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  • : BELCAIRE capitale du Pays de Sault en Languedoc Roussillon. Au départ j'ai réalisé ce site pour partager les retrouvailles 33 ans après, de 17 copines, dans cette région authentique préservée en territoire cathare au pied des Pyrénées. Mais je me suis aperçu que l'Aude n'était pas assez mise en valeur, alors amoureux de cette région et la passion étant là, j'ai réalisé des reportages pour vous présenter ce département aux lieux chargés d'histoire. Ce site a pour but surtout de vous faire découvrir cette région authentique, plein de charme qu'il faut aller visiter.
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15 février 2016

Voici un reportage un peu particulier qui vous ne laissera pas indifférent et qui va très certainement vous intéresser. Cela faisait un moment que je voulais traiter ce sujet qui a trait aussi au patrimoine, c'est chose faite. Je vous laisse découvrir ce qui passionne certains lors de leurs randonnées. N'hésitez pas à laisser vos commentaires, je vous souhaite une bonne lecture et que cela vous donne l'idée de bonnes balades. 

 

FLEUR DE LYS GRAVÉE SUR UN CŒUR DE PIERRE

HISTOIRE DES PIERRES GRAVÉES FLEURDELISÉES, BORNES GRAVÉES 

Fleur de lys et numéro du secteur, gravés sur le rocher délimitant une forêt royale.

Vous avez tous entendus parler de bornes routières royales ou milliaires, de bornes frontières ou encore de bornes des forêts royales partout en France. Ce reportage sera surtout consacré à ces dernières, les bornes délimitant les forêts royales en Ariège et dans l'Aude. Je dirai quand même un mot sur les autres bornes de cette même période de notre histoire, à la fin de ce reportage qui se veut sans prétention.

Au hasard de vos promenades en forêt, vous pouvez trouver parfois d’étranges marques faites sur des roches ou sur des pierres dressées comme des croix pattées, fleurs de lys, blason seigneurial, armes du Roussillon ou autres symboles.

La fleur de lys est un symbole marial pré-héraldique, elle est devenue à partir du Moyen Age, d'or sur champ d´azur, l´emblème de la royauté française. Il s´agit également de l´un des plus anciens emblèmes au monde. En l'an 2 révolutionnaire, c'est-à-dire le 4 juillet 1793, toutes les fleurs de Lys évoquant la royauté et la religion sont proscrites. La majorité des fleurs de Lys seront burinées.

 

Zone où se situe cette aventure de passionnés.

Savez vous qu'il y a des passionnés qui partent à la "chasse au trésor", leur trésor c'est rechercher et trouver ces bornes fleurdelisées uniquement pour le plaisir, de les prendre en photo et de les répertorier à leur tableau de chasse. Ces Sherlock de la randonnée se sont fixés un but non lucratif, alliant plaisir et passion, pourquoi pas.

Ces Sherlock peuvent m'écrire et m'envoyer leurs photos je me ferai un plaisir de les rajouter à ce reportage. Si vous détenez des infos sur ces bornes royales partagez vos infos.

 

DÉCOUVERTE D'UN PATRIMOINE SECRET DE L'AUDE

 

Extrait de carte IGN, sentier du Basqui près du village de Comus, le long de ce sentier il y a de nombreuses fleurs de lys gravées sur la roche, voir les photos ci-après. Pour plus de détails, ce sentier a déjà fait l'objet d'un reportage randonnée voir ICI.

On peut retrouver des indications de rochers marqués d'une fleur de lys ou d'une croix le long du sentier du Basqui sur les feuilles cadastrales, comme ici, pour le village de Montségur (Ariège). J'ai grossi volontairement l'indication en rouge.

Après avoir interrogé différents services de l'ONF, de l'IGN, et les archives départementales de l'Aude et de l'Ariège, il n'existe pas à proprement parlé de carte d'implantation de ces bornes royales. Il existe aux AD des cartes d'arpentage datant de 1730, si j'ai l'autorisation de les publier, je vous en présenterai quelques unes à la fin du reportage.

Sentier du Basqui (carte ci-dessus), fleur de lys gravée sur la roche au point B le long du torrent.

Sentier du Basqui, zoom sur la fleur de lys gravée sur la roche au point B le long du torrent.

Sentier du Basqui, fleur de lys et le numéro du secteur, gravés sur la roche au point A le long du torrent.

Sentier du Basqui, une autre fleur de lys repérée, gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, encore une fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Autre photo du sentier du Basqui, zoom sur la photo précédente, fleur de lys gravée sur la roche le long du torrent.

Extrait de carte IGN, forêt au Nord du village de Prades (Ariège) voir photos ci-après, des découvertes de Catherine Cavernes.

On peut retrouver des indications de rochers marqués d'une fleur de lys ou d'une croix sur les feuilles cadastrales, comme ici pour le village de Prades (Ariège). 

La barre rocheuse de Scaramus près du village de Prades (Ariège).

 

Vous voilà au pied du rocher gravé d'une fleur de lys au rocher de Scaramus à coté de la croix de la Reine Margaux (que l'on aperçoit sur la photo de gauche). Étonnant de graver une fleur de lys à cet endroit et surtout bravo pour la trouvaille ! Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur le rocher de Scaramus. On a du mal à distinguer la sculpture d'une fleur de lys mais elle est bien là ! 

  

Au font d'Andouze au Pla des Sept Cases au dessus de celle de l'Ourza. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur la gravure de cette fleur de lys au font d'Andouze au Pla des Sept Cases.

Toujours dans le même secteur, au pic de Fourcat (altitude 1929m) situé au Nord-Ouest de Prades (Ariège), rocher sculpté d'une croix d'Aragon faisant office de borne royale.

 

Photo de gauche, un rocher qui recèle une sculpture ! A droite, ce rocher gravé d'une fleur de lys dans la forêt Pla des Sept Cases (1521m) à l'Ouest du village de Prades (Ariège). Le départ du chemin de randonnée qui y mène se situe au col de Marmare sur la D613 (1361m). Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Autres photos de ce rocher gravé d'une fleur de lys dans la forêt Pla des Sept Cases (1521m).Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

A gauche, ce rocher peut vous paraître anodin, et pourtant sur une de ses faces, il faut être observateur ...à droite sur le dessus de ce rocher, il y a une grande fleur de lys gravée. Cette borne est située aussi en lisière de forêt au Pla des Sept Cases à l'Ouest du village de Prades (Ariège). Cliquez sur les photos pour agrandir.

 Sur cette photo on distingue mieux la gravure fleur de lys de cette borne est située en lisière de forêt au Pla des Sept Cases à l'Ouest du village de Prades (Ariège).

Extrait de carte IGN dans le secteur du village de Roquefeuil (Aude) il y aurait une borne gravée d'une fleur de lys, malheureusement je n'ai pas de photo, si vous la trouvez ...

Croix d'Aragon sur la commune de Bélesta (Pyrénées Orientales) située à la frontière au Sud en bordure de la commune d'Ille sur Têt (Pyrénées Orientales).

 

BORNAGE DES FORÊTS ROYALES

Les bornes en pierre, sculptées d'une fleur de Lys, marques de la royauté, sont des bornes très rares que l’on peut encore trouver dans l'Aude notamment au Pays de Sault et en Ariège. Elles sont à préserver, surtout ne pas les déplacer ni les détériorer. Ces bornes sont des joyaux de notre patrimoine historique, elles fixaient les limites des forêts royales.

La gravure est en général une fleur de Lys de la royauté et parfois accompagnée d'un blason seigneurial, on trouve aussi un numéro ou une lettre majuscule gravés sur ces pierres.

Il faut savoir que normalement chaque borne fait l'objet d'un procès-verbal de bornage détaillé établi par le garde forestier.

Le bornage détermine la propriété de chacun ; la confirme dans son intégrité ; il a pour objet d'empêcher ou de réprimer les empiétements ; il fait cesser la promiscuité et forme la garantie et comme le couronnement de la propriété immobilière. Le bornage n'intéresse pas seulement les particuliers, l'ordre public y est aussi éminemment engagé.

 

Ci-dessous je vous présente trois cartes d'arpentage du XVIIIème siècle avec l'autorisation des archives départementales de l'Aude.

Carte d'arpentage délimitant les forêts royales de la Beunague et de Frechenouse situées dans le consulat du village de Roquefeuil (Aude) au Pays de Sault. Elle date du 27 mars 1741.

Carte d'arpentage de la forêt royale des Fanges au Sud-Est de Quillan, elle date du 19 août 1737. Elle a été réalisée par l'arpenteur royal Pierre Louis Veliey. elle a été complétée jusqu'au 10 mars 1750.

Carte d'arpentage des forêts royales de Coumefrede Picausel et Callong situées au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault, le mesurage a débuté le 28 novembre 1737 et la carte date du 10 février 1740. Elle a été réalisée par l'arpenteur royal Pierre Louis Veliey. 

Les actes répertoriant ces bornages sont des livres-terriers, ce sont surtout des livres d'impôts, pareils à ceux qui ont existé chez les peuples les plus anciens, sous des formes diverses. On trouve des traces de ces livres dans les tables de recensement de la Gaule aux IVème et Vème siècles. Dès 1280, Philippe le Hardi avait réglementé la délivrance du bois aux usagers. En 1291, Philippe le Bel crée un corps de Maîtres des Eaux et Forêts répartiteurs et surveillants. En 1346, Philippe VI promulgue "l'ordonnance de Brunoy", genre de premier code royal forestier. 

Pendant les guerres de religion et, ipso facto, l'affaiblissement du pouvoir royal, s'ensuivit la possibilité pour les paysans de se servir sans répression.

Charles V en 1359, Henri IV en 1604, le ministre Colbert en 1669 comme nous le verrons plus loin, ont fait faire ce que nous appelons aujourd'hui les opérations cadastrales.

Ces bornes ou rochers sculptés d'une fleur de lys dateraient des années 1670 environ, suite à la parution de l’Ordonnance des Eaux et Forêts en 1669 comme nous le verrons plus loin.

Comme le stipule l'instruction abrégée pour les gardes des Eaux et forêts du département de Languedoc, Guyenne, Bearn et Navarre rédigée par Monsieur Louis de Froidour en 1683, les gardes forestiers étaient obligés de faire un rapport tous les trois mois sur l'état de ces bornes.

Instruction abrégée pour les gardes des eaux et forêts par Louis de Froidour datant de 1683.

La rareté des procès-verbaux concernant les bornes du Pays de Sault dans l'Aude :

Ici encore, les procès-verbaux sont rares on n'en trouve qu'en1761, 1771, 1776 et pour des secteurs forestiers limités, alors que les textes prévoyaient que les gardes devaient dresser l'état des bornes et des fossés tous les trois mois.

Le 9 février1761, deux bornes sont arrachées, mais laissées sur place, deux autres sont coupées par le milieu, entre la forêt de Coumefrède et celle, privée, de Puivert. La situation est plus grave sur la lisière de Coumefrède : toutes les bornes qui séparent la forêt des broussailles ont été enlevées. Il est vrai que c'est, là, un secteur traditionnel de défrichements. En 1771, toutes les bornes de Callong et de Picaussel, les forêts les mieux surveillées, sont en bon état, tandis que, sur les limites de Canelle et de Niave, plusieurs sont écroulées, arrachées, enlevées, coupées, renversées. Enfin, le 21 septembre1776, dans les forêts d'Aspre et de Niort, les gardes décrivent une situation à peu près identique.

Le corps des gardes forestiers, compte huit membres en 1671 pour l'ensemble de la maîtrise de Quillan. Dans les années 1720-1730, on trouve un garde à Belvis, quatre à Niort un à Bessède, sur le plateau sud du Pays de Sault, et un au Bousquet, dans le Roquefortès, soit sept gardes en tout pour la région. Le règlement de 1754 fixe à 16, pour l'ensemble de la maîtrise, le nombre des gardes. Cette structure restera inchangée jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Plaque de garde forestier.

Première Réformation forestière en Languedoc.

En 1561, Laurens de Papus, lieutenant-général en la maîtrise des eaux et forêts de Languedoc, résidant à Toulouse, vient à Quillan sur la réquisition du Procureur du Roi en ladite maîtrise, et, du 2 juillet au 11 août 1561, procède à une visite complète des bois du Pays de Sault et à une information régulière contre les principaux détenteurs précaires, usurpateurs et dégradateurs des forêts du roi.

Le seigneur de Lhera est accusé d'usurpation des limites des forêts du roi le 18 juillet 1561, le procureur tranchera et imposera les limites, extrait du "Répertoire de Législation et de Jurisprudence forestières Tome 29, année 1896" :

"Au col de Tadel on plante une borne prise d'un rocher en ce lieu sur lequel roc on grave une fleur de lys, et, sur un avet (sapin) une croix, et entre le rocher et le sapin est un chemin qui sépare le roi au midi du seigneur de Lhera au nord".

Borne fleurdelisée située sur le territoire de Camurac (Aude).

Extrait du Règlement forestier de 1828, suite à une lettre du 23 janvier 1828 de M. Le directeur Général des Forêts à un conservateur, il pose cette question parmi d'autres :

Le Directeur : "Quelle sera la forme des bornes à employer ?"

Réponse du Conservateur : "Celle des bornes de périmètre, les seules dont il s'agit ici, se trouve déterminée par l'art. 82 de l'Instruction du 7 juillet 1824".

 

On peut lire page 93 dans le Traité de l'aménagement des forêts enseigné à l'école royale forestière datant de 1837 au chapitre Soumissions des arpenteurs :  "la confection des plans sera évaluée à l'heure ; l'ouverture des fossés et le tracé des routes au mètre courant ; et le prix des bornes sera fixé à raison des dimensions à leur donner, en y comptant les frais de transport et de plantation (Instruction du 7 juillet 1824, art. 16).

Lorsqu'on emploie des pierres - bornes, on leur donne la forme déterminée par l'art. 82 de l'instruction du 7 juillet 1824.

Dommage, je n'ai pas pu mettre la main sur cette instruction du 7 juillet 1824 qui contient des informations intéressantes.

 

LOUIS DE FROIDOUR, LA VIE D'UN HOMME QUI RÉFORMA LA GESTION DE NOS FORÊTS, UN GRAND NOM DANS L'HISTOIRE FORESTIÈRE LOCALE :

Au XVIème siècle, les forêts françaises sont dévastées, une réglementation pour une gestion rigoureuse des forêts est nécessaire. Et pourtant, édits, lois et règlements s'accumulaient depuis des siècles. Les premières ordonnances parurent en 1302 et 1318. Auparavant, nul n'avait songé, semble-t-il, à limiter les défrichements. Philippe V le Long, Jean le Bon, Charles V prennent des mesures. Mais, de Charles VI à François Ier, c'est l'incurie. François Ier en 1554, Charles IX en 1563 et 1573, Henri IV en 1587 et 1588 essaient de réagir. Henri IV, qui venait de réunir la Navarre à la France, voulut  "pourvoir à cette dilapidation". En 1596, à Rouen, pendant la tenue de l'Assemblée des Etats généraux, il réunit à cet effet plusieurs officiers des eaux et forêts. Il fit un édit spécial, en 1597, pour la Grande Maîtrise de Toulouse. Mais il fut difficile aux officiers forestiers de le faire admettre.

Estampe, portrait de Jean Baptiste Colbert, Marquis de Seignelayné le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, il est un des principaux ministres de Louis XIV. Contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683 (archives BNF).

Colbert ministre du roi Louis XIV va régler ce problème majeur grâce à un homme : Louis de Froidour.

Louis de Froidour disait de lui-même : "Je suis un homme curieux qui s'est appliqué à tout voir et tout connaître afin que rien ne pût échapper à sa connaissance".

Louis de Froidour est né vers 1625 à La Fère (Aisne), écuyer du roi, seigneur de Serilly, en 1651, il a 26 ans, il est nommé lieutenant général des Eaux et Forêts au bailliage de la Fère.

Il est remarqué par M. de Choiseul qui lui accorde sa protection, et le recommande à Colbert. En 1654, il rencontre pour la première fois Colbert alors ministre de Louis XIV (intendant de finances puis contrôleur général des finances ayant le département des bois de 1665 à 1683).

 

LE TRISTE BILAN DE 1661 SUR LA FORÊT :

En 1661, l'avocat général des Eaux et Forêts de France, le sieur Levassor, adressait à Colbert  une lettre et un mémoire alarmant sur la situation forestière de la France, celui-ci décida de lancer une grande réforme des forêts du Royaume.

Dès le 15 octobre 1661, Colbert obtient du conseil d'état, le premier acte de sa grande réformation des forêts royales, qui consiste à les fermer et à suspendre tous les anciens droits d'exploitation, ce qui fragilise la survie d'une population paysanne et forestière (bucherons, charbonniers) qui en profitait jusque là, ainsi que la Marine royale qui exploite également ces richesses en se réservant des arbres choisis, notamment les arbres de futaie, pour la construction des bateaux.

 

En 1662, Colbert nomma Louis de Froidour en tant que commissaire réformateur des forêts du Languedoc, Rouergue, Quercy, Navarre, Béarn, provinces pyrénéennes et Angoumois.

Louis de Froidour aura un travail à la fois juridique et économique à réaliser.

Dans les Pyrénées et en Auvergne, des milliers de plans d'inventaire seront adressés à Colbert par Louis de Froidour de Sérizy, même si au début la tâche s'avère immense, car il doit recenser tous les titres de propriété et la façon dont ils sont utilisés, ce qui l'amène à découvrir de nombreuses preuves de concussion.

A la suite de cette étude et bilan, en 1663, paraîtra une instruction de Colbert aux Commissaires réformateurs, concernant les forêts appartenant au clergé, sur lesquelles le roi a désormais "droit de gruerie", ce qui permet de multiplier par vingt les recettes des forêts royales, passant de 50.323 livres en 1662 à 1,05 million de livres en vingt ans.

Bornes avec sur la face Nord des blasons gravés délimitant la forêt royale au col de Roquefort.

Bornes avec sur la face Sud des fleurs de lys gravées délimitant la forêt royale au col de Roquefort.

Nommé commissaire le 6 mars 1666, Froidour devint grand-maître en 1673.

Donc le 8 août 1666, il prend ses fonctions à Toulouse en qualité de commissaire député pour la réformation des forêts et visite une par une les forêts royales de la maîtrise de Toulouse (Haute-Garonne, Gers, Tarn et une partie de l’Aude). Il fit aussi la visite du comté de Foix, du Couserans, du Comminges et d’une partie de la Bigorre.

Les forêts sont "en grand état de ruine" avec des troncs morts ou vivants coupés à hauteur d'homme par les paysans pour leur consommation. Le bois de feu est parfois vendu, le bois de débit est dessouché et tout le reste est considéré comme bois d'usage. Les riverains sont déjà révoltés contre les initiatives de Froidour qui essaiera de ramener le calme en outrepassant même ses droits et en légiférant contre les intérêts royaux. Ici et là se réveillent des amorces de jacqueries prémonitoires. Colbert reconstitue le patrimoine au maximum et précise que pour les "bois de marine", de la Royale il est "interdit aux habitants des Pyrénées, de Bayonne à Perpignan, de faire aucune coupe dans les futaies", (pour information, une frégate de 74 canons nécessitait 3700 arbres).

Borne située sur Gébets ou Gébetz, c'est un bois où autrefois il y avait le village d'origine de la commune de Mérial (Aude) au Pays de Sault, l'archevêque de Narbonne en était alors le seigneur. Il fut ruiné entre le XIIème et le XIVème siècle. Cette borne porte le symbole d'un propriétaire terrien.

Autre borne située dans la forêt Gébets ou Gébetz, à l'ouest du village de Mérial (Aude) au Pays de Sault. Celle-ci porte un numéro de repère cadastral.

Fréquemment les cochons des paysans sans terre vivaient de manière semi-sauvage dans la forêt communale ou royale où ils se nourrissaient de glands et de jeunes pousses, ce qui entraînait sa déforestation. Les communautés villageoises des Pyrénées avaient également l'habitude de déforester pour créer de nouveaux pâturages ou pour en vendre le bois et contribuer ainsi aux besoins collectifs.

Une réorganisation des forêts de la grande Maîtrise de Toulouse, est entreprise de manière à en améliorer le rendement et à mettre le holà dans les habitudes que les habitants ont prises d'aller s'y servir librement en bois de construction et de chauffage. L'objectif est d'améliorer le rendement et notamment de rompre avec les droits locaux qui permettent aux habitants de s'y servir librement en bois de construction et de chauffage. 

Borne royale gravée d'une fleur de lys du côté de Rodome (Aude).

Autre borne royale gravée d'une croix d'Aragon du côté de Rodome (Aude).

De plus, en Ariège, une activité locale de production de fer, très atomisée avec des forges "à la catalane", y consomme également une énorme quantité de bois, sous forme de charbon de bois, à défaut de charbon de terre et de hauts-fourneaux. De plus, la consommation est anarchique, et le domaine boisé est donc globalement mis en danger. L'exploitation des plus beaux arbres destinés à la mâture, peut entrainer le sacrifice de clairières entières.

Louis de Froidour s'enquiert des nombreux droits des communes et des seigneuries, en fait une nouvelle répartition garantissant tant les approvisionnements des arsenaux de la Marine que la satisfaction des besoins locaux. Des coupes raisonnées tous les 20 ans permettent de produire de façon optimale, tout en laissant les plus beaux arbres de mâture, soigneusement marqués et identifiés, qui peuvent devenir centenaires. Il systématise le replantage des forêts abattues.

 

Il publie en 1668 son Instruction pour les ventes des bois du Roy, et un manuel technique largement repris par les rédacteurs de l’ordonnance royale de 1669 sur les Eaux et Forêts. Il crée une maîtrise particulière du Comminges dont le siège est fixé à Saint-Gaudens. Il dresse des procès verbaux de leur aménagement, qui auront force de loi, jusqu'à la publication de l'ordonnance de 1669.

Conférence de l'ordonnance de Louis XIV du mois d'août 1669. Tome 1 d'un ouvrage datant de 1725.

En 1669, parution de l’Ordonnance des Eaux et Forêts concernant les fonctions et devoirs des gardes et traité pour servir d’instruction aux gardes des Eaux et Forêts, pêches et chasses du département de la Grande Maîtrise de Toulouse. Elle sera rééditée durant tout l’ancien régime pour la formation des gardes forestiers. Cette ordonnance de 1669 restera en vigueur jusqu'à la promulgation en 1829 du Code forestier qui nous régit.

 

A partir de 1669, le travail des arpenteurs est engagé, des procès-verbaux d'arpentage et des plans forestiers sont réalisés. C'est à cette période que les bornes fleurdelisées vont faire leur apparition des les forêts royales. 

Pour réaliser les plans l'unité employée est la perche (la perche vaut 3,15 m, l'arpent 0,56 ha). Une échelle accompagne le plan. Mais rien ne dit comment ces mesures sont prises sur le terrain. Sans doute en utilisant une chaîne. Mais on est en montagne, sur des versants souvent escarpés. Les arpenteurs ont l'habitude de travailler en plaine. Ils ne transforment pas les mesures comme ils devraient le faire pour tenir compte de la pente. Les distances sont ainsi accentuées par rapport à la réalité. Quant aux angles, ils étaient seulement estimés.

Borne royale gravée d'une belle fleur de lys.

Le roi nomma Louis de Froidour grand maître à Toulouse sans lui faire payer son office "C’est une marque de satisfaction que Sa Majesté a des services que vous lui avez rendus" lui écrit alors Colbert. Puis jusqu’en 1674, il est envoyé réformer les forêts de la maîtrise d’Angoulême, proches de l’arsenal royal de Rochefort.

Le 6 septembre 1683 à Paris, décès de Jean-Baptiste Colbert.

Louis de Froidour souffrant de la goutte, décèdera le 11 octobre 1685 à Toulouse. Il sera inhumé dans la cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, à côté de son ami Pierre Paul Riquet, au pied du pilier d'Orléans, aucune plaque n'indique son nom.

Son successeur, Dralet, sous l'Empire, dira qu'il a sauvé la forêt pyrénéenne.

Henri Louis Duhamel du Monceau et Buffon prendront sa suite pour tenter d'appliquer de nouveaux procédés scientifiques, destinés à améliorer les techniques forestières.

Malgré cette ordonnance et le code forestier, la pression des prélèvements sur les forêts perdure une grande partie du XIXème siècle, époque où se combinent maximum démographique dans les zones rurales et augmentation exponentielle des besoins de l’industrie et du bâtiment. Les paysans ont un besoin vital de pâturages pendant que les urbains consomment charbon de bois et bois d’oeuvre. Notamment dans les régions montagnardes, la forêt est l’enjeu de nombreux conflits. Avec l’exode rural, la fin du XIXème siècle voit un apaisement.

 Bivouac de gardes forestiers dessin réalisé par Daguzan Léon Victor 1821-1911 (Bibliothèque municipale de Toulouse). 

LA GUERRE DES DEMOISELLES

Je ne pouvais pas parler de l'histoire des forêts, sans aborder ce type de la lutte anti forestière par son refus de renoncer aux archaïques droits d'usage.

L'intervention de Charles X par la loi du 21 mai 1827, promulguée en 1829 sous le nom de Code forestier allait, tout au moins dans l'Ariège, mettre le feu aux poudres. Il comprenait de nombreux articles aberrants contraignants et difficilement applicables. Cela déboucha sur la guerre des Demoiselles, une rébellion ayant lieu en Ariège de 1829 à 1832, et se prolongeant de façon moins intense jusqu'en 1872. C'est à partir de l'été 1830, que les actions seront les plus violentes et s'étendront à toute l'Ariège. C'est le mouvement de contestation le plus connu parmi ceux qui se développent dans les Pyrénées au XIXème siècle. La Jacquerie des Demoiselles qui embarrassera les pouvoirs publics pendant environ 40 ans avec plus ou moins de virulence est une étape dans l'histoire de la forêt.

La guerre des Demoiselles doit son nom au fait que les paysans apparaissent déguisés en femmes, avec de longues chemises blanches ou des peaux de moutons, des foulards ou des perruques, le visage noirci ou caché pour attaquer, la nuit les grands propriétaires, les gardes forestiers et gendarmes, les maîtres de forges et les charbonniers.

 

En 1877, la IIIème République, rattache la direction des Forêts au ministère de l’Agriculture. En haute montagne, le déboisement, qui provoque des ravinements et des inondations torrentielles catastrophiques, justifie la création d’une nouvelle politique de restauration des terrains en montagne avec la loi de 1882.

En 1966, création de l’Office National des Forêts (l'ONF), chargé de gérer la forêt publique.

LES BORNES TERRITORIALES

Description des bornes : Arrêté publié en 1804, qui prescrit l'abornement des Territoires de toutes les Communes des départements. Extrait de la collection de lois, arrêtés, instructions et circulaires relatifs à l'arpentement et à l'expertise des communes 26 vendémiaire an XII.

Vu l'instruction donnée par le ministre des finances, le 3 frimaire an 11 (24 nov.1802), pour l'exécution de l'arrêté des Consuls du 12 brumaire précédent (3 nov.1802), par laquelle il recommande aux préfets de prescrire aux maires de faire poser des bornes de séparation dans toutes les communes qui n'ont pas de limites naturelles , telles que rivières , ruisseaux, fossés invariables, etc.

L'article Ier dit ceci :

Les bornes qui seront employées, devront être en pierre de taille *, et avoir 1 mètre 5 palmes de hauteur ; elles seront plantées à la profondeur de 9 palmes. La portion de la borne qui restera hors de terre, et qui devra être élevée de 6 palmes, sera carrée et taillée de manière que la partie supérieure présente une surface unie de 2 palmes 4 doigts carrés, et qu'en sortant de terre chaque côté ait 3 palmes de largeur. 

Article II : Sur chaque côté de la borne seront gravées les lettres initiales des deux noms des communes dont elle séparera les territoires ; au-dessous, et à un palme de distance, les lettres initiales des sections ; et plus bas sera gravé le numéro d'ordre de la borne. Au-dessus de la borne, et seulement lorsqu'elle sera placée et invariablement fixée, il sera tracé un guidon qui indiquera la direction à suivre pour arriver d'une borne à l'autre. Les lettres initiales et les guidons seront gravés à la profondeur d'un doigt.

 

* Les pierres n'étant pas également communes dans toutes les contrées, le ministre a pensé qu'en tenant rigoureusement à ce que l'abornement fût fait en pierres de taille , il en pourrait résulter une dépense trop forte : en conséquence, et sur les représentations qui lui ont été faites par MM. les préfets de plusieurs départements , son Excellence a autorisé, dans les uns, l'usage des pierres brutes, ou des bornes de bois, et elle a consenti , pour les autres, qu'il fût posé des bornes seulement aux endroits les plus nécessaires, tels que les extrémités de la base et les principaux points du périmètre qui séparent plusieurs territoires.

 

LES BORNES ROUTIÈRES OU MILLIAIRES

Les bornes routières ou milliaires se trouvent un peu partout en France. Ce bornage à la romaine de nos grandes routes royales a été réalisé entre 1768 et 1769. Ces bornes sculptées d'une fleur de lys étaient disposées toutes les milles toise (1948 m) au lieu des mille doubles pour les romaines (1481 m). On rencontre encore beaucoup ces bornes dans la traversée des forêts où les routes anciennes ont été généralement préservées.

Les bornes royales à la fin du XVIIIème siècle ne donnaient guère d'indications de direction aux voyageurs et leur permettaient seulement de se situer, quelque peu, en fonction de leur distance à Paris. La plupart  de ces bornes ont disparu ou parfois elles terminent leur vie dans un musée d'histoire locale.

Borne milliaire romaine d'Alba Helviorum en Ardèche, datée de 145. Elle est exposée au musée archéologique national.

Dans la Rome antique, les bornes milliaires (en latin miliaria au pluriel, milliarium au singulier) étaient des bornes routières en pierre généralement en forme de colonne portant une inscription et destinées à marquer les distances sur le tracé des principales voies romaines d'Italie et des provinces romaines. Comme leur nom l'indique, les distances étaient mesurées en milles romains, soit environ 1 481 mètres. Toutefois dans les provinces gauloises les distances peuvent parfois être exprimées en lieues ; on parle alors de borne leugaire.

Au mois d'avril 1877, une borne milliaire romaine, convertie en sarcophage à l'époque mérovingienne, fut découverte à Paris, dans l'ancien cimetière de Saint-Marcel. D'après l'étude des inscriptions relevées, cette borne était sur la route conduisant de Paris à Rouen, elle date de l'an 305.

Sous la Révolution, la plupart des fleurs de lys qui les ornaient furent martelées et, parfois, remplacées par un bonnet phrygien. Puis on leur substitua des aigles en saillie sur le corps de la borne, jusqu'en 1814 où l'on sculpta à nouveau des fleurs de lys, mais dans un renforcement ovale à la place des aigles.

 

GÉNÉALOGIE DE LOUIS DE FROIDOUR

Armoirie de la famille Louis de Froidour de Sérizy (ce blason est similaire à celui de la ville de Caunes Minervois).

On ne sait pas grand-chose sur sa vie privée. J'ai tenté de réaliser la généalogie de la famille de Froidour, cela n'est pas évident car j'ai trouvé très peu d'éléments. En l’absence de registres paroissiaux avant 1672, la date de naissance de Louis de Froidour, reste inconnue. 

La famille a été anoblie par lettres du mois de janvier 1653, confirmées au de mai 1666.

Son arrière-grand-père et son grand-père, qui se nomment Nicolas de génération en génération, exercent les fonctions de notaires royaux dès la seconde moitié du XVIème siècle.

Son père achète la charge de substitut du procureur général du roi au comté de Marle et de La Fère, puis celle de procureur du roi au bailliage de 1645 environ à 1654.

 

- Nicolas de Froidour, échevin de La Fère en 1615, avocat procureur du roi en 1630, écuyer seigneur de Sérisy président lieutenant général du baillage de La Fère en 1665, (+ après 1665). Il épousa Élisabeth Regnault  avant 1627. 

Dans un inventaire et ventes de meubles délaissés datant de 1627/1630 on trouve une Élisabeth Regnault, femme de Nicolas de Froidour.

Apparemment ce sont les parents de Louis et de Claude de Froidour qui suivent (cela reste à vérifier) :

 

- Louis de Froidour, seigneur de Sérizy (Cerisy dans l'Aisne) né à La Fère (Aisne) vers 1620/1625, décédé le 11 octobre 1685 à Toulouse. Il vécut à Toulouse de 1666 à 1685.On sait qu'il a eu deux épouses successives qui étaient originaires de La Fère. Sa dernière femme reviendra finir ses jours à La Fère après le décès de son époux.

J'ai trouvé l'identité de sa dernière femme : il épousa avant 1674 Elisabeth Jacob de Pont-Saint-Mard (Aisne).

Armoirie de la famille de Froidour extrait de l'armorial général de France par Charles Hozier 1696.

Descendance : 

- Le 24 mai 1700, parrainage de Nicolas de Froidour capitaine au régiment de cavalerie de Villeroy fils de feu Louis de Froidour et d'Élisabeth Jacob.

Je n'ai pas d'autres infos concernant sa descendance. Sauf que, voir ci-après, il y a un Julien de Froidour qui épousa  Marie-Claude de Froidour le 16 décembre 1710, est-ce un fils à notre Louis de Froidour ?

Première feuillet du testament de Louis de Froidour rédigé entre 1666 et 1685, au total il y a 46 pages.

Testament de Louis de Froidour rédigé entre 1666 et 1685. Ce testament contient 46 feuillets dont voici la première page :

In nominé Patris, et sity spiritus sancty amen. Se Louis de Froidour chevalier seigneur de Sérizy conseiller du roi grand maître inquisiteur et général réformateur des eaux et forêts au département de Languedoc, Haute et Basse Guyenne, Béarn, Basse Navarre, Soulle et Labourd, estant de present a Toulouse  logé rue de la Seneschaussée en la paroisse de St Estienne, reconnaissant que je suis mortel et que je dois mourir en soit ainsy que toute les années hommes, reconnaissant aussy qu'il n'y a rien de plus incertain que le jour auquel la mort doit venir et que c'est avec grande raison que l'écriture sainte nous avertit de nous tenir sur nos gardes parce qu'elle nous surprend ordinairement comme un larvon ….

Suivit de la signature de Froidour

Acte de décès de Louis de Froidour, décédé le 11 octobre 1685 à Toulouse.

Voici la copie de l'acte intégral de décès de Louis de Froidour, décédé le 11 octobre 1685 à Toulouse en la paroisse de Saint-Étienne.

Louis, a un frère, Claude de Froidour (+ entre 1693 et 1695), écuyer, avocat et procureur du roi. Il épousa  Marie Dany ou Danie. 

1665, lettres de provision de l'office du procureur du roi au baillage de La Fère accordées par le roi Louis XIV à Claude de Froidour, avocat.

En 1679 ils avaient 3 enfants : 

- Marie- Claude qui épousa le 16 décembre 1710 Julien de Froidour (+ 22 février 1741) capitaine des dragons au régiment d'Épinay seigneur de la paroisse de Pont-Saint-Mard fils de feu Louis de Froidour, Au mariage il y avait parmi les assistants Nicolas et Joseph de Froidour, dame Louise de Froidour, demoiselles Madeleine-Elisabeth de Froidour.

- Charles vivait encore en 1695 ;

- François (né avant 1625) ;

- Louise semble être née après 1676, elle épousa le 10 novembre 1698 Jean Louis de Cugnac seigneur de Caussade et du Bourdet, brigadier des armées du roi. En 1760 elle était veuve et seule héritière de Marie Dany sa mère.

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J'ai trouvé lors de mes recherches dans les inventaires des AD de l'Aisne mention de ces personnes qui ont certainement un lien familial avec les de Froidour :

- 1587 / 1619, mention de Marie de Froidour femme de Jérôme Bottée de La Fère.

- 1626, mention de Catherine Moysset veuve de François de Froidour.

- 1638 / 1661, mention de Jacqueline de Froidour veuve de Laurent Helin grenetier au grenier à sel de Coucy.

- 1654, mention de Louise de Froidour femme de Pierre Charbonneau major à La Fère. (Aisne)

- 1677, mention de Claude de Froidour, procureur au baillage de La Fère, sa femme Marguerite ou Madeleine Gossard, est-ce un premier mariage ?

- 1706 / 1715, mention de François de Froidour avocat au parlement de Paris, sa femme Marie Éléonore Humblot.

- 1712, Testament de Marguerite de Froidour veuve de Claude Poulain écuyer secrétaire du roi. Ils se sont mariés le 20 août 1700.

- 1706 / 1723, mention de Claude François de Froidour avocat au parlement de Paris (+ à l'âge de 57 ans).

 

- 26 juillet 1721, Acte règlement de succession où figure, la mention des enfants : Marie-Catherine, Catherine-Geneviève, Marie-Marguerite et Claude-François, héritiers de défunt Maximilien Nicolas de Froidour leur père, conseiller du roi, procureur au grenier à sel à Paris, sa femme Catherine Marguerite Le Cousin. Maximilien Nicolas de Froidour avait rédigé son testament le 5 novembre 1719 devant le notaire Lavalette.

Acte de succession de Maximilien de Froidour datant du 26 juillet 1721.

- 3 janvier 1724 paroisse de Pont-Saint-Mard (Aisne) baptême de Nicolas-Louis fils de Joseph-Nicolas de Froidour (+9 avril 1747) lieutenant de cavalerie au régiment de Villeroy et de Louise Marguerite Auger. Parrain Louis-Charles de Froidour.

- 24 avril 1720 paroisse de Pont-Saint-Mard (Aisne) baptême d'Élisabeth fille de Joseph-Nicolas de Froidour lieutenant de cavalerie au régiment de Villeroy et de Louise Marguerite Auger.

 

Dans le dictionnaire de la noblesse de François-Alexandre Aubert de la Chenaye-Desbois Tome 6 datant de 1773 on peut lire :

- Joseph de la Fons, chevalier et seigneur de Pont-Saint-Mard, lieutenant au régiment de Picardie et major de Coucy second fils de feu François de la Fons chevalier seigneur de Saint-Algis famille originaire de Picardie et de Marie Garipeaux de la Ménodière. Joseph de la Fons a épousé le 13 février 1703, près de Coucy le Château à la paroisse Saint-Médard de Pont-Saint-Mard, Élisabeth de Froidour fille de feu Joseph Nicolas de Froidour. Ils eurent 4 enfants : Louise-Élisabeth baptisée le 16 septembre 1714, Louis de la Fons de Pont-Saint-Mard baptisé le 7 mars 1757, Charles Joseph dit le chevalier de Pont-Saint-Mard, et Marie-Adélaïde baptisée le 17 septembre 1759.

 

Dans l'armorial de Charles d'Hozier volume 32 Soissonnais année 1697-1709, le blason de la famille Froidour est représenté "d'azur à trois lions d'or", en marge de ce blason il est indiqué : "Elisabeth Jacob veuve de Louis Froidour écuyer grand maître des eaux et forêts du parlement de Guyenne et Languedoc".

 

Voilà ce que je peux dire sur cette recherche généalogique, et si vous avez des compléments d'infos, écrivez-moi.

Vous pouvez aussi trouver lors de vos ballades une croix en fer forgé gravée comme celle-ci, qui est située au Nord-Est de Camurac, sur le chemin (altitude 1316m) en direction de "les Cols" , elle est gravée, sur la branche verticale en haut : 1201 le 8 juillet sur la verticale du bas : ici le .............., sur les horizontales il y a deux prénoms avec le nom de VACQUIE.

Erigées depuis le Moyen-âge partout en France, ces croix avaient un double rôle, celui de guider les voyageurs et de les protéger de l’inconnu et des mauvaises rencontres.

Ce calvaire commémore quelque chose mais quoi, est-ce une mission ?

Voici quelques photos anciennes qui feront plaisirs aux amateurs nostalgiques :

Forêt domaniale de Callong-Mirailles en 1905. Cette forêt est située au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault.

Forêt domaniale de Callong-Mirailles en 1905. Cette forêt est située au Nord du village de Belvis (Aude) au Pays de Sault. Sapin mesurant 5 mètres de circonférence et 50 mètres de hauteur.

Maison du garde forestier général en 1905, implantée dans la forêt domaniale de Bélesta (Ariège).

Forêt domaniale des Fanges en 1905, chargement de bois tracté par des bœufs. Cette forêt est située au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, chargement de bois tracté par des chevaux. Cette forêt est située au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi (Prat-del-Rey) au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1905, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Forêt domaniale des Fanges en 1910, maison du garde forestier. Maison située au Pré du Roi au Sud-Est de Quillan entre Axat, Saint-Martin-Lys et Caudiès-de-Fenouillèdes.

Village de Lapradelle (Aude) situé entre Axat et Caudiès-de-Fenouillèdes sur la D117. Pâturages dans la montagne de la forêt des Fanges en 1905.

Forêt de la Pinouse située à l'Ouest du village de Belviane-et-Cavirac, maison des gardes forestiers, fontaine et chalet de Carach situé à 3 km au Sud de Quillan en 1905.

Village de Montaillou près de Prades (Ariège) en 1905. La forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1950, on aperçoit le village de Comus au loin. Là aussi, la forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1945-1950, pour ceux qui connaissent, on aperçoit le village de Montaillou au loin, à gauche. Là aussi, la forêt est pratiquement inexistante à cette époque sur cette photo. Entre parenthèses, j'adore cette photo, elle me fait penser au film "L'auberge rouge" réalisé en 1951 par Claude Autant-Lara avec Fernandel, peut-être pour l'ambiance qu'elle dégage. 

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1960-1965. La forêt a repris ses droits sur cette photo.

Village de Camurac au Pays de Sault (Aude) en 1975. La forêt a bien repoussé sur cette photo.

Dernière minute, suite à la diffusion de ce reportage je reçois des photos intéressantes de pierres gravées que des internautes partagent avec nous et que je diffuse ci-après :

Voici celles de Pierre Fontecave qui m'a contacté et envoyé ces photos ci-dessous, prisent dans la forêt de Ramondens situé au Nord-Est de Saissac (Aude). Cette forêt de Ramondens appartenait au XIIIème siècle aux dominicaines du monastère de Prouille, elle fait partie aujourd'hui la forêt domaniale de la Montagne Noire.

Forêt de Ramondens, borne située entre Saint-Denis et La Galaube.

  

Zoom sur la borne ci-dessus. 

Ce pilier granitique est sculpté en relief et représente le blason du monastère des dominicaines de Prouille. Cette borne date de 1530 et marque la limite du domaine de Ramondens leur appartenant, avec la seigneurie de Saissac, appartenant au comte de Clermont, un chicanier.

La gravure représente une croix avec au-dessus, un chevron et une barre horizontale surmontée par trois fleurs de lys que l'on distingue encore. 

  

Nous sommes toujours dans la forêt de Ramondens, la photo de gauche, borne avec un blason, identique à celle ci-dessus. A droite, cette borne porte la gravure d'une crosse d'évêque (délimitant les possessions de l'évêque de Carcassonne). Ces deux bornes ont été déplacées dans le jardin de la Maison Forestière de Lacombe afin de les sauvegarder. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Voici les photos de Chantal Chinaud qui habite Le Bousquet (Aude 11140) un petit village d'une trentaine d'habitants, situé au Sud de Quillan proche d'Escouloubre. Au cours de ses balades dans "ses" montagnes, elle est tombée sur ce genre de bornes sculptées :

Rocher gravée d'une fleur de lys dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" en-dessous du col de la Marrane (forêt domaniale du Carcanet).

Rocher gravée d'une fleur de lys dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" en-dessous du col de la Marrane (forêt domaniale du Carcanet).

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Borne gravée délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elle est en pleine forêt et très facile d’accès

  

Bornes gravées délimitant "la frontière" entre les deux départements l'Ariège et l'Aude, au lieu-dit le "Pountarou". Elles sont en pleine forêt et très faciles d’accès. Cliquez sur les photos pour agrandir.

  

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys que l'on voit ici, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault. Cliquez sur les photos pour agrandir.

Zoom sur la borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason ci-dessus, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys que l'on voit ici, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault.

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault que l'on voit ici.

Borne royale gravée d'une fleur de lys et d'un blason, elle est située  au dessus du col de la Malairède, dans le massif dit de Monjubre. D’un côté il y a la fleur de lys, de l’autre les armes de Montesquieu, seigneur de Roquefort de Sault, que l'on voit ici.

Borne gravée de blasons, située, limitrophe Roquefort - Le Bousquet (au Vernet). Celle-ci n’est pas royale, elle porte sur deux de ses faces les armes des seigneurs de chaque "Pays" : Fenouillèdes & Pays de Sault.

Borne gravée de blasons, située, limitrophe Roquefort - Le Bousquet (au Vernet). Celle-ci n’est pas royale, elle porte sur deux de ses faces les armes des seigneurs de chaque "Pays" : Fenouillèdes & Pays de Sault.

Rocher gravé d'une fleur de lys, limite royale dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" (forêt domaniale du Carcanet).

Rocher gravé d'une fleur de lys, limite royale dans le massif de Madres, sur le versant de "La Jasse Grande" (forêt domaniale du Carcanet).

Une borne gravée n°106 près du canal du Midi.

Une pierre gravée d'un fleur de lys au col de Marrane.

 

Merci encore à Catherine Cavernes pour avoir partagé ses photos, ses informations et pour sa collaboration.

Je rajouterai, que j'ai contacté Jean Graule historien ariègeois qui est un passionné des pierres gravées m'a t'on dit, pour qu'il me fournisse des informations sur ce sujet, mais je n'ai reçu aucune réponse de sa part. C'est bien dommage.

 

Bibliographie, je citerai simplement les documents les plus pertinents :

- Revue du Comminges.

- Revue archéologique : La Borne milliaire de Paris 1880.

- Instruction abrégée pour les gardes des Eaux et Forêts du département de Languedoc, Guyenne, Béarn  et Navarre par Monsieur Louis de Froidour 1683.

- Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France 1914.

- Collection des lois, arrêtés, instructions, circulaires et décisions Tome 1-1804.

- Dictionnaire forestier Tome 1 et Tome 2 – 1802.

 

 J'ai l'intention de réaliser un reportage sur le village de Bélesta (Ariège), si vous avez des documents, des photos, je vous invite à me contacter par mail à cette adresse :

 jp@belcaire-pyrenees.com

 

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre - dans HISTOIRE
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3 octobre 2015

Avant que vous ne plongiez votre regard sur ces pages, que le crissement de la souris vous apporte le plaisir, je voudrais vous mettre en garde contre ceci : bien souvent quand on vient séjourner dans l'Aude, on s'y attache !

Comme vous, comme moi, tout change, évolue, se modifie, se réinvente … Et je suis aujourd'hui très heureux de vous présenter un nouveau reportage très intéressant, concernant le passé de Narbonne, c'est un héritage qui restera à jamais gravé dans l'histoire de la ville et qui écrira la destinée du Languedoc Roussillon.

Voici donc le début d'une série en plusieurs parties consacrées à la fabuleuse histoire de la ville de Narbonne. Plus de 490 photos vous seront présentées, grâce à tous ces photographes que je remercie vivement pour leur participation.

Pour ne pas rater les parutions, je ne peux que vous conseiller de vous inscrire sur la newsletter de mon site, c'est gratuit (voir menu de gauche), afin d'être averti automatiquement dès leur diffusion. Et c'est aussi une façon de soutenir ma démarche pour la promotion de l'Aude.

Je vous souhaite une bonne découverte à la lecture de mes articles et merci pour votre fidélité …

Narbonne se situe à 65 km de Perpignan, 151 km de Toulouse, 262 km de Cahors, 93 km de Montpellier, 144 km de Nîmes, 257 km de Marseille et à 390 km de Lyon ...

Narbonne est la sous-préfecture du département de l'Aude, sa superficie est de 172, 96 km², son altitude va de 0 à 285 m. Narbonne possède le plus vaste territoire communal du département de l'Aude et de la région Languedoc-Roussillon. Il est le 23 ème territoire communal le plus vaste de France métropolitaine celui-ci s'étend de la Mer Méditerranée aux Corbières maritimes ainsi que de l'Aude à l'étang de Bages-Sigean.

Narbonne compte au recensement de 2012 : 51869 habitants, soit 300 hab./ km². Cette ville importante est située sur un nœud de communication le long du littoral méditerranéen. Elle est desservie par 2 autoroutes, une gare, un fleuve et deux grands aéroports sont situés à proximité ainsi qu'un port. La gare de Narbonne est la plus grande gare ferroviaire du département de l'Aude, desservie par les trains TER Languedoc-Roussillon, Intercités et TGV. Elle se situe sur les lignes de Bordeaux-Saint-Jean à Sète-Ville et de Narbonne à Port-Bou.

La gare SNCF de Narbonne.

 

     

Blasons de la ville de Narbonne

Une vue panoramique de Narbonne.

Narbonne, la Cathédrale Saint Just et son centre historique, au fond la Clape.

Narbonne Sud-Ouest, le canal de la Robine vu du donjon.

Narbonne Nord-Ouest, vu du donjon.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue du donjon Gilles Aycelin.

La ville de Narbonne est traversée par le canal de la Robine qui suit l'ancien lit de l'Aude, classé au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO depuis 1996. Ce canal permet de rejoindre le fleuve Aude puis le canal du Midi qui passe plus au Nord de la ville via le canal de Jonction. Au Sud, le canal rejoint la mer Méditerranée. Ce canal sépare les anciens quartiers de Cité rive gauche, et de Bourg rive droite qui se communiquent l'une à l'autre par trois ponts, celui des Carmes, celui de la Chaîne, et celui des Marchands. Il y avait d'un côté les bourgeois et les lettrés, de l'autre les commerçants et les artisans. Ces deux parties de la ville se sont souvent opposées jusqu'en 1362 où par une lettre patente de Philippe Le Valois demanda à unifier les deux administrations.

Narbonne se dit Narbona en occitan. Les habitants s'appellent des Narbonnais.

Le recensement 2012, dénombrait 51869 habitants dans la commune. Au début des recensements, en 1793, il y avait 9050 habitants, le nombre d'habitants continuera de croître par la suite. Cette ville est la plus importante et la plus peuplée du département de l'Aude.

L'ensemble de son aire urbaine compte 151209 habitants.

Une vue aérienne sur le centre historique de Narbonne, le canal de la Robine coupant celui-ci en deux, dans le coin bas droit, le pont des Marchands.

Avec ses 17296 hectares, Narbonne possède le plus vaste territoire communal du département de l'Aude et de la région Languedoc-Roussillon. De par sa superficie, elle est classée 23ème territoire communal le plus vaste de France métropolitaine.

Narbonne est situé au cœur du parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée et elle est entourée de sites classés, comme le massif de la Clape et celui de l'abbaye de Sainte-Marie de Fontfroide (voir reportage en 3 parties sur le sujet ICI) ainsi que l'étang de Bages-Sigean.

Proche du littoral Narbonne fait partie d'une région très touristique, et possède une plage de cinq kilomètres de sable fin à Narbonne-Plage.

Louve capitoline de Narbonne offerte par la ville de Rome.

Narbonne, place de l'Hôtel de Ville, et le palais épiscopal.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville.

 

LE DÉBUT D'UNE HISTOIRE TRÈS ANCIENNE

La période de l'âge de Bronze ancien (- 1800 à - 1500) est bien attestée sur le territoire de Narbonne, en effet, dans la grotte "Les Blaireaux" à côté d'ustensiles en céramique de formes simples on a retrouvé les premiers instruments en bronze comme des haches et poignards.

C'est vers la première moitié du VIIème siècle av. J.-C. que débute l'âge de fer dans l'Aude. Cette culture se développe dans des zones de passage, véritables carrefours commerciaux comme Montlaurès près de Narbonne.

Au début de cette période de l'âge de Fer, les importations arrivent encore par les ports de Marseille, d'Agde et surtout d'Ampurias en Catalogne ; dès le II ème siècle av. J.-C. avec la création de Narbonne, c'est ce port qui jouera un rôle prépondérant dans les importations. De Narbonne, vin et objets divers sont acheminés vers les régions plus occidentales, puis l'Aquitaine. Sur place la production de céramiques par les artisans audois va s'amplifier.

On prétend que la foi chrétienne y a été prêchée dès le Ier siècle de notre ère, et qu'elle a eu pour apôtre Sergius Paulus (Saint-Paul), qui avait été proconsul de Chypre. Remarqué par un sénateur romain pour son éloquence, celui-ci parvint à le convertir au christianisme et lui demanda de se rendre dans la gaule narbonnaise afin d'y répandre la bonne parole.

Une tombe paléochrétienne du musée lapidaire dans l'église Lamourguier.

Au Vème siècle av. J.-C., mentionnée par Hécatée, la ville tire son nom de celui du cours d'eau qui l'arrose, les Ibères appelaient Narbo la branche droite du delta de l'Aude, que l'on nomme aujourd'hui Robine.

Les Grecs ayant abordé le littoral audois, au IIème siècle av. J.-C. le grec Polybe appelle la rivière Narbon. Il semble plausible que le mot naros qui signifie qui coule, soit à l'origine du nom de Narbonne qui désigna d'abord les installations portuaires sur le fleuve à proximité du site primitif de la ville, Montlaurès.

Avant cette période, Narbonne était un comptoir commercial, rattaché à l’oppidum celte de Montlaurès, à quatre kilomètres au nord de la ville actuelle, la capitale des Élisyques, un des peuples de la Celtique méditerranéenne. Le peuple celtique qui occupait le pays avant l'invasion romaine était celui des Volces ou Elysices. Quant à la tribu des Volces qui occupait Narbonne, c'était celle des Tectosages. Narbonne faisait partie de la confédération des Celles, à la tête de laquelle se trouvait Biluit, roi des Arvennes ; elle succomba comme ses alliés sous les coups du consul Q. Fabius Maximus.

Les Romains fondèrent en 118 av. J.-C. cette colonie romaine.

Les Romains introduisirent leurs monnaies à Narbonne, où ils établirent une de leurs fabriques. Sidoine en vante la bonté.

Pour les romains Narbonne était leur plus ancienne colonie en Gaule et son centre urbain actuel garde encore trace de nombreux siècles d'histoire comme la cathédrale Saint-Just et Saint-Pasteur, le palais des archevêques ainsi que les restes de la voie Domitienne, la première route romaine en Gaule qui permettait de relier l'Italie à l'Espagne.

Son statut de plus ancienne colonie romaine en Gaule lui vaut le surnom de "fille aînée de Rome hors d'Italie".

En 67 av. J.-C. le jeune colonisateur romain Licinus Crassus ajouta le nom du dieu Mars en fondant une ville nouvelle Narbo Marcius du nom du consul Quintus Marcius Rex, alors en exercice à Rome. Puis c'est Tiberius Claudius Néro qui développa la ville, Jules César installa dans les murs la dixième légion. La nouvelle création romaine fut définitivement appelée : colonia Julia Palerna Claudia Narbo Martius.

En 45 av. J.-C., Jules César installa à Narbonne les vétérans de la Xème légion, d'où le surnom de Narbo Decumanorum.

     

A gauche, vestige d'un amphithéâtre romain à Narbonne. A droite, stèle romaine retrouvée à Narbonne, exposée au musée lapidaire.

Lorsqu'en 27 av. J.-C., Octave, devenu Auguste, divisa la Gaule en quatre, la Narbonnaise dut l'une de ces quatre provinces, et cette partie que nous appelons aujourd'hui Languedoc, dans laquelle est située la ville de Narbonne, est celle qui a porté en particulier le nom de Gaule Narbonnaise première et ensuite a été appelée Septimanie et Gothie.

En 22 av. J.-C., Auguste en fit la capitale de la province romaine de la Gaule narbonnaise.

Le port antique de Narbonne était considéré comme le deuxième port de l’empire romain en Méditerranée nord-occidentale après Ostie, le port de Rome. On a estimé que durant les deux premiers siècles de l'ère chrétienne sa superficie avoisinait 100 hectares, ce qui a amené à estimer sa population aux alentours de 35 000 habitants à l'époque.

C'est à cette période qu'Auguste convoqua à Narbonne l'assemblée générale de toute la Gaule; ce fut sans doute à cette occasion qu'elle lui consacra le fameux autel retrouvé, en 1566, dans les fouilles que l'on faisait alors pour la fondation des murs. Ce monument que nous possédons porte une longue inscription qui témoigne de la reconnaissance du peuple narbonnais pour l'Empereur, qui avait bien voulu prendre la cité sous sa protection, et lui accorder le nom de Colonia Julia Paterna.

Vestiges de l'époque romaine exposés au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

Donc, lors de la conquête par les Romains des territoires audois, une colonie romaine, vint s'installer et édifiera Narbo Martius sur le site de Narbonne, au bord de la mer, à proximité de l'oppidum de Montlaurès. La création de Narbonne avait un but militaire mais aussi économique. Pour peupler la nouvelle colonie on fit appel à des colons italiens désargentés ou d'anciens légionnaires à qui l'on attribuait gratuitement des terres.

On a retrouvé des traces de la voie Domitienne qui reliait Béziers à Narbonne puis descendait vers le Sud à Ampuriu en Espagne, seule l'entrée de Narbonne était pavée.

Son tracé stratégique reliant l'Espagne au Rhône, c'est Domitius Ahenobarbus après sa victoire sur les Arvernes en 125 qui renforça et améliora cette voie.

Narbonne, vestige de la via Domitia qui reliait Béziers à Narbonne, puis descendait vers le Sud en Espagne.

Narbonne, autre cliché des vestiges de la via Domitia.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, avec les vestiges de la via Domitia, vus du donjon. Au centre de la place de l’Hôtel de Ville, l’antique voie Domitienne (Via Domitia) est visible dans son état de la fin du IV ème siècle. C'est un vestige de la ville antique vieux de 21 siècles, elle est la première grande route romaine tracée en Gaule à partir de 120 av. J.-C. par le proconsul Cnaeus Domitius Ahenobarbus (consul en -122) deux ans avant la fondation de la Colonia Narbo Martius, première colonie romaine en Gaule. La voie Domitienne reliait l’Italie à l’Espagne romanisée. A Narbonne, elle rencontrait la Via Aquitania, ouverte en direction de l'Atlantique par Toulouse et Bordeaux, attestant dès cette époque du rôle de carrefour tenu par la ville. Le vestige découvert le 7 février 1997 présente une portion de voie dallée de calcaire dur, marquée par de profondes ornières. Elle est bordée de trottoirs et de la base d’une fontaine.

Le tracé de la via Domitia gravé sur la pierre proche des vestiges situés place de l'hôtel de Ville.

A l'origine, Narbonne était le chef-lieu unique d'un territoire allant jusqu'aux limites de celui que commandait Toulouse. Comme il est dit plus haut, en 22 av. J.-C, Narbonne devint la capitale de la vaste province sénatoriale de Narbonnaise.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, vue du passage de l'Ancre.

Narbonne, place de l'hôtel de Ville, ancien grand magasin "Aux Dames de France" que l'on peut voir encore gravé sur la façade, c'est une chaine de grands magasins apparue à la fin du XIX ème siècle fondée en 1898 par les frères Gompel et disparue à la fin du XX ème siècle.

Narbonne fournit un remarquable exemple d'urbanisation à la romaine. La ville fut d'emblée édifiée selon un plan en damier appuyé sur le cardo et le decumanus, avec un forum entouré de portiques et encadré par les deux principaux temples de Jovis Tonantis et du divin Auguste, ces édifices se trouvaient dans le secteur de l'actuel place Bistan. De nombreux monuments furent bâtis, hélas une bonne partie fut détruite dans un incendie accidentel dans les années 145 à 150, mais l'empereur Antonin le Pieux en finança la reconstruction en 160. Au I er siècle ap. J.-C. la ville comprenait un centre monumental entouré d'une ceinture de demeures privées, les nécropoles étant rejetées à la périphérie.

Narbonne, colonnes, vestiges romains devant le musée de l'Horreum.

Narbonne capitale romaine, prit toute sa beauté et toute sa gloire sous le gouverneur Vipsanius Agrippa, et fit de la ville un port magnifique. Il fit construire à Sallèles un solide barrage, afin de détourner le fleuve Aude de son ancien cours, vers Cuxac et Coursan pour amener ses eaux dans le golfe narbonnais. C'est cette digue qui se rompit en 1320, créant un désastre et asséchant le port de Narbonne.

De cette époque Romaine, de nombreux vestiges demeurent, malgré les incendies et pillages successifs, témoignant de la grandeur de Narbonne et de son rayonnement passé.

A partir du IIIème siècle Narbonne était menacé par les invasions barbares. Pour résister aux Alamans la ville s'entoura vers les années 270, d'un rempart édifié en partie avec des réemplois de monuments plus anciens et ce qui réduisit la taille de la ville de Narbonne à 16 hectares.

Cette enceinte était percée de six portes : porte de Navarre, porte de l'Orient, porte Romaine, porte de l'Aude, porte des Salines et porte Aiguières.

  

Autres vestiges de l'époque romaine exposées au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

L'occupation romaine a durée 600 ans, et de nos jours il ne reste même pas une ruine debout en témoignage de la Rome impériale. Une destruction totale a jeté à bas monuments et ouvrages. L'explication de cette destruction de tous les monuments, est qu'ils ont servi au renforcement et aux constructions des défenses de la ville par la suite. Narbonne ne pensa qu'à sa sécurité. De nos jours encore on peut voir près de l'hôpital, des restes de murailles où sont encastrés les blocs romains sculptés. Les fatales vicissitudes de l'existence de Narbonne ont brisé et dispersé tant de constructions, plus heureusement conservées presque partout ailleurs. Il n'en restait plus que des débris mutiles épars dans le voisinage, lorsque l'ingénieur de François 1er, chargé d'ajouter aux murs de la ville trois nouveaux bastions, ceux de Saint-Félix, de Saint-Côme, de Saint-François, y employa ces pierres respectables qu'on recueillerait aujourd'hui avec vénération dans un musée.

Flavius Honorius (empereur romain de 393 à 423) ayant abonné aux barbares la gaule narbonnaise, les wisigoths gardèrent Narbonne comme la capitale du pays qu'ils occupèrent et qu'ils appelèrent Septimanie, Duché ou Marquisat de Gothie.

Solidus représentant Flavius Honorius.

Trémissis d'or à l'effigie de Flavius Honorius frappé par les Wisigoths.

A partir du IVème siècle, vint le tour des Wisigoths qui tentèrent de prendre la ville.

En 462, Narbonne fut intégrée au royaume wisigoth de Toulouse.

C'est lors de luttes entre les prétendants à l'empire que le roi wisigoth Athaulf entra en 413 dans Narbonne. Il fit célébrer l'année suivante dans Narbonne ses noces avec Galla Placidia, demi-sœur de l'empereur Flavius Honorius qu'il avait enlevé lors du sac de Rome.

Pendant près d'un demi-siècle, les wisigoths bataillèrent pour rester sur les terres audoises, ils s'y installèrent de façon permanente dans les années 460, faisant de Narbonne le siège de leur pouvoir. Pour deux siècles et demi, l'Aude restera sous la domination wisigothique. On estime à 50 000 le nombre de Wisigoths qui ont participé à l'invasion de la Gaule.

Lorsque les rois wisigoths régnèrent sur la Septimanie, et que quelques-uns d'eux fixèrent leur résidence à Narbonne, ils y firent battre monnaie.

Grâce à l'aide militaire des Ostrogoths d'Italie, les Wisigoths du jeune roi Amalaric conserveront la Septimanie et Narbonne.

En 507, Narbonne fut rendue au jeune Amalric par Théodoric roi des Ostrogoths. Amalric y célébra son mariage avec Clotilde, fille de Clovis; mariage funeste pour lui. Maltraitée par son époux arien, la princesse catholique appela pour la venger son frère Childebert.

Une bataille s'engagea à Vouillé, les Wisigoths furent vaincus par les Francs de Clovis, conquérant du royaume de Toulouse.

Pendant cette bataille Amalric y sera assassiné en 531, il fut égorgé sur le seuil de l'église catholique, où il cherchait asile. Sous le règne du roi Theudis (531-548), Narbonne cessera alors d'être la capitale des Wisigoths.

  

Autres vestiges de l'époque romaine exposés au musée lapidaire dans l'église Notre-Dame de Lamourguier.

Athalocus ou Athaloc, est un archevêque wisigoth arien de Narbonne dans la seconde moitié du VIe siècle, il forma, avec les autres évêques ariens de Septimanie, une ligue puissante, délia les wisigoths du pays de leur serment de fidélité au roi, et offrit le pays à Gontran, roi des Burgondes. En 589, se tient un concile à Narbonne, et on voit dans les canons de ce concile qu'il y avait dans le pays, outre les wisigoths et les Gallo-Romains, des Juifs, des Grecs et des Syriens. En dépit des mesures de Recarède 1er (roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 586 à 601), il y eut de nouveaux mouvements séditieux, à l'avènement de Wamba en 672 (né avant 633 et mort vers 688, est roi wisigoth d'Hispanie et de Septimanie de 672 à 680), parmi les chefs septimaniens, et le duc Paul, envoyé par lui pour les comprimer, y fut à peine, qu'il se tourna du côté des rebelles et se fit proclamer roi à Narbonne. En 673, Wamba accourut, prit Narbonne d'assaut, poursuivit Paul jusqu'à Nîmes et le fit prisonnier. L'évêque, cette fois, avait été fidèle; mais Wamba chassa les juifs, ce qui prouve qu'ils trempaient dans des complots. Le roi Wamba est considéré comme le dernier grand roi wisigoth.

Lors de fouilles du Clos de la Lombarde, fut mis à jour des vestiges d'une basilique paléochrétienne de la fin du IVème siècle, c'est la plus ancienne connue à Narbonne. C'est sous l'épiscopat de Rusticus que fut édifié au Vème siècle la première cathédrale. Ce même évêque Rusticus fit également construire près de la cathédrale, une église Sainte-Marie. Si l'on compte les cinq basiliques à vocation funéraire bâties hors de l'enceinte, dont du Clos de la Lombarde, c'étaient au total sept églises que possédait Narbonne au Vème siècle.

La ville était également dotée de plusieurs nécropoles, dont celle qui se trouve dans la crypte paléochrétienne de l'église actuelle Saint-Paul-Serge.

L'église Saint-Paul-Serge dans les années 1950.

Les premières incursions musulmanes ont lieu dès l'an 716. Les musulmans voient  en particulier en Narbonne une tête de pont pour étendre leurs invasions vers le Nord.

A l'automne 719, après vingt-huit jours de siège, la ville fut conquise par les troupes arabo-berbères musulmanes des Omeyyades venues de la péninsule Ibérique et dirigées par le troisième gouverneur d'Espagne, Al-Andalus As-Samḥ ibn Mālik Al-Ḫawlāniyy. Les hommes furent passés au fil de l'épée, les femmes et les enfants emmenés en esclavage, la ville pillée et incendiée. Une petite garnison resta sur place pour maintenir l'ordre.

On connait le premier gouverneur musulman mis en place en 720, de la province narbonnaise, il se nommait Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi. Ensuite vers 737, ce fut Athima, puis à partir de 741 ce fut Abd-el-Rahman el Lahmi, puis en 747 ce fut Omar ibn Omar. Le dernier gouverneur s'appelait Abd-e-Rahman ben Ocba qui occupa le poste de gouverneur de 756 à 759.

Il faut savoir que depuis la province Narbonnaise et pendant quarante années durant, les Arabes lancent plusieurs raids vers le nord de la Gaule, remontant la vallée de la Rhône, ils mènent des excursions jusqu'en Aquitaine et Bourgogne lors notamment de la bataille de Bordeaux.

En 725 c'est au tour de Carcassonne de tomber aux mains des Sarrasins.

Les musulmans laissèrent aux anciens habitants de Narbonne, chrétiens et juifs, la "dhimmitude", autorisation de professer leur religion moyennant tribut.

C'est à la faveur de cette occupation musulmane que les Francs venus du Nord vont à leur tour s'implanter sur les terres audoises. Charles Martel, qui convoitait la possession de la Septimanie, après avoir pris Avignon et traversé le Rhône vint avec son armée camper devant Narbonne. Charles Martel après son succès à Poitiers, met le siège en 732 devant Narbonne défendue par le wali (gouverneur) Youssouf, la résistance fut énergique.

Pendant ce siège de Narbonne, faute d'approvisionnements les arabes se hâtèrent de faire connaître cette situation à Ocha, qui gouvernait l'Espagne en qualité d'émir. Celui-ci réunit une armée qu'il dirigea vers Narbonne. Après quelques jours de marche, l'armée arabe entre dans le territoire narbonnais. Charles Martel avec une partie de son armée alla à leur rencontre, il les intercepte près de l'embouchure de la Berre (étang de Bages-Sigean), la bataille de Berre s'engagea. Concernant le déroulement de cette bataille les sources des chroniqueurs se contredisent, ainsi que sur l'endroit exact où elle se déroula, et sur la façon dont elle se conclut. La vérité est qu'après leur défaite les Arabes se dirigèrent vers l'Espagne, Eginhard, qui était l'un des hommes les plus éclairés de son temps, l'affirme.

Charles Martel à la Bataille de Poitiers en octobre 732 représentation par Charles de Steuben musée d'histoire de France de Versailles.

Gisant de Charles Martel dans la basilique Saint Denis.

Charles Martel a les mains libres pour concentrer ses efforts sur le siège, mais la ville est bien défendue et résiste aux Francs. Le manque de matériel de siège, l'arrivée de l'hiver et l'apparition de menaces plus urgentes pour les Francs comme l'hostilité du duc d'Aquitaine et la rébellion menée par Mauronte, duc de Provence, Charles Martel, rappelé dans ses États, abandonna le siège, il doit se retirer. Le siège est finalement levé la même année, 732.

Après le départ de Charles Martel, les Sarrasins conservèrent pendant quelques années la possession incontestée de Narbonne.

En 747, les Sarrasins étaient épuisés par leurs longues guerres civiles, puis une famine commença en 750.

C'est le fils de Charles Martel, Pépin le Bref qui en 752 (d'après Dom Vaissette) reprit le siège de Narbonne et en laissa lui-même la conduite à son fils Charlemagne. Ce ne fut qu'après un blocus de sept années, que la ville succomba par la trahison des Goths, las de la domination des Arabes.

Pépin le Bref obtint par le traité de 759 le droit de tenir une garnison à Narbonne.

En 760, Pépin le Bref envoya des ambassadeurs à Waïfre, duc d'Aquitaine et Vasconie de 744 à sa mort le 2 juin 768. Ils étaient chargés de lui poser un ultimatum sur les trois points suivants :

- 1 Restitution des biens pris à l'Église; rétablissement des immunités ecclésiastiques cessation des actes d'hostilité dirigés contre le clergé ;

- 2 Extradition des Francs qui, coupables de révolte, s'étaient réfugiés dans l'Aquitaine ;

- 3 Paiement d'une indemnité pour les meurtres commis sur la personne d'un certain nombre de Goths.

 

Après la prise Narbonne par Pépin le Bref, tous les Arabes qui habitaient la Septimanie en furent expulsés.

Pendant les quarante années que dura l'occupation arabe, le nombre des chrétiens qui se livraient au travail agricole alla toujours en diminuant. Cependant, le pays n'eut pas trop à souffrir du vide que causa leur disparition, parce qu'ils furent remplacés par les renégats, qui étaient comme eux cultivateurs. Après l'expulsion de ces derniers, les bras manquèrent et le travail agricole devint de plus en plus difficile. C'est alors que la Septimanie fut transformée à l'état de dévastation et de ruine.

Les Sarrasins reviendront à la charge en 793, sous la conduite d'Abd-el- Mélek, et assiégèrent Narbonne, dont ils détruisirent un faubourg. Mais ils seront stoppés dans leur progression par le comte de Toulouse, au confluent de l'Aude et de l'Orbieu.

On connaît un certain nombre de walis, gouverneurs de la province narbonnaise. Le premier est Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi nommé en 720. Ensuite, Athima vers 737, Abd-er-Rahman el Lahmi à partir de 741, Omar ibn Omar vers 747. Le dernier gouverneur est Abd-er-Rahman ben Ocba (756-759) qui continuera à gouverner les territoires encore soumis aux musulmans, des Pyrénées jusqu'à Tortose sur l'Èbre.

 

La reconquête de Narbonne fut le coup d'arrêt de la conquête musulmane en occident chrétien.

 

Charlemagne fit de la Septimanie un duché, avec Narbonne pour capitale. Il l'érigea en vicomté et en partagea la seigneurie en trois lots : une partie de la ville fut donné au vaillant Aymeric ; une autre à l'archevêque Daniel ; la troisième, bâtie tout exprès et appelée la ville neuve, aux juifs.

Daniel, qui était archevêque de Narbonne, partit pour Jérusalem avant l'année 782. Le comte Milon, qui gouvernait le comté de Narbonne, profita de sa longue absence pour s'emparer de certains biens appartenant à l'église de Narbonne.

 

Le 7 octobre 849, Charles le Chauve arriva à Narbonne.

En 859, Narbonne fut pillée par les Vikings qui avait à sa tête le chef Hasting, ils venaient de Nantes et avaient hiverné en Camargue.

En 864, Charles-le-Chauve désigna, neuf villes pour la fabrication de la monnaie. Narbonne fut de ce nombre.

Sous l'autorité carolingienne, jusqu'au Xème siècle, le christianisme se répand sur le territoire audois, Narbonne acquiert alors un rôle considérable. L'évêché de Narbonne devient une métropole.

Un des textes occitans les plus anciens que possède les archives, est la chanson de sainte Foi dû à un moine de Narbonne. C'est un poème de quarante-neuf laisses, rédigé entre 1030 et 1070, à l'époque des premiers chrétiens.

Estampe de Narbonne par Mérian Matthaus 1593 - 1650.

Du Xème au XIIème siècle, les comtes de Toulouse ont étendu leur domination sur Narbonne.

Avec la signature du traité de paix signé en 1128, c'est l'extinction des ducs et vicomtes de Narbonne.

Des murailles de Narbonne furent abattues lors de la croisade des Albigeois.

Il faut savoir que lors de la Croisade des Albigeois, Narbonne était le siège des forces catholiques.

Plan de la ville de Narbonne fortifiée datant de 1700.

En 1244, sans attendre les ordres de leurs supérieurs, l'archevêque de Narbonne et l'évêque d'Albi prêchèrent une croisade contre les réfugiés de Montségur, ils soulevèrent toute une armée de paysans, instruments aveugles de leurs vengeances, et vinrent, au mois de mars 1244, mettre le siège devant Montségur.

L'époque de la Croisade des Albigeois a permis une redistribution des terres appartenant aux seigneurs faydits que l'on a dépossédé de leurs biens. Ces possessions tombèrent soit dans le domaine royal ou dans celui des évêchés et abbayes. Le clergé s'étant enrichi, lança une campagne de construction d'églises dans l'Aude, et c'est dès la fin du XIIIème siècle que commença la construction de la cathédrale Saint-Just de Narbonne.

Les fortifications de la ville de Narbonne.

La cathédrale Saint Just.

La cathédrale Saint Just.

La cathédrale Saint Just.

Les descendants de Charlemagne donnèrent aux archevêques la moitié de la seigneurie de la ville et établirent sur le reste, des ducs et des comtes et sous eux des vicomtes qui devinrent héréditaires et patrimoniaux. Des ducs d'Aquitaine et les comtes de Toulouse prenaient quelque fois le titre de ducs de Narbonne, et les vicomtes les reconnaissaient pour leurs seigneurs.

Lorsque les comtes de Toulouse furent dépossédés par Simon de Montfort, et que le fils de celui-ci eut remis tout le pays au roi de France Saint-Louis et se fut arrangé avec le roi d'Aragon, il n'y eut plus dans Narbonne  que deux seigneurs, l'archevêque et le vicomte.

 

En 1248, avant d'embarquer pour les Croisades à Aigues-Mortes, le roi Saint Louis fit privilège d'être hébergé à Narbonne.

 

En 1309, il y eut un accord entre Philippe-le-Bel et le vicomte de Narbonne, Amalric, par lequel ce dernier se réservait pour lui et ses successeurs le nom et la dignité de seigneur Vicomte de Narbonne, soit dans la publication, soit dans l'empreinte des monnaies. Le marc était connu à Narbonne depuis 1272 ; il y avait été sans doute apporté d'Espagne, d'où les vicomtes de la deuxième race étaient originaires. Auparavant on ne parlait que de livres d'or ou d'argent divisées en monnaies de divers poids et valeurs. On continua de battre monnaie à Narbonne jusqu'au XVIIème siècle. A cette époque, la fabrication en fut transportée à Perpignan.

  

Les deux faces d'un quart d'écu Narbonne 1645, sous Louis XIV.

En 1316, Jean XXII diminua considérablement l'étendue de leur diocèse et de leur juridiction métropolitaine en érigeant Toulouse en archevêché, en lui donnant des suffragants dont quelques-uns l'étaient de Narbonne, et en créant plusieurs autres évêchés, parmi lesquels ceux de Saint-Pons et d'Alet furent faits aux dépens du diocèse de Narbonne même.

Au XIVème siècle il n'y a que des cruelles, des persécutions et des exécutions plus barbares encore. L'événement capital du siècle suivant est la lutte entre les vicomtes do Narbonne et la maison de Navarre se disputant la possession du comté de Foix. En 1486 les troupes narbonnaises mirent Pamiers à feu et à sang, ravageant, pillant, violant et massacrant avec une cruauté inouïe, sans distinction d'âge ni de rang.

A la suite de tant de guerres et de ravages continuels, vint se joindre celui de la peste. Elle en fut si cruellement frappée, dans les années 1347 et 1348, que, d'après les annales de ses anciens consuls, elle perdit environ trente mille de ses habitants.

 

En 1355, en pleine guerre de Cent Ans, le Prince Noir (Édouard, prince de Galles, fils du roi d'Angleterre Édouard III) lors de son invasion à partir de Bordeaux et descendant vers le Sud Est en pillant et incendiant tout sur son passage, il arrive devant Narbonne, seuls ce qui se trouvent hors de l'enceinte fortifiée sont pillés et incendiés. Le 11 novembre 1355 il rebrousse chemin vers Carcassonne.

 

Voici toute une série de photos de la cathédrale Saint Just, d'autres clichés vous seront présentés dans la seconde partie avec l'histoire de ce monument le plus emblématique du Sud de la France. Elle possède un vaste choeur gothique rayonnant construit de 1272 à 1332. Elle a le plus haut choeur gothique du Sud de la France.

Narbonne, la cathédrale Saint Just. Il existe en France trois grandes églises bâties pendant le XIV ème siècle, ce sont les cathédrales de Limoges, Clermont-Ferrand et Narbonne. Ces trois édifices sont l'œuvre d'un seul homme, ou au moins d'une école particulière.

Narbonne, la cathédrale Saint Just avec ses arcs-boutants qui sont combinés avec un grand art et une connaissance approfondie des poussées des voûtes.

Narbonne, la cathédrale Saint Just.

 

A gauche, la cathédrale Saint Just vue depuis la place Salengro. A droite, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la place Salengro.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la rue A. Gauthier.

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue depuis la rue A. Gauthier. Les arcs-boutants sont construits en pierre de Sainte-Lucie, qui est un calcaire très résistant.

 

A gauche, la cathédrale Saint Just vue depuis le cloître. A droite, photo prise depuis le musée archéologique.

Narbonne, la cathédrale Saint Just, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

Narbonne, la cathédrale Saint Just, photo prise des jardins des archevêques qui jouxtent la cathédrale et le cloître.

 

Narbonne, la cathédrale Saint Just vue du cloître.

En 1366, lors de l'invasion des anglais en Languedoc qui avaient l'intention de ravager le pays de Foix et les environs de Toulouse, furent repoussé jusqu'à Montauban, mais dans les combats plusieurs sénéchaux et vicomtes perdirent la vie dont celui de Narbonne d'autres furent fait prisonniers.

En 1389, le roi Charles VI a donné un édit à Narbonne indiquant qu'à l'avenir, les Capitouls de Toulouse (Les capitouls étaient, depuis le Moyen Âge, les habitants élus par les différents quartiers de Toulouse pour constituer le conseil municipal de la ville), et les Consuls de toutes les autres villes du Languedoc seraient fixés au nombre de quatre, ce nombre passa à huit deux années plus tard, en 1401 le nombre était de douze pour être réduit à huit en 1438 jusqu'en 1759.

Richard II roi d'Angleterre fit une trêve avec la France en 1394 qui dura vingt-huit ans, cette trêve fut scellée par le mariage de ce roi en 1395 avec Isabelle fille de Charles VI, de ce fait celui-ci fut suivi de la paix dans le Languedoc.

En 1399, les guerres reprirent de plus belles avec les anglais, puis une autre s'alluma au sein même de la France le 23 novembre 1407, par le meurtre du duc d'Orléans, dont le duc de Bourgogne était l'auteur.

 

Narbonne s'appauvrit en 1415, puisqu'on trouve dans les annales, que Charles VI, informé que, dans Narbonne, il n'y avait que 70 feux, à cause de la mortalité et de la misère du temps, ordonna, par lettres-patentes, que cette ville ne paierait que vingt sous tournois par feu , pour aider à subvenir aux frais de la guerre contre le roi d'Angleterre, Henri V. En 154o, le roi de France, Henri II, voyant qu'elle se dépeuplait tous les jours, accorda une exemption de tailles ordinaires, droit d'équivalent, etc.

Narbonne fut encore très renommé jusque vers le milieu du XIVème siècle.

Des années 1560 à 1596, les guerres de religion ravagent l'Aude. Les narbonnais chassent les quelques religieux protestants en 1561-1562 présents en ville et restent résolument catholiques.

À la Renaissance, les protestants furent chassés de la ville de Narbonne en 1562. Charles IX fut reçu en grande pompe dans la ville lors de son tour de France royal entre 1564 et 1566, il était accompagné de sa Cour et des Grands du royaume, parmi eux, son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine.

 

Henri IV n'était pas encore réconcilié avec le pape en 1595, chacun songea à faire la paix, Narbonne et Carcassonne furent les premières villes du Languedoc à ce détaché de l'union de la Ligue du duc de Joyeuse.

 

Il faut savoir que lors de l'assemblée des États de la Province du Languedoc au XVIème siècle se rassemblait à normalement à Toulouse, mais lorsque l'assemblée se réunissait dans un autre diocèse, on a souvent confié à l'archevêque de Narbonne le droit de présider. Cette assemblée était composée de trois archevêques, vingt évêques qui sont les députés de leur diocèse, voilà pour le clergé. En ce qui concerne la noblesse, il y avait un Comte, un Vicomte et vingt et un Barons. Puis il y avait trente-sept députés des villes pour le tiers état ; vingt-huit députés des diocèses ; trois syndics généraux de la Province ; deux secrétaires et greffiers des états ; un trésorier de la bourse et un huissier.

Mais depuis le règne de Charles VII, en conformité des délibérations des États, la présidence à toujours appartenu à l'archevêque de Narbonne ou à son défaut, successivement à l'archevêque de Toulouse et à l'archevêque d'Albi.

Un extrait de la carte générale du Languedoc datant de 1648.

Le 13 juin 1642, le marquis de Cinq-Mars, alors complotant contre Louis XIII et le cardinal de Richelieu, est arrêté à Narbonne, avec son ami François-Auguste de Thou, conseiller au Parlement, et tout aussi ennemi du cardinal.

La conspiration de Cinq-Mars, du nom de son instigateur, est une conspiration qui eut lieu en 1642 en France en pleine guerre de Trente Ans, et fut dirigée directement contre le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, et indirectement contre ce dernier, qui soutenait son ministre.

Dirigée par Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, qui n'est autre que le marquis de Cinq-Mars, elle fut démasquée. Ils sont condamnés à mort pour crime de lèse-majesté, et décapités le 12 septembre 1642 sur la place des Terreaux située dans le 1er arrondissement de Lyon, sur la presqu'île entre le Rhône et la Saône, au pied de la colline de la Croix-Rousse. La mère d’Henri de Cinq-Mars, la maréchale d’Effiat, est exilée en Touraine. Son frère est privé de ses bénéfices d’abbé, et le château de famille rasé à hauteur d’infamie. Ce sera la dernière conspiration active contre Richelieu, qui décède à la fin de l'année 1642.

 

Comme je l'indiquais ci-avant, une inscription fut trouvée dans les fondements des vieilles murailles de Narbonne, en l'année 1566. Le marbre sur lequel elle est gravée en beaux caractères romains a deux faces, et servait probablement à un angle de l'autel. L'inscription est en deux parties, dont l'une contient le vœu des Narbonnais, et l'autre la dédicace de l'autel consacré à Auguste.

 

Après la Révolution, privée du siège épiscopal, le dernier archevêque fut monseigneur Arthur Richard Dillon en 1801, la commune ne devint plus par la suite, qu'une sous-préfecture rurale.

 

A la fin du XVIème siècle, à Narbonne, 90% des ouvriers agricoles ne savent pas signer leur nom et se content d'une marque.

XVIII ème siècle, un extrait de la carte de Cassini datant de 1747.

Zoom sur Narbonne, extrait issu de la carte de Cassini datant de 1747 ci-dessus.

Concernant l'éducation, il y avait le collège de Narbonne datant du commencement du XVIème siècle ; il était, comme ceux des autres villes de ce département, dirigé par les pères de la doctrine chrétienne, sous la surveillance de l'archevêque de Narbonne et des magistrats de cette ville, qu'on nommait consuls. Les doctrinaires y entretenaient trois professeurs de grammaire, un professeur de belles-lettres, un professeur de rhétorique, un professeur de logique, métaphysique et morale, un professeur de physique, deux professeurs de théologie, un directeur des études, et un supérieur chargé de veiller au maintien du bon ordre. Le nombre des élèves était annuellement de 120 à 140.

Hospices de Narbonne, il y eut d'abord de hôpitaux champêtres ; l'un, particulier aux lépreux ; un autre pour les maladies non contagieuses ; un troisième pour les pauvres mendiants, donné, en 1156, à deux frères qui le servaient, par Ermengarde, vicomtesse de Narbonne; et un quatrième, dit de Saint-Jean-de-Jérusalem. On ne connaît de ces établissements ni leur fondation, ni leurs revenus, ni leur régime. Ils étaient tous situés hors de la ville.

Postérieurement, il y eut dans l'enceinte de ses murs quatre autres hôpitaux, dits de la Croix, de Saint-Paul, de Saint-Jacques, et de l'Aumône.

En 1789, il existait à Narbonne,

- L'Hôtel-Dieu, appelé l'hôpital Saint-Paul, hospice à la fois civil et militaire ;

- L'Hôpital général ou de la Charité, où sont traités les pauvres valides des deux sexes ;

- L'hospice de la Miséricorde, administré par des sœurs de Saint-Vincent-de-Paule, avec des dames laïques de la ville.

Il existait, en outre, un hospice de la mendicité, que des citoyens de Narbonne fondèrent, en 1786, afin de faire cesser ce fléau toujours réprimé, et toujours: renaissant.

Narbonne, le canal de la Robine.

Narbonne, le canal de la Robine, le pont des Marchands. Reliant le Bourg à la Cité, le Pont des Marchands franchit le canal de la Robine, classé par l’UNESCO au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Ce pont bâti, rare en Europe, était constitué de 7 arches et accueillait le passage de la Via Domitia.

 

A gauche, Narbonne, le pont des Marchands, reflets sur l'eau. A droite, l'ancien moulin à eau sur le canal de la Robine.

Narbonne, canal de la Robine, écluse près du pont Voltaire au fond.

La construction du canal du Midi entre 1666 et 1681, joua un rôle important dans l'économie locale. Narbonne ne bénéficiant pas du passage du canal fut desservie par le canal de la Robine. Selon quelques écrivains, la confection du canal des Deux-Mers fut une des causes qui achevèrent la destruction du commerce de Narbonne, parce que ce superbe projet transporta tout le négoce de l'Océan Atlantique vers les ports d'Agde et de Sète (Voir le superbe reportage sur le canal du Midi en quatre parties dont la première débute ICI).

Carte du canal de la Robine de Narbonne depuis le canal Royal jusqu' à la Méditerranée, datant de 1789.

Narbonne, canal de la Robine de nuit.

Canal de la Robine le bief de Narbonne, passerelle du Moulin du Gua.

 

Deux photos de la passerelle du Gua enjambant le canal de la Robine à Narbonne, (cliquez sur les photos pour agrandir).

Canal de la Robine le bief de Narbonne.

L'écluse de Narbonne sur le canal de la Robine.

L'écluse de Narbonne sur le canal de la Robine, et l'ancien moulin à eau, le bâtiment  à gauche, qui abrite aujourd'hui l'office du Tourisme.

Narbonne, le pont des Marchands, vu du côté Est du canal de la Robine.

 

A gauche, Narbonne, le pont des Marchands, vu du côté Ouest du canal de la Robine. A droite, le cour Mirabeau le long du canal, (cliquez sur les photos pour agrandir).

Le  canal de la Robine de nuit.

Le  canal de la Robine de nuit, à proximité du pont des Marchands.

Le  canal de la Robine de nuit.

Narbonne, la passerelle des Barques, le pont des Marchands juste derrière, on aperçoit à droite, le Donjon, le palais des archevêques et la cathédrale saint Just.

Narbonne, le canal de la Robine et l'Office du Tourisme au fond à droite dans l'ancien moulin à eau.

Narbonne, le canal de la Robine et le dessous du pont des Marchands.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont de la Liberté au fond.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont des Marchands.

Narbonne, le canal de la Robine et la passerelle Victor Hugo.

Narbonne, le canal de la Robine et le quai Victor Hugo.

Narbonne, le canal de la Robine et le pont de l'Avenir.

Narbonne, l'écluse des trois ponts sur le canal de la Robine.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République le long du canal de la Robine.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République le long du canal de la Robine, vus du donjon.

Narbonne vue du donjon vers le Nord-Est.

La ville de Narbonne vue du donjon vers le Sud-Ouest.

Narbonne, les halles, avec sa façade côté cours Mirabeau.

Narbonne, les halles, avec sa façade côté cours Mirabeau.

En 1800, le concordat transféra l'évêché de Narbonne à Carcassonne, Narbonne avait perdu toutes ses prérogatives ; la création sous l'Empire de l'administration préfectorale permit une réorganisation du département.

 

En 1814, la ville de Narbonne était devenue le quartier-général du maréchal duc d'Albuféra et de son armée. Après la bataille de Toulouse, livrée le 10 avril 1814, qui opposa les troupes de l'armée impériale commandée par le maréchal Soult aux troupes de la coalition anglo-hispano-portugaise.

 

A signaler aussi, la crise viticole qui éclata en 1907, l'agitation commença à Argeliers, des meetings rassemblent en mai 1907 une foule de plus de 60000 personnes à Narbonne. J'ai d'ailleurs écris un reportage sur le sujet avec de nombreuses photos de l'époque de ces troubles, si cela vous intéresse, voir l'article détaillé ICI.

 

Léon Blum détiendra un siège de député dans l'arrondissement de Narbonne, en 1928, 1932 et 1936.

 

A la fin de ces quatre parties de reportages consacrées à la ville de Narbonne, je vous propose quelques photos anciennes intéressantes que de nombreux internautes apprécient :

Cette photo date de 1900, entrée Nord de la ville de Narbonne, la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine avec les trois ponts, le pont de l'Escoute au premier plan, puis le pont de la Concorde, traversé par le boulevard du Maréchal Joffre, au fond c'est le pont Voltaire.

Narbonne, pont de la Concorde, la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine et le lavoir municipal en 1955.

Narbonne, la promenade de Barques en 1905.

Narbonne, promenade de la Gare, le kiosque à musique avec la Lyre Narbonnaise en 1902.

Narbonne, promenade de la Gare, le kiosque à musique avec la Lyre Narbonnaise en 1902.

Narbonne, boulevard Montmorency, passage des voitures participant à la première coupe des Pyrénées en 1905. C'était une rallye touristique organisé en 1905 par le journal La Dépêche du Midi, le parcours partait et arrivait de Toulouse sur une durée d'une semaine. Ce rallye passait par les villes de Carcassonne, Narbonne, Perpignan, Luchon, Cauterets, Pau, Bayonne entre autres.

Narbonne, le quai Valière en 1905.

Narbonne, le pont des Marchands en 1905.

  

A gauche, la cathédrale saint Just en 1905. A droite, la maison des trois Nourrices en 1905.

Narbonne, le monument Gambetta en 1905. Cette statue a une histoire :
Elle a été offerte par un entrepreneur, Antoine Rossignol en 1903, elle a été érigée près de chez lui quai Victor-Hugo. En 1942, la statue en bronze est fondue sous le régime de Vichy. Le socle a été retiré en 1970.

Narbonne, la place de l'hôtel de Ville avec le palais des archevêques en 1910.

Narbonne, les quais du canal de la Robine en 1910, la passerelle du Gua au fond.

Photo identique à la précédente mais colorisée.

Narbonne, la rue de la République en 1905.

Narbonne, entrée de la ville, pont de la Concorde et la rue Jean Jaurès longeant le canal de la Robine en 1910.

Narbonne, les Halles se trouvant boulevard du docteur Ferroul, en 1905.

Narbonne, promenade des Barques cours de la République en 1910.

Narbonne, le canal de la Robine le long de la promenade des Barques et le pont de la Liberté en 1910.

Narbonne, canal de la Robine, le bâtiment à gauche abrite le moulin à eau avec à ses pieds le bateau lavoir, et à droite l'écluse, en 1905.

Narbonne, la promenade des Barques et le cours de la République en 1950.

 

Ami(e)s internautes, n'hésitez pas à laisser un commentaire.

 

ATTENTION ! Ce reportage est réalisé en 5 parties donc :

Ainsi se termine cette première partie de reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires en bas de l'article ... et revenez me voir pour la suite !

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Eh bien, voilà encore un beau reportage, qui mérite tous mes remerciements aux internautes photographes qui ont bien voulu partager et grâce à leurs clichés, permettent de documenter et de mettre en valeur ce reportage, que je réalise bénévolement pour la promotion d'une belle région : L'AUDE ! L'aventure continue ...qu'on se le dise !! 
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Réalisé par Jean-Pierre - dans HISTOIRE
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18 août 2014
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Ces petits villages de l'Aude recèlent des trésors historiques intéressants, en voici encore un exemple. Aujourd'hui je vous propose une balade dans le lauragais non loin de Castelnaudary et plus exactement dans le petit village cathare de Baraigne près du grand lac de la Ganguise où se trouve une base nautique. Sur le territoire de Baraigne il y a un château ayant appartenu à une famille illustre les Buisson, que nous allons découvrir. Si vous avez des infos où des photos complémentaires concernant le village, n'hésitez pas à m'écrire et laissez vos commentaires en bas de l'article, c'est fait pour cela. Je vous souhaite une excellente découverte ...

 

logo label Pays Cathare 02

 

carte 01

Baraigne se situe à 50 km de Toulouse, Castelnaudary à 14 km, Carcassonne à 55 km, Narbonne à 112 km, Béziers à 142 km, Montpellier à 200 km, Perpignan 166 km et Paris 727 km.

carte 02

Le village cathare de Baraigne avec l'immense lac de la Ganguise de 500 hectares d'un accès facile par l'autoroute A61.

carte 03

Zoom sur la carte IGN permet de mieux vous situer Baraigne par rapport au lac et la base nautique du lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 042 lac de la Ganguise

Une vue aérienne du lac de la Ganguise , ici le barrage qui est en réalité une digue de terre et à droite on aperçoit la base nautique.

Je vous donne toutes les explications concernant le lac à la fin du reportage.

Village de Baraigne 038 lac de la Ganguise

Le lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 041 lac de la Ganguise

Une vue aérienne du lac de la Ganguise.

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Une vue aérienne du lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 052

Une vue générale du village cathare de Baraigne

Village de Baraigne 06Une vue aérienne du village cathare de Baraigne, l'église Sainte-Marie au centre, avec son cimetière à gauche très proche du village.

 

Blason ville de Baraigne

Le blason du village de Baraigne

Situé à la limite des départements de l’Aude et de la Haute-Garonne, c'est un beau village typique du Lauragais, niché dans la vallée où le Fresquel prend sa source. A l'origine, les premières habitations du bourg étaient groupées sous une forme circulade autour de son église, c'est pour cela que l'on nomme ce type de village "ecclésial". Bien plus tard, Baraigne s'est développé au nord et à l'ouest de ce point central qu'est l'église. De nos jours, il n'y aucun vestige qui puisse révèler si le village était doté d'un rempart défensif avec des portes. Seule subsiste au nord, la sortie d'un souterrain qui permettait, au moyen-âge, de s'enfuir du village.

Les habitants de Baraigne se nomment les Baraignois. En 2011, il y avait 161 habitants à Baraigne.

Les premières traces du bourg remontent au IX ème siècle, après l'occupation romaine dans la région, le long de la voie Aquitaine qui reliait Narbonne à Toulouse.

Le hameau primitif s'est donc développé à partir du domaine de l'époque romaine de Varanius.

La localité de Baraigne apparaît sous le vocable de Varanano dans deux manuscrits datant de 1155 lors de la construction de l'église et en 1207 lorsque Vidal de Caumont vendit à l'abbé Auger ses droits sur l'église Sainte-Marie de Baraigne.

La lettre B ne s'est substitué au V à l'initial qu'au XVIII ème siècle. Le village s'appelait en Varagne en 1774, puis on le trouve dans un document de 1781 nommé Baragne.

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Le village de Baraigne, avec son château émergeant des arbres à droite.

Village de Baraigne 035

Le village cathare de Baraigne, son église Sainte-Marie avec son clocher mur.

carte 04

Détails de la carte IGN, le village de Baraigne avec à proximité le lac de la Ganguise, et le château à l'Ouest du village.

Le moulin que vous verrez en photo plus loin, se trouve un peu à l'écart au Nord/Ouest comme on peut le voir sur la carte.

Entre 1210 et 1225, la religion cathare s’installe dans le Lauragais. L'hospitalité hérétique était offerte par Garsende et sa fille Gaillarde, mère des seigneurs du Mas-Saintes-Puelles et "parfaite" du catharisme. Garsende fit l’éducation religieuse de son petit-fils Bertrand de Quiders et de sa nièce Géraude, qui épousa Estieu de Roqueville seigneur de Baraigne, car Garsende et sa fille se rendaient fréquemment à Baraigne vers 1215.

Vers 1225, Estieu de Roqueville conduisit les deux femmes à Caillabel, près de Baraigne. Elles y restèrent quinze jours, puis de là partirent pour Montségur où elles périrent sur le bûcher. A la même date, Bernard de Mayreville chevalier diacre s'installa au Mas-Saintes-Puelles. Il y déploya une inlassable activité prédicante sur les villages de Laurac, Fanjeaux et Gaja la Selve vers le sud et de Baraigne à Saint-Michel-de-Lanès vers l'ouest.

C'est le 28 mai 1242 que c'est produit le massacre d’Avignonet Lauragais, des troupes venues de la région de Montségur massacrèrent pendant leur sommeil des Inquisiteurs et leur suite à coups de haches. Avant de perpétrer ce massacre, c’est à Baraigne complètement acquis aux hérétiques cathares, que ces troupes ce regroupèrent à l'abri du vallon. Le forfait accompli, les représailles furent terribles, le village n'y échappa pas. Les troupes de l'Inquisition le visitèrent, tous les cadavres présumés cathares furent exhumés du cimetière et brûlés sur un bûcher dressé sur le terre-plein derrière l'église devant le cimetière. Tous les "suspects" portèrent la croix d'infamie.

Village de Baraigne 023

Derrière les arbres, émerge le château de Baraigne magnifiquement restauré pendant de nombreuses années.

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Zoom sur le château de Baraigne façade Est et sa tour intérieure

Village de Baraigne 028

Le château de Baraigne l'angle Sud-Ouest.

En 1271, le chevalier Gautier de Varagne était présent lors du serment au roi par les consuls de Carcassonne.

En 1272 et 1282, Gaufrid de Varagne, frère du précédent, fut élu membre de l'assemblée de la noblesse de la sénéchaussée et en 1287 il fut élu gouverneur de Carcassonne.

On trouve, un Bernard de Varagne qui était l'envoyé du sénéchal de Toulouse en1433.

En 1473, 1480 et 1481 furent des années terribles pour la région à cause de la peste bubonique qui fit de nombreuses victimes surtout à Baraigne et les villages proches.

En 1485, c'est à partir cette période qu'apparaît le nom Buisson, en effet, Jean de Buisson fils de Bernard de Varagne cité ci-avant, devint seigneur de Baragne (le nom évolue, il s'écrivait indifféremment Baragne ou Varagne) et capitoul de Toulouse.

A cette époque on dénombre deux moulins à pastel dans cette région devenue prospère, et la première construction du château de Baraigne voit aussi le jour sur des terres appartenant aux seigneurs des lieux : la famille Buisson.

Chacun des villages de ces régions de Lauraguais est dominé par un château de style Renaissance qui donne l'impression non de vieilles forteresses, mais de riches et opulentes habitations seigneuriales.

Le château de Baraigne, est le berceau de cette vieille famille féodale Varagne-Buisson. Ce château, du début du XVI ème siècle, devait avoir des soubassements plus anciens. Il passa au XVII ème siècle entre les mains de la famille de Roquette.

Village de Baraigne 025

Le très beau château de Baraigne le côté Sud

Les protestants qui s'étaient établis à Mas-Saintes-Puelles en 1561 commirent des pillages et des destructions aux villages alentours. En 1572, ils brûlèrent toutes les églises du pays, celle de Baraigne eut une partie de la nef et son clocher détruit.

A la Révolution en 1789, le château et l'église furent pillés et les précieuses archives détruites.

En 1812, le village de Baraigne qui était à vocation agricole, comptait 241 habitants, c'est à cette période qu'un nouveau moulin à vent fut construit sur la colline Nord, il tourna sans interruption jusqu'en 1955.

 

blason de la famille Roquette                                  blason de Bernard Roquette-Buisson

A gauche, le blason de la famille Roquette. Et à droite, le blason de Bernard Roquette-Buisson (1773).

LES SEIGNEURS DE BARAIGNE

Les du Buisson de La Bastide-Beauvoir ou de Varagnes et les du Buisson d'Aussonne appartiennent à la même maison. Les deux branches se sont séparées de la branche aînée, Buisson Beauteville, la première au début, la seconde au milieu du XVI ème siècle. La croix de Toulouse, chargée de trois tourteaux d'azur que portaient les de Buisson de Beauvoir provenait d'une concession faite par François Ier en 1518 pour cause de proche parenté avec les comtes de Toulouse. Cette branche subsiste encore par substitution. Son dernier représentant imposa, en effet, en 1623, lors du mariage de sa fille unique Jeanne de Buisson avec François de Roquette l'obligation de substituer aux nom et armes de Roquette les noms et armes de la maison de Buisson pour le premier enfant mâle qui naîtrait de cette union(voir plus loin).

C'est cette branche des Buissons, barons de Beauvoir qui nous intéresse ici à Baraigne. La famille Roquette-Buisson posséda la seigneurie de Baraigne du XIV ème siècle jusqu'en 1789.

 

Rien ne permet de certifier à qui appartenait les terres de Baraigne avant le XIV ème siècle.

● Tout commence avec Pierre de Buisson, seigneur de Vaureilles, co-seigneur d'Auben qui épouse, le 2 nones de février 1399, Claire Mancip, fille de Bernard, seigneur de Beauteville, Cailhavel, de Vassalède, de Lauzière, etc.

Ils eurent un fils, Jean qui vécut entre les années 1456 et 1470, il n'est pas signalé comme seigneur de Baraigne. Mais il faut arriver au descendant de ce dernier, pour trouver nettement indiqué la possession de Baraigne par la famille de Buisson.

 

         - Jean de Buisson, est désigné comme seigneur de Beauteville, Miramont, Beaumont, Baraigne, Ausonne, le Plégat, Ichaussas, Baziège et Montmaur. Il est capitoul de Toulouse en 1483 et 1484 et de 1492 à 1496. Il épousera en 1480, Catherine de Restes, il testa, le 28 septembre 1515 et fut enterré dans l'église des Cordeliers de Toulouse. La pierre tombale qui recouvrait son monument est au musée de Toulouse. Il eut deux fils et une fille. Son fils Hugues, est l'auteur de la branche Baragne-Beauvoir qui a été substituée dans la famille Roquette-Buisson

 

● Hugues de Buisson, écuyer, seigneur de Montmaur, Baragne, Cailhavel, Boussenac, Peyre de Naurouze et Airoux. Il épousera le 9 février 1508, Anne de Lauret, fille du premier président Bernard de Lauret et d'Isabeau de Saint-Félix. Il dénombra ses fiefs en 1517, il fut capitoul en 1523, acheta une terre à Cailhavel à la reine Marguerite de Valois, le 2 mars 1524. Il testa le 29 juillet 1528, laissant l'héritage à son fils Jean ci-après.

 Il eut trois enfants :

         - Jean de Buisson, qui suit ;

         - Jacques de Buisson ;

         - et Étienne de Buisson.

 

● Jean de Buisson, est désigné comme seigneur de Baragne, Cailhavel et Boussenac, capitaine des armées du roi, rendit hommage pour la justice haute, moyenne et basse de ses trois seigneuries, à Catherine de Médicis, en 1550 et 1551. Il épousa le 13 septembre 1551 Peyronne de Plaigne, fille de noble Michel, seigneur de Ferriol et de noble Françoise de Narbonne. Il passa acte de partage avec ses frères Jacques et Étienne, le 2 avril 1547 et testa le 29 juillet 1568, laissant l'héritage à son fils Barthélemy ci-après.

 

● Barthélemy de Buisson, seigneur de Varaigne dont il reçu les reconnaissances le 14 avril 1613, de Cailhavel et de Boussenac, il épouse le 1er juin 1613, Jeanne de Noé, fille de Roger de Noé, chevalier de l'Ordre du roi et de Françoise d'Odet, baronne de Benque. Il testa le 17 juillet 1622, laissant la seigneurie de Baraigne à son fils Pierre, il eut aussi une fille Jeanne qui épousera François de Roquette (voir plus loin).

 

● Pierre de Buisson, seigneur de Cailhavel, de Varaigne, épousera en 1617, Jeanne d'Antiquamérata. Il testa le 15 septembre 1617 et à sa mort laissa deux enfants qui moururent en bas âge. Suite à son décès, Jeanne de Buisson, sa sœur, mariée à François de Roquette, seigneur de Magrens, recueillit l'héritage, voir ci-après.

 

● François de Roquette, né le 18 janvier 1601, seigneur de Magrins ou Magrens, reçu chevalier de Malte en 1618, servit aux armées. Il prit part au siège de Saint-Jean d'Angély, y fut blessé, et se retira du service. Il épousa le 22 octobre 1623, Jeanne de Buisson (sœur de Pierre ci-dessus), dame de Varaigne, de Cailhavel et de Boussenac, fille de messire Barthélemy de Buisson et de dame Jeanne de Noé, à la charge de faire relever le nom et porter les armes de Buisson par le premier mâle qui naîtrait de ce mariage. Il dénombra devant les trésoriers généraux de France à Toulouse le 22 mars 1625. Il testa le 4 novembre 1636. Sa veuve, Jeanne de Buisson, fit le dénombrement de ses fiefs nobles devant maître de Caulet, juge-mage de Toulouse, le 17 juin 1639. Jeanne de Buisson décédera le 12 mars 1662. Il eut de ce mariage 5 enfants :

         - Antoine, qui suit, héritera des terres de Baraigne;

         - Jean, mort jeune ;

         - Louis, mousquetaire du roi, puis capitaine dans le régiment du Piémont ;

         - Louise ;

         - Jeanne, religieuse.

 

● Antoine de Roquette-Buisson,  né le 4 décembre 1632 et décédé en 1694, seigneur de Magrins, Varaigne, de Cailhavel et de Boussenac. Ayant produit ses preuves écrites depuis 1466, il fut maintenu dans sa noblesse par jugement souverain par M. Bazin de Besons, intendant de Languedoc, le 28 janvier 1669. Il fut obligé par le testament de Bathélemy de Buisson, son grand-père maternel, de faire à l'avenir l'addition de ses nom et armes. Il rendit hommage au roi pour les terres seigneuriales de Varagne, de Magrins, de cailhavel et autres lieux, le 6 avril 1666, et dénombra ses biens, le 21 décembre 1667 devant les trésoriers de France à Toulouse. Il testa le 26 juin 1694. Il épousera le 29 janvier 1663 Marie de Lézat de Brugnac décédée en 1701, dont il eut 9 enfants, il laissera ses biens à Bernard et la succession à Louis :

         - Louis, héritera des terres de Baraigne, qui suit ;

         - Guillaume, seigneur de la Bruguière ;

         - Bernard, reçu chevalier de Malte le 10 juin 1686, commandeur de Douzens en 1732, commissaire de la fondation de Nibia en 1733, commissaire des néophytes et des novices en 1735, commandeur de la cavalerie en 1740, grand croix de grâce et bailli de Manosque en 1748, commandeur d'Argentins en 1749.  Il mourut à Auterive le 27 octobre 1759 ;

         - Pierre, seigneur d'Arse ;

         - Gillette ;

         - Marianne ;

         - Thérèse ;

         - Louise ;

         - Isabeau.

 

● Louis Joseph de Roquette-Buisson, né le 25 octobre 1668, seigneur de Varagne, de Cailhavel, de Boussenac, de Magrins et d'autres lieux. Lieutenant au régiment de Normandie, puis blessé à Phalsbourg en 1668, sera ensuite capitaine au régiment de Royal-Vaisseaux, suivit le roi dans ses guerres d'Allemagne. Étant en résidence à la Roche (Luxembourg), il épousera le 28 octobre 1689, Pétronille d'Odeignie, fille du seigneur de Waillimont et de Gérardisle. Blessé dangereusement au siège de Chivas en 1705, il rentra en France et passa les actes postnuptiaux de son contrat de mariage, le 27 mai 1707. Il partagea avec ses frères, le 3 octobre 1701. Il vivait encore en 1725. Pétronille d'Odeignies décédéra en 1773. Son fils aîné lui succéda.

 

● Bernard, dit le comte de Roquette-Buisson, seigneur de Baraigne, Cailhavel, Boussenac, Magrens, Labruguière. Il épousa le 23 avril 1725, Bernarde de Roquette, née le 14 juin 1705, dame de Labruguière et d'Arse. Il rendit hommage au roi le 1er juin 1758. Il eut de nombreux procès et ne quitta pas la France. Il eut pour successeur son fils Jean-Louis-Joseph qui suit ;

 

● Jean-Louis-Joseph, dit le marquis de Roquette-Buisson, seigneur de Baraigne, Cailhavel, Boussenac, Labruguière, Arse et après son mariage de : Rogles, Angravier et Sainte-Croix. Il prit part aux assemblées de la noblesse du diocèse de Mirepoix tenue en 1789. Il mourut le 28 octobre 1794. Il avait épousé le 21 juillet 1760, Anne Josèphe de Montfaucon de Rogles, fille de Jean-Baptiste, seigneur de Rogles, chevalier de Saint-Louis, et d'Antoinette de Raymond-Lasbordes. Sa femme qui ne mourut que le 15 janvier 1815, resta, durant toute la période révolutionnaire, à Rogles où son mari fut enterré, mais, durant ce temps, les révolutionnaires pillèrent Baraigne et brûlèrent une grande partie des archives.

 

● Anne-Antoine de Roquette-Buisson, naquit le 24 janvier 1771 à Varagne, reçu chevalier de Malte en octobre 1789. Il fut colonel du régiment des chasseurs de Malte jusqu'au 23 juin 1796. Il fut député de la Haute-Garonne de 1826 à 1830. Décédé à Toulouse le 27 février 1847. C'était le père et le grand-père de MM. de Roquette-Buisson de Toulouse.

 

● Antoine de Roquette-Buisson, frère du précédent, seigneurs de Magrins, Varagnes, Caillavel, Boussenac, etc., capitaine dans le régiment de Piémont, il fut reçu chevalier de Malte en 1792.

 

La généalogie de cette famille illustre s'est perpétuée jusqu'au milieu du XVIII ème siècle.

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Le château de Baraigne, l'angle Sud-Sud-Est.

LE CHÂTEAU DE BARAIGNE

Le château domine le village à 300 mètres à l'Ouest. Il est classé monument historique depuis 1948. C'est entre 1568 et 1622 que sa construction se fit grâce à Barthélemy de Buisson seigneur de Baraigne. Les parties les plus anciennes du château sont du XV ème siècle. A l'origine le château était ceinturé de douves. De style Renaissance, c'est un vaste quadrilatère, flanqué de trois tours d'angle et nanti d'une cour intérieure.

A l’Est, la porte d’entrée a conservé deux longues rainures qui constituent les restes d’un pont levis, il est défendu par une puissante bretèche supportée par quatre consoles. L’ouvrage est percé d’embrasures pour le tir de l'arquebuse. Les deux tours d’angle, côté Sud, sont de forme circulaire et protégées par des canonnières réparties sur deux niveaux, de forme rectangulaire à l’extérieur et circulaires à l’intérieur. Une tour d’escalier octogonale a été aménagée à l’angle Nord-Est de la cour intérieure. Par une superbe porte, on accède aux cuisines et surtout à la salle des gardes. Flanquée d’une majestueuse cheminée, cette immense salle possède un magnifique plafond boisé, la salle est construite sur neuf crozes taillées dans le roc, ces citernes ovoïdes sont des silos dans lesquels on conservait le blé et les récoltes du seigneur. Le plan primitif a été modifié, ainsi qu'en témoigne des traces très nettes d'agrandissement vers le Nord.

Dans les années 1930, le château appartenait à Mademoiselle de Lavalette. Puis Monsieur du Lac hérita du château de Mlle de Lavalette, sa tante par alliance. Aujourd'hui il appartient à la famille Le Garsmeur qui a acheté la propriété en 1974.

L'édifice était quasiment ruiné quand l'actuel propriétaire entreprit de la restaurer en 1975, il a effectué un magnifique travail de restauration.

Le château de Baraigne est une propriété privée, mais des visites sont prévues l'été. Il faut se renseigner sur place.

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Le château de Baraigne, la façade Sud.

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Du perron Sud du parc du château, au aperçoit le mur clocher de l'église Sainte-Marie de Baraigne.

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A gauche, le château de Baraigne la façade Sud et à droite la façade Est avec l'entrée principale du château.

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La façade Est avec l'entrée principale du château de Baraigne.

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Le château de Baraigne, la façade Sud.

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L'entrée du château de Baraigne, côté Est.

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Le château de Baraigne, l'angle Sud-Ouest.

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La très belle façade et entrée du château de Baraigne.

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A gauche, le château de Baraigne. A droite, la très ancienne fontaine du village de Baraigne.

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L'église Sainte-Marie de Baraigne avec son mur clocher

L'ÉGLISE SAINTE-MARIE DE BARAIGNE

L'église romane du village de Baraigne, orientée de l'Est à l'Ouest, est un monument classé aux monuments historiques depuis 1908, elle s'impose comme un joyau de l'art roman. La tradition raconte que la fondation de l'église est l'œuvre d'un seigneur de la famille de Buisson. Fondée au XII ème siècle, on la trouve mentionnée dans des manuscrits en 1155 et 1207,  en 1317, Baraigne fut placé dans le nouveau diocèse de Saint-Papoul dépendant de l'archevêché de Toulouse et y resta jusqu'à la Révolution. L'église est dédiée à l'Assomption de la Sainte-Vierge. Sainte-Marie de Baraigne est un des rares spécimens d'église romane qui soit encore debout dans le département de l'Aude.

Village de Baraigne 01 l'eglise

La magnifique abside romane de l'église Sainte-Marie de Baraigne, avec sa série de petits arcs qui retombent d'un côté sur le contrefort et de l'autre sur le corbeau sculpté. Vous pouvez voir ces sculptures ci-après.

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La magnifique abside romane de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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L'église Sainte-Marie de Baraigne à gauche et à droite la porte d'entrée de l'édifice. 

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La porte d'entrée de l'église Sainte-Marie

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Photos de l'abside romane de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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La porte d'entrée de l'église Sainte-Marie de Baraigne

Village de Baraigne 047 église sainte marie   Village de Baraigne 049 église sainte marie

A l'extérieur, corbeaux sculptés de l'abside, une tête à l'Est et un agneau au Nord, il y a aussi une troisième sculpture qui représente un baril.

L'église présente une nef flanquée de deux chapelles formant transept, et une abside en hémicycle éclairée par trois fenêtres en plein-cintre, évasées vers l'intérieur. Quatre colonnes engagées dans des dosserets et surmontées de chapiteaux ornés de feuillage segmentent le fond de l'abside. Les colonnes sont nettement en avant et ne supportent rien. Soutenaient-elles autrefois une charpente en bois, couverture primitive de l'abside ? Ou un projet d'agrandissement est-il prévu ?

La nef, voûtée en berceau, est flanquée de chaque côté, d'une chapelle voûtée de la même façon. Un document datant de 1725 semble indiquer l'existence d'au moins une chapelle. En 1866, lors de la restauration de l'église en ruine, il n'y avait aucune chapelle, celles  que l'on voit aujourd'hui ont été donc rajoutées au XIX ème siècle par Dussan.

La partie de la nef correspondant aux chapelles forme une travée limitée par deux arcs doubleaux. Le premier divise la nef de l'abside, c'est l'arc triomphal. Ces arcs reposent sur des colonnes engagées avec bases circulaires. Les chapiteaux romans ne paraissent pas avoir le même âge, par contre, ceux de la nef, plus simples, semblent plus anciens. Une large ouverture percée dans le mur du fond éclaire la nef, en dessous de cette fenêtre, il y avait autrefois une petite porte aujourd'hui bouchée.

Le portail de l'église très simple s'ouvre au Sud, il est plein cintre surmonté d'un arc dont l'archivolte est ornée d'animaux, de têtes et de dessins en échiquier. Cet arc retombe sur deux colonnes surmontées de chapiteaux ornés de feuillage très simple. La base de la colonne de gauche porte deux têtes.

Un clocher du XVIII ème siècle à arcades surmonte le mur du fond. A l'origine il était de forme rectangulaire, il est devenu triangulaire par des additions sur les côtés et peut-être au couronnement. En 1995, une troisième cloche fut installée. Elle conserve une magnifique croix trilobée portant une ancre, une croix grecque et une colombe, datant du XII ème ou XIII ème siècle. Deux croix et une stèle discoïdale de l'époque gothique sont installées au chevet, décoré de sobres arcatures lombardes.

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Le choeur de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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La nef et le choeur de l'église Sainte-Marie de Baraigne

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Le choeur de l'église Sainte-Marie de Baraigne

Village de Baraigne 045 église sainte marie

Une des deux chapelles formant transept de l'église, ici la chapelle Saint-Antoine. Une seule chapelle existait primitivement, elle tomba en ruine vers 1700 et deux chapelles ont été rajoutées au XIX ème siècle.

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Chapiteau de la nef orné de feuillages

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Autre chapiteau de la nef orné de feuillages et de spirales

Village de Baraigne 03  Village de Baraigne 031

A gauche le porche de l'entrée de l'église et à droite, photo de l'abside romane. 

On constate la présence aussi dans le cimetière de stèles discoïdales anciennes (XII ème et XIII ème siècles) dont la forme se rapproche des stèles qui se trouvent parmi les collections du musée lapidaire de la cité de Carcassonne. Les croix et les pierres tombales actuellement construites affectent les formes anciennes de ces derniers monuments funéraires.

Village de Baraigne 03 stèles discoidales

Les stèles discoïdales de Baraigne.

STÈLES DISCOÏDALES

Les amateurs de mystères vont être déçus, en effet, les stèles discoïdales gothiques ne sont pas les premières croix cathares ou tout autres croix mystiques, mais se sont des monuments funéraires. Toute fois, d'après l'historien René Nelli, la seule qui serait probablement l'une des rares croix cathares qui nous soit parvenue, se trouve dans la cour du château de la Barthe situé à 1 km au Sud-Est de Belflou.

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A gauche, l'église Sainte-Marie de Baraigne. A droite, les stèles discoïdales se trouvant proches du cimetière. 

Village de Baraigne 039 lac de la GanguiseLe lac de la Ganguise.

Village de Baraigne 032 Croix du lac de la GanguiseLa croix du lac de la Ganguise.

LE LAC DE LA GANGUISE

La Ganguise, cette rivière joua un grand rôle dans l'histoire lauragaise, lorsqu'elle devint en 1317 la limite entre les diocèses de Mirepoix et de Saint-Papoul. L'édification du barrage en 1979 a créé le lac de la Ganguise avec ses plages et sa base nautique. Le lac de la Ganguise ou Retenue de l'Estrade est un lac de barrage de 500 hectares. C'était un projet qui datait déjà de 1951 et qui fut réalisé sur la rivière Ganguise en 1979. Le plan d'eau recueille principalement les eaux de la Ganguise au Sud-Est, affluent de l'Hers-Mort, lui-même affluent de la Garonne.
Le barrage est constitué d'une digue en terre qui barre toute la vallée de la Ganguise, celle-ci a été relevée de 3 mètres en 2007. Ce lac était conçu à l'origine pour l'irrigation agricole.
Il y a une base nautique de loisirs départementale essentiellement utilisée pour la voile et la planche à voile par les écoles, séjours scolaires, associations sportives ou non sportives et colonies de vacances. Il est apprécié des véliplanchistes pour ses vents continus et réguliers. Les rives sont aménagées pour les randonnées, des aires de pique-nique sont présentes autour du lac. La pratique de sports comme le canoë, le VTT, le stand up paddle (planche à rame) et le pédalo y sont aussi possible.

Village de Baraigne 037 le moulin

Le moulin à vent de Baraigne en ruine

Village de Baraigne 05 le moulin

Le moulin à vent de Baraigne

Village de Baraigne 036

Le moulin à vent de Baraigne en ruine, c'est dommage il mériterait bien une restauration cela serait du plus bel effet dans la région.

Baraigne 501 en 1905

Le château de Baraigne en 1905

Baraigne 502 en 1905

La porte de l'église de Baraigne en 1905

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Suite à la parution de ce reportage, Noëlle Marti-Gerbaud m'a envoyé cette petite étude héraldique, qu'elle a réalisée sur la famille de Buisson, de noblesse ancienne, avec titre de baron ou de marquis selon les générations. Elle a repris,  les couleurs et le descriptif, du blason,  depuis l'expression la plus simple (initial), jusqu'à la plus complexe (plus contemporain).

BARAIGNE

Etude blason Baraigne 01

La commune de Baraigne a gardé le blason du Seigneur de Buisson Roquette en inversant les figurations.

Si certaines communes ont opté pour un logo contemporain (création moderne),  plusieurs ont choisi de garder le blason ancien comme emblème de la ville ou du village.

Etude blason Baraigne 02

Buisson de Beauteville : d’or au buisson de sinople.

Etude blason Baraigne 03

Buisson de Bournazel (de): D'or, au buisson de sinople, le chef cousu d'argent chargé d'un lion de sable, lampassé de gueules, issant du buisson. Devise : Semper virens.

Etude blason Baraigne 04

Buisson d'Aussonne : Écartelé : au premier et quatrième, coupé  d'argent au lion issant de sable et d'or, au buisson de sinople terrassé de même, qui est du Buisson ; aux deuxième et troisième, d'azur à trois coquilles d'or posées deux et une.

Etude blason Baraigne 05Voici une reconstitution du gisant du seigneur de Buisson de Beauvoir (blason : croix de Toulouse chargée de 3 tourteaux d’azur)

Etude blason Baraigne 06

Reprise des couleurs selon le descriptif :

En chef : de la religion (ordre de Malte) de gueule à croix d’argent.

En 1 et 4 : d’azur à un roc d’échiquier d’or.

En 2 et 3 : écartelé au 1 et 4  aux armes de Buisson d’Aussonne.

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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31 juillet 2014
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Voici un reportage rappelant un fait historique qui a marqué l'histoire de l'Aude au XX ème siècle, le vent de la révolte a soufflé sur le Midi en 1907. Des documents et photos d'époque sont là pour évoquer cette triste période. Encore une fois, on constate que le fait de pousser à bout une corporation cela peut déclencher une révolution ! Le village d'ARGELIERS dans l'Aude fut le lieu où tout débuta. Des hommes comme Marcelin Albert et d'autres ont mené un combat juste, face à l'État français de l'époque, la croisade viticole contre les fraudeurs du vin se mit en route grâce à leur courage et détermination. Je vous souhaite une bonne découverte et n'oubliez pas vous pouvez laisser un commentaire en bas de l'article ....

logo label Pays Cathare 02

 

carte 01

Argeliers se situe dans l'Aude à 21 km de Narbonne, 27 km de Béziers, 95 km de Montpellier, 84 km de Perpignan, 50 km de Carcassonne et 144 km de Toulouse.

carte 02

Zoom sur la carte, Argeliers dans la plaine du Minervois

Blason village Argeliers

Blason du village d'Argeliers

Voici le contexte historique de l'époque : La crise débute bien avant 1907, en 1906 déjà le signal d'alarme est tiré, mais le gouvernement en place fait la sourde oreille, on voit que l'histoire ne fait que se renouveler de nos jours.

Les vendanges de 1906 ne se vendent pas, les petits viticulteurs sont ruinés, les ouvriers agricoles sont au chômage. Toute la population souffre, la ruine des vignerons entraîne celle des commerçants et des autres corps de métiers, la misère règne sur tout le littoral languedocien.

Les fortes productions locales, viennent s'ajouter à l'élaboration de vins frauduleux et des coupages avec des vins d’Algérie font que le marché est saturé. En 1907 l'importation des vins augmentant à pour effet d'aggraver le déséquilibre entre l'offre et la demande. Ce qui génère la chute des cours et de la crise économique. 

 manifestation viticole de 1907 - 08b    manifestation viticole de 1907 - 08c

Voici deux photos de Marcelin Albert le leadeur de la crise viticole de 1907

 

HOMMAGE A MARCELIN ALBERT

CRISE VITICOLE DE 1907, UN ÉVÈNEMENT MARQUANT DU XX ème SIÈCLE.

LA CROISADE VITICOLE DU MIDI DE LA FRANCE EN 1907.

MARCELIN ALBERT PROMOTEUR DU MOUVEMENT VITICOLE MANIFESTATION DES VIGNERONS DE NARBONNE ET VITICULTEURS DE L'AUDE EN 1907. 

 Comité d'Argelliers Albert Cathala Louis Blanc et le méde

Voici le Comité de défense viticole d'Argeliers avec Albert Cathala, Louis Blanc et le médecin Senty

Marcelin Albert né le 29 mars 1851 à Argeliers dans l'Aude et mort le 21 décembre 1921 à Argeliers. Il est élu conseiller municipal d'Argeliers en 1881. Il était un cafetier et vigneron. En 1900, il se lance dans la lutte pour la défense du vin naturel contre le vin de fraude, contre la restriction des droits des bouilleurs de cru tout d'abord, contre la détaxe sur le sucre par la suite.

Le 18 février 1907, il prend l'initiative d'envoyer un télégramme à Georges Clemenceau, où il dit ceci : "Midi se meurt. Au nom de tous, ouvriers, commerçants, viticulteurs, maris sans espoirs, enfants sans pain, mères prêtes au déshonneur, pitié ! Pitié encore pour nobles défenseurs républicains du midi qui vont s'entre déchirer dans combat sanglant. Preuve fraude est faite. La loi du 28 janvier 1903 la favorise. Abroger cette loi, voilà l'honnêteté. Devoir gouvernement empêcher choc. S'il se produit, les clés ouvriront portes prison, pourront jamais rouvrir portes tombeaux".

Le 11 mars 1907, le signal de la révolte est donné par un groupe de vignerons du Minervois, dans le village d'Argeliers. Ils sont menés par Marcelin Albert et Élie Bernard lequel fonde le Comité de défense viticole ou Comité d'Argeliers. Marcelin Albert sera considéré comme le meneur de la révolte des vignerons du Midi en 1907. Cette révolte des vignerons qui commencera le 11 mars 1907.

Voici la situation en 1907 : la crise de mévente des vins sévit depuis sept ans en Languedoc et en Roussillon. Aux fortes récoltes fournies par le vignoble français reconstitué après le phylloxéra s'ajoute des vins importés et des vins artificiels produits en fraude au grand mécontentement des vignerons. Marcelin Albert, 55 ans, ce petit propriétaire d’Argeliers, village du Minervois, s’efforçait depuis plusieurs années de mobiliser les vignerons pour obtenir des pouvoirs publics une réelle politique de répression de la fraude. Le 11 mars au matin, il entraîne 87 vignerons de son village à Narbonne, où a été dépêchée une commission d’enquête parlementaire sur la crise. Tous sont entendus, mais ils décident de poursuivre leur mouvement jusqu’au vote de lois contre la fraude. Autour du Comité de défense viticole d’Argeliers, qui édite un hebdomadaire "Le Tocsin" largement diffusé, et sont organisés des rassemblements tous les dimanches afin de mobiliser, avec les propriétaires, les ouvriers qui avaient mené de grandes grèves au cours des années précédentes. D’abord convoqués dans les villages du Narbonnais, les meetings investissent ensuite les villes pour impressionner davantage la presse nationale et les pouvoirs publics.

Le 5 mai, à Narbonne, Ernest Ferroul, maire socialiste et ancien député, entre en lice. Il politise le mouvement en fixant un ultimatum au 10 juin 1907, assorti de la menace d’une grève de l’impôt et d’une démission des municipalités. Le mouvement culmine à Montpellier le 9 juin avec plus de 600 000 manifestants, soit plus du tiers de la population des quatre départements en révolte.

Cette date du 9 juin 1907, avec le gigantesque rassemblement de Montpellier va marquer l'apogée de la contestation vigneronne dans le Midi de la France. La place de la Comédie est envahie par une foule estimée de 600 000 à 800 000 personnes. C'est la plus grande manifestation de la troisième République. Dans son discours, Ernest Ferroul, en tant que maire de Narbonne appelle à la démission de tous ses collègues du Languedoc-Roussillon. Il prône ouvertement la désobéissance civique. Quant à Marcelin Albert, il prononce un tel discours que le journaliste du Figaro en fut bouleversé et écrivit : "C’était fou, sublime, terrifiant".

A partir du 10 juin, la plupart des municipalités remettent leur démission malgré les objurgations du président du Conseil Georges Clemenceau. Celui-ci, qui avait observé sans trop d’inquiétude la montée du mouvement, dénonce soudain un "péril réactionnaire" et taxe de meneurs séparatistes Albert et Ferroul pour leurs discours à tonalité régionaliste. Il fait consigner ou évacuer les régiments à recrutement local cantonnés dans les villes du Midi et les remplace par des troupes venues de loin. L’arrestation des membres du Comité et de Ferroul fait monter la tension. Les 19 et 20 juin, à Narbonne, des fusillades font six morts, dont Cécile Bourrel, une jeune fille de 20 ans. A Perpignan, la préfecture est incendiée. A Agde, les soldats du 17ème d’infanterie se mutinent, pillent une poudrière et marchent sur Béziers. Le 21 juin, Clemenceau conforte sa majorité à la Chambre et obtient avec l’aide du Comité d’Argeliers la reddition des mutins, qui sont transférés à Gafsa en Tunisie. Le 23 juin, Albert, qui avait évité l’arrestation, rencontre Clemenceau à Paris.

Au cours de leur entrevue, il fait promesse de réprimer la fraude si, en contrepartie, Albert retourne dans le Languedoc pour calmer la rébellion. Son interlocuteur accepte même de se constituer prisonnier. Clemenceau lui signe un sauf-conduit pour retourner dans l’Aude et lui remet cent francs pour payer son retour en train. Marcelin Albert a la naïveté d'accepter. Le chef du gouvernement va en profiter pour donner sa version aux journalistes de la presse politique en mettant particulièrement en exergue l'histoire du billet de banque. Les quotidiens nationaux en font leurs choux gras et Marcellin Albert du statut de rédempteur passe dès lors à celui de vendu. Le 24 juin, il est de retour à Narbonne. Il rencontre les membres du nouveau comité de défense et tente de les convaincre de suspendre le mouvement. Mais l’entretien avec Clemenceau a totalement discrédité Albert aux yeux de ses compagnons. Il manque de se faire lyncher par ses anciens amis. Il se cacha dans le clocher de l'église de son village.

Le 26 juin, Albert se rend à Montpellier pour se constituer prisonnier.

Les 29 juin et 15 juillet, des lois sont votées contre la fraude. Elles réglementent le sucrage, imposent la déclaration des récoltes et le contrôle de la circulation des vins. Le Comité d’Argeliers est libéré le 2 août, et les troupes évacuent le Midi au cours de l’été. Une Confédération générale des vignerons (CGV) est fondée le 22 septembre sous la présidence de Ferroul. Les ouvriers refusent d’y adhérer, mais elle joue son rôle dans la répression des fraudes. Jusque-là réticents, les petits propriétaires commencent à se lancer dans la création de coopératives viticoles. L’énergie manifestée au printemps 1907 n’a pas été perdue.

Albert Marcelin après sa libération, est devenu persona non grata dans l'Aude, il doit partir s'installer en Algérie. Là, les viticulteurs se cotisent pour celui qui a défendu leur profession, mais Marcelin Albert meurt dans la misère.

 Journal Le Tocsin du 5 mai 1907  Journal Le Tocsin du 19 mai 1907

A gauche, la dernière page du journal "Le Tocsin"  du 5 mai 1907. A droite, la première page du journal du 19 mai 1907 avec la lettre ouverte à Clemenceau président de la République. (cliquez sur la photo pour l'agrandir) 

Après le succès de la marche des "87" d'Argeliers à Narbonne, naît le comité d'initiative de défense viticole.

Devant l'indifférence du gouvernement, Marcelin Albert, Président du Comté décide d'organiser dans toutes les villes des meetings et de se doter d'un journal qui appellera :

Le TOCSIN, qui paraît le Dimanche 21 Avril 1907.

Le premier numéro contient le fameux "Qui nous sommes?" qui appelle à la mobilisation (voir la photo ci-dessus).

Journal Le Tocsin 1ere page du 26 mai 1907  Journal Le Tocsin du 26 mai 1907

A gauche, la première page du journal "Le Tocsin"  du 26 mai 1907 et à droite, la dernière page. 

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Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier qui a rassemblé plus de 600 000 manifestants

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Un rassemblement énorme à Montpellier le 9 juin 1907, ici rue Maguelone.

Marcelin Albert le rédempteur 9 juin 1907 tiré de La Vie

Marcelin Albert surnommé "le rédempteur" porté ici en triomphe, lors de la manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier  (extrait de La Vie Illustrée).

manifestation viticole de 1907 - 07Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier, ici place de la Comédie.

manifestation viticole de 1907 - 023Manifestation et meeting le 9 juin 1907 à Montpellier, ici rue Maguelone.

manifestation viticole de 1907 - 02Caricature de l'époque

manifestation viticole de 1907 - 013  manifestation viticole de 1907 - 014

A gauche, le docteur Ferroul maire de Narbonne au moment des faits et président du comité de défense viticole. Ernest Ferroul, fut le premier président de la Confédération Générale des Vignerons du Midi.

  Photo de droite, dessin édité suite à la manifestation de Montpellier montrant les arrestations qui eurent lieu.

manifestation viticole de 1907 - 011Dessin édité suite à la manifestation de Montpellier du 9 juin 1907.

manifestation viticole de 1907 - 010Ici la manifestation de Béziers avant le départ au Champ de Mars le 12 mai 1907.

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Ici la manifestation de Carcassonne place de l'Hôpital le 26 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 04

Autre photo de la manifestation de Carcassonne place de l'Hôpital le 26 mai 1907. 

Extraits du journal "Le Temps" daté du lundi 24 juin 1907

DERNIÈRE HEURE : MARCELIN ALBERT CHEZ M. CLEMENCEAU

M. Clemenceau était ce matin dans son cabinet lorsqu'on lui remit sous enveloppe un pli qu'ayant décacheté aussitôt, il reconnut avec surprise être de Marcelin Albert. Par ce pli le "rédempteur"  du Midi déclarait qu'il venait demander au président du conseil de faire l'apaisement en mettant en liberté ses collègues du comité d'Argeliers et M. Ferroul. M Clemenceau donna l'ordre d'introduire immédiatement Marcelin Albert dans son cabinet, et une fois que celui-ci fut en sa présence il lui fit les remontrances les plus sévères, les plus dures même, en lui disant qu'il était responsable du désordre survenu dans le Midi, de la grève de l'impôt, de la démission des municipalités, et surtout du sang versé qui retombait sur lui.

Profondément ému et troublé, Marcelin Albert se mit à fondre en larmes. Puis se ressaisissant, il demanda au président du conseil ce qu'il devait faire pour réparer ses fautes.

M. Clemenceau lui dit : "Allez vous mettre à la disposition de la loi et employez votre influence à faire rentrer vos compatriotes dans l'ordre et la légalité".

Marcelin Albert quitta le ministère de l'intérieur, d'où sur l'ordre de M. Clemenceau on le fit sortir par une porte de derrière après avoir traversé les jardins. Il monta ensuite dans une voiture qu'on avait fait chercher exprès pour lui, et il s'éloigna.

A l'issue de son entretien avec Marcelin Albert, M. Clemenceau est allé à l'Elysée pour informer le président de la République de ce qui venait de se passer. M. Clemenceau a également conféré ce matin avec quelques-uns de ses collègues, MM. Caillaux et Thomson, et avec le préfet de police.

On lit dans l'agence Havas : Interrogé par les journalistes à son retour de l'Elysée, M. Clemenceau a refusé de ne donner aucune indication sur ses intentions et sur celles de M. Marcelin Albert.

On lui a demandé : Croyez vous qu'il aille à Montpellier pour se mettre à la disposition de la justice ?

Je ne puis rien ajouter à ce que je viens de vous dire, a-t-il répondu.

Avez-vous envisagé la possibilité de faire droit à la demande de mise en liberté provisoire de M. Ferroul et des membres du comité d'Argeliers formulée hier par les représentants du Midi ?

M. Clemenceau a alors déclaré avec vivacité : "Je vous autorise à dire que ce n'est pas là une question sur laquelle le gouvernement puisse délibérer". Le président du conseil a terminé ses explications en disant que d'après les renseignements qui lui sont parvenus dans la matinée, la nuit avait été calme partout.

manifestation viticole de 1907 - 018 30 juin

Première page du Petit Journal du 9 juin 1907 où l'on voit Marcelin Albert à la sortie du Comité des viticulteurs d'Argeliers

manifestation viticole de 1907 - 020

 

manifestation viticole de 1907 - 022 12 maiManifestation des viticulteurs à Béziers le 12 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 021Manifestation de Carcassonne place d'Armes le 26 mai 1907

manifestation viticole de 1907 - 09Manifestation des viticulteurs à Béziers le 12 mai 1907.

manifestation viticole de 1907 - 06Manifestation des viticulteurs à Narbonne le 5 mai 1907.

INTERVIEW DE M. MARCELIN ALBERT DANS LE JOURNAL

En sortant du ministère de l'intérieur, M. Marcelin Albert s'est rendu au restaurant Soufflet, boulevard Saint-Michel. Il y est arrivé vers dix heures du matin. Après avoir décliné ses noms et qualité au gérant, il a commandé un apéritif qu'il a bu tout en devisant avec le personnel de l'établissement puis il a déjeuné. C'est à la fin de son repas que, informé de sa présence au restaurant Soufflet, nous avons pu nous entretenir avec le «rédempteur». Marcelin Albert est un homme âgé d'une cinquantaine d'années, le profil aigu, le teint basané. Il porte une chemise de flanelle-coton dont le col est noué par un cordon de soie. La mise, modeste, est celle d'un paysan endimanché. Il nous accueille sans surprise marquée. Vous avez vu M. Clemenceau ?

Oui. Que vous a-t-il dit ? Je ne puis rien révéler de notre entretien. Lui seul et moi devons en connaître l'objet.

 Je constate néanmoins que vous n'êtes pas arrêté, et ce détail suffit à nous démontrer que vous avez fini par vous entendre ?

M. Marcelin Albert ne répond pas. Nous reprenons :

Est-il vrai que M. Clemenceau vous ait chargé de mettre votre influence au service de la loi et de la pacification ?

Je ne dirai rien. Ce que j'ai promis, je le ferai, mais vous ne le saurez pas.

Et là-dessus, M. Marcelin Albert nous parle de lui et de son action.

J'ai fait ce que j'ai cru être de mon devoir. Quand j'ai entrepris de former le mouvement protestataire actuel, tout le monde riait. On me traitait de fou. Les sceptiques, depuis, ont accepté mes ordres. Moi, quoique méridional, je sais ce que je dis et ce que je veux. En face de milliers d'hommes mobilisés par moi, je garde mon sang-froid. Quand je suis calme, c'est que la tempête est proche. Je saisis la balle au bond et j'interroge :

Etes-vous calme en ce moment ?

Très calme, répond-il.

Alors la tempête se prépare ?

Mutisme de M. Marcelin Albert, qui après une digression revient encore à la légitimation de sa conduite. Je ne suis pas responsable de tout. Je suis un homme au service d'une idée. Je ne fais pas la pluie et le beau temps.

N'empêche que vous êtes actuellement un personnage représentatif. Vous êtes à l'origine des événements du Midi, et peut-être pourriez-vous en interrompre le cours ?

Pardon. Dans les événements actuels, j'ai ma part de responsabilité, Clemenceau a la sienne. Si j'avais voulu esquiver la mienne, je me serais fait arrêter tout de suite. Ce n'est pas difficile de se faire arrêter.

Telle ne paraît pas être l'intention du gouvernement, remarquai-je en promenant un regard circulaire dans le restaurant où, pas plus qu'au dehors, on ne remarque aucun agent de la force publique.

M. Marcelin Albert répond : le gouvernement fait ce qu'il veut, moi aussi.

Il faudrait pourtant conclure, et les réticences de notre interlocuteur ne sont point de nature à faciliter la conclusion. Je me hasarde : Retournez-vous dans le Midi ?

Oui. En sortant du ministère je suis allé à la gare Saint-Lazare (sic), mais il n'y avait pas de train.

Alors, j'ai décidé de partir ce soir. Et sur la conduite que vous tiendrez dans le Midi, vous ne pouvez décidément rien dire ? Non, rien, ou plutôt je ferai mon devoir comme toujours c'est tout.

manifestation viticole de 1907 - 05Manifestation de Carcassonne Boulevard Barbès le 26 mai 1907. 

manifestation viticole de 1907 - 03Manifestation de Carcassonne, la gare avec l'arrivée des manifestants le 26 mai 1907. 

manifestation viticole de 1907 - 012

Lors d'une manifestation à Narbonne le 20 juin 1907, eut lieu une fusillade.

 

Le 19 juin 1907, le docteur Ernest Ferroul maire de Narbonne est arrêté à quatre heure du matin à son domicile à Narbonne par les militaires du 139 ème régiment d'infanterie, et emprisonné à Montpellier.

Trois autres membres du comité de défense viticole se livrent aux gendarmes à Argeliers. Ces nouvelles arrestations mettent le feu aux poudres.

La foule empêche la progression des gendarmes en se couchant sur la route. Narbonne est en état de siège, une manifestation spontanée se crée qui réclame la libération des membres du Comité et crie à la vengeance.

Des incidents éclatent durant toute la journée, la sous-préfecture est prise d'assaut, des barricades barrent les rues.

Le soir, dans la confusion générale, la cavalerie tire sur la foule. Il y a deux morts, dont un adolescent de 14 ans.

 

Le 20 juin 1907, la tension monte encore et le Midi s'embrase. A Perpignan, la préfecture est pillée et incendiée. Le préfet Dautresme se réfugie sur le toit.

A Montpellier, la foule se heurte aux forces armées. A Narbonne, l’inspecteur de police Grossot, l'un des auteurs de l’arrestation de Ferroul, est pris à partie et mis à mal par la foule.

Pour le dégager, il est donné ordre à la troupe de tirer sur les manifestants. Des coups de feu éclatent, il y a cinq morts, dont une jeune fille, âgée de 20 ans, Julie dite Cécile Bourrel elle était venue à Narbonne faire des courses au marché. Prés de trente trois blessés gisent à terre. Le café Paincourt, a été mitraillé, au sol agonise l'ouvrier Louis Ramon.

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Ici les mutins du 17ème RI campe devant le théâtre de Béziers

Le 17ème régiment d'infanterie de ligne composé de réservistes et de conscrits du pays, avait été muté de Béziers à Agde le 18 juin 1907.

Le soir du 20 juin, apprenant la fusillade, environ 500 soldats de la 6 ème compagnie du 17 ème régiment se mutinent, ils pillent l’armurerie et prennent la direction de Béziers.

Ils parcourent une vingtaine de kilomètres en marche de nuit. Le 21 juin, en début de matinée, ils arrivent en ville.

Accueillis chaleureusement par les Biterrois, ils fraternisent avec les manifestants, occupent les allées Paul Riquet et s'opposent pacifiquement aux forces armées en place. Les soldats s'installent alors sur les Allées Paul Riquet, mettent crosse en l’air. La population leur offre vin et nourriture.

Le Midi est au bord de l'insurrection. À Paulhan, la voie ferrée est mise hors service par des manifestants qui stoppent ainsi un convoi militaire chargé de mater les mutins.

À Lodève, le sous-préfet est pris en otage. Les autorités militaires ne peuvent accepter cette mutinerie. L'exemple du 17 ème régiment peut donner des idées similaires à d'autres régiments de la région.

Georges Clemenceau était assez homme d'État pour analyser la situation. La mobilisation du Midi viticole et la mutinerie du 17 ème qui lui a fait suite étaient inquiétantes.

La révolte s'amplifiait chaque semaine et menaçait de gagner d'autres régions viticoles.

A Paris, la République tremble, Clemenceau doit faire face à un vote de défiance. Il joue son va-tout en intimant au commandement militaire de chasser les mutins dans la journée.

Il y a négociation, et dans l’après-midi, après avoir obtenu la garantie qu’aucune sanction ne leur sera infligée, les soldats du 17 ème déposent les armes et se dirigent vers la gare sous bonne escorte et sans aucun incident majeur.

Le 23 juin une loi est enfin votée, qui réprime la chaptalisation massive des vins. La loi du 15 juillet complètera celle du 23 juin en réglementant la circulation des vins et des alcools.

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Ici les mutins du 17ème RI campe sur les allées Paul Riquet à Béziers

 

AUTRE ARTICLE DU JOURNAL

L'article de l'envoyé spécial du journal qui est dans le Midi, dit en substance ceci :

Je quitte Argeliers et me voici sur la route plutôt mal entretenue qui conduit à Mirepeisset. Le sol porte les mille empreintes des sabots de chevaux qui l'ont foulé. Au pont de la Cesse des sentinelles du 18ème de ligne gardent l'entrée du village. Sous le pont et le long de la magnifique allée de platanes qui, en bas de la route, croissent au pied du canal, le 10ème Cuirassier campe, les chevaux broutent l'herbe, les hommes, casque et cuirasse enlevés, procèdent aux opérations du campement. Le village de Mirepeisset a ses rues étroites pleines de gendarmes et de soldats de ligne. Un millier de soldats garde une population de 500 habitants.

A Argeliers, le déploiement de troupes était encore plus considérable. Dès onze heures, ce matin, de l'infanterie et les cuirassiers qui étaient à Narbonne auparavant se sont présentés ayant un colonel à leur tête, muni de réquisitions. On a perquisitionné dans le village où l'on croyait que Marcelin Albert se trouvait.

Je demande quelques renseignements aux femmes attristées et aux gars au teint brun qui, silencieux, assistent à tout ce déploiement de troupes. On refuse de me répondre. Mon brassard de journaliste délivré par le comité de défense viticole ne les décide pas. Je m'exprime dans notre beau patois de Languedoc et miraculeusement les langues se délient.

On n'a pas vu, me dit-on, Marcelin Albert ; on est sans nouvelles des prisonniers. On me dit avec indignation qu'il y a eu des "fusillades" à Capestang on me parle de 150 morts. Je les détrompe, je leur déclare que Capestang est calme et tranquille.

Ils s'apaisent. Je les interroge sur l'occupation par les troupes.

Bah ! me répond-on, nous laissons faire. Mais du pain, ils n'en auront pas ; du vin, ils n'en auront pas, même à prix d'or, même a prix d'or. On nous prend pour des apaches et on nous traite en révoltés ! Soit, nous subirons tout ; mais les bras que nous croiserons pour ne pas nous défendre et ne pas verser de sang, nous ne les ouvrirons pas pour donner à manger à ceux qui fusillent nos amis de Narbonne.

J'entre dans le village. Dans la rue principale, je rencontre le général Chailley, de la 65ème brigade à Agen. Je l'interroge : De quelles forces disposez-vous, mon général, "j'ai sous mes ordres le 18ème au complet, 100 gendarmes et le 10ème cuirassiers. Je suis chargé d'occuper Argeliers, Bize et Mirepeisset. A l'heure actuelle l'occupation est terminée".

Comment vous a-t-on accueilli ? "Mais, très bienveillamment. Je n'ai pas l'impression d'un pays en révolte ; au contraire. Toutes les physionomies que j'aperçois autour de moi m'ont l'air intelligentes, ouvertes et sympathiques. Voyez, les soldats fraternisent avec les habitants".

Vous ne prévoyez donc pas une occupation très longue ? "Non il me semble que c'est l'affaire de quelques jours".

Je rentre à Narbonne par la route de Marcorignan. Ce village et Saint-Marcel qui le précède sont occupés aussi par des gendarmes et par le 50ème régiment de ligne au complet. Ce régiment est disséminé partie dans les ravins qui bordent la route, partie dans les bois des environs. Le pont suspendu qui permet de traverser l'Aude entre Marcorignan et Saint-Marcel est gardé par une compagnie de 120 hommes. Dans la campagne et dans les villages tout n'est que campement, que bivouac ; sur la façade blanche des maisons et sur le vert des vignes, le pantalon garance des fantassins jette sa couleur claire. On se croirait en période de grandes manœuvres. Il n'y manque que le soleil de septembre et les grappes dorées des raisins rafraîchissants.

(Dépêche de notre envoyé spécial).

 

Voici maintenant, un extrait intéressant du livre de Marc Sangnier intitulé "LA LUTTE POUR LA DÉMOCRATIE" datant de 1908, époque des évènements qui eurent comme point de départ le village d'Argeliers dans l'Aude. C'est un bel hommage à Marcelin Albert qui est rendu au travers de ces lignes :

 

"Argeliers est devenue la capitale du Midi en 1907.

Voici que tout cède devant l'extraordinaire autorité de quelques pauvres vignerons. Conseillers municipaux, maires et députés n'hésitent pas à leur obéir. Autour d'eux les ennemis politiques de la veille se réconcilient, on oublie les vieilles querelles et l'on ne songe plus qu'au triomphe de la Cause. C'est une nouvelle croisade.

Pour montrer l'unanimité de tout ce peuple et que « ce n'est pas du battage », voici que les villages se vident et que, au son des tambours et des clairons, portant leur misère et leur espoir naïvement inscrits sur les emblèmes qu'ils traînent avec eux, hommes, femmes et enfants, tous, désertant les campagnes trop riches de vins que la déloyale concurrence des fraudeurs empêche de vendre, trop pauvres d'argent et de pain, les « gueux» se réunissent dans les villes qu'ils remplissent de leur foule immense. C'est, un flot qui submerge tout; c'est un peuple qui veut qu'on l'écoute et qui crie sa volonté. Comment n'aurions-nous pas de l'enthousiasme et de l'admiration en face d'un tel spectacle ?

Nous les avons vues passer, ces longues théories de villageois, graves et dignes, nullement violents et turbulents et qui paraissaient mus par une puissante résolution intérieure. Leur regard franc ne semblait pas poursuivre des desseins de haine et leur front levé ne paraissait pas prêt à se courber de si tôt sous le joug d'une mesquine et avilissante politique.  Leurs rangs, suivant le conseil du comité d'Argeliers, ouverts seulement « à ceux du village, de la commune ou du groupe », pour qu'une solidarité mieux sentie assure le calme, étaient résolument fermés aux inconnus qui auraient tenté de s'introduire pour semer, tout en flattant, « l'idée du désordre et de la violence ». Oui, l'on sentait que, suivant l'expression du comité d'Argeliers, « l'amour de la paix reste au fond de tous les cœurs de paysans », et cette foule inouïe de plus de 500.000 personnes avait compris « qu'il fallait être calme, qu'il le fallait à tout prix, que la Cause l'exigeait ».

Que nous voilà donc loin de la surexcitation hargneuse des militants révolutionnaires, des désordres causés trop souvent par quelques poignées d'énergumènes hostiles à l'immense majorité d'une population, et combien la Confédération générale du travail paraît petite et impuissante en face de « ceux d'Argeliers » !

Mais ce qu'il y a de plus admirable encore, c'est que ce gigantesque mouvement n'est pas sorti spontanément et comme miraculeusement de la détresse des vignerons. Celui que l'on appelle aujourd'hui « le rédempteur », que les foules acclament comme un sauveur, et qui est le maître du Midi, a, pendant des années, tout conçu, tout préparé, tout voulu.

Ce Marcelin Albert est un simple vigneron d'Argeliers, déjà vieux et fatigué, mais d'une inlassable ténacité, d'un triomphal entêtement. Pendant bien des années on s'est moqué de lui. Il avait une idée fixe; on le traitait de fou. Le maire de Narbonne, qui est aujourd'hui « un de ses plus fidèles lieutenants », le raillait naguère en riant, lorsqu'il le voyait grimpé sur un arbre essayant de prêcher la croisade aux vignerons, et ne recueillant que des plaisanteries ou du mépris. Rien ne pouvait décourager Marcelin Albert. Il devait triompher. Il conquit d'abord, il y a quelques mois seulement — tant ses efforts furent longtemps infructueux — ceux d'Argeliers : ils étaient 85 au premier meeting.

Aujourd'hui un mot de lui fait lever 600.000 hommes. Nous saluons avec reconnaissance ce prodigieux mouvement.

C'est la vraie France qui brise les casiers étroits et artificiels où les intérêts et les mesquines combinaisons des coteries politiques avaient essayé de l'emprisonner. Nous nous réjouissons de ce réconfortant spectacle.

C'est la fraude que l'on dénonce, ce sont les fraudeurs que l'on stigmatise. Toute œuvre de loyauté, quelle qu'elle soit, nous fait du bien au cœur.

C'est la persévérance, l'acharnement d'un apôtre qui, jamais rebuté, finit par entraîner les multitudes. L'exemple est bon à retenir. Et, tandis que nous parcourons les rues de Montpellier, que traversent les derniers groupes de paysans, chargés de provisions comme pour une campagne militaire et levant encore vers le ciel leurs drapeaux et leurs insignes, voici qu'un rêve immense emplit notre âme.

Aujourd'hui c'est du pain matériel que réclame une foule réduite à la misère, unanime dans son désir de vivre. C'est contre les fraudeurs de vin qui usent et abusent du sucrage et du mouillage que l'on proteste et que l'on s'indigne. Quand donc la levée sublime d'un peuple affamé de Vérité, unanime à réclamer le pain de la Justice! Quand donc la guerre vengeresse contre le mensonge et l'erreur, contre les fraudes honteuses qui dénaturent la pensée humaine, calomnient les intentions droites, trompent le peuple et lui donnent à boire un poison frelaté au lieu du vin généreux de la Vérité et de l'Amour !

Vignerons du Midi, amis simples et rudes, je vous célèbre comme un symbole magnifique, au sens prophétique duquel je m'attache avec transport.

Oui, il faut que l'unanimité morale soit reconquise au-dessus des luttes de la politique, par l'énergie d'un peuple entier qui, magnifiquement révolté contre les fraudeurs d'idéal, réclamera enfin le pain de la Vérité.

Mais, que nul ne l'oublie, Marcelin Albert fut d'abord raillé, traité de fou par ceux-là même qui aujourd'hui lui jettent des fleurs et lui tressent des couronnes.

Que ceux du Sillon se souviennent de « ceux d'Argeliers » !"

 

VOICI QUELQUES PHOTOS DU VILLAGE D'ARGELIERS DE NOS JOURS

Ses habitants sont appelés les Argeliésois. En 2011, la commune comptait 1934 habitants.

carte 03

Extrait de la carte IGN montrant le tracé du canal du Midi très proche du village d'Argeliers

Argeliers 01 quai Paul Riquet

Le canal du Midi, avec en face le quai Paul Riquet à Argeliers

Argeliers 013

Le village d'Argeliers entouré de vignobles

Argeliers 015

Le village d'Argeliers entouré de vignobles

Argeliers 05

Une vue du village d'Argeliers prise du canal du Midi

Argeliers 06

Le canal du Midi, le pont d'Argeliers rue du Port (D13)

Argeliers 04 Restaurant au Chat qui Pêche Rue du port et p

Le canal du Midi, le pont d'Argeliers rue du port  avec le restaurant au Chat qui Pêche 

Argeliers 02

La belle courbe du canal du Midi à Argeliers (voir la carte ci-dessus).

Argeliers 03

Le canal du Midi, à la hauteur du village d'Argeliers transport de barriques de vin

Argeliers 014 blason sur le pont argeliers D5 route de Bezi

Canal du Midi, blason sur un autre pont d'Argeliers ou passe la route de Béziers (D5).

Argeliers 012 mairie

La mairie d'Argeliers

Argeliers 011 eglise st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers avec son clocher-tour crénelé

Argeliers 07

L'église Saint-Vincent d'Argeliers

Argeliers 08 église st Vincent   Argeliers 09 statue de st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers, à droite la statue de St Vincent

Argeliers 010 eglise st Vincent

L'église Saint-Vincent d'Argeliers

INFORMATION INTÉRESSANTE CONCERNANT ARGELIERS :

Un cimetière gallo-Romain a été découvert dans la commune d'Argeliers, au cours des travaux d'adduction d'eau en 1902.

A la fin de décembre 1901, des travaux de terrassement étaient commencés dans la commune d'Argeliers dans le but d'amener au village de l'eau potable. Le 14 février 1902,  trois tombes ont été découvertes à 200 mètres environ du cimetière actuel. Ces tombes, en briques à rebords rectangulaires, étaient de construction à peu près identique. La découverte d'une pièce de monnaie à côté d'un crâne a été attribuée à un empereur du bas Empire. De nombreux débris de poterie ont été aussi mis au jour.

Lors des fouilles pratiquées au lieu dit Chemin de Bize, sur le territoire de la commune d'Argeliers. On a retrouvé une magnifique boucle de ceinture en bronze, d'un travail très délicat et une série d'ornements en bronze, qui étaient plaqués sans doute sur la courroie de la ceinture. Tous ces objets sont d'un dessin très pur et d'une très bonne conservation. Un certain nombre de fragments de poterie en argile rouge à pâte très fine, avec des ornements en relief; un de ces fragments porte même la signature du potier. Une monnaie en bronze, petit module, mais malheureusement un peu fruste, a été trouvée dans une de ces sépultures ; elle parait devoir être attribuée à un empereur du bas Empire. 

boucle centurion romain d'argeliers 01

Ceinturon romain découvert à Argeliers (Aude).

Croquis de la boucle de ceinture en bronze ayant appartenu à un centurion romain. Celle-ci a été retrouvée lors des fouilles au lieu dit chemin de Bize à Argeliers en 1902.

Croquis réalisé par Mr. Cathala instituteur à Argeliers à l'époque celui-ci a assisté aux fouilles.

Le creusement des tranchées dans le village a aussi mis à jour de nombreuses briques à rebords et un four à chaux, près duquel on avait déjà recueilli un bronze de la colonie de Nîmes et une monnaie de Valentinien, au revers on pouvait lire : "reparalio respublica".

La présence de ces témoins de l'occupation romaine sur l'emplacement de notre village ne permet pas de faire remonter l'origine d'Argeliers aux premiers siècles de notre ère. Elle établit cependant d'une manière certaine qu'à cette époque déjà s'élevaient des constructions à la place de nos habitations modernes.

(Extrait de la revue SESA tome 14 - 1903 étude de M. Cathala).

 

Ainsi se termine ce reportage, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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23 juin 2014
bandeau abbayes de l'aude 02Abbaye de Villelongue bandeau

 

Voici la seconde partie du reportage que vous attendiez tous, et qui est tout aussi intéressante que la première, merci pour votre fidélité et je vous souhaite une bonne découverte ...

 

logo label Pays Cathare 02

 

Abbaye de Villelongue 039

Portail roman de l'abbatiale, à double rouleau d'ébrasement, recèle encore les vestiges de la peinture qui la décorait.

Les deux chapiteaux à gauche, sont sculptés de feuilles d'eau typiquement cistercien, ceux de droite, arborent des feuilles de type palmettes. Le tympan était seulement peint à l'époque.

 

plan de l'abbaye de Villelongue

Je vous ai confectionné un beau plan pour comprendre la configuration du monastère de Villelongue

Abbaye de Villelongue 028

La partie Est du cloître, vous longez la salle des moines, le parloir, la salle capitulaire, la sacristie et au fond l'entrée de l'église abbatiale.

Seule la galerie Sud du cloître a conservé sa galerie.

 

DESCRIPTION DES RUINES DE L'ABBAYE DE VILLELONGUE

L'abbaye de Villelongue était construite toute entière sur la rive gauche de la Vernassonne dont les eaux baignaient ses murs de clôture. Complètement délaissée par les premiers propriétaires qui succédèrent aux religieux, elle ne tarda pas à tomber en ruine et sa disparition serait peut être consommée depuis longtemps si une mesure de classement n'avait été prise en 1916. Beaucoup de pierres provenant de Villelongue se trouvent à Saissac, où M. Bosc les fit transporter pour construire une maison.

Edifiée sur les plans des abbayes cisterciennes, elle ressemble d'une façon étrange à la plupart des autres abbayes du même ordre dont nous trouvons les descriptions dans les traités d'archéologie. Ce qui permit de comprendre exactement la configuration de l'abbaye. La porte, donnant accès à la cour de la ferme, est surmontée d'un arc du XVIII ème siècle. Au-dessus on lit deux dates superposées 1613 et 1773 que sépare un motif sculpté représentant les trois clous de la Passion et le monogramme du Christ : JHS. La porte franchie, on trouve en face les logements et à gauche les anciennes écuries. En traversant ces locaux qui sont d'anciennes parties du monastère, on atteint le cloître, centre de l'abbaye.

Le cloître de forme à peu près carrée, a les dimensions suivantes : 26,80 mètres d'Est en Ouest et 30 mètres du Nord au Sud. La claire-voie côté Sud a disparu.

Celle-ci se compose de quatorze travées, séparées les unes des autres par des groupes de colonnettes reposant sur un assemblage de deux bases et surmontées de chapiteaux accouplés par la tablette de l'abaque. Les chapiteaux ornés de deux rangs de feuillages superposés, présentent une flore stylisée dont la composition décorative varie d'un groupe à l'autre. Les abaques sont tantôt moulurés, tantôt décorés de feuilles variées. La voussure des arcs comporte un boudin d'arête entouré d'une archivolte sur chaque face. Sur le massif d'angle Sud-Est, à la partie supérieure et face à l'allée du cloître, on remarque un blason sculpté en relief. Ce blason a la forme d'un écu ancien en cadenas. Au centre de l'écu est un disque en relief. La pierre étant rongée par le temps, l'on ne distingue plus les détails de la sculpture qui aurait permis de lire ce blason. Tout porte à croire que ce blason est contemporain du cloître (XIII ème siècle) ; d'ailleurs, comme beaucoup d'armoiries de cette époque, il ne porte gravés ni traits ni pointillés indiquant les couleurs. Cependant hypothèse a été émise : ce bas-relief représenterait les armes de l'abbaye ; armes encore inconnues et que ne signale aucun ouvrage.

Abbaye de Villelongue 060

L'église abbatiale et à droite au rez-de-chaussée l'entrée de la salle capitulaire

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Le jardin du cloître avec au premier plan  une table qui était le maître-autel de l'église, elle est portée par quatre colonnettes avec chapiteaux à feuillages.

 

LE RÉFECTOIRE DES MOINES

Au Sud du cloître, se trouvait un amas de constructions en partie démolies, transformées par la suite en écuries, et dont l'usage primitif est inexpliqué. Il est probable que dans cette aile se trouvaient le réfectoire, les cuisines et quelques magasins. Il y a aussi une grande salle formée de trois travées, divisée par des murs, mais qui primitivement était d'un seul tenant. Cette salle qui, vu sa disposition, semble être le réfectoire des religieux.

La première travée s'ouvre sur le cloître, dans l'axe longitudinal, par une porte plein-cintre, sans décoration, seule une voussure sous arc bombé la dessine ; au-dessus l'on remarque une rose bouchée. La membrure de la croisée d'ogives de cette travée est tirée d'un profil rectangulaire et formée à la tranche basse de deux boudins encadrant un bandeau central. Les nervures reposent sur des chapiteaux très simples soutenus par des colonnes adossées, bien visibles seulement contre le mur du Nord.

La deuxième travée est formée d'une croisée d'ogives à épannelage triangulaire, avec profil en amande relié par deux gorges au corps de moulures. Des culs de lampe polygonaux portent le faisceau des trois membrures à pénétration. La séparation des nervures ne se fait qu'à partir d'une hauteur de un mètre environ. Le mur de rive Ouest est percé de deux fenêtres en plein-cintre, à très large ébrasement intérieur. Le mur de l'Est porte les répliques de ces fenêtres qui étaient bouchées et restituées en 1993 et 1994.

La membrure de la croisée d'ogives de la troisième travée, est tirée d'un profil rectangulaire dont la tranche basse porte trois boudins ; celui du milieu étant le plus saillant.

Un oculus s'ouvre sous la pointe du formeret Sud, surmontant un alignement de trois fenêtres en plein-cintre.

Ces trois travées sont séparées les unes des autres par des arcs doubleaux et la voûte soutenue contre les murs, de rive par des formerets.

Dans la deuxième travée, contre le mur séparant celle-ci de la première, on remarque l'emplacement d'un autel et les restes d'un retable en plâtre peint. Ce retable est composé de deux pilastres à couronnement corinthien portant un fronton triangulaire, au centre duquel s'enroule une couronne de nuages percée de rayons, avec trois têtes d'anges. Le centre du retable est occupé par une niche en plein-cintre. L'ensemble a été peint en faux marbre.

Ces deux dernières travées ont été transformées en chapelle à une date relativement récente. Celle-ci était encore en service il y a quelques années et en 1928, l'abbé Bonnafout se souvenait d'y avoir dit la messe pendant son séjour à Villelongue.

Une vague tradition rapporte que cette chapelle était réservée aux étrangers.

Des contreforts extérieurs, rectangulaires, sont appliqués à la hauteur des arcs doubleaux qui séparent les travées. L'ensemble rappelle les formes générales de l'école romane de Provence adaptées à un gothique rayonnant très simple, très classique.

Abbaye de Villelongue 062 le refectoire   Abbaye de Villelongue 026

Photos du réfectoire des moines

Abbaye de Villelongue 06 salle capitulaire

La salle capitulaire

 

LA SALLE CAPITULAIRE

La salle capitulaire située sous le dortoir des moines, légèrement en contrebas de l'allée du cloître, est divisée en deux collatéraux de trois travées voûtées d'ogives. Elle fut réalisée vers 1170. Les retombées des arcs doubleaux en plein-cintre qui séparent les deux corps de la salle et les branches d'ogives des six travées accouplées, portent suivant l'axe longitudinal de l'édifice, sur deux colonnes rondes munies de chapiteaux décorés de larges feuilles d'eau. Sur les murs de rive ainsi que sur les murs de fond, les retombées de la membrure portent sur des massifs rectangulaires engagés dans la construction, moulurés d'un double ressaut à la tranche basse et étalés à la tête en tablette d'appui. Le profil à la tranche basse se compose d'un bandeau plat entre deux boudins. La croisée monolithe des ogives est tantôt unie, tantôt fouillée d'un élégant motif floral.

La tranche clés arcs doubleaux est unie. Le mur de rive de l'est comporte une fenêtre centrale en plein-cintre, accostée dans les deux autres travées de fenêtres également en plein-cintre, mais moins hautes. Le mur de rive de l'ouest, sur le cloître est traversé au centre par une porte en plein-cintre, et sur les travées de côté par deux fenêtres en plein-cintre à hauteur d'appui. L'ajour des fenêtres est chaperonné à l'aplomb extérieur d'un arc débordant.

A la jonction de ce corps de bâtiment avec le corps de l'église, un enfeu gothique en forme de pignon très aigu garni d'un remplage trilobé, protège un corps de sarcophage engagé dans la construction à l'aplomb du mur. Tout à côté, entre l'enfeu et la porte de l'église, le mur, est creusé d'une niche rectangulaire, terminée par un pignon très aigu avec décoration de fleurons aux deux naissances et au sommet du pignon.

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La salle capitulaire

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La salle capitulaire

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Le choeur de l'église abbatiale de l'abbaye de Villelongue.

La clef de voûte du choeur est rehaussée d'un agneau pascal.

Remarquez aussi les chapiteaux parés de feuilles de type palmettes

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Le choeur de l'église abbatiale de l'abbaye de Villelongue avec ici son triplet de style roman

 

L'ÉGLISE ABBATIALE ET JARDINS NORD

Dans l'axe longitudinal de l'allée orientale du cloître et à son extrémité nord, s'ouvre la porte de l'église. C'est un arc surbaissé composée d'une voussure décorée de deux gros boudins entre des moulures profondes. De part et d'autre, cette voussure porte sur deux colonnettes rondes, adossées, surmontées de chapiteaux. Les chapiteaux de l'ouest sont à crochets, ceux de l'est à décorations de feuillages. Le tympan nu repose sur les encorbellements des têtes des montants. L'église, monument gothique du début du XIII ème siècle, est construite selon le plan cistercien en forme de croix latine. Elle se compose d'un chœur plat d'une seule travée, voûtée d'ogives, d'un transept et d'une nef inachevée. La clef de voûte du sanctuaire porte l'agneau de rédemption (agneau détourné) postérieur à 1260.

L'éclairage du chœur est assuré par une arcature composée de trois fenêtres en arc brisé, surmontées d'une rose qui a perdu son remplage, et auxquelles s'ajoute sur les côtés de grandes fenêtres à claire-voie. Ces fenêtres, formées de trois longs compartiments en arc brisé, ont au-dessus d'elles, trois roses disposées une et deux. Le maître autel n'existe plus, mais au-dessus de l'emplacement qu'il occupait, on voit encore les restes d'un placage du XVIII ème siècle. Le transept est composé d'une partie centrale voûtée d'ogives et d'un croisillon à deux bras. Chacun de ces bras est divisé en deux travées barlongues, voûtées d'ogives. A chacune de ces travées correspond une chapelle ; soit par conséquent, au total, quatre chapelles, dont les axes sont parallèles à celui de la grande nef. L'entrée de chaque chapelle est surmontée d'un arc en plein-cintre ; les ouvertures des quatre arcs sont inégales. Les voûtes sont croisées d'ogives et les fonds plats comme celui du chœur.

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A gauche, la grande rosace du choeur de l'église abbatiale de l'abbaye de Villelongue

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Détail d'un chapiteau paré de feuilles de type palmettes

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Voici les chapiteaux emblématiques de Villelongue, il s'agit exclusivement de têtes d'hommes.

Au premier plan, deux têtes, bouche fermée par un ruban, pourraient représenter une allégorie du silence.

Abbaye de Villelongue 064Ici un groupe de trois têtes aux sourires énigmatiques, dont une tête à gauche est tonsurée.

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Ici encore un chapiteau avec la représentation d'un homme tout en buste parfaitement conservé

Abbaye de Villelongue 065Un magnifique visage souriant dans un décor de feuillus et d'oiseaux

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Des décorations de feuilles sur ces chapiteaux supportant les clefs de voûte

Abbaye de Villelongue 053La porte d'entrée de l'abbatiale vue de l'intérieur de l'église

Les extrémités des bras du transept étaient éclairées sous le formeret par deux vastes fenêtres en arc brisé, avec remplage aujourd'hui disparu. Chacune des chapelles latérales était également éclairée sous le formeret par une longue fenêtre en arc aigu. Deux fenêtres à remplage mutilé sont disposées sur l'arcature de la seule travée de la nef qui ait été construite.

Les arcs doubleaux de la croisée du transept portent sur des colonnes engagées dans un massif rectangulaire, auquel s'appuient également les colonnes portant l'armature des voûtes des collatéraux. La décoration de ces colonnes qui s'apparente très étroitement à celle du cloître, se compose de chapiteaux à crochets dont quelques-uns s'épanouissent en visages humains avec feuilles latérales dont le pédoncule sort de la bouche, ou en motifs végétaux. Les bases sont munies de crochets plats. Les voûtes sont entièrement effondrées au-dessus de la croisée du transept et de la nef centrale ; elles sont presque entièrement conservées au-dessus du chœur et des bras du croisillon. La plupart des fenêtres ont conservé les ferrures des vitraux.

L'un des premiers propriétaires d'après la Révolution fit, dit-on, écrouler une partie des voûtes et utilisa les pierres pour construire des vannes dans ses prairies. La clef de voûte du transept a été retrouvée. Elle est déposée dans une pièce attenante au réfectoire. Dans cette même pièce, parmi d'autres pierres, il y a un cadran solaire du XVIII ème siècle portant le nom d'un ancien propriétaire de Villelongue : Bosc.

La nef, qui est restée inachevée, et fermée provisoirement par un mur, se compose d'une travée correspondant à la chapelle latérale qui bordé immédiatement le chœur, dans la nef se trouve la porte d'entrée du cloître et en face une autre porte donnant actuellement sur la campagne ; mais qui primitivement servait d'entrée aux étrangers et, aux serviteurs ; elle conduisait aussi au cimetière des laïques placé au voisinage de l'église. L'extrémité du bras gauche du transept communique par une porte en bois du XV ème siècle, assez bien conservée, avec la salle du trésor, voûtée en plein-cintre. Tout à côté, sous un escalier qui fait communiquer avec le transept et le dortoir des moines, placé au-dessus de la salle capitulaire, se trouve un séquestre éclairé par une rose ornée avec remplage. L'escalier du dortoir donne aussi accès à l'escalier à vis du clocher, de base rectangulaire, il est appuyé contre les murs qui forment l'angle du transept et de la nef. Dénommé "escalier des Mâtines", cet escalier présente une usure des marches provoquée par le pas des religieux qui l'ont emprunté pendant des siècles pour venir chanter l'office de nuit.

Un mur de fermeture a été édifié pour séparer le lieu de culte du jardin planté sous l'ancienne nef, totalement disparue aujourd'hui, mais on peut encore observer le mur gouttereau Sud.

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Le cloître

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La partie méridionale du cloître , avec l'ancien maître-autel de l'église abbatiale

 

LE CLOÎTRE - LE CELLIER

Adossé au réfectoire, le cloître n'a conservé que sa galerie méridionale. Elle est couverte d'une charpente s'appuyant à chaque extrémité, sur un arc appareillé posé de biais et fixé dans le mur des bâtiments conventuels.

De fines colonnettes élancées géminées supportent quatorze arcades en plein cintre, elles sont de section soit circulaire, soit polygonale, soit quadrilobée. Les chapiteaux du début du XIV ème siècle, sont particulièrement remarquables par leur élégance et leur finesse. Fait rare chez les cisterciens, des représentations anthropomorphes et zoomorphes sont aussi présentes. Le spectaculaire pilier central de la galerie est constitué par cinq colonnettes soutenant cinq chapiteaux feuillagés dont le tailloir est commun. Celui-ci recèle, en partie masqué, une chouette tenant un coq présumé dans son bec, un visage de moine retenant dans sa bouche fermée deux queues de griffons ailés, un visage léonin à crinière mordant sa gueule dentée deux autres queues de griffons ailés dont un à tête de moine, et enfin, un visage souriant couronné de fleurs.

Tout le côté ouest dit cloître, en bordure de l'allée, est occupé par une longue construction bien conservée qui servait autrefois de remise dans le bas et de grenier à foin au premier étage. Le rez-de-chaussée est divisé en cinq travées séparées par des arcs diaphragmes, en anse de panier, soutenant l'étage supérieur. C'était le cellier des moines et au-dessus se trouvait le logis des convers ou frères serviteurs. Un escalier extérieur dont il existe des traces permettait à ceux-ci de gagner l'église par le jardin longeant le côté nord du cloître.

Plus tard cet escalier aurait débouché dans la nef de l'église terminée.

Le cellier n'a aucune ouverture sur le cloître, sur la façade regardant l'Ouest, il y a des restes d'une fenêtre à meneaux ; sa porte fait face au Sud et s'ouvre dans une cour rectangulaire.

 

Abbaye de Villelongue 066

Les fines colonnettes élancées géminées supportant quatorze arcades en plein cintre de la galerie méridionale du cloître

Abbaye de Villelongue 069

Autre photo de la galerie méridionale du cloître de l'abbaye

Abbaye de Villelongue 01 Details chapiteaux

Les chapiteaux du cloître datent du début du XIV ème siècle, ils sont particulièrement remarquables par leur élégance et leur excellente facture.

Voici ici, le spectaculaire pilier central de la galerie qui est constitué par cinq colonnettes soutenant cinq chapiteaux feuillagés, voir aussi la photo ci-après.

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Pilier central de la galerie qui est constitué par cinq colonnettes

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Autre chapiteau du cloître, iconographie est très divers et variés avec de nombreux feuillages, caractéristiques du style gothique méridional

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La galerie du cloître

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Les fines colonnettes géminées supportant les arcades en plein cintre du cloître

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Sur cette autre photo de la galerie du cloître, on voit très bien le pilier central de cette galerie qui est constitué par cinq colonnettes, dont on a vu les détails plus haut.

 

LE BÂTIMENTS DES CONVERS

Délimitant l'ancienne galerie Ouest du cloître, ce long édifice isolé était occupé par les frères convers, affectés aux travaux agricoles. Le bâtiment était jadis séparé en deux parties par un passage dans le prolongement de la galerie méridionale du cloître. Restauré à partir de 1988, il fait désormais fonction de salle de réception (mariages, concerts...). Le cellier se trouve juste en dessous. Sa façade Ouest comporte des fenêtres à meneaux croisés et horizontaux, à l'étage, ainsi que d'étroites et longues baies, au rez-de-chaussée. Les ouvertures Renaissance ont été percées lors du réaménagement de l'étage en cellules individuelles. L'intérieur divisé en cinq travées, est doté d'une couverture en platelage sur arcs diaphragmes. Le premier niveau, réaménagé au XVI ème siècle ne se visite pas.

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La sacristie, voûtée en berceau plein cintre avec son unique baie rectangulaire, située à l'Est

 

LA SACRISTIE

La sacristie de plan rectangulaire, accolée au Sud de l'église, communique avec elle par une porte plein cintre, une autre ouvrait autrefois sur le cloître, mais a été obturée lors de la construction de l'enfeu gothique. Voûtée en berceau plein cintre, elle est ajourée à l'Est, par une unique baie rectangulaire. Le sol est revêtu de carreaux vernissés aux motifs géométriques du XIV ème siècle. Des vestiges de peintures murales très colorée subsistent sur le mur oriental. Datant du XIV ème siècle le décor représente saint Michel terrassant le dragon ainsi qu'une pesée des âmes avec le diable essayant de faire pencher la balance de son côté.

 

PUITS - PIGEONNIER - VIVIER - JARDIN

Dans la cour rectangulaire, se trouve, contre les bâtiments claustraux, sans doute à côté de l'ancienne cuisine, un puits en coquille du XVIII ème siècle. A l'Ouest de la cour, c'est à dire du côté opposé au cloître, une porte donne accès à un jardin qui renferme une table en pierre fort curieuse. Cette table d'une épaisseur de 0,18 m mesure 2,90 m x 1,28 m et elle est portée par quatre colonnettes avec chapiteaux à feuillages. C'était là le maître-autel de l'église. La cupule de 10 cm de diamètre, qui se trouve au centre, était destinée à recevoir les reliques sous la pierre sacrée.

Le pigeonnier de plan carré, percé de deux baies carrées superposées, fut associé au mur d'enceinte datant du XIV ème siècle. Il faut savoir que le monastère de Villelongue est la seule abbaye de l'Aude qui ait conservé la quasi totalité de son mur d'enceinte.

A l'ombre de pigeonnier, le vivier et son système d'alimentation d'origine médiéval fonctionne toujours. Alimenté par l'eau de la Vernassonne, ce grand bassin rectangulaire était destiné à l'élevage des tanches et des carpes.

Le jardin médiéval insolite de l'abbaye invite à la flânerie, il est planté de fleurs et d'arbres fruitiers, il est aussi doté d’une superbe collection de courges et potirons aux vives couleurs. Sur la rocaille poussent aussi des plantes utilisées au Moyen-âge pour leurs vertus médicinales ou tinctoriales. Des objets anciens offrent un décor hétéroclite surprenant dans ce jardin.

Abbaye de Villelongue 04  Abbaye de Villelongue 070

A gauche, le pigeonnier est accolé au mur d'enceinte du XIV ème siècle. A droite, l'église abbatiale. (cliquez sur la photo pour agrandir)

Abbaye de Villelongue 073 le vivier

Le vivier de l'abbaye Sainte-Marie de Villelongue datant du Moyen-âge

Sceau de l'abbaye de Villelongue

Sceau de l'abbaye de Villelongue détails

Ce sceau appartient à la collection des Archives Nationales. Il porte le numéro 9179 dans le catalogue de Douët d'Arcq tome 3 datant de 1868.

Il est du début du XIV ème siècle (an 1308). C'est un sceau en navette (ogival) mesurant 45 millimètres de longueur d'une pointe à l'autre et 28 millimètres et demi de largeur.

Au centre, on voit l'abbé debout en costume de cérémonie. Sa main droite tient la croix retournée en dehors, pour indiquer que son autorité s'étend au delà du monastère. Sa main gauche soutient les plis du manteau.

Tout autour se lit l'inscription : S. ABBATIS : VILLE : LONGE (Sigillum abbatis Ville Longe).

Blason de Saint-Martin-le-Vieil

Blason du village de Saint-Martin-le-Vieil

Saint Martin le Vieil 01

LE VILLAGE DE SAINT-MARTIN-LE-VIEIL

A deux kilomètres au Sud-Ouest de l'abbaye, dominant la rive gauche du Lampy, Saint-Martin-le-Vieil, autrefois Saint-Martin-sur-Lampy, est aujourd'hui un modeste village fortifié de 237 habitants (2011), avec son modeste château.

Saint-Martin-le-Vieil, le mot vieil résulte d'une mauvaise interprétation du terme latin viculus qui signifie petit village, il était assez systématiquement confondus avec vetus qui veut dire vieux et retranscrit vieil par divers scribes.Viculus était le diminutif de vicus (= village). Dés le XII ème siècle, l'adjectif vieil servait à distinguer ici le château et le fief de Saint-Martin-le-Vieil de Saint-Martin de Monestiès. 

Saint-Martin-le-Vieil était autrefois une cellula dépendant de l'abbaye de Montolieu, ainsi qu'il résulte d'une charte octroyée par Louis le Pieux en 815 en faveur de l'abbé Olemond, cette charte fut confirmée par Pépin 1er le 6 juin 828. Les auteurs de la Gallia christiana rapportent même, mais sans preuves suffisantes, que cet abbé Olemond, fondateur du monastère de Montolieu, se serait d'abord établi sur les bords du Lampy. En 815, Saint-Martin-sur-Lampy était une grange rurale (cellula) des moines de Montolieu. Plus tard en 1195, ce lieu fut inféodé à des laïques qui donnèrent certaines terres aux religieux de Villelongue, acte par lequel les seigneurs de Saint-Martin-le-Vieil donnent aux religieux de certaines terres en emphytéose. L'intégralité de la possession fut bientôt après assurée par Simon de Montfort aux moines de Villelongue, lesquels aussitôt l'inféodèrent à des seigneurs laïques. Pour preuve l'acte datant de 1247 : Ainard, abbé de Villelongue, concède à Géraud Bernard, Raymond Bernard et Aimeric de Saint-Martin, frères, à titre de fief seigneurial (feudum honorarium), certaines terres et droits dans Saint-Martin-le-Viel. Par la suite, l'histoire de Saint-Martin n'offre que bien peu d'intérêt. Une des pages les plus glorieuses et que l'on doit citer, est la lutte que la ville soutint contre les protestants en 1578. Assiégée et prise le 23 mai elle fut de nouveau occupée par les catholiques quelque temps après. Au Nord du village dans une vaste bruyère il y a eu deux batailles entre les calvinistes et les catholiques et on aurait trouvé plus tard en défrichant ce même lieu de grosses balles de plomb, ainsi que des pièces d'or sur lesquelles on a observé un empereur sur un char, qui semblerait être Caligula. Puis Saint-Martin retrouva le calme de la vie champêtre. La Révolution qui bouleversa tout et qui eut son épisode dans chaque commune paraît y être passée inaperçue. Outre deux tours du XIV ème siècle, vestiges de son château féodal, Saint-Martin-le-Vieil est réputé pour ses anciens cruzels, grottes troglodytes aménagées sous le village qui ont servi d'habitats médiévaux. Ces cavités ont été creusées par l'homme dans un banc de calcaire marin à alvéolines de l'âge ilerdien (Ère Tertiaire). Vous pouvez visiter aussi le jardin d'inspiration médiévale inauguré en 2012. C'est un village heureux puisqu'il n'a point d'histoire.

 

Références bibliographiques : Mahul, Histoire du Languedoc, Notice historique sur l'abbaye de Villelongue par Dr. Ch. BOYER, SESA 1928.

 

Voici quelques photos anciennes de l'abbaye, de Saint-Martin-le-Vieil et du Village de Montolieu tout proche :

abbaye ste marie de villelongue 04 en 1905

L'abbaye de Villelongue au lieu de la végétation en 1905

abbaye ste marie de villelongue 02 en 1970

L'abbaye de Villelongue une vue aérienne dans le années 1970

abbaye ste marie de villelongue 03 en 1970L'abbaye Sainte-Marie de Villelongue dans le années 1970

abbaye ste marie de villelongue 01 le cloitre en 1965L'abbaye Sainte-Marie de Villelongue le cloître en 1965

Saint Martin le Vieil 01 en 1905La rue principale du village de Saint-Martin-le-Vieil en 1905

Saint Martin le Vieil 01bis zoom en 1905Zoom sur la photo précédente

Saint Martin le Vieil 02 Moulin de la Birole Route de LampySaint-Martin-le-Vieil le moulin de la Birole route de Lampy en 1910

Montolieu 01 place de la Liberté en 1905Le village du livre de Montolieu en 1905 place de la Liberté

Montolieu 02 en 1905

Le village du livre de Montolieu en 1905 Rue Nationale

Abbaye de Villelongue panneau

 

D'autres sites sont aussi à visiter dans les environs immédiats de l'abbaye, voir les articles que j'ai déjà réalisé :

Reportage sur Saissac en 2 parties c'est ICI

Reportage sur Montolieu c'est ICI

Reportage sur Saint-Papoul en 2 parties c'est ICI

Reportage sur Bram c'est ICI

Vous en découvrirez bien d'autres en consultant les sommaires du menu à gauche, il vous suffit de cliquer sur celui qui vous intéresse pour le visualiser.

 

Ainsi se termine ce reportage en deux parties, en espérant qu'il vous aura intéressé, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ... et revenez me voir !

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Réalisé par Jean-Pierre LAGACHE - dans HISTOIRE
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