pas.

Une chasse renfermant le cercueil d'acajou verni contenant le corps du marquis se trouve placée actuellement au centre de la chapelle des Saptes, sur un socle de ciment.

On peut voir une grande plaque d'argent timbrée d'une couronne de marquis sur laquelle est gravée l'inscription funéraire : Maurice-Charles-Théodore, marquis d'Urre d'Aubais décédé à Paris, le 21 Mai 1927 à l'âge de 70 ans.

La chapelle est éclairée par quatre petites fenêtres ogivales, munies actuellement de verres coloriés modernes.

 

Vestiges d'un ancien moulin situé au Nord-Est du village de Conques sur Orbiel.

Le val de l'Orbiel au Nord de Conques sur Orbiel.

Le val de l'Orbiel au Nord de Conques sur Orbiel.

 

LES CAPITELLES AUX ALENTOURS DE CONQUES SUR ORBIEL

Une capitelle (en languedocien capitèlo) est une cabane en pierre sèche, c’est-à-dire sans mortier, servant autrefois d'abri temporaire à des outils, des produits agricoles ou à des ouvriers agricoles. Des capitelles existaient au néolithique. Cette appellation vernaculaire, à l'origine strictement nîmoise, a été reprise, dans le courant du XXème siècle, par des érudits étudiant de semblables constructions dans des départements voisins.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

 

Fin de la première partie de ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir ! Dans 10 jours la suite !

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), et sur le fameux sentier cathare, si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 mai 2016

Le 19 mai 2016, cela sera l'anniversaire de ce site web que j'ai créé en 2008, 8 ans déjà ! Que le temps passe vite !! Et je n'ai toujours pas réalisé mon rêve, faire le sentier cathare, j'espère que ce rêve sera exhaussé bientôt.Cela serait pas mal de faire un reportage sur ce sentier cathare, je lance un appel à ceux qui l'ont fait, de m'envoyer des photos de ce parcours mémorable de Port-la-Nouvelle à Foix avec leurs impressions.

On se fait des amis dans le monde du web. Pour ma part, je reçois de nombreux courriers électroniques, auxquels je ne peux pas répondre parfois, des invitations, ainsi que des commentaires associés à des questions pertinentes. J'essaye d'y répondre de mon mieux.

Je vous remercie humblement pour votre fidélité et vos commentaires encourageants. J'espère que le retour à l'essentiel et la découverte ou la redécouverte de cette belle région vous embarqueront pour un voyage concret. Car, rien de tel que le regard à 360 degrés pour apprécier à sa juste valeur ces beaux paysages. 

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On reste au pays du Lauragais, aujourd'hui je vous emmène découvrir encore un village médiéval haut perché méconnu situé au Nord de Castelnaudary. Ce village possède un patrimoine intéressant avec son château massif digne des forteresses (propriété privée). Il y a vraiment de belles choses à découvrir dans ce département de l'Aude, cela paraît inépuisable ! N'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin du reportage que je vous laisse découvrir. J'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire, que j'ai eu à le réaliser, bonne découverte …

 

Labécède-Lauragais se situe à 12 km de Castelnaudary, 59 km de Toulouse, 44 km de Carcassonne, 60 km de Pamiers, 111 km de Narbonne et 141 km de Béziers.

Labécède-Lauragais au pied de la montagne Noire, avec de nombreux circuits de randonnée dans la région.

 

Blason du village de Labécède-Lauragais.

Blason de Labécède-Lauragais tel que l'on trouve dans l'Armorial Général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

 

Au village de Labécède-Lauragais, il y a 430 habitants (2013) que l'on appelle des Labécèdois. Au plus fort de son évolution Labécède était un gros village qui comptait en 1851, 1200 habitants, soit trois plus qu'aujourd'hui.

Une vue aérienne du village de Labécède-Lauragais.

On trouve Labécède, au moyen-âge écrit de différentes façons, comme : Labécèdo ou la Bessede ou encore la Becede. Dans les textes anciens Labécède s'écrivait La Bessède, il y a eu agglutination de l'article défini au nom. Pour expliquer le toponyme, le nom du lieu vient de l'ancien français besse qui signifie bois de bouleaux. Celui-ci est un dérivé du gaulois betulbeto ou du latin vulgaire bettius (bouleaux). Les premières habitations ont donc été construites à l'emplacement d'une ancienne boulaie défrichée. Pour les Gaulois le bouleau possédait un statut particulier, il symbolisait la science et l'intelligence. Le suffixe –ède est à sens collectif ; une bessède est donc une boulaie.

Extrait de carte IGN, Labécède-Lauragais.

 

Le joli village de Labécède est situé en Lauragais sur les premiers échelons Sud-Ouest de la Montagne-Noire. Cet ancien fief fortifié ainsi que l'attestent de nombreux vestiges, a été établi sur un éperon rocheux qui domine la vallée encaissée de la rivière Argentouïre. Il couronne une verdoyante colline dominant de trois côtés le profond ravin de l'Argentouïre dont les pentes à pic sont tapissées de verdure et de grands arbres. La colline est elle-même entourée de montagnes boisées de chênes et de pins.

Labécède était, au Xème siècle, un bourg fortifié dépendant du diocèse de Toulouse.

Une vue générale de Labécède-Lauragais.

Il était entouré de fossés. Rien n’a changé depuis le XIVème siècle avec des restes de remparts, une porte fortifiée, des ruelles très étroites et en forte pente, une église romane. On n'y pénétrait que par deux portes l'une au Nord, la porte d'amont ou de Castelas existant encore, solidement construite, à plein cintre, surmontée d'une salle de guet ; l'autre à l'Ouest la porte d'abail, avenue de Castelnaudary, malheureusement elle n'existe plus. On y voit la base de la tour flanquant l'angle. Une grande partie des remparts d'enceinte est toujours debout. Un lavoir communal toujours utilisé, construit sur l'emplacement de la porte fortifiée d'Aval et l'ancienne fontaine du Théron en activité jusqu'en 1864.

Labécède-Lauragais, à droite la maison Sabatéry datant de 1583.

Labécède-Lauragais, voici la plus ancienne maison comportant une porte voûtée en cintre qui porte le blason des "Sabatéry" daté de 1583 (ex maison Bousquet).

 Zoom sur  le blason des "Sabatéry" daté de 1583, c'est la plus ancienne maison comportant une porte voûtée en cintre.

Le village de Labécède Lauragais  fut l'un des refuges pour les derniers Parfaits pourchassés par l’Inquisition. Au XIIIème siècle, les cathares sont nombreux avec des noms célèbres comme Bertrand de la Mothe, l’évêque Guilhabert de Castres et surtout le seigneur des lieux Pagan, lui même Parfait. En 1227 les troupes du Roi s’emparent du castrum et allument le célèbre bûcher collectif, Pagan put s’enfuir. Ce fut en 1232 qu’il périt sur un deuxième bûcher avec une vingtaine de Bonshommes. Durant les siècles suivants, parmi les seigneurs du lieu, régnait la famille des Rigaud de Vaudreuil qui donna deux gouverneurs au Canada français au XVIIIème siècle.

L'entrée Nord du village de Labécède-Lauragais,

La maison de Rigaud de Vaudreuil, connue depuis l'an 1000, mais la filiation concernant Labécède ne commence que plus tard avec Pierre de Rigaud, seigneur de Labécède (La Bécède). Un ancien proverbe usité dans la province du Languedoc prouve que le nom de Rigaud y était connu de temps immémorial ; en voici les termes :

"Les Hunauds, les Lévis et les Rigauds ont chassé les Wisigoths ; Les Lévis, les Rigauds et les Voisins ont chassé les Sarrazins."

 

La maison de Rigaud de Vaudreuil a brillé avec éclat dans nos fastes maritimes sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. C'est une des plus anciennes familles du Languedoc, qui possédait depuis plus de 600 ans la terre et la baronnie de Vaudreuil dans le diocèse de Lavaur.

 

Donc, les de Rigaud ont d'abord été les seigneurs de Labécède. Un Guilhaume de Rigaud de Labécède est compté comme vassal du vicomte Roger II Trencavel dans des actes de 1150-1170. On trouve un Pierre de Rigaud, seigneur de Labécède en 1250, il testa en 1260.

Voir la généalogie des seigneurs de Labécède plus loin.

Dans les archives on découvre :

- Le 16 février 1387, une vente de la moitié de la seigneurie de Tréville, par Etienne Martin, aux frères Elisée et Jean Rigaud, coseigneurs de Vaudreuil, Issel et Labécède-Lauragais, pour le prix de 360 livres. 

- En 1405, Marguerite de Bellafar, baronne d'Auriac, de Taïx, de Blaye, de Sainte-Gemme, épouse A. Rigaud, seigneur de Labécède, et c'est ce qui explique la venue de ce dernier à Blaye.

- En 1595, lors d'un arbitrage de bail, on trouve, noble Jean-Jacques Rigaud, sieur de Villemagne et coseigneur de Labécède.

- Le 15 décembre 1627, Vidimus d'un testament de Pons d'Ambres qui fonde une chapellenie dans l'église Sainte-Marie du cimetière de Labécède.

- Le 25 mai 1643, une réquisition adressée par Jean de Senaux ou Seneaux, président aux enquêtes au Parlement de Toulouse et seigneur de Labécède, aux consuls de Labécède, au sujet d'une proposition officieuse de rachat de la seigneurie par la communauté. 

- En 1656, le bourg de Labécède fut pillé par les soldats du roi.

- En 1681, une requête est présentée au roi par Jean Joseph de Senaux contre les consuls et les habitants de Labécède-Lauragais concernant des terres et droits seigneuriaux.

- En 1729, une donation a été faite par Jean Guiraud, originaire de Labécède-Lauragais, à Jean Guiraud, son cousin, de Labécède-Lauragais, concernant l’ensemble de ses biens.

- En 1855 une épidémie de variole a sévi sur le village de Labécède-Lauragais, et d'après le résumé fourni par l'administration, elle aurait frappé l'âge adulte dans une proportion tout à fait inusitée : 180 hommes, 75 femmes et 45 enfants. C'est un total de 300 malades pour une population de 500 habitants ; et sur ce nombre, il y a eu 21 décès, dont 6 enfants, 10 hommes et 5 femmes.

  

Labécède-Lauragais, deux photos prisent de la porte fortifiée d'Amont, surmontée d'une salle de garde. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

- Selon une légende relative au château de Vaudreuil, situé entre les communes de La Pomarède et de Labécède, en Lauragais, le chien d'un paysan ayant étranglé un lièvre, celui-ci ne trouva rien de mieux que d'envoyer le gibier au châtelain de Vaudreuil par son fils, un jeune enfant de douze ans. Le féroce seigneur, sous prétexte que le paysan avait usurpé sur son droit de chasse, ordonna de faire accrocher le petit, tout vivant, par la mâchoire inférieure à un crochet de fer placé dans l'ouverture d'un puits.

Labécède-Lauragais, croix discoïdale située à l'angle Sud-Est du cimetière.

- Selon une autre légende du XIXème siècle les habitants observaient le ciel le 5 février pour la Sainte-Agathe, la direction des nuages leur indiquant le chemin qu'emprunteraient, tout au long de l'année, les orages. Dans le Lauragais la nuit de Sainte-Agathe était surtout consacrée à la protection magique. Sainte-Agathe était considérée comme une sorcière pourvoyeuse de grêle et d'orages, on pensait les curés investis de fonctions magiques et le pouvoir d'écarter les orages. Le jour de la Sainte-Agathe, pour écarter du territoire ces orages, le carillonneur et ses aides sonnaient les cloches de la tombée de la nuit à l'aube sans discontinuer. On racontait l'histoire de deux curés, celui de Cammazes et celui de Labécède Lauragais, dont la dispute aboutit à un affrontement à coups d'orages que chacun tentait d'envoyer chez l'autre.

Une vue aérienne du centre du village de Labécède-Lauragais.

 

LE CHÂTEAU DE LABÉCÈDE-LAURAGAIS

 

Le premier château ancien castrum du moyen âge, que l'on appelle le "Castelas" (ou château de Villemagne) était contigu à la porte fortifiée d'Amont et aux remparts qui, à l'époque, possédaient trois tours côté amont. Voir ce passage en voûte existant dans le mur d'enceinte.

Le second château appelé "La Citadelle" existant avant le XVème siècle au centre du village, il occupait un site important, allant du château actuel jusqu'à la maison maintenant rénovée où subsiste une tour d'angle dominant le village au Sud-Est. Ce qui subsiste aujourd'hui de la "citadelle", est une très vieille maison comportant une porte voutée en cintre qui porte le blason des "Sabatery" daté de 1583 (ex maison Bousquet).

La façade Nord-Est du château de Labécède-Lauragais.

Le château ou le Castelas de Labécède s'élevait au Nord, près de l'église. Il n'en reste que trois murs, bâtit en moellons taillés. L'ancienne porte d'entrée à plein cintre, murée, est visible au mur de l'Ouest. Une belle porte Renaissance en pierres bosselées et chapiteaux ioniques, s'ouvre sur la place de l'Église.

En 1142, Labécède fut le motif d'un différend entre le Comte de Toulouse et le Vicomte de Carcassonne.

En 1227, Humbert de Beaujeu, commandant les troupes du Roi en Languedoc, assisté de l'Archevêque de Narbonne et de l'Evêque de Toulouse, fit le siège de Labécède où Pons de Villeneuve et Olivier de Termes commandaient pour le Comte de Toulouse. Plusieurs défenseurs purent s'enfuir. L'évêque sauva, autant qu'il put, la vie aux femmes et aux enfants, mais on ne fit aucune grâce à Gérard de la Mothe, diacre hérétique, et à ses partisans qui furent tous pris et brûlés vifs.

En 1229, Raymond, comte de Toulouse, promit au Roi de détruire les fortifications de Labécède.

Les religionnaires s'emparèrent de Labécède en 1584, mais ils l'abandonnèrent quelque temps après.

La façade Sud du château de Labécède-Lauragais.

On peut dire que le château seigneurial date de la première moitié du XVIIème siècle, il est inscrit aux monuments historiques par arrêté du 13 avril 1948. Il est situé dans le village en face l'avenue de Castelnaudary.

Ce château contemporain a été remanié en style renaissance, sur l'emplacement de ce qui subsistait de l'ancien château du XIVème, XVème et XVIIème siècle, vers 1900, par la famille De Barbot. (Devise sur le fronton du château : "faïre pla e daissa dire").

Le château de Labécède Lauragais est imposant par ses dimensions, il fut amputé de la partie orientale où subsiste une tour circulaire, on l'appelle encore de nos jours "La Citadelle", avec des tours d’angle, des murs impressionnants, c'est une puissante forteresse. A la révolution, il fut endommagé, les blasons sculptés sur les murs, datant du XIVème siècle, furent burinés, il en subsiste des traces.

La tour crénelée côté Ouest du château de Labécède-Lauragais.

 

Première moitié du XVIIème siècle, la seigneurie de Labécède appartenait pour un quart au roi et pour le reste à des seigneurs particuliers. Le portail est la seule partie à peu près intacte de l'ancien château. En plein cintre, l'arc, encadré de pilastres, est, tout comme eux, appareillé à bossages, alternant avec des claveaux plats. Les pilastres sont surmontés de chapiteaux ioniques à oves simples. De l'entablement, il ne subsiste qu'une frise plate, un filet et un épais boudin camus.

L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais.

Comme dit plus haut, le château fut remanié à la fin du XIXème siècle par la famille du vicomte de Barbot et de Carayon-La-Tour qui lui apporte un style Renaissance et beaucoup de clarté.

En 1920  la vicomtesse de Barbot, vivait au château de Labécède-Lauragais. Elle élevait des Berger des Pyrénées, née Carayon-La-Tour, elle est décédée au château de Labécède Lauraguais en mars 1934, elle avait soixante dix ans.

Il a été récemment restauré et transformé en une magnifique résidence. Le château est encore entretenu, il est ouvert aux particuliers et aux entreprises, visite gratuite du jardin pour les journées du patrimoine.

 

L'ÉGLISE DE LA NATIVITÉ DE NOTRE DAME

L'église de style gothique est d'origine romane, elle a été érigée en 1880-1881 suite aux vœux des habitants de Labécède prononcé en 1870. Cette église a été bâtie sur les fondations de l'ancienne église romane datant du moyen âge et appelée "Notre Dame de Labécède". A l'intérieur, on y trouve un reliquaire de Saint Roch en argent. L'église agrandie, forme un bel édifice de style ogival. Elle a un beau clocher, dont la base sert de porche.

Les cloches : la première pèse 1066kg, et date du 13 février 1881, elle s'appelle "Marie" et est accordée en "ré". La seconde pèse 531kg, et date du 07 septembre 1902, et a pour parrains le vicomte et la vicomtesse De Barbot elle est accordée en "fa dièse".

 L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. 

L'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais.

L'église actuelle, de style gothique, a été érigée en 1880-1881, suite à un voeu des habitants de Labécède prononcé en 1870. Elle est bâtie sur les fondations de l'ancienne église romane datant du moyen âge.

L'église de Labécède, située non loin des centres religieux de Saint-Papoul et du Mas-Saintes-Puelles, importants à l'époque des premiers chrétiens, possède une relique de Saint-Orens, un petit os de son poignet célèbre, disait-on parce qu'il guérissait les gens de la peur. Cette relique aurait été trouvée dans une boîte, le 22 octobre 1637, par l'Évêque de Saint-Papoul, Mgr Bernard Despruel, mise dans un reliquaire, le 19 Novembre 1886, par Mgr Félix Arsène Billard. Saint-Orens venait d'Espagne, enfant il fut domestique dans une ferme de Labécède, par la suite il devint vers 410 évêque d'Auch, il mourut en 440. En 1664, Saint-Orens était particulièrement vénéré. Une chapelle lui était dédiée dans l'église, il avait sa statue avec deux Anges en bosse, en outre un retable et deux colonnes dorées avec un tableau de Saint-Orens au milieu.

  

Deux photos prisent de la porte d'Amont de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

Deux photos de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

FAIT DIVERS :

En 1938, une disparition étrange et mystérieuse c'est produit sur le territoire de Labécède-Lauragais et fit la Une de tous les journaux de l'époque. Le 23 janvier 1938, madame Clerc-Vayssière 32 ans et sa fillette Denise âgée de 9 ans furent aperçues pour la dernière fois près de la ferme des Choclazeur, le fermier interrogé et soupçonné se suicida le 21mars 1938. Trois mois après leur disparition, elles n'étaient toujours pas retrouvées. L'enquête a-t-elle abouti ?

 

A VOIR AUSSI :

Dans le village vous pouvez admirer la porte d'accès amont fortifié surmontée d'une salle de garde et qui a servi de tour prison, elle est située à l'angle de la place de la Brèche. Elle est la propriété de monsieur Cros Robert.

- Une fraction de cinquante mètres environ des anciens remparts près de la porte d'Amont subsiste et est encore visible ; sur le glacis rocheux une croix discoïdale a été installée. Deux autres croix discoïdales existent il y en a une en mairie et l'autre à l'angle Sud-Est du cimetière.

Le lavoir communal de Labécède-Lauragais. Edifié en 1864 grâce à un don de Madame De Carayon-Latour. Construit à l'emplacement de l'ancienne porte d'Aval démolie à cet effet.

- Ne pas rater le musée des Vieux Métiers et Coutumes d'antan, qui est situé près de l'église. Ce musée réalisé en 1990 est géré par l'association "Patrimoine", il occupe des locaux à l'étage de la mairie, 3 salles en tout, on y accède par le préau.

- Au Théron vous pouvez voir aussi, un joli pont en pierre datant de 1840, il fut emporté plusieurs fois par l'Argentouïre, car à l'origine, il était en bois.

- La porte de l'évêque, c'est un passage avec escalier entre deux pans de murs ; la voûte de couverture a disparue suite à écroulement.

- Le moulin à eau, propriété Massot dont il ne subsiste que 2 meules.

- La fontaine du moyen âge, utilisée jusqu'en 1858, qui recevait l'eau de la source de la Garrigue.

La Vierge protège le village de Labécède-Lauragais, elle est située sur la D302 à l'entrée Nord-Ouest du village.

- Sur les rives de l'Argentouïre il y a une triple Cascade, au fond du ravin, à l'ancien moulin de Pantoï appartenant à la famille Belaud. Site des plus agréables entouré de prairies, de fruitiers et d'un fouillis d'arbustes.

Labécède-Lauragais constitue vraiment une station estivale de premier ordre.

Carrière Sorèze située au Nord du village de Labécède-Lauragais.

Ils font de l'extraction de pierres ornementales et de construction, pierre et granulats.

 

DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES A LABÉCÈDE-LAURAGAIS

 

- Un très ancien four de métallurgie du fer à carneaux de récupération, a été mis au jour sur le territoire de la commune de Labécède-Lauragais aux environs de l'année 1937. En effet, au cours de travaux de labourage près de la ferme des Mousques, un bœuf tomba dans un trou qui s'était formé à son passage. Intrigué de voir apparaître sur une paroi du trou une sorte de voûte en terre cuite, il dégagea les abords et il fut surpris de découvrir l'ouvrage qui est décrit comme suit : 

Une plate-forme de 3,30 m sur 2,20 m et de 0,18 m d'épaisseur, couvre quatre carneaux à sole inclinée, terminés par une entrée voûtée, de 0,90 m à 1,10 m de hauteur, avec une largeur de 0,44 m pour chaque carneau et la sole, inclinée à 30 degrés sur l'horizontale, occupant toute la longueur du carneau. Un certain nombre d'orifices sont percés dans la plate-forme supérieure et ainsi disposés : à la partie arrière de chaque carneau, trois trous carrés de 0,12 m de côté ; en avant, répartis par 3 sur 5 rangs, 15 trous tronconiques, de diamètre supérieur 0,08 m et de diamètre inférieur 0,065 m, le sommet du cône étant donc vers le bas. En avant de l'un des carneaux étaient encore visibles une sorte de puisard rectangulaire de 0,53 m X 0,40 m, profond de 1,65 m, et un deuxième puisard carré de 0,40 m X 0,40 m. Le premier portait, sur ses quatre angles, des rainures de forme semi-circulaire (diamètre 0,06 m), paraissant avoir subi l'action d'un certain frottement (parois lisses). Le mode de communication des puisards entre eux et avec le carneau n'a pu être bien déterminé, en raison de la mauvaise conservation de la partie inférieure de l'ouvrage.

Les restes d'autres puisards, situés en face d'autres carneaux, étaient visibles. De même on pouvait noter l'emplacement de deux canalisations cylindriques dans la murette placée en avant de l'ensemble. L'ouvrage occupait un rectangle de 3,80 m sur 3,30 m. La plate-forme supérieure était recouverte d'environ 0,50 m de terre végétale.

L'ouvrage tout entier était en terre argileuse, de même nature que le terrain où il se trouvait. De son aspect il ressortait nettement que l'ensemble avait été façonné par forage dans le terrain même et soumis à une cuisson intense, ce qui en avait permis la conservation malgré l'humidité du sous-sol. Les recherches aux abords du four n'ont pas permis de constater l'existence d'une scorie comportant des petits cailloux roulés enrobés d'une matière ferrugineuse, le tout paraissant nettement avoir subi l'action du feu et présentant des cavités dans son intérieur.

  

Labécède-Lauragais vieilles maisons qui ont du charme et très bien conservées pour l'époque. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

- En 1941, découverte d'une urne de facture espagnole en terre non vernissée ni à l'intérieur ni à l'extérieur. Elle est de couleur gris-fer, légèrement bleuté. L'ouverture est arrondie et elle porte deux anses petites. La décoration est faite de lignes en relief, horizontales et verticales s'entrecoupant. C'est une poterie espagnole du XVIIIème siècle, trouvée avec des tessons d'une deuxième urne semblable dans un silo au château de Labécède de Lauragais.

  

Deux photos de l'église de la nativité de Notre Dame de Labécède-Lauragais. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

GÉNÉALOGIE DES SEIGNEURS DE LABÉCÈDE LAURAGAIS

Le premier seigneur connu de Labécède en 1222, était Pagan Faidit cathare. Guilhabert de Castres, évêque cathare du toulousain séjournait souvent à Labécède dans sa maison, sous la protection du seigneur du lieu, Pagan.

En 1232, Pagan qui était le seigneur de Labécède, accompagné de dix neuf autres cathares, qui se cachaient dans les bois, furent pris par Raymond VII, comte de Toulouse et le nouvel évêque de Toulouse Fauga. Tous furent condamnés à mort et brûlés sur ordre du comte.

Puis il y eut en 1249, quatre consuls de Labécède qui prêtèrent serment au Roi à l'occasion de l'avènement du comte Alphonse, frère de Saint Louis.

A partir  de la croisade des Albigeois en 1249, Labécède appartient au comte Alphonse, frère de Saint Louis et mari de la princesse Jeanne, fille de Raymond VII comte de Toulouse.

Puis le castrum appartiendra pour un quart au roi de France et pour trois quart au seigneur du lieu.

Au début du XIVème siècle la famille de Rigaud de Vaudreuil possède Labécède, généalogie de cette famille ci-après.

En 1539, la famille de Rigaud vend la seigneurie à Bertrand de Sabatery, procureur au parlement de Toulouse.

La commune inféodée au roi de France par lettres d'amortissement n'a plus vraiment de vrai seigneur depuis 1688.

Puis par acte du 16 mai 1719 le château et les terres passent entre les mains de la famille de Senaux ou Seneaux. Vont ce succéder :

- François de Senaux ou Seneaux.

- Bertrand de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse de 1635 à 1651.

- En 1643, Jean de Senaux ou Seneaux .

- Amans de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse en 1653.

- En 1681, Jean-Joseph de Senaux ou Seneaux qui fut Conseiller au parlement de Toulouse de 1674 à 1718 et président à mortier en 1759, mort en avril 1789. 

En 1789, le château est vendu comme bien national au seigneur Gailliassou qui était officier municipal à la révolution. La veuve et ses descendants (la famille Bastouil) conserveront la propriété jusqu'en 1839.

En 1839, le château est vendu à monsieur de Carayon-Latour, bienfaiteur du village avec sa femme. Le château sera ensuite légué à leur nièce madame De Barbot. 

Au XVIIIème siècle, le siècle des Lumières, le château de Labécède appartenait donc à la Famille de Barbot (voir la généalogie ci-après).

A la fin du XIX ème siècle le château était la propriété de Marie Joseph Mélanie Marguerite de Carayon-Latour femme d'Adolphe Joseph Anne Lionel dit le Vicomte de Barbot.

Mort du vicomte De Barbot en 1966.

En 1966, vente du château à la famille Naudy.

En 1971, vente du château à la famille Gabolde.

En1987, la famille Ricard achète le château.

En 2000, achat du château par M & Mme Chauvet-Fougoux.

  

Labécède-Lauragais, à gauche, les petites rues du village avec ses vieilles maisons. A droite, la rue de la porte d'Amont. Une fraction de 50 mètres environ des anciens remparts subsiste le long de cette porte. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE RIGAUD 

Blason de la famille de Rigaud de la Roujane.

La maison de RIGAUD dont les seigneurs ont possédé Labécède. Maison qui prouve l'ancienneté de sa noblesse depuis le XIème siècle, et la possession de la terre de Vaudreuil dans le diocèse de Saint Papoul en Languedoc. Les seigneurs de cette terre ont eu plusieurs fois séances aux états de la province dans le XVème siècle. La généalogie ne  commence qu'à :

I- Pierre de Rigaud seigneur de Vaudreuil. Il semble devoir être fils d'un autre Pierre Rigaud, aussi seigneur de Vaudreuil qui fit un codicille à Tivoli près de Rome, le 17 décembre 1320. Pierre Rigaud y et sa femme nommée Bonnete, firent des legs à l'église de Vaudreuil, et eurent pour fils Guillaume  qui suit ;

 

II- Guillaume de Rigaud, seigneur en partie de Vaudreuil et de Labécède (la Becede ou la Bessede dans le texte), acquitta  le 8 aout 1340, aux marguilliers de l'église de Vaudreuil, les legs fait par père et mère, aussi bien que ceux que Germain Rigaud son oncle, avait fait à l'église. Il est qualifié damoiseau, dans un don qu'il fit le 8 mars 1332 et il créa des consuls à Vaudreuil en 1335.

Il fit codicile le 25 juillet 1361. Il épousa en première noce, Gaudiose de Quers Belpech, fille de Jacques de Quers, seigneur de Genat et de Tremoler qui donna en dot à sa fille 1000 livres tournois le 8 février 1331. Il épousa en secondes noces, Aspaïs Delcun, veuve du chevalier Jean de Marsan, laquelle fit une donation le 9 février 1355, à Marsanne, sa fille du premier lit, en la mariant à Arnaud de Rigaud, fils de son mari.

Guillaume de Rigaud eut de sa première femme :

        - Arnaud de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, qui suit ;

          - Girard de Rigaud ;

        - Jean de Rigaud, chevalier de Saint Jean de Jérusalem ;

        - Aimeri de Rigaud, archidiacre de Lavaur ;

        - Guillaume de Rigaud, abbé de Lezar.

 

III- Arnaud de Rigaud, seigneur de Vaudreuil. Il testa le 29 août 1376. Il épousa en première noce, N. de Marsan fille de Jean de Marsan, chevalier, et d'Aspaïs Delcun. Il épousa en secondes noces, Jeanne de Lanta, qui était veuve le 24 mai 1378. Elle fit hommage au roi en 1389 pour son fils Jean de Rigaud, elle vivait toujours le 19 décembre 1395. Elle eut pour enfants :

        - Elzias de Rigaud seigneur de Vaudreuil, qui suit ;

        - Jean de Rigaud qui fit la branche d'Aigrefeuille. Celui-ci passa un acte le 17 février 1386, avec Elzias de Rigaud son frère aîné, en présence de sa mère et, où les deux frères sont qualifiés de coseigneurs de Vaudreuil, d'Ycel et de la Bessede ;

        - Delphine de Rigaud, morte jeune.

 

IV- Elzias de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, fit hommage au roi pour la terres de Vaudreuil le 6 décembre 1389. Il fut un des barons de la sénéchaussée de Toulouse, et assistera aux états du Languedoc en 1424 et 1426. Il testa le 20 septembre 1435. Il épousa en 1405, Marguerite de Bellassar, fille de Guiraud de Bellassar, baron d'Auriac et de Jeanne de Lautrec qui testa étant veuve le 11 octobre 1437(fille de Pierre vicomte de Lautrec).

De ce mariage naîtra :

      - Guillaume de Rigaud, seigneur de Vaudreuil et de Tremolet, qui fit hommage au roi le 11 mai 1463 pour les terres de Vaudreuil, Tréville, Boscaut, Bartenit et la moitié des villes d'Ycel, Villemagne et la Bessede. Il épousa en 1439, Seguine d'Ornezan, fille de Bernard seigneur d'Ornezan ;

       - Pierre de Rigaud ;

         - Philippe de Rigaud, baron de Taix et d'Aguts, qui suit ; 

         - Jeanne de Rigaud, mariée le 8 décembre 1448 avec Antoine de Montlaur, fils d'Hector seigneur de Montlaur. Elle eut un fils, Jean de Rigaud ;

 

- Philippe de Rigaud, seigneur de Taix, de Blaye et de Saint Geniés et Lantarais. Il donna procuration le 29 mars 1461 pour gérer les biens de sa mère et il testa le 29 août 1465. Il épousa Jeanne du Palais, fille de Bertrand, seigneur de Tarabel et de Lombarde d'Escalquens, fille de Guillaume d'Escalquens. Ils eurent une fille connue : Jeanne de Rigaud.

 

- Vital de Rigaud, seigneur de Taix, d'Aguts, de Vaudreuil, baron d'Auriac et d'Auriaguais, d'Aliat, de Trémolet, coseigneur de Fournés, de la Bessede, d'Ycel, de Cabanial et de la baronnie de Gaudiès. Il testa le 9 août 1526. Il épousa Rose de Rochefort, fille d'Aimeri de Rochefort, seigneur de la Pomarède, et d'Aude de Belpech. Ils eurent pour enfants :

         - Jean de Rigaud, seigneur de Vaudreuil, chevalier de l'Ordre, ainsi qualifié dans des lettres royaux du 21 mai 1597. Il épousa le 15 juillet 1537 Marguerite d'Antin, fille de feu Jean d'Antin et d'Anne de Roquefeuil. Il testa le 12 août 1563 ;

         - Antoine de Rigaud ;

         - Pierre de Rigaud, religieux ;

         - Gaillarde de Rigaud ;

         - Jeanne de Rigaud, qui épousa le 5 octobre 1518 Pierre de Toulouse de Lautrec, coseigneur de la Bruguière au diocèse de Lavaur ;

         - Isabelle et Delphine de Rigaud, toutes deux religieuses dominicaines au prieuré de Prouille au diocèse de saint Papoul ;

         - Isabelle de Rigaud, religieuse Bernardine à Nouengue au diocèse de Vabres.

 

Vital de Rigaud épousa en secondes noces, le 30 juin 1506, Catherine de Lausière, fille de Gui de Lausière, seigneur de la Capelle, et de Jeanne de la Roche. Il eut de ce second mariage :

         - François de Rigaud, seigneur d'Aguts en 1526, qui suit ;

         - Gui-Armand de Rigaud, qui épousa Françoise de Montesquieu, dame de Morseux ;

         - Jacques de Rigaud, seigneur d'Aguts ;

         - Jeanne de Rigaud, qui testa le 9 novembre 1563, elle avait épousé le 21 mars 1518, Gaillard de Varagne, seigneur de Bélesta, de Gardouch et des Casses ;

         - Martine de Rigaud.

- François de Rigaud, Le 17 décembre 1526, son frère aîné Jean dans le partage lui donna Aguts, Nosents, Cuq, Pechaudié, la Bessede et Ycel.

- A partir de l'an 1595, Jean-Jacques de Rigaud est signalé comme seigneur de Villemagne et coseigneur de Labécède.

 

La famille de Rigaud de La Roujane, au diocèse de Saint-Papoul, en Languedoc, forment une branche de l'ancienne maison de Vaudreuil. Il existe un grand nombre d'actes publics relatifs à cette famille, dans lesquels sont consignées des qualifications nobiliaires, comme par exemple : "Ce mardi, Vème jour du mois de juillet 1661, ont été par moi, curé soussigné, épousés en l'église, Jean de Rigaud, écuyer, sieur de La Roujane, fils naturel et légitime de Jean-Jacques de Rigaud et de demoiselle Catherine de Perraire, natif du lieu de Souille au diocèse de Saint-Papoul, sénéchaussée de Lauragais, avec demoiselle Gabrielle Gouaud."

  

Labécède-Lauragais, les vieilles maisons typiques de l'époque du moyen-âge. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE SENAUX ou SENEAUX

Blason de Jean Joseph de Sénaux conseiller au parlement de Toulouse, tel que l'a dessiné Charles d'Hozier dans son Armorial Général de France en 1696.

 

Il semblerait que François de Senaux fut coseigneur de Labécède.

Marguerite de Senaux, se fit religieuse de l'ordre de saint Dominique à l'âge de 29 ans, au couvent de Sainte Catherine de Sienne à Toulouse, célèbre sous le nom de la mère Marguerite de Jésus, et fondatrice des monastères de saint Thomas et de la Croix à Paris, née à Toulouse en l'an 1590, était fille de François de Senaux, seigneur de Montbrun, secrétaire du roi, dont le frère était conseiller au parlement de Toulouse , fut mariée à M. Raymond de Garibal, conseiller au parlement de Toulouse, juge d'une grande intégrité et capacité, avec lequel elle vécut jusqu'en 1618 : se voyant sans enfants, ils se séparèrent d'un commun consentement. Elle mourut le 7 juin 1657, âgée de 68 ans. Le frère de cette dame fut président aux enquêtes au parlement de Toulouse, et  aïeul de Bertrand de Senaux qui fut nommé évêque d'Autun en 1702, sur la démission volontaire de son oncle maternel Gabriel de Roquette. Il mourut en 1709.

 

Si vous avez des infos sur les seigneurs de Senaux de Labécède, contactez- moi.

  

Labécède-Lauragais, c'est la plus ancienne des maisons. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

LES SEIGNEURS DE BARBOT

Blason de la famille de Barbot.

Bertrand de Barbot, épousa en 1698 Jeanne de Bousquet dont ils eurent pour fils :

- Pierre de Barbot, écuyer, lieutenant particulier au sénéchal et présidial de Toulouse, capitoul en 1763, conseiller au sénéchal en 1767. Il épousa en première noce, Marguerite Calage. Et en 1769, en seconde noce, Antoinette Chamouin, fille d'Étienne et de Marie Roque de Carbonne, dont il eut pour fils :

- Marie-Étienne de Barbot, né le 2 avril 1770 à Toulouse et mort dans la même ville le 16 février 1839. Il fut successivement, écuyer, inspecteur général de l'infanterie, lieutenant général en 1821et général français du Premier Empire. Commandeur de la Légion d'Honneur. Baron d'Empire le 22 novembre 1808, puis vicomte le 24 octobre 1825 enregistré par la cour royale de Toulouse.

Ses décorations :

- chevalier de la Légion d'honneur : 5 février 1804

- officier de la Légion d'honneur : 14 juin 1804

- commandeur de la Légion d'honneur : 9 août 1815

- chevalier de Saint-Louis : en 1814

Son nom est gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris : pilier Ouest, 35ème et 36ème colonnes.

Marie-Étienne de Barbot était le fils de Pierre Barbot, avocat au Parlement, lieutenant au Sénéchal et Présidial de Toulouse, qui a été capitoul en 1763 (fonctions qui lui conféraient la noblesse) et de la seconde femme de celui-ci, Antoinette de Chamouin. 

Marie-Étienne de Barbot fait de fortes études, en grande partie au célèbre collège de Sorèze où il est entré en 1781.

Sous-lieutenant puis capitaine de grenadiers dans la Garde nationale de Toulouse, capitaine dans un bataillon de Volontaires de la Haute-Garonne en septembre1791 puis lieutenant-colonel en 1792. Il fait en 1792 la campagne de Savoie, puis en 1793, il assiste au siège de Toulon.

Portrait du général Étienne de Barbot.

Il fait ensuite la campagne d'Espagne à l'armée des Pyrénées Orientales et prend part à l'affaire du Boulou, au siège du fort Saint-Elme, aux batailles de la montagne Noire (1794) et au siège de Roses. Il obtint le grade de chef de brigade en 1794.

De retour en France, le 20 juin 1795, lors de la paix avec l'Espagne, il se marie la même année avec Elisabeth Aubian, fille de Joseph Aubian, avocat au Parlement, et de Jeanne Duclos de Laas. Ils auront cinq enfants : Adèle, née en 1796 ; Emile, né en 1797 ; Théophile, né en 1799 ; Nathalie, née en 1808 et Louise, née en 1816, (voir la généalogie de la famille de Barbot ci-après).

Il devient chef d'état-major d'une subdivision à l'armée de l'Ouest en 1795, il sert quelque temps en Vendée. En août-septembre 1799, il "mate" la révolte des royalistes toulousains, menés par le Comte de Paolo, à la bataille de Montréjeau.

En 1804 il part pour les Antilles en qualité de chef d'état-major du général Lagrange, et se signale par la prise du Roseau, capitale de la Dominique et la prise de l'île Saint-Christophe en février 1805.

En 1807, Napoléon Ier, irrité contre la ville de Hersfeld, dont le peuple était accusé d'avoir assassiné un officier français, ordonne que trente des habitants soient fusillés, et charge Barbot de cette exécution. Celui-ci s'étant convaincu de l'innocence des habitants de Hersfeld, désobéit aux ordres de l'Empereur ; et pour mieux assurer le succès de sa désobéissance, il rédige son rapport comme si les trente victimes désignées avaient été exécutées.

Il sert en Espagne de 1808 à 1811. Il est promu au grade de général de brigade le 6 août1811. Il participe à la bataille des Arapiles le 22 juillet 1812.

Il rentre en France avec le maréchal Soult, se trouve à tous les engagements qui ont lieu près des Pyrénées, et se signale aux batailles d'Orthez et de Toulouse.

Quand on apprend le débarquement de Napoléon au golfe Juan, il reçoit le commandement supérieur de Bordeaux. Barbot reste fidèle au serment qu'il a prêté au roi et après avoir coopéré aux efforts faits par la princesse la duchesse d'Angoulême et à la protection qui lui a accordé quand elle doit quitter Bordeaux, il se retire, pendant les Cent-Jours, dans ses foyers, à Verdun-sur-Garonne (entre Toulouse et Montauban).

À la rentrée du roi, il est nommé chef d'état-major à Toulouse en juillet 1815 et commande pendant quelques mois le département de l'Ariège. Il est élevé au grade de lieutenant-général (général de division) le 3 juillet 1816 et trois mois après, il reçoit le commandement de la 10ème division militaire à Toulouse, qu'il conservera jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe en 1830, époque où il est mis à la retraite. Il peut ainsi se consacrer davantage à cette famille aimée dont il a été séparé pendant si longtemps.

En 1825, par lettres patentes du 24 octobre, le roi lui confère le titre personnel de vicomte de Barbot.

Il est fait chevalier de Saint-Louis et commandeur de la Légion d'honneur.

Admis à la retraite en 1835, il meurt à Toulouse le 16 février 1839.

Il est enterré au cimetière de Terre-Cabade, où l'on trouve son tombeau tout près du monument consacré aux défenseurs toulousains de Belfort.

  

Labécède-Lauragais, la rue du Presbytère. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

 

GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DE BARBOT DE TOULOUSE

 

- Marie-Étienne de Barbot, baron d'Empire le 22 novembre 1808 puis vicomte le 24 octobre 1825, commandeur de l'Ordre de Saint-Louis et de l'Ordre de la Légion d'honneur, Né le 2 avril 1770 à Toulouse. Décédé le 16 février 1839 à Toulouse, à l’âge de 68 ans. Général de brigade en 1811, lieutenant général commandant la Ière subdivision militaire (Gironde et Landes), vicomte à titre personnel.

Il épousera en 1795,  Elisabeth d'Aubian fille de Joseph d'Aubian et de Jeanne Duclos de Laas. Ils eurent cinq enfants :

 

1 - Adèle de Barbot, née en1796, elle épousa en 1820 Fortis-Charles de Carrère †1856, ils eurent une fille :

      - Elisabeth de Carrère de Loubère 1832 mariée avec Henry de Foix-Fabas, comte de Foix-Fabas 1833, ils eurent trois enfants :

                           - Marie de Foix-Fabas 1860 ;

                                 - Charles de Foix-Fabas  ca 1863-1898 ;

                                 - Louis de Foix-Fabas 1870.

2 - Jean Joseph Émile dit le Vicomte de Barbot, chevalier de la Légion d'honneur, chef d'escadron de cavalerie, né en 1797-1798, décédé en 1877. Il épousa Mathilde Victoire Bourgeois, ils eurent trois enfants :

          - Georgette de Barbot 1843-1877

          - Adolphe Joseph Anne Lionel dit le Vicomte de Barbot, né le 8 mai 1849, décédé en1898 à l'âge de 49 ans au château d'Odars à Baziège (31). Il avait un vrai talent d'artiste et élève de l'atelier de Bonnat. Il épousa le 14 février 1885 Marie Joseph Mélanie Marguerite de Carayon-Latour,  fille de Léopold de Carayon-Latour et de marie de Faudoas-Barbazan. Ils eurent une fille : Odette de Barbot, née le 9 juin 1891 à Arcachon et décédée le 17 novembre 1971, âgée de 80 ans, inhumée à La Ferté. Elle épousa le 3 mai 1921 à Paris Saint‐Honoré d’Eylau, Gaétan de La Selle d'Échuilly, né le 10 novembre 1891 à La Ferté et y demeurant. Décédé le 8 novembre 1947, âgé de 56 ans, inhumé à La Ferté. Ils eurent un fils, Amaury de La Selle, né le 30 avril 1924 à Paris 16ème et décédé le 19 février 1983, âgé de 59 ans, inhumé à La Ferté. Sans postérité. 

                                        - Victoire de Barbot 1853-1877.

Apparemment, Jean Joseph Émile dit le Vicomte de Barbot fit un second mariage avec Melle de Puthaux.

 

3 - Marc Antoine Joseph Théophile de Barbot, 1798-1870, chevalier procureur du roi, mainteneur des Jeux Floraux (créé le 3 mai 1324 à Toulouse). Il épousa le 10 octobre 1827 Laure Sophie d'Aldéguier †1883, fille de Jean-Baptiste et de demoiselle Nicolas de Voutron. Ils eurent deux enfants :

      - Adalbert de Barbot, oficier des Chasseurs ;

      - Sophie de Barbot épousa Frédéric de Laparre de Saint-Sernin, comte romain 1826-1905, ils eurent trois enfants :

                        - Théophile-Louis de Laparre de Saint-Sernin  1854-1922

                         - Fernand de Laparre de Saint-Sernin , voir Légion d'Honneur (Chevalier) 1855-1915

                        - Gérard de Laparre de Saint-Sernin  1870-1909

 

4 - Antoinette de Barbot, née en 1808, épousa le 13 avril 1830 Auguste d'Aldéguier , ils eurent trois enfants :

       - Thérèse Jeanne Elisabeth Natalie d'Aldéguier ; 

       - Marie Julie Gabrielle d'Aldéguier ;

       - Alphonse d'Aldéguier  1834-1860.

 

5 - Louise de Barbot,  née en 1816,  mariée avec N. de Chauliac.

Labécède-Lauragais, ses petites rues aux maisons de caractère serrées les unes aux autres.

 

LES SEIGNEURS DE SABATERY

 

Armes : De gueules 3 alérions d'or volant sur trois ondes de même posés 2 et 1. L'écu timbré par une couronne : comte ou marquis.

 

Bertrand de Sabatery, seigneur de Labécède, décédé le 10 juillet 1581, il fut Conseiller du Roi et Procureur général de Toulouse. Il épousa Perrette Lancefoc. Ils eurent une fille, Catherine de Sabatery qui épousa le 4 janvier 1557 Antoine II de Martin de Viviès, seigneur des Avalatz, de Roquecourbe et de Viviers, né en 1538, décédé le 10 juillet 1581 à l'âge de 43 ans. Il fut fait prisonnier par les protestants le 22 août 1574, une rançon pour sa libération fut demandée, en 1580, les seigneuries de Rocquecourbe et des Avalatz furent vendu pour payer cette rançon.

Veuve depuis cinq ans, Catherine de Sabatery fut assassinée en 1586 par son comptable, elle eut pour enfants :

    - Pierre Jean de Martin de Viviès, né en 1566, +15 juillet 1635, marié avec Claire de Cabrilles du Puy ;

     - Antoine Germain de Martin de Viviès, né le 22 novembre 1586 ;

     - Paule de Martin de Viviès,  mariée avec Jacques de Bonne, seigneur de Missègle +1618 ;

    - Pierrette de Martin de Viviès, mariée en 1598 avec Jean de Boissière, seigneur de Carcenac +1628 ;

     - Jacquette de Martin. 

J'ai trouvé une Jeanne de Sabatery qui épousa le 21 décembre 1557 noble Jean de Bonnefons, châtelain et juge de Montréal. A-t-elle un lien avec Bertrand de Sabatery ci-dessus ?

 

 

Voici quelques photos anciennes du château de Marquein qui feront plaisirs aux amateurs :

Labécède-Lauragais, la façade Nord-Est du château en 1905.

Labécède-Lauragais, la façade Sud du château en 1905.

Labécède-Lauragais, la façade Nord du château en 1905.

Labécède-Lauragais, les cascades du Moulin en 1905. 

Labécède-Lauragais, une vue générale du village en 1905.

  

Labécède-Lauragais, deux photos de la porte d'Amont et l'église en 1905. Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Labécède-Lauragais, la façade Nord-Ouest, l'entrée du château en 1905.

Labécède-Lauragais, le Perron avec la mairie en 1905.

Labécède-Lauragais, une vue aérienne générale en 1950.

Labécède-Lauragais, une autre vue aérienne générale, même période, en 1950.

Labécède-Lauragais, une autre vue aérienne générale, même période, en 1950.

Labécède-Lauragais, une vue aérienne générale en 1970.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables 1907.

- Catalogue des gentilshommes du Languedoc, généralité de Toulouse. 

- Le folklore de l'Aude 1938.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 avril 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Nous restons dans le Lauragais, tout proche du village de Marquein qui concernait le précédent reportage. Je vous emmène au village de Salles-sur-l'Hers, on se rapproche de Castelnaudary. Certes, se sont des petits villages, mais qui néanmoins, ont un passé historique riche ayant marqué l'histoire avec un grand H. J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

Salles sur l'Hers se situe à 17 km de Castelnaudary, 50 km de Toulouse, 57 km de Carcassonne, 115 km de Narbonne, 144 km de Béziers et 55 km de Foix.

Salles sur l'Hers comme le village de Marquein sont dans le Lauragais à la limite des départements de l'Aude et de la Haute-Garonne.

Le village de Marquein qui a fait l'objet du précédent reportage se situe proche de Salles sur l'Hers. Le château privé de Fajac-la-Relenque se trouve lui aussi non loin de là.

Vue aérienne du village de Salles sur l'Hers, le château manoir se situe à droite dans le cercle rouge.

Blason de Salles sur l'Hers

Blason de Salles sur l'Hers tel qu'il apparaît dans le grand Armorial général de la France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

Le village de Salles-sur-l'Hers (occitan : Salas d'Èrs) ses habitants sont les Salhersiens. Bastide située dans le Lauragais sur l'Hers-Mort et sur l'ancienne route nationale 625 entre Gardouch et Mirepoix. En 2013, la commune comptait 673 habitants.

Salles sur l'Hers (Castrum seu Villa de Salis), est situé au confluent du petit l'Hers et de l'Hers-mort. Cette partie du Lauragais est bien spécifique de par son paysage très vallonné qui amène les promeneurs à se perdre avec bonheur. Depuis peu, de nombreux chemins pédestres ont été réhabilités et permettent de grandes randonnées dans ce Pays du Languedoc.

Salles sur l'Hers, le monument aux morts et la place Émile Coural.

Salles sur l'Hers, le monument aux morts.

Salles sur l'Hers, le monument aux morts et la place Émile Coural.

Le terme Salle désignait, en vieux français, le siège d'une petite seigneurie, représenté par un château ou un logis fortifié d'assez grande taille, qui servait de résidence secondaire ou de halte au seigneur local lorsqu'il effectuait ses tournées pour encaisser les revenus de ses terres auprès des paysans alentours. Plus tard, le mot Salle qualifia toute maison de campagne suffisamment grande et riche pour comporter une salle de réception. Les Salles furent ensuite appelées "maisons nobles". Le mot dérive du francique saal qui signifie château. L'Hers étant le nom du cours d'eau qui arrose Salles.

 

J'ai trouvé une info intéressante : le 23 juin 1907 la décision de créer 10 foires par an à salles sur l'Hers, a été promulguée.

Blason du comte de Poitiers et de Toulouse qui fonda Salles sur l'Hers en 1271.

Sceau d'Alphonse comte de Poitiers et de Toulouse.

Le village de Salles fut fondé, en 1271, par Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse (1220-1271) et par Jeanne de Toulouse, sa femme. Mais les archives révèlent qu'il est déjà question du décimaire de Saint Sauveur de Salles dès l'année 1177, dans une donation d'Arnaud Mafredy et de Pons de Castillon à l'hôpital de Saint-Jean du Rival. Plus tard, en 1241, frère Jacques, précepteur de la même Commanderie (hôpital de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, supprimé au commencement du XIVème siècle) donne à cens à Raymond Brun une parcelle de terre au lieu de Salles. Un recensement effectué en l'année 1378, donne neuf feux pour servir de base à la taille. Ce nombre représenterait seulement une population de quarante-cinq à cinquante quatre habitants, en comptant 5 ou 6 habitants par feu.

Un acte notarié datant de 1311 rédigé par Pierre Mages, notaire de Toulouse, nous informe qu'à cette époque la seigneurie de Salles appartenait à Arnaud de Villar (Arnaldus de Villario).

Un échange s'effectuera, le commandeur de Castel-Sarrazin, cédera à Arnaud de Villar toutes les terres cultes et incultes, oblies, censes, dominations et droits que l'hôpital de Saint-Jean de Jérusalem possédait au lieu de Salles.

En 1339, cet échange est amorti, en vertu de lettres patentes du Roi, par Pierre de La Palu, seigneur de Varambon, conseiller du Roi, sénéchal de Toulouse, lieutenant et gouverneur en Languedoc, dont le chevalier lieutenant du sénéchal Arnaud de Villar, seigneur de Salles. Arnaud de Villar avait dans sa famille le quatrième évêque d'Alet (1362-1376) et qui s'appelait lui aussi Arnaud de Villar. 

Salles sur l'Hers, la place Marengo. 

Salles sur l'Hers, la D15 au Nord-Est du village. 

Le 4 décembre 1386, noble Rogier d'Espagne, comme mari d'Esclarmonde de Villar, dénombre le château de Salles, avec la juridiction haute et basse.

Le 13 décembre de la même année, noble Gaillard Le Noir dénombre ses biens nobles situés dans la juridiction de Salles.

Le 30 janvier 1399, Raymond de Salzan, agissant pour dame Marguerite (de Corsier) de Malras, femme de noble Bertrand de Lévis, et aussi fille et héritière de dame Esclarmonde de Villar, veuve de noble Roger d'Espagne, seigneur de Montespan et sénéchal de Carcassonne, dénombre ses biens à Salles (soit probablement le château et les deux juridictions dénombrées par Roger son père en 1386).

Le 4 mai 1423 et le 12 novembre 1425, noble Gaillarde d'Espagne ou d'Ispania, lors de procès soutenus devant le Parlement de Toulouse, prend le titre de dame de Montesquieu et de Salles.

 

Quelques années plus fard, et à différentes époques, comme en 1457, 1463, 1464, on voit Jean de Bar (de Baro), qui prit part, sous le Roi Louis XII, à l'expédition d'Italie, dénombrer ses biens nobles situés au lieu de Salles, et ceux situés dans la sénéchaussée de Toulouse.

Le 10 septembre 1463, la seigneurie de Salles appartient en toute justice à noble Barthélemy de Montesquieu, mari de Marguerite de Sarrey (sic pro Corsier de Malras, épouse en premières noces de Bertrand de Lévis), dame de Salles qui avait fait, en 1461, procéder en sa faveur au renouvellement des reconnaissances du lieu devant Maître Boyer, notaire.

En 1466, noble Barthélemy de Montesquieu, seigneur de Salles, vend à noble Bertrand de Fontaynes, seigneur de Belflou, la haute, moyenne et basse justice, oblies, censives, droits et actions de la terre de Milhas domaine de la commune de Cumiès, qui faisait partie de la juridiction et consulat de Salles.

Salles sur l'Hers, la D625 au environ du château Bel-Aspect.

Le 31 octobre 1477, pour la seconde fois, il vend avec sa seconde épouse, noble Agnès d'En Gaillard, alias Anne de Galard, la même terre au même seigneur de Belflou.

Dans son testament du 7 novembre 1568, Arnulphe de Montesquieu, frère aîné de Barthélémy, dispose de la moitié de la seigneurie de Salles, en faveur de Simon-Roger son fils aîné et lui substitue ses autres enfants Jean-Paul. Et, François-Jean Arnaud, à l'exception de Jeanne à qui il lègue une légitime de six mille livres.

Après Barthélémy qui testa le 7 juillet 1480, la seigneurie de Salles sera aux mains de son fils Manaud de Montesquieu (voir la généalogie ci-après).

Le 11 Septembre 1501, s'étant marié avec noble demoiselle Jeannette, alias Jacquette de Fontaynes, fille de noble Guillaume de Fontaynes, baron de Fendeille, et de Jeanne de Saquet, noble Manaud de Montesquieu, seigneur et baron de Salles, vend pour la quatrième fois la terre de Milhas au même noble Bertrand de Fontaynes, seigneur de Belflou.

En 1544, les reconnaissances du lieu sont en faveur de noble François de Montesquieu (petit-fils de Manaud), fils de Paulon et de noble Claude de Tersac de Montberaud.

La seigneurie de Salles restera en possession de la famille de Montesquieu pendant plus d'un siècle. Une branche de cette maison en prendra même le titre.

Je vous mettrai la généalogie des seigneurs de Salles sur l'Hers à la fin.

Peu après, au mois de juin ou de juillet 1551, le même noble François de Montesquieu, écuyer, rend hommage à la reine Catherine de Médicis, comtesse du Lauraguais, pour la seigneurie de Salles. François de Montesquieu décèdera en 1565.

Manaud de Montesquieu, de sa femme Jeannette de Fontaynes, il avait eu un fils, Jean qui eu a son tour une fille, Gabrielle, mariée à Michel-Bernard de Pontaud ou Pontault, seigneur Pontaud près de Sarlat, d'où naquit Germaine de Pontaud qui aliéna la seigneurie de Salles en 1572 avec toutes ses dépendances, droits, voix et actions à François de Roquefort-Marquein (voir le reportage sur Marquein et la généalogie des Roquefort  ICI). Elle restera dans cette famille, malgré procès sur procès, jusqu'à la Révolution française.

Salles sur l'Hers, une vue aérienne, le château dans le cercle rouge, côté Est.

Le Lauragais était un carrefour de négoce important, le nombre des individus qui se livraient au commerce en Lauragais dans la première moitié du XVIème siècle témoigne d'une grande vitalité économique. La laine et le pastel sont des produits phares du Lauragais au cours du XVIème siècle, le nombre de moulins à pastel installés dans les villages était important.

Un marchand d'envergure à l'échelle du Lauragais, Jacques Cahuzac probablement natif de Castres ou de ses environs, en 1540 il disposait surtout d'un important patrimoine immobilier et foncier composé de plusieurs maisons à Castelnaudary même, de bon rapport puisque l'une d'elles se louait 50 livres par an, dans les villages voisins comme Villeneuve-la-Comptal, Lasbordes, Saint-Papoul, Laurabuc, Saint-Martin-la-Lande, ou plus loin comme à Castres et à Limoux, de parcelles dispersées, de bordes et de métairies ; une quinzaine au total dont les principales se trouvaient à Salles-sur-1'Hers et dans le consulat de Lautrec entre Albi et Castres. Cahuzac possédait aussi un moulin à Salles sur l'Hers ainsi qu'une boutique, il s'était marié en Lauragais avec Florentine Assermat.

Salles sur l'Hers, une vue aérienne du château.

 

LE CHÂTEAU DE SALLES-SUR-L'HERS

 

Au Nord-Est du village, une butte naturelle a fait l'objet au Moyen-âge d'aménagements défensifs pour protéger une place-forte dont subsiste le donjon de la fin du XIIIème siècle.

La tradition rapporte que la construction du château doit être attribuée à l'ordre des Templiers qui, en 1259, cédèrent leurs droits sur Salles à Arnaud de Villar, son seigneur. Les Hospitaliers, héritiers de l'Ordre du Temple, y prélevèrent quelques censives jusqu'à la Révolution Française.

Cette tour ou donjon qui subsiste a dû être construite par les Seigneurs de Montesquiou qui ont été les héritiers naturels des premiers seigneurs de la famille de Villar, à laquelle a succédé la famille d’Espagne-Montespan. Le 4 décembre 1386, Esclarmonde de Villar dénombrait les biens de Saint André d’Ustre, de Copadel, d’En-salès, de Malvézy et du château de Salles.

Salles sur l'Hers, le tour donjon et le château.

La tour féodale primitive, de plan quadrangulaire, est à trois étages sur rez-de-chaussée et étage de comble. Le rez-de-chaussée est voûté. Un bel escalier en pierre de taille et en forme de spirale donne accès aux étages, composés chacun d'une vaste salle à plafond élevé et servant de magasin à grains. Planchers et toiture ont disparu.

Le donjon de Salles-sur-l'Hers, est inscrit au titre des monuments historiques en 2003. 

Ce château avec ce donjon qui appartenait à la famille de Montesquieu, faisait parti de l'ancien château-manoir de Salles, c'est une belle tour carrée, d'une grande hauteur et construite en bel appareil. Elle étonne le voyageur qui arrive par la route de Castelnaudary. La forme de la tour, qui est carrée, son petit appareil, le style de ses fenêtres à meneaux rappellent les constructions de la seconde moitié du XVIème siècle, car elle a dû subir une transformation et une restauration durant cette période.

Ce château est privé et ne peut être visité mais son parc magnifique reste accessible.

Ancienne bastide de la fin du XIIIème siècle (1271) par Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX. Le château avait été démoli vers 1860, Dame Irma Alquier, épouse Roques, fit démolir le vieux château et sa chapelle pour construire à la place un grand immeuble, certainement plus confortable, mais sans le cachet du vieux manoir. 

 

 

L'ÉGLISE SAINT-MATHIEU

 

Il existe dans l'église paroissiale de Salles sur l'Hers une dévotion à Notre Dame de l'Assomption et une confrérie célèbre érigée, en avril 1604, par bref du Pape Clément VIII, à la suite de quelque miracle dont fait mention la légende. Il y avait donc une chapelle de Notre-Dame de Salles-sur-l'Hers, détruite par la Révolution. Dans la chapelle qui se trouve aujourd'hui dans l'église, et qui porte le même nom, Notre Dame de l'Assomption, il y a une statue de la Vierge que le bref pontifical donne comme miraculeuse. Elle était, aux siècles passés, un lieu de pèlerinage.

 

Salles sur l'Hers, le clocher mur de l'église Saint Mathieu. Cliquez sur les photos pour agrandir.

L'église Saint-Mathieu du village de Salles sur l'Hers, église, d'art roman, avec son clocher mur gothique du XVIIème siècle. Elle est inscrite au titre des monuments historiques en 1926. La bastide de Salles a été fondée en 1271 par Alphonse de Poitiers. Le décimaire de Salles est mentionné en 1302 dans un inventaire de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. En 1317, l'église est rattachée au diocèse de Mirepoix. La cure était unie au chapitre Saint-Etienne de Toulouse. Une pierre encastrée dans le mur occidental porte une inscription de 1685 qui paraît se référer à une grosse réparation à la nef de l'église paroissiale.

L'édifice se compose d'une nef avec chapelles latérales, et d'un chevet pentagonal prolongé à l'est par une chapelle. Le sanctuaire, quatre travées de la nef et quatre chapelles datent du XVIème siècle. La cinquième travée de la nef, le porche et le clocher sont de la fin du XVIIème siècle. La voûte du sanctuaire a été refaite au XIXème siècle. Le clocher fait partie du mur ouest de l'église. Son sommet est de forme triangulaire et percé de six arcades campanaires romanes disposées 1-2-3.

Avant le XVIIème siècle, le cimetière était contigu à l'église et occupait l'emplacement situé au nord de l'église.

Salles sur l'Hers, le clocher mur de l'église Saint Mathieu et la Halle.

Extrait de carte IGN pour vous situer les deux châteaux de Salles sur l'Hers.

Salles sur l'Hers, vue aérienne du château de Bel-Aspect.

Salles sur l'Hers, vue aérienne du château de Bel-Aspect.

Salles sur l'Hers, le château Bel-Aspect.

 

LE CHÂTEAU DE BEL-ASPECT

Il y avait à une époque à Salles-sur-l'Hers, deux châteaux.

Dans le village de Salles sur l'Hers, existait un fief seigneurial à Canneville avec un moulin à eau et un moulin à vent. La famille de Montesquiou a vendu ce fief au seigneur de Mongeard, de Durand, tout en conservant l’emplacement du moulin à eau situé sur l’Hers, 200 mètres environ en aval du confluent Hers-Jammas. Ce fief comportait une ferme dénommée "les Galinières". Selon les conditions de la cession, les héritiers ont pu faire construire un château au lieu des "Galinières", château qui apparaît sous le nom de "Bel Aspect" sur l’Etat-civil de Salles en 1701. Le château de Bel-Aspect a donc été construit sous le règne de Louis XIV. C’est une très belle demeure, fort bien conservée au milieu d’un nid de verdure. Le propriétaire, jusqu’à la Révolution, fut le seigneur d’Austry de Canneville, dont la veuve ne fut nullement inquiétée durant la Révolution.

Salles sur l'Hers, le château de Bel-Aspect en 1920.

Salles sur l'Hers, le château de Bel-Aspect en 1905.

Le fief de Bel-Aspect était possédé, en 1729, par Me Marc d'Austry, qui s'intitule seigneur dudit fief. Il avait épousé Marguerite de Luppé qui, avec son époux, constitue à son fils, Jean François d'Austry, un titre clérical, c'est-à-dire une constitution dotale.

En 1730, Jean François d'Austry, écuyer, garde du corps du Roi, résidant au château de Bel-Aspect, paroisse de Salles, fils de Marc d'Austry, seigneur de Bel-Aspect et de feue dame Marguerite de Luppé, épouse demoiselle Anne-Marie de Gouzens de Fontaynes résidant au château de Lafage, fille de noble Henri de Gouzens et de Fontaynes, coseigneur de Lafage, et de dame Jeanne de Boutaric.

Ce château "Bel Aspect" est privé, le propriétaire actuel propose des hébergements avec petit-déjeuner situés dans l'orangerie accolée au château. Les chambres d'hôtes sont très bien cotées.

Salles sur l'Hers, le château de Bel-Aspect en 1905.

A SAVOIR :

Coupadels est un lieu-dit tout proche du village de Salles sur l'Hers, qui fut un fief templier avant de devenir un membre de la commanderie hospitalière de Caignac.

Il y a trois châteaux dans le secteur, en plus de celui du village de Salles-sur-l'Hers, un château à Caignac, un à Fajac la Relenque (château de Fajac) et celui de Marquein dont vous pouvez consulter le reportage réalisé précédemment  ICI.

 

GÉNÉALOGIE LES SEIGNEURS DE SALLES SUR L'HERS

 

Barthélemy de Montesquieu était le quatrième fils d'Aysinus (+1426) et de Gaillarde d'Espagne de Montespan (mariage en juin 1381) (+1439). En regardant d'un peu plus près cette généalogie, on constate que Barthélemy est le frère Bertrand de Montesquieu, et sur un acte datant du 29 avril 1471, on peut lire qu'il céda à Barthélemy son frère seigneur de Marsan et de Salles en Lauragais toutes les prétentions qu'il avait sur la seigneurie de Marsan. Cela confirme bien ce qui est dit plus haut que le 10 septembre 1463, la seigneurie de Salles appartenait à cette époque, en toute justice à noble Barthélemy de Montesquieu.

Blason de Pierre de Montesquieu et de sa femme Elisabeth de Foix, tel qu'il apparaît dans le grand Armorial général de la France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

 

1a - Barthélemy de Montesquieu (né  vers 1420 + entre 1481 et 1483) épousa en première noce Marguerite de Sarrey, Dame de Salles en Lauragais et en seconde noce le 20 octobre 1446 Anne de Goulard ou Galard fille de Jean de Galard seigneur de l'Isle-Bouzon. Il fut chevalier de la Compagnie de Jean de Bonnay sénéchal de Toulouse son beau frère.

Il eut du premier lit un fils : 

2a- Bertrand qui suit ;

Et du second lit neuf enfants :

3a - Manaud auteur de la branche des seigneurs de Salles et de d'Artagnan, qui suit ;

- Arnaud seigneur de Gastun ;

- Jeannot ;

- Jean le jeune dit Galardon seigneur de Faget, de Gélas, (1465-1524) épousa Marie Sangois ;

- Mathieu, épousa le 18 avril 1505 Marie d'Espagne ;

- Ayssivet, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ;

- puis vinrent Jeanne, Gaillarde et Marguerite les trois filles vivaient en 1481.

 

2a - Bertrand de Montesquieu seigneur de Marsan, de Salles et de La Serre, institué héritier universel par le testament de son père. Il céda la terre de Salles à son frère Manaud le 7 juillet 1483. Il a épousé en première noce le 8 décembre 1471 Catherine de Goth fille d'Odet de Goth seigneur de Rouillac. Et en secondes noces, le 16 mai 1484, Gabrielle de Belcastel fille de Raymond Bernard de Belcastel seigneur de Campagnac dans le diocèse de Sarlat.

Il eut du premier lit :

- Jacques, décède avant 1492 sans enfant ;

- Jean, moine de Moissac puis curé de Castillon ;

- Pierre, qui épousa le 6 février 1494 Annette de Lupé fille de Jean seigneur de Lupé et de Cécile Sadirac. Ils eurent trois enfants : 

               - François de Montesquieu, seigneur de Marsan il épousa le 19 octobre 1516 Catherine de Sariac, fille de Jean, seigneur de Tillac et de Florette de Puybersac. Ils eurent pour enfants :

                                - Pierre, mort sans enfant. Il avait épousé le 20 septembre 1551 Anne de Sadirac fille de N..? de Sadirac et de Jayme de Lavedan, celle-ci se remaria à François de Montesquieu seigneur de Salles le 24 mai 1557 ;

                                        - Jeanne, héritière de la terre de Marsan, par le testament de son père. Elle épousa le 21 mars 1551, Antoine de Savère, seigneur de la Motte-Saint-Luc ;

                                        - Odet ;

                                        - Jeanne.

               - Jean, seigneur de la Serre, il épousa le 9 février 1525 Jeanne de Lasseran ;

               - Florette.

- Autre Pierre ;

- Agnette ;

- Florette qui se maria le 7 juillet 1499 avec Jean d'Esparbès de Lussan, seigneur de Belloc ;

Et il eut du second lit :

- Antoine ;

- François, seigneur de Salles qui épousa Guillemette de Toutens. Ils eurent une fille :

                           - Jeanne, dame de Salles qui a épousé Pierre d'Espagne seigneur de la Bastide. Elle testa le 6 novembre 1554.

 

3a – Manaud de Montesquieu, fils aîné de Barthélemy (voir plus haut) et d'Anne de Goulard sa seconde femme. Manaud fut seigneur de Salles en Lauragais et transigea avec ses frères les 7 juillet 1483 et 21 février 1492. Il épousa le 29 juin 1478, Jeannette de Fontaynes, sœur de Hugues, seigneur de Fendeille au diocèse de Saint-Papoul, elle était la fille de noble Guillaume de Fontaynes, baron de Fendeille, et de Jeanne de Saquet. Elle était veuve de N…? de Margon dont elle avait eu Jean de Margon, de son second mariage vinrent :

      - Jean, seigneur de Salles, épousa le 22 avril 1507 Miramonde d'Ornezan, ils eurent pour enfants :

                               - François, seigneur de Salles qui épousa le 9 mai 1557 Anne de Sadirac veuve de Pierre de Montesquieu. Il testa le 15 mai 1562.

                               - Gabrielle née en 1510, épousa le 14 mai 1525 Michel-Bernard de Pontaut ou Pontault, seigneur de Pechauriol. Ils eurent une fille, Germaine née en 1525 qui épousa François de Galand ;

                               - Marguerite, femme de N…? de Gayraud.

      - Paul, dit Paulon qui devint seigneur de d'Artagnan le 25 octobre 1541 par le testament de sa première femme Jacquette d'Estaing qui suit ;

      - Arnould, seigneur de Sadirac, il a épousé Marie de Sadirac.

 

4a - Paul de Montesquieu, dit Paulon, écuyer d'Henri II d'Albret. Seigneur de Salles en Lauragais il épousa en première noce le 13 août 1524 Jacquette d'Estaing, dame d'Artagnan en Bigorre diocèse de Tarbes. Et seconde noce le 24 septembre 1545 Claude de Tersac dont il eut un fils Jean de Montesquieu (1555-1608) seigneur de d'Artagnan marié le 15 novembre 1578 à Claude Bazillac. Paul décéda avant 1572 et elle en 1590, ils furent enterrées dans l'église de d'Artagnan.

 

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L'année 1572 marque la fin de la régence par les seigneurs de Montesquieu sur la seigneurie de Salles sur l'Hers en effet, Germaine de Pontaud petite fille de Manaud de Montesquieu aliéna la seigneurie de Salles en Lauragais en 1572 avec toutes ses dépendances, droits, voix et actions à François de Roquefort-Marquein (voir le reportage sur Marquein). Elle restera dans cette famille, malgré procès sur procès, jusqu'à la Révolution française.

Le dernier seigneur de Salles sur l'Hers fut Charles de Roquefort, seigneur de Marquein, décédé dans son château de Marquein en 1797. Ce château était la propriété de Mme Roques-Alquier en 1907.

 

Voici quelques photos anciennes du village de Salles-sur-l'Hers qui feront plaisirs aux amateurs :

Salles sur l'Hers, la Grande Rue en 1905.

Salles sur l'Hers, le marché et l'église Saint Mathieu en 1905.

Salles sur l'Hers, la place du marché et l'église en 1905.

Salles sur l'Hers, le château en 1905.

Salles sur l'Hers, le château en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade et le château au fond, en 1905.

Salles sur l'Hers, la pergola du château, en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade en 1905, à gauche, il y a la mairie et les écoles.

Salles sur l'Hers, la Promenade en 1905. 

Salles sur l'Hers, la Promenade en 1905, avec la statue de la Vierge et Marie.

Salles sur l'Hers, le même lieu que la photo ci-dessus, la Promenade en 1950.

Une vue générale de Salles sur l'Hers, prise des coteaux de l'Hers en 1905.

Salles sur l'Hers, la rue du Marché en 1905, avec la Halle au bout de la rue.

Salles sur l'Hers, même rue que ci-dessus de nos jours, la rue du Marché se nomme aujourd'hui, rue Paul Dimeur.

  

Salles sur l'Hers, photo de gauche, le marché autour de la Halle en 1905. A droite, la rue du Marché prise de la Halle en 1905. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, l'église et la Halle en 1905.

Salles sur l'Hers, l'église et la Halle en 1905.

Salles sur l'Hers, l'église et la Halle au fond, l'avenue de Mirepoix en 1950.

  

Salles sur l'Hers, à gauche, la rue de l'église avec la Halle en 1955. A droite, la même rue en 1905. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, la rue du Marché en 1905.

Salles sur l'Hers, la place Émile Coural et le monument aux Morts en 1920.

Salles sur l'Hers, la place Marengo en 1905.

Salles sur l'Hers, la place Marengo en 1905, que l'on appelait aussi place de la volaille.

Salles sur l'Hers, la place Marengo en 1955.

  

Salles sur l'Hers, deux photos de l'église Saint Mathieu en 1905. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, la rue de la Poste en 1905.

Salles sur l'Hers, l'avenue Villefranche de Lauragais en 1905.

Salles sur l'Hers, la mairie et la Promenade en 1905, avec le château au fond.

Salles sur l'Hers, la mairie, les écoles et la Promenade en 1905.

Salles sur l'Hers, l'avenue Saint Michel en 1905.

  

Salles sur l'Hers, à gauche, la Grande Rue en 1920. A droite, l'avenue Saint Michel en 1920. Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Salles sur l'Hers, à gauche, la Grande Rue en 1920. A droite, la rue de la Poste en 1920. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Salles sur l'Hers, l'intérieur de l'église Saint Mathieu en 1905.

Salles sur l'Hers, autre photo de l'intérieur de l'église Saint Mathieu en 1905.

Salles sur l'Hers, la rue du Marché en 1905, avec la Halle au bout de la rue.

Salles sur l'Hers, l'avenue de Castelnaudary en 1920.

Salles sur l'Hers, l'avenue de Castelnaudary en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade avec les écoles et la mairie à gauche en 1905, jour de foire.

Salles sur l'Hers, vue générale du Sud.

Salles sur l'Hers, la passerelle des Marronniers sur l'Hers-Mort, en 1905.

Salles sur l'Hers, la gendarmerie qui se situe au Sud-Ouest du village, en 1905.

Salles sur l'Hers, la Promenade, en 1905. Aujourd'hui c'est la place Marengo.

Salles sur l'Hers, l'avenue de Mirepoix et place de la République, en 1910. Est-ce un jour de foire pour voir tant de monde ?

Salles sur l'Hers, le domaine Saint-André d'Ustre, en 1905. Ce domaine existait déjà en 1386. Il est situé à l'Est du village le long de la D15.

Fajac la Relenque en 1905, ce château est situé pas très loin, à l'Ouest de Salles sur l'Hers.

Salles sur l'Hers, une vue aérienne en 1950. On aperçoit la tour du château à droite de l'église.

Salles sur l'Hers, en 1965.

Salles sur l'Hers, l'église Saint Mathieu, en 1965.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

- Dictionnaire de la noblesse.

- Histoire générale de Languedoc.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 mars 2016

Le patrimoine méconnu de l'Aude est surprenant, en nombre et beauté. Je me suis penché sur l'histoire intéressante d'un château discret et privé, il ne se visite pas. Comme de nombreux châteaux de l'Aude d'ailleurs, son passé historique, permet de comprendre ce qui se passait dans la région à partir du Moyen-âge. Je vous invite à découvrir encore une histoire passionnante, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin du reportage.

 

 

Le village de Marquein à l'Ouest de Castelnaudary, est situé à 49 km de Toulouse, 28 km de Castelnaudary, 65 km de Carcassonne, 122 km de Narbonne et 161 km de Béziers.

Le village de Marquein dans le Lauragais, en limite du département de l'Aude et de la Haute Garonne.

Une vue aérienne du petit village de Marquein.

Extrait de carte IGN, vous situant le village de Marquein et son château, ainsi que le château de Fajac la Relenque plus au Sud qui date de la même époque. Je vous mettrai une photo de ce château, dont je ne possède aucune donnée historique, à la fin du reportage.

Une vue aérienne du village de Marquein et de son château.

Une vue aérienne du château de Marquein.

 

Marquein est un village limitrophe avec le département de la Haute-Garonne, proche de Toulouse située dans le Lauragais, sur le Gardijol. En 2013, la commune comptait 76 habitants. Ses habitants sont appelés les Marqueinois.

Blason du village de Marquein.

On ne possède aucun document permettant de déterminer l'origine du toponyme Marquein avec certitude. Les formes anciennes dans les textes du nom Marquein, qui sont parvenues jusqu'à nous prêtent à confusion : Marcheixum en l'an 979, Marchunium en 1191, Marcucimium en 1274, ou encore, Marchonis en 1295. Le terme a été latinisé en Mariscum et a donné l'ancien français Marchais qui signifie marécage. Ou, autre hypothèse, le nom pourrait venir du mot francique marka (une frontière,  une limite) qui désignait une frontière entre clans, à l'époque des invasions germaniques ; sous les Carolingiens c'était un territoire situé aux confins du royaume. Sous Charlemagne, on nommait marchis les gouverneurs des villes situées sur les marches, les frontières ; le terme a donné marquis. N'oublions pas que Marquein se trouve à la frontière du diocèse de Toulouse et de celui de Mirepoix ; cette frontière correspond à celle des territoires de tribus gauloises.

 

Deux châteaux sont situés sur la commune de Marquein : le château de Marquein au bas du village, reconnaissable à son toit monumental en tuiles plates de type bourguignon et le château de Fajac la Relenque en briques rouges typiques du Lauragais juché sur une colline avoisinante.

Cette partie du Lauragais est bien spécifique de par son paysage très vallonné qui amène les promeneurs à se perdre avec bonheur. Depuis peu, de nombreux chemins pédestres ont été réhabilités et permettent de grandes randonnées. Le village de Marquein fait parti du Lauragais, pays de cocagne, pays de ce pastel détrôné, fin du XVIIème siècle, par l'indigo venu des Indes.

Les coteaux vallonnés près du village de Marquein.

L'église du village de Marquein avec son clocher mur.

  

A gauche, un calvaire situé au Sud, à l'entrée du village. A droite, le centre du village de Marquein.

Le château de Marquein, la façade Nord.

Construit en belle pierre, le château de Marquein dresse ses quatre tours rondes au flanc d'une colline fertile et boisée, à un kilomètre environ du petit village de Marquein, dans l'Aude, mais limitrophe de la Haute-Garonne. Je vous propose de découvrir son histoire.

 

Dans une charte datée des Ides de décembre 979 (Idus decembris 979, anno 25°, regnante Leulario rege), portant donation faite par Aribert et par Garsinde, sa femme, à Dieu, à Saint Jean-Baptiste du monastère de Montolieu (Castri Mallasti), à Tresmire, abbé, et à tout le couvent, de l'alleu qui leur était échu dans le pagus Toulousain, au ministerium Bazadois ou de Baziège et terminium de Marquein (Marcheixo).

Puis il s'écoula une longue période de deux siècles pour voir réapparaître dans les archives le nom de Marquein (Machunio). 

S'ensuit plusieurs donations dont celle-ci faites un vendredi d'octobre 1191, Pierre de Marquein, dit Subirat, et sa femme Albia donnent à l'hôpital du Rival, à Pons Raymond Garsie, au Commandeur Roger de la Rive et à Bernard Barcian tous leurs biens, situés dans le dîmaire de Saint-Jean de Caprescojade, toute la condamine de Cobadel ou Copadel, et le quart de la dîme qu'ils possèdent sur la ville de Saint-Michel-de-Lanès. Cette donation est faite sur les conseils de Bernard et Arnaud de Marquein, en présence de Raymond, chapelain de Lacombe, Guillaume de Castlar et Bernard Amiel du Fossat .

Le clocher mur de l'église du village de Marquein.

Novembre de l'année 1205, Pierre de Marquein (de Marquno) donne à l'hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem, représenté par le Commandeur, une certaine quantité d'oblies, assises sur le territoire de Caignac.

En mai 1246, dans les dépositions faites devant les Inquisiteurs de la Foi, à Fanjeaux, il est rappelé que certains hérétiques adorèrent les parfaits à Marquein (Marcunh, Marcuen).

En janvier 1272, le chevalier Adhémar de Marquein (de Marcuehn) est au nombre des nobles de la baylie de Lauracle-Grand qui prêtent serment de fidélité au roi de France.

En septembre 1274, une lettre d'amortissement du roi Philippe III, dit le Hardi, donnée à Paris, mentionne une donation de six deniers Toulousains faite par Adhémar de Marquein (de Marcucimio) au monastère de Prouille.

Après le chevalier Adhémar de Marquein, quelques actes notariés, retenus entre le 18 avril 1297 et le 23 avril 1311, portent que Bertrand de Marquein, damoiseau, était coseigneur du dit lieu et y possédait des "honneurs" ou domaines.

Le château de Marquein, la façade Sud avec ses dépendances à gauche.

La question reste posée : les seigneurs de Marquein avaient-ils leur sépulture dans l'église du village et si leur demeure seigneuriale ou maison forte était située aussi dans le village, ou bien à l'endroit même où en 1539 fut élevé l'actuel château de Marquein ?

Le tombeau de la Maison de Roquefort dont des documents du XVIIème siècle signalent son existence, n'existe plus aujourd'hui.

Deux documents paraissent indiquer que les seigneurs ou coseigneur de Marquein avaient leur maison forte hors du village.

Le premier indique que, le 27 mai 1325, Guillaume de Relhane, commandeur de Caignac, approuva l'acquisition faite par Raymond Roque d'une parcelle de terre située à Marquein au lieu dit La Canal, dans le décimaire de Saint-Sernin, entre l'honneur de Bertrand de Marquein, damoiseau et coseigneur de Marquein, et le Rival de Lasaur sous l'oblie de un denier tolza.

Le second rapporte que, le 25 juin 1464, noble Rogier de Roquefort, seigneur de Marquein, dénombra le lieu de Marquein avec toutes les justices, trente sétérées de pré et une Maison forte.

Septembre 1460 à Husseau près de Tours, anoblissement de maître Jean de Roquefort docteur ès lois, juge du comté de Foix.

 

A l'origine la famille Roquefort-Marquein habitait une Maison forte, si l'on en croit la tradition, elle occupait l'emplacement du pigeonnier actuel, situé à une dizaine de mètres au Sud du château actuel et au pied d'une pente très raide. Le château commencé par Dauphine de Montbrun a remplacé cette Maison forte.

Extrait de la carte IGN situant le château par rapport au village de Marquein.

Le château de Marquein, la façade Nord.

Le château de Marquein a été bâti en 1539 par Dauphine de Montbrun, veuve de Jean de Roquefort décédé le 15 octobre 1521, seigneur de Marquein et coseigneur de Salles et de Saint-Michel de Lanès, qui fut tué en 1521, au siège de Fontarabie où il servait sous les ordres de l'amiral Bonnivet. Grande famille que ces Roquefort-Marquein, enracinée depuis, des siècles dans ce coin de terre lauragaise et apparentée avec la meilleure noblesse du pays, les Roquefeuil, les Rigaud de Vaudreuil, les Varagne-Gardouch, etc.

Le château remontant à 1539 appartenait à la famille de Roquefort-Marquein. Au début du XXème siècle, la maison de Roquefort n'existe plus. Les branches du Vivier, d'Arignac, de Sarnhac, d'Engarravagues, de Daumazan, d'Esperce ne sont plus. Toutes sont tombées en quenouille après de nombreux services militaires.

 

Le château de Marquein fut achevé en 1554.

Le village de Marquein.

En 1569, François de Roquefort était alors baron de Marquein il avait pour beau-frère le sire Bacou de Brassac. Ce capitaine Bacou sévit pendant les guerres de la ligue en Languedoc. Bacou sire de Brassac natif de Saint-Pons, capitaine protestant du Narbonnais, souvent cité dans les Mémoires de Gaches. Fait prisonnier en 1586, il fut assassiné dans sa prison du château de Marquein où il séjournait. Le 16 février 1586 vers 22h00, l'ordre fut donné par le vicomte de Montgomméry qui était gouverneur du diocèse de Castres, sous le duc de Montmorency. Bacou endormi, fut assommé avec un marteau et jeté la tête la première près de la rivière, puis le comte fit tirer sur lui, on dira qu'il tenta de s'évader. Bacou était un tyran pour les habitants de Brassac.

Croquis du château de Marquein réalisé en 1902 par Cardes (extrait du bulletin du SESA).

 

Du 20 au 27 avril 1579, le roi de Navarre Henri le futur Henri IV de France  séjournait au château de Marquein quand vint le rejoindre son épouse Marguerite de Valois (1553-1615) dite la reine Margot et sa mère Catherine de Médicis femme d'Henri II. Le but de cette mission dans la région, était d'établir une "Chambre de Justice en ce pays de Languedoc, et parachever un traité de paix", les conférences préparatoires se tinrent durant six jours à Saint-Michel de Lanès. Les États de Languedoc s'étaient réunis selon l'ordre de la reine-mère Catherine de Médicis et ils tenaient séance à Castelnaudary, sous la présidence de Monseigneur de Bardis, évêque de Saint-Papoul, ils se séparèrent le 4 mai 1579.

Henri IV fit au château de Marquein un séjour de quinze jours, avant de repartir pour Pau.

 

17 juillet 1689 date du testament de Marc-Antoine de Roquefort on découvre que quelques-uns d'entre eux furent ensevelis dans l'église du château, comme Antoine de Roquefort (27 décembre 1681) et son épouse Marie d'Arnave (30 mai 1681).

 

Charles de Roquefort-Marquein fut grand-prieur de Malte, à Toulouse, de 1747 à 1748 ; quand il mourut, il fut enseveli dans la chapelle de Saint-Jean, près de la Dalbade et les pierres qui formaient son tombeau, décorées de marbres de diverses couleurs où se voilent les armes de sa maison et des panoplies, sont conservées au musée de Toulouse.

L'accession de Charles de Roquefort-Marquein à la charge enviée de grand-prieur de Toulouse était la consécration de l'ancienne noblesse de sa famille, comme la construction du magnifique château de Dauphine de Montbrun était l'emblème de sa puissance. 

A la mort de Charles de Roquefort survenue au château de Marquein le 6 novembre 1748, le domaine de Marquein passe sur la tête de Pauline de la Tour, sa petite fille, représentée par Gabriel Florent de la Tour, son grand-père maternel.

Le château de Marquein, la façade Nord avec ses deux tours crénelées.

 

DESCRIPTION DU CHÂTEAU DE MARQUEIN

 

Le château de Marquein est demeuré tel que nous l'a laissé la Révolution, qui se contenta de faire marteler les rocs d'échiquier du blason des Roquefort, sculpté dans un panneau de pierre, au-dessus de la porte d'entrée, petite et basse sous son arc en anse de panier, mais plus facile à défendre, et surmontée de deux colonnes torses, d'un bel effet décoratif. Seuls, les anciens fossés et la contrescarpe ont disparu.

Imaginez la construction de ce château à l'époque féodale où les seigneurs ne cessaient de se faire la guerre entres eux, ce ne fut certainement pas facile pendant cette période troublée.

Le château de Marquein est un des rares châteaux de la Renaissance qui porte une date : 1539, et cette date est accompagnée du nom de la grande dame qui le fit construire. C'était Dauphine de Montbrun, veuve de Jean de Roquefort, seigneur de Marquein et coseigneur de Salles et de Saint-Michel de Lanès. Le château de Marquein fut achevé en 1554.

Le château de Marquein, la façade Nord avec ses deux tours crénelées.

Le château est situé sur un petit plateau, dominé à l'Est par une colline en pente douce, qui s'arrête brusquement aux abords d'un fossé dont la contrescarpe a disparu. Au Nord, le terrain s'incline lentement. Du côté Ouest, le terrain est presque horizontal et a reçu des constructions à usage d'exploitation rurale. Au Sud, il existe un terre-plein d'une largeur de quatorze mètres terminé par un versant rapide et presque à pic, au pied duquel coule un petit ruisseau.

La base du château est un parallélogramme régulier de 27,50 mètres par 18,50 mètres, avec à chacun de ses angles, une tour ronde d'un diamètre de 7,50 mètres.

Des meurtrières placées dans chacune des deux tours Nord et Sud commandent la porte d'entrée. Il en est de même pour les autres façades, où la disposition des meurtrières rend presque impossible toute tentative de pénétration immédiate par escalade ou par les croisées. Celles-ci sont munies de volets que des leviers en fer maintiennent solidement au dedans.

Le château de Marquein, la façade Sud.

La hauteur totale du château est de 26 mètres. Les murs extérieurs du château et ceux des tours, mesurent 1,40 mètre.

Des flèches en briques terminent les deux tours Sud et le faîte de la toiture du château. Les deux tours du côté Nord ne possèdent plus leurs toitures élancées. Des créneaux leur servent de couronnement.

Une aquarelle sur toile du XVIIème siècle, dans le corridor du rez-de-chaussée du château, représente une chasse avec vue du château. Dans cette aquarelle on voit que déjà à cette époque les deux tours au Nord étaient terminées par des toitures à pentes faibles et couvertes de tuiles plates de couleur rouge brique.

Croquis du fronton de la porte d'entrée et panonceaux du château de Marquein avant la Révolution (extrait du bulletin du SESA).

Zoom sur le croquis du fronton de la porte d'entrée avec la reconstitution du blason Roquefort Marquein (extrait du bulletin du SESA).

Concernant la porte d'entrée du château, le panneau avant la Révolution était sculpté avec les armes de la maison de Roquefort- Marquein. Pour rompre l'unité de la ligne droite un peu austère, l'architecte a construit la partie supérieure de la porte d'entrée en forme de voûte surbaissée. Il a disposé des deux côtés du panneau deux colonnes à torsades creuses qui prennent leur point d'appui sur des corbeaux qui arrêtent les moulures extérieures du cintre de la porte. L'effet obtenu est très gracieux.

 

Les fenêtres du rez-de chaussée de la façade du midi présentent la même ornementation à ligne droite, tandis que celles du premier étage qui sont encadrées dans des demi colonnes à forme ronde. Les unes et les autres sont à meneaux, de même grandeur et de même style. Les fenêtres des tours sont tantôt géminées et à demi-meneaux, tantôt simplement à demi-meneaux et de moitié grandeur que celles de la façade.

 

On pénètre dans le château par un escalier en pierre de taille se composant de onze marches avec rampe de pierre de Beaucaire, de construction récente. Car à l'époque féodale il en était autrement, il devait y avoir un accès mobile pour assurer la défense du château. Deux entailles pratiquées dans les pierres de taille de la tour et à droite de la porte d'entrée, indiquent que l'architecte avait prévu et organisé cette défense au moyen de madriers en bois.

La porte d'entrée donne accès à un large et long corridor. Derrière cette porte se trouve l'escalier d'honneur en pierre de taille et en forme d'escargot. Il occupe tout l'intérieur de la tour Sud-Ouest. A la hauteur du premier étage une niche a été pratiquée dans le mur pour l'éclairer au moyen d'une lampe ou d'une torche de cire.

Le château n'a qu'un rez-de-chaussée et un premier étage pouvant servir de logement. Au dessus du premier étage sont d'immenses combles couverts par une toiture en bois à pente presque verticale dont la hauteur prise au milieu de la salle mesure quatorze mètres au dessus du plancher.

 

Le rez-de-chaussée se compose de huit pièces, dont trois occupent les tours Sud-Est, Nord-Est et Nord-Ouest. Les autres ont leur porte d'entrée sur un second corridor perpendiculaire au grand corridor de service, les deux ayant la forme d'un T majuscule renversé.

Le salon de compagnie, appelé la salle basse (ou vaste) dans l'inventaire d'avril 1636 (Arch. de l'Aude, B2120: Inventaire des biens mobiliers et immobiliers de feu Sébastien de Roquefort-Marquein), a une entrée sur l'un et l'autre corridor. Cette salle qui a 16 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur pourrait être appelée la salle des fêtes.

De l'autre côté du corridor de service, qui divise intérieurement le château en deux parties égales, on entre, par une porte faisant face à celle du salon, dans la cuisine.

A côté de la cuisine et vers l'Est était située la pastandière, c'est-à-dire la chambre à pétrir. En face de la cuisine, prenant jour par une fenêtre exposée au Sud, était la pièce appelée la chambre jaune.

Les chambres des tours servaient de magasins d'armes et de débarras. L'une contenait les armes complètes du seigneur de Marquein. Plus tard, dans la seconde moitié du XVIIème siècle, la tour Nord-Est servira de chambre à Mademoiselle Victoire de Roquefort-Marquein, et prendra le nom de chambre de Mademoiselle.

Le château de Marquein émergeant à gauche de la végétation.

La salle d'honneur du château comprise entre quatre murailles avec ses fondations, serait le seul vestige de l'antique demeure des seigneurs de Marquein.

Les caves occupent seulement le sous-sol de la partie Nord-Ouest du château. On y accède par deux entrées, l'une extérieure, l'autre intérieure. Par celle extérieure, qui est la principale, on arrive aux caves par un corridor à fortes murailles construites en pierres et chaux et à voûte surbaissée construite en briques. Les voûtes des caves ont la même forme que celle de la porte d'entrée, aussi on ne peut douter qu'elles aient été élevées en même temps que le château. On est frappé par le corridor qui mène aux caves, comme, du reste, les corridors qui donnent accès aux salles du rez-de-chaussée et du premier étage, ait été aménagé sur un seul des côtés du château. Il en est de même quand on voit aboutir des murs de refend à la place où devrait se trouver une fenêtre, pour donner à la façade principale un aspect régulier.

Cet aménagement s'expliquerait par le fait que l'architecte chargé de la construction aurait voulu utiliser les murailles de l'ancienne Maison forte.

 

Au premier étage, les appartements sont disposés sur le même plan. On y accède non seulement par l'escalier d'honneur, mais encore par deux escaliers de service, disposés à droite et à gauche et vers le milieu du corridor qui coupe le château en deux parties presque égales. En 1636, les salles du premier étage portent les noms de chambre violette (nom dû à la couleur des rideaux du lit de l'époque), de salle haute, de chambre rouge, de chambre des Soldats que la légende loge dans les combles. Quelques-unes ne sont pas dénommées.

En 1902, une galerie des portraits de la famille de Roquefort-Marquein ornait la salle des fêtes du château ainsi que des tapisseries et aquarelles sur toile qui servaient de tentures au vestibule d'entrée.

Une vue aérienne du château de Marquein.

Dans le corridor qui conduit aux caves du château était creusé le puits destiné à l'alimentation en eau des habitants du château en cas de siège. On raconte que pendant la Révolution française, à la suite d'une dénonciation faite contre le "citoyen" Charles de Roquefort, un gendarme se présente au château pour le mettre en état d'arrestation. Les serviteurs du châtelain ayant pris son parti contre le représentant de la Loi, le gendarme fut précipité dans le puits et l'on n'entendit plus parler de lui. Chacun resta muet sur son malheureux sort. Ce ne fut que longtemps après la mort des propriétaires du château, et lorsque aux temps troublés de la Révolution eut succédé une ère de tranquillité, que la vérité se fit jour. Des recherches ordonnées par l'autorité judiciaire amenèrent la découverte de son cadavre dans le puits. Mais il était trop tard pour punir les coupables.

 

Les de Roquefort Marquein, sous le siècle de Louis XIV, avaient refusé de soumettre leur blason à l'enregistrement ordonné par l'édit de 1696. Donc leur blason ne figure pas dans l'armorial général d'Hozier.

 

L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1972.

Au petit matin aux abords du château de Marquein.

 

LES SEIGNEURS DE MARQUEIN

 

Par le mariage d'Olivier (mariage qui eut lieu avant le 27 septembre 1387), fils de Vésian de Roquefort, seigneur d'Arignac (Ariège) et de Crampagnac (Ariège) et de N. de Durban (Ariège), avec Jeanne de Foix, fille de Corbeyran de Foix, seigneur de Foix et d'(Er)mengarde de Villar, la seigneurie de Marquein advint dans la maison de Roquefort. Dans son testament, en date du 14 juin 1443, damoiselle Jeanne de Foix lègue à son fils cette seigneurie qu'elle tenait du chef de sa mère.

 

La baronnie de Roquefort (commune du canton de Lavelanet en Ariège), dont les seigneurs de Marquein portent à présent le nom, était, à la fin du XVIIème siècle, possédée par la maison de Lévis-Mirepoix. Elle était située dans le comté de Foix.

Depuis, elle a été tenue et possédée par la famille de Roquefort et les ancêtres de la branche de Marquein jusqu'au 19 décembre 1620. A cette date, elle fut adjugée par arrêt rendu par la cour du parlement de Provence à la maison de Comenge, comme héritière de Françoise de Roquefort mariée à Mathieu de Comenges.

La branche de Marquein est, d'après l'étude de spécialistes, une branche cadette de la maison de Roquefort. Elle a pour chef Olivier II, fils de Roger et d'Isabeau de Bonne.

Olivier II de Roquefort, seigneur de Marquein, d'Arignac, La Bastide de Garderenouf, Saint-Léon de Caussidières, gouverneur de Leucate, capitaine de cinquante lances, fut marié à Hélène de Bruyères, dame de Chalabre, Puivert et Sonac qui ne figure dans aucune des généalogies publiées sur cette illustre famille du Chalabrais. Il habitait certainement la maison forte dénombrée le 24 juin 1464 par son père.

Olivier testa le 13 février 1515 et Hélène sa femme le 19 février 1522. Tous deux instituèrent pour leur héritier leur fils Jean Roger.

Olivier fut nommé  gouvernement de la place de Leucate le 31 mai 1514, par le cardinal de Narbonne. Il décéda avant 1520.

 
 

GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE ROQUEFORT-MARQUEIN

 

Blason de la famille de Roquefort de Marquein. Extrait de l'armorial général de France par Charles d'Hozier 1696.

Armes : Echiqueté d'argent et de sable au chef de gueules, chargé de 3 rochers d'argent à 3 coupeaux d'or avec deux griffons pour supports (B. N., Cabinet d'Hozier : 293, cote 8132)

 

La généalogie des maîtres du castel est compliquée.

On va surtout s'intéresser à la branche de Marquein qui est une branche cadette de la maison de Roquefort et qui a pour chef :

 

1- Olivier II de Roquefort, fils de Roger de Roquefort et d'Isabeau de Bonne ou plutôt à Alix de Bonne. Il épousa Hélène de Bruyères dame de Chalabre, Puivert et Sonac. Ils eurent trois enfants connus :

         1a- Jean Roger, qui fut seigneur de Marquein qui suit ; 

         1b- Gaston, marié à Dauphine de Montbrun (voir ci-après), mort sans enfants ;

         1c- Marguerite, mariée à Pierre III du Vivier, qui était veuf d'Isabeau de Durban.

 

1a- Jean Roger de Roquefort, seigneur et baron de Marquein, la Bastide de Garderenouf, Saint Léon de Caussidrères, Saint Michel de Lanès, épousa Dauphine de Montbrun. C'est lui qui  commença la construction du château de Marquein sa femme poursuivit la construction avec son fils Sébastien.

Concernant Dauphine de Montbrun, elle est la fille de demoiselle Françoise d'Abban et de Jean de Montbrun, seigneur de Roquecourbe-Rive-d'Aude mort vers 1515. Elle fit un premier mariage avec Gaston de Roquefort, après la mort de celui-ci, elle fit un second mariage avec le frère de son premier mari. Mariage qui fut autorisé par une bulle papale du 28 juillet 1517, accordant la dispense nécessaire. Ce second époux, était Jean Roger de Roquefort, il était seigneur de Marquein et coseigneur de Salles et de Saint-Michel de Lanès. Lors de l'assaut le 15 octobre 1521de Fontarabie en Espagne, Jean Roger de Roquefort Marquein fut blessé et mourut des suites de ses blessures. De ce second mariage naîtra deux fils connus :

 

1aa- François I de Roquefort qui succèdera à son père dans les biens paternels. François I de Roquefort, épousa le 27 janvier 1566 demoiselle Gabrielle de La Palu, fille de messire Gabriel de La Palu (+12 juillet 1565), gentilhomme de la chambre du roi, sénéchal de Castres, qui fut aussi capitaine du château de Quéribus. François de Roquefort, baron de Marquein, seigneur de Salles, rendit hommage, le 15 décembre 1550, pour ses biens situés en Lauraguais à Catherine de Médicis, comtesse de cet ancien pagus, érigé en comté par Louis XI en janvier 1477. En 1554, il présente aux Commissaires de la reine, comtesse du Lauraguais, le dénombrement de ses biens. Il décèdera vers 1595-1596.  Gabrielle de la Palu épousa en secondes noces le 30 octobre 1597 Antoine de Saint-Lary de Fiteria. Du premier mariage naîtra trois enfants : 

 

      1aaa - Jeanne Antoinette de Roquefort, mariée le 9 mai 1597 à noble Louis de Siran, seigneur de Cavanac.

 

        1aab- Jean-Sébastien I de Roquefort, baron de Marquein en 1539 (+ avril 1636 à Paris), qui épousa le 7 avril 1596 Antoinette de Lévezou de Vezins, fille de messire Antoine de Lévezou de Vezins, chevalier de l'Ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté, seigneur dudit Vezins et d'Engarrevagues et de Jeanne de Roquefort (1534- après 1604). Après la mort de son mari Antoinette se retira dans son château de Salles. Ils eurent cinq enfants :

                          1aaba- Marc-Antoine de Roquefort seigneur de Marquein, de Brassac et de Durfort. Marié à N…? de Durfort de Rouzines. Il mourut au château de Marquein le 12 avril 1696 il avait 98 ans environ. Il institua pour son héritier universel Antoine Joseph de Roquefort  son petit neveu. Il eut deux filles, dont Jeanne mariée à Me Samuel Bonnefous, maître-apothicaire, à Brassac ;

                          1aabb - Louis de Roquefort de La Palu, baron de Marquein, seigneur de Salles et de Brassac, avait épousé le 6 avril 1630, demoiselle Gabrielle de Roquefeuil, fille de messire Antoine de Roquefeuil, baron de Granval et Bésacoul, seigneur de Sauveterre, la Barthe, la Bastide-de-Ganatisse et de dame Marie de la Forest, dame de Grise, veuve de messire Christophe d'Urfé, comte de Châtillon et du Pont-de-Vellé. Gabrielle de Roquefeuil avait une sœur utérine : Marie d'Urfé. Louis décédera vers 1667-1668 qui suit ;

                          1aabc- François, seigneur de Salles, baron de Marquein, tué le 26 août 1622, au siège du Peyrat où il servait sous les ordres du comte de Caraman ;

                          1aabd- Diane, mariée à Jacques de Capriol, seigneur de Cuq;

                          1aabe - Françoise de Roquefort, dame de Marquein mariée avec Bertrand de Maurel seigneur d'Aragon (+10 février 1654) fils de Pierre de Maurel d'Aragon, seigneur d'Aragon, Reyssac, Roquefère, Villarlon et de Catherine de Franc.

        1aac – Sébastien, seigneur de Marquein mort sans enfants.

 

C'est une période où il y eut beaucoup de procès de successions dans la famille Roquefort Marquein.

 

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1aabb - Louis de Roquefort de La Palu, seigneur de Marquein puis à la mort de son père, il prit le titre de seigneur de Salles. Il épousa le 6 avril 1630 Gabrielle de Roquefeuil fille d'Antoine de Roquefeuil et de Marie La Forest. Il décédera entre 1667 et 1668. Ils eurent six enfants :

          1aabba – Louis Antoine Joseph de Roquefort La Palu  né le 20 août 1635 au château de  Brassac. Baron de Marquein, Granval en Albigeois, Salles, Besacoul, Saint-André d'Ustre et de la Fourre. Il épousa le 18 octobre 1658 Marie d'Arnave fille de messire Gaspard d'Arnave, baron d'Ornolac en Foix, de Vernioles, Cadarcet, coseigneur de Saverdun et Gardouch et de dame Claire de Sers. Louis Antoine décèdera à Gardoube le 27 décembre 1681 et fut enseveli dans l'église du château de Marquein. Sa femme Marie d'Arnave décédera au château de Marquein le 30 mars 1681. Ils eurent dix enfants : 

                          - Antoine Joseph de Roquefort, marié vers 1690 à Hyppolyte de Foix, il décède à Toulouse, sans enfants, le 21 février 1740, il avait 72 ans ;

                         - Barthélemy de Roquefort, seigneur de Grandval, il décède vers 1745. Il eut deux filles : Louise et Catherine ;

                         - Charles Louis Victor Auguste de Roquefort Marquein, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, grand prieur du prieuré de Toulouse, qui suit ;

                          - Louis de Roquefort, décédé célibataire le 7 novembre 1720 au château ;

                          - Autre Charles de Roquefort ;

                          - Marie de Roquefort qui épousa le 20 novembre 1686  Charles de Varaignes fils aîné de feu messire Louis de Varaignes, baron de Bélesta, de Gardouch et de dame Jeanne de Morlion et de Samensa. Il fut capitaine de cavalerie dans l'armée de Dauphin Etranger et maître de camp en 1703. Ils moururent tous les deux en 1716. Ils eurent deux enfants : Jean-Sébastien et Ludovic-Hippolyte, tous deux de Varaignes-Bélesta.

                        - Françoise de Roquefort, mariée à Joseph de Madron écuyer demeurant à Toulouse;

                        - Thérèse de Roquefort, née le 26 décembre 1676 à Toulouse ;

                        - Gabrielle de Roquefort ;

                        - Claire de Roquefort, mariée à Étienne de Foucault sieur de Mouzens.

 

          1aabbb - Antoinette de Roquefort Marquein née vers 1644, mariée en 1669 avec Clément de Clairac – Laroque (1644-1715) ils eurent pour enfants :

                         - Louis de Clairac né le 19 janvier 1671 dans la paroisse Saint Michel de Cordes ;

                        - Isabeau de Clairac sœur jumelle de Louis ;

                        - Jacques né le 1er mars 1670 ;

                        - Clément de Clairac née en 1674  épousa le 25 août 1715 Marie-Thérèse de Lordat +1729 ;

                        - Catherine de Clairac, épousa le 17 juillet 1715 Philippe Joseph de Roquefeuil-Cahuzac, 1er marquis de Roquefeuil-Cahuzac 1685-1735 ;

                        - Louise de Clairac née en 1681, épousa  le 29 novembre 1710 François de Regnaudin, seigneur de Cormier seigneur de Fondousse.

 

          1aabbc - Jean Sébastien II de Roquefort, seigneur de Salles et de Labastide-Gabausse, héritier universel de dame Marie d'Urfé. Il était encore vivant après janvier 1716. Il épousa en première noce le 2 novembre 1672 Françoise de Bonnéry et en secondes noces vers 1690 Anne de Varaignes, ils eurent pour enfant :

                                     - Jean de Roquefort Marquein marié le 29 juin 1700 avec Madeleine de Toulouse-Lautrec.

          1aabbd – Barthélemy, prêtre bachelier en théologie, prieur commendataire de l'hôpital de Granjoul ;

          1aabbe – Françoise, mariée le 6 mars 1666 avec François de Roger de Cahuzac de Caux ;

          1aabbf – Marie entrée en religion au couvent des Clarisses de Lavaur avant 1690.

 

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LE DERNIER SEIGNEUR DE SALLES ET DE MARQUEIN

Croquis du blason de Charles de Roquefort de Marquein (extrait du bulletin du SESA).

2 - Charles Louis Victor Auguste de Roquefort de Marquein, marquis de Marquein, baron de Salles, né vers 1710. Fils de Louis Antoine Joseph de Roquefort La Palu et de Marie d'Arnave (voir ci-dessus). Il a succédé comme seigneur de Marquein à son frère Barthélemy de Roquefort. Il faisait parti de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et fut grand prieur de 1747 à 1748 au prieuré hospitalier de Toulouse. Il fut aussi général des galères. On lui donne les armoiries celles des Rochefort d'Ailly. Il décède au château de Marquein le 6 novembre 1748. Il épousa le 9 janvier 1745 Marie Jacobe de Fontenu de Montauban née vers 1722, fille de Gaspard de Fontenu, commissaire général de la marine et de Jacob-Pétronille de Hochepied. Elle décèdera au château de Marquein le 5 décembre 1797 à l'âge de soixante-quinze ans. Ils eurent une fille :

 

    02a - Madeleine Pétronille de Roquefort Marquein, née le 14 juillet 1746 à Marquein, mariée le 13 avril 1767 avec Louis Philippe de Rigaud marquis de Vaudreuil (1724-1802). Elle décèdera en avril 1817 à Paris elle avait 70 ans. Ils eurent cinq enfants :

 

          02aa – Jean Charles Philippe Joachim de Rigaud de Vaudreuil, né le 30 juin 1769 au château de Marquein. Il fut colonel de la Cavalerie (+1848) ;

          02ab – Marie Louise Pétronille Madeleine de Rigaud de Vaudreuil (1772-1825). Elle épousa le 28 février 1790 au château de Revel Joseph Denis Édouard Bernard de La Tour d'Auvergne-Lauraguais ;

          02ac – Charlotte Thérèse Louise Hippolyte Joachime Marie Caroline de Rigaud de Vaudreuil (1787- ?) ;

          02ad – Louise Élisabeth Charles Marie de Rigaud de Vaudreuil, comtesse de Serrant  née le 23 novembre 1770 (+1825). Elle épousa en première noce le 6 octobre 1783 Jacques Godefroy Charles Sébastien Xavier Jean Joseph d'Izarn, de Freyssinet, de Valady. Il fut député de l'Aveyron à la Convention Nationale, condamné à mort comme girondin le 5 décembre 1794, il avait 26 ans. Elle se maria en seconde noce le 17 janvier 1795 avec Antoine Joseph Philippe Wals, comte de Serrant d'origine irlandaise. Lieutenant général des armées du Roi (1744+1817). Elle eut une relation en 1804 avec Napoléon Bonaparte, empereur des Français (1769-1821). Elle fut dame d'Honneur de l'Impératrice Joséphine de Beauharnais. Elle décède à Angers en 1831 elle avait 61 ans. Elle eut deux enfants : 

          - Victoire de Rigaud de Vaudreuil (1775-1815) mariée en 1795 avec Joseph de Rigaud de Vaudreuil, comte de Vaudreuil (1740-1817). Elle eut une relation en 1798 avec Louis VI Henri Joseph de Bourbon-Condé, Duc d'Enghien (1756-1830).

           - Valentine de Rigaud de Vaudreuil, (1814, +1887). 

          02ae - N….? , mariée au marquis de Ferreti.

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Diverses infos trouvées lors de mes recherches :

- Le 31 juillet 1670, lors de la liquidation des biens de feue dame Hippolyte d'Arnave et Ornolac, veuve de feu Jean-Georges de Foix, baron de Rabat, était présent, dame Marie d'Arnave, mariée au baron de Marquein.

- Le 9 août 1670, à la demande du mandataire du créancier, le notaire va au château de Marquein. Dans une des chambres, on trouve : "En premier lieu un grand coffre et bahut fermé à clef, laquelle clef ledit seigneur d'Ornolac a dit n'avoir point ; icelluy ouvert par un serrurier, a esté trouvé une robe de tabis (tissa de soie, plus couramment nommé atabi, du genre des camelots : celui-ci était orné de roses) à rosiers de ladite feue dame de Rabat, usée, etc."

- La sœur d'Elisabeth, Melle Hippolyte de Foix fille de Jean-Roger de Foix épouse le marquis Joseph de Rochefort Marquein fils de Louis Antoine Joseph de Roquefort La Palu.

- Elisabeth de Foix épouse le 19 juillet1691 Pierre de Montesquieu. Après le décès de son époux, qualifiée de baronne de la Gardiolle , la veuve de  Pierre de Montesquieu "marquis du Faget", demeurant à Toulouse, donne le 12 mars 1740 devant le notaire Rieux, à son beau frère Barthélemy de Roquefort de Marquein seigneur de Grandval, habitant au château de Marquein, les terres, baronnie et seigneurie de Durban et Clermont.

Blason de Barthélemy de Roquefort de Marquein, seigneur et percepteur de l'Hospitalet. Extrait de l'armorial général de France par Charles d'Hozier 1696.

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A la mort de Charles de Roquefort, le domaine de Marquein passe sur la tête de la comtesse Charlotte-Gabrielle-Madeleine-Pauline de la Tour d'Auvergne, arrière petite fille, âgée de six ans elle était représentée par Gabriel Florent de la Tour d'Auvergne (1735-1800) chevalier marquis de Saint-Paulet, son grand-père maternel qui habitait le château d'Auzeville près de Toulouse. Gabriel Florent de la Tour d'Auvergne  décède le 19 mai 1800, un nouveau tuteur fut nommé parmi les oncles paternels, le sieur de la Tour évêque d'Arras jouira des biens délaissés par Charles de Roquefort.

En juillet 1801, à la suite d'un procès contre Pauline de la Tour d'Auvergne au sujet de cette succession, le château de Marquein et de la Salles sont en possession de Marie Louise Pétronille Madeleine de Rigaud de Vaudreuil.

En 1840, il passe des mains de Philippe de Rigaud de Vaudreuil à celles du colonel Paul-Marie Sol de Marquein, qui a restauré le château et l'a remis en l'état où il demeurait encore au début du XXème siècle.

Enfin, à la mort de l'héritier, Georges Adrien Sol de Marquein, conseiller général de l'Aude (2 avril 1898), fils du colonel Paul-Marie Sol de Marquein, le château est devenu la propriété du fils mineur de M. Émile Hérisson Laparre (né en 1859), ingénieur des poudres à Toulouse, il décèdera le 22 juillet 1925.

Au début du XXème siècle le château était la propriété de M. le baron de Rivières.

 

Le château de Marquein, sa façade Sud

Le château de Fajac la Relenque en briques rouges typiques du Lauragais juché sur une colline avoisinante. Ce château est situé à quelques kilomètres au Sud du village de Marquein le long de la D7. Je n'ai aucune information historique concernant celui-ci.
 
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La stèle de Marquein : que représente le symbolisme de ces douze perles entourant cette croix grecque ? Rappelle-t-il les douze signes du zodiaque, ou les douze mois de l'année ? Plus tard, dans la symbolique chrétienne, faut-il y voir l'évocation des douze apôtres ? Ces groupements de trois se rapportent-ils à la Trinité ? Plusieurs auteurs ont fait observer la ressemblance entre les motifs portés sur des monnaies wisigothiques et ceux de certaines stèles. C'est vrai, également, pour des monnaies d'autres origines. La stèle de Marquein datant du XIIème siècle représente une croix grecque cantonnée de douze besans, (besans : pièces d'or ou d'argent frappées à Byzance, elles représentent l'abondance).

Croquis réalisé par Fzancesc de la stèle de Marquein.

 

Voici quelques photos anciennes du château de Marquein qui feront plaisirs aux amateurs :

Le château de Marquein, la façade principale côté Sud avec son porche d'entrée, en 1920.

Le château de Marquein, le côté Est et Nord avec les deux tours crénelées, en 1920.

Le château de Marquein, la façade principale côté Sud avec son porche d'entrée, en 1900-1905.

Le château de Marquein, la façade côté Ouest et l'accès au porche d'entrée, en 1905.

Le château de Marquein, la façade côté Ouest et l'accès au porche d'entrée, en 1905.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

- "Voyage de Castelnaudary au château de Marquein", Henry Mullot (extrait de cet ouvrage). Dans son livre "Voyage de Castelnaudary au château de Marquein", Henry Mullot a fait, une étude minutieuse du château de Marquein, c'est dommage, malheureusement cet ouvrage est introuvable ou, il attend sur le rayonnage d'une bibliothèque qu'un érudit s'intéresse à lui.

- Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France 1906.

- La revue de L'Auta avec cette devise : Que bufo un cop cado més (Plus d'une fois chaque souffle) numéro 93.

- La revue de l'Agenais et des anciennes provinces du Sud-Ouest, société des sciences, lettres et arts d'Agen Tome XXVII-1900.

 

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! 
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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 février 2016

Voici un reportage un peu particulier qui vous ne laissera pas indifférent et qui va très certainement vous intéresser. Cela faisait un moment que je voulais traiter ce sujet qui a trait aussi au patrimoine, c'est chose faite. Je vous laisse découvrir ce qui passionne certains lors de leurs randonnées. N'hésitez pas à laisser vos commentaires, je vous souhaite une bonne lecture et que cela vous donne l'idée de bonnes balades. Ce reportage est évolutif, car je rajoute en fin de reportage des infos et des photos que les internautes continuent à m'adresser lors de leurs découvertes, qu'ils en soient remerciés. 

 

FLEUR DE LYS GRAVÉE SUR UN CŒUR DE PIERRE

HISTOIRE DES PIERRES GRAVÉES FLEURDELISÉES, BORNES GRAVÉES 

Fleur de lys et numéro du secteur, gravés sur le rocher délimitant une forêt royale.

Vous avez tous entendus parler de bornes routières royales ou milliaires, de bornes frontières ou encore de bornes des forêts royales partout en France. Ce reportage sera surtout consacré à ces dernières, les bornes délimitant les forêts royales en Ariège et dans l'Aude. Je dirai quand même un mot sur les autres bornes de cette même période de notre histoire, à la fin de ce reportage qui se veut sans prétention.

Au hasard de vos promenades en forêt, vous pouvez trouver parfois d’étranges marques faites sur des roches ou sur des pierres dressées comme des croix pattées, fleurs de lys, blason seigneurial, armes du Roussillon ou autres symboles.

La fleur de lys est un symbole marial pré-héraldique, elle est devenue à partir du Moyen Age, d'or sur champ d´azur, l´emblème de la royauté française. Il s´agit également de l´un des plus anciens emblèmes au monde. En l'an 2 révolutionnaire, c'est-à-dire le 4 juillet 1793, toutes les fleurs de Lys évoquant la royauté et la religion sont proscrites. La majorité des fleurs de Lys seront burinées.

 

Zone où se situe cette aventure de passionnés.

Savez vous qu'il y a des passionnés qui partent à la "chasse au trésor", leur trésor c'est rechercher et trouver ces bornes fleurdelisées uniquement pour le plaisir, de les prendre en photo et de les répertorier à leur tableau de chasse. Ces Sherlock de la randonnée se sont fixés un but non lucratif, alliant plaisir et passion, pourquoi pas.

Ces Sherlock peuvent m'écrire et m'envoyer leurs photos je me ferai un plaisir de les rajouter à ce reportage. Si vous détenez des infos sur ces bornes royales partagez vos infos.

 

DÉCOUVERTE D'UN PATRIMOINE SECRET DE L'AUDE

 

Extrait de carte IGN, sentier du Basqui près du village de Comus, le long de ce sentier il y a de nombreuses fleurs de lys gravées sur la roche, voir les photos ci-après. Pour plus de détails, ce sentier a déjà fait l'objet d'un reportage randonnée voir ICI.

On peut retrouver des indications de rochers marqués d'une fleur de lys ou d'une croix le long du sentier du Basqui sur les feuilles cadastrales, comme ici, pour le village de Montségur (Ariège). J'ai grossi volontairement l'indication en rouge.

Après avoir interrogé différents services de l'ONF, de l'IGN, et les archives départementales de l'Aude et de l'Ariège, il n'existe pas à proprement parlé de carte d'implantation de ces bornes royales. Il existe aux AD des cartes d'arpentage datant de 1730, si j'ai l'autorisation de les publier, je vous en présenterai quelques unes à la fin du reportage.

Sentier du Basqui (carte ci-dessus), fleur de lys gravée sur la roche au point B le long du torrent.

Sentier du Basqui, zoom sur la fleur de lys gravée sur la roche au point B le long du torrent.

Sentier du Basqui, fleur de lys et le numéro du secteur, gravés sur la roche au point A le long du torrent.

Sentier du Basqui, une autre fleur de lys repérée, gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, encore une fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, zoom sur la photo précédente, fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Extrait de carte IGN, forêt au Nord du village de Prades (Ariège) voir photos ci-après, des découvertes de Catherine Cavernes.

On peut retrouver des indications de rochers marqués d'une fleur de lys ou d'une croix sur les feuilles cadastrales, comme ici pour le village de Prades (Ariège). 

La barre rocheuse de Scaramus près du village de Prades (Ariège).

 

Vous voilà au pied du rocher gravé d'une fleur de lys au rocher de Scaramus à coté de la croix de la Reine Margaux (que l'on aperçoit sur la photo de gauche). Étonnant de graver une fleur de lys à cet endroit et surtout bravo pour la trouvaille ! Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur le rocher de Scaramus. On a du mal à distinguer la sculpture d'une fleur de lys mais elle est bien là ! 

  

Au font d'Andouze au Pla des Sept Cases au dessus de celle de l'Ourza. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur la gravure de cette fleur de lys au font d'Andouze au Pla des Sept Cases.

Toujours dans le même secteur, au pic de Fourcat (altitude 1929m) situé au Nord-Ouest de Prades (Ariège), rocher sculpté d'une croix d'Aragon faisant office de borne royale.

 

Photo de gauche, un rocher qui recèle une sculpture ! A droite, ce rocher gravé d'une fleur de lys dans la forêt Pla des Sept Cases (1521m) à l'Ouest du village de Prades (Ariège). Le départ du chemin de randonnée qui y mène se situe au col de Marmare sur la D613 (1361m). Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Autres photos de ce rocher gravé d'une fleur de lys dans la forêt Pla des Sept Cases (1521m).Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

A gauche, ce rocher peut vous paraître anodin, et pourtant sur une de ses faces, il faut être observateur ...à droite sur le dessus de ce rocher, il y a une grande fleur de lys gravée. Cette borne est située aussi en lisière de forêt au Pla des Sept Cases à l'Ouest du village de Prades (Ariège). Cliquez sur les photos pour agrandir.

 Sur cette photo on distingue mieux la gravure fleur de lys de cette borne est située en lisière de forêt au Pla des Sept Cases à l'Ouest du village de Prades (Ariège).

Extrait de carte IGN dans le secteur du village de Roquefeuil (Aude) il a une borne gravée d'une fleur de lys, voir à la fin de l'article, un internaute l'a trouvé ...

Croix d'Aragon sur la commune de Bélesta (Pyrénées Orientales) située à la frontière au Sud en bordure de la commune d'Ille sur Têt (Pyrénées Orientales).

 

BORNAGE DES FORÊTS ROYALES

Les bornes en pierre, sculptées d'une fleur de Lys, marques de la royauté, sont des bornes très rares que l’on peut encore trouver dans l'Aude notamment au Pays de Sault et en Ariège. Elles sont à préserver, surtout ne pas les déplacer ni les détériorer. Ces bornes sont des joyaux de notre patrimoine historique, elles fixaient les limites des forêts royales.

La gravure est en général une fleur de Lys de la royauté et parfois accompagnée d'un blason seigneurial, on trouve aussi un numéro ou une lettre majuscule gravés sur ces pierres.

Il faut savoir que normalement chaque borne fait l'objet d'un procès-verbal de bornage détaillé établi par le garde forestier.

Le bornage détermine la propriété de chacun ; la confirme dans son intégrité ; il a pour objet d'empêcher ou de réprimer les empiétements ; il fait cesser la promiscuité et forme la garantie et comme le couronnement de la propriété immobilière. Le bornage n'intéresse pas seulement les particuliers, l'ordre public y est aussi éminemment engagé.

 

Ci-dessous je vous présente trois cartes d'arpentage du XVIIIème siècle avec l'autorisation des archives départementales de l'Aude.

Carte d'arpentage délimitant les forêts royales de la Beunague et de Frechenouse situées dans le consulat du village de Roquefeuil (Aude) au Pays de Sault. Elle date du 27 mars 1741.

Carte d'arpentage de la forêt royale des Fanges au Sud-Est de Quillan, elle date du 19 août 1737. Elle a été réalisée par l'arpenteur royal Pierre Louis Veliey. elle a été complétée jusqu'au 10 mars 1750.

Carte d'arpentage des forêts royales de Coumefrede Picausel et Callong situées au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault, le mesurage a débuté le 28 novembre 1737 et la carte date du 10 février 1740. Elle a été réalisée par l'arpenteur royal Pierre Louis Veliey. 

Les actes répertoriant ces bornages sont des livres-terriers, ce sont surtout des livres d'impôts, pareils à ceux qui ont existé chez les peuples les plus anciens, sous des formes diverses. On trouve des traces de ces livres dans les tables de recensement de la Gaule aux IVème et Vème siècles. Dès 1280, Philippe le Hardi avait réglementé la délivrance du bois aux usagers. En 1291, Philippe le Bel crée un corps de Maîtres des Eaux et Forêts répartiteurs et surveillants. En 1346, Philippe VI promulgue "l'ordonnance de Brunoy", genre de premier code royal forestier. 

Pendant les guerres de religion et, ipso facto, l'affaiblissement du pouvoir royal, s'ensuivit la possibilité pour les paysans de se servir sans répression.

Charles V en 1359, Henri IV en 1604, le ministre Colbert en 1669 comme nous le verrons plus loin, ont fait faire ce que nous appelons aujourd'hui les opérations cadastrales.

Ces bornes ou rochers sculptés d'une fleur de lys dateraient des années 1670 environ, suite à la parution de l’Ordonnance des Eaux et Forêts en 1669 comme nous le verrons plus loin.

Comme le stipule l'instruction abrégée pour les gardes des Eaux et forêts du département de Languedoc, Guyenne, Bearn et Navarre rédigée par Monsieur Louis de Froidour en 1683, les gardes forestiers étaient obligés de faire un rapport tous les trois mois sur l'état de ces bornes.

Instruction abrégée pour les gardes des eaux et forêts par Louis de Froidour datant de 1683.

La rareté des procès-verbaux concernant les bornes du Pays de Sault dans l'Aude :

Ici encore, les procès-verbaux sont rares on n'en trouve qu'en1761, 1771, 1776 et pour des secteurs forestiers limités, alors que les textes prévoyaient que les gardes devaient dresser l'état des bornes et des fossés tous les trois mois.

Le 9 février1761, deux bornes sont arrachées, mais laissées sur place, deux autres sont coupées par le milieu, entre la forêt de Coumefrède et celle, privée, de Puivert. La situation est plus grave sur la lisière de Coumefrède : toutes les bornes qui séparent la forêt des broussailles ont été enlevées. Il est vrai que c'est, là, un secteur traditionnel de défrichements. En 1771, toutes les bornes de Callong et de Picaussel, les forêts les mieux surveillées, sont en bon état, tandis que, sur les limites de Canelle et de Niave, plusieurs sont écroulées, arrachées, enlevées, coupées, renversées. Enfin, le 21 septembre1776, dans les forêts d'Aspre et de Niort, les gardes décrivent une situation à peu près identique.

Le corps des gardes forestiers, compte huit membres en 1671 pour l'ensemble de la maîtrise de Quillan. Dans les années 1720-1730, on trouve un garde à Belvis, quatre à Niort un à Bessède, sur le plateau sud du Pays de Sault, et un au Bousquet, dans le Roquefortès, soit sept gardes en tout pour la région. Le règlement de 1754 fixe à 16, pour l'ensemble de la maîtrise, le nombre des gardes. Cette structure restera inchangée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Plaque de garde forestier.

Première Réformation forestière en Languedoc.

En 1561, Laurens de Papus, lieutenant-général en la maîtrise des eaux et forêts de Languedoc, résidant à Toulouse, vient à Quillan sur la réquisition du Procureur du Roi en ladite maîtrise, et, du 2 juillet au 11 août 1561, procède à une visite complète des bois du Pays de Sault et à une information régulière contre les principaux détenteurs précaires, usurpateurs et dégradateurs des forêts du roi.

Le seigneur de Lhera est accusé d'usurpation des limites des forêts du roi le 18 juillet 1561, le procureur tranchera et imposera les limites, extrait du "Répertoire de Législation et de Jurisprudence forestières Tome 29, année 1896" :

"Au col de Tadel on plante une borne prise d'un rocher en ce lieu sur lequel roc on grave une fleur de lys, et, sur un avet (sapin) une croix, et entre le rocher et le sapin est un chemin qui sépare le roi au midi du seigneur de Lhera au nord".

Borne fleurdelisée située sur le territoire de Camurac (Aude).

Extrait du Règlement forestier de 1828, suite à une lettre du 23 janvier 1828 de M. Le directeur Général des Forêts à un conservateur, il pose cette question parmi d'autres :

Le Directeur : "Quelle sera la forme des bornes à employer ?"

Réponse du Conservateur : "Celle des bornes de périmètre, les seules dont il s'agit ici, se trouve déterminée par l'art. 82 de l'Instruction du 7 juillet 1824".

 

On peut lire page 93 dans le Traité de l'aménagement des forêts enseigné à l'école royale forestière datant de 1837 au chapitre Soumissions des arpenteurs :  "la confection des plans sera évaluée à l'heure ; l'ouverture des fossés et le tracé des routes au mètre courant ; et le prix des bornes sera fixé à raison des dimensions à leur donner, en y comptant les frais de transport et de plantation (Instruction du 7 juillet 1824, art. 16).

Lorsqu'on emploie des pierres - bornes, on leur donne la forme déterminée par l'art. 82 de l'instruction du 7 juillet 1824.

Dommage, je n'ai pas pu mettre la main sur cette instruction du 7 juillet 1824 qui contient des informations intéressantes.

 

LOUIS DE FROIDOUR, LA VIE D'UN HOMME QUI RÉFORMA LA GESTION DE NOS FORÊTS, UN GRAND NOM DANS L'HISTOIRE FORESTIÈRE LOCALE :

Au XVIème siècle, les forêts françaises sont dévastées, une réglementation pour une gestion rigoureuse des forêts est nécessaire. Et pourtant, édits, lois et règlements s'accumulaient depuis des siècles. Les premières ordonnances parurent en 1302 et 1318. Auparavant, nul n'avait songé, semble-t-il, à limiter les défrichements. Philippe V le Long, Jean le Bon, Charles V prennent des mesures. Mais, de Charles VI à François Ier, c'est l'incurie. François Ier en 1554, Charles IX en 1563 et 1573, Henri IV en 1587 et 1588 essaient de réagir. Henri IV, qui venait de réunir la Navarre à la France, voulut  "pourvoir à cette dilapidation". En 1596, à Rouen, pendant la tenue de l'Assemblée des Etats généraux, il réunit à cet effet plusieurs officiers des eaux et forêts. Il fit un édit spécial, en 1597, pour la Grande Maîtrise de Toulouse. Mais il fut difficile aux officiers forestiers de le faire admettre.

Estampe, portrait de Jean Baptiste Colbert, Marquis de Seignelayné le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, il est un des principaux ministres de Louis XIV. Contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683 (archives BNF).

Colbert ministre du roi Louis XIV va régler ce problème majeur grâce à un homme : Louis de Froidour.

Louis de Froidour disait de lui-même : "Je suis un homme curieux qui s'est appliqué à tout voir et tout connaître afin que rien ne pût échapper à sa connaissance".

Louis de Froidour est né vers 1625 à La Fère (Aisne), écuyer du roi, seigneur de Serilly, en 1651, il a 26 ans, il est nommé lieutenant général des Eaux et Forêts au bailliage de la Fère.

Il est remarqué par M. de Choiseul qui lui accorde sa protection, et le recommande à Colbert. En 1654, il rencontre pour la première fois Colbert alors ministre de Louis XIV (intendant de finances puis contrôleur général des finances ayant le département des bois de 1665 à 1683).

 

LE TRISTE BILAN DE 1661 SUR LA FORÊT :

En 1661, l'avocat général des Eaux et Forêts de France, le sieur Levassor, adressait à Colbert  une lettre et un mémoire alarmant sur la situation forestière de la France, celui-ci décida de lancer une grande réforme des forêts du Royaume.

Dès le 15 octobre 1661, Colbert obtient du conseil d'état, le premier acte de sa grande réformation des forêts royales, qui consiste à les fermer et à suspendre tous les anciens droits d'exploitation, ce qui fragilise la survie d'une population paysanne et forestière (bucherons, charbonniers) qui en profitait jusque là, ainsi que la Marine royale qui exploite également ces richesses en se réservant des arbres choisis, notamment les arbres de futaie, pour la construction des bateaux.

 

En 1662, Colbert nomma Louis de Froidour en tant que commissaire réformateur des forêts du Languedoc, Rouergue, Quercy, Navarre, Béarn, provinces pyrénéennes et Angoumois.

Louis de Froidour aura un travail à la fois juridique et économique à réaliser.

Dans les Pyrénées et en Auvergne, des milliers de plans d'inventaire seront adressés à Colbert par Louis de Froidour de Sérizy, même si au début la tâche s'avère immense, car il doit recenser tous les titres de propriété et la façon dont ils sont utilisés, ce qui l'amène à découvrir de nombreuses preuves de concussion.

A la suite de cette étude et bilan, en 1663, paraîtra une instruction de Colbert aux Commissaires réformateurs, concernant les forêts appartenant au clergé, sur lesquelles le roi a désormais "droit de gruerie", ce qui permet de multiplier par vingt les recettes des forêts royales, passant de 50.323 livres en 1662 à 1,05 million de livres en vingt ans.

Bornes avec sur la face Nord des blasons gravés délimitant la forêt royale au col de Roquefort.

Bornes avec sur la face Sud des fleurs de lys gravées délimitant la forêt royale au col de Roquefort.

Nommé commissaire le 6 mars 1666, Froidour devint grand-maître en 1673.

Donc le 8 août 1666, il prend ses fonctions à Toulouse en qualité de commissaire député pour la réformation des forêts et visite une par une les forêts royales de la maîtrise de Toulouse (Haute-Garonne, Gers, Tarn et une partie de l’Aude). Il fit aussi la visite du comté de Foix, du Couserans, du Comminges et d’une partie de la Bigorre.

Les forêts sont "en grand état de ruine" avec des troncs morts ou vivants coupés à hauteur d'homme par les paysans pour leur consommation. Le bois de feu est parfois vendu, le bois de débit est dessouché et tout le reste est considéré comme bois d'usage. Les riverains sont déjà révoltés contre les initiatives de Froidour qui essaiera de ramener le calme en outrepassant même ses droits et en légiférant contre les intérêts royaux. Ici et là se réveillent des amorces de jacqueries prémonitoires. Colbert reconstitue le patrimoine au maximum et précise que pour les "bois de marine", de la Royale il est "interdit aux habitants des Pyrénées, de Bayonne à Perpignan, de faire aucune coupe dans les futaies", (pour information, une frégate de 74 canons nécessitait 3700 arbres).

Borne située sur Gébets ou Gébetz, c'est un bois où autrefois il y avait le village d'origine de la commune de Mérial (Aude) au Pays de Sault, l'archevêque de Narbonne en était alors le seigneur. Il fut ruiné entre le XIIème et le XIVème siècle. Cette borne porte le symbole d'un propriétaire terrien.

Autre borne située dans la forêt Gébets ou Gébetz, à l'ouest du village de Mérial (Aude) au Pays de Sault. Celle-ci porte un numéro de repère cadastral.

Fréquemment les cochons des paysans sans terre vivaient de manière semi-sauvage dans la forêt communale ou royale où ils se nourrissaient de glands et de jeunes pousses, ce qui entraînait sa déforestation. Les communautés villageoises des Pyrénées avaient également l'habitude de déforester pour créer de nouveaux pâturages ou pour en vendre le bois et contribuer ainsi aux besoins collectifs.

Une réorganisation des forêts de la grande Maîtrise de Toulouse, est entreprise de manière à en améliorer le rendement et à mettre le holà dans les habitudes que les habitants ont prises d'aller s'y servir librement en bois de construction et de chauffage. L'objectif est d'améliorer le rendement et notamment de rompre avec les droits locaux qui permettent aux habitants de s'y servir librement en bois de construction et de chauffage. 

Borne royale gravée d'une fleur de lys du côté de Rodome (Aude).

Autre borne royale gravée d'une croix d'Aragon du côté de Rodome (Aude).

De plus, en Ariège, une activité locale de production de fer, très atomisée avec des forges "à la catalane", y consomme également une énorme quantité de bois, sous forme de charbon de bois, à défaut de charbon de terre et de hauts-fourneaux. De plus, la consommation est anarchique, et le domaine boisé est donc globalement mis en danger. L'exploitation des plus beaux arbres destinés à la mâture, peut entrainer le sacrifice de clairières entières.

Louis de Froidour s'enquiert des nombreux droits des communes et des seigneuries, en fait une nouvelle répartition garantissant tant les approvisionnements des arsenaux de la Marine que la satisfaction des besoins locaux. Des coupes raisonnées tous les 20 ans permettent de produire de façon optimale, tout en laissant les plus beaux arbres de mâture, soigneusement marqués et identifiés, qui peuvent devenir centenaires. Il systématise le replantage des forêts abattues.

 

Il publie en 1668 son Instruction pour les ventes des bois du Roy, et un manuel technique largement repris par les rédacteurs de l’ordonnance royale de 1669 sur les Eaux et Forêts. Il crée une maîtrise particulière du Comminges dont le siège est fixé à Saint-Gaudens. Il dresse des procès verbaux de leur aménagement, qui auront force de loi, jusqu'à la publication de l'ordonnance de 1669.

Conférence de l'ordonnance de Louis XIV du mois d'août 1669. Tome 1 d'un ouvrage datant de 1725.

En 1669, parution de l’Ordonnance des Eaux et Forêts concernant les fonctions et devoirs des gardes et traité pour servir d’instruction aux gardes des Eaux et Forêts, pêches et chasses du département de la Grande Maîtrise de Toulouse. Elle sera rééditée durant tout l’ancien régime pour la formation des gardes forestiers. Cette ordonnance de 1669 restera en vigueur jusqu'à la promulgation en 1829 du Code forestier qui nous régit.

 

A partir de 1669, le travail des arpenteurs est engagé, des procès-verbaux d'arpentage et des plans forestiers sont réalisés. C'est à cette période que les bornes fleurdelisées vont faire leur apparition des les forêts royales. 

Pour réaliser les plans l'unité employée est la perche (la perche vaut 3,15 m, l'arpent 0,56 ha). Une échelle accompagne le plan. Mais rien ne dit comment ces mesures sont prises sur le terrain. Sans doute en utilisant une chaîne. Mais on est en montagne, sur des versants souvent escarpés. Les arpenteurs ont l'habitude de travailler en plaine. Ils ne transforment pas les mesures comme ils devraient le faire pour tenir compte de la pente. Les distances sont ainsi accentuées par rapport à la réalité. Quant aux angles, ils étaient seulement estimés.

Borne royale gravée d'une belle fleur de lys.

Le roi nomma Louis de Froidour grand maître à Toulouse sans lui faire payer son office "C’est une marque de satisfaction que Sa Majesté a des services que vous lui avez rendus" lui écrit alors Colbert. Puis jusqu’en 1674, il est envoyé réformer les forêts de la maîtrise d’Angoulême, proches de l’arsenal royal de Rochefort.

Le 6 septembre 1683 à Paris, décès de Jean-Baptiste Colbert.

Louis de Froidour souffrant de la goutte, décèdera le 11 octobre 1685 à Toulouse. Il sera inhumé dans la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, à côté de son ami Pierre Paul Riquet, au pied du pilier d'Orléans, aucune plaque n'indique son nom.

Son successeur, Dralet, sous l'Empire, dira qu'il a sauvé la forêt pyrénéenne.

Henri Louis Duhamel du Monceau et Buffon prendront sa suite pour tenter d'appliquer de nouveaux procédés scientifiques, destinés à améliorer les techniques forestières.

Malgré cette ordonnance et le code forestier, la pression des prélèvements sur les forêts perdure une grande partie du XIXème siècle, époque où se combinent maximum démographique dans les zones rurales et augmentation exponentielle des besoins de l’industrie et du bâtiment. Les paysans ont un besoin vital de pâturages pendant que les urbains consomment charbon de bois et bois d’oeuvre. Notamment dans les régions montagnardes, la forêt est l’enjeu de nombreux conflits. Avec l’exode rural, la fin du XIXème siècle voit un apaisement.

 Bivouac de gardes forestiers dessin réalisé par Daguzan Léon Victor 1821-1911 (Bibliothèque municipale de Toulouse). 

LA GUERRE DES DEMOISELLES

Je ne pouvais pas parler de l'histoire des forêts, sans aborder ce type de la lutte anti forestière par son refus de renoncer aux archaïques droits d'usage.

L'intervention de Charles X par la loi du 21 mai 1827, promulguée en 1829 sous le nom de Code forestier allait, tout au moins dans l'Ariège, mettre le feu aux poudres. Il comprenait de nombreux articles aberrants contraignants et difficilement applicables. Cela déboucha sur la guerre des Demoiselles, une rébellion ayant lieu en Ariège de 1829 à 1832, et se prolongeant de façon moins intense jusqu'en 1872. C'est à partir de l'été 1830, que les actions seront les plus violentes et s'étendront à toute l'Ariège. C'est le mouvement de contestation le plus connu parmi ceux qui se développent dans les Pyrénées au XIXème siècle. La Jacquerie des Demoiselles qui embarrassera les pouvoirs publics pendant environ 40 ans avec plus ou moins de virulence est une étape dans l'histoire de la forêt.

La guerre des Demoiselles doit son nom au fait que les paysans apparaissent déguisés en femmes, avec de longues chemises blanches ou des peaux de moutons, des foulards ou des perruques, le visage noirci ou caché pour attaquer, la nuit les grands propriétaires, les gardes forestiers et gendarmes, les maîtres de forges et les charbonniers.

 

En 1877, la IIIème République, rattache la direction des Forêts au ministère de l’Agriculture. En haute montagne, le déboisement, qui provoque des ravinements et des inondations torrentielles catastrophiques, justifie la création d’une nouvelle politique de restauration des terrains en montagne avec la loi de 1882.

En 1966, création de l’Office National des Forêts (l'ONF), chargé de gérer la forêt publique.

LES BORNES TERRITORIALES

Description des bornes : Arrêté publié en 1804, qui prescrit l'abornement des Territoires de toutes les Communes des départements. Extrait de la collection de lois, arrêtés, instructions et circulaires relatifs à l'arpentement et à l'expertise des communes 26 vendémiaire an XII.

Vu l'instruction donnée par le ministre des finances, le 3 frimaire an 11 (24 nov.1802), pour l'exécution de l'arrêté des Consuls du 12 brumaire précédent (3 nov.1802), par laquelle il recommande aux préfets de prescrire aux maires de faire poser des bornes de séparation dans toutes les communes qui n'ont pas de limites naturelles , telles que rivières , ruisseaux, fossés invariables, etc.

L'article Ier dit ceci :

Les bornes qui seront employées, devront être en pierre de taille *, et avoir 1 mètre 5 palmes de hauteur ; elles seront plantées à la profondeur de 9 palmes. La portion de la borne qui restera hors de terre, et qui devra être élevée de 6 palmes, sera carrée et taillée de manière que la partie supérieure présente une surface unie de 2 palmes 4 doigts carrés, et qu'en sortant de terre chaque côté ait 3 palmes de largeur. 

Article II : Sur chaque côté de la borne seront gravées les lettres initiales des deux noms des communes dont elle séparera les territoires ; au-dessous, et à un palme de distance, les lettres initiales des sections ; et plus bas sera gravé le numéro d'ordre de la borne. Au-dessus de la borne, et seulement lorsqu'elle sera placée et invariablement fixée, il sera tracé un guidon qui indiquera la direction à suivre pour arriver d'une borne à l'autre. Les lettres initiales et les guidons seront gravés à la profondeur d'un doigt.

 

* Les pierres n'étant pas également communes dans toutes les contrées, le ministre a pensé qu'en tenant rigoureusement à ce que l'abornement fût fait en pierres de taille , il en pourrait résulter une dépense trop forte : en conséquence, et sur les représentations qui lui ont été faites par MM. les préfets de plusieurs départements , son Excellence a autorisé, dans les uns, l'usage des pierres brutes, ou des bornes de bois, et elle a consenti , pour les autres, qu'il fût posé des bornes seulement aux endroits les plus nécessaires, tels que les extrémités de la base et les principaux points du périmètre qui séparent plusieurs territoires.

 

LES BORNES ROUTIÈRES OU MILLIAIRES

Les bornes routières ou milliaires se trouvent un peu partout en France. Ce bornage à la romaine de nos grandes routes royales a été réalisé entre 1768 et 1769. Ces bornes sculptées d'une fleur de lys étaient disposées toutes les milles toise (1948 m) au lieu des mille doubles pour les romaines (1481 m). On rencontre encore beaucoup ces bornes dans la traversée des forêts où les routes anciennes ont été généralement préservées.

Les bornes royales à la fin du XVIIIème siècle ne donnaient guère d'indications de direction aux voyageurs et leur permettaient seulement de se situer, quelque peu, en fonction de leur distance à Paris. La plupart  de ces bornes ont disparu ou parfois elles terminent leur vie dans un musée d'histoire locale.

Borne milliaire romaine d'Alba Helviorum en Ardèche, datée de 145. Elle est exposée au musée archéologique national.

Dans la Rome antique, les bornes milliaires (en latin miliaria au pluriel, milliarium au singulier) étaient des bornes routières en pierre généralement en forme de colonne portant une inscription et destinées à marquer les distances sur le tracé des principales voies romaines d'Italie et des provinces romaines. Comme leur nom l'indique, les distances étaient mesurées en milles romains, soit environ 1 481 mètres. Toutefois dans les provinces gauloises les distances peuvent parfois être exprimées en lieues ; on parle alors de borne leugaire.

Au mois d'avril 1877, une borne milliaire romaine, convertie en sarcophage à l'époque mérovingienne, fut découverte à Paris, dans l'ancien cimetière de Saint-Marcel. D'après l'étude des inscriptions relevées, cette borne était sur la route conduisant de Paris à Rouen, elle date de l'an 305.

Sous la Révolution, la plupart des fleurs de lys qui les ornaient furent martelées et, parfois, remplacées par un bonnet phrygien. Puis on leur substitua des aigles en saillie sur le corps de la borne, jusqu'en 1814 où l'on sculpta à nouveau des fleurs de lys, mais dans un renforcement ovale à la place des aigles.

 

GÉNÉALOGIE DE LOUIS DE FROIDOUR

Armoirie de la famille Louis de Froidour de Sérizy (ce blason est similaire à celui de la ville de Caunes Minervois).

On ne sait pas grand-chose sur sa vie privée. J'ai tenté de réaliser la généalogie de la famille de Froidour, cela n'est pas évident car j'ai trouvé très peu d'éléments. En l’absence de registres paroissiaux avant 1672, la date de naissance de Louis de Froidour, reste inconnue. 

La famille a été anoblie par lettres du mois de janvier 1653, confirmées au de mai 1666.

Son arrière-grand-père et son grand-père, qui se nomment Nicolas de génération en génération, exercent les fonctions de notaires royaux dès la seconde moitié du XVIème siècle.

Son père achète la charge de substitut du procureur général du roi au comté de Marle et de La Fère, puis celle de procureur du roi au bailliage de 1645 environ à 1654.

 

- Nicolas de Froidour, échevin de La Fère en 1615, avocat procureur du roi en 1630, écuyer seigneur de Sérisy président lieutenant général du baillage de La Fère en 1665, (+ après 1665). Il épousa Élisabeth Regnault  avant 1627. 

Dans un inventaire et ventes de meubles délaissés datant de 1627/1630 on trouve une Élisabeth Regnault, femme de Nicolas de Froidour.

Apparemment ce sont les parents de Louis et de Claude de Froidour qui suivent (cela reste à vérifier) :

 

- Louis de Froidour, seigneur de Sérizy (Cerisy dans l'Aisne) né à La Fère (Aisne) vers 1620/1625, décédé le 11 octobre 1685 à Toulouse. Il vécut à Toulouse de 1666 à 1685.On sait qu'il a eu deux épouses successives qui étaient originaires de La Fère. Sa dernière femme reviendra finir ses jours à La Fère après le décès de son époux.

J'ai trouvé l'identité de sa dernière femme : il épousa avant 1674 Elisabeth Jacob de Pont-Saint-Mard (Aisne).

Armoirie de la famille de Froidour extrait de l'armorial général de France par Charles Hozier 1696.

Descendance : 

- Le 24 mai 1700, parrainage de Nicolas de Froidour capitaine au régiment de cavalerie de Villeroy fils de feu Louis de Froidour et d'Élisabeth Jacob.

Je n'ai pas d'autres infos concernant sa descendance. Sauf que, voir ci-après, il y a un Julien de Froidour qui épousa  Marie-Claude de Froidour le 16 décembre 1710, est-ce un fils à notre Louis de Froidour ?

Première feuillet du testament de Louis de Froidour rédigé entre 1666 et 1685, au total il y a 46 pages.

Testament de Louis de Froidour rédigé entre 1666 et 1685. Ce testament contient 46 feuillets dont voici la première page :

In nomine Patris, et filii spiritus sancty amen. Je Louis de Froidour chevalier seigneur de Sérizy conseiller du roi grand maître enquesteur et général réformateur des eaux et forêts au département de Languedoc, Haute et Basse Guyenne, Béarn, Basse Navarre, Soulle et Labourd, estant de present a Toulouse  logé rue de la Seneschaussée en la paroisse de St Estienne, reconnaissant que je suis mortel et que je dois mourir en soit ainsy que toute les années hommes, reconnaissant aussy qu'il n'y a rien de plus incertain que le jour auquel la mort doit venir et que c'est avec grande raison que l'écriture sainte nous avertit de nous tenir sur nos gardes parce qu'elle nous surprend ordinairement comme un larron ….

Suivit de la signature de Froidour

Acte d'enregistrement de son incorporation dans la compagnie toulousaine des Pénitents blancs suivi de la mention décédé en bas de page.

Voici la copie de l'acte intégral de décès de Louis de Froidour, décédé le 11 octobre 1685 à Toulouse en la paroisse de Saint-Étienne.

Louis, a un frère, Claude de Froidour (+ entre 1693 et 1695), écuyer, avocat et procureur du roi. Il épousa  Marie Dany ou Danie. 

1665, lettres de provision de l'office du procureur du roi au baillage de La Fère accordées par le roi Louis XIV à Claude de Froidour, avocat.

En 1679 ils avaient 3 enfants : 

- Marie- Claude qui épousa le 16 décembre 1710 Julien de Froidour (+ 22 février 1741) capitaine des dragons au régiment d'Épinay seigneur de la paroisse de Pont-Saint-Mard fils de feu Louis de Froidour, Au mariage il y avait parmi les assistants Nicolas et Joseph de Froidour, dame Louise de Froidour, demoiselles Madeleine-Elisabeth de Froidour.

- Charles vivait encore en 1695 ;

- François (né avant 1625) ;

- Louise semble être née après 1676, elle épousa le 10 novembre 1698 Jean Louis de Cugnac seigneur de Caussade et du Bourdet, brigadier des armées du roi. En 1760 elle était veuve et seule héritière de Marie Dany sa mère.

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J'ai trouvé lors de mes recherches dans les inventaires des AD de l'Aisne mention de ces personnes qui ont certainement un lien familial avec les de Froidour :

- 1587 / 1619, mention de Marie de Froidour femme de Jérôme Bottée de La Fère.

- 1626, mention de Catherine Moysset veuve de François de Froidour.

- 1638 / 1661, mention de Jacqueline de Froidour veuve de Laurent Helin grenetier au grenier à sel de Coucy.

- 1654, mention de Louise de Froidour femme de Pierre Charbonneau major à La Fère. (Aisne)

- 1677, mention de Claude de Froidour, procureur au baillage de La Fère, sa femme Marguerite ou Madeleine Gossard, est-ce un premier mariage ?

- 1706 / 1715, mention de François de Froidour avocat au parlement de Paris, sa femme Marie Éléonore Humblot.

- 1712, Testament de Marguerite de Froidour veuve de Claude Poulain écuyer secrétaire du roi. Ils se sont mariés le 20 août 1700.

- 1706 / 1723, mention de Claude François de Froidour avocat au parlement de Paris (+ à l'âge de 57 ans).

 

- 26 juillet 1721, Acte règlement de succession où figure, la mention des enfants : Marie-Catherine, Catherine-Geneviève, Marie-Marguerite et Claude-François, héritiers de défunt Maximilien Nicolas de Froidour leur père, conseiller du roi, procureur au grenier à sel à Paris, sa femme Catherine Marguerite Le Cousin. Maximilien Nicolas de Froidour avait rédigé son testament le 5 novembre 1719 devant le notaire Lavalette.

Acte de succession de Maximilien de Froidour datant du 26 juillet 1721.

- 3 janvier 1724 paroisse de Pont-Saint-Mard (Aisne) baptême de Nicolas-Louis fils de Joseph-Nicolas de Froidour (+9 avril 1747) lieutenant de cavalerie au régiment de Villeroy et de Louise Marguerite Auger. Parrain Louis-Charles de Froidour.

- 24 avril 1720 paroisse de Pont-Saint-Mard (Aisne) baptême d'Élisabeth fille de Joseph-Nicolas de Froidour lieutenant de cavalerie au régiment de Villeroy et de Louise Marguerite Auger.

 

Dans le dictionnaire de la noblesse de François-Alexandre Aubert de la Chenaye-Desbois Tome 6 datant de 1773 on peut lire :

- Joseph de la Fons, chevalier et seigneur de Pont-Saint-Mard, lieutenant au régiment de Picardie et major de Coucy second fils de feu François de la Fons chevalier seigneur de Saint-Algis famille originaire de Picardie et de Marie Garipeaux de la Ménodière. Joseph de la Fons a épousé le 13 février 1703, près de Coucy le Château à la paroisse Saint-Médard de Pont-Saint-Mard, Élisabeth de Froidour fille de feu Joseph Nicolas de Froidour. Ils eurent 4 enfants : Louise-Élisabeth baptisée le 16 septembre 1714, Louis de la Fons de Pont-Saint-Mard baptisé le 7 mars 1757, Charles Joseph dit le chevalier de Pont-Saint-Mard, et Marie-Adélaïde baptisée le 17 septembre 1759.

 

Dans l'armorial de Charles d'Hozier volume 32 Soissonnais année 1697-1709, le blason de la famille Froidour est représenté "d'azur à trois lions d'or", en marge de ce blason il est indiqué : "Elisabeth Jacob veuve de Louis Froidour écuyer grand maître des eaux et forêts du parlement de Guyenne et Languedoc".

 

Voilà ce que je peux dire sur cette recherche généalogique, et si vous avez des compléments d'infos, écrivez-moi.

Vous pouvez aussi trouver lors de vos ballades une croix en fer forgé gravée comme celle-ci, qui est située au Nord-Est de Camurac, sur le chemin (altitude 1316m) en direction de "les Cols" , elle est gravée, sur la branche verticale en haut : 1201 le 8 juillet sur la verticale du bas : ici le .............., sur les horizontales il y a deux prénoms avec le nom de VACQUIE.

Erigées depuis le Moyen-âge partout en France, ces croix avaient un double rôle, celui de guider les voyageurs et de les protéger de l’inconnu et des mauvaises rencontres.

Ce calvaire commémore quelque chose mais quoi, est-ce une mission ?

Voici quelques photos anciennes qui feront plaisirs aux amateurs nostalgiques :

Forêt domaniale de Callong-Mirailles en 1905. Cette forêt est située au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault.

Forêt domaniale de Callong-Mirailles en 1905. Cette forêt est située au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault. Sapin mesurant 5 mètres de circonférence et 50 mètres de hauteur.

Maison du garde forestier général en 1905, implantée dans la forêt domaniale de Bélesta (Ariège).

Forêt domaniale des Fanges en 1905, chargement de bois tracté par des bœufs. Cette forêt est située au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, chargement de bois tracté par des chevaux. Cette forêt est située au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi (Prat-del-Rey) au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1910, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Village de Lapradelle (Aude) situé entre Axat et Caudiès-de-Fenouillèdes sur la D117. Pâturages dans la montagne de la forêt des Fanges en 1905.

Forêt de la Pinouse située à l'Ouest du village de Belviane-et-Cavirac, maison des gardes forestiers, fontaine et chalet de Carach situé à 3 km au Sud de Quillan en 1905.

Village de Montaillou près de Prades (Ariège) en 1905. La forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1950, on aperçoit le village de Comus au loin. Là aussi, la forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1945-1950, pour ceux qui connaissent, on aperçoit le village de Montaillou au loin, à gauche. Là aussi, la forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo. Entre parenthèses, j'adore cette photo, elle me fait penser au film "L'auberge rouge" réalisé en 1951 par Claude Autant-Lara avec Fernandel, peut-être pour l'ambiance qu'elle dégage. 

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1960-1965. La forêt a repris ses droits sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1975. La forêt a bien repoussé sur cette photo.

Dernière minute, suite à la diffusion de ce reportage je reçois des photos intéressantes de pierres gravées que des internautes partagent avec nous et que je diffuse ci-après :

Voici celles de Pierre Fontecave qui m'a contacté et envoyé ces photos ci-dessous, prisent dans la forêt de Ramondens situé au Nord-Est de Saissac (Aude). Cette forêt de Ramondens appartenait au XIIIème siècle aux dominicaines du monastère de Prouille, elle fait partie aujourd'hui la forêt domaniale de la Montagne Noire.

Forêt de Ramondens, borne située entre Saint-Denis et La Galaube.

  

Zoom sur la borne ci-dessus. 

Ce pilier granitique est sculpté en relief et représente le blason du monastère des dominicaines de Prouille. Cette borne date de 1530 et marque la limite du domaine de Ramondens leur appartenant, avec la seigneurie de Saissac, appartenant au comte de Clermont, un chicanier.

La gravure représente une croix avec au-dessus, un chevron et une barre horizontale surmontée par trois fleurs de lys que l'on distingue encore. 

  

Nous sommes toujours dans la forêt de Ramondens, la photo de gauche, borne avec un blason, identique à celle ci-dessus. A droite, cette borne porte la gravure d'une crosse d'évêque (délimitant les possessions de l'évêque de Carcassonne). Ces deux bornes ont été déplacées dans le jardin de la Maison Forestière de Lacombe afin de les sauvegarder. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Voici les photos de Chantal Chinaud qui habite Le Bousquet (Aude 11140) un petit village d'une trentaine d'habitants, situé au Sud de Quillan proche d'Escouloubre. Au cours de ses balades dans "ses" montagnes, elle est tombée sur ce genre de bornes sculptées :

Rocher gravée d'une fleur de lys dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" en-dessous du col de la Marrane (forêt domaniale du Carcanet).

Rocher gravée d'une fleur de lys dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" en-dessous du col de la Marrane (forêt domaniale du Carcanet).

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Ce lieu dit est sur le territoire de Senesse-de-Senabugue, une localité de Dun, village situé au Sud-Ouest de Mirepoix (il est indiqué sur la carte IGN).

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Borne gravée délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elle est en pleine forêt et très facile d’accès

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys que l'on voit ici, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur la borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason ci-dessus, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys que l'on voit ici, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault.

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault que l'on voit ici.

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault, que l'on voit ici.

Borne gravée de blasons, située, limitrophe Roquefort - Le Bousquet (au Vernet). Celle-ci n’est pas royale, elle porte sur deux de ses faces les armes des seigneurs de chaque "Pays" : Fenouillèdes & Pays de Sault.

Borne gravée de blasons, située, limitrophe Roquefort - Le Bousquet (au Vernet). Celle-ci n’est pas royale, elle porte sur deux de ses faces les armes des seigneurs de chaque "Pays" : Fenouillèdes & Pays de Sault.

Rocher gravé d'une fleur de lys, limite royale dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" (forêt domaniale du Carcanet).

Rocher gravé d'une fleur de lys, limite royale dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" (forêt domaniale du Carcanet).

Une borne gravée n°106 près du canal du Midi.

Une pierre gravée d'une fleur de lys au col de Marrane.

Voici les photos de Paul Fauveau qui habite La Cabanasse (66210). En se promenant dans la forêt des Hares, il a trouvé cette gravure (photo ci-après). Elle se trouve en pleine forêt, sur une éminence en dehors de tout chemin, pas loin du col des Ares (carte au 25000 ème 2249ET Font-Romeu-Capcir), elle est sur la limite Ariège-Pyrénées-Orientales et aussi celle de la forêt domaniale des Hares.

Paul me signale que l'on trouve quantité de ces gravures sur les routes nord du Madres, en parcourant le "chemin Colbert".

Une pierre gravée dans la forêt domaniale des Hares.

Je compléterai par ces infos concernant la forêt domaniale des Hares :

Cette enclave ariégeoise en haute vallée de l’Aude offre des paysages fort différents de nos autres territoires. Plus tout à fait haute chaîne avec son univers forestier omniprésent, à base de résineux et notamment de pins à crochets rappelant le Capcir voisin, mais pas encore méridional avec la présence importante du hêtre témoin d’une humidité atmosphérique parfois encore forte, ce "petit bout du monde" accroché au-dessus des imposants vestiges du château d’Usson saura vous séduire par son aspect sauvage et son ambiance lumineuse de ce territoire privilégié. L’important réseau de lacs, étangs, cascades et ruisseaux apporte ici, plus que partout ailleurs, sa note de fraîcheur et son incomparable palette de teintes aquatiques.
Quérigut se situe à 1h15 de voiture de Carcassonne, Foix et Perpignan, sur la route menant au plateau du Capcir ; Toulouse est à 2h.

__________________

Cet article évolue, un internaute, Pascal LEPAPE m'a contacté et adressé des photos de la borne de Roquefeuil au Pays de Sault, avec un plan de situation et les coordonnées GPS de cette borne, je le remercie pour son initiative.

Plan de situation de la borne de Roquefeuil au Pays de Sault

Plan de situation de la borne de Roquefeuil au Pays de Sault (Aude) les coordonnées GPS sont : N42.81032    E1.98420  ou encore N42°48.619  E001°59.052 selon la grille utilisée.

 Borne gravée d'une fleur de lys à Roquefeuil (Aude)

Borne gravée d'une fleur de lys à Roquefeuil (Aude)

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Merci encore à Catherine Cavernes pour avoir partagé ses photos, ses informations et pour sa collaboration.

Je rajouterai, que j'ai contacté Jean Graule historien ariègeois qui est un passionné des pierres gravées m'a t'on dit, pour qu'il me fournisse des informations sur ce sujet, mais je n'ai reçu aucune réponse de sa part. C'est bien dommage.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Revue du Comminges.

- Revue archéologique : La Borne milliaire de Paris 1880.

- Instruction abrégée pour les gardes des Eaux et Forêts du département de Languedoc, Guyenne, Béarn  et Navarre par Monsieur Louis de Froidour 1683.

- Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France 1914.

- Collection des lois, arrêtés, instructions, circulaires et décisions Tome 1-1804.

- Dictionnaire forestier Tome 1 et Tome 2 – 1802.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

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Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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