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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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23 octobre 2015

Voici la suite de ce reportage qui je le rappelle est en cinq parties du fait qu'il est illustré d'un très grand nombre de photos, plus de 490. Ce site a du succès, et j'ai à cœur de le faire vivre avec des articles diversifiés et riches, tous consacrés au département de l'Aude ainsi que quelques-uns sur l'Ariège, n'hésitez pas à compulser les sommaires. Et pour ne rien manquer, je ne peux que vous conseiller de vous inscrire sur la newsletter (voir menu de gauche). Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera !

La découverte de la ville de Narbonne se poursuit donc,  je vais vous parler des sites historiques majeurs dans le détail, qui je l'espère vous passionnera. Je vous souhaite une excellente lecture.

 

 

Carte de la ville de Narbonne d'Eugène Carbon datant de 1901.

Narbonne, le palais épiscopal et l'hôtel de Ville.

Ci-dessous deux vues aériennes sur lesquelles j'ai indiqué les principaux monuments de la ville de Narbonne qui seront traités dans ce reportage.

Narbonne, le palais des Archevêques, à gauche, la tour Gilles Aycelin, à droite, la tour Martial et entre les deux, l'hôtel de Ville.

Narbonne, le palais épiscopal vu des jardins, avec au premier plan la tour des Archives.

 

L'ANCIEN PALAIS DES ARCHEVÊQUES DE NARBONNE

 

Le boulevard "La promenade des Barques" vous mène au cœur de la ville, à l'ancien archevêché aujourd'hui transformé en Musée et Mairie.

Pendant la période romaine, il existait probablement à la même place un monument dont l'Aude baignait les pieds, et destiné à défendre l'entrée du Pons Vetus.

Au moyen-âge c'était un château-fort ; il aurait servi de modèle au Palais du Pape à Avignon. C'est un ensemble monumental unique en France avec celui d'Avignon. Depuis l'an 419, son archevêque portait le titre de "Primat de toutes les Gaules" et il signait comme "duc de Narbonne" ; cette autorité ecclésiastique dura jusqu'en 1316 époque où le pape Jean XXIII premier pape en Avignon, érigea le siège de Toulouse en métropole et créa pour des raisons électorales de nombreux évêchés ; l'église narbonnaise en fut ainsi diminuée dans son autorité.

Narbonne, les jardins du palais des archevêques.

Narbonne, les jardins du palais des archevêques.

 

Narbonne, vestiges exposés dans les jardins du palais des archevêques.

Narbonne, le palais épiscopal et l'hôtel de Ville.

 

Narbonne, à gauche le palais épiscopal vu depuis la rue Jean Jaurès. A droite, fontaine au pied de la tour Gilles Aycelin du palais.

Narbonne, le palais épiscopal et l'hôtel de Ville.

Narbonne, le fronton du palais épiscopal et l'hôtel de Ville.

Narbonne, autre photo du fronton du palais épiscopal et l'hôtel de Ville.

Narbonne, le palais épiscopal et l'hôtel de Ville. A gauche, le donjon Gilles Aycelin.

<Narbonne, le donjon ou la tour Gilles Aycelin du palais.

Narbonne, le donjon ou la tour Gilles Aycelin du palais épiscopal. Le donjon Gilles Aycelin, de sa terrasse à 41 mètres de hauteur, on domine la ville, la vue à  360° porte vers la mer, les Pyrénées, les Corbières.

Narbonne, le clocheton du palais épiscopal.

Narbonne, le clocheton du palais épiscopal.

Narbonne, le blason de Jean de Lorraine archevêque de Narbonne. Jean de Lorraine est né à Bar-le-Duc le 9 avril 1498 et il est décédé à Neuvy-sur-Loire le 18 mai 1550. C'était un cardinal français et l'un des favoris les plus intimes du roi François Ier. De 1536 à 1540, lui et Anne de Montmorency furent les deux hommes les plus puissants du royaume. Il est connu sous le nom de cardinal de Lorraine. A l'âge de 25 ans, il fut archevêque de Narbonne de 1524 à 1550.

 

Narbonne, à gauche, le blason de Pierre de Bonzi. Pierre de Bonzi est né Florence le 15 avril 1631, il est décédé à Montpellier le 11 juillet 1703, c'est un prélat français d'origine italienne. Il fut archevêque de Narbonne en octobre 1673, il prêta serment de fidélité au roi le 16 avril 1674, assumant, en conséquence, la charge de président-né des États de Languedoc. Pierre de Bonzi devint grand aumônier de la reine Marie-Thérèse le 1er août 1670 après la mort de l'évêque de Langres.

A droite, une vue du palais de archevêques depuis la tour du Grand Escalier.

 

Narbonne, à gauche, dessus de porte de la salle des Gardes orné d'un grand cartouche de gypserie à aux armes de Claude de Rebé archevêque de Narbonne. Claude de Rebé est né à Amplepuis en 1587, mort à Narbonne le 17 mars 1659 il fut enterré dans la chapelle de Bethléem de la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur, c'était un prélat français qui fut archevêque de Narbonne. Suivant Jacques Michaud, il "est considéré comme l'une des grandes figures de l'épiscopat du XVII ème siècle, tant par son activité politique que par son zèle religieux".

A droite, l'entrée de la cour d'honneur du palais épiscopal.

 

Narbonne, à gauche, la cour d'honneur du palais épiscopal. A droite, le palais épiscopal vu du passage de l'Ancre.

Narbonne, la cour d'honneur du palais épiscopal, sur la gauche on aperçoit l'entrée de la salle des synodes (lanterne).

Narbonne, la cour d'honneur du palais épiscopal.

Narbonne, cour de la Madeleine du palais épiscopal et la tour saint Madeleine.

Il faisait face jadis au palais des vicomtes et à la tour mauresque, monuments détruits dans le XVIème siècle, et remplacés maintenant par l'arsenal et par l'hôtel des postes.

Presque toutes les parties du palais ont été modifiées à diverses époques ; elles sont d'ailleurs enchevêtrées de la manière la plus confuse, de telle sorte que la physionomie primitive et l'ancienne distribution intérieure sont tout à fait méconnaissables.

La particularité en cette terre romane, la cathédrale est de style gothique champenois.

Le palais de l'ancien archevêché se compose de trois tours carrées massives d'inégale hauteur qui se nomment tour des Télégraphes, Saint-Martial et Sainte-Madeleine.

Narbonne, perspectives du palais des archevêques réalisées par Viollet le Duc.

 

Narbonne, le palais épiscopal.

La première, tour des Télégraphes fut construite au commencement du XIVème siècle par Gilles Aycelin. Elle est crénelée, percée de longues meurtrières et dominée, sur les angles, par quatre tourelles. Presque tout l'appareil est en bossage.

L'archevêque Gilles Aycelin de Montaigu. Extrait d'une miniature du XIVème siècle représentant Gilles Aycelin de Montaigu, archevêque de Rouen, donnant le Grand coutumier de Normandie à Louis X en 1315.

Gilles Ier Aycelin de Montaigu prélat célèbre du XIII ème siècle, il est né vers 1252, il fut baptisé dans la chapelle Saint-Michel de Mauzun. Il était le fils de Pierre II Aycelin de Montaigu vivant à Paris en 1280 avec Adélaïde Flotte, elle-même fille d’un damoiseau d’Auvergne et se qualifiant de seigneur de Broussolière ou Bressolie, sœur de Pierre Flote, chancelier de France. Il a été ordonné prêtre le 27 mars 1291 à Naves en Corrèze par Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges. Ayant participé en 1288 à une mission pour le roi de France Philippe Le Bel à Rome, il fut nommé en novembre 1290 archevêque de Narbonne par le pape Clément V. Le 5 mai 1311, il est transféré par le pape Clément V du siège de Narbonne à celui de Rouen, où il fait son entrée le 29 août 1312 et où il resta jusqu'à sa mort. Il meurt le 23 juin 1318 à Avignon.

 

Narbonne, à gauche, la tour Gilles Aycelin protégeant l'archevêché, vue depuis la rue Jean Jaurès. A droite, la tour Martial et le passage de l'Ancre.

La seconde, tour Saint-Martial est couronnée de mâchicoulis, et percée, au sommet et à la base, de baies ogivales; la porte du bas est moderne. Cette tour fut élevée en 1380 par Pierre de la Jugée.

Viollet-le-Duc, entre la tour de gauche datant de 1318 et sa voisine, fit construire un hôtel de ville dans un style gothique un peu baroque. Cet architecte éminent, dans le but d'harmoniser autant que possible les diverses parties de l'édifice, a choisi le style orné de la fin du XVème siècle, comme étant le plus riche, et comme pouvant se prêter à toutes les exigences de notre époque. Pierre de Montbrun, camérier du pape Grégoire X, fit exécuter en 1273 la troisième tour Sainte-Madeleine en même temps que la chapelle de la Madeleine, qui est contiguë, et dont elle porte le nom.

Narbonne, la tour de la Madeleine du palais épiscopal.

 

Narbonne, à gauche, la tour de la Madeleine, située à proximité du passage de l'Ancre. A droite, le porche d'entrée du Grand Escalier du palais, permettant l'accès à la terrasse et jardins de l'archevêché ainsi qu'à la salle des synodes et le musée d'art.

Cette tour de Sainte-Madeleine est construite à petit appareil, percée de fenêtres cintrées et couronnée par une décoration en dents de scie, composée de pierres alternativement blanches et noires perpendiculaires au parement. Cette tour, parfaitement visible du cloître de Saint-Just, paraît dater du IXème siècle et avoir fait partie de l'ancienne église carlovingienne dédiée à la Vierge, église remplacée par la cathédrale actuelle.

Narbonne, la plate-forme du donjon Gilles Aycelin du palais des archevêques.

Narbonne, la plate-forme du donjon Gilles Aycelin du palais des archevêques.

 

Narbonne, à gauche, tourelle d'angle du donjon Gilles Aycelin du palais des archevêques. A droite, la tour de la Madeleine du palais.

Cette résidence épiscopale comprenait autrefois, le Palais Vieux et le Palais Neuf, dont les bâtiments étaient séparés par une rue fortifiée à couloirs voûtés aux deux extrémités que l'on nomme le Passage de l'Ancre. Pourquoi ce nom ? Dans la partie inférieure, d'une arcade il y a une ouverture carrée à laquelle était suspendue, avant la révolution, une ancre de vaisseau, symbole du droit perçu par les archevêques sur la marée. Ce passage recouvert par deux arcades, qui conduit dans la cour du palais et au cloître de Saint-Just.

Indépendamment de la petite église de la Madeleine, il existe encore deux autres chapelles dans le palais de l'archevêché. Celle de gauche Saint-Martial, communique avec un porche à voûte d'arêtes. Elle fut construite à la fin du XIVème siècle, par l'archevêque Roger de Beaufort, frère du pape Clément VI.

L'autre chapelle, beaucoup plus vaste et située à droite, portait le nom de Sainte-Marie mineure, pour la distinguer de Sainte-Marie majeure, ou la Major (église actuelle des pèlerins). Cette église, maintenant divisée en plusieurs étages, est crénelée, munie de contreforts et flanquée de deux tours semi-circulaires, construites en 1380 par Pierre de la Jugée ou Pierre de la Jugie; on ne peut voir cette disposition que du jardin de l'archevêché.

Le grand escalier date de l'an 1620, et fut exécuté sous Louis de Vervins.

La cour d'honneur fut construite en 1704 par Charles le Goux de la Berchère. Arthur Richard Dillon fit décorer, peu de temps avant la révolution, la salle à manger et les appartements contigus.

Claude de Rebbé, fit construire ou plutôt décorer la salle des gardes, en 1634. Le même prélat fit exécuter le beau plafond de la salle de la tour.

Narbonne, la Louve de Romulus et Remus. Les 5 et 6 juin 1982 furent célébrés les 2100 ans d'existence de Narbonne. A cette occasion le Docteur Alberto Benzoni, Maire-Adjoint de la Ville de Rome, a offert à Narbonne une magnifique réplique de la célèbre Louve. Narbonne fut la première colonie romaine et devint de ce fait la première fille de Rome, hors d'Italie. L'original offert de cette sculpture en bronze est exposé au musée Archéologique et une copie a été installée à l'entrée de la place du Forum.

Sculpture en bronze, copie de la Louve du capitole de Rome.

 

Narbonne, deux photos de la tour du Grand Escalier du palais épiscopal.

Narbonne, buste en marbre d'André Morisini, historien vénitien (1558-1618) situé en haut sur le palier du Grand Escalier.

Narbonne, une vue du haut de la tour du Grand Escalier du palais épiscopal. On surplombe la toit du grand logis et la tour des Archives, en haut le cloître et la cour d'honneur à droite.

Les quarante-neuf tableaux qui composent ce plafond, ont dû être exécutés par un excellent maître de l'école italienne; ils représentent les muses et des génies portant des fleurs, des instruments de musique et divers attributs. Les armes de Claude de Rebbé y sont plusieurs fois reproduites. Quelques-uns de ces tableaux ont été refaits par des artistes médiocres. La partie supérieure de l'embrasure des croisées qui éclairent cette salle, est décorée de belles peintures dans le goût de Jean d'Udine.

Les murailles, dans lesquelles les croisées ont été pratiquées après coup, ont 3 mètres 50 centimètres d'épaisseur.

Narbonne, la cour d'honneur du palais des archevêques. A gauche, au RDC la salle des synodes et grands logis.

Narbonne, la cour d'honneur du palais des archevêques. En arrière-plan la tour Gilles Aycelin bâtie en 1318.

  

Narbonne, à gauche, cour du palais des archevêques. A droite, tour clocher de la cathédrale Saint-Just vue du cloître.

Narbonne, la salle des synodes du palais des archevêques.

Narbonne, console avec les blasons des archevêques exposée dans la salle des synodes du palais des archevêques.

Narbonne, fontaine proche de la salle des synodes du palais des archevêques.

Narbonne, autre photo de la salle des synodes du palais des archevêques.

Narbonne, palais des archevêques depuis les jardins, au premier plan la tour des Archives, le grand logis et à droite, la tour du Grand Escalier.

Narbonne, palais des archevêques depuis les jardins, au premier plan la tour des Archives.

Narbonne, la palais épiscopal, au centre le passage de l'Ancre, place de l'hôtel de Ville.

 

Narbonne, photos du passage de l'Ancre, cette ancre suspendue sous l'arcade est un signe des droits que les archevêques possédaient sur le port de Narbonne.

 

Narbonne, le passage de l'Ancre.

Narbonne, le passage de l'Ancre.

 

LA CATHÉDRALE SAINT-JUST ET SAINT-PASTEUR INACHEVÉE

 

Cathédrale dédiée aux saints martyrs Just et Pasteur. Vers 1058, Gaufroy, abbé de Saint-Paul devint archevêque de Narbonne. D'après les historiens c'est lui qui fit venir d'Espagne les corps des saints Just et Pasteur.

Quand l'archevêque Saint Théodard prit en main les rênes du diocèse de Narbonne en 885, il trouva son église cathédrale dans le plus triste état. Depuis l'époque funeste où, sous la féroce domination des Sarrasins, elle avait été dévastée à l'intérieur et même à l'extérieur, les ressources nécessaires pour la réparer convenablement n'avaient pu être réunies. Il paya les travaux sur ses propres deniers, après quatre années de grands sacrifices, l'antique église s'était relevée de ses ruines. Il fit mettre en place deux monuments bien remarquables, et qui devaient dignement couronner son immense travail. Il fit d'abord exécuter un magnifique autel en marbre blanc. Il était orné de cinq gracieuses colonnes sculptées avec un art infini. Les bases, les frises, les chapiteaux, les cannelures, ravissaient l'œil par leur perfection et produisaient un ensemble vrai ment merveilleux. Saint Théodard dédia cet autel aux saints martyrs Just et Pasteur qu'il consacra en 890.

Narbonne, la cathédrale saint Just Saint Pasteur vue de la tour Gilles Aycelin.

Narbonne, plan de la cathédrale Saint Just réalisé par Viollet-le-Duc.

Narbonne, dessin des contreforts de la cathédrale Saint Just réalisé par Viollet-le-Duc.

Les Sarrasins, ces ennemis déclarés du nom chrétien et de la civilisation, se mirent à exercer de fréquents actes de piraterie durant l'épiscopat de Saint Théodard. Souvent ils débarquaient en force dans les environs de Narbonne, et là ils commettaient toutes les atrocités imaginables. Ils pillaient et brûlaient les maisons, dévastaient et ravageaient les campagnes, égorgeaient les habitants, ou les réduisaient en esclavage et les emmenaient en Espagne. Puis une effrayante famine de trois années consécutives vint désoler le diocèse, à la suite des incursions des Sarrasins. Pour faire face aux problèmes de ces paroissiens  il vendit les vases sacrés et les autres choses précieuses du trésor de sa cathédrale, afin de pouvoir continuer ses immenses aumônes. Saint Théodard quitta cette terre le premier jour de mai de l'an 895, sous le règne du roi Eudes. Le monastère de Saint Martin à Montauriol, où il fut inhumé, avait déjà pris son nom ou celui de Saint-Audard, qui est le même. Les reliques de ce saint disparurent lors d'un pillage par les protestants en 1561. L'histoire raconte qu'un moine caché dans les ruines de l'église, récupéra les ossements et le reliquaire de saint Théodard. La tradition nous assure que depuis ce temps-là ils sont conservés dans l'église champêtre du lieu de Villebrumier près de Montauban, et dans un chétif cercueil. En 1602, l'église de Narbonne gardait précieusement un buste d'évêque, qui est d'argent doré, et qui a au milieu de l'estomac un cristal à travers lequel on voit une relique de saint. Il y a beaucoup de controverses concernant la dépouille de Saint Théodard.

Narbonne, la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur.

Narbonne, la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur.

Narbonne, la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur.

 

Narbonne, la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, à gauche, la cloche n°3 du carillon datant de 1886 et à droite, le bourdon datant de 1877.

 

Narbonne, à gauche, la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur vue du cloître. A droite, le chevet de la cathédrale rue Armand Gauthier.

 

Narbonne, voici toute une série de clichés montrant les détails de l'architecture de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur vus depuis la rue Gustave Fabre.

 

Narbonne, détails de l'architecture de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur vus depuis la rue Gustave Fabre.

 

Narbonne, détails de l'architecture de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur vus depuis la rue Gustave Fabre.

 

Narbonne, détails de l'architecture de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur vus depuis la rue Gustave Fabre.

Narbonne, détails de l'architecture des arcs-boutants de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur vus depuis le donjon, du grand art de stabilité.

Reconstruite entre 1150 et 1180, l'église romane de Sain-Paul-Serge, qui comportait une nef à bas-côté simples et un transept non saillant, était voûtée d'ogives et possédait un triforium à chapiteaux sculptés représentant des damnés dévorés par des monstres.

Cette église, construite, par Charlemagne, ayant été détruite par le temps et par les ravages de la guerre, fut rebâtie sous le règne de saint Louis.

Ravagé par un grave incendie, cette cathédrale a remplacé au XIIIème siècle entre 1244 et 1265, un édifice carolingien commencé en l'an 890 par l'archevêque Saint-Théodard.

Le chanoine de Narbonne, Maurin Ier, avant d'en être archevêque, posa la première pierre de la nouvelle église de Saint-Just reconstruite, en l'an 1271.

 

Narbonne, l'intérieur de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, hauteur sous la voûte : 41 mètres.

Narbonne, l'intérieur de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, le collatéral Nord.

 

Narbonne, le grand orgue de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur. De dimensions impressionnantes : hauteur 23 m, largeur 12 m, tribune à 14 m du sol. Construit par Christophe Moucherel, facteur d'orgues originaire de Toul, il a été terminé en 1741.

Narbonne, les stalles de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur.

Les stalles très anciennes ont été remplacées par celles-ci en 1780.

 

Narbonne, à gauche le maître autel à baldaquins de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur. A droite, dans la chapelle Notre-Dame de Bethléem le retable de la Vierge. Cet ancien retable en pierre sculptée polychrome du XIVème siècle découvert en 1847 il a été restauré en 1954. La statue de la Vierge mesure 1,80m de hauteur, dans le style du Maître de Rieux. Elle daterait du XIVème siècle, les monuments historiques retiennent l'hypothèse d'un don de Monseigneur François de Conzié, archevêque de Narbonne de 1391 à 1433. Remarquez sous le socle de la Vierge cette étrange gueule ouverte, voir le détail ci-dessous.

<Narbonne, cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, le retable de la Vierge, détails des sculptures situées sous le socle de la Vierge. Ce retable est une représentation saisissante de l'Enfer, du Purgatoire, des Limbes, des scènes de la vie du Christ et des portraits d'anges musiciens, de saints et de prophètes. Sur cette photo, la gueule de l'enfer et les damnés conduits en charrette vers celui-ci.

Narbonne, cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, le tombeau catafalque remarquable est celui de S. Emi Guillaume Cardinal de Briçonnet, archevêque de Narbonne (1507-1514). Ce tombeau tout en marbre blanc a été érigé en 1523. Sur son soubassement sont sculptés les divers ossements qui composent le squelette humain. Au-dessus, des moines ayant la tête couverte d'un capuchon en signe de deuil. Le dais est formé par un entablement orné de tête d'anges alternant avec des têtes de morts. Sous le baldaquin gît la sculpture du bien aimé cardinal archevêque.

Narbonne, cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, autre cliché du tombeau catafalque remarquable de S. Emi Guillaume Cardinal de Briçonnet.

S.Emi Guillaume de Briçonnet, né en 1445 à Tours, et mort le 14 décembre 1514 à Narbonne, est un officier royal puis un ecclésiastique français, connu sous le nom de Cardinal de Saint-Malo. Le 27 mai 1498, il couronna Louis XII à Reims. En 1507 il est nommé lieutenant général du roi pour le Languedoc et doit abandonner l’archevêché de Reims et plusieurs abbayes, mais obtient l’archevêché de Narbonne.

Narbonne, cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, autre cliché du tombeau catafalque remarquable de S. Emi Guillaume Cardinal de Briçonnet. Ce tombeau ainsi que quelques autres qui existent encore dans la cathédrale de Narbonne, forme clôture du choeur. Il existe la même disposition à Limoges.

Narbonne, cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, autre cliché du tombeau catafalque remarquable de S. Emi Guillaume Cardinal de Briçonnet<.

 

Le pape Urbain IV envoya de Rome la pierre fondamentale toute bénie, ornée d'une croix d'or. L'archevêque Maurin, voulant accélérer la construction, s'obligea de fournir sur ses revenus annuels la somme de cinq mille sous tournois. Le chapitre s'engagea de son côté à donner annuellement cinquante livres tournois. Il n'y a jamais eu d'achevé que le chœur, et il le fut en 1332. Maurin décéda en 1272. On lui doit la construction de la tour qui se trouve à l'Est du cloître gothique. Ce cloître a remplacé un cloître roman dont il subsiste un splendide pilier de marbre, orné de figures de la Vierge, d'un roi de Juda (David ou Salomon) et des deux patrons de la cathédrale : Saint-Just et Saint-Pasteur, cette œuvre exceptionnelle et aujourd'hui conservée au musée des Augustins à Toulouse.

C'est une cathédrale qui est restée à l'état de chantier, des voûtes arrêtées dans leur ascension gothique, n'ont jamais été terminées de cet édifice, il n'a été réalisé que le chœur. Ces ruines imposantes, qui prolongent le transept, ne sont que le début d'une nef qui n'a jamais existé. Comme la cathédrale de Beauvais, elle se compose que du chœur qui porte ses voûtes à plus de 40 mètres. La construction commença en 1272 pour s'arrêter en 1332, les tours furent élevées au XVème siècle ; les travaux furent repris au XVIIIème siècle et de nos jours.

Les travaux furent interrompus souvent à cause de la grandeur de la tâche.

Le chevet de la cathédrale bute toujours contre le rempart de la cité.

Les parties basses du bras nord du transept ont été réalisées vers 1340, mais la poursuite des travaux exigeait la destruction d'une partie de l'enceinte fortifiée. Les consuls de Narbonne s'y opposèrent, car des attaques par les troupes anglaises étaient toujours possibles. Puis vint, la peste noire, les dévastations par les troupes du Prince Noir et le déclin économique lié à l'ensablement du port fluvial ne permirent jamais la reprise des travaux. Prolongeant le chœur gothique, une cour occupe aujourd'hui la place dédiée au transept. L'édifice aurait dû mesurer quelque 120 mètres de long, mais malgré tout elle est une des plus majestueuses cathédrales de France.

Les nefs furent prolongées de deux travées à l'Ouest au XVème siècle, tandis que des chapelles latérales venaient compléter et élargir l'édifice. Celui-ci aura désormais la physionomie gothique qu'on lui connaît aujourd'hui. La galerie méridionale abrite encore deux enfeus pris dans l'épaisseur de la muraille, dont l'un est une œuvre exceptionnelle dont la richesse ornementale et l'étrangeté iconographique déconcertent. Il est surmonté d'un tympan de 1,97 m de diamètre, six dalles formant celui-ci sont creusées de niches cintrées renfermant les figurent de dix personnages qui sont des évêques et abbés représentés debout. Un sarcophage est encore en place sous ces sculptures.

Narbonne, cathédrale Saint Just, monumentale mise au tombeau sous le titre "L'ensevelissement du Christ". L'oeuvre est en terre cuite et date du XVIème siècle.

Narbonne, cathédrale Saint Just, autre photo de la mise au tombeau du Christ.

 

A l'intérieur la nudité des murs immenses n'est relevée que par quelques vitraux du XIVème siècle. La seule ornementation est la disposition originale de la chapelle et des tombeaux autour du chœur. Le trésor de la basilique Saint-Just est très riche.

La cathédrale possède les plus grandes orgues d'Europe continentale avec ses 25 m de haut, 12 m de large, et 8 m de profondeur. La voûte de la cathédrale monte à 41m, ce qui en fait la quatrième plus haute voûte de France. En 1982, la cathédrale reçoit de la part de la forte communauté pied-noir de Narbonne les cloches de l'église Sainte-Marcienne d'Alger et une réplique de la Vierge Noire d'Oran.

L'église de Saint-Just renfermait plusieurs beaux mausolées, entre autres celui de Philippe-le-Hardi, fils de Saint Louis. Les quatre faces étaient ornées de bas- reliefs ; il a été détruit en 1793. On a rétabli dans une des chapelles un mausolée sur lequel on voit une assez belle statue en marbre blanc, portant l'armure en usage au XVème siècle. Elle représente un guerrier du nom de Lasbordes.

Du cloître roman de la cathédrale Saint-Just, il ne reste plus que le splendide pilier de marbre monolithe, représentant la Vierge assise tenant l'Enfant un roi Juda et les deux patrons de la cathédrale saint Just et saint Pasteur, tenant la palme du martyre. Cette œuvre est conservée aujourd'hui au musée saint Augustin de Toulouse avec d'autres sculptures du cloître. Avec notamment, l'enfeu du cloître.

Nota : Les caractéristiques du cloître de l'archevêché seront abordées dans le troisième reportage.

Une nécropole paléochrétienne fut découverte entre 1946 et 1950 avec de beaux sarcophages.

 

Narbonne, cathédrale Saint Just et Saint Pasteur, à gauche, pilier rectangulaire provenant de la cathédrale, représentant "Dieu la Vierge à l'Enfant et deux martyrs" exposé au musée des Augustins à Toulouse. A droite,  le beffroi en chêne supportant les 36 cloches du carillon.

D'autres photos de la cathédrale Saint Just et Saint Pasteur seront diffusées dans la troisième partie de ce reportage ...

 

Voici une suite de photos anciennes concernant la ville de Narbonne pour les amateurs :

Narbonne, l'ancien café Continental lors de l'hiver 1921.

Narbonne, cathédrale Saint Just, monumentale Mise au tombeau sous le titre "L'ensevelissement du Christ". L'oeuvre est en terre cuite et date du XVIème siècle. Photo datant de 1905.

Narbonne, le marché aux bestiaux en 1905.

  

A gauche, le tombeau de Jean de Seigneuret de Laborde (1607) se trouvant dans la cathédrale saint Just photo datant de 1905. À partir du XIVème siècle, quand le vicomte de Narbonne accusa les consuls de la ville de Fabrezan de rébellion envers le roi (an 1381), il décida du punir les Narbonnais. Ces derniers ripostèrent en attaquant et en prenant le donjon de Fabrezan, refuge de la famille du Vicomte. En 1633, Jean de Seigneuret de Laborde, seigneur de Fabrezan, fut reçu en remplacement du baron de Castrie. Ainsi venait d'être créée la baronnie de Fabrezan.

A droite, ancienne porte du XVème siècle de l'église Saint Paul, photo de 1905.

Narbonne, la rue de la République en 1905.

Narbonne, tombeau de la comtesse Algayette de Narbonne datant du XIIIème siècle (1270), photo de 1915. Ce gisant est conservé aujourd'hui au musée des Augustins de Toulouse.

Tombeau découvert en 1933. Algayette était l'épouse du seigneur Amaury de Narbonne, et fille du comte de Rodez, morte le 13 mars 1273, elle avait 26 ans. Algayette avait épousé en 1267 Amaury, second des six enfants du vicomte de Narbonne Amaury Ier, qui fut, en 1271, écarté du pouvoir qu'il exerçait conjointement avec son frère Aymeric V. Algayette donna jour à trois enfants, dont l'aîné, Aymeric ou Amalric, fonda la branche des barons de Talairan.

Narbonne, musée lapidaire, sarcophage de la fin du IVème siècle, la décoration funéraire est caractéristique : arbre de vie et lierre de vigne. Photo de 1915.

Narbonne, canal de la Robine, lavandières près du pont des Marchands en 1910.

Narbonne, l'abside de la cathédrale Saint Just et la tour Sud réparée par Mgr Jean d'Harcourt en 1436. Photo datant  de 1910.

Narbonne, les quatre Ponts, l'écluse de la Robine à gauche, et le bateau lavoir en 1905.

Narbonne, le musée lapidaire dans l'église bénédictine de Notre-Dame de Lamourguier en 1905.

Narbonne, autre photo de la rue de la République en 1905.

Narbonne, canal de la Robine, à droite, le moulin à eau de la ville en 1905.

Narbonne, autre photo prise en amont du canal de la Robine, l'écluse, le moulin à eau de la ville et le bateau lavoir en 1905.

Narbonne, autre photo du canal de la Robine, l'écluse et le bateau lavoir en 1905.

Narbonne, au premier plan, le musée lapidaire dans l'église bénédictine de Notre-Dame de Lamourguier et à droite, les Halles, photo datant de 1905.

Narbonne, l'église Saint Paul-Serge en 1905.

Narbonne, la place Voltaire en 1905.

Narbonne, les Halles en 1905.

 

Narbonne, la cathédrale Saint Just, à gauche, le proche d'entrée et à droite, l'intérieur avec le tombeau de l'archevêque de la Jugie (1375). Photos datant de 1905.

Narbonne, le canal de la Robine, la promenade des Barques, le palais des archevêques et la cathédrale Saint Just en 1905.

Narbonne, les Halles en 1905.

 

ATTENTION ! Ce reportage est réalisé en 5 parties donc :

 

Ainsi se termine ce second volet de ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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3 octobre 2015

Avant que vous ne plongiez votre regard sur ces pages, que le crissement de la souris vous apporte le plaisir, je voudrais vous mettre en garde contre ceci : bien souvent quand on vient séjourner dans l'Aude, on s'y attache !

Comme vous, comme moi, tout change, évolue, se modifie, se réinvente … Et je suis aujourd'hui très heureux de vous présenter un nouveau reportage très intéressant, concernant le passé de Narbonne, c'est un héritage qui restera à jamais gravé dans l'histoire de la ville et qui écrira la destinée du Languedoc Roussillon.

Voici donc le début d'une série en plusieurs parties consacrées à la fabuleuse histoire de la ville de Narbonne. Plus de 490 photos vous seront présentées, grâce à tous ces photographes que je remercie vivement pour leur participation.

Pour ne pas rater les parutions, je ne peux que vous conseiller de vous inscrire sur la newsletter de mon site, c'est gratuit (voir menu de gauche), afin d'être averti automatiquement dès leur diffusion. Et c'est aussi une façon de soutenir ma démarche pour la promotion de l'Aude.

Je vous souhaite une bonne découverte à la lecture de mes articles et merci pour votre fidélité …

Narbonne se situe à 65 km de Perpignan, 151 km de Toulouse, 262 km de Cahors, 93 km de Montpellier, 144 km de Nîmes, 257 km de Marseille et à 390 km de Lyon ...

Narbonne est la sous-préfecture du département de l'Aude, sa superficie est de 172, 96 km², son altitude va de 0 à 285 m. Narbonne possède le plus vaste territoire communal du département de l'Aude et de la région Languedoc-Roussillon. Il est le 23 ème territoire communal le plus vaste de France métropolitaine celui-ci s'étend de la Mer Méditerranée aux Corbières maritimes ainsi que de l'Aude à l'étang de Bages-Sigean.

Narbonne compte au recensement de 2012 : 51869 habitants, soit 300 hab./ km². Cette ville importante est située sur un nœud de communication le long du littoral méditerranéen. Elle est desservie par 2 autoroutes, une gare, un fleuve et deux grands aéroports sont situés à proximité ainsi qu'un port. La gare de Narbonne est la plus grande gare ferroviaire du département de l'Aude, desservie par les trains TER Languedoc-Roussillon, Intercités et TGV. Elle se situe sur les lignes de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville et de Narbonne à Port-Bou.

La gare SNCF de Narbonne.

 

     

Blasons de la ville de Narbonne

Une vue panoramique de Narbonne.

Narbonne, la Cathédrale Saint Just et son centre historique, au fond la Clape.

Narbonne Sud-Ouest, le canal de la Robine vu du donjon.

Narbonne Nord-Ouest, vu du donjon.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue du donjon Gilles Aycelin.

La ville de Narbonne est traversée par le canal de la Robine qui suit l'ancien lit de l'Aude, classé au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO depuis 1996. Ce canal permet de rejoindre le fleuve Aude puis le canal du Midi qui passe plus au Nord de la ville via le canal de Jonction. Au Sud, le canal rejoint la mer Méditerranée. Ce canal sépare les anciens quartiers de Cité rive gauche, et de Bourg rive droite qui se communiquent l'une à l'autre par trois ponts, celui des Carmes, celui de la Chaîne, et celui des Marchands. Il y avait d'un côté les bourgeois et les lettrés, de l'autre les commerçants et les artisans. Ces deux parties de la ville se sont souvent opposées jusqu'en 1362 où par une lettre patente de Philippe Le Valois demanda à unifier les deux administrations.

Narbonne se dit Narbona en occitan. Les habitants s'appellent des Narbonnais.

Le recensement 2012, dénombrait 51869 habitants dans la commune. Au début des recensements, en 1793, il y avait 9050 habitants, le nombre d'habitants continuera de croître par la suite. Cette ville est la plus importante et la plus peuplée du département de l'Aude.

L'ensemble de son aire urbaine compte 151209 habitants.

Une vue aérienne sur le centre historique de Narbonne, le canal de la Robine coupant celui-ci en deux, dans le coin bas droit, le pont des Marchands.

Avec ses 17296 hectares, Narbonne possède le plus vaste territoire communal du département de l'Aude et de la région Languedoc-Roussillon. De par sa superficie, elle est classée 23ème territoire communal le plus vaste de France métropolitaine.

Narbonne est situé au cœur du parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée et elle est entourée de sites classés, comme le massif de la Clape et celui de l'abbaye de Sainte-Marie de Fontfroide (voir reportage en 3 parties sur le sujet ICI) ainsi que l'étang de Bages-Sigean.

Proche du littoral Narbonne fait partie d'une région très touristique, et possède une plage de cinq kilomètres de sable fin à Narbonne-Plage.

Louve capitoline de Narbonne offerte par la ville de Rome.

Narbonne, place de l'Hôtel de Ville, et le palais épiscopal.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville.

 

LE DÉBUT D'UNE HISTOIRE TRÈS ANCIENNE

La période de l'âge de Bronze ancien (- 1800 à - 1500) est bien attestée sur le territoire de Narbonne, en effet, dans la grotte "Les Blaireaux" à côté d'ustensiles en céramique de formes simples on a retrouvé les premiers instruments en bronze comme des haches et poignards.

C'est vers la première moitié du VIIème siècle av. J.-C. que débute l'âge de fer dans l'Aude. Cette culture se développe dans des zones de passage, véritables carrefours commerciaux comme Montlaurès près de Narbonne.

Au début de cette période de l'âge de Fer, les importations arrivent encore par les ports de Marseille, d'Agde et surtout d'Ampurias en Catalogne ; dès le II ème siècle av. J.-C. avec la création de Narbonne, c'est ce port qui jouera un rôle prépondérant dans les importations. De Narbonne, vin et objets divers sont acheminés vers les régions plus occidentales, puis l'Aquitaine. Sur place la production de céramiques par les artisans audois va s'amplifier.

On prétend que la foi chrétienne y a été prêchée dès le Ier siècle de notre ère, et qu'elle a eu pour apôtre Sergius Paulus (Saint-Paul), qui avait été proconsul de Chypre. Remarqué par un sénateur romain pour son éloquence, celui-ci parvint à le convertir au christianisme et lui demanda de se rendre dans la gaule narbonnaise afin d'y répandre la bonne parole.

Une tombe paléochrétienne du musée lapidaire dans l'église Lamourguier.

Au Vème siècle av. J.-C., mentionnée par Hécatée, la ville tire son nom de celui du cours d'eau qui l'arrose, les Ibères appelaient Narbo la branche droite du delta de l'Aude, que l'on nomme aujourd'hui Robine.

Les Grecs ayant abordé le littoral audois, au IIème siècle av. J.-C. le grec Polybe appelle la rivière Narbon. Il semble plausible que le mot naros qui signifie qui coule, soit à l'origine du nom de Narbonne qui désigna d'abord les installations portuaires sur le fleuve à proximité du site primitif de la ville, Montlaurès.

Avant cette période, Narbonne était un comptoir commercial, rattaché à l’oppidum celte de Montlaurès, à quatre kilomètres au nord de la ville actuelle, la capitale des Élisyques, un des peuples de la Celtique méditerranéenne. Le peuple celtique qui occupait le pays avant l'invasion romaine était celui des Volces ou Elysices. Quant à la tribu des Volces qui occupait Narbonne, c'était celle des Tectosages. Narbonne faisait partie de la confédération des Celles, à la tête de laquelle se trouvait Biluit, roi des Arvennes ; elle succomba comme ses alliés sous les coups du consul Q. Fabius Maximus.

Les Romains fondèrent en 118 av. J.-C. cette colonie romaine.

Les Romains introduisirent leurs monnaies à Narbonne, où ils établirent une de leurs fabriques. Sidoine en vante la bonté.

Pour les romains Narbonne était leur plus ancienne colonie en Gaule et son centre urbain actuel garde encore trace de nombreux siècles d'histoire comme la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur, le palais des archevêques ainsi que les restes de la voie Domitienne, la première route romaine en Gaule qui permettait de relier l'Italie à l'Espagne.

Son statut de plus ancienne colonie romaine en Gaule lui vaut le surnom de "fille aînée de Rome hors d'Italie".

En 67 av. J.-C. le jeune colonisateur romain Licinus Crassus ajouta le nom du dieu Mars en fondant une ville nouvelle Narbo Marcius du nom du consul Quintus Marcius Rex, alors en exercice à Rome. Puis c'est Tiberius Claudius Néro qui développa la ville, Jules César installa dans les murs la dixième légion. La nouvelle création romaine fut définitivement appelée : colonia Julia Palerna Claudia Narbo Martius.

En 45 av. J.-C., Jules César installa à Narbonne les vétérans de la Xème légion, d'où le surnom de Narbo Decumanorum.

     

A gauche, vestige d'un amphithéâtre romain à Narbonne. A droite, stèle romaine retrouvée à Narbonne, exposée au musée lapidaire.

Lorsqu'en 27 av. J.-C., Octave, devenu Auguste, divisa la Gaule en quatre, la Narbonnaise dut l'une de ces quatre provinces, et cette partie que nous appelons aujourd'hui Languedoc, dans laquelle est située la ville de Narbonne, est celle qui a porté en particulier le nom de Gaule Narbonnaise première et ensuite a été appelée Septimanie et Gothie.

En 22 av. J.-C., Auguste en fit la capitale de la province romaine de la Gaule narbonnaise.

Le port antique de Narbonne était considéré comme le deuxième port de l’empire romain en Méditerranée nord-occidentale après Ostie, le port de Rome. On a estimé que durant les deux premiers siècles de l'ère chrétienne sa superficie avoisinait 100 hectares, ce qui a amené à estimer sa population aux alentours de 35 000 habitants à l'époque.

C'est à cette période qu'Auguste convoqua à Narbonne l'assemblée générale de toute la Gaule; ce fut sans doute à cette occasion qu'elle lui consacra le fameux autel retrouvé, en 1566, dans les fouilles que l'on faisait alors pour la fondation des murs. Ce monument que nous possédons porte une longue inscription qui témoigne de la reconnaissance du peuple narbonnais pour l'Empereur, qui avait bien voulu prendre la cité sous sa protection, et lui accorder le nom de Colonia Julia Paterna.

Vestiges de l'époque romaine exposés au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

Donc, lors de la conquête par les Romains des territoires audois, une colonie romaine, vint s'installer et édifiera Narbo Martius sur le site de Narbonne, au bord de la mer, à proximité de l'oppidum de Montlaurès. La création de Narbonne avait un but militaire mais aussi économique. Pour peupler la nouvelle colonie on fit appel à des colons italiens désargentés ou d'anciens légionnaires à qui l'on attribuait gratuitement des terres.

On a retrouvé des traces de la voie Domitienne qui reliait Béziers à Narbonne puis descendait vers le Sud à Ampuriu en Espagne, seule l'entrée de Narbonne était pavée.

Son tracé stratégique reliant l'Espagne au Rhône, c'est Domitius Ahenobarbus après sa victoire sur les Arvernes en 125 qui renforça et améliora cette voie.

Narbonne, vestige de la via Domitia qui reliait Béziers à Narbonne, puis descendait vers le Sud en Espagne.

Narbonne, autre cliché des vestiges de la via Domitia.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, avec les vestiges de la via Domitia, vus du donjon. Au centre de la place de l’Hôtel de Ville, l’antique voie Domitienne (Via Domitia) est visible dans son état de la fin du IV ème siècle. C'est un vestige de la ville antique vieux de 21 siècles, elle est la première grande route romaine tracée en Gaule à partir de 120 av. J.-C. par le proconsul Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en -122) deux ans avant la fondation de la Colonia Narbo Martius, première colonie romaine en Gaule. La voie Domitienne reliait l’Italie à l’Espagne romanisée. A Narbonne, elle rencontrait la Via Aquitania, ouverte en direction de l'Atlantique par Toulouse et Bordeaux, attestant dès cette époque du rôle de carrefour tenu par la ville. Le vestige découvert le 7 février 1997 présente une portion de voie dallée de calcaire dur, marquée par de profondes ornières. Elle est bordée de trottoirs et de la base d’une fontaine.

Le tracé de la via Domitia gravé sur la pierre proche des vestiges situés place de l'hôtel de Ville.

A l'origine, Narbonne était le chef-lieu unique d'un territoire allant jusqu'aux limites de celui que commandait Toulouse. Comme il est dit plus haut, en 22 av. J.-C, Narbonne devint la capitale de la vaste province sénatoriale de Narbonnaise.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, vue du passage de l'Ancre.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, ancien grand magasin "Aux Dames de France" que l'on peut voir encore gravé sur la façade, c'est une chaine de grands magasins apparue à la fin du XIX ème siècle fondée en 1898 par les frères Gompel et disparue à la fin du XX ème siècle.

Narbonne fournit un remarquable exemple d'urbanisation à la romaine. La ville fut d'emblée édifiée selon un plan en damier appuyé sur le cardo et le decumanus, avec un forum entouré de portiques et encadré par les deux principaux temples de Jovis Tonantis et du divin Auguste, ces édifices se trouvaient dans le secteur de l'actuel place Bistan. De nombreux monuments furent bâtis, hélas une bonne partie fut détruite dans un incendie accidentel dans les années 145 à 150, mais l'empereur Antonin le Pieux en finança la reconstruction en 160. Au I er siècle ap. J.-C. la ville comprenait un centre monumental entouré d'une ceinture de demeures privées, les nécropoles étant rejetées à la périphérie.

Narbonne, colonnes, vestiges romains devant le musée de l'Horreum.

Narbonne capitale romaine, prit toute sa beauté et toute sa gloire sous le gouverneur Vipsanius Agrippa, et fit de la ville un port magnifique. Il fit construire à Sallèles un solide barrage, afin de détourner le fleuve Aude de son ancien cours, vers Cuxac et Coursan pour amener ses eaux dans le golfe narbonnais. C'est cette digue qui se rompit en 1320, créant un désastre et asséchant le port de Narbonne.

De cette époque Romaine, de nombreux vestiges demeurent, malgré les incendies et pillages successifs, témoignant de la grandeur de Narbonne et de son rayonnement passé.

A partir du IIIème siècle Narbonne était menacé par les invasions barbares. Pour résister aux Alamans la ville s'entoura vers les années 270, d'un rempart édifié en partie avec des réemplois de monuments plus anciens et ce qui réduisit la taille de la ville de Narbonne à 16 hectares.

Cette enceinte était percée de six portes : porte de Navarre, porte de l'Orient, porte Romaine, porte de l'Aude, porte des Salines et porte Aiguières.

  

Autres vestiges de l'époque romaine exposées au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

L'occupation romaine a durée 600 ans, et de nos jours il ne reste même pas une ruine debout en témoignage de la Rome impériale. Une destruction totale a jeté à bas monuments et ouvrages. L'explication de cette destruction de tous les monuments, est qu'ils ont servi au renforcement et aux constructions des défenses de la ville par la suite. Narbonne ne pensa qu'à sa sécurité. De nos jours encore on peut voir près de l'hôpital, des restes de murailles où sont encastrés les blocs romains sculptés. Les fatales vicissitudes de l'existence de Narbonne ont brisé et dispersé tant de constructions, plus heureusement conservées presque partout ailleurs. Il n'en restait plus que des débris mutiles épars dans le voisinage, lorsque l'ingénieur de François 1er, chargé d'ajouter aux murs de la ville trois nouveaux bastions, ceux de Saint-Félix, de Saint-Côme, de Saint-François, y employa ces pierres respectables qu'on recueillerait aujourd'hui avec vénération dans un musée.

Flavius Honorius (empereur romain de 393 à 423) ayant abonné aux barbares la gaule narbonnaise, les wisigoths gardèrent Narbonne comme la capitale du pays qu'ils occupèrent et qu'ils appelèrent Septimanie, Duché ou Marquisat de Gothie.

Solidus représentant Flavius Honorius.

Trémissis d'or à l'effigie de Flavius Honorius frappé par les Wisigoths.

A partir du IVème siècle, vint le tour des Wisigoths qui tentèrent de prendre la ville.

En 462, Narbonne fut intégrée au royaume wisigoth de Toulouse.

C'est lors de luttes entre les prétendants à l'empire que le roi wisigoth Athaulf entra en 413 dans Narbonne. Il fit célébrer l'année suivante dans Narbonne ses noces avec Galla Placidia, demi-sœur de l'empereur Flavius Honorius qu'il avait enlevé lors du sac de Rome.

Pendant près d'un demi-siècle, les wisigoths bataillèrent pour rester sur les terres audoises, ils s'y installèrent de façon permanente dans les années 460, faisant de Narbonne le siège de leur pouvoir. Pour deux siècles et demi, l'Aude restera sous la domination wisigothique. On estime à 50 000 le nombre de Wisigoths qui ont participé à l'invasion de la Gaule.

Lorsque les rois wisigoths régnèrent sur la Septimanie, et que quelques-uns d'eux fixèrent leur résidence à Narbonne, ils y firent battre monnaie.

Grâce à l'aide militaire des Ostrogoths d'Italie, les Wisigoths du jeune roi Amalaric conserveront la Septimanie et Narbonne.

En 507, Narbonne fut rendue au jeune Amalric par Théodoric roi des Ostrogoths. Amalric y célébra son mariage avec Clotilde, fille de Clovis; mariage funeste pour lui. Maltraitée par son époux arien, la princesse catholique appela pour la venger son frère Childebert.

Une bataille s'engagea à Vouillé, les Wisigoths furent vaincus par les Francs de Clovis, conquérant du royaume de Toulouse.

Pendant cette bataille Amalric y sera assassiné en 531, il fut égorgé sur le seuil de l'église catholique, où il cherchait asile. Sous le règne du roi Theudis (531-548), Narbonne cessera alors d'être la capitale des Wisigoths.

  

Autres vestiges de l'époque romaine exposés au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

Athalocus ou Athaloc, est un archevêque wisigoth arien de Narbonne dans la seconde moitié du VIe siècle, il forma, avec les autres évêques ariens de Septimanie, une ligue puissante, délia les wisigoths du pays de leur serment de fidélité au roi, et offrit le pays à Gontran, roi des Burgondes. En 589, se tient un concile à Narbonne, et on voit dans les canons de ce concile qu'il y avait dans le pays, outre les wisigoths et les Gallo-Romains, des Juifs, des Grecs et des Syriens. En dépit des mesures de Recarède 1er (roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 586 à 601), il y eut de nouveaux mouvements séditieux, à l'avènement de Wamba en 672 (né avant 633 et mort vers 688, est roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 672 à 680), parmi les chefs septimaniens, et le duc Paul, envoyé par lui pour les comprimer, y fut à peine, qu'il se tourna du côté des rebelles et se fit proclamer roi à Narbonne. En 673, Wamba accourut, prit Narbonne d'assaut, poursuivit Paul jusqu'à Nîmes et le fit prisonnier. L'évêque, cette fois, avait été fidèle; mais Wamba chassa les juifs, ce qui prouve qu'ils trempaient dans des complots. Le roi Wamba est considéré comme le dernier grand roi wisigoth.

Lors de fouilles du Clos de la Lombarde, fut mis à jour des vestiges d'une basilique paléochrétienne de la fin du IVème siècle, c'est la plus ancienne connue à Narbonne. C'est sous l'épiscopat de Rusticus que fut édifié au Vème siècle la première cathédrale. Ce même évêque Rusticus fit également construire près de la cathédrale, une église Sainte-Marie. Si l'on compte les cinq basiliques à vocation funéraire bâties hors de l'enceinte, dont du Clos de la Lombarde, c'étaient au total sept églises que possédait Narbonne au Vème siècle.

La ville était également dotée de plusieurs nécropoles, dont celle qui se trouve dans la crypte paléochrétienne de l'église actuelle Saint-Paul-Serge.

L'église Saint-Paul-Serge dans les années 1950.

Les premières incursions musulmanes ont lieu dès l'an 716. Les musulmans voient  en particulier en Narbonne une tête de pont pour étendre leurs invasions vers le Nord.

A l'automne 719, après vingt-huit jours de siège, la ville fut conquise par les troupes arabo-berbères musulmanes des Omeyyades venues de la péninsule Ibérique et dirigées par le troisième gouverneur d'Espagne, Al-Andalus As-Samḥ ibn Mālik Al-Ḫawlāniyy. Les hommes furent passés au fil de l'épée, les femmes et les enfants emmenés en esclavage, la ville pillée et incendiée. Une petite garnison resta sur place pour maintenir l'ordre.

On connait le premier gouverneur musulman mis en place en 720, de la province narbonnaise, il se nommait Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi. Ensuite vers 737, ce fut Athima, puis à partir de 741 ce fut Abd-el-Rahman el Lahmi, puis en 747 ce fut Omar ibn Omar. Le dernier gouverneur s'appelait Abd-e-Rahman ben Ocba qui occupa le poste de gouverneur de 756 à 759.

Il faut savoir que depuis la province Narbonnaise et pendant quarante années durant, les Arabes lancent plusieurs raids vers le nord de la Gaule, remontant la vallée de la Rhône, ils mènent des excursions jusqu'en Aquitaine et Bourgogne lors notamment de la bataille de Bordeaux.

En 725 c'est au tour de Carcassonne de tomber aux mains des Sarrasins.

Les musulmans laissèrent aux anciens habitants de Narbonne, chrétiens et juifs, la "dhimmitude", autorisation de professer leur religion moyennant tribut.

C'est à la faveur de cette occupation musulmane que les Francs venus du Nord vont à leur tour s'implanter sur les terres audoises. Charles Martel, qui convoitait la possession de la Septimanie, après avoir pris Avignon et traversé le Rhône vint avec son armée camper devant Narbonne. Charles Martel après son succès à Poitiers, met le siège en 732 devant Narbonne défendue par le wali (gouverneur) Youssouf, la résistance fut énergique.

Pendant ce siège de Narbonne, faute d'approvisionnements les arabes se hâtèrent de faire connaître cette situation à Ocha, qui gouvernait l'Espagne en qualité d'émir. Celui-ci réunit une armée qu'il dirigea vers Narbonne. Après quelques jours de marche, l'armée arabe entre dans le territoire narbonnais. Charles Martel avec une partie de son armée alla à leur rencontre, il les intercepte près de l'embouchure de la Berre (étang de Bages-Sigean), la bataille de Berre s'engagea. Concernant le déroulement de cette bataille les sources des chroniqueurs se contredisent, ainsi que sur l'endroit exact où elle se déroula, et sur la façon dont elle se conclut. La vérité est qu'après leur défaite les Arabes se dirigèrent vers l'Espagne, Eginhard, qui était l'un des hommes les plus éclairés de son temps, l'affirme.

Charles Martel à la Bataille de Poitiers en octobre 732 représentation par Charles de Steuben musée d'histoire de France de Versailles.

Gisant de Charles Martel dans la basilique Saint Denis.

Charles Martel a les mains libres pour concentrer ses efforts sur le siège, mais la ville est bien défendue et résiste aux Francs. Le manque de matériel de siège, l'arrivée de l'hiver et l'apparition de menaces plus urgentes pour les Francs comme l'hostilité du duc d'Aquitaine et la rébellion menée par Mauronte, duc de Provence, Charles Martel, rappelé dans ses États, abandonna le siège, il doit se retirer. Le siège est finalement levé la même année, 732.

Après le départ de Charles Martel, les Sarrasins conservèrent pendant quelques années la possession incontestée de Narbonne.

En 747, les Sarrasins étaient épuisés par leurs longues guerres civiles, puis une famine commença en 750.

C'est le fils de Charles Martel, Pépin le Bref qui en 752 (d'après Dom Vaissette) reprit le siège de Narbonne et en laissa lui-même la conduite à son fils Charlemagne. Ce ne fut qu'après un blocus de sept années, que la ville succomba par la trahison des Goths, las de la domination des Arabes.

Pépin le Bref obtint par le traité de 759 le droit de tenir une garnison à Narbonne.

En 760, Pépin le Bref envoya des ambassadeurs à Waïfre, duc d'Aquitaine et Vasconie de 744 à sa mort le 2 juin 768. Ils étaient chargés de lui poser un ultimatum sur les trois points suivants :

- 1 Restitution des biens pris à l'Église; rétablissement des immunités ecclésiastiques cessation des actes d'hostilité dirigés contre le clergé ;

- 2 Extradition des Francs qui, coupables de révolte, s'étaient réfugiés dans l'Aquitaine ;

- 3 Paiement d'une indemnité pour les meurtres commis sur la personne d'un certain nombre de Goths.

 

Après la prise Narbonne par Pépin le Bref, tous les Arabes qui habitaient la Septimanie en furent expulsés.

Pendant les quarante années que dura l'occupation arabe, le nombre des chrétiens qui se livraient au travail agricole alla toujours en diminuant. Cependant, le pays n'eut pas trop à souffrir du vide que causa leur disparition, parce qu'ils furent remplacés par les renégats, qui étaient comme eux cultivateurs. Après l'expulsion de ces derniers, les bras manquèrent et le travail agricole devint de plus en plus difficile. C'est alors que la Septimanie fut transformée à l'état de dévastation et de ruine.

Les Sarrasins reviendront à la charge en 793, sous la conduite d'Abd-el- Mélek, et assiégèrent Narbonne, dont ils détruisirent un faubourg. Mais ils seront stoppés dans leur progression par le comte de Toulouse, au confluent de l'Aude et de l'Orbieu.

On connaît un certain nombre de walis, gouverneurs de la province narbonnaise. Le premier est Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi nommé en 720. Ensuite, Athima vers 737, Abd-er-Rahman el Lahmi à partir de 741, Omar ibn Omar vers 747. Le dernier gouverneur est Abd-er-Rahman ben Ocba (756-759) qui continuera à gouverner les territoires encore soumis aux musulmans, des Pyrénées jusqu'à Tortose sur l'Èbre.

 

La reconquête de Narbonne fut le coup d'arrêt de la conquête musulmane en occident chrétien.

 

Charlemagne fit de la Septimanie un duché, avec Narbonne pour capitale. Il l'érigea en vicomté et en partagea la seigneurie en trois lots : une partie de la ville fut donné au vaillant Aymeric ; une autre à l'archevêque Daniel ; la troisième, bâtie tout exprès et appelée la ville neuve, aux juifs.

Daniel, qui était archevêque de Narbonne, partit pour Jérusalem avant l'année 782. Le comte Milon, qui gouvernait le comté de Narbonne, profita de sa longue absence pour s'emparer de certains biens appartenant à l'église de Narbonne.

 

Le 7 octobre 849, Charles le Chauve arriva à Narbonne.

En 859, Narbonne fut pillée par les Vikings qui avait à sa tête le chef Hasting, ils venaient de Nantes et avaient hiverné en Camargue.

En 864, Charles-le-Chauve désigna, neuf villes pour la fabrication de la monnaie. Narbonne fut de ce nombre.

Sous l'autorité carolingienne, jusqu'au Xème siècle, le christianisme se répand sur le territoire audois, Narbonne acquiert alors un rôle considérable. L'évêché de Narbonne devient une métropole.

Un des textes occitans les plus anciens que possède les archives, est la chanson de sainte Foi dû à un moine de Narbonne. C'est un poème de quarante-neuf laisses, rédigé entre 1030 et 1070, à l'époque des premiers chrétiens.

Estampe de Narbonne par Mérian Matthaus 1593 - 1650.

Du Xème au XIIème siècle, les comtes de Toulouse ont étendu leur domination sur Narbonne.

Avec la signature du traité de paix signé en 1128, c'est l'extinction des ducs et vicomtes de Narbonne.

Des murailles de Narbonne furent abattues lors de la croisade des Albigeois.

Il faut savoir que lors de la Croisade des Albigeois, Narbonne était le siège des forces catholiques.

Plan de la ville de Narbonne fortifiée datant de 1700.

En 1244, sans attendre les ordres de leurs supérieurs, l'archevêque de Narbonne et l'évêque d'Albi prêchèrent une croisade contre les réfugiés de Montségur, ils soulevèrent toute une armée de paysans, instruments aveugles de leurs vengeances, et vinrent, au mois de mars 1244, mettre le siège devant Montségur.

L'époque de la Croisade des Albigeois a permis une redistribution des terres appartenant aux seigneurs faydits que l'on a dépossédé de leurs biens. Ces possessions tombèrent soit dans le domaine royal ou dans celui des évêchés et abbayes. Le clergé s'étant enrichi, lança une campagne de construction d'églises dans l'Aude, et c'est dès la fin du XIIIème siècle que commença la construction de la cathédrale Saint-Just de Narbonne.

Les fortifications de la ville de Narbonne.

La cathédrale Saint Just.

La cathédrale Saint Just.

La cathédrale Saint Just.

Les descendants de Charlemagne donnèrent aux archevêques la moitié de la seigneurie de la ville et établirent sur le reste, des ducs et des comtes et sous eux des vicomtes qui devinrent héréditaires et patrimoniaux. Des ducs d'Aquitaine et les comtes de Toulouse prenaient quelque fois le titre de ducs de Narbonne, et les vicomtes les reconnaissaient pour leurs seigneurs.

Lorsque les comtes de Toulouse furent dépossédés par Simon de Montfort, et que le fils de celui-ci eut remis tout le pays au roi de France Saint-Louis et se fut arrangé avec le roi d'Aragon, il n'y eut plus dans Narbonne  que deux seigneurs, l'archevêque et le vicomte.

 

En 1248, avant d'embarquer pour les Croisades à Aigues-Mortes, le roi Saint Louis fit privilège d'être hébergé à Narbonne.

 

En 1309, il y eut un accord entre Philippe-le-Bel et le vicomte de Narbonne, Amalric, par lequel ce dernier se réservait pour lui et ses successeurs le nom et la dignité de seigneur Vicomte de Narbonne, soit dans la publication, soit dans l'empreinte des monnaies. Le marc était connu à Narbonne depuis 1272 ; il y avait été sans doute apporté d'Espagne, d'où les vicomtes de la deuxième race étaient originaires. Auparavant on ne parlait que de livres d'or ou d'argent divisées en monnaies de divers poids et valeurs. On continua de battre monnaie à Narbonne jusqu'au XVIIème siècle. A cette époque, la fabrication en fut transportée à Perpignan.

  

Les deux faces d'un quart d'écu Narbonne 1645, sous Louis XIV.

En 1316, Jean XXII diminua considérablement l'étendue de leur diocèse et de leur juridiction métropolitaine en érigeant Toulouse en archevêché, en lui donnant des suffragants dont quelques-uns l'étaient de Narbonne, et en créant plusieurs autres évêchés, parmi lesquels ceux de Saint-Pons et d'Alet furent faits aux dépens du diocèse de Narbonne même.

Au XIVème siècle il n'y a que des cruelles, des persécutions et des exécutions plus barbares encore. L'événement capital du siècle suivant est la lutte entre les vicomtes do Narbonne et la maison de Navarre se disputant la possession du comté de Foix. En 1486 les troupes narbonnaises mirent Pamiers à feu et à sang, ravageant, pillant, violant et massacrant avec une cruauté inouïe, sans distinction d'âge ni de rang.

A la suite de tant de guerres et de ravages continuels, vint se joindre celui de la peste. Elle en fut si cruellement frappée, dans les années 1347 et 1348, que, d'après les annales de ses anciens consuls, elle perdit environ trente mille de ses habitants.

 

En 1355, en pleine guerre de Cent Ans, le Prince Noir (Édouard, prince de Galles, fils du roi d'Angleterre Édouard III) lors de son invasion à partir de Bordeaux et descendant vers le Sud Est en pillant et incendiant tout sur son passage, il arrive devant Narbonne, seuls ce qui se trouvent hors de l'enceinte fortifiée sont pillés et incendiés. Le 11 novembre 1355 il rebrousse chemin vers Carcassonne.

 

Voici toute une série de photos de la cathédrale Saint Just, d'autres clichés vous seront présentés dans la seconde partie avec l'histoire de ce monument le plus emblématique du Sud de la France. Elle possède un vaste choeur gothique rayonnant construit de 1272 à 1332. Elle a le plus haut choeur gothique du Sud de la France.

Narbonne, la cathédrale Saint Just. Il existe en France trois grandes églises bâties pendant le XIV ème siècle, ce sont les cathédrales de Limoges, Clermont-Ferrand et Narbonne. Ces trois édifices sont l'œuvre d'un seul homme, ou au moins d'une école particulière.

Narbonne, la cathédrale Saint Just avec ses arcs-boutants qui sont combinés avec un grand art et une connaissance approfondie des poussées des voûtes.

Narbonne, la cathédrale Saint Just.

 

A gauche, la cathédrale Saint Just vue depuis la place Salengro. A droite, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la place Salengro.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la rue A. Gauthier.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la rue A. Gauthier. Les arcs-boutants sont construits en pierre de Sainte-Lucie, qui est un calcaire très résistant.

 

A gauche, la cathédrale Saint Just vue depuis le cloître. A droite, photo prise depuis le musée archéologique.

Narbonne, la cathédrale Saint Just, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

Narbonne, la cathédrale Saint Just, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

 

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue du cloître.

En 1366, lors de l'invasion des anglais en Languedoc qui avaient l'intention de ravager le pays de Foix et les environs de Toulouse, furent repoussé jusqu'à Montauban, mais dans les combats plusieurs sénéchaux et vicomtes perdirent la vie dont celui de Narbonne d'autres furent fait prisonniers.

En 1389, le roi Charles VI a donné un édit à Narbonne indiquant qu'à l'avenir, les Capitouls de Toulouse (Les capitouls étaient, depuis le Moyen Âge, les habitants élus par les différents quartiers de Toulouse pour constituer le conseil municipal de la ville), et les Consuls de toutes les autres villes du Languedoc seraient fixés au nombre de quatre, ce nombre passa à huit deux années plus tard, en 1401 le nombre était de douze pour être réduit à huit en 1438 jusqu'en 1759.

Richard II roi d'Angleterre fit une trêve avec la France en 1394 qui dura vingt-huit ans, cette trêve fut scellée par le mariage de ce roi en 1395 avec Isabelle fille de Charles VI, de ce fait celui-ci fut suivi de la paix dans le Languedoc.

En 1399, les guerres reprirent de plus belles avec les anglais, puis une autre s'alluma au sein même de la France le 23 novembre 1407, par le meurtre du duc d'Orléans, dont le duc de Bourgogne était l'auteur.

 

Narbonne s'appauvrit en 1415, puisqu'on trouve dans les annales, que Charles VI, informé que, dans Narbonne, il n'y avait que 70 feux, à cause de la mortalité et de la misère du temps, ordonna, par lettres-patentes, que cette ville ne paierait que vingt sous tournois par feu , pour aider à subvenir aux frais de la guerre contre le roi d'Angleterre, Henri V. En 154o, le roi de France, Henri II, voyant qu'elle se dépeuplait tous les jours, accorda une exemption de tailles ordinaires, droit d'équivalent, etc.

Narbonne fut encore très renommé jusque vers le milieu du XIVème siècle.

Des années 1560 à 1596, les guerres de religion ravagent l'Aude. Les narbonnais chassent les quelques religieux protestants en 1561-1562 présents en ville et restent résolument catholiques.

À la Renaissance, les protestants furent chassés de la ville de Narbonne en 1562. Charles IX fut reçu en grande pompe dans la ville lors de son tour de France royal entre 1564 et 1566, il était accompagné de sa Cour et des Grands du royaume, parmi eux, son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine.

 

Henri IV n'était pas encore réconcilié avec le pape en 1595, chacun songea à faire la paix, Narbonne et Carcassonne furent les premières villes du Languedoc à ce détaché de l'union de la Ligue du duc de Joyeuse.

 

Il faut savoir que lors de l'assemblée des États de la Province du Languedoc au XVIème siècle se rassemblait à normalement à Toulouse, mais lorsque l'assemblée se réunissait dans un autre diocèse, on a souvent confié à l'archevêque de Narbonne le droit de présider. Cette assemblée était composée de trois archevêques, vingt évêques qui sont les députés de leur diocèse, voilà pour le clergé. En ce qui concerne la noblesse, il y avait un Comte, un Vicomte et vingt et un Barons. Puis il y avait trente-sept députés des villes pour le tiers état ; vingt-huit députés des diocèses ; trois syndics généraux de la Province ; deux secrétaires et greffiers des états ; un trésorier de la bourse et un huissier.

Mais depuis le règne de Charles VII, en conformité des délibérations des États, la présidence à toujours appartenu à l'archevêque de Narbonne ou à son défaut, successivement à l'archevêque de Toulouse et à l'archevêque d'Albi.

Un extrait de la carte générale du Languedoc datant de 1648.

Le 13 juin 1642, le marquis de Cinq-Mars, alors complotant contre Louis XIII et le cardinal de Richelieu, est arrêté à Narbonne, avec son ami François-Auguste de Thou, conseiller au Parlement, et tout aussi ennemi du cardinal.

La conspiration de Cinq-Mars, du nom de son instigateur, est une conspiration qui eut lieu en 1642 en France en pleine guerre de Trente Ans, et fut dirigée directement contre le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, et indirectement contre ce dernier, qui soutenait son ministre.

Dirigée par Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, qui n'est autre que le marquis de Cinq-Mars, elle fut démasquée. Ils sont condamnés à mort pour crime de lèse-majesté, et décapités le 12 septembre 1642 sur la place des Terreaux située dans le 1er arrondissement de Lyon, sur la presqu'île entre le Rhône et la Saône, au pied de la colline de la Croix-Rousse. La mère d’Henri de Cinq-Mars, la maréchale d’Effiat, est exilée en Touraine. Son frère est privé de ses bénéfices d’abbé, et le château de famille rasé à hauteur d’infamie. Ce sera la dernière conspiration active contre Richelieu, qui décède à la fin de l'année 1642.

 

Comme je l'indiquais ci-avant, une inscription fut trouvée dans les fondements des vieilles murailles de Narbonne, en l'année 1566. Le marbre sur lequel elle est gravée en beaux caractères romains a deux faces, et servait probablement à un angle de l'autel. L'inscription est en deux parties, dont l'une contient le vœu des Narbonnais, et l'autre la dédicace de l'autel consacré à Auguste.

 

Après la Révolution, privée du siège épiscopal, le dernier archevêque fut monseigneur Arthur Richard Dillon en 1801, la commune ne devint plus par la suite, qu'une sous-préfecture rurale.

 

A la fin du XVIème siècle, à Narbonne, 90% des ouvriers agricoles ne savent pas signer leur nom et se content d'une marque.

XVIII ème siècle, un extrait de la carte de Cassini datant de 1747.

Zoom sur Narbonne, extrait issu de la carte de Cassini datant de 1747 ci-dessus.

Concernant l'éducation, il y avait le collège de Narbonne datant du commencement du XVIème siècle ; il était, comme ceux des autres villes de ce département, dirigé par les pères de la doctrine chrétienne, sous la surveillance de l'archevêque de Narbonne et des magistrats de cette ville, qu'on nommait consuls. Les doctrinaires y entretenaient trois professeurs de grammaire, un professeur de belles-lettres, un professeur de rhétorique, un professeur de logique, métaphysique et morale, un professeur de physique, deux professeurs de théologie, un directeur des études, et un supérieur chargé de veiller au maintien du bon ordre. Le nombre des élèves était annuellement de 120 à 140.

Hospices de Narbonne, il y eut d'abord de hôpitaux champêtres ; l'un, particulier aux lépreux ; un autre pour les maladies non contagieuses ; un troisième pour les pauvres mendiants, donné, en 1156, à deux frères qui le servaient, par Ermengarde, vicomtesse de Narbonne; et un quatrième, dit de Saint-Jean-de-Jérusalem. On ne connaît de ces établissements ni leur fondation, ni leurs revenus, ni leur régime. Ils étaient tous situés hors de la ville.

Postérieurement, il y eut dans l'enceinte de ses murs quatre autres hôpitaux, dits de la Croix, de Saint-Paul, de Saint-Jacques, et de l'Aumône.

En 1789, il existait à Narbonne,

- L'Hôtel-Dieu, appelé l'hôpital Saint-Paul, hospice à la fois civil et militaire ;

- L'Hôpital général ou de la Charité, où sont traités les pauvres valides des deux sexes ;

- L'hospice de la Miséricorde, administré par des sœurs de Saint-Vincent-de-Paule, avec des dames laïques de la ville.

Il existait, en outre, un hospice de la mendicité, que des citoyens de Narbonne fondèrent, en 1786, afin de faire cesser ce fléau toujours réprimé, et toujours: renaissant.

Narbonne, le canal de la Robine.

Narbonne, le canal de la Robine, le pont des Marchands. Reliant le Bourg à la Cité, le Pont des Marchands franchit le canal de la Robine, classé par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Ce pont bâti, rare en Europe, était constitué de 7 arches et accueillait le passage de la Via Domitia.

 

A gauche, Narbonne, le pont des Marchands, reflets sur l'eau. A droite, l'ancien moulin à eau sur le canal de la Robine.

Narbonne, canal de la Robine, écluse près du pont Voltaire au fond.

La construction du canal du Midi entre 1666 et 1681, joua un rôle important dans l'économie locale. Narbonne ne bénéficiant pas du passage du canal fut desservie par le canal de la Robine. Selon quelques écrivains, la confection du canal des Deux-Mers fut une des causes qui achevèrent la destruction du commerce de Narbonne, parce que ce superbe projet transporta tout le négoce de l'Océan Atlantique vers les ports d'Agde et de Sète (Voir le superbe reportage sur le canal du Midi en quatre parties dont la première débute ICI).

Carte du canal de la Robine de Narbonne depuis le canal Royal jusqu' à la Méditerranée, datant de 1789.

Narbonne, canal de la Robine de nuit.

Canal de la Robine le bief de Narbonne, passerelle du Moulin du Gua.

 

Deux photos de la passerelle du Gua enjambant le canal de la Robine à Narbonne, (cliquez sur les photos pour agrandir).

Canal de la Robine le bief de Narbonne.

L'écluse de Narbonne sur le canal de la Robine.

L'écluse de Narbonne sur le canal de la Robine, et l'ancien moulin à eau, le bâtiment  à gauche, qui abrite aujourd'hui l'office du Tourisme.

Narbonne, le pont des Marchands, vu du côté Est du canal de la Robine.

 

A gauche, Narbonne, le pont des Marchands, vu du côté Ouest du canal de la Robine. A droite, le cour Mirabeau le long du canal, (cliquez sur les photos pour agrandir).

Le  canal de la Robine de nuit.

Le  canal de la Robine de nuit, à proximité du pont des Marchands.

Le  canal de la Robine de nuit.

Narbonne, la passerelle des Barques, le pont des Marchands juste derrière, on aperçoit à droite, le Donjon, le palais des archevêques et la cathédrale saint Just.

Narbonne, le canal de la Robine et l'Office du Tourisme au fond à droite dans l'ancien moulin à eau.

Narbonne, le canal de la Robine et le dessous du pont des Marchands.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont de la Liberté au fond.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont des Marchands.

Narbonne, le canal de la Robine et la passerelle Victor Hugo.

Narbonne, le canal de la Robine et le quai Victor Hugo.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont de l'Avenir.

Narbonne, l'écluse des trois ponts sur le canal de la Robine.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République le long du canal de la Robine.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République le long du canal de la Robine, vus du donjon.

Narbonne vue du donjon vers le Nord-Est.

La ville de Narbonne vue du donjon vers le Sud-Ouest.

Narbonne, les halles, avec sa façade côté cours Mirabeau.

Narbonne, les halles, avec sa façade côté cours Mirabeau.

En 1800, le concordat transféra l'évêché de Narbonne à Carcassonne, Narbonne avait perdu toutes ses prérogatives ; la création sous l'Empire de l'administration préfectorale permit une réorganisation du département.

 

En 1814, la ville de Narbonne était devenue le quartier-général du maréchal duc d'Albuféra et de son armée. Après la bataille de Toulouse, livrée le 10 avril 1814, qui opposa les troupes de l'armée impériale commandée par le maréchal Soult aux troupes de la coalition anglo-hispano-portugaise.

 

A signaler aussi, la crise viticole qui éclata en 1907, l'agitation commença à Argeliers, des meetings rassemblent en mai 1907 une foule de plus de 60000 personnes à Narbonne. J'ai d'ailleurs écris un reportage sur le sujet avec de nombreuses photos de l'époque de ces troubles, si cela vous intéresse, voir l'article détaillé ICI.

 

Léon Blum détiendra un siège de député dans l'arrondissement de Narbonne, en 1928, 1932 et 1936.

 

A la fin de ces quatre parties de reportages consacrées à la ville de Narbonne, je vous propose quelques photos anciennes intéressantes que de nombreux internautes apprécient :

Cette photo date de 1900, entrée Nord de la ville de Narbonne, la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine avec les trois ponts, le pont de l'Escoute au premier plan, puis le pont de la Concorde, traversé par le boulevard du Maréchal Joffre, au fond c'est le pont Voltaire.

Narbonne, pont de la Concorde, la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine et le lavoir municipal en 1955.

Narbonne, la promenade de Barques en 1905.

Narbonne, promenade de la Gare, le kiosque à musique avec la Lyre Narbonnaise en 1902.

Narbonne, promenade de la Gare, le kiosque à musique avec la Lyre Narbonnaise en 1902.

Narbonne, boulevard Montmorency, passage des voitures participant à la première coupe des Pyrénées en 1905. C'était une rallye touristique organisé en 1905 par le journal La Dépêche du Midi, le parcours partait et arrivait de Toulouse sur une durée d'une semaine. Ce rallye passait par les villes de Carcassonne, Narbonne, Perpignan, Luchon, Cauterets, Pau, Bayonne entre autres.

Narbonne, le quai Valière en 1905.

Narbonne, le pont des Marchands en 1905.

  

A gauche, la cathédrale saint Just en 1905. A droite, la maison des trois Nourrices en 1905.

Narbonne, le monument Gambetta en 1905. Cette statue a une histoire :
Elle a été offerte par un entrepreneur, Antoine Rossignol en 1903, elle a été érigée près de chez lui quai Victor-Hugo. En 1942, la statue en bronze est fondue sous le régime de Vichy. Le socle a été retiré en 1970.

Narbonne, la place de l'hôtel de Ville avec le palais des archevêques en 1910.

Narbonne, les quais du canal de la Robine en 1910, la passerelle du Gua au fond.

Photo identique à la précédente mais colorisée.

Narbonne, la rue de la République en 1905.

Narbonne, entrée de la ville, pont de la Concorde et la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine en 1910.

Narbonne, les Halles se trouvant boulevard du docteur Ferroul, en 1905.

Narbonne, promenade des Barques cours de la République en 1910.

Narbonne, le canal de la Robine le long de la promenade des Barques et le pont de la Liberté en 1910.

Narbonne, canal de la Robine, le bâtiment à gauche abrite le moulin à eau avec à ses pieds le bateau lavoir, et à droite l'écluse, en 1905.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République en 1950.

 

Ami(e)s internautes, n'hésitez pas à laisser un commentaire.

 

ATTENTION ! Ce reportage est réalisé en 5 parties donc :

Ainsi se termine cette première partie de reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir pour la suite !

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Eh bien, voilà encore un beau reportage, qui mérite tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! L'aventure continue ...qu'on se le dise !! 
Sachez qu'il est toujours possible d'y rajouter des infos, des photos, si vous en avez, contactez-moi, je me ferai un plaisir de compléter l'article.

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Réalisé par Jean-Pierre - dans HISTOIRE
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7 juillet 2015

 

Bonjour à Tous,

Les années précédentes je préparais des reportages afin qu'ils soient programmés et diffusés pendant la période estivale, mais cette année je n'ai pas eu le temps nécessaire pour rédiger et monter des articles pour ces deux mois, j'espère que vous m'en excuserez et que vous serez patient et resterez fidèle à la lecture de mon site. Pour ceux qui le découvrent et vous êtes nombreux chaque jour, vous pouvez vous inscrire sur la newsletter afin d'être informés des prochaines diffusions (voir menu de gauche).

Je me rattraperai au mois de septembre, avec la découverte de la fabuleuse histoire de la ville de Narbonne, car celle-ci fut très importante pour le Languedoc Roussillon. C'est un énorme travail, car les informations historiques sont très nombreuses, de ce fait, le reportage sera composé de plusieurs parties, et comme toujours accompagné de nombreuses photos.

Si vous avez des photos ou des documents concernant la ville de Narbonne, n'hésitez pas à me les envoyer. Je n'en n'ai pas du musée.

Je vous donne rendez-vous en septembre et en attendant je vous souhaite de passer de bonnes vacances dans l'Aude.

 

Bien amicalement, Jean-Pierre.

 

PS : Et n'oubliez-pas que vous pouvez toujours me soumettre des reportages accompagnés de vos photos, je me charge de les mettre en forme et de les diffuser.

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Réalisé par Jean-Pierre - dans Messages
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16 juin 2015

 

Madame Rosillette Maxine ex madame Miesch m'a contacté pour participer à l'élaboration de cet article, car le berceau de son histoire familiale se situe à Belcaire. La généalogique de sa famille Toustou / Bonnail / Delpey / Fourié / Mouchard remonte dans les archives de Belcaire jusqu'en 1666. Et c'est fabuleux, elle a en sa possession des photos très anciennes de ses descendants qu'elle désire partager avec vous et je la remercie de tout cœur. Voici donc l'histoire de cette famille dont les racines sont à Belcaire, accompagnée de photos que je trouve extraordinaires, car certaines ont plus 115 ans ! Quelques photos sont un mystère pour Maxine et attendent des réponses, peut-être les connaissez-vous, alors visionnez ce reportage jusqu'au bout !

 

Le destin de Maxine a fait qu'elle est née en Angleterre, elle est la fille de Marie-Louise Fourié née en 1910 à Londres et de Miesch Jean est né en 1905 à Urmston, Angleterre. Son père (Miesch) avait sa famille originaire d'Albi et de Mulhouse.

Pour la petite histoire, il y avait une petite communauté française à Londres constituée de la famille Bonnail / Fourié originaire du Pays de Sault (Aude), ils s'y étaient installés au début du siècle dernier pour y faire fortune. D'ailleurs, ils ont bien réussi et ont tous fait fortune à divers niveaux.

Maxine c'est surtout intéressée à sa descendance issue du Pays de Sault dont voici quelques informations accompagnées de photos personnelles familiales :

 

La famille Bonnail de Belcaire (lignée maternelle) :

 

Antoine Bonnail né entre 1795 et 1799 épousa avant 1829 Rose Nègre, en 1855 ils étaient domiciliés à Belfort sur Rébenty. Ils eurent un fils qui suit :

 Jean Bonnail fabricant de draps, né le 4 mars 1829 à Mérial, il est domicilié à Belfort sur Rébenty lors de son mariage le 20 juin 1855 à Belcaire avec Jeanne Marie Delpey ménagère née le 20 septembre 1834 à Carcassonne, fille de Pierre Delpey juge de paix et de Sophie Castelan domiciliés à Tuchan lors du mariage de leur fille. Ils eurent un fils :

 Alcide Bonnail (l'arrière-grand-père de Maxine) que l'on retrouve plus loin.

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Jean Marie Delpey garde forestier + le 26 mars 1840 à Niort de Sault époux de Marie Anne Calvet + le 13 mars 1855 à Niort de Sault, ils eurent un fils :

 Jean Delpey huissier né le 24 janvier 1823 à Niort de Sault il épousa le 1er juillet 1856 à Belcaire Marie Pauline Delpey couturière née le 5 mai 1838 à Belcaire, fille naturelle de Marie Delpey couturière née en 1820 à Belcaire. Ils eurent une fille et deux fils :

 Marie Apolonie Delpey née le 8 février 1860 + en 1934 (l'arrière-grand-mère de Maxine) que l'on retrouve ci-après ;

 Jean-Pierre Marie Alphonse né le 21 décembre 1857 ;

 Auguste Charles Hippolyte né le 27 octobre 1862.

 

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Le grand-père maternel de Maxine : Alcide Bonnail né le 23 octobre 1861 à Belfort (Aude) + 6 septembre 1917 à Belcaire, il était médecin à Belcaire, il possédait aussi une scierie à Belcaire. Il a épousé en 1885 Marie Apolonie Delpey née le 8 février 1860 à Belcaire + en 1934.

De ce mariage naîtra 3 filles :

            - Pauline Bonnail née en 1886 + en 1940 environ, elle épousa en 1909 à Belcaire Paul Baptiste Théophile Fourié ;

              - Jeanne Bonnail née en 1888 + en 1920 ;

            - Joséphine Bonnail dite Fifine née en 1898 + en 1945. Elle épousa Séraphin Mouchard originaire de Belfort (Aude) celui-ci faisait partie de cette fameuse communauté partie faire fortune à Londres. Ils eurent une fille : Jeanne dite Nénette enterrée à Belcaire dans le caveau d'Alcide Bonnail (pas d'inscription sur la tombe) ; et un fils Paul (Paulo) qui a plus tard dirigé plusieurs grands hôtels à Nice et est décédé dans des circonstances mystérieuses dans l’arrière-pays niçois dans les années 1990.

 

La famille Fouriè de Belcaire (lignée maternelle) :

 

Jean Raimond Fourié + avant 1797 épousa avant 1772 Marguerite Baille. Ils eurent un fils qui suit :

 Marc Fourié brigadier forestier né le 12 septembre 1772 à Belcaire + 26 septembre 1832, il  épousa le 27 mars 1797 (7 germinal An V) Catherine Bez née le 7 juillet 1772 à Belcaire + 28 septembre 1833, fille de ? Bez boulanger et de Jeanne Fourié.

Ils eurent un fils qui suit :

 Paul Jean Christophe Fourié cultivateur, né le 9 juillet 1811 à Belcaire, il épousa le 6 août 1839 Marie Rose Caussou né le 9 janvier 1815 à Belcaire, fille de Jean Paul Caussou et d'Elisabeth Fourié tous deux cultivateurs.

Ils eurent un fils qui suit :

 Philippe Armand Fourié profession cordonnier, né le 18 avril 1854 à Belcaire épousa le 11 décembre 1882 à Belcaire Marie Louise Rabaute née le 24 juin 1861 à Belcaire, fille d'Antoine Rabaute profession plâtrier né en 1826 et d'Antoinette Fauché née en 1829 tous deux à Belcaire.

Ils eurent deux enfants :

            - Paul Baptiste Théophile Fourié né en 1883 à Belcaire + en 1945, il épousa Pauline Bonnail en 1909 à Belcaire (fille d'Alcide Bonnail).

            - Marie-Louise Fourié née en 1910 à Belcaire + en 2007 (la mère de Maxine); elle épousa Jean Miersch né en 1905 à Urmston, Angleterre.

 

J'ai effectué des recherches dans les archives de Belcaire et j'ai conservé deux photos d'actes de naissance, ceci afin de documenter ce reportage :

Photo de l'acte de naissance de Marie Louise Rabaute née le 24 juin 1861 à Belcaire.

Photo de l'acte de naissance de Philippe Armand Fourié né le 18 avril 1854 à Belcaire.

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Marie-Pauline (née de père inconnu et de Marie Delpey couturière à Belcaire). Elle allait à la messe à Espezel et Jean Delpey s'y rendait également car il était tombé follement amoureux de la jeune fille. Il la demanda en mariage et ils s'installèrent à Belcaire dans la maison de sa mère.

Jean Delpey est né le 24 janvier 1823 à Niort de Sault, il était huissier à Belcaire.

L'huissier a installé son étude dans la maison familiale afin d'être près de sa femme car il l'adorait. Ils ont eu 3 enfants en 4 ans :

          - Jean-Pierre Marie Alphonse né le 21 décembre 1857 ;
          - Marie Apolonie Delpey née le 8 février 1860 à Belcaire (mon arrière-grand-mère la photo ci-après) ;

          - Auguste Charles Hippolyte né le 27 octobre 1862.

Lors de l'accouchement du dernier enfant, le médecin est arrivé après avoir soigné un cheval malade, et la jeune maman est morte d'une infection (fièvre purpurale) 9 jours plus tard. Le bébé est décédé à presque 2 ans le 17 août 1864.

Ils ont tous deux été enterrés au cimetière de Belcaire. L'huissier ne s'est jamais remis de la mort de sa femme et ne s'est jamais remarié.

La mère de l'huissier a élevé les deux enfants. Jean-Pierre est allé chez les frères et Marie Apolonie a poursuivi ses études à la maison. Elle s'est mariée avec son cousin germain Alcide Bonnail qui habitait une maison de maître à Belfort (Aude) à l'époque.

Voici la photo de Marie Apolonie Delpey épouse Bonnail, on l'appelait "maman de Belcaire".

Voici une photo très ancienne datant de 1897 prise à Belcaire, avec l'arrière-grand-père Alcide Bonnail et ces côtés sa femme Marie Apolonie (nom de jeune fille Delpey).

Assise, l'arrière arrière-grand-mère Jeanne Marie Delpey (la mère d'Alcide Bonnail). La fille Pauline Bonnail de 11 ans à gauche, (c'est la grand-mère de Maxine), la jeune fille à droite c'est sa soeur Joséphine Bonnail 9 ans et sur les genoux de Jeanne Marie Delpey c'est la troisième soeur Jeanne Bonnail 1 an.

Voici la mère d'Alcide Bonnail Jeanne Marie Delpey née Toustou qui date de 1895. On l'appelait "Bonne Maman de Limoux". C'était un véritable dragon, paraît-il (!). Elle a eu un fils, Jean Delpey né le 24 janvier 1823 à Niort. Il était huissier, domicilié à Belcaire. Il a épousé Marie-Pauline Delpey (née de père inconnu et de Marie Delpey couturière à Belcaire).

Photo d'Alcide Bonnail revenant de la chasse vers 1883.

Portrait d'Alcide Bonnail datant de 1891.

C'est Alcide, médecin à Belcaire, et forte tête, qui a fait mettre l'électricité dans le village, faisant de Belcaire un des premiers villages de France à avoir l'électricité. Il possédait aussi une scierie à Belcaire.

Quand mon arrière-grand-père est mort, Alcide Bonnail, il avait une scierie.  Il a pris froid à la chasse et le médecin n'a su le soigner.  Il est mort d'une pneumonie quelques jours plus tard laissant mon arrière-grand-mère seule, désemparée.  Une de ses filles, Joséphine Bonnail, a voulu reprendre la scierie, mais toute seule, elle n'y serait pas arrivée. La famille Martre a racheté la scierie.

Joséphine s'est mariée avec Séraphin Mouchard et des années plus tard, sont partis en Angleterre rejoindre les autres membres de la famille dans la communauté française à Londres, emmenant avec eux Marie-Apolonie Bonnail.  Elle ne s'est jamais habituée à l'Angleterre, ne parlait pas la langue, et se languissait de Belcaire qu'elle ne devait plus jamais revoir.

Photo datée de 1912 d'Alcide Bonnail avec sa femme Marie Apolonie et leur petite fille Marie-Louise née en 1910.

Une tenture a été tendue sur le mur derrière eux pour faire plus joli !

Maxine a retrouvé le portrait d'un couple qui avait un lien avec Alcide Bonnail, mais lequel ?

Qui sont-ils ? Si vous connaissez la réponse contactez-moi.

Photo datée de 1914 à Belcaire, Marie-Louise Fourié 4 ans (la mère de Maxine) tenant un fusil de chasse avec un petit garçon dont elle ignore le nom.

Chasseurs, Alcide Bonnail est le 4 ème à droite, photo datant entre 1914 et 1918.

Portrait d'un homme inconnu, Maxine pense qu'il faisait partie de la famille côté Bonnail, qui est-ce ?

Paul Théophile Fourié parti chercher fortune en Angleterre en tant que cuisinier, il avait environ 30 ans, la photo doit dater de 1913.

   

Photo de gauche, Paul Théophile Fouriè avec sa fille Marie-Louise en 1912. Photo de droite, Pauline Bonnail épouse Fouriè avec sa fille Marie-Louise à Londres vers 1912.

Paul Théophile Fourié pendant la deuxième guerre mondiale il avait ouvert un restaurant "La Maison de France" à Londres avec Séraphin Mouchard de Belfort (Aude). La photo date de 1940, il avait préparé un gâteau avec une croix de Lorraine pour la visite du Général de Gaulle.

Carte de voeux envoyée d'Angleterre par Théophile Fourié à sa famille restée en France, elle n'est pas datée (document de Simon Felmore).

Maison de la famille Bonnail autrefois, elle est située sur la droite place de la mairie dans le quartier de la Coume à Belcaire, la photo datant de 2002.

A gauche Mr Maury de Belcaire avec sa soeur ou nièce, à droite, Mr Perpère qui a racheté la maison des Bonnail à Belcaire.

Place de la mairie à Belcaire fête du 14 juillet 1920.

Zoom sur la photo précédente, peut être reconnaîtrez-vous un de vos ancêtres.

Photo de la place de la mairie de Belcaire en 1905.

École de Belcaire vers 1916 si vous reconnaissez des enfants contactez moi afin de mettre leur nom sous cette photo.

Au premier rang sur le banc, en partant de la gauche : 4ème Marie-Louise Fourié ; ....?

Une photo de mariage à Belcaire vers 1920, si vous avez des infos concernant cette photo ou si vous reconnaissez des personnes, contactez-moi afin de faire figurer leurs noms sous cette photo, cela serait sympa.

 

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Réalisé par Jean-Pierre - dans ARTICLES DIVERS
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30 mai 2015

 

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Aujourd'hui pour varier un peu, on va changer de secteur, je vous emmène au pied de la montagne d'Alaric, à Douzens exactement. Douzens est très réputé, car il fut non seulement le haut lieu d'une commanderie templière, mais surtout à cause des archives importantes qui sont arrivées jusqu'à nous, retraçant son histoire. Je ne prétends pas tout vous dévoiler dans ce reportage, mais simplement soulever encore une nouvelle page d'histoire de l'Aude.

Mes remerciements aux internautes pour leur générosité, en offrant leurs photos pour documenter ces reportages et qui ont compris le message que je désire faire passer via ce site web. N'hésitez pas à m'envoyer vos photos, documents, afin d'illustrer les reportages sur vos villages que vous aimez, mobilisez-vous oh peuchère !. Je vous souhaite une bonne découverte ...

 

 

Comme vous pouvez le voir le village de Douzens se situe à 21 km de Carcassonne, 37 km de Narbonne, 115 km de Toulouse, 70 km de Béziers, 129 km de Montpellier et 95 km de Perpignan.

Depuis des lustres, Douzens, se trouve sur une route d'échanges importants entre la Méditerranée, Toulouse, et Bordeaux.

Zoom sur un extrait de carte IGN, qui donne des informations intéressantes, comme la position d'anciens moulins.

Blason de la ville de Douzens

Une vue aérienne de Douzens, avec en haut dans le cercle blanc, la position du château et de l'église Saint Vincent.

Douzens, zoom sur la vue aérienne, le château se trouvant proche de l'église.

  

Panneau d'entrée du village de Douzens suivant les saisons.

Une vue aérienne du village de Douzens, prise côté Est, en direction de Carcassonne.

Douzens, avec son château à gauche, proche de l'église à droite.

 

Le village de Douzens, comptait en 2012, 706 habitants. En 1793 il y avait 753 âmes, l'apogée fut atteint en 1931 avec 1006 habitants, qui sont appelés les Douzenois.

La commune est située au pied de la Montagne d'Alaric sur le vignoble de la Montagne d'Alaric qui fait partie du vignoble des Corbières.

D'où vient le nom Douzens, deux théories s'affrontent, la première :

Le nom viendrait d'une ancienne appellation Doding, formée du patronyme Dodo et du suffixe germanique -ing indiquant une propriété. Le domaine "Dodo" ou "Docius" donc. Un manuscrit de 1259 mentionne l'existence de Dozincho.

Pourquoi ce suffixe germanique ? Au IIIème et VIème siècle, des barbares d'origine germanique étaient encouragés par les gouverneurs romains à émigrer vers leurs territoires afin de défricher et d'exploiter de nouvelles terres. Et ensuite, du VIIème au Xème siècle, les Gallo-romains eux-mêmes ont pris des noms germaniques comme le voulait la mode à l'époque

La seconde théorie : Douzens semble venir étymologiquement du mot Adducere qui signifie : conduire, amener.

Car, d'après les chartes les plus anciennes décryptées par le chanoine Sabarthès, sa première forme fut "Douzencs" ; et dans la langue d'oc, "Adouco, Douzil, Adouzillar", etc. Tous termes s'appliquent à une adduction, une conduite de liquide quelconque.

Ce vocable "Douzéncs" aurait-il été choisi à cause de quelque aqueduc passant dans le village et amenant l'eau de quelque source du pied de l'Alaric, vers l'antique cité romaine Liviana dont les vestiges ont été retrouvés près de Douzens ?

Le village de Douzens vu depuis la montagne d'Alaric toute proche.

 

DOUZENS ÉPOQUE ROMAINE

La Via Aquitania (ou Via Aquitana) était une voie romaine sans doute construite à partir de 14 après J.-C. pour relier Narbonne, capitale de la Gaule narbonnaise à Toulouse et Bordeaux. On connaît le tracé de cette voie grâce à la Table de Peutinger, connue aussi sous le nom de "Carte des étapes de Castorius" ou de "Table Théodosienne", qui est une copie réalisée vers 1265 par des moines de Colmar, d'une carte romaine réalisée vers 350.

Voici un extrait du tracé de la voie romaine allant de Narbonne à Toulouse d'après la table de Peutinger.

 

On sait qu'une cité fut construite entre Carcassonne et Narbonne, au 1er siècle de l'ère chrétienne, sur cette voie romaine,. Elle portait le nom de Liviana, en l'honneur de Livie, femme d'Auguste (50. à 60 ans après J.C.). Ce devait être une assez grande ville et une forteresse, puisque les Wisigoths plus tard y enfermaient leurs prisonniers. Elle existait encore au V ème siècle, puisque Euric, roi des Wisigoths, y retint captif, vers l'an 475, le poète Sidoine Apollinaire pendant près d'une année. Plus de cent ans après, cite Alexandre du Mège, il est fait mention de Livia, bourg voisin de Carcassonne.

La position de Livia ou Liviana fut fixée tantôt à Capendu, tantôt à Marseillette, ou à Lézignan. Aucun de ces lieux n'occupe-la place indiquée par la Table Théodosienne et le calcul des distances porte plus tôt vers Douzens. L'estimation de la principale situation de Liviana se trouvait à 200 mètres à l'Est du cimetière de Douzens, dans un champ au lieu-dit "le Viala". C'est à cet endroit que des découvertes importantes furent faites à la fin du XIXème et au début du XXème siècle.

En 1934 on pouvait voir, autour de l'éminence sur laquelle on distinguait très bien les vétustés fondations de deux tours ruinées, un puits profond, des vestiges de canalisation, des débris de briques, de poteries, des objets d'art et de décoration attestent de façon évidente qu'une agglomération importante se trouvait là.

 

QU'ELLE EST LA DIFFÉRENCE ENTRE TEMPLIER ET HOSPITALIER ?

Ces deux ordres, sont des ordres religieux militaires dont les membres combattaient les armes à la main les ennemis de l'Église. Leur origine remonte aux croisades.

Le plus ancien ordre est celui des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem (ou hospitaliers). Ils étaient à la base responsable d'un hôpital pour les pèlerins fondé au XIème siècle à Jérusalem bien avant les croisades. Il a à ses débuts des activités uniquement hospitalières, d'où son nom. Après la prise de la ville de Jérusalem par les croisés en 1099, ils demandèrent la reconnaissance de leur ordre au Pape en 1113, puis ils devinrent un ordre militaire chargé de protéger les pèlerins, tout en gardant une fonction caritative.

Après l'éviction des Croisés en 1291, l'ordre s'installe à Chypre puis à Rhodes ; expulsé de Rhodes par la conquête turque (début XVIème siècle), l'ordre s'installe à Malte et devient une puissance maritime souveraine. Il est expulsé de Malte en 1798 par Bonaparte et se place sous la protection de Paul Ier de Russie.

Puis avec l'abdication du grand-maître Ferdinand de Hompesch en 1799 et la mort de Paul Ier en 1801, s'ouvre pour l'ordre une période noire qui ira jusqu'à son éclatement en ordres concurrents.

 Il existe encore de nos jours sous le nom d'ordre de Malte, qui se consacre à des actions humanitaires.

Voici différentes formes des croix templières

 

Quant aux templiers, leur ordre a été fondé en 1120 par un chevalier champenois, Hugues de Payns, qui voulait assurer la protection des pèlerins se rendant en Terre sainte prier sur le tombeau du Christ. Les templiers sont les chevaliers du temple, ils étaient donc à la base une "milice du christ" qui avait pour mission de protéger le saint-sépulcre, devenu un ordre pour protéger les pèlerins et les possessions de l’Église. Ils sont appelés templiers, car le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem qui était appelée à tort à l'époque "temple de Salomon".

Cet ordre religieux est reconnu par le pape en 1129. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Après sa suppression en 1312 par le pape Clément V, suite au procès en hérésie et aux attaques lancées par le roi de France Philippe IV le Bel, ses possessions sont remises à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

 

Les chevaliers de ces ordres devaient faire vœux de pauvreté et de chasteté.

Les activités de ces deux ordres sont semblables et leur organisation proche, ont fait, que très souvent on a tendance à les confondre. La plupart des maisons fortes templières sont devenues hospitalières après l'an 1312.

Le château de Douzens, vu du Nord Ouest.

 

DOUZENS ÉPOQUE MOYEN-ÂGE

L'étude de l'histoire de l'Aude se heurte très souvent à la croix pattée à huit pointes.

La ville de Douzens devint une commanderie templière dès le XIIème siècle. Les Templiers eurent, dès les premières années de leur installation en France, de nombreuses possessions dans la partie du Bas-Languedoc, située aux environs de la ville de Carcassonne. De cet ensemble de possessions, ils en formèrent une commanderie, dont la ville de Douzens fut le chef-lieu. Le jour des calendes d'avril de l'année 1132, les trois frères Roger de Béziers, Raymond Trencavel et Bernard Athon, avec l'assentiment et le conseil de la comtesse Cécile leur mère, donnèrent à l'Ordre du Temple un mas situé aux pieds des murs de Carcassonne avec ses habitants.

En 1132, Roger de Villery donne aux Templiers, la ville de Brucafel avec toutes ses dépendances, plus une terre située aux faubourgs de Carcassonne, sous la porte Tolosane.

Le 3 ème jour des Ides d'avril de l'année 1133, une autre donation fut faite par Bernard de Canet, Aymeric de Barbayrac et autres seigneurs, à l'Ordre du Temple de la ville de Douzens et de son territoire. La même année, le vicomte Roger de Béziers, fils aîné de Bernard-Aton, cède au Temple sa villa de Brucafel et tout ce qu'il y possède en hommes, femmes, terres, vignes, et manses.

En 1136, le Temple acquiert la villa de Sainte-Marie de Cours, aujourd'hui disparue, qui était située dans l'actuelle commune de Fajac-en-Val, dans les Corbières, au sud-ouest du mont Alaric.

En 1138, une donation par Raymond et Arnaud de Gaure de tous les fiefs et droits qu'ils possédaient dans la ville de Gaure, et la juridiction de Pomas.

En 1139, une donation par Guillaume Amiel, aux Templiers, de fiefs dans le territoire de Montredon.

Les richesses de la commanderie templière de Douzens ne cessent de s'accumuler. Voici quelques autres donations qui furent faites après 1140, pour vous montrer l'étendue des territoires en leur possession.

En 1147, Roger, vicomte de Béziers fait la donation à l'ordre du Temple de la ville de Campagne.

En 1151, Bernard Raymond fait la donation de tout ce qu'il possédait dans le comté de Carcassonne et de la seigneurie du lieu de Cabriac.

En 1153, B. de Canet et Aymeric de Barbayrac font la donation de l'église de Saint-Jean-de-Carriére.

Raymond de Rieux donne, en 1167, une femme et sa fille avec leur descendance, tandis que Pons de Mollière fait don de Guillaume, berger, et de ses neveux.

Toujours en 1167, une terre est concédée aux frères Bels pour y implanter de la vigne ; mais l'acte précise, que si le rapport est insuffisant, la terre sera reconvertie en labour.

En 1171, Raymond de Cabanac, cède tous ses droits sur la ville et le territoire de Molières.

Le château et l'église de Douzens vus en arrivant du village de Blomac au Nord.

Les donations portent essentiellement sur des terres, des revenus de celles-ci, des rentes et des droits sur la terre.

Les donations affluent durant tout le XIIème siècle si bien que les possessions foncières de la Milice s'étendent le long de la vallée de l'Aude sans pour autant porter ombrage à celles de l'abbaye de Lagrasse.

 

1250, les archives révèlent des lettres du Pape Innocent IV adressées au comte de Poitiers, pour le prier de faire restituer aux Templiers certaines terres dont ils avaient été dépouillés par le sénéchal de Carcassonne.

 

En 1261, les transactions continuent, Bernard de Clermont et Cécile sa femme vendent aux Templiers les territoires de La Calin, d'Escande et de Cabrits, situés dans la juridiction de Cours.

 

En 1325, une sauvegarde royale est accordée à la commanderie templière de Douzens et à ses membres.

 

Après la guerre des Albigeois, la partie principale de la seigneurie de Peyriac fut concédée au sieur de Carmaing, qui, à son tour, la donna, en 1331, à l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, contre la seigneurie de Montricoux, laquelle dépendait de la Commanderie de Vaour. Des lors, le membre de Peyriac fut rattaché à la Commanderie de Douzens.

 

En 1364, des lettres patentes du gouverneur du Languedoc, indiquent que le château et la ville de Peyriac, ayant été usurpés par les ennemis, furent recouvrés par le maréchal d'Audenham, qui les remit aux chevaliers de Saint-Jean.

 

1366, un accord entre le commandeur et les habitants de Douzens stipule que les fortifications de la ville devront être construites à frais communs ; les habitants devront élire pour leur forteresse un capitaine qui prêtera serment au commandeur ; ils garderont les clés de la ville fortifiée, à la condition qu'à l'avènement de chaque commandeur, ils les lui présenteront et reconnaîtront qu'ils les tiennent de lui.

Le commandeur avait la seigneurie temporelle, foncière et directe, avec toute juridiction, des villes de Douzens, de Cabriac, de Fajac en Val, de Saint-Jean-de-Molières, de Magrie, de Campagne, de Peyriac, la seigneurie spirituelle de Salles en Razès, de Notre-Dame-de-Vaux, de Cours, des fiefs et des rentes à Limoux et à Montredon ; son revenu net, en 1751, était de 6.055 livres.

La façade principale Sud du château de Douzens.

Le Commandeur de Douzens y joue toujours le premier rôle ; il y exerce le droit de justice et de police, il choisit sur une liste les trois consuls annuels, il perçoit les droits afférents à sa seigneurie, et notamment un droit de leude.

 

Les commanderies hospitalières de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont des possessions terriennes destinées à procurer des fonds pour soutenir l'action des Hospitaliers en Terre sainte. Une commanderie est un ensemble de bâtiments pour l'essentiel, à destiné agricoles. Dans l'organisation des Hospitaliers il y a trois statuts différents :

 1- Les commanderies sont sous la responsabilité et dirigées par un commandeur et relevant d'un prieur ;

 2- Les baillies sont sous la responsabilité d'un bailli et relevant directement du supérieur de l'ordre ;

 3- Les prieurés sont sous la responsabilité d'un prieur chargé des commanderies relevant de son prieuré et relevant directement du supérieur de l'Ordre.

 

Commanderies, baillies et prieurés ont souvent comme origine une donation d'un seigneur local pour satisfaire à la religion ou de nouveaux chevaliers qui lèguent leurs biens à l'Ordre. Dans le département de l'Aude il y a six commanderies connues : Brucafel , Campagne-sur-Aude, Carcassonne, Cours sur le territoire du village de Fajac en Val, Douzens, et Narbonne.

La mairie et la poste de Douzens. Vous verrez plus loin sur une photo ancienne de 1920, la poste se situait à gauche du bâtiment et à droite autrefois c'était une école de garçons.

Douzens, groupe scolaire et monuments aux morts des grandes guerres.

Ce groupe scolaire existait déjà en 1910, voir photo ancienne plus loin.

Groupe scolaire et monuments aux morts de Douzens.

L'avenue des Corbières à Douzens.

 

LE CARTULAIRE DES TEMPLIERS DE DOUZENS

Le cartulaire de la commanderie templière de Douzens conservé aux Archives départementales de la Haute-Garonne nous renseigne entre autres, sur ces donations, il comprend soixante-dix-huit actes d'achat et d'échange, dont l'intérêt est grand dans la politique de remembrement du patrimoine templier. Il renferme en tout 207 documents datés de 1110 à 1183. Ce cartulaire de Douzens contient aussi trente-cinq actes couvrant la période de 1141 à 1182, ils mentionnent des informations concernant l'aménagement hydraulique de l'Aude et de ses affluents, la construction de moulins terriers à roue. Les documents de ce cartulaire sont mis sous scellés en 1793, le fonds de l'ordre de Malte (qui avait recueilli les archives des Hospitaliers, administrateurs de la commanderie de Douzens depuis 1313) ne fut transféré que vingt ans plus tard aux archives de la Haute-Garonne. Les documents ont subis des déménagements et l'usure du temps, ont fait que les manuscrits ne nous sont pas parvenus intacts. Puis ils ont disparu dans les années 1920, puis retrouvé en 1946 suite à un inventaire. Depuis, de nombreux scribes rédacteurs ont traduit les actes originaux de ce cartulaire. Une édition rassemblant toutes ces informations a été publiée en 1965.

Voici un exemple de page de ce cartulaire de Douzens

 

LISTE DES COMMANDEURS DE DOUZENS

Joseph Montlaur maire de Douzens dans les années 1935 a établi une liste et armorial des commandeurs de Douzens de 1313 et1791. Les blasons dans l'édition n'ont pas de couleur, après recherches j'ai retrouvé certains armoriaux colorés que je mettrais ci-après. Il faut savoir qu'au blason d'origine de ces chevaliers, une croix blanche sur fond rouge fut rajoutée en haut de leur écu à partir du moment où ils entraient dans l'ordre.

 

Les premiers étaient des templiers jusqu'en 1298 :

        1132 - 1133 Hugues de Rigaud.

        1138 Armand de Bedous.

        1152 Pierre de Sainte-Suzanne.

        1165 Jean de Selve.

        1173 - 1178 Bertrand de Mayrac.

        1182 - 1184 Izarn de Molières.

        1210 Guillaume de Moissac.

        1244 Guillaume Othon.

        1248 - 1251 Pons de Castelnau.

        1274 Hugues de Santhès.

        1289 - 1291 Bernard de Combret.

        1298 Ithier de Rochefort, il sera torturé en 1308 par les hommes de Philippe le Bel pour qu'il avoue son idolâtrie.

 

Puis vint les commandeurs Hospitaliers :

        1313 Aymery de Thurey ou Thury. Le 22 novembre 1321, le Grand Prieuré de Saint-Gilles lui fut conféré par le Grand-Maître Elion de Villeneuve. Aymery de Thurey est un descendant de Lambert de Thury ou Thurey, chevalier français qui, en 1209, vint en Languedoc avec l'armée des Croisés pour exterminer les hérétiques albigeois. Il devint l'un des lieutenants de Simon de Montfort.

Blason d'Aymery de Thurey

        1322 - 1327 Jean de Bogie ou Bogia.

        1323 Raymond de Monstier.

        1331 Jean de Villeneuve.

        1334 Bernard Olit.

        1358 Bertrand de Puget. Devint le 25 Décembre 1365, Grand - Commandeur de Naples, Manosque et Beaulieu.

        1366 Hugues de Puget. Succéda à son frère à la Commanderie de Douzens. Mourut en 1381 (suivant une Bulle du 1er Février 1381). Les Commandeurs de Puget étaient fils de Guillaume V de Puget, seigneur de Saint-Alban, Puget-Thénier, Auvarre, Massoin, Flayose, chevalier, Viguier de Marseille, chambellan de S. M. la reine Jeanne de Naples et de Béatrix d'Esparron. Il a les mêmes armes (blason) que Bertrand de Puget, son frère.

        1375 Bernard de Gaujac.

        1380 Bernard de Montaut.

        1383 Pierre de Boysson ou Boyssonnis.

        1390 Pierre de Boysson, Prieur de Rhodes.

Blason de Pierre de Boysson

        1407 Pierre de la Balme ou Balma.

        1421 - 1427 Gaillard de Capdenac.

        1435 Arnaud Mercader ou Mercadier.

Blason d'Arnaud Mercader

        1439 Arnaud de Marsan.

        1446 Jean de Castelnau.

        1476 - 1477 Bernard Tabolh ou Tabula.

        1478 - 1490 Jacques de Pins. Il prit part à la défense de Rhodes le 23 Mai 1480.

Blason de Jacques de Pins

       1511 Bernard de Montilio.

      1525 - 1528 François de Latour de Provence. Son frère Gabriel de Pomeroles de Provence, fut grand - prieur de Saint-Gilles, tué au siège de Rhodes, en l'an 1522, il a les armes (blason) semblables à celles de François de Lafour de Provence.

     1538 - 1545 Foulques de Caritat. Il était le fils de Guy de Caritat écuyer, citoyen de la ville d'Oran et de Philippine de Cordière. Devint, le 9 Février 1540 Grand-Commandeur.

       1545 - 1552 Martial de Corneilhan.

Blason de Martial de Corneilhan

        1564 Lucien de Cays. Il était fils de Louis Cays, écuyer de la ville de Nice, et de Jeanne de Castellane d'Aluis.

        1567 Octavien de Baschi. Fils de Louis de Baschi, seigneur de Saint-Estève et Thouars et de Melchionne de Matheron. La Maison de Baschi est originaire d'Italie, alliée aux Médicis, aux Borromée, aux Piccolomini.

        1582 - 1598 Jean de Villeneuve-Chastuel.

        1611 Jules de Montmorency (bâtard).

        1620 Jean d'Escalles.

        1623 - 1626 Christophe de Saytre-Gaumont. Il était fils de Louis de Saytres, seigneur de Gaumont, au Comté-Venaissin et de Marguerite de Berton de Crillon. En 1624, il devint Commandeur d'Argentein et devint la même année bailly de Manosque.

        1644 - 1652 Honoré de Grasse-Montaurion. Berceau de la famille au château du Bar près de Grasse (Alpes Maritimes).

        1663 Jean d'Arpajon. Il était fils de Jean, Baron d'Arpajon et de Sévérac en Rouergue et de Jacquette de Castelnau de Clermont-Lodève. En 1644, frère Jean d'Arpajon devint Grand-Commandeur et le14 Juillet de la même année, fut nommé Grand-Prieur de Saint Gilles. D'Arpajon mourut à Millau, le 10 août 1677, des suites d'un accident. La maison d'Arpajon est issue de la première race des comtés de Rodez. Le frère aîné du Commandeur, Louis, devint maréchal de camps puis lieutenant-général des armées du roi en 1641, il fut fait duc et pair en 1650 et ministre d'Etat en 1653. Les biens des d'Arpajon passèrent par alliance aux de Gontaut duc et maréchal de Biron, et, après la Révolution, à un neveu de Béthune-Chârost.

        1666 Joseph de Panisse d'Oiselet. Il était fils de Jean-François de Panisse, baron de Montfaucon et seigneur d'Oiselet, en Languedoc et d'Antoinette d'Urre Molans. En 1676, à là mort du bailly André de Clémans, Joseph Panisse d'Oiselet, Commandeur de Douzens, devint Bailly de Manosque.

        1676 - 1679 Thomas de Villages. Il était fils de Thomas de Villages, écuyer citoyen de Marseille, et de Marguerite Decouvet de Trets.Il fut Commandeur de Trinquetaille, et le 22 Janvier 1684, devint Grand-Commandeur et Lieutenant en Provence. Il mourut à Malte, le 29 Janvier 1689.

        1657 - 1691 Cosme d'Astouard Velleron.

        1693 - 1705 Gaspard de Vente de Penes. Cette maison est venue de Gênes.

        1711 - 1715 Jean Georges de Caulet. Au XVIIIème siècle, Tristan de Caulet est marquis de Gramont.

Blason de Jean Georges de Caulet

           1716 - 1718 Charles de Sade ou de Fabre de Mazan.

      1725 Jean Hyacinthe de Laignes de Junius. Originaire du Lauraguais (Seigneur de Saint-Rome). Le Commandeur Jean Hyacinthe de Laignes de Junius présenta en justice copie d'un contrat de 1331, portant échange des terres de Montricoux et de Peyriac et mentionnant le droit de leude au profit du seigneur, ensemble quatre baux du droit de péage, de 1620, 1643, 1666 et 1714.

     1731 - 1738 Bernard de Roquette Buisson. Il devint bailli de Manosque. Les Roquette - Buisson possédèrent du XIVème siècle jusqu'en 1789, la seigneurie de Baraigne.

         1746 François de Raymond d'Eaulx.

•        1750 - 1753 Jean Sébastien de Varaigne de Bélesta de Gardouch. Il était le fils de noble Charles de Varaigne et de Marie de Roquefort de Marquein. Il était le neveu de Charles de Roquefort, Grand Prieur de Toulouse.

        1771 - 1776 Anne Etienne Gaspard de Lezay de Marnésia.

       1777 Jean Antoine Joseph Charles Elzear Riquetti de Mirabeau. Né le 8 Octobre 1712. Commandeur de la Grand-Croix de Saint-Jean de Jérusalem. Oncle du grand tribun de la Révolution. Dernier Commandeur de Douzens. La même famille avait donné l'illustre créateur du Canal du Languedoc.

L'entrée principale au Sud du château de Douzens, avec ses deux tours carrées.

 

LE CHÂTEAU DE DOUZENS

L'ordre religieux des hospitaliers de saint Jean de Jérusalem recueillit la seigneurie de Douzens dans la succession des chevaliers du Temple. Il la posséda jusqu'à la confiscation de 1790. Le seigneur commandeur de Malte avait la justice haute, moyenne et basse.

Le château a été complètement restauré au début du XXème siècle et ne possède rien d'ancien. Ce château est privé et ne se visite pas.

On remarque seulement au-dessus d'une porte sur la terrasse, un blason incrusté dans le mur. Il est en relief et de forme elliptique. C'est un écu fretté, chaque partie chargée d'un écu, au chef chargé d'une croix, d'après la science du blason de Magny, les écus indiqueraient un ordre militaire, on en conclut que ce blason pourrait être celui d'un chevalier de la Commanderie de Dou zens. Mais ce n'est pas le blason d'un simple chevalier, mais bien celui du Grand Maître Helion de Villeneuve, élu Grand Maître de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem en 1319 et mort en 1346. Mais il y a une remarque qui fut faite sur ce blason indiquant que le blason des de Villeneuve était bien antérieurement au Grand Maître Hélion, en possession de la famille provençale de ce nom.

Blason gravé dans la pierre et incrusté dans le mur du château de Douzens.

La façade Nord du château de Douzens avec ses deux tours rondes, alors qu'au Sud elles sont carrées.

Autre photo de l'entrée principale du château de Douzens.

Façade Nord du château de Douzens, photo prise du chemin de ronde.

On constate selon l'étude héraldique de ce blason, que les hachures conventionnelles des couleurs sont naturellement absentes de cette pierre armoriée par ce que les hachures sont venues très postérieurement à cette époque. Cette œuvre ayant été réalisée vraisemblablement par un tailleur de pierres local, elle ne traduit pas la forme exacte des lances, car il aurait été bien difficile de donner un fretté sur pierre, pour l'enlacement héraldique de bandes et de barres que cette figure comporte.

Dans les années 1920, cette pierre historique était incrustée dans un mur vulgaire, longeant la voie ferrée et exposée ainsi à toutes les intempéries, c'est M. Joseph Montlaur qui lors de la restauration de son château entre 1920 et 1930, a restitué à cette vénérable pierre, à peu près la place qu'elle occupait à l'origine, car ce blason d'un grand maître, devait surmonter l'entrée principale du château.

On suppose qu'Hélion de Villeneuve est le constructeur du château et de l'église de Douzens, primitivement chapelle du château.

Cette famille eut une branche : les de Villeneuve-Bargemont, dont il y avait encore de la survivance à Paris et à Avignon dans les années 1930. C'est l'auteur de cette branche qui obtint en 1506 du roi de France Louis XII d'ajouter en cœur du blason ancestral, un écusson d'azur, chargé d'une fleur de lis d'or. C'est une concession octroyée après la bataille de Marignan.

L'entrée principale du château et à droite, l'église Saint Vincent de Douzens.

Le grand maître Hélion a-t-il habité le château de Douzens qu'apparemment il avait fait construire ? On ne peut, sur ce point, que rester dans le domaine des hypothèses, mais on ne serait pas surpris que notre personnage eût fait sa résidence à ce siège de Commanderie, du moins momentanément. Hélion, élu en 1319, ne rejoignit l'Ile de Rhodes qu'en 1336. Dans cet intervalle, de 17 ans, il resta en Provence ou en Languedoc, soit à cause de son état de santé, soit à cause de l'arrangement des affaires de l'Ordre qui, à ce moment-là, par suite des dernières guerres avec les Turcs, n'étaient pas financièrement brillantes.

Dans cet intervalle aussi, il tint un chapitre général à Montpellier.

Il est à remarquer que la Commanderie de Douzens était particulièrement affectionnée de l'Ordre puisque, en 1567, nous voyons un allié de la famille de Villeneuve : Octavien de Baschi, commandeur de Douzens.

Hélion de Villeneuve naquit vers l'an 1270, d'Arnaud de Villeneuve, dit le Grand, et d'Aigline de Sabran, tante de Saint-Elzéar. Aigline était apparemment la seconde femme d'Arnaud.

Hélion avait une sœur de sept ans plus âgée que lui et dont la mère, Sibille d'Uzès, était de la Maison de Sabran. Cette sœur d'Hélion se nommait Rossoline ou Roseline. Elle mourut en 1329. L'Eglise l'a placée sur les autels sous le nom de sainte Roseline. On lui attribue durant sa vie d'être intervenue plusieurs fois pour faire cesser l'hérésie des Albigeois.

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, héritier de celui des Templiers, possédait des biens immenses comme on a pu le voir ci-avant.

L'entrée principale du château et à droite, l'église Saint Vincent de Douzens.

Dans la base Mérimée je n'ai pas trouvé ce château classé au titre des monuments historiques. La famille Montlaur possédait le château au début du XXème siècle, Joseph Montlaur maire de Douzens en 1937 en était le propriétaire à l'époque, je ne sais pas si ce château est resté dans cette famille de nos jours. Peut-être recevrais-je des infos, suite à la publication de ce reportage. N'hésitez pas à me contacter pour partager vos éléments historiques afin de compléter cet article.

L'église Saint Vincent à Douzens.

 

L'ÉGLISE DE DOUZENS

L'église de Douzens est dédiée à saint Vincent. La cure était occupée autrefois par un vicaire perpétuel, dont la congrue était payée par les chevaliers de Malte. L'évêque de Carcassonne nommait à la cure et percevait le tiers de la dîme; les deux autres tiers appartenaient aux chanoines réguliers de Sainte-Geneviève de Cassan au diocèse de Béziers. Par décret du 11 prairial an XII, l'église fut érigée en succursale dépendant du doyenné de Trèbes et comprenant Comigne de 1807 à 1854.

L'église Saint Vincent avec sa petite placette devant, à Douzens.

L'église de Douzens, orientée régulièrement de l'Est à l'Ouest, comprend une large nef de quatre travées précédée d'une abside polygonale à sept pans. Cet édifice, bien qu'entièrement remanié, offre cependant quelques vestiges des parties anciennes. Ces parties anciennes de l'église de Douzens, étaient primitivement celles de la chapelle du Château, elles ne sont pas antérieures au XIVème siècle, il est permis de supposer que sa construction date de la même époque du grand maître dont le blason décore aujourd'hui une porte d'entrée du château et dont il est parlé plus haut.

La longueur totale de l'église est de vingt-trois mètres. Le sanctuaire a une largeur de huit mètres soixante-quinze. La nef mesure seize mètres dix sur neuf mètres trente-cinq de largeur. La voûte a une hauteur de neuf mètres cinquante.

La nef possède une voûte récente en briques sur croisées de pierres. Seuls les doubleaux sont peut-être anciens. L'abside paraît avoir des ogives anciennes. Celles-ci retombent sur des chapiteaux polygonaux dont quelques-uns sont à deux rangs de feuillage. Cinq longues fenêtres très simples, éclairent le chevet.

La nef est bordée par quatre chapelles du côté de l'évangile, et par trois du côté de l'épître ; la deuxième travée étant occupée par la porte. Ces chapelles datent de différentes époques. Les plus anciennes sont celles qui touchent le sanctuaire.

L'église Saint Vincent à Douzens.

Dans la quatrième chapelle de droite, une clef de voûte porte l'agneau détourné. Dans la troisième, deux consoles sculptées : une du côté du sanctuaire des anges agenouillés portant un blason orné de la croix de Malte ; et une du côté du fond de l'église, on peut voir un animal fabuleux, sorte de taureau dévorant un homme, en face de l'animal, un guerrier tenant un bouclier, semble le combattre pour délivrer son compagnon. La présence de cette sculpture dans l'église de Douzens, présente un très grand intérêt et constitue une date indiscutable. La scène représente un épisode qui eut un retentissement universel et qui se produisit sous la maîtrise du grand maître Hélion de Villeneuve, c'est-à-dire de 1319 à 1346.

A cette époque, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, n'était pas dans l'île de Malte, mais dans celle de Rhodes. Un monstre énorme et dont on ne connaissait pas encore la nature, ravageait l'île de Rhodes, bêtes et gens en étaient les victimes et les chevaliers qui s'essayaient de le combattre, ne reparaissaient plus. Finalement, le grand maître interdit dorénavant à ses chevaliers, de poursuivre la lutte avec le monstre. Cependant un des chevaliers, originaire de Provence, Dieudonné de Gozon, ne craignit pas d'enfreindre la consigne et d'attaquer le monstre en usant d'un stratagème auquel nul avant lui, n'avait songé. On avait remarqué en effet que le monstre couvert d'écailles très grandes et très épaisses ne pouvait pas être atteint par lances, épieux, épées, etc. Si l'on pouvait l'amener à se coucher sur le dos et à présenter ainsi la partie du corps privé d'écailles, il y aurait une chance à le transpercer. Gozon imagina donc de faire intervenir de gros chiens formés dans ce but et la manœuvre réussie, le monstre présenta son ventre et Gozon s'empressa de le transpercer. Le monstre n'était qu'un crocodile énorme. L'île de Rhodes en fut pour toujours délivrée. Mais Hélion de Villeneuve, inflexible sur les principes déclara que pour un chevalier, l'observation de la règle, l'obéissance aux ordres du supérieur, étaient plus précieuses que la vie humaine et Gozon dut quitter l'ordre.

Mais le grand maître revint quelque temps après sur son intransigeance, de Gozon rentra dans la milice et à la mort d'Hélion de Villeneuve, survenue, en 1346, les chevaliers éliront pour leur grand maître : Dieudonné de Gozon qui gouverna l'ordre de 1346 à 1353.

Cette famille noble n'est pas étrangère à notre région et même à la Cité de Carcassonne. Par suite de son alliance avec la Maison de Montcalm, nous avons eu comme dernière abbesse de Rieunette, Louise de Montcalm-Gozon et au XVIIIème siècle, nous voyons en compagnie du chevalier de Lévis et d'un de Rigaud de Vaudreuil, un de Montcalm-Gozon, dans les derniers défenseurs du Canada.

Les chapelles du côté gauche offrent peu d'intérêt. Signalons seulement deux consoles à tête humaine dans la troisième.

  

Le porche de l'église Saint Vincent à Douzens.

La porte qui s'ouvre dans l'axe de la deuxième travée est surmontée de quatre voussures retombant, l'externe sur des modillons en forme de têtes, les trois autres sur des chapiteaux très simples, gros tore sur une corbeille cylindrique. Les colonnes sont également cylindriques. Au-dessus de la porte, on remarque deux corbeaux qui semblent avoir soutenu un toit protégeant rentrée.

Un clocher arcade à deux baies couronne le mur du fond ; il possède deux cloches.

La petite cloche d'un diamètre de 0,85m portant l'inscription suivante en capitales gothiques, les mots séparés par des triples points :

+ XPS : VI\CIT : XPS : REGNAT : XPS : IMPKRAT : XPS : ABOMNIM : ALO : ; + NOS : DKFÉNDAT .

Pas de nom de fondeur. En ce qui concerne l'ornement on peut voir quatre fois la représentation de saint Vincent, tenant dans la main droite un livre et dans la main gauche une palme de martyr.

La grosse cloche d'un diamètre de 1 mètre datant seulement de 1889, fondue par Monet de Lyon. Elle porte l'inscription suivante : "Je m'appelle Marie Louise Vincent".

Détails sur les voussures du porche de l'église Saint Vincent à Douzens.

Modillons en forme de têtes ornant les voussures retombant, restaurés récemment.

Modillons en forme de têtes ornant les voussures retombant, restaurés récemment.

En 1774, frère Antoine-Joseph Elzéar de Riquetti-Mirabeau, de la même famille provençale qui avait donné l'ingénieur Paul Riquet et qui donnait le fameux tribun révolutionnaire Mirabeau, était commandeur de Douzens.

Lors d'une visite d'inventaire effectuée par les Commissaires de l'Ordre sur les Commanderies et de leurs possessions, un rapport relatif à l'église de Douzens, mentionne ceci : "que le Commandeur en est le curé primitif, et que dans le sanctuaire se trouve le banc du seigneur qui est à dossier et à accoudoir et qui a sur le milieu, la croix de l'Ordre à huit pointes, sculptée et peinte en blanc, sur fond de gueules".

 

LES MOULINS A GRAINS ET LES MOULINS DRAPIERS A DOUZENS

A Douzens, plusieurs documents désignent des moulins à grains construits avant 1133. Il y a à cette époque au moins trois moulins constituant cette meunerie qui sont de véritables usines destinées à moudre les céréales. La première minoterie n'appartient pas à la Milice, elle a été construite bien avant leur arrivée, le Temple décidera de l'acheter en 1152.

Vestige d'un moulin situé au Sud-Ouest du village de Douzens au lieu-dit "Moulinasse".

Il y avait aussi des moulins drapiers sur le territoire de Douzens, à un endroit bien précis portant le toponyme d'Arrapesac ("Rapasacs ou ad Arrapasacos ou Rapa Sax"). Le nom de cet endroit implanté sur la rive droite de l'Aude n'est pas parvenu jusqu'à nous.

C'est le 8 octobre 1152 que l'on trouve la première mention de ceux-ci, car les templiers acquièrent des droits sur une rive de l'Aude afin d'y installer un grand bief destiné à la digue de leurs moulins.

Autre photo des ruines du moulin situé au Sud-Ouest du village de Douzens.

Une photo du tombeau d'Henry Bataille situé à Moux, proche du village de Douzens à l'Est.

Henry Bataille est un dramaturge et poète français, né à Nîmes le 4 avril 1872 et mort le 2 mars 1922 à Rueil-Malmaison, dans sa propriété du « Vieux Phare ».

Son tombeau à Moux (Aude) est une fontaine de marbre Renaissance sur laquelle se trouve une reproduction du Transi de René de Chalon réalisée par le sculpteur animalier François Pompon. Il est placé devant la crypte familiale, derrière un enclos où sont placés différents poèmes de Bataille.

 

Suivant la tradition de ce site, voici quelques photos anciennes de Douzens :

Douzens, la route Nationale en 1910.

Douzens, le grand Boulevard en 1905.

Douzens, le grand Boulevard en 1910.

Douzens, la rue des Poilus en 1910.

Le village de Moux proche de Douzens.

Douzens, l'avenue de Carcassonne en 1910, à gauche le poids public.

Le même endroit que la photo ci-dessus et les suivantes, Douzens, l'avenue de Carcassonne de nos jours.

Douzens, l'avenue de Carcassonne en 1910.

Douzens, route Nationale ou l'avenue de Carcassonne en 1910, avec la rue du Barry à gauche.

Douzens, la gare en 1910.

Douzens, l'avenue de la gare en 1910.

Douzens, l'avenue de la gare, la même photo que ci-dessus mais colorisée, en 1910.

Douzens, le groupe scolaire en 1910, il existe encore de nos jours.

Douzens, le château de M. Montlaur en 1910, la façade Nord.

Douzens, le château la façade principale au Sud, en 1905.

Douzens, le château de M. Montlaur en 1910, la façade Nord.

Douzens, le château la façade principale au Sud, en 1905.

Douzens, la poste, la mairie, et école de garçons en 1920.

Douzens, une vue générale en 1950.

Douzens, l'église Saint Vincent en 1950. 

Douzens, la rue du Barry en 1950.

N'oubliez pas que l'Histoire continue à exister, même lorsque la dernière page d'un reportage est tournée ...

 

Références bibliographiques : Recherches dans des archives diverses, bibliothèques en ligne, Cartulaires des Templiers de Douzens, Histoire du grand prieuré de Toulouse, publications du SESA, mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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