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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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17 octobre 2016

 

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Dans cette seconde partie je vous propose de découvrir le patrimoine historique du village de Bélesta. Je vais très certainement omettre des informations, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur. N'oubliez pas, ce reportage a été réalisé en trois parties du fait de la quantité de photos proposée.

Je constate que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

 

Bélesta, l'intérieur de l'église Saint-Blaise.

 

L'ÉGLISE SAINT-BLAISE

 

L'église paroissiale date du XVIème siècle, contigüe avec le château et le parc.

L'église fut un temple protestant au temps de Jean Jacques de Lévis de Léran d'Audou.

Mentionnée dans les textes à partir de 1318, l'église n’est qu’une chapelle intra-muros jusqu’à la fin du XVIème siècle, alors que Notre-Dame du Val d’Amour est l’église paroissiale. Ce rapport s’inverse en 1599, lors du rétablissement du culte catholique dans la commune.

Bélesta, le fronton de l'église Saint-Blaise.

  Bélesta, le clocher mur de l'église Saint-Blaise.

Bélesta, l'église Saint-Blaise la statue de la Vierge Marie dans le vestibule de l'église. 

Bélesta, la nef de l'église Saint-Blaise.

  Bélesta, le collatéral (du latin médiéval collateralis) Sud, avec la Vierge et l'Enfant. 

Bélesta, le collatéral (du latin médiéval collateralis) Sud, avec la Vierge et l'Enfant. 

Bélesta, l'autel et le retable du XVIème siècle du l'église Saint-Blaise.

  Bélesta, la nef et le balcon de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, la nef et le balcon de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, le choeur avec l'autel de marbre et le retable de l'église Saint-Blaise.

Bélesta, le choeur avec l'autel de marbre et le retable de l'église Saint-Blaise.

Bélesta, peinture sous la voûte du collatéral Sud de l'église Saint-Blaise.

Bélesta, peinture sous la voûte du collatéral Sud de l'église Saint-Blaise.

 Bélesta, peinture sous la voûte du collatéral Sud de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, le collatéral Sud de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, La nef, le collatéral Nord et le choeur de l'église Saint-Blaise. 

 Bélesta, le choeur et la nef de l'église Saint-Blaise.

Bélesta, le choeur et la nef de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, le cul-de-lampe peint supportant les nervures de voûtes de l'église Saint-Blaise.

Le 7 novembre 1607 eut lieu la fonte de deux cloches sur la pace du village. Le 25 novembre la grosse cloche fut bénie en l'honneur de Dieu et de Notre Dame, et la petite en l'honneur de Dieu et de Saint Blaise. Elles furent montées au clocher le lendemain. La troisième cloche fut offerte par le Chapitre de Mirepoix.

En 1612, construction du clocher et réparation de l'église qui fut blanchie et les murailles refaites.

Divers travaux d’agrandissement et de rénovation effectués au fil du temps lui confèrent son aspect actuel : reconstruction du clocher, agrandissement du chœur, adjonction des chapelles nord et du collatéral sud, etc.

Très beau retable du XVIème siècle.

 Bélesta, vitrail représentant Saint-Blaise. 

Bélesta, vitrail représentant Saint-Blaise. 

Bélesta, vitrail représentant Sainte-Lucie dans l'église Saint-Blaise.   

Bélesta, vitrail représentant Saint-Thomas dans l'église Saint-Blaise. 

 Bélesta, vitrail représentant Saint-Roch de l'église Saint-Blaise.

Bélesta, le bénitier en marbre gris bleuté de l'église Saint-Blaise.

Bélesta, la nef et collatéral Sud de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, le collatéral Sud de l'église Saint-Blaise.

  Bélesta, chapelle du collatéral Nord de l'église Saint-Blaise

Bélesta, chapelle du collatéral Nord de l'église Saint-Blaise

Bélesta, bas relief de l'autel d'une des chapelles de l'église Saint-Blaise.

  Bélesta, bustes de différents Saints répartis sur le pourtour du chœur de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, hommage aux morts de Bélesta pendant la guerre 1918-1918.

  Bélesta, statue de Saint-Antoine de Padoue dans l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, l'église Saint-Blaise, la chapelle Sainte-Thérèse et l'Enfant Jésus. 

Bélesta, le balcon de l'église Saint-Blaise. 

Bélesta, chapelles de l'église Saint-Blaise.   

Bélesta, chapelles de l'église Saint-Blaise. 

Les vitraux ont été fabriqués par des ateliers toulousains aux XIXème et XXème siècles. Ceux de l’abside sont signés Toulouse/Pierre Bordieu l'Ainé - 1853, tandis que les verrières dédiées à saint Thomas, sainte Lucie et saint Gaudéric dans le collatéral sud, ont été réalisées par Henri Gesta en 1922. Fils du célèbre Louis-Victor Gesta, il puise ici son inspiration dans le Moyen Âge. Dans les années 1940, René Gaillard-Lala, peintre de Montauban, a exécuté les décors de la voûte du collatéral sud, ceux de la chapelle du Sacré Coeur de Jésus et du chemin de croix et ceux également de la chapelle Notre-Dame du Val d’Amour. Hormis les fonds baptismaux dus à Victor Lannes de Bélesta, les peintures des autres chapelles sont l’oeuvre de Charles Steelandt (1894-1974), de l’école de Bruges.

Les fonds baptismaux sont antérieurs au XVIème siècle.

Les reliquaires ont été offerts par Eugène Belot de la Digne en 1806.

 

Bélesta, le village vu de l'église Notre-Dame du Val d'Amour.

Bélesta, le village vu de l'église Notre-Dame du Val d'Amour.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour.

Bélesta, l'entrée l'église Notre-Dame du Val d'Amour.

  Bélesta, le clocher mur l'église Notre-Dame du Val d'Amour. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, la statue de la Verge Marie.

Bélesta, l'entrée l'église Notre-Dame du Val d'Amour et le petit cimetière à gauche.

 

NOTRE-DAME DU VAL D'AMOUR

Notre-Dame du Val d'Amour repose sur la butte "Coste d'Amour" surplombant le ruisseau "l'Amourel" d'où son nom. La chapelle date du XIVème siècle. Construite avant 1318, elle est l'église paroissiale de Bélesta jusqu'au XVIIème siècle.

En novembre 1622, Gabriel de Lévis en colère parce que son fils fut fait prisonnier lors de combats à Varilhes, détruisit l'église du Val d'Amour. Elle fut reconstruite au XVIIème siècle et en 1824.

Le 9 août 1822, un incendie détruisit la chapelle du Val d’Amour que l’on reconstruit, pour l'anecdote le duc de La Rochefoucauld propriétaire à l'époque de la forêt de Bélesta refusa de fournir le bois nécessaire à la reconstruction. 

Bélesta, l'accès à l'église Notre-Dame du Val d'Amour. 

Bélesta, l'accès à l'église Notre-Dame du Val d'Amour. 

Bélesta, la statue de la Vierge Marie marquant l'accès à l'église Notre-Dame du Val d'Amour. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, entrée latérale. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, entrée latérale. 

  Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, sur les murs, différentes inscriptions sont gravées dans la pierre. Celle-ci porte une date : 1676.

Suite à une demande dans les commentaires j'ai tenté une traduction des 3 inscriptions gravées en latin, qui vaut ce qu'elle vaut. Les f sur certaines gravures correspondent à des s.

Diruta Qui Nuper Fleb
As Sacrae Istius Aedis
Moenia Si Qua Visint
Reparata Petis
Haeresis Hoc Templum
Multo Destruxerat Igne
Sponsa Dei Paucis
Raedificavit (erreur Aedificavit) Aquis
1676

Traduction :
Il a pleuré récemment démoli,
À partir de ce temple sacré,
Si les murs de cette visite,
Revendication renouvelée,
Ce Temple hérésie,
Une grande partie détruite par un incendie,
Quelques-uns de la mariée,
Eaux bâtis.
1676

1676 date de sa reconstruction après sa destruction au moment des guerres de religion par les huguenots.
 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, sur les murs, différentes inscriptions sont gravées dans la pierre.

In Terra Et Aqua
Natural Latet
Ferro Et f(s)ole Nro
Natura Patet

Traduction :
Dans la terre et de l'eau
Naturel caché
Fer et soleil …
La nature est.

 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, sur les murs, différentes inscriptions sont gravées dans la pierre. Celle-ci porte une date : 1676.

Hic Ager Ef(s)t Mortis Lector
Tua Fata Reuolue
Raptus Ab Inuif(s)a Morte
Dolore Solet
Qui Modo Circumf(s)tant Hac f(s)ub
Tellure Reposti
If(s)ta Monent Et Aiunt
Mors Prope Dif(s)ce Mori
Vigilatequie Nef(s)citis Diem
Neque Horain Math. C. V.

Les f sont à remplacer par des s
Traduction :
Ce champ est mort lecteur. 
Votre sort révolu arraché à la mort odieuse,
Il a été emmené à la mort invisible,
Habituellement la douleur,
Il entoure ce sujet le repos de la terre,
Elle vous demande de dire,
Mort à proximité. En savoir plus,
Regarder calme connaître jour,
Ni Horain Math. (Mathieu) C. V.  date 1676

 

Si vous avez une autre proposition pour ses 3 traductions contactez-moi.

  Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, croix en pierre du cimetière accolé à l'église. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, croix en pierre du cimetière accolé à l'église. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, décor représentant l'inondation de Bélesta du 23 juin 1802.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, décor représentant la guérison de trois jeunes aveugles.

  Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, la nef et le balcon. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, les décors du plafond voûté peint. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, décor représentant les villageois rebâtissant le village après les inondations de 1802.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, vitrail.  

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, décors peints. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, décor représentant les villageois rebâtissant le village après les inondations de 1802.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, l'autel en marbre blanc, au centre, la Vierge au coeur d'or avec au-dessus cette inscription "pignus amoris" qui veut dire "en témoignage de son amour". Aux pieds de la Vierge ces initiales "F.T.F.F.".

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour.

  Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, vitrail.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, bénitier en marbre gris bleuté. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, la nef et le balcon.

Le sanctuaire marial Notre-Dame du Val d'Amour connut une grande popularité.

Inscription datant de 1676 sur le portail Sud, un texte émanant du roi Philippe de Valois le désigne en 1331 sous la dénomination de "ecclessia béatate Mariae Vallis Amoris cum céméterio justa caput ipsius écclésiae". 

En 1949, René gaillard-Lala (1893-1974) de Montauban a peint sur les murs l'histoire du site, les stations du chemin de croix, divers blasons, ainsi que les quatre évangélistes. Comme à Rieucros et à La-Bastide-sur-l'Hers, on lui doit aussi le mise en scène des litanies de Marie, sur la voûte. Le vitrail du chevet, exécuté en 1890 par le toulousain Paul Chalon, représente l'Assomption de la Vierge dite "de Soult". Ce modèle, inspiré d'un tableau sévillan de 1678, a été très diffusé au cours de XIXème siècle. Les autres vitraux, réalisés en 1949 et signés de l'atelier grenoblois d'Antoine Bessac, illustrent la vie de la Vierge et les églises des proches communes.

 Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, la descente dans la crypte. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, l'autel de la crypte. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, la source se trouvant au fond de la crypte. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, statue en bois de la Vierge noire se trouvant dans la crypte. La Vierge noire de l'église du Val d'Amour, statue de bois plein d’une cinquantaine de centimètres. Cette statue fut retrouvée lors de travaux dans un immeuble abritant il y a quelques années un boulanger, elle avait disparu à la Révolution. La statue est apparue au milieu des gravats alors que l'on cassait les murs dans le grenier. La statue était bien protégée, enveloppée dans des tissus. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour,  vitrail de l'église. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, chemin de croix décorant le pourtour de l'église.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, le blason de la famille de Lévis.  

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, le blason de la famille du comte Gaston III de Foix-Béarn avec sa devise "Tòca-i se gausas" qui signifie :Touches-y si tu oses. 

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour, le blason de Bélesta.

On peut voir dans la crypte Val d’Amour, une source  réputée pour ses vertus guérisseuses ; ainsi que des inscriptions lapidaires datant de 1676. Un pèlerinage a lieu tous les lundis de pentecôte.

Selon la légende, la chapelle fut construite par une princesse dont la fille aveugle avait été guérie par l’eau de la source qui se trouve dans la crypte, sous le maître autel. Au XVème siècle un berger y aurait été également guéri de ses ulcères.

 
 

LE CHÂTEAU DIT "VIEUX" DE BÉLESTA

Le château médiéval du XIIème siècle est situé au centre du village. 

Bélesta, le château Vieux accolé à l'église Saint-Blaise.

​​​​​​​Bélesta, le château Vieux accolé à l'église Saint-Blaise, façade Ouest.

Bélesta, le château Vieux, façade Est.

Bélesta, le château Vieux, façade Est.

Bélesta, le château Vieux, façade Est.

Bélesta, tourelle d'angle du château.  

Bélesta, la tour escalier du château. 

Bélesta, tourelle d'angle du château Vieux.

Bélesta, le château Vieux, façade Nord.

Bélesta, porche un des accès au château Vieux.

Le château dit "vieux" situé dans le village de Bélesta, le long de la route de Quillan, face aux jardins. Sa construction date probablement en même temps que celle du village. Le château a subi plusieurs remaniements. Certaines fenêtres à meneaux évoquent le tournant du XVème siècle, d'autres sont plus tardives. La tourelle d'angle ainsi que certaines ouvertures et bouches à feu illustrent la période des guerres de Religions, deuxième moitié du XVIème / début des XVIIème siècles.

On sait qu'en 1612, Louise de Lévis, veuve de sire d'Audou, souhaite réédifier le château qui avait été abandonné par son mari au profit du castel d'Amont. 

Le château au début du XVIIème siècle se trouve alors presque complètement ruiné.

A partir de la fin du XVIIème siècle, le château appartient alors  à l’évêché de Mirepoix. Il fait l’objet d’une restauration dans le style classique. Ainsi restauré, il sert alors de résidence d’été de Monseigneur de La Brouë. 

Au XVIIIème siècle, le château possédait de vastes jardins à la française qui s'étalaient jusqu'au bord de l'Hers, sous l'actuelle école. Le château et les jardins ont été vendus comme bien national après la Révolution.

 

A partir de la fin du XVIIème siècle, le château appartient alors  à l’évêché de Mirepoix. Il fait l’objet d’une restauration dans le style classique. Ainsi restauré, il sert alors de résidence d’été de Monseigneur de La Brouë. Après la Révolution, le château se trouve racheté successivement par la maison de La Rochefoucauld, puis par celle de Rotschild, puis par la famille Delaballe. Celle-ci abandonne le château à la commune en 1924. Le château accueille successivement les réfugiés de la guerre d’Espagne, ceux de l’Occupation, puis les nécessiteux de la commune. Très dégradé, rempli d’immondices, il est alors revendu à divers propriétaires privés, dont finalement Jean-Charles Mignot et Patrick Haure dans le cadre de la SCI "Le bonnet rouge " du nom que l’on prêtait jadis au baron d’Audou.

Le château sauvé de l’abandon par un couple de passionnés qui a entrepris depuis 2007 une restauration titanesque. Le château féodal aux portes énormes, avec ses plafonds à la française, dont la plupart dorment encore sous les lattis de la décadence ; son sol avec ses grandes pierres polies par les ans ; ses fenêtres à meneaux de la Renaissance, croisées du XVIIème siècle ; etc. refait surface lentement, pièce par pièce avec la cuisine médiévale, la chapelle, le grand escalier, les salons.

Ce château possède de beaux restes d’architecture intérieure, témoins du style de vie de la noblesse ancienne, en outre, le château abrite une importante collection des tableaux de Christian Constant. Il accueille par ailleurs, chaque été, des expositions temporaires, dédiées à des artistes du Midi-Pyrénées, dont les œuvres bénéficient là de la beauté d’un cadre exceptionnel.

 

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécieront :

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour en 1970.

Bélesta, une vue générale prise en 1970.

Bélesta, la fontaine intermittente de Fontestorbes en 1910. 

Bélesta, l'avenue de Lavelanet en 1930.

Bélesta, procession de la Pentecôte allant de l'église Saint Blaise à l'église Notre-Dame du Val d'Amour en 1910.  La célèbre procession de la Pentecôte, où les reliquaires de Saint Blaise sont montés jusqu’au val d’Amour.

Bélesta, avenue de Quillan en 1910. A cette époque le bois de Bélesta était transporté par des boeufs jusqu'à Quillan sur plus de 30 km, pour être charrié dans l'Aude jusqu'à la Méditerranée.

Bélesta, une vue aérienne Sud en 1965.

Le centre de Lavelanet en 1955.

Bélesta, la route de la forêt - Le pont du Mayne - Au fond la ville en 1955.

Bélesta, la halle en 1935.

Bélesta, l'intérieur de l'église Saint-Blaise en 1905. 

Bélesta, la rue du Pont en 1905.

Bélesta, le quartier Delalayre (aujourd'hui Delalaygue) en 1905.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour en 1970.

Bélesta, l'entrée des gorges de la Frau en 1950.

Bélesta, la maison du garde général en charge de la forêt en 1905.

Bélesta, l'Hôtel de Ville en 1905. 

Bélesta, l'Hers, photo prise depuis le pont Delalaygue sur les anciennes usines et moulins en 1905.

D'autres photos anciennes vous seront proposées dans la 3ème partie de ce reportage consacré à Bélesta.

 Le prochain reportage sera consacré à un nouveau numéro de la série "Belcaire, passé retrouvé ... acte 11", j'aurais peut être dû changé le titre et intituler cette série de reportages "Le passé retrouvé ... acte 11" en effet, le passé retrouvé ne concerne pas que le village de Belcaire, si vous avez des documents, des photos anciennes d'autres villages du Pays de Sault, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

Ce reportage est réalisé en 3 parties, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir pour la suite !

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Tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! 
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L'aventure continue ... avec vous, toujours de plus en plus nombreux et fidèles lecteurs.  

 

 

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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1 octobre 2016

 

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Vous avez remarqué ? Le site a dépassé son millionième visiteur pendant le mois août, c'est formidable, cela prouve qu'il y a un intérêt certain pour cette magnifique région, et je suis heureux que vous appréciiez les reportages que je partage avec vous. 

Cela dit, aujourd'hui je vous propose une escapade en Ariège, à Bélesta plus exactement, qui se situe à la limite de l'Aude, beaucoup connaissent ce village pour l'avoir traversé pour aller de Quillan à Foix. ATTENTION ! Ce reportage est réalisé en trois parties pourquoi ? Du fait du très grand nombre de photos illustrant ce reportage, plus de 280 clichés, je suis obligé de le scinder pour des raisons techniques.

Je constate que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

Bélesta se situe à 110 km de Toulouse, 34 km de Foix, 28 km de Quillan, 63 km de Carcassonne, et 220 km de Cahors.

Bélesta se situe en Ariège à la limite départementale de l'Aude, c'est un point de passage obligé quand on veut aller de Quillan à Foix et en venant du Nord pour accéder au Pays de Sault. Il y a des sites célèbres autour de Bélesta comme Montségur, Puivert, Chalabre dont vous trouverez les reportages sur mon site web, j'en ai fait un aussi sur Lavelanet.

Extrait de carte IGN Bélesta et au Sud Ouest la fontaine intermittente de Fontestorbes.

Après vous être arrêté à la Fontaine de Fontestorbes en continuant la D9 vers Montségur vous allez traverser Fougax et Fougax-et-Barrineuf. Je vous proposerai des photos anciennes de Fougax.

Une vue aérienne de Bélesta en Ariège.

Blason du village de Bélesta tel qu'il est dessiné dans l'armorial général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

J'ai trouvé un autre blason de Bélesta dont le statut officiel de celui-ci reste à déterminer.

Voici quelques vues aériennes de Bélesta, il y en aura d'autres ... Du centre vers l'Ouest en direction de Lavelanet et Foix.

Vue aérienne de Bélesta, direction du Sud/Ouest Routes de Belcaire et Fougax.

Vue aérienne de Bélesta, le centre du village.

Bélesta est située dans le pays d'Olmes, sur l'Hers-Vif dans le département de l'Ariège en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. En 2013 la commune comptait 1086 habitants qui sont appelés les Bélestariens et Bélestariennes ou les Cabos. Depuis le premier recensement datant de 1793, c'est en 1851 que la population est à son apogée avec 2700 âmes, puis celle-ci déclina, 2021 habitants en 1906. Le village de Bélesta est célèbre pour sa forêt de sapins, c'était une très importante forêt royale exploitée pour les mâts de bateaux. À 1 km en amont du village se trouve également la fontaine intermittente de Fontestorbes, importante résurgence des eaux infiltrées dans le plateau karstique du Pays de Sault. Je vous en parlerai plus loin.

Bélesta, la rivière l'Hers longeant le village.

Bélesta, l'Hers vu du pont, avec les anciens moulins qui étaient nombreux au XIXème siècle.

Bélesta, vestiges d'un ancien moulin le long de l'Hers.

Bélesta, vestiges du chenal détournant l'eau de l'Hers vers les roues du moulin.

Bélesta, la halle, place Maurice Rigaud1880-1968 il fut maire de Bélesta.

Bélesta, la halle, place Maurice Rigaud1880-1968 il fut maire de Bélesta.

Bélesta, place de la poste avec la fontaine qui a été modernisée.

Le nom Bélesta me plaît, c'est un nom qui claque, bien occitan. La toponymie du nom représente à la fois ; de l'occitan bel estar qui désigne un beau domaine, une terre bien située ou bien exposée ; ou au toponyme français Beauséjour. Estar pourrait avoir le sens de "résidence seigneuriale".

Bélesta est cité dans un texte ancien datant de 1270 sous la forme : Bellostare.

Plan de la ville de Bélesta datant du XVIIIème siècle (archives départementales de l'Ariège 70EDT-CC2).

La ville connut une réelle vitalité économique jusqu'au début du XXème siècle, de multiples métiers et ateliers animaient les environs de la commune, avec les fabriques de jais, des scieries, des filatures de laine, des ateliers de confection de peignes, des carrières de marbre à Millet et de pierre aux Peyrots.

Trois routes se croisent au centre du village, l'une part vers l'Ouest en direction de Lavelanet, l'autre vers l'Est en direction de Quillan et la troisième dessert la vallée de Fougax et on accède aussi à la fontaine intermittente de Fontestorbe et aux gorges de la Frau. Sur cette dernière enfin, dans l'intérieur même du village, vient s'embrancher une quatrième voie qui, à travers la forêt de sapins, mène à Belcaire et au plateau de Sault.

Bélesta, l'Hers en aval du village le long de la rue Delalaygue.

Bélesta, l'Hers vu du pont.

Bélesta, l'Hers vu du pont, avec les anciens moulins qui étaient nombreux au XIXème siècle.

Bélesta, l'Hers en aval du village le long de la rue Delalaygue.

Bélesta, la mairie.

Bélesta, maisons près des anciens moulins.

Bélesta, le pont enjambant l'Hers.

Bélesta, le pont enjambant l'Hers, ici le chenal qui alimentait les anciens moulins.

Bélesta, le pont enjambant l'Hers.

Bélesta, le pont enjambant l'Hers, vous entrez dans le centre du village.

Bélesta, le pont enjambant l'Hers dans sa partie aval.

Bélesta était le fief de l'illustre famille de Bellissen, propriétaire du premier château au XIIème siècle, dépendit d'abord de la seigneurie de Mirepoix appartenant aux comtes de Carcassonne.

De 1110 à 1209, alternativement dans les possessions des comtes de Carcassonne et des comtes de Foix, le territoire de Mirepoix qui comprenait les châteaux de Dun, Limbrassac, Léran, Queilhe, Camon, Fanjeaux, Lavelanet, Bélesta, Chalabre, avait comme seigneur le représentant de la branche ainée des Bellissen qui seul portait le nom de Mirepoix (Mirapeis). Croisé en 1096, un Bellissen-Mirepoix suivit le comte Raymond de Toulouse en Terre-Sainte. Vers la fin du XIIème siècle, Pierre Roger de Bellissen-Mirepoix accompagna le comte de Foix à la croisade de Richard Cœur de Lion.

 

Comme il a été dit, le premier seigneur de Bélesta fut Pierre Roger Bellissen, il était commandant de la garnison seigneur faidit de Mirepoix. En 1209, le château de Mirepoix est pris par Simon de Montfort, Pierre Roger de Bellissen fut dépossédé de son fief de Mirepoix, de Prouille et celui de Bélesta entres autres.  A cette époque il y avait trente cinq coseigneurs dans le pays qui subirent le même châtiment.

La mort de Simon de Montfort le 25 juin 1218, fut le signal de la révolte des anciens comtes de Foix et de Carcassonne, avec lesquels firent cause commune les seigneurs dépouillés. Le château de Mirepoix, au siège duquel périt le comte de Foix Bernard Roger en 1222, fut repris sur les soldats de Simon de Montfort ainsi que le château de Fanjeaux. Guy de Lévis fut chassé de ses conquêtes comme le fut son compagnon d'armes, Pons de Bruyères, des baronnies de Puivert et de Chalabre, et les anciens maîtres furent remis en possession de leurs domaines.

Pierre Roger Bellissen décédera au siège de Fanjeaux en 1223.

Puis Bélesta releva des comtes de Foix, avant de passer dans le domaine royale pour enfin aboutir entre les mains de la famille de Lévis.

La province du Languedoc rattachée à la couronne de France en 1229 par le traité de Paris, Guy de Lévis n'eut dès lors comme suzerain que le Roi de France. Si bien que les comtes de Foix ayant dès lors plusieurs fois exigé l'hommage du baron de Lévis, celui-ci le refusa, se reconnaissant seulement vassal du Roi de France.

Les seigneurs dépouillés tentèrent bien de se retirer dans la forteresse de Montségur et de combattre encore les spoliateurs ; la prise de cette forteresse, en 1244, assura à Guy de Lévis la libre possession de son domaine. A partir de ce moment, les Bellissen durent renoncer à leurs possessions pyrénéennes, mais ne disparurent point, ils obtinrent des fiefs considérables.

Bélesta, l'ancien couvent rue du Purgatoire.

Bélesta, l'ancien couvent vu de l'angle des rues Naudi et du Purgatoire.

Bélesta, habitations des anciens moulins.

Bélesta, anciens commerces près de la halle.

Guy de Lévis, premier du nom, mourut en 1230 et laissa à son fils Guy ou Guyot II de Lévis, la baronnie de Mirepoix, Bélesta, Montségur, etc. Ce dernier épousa la fille de Pons de Bruyères-le-Châtel, baron de Puivert et Chalabre.

Les de Lévis jouèrent un double rôle bien important à la fin du XVème siècle pendant les guerres de religion qui ensanglantèrent le pays de Foix. Jean Claude de Lévis, cadet de la maison de Lévis-Léran, avait pris possession de la baronnie de Bélesta en vertu d'une transaction passée entre lui et sa belle-sœur, Isabelle de Foix-Rabat. Il fut un des chefs les plus redoutables du parti des Réformés, et fut l'adversaire de son parent, Jean de Lévis-Mirepoix, auquel s'était allié le baron de Chalabre, Jean-Paul de Bruyères, pour combattre les protestants dans le pays de Mirepoix.

La famille de Lévis, branche cadette, seigneurie rattachée à Léran lors du partage du fief de Mirepoix en 1320 prie possession de Bélesta.

En 1471, donation du château de Péchafilou  par les barons de Lévis-Léran à Gaston de Monstron contre une redevance d’une paire de gants.

Selon Castillon d’Aspet, en 1510, un incendie détruisit une partie de la ville de Bélesta. En 1522, les protestants de Léran, La Bastide du Peyrat et de Limbrassac détruisent l’église du Val d’Amour.

Jean-Claude de Lévis-Léran dit "le sire d'Audou" est protestant il est l'un des plus marquants du protestantisme en terres d'Ariège à partir de 1565.

Avant d'obtenir les terres de Bélesta, Fougax et l'Aiguillon en 1567, il hérite de la métairie Daudou située à côté de Léran, à laquelle il doit son nom et de la baronnie de Roquenegade (Aude), données par son frère en 1554. Séparée de Léran, la baronnie de Bélesta, composée des villages de l’Aiguillon et de Fougax, en 1567, devient la propriété de Jean Claude Lévis-Léran, sire d’Audou, second fils de Germain de Lévis-Léran. Il reçut pour sa part, à la suite de l'accord de famille du 8 juin 1567, les seigneuries de Bélesta, Fougax et Laiguillon.

Chef de protestants dans le comté de Foix, il est le bras droit d'Henri de Navarre, comte de Foix, futur Henri IV, roi de France. En 1584, il est nommé sénéchal et gouverneur du comté de Foix. Comme pour la plupart des membres de la famille de Lévis, l'appartenance à une lignée familiale prime sur le choix religieux.

Ce seigneur belliqueux est resté, dans l'imagination du peuple, comme le symbole de la cruauté. Il avait fait construire sur le roc Saint-James en 1550 la forteresse d’Amont qui fut détruite durant les guerres de religion. Le baron d’Audou, chef des Huguenots, interdira le culte catholique à Bélesta de 1559 à 1599 et transformera l’église Saint Blaise en temple protestant. Jean-Claude de Lévis, baron d'Audou a épousé le 12 juillet 1590 Louise de Lévis-Mirepoix, fille de Philippe de Lévis-Mirepoix et de Louise de la Trémouille. Il aurait épousé en seconde noce, Christophette de Bergouignan , fille de Roger, seigneur de Bergouignan, et d'Anne de Foix. Et, il fit un troisième mariage, dont je n'ai pas trouvé trace (voir la généalogie de Lévis-Léran ci-après).

Malgré son attachement à la religion protestante, le sire d'Audou se marie à une catholique en troisièmes noces et il demande également à être enterré dans la chapelle Notre-Dame du val d'Amour, lieu de pèlerinage catholique, pour être aux côtés de sa mère.

Jean-Claude de Lévis vaincu lors du siège de son château de Léran, se retira dans son autre château à Bélesta où il mourut le 11 février 1598. Il reste quelques vestiges de ce château d'Amont.

 

Bélesta, passage couvert.   

 

Bélesta, passage couvert. 

Bélesta, passage couvert avec vu sur le clocher de l'église Saint-Blaise. 

 

Bélesta, enseigne près de la halle. 

Bélesta, habitations près de la halle.

Les guerres de Religion ont beaucoup marqué la cité puis durant la Révolution, Bélesta a vu le projet de la Fédération des Pyrénées prendre corps.

Au XVIIéme siècle, Gaspard de Caillau fut seigneur de Caillau et de Bélesta.

Le 2 mai 1601 on signale un incendie rue de la porte de l'Aygue, des maisons furent détruites.

En 1654-1655, peste à Bélesta.

François de Niort est dit seigneur de Bélesta en 1655, il était le fils de Mathieu de Niort, écuyer seigneur de Pierre-Clause.

 

En 1720, évêque de Mirepoix, Mgr de Labroue, décédera à Bélesta.

Bélesta lors de la Révolution, se distinguera le 9 Août 1789 en créant " la Fédération des Pyrénées" mené par Durand Cailhau, maire du Peyrat à laquelle Bélesta adhère le 11, avec les villages de Léran, La Bastide sur l’Hers, Rivel, Chalabre, Lavelanet et Sainte Colombe ; puis rejoint par Mazères, Mirepoix et Saint Quentin.

En juillet 1792 la route reliant Bélesta et Quillan sera achevée

Dans la nuit du 26 au 27 août 1830, un attroupement armé démolit une partie du château, pille et saccage les meubles et les biens ; des usines sont incendiés.

Le château "dit de Bélesta" bâti en 1231, il fut au XVIème siècle, à l'époque des guerres de religion, la demeure du chef des Réformés Jean-Claude de Lévis-Léran, baron d'Audou et de Bélesta, gouverneur du comté de Foix, puis passa aux mains la famille La Rochefoucauld. Il fut ensuite acquis par M. Delaballe qui en fit don à la municipalité, laquelle le cède en 1970 à des particuliers. En restauration depuis 2007, il abrite en 2010 les œuvres du peintre Christian Constant.

Le château de Péchafilou du XVème siècle, la tour d’angle et le pigeonnier ont été restaurés au XVIIIéme siècle.

Dans la nuit du 26 au 27 août 1830, un attroupement armé démolit une partie du château, pille et saccage les meubles et les biens ; des usines sont incendiés.

Bélesta, la route de Fougax.

Bélesta, l'Hers vue de la rue Delalaygue.

Bélesta, la rue Delalaygue.

Bélesta, la rue Delalaygue et l'Hers.

Bélesta, une vue aérienne, le centre du village.

Bélesta, une vue aérienne, avec l'église Saint-Blaise et à droite le château d'Amont ou château "Vieux".

Bélesta, une vue aérienne, l'école.

Dans le journal d'agriculture datant de 1841 référencé ADA PER 8, on apprend que des vers à soie étaient élevés à Bélesta.

Bélesta et sa région était un haut lieu de la résistance pendant la seconde guerre mondiale. Les forêts offraient un excellent refuge pour les maquisards. Au lieu dit "Le Prince", l’embuscade des Allemands contre des maquisards FTP, le 11 août 1944 qui fit des morts parmi les habitants de Bélesta. Je signale que j'ai réalisé un reportage sur le maquis de Picaussel que vous pouvez voir ICI.

Bélesta, place de la poste.

Bélesta, place de la poste.

Bélesta, place de la poste.

Bélesta, place de la poste.

Bélesta, place de la poste.

Bélesta, rue du Pont.

Bélesta, rue du Pont.

Bélesta, rue du Pont - place Rigaud. Direction routes de Belcaire, de Montségur, de la fontaine de Fontestorbres, de Fougax.

Bélesta, une vue aérienne sur le pont et le centre ville.

Bélesta, une vue aérienne en venant de Quillan.

Bélesta, avenue de Quillan et carrefour route de Belcaire.

Bélesta, avenue de Quillan.

Bélesta, avenue de Quillan.

Bélesta, avenue de Quillan.

Bélesta, depuis la route de la forêt la D16.

 

GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE DE LÉVIS-LÉRAN SEIGNEUR DE BÉLESTA

- Gui Ier de Lévis, seigneur de Lévis-Mirepoix, maréchal de la Foi né vers1180, il décède en novembre 1230.  

 

- Gui II de Lévis-Mirepoix, seigneur de Mirepoix, de Bélesta, de Montségur, de Florensac, etc. (né vers 1210 – 27.09.1261) épousa Jeanne de Bruyères (1216 – 1269), fille de Pons de Bruyères-le-Châtel, baron de Puivert et Chalabre.

 

- Gui III ‘Guyot’ de Lévis-Mirepoix, maréchal et seigneur de Mirepoix, seigneur de Montségur, de Florensac, de Pommerols, de Plaignes, de Lévis, etc. né en 1240, il décédera en 1299. Il épousa le 29 août 1277 Isabelle de Marly, fille de Bouchard II, chevalier de Marly (fils de Bouchard de Marly), et d’Agnès de Beaumont. Elle est née vers 1245, et décèdera le 03.septembre1292.

 

- Jean 1er de Lévis, décède le 21 février 1319, seigneur de Léran, Mirepoix, Aiguesvives, Aiguillanes, Bélesta, Bousignac, Carla, Cayrou, Dreuilhe, Dun, Esclagne, Fougax, Illa, La Borde d’Esclagne, etc., maréchal de la Foi, sert sous Jean II d’Harcourt, Amiral de France (1295), 1302 et 1303, on le trouve en Flandres comme chevalier banneret. Il épouse le 2 février 1296 à Carcassonne, Constance de Foix, née vers1275et décéda après le 8 août1332, fille de Roger-Bernard III, comte de Foix, et de Marguerite de Moncade, vicomtesse de Béarn ; soeur de Marguerite de Foix.

 

Cette branche Lévis-Léran qui suit, armoirie écartelé au 1 et 4 d'or, à trois chevrons de sable, qui est Lévis ; et au 2 et 3 d'or, à trois pals de gueules, qui est de Foix :

- Gaston de Lévis, VIème du nom, dit le jeune, écuyer, seigneur de Léran, qui eut en don, de son aïeul, le château de Léran avec ses dépendances. Il a épousé le 2 Février 1478, Jeanne de Carmain, fille de Jean, Baron de Megrepelisse et de Laugnac. Elle mourut en 1488. Par contrat du 30 Novembre 1493, il épousa ensuite Marie de Foix de Carmain, morte en 1523. II eut du premier lit :

- Cécile de Lévis, mariée, en 1532, à Jean du Maine, seigneur du Bourg, fils de Jean du Maine, seigneur d'Escandillac, et d'Antoinette de Durfort. Elle était morte en 1545.

Du second lit vinrent :

-  Germain de Lévis, qui suit ; 

- Paul de Lévis, dont on n'a trouvé que le nom ; 

- Jeanne de Lévis, femme de Gaston de Basillac ;

- Germaine de Lévis, mariée à Jean de Montesquieu, seigneur de Coustaussa ;

- une autre Jeanne de Lévis.

 

- Germain de Lévis-Léran, seigneur de Léran. Il épousa en première noce Françoise de Bruyères. Ils eurent pour enfants :

- Gaston VII de Lévis, seigneur de Léran, épouse avant le 26 décembre 1547 Gabrielle de Foix, fille de Jean de Rabat, et de Catherine de Villemur ;

- Jean-Claude de Lévis, qui suit ;

- Barthélemy de Lévis, mort en écosse ;

- René de Lévis ;

- Germaine de Lévis, épousa Blaise de Rochefort ;

- Françoise de Lévis, épousa N… de Laverdac.

 

- Jean-Claude de Lévis, baron d'Audou et de Bélesta et seigneur de Fougax et de Labastide-Beauvoir. Second fils de Germain de Lévis-Léran. Il fut nommé par les protestants, gouverneur de Foix en 1572 puis du comté tout entier en 1575. En 1584, il est sénéchal et lieutenant général du roi de Navarre dans le comté, il ne cesse de guerroyer dans toute la région. Il épousa le 12 juillet 1590 Louise de Lévis-Mirepoix, fille de Philippe de Lévis-Mirepoix et de Louise de la Trémouille. IL épousa le 1er Mai 1520, Marie d'Astarac, fille de Jean d'Astarac, seigneur de Fontrailles, et de Catherine de Marestaing.

Certaine étude indique, qu'il aurait épousé en seconde noce, Christophette de Bergouignan , fille de Roger, seigneur de Bergouignan, et d'Anne de Foix.

Il épousa en troisième noce, Louise de Lévis fille de Philippe de Lévis seigneur de Mirepoix, et de Louise de la Trémoille, veuve de N. de Bruiéres, seigneur de Chalabre, elle testa au château du bourg de Bélesta, étant paralytique, et ne pouvant signer son testament, qu'elle fit le 4 Avril 1625.

Jean Claude Lévis-Léran, sire d’Audou mourut le 11 février 1598 dans son château de Bélesta.

Bélesta, testament de Jean-Claude de Lévis-Léran (archives départementales de l'Ariège 46J347).

- Fille unique Louise de Lévis-Léran qui épousa le jour de la mort de son père selon ses volontés, le 11 février 1598 à l'âge de onze ans François ou Christophe d'Amboise d'Aubijoux fils de Louis d'Amboise dit le comte d'Aubijoux, colonel des gens de guerre à pied de la Légion de Languedoc et gouverneur du diocèse d'Albi, et de Blanche de Lévis. Quatre enfants étaient nés de ce mariage, à savoir :

- François d'Amboise, mort sans postérité en 1656 ;

- Louis d'Amboise, seigneur de Merville, sans postérité mort au combat de Leucate en 1637 ;

- Louise d'Amboise, qui épousa Jacques de Crussol d'Uzès baron de Saint-Sulpice ;

- Elisabeth qui épousa Louis de Bermont de Caylar, marquis de Thoiras.

 

Notes :

On trouve dans la généalogie de la Maison de Lévis, un Claude de Lévis, baron d'Audon et de Bélesta, mentionné seulement comme ayant épousé Louise de Lévis, veuve de sieur de Chalabre, et qui fut veuve de ce second mari en 1598. D'un autre côté le marquis d'Aubais, dans ses notes sur le journal de Faurin, nomme Jean-Claude de Lévis, baron d'Audou, Bélesta, de Fougan (Fougax) et Lagulhon (l'Aiguillon), second fils de Gaston de Lévis, seigneur de Léran, et de Marie d'Astarac-Fontrailles. Il lui assigne de même pour femme Louise de Lévis, qu'il fait également veuve en 1598. Il est donc évident qu'il appelle baron d'Audou le même personnage qui est nommé baron D'Audon dans la généalogie de la maison de Lévis. A souligner qu'en 1572, M. de Sérignac, qui commandait les religionnaires de Montauban, avait nommé le sieur Dodon, ou Dadou, gouverneur de Saint-Paul (voir Histoire Générale de Languedoc de Dom Vaissète, Tome 1 XXXIX).

 

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécieront :

La fontaine intermittente de Fontestorbes en 1905.

Bélesta  en 1905.

Bélesta  le quartier de la gendarmerie et des scieries en 1905.

Bélesta, ici au départ de Quillan, transport public qui desservait les villages de Bélesta, Lavelanet jusqu'à Foix en 1905.

Bélesta, l'église de Val d'Amour en 1905.

La fontaine intermittente de Fontestorbes en 1900.

Bélesta, la rue de la poste en 1905.

 

Bélesta, a rue du marché en 1905.  

 

Bélesta, l'hôtel Delpech, carrefour de Quillan / Belcaire en 1910. 

Bélesta, l'avenue de Quillan, remarquez le château dit "Vieux" à gauche, en 1905.

Lavelanet, l'avenue de Bélesta / Quillan en 1905.

Lavelanet, l'avenue de Bélesta et ancienne route de Montségur en 1905.

Bélesta, la poste et le monument aux morts en 1919.

Bélesta, la poste et le monument aux morts en 1955.

Bélesta, l'avenue de Lavelanet en 1905.

Bélesta, une vue générale du village en 1905.

Bélesta, l'Hers et les moulins en 1905.

Bélesta, une vue générale du village en 1950.

Bélesta, une filature de laine à l'Aiguillon en 1905, entreprise A. Cabrol fils aîné.

Bélesta, la scierie de M. Brustier en 1905.

La fontaine intermittente de Fontestorbes en 1905.

Bélesta, l'église Notre-Dame du Val d'Amour en 1945.

Bélesta, maison d'un garde forestier du baron de Rothschild en 1905.

Bélesta, vue générale du Sud/Ouest en 1905.

Bélesta, une vue aérienne en 1965.

Bélesta, l'intérieur de l'église Notre-Dame du Val d'Amour en 1905.

Bélesta, vue générale de l'Ouest en 1905.

Bélesta, vue générale de l'Ouest en 1975.

Bélesta, la fontaine intermittente de Fontestorbes en 1975.

Bélesta, la fontaine intermittente de Fontestorbes en 1975.

Bélesta, vue aérienne côté Est, en venant de Quillan en 1965.

Bélesta, place de la mairie en 1905.

Bélesta, procession du lundi de Pentecôte entre Bélesta et l'église Notre-Dame du Val d'Amour en 1905.

Bélesta, une vue aérienne en 1965.

Bélesta, une vue aérienne Sud/Est en 1970.

Bélesta, une vue aérienne place de la poste en 1960.

Bélesta, les gorges de la Frau en 1905. 

 

Bélesta, les gorges de la Frau en 1910 et 1905.   

 

Bélesta, les gorges de la Frau en 1910 et 1905. 

Bélesta, la fontaine intermittente de Fontestorbes en 1910.

Bélesta, une vue panoramique en 1905.

D'autres photos anciennes vous seront proposées dans la seconde partie ainsi que des photos aériennes.

 

 Le prochain reportage sera consacré à un nouveau numéro de la série "Belcaire, passsé retrouvé ... acte 11", j'aurai dû peut être changé le titre et intituler cette série de reportages "Le passé retrouvé ... acte 11" en effet, le passé retrouvé ne concerne pas que le village de Belcaire, si vous avez des documents, des photos anciennes d'autres villages du Pays de Sault, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine cette première partie du reportage consacré au village de Bélesta en Ariège, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 septembre 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Après le reportage sur Conques-sur-Orbiel et le château des Saptes, nous restons dans le Cabardès au pied de la montagne Noire, et je vous propose de découvrir encore un superbe village : ARAGON-EN-CABARDÉS. Je ne peux que vous conseiller de visiter cette magnifique région, il y a tant de choses à voir et à découvrir. Et, c'est sans compter sur les bons vins (AOC) de pays et produits du terroir que vous offre les producteurs locaux, qui chérissent l'héritage de leurs ancêtres.

Si vous avez d'autres photos d'Aragon, je peux éventuellement compléter ce reportage, n'hésitez pas à me contacter.

J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

Le village d'Aragon en Cabardès se situe à 15 km de Carcassonne, 92 km de Toulouse, 87 km de Foix, 72 km de Narbonne, 101 km de Béziers, 160 km de Montpellier et 206 km de Cahors.

Aragon en Cabardès se situe au pied de la montagne Noire dans un magnifique secteur viticole, très belle région qu'il faut absolument visiter.

Zoom sur la carte, extrait carte IGN.

Une vue aérienne du village d'Aragon en Cabardès.

Blason du village d'Aragon en Cabardès.

Blason du village d'Aragon tel qu'il figure dans l'armorial général de France par Charles d'Hozier en 1696.

Voici trois magnifiques  panoramas d'Aragon en Cabardès.

 

 

 

Ancienne résidence d'évêques cathares, ce charmant petit village de roc et de soleil, Aragon, isolé par de profonds ravins, s'étage tel un amphithéâtre dont les maisons sont serrées en gradins au milieu d'un paysage ponctué de capitelles.

Le village d'Aragon offre aux yeux du touriste l'aspect le plus pittoresque. Orienté au Midi, toutes les fenêtres de ses maisons sont largement ouvertes comme pour sourire aux rayons d'un bienveillant soleil. Il domine les ruisseaux du Trapel et de La Valette sur les bords desquels de nombreux jardins potagers, en contrebas du village, offrent aux passants de magnifiques couleurs.

Aragon en Cabardès, au petit matin, vu de la route de Villegailhenc.

Aragon en Cabardès, au Sud, vu de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, traversée du pont enjambant le ruisseau de La Valette et à droite la rue de la mairie.

Aragon en Cabardès, à gauche on aperçoit les deux tours carrées du château, et à droite, le clocher de l'église Sainte-Marie.

Aragon en Cabardès, vestiges du moulin de Vignore.

Aragon en Cabardès, vu de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, coté Nord. 

Aragon (Argon en occitan). La commune est également appelée Aragon-en-Cabardès, mais cette appellation n'a qu'un simple caractère d'usage.

Ses habitants sont les Aragonais(es). En 2013, la commune comptait 421 habitants. En 1821, la commune connaissait son plus fort taux de population avec 708 habitants.

Aragon est situé à 9 km de Conques-sur-Orbiel, à 13 km de Carcassonne, à 15 km d'Alzonne et à 18 km de Saissac.

Aragon situé à 15 minutes de Carcassonne, est au cœur du vignoble du Cabardès, la nouvelle AOC du Languedoc. Sentier botanique, circuits pédestres et VTT vous mèneront à la découverte des "capitelles", cabanes en pierres sèches, sur des plateaux calcaires couverts de garrigue. Au sein du village fortifié, découvrez le prieuré, l’église gothique et ses bois peints du XIIIème siècle, la façade du château seigneurial, le musée des vieux outils vignerons, l’espace "Pierre Sèche et Architecture Rurale", ainsi que les stèles discoïdales dans le jardin du curé.

Le toponyme d'Aragon vient probablement de l'endroit qui a conservé à travers son nom le souvenir d'un certain Arago qui aurait possédé là un vaste domaine agricole au premier millénaire. Aragon pourrait être une Aragonis terra (terre d'Arago). La forme du nom s'explique par le fait que les noms propres se déclinaient aussi en latin. Pour être complets, il existe une autre théorie étymologique qui veut que le village tienne son nom de la province d'Aragon en Espagne qui, au haut Moyen-Âge, exerçait son autorité sur la région.

Aragon en Cabardès, la tour aux colombes, impasse près de la place Hiero Dal Col.

 

Aragon en Cabardès, à gauche, la tour aux colombes. A droite, la côte de pech Marie (cliquez sur les photos pour les agrandir).

  

Aragon en Cabardès, à gauche, rue de la mairie et rue du Rocher. A droite, passage voûté rénové, (cliquez sur les photos pour les agrandir).

Aragon en Cabardès, rue du Paro où se trouve le château au fond.

Aragon en Cabardès, la côte de pech Marie.

Aragon en Cabardès, la rue du Rocher, qui monte vers l'église.

Le village d'Aragon a la partie Nord en bordure du ruisseau du Trapel, bâtie sur un mur rocheux datant de la période lutétien supérieur, d'une hauteur de 15 à 30 mètres. Ce mur naturel servit de défense au château du moyen-âge qui s'élève sur le point le plus culminant.

La commune d'Aragon appartient au canton d'Alzonne. 

Le village est cité dans les documents dès 1126 et 1203 et le château dès 1287. Aragon comme beaucoup d'autres villages de la région, a eu à souffrir des guerres de Religion. 

La forteresse qui protégeait jadis Aragon, construite vers 1126, sur un mamelon isolé, était fort bien placée et sa situation en faisait un point inexpugnable

Ses antiques remparts qui ont pendant de longs siècles subis d'incessantes transformations, ne conservent plus aujourd'hui, que quelques traces de l'architecture militaire des XVIème et XVIIème siècles.

Aragon en Cabardès, vu du Sud route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, zoom de la photo précédente.

Au Xème siècle, Aragon appartenait à l'abbaye de Montolieu elle-même sous la dépendance de l’abbaye de Caunes-Minervois. C'est à partir du début du XIIème siècle, que l'on trouve trace des seigneurs d'Aragon. Au début du XIIe siècle, les premières chartes des seigneurs d’Aragon apparaissent : Guilhem Roger est le premier membre connu de ce lignage. Dans les années 1126-1127, et en récompense de ses loyaux services, il reçoit du vicomte Bernard Aton Trencavel comte de Carcassonne, la garde de l’une des tours de la Cité de Carcassonne.

En 1255, lettres du roi Saint-Louis, par lesquelles il mande au Sénéchal de s'enquérir de la terre qui avait appartenu à Peteuin de Aragon (trésor des chartes du roi, cité de Carcassonne).

Plus tard, en 1269, Pierre d'Aragon, restant fidèle au Saint-Siège, se joignit à Simon de Montfort pour s'emparer des châteaux de Montréal et de Fanjeaux.

Les seigneurs d’Aragon sont largement possessionnés, ils possèdent alors de vastes domaines. Leurs biens s’étendent depuis la vallée du Fresquel jusqu’aux contreforts de la Montagne Noire. Leurs revenus sont multiples, liés à l’exploitation forestière, aux mines, aux droits de pacage. Ils ont tissé des liens privilégiés avec l’abbaye voisine de Montolieu et, plus généralement, avec le clergé. Mais, ils sont également acquis à la cause cathare comme en témoignent les dépositions faites devant les Inquisiteurs. La famille d’Aragon parait résider dans le village et assister aux prêches cathares. Cette dernière est souvent évoquée à propos du catharisme languedocien et de la croisade contre les hérétiques. 

La famille d’Aragon, suspectée d’hérésie, fut dépossédée de ses biens par l'Inquisition, mais en recevant toutefois un dédommagement financier. Son fief fut alors partagé entre le domaine royal et l'évêché de Carcassonne mais, même sans la protection des seigneurs, le catharisme perdurera à Aragon, y compris de façon clandestine.

Ces seigneurs pâtissent aussi de leur homonymie avec le royaume d’Aragon, qui entraîne parfois une certaine confusion ou des erreurs d’identification. On évoque la venue dans cette localité de l’évêque cathare, Bernard de Simorre (2ème évêque cathare au début du XIIIème siècle, il participe à une conférence contradictoire avec les légats du pape en 1204, puis avec l’abbé de Citeaux en 1207 ; il est attesté jusqu’en 1224). Le fief d’Aragon entrera pour partie dans le domaine royal et dans le domaine de l’évêque de Carcassonne.

En 1201, transaction passée entre Pierre d'Aragon et Raymond, comte de Toulouse.

Plusieurs traités furent signés en 1229 entre le comte de Toulouse et le comte de Foix. 

  

Aragon en Cabardès, à gauche vu de la route de Pennautier D203. A droite, vu de la route de Villegailhenc D935, (cliquez sur les photos pour les agrandir).

Aragon en Cabardès, vestiges du moulin de Vignore.

En 1209, lors de la Croisade des Albigeois, Simon de Montfort bataillant et assiégeant tous les châteaux du Cabardès les uns après les autres, les seigneurs Albigeois voyant leurs forces diminuer tous les jours résolurent de demander secours au roi d'Aragon qui se trouvait alors à Montpellier, et de lui prêter foi et hommage s'il les délivrait de Simon de Montfort. Le roi d'Aragon exigea d'abord qu'on lui livrât les forteresses du Cabardès, ce qui fut refusé et mit fin aux négociations. La demande du roi d'Aragon montre quelle importance on attachait alors aux tours du Cabardès. 

Jeanne de Foix épousa avant 1331 Pierre Joseph d'Aragon.

Le XIVème siècle sera marqué par le procès dit des "Devois", désaccord opposant la communauté d’Aragon à celle de Fraisse-Cabardès quant à la propriété de terrains servant de pâturage aux troupeaux. Le litige durera, par épisodes, de 1373 à 1840, date à laquelle le tribunal de Montpellier ordonnera le partage de ces terrains entre les deux localités.

Au XVIème les luttes religieuses se déchaînèrent, le village d'Aragon fut pris en 1575 par les huguenots qui l'occupèrent, le vicomte de Paulin étant à la tête des Religionnaires. Entre temps le duc de Turenne l'avait repris en 1580, il fut encore au pouvoir des protestants le 6 octobre 1588, le seigneur se sauva par la fenêtre.

Le village connut une période de prospérité à la fin du XVIIIème siècle lorsque des métiers à tisser destinés à fournir les drapiers carcassonnais apportèrent des revenus supplémentaires à la communauté agricole. Il y avait plus de soixante métiers à tisser à Aragon à cette époque.

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie. 

 

L'ÉGLISE SAINTE-MARIE D'ARAGON-EN CABARDÈS

 

L'église paroissiale d'Aragon est dédiée à la Vierge ; la cure, autrefois, avant la révolution de 1789, était à la collation de l'évêque de Carcassonne sous le vocable de Notre-Dame de Lavoye.

L'église ogivale, basse, allongée, de style gothique primitif  languedocien repose sur les anciens remparts. 

En effet, l'église est construite sur la plateforme qui couronne le sommet de la colline où est bâti le village. Par suite de l'étroitesse et de la disposition de cet emplacement, il a été impossible de l'orienter d'une façon exacte, et son chevet se trouve à l'Est-Sud-Est. L'édifice paraît être en grande partie du 1er quart  du XIVème siècle, certaines parties des murs semblent cependant plus anciennes.

Le 17 août 1511, Pierre d'Auxillon, évêque de Carcassonne visite l'église d'Aragon.

Les dimensions principales de l'église sont : longueur de la nef 21,50 m ; largeur sans les chapelles 7,60 m ; longueur du sanctuaire 7,60 m ; largeur du sanctuaire 7,60 m ; largeur des chapelles 4,75 m ; profondeur des chapelles 2,30 m ; hauteur de la voûte de la nef  7,30 m ; hauteur du clocher 15,60 m.

  

Aragon en Cabardès, à gauche, l'entrée sud de l'église. A droite, l'église Sainte-Marie (cliquez sur les photos pour les agrandir).

Elle se compose d'une abside à cinq pans, éclairée par cinq belles fenêtres à meneaux dont les remplages forment des arcs tréflés accusant nettement le milieu de l'époque gothique. Les vitraux sont modernes. La voûte, supportée par des ogives toriques en amande et dont l'arête se termine par un méplat, donne bien la date de construction de l'édifice.

La nef est formée de quatre travées barlongues, séparées par de puissants et massifs doubleaux à profil carré. La voûte est soutenue par des ogives en pierre de forme très simple retombant sur des cul-de-lampe pyramidaux, au vu de la forme de ces culs-de-lampe, il semble que la voûte postérieure à la construction de la nef fut construite au XVème siècle.

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie, l'accès au parvis Nord.

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie, le parvis Nord.

En septembre 1890, fut démolie une ancienne sacristie voûtée. On prétend qu'elle n'avait aucun caractère architectural. Une nouvelle sacristie fut construite entre deux contreforts de l'abside, côté méridional. Le plan des travaux signale sur cet emplacement un ancien mur de l'enceinte fortifiée qui se soudait au premier contrefort d'angle de l'abside et s'éloignait vers le Sud (Arch. de l'Aude, Fonds communaux V2).

Une importante restauration a fait découvrir une charpente peinte au début du XIVème siècle (voir photos ci-après).

 

Aragon en Cabardès, l'église Sainte-Marie, porte la plus ancienne avec sa croix de pierre (cliquez sur les photos pour les agrandir).

En1899, une porte fut percée au Midi de la première travée ; une deuxième porte en plein cintre et ancienne, s'ouvre sous un porche au Nord de la deuxième travée.

Quatre chapelles, voûtées d'ogives en pierre renforcées de formerets, s'ouvrent au Midi de la deuxième et de la quatrième travée, et au Nord de la troisième et de la quatrième. Bien que de date ancienne, elles sont postérieures à la nef.

Le clocher, placé au Sud, de la deuxième travée et surmontant une sacristie, est une tour massive à base carrée contemporaine de l'église.

Dans la quatrième chapelle, côté épître, se trouve une belle statue en bois du XVème siècle, représentant la Vierge et l'Enfant Jésus, d'un mètre vingt sept de hauteur, cette statue classée a figuré à l'exposition d'art religieux audois de Carcassonne en 1935.

Lors d'une restauration importante, une charpente peinte fut mise à jour, datant du XIVème siècle. Les corbeaux peints soutenant cette charpente furent rénovés.

 

Les corbeaux peints furent enlevés et nettoyés pour être remis en place ensuite.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle.

Détails de ces corbeaux peints du XIVème siècle, ici une noble dame.

Aragon en Cabardès, le prieuré et ses terrasses.

Aragon en Cabardès, l'entrée du prieuré.

Aragon en Cabardès, le prieuré et ses terrasses.

Aragon en Cabardès, nous entrons dans le jardin du curé, je vous invite sur un site reposant.

Aragon en Cabardès, les stèles discoïdales situées dans le jardin du curé. 11 stèles discoïdes ont été trouvées dans l'ancien cimetière. Elles étaient intégrées dans le mur de clôture. Un espace engazonné a été aménagé devant l'église, "l'Hort del Riton", (jardin du curé) et présente des moulages des stèles. L'une d'elles présente sur une face de son disque une forme triangulaire, pointe dirigée vers le bas. Cette représentation pourrait suggérer le soc d'une araire, appelé "relho". Sur son autre face une croix latine. La majorité des stèles porte une croix grecque évasée ou pattée.

Aragon en Cabardès, le jardin du curé.

Aragon en Cabardès, à l'ombre du jardin du curé.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, le jardin fleuri du curé.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale. Cet ensemble de stèles discoïdales, paraît dater d’une période comprise entre le XIIème et le XIVème siècle.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

Aragon en Cabardès, détails, stèle discoïdale.

  

Aragon en Cabardès, à gauche, photo prise du Sud-Ouest, avec le pont sur le ruisseau de La Valette. A droite, le clocher de l'église Sainte-Marie, celui-ci est éclairé par des baies en arc brisé, est caractéristique de cette architecture. Il renferme une très belle cloche du XVIIème siècle.

Aragon en Cabardès, le château au centre du village.

 

LE CHÂTEAU D'ARAGON-EN-CABARDÈS

 

Le château se trouve sur le sommet de la colline dans le prolongement et à l'Ouest de l'église. Il ne reste rien des constructions du Moyen-Âge. Cet ancien château disparut probablement à l'époque des guerres de religion. Seul, à l'Ouest, un fragment de mur d'une épaisseur d'un mètre soixante subsiste et une partie attenante du fossé, nous montrent que l'ancienne forteresse féodale couronnait tout le sommet de la colline.

Le château actuel est une construction en grande partie des XVIème et XVIIème siècles. Dans la cour intérieure, on voit encore un vieux puits du XVIIème siècle, dont la poulie est soutenue par une sorte de corbeau en forme de gargouille représentant une tête de lion. Des arcades renaissance bordent cette cour ; on y remarque aussi des traces de grandes fenêtres de la même époque. Dans l'intérieur de la maison, on voit de vieux plafonds à la française et une vaste cheminée ornée de cordelières et rubans sculptés, dénonçant l'époque Louis XVI.

Celle vieille demeure, bien que fort délabrée, conserve encore un certain cachet de noblesse. Il semble qu'elle ait été aménagée dans l'état actuel après les guerres de religion, peut-être par la maison de Maurel  qui la posséda du XVIème au XVIIIème siècle.

Aragon en Cabardès, le château au centre du village. Le château d'Aragon est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Il ne reste qu'un fragment de mur de l'édifice médiéval, l'édifice actuel date de la fin du XVIème et début du XVIIème siècle.

Aragon en Cabardès, une des fenêtres du château.

Aragon en Cabardès, façade du château.

  

Aragon en Cabardès, le château. (cliquez sur les photos pour les agrandir)

 

CROIX ANCIENNE D'ARAGON-EN-CABARDÈS

Une vieille croix de chemin en pierre datant du XVIème siècle, classée par arrêté du 21 septembre 1932, se trouve au bas du village sur la place publique. Cette croix en pierre d'une facture très simple, porte d'un coté le Christ et de l'autre la Vierge. Les bras de la croix sont de section octogonale. La hauteur totale au-dessus du socle est de 2,30 m ; le bras horizontal mesure 0,70 m.

 

A VOIR AUSSI :

- L'Espace Pierre Sèche. Situé à proximité de l'église, l'Espace Pierre Sèche et Architecture Rurale (EPSAR) est un petit musée et centre d'interprétation de la pierre sèche. Des panneaux, vitrines, maquettes et film présentent l'utilisation de la pierre sèche dans l'architecture rurale.

- Le Musée des vieux outils vignerons.

- Jardin médiéval, celui-ci évoque les jardins du Moyen-Âge (XIIIème-XIVème siècle) il est situé en contrebas de la rue du Paro. Il permet de redonner un décor approprié à l’entrée de la zone haute du village, formant autrefois le castrum.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud-Ouest.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud-Est, en venant de la route de Villegailhenc D935.

Aragon en Cabardès, vu du côté Sud-Est.

 

LES CAPITELLES D'ARAGON EN CABARDÈS

 

Aragon en Cabardès, berger et son troupeau dans la garrigue avoisinante.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord-Est du village.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord-Est du village.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord-Est du village.

Aragon en Cabardès, capitelle au Nord du village.

Aragon en Cabardès, capitelle à l'Est du village.

Aragon en Cabardès, une Garenne aux environs du village.

Espace pierre sèche et architecture rurale, nous avons ici ce que l'on appelle "La Garenne", c'est une petite construction jouxtant le plus souvent une cabane, c'est un gîte aménagé pour inciter les lapins de Garenne à s'y installer. De petites galeries ont été prévues à l'intérieur lors de la construction. Elles ont une ouverture sur l'extérieur en partie basse et débouchent à l'intérieur sur un ou plusieurs puits de diamètre plus conséquent. Après avoir laissé les lapins prendre possession des lieux et y nicher on peut aisément prélever de quoi agrémenter l'ordinaire familial par un civet ou lapin rôti. Le ou les puits, habituellement fermés par une pierre plate, permettent au propriétaire, après avoir occulté les entrées de se saisir des animaux. Cette manière de procéder, respectant l'équilibre entre l'offre et la demande, a permis autrefois à une population trop souvent en manque de nourriture carnée de disposer, gratuitement, d'une ressource contrôlée et d'accès aisé.

Aragon en Cabardès, vu du Sud à partir de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, vu du Nord.

Aragon en Cabardès, vu de la route de Villegailhenc D935.

Aragon en Cabardès, vu du Sud à partir de la route de Pennautier D203.

Aragon en Cabardès, vestiges du moulin de Vignore.

 

ARCHÉOLOGIE

- Des vestiges datant de l'Âge du Bronze (2000 av. J.-C.) auraient été trouvés dans une grotte  sépulcrale à l'aplomb du mur naturel Nord cité ci-avant. Quatre crânes et des ossements humains disséminés dans toute l'étendue de la grotte, furent découverts. La partie Est a livré un squelette presque complet couché sur le côté droit, les jambes un peu repliées sur elles-mêmes. Une mince dalle fruste de micaschiste avait été placée sur la partie supérieure du corps et recouvrait la tête jusqu'aux épaules. Le criblage des terres a donné une palette de schiste gris de 0m12 de côté, un double bouton provenant d'un galet en phyllade dont la partie médiane a été usée par polissage, 17 perles en test de cardium, six pointes de flèche en silex de formes variées, un lampania percé dé deux trous, une petite hache votive polie sur toutes ses faces longueur 40 mm et un fragment de poterie décorée par des picots rectangulaires formant des triangles sans base. Cette poterie permet au prospecteur A. Fages, de dater la sépulture de l'époque du Bronze, opinion confirmée par la présence d'un minuscule fragment très oxydé et indéterminable.

Vestiges retrouvés dans la grotte d'Aragon en Cabardès ©Ch. Boyer.

- On a découvert aussi près d'Aragon en 1820, en défonçant un champ appartenant à M. le baron Peyrusse (section D, n°427), une plaque de marbre ainsi décrite dans le Cartulaire (Mahul tome 1 page 46) : V(ivens), L(ucius), Cornel(ius). Sibi et Rutiliae Exorat(ae). Il s'agirait un fragment d'inscription funéraire gallo-romaine. Ce morceau de marbre était au fond d'une tombe formée des briques à crochet.

- Vers 1898, petites amphores furent trouvées sur le territoire de la commune d'Aragon, au terrain Bouscasse, provenant sans doute de sépultures gallo-romaines. L'une d'entre elles contenait des pièces de monnaie malheureusement égarées.

Aragon en Cabardès, vestiges de l'enceinte médiévale et fossé sec, avec une porte d'accès au castrum. Sur ce lieu il y a aussi un jardin médiéval. 

Aragon en Cabardès, vestiges de l'enceinte médiévale et fossé sec.

Aragon en Cabardès, vu côté Est.

La campagne et vignobles entourant Aragon en Cabardès.

Panorama vu d'Aragon en Cabardès.

Aragon en Cabardès, et la chaîne pyrénéenne au fond.

Aragon en Cabardès, vu côté Ouest, du chemin de la Moulinasse.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud-Ouest.

D'Aragon en Cabardès, on aperçoit le pech de Bugarach sur la droite.

Aragon en Cabardès, côté Sud.

Aragon en Cabardès, vu côté Sud, de la route de Pennautier D203. Photo prise en HDR (high dynamic range).

Le château d'Aragon en Cabardès.

 

LES SEIGNEURS D'ARAGON-EN-CABARDÈS

 

- En avril 1126, Guillaume Roger d'Aragon est au nombre des châtelains de Carcassonne, qui jurent fidélité à Bernard Aton, vicomte, à Cécile, vicomtesse, et à ses enfants (archives du château de Foix). Ce Guillaume Roger d'Aragon on le retrouve dans plusieurs actes : en février 1136, en novembre 1136, en avril 1144 où il rend hommage à Roger de Béziers, en 1153 où Guillaume d'Aragon et Roger son frère, signent à un Plaid sur les différents entre les seigneurs de Cabardès et Raimond de Trencavel, comte de Carcassonne, lequel se retient la suzeraineté du château d'Aragon, jusqu'en 1184 Guillaume Roger d'Aragon figure sur des actes.

- Ensuite en décembre 1191, ses frères gèrent la seigneurie, Eléazar d'Aragon aîné, Arnaud d'Aragon, Pierre d'Aragon, sont du nombre des chevaliers de la vicomté de Carcassonne, réunis à Sausens et jurent fidélité à Raymond Roger fils de Roger, vicomte de Béziers

- En 1209, un seigneur du pays, nommé Pierre d'Aragon rejoint la suite du Légat du Saint-Siège et contribue à la reddition de Montréal et de Fanjeaux à Simon de Montfort.

- En 1236, Guillaume d'Aragon, fils de noble Pierre d'Aragon, acquiert, de l'abbé de Montolieu, un fief à Villardonnel.

- En 1243, Bernard d'Aragon concourt à une sentence arbitrale entre l'abbé et les habitants de Montolieu, touchant la ruine de cette ville par Trencavel.

- En 1247, vente par le Sénéchal de Carcassonne à l'abbé de Montolieu, des biens autrefois possédés, à Ventenac, Villardonnel, Bordes, Ressabitz et Serieys, par Pierre d'Aragon et ses fils, Guillaume et Elzéar d'Aragon, confisqués pour cause d'hérésie.

- Décembre 1249, Roger d'Aragon, fils de feu Roger d'Aragon, est nommé parmi les barons et les chevaliers de la province du Languedoc, dans l'acte de serment de fidélité prêté à Alfonse, comte de Toulouse, et à Jeanne, sa femme ; acte qui amena la réunion du comté de Toulouse à la couronne de France.

- En 1273, procédure concernant les biens confisqués à Roger et Arnaud d'Aragon, faydits.

- En 1378, on trouve un Bernard Textoris, coseigneur d'Aragon.

- En juillet 1414 et septembre 1421, sont cités Bernard Boërij, chevalier, fils et héritier de Pierre Boërij, coseigneur d'Aragone et de Montéclaro.

- En 1453, Arnaud Dax, acheta la seigneurie d'Aragon à noble Guillaume Mathieu seigneur de Villegly et d'Aragon.

- En 1467, échange fait en Mathieu de Grave, seigneur d'Aragon et de Félines, d'une part, et Bernard de Corsier, seigneur de Cesseras, pour la place d'Aragon et ses dépendances.

- En 1477, noble Mathieu de Grave, seigneur de Malves, d'Aragon et de Félines, épouse Perrette de la Jugie.

- En 1582, Jacques de Grave est seigneur de Villegly et d'Aragon.

- En 1647, Jean Antoine Capriol est seigneur d'Aragon.

- En 1663, David de Chateauverdun est seigneur d'Aragon.

 

LA FAMILLE DE MAUREL SEIGNEURS D'ARAGON-EN-CABARDÈS :

Blason de la famille de Maurel.

Blason, armes d'Aragon : "Porte d'azur a un chevron d'or, accompagné de trois molettes de même, 2 et 1", ces armes sont identiques à celle de Bernard de Beaumont originaire de Flandre (Armorial général de France - Charles d'Hozier 1696).

- Le 5 juin 1540, des jugements sur la noblesse du Languedoc, François Maurel est cité comme coseigneur d'Aragon.

- Jean Maurel, seigneur d'Aragon, acquéreur de trois seigneuries, testa le 15 juin 1562. Il avait épousé en 1560, Géraude de Saint-Martin, fille de Pierre. Ils eurent pour enfants :

         - Pierre Ier de Maurel, qui suit ;

         - Jean Maurel, seigneur de Villarlong qui ne fut point marié.

- Pierre Ier de Maurel, seigneur d'Aragon, Raissac, Roquefère, Villarlong et autres lieux, anobli par lettres royales enregistrées en la cour, testa le 19 septembre 1622. Il avait épousé, le 3 septembre 1580, Catherine de Franc, fille de Jean, seigneur de Cahuzac. Ils eurent pour enfants :

         - Bertrand de Maurel, qui suit ;

         - Éléonore de Maurel, mariée le 1er avril 1607 à Jean de Voisins, seigneurs d'Alzau et de Pezens ;

         - Marquise de Maurel, mariée avec le seigneur de Cuq, en Albigeois, près de Castres.

- Bertrand de Maurel, testa le 10 février 1654. Il avait épousé Françoise de Roquefort de Marquein, fille de Jean-Sébastien et d'Antoinette de Vézins. Ils eurent pour enfants :

         - Sébastien de Maurel, qui suit ;

         - Jean-Scipion de Maurel, chevalier de Malte en 1650 ;

         - Jacques de Maurel, seigneur de Montpeiroux, jugé noble le 4 janvier 1669.

- Sébastien de Maurel, seigneur d'Aragon et de Raissac. Il épousa le 16 juin 1665, Diane de Beaux-Hostes, fille des seigneurs d'Aiguesvives, en Minervois. Ils eurent pour fils :

- Pierre II de Maurel, vicomte d'Aragon, reçu page du roi en janvier 1672, puis aide de camp de M. de Schomberg, vivait encore en 1703.

La descendance masculine de la famille de Maurel s'étant éteinte, la terre d'Aragon passa par mariage, avec son nom et ses armes, dans la famille de Bancalis de Pruines

 

LA FAMILLE DE BANCALIS DE MAUREL SEIGNEURS D'ARAGON-EN-CABARDÈS :

Blason de la famille de Bancalis de Maurel.

Blason, armes d'Aragon : "Écartelé aux 1 et 4 d'azur à l'aigle d'or, qui est de Bancalis ; aux 2 et 3 d'azur au chevron d'or, accompagné de 3 étoiles d'argent, qui est de Maurel".

Blason de la famille de Bancalis de Maurel, visible sur la façade du château d'Aragon.

- Jean-Louis-Henri Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, né à Aragon (Aude).

Cette famille de Bancalis de Maurel d'Aragon est une famille de la noblesse française actuellement subsistante. Originaire du Rouergue, on la retrouve aussi en Languedoc et en Albigeois.

De cette famille sont issus des officiers supérieurs, un officier général, des membres de la maison militaire du roi, un pair de France, des royalistes qui se mêlent à des actions de chouannerie en Aveyron, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires dont des diplomates, des hommes de lettres, des notables, etc. Plusieurs d'entre eux sont décorés de différents ordres.

 

Au XIXème siècle, une fille de cette famille est mariée avec le frère du ministre Decazes et elle tient un rang important dans le département du Tarn.

Cette famille porte un titre régulier de baron depuis 1819. Ses autres titres de noblesse sont de courtoisie.

La famille de Bancalis de Maurel d'Aragon a pour patronyme d'origine Bancal. Ce patronyme est mentionné en Rouergue dès le XIIIème siècle, où elle possédait la terre de Pruines, près de Rhodez, depuis plus de deux cent ans. Celle d'Aragon, qu'elle a eue par alliance avec la famille Maurel qui la possédait sous le titre de vicomté.

Il y a deux interprétations sur l'origine de la noblesse de cette famille :

Celle de Régis Valette (la même que celle de Gustave Chaix d'Est-Ange qui est à son tour la même que celle d'Hippolyte de Barrau) qui mentionne cette famille comme étant d'extraction noble sur preuves remontant à 1544.

Celle de Charles-Henri de Bancalis de Maurel d'Aragon, publiée en 2002, qui dit qu'en 1631, François (de) Bancalis, docteur en droit et juge de Muret, achète la seigneurie de Pruines et qu'à partir de cette époque ses descendants prendront des qualifications de noblesse.

Durant les grandes recherches de noblesse entreprises sous le règne du roi Louis XIV les Bancalis de Pruines sont maintenus en leur noblesse sur preuves de 1544.

 

- Au XVIIème siècle, la seigneurie d'Aragon appartient à Sébastien de Maurel seigneur d'Aragon dans l'Aude, et de Marquèze de Landès, dont la petite fille Anne de Maurel d'Aragon s'est mariée en 1726 à Aragon avec Pierre de Bancalis qui est seigneur de Pruines, en Rouergue. Leurs enfants hériteront de cette seigneurie et la branche cadette prendra le nom de Bancalis de Maurel d'Aragon.

Cette famille a compté plusieurs branches dont deux se sont séparées au XVIIIème siècle :

- La branche aînée de Bancalis de Pruynes, qui s'est éteinte au début du XIXème siècle.

- La branche cadette de Bancalis de Maurel d'Aragon, qui est subsistante et qui s'implanta dans le département du Tarn.

 

VOICI  LES PRINCIPALES PERSONNALITÉS DE LA FAMILLE BANCALIS :

AU XVIème SIÈCLE : 

- Jean de Bancalis, épousa Jeanne de Solier, ils eurent pour enfants :

         - Pierre Bancal(is), notaire d'Auzits, établi à Millau pour cause de religion. Il est, en 1566, fermier du greffe de cette ville. Il épouse en 1571 Guillemette Fugin, il décède en 1573.

         - Astorg Bancal(is), frère du précédent. Marchand et bourgeois de Lavaur, en Albigeois. Marié à Jeanne de Voisins puis à Jeanne Tersson, il meurt en 1580.

         - Jean Bancal(is), frère des précédents. Notaire de Muret, en Rouergue, où il épouse le 14 août 1544 Jeanne de Peyre (ou de Petra) ou Lapeyre, fille de Jean et d'Antoinette Goudal. Décédé en 1593. À partir de ce couple, la filiation est continue.

 

AU XVIIème SIÈCLE :

- Jean II Bancal(is), seigneur de Labro et de Pruines, habitant Muret, achète le 6 octobre 1621 pour 55300 livres, à Antoine Marcenac, chevalier de Saint-Michel, le château et domaine de Pruines. Notaire royal à Muret. Il avait épousé le 15 janvier 1577 Marguerite Roaldès, fille d'Hugues Roaldès et d'Hélène de Boyer. Elle est aussi la nièce du fameux jurisconsulte François Roaldès (1519-1589). Ils eurent trois fils :

         - François de Bancalis, qui suit ;

         - Henri Bancalis, conseiller du roi, marié le 28 mars 1639 à Guillemette Colit ;

         - Jean de Bancalis, seigneur de Selves, marié en 1613 à Louise de Vernhes, dame de Selvès.

 

- François (de) Bancalis, docteur en droit et juge de Muret. Il épouse le 26 juin 1611 Marie de Benoît, fille de Guillaume Benoît et de Marie Fontanier, il achète la seigneurie de Pruines en 1631 qui lui donne l'entrée aux États de Rouergue où il siégea en 1638. Il meurt l'année suivante à la suite d'une rixe.

 

- Jean III de Bancalis, dit baron de Pruines, fils du précédent, baptisé en 1616 à Muret. Il participe aux guerres de Catalogne, dans l'armée de Condé, et notamment au siège de Salses en 1639. Il est maintenu dans sa noblesse par arrêt du Conseil d'État en date du 6 août 1668 avec règlement d'armoiries : "un aigle aux ailes éployées d'or, sur champ d'azur, entouré de panaches et timbré au-dessus". Marié le 26 août1654 avec Marguerite de Coustin de Bourzolles, fille de François de Bourzolles de Caumont et de Gabrielle d'Orléans de Rère, famille du Berry, distincte de la Maison princière d'Orléans. Elle est de religion protestante. Il meurt assassiné en 1651.

Blason de Jean Louis de Bancalis de Pruines, extrait de l'armorial général de France par Charles d'Hozier en 1696.

- Pierre de Bancalis de Pruines, frère des précédents. Prêtre, bachelier en théologie de l'université de Cahors. Prieur de Rodelle et de Bezonnes (diocède de Rodez) et de Marmanhac (diocèse de Saint Flour). Curé de Calmont-d'Olt, il fut syndic du clergé de Rodez entre 1673 et 1704.

 

- Henry de Bancalis de Pruines, frère des précédents, baptisé le 10 mai 1621 à Muret. Il fit les guerres de Catalogne et prit part au siège de Salses en 1639. En 1645, il était lieutenant au régiment de cavalerie de Saint-Simon. Selon l'arrêt de maintenue du 6 août 1668, il a été gentilhomme servant en 1649, conseiller et maître d'hôtel ordinaire du roi en 1650, exempt des gardes du corps, major de Senlis en 1651 et lieutenant des chasses de la forêt d'Halatte en 1659. Décédé en 1681 à Senlis, il avait épousé en 1651 Marie Boulard.

 

- Charles de Bancalis de Pruines, fils du précédent. Baptisé à Senlis en 1655. Il fut reçu page à la Grande écurie du roi en janvier 1672 (mais problème au niveau des preuves de noblesse relevé par d'Hozier car il fallait prouver une noblesse remontant au moins à l'année 1550), puis exempt des gardes du corps du roi, major de Senlis et lieutenant des chasses d'Halatte. Sans alliance, tué à la bataille de Leuze en 1691.

 

AU XVIIIème SIÈCLE :

- Michel de Bancalis de Pruines, frère du précédent, vicaire général du diocèse de Senlis. Baptisé à Senlis le 26 février 1660. Prêtre et bachelier en théologie de l'université de Paris, abbé commendataire de l'abbaye de Bois Aubry au diocèse de Tours en janvier 1678, prieur commendataire du prieuré royal de Saint Maurice de Senlis en 1693, prieur de Marmanhac en janvier 1700, doyen du chapitre de la cathédrale de Senlis.

 

- Michel de Bancalis de Lormet, né le 14 octobre 1729 à Albi. Fils de Jean-Louis de Bancalis de Lormet et d'Antoinette de Fonvielle et petit-fils d'Antoinette de Salvan de Saliès qui par ses œuvres littéraires acquit une certaine notoriété. Page de la Duchesse douairière d'Orléans en 1742, cornette au régiment de cavalerie de Beauvilliers, mousquetaire dans la 1ère compagnie des Gris en 1747, capitaine au régiment Commissaire Général Cavalerie en 1757, major du régiment Mestre de Camp général de cavalerie, commandé par le futur maréchal de Castries. Chevalier de Saint Louis en 1770, lieutenant colonel en 1777 et enfin brigadier des armées du roi en 1780. Il achète la même année au marquis de Castelpers la vicomté d'Ambialet en Albigeois qui donnait à son possesseur la deuxième place dans la noblesse aux États de l'Albigeois.

 

- Pierre de Bancalis, baron de Pruines, né en 1691 à Pruines, fils de Jean Antoine de Bancalis baron de Pruines et d'Anne de Génibrouse de Saint-Amans, fille de Jacques de Génibrouse, vicomte de Saint Amans et seigneur de Boissezon, et d'Isabeau de La Tour de Gouvernet. Il est maintenu noble en 1698. Page en la Grande écurie du roi en 1706, époux d'Anne de Maurel d'Aragon en 1726 décédée  en 1761, fille de Pierre de Maurel, marquis d'Aragon, et de Marquise de Landes de Saint Palais.

 

- Marie Narcisse Toinette de Bancalis de Pruines, fille du précédent, née à Pruines le 5 septembre 1729, elle épouse en 1750 Eugène Lacombe, fils de Jean Lacombe, seigneur de Saint Michel de Vax et de Marianne de Bancalis de Lormet. Entre autres enfants :

         - Jean Pierre Lacombe Saint Michel, conventionnel, régicide, membre du Comité de Salut public après Thermidor, général, ambassadeur, président du Conseil des Anciens, inspecteur général de l'artillerie, gouverneur de Barcelone, grand Officier de la Légion d'honneur ; 

            -Jean Marie Lacombe, contre-révolutionnaire, fusillé pour actes de chouannerie en 1799.

 

- Jean Marie de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, frère de la précédente. Né en 1732, hérite en 1758 de son oncle maternel, Jean-Marie de Maurel, de la terre et seigneurie d'Aragon, à condition de relever son nom et ses armes. Il en sera dépossédé à la Révolution. Il meurt à Carcassonne en 1795 peu après être sorti de la prison de la Visitation à Toulouse. Il était veuf de Jeanne Gabrielle Henriette de Portes de Pardaillan, épousée en 1761, fille de François Joseph de Portes, marquis de Portes et d'Henriette Honorée d'Aignan d'Orbessan.

 

- Marie Hyacinthe Guillaume de Bancalis, baron de Pruines, fils de Louis-Arnaud-Roch de Bancalis et de Marie-Jeanne Delagnes, né en 1764 à Pruines. Un temps "attaché à la personne du Prétendant" pendant l'Émigration. Mentionné comme "complice de brigands, chef d'une bande de chouans, voleur de diligence". Il fera soumission à la République en 1797 et épousera la même année Elisabeth Passelac. Chevalier de Saint Louis en 1815, il meurt en 1842 à Villecomtal.

 

- Jean Antoine Louis de Bancalis de Pruines, dit "le chevalier de Pruines". Frère du précédent, né en 1765. Tonsuré à Carcassonne en 1778. Il remplit des missions au service des Princes durant l'émigration. Engagé dans la chouannerie avec son cousin Jean-Marie Lacombe, il est mentionné comme "chef de bande, royaliste dangereux ayant déjà tué". Il participe à la "conspiration de La Goudalie" en Rouergue (affaire Fualdès). Emprisonné à Montpellier durant les Cent-Jours. Décédé en 1844 à Montbazens.

 

- Jean Louis Arnaud de Bancalis de Pruines, né en 1773 à Strasbourg, fils de Jean louis de Bancalis et de Marie-claude Vaudin. Emigré, il sert dans l'artillerie noble du prince de Condé. Il épouse en 1798 Françoise de Sanlèque et s'installe au manoir de Gerstheim (Bas-Rhin). En 1804, il met sa fortune à la disposition des partisans du duc d'Enghien, capturé de l'autre côté du Rhin. Il meurt en 1809.

 

AU XIXème SIÈCLE :

- Jean Louis Henry de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, pair de France, né le 5 août 1763 à Salières près de Privas, fils de Jean-Marie de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon et de Jeanne Gabrielle Henriette de Portes. Premier page du comte d'Artois, capitaine de cavalerie au régiment du Roi en 1789, il est corédacteur du Cahier des doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Carcassonne en 1789. Émigré en 1791, et fit les campagnes de l'armée des Princes, au corps de Condé, ce qui lui fit perdre par confiscation, la terre d'Aragon. Pendant son émigration, il épouse à Anspach (Allemagne), le 4 juin 1794, Sophie de Nassau-Siegen, fille naturelle du prince Charles de Nassau-Siegen, amiral au service de Catherine II, et de Thérèse Eymer-Fleury de la Comédie française. À l'occasion de ce mariage, il reçoit un brevet de lieutenant-colonel au service de la Russie ; Baron-pair de France héréditaire en 1819, président du Collège électoral du Tarn, membre et président du Conseil général de ce département, chevalier de Saint-Louis le 5 novembre 1814, et de la Légion d'Honneur. Il meurt à Saliès près d'Albi le 6 janvier 1848 à 84 ans.

Découvert dans les archives communales d'Aragon, un document concernant le seigneur d'Aragon relate : "au moment de la Révolution en 1789, Jean Louis de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, protesta énergiquement de son loyalisme aux institutions nouvelles, ce qui ne l'empêcha pas de d'émigrer. Aussi ses biens furent confisqués, comme d'ailleurs ceux du curé réfractaire Sompayrac".

 

- Ida de Bancalis de Maurel d'Aragon, fille du précédent, née en Ukraine le 4 décembre 1799. Elle épouse le 8 février 1816 à Saliès (82) Joseph Léonard Decazes, 1er vicomte Decazes, né le 4 juin 1783 à Libourne (33), député de l'Aveyron (1831-1834) et député du Tarn (1837-1846), et frère du futur duc Decazes qui sera ministre du roi Louis XVIII. Morte à Albi en 1880 à 81 ans.

 

- Charles de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, frère de la précédente, né à Toulouse le 23 avril 1812, licencié en Droit, auditeur au Conseil d'État en 1834, détaché au cabinet du ministre de l'Intérieur, conseiller général, élu député du Tarn en 1847 contre son beau-frère Decazes. Commissaire du gouvernement provisoire puis représentant du Peuple pour ce département en 1848, il mourut la même année le 15 septembre à Paris. Il avait épousé Thérèsa Visconti d'Aragona, demi-sœur de la princesse Belgiojoso, héroïne du mouvement nationaliste italien.

Portrait de Charles de Bancalis de Maurel (1812-1848) ©BNF.

 

- Albert Charles de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, fils du précédent. Né en 1844, attaché d'ambassade à Londres et au cabinet du 2ème duc Decazes ministre des Affaires étrangères. Marié à Louise de Lordat, née en 1852. Président du Comité royaliste du Tarn, mainteneur de l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, décoré des Ordres de Sainte-Anne, de Pie IX, du Christ du Portugal, de Léopold de Belgique. Il meurt en 1898. Ils eurent deux fils :

           - Robert de Bancalis de Maurel d'Aragon, qui suit ;

           - Henri Jean Marie Victor de Bancalis de Maurel d'Aragon, né le 22 mai 1883 à Toulouse, marié avec Madeleine Schaeffer. Élève de Saint-Cyr (1903-1905), capitaine pilote au 22ème régiment de dragons, décédé le 13 mars 1916 à Verdun (55), qui suit ;

 

- Christine de Bancalis de Maurel d'Aragon, sœur du précédent. Née à Saliès en 1841. Fille de la Charité. Compagne de Catherine Labouré, supérieure du couvent des Blancs-Manteaux (1876). Décédée à Paris en 1905.

 

- Henri de Bancalis de Pruynes, né en 1803 à Gerstheim, fils de Jean Louis Arnaud et de Françoise de Sanlèque. Garde du corps du roi Charles X, officier dans les lanciers de Nemours, il épouse en 1833 Wilhelmine de Reinach-Werth. Conseiller général du Bas-Rhin, maire de Gerstheim, il meurt en 1878.

 

- Raphaël de Bancalis de Pruynes, né en 1844, fils de Joseph de Bancalis, Officier de hussards, et de Berthe de Schönau-Wehr. Officier des haras, il épouse en 1872 Louise Weinum. "Bürgmeister" de Gerstheim occupé de 1880 à 1890, il publiera en 1914 "Souvenirs d'un annexé".

 

- Robert Charles Maurice François de Bancalis de Maurel d'Aragon, né le 1er juin1882, fils d'Albert Charles de Bancalis de Maurel et de Louise de Lordat. Élève de Saint-Cyr (1903-1905), puis capitaine d'infanterie, décédé le 21 décembre 1914 à Wacques (51), à l’âge de 32 ans.

 

AU XXème SIÈCLE ET XXIème SIÈCLE :

- Henri de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon, fils d'Albert Charles, marquis d'Aragon et de Louise de Lordat. Né à Toulouse le 22 mai 1883. Officier de dragons, Capitaine aviateur affecté aux escadrilles d'Alsace en 1915. Mortellement blessé à Verdun le 13 mars 1916. Marié en 1909 à Madeleine Schaeffer. Croix de Guerre, chevalier de la légion d'Honneur.

Photo d'Henri de Bancalis de Maurel, à l'époque lieutenant au 20ème régiment de dragons.

- Charles Louis Marie Pierre de Bancalis de Maurel, marquis d'Aragon né le 10 novembre 1911 à Bourges, décédé le 6 août 1986 à Saliès, fils du précédent, dit le Marquis rouge, diplômé de l'École libre des sciences politiques et gaulliste de gauche, il fut l'un des principaux chefs de la Résistance dans le département du Tarn durant la seconde guerre mondiale, un temps adjoint au commissaire général à l'information pendant la guerre, vice-président du Comité de libération du Tarn, député des Hautes Pyrénées, maire de Saliès, membre du Comité directeur de l'Union démocratique du travail (UDT), mainteneur de l'académie des Jeux Floraux de Toulouse, croix du combattant volontaire de la Résistance, chevalier de la Légion d'honneur et rosette de la Résistance. Auteur de l'ouvrage : La résistance sans héroïsme. Il avait épousé en 1942 Diane d'Albon (dont la mère était née de Bourbon-Busset).

  

Photos de Charles Louis Marie Pierre de Bancalis de Maurel ©Assemblé Nationale.

 

- Charles-Henri de Bancalis de Maurel d'Aragon (1945), fils du précédent. Ministre plénipotentiaire. Officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du Mérite. Chevalier de Malte et ambassadeur de l'Ordre Souverain Militaire de Malte en Liban. Marié en 1979 à Catherine Bézy.

 

- Antoine de Bancalis de Maurel d'Aragon, né le 3 juillet 1954, fils de Charles de Bancalis de Maurel d'Aragon et de Diane d'Albon, marié le 15 juillet 1978 à Marie-Aurélia Rambaud (fille de Régis Rambaud et de Marie-Josèphe de Boismenu). Après un séjour en Algérie où il enseigna à l'Université d'Annaba, il poursuivit une carrière commerciale chez Airbus. Il apporta par ailleurs sa contribution à diverses associations : hippiques, cynégétiques ou forestières. Il est le père de cinq enfants : Julie (1978), Charles-Antoine (1981), Rodolphe (1984, marié à Ségolène Nicolas), Aliénor (1989) et Zita (1990).

Aragon en Cabardès, la lune éclairant le clocher de l'église Sainte-Marie.

 

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécieront :

Aragon en Cabardès, l'avenue de Carcassonne en 1905.

Aragon en Cabardès, une vue générale en 1905.

Aragon en Cabardès, les vielles enceintes fortifiées en 1905.

Aragon en Cabardès, le château rue du Paro en 1905.

Aragon en Cabardès, en 1980.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne par Mahul, tome 1- 1857.

- Dictionnaire de la noblesse.

- Histoire générale de Languedoc.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), et sur le fameux sentier cathare, si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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25 juin 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! Voici la seconde partie du reportage consacré au village de Conques sur Orbiel et au château des Saptes. Si vous avez d'autres photos de Conques sur Orbiel, je peux éventuellement compléter ce reportage, n'hésitez pas à mon contacter.

J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

 

LES PROPIÉTAIRES SUCCESSIFS DU CHÂTEAU ET DE LA MANFACTURE DES SAPTES

 

LA BRANCHE DE SAPTE DE MONTBLANC :

La branche de ce nom resta fixée dans la région de Carcassonne. Ses derniers représentants furent Christophe de Sapte de Montblanc, commandant major de lu Cité de Carcassonne en 1722, mort vers 1750.

Son fils ou petit-fils, l'abbé de Sapte de Montblanc, prieur de Millegrand, qui figure parmi les membres du clergé a l'Assemblée des Etats généraux en 1789.

 

BRANCHE DE SAPTE DU PUGET :

Généalogie très difficile à reconstituer faute de documents.

Trois frères Sapte, Bernard, Jean-Estienne, et François, tous trois marchands de draps à Carcassonne en 1503. François de Sapte était marchand à Tuchan puis à Carcassonne, c'est ce François, lequel tant en son nom qu'au nom de ses frères fit bâtir la maison forte que l'on appelle maintenant le château de Saptes, entre Conques et Villalier.

Les enfants ou successeurs immédiats de ces premiers frères Sapte furent : Pierre et Maurice.

On trouve un Pierre Sapte qui fut blessé d'une arquebusade en 1587 au siège de Brugairolles.

Un autre François de Sapte, Conseiller au Présidial de Carcassonne, fut le fondateur de la branche de Sapte du Puget, qui se fixa à Toulouse. Vers 1620 François de Sapte fit aussi l'acquisition de la seigneurie du Puget, près d'Alzonne, où il fit bâtir le château Louis XIII que l'on voit encore aujourd'hui.

Son fils Charles, entra dans la première moitié du XVIIème siècle, au Parlement de Toulouse et ses descend aussi s'y succédèrent de père en fils, comme Conseillers ou Présidents, pendant 150 ans environ. Charles avait un frère Jean-Auguste de Sapte de Grazailhe.

François de Saint-Félix, IIème du nom, baron de Mauremont et de Clapiers, avait été destiné à l'état ecclésiastique par sa mère, qui avait décidé Philippe de Saint-Félix, son mari, à revenir à la religion de ses pères. Mais ayant perdu son frère aîné, il rentra dans le monde, recueillit l'héritage de son père et se maria, par contrat du 1er mars 1672, avec Anne de Sapte, fille d'André Jean de Sapte, seigneur du Puget et de Villelisses, conseiller au parlement de Toulouse, et de Françoise de Frezals. Il eut de ce mariage vingt-huit enfants, dont huit seulement lui survécurent, savoir, trois fils et cinq filles.

En 1694, on trouve un Jean André de Sapte décédé qui a pour fils Henri Bernard de Sapte, conseiller au Parlement de Toulouse.

Blason d'Henri Bernard de Sapte, extrait de l'Armorial Général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696.

Voici un autre croquis de ce blason ci-dessus.

Le dernier, Henri-Bernard-Catherine de Sapte du Puget, naquit à Toulouse en 1744. En 1789 il entra dans l'ordre de la Noblesse à l'Assemblée des Etats généraux de la Sénéchaussée de Carcassonne, où il possédait des biens considérables.

Il fut Président de la Grande Chambre du Parlement et Mainteneur de l'Académie des Jeux Floraux. Le 22 août 1793, à la demande de l'accusateur public, Fouquier Tinville, cinquante-trois Présidents ou Conseillers furent arrêtés et emprisonnés. Tous furent transférés à Paris en convois successifs, pour comparaître à la barre du tribunal révolutionnaire. Ce fut une véritable hécatombe ; tous furent condamnés à mort et exécutés en trois fournées, les 1er Floréal, 26 Prairial (14 juin 1794) et 18 Messidor an II. Parmi eux se trouvait Henri-Bernard-Catherine de Sapte du Puget qui mourut sans postérité, il avait 48 ans.

En 1649, jugement où Jean-Pierre de Sapte, sieur de Conques est cité.

On sait qu'en 1620, le château et la manufacture des Saptes passeront aux mains d'un sieur Dufay ou de Fay qui avait épousé la fille d'un des frères Sapte.

 

Notes diverses, je vous livre ce que j'ai pu trouver sans plus de précisions, sur les Saptes sans pouvoir établir les liens, si vous avez réussi la généalogie de cette famille faites moi parvenir les infos pour compléter cet article

- Antoine de Sapte né en 1588 à Conques.

- Pierre de Sapte, écuyer, né en 1615 décède après 1643, marié à Claire de Geoffroy née en 1618 décède après 1643.

- Jeanne de Sapte née vers 1618-1619.

- Jehan de Sapte né vers 1618, marié il eut une fille, Anne de Sapte.

- Marguerite de Sapte née en 1669.

- En 1679, Jean de Sapte (frère de Pierre de Sapte) fut marié à Germaine d'Aldebert, ils ont une fille, Jacquette de Sapte mariée à Jean de Boisside sieur de La Goutine.

- En 1681, Pierre Sapte à une fille prénommée Marianne de Sapte, religieuse. Ce Pierre Sapte à un frère, Pierre Calixte de Sapte, capitaine qui fut marié à Louise de Joffroy de Bousigues.

- En 1691, Jeanne Delsol était veuve de Bernard de Sapte.

- 1768, trouvé un Paul de Sapte, ainsi que Marie de Sapte.

- En 1771, Dominique de Sapte est 1er consul de Conques.

 

LES DE FAY OU DUFAY :

Nous avons vu que dès le début du XVIIème siècle, les frères Saptes ont abandonné leur château ; après leur départ, celui-ci va devenir pendant cent ans environ la propriété de la famille de Fay ou Dufay. D'où venait cette famille ? Il n'a pas été possible de l'établir d'une façon certaine.

En 1652, un jugement entre messire Antoine Defay, docteur et avocat en Parlement, et le sieur Viguier, "qui refusait de rendre et restituer le linge à lui baillé en engagement par le sieur de Conques, marqué de la marque de la maison de Saptes", malgré le payement et remboursement que lui avait fait ledit Defay de la somme de 50 livres, pour laquelle ce linge avait été engagé. Le lundi 15 juillet 1652, dit une note du registre, la justice a cessé à cause de la maladie contagieuse découverte en la ville basse et le siège a été transféré au lieu de Conques, où les audiences furent reprises le 5 novembre 1652.

En 1666, autre jugement où noble Pierre Defay, sieur de Sapte est cité.

En 1684, Marie Varennes, était veuve de noble Pierre de Fay.

 

LES DE VARENNES :

La manufacture que possédaient les Fay ou Dufay en 1620, fut par eux affermée à un banquier de Paris, M. de Varennes.  Celui-ci dut fournir les fonds nécessaires pour sa remise en état indispensable, après un demi-siècle de guerres civiles ou religieuses dont le Languedoc eût particulièrement à souffrir. En 1712  Noel de Varennes décède.

 

LES CASTANIER :

La famille Castanier de Clermont-Lodève ou Castanier d'Auriac existait au XVIIIème siècle qui, après avoir acquis dans la finance une fortune considérable, occupa de hautes charges de magistrature.

Le premier ancêtre connu dans la région qui nous intéresse est Guillaume Ier Castanier (+1690), est un marchand, cultivant lui-même sa métairie. Il avait épousé le 18 février 1645, Anne Marescot fille du seigneur de La Bastide Esparbairenque dans la Montagne Noire et vint s'installer à Carcassonne. 

Ils eurent un fils Guillaume II né le 17 mars 1646 (+4 septembre 1704) qui épousa à 23 ans en mai 1669, Marie Raynaud fille d'un gros marchand de draps de la cité de Carcassonne. Ils eurent à leur tour deux fils : Guillaume III et François Ier et deux filles Marie et Anne. Guillaume II occupe le poste de conseiller du Roi honoraire au siège du présidial de Carcassonne, lorsqu’il achète aussi en 1694 la manufacture du bout du pont à Carcassonne, dans le faubourg de la Trivalle.

Portrait de Guillaume Castanier III (1645-1705).

François Ier Castanier vivait à Paris, il meurt sans descendance, au numéro 17 rue Neuve des Capucines à Paris, dans son fastueux hôtel jouxtant la place Vendôme. C'était un homme d’aspect sévère, choisi par Louis XV comme surintendant des finances de la Reine, il se rendait tous les jours à Versailles.

Portrait de François Castanier (1676-1759) directeur de la Compagnie des Indes de 1723 à 1759.

Après la mort de Noel de Varennes, en 1712, Guillaume II Castanier acheta pour son gendre, Pierre Fraisse bourgeois de Carcassonne le mari de Marie, la manufacture des Saptes.

Guillaume III Castanier né en 1670, avait épousé le 5 septembre 1692 Françoise de Bourlat fille du directeur de la manufacture royale de Pennautier ; ils eurent trois enfants : Guillaume IV, François II et Françoise. Pour compléter la production de la manufacture de la Trivalle et de Saptes, il crée en 1711 la manufacture de draps fins de Cuxac-Cabardès.

Guillaume III devenu comte de Clermont-Lodève, baron, et seigneur de Couffoulens, décédera le 15 janvier 1725 à Carcassonne, dans la maison qu'il avait fait bâtir vingt ans auparavant et qui existe encore, dans le haut de la Grande Rue, actuelle rue de Verdun. Il fut inhumé dans l'église de Couffoulens, ses deux fils Guillaume IV et François II lui succédèrent. Il laisse une fortune de vingt-trois millions de livres et répartit ses biens entre ses deux enfants

Guillaume IV Castanier d'Auriac né le 19 décembre 1702 à Carcassonne (+3 décembre 1765 à Fontainebleau), épouse le 16 avril 1738 Marie Louise de Lamoignon de Blanc Mesnil née le 7 juillet 1719 (+1790), ils eurent un fils, François-Guillaume Castanier-d'Auriac avocat au Grand Conseil, qui fut tué en duel à Paris en 1769 par M. de Siran de Cavanac.

Portrait de Guillaume Castanier IV (1670-1725) par Hyacinthe Rigaud. Musée des Beaux-arts de Carcassonne.

Zoom sur le portrait ci-dessus de Guillaume Castanier IV (Photos Chroniques de Carcassonne).

Guillaume IV Castanier héritera de l’immense fortune de son oncle François Ier Castanier, cette colossale fortune était évaluée à quarante-trois millions de livres. Nommé conseiller d’Etat en 1751, il préside par la suite le Grand Conseil. Il gère également les forges à la catalane de la Haute Vallée de l’Aude et les manufactures des Saptes, Villeneuvette et Cuxac-Cabardès.

Son fils ayant été tué en duel, en 1765, l’immense fortune reviendra alors à sa nièce, Catherine Castanier (1729-1814) appelée "Madame", fille de François II voir ci-après. 

Quant à François II de Castanier né en 1701 (+1729) il n’eut qu’une fille Catherine Castanier (1729-1814) qui recueillit l’entier héritage. Catherine épouse en première noces Jean Joseph Palarin, marquis de Loubère, et en seconde union le marquis Louis Marie de Poulpry, lieutenant général des armées du roi (équivalent de nos jours à un général de division). On prétendait que la marquise Catherine Françoise Castanier de Couffoulens pouvait venir de Paris à Carcassonne avec ses chevaux en couchant tous les soirs dans une de ses propriétés. Son patrimoine foncier était impressionnant.

Mais à la Révolution, elle émigra en Allemagne, tous ses biens furent alors saisis et confisqués. Elle ne revint que sous l’Empire pour trouver tous ses biens vendus. Elle mourut dans la pauvreté le 27 janvier 1814 ne laissant à son neveu le Duc de La Rochefoucauld que quelques terres.

 

Les frères Jean et Vitalis Poussonnels reprendront en 1704 la direction de la manufacture royale des Saptes.

Nous avons peu d’éléments quant aux raisons du délaissement de la manufacture de la Trivalle en 1714 par les Castanier qui en était aussi les propriétaires, alors même qu’ils conservent celles des Saptes et de Cuxac-Cabardès.

 

LES FRAISSE :

Pendant trente ans, de 1700 à 1730, la manufacture des Saptes, fut l'apanage de Pierre Fraisse, beau-frère, du fameux Guillaume II Castanier. Il était propriétaire du château et associé pour la direction de la manufacture avec les sieurs Boucard et Samary, marchands de draps de Carcassonne.

En 1712, jugement où est cité noble Pierre Fraisse, seigneur des Saptes et Conques, conseiller secrétaire du Roi, maison et couronne de France.

En 1716, un acte de procédures de sentences cite noble Pierre de Fraissé, seigneur de Conques et des Saptes, chevalier d’honneur en la sénéchaussée.

En 1719, maître Pierre Fraisse, propriétaire et faisant travailler la manufacture royale des Saptes, engage une procédure contre des ouvriers de sa manufacture qui le quittèrent en emportant "la trame et l’argent qui leur avait été compté à un chacun" comme prix de la pièce qu’ils devaient faire pour le Levant.

En 1728, poursuite contre noble Guillaume de Fraissé, seigneur de Conques et des Saptes pour avoir chassé sur les terres de l'évêque de Carcassonne.

Pierre Fraisse vendit en 1730 le château des Saptes à son neveu Guillaume IV Castanier. Guillaume IV Castanier d'Auriac avait 27 ans il n'était pas encore marié, il était alors avocat au Parlement de Toulouse et ne s'occupa pas lui-même de la manufacture, il en confia l'exploitation à son fondé de pouvoirs à Carcassonne, Gaspard Laporterie. De son premier mariage, Gaspard de Laporterie eût onze enfants nés avant 1730, date à laquelle il prend la direction de la manufacture des Saptes. Ses fils se consacrèrent tous à l'industrie ou au commerce du drap. Il se remaria en 1731 et Gaspart Laporterie décèdera en 1755.

Quand survint la crise qui paralysa le commerce d'exportation à la fin du règne de Louis XV, le travail cessa pratiquement à la manufacture des Saptes.

 

LES LAPORTERIE :

Ainsi donc, à partir de 1730, nous voyons s'installer au château des Saptes une nouvelle famille qui remettra en marche pour son propre compte, la vieille manufacture.

Gaspard de Laporterie est né en 1682, fils de Pierre Laporterie et Marie Belichon. Son père avait épousé la fille d'un notaire de la Cité de Carcassonne, il consacra sa modeste fortune à faire donner une solide instruction à ses trois enfants.

Gaspard de Laporterie fit un premier mariage à vingt trois ans en 1705, avec Marguerite Macou, fille d'Antoine Macou marchand de fer de la Cité de Carcassonne et Paule de Raynaud issue de famille noble. De ce premier mariage naîtra onze enfants.

Les affaires de la manufacture prospérèrent, il devint riche, il put donc, tout en continuant à développer ses affaires, acheter un office de Secrétaire du Roy, qui l'anoblissait lui et ses enfants.

En 1731, Gaspard de Laporterie se remarie et sa deuxième femme mourut l'année suivante, en donnant le jour à une fille, Catherine, mariée très jeune au chevalier de Roquerlan.

En 1745, Procédure criminelle contre Bernard Rieux, affineur, pour préméditation de vol et assassinat en la personne de noble Pierre de Laporterie directeur de la manufacture royale des Saptes, seigneur de Roquecourbe, en son château des Saptes.

Gaspard Laporterie mourut en 1755, laissant à son fils aîné, Pierre de Laporterie, seigneur de Roquecourbe, la plus grande partie de ses biens. 

Après la mort en 1779 de Pierre de Laporterie qui avait prit les commandes de la manufacture après la mort de son père, la marquise de Poulpry (Catherine Castanier fille de François II) vendit son château, avec la manufacture à l'arrêt, au docteur Sabatier, médecin à Carcassonne.

En 1785, litige où est cité Sabatier, seigneur des Saptes.

 

LES D'URRE :

Ce domaine passa en 1792, dans la famille d'Urre, par suite de la vente faite par la veuve du docteur Sabatier à Madame Théodorine d'Urre, née de Mac-Mahon.

La famille d'Urre d'Aubais, originaire du Dauphiné et l'une des plus anciennes de cette région, était venue à la suite de mariages, se fixer en Languedoc, sous le règne de Louis XV.

Maurice  Théodore Charles Emmanuel Marie, titré marquis d’Urre d’Aubais, est le fils de Emile Jacques François Emmanuel, marquis d’Aubais  les Conques et de son épouse Anne  Félicité Viger ; petit fils d’Emmanuel François d’Urre, marquis d’Aubais, baron de Capendu, marié en 1779 à Théodorine de Mac -Mahon ; arrière petit fils de Alexandre Joseph François d’Urre et de Jacqueline Marie de Bashi d’Aubais.

Le marquis Maurice d’Urre d’Aubais est né le 29 novembre 1856 à Nîmes ; il est décédé à Paris le 21 mai 1927.

Le marquis passa son enfance dans le château familial de Saptes situé à Conques sur Orbiel, propriété devenu familiale par son rachat par Théodorine de Mac-Mahon, son arrière grand mère paternel.

 A la mort de son père, le 20 octobre 1883 à Nîmes, il a 27 ans et hérite de celui-ci ainsi que du titre de marquis (sa mère étant morte en 1858, il n’avait qu’une sœur, Thérèse, décédée à l’âge de 14 ans en 1864). Célibataire, à la tête d’une fortune très importante, possédant plusieurs châteaux et immeubles, le marquis Maurice d’Urre d’Aubais avait la passion des courses hippiques, des voyages et de la mer.

Le marquis d'Urre, inhumé au château des Saptes depuis 1927, est le dernier descendant de cette dame de Mac-Mahon, comtesse d'Urre, qui acheta dans les premières années de la Révolution, ce domaine transmis depuis de père en fils jusqu'à lui.

 

PERSONNALITÉS DE LA COMMUNE DE CONQUES SUR ORBIEL 

- Albert Gau (1910-1993) prêtre, résistant, journaliste et homme politique né à Conques.

- Félix Roquefort (1913-1982) député de l'Aude de 1956 à 1958, décédé à Conques.

- Denis Pébernard, cet illustre concitoyen, vétérinaire réputé de profession, tour à tour historien, poète et philosophe, a laissé une étude sur Conques-sur-Orbiel considérée comme un classique des monographies villageoises.

- Jacques Roynette, ancien président du conseil général et ancien préfet, il habite à Conques.

 

Voici quelques photos anciennes que les amateurs apprécient :

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, avenue de Lastours en 1905.

Conques sur Orbiel, route de Carcassonne en 1905.

  

Conques sur Orbiel, deux photos datant de 1905, à gauche, l'église Saint Michel, et à droite, la rue de l'église avec sa porte médiévale.

Conques sur Orbiel, l'église Saint Michel en 1905.

Conques sur Orbiel, l'avenue de Carcassonne en 1905.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1905.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1905.

Conques sur Orbiel, foyer des campagnes et bains douches en 1955. Aujourd'hui le bâtiment a été entièrement rénové, c'est un centre culturel qui abrite le théâtre municipal.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1960.

Conques sur Orbiel, une vue générale du village en 1955.

Conques sur Orbiel, lotissement Joliot Curie en 1959.

Conques sur Orbiel, porte médiévale en 1970.

Conques sur Orbiel, en 1970.

Conques sur Orbiel, l'Orbiel en 1970.

Conques sur Orbiel, maison de repos convalescence le château de La Vernède, route de Villalier en 1950.

Conques sur Orbiel, château de Vic à la sortie de Conques sur Orbiel route de Lastours, en 1905.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Divers bulletins de la Société d'études scientifiques de l'Aude.

- Dictionnaire de la noblesse.

- Histoire générale de Languedoc.

- Mémoires de la société des arts et des sciences de Carcassonne.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), et sur le fameux sentier cathare, si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

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Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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15 juin 2016

Si le hasard t'amène, le plaisir te ramènera ! ATTENTION CE REPORTAGE A ÉTÉ RÉALISÉ EN 2 PARTIES, pour ne pas rater cette suite je ne peux que vous conseiller de vous inscrire sur la newsletter du site, comme des centaines de lecteurs fidèles vous en serez averti dès sa diffusion.

Pourquoi 2 parties ? L'histoire du village de Conques sur Orbiel et du château des Saptes et tellement dense et qu'une page étant limité en nombre de caractères et codes divers, j'ai été obligé de le scinder en deux.

Si vous avez d'autres photos de Conques sur Orbiel, je peux éventuellement compléter ce reportage, n'hésitez pas à mon contacter.

J'espère que mes reportages ne vous laissent pas indifférents et qu'ils aiguisent votre curiosité, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires à la fin de l'article, ils sont les bienvenus. Je vous souhaite une bonne lecture …

 

Le village de Conques sur Orbiel se situe à 10 km de Carcassonne, 102 km de Toulouse, 67 km de Narbonne, 96 km de Béziers, 121 km de Perpignan, 88 km de Foix et 211 km de Cahors.

Conques sur Orbiel au pied de la Montagne Noire, la porte du Cabardès

Une vue aérienne du village de Conques sur Orbiel.

Le blason du village de Conques sur Orbiel.

Le blason de Conques sur Orbiel tel que l'on peut le voir dans l'Armorial général de France réalisé par Charles d'Hozier en 1696. Cet armorial qui comprend 125 807 blasons peints, est un recensement héraldique voulu par Louis XIV, afin d'attacher dans le droit civil français d'Ancien Régime et dans la pratique fiscale de la monarchie française le port des armoiries à une taxe particulière.

 

Conques-sur-Orbiel (occitan : Concas).

Le toponyme de Conques sur Orbiel vient du latin concha qui signifie "coquille", mais qui désigne, métaphoriquement, une baie, une vallée en cuvette, un méandre de rivière. En latin du Moyen-âge, concha prit, par extension, le sens de "creux dans lequel coule un cours d'eau". Dans les anciens textes, le cours d'eau qui arrose Conques est appelé Olibegium en l'an 794, Oliveti en 844, Olvei en 1262. L'endroit est mentionné sous le nom de Villa de Conchis dans un manuscrit de 1248. L'appellation "sur Orbiel" a été ajoutée au toponyme en 1962.

Conques-sur-Orbiel est situé sur la Méridienne verte, dans l'aire urbaine de Carcassonne sur l'Orbiel et le Trapel.

Ses habitants sont appelés les Conquois et les Conquoises. En 2013, la commune comptait 2 439 habitants. Depuis les années 1990 sa population n'a cessé de croître. En 1982 on comptait 1786 habitants autant qu'en 1861 où on dénombrait 1780 habitants.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle. A droite, le clocher tour de l'église Saint Michel (cliquez sur les photos pour agrandir).

L'Orbiel est une rivière qui prend sa source dans le Massif central et qui traverse les départements du Tarn et de l'Aude, c'est un affluent rive gauche de l'Aude. Elle a une longueur de 41 km. Ce nom de "Orbiel" signifie "Or vieux" en langue d'oc ; sans doute cette rivière charriait-elle des parcelles d'or dans l'Antiquité. Les crues de l'Orbiel sont très importantes en général, compte tenu bien sûr de l'exiguïté du bassin versant de cette rivière. Dans la région de Conques sur Orbiel connut des inondations importantes en 1723, 1729, 1748, 1783 où le pont des Saptes fut emporté, novembre 1788, 1801, 1807, 1809, 1875, 1891.

Le village de Conques sur Orbiel.

Le pays de Cabardès, constitué par la haute vallée de l'Orbiel qui recueille les torrents des pentes culminantes de la Montagne-Noire pour les jeter dans l'Aude, était demeuré fermé et comme isolé du monde jusqu'au milieu de ce XIXème siècle.

L'Aude est un territoire riche et compte 471 immeubles protégés au titre des monuments historiques soit 125 classés et 346 inscrits. Le château des Saptes en fait partie.

Conques sur Orbiel, bourg bâti sur une éminence au pied de laquelle coule l'Orbiel, qui alimente plusieurs usines pour la fabrication des draps.

La naissance du village actuel est formée par un castrum à noyau castral semi circulaire d’environ 60 m de rayon autour de l'emplacement du château. Au centre du village on peut encore voir les vestiges d'un château fort datant de 1248.

Sceau de la commune de Conques sur Orbiel datant de 1303.

Le premier bornage réalisé sur la seigneurie de Coques date de 1342. Il fut fait en présence du procureur du roi, de l'abbé de Lagrasse, des consuls et quelques habitants de Conques et de noble Jean de Varennes, seigneur de Villegailhenc.

Les deux communes limitrophes de Conques et de Villegailhenc se sont disputées pendant plusieurs siècles la possession ou la jouissance du terme d'Azac. Des arrêts de la Cour Royale de Montpellier ont reconnu à la commune de Villegailhenc la propriété de certaines portions qui l'avoisinent, bien quelles restent administrativement dans la commune de Conques.

Conques sur Orbiel, l'hôtel de Ville.

La mairie, hôtel de ville ou maison commune était l'édifice spécial pour la réunion des magistrats et des consuls. Dès le principe on se réunissait pourtant à la maison du premier consul. En 1623 la maison consulaire se composait des immeubles appartenant aux sieurs Peyrottes et Vaichère l'emplacement où sont construites les deux chapelles du Sacré Cœur et Saint-Roch en faisaient aussi partie. En 1777, la mairie tombe en ruines. Au mois de décembre de la même année, l'abbé de Saptes expose à la Communauté que cet immeuble est dans un état déplorable. Quelques années avant la Révolution, l'hôtel de ville fut déplacé dans le presbytère qui servit dès lors de maison commune. Jusques en l'an X de la République, le presbytère avait servi de mairie. A partir de cette époque jusqu'en 1861 on loua différents locaux pour servir de maison commune. En 1887 on construisit la mairie actuelle sur un terrain acheté l'année d'avant à madame Barbès née Alibert.

C'est en 1865 que la commune de Conques obtint un bureau de distribution de lettres dans le village.

La première brigade à cheval de gendarmerie s'installa à Conques en 1850.

Pendant fort longtemps il exista une foire le 10 août et un marché le mardi de chaque semaine. Avant la Révolution, il y avait 3 foires. Par arrêté des consuls du 5 germinal an 9, approuvé par le premier consul Bonaparte, les foires auront lieu le 14 janvier, pour bêtes à grosses cornes, bétail et chevaux destinés aux travaux de l'agriculture, porcs, grosses étoffes, et les deux autres foires, le 17 avril, le 11 août ; celles de janvier et août sont très fréquentées. Ces foires se tiendront aux alentours de la maison de ville pour les draps, quincaillerie, chevaux, cochons etc. et au voisinage de Notre-Dame de la Gardie pour les moutons. Le foirail était jadis à la place du roi.

 

Voici une présentation chronologique des principaux événements historiques ayant trait au village de Conques sur Orbiel :

 

La famille de Conques, vassale des vicomtes de Carcassonne, fut dépossédée à la suite de la guerre des Albigeois et la seigneurie confisquée par les Montfort, puis par le roi, lequel concéda une partie des revenus domaniaux à la famille de Gautier de Secrunio. La seigneurie appartenait en partie à l'abbaye de La Grasse. Malgré l'importance relative de ce lieu, l'histoire de Conques est assez obscure.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, les vestiges du château au centre du village. A droite, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle (cliquez sur les photos pour agrandir).

La ville était administrée par des consuls ; ils paraissent dès 1303 et jusqu'à la fin du XVIIIème siècle ils seront élus par la communauté sur une liste dressée par les consuls sortants. Par exception, en 1631, on y observait encore les us et coutumes de la vicomté de Paris, établis par Simon de Montfort ; la justice était rendue par une bayle royal et par un bayle de l'abbé de La Grasse.

Conques sur Orbiel, murailles du château au centre du village.

En 1209, au siège de Carcassonne périrent plusieurs chevaliers hérétiques Albigeois de grand renom qui avaient prêté serment de fidélité à Roger Trencavel. Dans le nombre était Bernard Estienne, et Hugues de Villaigle, de Conques, ils faisaient partie de l'armée hérétique. Pierre de Sécrune, également de Conques, par contre lui, faisait partie de l'armée de Simon de Montfort. En récompense de ses services, ce dernier chevalier reçut, après la croisade, quelques donations.

Entre 1284 et 1328 de nombreux habitants de conques furent dénoncés comme hérétiques.

Leurs biens furent confisqués et vendus, comme il résulte du compte-rendu d'Arnaud Assaliti, procureur du roi à Hugues Guiraud, sénéchal de Carcassonne.

Conques sur Orbiel, muraille grise du château médiéval au centre du village.

En 1356, Edouard, Prince de Galles, dit le Prince Noir, le vainqueur de Crécy, se donna le plaisir de mettre à feu et à sang de nombreux villages de la Haute-Garonne et de l'Aude, d'après la tradition locale, le village de Conques aurait été pillé et saccagé.

En l'année 1436 eut lieu la grande invasion de Rodrigue de Villendras, capitaine Espagnol, qui, à la tête d'une foule d'aventuriers désola le pays, Conques sera plus ou moins saccagé, mais ils commirent dans le village de grandes atrocités. Les églises, le château, les maisons nobles sont livrées au pillage.

Conques sur Orbiel, vestiges des fortifications.

Au mois de mars 1570, l'armée protestante, forte de 12000 hommes avec cinq canons, alla investir Montréal. Le 13 mars après midi, Coligny, chef des calvinistes, détacha une partie de son armée qu'il plaça sous les ordres de Gabriel Ier de Montgommery et l'envoya sur Conques. Le lendemain après la prise de Montréal, le reste de l'armée prit la même route. Montgommery somma Conques de se rendre, sur le refus des habitants, il la fit canonner pendant trois heures et l'obligea enfin de se rendre après une perte considérable de ses citoyens. La principale action se serait passée autour du château où il y eu un grand carnage.

Au mois de décembre 1622, Conques fut occupé par l'armée royale. Le régiment de M. de Pompadour pilla les maisons et maltraita les habitants.

L'année 1632 fut marquée par la révolte du maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc, contre Louis XIII et Richelieu. Conques tenait pour le maréchal ; aussi l'entrée de Carcassonne fut pendant quelque temps interdite aux habitants, parce qu'ils avaient logé les rebelles.

La Révolution Française, Conques envoie des députés à la réunion des trois ordres du diocèse tenue à Carcassonne le 4 février et le 16 mars 1789. Le Maire de Conques, Carles,  assiste aux fêtes de Carcassonne données en l'honneur de la prise de la Bastille.

En l'an IX, des grandes fêtes furent données à Conques en l'honneur de la fondation de la République.

Aucun fait remarquable ne se passe à Conques durant les règnes de Louis XVIII et Charles X.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, l'entrée du château médiéval au centre du village. A droite, porte d'enceinte en grès du XIVème siècle (cliquez sur les photos pour agrandir).

Les pestes de 1347 et 1348 n'épargnèrent pas le village de Conques mais celle de 1361, qui dura de six à sept mois, y fit les plus grands ravages. Deux siècles plus tard, en 1557 et 1558, l'épidémie apparaît de nouveau dans la contrée, pour se montrer encore en 1629 et 163o. Cette dernière fut occasionnée par l'affluence des troupes à Carcassonne et l'agglomération des morts et des blessés sur les champs de bataille, ou dans les fossés de la ville. Depuis la peste de 165o jusqu'à nos jours, Conques, n'a été éprouvé qu'en 1720 ; le nombre de décès fut très considérable.

Après la peste, la famine. Les années 1740, 1790, 1792, furent particulièrement meurtrières.

Proche de Conques sur Orbiel, entrée du parc du château médiéval du village de Malves située non loin de là.

Proche de Conques sur Orbiel, cour du château médiéval du village de Malves, située non loin de là.

 

L'ÉGLISE SAINT MICHEL DE CONQUES SUR ORBIEL

L'église de Conques dédié à Saint Michel Archange et célèbre sa fête locale le 29 septembre.

L’église Saint-Michel de Conques, remonte au XIIIème siècle vers l'an 1248, sans doute une ancienne chapelle castrale devenue paroissiale mentionnée comme telle en 1259. En effet, dans une enquête sur les dîmes épiscopales de 1259, elle est désignée comme l’église paroissiale du lieu sous le vocable de Saint Michel, mais aucun document ne témoigne de son aspect architectural de l'époque.

Conques a possédé autrefois dans son agglomération cinq églises et dans son territoire quatre églises. Aujourd'hui il ne reste que l'église paroissiale et Notre-Dame de la Gardie.

 

Conques sur Orbiel, à gauche, le porche d'entrée de l'église Saint Michel vu de la rue Saint-Michel. A droite, le clocher (cliquez sur les photos pour agrandir).

Pourquoi la plus part des églises du Midi, sont orientées du côté du soleil levant ? La principale raison de cet usage nous est donnée par Damascène et Cassiodore, c'est parce que Jésus-Christ sur la croix avait la face tournée vers l'Occident, et qu'en conséquence nous nous tournons vers l'Orient en priant, afin de voir la face du Christ.

Le premier curé de Conques figure sur les registres de l'Inquisition datant de 1282, il s'appelait Arnault, à partir de cette année là tous les curés nous sont connus.

L'Eglise paroissiale de Conques est gothique et date donc du XIIIème siècle. La forme primitive de l'église était une croix grecque. Le plan actuel comprend une nef de trois travées, entourée de quatre chapelles qui rendent l'ensemble plus massif.

Au XVIème siècle Pierre de Saptes fait restaurer les édifices religieux. On lui doit peut être le réaménagement intérieur de l’église avec la conception du retable dans la chapelle de la Vierge et la mise en place de l’ancienne cuve de bénitier. L’installation de la grosse cloche portant pour date 1570 clos les travaux. En 1586, l’église est pillée. En 1603 l’Hôtel de ville est construit sur le flanc nord peut être à l’emplacement des anciennes fourches patibulaires.

L'entrée de l'église donne accès au fond de la nef, côté de l'évangile. L'église de Conques est fort remarquable, style ogival secondaire, ou style gothique rayonnant. Elle est située sur l'escarpement du donjon, mais hors de son enceinte. Elle se compose de trois travées ogivales et d'une abside séparée de la nef par un transept, où se trouve quatre petites chapelles latérales à l'abside et faisant face à la nef. Celles du transept sont les chapelles de Saint Joseph, de la Vierge située à droite du choeur, du Purgatoire et de Notre-Dame de Compassion. Celles de la nef sont les chapelles de Saint Roch, de Saint Sébastien datant de 1754, du Sacré-Cœur et de Saint Etienne datant de 1864-1865. Les Archives communales nous apprennent que ces chapelles furent construites en 1766.

En 1754 une partie du toit de l'église s'écroula, c'est à cette époque que l'on répara aussi la nef avec la mise en place de vitraux et l'église fut agrandie.

En 1830 l’entrée de l’église est dégagée. En 1835, une nouvelle tribune est créée. En 1845, la chapelle Saint Joseph est construite à l’est du bras méridional du transept. En 1852, la voûte de la nef entièrement vermoulue est reconstruite en bois et enduite au plâtre. En 1864 et 1865 les chapelles du Sacré-Cœur et Saint Etienne sont construites ainsi que les Fonts Baptismaux.

Le plan définitif actuel de l'église date de 1907, des travaux de restaurations auront lieu par la suite. Gesta, maître verrier toulousain intervient pour la réalisation des vitraux du chœur et de la chapelle du purgatoire. Le 13 février 1929, l’abside est classée au titre des monuments historiques.

Le clocher a deux cloches, l'une fut donnée en 1836 par Jules Lucet et Marie-Anne Flavienne, et la plus grosse est aussi la plus belle, fut fondue en l'année 1634, elle a un mètre de diamètre et est ornée de deux inscriptions.

Conques sur Orbiel, l'église Saint Michel, le clocher.

Une grande partie des objets et du mobilier que renferme l'église est classée.

Dans l'ameublement de l'église on peut remarquer : dans la chapelle de la Vierge, le retable Notre Dame du Rosaire en bois du XVIème siècle grossièrement redoré et orné de peintures sur bois. Il est placé à la droite du maître-autel dans une des chapelles du transept. Il est classé à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1907. Il a pour dimensions : 6,20m de hauteur, 2,69m de largeur avec une profondeur de 0,60m. Il se compose de 14 compartiments présentant un ensemble de panneaux retraçant les mystères joyeux, douloureux et glorieux de la vie de la Vierge Marie. Ces œuvres sont inclues dans une structure polychrome menuisée et sculptée dans un style gothique flamboyant. Le registre inférieur est composé de quatre panneaux de part et d’autre d’une Vierge à l’enfant, sculpture en terre cuite du XVIIIème siècle. Placée dans une niche centrale : Annonciation, Visitation, Présentation au Temple, Jésus parmi les docteurs. Le registre médian comprend cinq panneaux dont le central est de plus grand dimension ; avec pour thème : Prière de Jésus au mont des Oliviers, Flagellation Crucifixion, Couronnement d’épines, Portement de croix. Le registre supérieur comprend cinq panneaux formant un dais en quart de cercle. Les thèmes iconographiques sont : La Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption, le Couronnement de la Vierge. Ces panneaux ont été largement repeints, encrassés, revernis, et des lacunes picturales sont visibles. 

On peut voir un banc d'oeuvre en bois sculpté de la même époque que le retable, au dos de ce banc sont sculptées les armes de la ville de Conques (de Gueules à trois conques d'argent posées 1 et 2) ; une chaire en bois sculpté, par Claude d'Estienne, représentant Saint Michel Archange terrassant le démon. L'église possède trois reliquaires : Saint Roch, saint Sébastien et Saint Étienne. Quelques dalles funéraires aux inscriptions presque effacées se voient encore dans la nef. 

En 1968, un orgue vient compléter l'embellissement de l'église.

L'enlèvement de ce pavage a mis à jour une grande quantité de squelettes. Quelques dalles gravées de sigles ont été conservées dont l'une porte la date 25 septembre 1634.

On peut voir aussi un bénitier roman qui a la forme d'un demi-tonneau en pierre entouré d'un câble en forme de cercle et qui offre près de la margelle cette inscription : 3 DOVST, 1599, la date de 1599 est postérieure certainement à l'âge de cette pièce archéologique.

Un écusson à la voûte de l'église portant les armes de Conques.

Un autre écusson sur le haut de la chapelle de Notre- Dame de Compassion représentant probablement un prieur ou un abbé du monastère de Lagrasse. A côté de l'écusson il y a, les armes du prieur ou de l'abbé. 

Conques sur Orbiel, façade d'une maison à colombages typiques du Haut Moyen Âge.

 

LA CHAPELLE NOTRE-DAME DE LA GARDIE

Cette chapelle se situe au sommet dominant le village de Conques sur Orbiel.

Ce sanctuaire faisait autrefois partie du fief de la Gardie, mot qui correspond au nom actuel de vigie. Les lieux le démontre, il y avait autrefois des constructions de défenses. L'abbaye de Lagrasse, en effet, devant défendre la ville de Conques dont elle était copropriétaire assura certainement le service religieux de ce petit fortin. Il est certain aussi que la Gardie avait une habitation de Maître, puisque un acte de 1260 y montre la présence de Béatrix de Garda, fille de Pierre Secruno, chevalier de Conques, à qui le fief était échu. 

A quel moment et par qui ce sanctuaire a t il été élevé ? Nous ne savons rien de précis à cet égard. Pour les uns, son édification serait due à un membre de la famille de Jacques Ier, de la Gardie, seigneur de la Gardie, Russol et Ornaisons. Pour d'autres, elle aurait eu lieu vers l'année 1100, époque où les alentours de Carcassonne se couvrirent de chapelles champêtres.

Mais la tradition attribue l'origine de la chapelle au vœu d'un chevalier croisé de la famille d'Hautpoul ; ce chevalier se trouvant sur mer, en grand danger de mort, aurait promis l'établissement d'une chapelle à Notre-Dame sur le fief de la Gardie, à Conques, si la Vierge le ramenait sain et sauf dans ses domaines. Et le premier sanctuaire historique que nos souvenirs vénèrent fut érigé vers la moitié du XIIIème siècle ; c'est d'ailleurs l'époque la plus brillante de l'érection ou de la résurrection des anciens monuments consacrés à la Vierge.

Conques sur Orbiel, Notre-Dame de la Gardie et l'esplanade en 1970.

La Gardie était une métairie située dans la commune de Villarzel-Cabardès, canton de Conques. C'est là ou naquit Pontus de la Gardie qui joua un si grand rôle dans l'histoire de la Suède.

Nous ne connaissons rien sur l'importance et la vie imprimée à ce sanctuaire. Ce qui est certain c'est que, en 1436, lors de la grande invasion de Rodrigue de Villendras, capitaine espagnol, le fief de la Gardie et sa chapelle furent dévastés.

En 1540, Pierre de Saptes s'engagea à faire sortir de ses ruines la chapelle de la Gardie.

En 1790, la chapelle fut vendue comme bien national au citoyen Carles, négociant à Conques.

En 1864, la voûte et la toiture de la chapelle furent refaites à neuf.

L'Eglise actuelle mesure 25 mètres de long sur7 mètres de large. La porte d'entrée est placée au Midi.

Sur la façade de la chapelle, une statuette d'environ 0,75 de hauteur, représentant la Vierge datant du XVIème siècle, en pierre dure, elle est de facture fort élégante et se trouve dans une petite niche à 3 mètres du sol, sous laquelle gravée sur un cul-de-lampe se voit encore la mention de N. S. a Dama N.-D. La Guardia. 

A l'intérieur, cet oratoire possède deux autres statues de la Vierge, l'une est du XIIIème l'autre du XIVème siècle. 

Le sanctuaire est dans le style du XVIème siècle, peu riche et peu soigné.

En face de la porte d'entrée, qui s'ouvre au milieu de la nef du côté sud, on voit une large plaque de marbre blanc, portant les noms des habitants de Conques, qui firent l'acquisition de la chapelle et des terrains qui l'environnent, lorsque le tout fut vendu en 1790 comme bien national.

L'origine de Notre-Dame de la Gardie est fort ancienne. La tradition rapporte que la chapelle fut édifiée à la suite d'un vœu fait en mer par un seigneur de Félines d'Hautpoul, mais nous savons d'une manière certaine qu'en 1250 la comtesse Béatrice de la Gardie était en possession de ce lieu, et que ce fut Jacques 1er, seigneur de la Gardie, Russol et Ornaisons qui fit ériger le sanctuaire vers 1230. En 1540 Pierre de Saptes fit restaurer la chapelle et l'on voit ses armes sur une des clefs de voûte de la chapelle.

 

LE COMMERCE ET LA FABRICATIONS DES DRAPTS A CONQUES SUR ORBIEL

Philippe le Bel, fixant son attention sur l'industrie des draps, défendit la sortie des laines et des bêtes à cornes du pays par une ordonnance que Philippe le Long confirma en 1317. Les Carcassonnais rencontrèrent dans le Levant la concurrence des draps anglais et hollandais. La lutte parait s'être engagée sérieusement au XVème siècle. Les Anglais et les Hollandais vendirent leurs draps à perte ; les Carcassonnais, ne pouvant faire les mêmes sacrifices, altérèrent la qualité des leurs, afin de pouvoir baisser aussi leurs prix. Ce fut une mesure fâcheuse, qui décria les fabriques de Carcassonne dans le Levant et laissa pour longtemps ce commerce aux Anglais et aux Hollandais.

Vers 1570, les sieurs de Saptes essayèrent de relever la fabrique de Carcassonne et firent confectionner à une lieue de la ville, au lieu appelé les Saptes, des draps fins semblables à ceux de Hollande. Nous verrons l'histoire des draps de Saptes en détails un peu plus loin.

En 1580, un banquier de Paris le sieur de Varennes prit la direction de cette manufacture.

Les négociants de Marseille présentèrent à Colbert les moyens de partager avec les Hollandais et les Anglais le commerce aux échelles du Levant en encourageant l'établissement des fabriques de draps, à l'imitation de ceux que ces derniers y apportaient. Ces draps se faisaient d'ailleurs avec des laines d'Espagne amenées à grands frais chez ces nations du Nord. Monsieur de Varennes, sur l'ordre de Colbert, alla étudier sur place les procédés de nos concurrents, ramena des fabricants de Hollande et fit confectionner des draps dits Londrins a l'imitation de ceux de Londres.

Le commerce français ne tira pas tout d'abord de ces privilèges le parti qu'on aurait pu en attendre les manufactures de Saptes et de Carcassonne, ne se décidèrent que lentement à imiter non seulement la façon, mais les dimensions et les nuances des draps d'Angleterre et de Hollande, les plus estimés dans les Échelles du Levant.

Les Turcs prirent goût à nos draps plus légers et plus souples que ceux des Anglais.

Donc Varennes introduisit les procédés hollandais, qu'il avait parfaitement étudiés dans là-bas, et enfin il fit embaucher par ses émissaires des ouvriers de Hollande, qu'il établit aux Saptes. Alors on fabriqua en cet endroit non seulement les draps fins en usage en Europe mais encore ceux dont on se servait dans les États du Grand Seigneur ; les mahons, les londrins, etc.

Colbert favorisa puissamment l'entreprise de Varennes, qui lui offrait un moyen de contrarier le commerce des Hollandais, de se procurer les soies du Levant par voie d'échange, sans faire sortir d'argent du royaume, afin de donner des ressources au pays de Carcassonne, assez stérile et pauvre en produits. L'affaire ne marcha pas pourtant facilement les recouvrements se faisaient attendre trois années, cause de l'éloignement du débouché et de la difficulté du débit. Le sieur de Varennes pas en état de porter seul le fardeau. Alors se forma, par les soins du sieur Pennautier, une compagnie qui se chargea de prendre 300 pièces de draps fins londrins, de les payer à Varennes à mesure qu'ils seraient fabriqués et de les débiter dans le Levant.

En 1599 le directeur de la manufacture de Saptes, Noël de Varennes, vint à mourir.

Dans le Languedoc, à Carcassonne spécialement, on fabriquait jadis des draps mahons de superbe qualité et des draps londrins d'un prix moindre. Les habitants de cette ville s'enrichissaient en exportant leurs productions dans le Levant mais les Anglais et les Hollandais, en baissant le prix du drap et en le donnant à perte attirèrent à eux tout le négoce ; ceux de Carcassonne, pour pouvoir les suivre altérèrent leur fabrication et par là se décrièrent au point que leur marchandise ne trouva plus de débit dans le Levant. Lorsque le sieur de Varennes succéda aux sieurs de Saptes qui avaient été à la fin du XVIème siècle les créateurs d'une manufacture de draps fins à Saptes, il sollicita de Colbert l'autorisation d'aller en Hollande pour y débaucher des ouvriers. Il y fit plusieurs voyages et en ramena un nombre considérable de Néerlandais. Pennautier qui les vit à l'oeuvre écrivait "Jusqu'à ce que nos ouvriers aient attrapé leur secret nous ne pourrons jamais faire les draps au prix qu'ils les vendent ils ont l'art de faire un drap égal à ceux de Carcassonne avec un tiers moins de laine et cette laine encore, ils la filent et l'apprêtent avec une diligence si grande qu'un de leurs ouvriers fait plus de besogne en un jour qu'un Français dans une semaine". Par ces Hollandais, de Varennes apprit la manière de perfectionner les draps fins que l'on vendait dans les États du Grand Seigneur bien qu'il subit encore quelques pertes du fait des Hollandais qui continuèrent à vendre à perte leurs marchandises, il put, étant soutenu par Colbert réaliser des bénéfices si encourageants qu'en 1678, il se forma de nouvelles manufactures à Clermont-de-Lodève puis à Carcassonne.

D'après un rapport de Pennautier daté du 30 octobre 1691, le commerce des draps n'avait pas périclité en Languedoc car on avait attiré des Hollandais catholiques à Carcassonne. La manufacture de Saptes n'arrivait pas à confectionner tout ce qu'elle aurait pu écouler dans le Levant elle manquait d'ouvriers et cependant, il était venu de Hollande dix-sept familles catholiques.

Les Hollandais baissèrent leurs prix ; la compagnie fit de même, se gardant bien d'altérer les produits, ce qui avait ruiné l'ancien commerce carcassonnais. Ce furent cette fois les Hollandais qui se lassèrent les premiers et qui recoururent à ce procédé toujours funeste après sept années de pertes, ils diminuèrent la qualité de leurs draps. C'était le triomphe de Carcassonne les draps hollandais tombèrent dans le décri ; ceux de Carcassonne demeurèrent maîtres du Levant. L'intelligence du gouvernement de Colbert était pour beaucoup dans ce succès ; vers 1678, le roi, par son conseil, fit prêter 130,000 livres sans intérêt, p0ur trois années, à la fabrique des Saptes et à celle de Clermont, en Languedoc, récemment fondée, et il fit donner par la province une pistole de gratification pour chaque pièce de drap fin qui s'y fabriquerait. Beaucoup de fabriques s'ajoutèrent par la suite à celles-là. La plus grande et la plus considérable, dit le P. Bouges, est celle de la ville de Carcassonne, car cette ville n'était à proprement parler à l'époque qu'une manufacture de toutes sortes de draps.

La révocation de l'Edit de Nantes, en 1683, obligea beaucoup de ces ouvriers à retourner chez eux. 

Le 30 décembre 1741, les Etats de Languedoc demandent à la province des subsides pour en créer de nouvelles manufactures de laine pour confectionner les draps. La communauté de Lassalle proteste ; car cela empêchera, dit le registre des délibérations, les propriétaires de vendre leurs laines.

A la mort de M. de Varennes, la vaste usine cessa de fonctionner. Cependant elle se rouvrit bientôt après, mais ne recouvra jamais sa première prospérité. Lorsqu'arriva la révolution de 1789, elle ne travaillait plus depuis plusieurs années. 

En 1798 les Saptes furent expropriés sur la tête de la dame de Mac-Manon, épouse d'Urre. Le château des Saptes appartenait encore en 1921 à la famille D'Urre d'Aubais.

Le dernier représentant des Saptes, président au Parlement de Toulouse, fut condamné à la Révolution par les tribunaux terroristes et exécuté à Paris. Après l'anoblissement des fondateurs, à la suite de l'acquisition, de diverses charges de Justice, la manufacture de draps des Saptes fut successivement dirigée par Varennes, Castanier d'Auriac, la marquise de Poulpry, le docteur Sabotier, et dès l'année 1793, elle passa à dame d'Urre, née Mac-Mahon. Monsieur le comte d'Urre était possesseur des Saptes en 1866, et en 1934, le domaine et le château appartiennent à la veuve du comte Maurice d'Urre d'Aubais. La dépouille mortelle de ce dernier gît au milieu de la nef de la chapelle du château.

Carte détaillée du village de Conques sur Orbiel 2482 habitants. En bas le château des Saptes.

 

LE CHATEAU DES SAPTES

Le château des Saptes 11600 à Conques sur Orbiel est une propriété privée, on ne visite uniquement que les extérieurs.

Vue aérienne sur le château des Sapte à Conques sur Orbiel.

Zoom sur la vue aérienne ci-dessus du château des Saptes à Conques sur Orbiel.

Le lieu où le château des Saptes fut construit, s'appelait, le moulin de la Torte où les frères Saptes, au XVIème siècle, établirent, rappelons le, une manufacture de draps fort célèbre qui obtint, sous Colbert, le titre de Royale.

Conques sur Orbiel, la façade Est de château des Saptes.

Le château date du premier quart du XVIème siècle.

Vers 1540, Pierre de Sapte drapier, originaire par sa famille du Roussillon ou de la Catalogne et ayant habité Tuchan, achetait les anciennes bâtisses du moulin de la Torte, près Conques, situé sur un coude de l'Orbiel, pour y établir une manufacture de draps.

 Leurs enfants furent entre autres Pierre et Maurice Sapte qui siégèrent au Présidial de Carcassonne et accédèrent à la noblesse vers la fin du règne de François Ier.

Conques sur Orbiel, heurtoir de porte du château des Saptes.

A son arrivée à Carcassonne, la famille Sapte se compose de plusieurs frères.

Les frères Sapte ne se contentent pas d'être marchands, ce sont des créateurs ; ils veulent fabriquer eux-mêmes et s'affranchir des intermédiaires.

Quand ils arrivèrent à Conques sur Orbiel, Les Saptes y furent sans doute suivis par Bernard Dangles, prieur de Tuchan et de Saint Laurent de Conques, qui fut enseveli dans la chapelle du château le 22 août 1543.

D'après un manuscrit anonyme datant de 1651 où il est question des frères Sapte, il semble que Bernard, Jean-Estienne et François Sapte étaient marchands à Carcassonne en 1503 et venaient d'arriver de Tuchan où ils exerçaient le même commerce.

Aux archives nationales est conservé un acte datant de novembre 1542, relatant une permission à François et à Etienne Saptes, marchands de Carcassonne, de faire construire un four et un colombier dans leur maison forte dite le Moulin-de-la-Torte, sise en la justice de Conques, sénéchaussée de Carcassonne.

Conques sur Orbiel, façade Est et Nord du château des Saptes.

A l'abri de leur château, les frères Sapte, ont donc installé leur fameuse manufacture de draps.

Les enfants ou successeurs des premiers frères Sapte, furent entre autres, Pierre et Maurice, qui dirigèrent avec succès leurs affaires, devinrent riches et puissants et purent s'occuper en même temps des affaires publiques. Nous les voyons siéger au Présidial de Carcassonne et parvenir à la noblesse vers la fin du règne de François Ier.

Pierre de Saptes utilisa ses titres de noblesse que lui conféra François Ier et de coseigneur de Conques que venait de lui engager la pénurie du trésor royal, à l'édification d'une chapelle en même temps que son château, et à faire sortir de ses ruines la chapelle de La Gardie, à restaurer enfin celle de Saint-Laurent, pour la desserte de la partie basse de la ville. L'abbé de Lagrasse, compléta cette inauguration de seigneurie en attachant trois religieux bénédictins à ces sanctuaires et au petit hôpital élevé aux Saptes. Ces trois religieux formèrent un petit hospice, pour le service de cette chapelle, ensemble pour celles de Notre-Dame de La Gardie et de Saint-Laurent.

Conques sur Orbiel, façade Est du château des Saptes.

Le but de ce château bourgeois particulier n'est pas destiné à l'usage d'un seigneur et de sa famille, mais un grand manoir de campagne à l'usage des vavasseurs qui veulent loger beaucoup de monde et abriter des marchandises de valeur. Le vavasseur ou vavassal du latin médiéval vassus vassorum, était le vassal d'un seigneur lui-même vassal. C'est un titre des débuts de la féodalité, qui a disparu par la suite. Le titre existait déjà à l'époque carolingienne.

Le château des Saptes occupe un vaste quadrilatère régulier, ses murs solides de quatre vingt-dix centimètres d'épaisseur et sobrement décorés, sont soigneusement flanqués aux angles par des tours rondes braquant à tous les étages leurs multiples canonnières dans toutes les directions. La nécessité de la défense d'une cité ouvrière isolée en pleine campagne, les a conduits à organiser une sorte de place forte capable de résister à une attaque venue du dehors ou une entreprise des ouvriers eux-mêmes.

Ces précautions ont permis au château de survivre à la manufacture, bien que dans l'histoire il ait été relégué au second plan, éclipsé par la renommée de cette dernière, qui s'étendit bien au-delà de nos frontières et fut sanctionnée par des édits royaux.

Conques sur Orbiel, façade Nord du château des Saptes en 1905.

Sur la façade Nord, les deux grosses tours d'angle, cylindriques de même hauteur et de même diamètre, sont précédées de deux autres tours semblables de forme, mais plus petites et moins hautes, placées en avant et en diagonale comme des pions sur les cases d'un échiquier. Cette disposition se répète sur la façade Sud, ce qui formait un ensemble assez particulier pour l'époque. Par la suite les petites tours ont été détruites.

La façade mesure quarante-deux mètres entre les tours.

Du côté Sud, la façade ne comportait au rez de chaussée, que de petites ouvertures protégées par des cages de fer en saillie, faites de barreaux croisés et scellés extérieurement. Il en subsiste encore quelques échantillons. Au premier, les grandes fenêtres à meneaux ont été remplacées ; au second étage, les deux dernières fenêtres vers l'Ouest sont restées intactes avec leurs larges cadres de pierre, divisés par un meneau vertical.

Dans les années 1934 un document du SESA fait une description détaillée du château ainsi : l'intérieur du château était composé de deux parties légèrement inégales, séparées par un mur de refend situé entre la poterne murée et l'ancienne porte charretière. La partie Est, c'est-à-dire côté chapelle, le mur a été bâti sur le roc donc le sous sol dans cette n'a pas permis d'aménager une cave. Le rez-de-chaussée et le premier étage étaient sacrifiés à des logements de métayers. Il est probable que ce fut autrefois l'emplacement des cuisines et autres salles à l'usage des serviteurs du château ou employés de la manufacture. Les plafonds sont restés dans cette partie à poutrelles apparentes recouvertes de larges planches jointées par des liteaux de bois. Les planchers grossiers du XVIème siècle, sont bien conservés dans leur état primitif.

  Conques sur Orbiel, le château des Saptes, détails des carreaux du XVIème siècle.

La partie située de l'autre côté du mur de refend et dans laquelle on pénètre par la grande porte d'entrée, elle contient les appartements destinés à l'usage des maîtres. Elle occupe une surface plus importante que la précédente, le tout construit sur caves voûtées. Au centre, une courette à ciel ouvert la dessert, où se trouve le grand escalier en vis allant de la cave au grenier. Ce grand escalier est logé dans une tour intérieure noyée au centre de la construction. On y accède du rez-de-chaussée par un passage voûté assez étroit. La tour formant cage de l'escalier est éclairée par de larges baies donnant sur la cour intérieure.

A l'intérieur on découvre aussi une clef de voûte ornée d'un écu ancien, sculpté en relief. Le chiffre sculpté sur l'écusson le confirme, il se compose d'un S majuscule et d'un petit b terminé en forme de croix à double traverse. Ce sont bien là les initiales de Bernard de Sapte, l'aîné ou le chef de famille des constructeurs du château.

La décoration intérieure de cette partie à malheureusement été refaite, d'abord au XVIIIème en même temps que la façade, ensuite vers, le milieu du XIXème pour ce qui concerne le premier étage. Les plafonds ont été plâtrés, les cheminées monumentales en pierre ont été remplacées. Une des cheminées en pierre du pays, de deux mètres cinquante d'ouverture, possède encore sa plaque de foyer rectangulaire en fonte du XVIème siècle qui représente le siège d'une ville fortifiée. Une autre cheminée possède une plaque de foyer plus petite aussi du XVIème représentant Jésus au Mont des Oliviers.

Quelques pièces ont encore conservé leurs grandes dalles de pierre du XVIème, mais la plupart ont été carrelées de briques.

Sur cette partie du rez-de-chaussée, il y a deux petites salles voûtées dont les fenêtres sont protégées par des cages de fer.

Au premier étage, la modernisation est encore plus récente. Les appartements n'offrent aucun intérêt pour l'historien.

Au deuxième étage, il y a un immense grenier allant d'un bout à l'autre du château, on peut admirer une belle charpente du XVIème siècle, parfaitement conservée.

Conques sur Orbiel, façade Ouest du château des Saptes.

Le château a subi des remaniements au court des siècles, et depuis la description faite du château ci-dessus, celui-ci a subi encore de nombreuses modifications, des aménagements, des enjolivements et des maquillages des temps modernes par les propriétaires.

Les représentants mâles de la famille de Saptes semblent avoir vécu dans leur château d'une façon continue pendant un siècle environ. Vers la troisième génération, ils abandonnèrent l'industrie pour se consacrer uniquement à la magistrature. Ils avaient élu domicile dans la ville basse de Carcassonne où ils ont résidé jusqu'au début du XVIIème siècle, époque où la famille se dispersa.

En 1620, le château et la Manufacture des Saptes sont déjà entre les mains d'un sieur Dufay ou de Fay, qui avait épousé la fille d'un des frères de Saptes.

Conques sur Orbiel, façade Sud du château des Saptes en 1975.

Si la bâtisse est d'une architecture classique, elle renferme quelques éléments protégés comme le porche de la chapelle, la dalle funéraire, les charpentes par l'arrêté du 14 avril 1948. Le château des Saptes est une ancienne manufacture dont les dépendances ont disparu au fil des siècles. L'entreprise de draps recevra le 17 décembre 1620, le titre de manufacture royale. En septembre 1666, on comptait 200 ouvriers qui travaillaient dans la manufacture. Le renom des draps des Saptes est mondialement reconnu. A la Révolution l'activité a quasiment disparu. Les différents propriétaires essayeront de conserver le bâtiment principal dans le meilleur état possible. L'histoire de la chapelle est fortement liée à l'un de ses derniers propriétaires, le Marquis d'Urre d'Aubais qui y a été inhumé dans une chasse en verre durant sept années avant de rejoindre la commune de Carro dans les bouches du Rhône où il repose sur les restes du mausolée édifié à sa gloire en 1934. Les carreaux en terre cuite qui recouvrent le sol de la chapelle reprennent le heaume que l'on retrouve sur le méreau (pièce de monnaie en cuivre du XVIIIème siècle) des Saptes. Mais c'est la charpente du château qui est la plus remarquable. Elle date du XVIème siècle, achevé en 1540 pour les frères Saptes, drapiers de leur état. Les travaux d'aménagement du château au XVIIIème siècle épargneront la charpente. Outre les caractéristiques de construction de la charpente, ce sont les différents blasons sculptés sur chaque étai des piliers qui ont entraîné le classement de celle-ci.

Conques sur Orbiel, le château des Saptes, dessin de la charpente, provenant de la base Mérimée.

Conques sur Orbiel, le château des Saptes, détail de la charpente.

Leur établissement industriel de Conques est un remarquable exemple de concentration : préparation de la laine brute, lavage, foulage, teinture, tissage, parerie. Les ateliers étaient complétés par les habitations des divers spécialistes : retorseurs, tisserands, rentrayeurs, maçon chargé de l'entretien des bâtiments. Aucune modification importante n'a été apportée à la conception des installations manufacturières entre 1534 et 1779. Le château a été surélevé d'un étage entre 1663 et 1689. Lices et fausses-brayes ont disparu au XVIIIème siècle. En 1779, le château fut vendu à un médecin de Carcassonne qui transforma en jardin l'emplacement au nord du château. Les bâtiments industriels furent rasés, sauf ceux situés au bord de la rivière, conservés comme bâtiments de ferme. Depuis, le château est resté un simple domaine rural.

Conques sur Orbiel, façade Sud du château des Saptes en 1960.

Le château, de plan rectangulaire, est flanqué de trois tours et, au quatrième angle, de la chapelle. Il était entouré de lices ceinturées de murailles avec quatre petites tours d'angle, dont il ne subsiste que les deux du nord. Quelques demi-fenêtres à meneau horizontal existent encore aux tours rondes des angles, ainsi que quelques fenêtres basses à meneau vertical à l'étage supérieur. A l'intérieur, le plan rectangulaire est divisé en deux par un mur de refends. La partie orientale, comprenant la chapelle, est bâtie dans le roc, sans cave. Les appartements étaient occupés par les métayers. La partie occidentale, sur caves voûtées, contenait les grands appartements autour d'un ciel ouvert donnant jour à l'escalier en vis. Les charpentes d'origine sont intactes et semblent remonter au début du XVIème siècle. La vaste toiture à deux versants est supportée par les murs pignons et le mur de refend, ainsi que par deux séries de quatre fermes, séparées par ce mur de refend. Dans chaque ferme, l'entrait est soulagé par deux poteaux à l'aplomb desquels deux potelets supportent les pannes. Ces pièces verticales, ainsi que les poinçons, ont reçu des aisseliers qui assurent l'étrésillonnement longitudinal, renforcé par des poutres horizontales perpendiculaires aux plans des fermes et assemblées dans les entraits successifs. Le décor se limite aux extrémités des semelles interposées entre les entraits et les poteaux inférieurs, ainsi qu'aux pièces courbes qui renforcent ces assemblages. La chapelle s'ouvre par une porte Renaissance, en plein cintre avec linteau appareillé et entablement mouluré. Les pilastres sont formés chacun par deux séries de moulures qui supportent des chapiteaux de type corinthien. Le revêtement du sol est composé de briques rouges carrées portant l'empreinte en creux d'une tête d'homme d'armes coiffée d'un casque à panache.

Conques sur Orbiel, façade Ouest du château des Saptes en 1905.

Au XVIIème siècle, le domaine passa à François Castanier, et en 1750 à son décès l'affaire décline peu à peu. La crise à la fin du règne de Louis XV, sonne le glas de la manufacture des Saptes. La nouvelle propriétaire, la marquise de Poulpry vend le château au docteur Sabatier, médecin à Carcassonne. Quelques années avant la Révolution, le château des Saptes devient un simple domaine rural. Ce domaine est en 1792, la propriété de Mme d'Urre, née de Mac Mahon.

 

La famille d'Urre d'Aubais originaire du Dauphiné, était venue à la suite de mariages, se fixer en Languedoc à la fin XVIIIème siècle. Le marquis d'Urre, sera selon ses dernières volontés, inhumé au château des Saptes en 1927.

 

Conques sur Orbiel, façade Est du château des Saptes en 1905.

 

LA CHAPELLE DU CHÂTEAU DES SAPTES

Cette chapelle a subi une réfection importante au XVIIIème siècle et possède un clocher carré, plus élevé que les tours, qui ne manque pas d'élégance.

Un ravissant petit portail à plein cintre, de pur style Renaissance décore l'entrée de la chapelle. Il est orné d'un entablement mouluré, supporté par des pilastres droits à chapiteaux corinthiens, au milieu desquels est sculptée une petite tête d'ange.

Dans la nef de cette chapelle du château des Saptes, en face de la porte du sanctuaire, on voit la pierre tombale avec cette inscription : Cy gît Bernard Dangles, prieur de Saint-Laurent de Conques, mort en 1540. 

L'abside de cette chapelle est voûtée d'ogives venant se reposer sur une clé centrale en face de l'arc triomphal, les arcs d'ogive supportant la voûte, du chœur, reposent sur des culs de lampe naïvement sculptés, représentant aine chauve-souris, un écureuil mangeant une noix, deux têtes d'angelots, un enfant ailé et un pélican. La clef de voûte, ronde et saillante, porte un chiffre sculpté en relief, compose d'un grand M entrelacé d'un S : lettres initiales de la manufacture des Saptes.

Un vieux tableau représentant le Christ, placé au-dessus de l'autel, est son seul ornement. Le dallage d'époque Renaissance, est composé de briques carrées estampées, portant l'empreinte en creux, d'une tête d'homme d'armes, coiffé d'un casque à panache. Un bénitier de forme carrée en marbre est incrusté dans le mur à droite de la porte : celle-ci de facture très lourde est en pierre du pays avec chapiteaux sculptés dans le style du XVIème siècle, genre corinthien.

Un autel de style Louis XV et une élégante balustrade en marbre de Cannes entourent le chœur, complété par une porte en fer forgé de la même époque, 1730, date de la réfection.

Une grande dalle tumulaire, placée au niveau du sol, devant l'entrée du chœur, s'offre au regard comme une sorte de charte impérissable gravée sur pierre, authentifiant l'origine de la chapelle. Cette dalle en pierre calcaire blanche, mesure deux mètres dix sur quatre vingt centimètres. Elle porte l'effigie, grandeur naturelle, d'un gisant vêtu d'une robe monacale, les mains jointes, les pieds appuyés sur une sorte d'écusson orné d'un vase de fleurs.

La dalle recouvre la tombe du Prieur qui vraisemblablement a dû présider à la fondation de la chapelle. L'épitaphe, gravée sur ses bords en gros caractères romains, restée très lisible, est ainsi conçue : "Hic jacet. M. Bernardus Dangles, prior de Tuchano et S. Laurentii de Conchis qui obiit 22 Augusti 1543. Requiescat in pace".

Le dit Bernard Dangles, Prieur de Tuchan et de Conques, décédé le 22 août 1543, originaire du même pays que les frères Sapte, avait dû les suivre en qualité de chapelain, lorsqu'ils firent construire leur château. A sa mort, il a été inhumé par leurs soins dans la chapelle et sa pierre tombale a toujours été respectée depuis.

Lors de l'installation du monument funèbre du marquis d'Urre, en 1927, les ouvriers qui effectuaient ce travail, ont eu la curiosité de soulever cette pierre et de creuser à l'intérieur de la tombe. A cinquante centimètres, ils ont trouvé des ossements correspondant à celui du prieur et un mètre plus bas un autre squelette, quel était ce corps gisant sous celui du prieur, l'histoire ne le dit pas.

Une chasse renfermant le cercueil d'acajou verni contenant le corps du marquis se trouve placée actuellement au centre de la chapelle des Saptes, sur un socle de ciment.

On peut voir une grande plaque d'argent timbrée d'une couronne de marquis sur laquelle est gravée l'inscription funéraire : Maurice-Charles-Théodore, marquis d'Urre d'Aubais décédé à Paris, le 21 Mai 1927 à l'âge de 70 ans.

La chapelle est éclairée par quatre petites fenêtres ogivales, munies actuellement de verres coloriés modernes.

 

Vestiges d'un ancien moulin situé au Nord-Est du village de Conques sur Orbiel.

Le val de l'Orbiel au Nord de Conques sur Orbiel.

Le val de l'Orbiel au Nord de Conques sur Orbiel.

 

LES CAPITELLES AUX ALENTOURS DE CONQUES SUR ORBIEL

Une capitelle (en languedocien capitèlo) est une cabane en pierre sèche, c’est-à-dire sans mortier, servant autrefois d'abri temporaire à des outils, des produits agricoles ou à des ouvriers agricoles. Des capitelles existaient au néolithique. Cette appellation vernaculaire, à l'origine strictement nîmoise, a été reprise, dans le courant du XXème siècle, par des érudits étudiant de semblables constructions dans des départements voisins.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

Capitelle située au Nord-Ouest de Conques sur Orbiel.

 

Fin de la première partie de ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir ! Dans 10 jours la suite !

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), et sur le fameux sentier cathare, si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

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Tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! 
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L'aventure continue ... avec vous, toujours de plus en plus nombreux et fidèles lecteurs.  

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Réalisé par Jean-Pierre - dans DÉCOUVERTE
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